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Il est assez contradictoire de déclarer que les Similis n’existent pas, tout en se plaignant qu’ils causent des problèmes. Il est tout aussi aberrant de passer tant de temps et d’efforts à essayer de se débarrasser d’eux, pour au final faire volte-face et trouver le moyen de les ramener.
(Et tant qu’on y est, c’est aussi assez stupide de les nommer Simili et les Sans-cœurs, Sans-cœurs. Les Similis ne sont pas juste de pâles copies, ils possèdent leur propre corps, et les Sans-cœurs ont un cœur. Qui a pu croire que ces noms étaient un bon descriptif, sérieusement ?)
Pour un Simili, Roxas est terriblement doué dans le domaine de l’existence et bien plus encore dans le fait d’être problématique. Un exploit dont il n’est pas peu fier.
Quand même, toute l’histoire du ‘refus-d’être-forcé-à-rejoindre-Sora’ rend ce premier point plus qu’un peu confus.
La première chose qu’il voit en reprenant conscience est la lumière. Elle est aveuglante et sa seule défense contre les images rémanentes sous ses paupières soudainement closes par une grimace est le fait qu’il puisse la contrôler, et donc simplement décider de ne pas en avoir. Il force également la source à se réduire, juste parce qu’il peut le faire aussi.
Quand il ose ouvrir les yeux à nouveau, les sensations tactiles commencent à devenir visibles. La surface molletonnée sur laquelle il repose est en fait une sorte de chaise longue et le grésillement électronique émane d’une série d’ordinateurs et autres objets technologiques éparpillés aux quatre coins du… laboratoire ? Il est plus high-tech et en bien meilleur état que le précédent ayant croisé sa route dans la fausse Cité du Crépuscule. Le fait de savoir que DiZ ne s’embêterait jamais à lui octroyer quelque chose d’aussi accueillant qu’un siège rassure sa crainte qu’il s’agit d’une renaissance non désirée.
Pourtant, la situation n’est pas aussi réconfortante qu’elle devrait probablement l’être. Parce qu’il a maintenant bien plus de questions que de réponses.
… Rien de nouveau, quoi.
« Roxas ? »
Roxas tourne la tête sur sa gauche et sa première question trouve une réponse. Sora se tient devant lui, à portée de bras, et l’observe anxieusement. A ses côtés, vêtu d’une blouse blanche, un autre visage familier se présente à lui. Un qu’il s’attendait à ne jamais revoir.
« Zexion ? »
Tout compte fait, il retire ce qu’il vient de penser ; sa question est toujours sans réponse. Et trois nouvelles ont pris sa place. Le bon point, c’est que toutes peuvent être expliquées par la simple conclusion que rien de ce qu’il se passe n’est réel. Parce que Zexion a été annihilé au Manoir Oblivion. Et quand on est pas censé exister à la base, il n’y a pas grand-chose à laisser derrière soi quand cette réalité vous rattrape.
« C’est Ienzo maintenant, si ça ne te gêne pas. » Dit Zexion-Ienzo. Son sourire est sincère. Roxas est immédiatement déstabilisé. « Comment tu te sens ? »
« Confus. » Admet-il. Puis, juste au cas où Zexion-Ienzo ai oublié, « Tu t’es effacé. »
Ienzo hausse les épaules, comme si le sujet était inconséquent. « J’ai retrouvé mon cœur. »
Maintenant il peut être sûr que ce n’est pas réel. A moins que les rapports des Reflets ne soient encore plus bâclés qu’en premier lieu. Après tout, ils avaient bien reporté Axel comme ayant été effacé aussi, mais ça ne l’a pas empêché de-
Axel.
Oh, c’est pas vrai, Axel.
Le souvenir du passage de l’Entremonde, vu au travers d’yeux n’étant pas les siens, surgit de lui-même dans l’esprit de Roxas. L’odeur de fumée et la chaleur d’un brasier. Axel se sacrifiant pour sauver Sora.
Axel n’est plus là. Réellement, cette fois. Impossible de revenir en arrière.
La vive douleur de griffes mordant la paume de ses mains le ramène au présent, et ce n’est qu’à ce moment que Roxas réalise qu’il se présente sous sa vraie forme. Aucun moyen de déguiser sa monstruosité – bien que Sora soit au courant de ce qu’il est depuis un moment déjà – mais la simple pensée que Sora n’adhère à ce point est insupportable.
Revêtir une forme acceptablement humaine représente plus d’efforts qu’il ne devrait. Son corps entier est léthargique et vide d’énergie, comme s’il se mouvait sous l’eau.
Il fixe ses mains maintenant humaines, habillées de ses habituels gants noirs. Le manteau de l’Organisation repose tout aussi familièrement sur ses épaules. « C’est vraiment en train d’arriver ? » Demande-t-il d’une voix faible. « Ou est-ce que je rêve ? »
« Tout est réel, je te jure. » Sora lui sourit, pas un soupçon de dégout envers ce dont il vient d’être témoin marqué sur son visage.
« Comment ? »
« Une analyse des données de Sora a révélé que ton cœur était endormis dans le sien. » Déclare Ienzo. « Après ça, il ne restait que le problème facilement solvable du transfert de ton cœur dans l’une des Répliques. »
Il lui faut trois essais à se répéter l’explication avant qu’il ne soit forcé d’admettre que, non, il n’a pas mal entendu, simplement que rien dans toute cette histoire n’a de sens. Il sait ce que sont les Répliques (ce qui est étrange puisqu’il est certain de ne jamais avoir entendu ce terme avant), et savoir que Sora soit une sorte de réceptacle à cœurs ambulant est probablement la chose la moins étrange chez lui. Non, ce qui le laisse ébahi est la partie à propos d’un ‘cœur’. Les Similis n’ont pas de cœurs. On lui a ressassé ce point bien assez de fois pour que ce soit l’une des seules choses dont il soit certain (cette proclamation comme quoi son cœur n’appartient qu’à lui ne compte pas).
