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Survivre

Summary:

Thème : (Re)naissance

Swansea décide de soigner Daisuke. Le gamin peut être sauvé, quoi qu'il en coûte.

Notes:

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Désormais, Swansea détenait la vie de Daisuke entre ses mains. La hache aurait pu s’abattre sur lui, le pauvre stagiaire au torse presque ouvert en deux, souffrant et haletant. Mais non, il avait plutôt choisi de la planter dans le crâne de Jimmy, le capitaine de pacotille, l’homme imbu de pouvoir et de contrôle. Ah, s’il avait pu le faire plus tôt, il ne se serait pas gêné. Après tout, la folie s’était emparée de ce vaisseau depuis bien longtemps. Le Tulpar périssait à vue d’oeil, coincé entre les débris d’astéroïdes.

Le gamin regarda Jimmy s’effondrer au sol, l’arme enfoncée dans sa cervelle dégoulinante. Tout-à-coup, sa respiration frénétique se mua en un cri de terreur. La douleur n’était plus rien face à l’épouvante.

-- Petit, calme-toi ! De toute façon, c’était un connard, tu l’as bien vu non ? S’impatienta le mécanicien avant de fouiller les poches du mort.
-- Capitaine ! s’affola Daisuke. Capitaine !
-- Tais-toi, tu gigotes pour rien ! Attends… Les calmants du capitaine Curly. Tiens, ça devrait le faire.

D’une main assez ferme, il invita Daisuke à avaler ces anti-douleurs. Le garçon accepta son sort sans rechigner, avant de sentir son corps être soulevé de terre.

-- S- Swansea ? On va où là ? demanda-t-il entre deux quintes de toux.
-- Au lounge, il faut que tu te reposes et que je panse ta saleté de plaie, brailla le vieil homme. Tu t’es foutu dans un sacré bordel, gamin ! Je t’avais pourtant dit de ne pas aller au conduit !

Le jeune homme se confondit en excuses avant de tousser encore un peu de sang. Toutefois, les bras puissants de son supérieur parvinrent à le rassurer quelque peu, malgré l’haleine bien chargée en alcool et en bain de bouche de ce vieillard. Il paraissait impénétrable à cause de ses mots grossiers et son attitude renfermée. Hélas, si tout le monde connaissait le bon fond de Swansea, tous seraient un peu plus cléments envers lui. En tout cas, là était la pensée de Daisuke à cet instant. Malgré la douleur qui se résorbait peu à peu grâce au cachet, il ne pouvait ignorer le trou béant qui transperçait sa poitrine. Il était dense, rempli de sang, palpitant et assez profond.

Le mécanicien ne perdit pas de temps. A peine le gamin posé sur son matelas de fortune, il se précipita vers les armoires du vaisseau à la recherche d’alcool pur. Bientôt, les sols du Tulpar furent jonchés de flacons en tout genre, jusqu’à tomber sur une petite bouteille d’isopropanol. Le jackpot se présenta sous les yeux de Swansea, qui l’attrapa et retourna dans la salle de repos, là où gisait Daisuke.

-- Serre encore les dents, gamin. Ça va piquer mais c’est pour ton bien.
-- Quoi ? Qu’est-ce que c’est… PUTAIN DE MERDE !

Le liquide sembla brûler sa peau, tant il rongeait les microbes infiltrés dans la peau fragilisée. Au moins, il se sentait de nouveau vivant. Tout devint plus intense : les couleurs du lounge, la sensation de son lit presque dur, les mains calleuses de Swansea autour de sa blessure, le vieux drap utilisé pour éponger le sang en abondance sur son torse.

-- Ça… ça pique, geignit-t-il.
-- Je t’avais prévenu, idiot, grommela le vieil homme. Là, tu es tout désinfecté. Merde, les bandages… Je reviens.
-- Swansea… J’ai peur… S’te plaît, ne t’en vas pas…

La figure misérable du garçonnet bouleversa Swansea. En plus, cette petite main crispée qui attrapa son poignet robuste pour le tirer vers lui, comme un enfant qui chercherait la protection d’une peluche, il ne pouvait résister.

-- D’accord, gamin. Cinq minutes, d’accord ? J’ai les bandages à aller chercher.
-- Dix minutes, supplia Daisuke.
-- Bon… Dix minutes, va.

Il s’allongea face à lui et attrapa ses doigts tremblants pour les serrer entre les siens, le regard moins noir. Une renaissance s’opéra dans son esprit, celle d’un homme considérant la gentillesse et la pureté d’autrui. Le gamin demeurait touchant par ses angoisses soudaines.

-- Tu vas survivre, petit. Je te le promets.