Presque sans le réaliser, Roxas pose une main sur sa poitrine. Il y a quelque chose, là, sous sa peau. « Mon… cœur ? »
« Xemnas nous a menti. » affirme Ienzo. Ça, Roxas veut bien y croire. « D’après les faits, si les conditions sont réunies, un Simili peux éventuellement régénérer son cœur. »
C’est ce qui a dû arriver à Zexion. Simuler sa propre mort pour s’échapper de l’emprise de l’organisation puis régénérer son cœur une fois loin de tout ce mélodrame. Pour être honnête, Roxas est un peu envieux de ne pas avoir pensé à ce plan plus tôt.
Il pivote vers Sora. « Pourquoi tu m’as fait revenir ? »
Il n’arrive pas à comprendre. Ils ne se connaissent pas – lors de leur première rencontre se rapprochant le plus du ‘en personne’, Roxas a fait de son mieux pour le battre à mort. Pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une bonne première impression. Puis les deux fois suivantes – moins réelles, tout en restant dans le domaine du possible – se résument à peut-être trois phrases échangées avant que Roxas ne se rendorme.
Mais il n’y a pas une once de regret ou de doute dans les yeux de Sora. « Peu importe ce que les autres peuvent dire, on est pas la même personne, Roxas. Tu mérites de vivre ta propre vie. »
Ah, c’est vrai. Il a oublié à qui il s’adresse. Sora est juste comme ça.
C’est tout ce dont il souhaitait et ce pourquoi il n’a eu cesse de se battre ; une chance de vivre librement. Il désirait vivre si fort – d’être avec Axel et… non, juste avec Axel, puis plus tard Hayner, Pence et Olette, pour toujours – qu’il était prêt à faire face à tous ceux se dressant sur son chemin. Mais ce rêve est maintenant bel et bien hors d’atteinte, de façon définitive. Axel est mort pour de bon. Et Hayner, Pence et Olette, tels qu’il les a connus, n’ont jamais été réels.
Sora laisse échapper un bruit de détresse, une main sursautant dans sa direction au même moment ou quelque chose de mouillé tombe sur la joue de Roxas. Roxas l’essuie, attrapant les gouttes au bout de ses gants, et les regarde fixement. Ce n’est pas la première fois que quelque chose comme ça arrive.
« Qu’est-ce que c’est ? » Questionne-t-il, parce que même après la dernière fois, la raison lui échappe.
« Tu pleures. » Explique Sora d’une voix douce. « Les gens pleurent quand ils ont un trop-plein d’émotions. Par tristesse la plupart du temps, mais ça peut aussi être causé par d’autres choses. »
Un grand défaut de conception, alors, pense Roxas. Si c’est ça d’avoir un cœur, il n’est pas sûr d’en vouloir un.
♥
Ensemble (avec Donald et Dingo, attendant impatiemment devant l’entrée), ils quittent le labo établi aux Jardins Radieux et voyagent grâce au vaisseau Gummi de Sora jusqu’à un monde appelé la Tour Mystérieuse. Bien que situé aux abords de la Cité du Crépuscule, il n’est pas nécessaire de passer par l’un pour atteindre l’autre.
La Tour Mystérieuse est une simple île flottante avec, comme le nom le suggère, une tour bien mystérieuse se dressant en son centre. L’endroit est enveloppé d’une douce lueur crépusculaire, mais quand Roxas lève les yeux en émergeant du vaisseau, il est difficile de faire l’amalgame avec celle bien moins violette de la Cité du Crépuscule.
« Sais-tu pourquoi le soleil est rouge quand il se couche ? » Se murmure-t-il à lui-même.
L’entrée de la Tour s’ouvre sur une pièce ronde agrémentée d’un escalier en spiral. Roxas suis le chemin du regard et réalise avec surprise que son bout disparait dans la lueur d’un portail. Plus haut, deux autres escaliers, tous deux déconnectés du reste, traversent chacun l’espace entre deux portails similaires.
« C’est quoi cet endroit ? »
« Nous sommes chez Maître Yen Sid. » Sora les guides vers l’avant. « Il nous laisse utiliser sa Tour comme QG le temps de finir nos préparations. »
« Préparations ? » Répète Roxas. Il n’a jamais entendu parlé d’un Maître Yen Sid. Que maîtrise-t-il exactement ?
« Pour la Guerre des Keyblades. » Répond Donald, qui ferme la marche.
« La Guerre des Keyblades ? »
« Ayo, t’en fait pas, Roxas. » Dingo lui sourit. « Maître Yen Sid va tout expliquer ! »
Le premier portail les mène à une autre salle ronde. Des symboles en forme de lune décorent chaque palier de porte, la plus grande au centre de toutes. La grande porte en lune s’ouvre sur le prochain escalier, explique Sora, tandis que les autres sont des chambres. Apparemment, leur nombre varie en fonction du nombre de personnes présentes dans la Tour. Pour le moment, il y en a cinq.
La seconde pièce est presque identique, mais des étoiles remplacent les lunes et seules quatre portes sont présentes. Sora les pointe les unes après les autres tout en se dirigeant vers celle menant vers le dernier escalier ; une cuisine, une salle à manger, et une pièce à vivre servant également de salle de repos.
Le troisième escalier les oriente tout droit dans le bureau de Maître Yen Sid. C’est un espace assez vide, avec quelques étagères accrochées le long des murs, et des fenêtres étroites. Une seconde porte mène vers une annexe à droite. Puis au centre se dresse un grand bureau en bois, derrière lequel est assis un vieil homme en robes bleues.
Sora, Donald et Dingo se tiennent au garde-à-vous en face de lui. Roxas ne s’embête pas à faire de même. Il ne peut que présumer que l’homme est Maître Yen Sid.
« Je vois que tu as réussi à réapprendre le pouvoir de l’Éveil. » Dit-il d’une voix suave, lançant un coup d’œil distinct vers Roxas.
« Ouaip ! » Sora se relaxe, mains croisées derrière la tête. « Maître Yen Sid, voici Roxas. »
« Euh… » Sors la réponse éloquente de Roxas. « Salut. »
Pour quelque raison, Maître Yen Sid semble peu convaincu.
« Bienvenue, Roxas. » Déclare-t-il après une pause. « J’imagine que tu as beaucoup de questions. »
« Quelques-unes. » Un euphémisme.
Maître Yen Sid acquiesce. « Il y a bien des choses dont nous devrons discuter, quand le temps viendra. Mais pour commencer… » D’un geste de sa main, une valise apparait au centre du bureau. « Les trois bonnes fées t’ont confectionné de nouveaux vêtement, et nos amis au Château Disney ont gracieusement fourni un gummiphone. Prends un temps afin te reposer et de contacter tes vieux amis. »
Roxas fronce les sourcils. Vieux amis ? Seules deux personnes correspondent à cette description – Axel et… et qui ? Non, juste un ami. Juste Axel. Et à moins qu’il ne trouve le moyen de voyager dans le temps, il n’existe aucun moyen de le contacter. Malgré cela, il saisit la valise.
« Demain, nous parlerons plus en détails des circonstances de ton retour. »
… Il est assez positif que cette phrase rentre dans la catégorie ‘menaçante’, mais le vieil homme à raison sur un point ; il est épuisé. Cela sonne également comme s’il s’était vu donner congé, et, prenant l’invitation volontiers, il suis Sora vers la porte de sortie. Donald et Dingo restent, demandant des nouvelles de leur Roi.
« Voilà ta chambre. » Annonce Sora après leur retour dans la Salle Lunaire. Il s’arrête près d’une des portes et l’ouvre.
La pièce fait environ la même taille que son ancienne chambre dans la fausse Cité du Crépuscule, et bien qu’ils soient moins encombrants , les meubles sont similaires et agencés pratiquement de la même manière. La fenêtre surmontant le lit offre une vue de l’entrée de la Tour et la lumière baigne l’espace de pourpre. Roxas entre à tâtons et dépose le bagage sur le lit, analysant les alentours.
« Je te laisse te reposer. » La voix de Sora ramène son attention en direction de la porte. « Ienzo a prévenu que tu serais probablement à plat les prochains jours, le temps que ton cœur s’habitue. Le diner est servi à six heures dans la salle à manger. »
Son hésitation est visible dans la façon dont il balance son poids de droite à gauche, comme s’il était réticent à laisser Roxas seul. Cependant, un peu de temps pour tout digérer est exactement ce dont Roxas a besoin. Il hoche la tête d’une manière qu’il espère être rassurante.
« Merci. »
« Personne n’a été prévenu qu’on prévoyais de te ramener, au cas où ça n’aurait pas marché. » Il penche la tête vers la valise. « Tu peux leur faire savoir, si tu veux. Les numéros des autres sont déjà tous enregistrés dans ton gummiphone. »
Bien sûr. ‘Contacte tes vieux amis’. « Ok. »
« Ok. » Répète Sora. Il s’attarde un moment puis s’éclipse dans la Salle Lunaire. La porte clic en se refermant derrière lui.
La première chose que Roxas fait une fois seul est soupirer.
La seconde est ouvrir la valise. A l’intérieur il y trouve une tenue, mais ce qui attire son attention avant tout est le bloc coloré posé innocemment sur le dessus. Ce doit être le fameux ‘gummiphone’.
Il lui faut plusieurs essais avant de comprendre comment l’activer. Plusieurs petites images carrées s’illuminent sur l’écran et il passe un moment à explorer leurs différentes fonctions. Il y a une caméra, un bloc-notes et une poignée de jeux, entre autres. Et, enfin, les ‘contacts’.
Il y trouve une liste de nom, avec comme option d’appeler ou d’envoyer des message à chacun d’entre eux :
Tic & Tac
Ienzo
Kairi
Lea
Mickey
Sora
Riku
Il n’est pas certain de ce que les autres attendent de lui avec ça. La seule personne sur cette liste qui serait un tant soit peu considéré comme un ‘vieil ami’ est Ienzo, et leur maigre relation s’est arrêtée net au bout de deux semaines quand Zexion est parti pour le Manoir Oblivion. Il suppose que Sora aussi, s’il peut compter quelqu’un qui est essentiellement lui-même en tant qu’ami. Mais s’il veux ‘contacter’ Sora, il peux juste se lever et aller lui parler en personne. Il ne connait même pas de ‘Tic & Tac’ et de ‘Lea’.
Ce n’est en rien une surprise. Les amis de Roxas n’existent plus.
Il jette le gummiphone dans la valise, la ferme, et l’envoie sous le lit d’un coup de pied. Il ne change pas de vêtements ; le manteau sur ses épaules est la seule chose qu’il lui reste de son ancienne vie. Et il n’est pas encore certain d’être prêt à s’en séparer.
♥
Maître Yen Sid ne plaisantait pas en disant qu’ils avaient ‘bien des choses à discuter’. Roxas reste assis durant l’entièreté des explications, qui durent bien une bonne heure en tout.
Ils sont au milieu d’une guerre, lui disent-ils. L’Organisation dont Roxas a fait partie a été dissoute et remplacée par une nouvelle, dirigée par un homme nommé Maître Xehanort, qui est la moitié de la personne originelle de Xemnas (??). Leurs rangs sont constitués de ‘Treize Ténèbres’, dont nombre d’entre eux ont eu leur cœur rapportés du passé et placés dans des Répliques (???), puis ont reçu une part du cœur de Xehanort par précaution (????). Leur but d’atteindre Kingdom Hearts reste inchangé mais cette fois, au lieu de collecter des cœurs, ils comptent affronter sept ‘Gardiens de la Lumière’ pour créer une chose appelée la X-blade servant à l’invoquer, ce qui mènera l’ensemble des mondes à être plongés dans les ténèbres.
Il va sans dire que la majorité du débat, pour ne pas dire son entièreté, passe bien par-dessus la tête de Roxas.
« Pour l’instant, nous n’avons pas encore nos sept Lumières, » Finit Sora. « mais Riku et Mickey sont à la recherche d’Aqua en ce moment et une fois qu’on l’aura trouvée, elle pourra nous aider à trouver Ven aussi. »
« Donc, » Commence Roxas, une étrange sensation de vide au milieu de la poitrine, « votre raison de me ramener est parce que vous avez besoin de moi pour être l’un de ces Gardiens de la Lumière ? »
« Le besoin de combler nos rangs a, en effet, hâté ton retour. » Confirme Maître Yen Sid, à l’instant même où Sora déclare fermement, « Non ! »
Roxas les observes alternativement. Clairement, tous deux ont également besoin d’une bonne discussion. « Alors, quelle réponse je dois croire ? »
Sora et Maître Yen Sid partage un regard lourd de sens, Sora avec des yeux noirs, Maître Yen Sid impassible.
« Je t’ai fait revenir parce que tu mérites de vivre. » Proclame Sora d’un ton franc, comme pour défier Maître Yen Sid de dire le contraire. « Si tu décides que tu veux être l’un des Gardiens de la Lumière, ça ne sera qu’un bonus. Mais tu n’es en rien obligé. Tu n’as pas rester ici non plus. Tu es libre de faire ce que tu veux, maintenant. »
Maître Yen Sid n’adhère visiblement pas à ces paroles mais il ne contredit pas Sora.
Roxas est à nouveau rappelé à l’ordre sur pourquoi tout le monde choisit toujours Sora avant lui. Il est si bon ; altruiste, là où Roxas est égoïste. Si leurs rôles étaient inversés, il peut affirmer sans aucun doute que Sora n’hésiterait pas une seconde à dire qu’il veut aider. Mais Roxas n’est pas Sora. Il peine à comprendre ce qu’il se passe, et avoir la liberté de faire ses propres choix est une telle nouveauté pour lui que, la moitié du temps, il ignore totalement quoi faire. Mais ce dont il est certain, c’est que plus jamais il ne s’abaissera à être réduit à un simple nombre.
L’idée de dire non le rebute, comme s’il avait une dette envers Sora et que refuser cette opportunité laisse échapper sa seule chance de la repayer, mais Roxas n’a jamais été doué pour faire le bon choix.
« Est-ce que je peux y réfléchir ? »
« Kairi et Lea sont attendus dans cinq jours. » Répond Maître Yen Sid. « Nous devons nous tenir prêts à partir dès leur retour. Tu as jusqu’alors pour te décider. »
♥
Roxas passe les heures suivantes enfermé dans sa chambre, à regarder la vue offrant sa fenêtre. Il sait qu’il devrait prendre une décision. A la place, seul le coucher de soleil de la Cité du Crépuscule occupe ses pensées.
Le trou dans sa poitrine n’a cesser de grandir, surpassant toutes ses précédentes expériences quand il n’avait pas de cœur.
C’est vers deux heures de l’après-midi que Sora décide qu’il en a assez de laisser Roxas bouder dans son coin.
« Tu n’es pas venu au diner hier soir. » Déclare-t-il tout en trainant Roxas hors de la pièce, même au risque de se prendre un coup perdu lors de sa tentative d’évasion. « Et tu as raté le déjeuner. Je vais pas te laisser t’affamer. »
C’est seulement en arrivant dans la salle à manger que Roxas réalise que Sora n’a absolument aucune idée de ce que mangent les Similis.
« Petit Chef m’a appris à cuisiner. » Développe-t-il, poussant Roxas sur la chaise la plus proche. Une fois certain que Roxas ne sautera pas sur la prochaine occasion pour s’enfuir, il pose un plat rempli de choses plates en face de lui.
« Qu’est-ce-que c’est ? » Roxas soulève le premier de la pile du bout de son couteau puis l’observe retomber mollement.
« Ça s’appelle des pancakes ! » Sora attrape une bouteille de quelque chose appelé ‘sirop’ et commence à en verser sur le dessus du tas de pancakes. Quelques gouttes glissent le long de son couteau et jusqu’à son gant.
« Sora, les Similis mangent- » Ses mots se coupent au moment où le sirop sur ses doigts touche sa langue. Ses yeux s’écarquillent. Oublions ce que les Similis sont censé manger, parce que ce Simili mange du sirop. De l’air aurait pu plus remplir son ventre que le contenu de son assiette, mais qui en aurait quelque chose à faire quand cela reste la seconde meilleure chose qu’il ai pu gouter dans sa vie ?
Sora le regarde se goinfrer avec une évidente satisfaction et, une fois le plat essuyé de toute trace de sirop, la découverte du nombre des quelques rares types de nourriture humaine que Roxas ait essayé dans le passé évolue en une après-midi complète d’exploration culinaire.
♥
Le troisième jour, Roxas se réveille peu après midi. En sortant de sa chambre, il trouve la Tour plongée dans le silence. Un rapide décompte des chambres de la Salle Lunaire présente lui confirme que personne d’autre que lui n’est présent. Hormis Maître Yen Sid, supposément, mais Roxas commence à croire que le vieil homme est en réalité fusionné avec sa chaise.
Sans personne pour le distraire ou même essayer de l’arrêter, Roxas ne prend pas la peine de prévenir qui que ce soit de son départ. C’est une fois dehors, en voyant le ciel violet, qu’il décide qu’il veut se rendre à la Cité du Crépuscule.
Comme si invoqué par cette même pensée, un éclat lumineux jaillit au bord de l’île et laisse apparaitre le train fantôme roulant sur une voie flottante.
Roxas souffle – Il tombe très bien – et quand la porte coulisse d’elle-même, il n’hésite pas une seconde avant d’entrer dans la voiture vide.
Au lieu de passer par la Gare du Couchant comme il le faisait dans la Cité du Crépuscule virtuelle, le train se dirige immédiatement vers la Gare Centrale. Roxas observe le monde défiler derrière la vitre, et quand le train s’arrête enfin, il remonte sa capuche afin de cacher au monde les effets de la nostalgie.
Il n’y a aucun monde que Roxas ne connait et n’aime plus que celui-ci. Il y est né, et y est ‘mort’. Tous ses amis, c’est ici qu’il les a connus et, par concours de circonstances, c’est également le lieu où il les a perdus. Il pourrait s’y repérer les yeux fermés. Pourtant, en descendant le long de la rue de la Gare, il ne peut pas s’empêcher de se sentir comme un étranger, sensation qui s’accentue quand il atteint le circuit du Tram dans le Centre-Ville et mesure enfin à quel point la ville a changé.
Le terrain vague et les bâtiments autour sont maintenant occupés et un ‘Bistro’ y est ouvert, une terrasse accueillante installée devant son entrée dans une cour en contrebas. Sur le tableau d’affichage est accroché une publicité pour le nouveau cinéma en plein air, placé au niveau de l’entrepôt des trams pour une sorte de festival avec à l’affiche un film dont le protagoniste ressemble fortement à Sora. Quelqu’un à rebouché le trou dans le mur menant aux bois. De bons changements en soi - pour ne pas dire intéressants – et s’il ne se sentait pas aussi bouleversé et dépassé, il aurait volontiers essayé l’un des menus du Bistro, ou se serait assis un peu pour regarder quelques films.
Il se contente de fixer la boutique Mog où Axel et lui s’approvisionnaient de glaces, tout en essayant de ne pas pleurer.
La Cité du Crépuscule a continué d’exister malgré leur absence. Et Roxas se retrouve encore une fois oublié et délaissé.
Il ouvre un Portail des Ténèbres pour atteindre le haut de la Tour du Clocher. La perspective de monter les marches le laisse plus fatigué qu’il ne l’est déjà. La vue, au moins, reste inchangée.
Roxas s’assoit au bord, son sac de course contenant une solitaire glace à l’eau de mer à la main. Quelque chose dans le gout est différent. La glace est laissée à fondre, à peine entamée.
Une demi-heure plus tard ne reste qu’un bâtonnet gagnant. Il le serre entre ses gants tachés, souhaitant quelqu’un avec qui le partager.
Alors qu’il glisse le bâtonnet dans sa poche, ses doigts frôlent un petit objet solide. Il découvre un coquillage – l’un de ceux trouvés sur les Iles du Destin. Il ne sait pas pourquoi il est en sa possession, ou pourquoi sa simple vue le déchire de deuil.
Au final, ils ne sont jamais parvenu à se rendre à la plage.
♥
Il y a un Simili sur la Place.
Plus précisément, un Assassin.
Roxas le fixe par-dessus son épaule de là ou il se tient, au milieu des marches menant aux quais. L’Assassin lui rend son regard avec la même intensité. Ou du moins, c’est l’impression qu’il donne malgré l’absence d’yeux. Est-ce qu’ils en possèdent ? Roxas n’a jamais pris la peine de vérifier.
Son dernier contact avec l’un d’eux remonte au moment où ils tentaient de l’empêcher d’atteindre le Manoir dans la Cité du Crépuscule virtuelle. En y repensant, Roxas aurait du suivre Axel, qui d’après les preuves était son meilleur ami, plutôt que de faire confiance à un inconnu sorti de nulle part qui refusait de dévoiler son visage. Peut-être les choses auraient été différentes s’il l’avait fait. Peut-être ne se tiendrait-il pas ici en pleine bataille de regards avec un Assassin.
Ou peut-être que si. Qui sait ?
« Je ne veux pas me battre avec toi. » Lui dit-il, réprimant son instinct d’invoquer la Keyblade. Un Assassin n’’est en rien comme Axel, mais la comparaison reste tout de même assez proche pour qu’il se sente incapable de l’anéantir.
L’assassin est apparemment du même avis, puisqu’il ne bouge pas.
Roxas pousse la porte de la station, le surveillant du coin de l’œil. Aussitôt est-il rentré que la créature fond dans le sol et le suit à l’intérieur tel une flaque vivante. Il garde ses distances malgré tout, et ne tente pas une fois de l’attaquer.
Roxas achète son ticket de retour, lui lançant un dernier coup d’œil avant d’embarquer. Alors que le train s’éloigne, il remarque l’Assassin, de nouveau solide, caché dans l’ombre de la plateforme. Il observe Roxas jusqu’à ce qu’il soit hors de vue.
♥
Roxas est toujours le seul ‘à la maison’ le matin du quatrième jour. Il se réveille fatigué, le manque de nourriture adaptée commençant à se faire ressentir, mais il n’est vraiment pas d’humeur à faire un second voyage hors-monde. A la place, il se met debout au centre de sa chambre, mains sur les hanches, et juge les meubles d’un œil sévère.
Il devrait bien pouvoir en faire quelque chose !
En se réveillant ce matin, la confusion entre ses vrais souvenirs et les faux lui ont presque fait oublier où il se trouvait. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence, et causée seulement suite à sa visite à la Cité du Crépuscule la veille, mais il ne tient pas à risquer de répéter cette performance.
Il est prêt à parier qu’il se fera réprimander s’il se débarrasse du mobilier en jetant le tout dans un Couloir des Ténèbres dirigé directement vers le soleil (ce n’est pas comme s’il possedait les munnies nécessaires pour acheter les remplacements, de toute façon), mais il peut toujours réarranger leur placement. Bouger le bureau sous la fenêtre et le lit le long du mur de gauche, sous l’étagère. Peut-être rajouter un tapis s’il arrive à en glaner un sans que Maître Yen Sid ne le sache.
Avec un hochement de tête résolu, il attrape le pied-de-lit et commence à le trainer vers son nouvel emplacement.
La partie la plus compliquée concerne l’armoire. Elle est faite de bois pur, la rendant déraisonnablement lourde. Roxas tente de la pousser, la tirer, lui crier dessus - et quand toutes ces solution tombent à l’eau, il emprunte sa véritable forme, encre ses pieds au parquet et rue son épaule et son dos contre le meuble au point de se faire mal. L’armoire racle le sol sur un centimètre puis refuse d’avancer d’avantage.
« Allez ! » Crache-t-il derrière une mâchoire serrée. Le premier plan ne semblait pas si mauvais, en fin de compte. Il pourrait s’infiltrer au Château de la Bête sur le retour et piquer l’une de ces armoire qui bouge toute seule… « Bouge ! »
Et, miraculeusement, l’armoire se met à bouger.
Il est si satisfait par son progrès soudain qu’il met quelques secondes à prendre le temps de se demander pourquoi.
Roxas fait un bond en arrière, se propulsant si loin qu’il frôle de passer par la fenêtre. L’Assassin d’hier, ses longs bras toujours pressés contre le côté du meuble, se tourne et le toise d’un air jugeur.
Pendant un long moment, il n’y a que le silence.
« Tu m’as suivi ? » Demande Roxas.
Oui, la créature répond.
« Pourquoi ? »
Mon maître n’est plus là.
Une partie de Roxas se détend involontairement à ces mots. Il jette un regard noir vers le sol. « Il s’est effacé. »
Oui. L’Assassin laisse retomber ses bras. Il a l’air aussi triste qu’un monstre sans cœur peut possiblement être. Ou peut-être bien est-ce le manque d’ossature qui donne cet effet. Mon maître vous cherchait.
Roxas est au courant. Sora était présent quand Axel a disparu pour de bon, ce qui fait que Roxas a tout entendu de ses derniers moments. Ça ne change pas le fait qu’il se soit sacrifié pour Sora. Et ça n’explique pas non plus pourquoi, exactement, l’Assassin le traque.
« Pourquoi tu me suis ? »
Vous étiez important pour mon maître, dit-il. Je vous protègerais à sa place.
« Je n’ai pas besoin de ta protection ! » S’exclame Roxas, son ton bien plus sec qu’il ne le souhaitait. Il peut détruire ce Simili d’un simple revers de Souvenir Perdu. Il n’est en rien plus fort que les autres Similis de son rang, et la véritable armée de Samurai obéissant à Roxas peut accomplir bien plus que cet Assassin solitaire ne pourrait espérer, même s’il l’était. Pour un membre haut placé de l’Organisation, il n’est considéré que comme de la chair à canon.
Mais il appartenait à Axel et, sachant cela, il ne peut pas se résigner à le congédier, même s’il sait que son ordre sera pris en compte.
L’Assassin ne réplique pas mais ne pars pas pour autant. Après quelques secondes, il se retourne et continue d’essayer de déplacer l’armoire. Le bloc de bois ne bouge pas d’un pouce. Roxas l’observe se démener un moment avant de le rejoindre avec un soupir.
Ensemble, ils arrivent à la pousser du coté droit de la pièce, puis l’Assassin l’aide à finir de bouger le bureau et le lit en moitié moins de temps qu’il lui aurait fallu en étant seul. Une fois fini, tous les deux se tiennent devant la porte et scrutent le résultat de leur travail.
C’est encore trop familier à son gout, mais c’est déjà mieux. Roxas se sent plus à l’aise.
« Hé dis, » Interpelle-t-il doucement, pivotant vers l’Assassin. Celui-ci ne réagit pas. « Tu as un cœur, toi ? »
♥
L’idée lui vient en plein rêve. Il est à peine quatre heures du matin quand il se redresse dans son lit comme frappé par la foudre, s’accrochant aux bribes les plus intéressantes même quand le brouillard du sommeil tente de les dérober. Roxas se penche au bord du lit, plissant les yeux dans la semi obscurité, jusqu’à trouver la flaque argentée de son stalker caché derrière la valise oubliée.
« Si je te donnais des ordres, tu m’obéirais ? »
La flaque glisse de quelques centimètres mais la réponse ne viens qu’un long moment plus tard. Oui.
Il se demande s’il devrait s’inquiéter d’une telle hésitation. « Tu penses que les autres Assassins en feraient autant ? Ou bien est-ce que quelqu’un de la nouvelle Organisation XIII à déjà pris le contrôle ? »
La créature commence à s’élever avec indignation, mais se cogne la tête contre le sommier et se laisse refondre dans le sol. Nous avons prêté allégeance à notre maître uniquement !
Roxas contrôle déjà les Samurais. D’après ces mots, personne n’a le contrôle sur les Assassins. Celui-ci à promis de l’écouter mais il n’y a aucune garantie que les autres feront de même. Mais s’il parvient à les convaincre, ces deux sous-classes représenteront un bon paquet de Similis. Certes très loin du nombre astronomique détenu par l’ennemi, mais tout de même assez pour faire une légère différence. Les Samurais et les Assassins ne feront qu’une bouchée des Sans-cœurs les plus faibles. En combinant ça avec les divers Similis de bas rangs qu’il pourra relayer à leur cause (les Reflets et les Sombreurs, par exemple), il aura essentiellement une armée en sa possession.
Roxas se glisse hors du lit, listant chaque détail de son plan dans son esprit. Alors que sa vision se solidifie, il commence à réaliser ce que tout cela implique pour lui exactement.
Eh bien, pense-t-il en tirant la valise de son coin sombre, s’il compte emprunter cette voie, autant y aller jusqu’au bout.
Les vêtements lui vont comme un gant. Savoir que les trois bonnes fées ont probablement deviné sa taille en se basant sur celle de Sora est la seule chose qui l’empêche de paniquer. En regardant dans la glace de son armoire, cette version de lui qui le fixe est quelqu’un qu’il ne reconnait pas. Il n’est plus Numéro XIII ou Roxas de la Cité du Crépuscule. Ce Roxas est une nouvelle personne, bâtie de leurs échos. Un nouveau cœur, fait de fragments brisés, mais bien le sien. Et il fera tout en son pouvoir pour être sûr de le garder.
L’Assassin serpente de sous le lit. Roxas l’ignore, piochant le bâtonnet et le coquillage de son vieux manteau et les glisses en sureté dans la poche de sa veste, juste au-dessus du cœur. Ses amis ne sont plus de ce monde, mais ils seront toujours avec lui.
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Parce qu’il n’est un monstre que par le sens littéral, Roxas attend que l’aube se lève avant de se diriger vers l’office de Maître Yen Sid. Pour passer le temps jusque-là, les deux Similis braquent le garde-manger. Même en ne possédant pas de bouche discernable, l’Assassin est en accord total pour dire que la nourriture humaine est absurdement bonne.
« Tu as un nom ? » Demande Roxas, entre deux bouchées de chips bizarres en forme de O. Il trouve étrange que les Similis à forme humaine aient des noms mais pas les sous-classes, en particulier si eux aussi ont été des personnes à part entière autrefois.
Curly Donut, l’Assassin plonge vers le paquet que tient Roxas. Il se plie pratiquement à l’intérieur du sachet et quand il ressort, des petits anneaux aromatisés à la cacahuète ornent les pointes de chaque épine de ses bras. Il les lève dans la zone de sa ‘bouche’ (en a-t-il vraiment une ?) et les anneaux disparaissent un à un.
« Ok. » Roxas hausse les épaules. Curly Donut est un drôle de nom, mais qui est-il pour juger ?
Paquet maintenant vide, Curly Donut disparait dans le garde-manger à nouveau. Roxas écoute le remue-ménage, léchant les miettes au bout de ses doigts.
« Hé, il y a du sirop là-dedans ? »
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Maître Yen Sid ne s’attend pas à le recevoir. Roxas pense que le vieil homme a de bonnes raison de penser ainsi, vu qu’il a tout fait pour l’éviter depuis le second jour. Le fait qu’il soit toujours vissé à sa chaise quand Roxas entre sans frapper n’est pas une surprise en soi. La surprise est quand, un instant plus tard, il saute sur ses pieds au moment où Curly Donut décide de se joindre à eux.
« J’ai décidé d’être l’un des Gardiens de la Lumière. » Déclare Roxas en guise de salutation, notant avec un grand intérêt que Maître Yen Sid n’est en fait pas fusionné à son siège.
L’attention du sorcier, précédemment fixée sur Curly Donut, revient sur lui. Il offre une bonne prestation en se rasseyant calmement, mais il est évident qu’il se tient toujours sur ses gardes.
« Puis-je savoir ce qui a influencé ton choix ? » Demande-t-il, voix aussi neutre que les traits de son visage.
Roxas hausse les épaules. Plusieurs raisons, en réalité. La première étant qu’il ressent l’e besoin de donner un grand coup de pied au derrière de l’Organisation XIII, mais il n’est cependant pas certain que la revanche soit approuvée par les ‘gentils’. « Je peux pas vraiment vivre libre si le monde tombe face aux ténèbres, pas vrai ? »
Maître Yen Sid hume.
« Et j’ai eu une idée. »
Maître Yen Sid hume à nouveau, avec intérêt cette fois.
« J’ai peut-être un cœur maintenant, mais je reste un Simili. Les Samurais sont toujours sous mon commandement. » Ce qu’il prouve dans la seconde en invoquant l’un d’eux de l’autre côté de Curly Donut. Maître Yen Sid a un léger mouvement de recul. « Et il semble que certains Assassins d’Axel seraient ouverts à faire de même. Si j’arrive trouver assez de leurs semblables et convaincre les rangs les plus faibles de passer de notre côté, ça nous donnerait une chance d’égaliser le terrain lors de l’affrontement. »
Parce qu’il n’y a absolument aucune chance que Xehanort est ses petits copains offrent un combat équitable, et Roxas ne voit pas pourquoi ils ne devraient pas en faire autant. Honnêtement, même si Maître Yen Sid rejette son idée, Roxas compte la réaliser dans tous les cas. Mais obtenir son accord serait bien, s’il le peut.
Maître Yen Sid caresse sa barbe, examinant la proposition. « Il y a du mérite dans le plan que tu proposes. » réplique-t-il d’un ton lent. « Tu as mon accord pour procéder. Mais- »
Le sourire de Roxas se fane avant même de se former.
« -je n’accepterais pas de voir ma Tour submergée. A toi de trouver un lieu où tous les amasser. »
Roxas hoche la tête. L’endroit en question est déjà tout choisi.
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Il lui faut bien deux jours pour atteindre un nombre satisfaisant. La nouvelle Organisation XIII, qui et où soient-ils, n’ont clairement aucun intérêt à revendiquer Illusiopolis (le monde qui jamais ne fut, et qui pourtant est) et sa Citadelle. Les Reflets se dandinant sans but précis dans les couloirs en témoignent, mais Roxas prend tout de même le temps de faire une ronde avant de s’autoriser à se détendre.
L’endroit est toujours habité par des Similis. La plupart sont des Reflets, mais quand il visite son ancienne chambre il y trouve un groupe de Samurais l’attendant comme s’il ne s’était absenté que quelques heures. La chambre d’Axel est pleine à craquer d’Assassins. Il ordonne à ceux voulant l’écouter de se réunir dans le Hall des Mélodies Creuses pendant que Curly Donut part à la recherche d’autres de ses semblables.
Le temps que Curly Donut revienne avec une troupe de nouveaux amis, le Hall est si rempli que les rangs débordent dans les couloirs adjacents. C’est honnêtement bien plus que ce que Roxas espérait réunir, et quand il se dirige vers la sortie afin de retourner à la Tour avec la promesse de faire appel à eux quand le temps viendra, il est plus confiant qu’à son arrivée quant au succès de son plan.
Il est tard dans la soirée quand il passe le palier de la Tour. Il y a sept chambres quand il traverse la Salle Lunaire, et le son de voix enjouées émanant de la pièce à vivre dans la Salle Stellaire montre bien qu’il n’est pas le seul de retour de mission. A mi-chemin vers le bureau de Maître Yen Sid, Curly Donut l’abandonne pour la cuisine.
Maître Yen Sid rédige quelque chose dans un livre quand Roxas s’invite à l’intérieur. Il ne daigne pas souligner sa présence jusqu’à ce que Roxas glisse une feuille de papier devant son travail, le forçant à s’arrêter.
Le sorcier pose sa plume. « Qu’est-ce-que c’est ? »
« Mon rapport. » Lui dit Roxas. « Mission accomplie. »
Quelque chose pouvant presque passer pour un sourire frôle les lèvres de Maîtres Yen Sid tandis qu’il parcourt le contenu du papier. « Il ne t’es pas nécessaire de rédiger un rapport, » Déclare-t-il. « mais ton professionnalisme est apprécié. »
Roxas se tord les doigts, mal à l’aise. Il a écrit ce rapport parce que c’est ce qu’il l’a toujours fait. Il ne lui est jamais venu à l’esprit qu’il n’y ait au final pas besoin d’en faire un.
« Tu as amassé une force relativement considérable. »
« Xehanort ne s’est jamais donné la peine de se rendre à la Citadelle. Les Similis qu’ils utilisent doivent être appelés de manière spécifique. »
Maître Yen Sid penche la tête en signe d’entente, pose le rapport sur le côté et se redresse sur son siège. « Les autres sont revenus de leur propre mission. Demain, Sora et Aqua partiront retrouver Ventus, et Kairi et Lea rentreront de leur entrainement. J’espère que tu es prêt. »
« Je suis prêt. » Roxas déclare, plus sûr qu’il ne l’a été depuis longtemps.
Quand il descend dans la Salle Stellaire, c’est avec l’intention de passer dire bonjour à Sora et le reste. Curly Donut, de retour de son expédition culinaire, émerge des ombres de la cuisine au moment où la porte de la salle de pause s’ouvre. Deux Keyblades apparaissent en un flash de lumière, mais là où Sora se met sur la défensive, Aqua passe directement à l’attaque.
Curly Donut ne fera pas long feu face à une Keyblade.
Roxas pourrait dire qu’il a couru ou que les ténèbres l’ont téléporté à l’autre bout de la pièce, en vérité ces quelques secondes sont assez vagues dans son esprit. La réalité c’est qu’un moment lui suffit pour traverser la pièce et se tenir entre Aqua et l’une des dernières preuves de l’existence d’Axel, bloquant sa Keyblade dans le creux du croisement de Tendre Promesse et Souvenir Perdu.
« Arrête ! » S’écrit-il.
Curly Donut bat ses bras en préparation, s’élevant dans les airs de façon menaçante.
Ennemis ?
« Non. » Lui répond Roxas. « Alliés. Baisse les armes. »
Aqua le fixe avec des yeux ronds. Elle fait un pas trébuchant en arrière, sa Keyblade pointant le sol dans sa main laxe alors que l’autre vient couvrir sa bouche. Ses yeux sont humides. « Ven ? »
« Roxas ! » Sora se précipite vers eux. Sa Keyblade a disparu mais il surveille toujours Curly Donut, toujours flottant derrière Roxas. « Qu’est-ce qu’un Assassin fait dans la Tour ? »
Roxas se redresse mais garde Tendre Promesse et Souvenir Perdu en main, juste au cas où. Voyant sa position comme un signe de fin de danger, Curly Donut fond dans le sol, dans les ombres entre ses pieds. « Il s’appelle Curly Donut. »
Sora fronce les sourcils. « Curly Donut ? »
Je veux des Curly Donuts, dit Curly Donut.
Roxas l’ignore. « Pendant que vous n’étiez pas là, je réunissait un maximum de Similis disposés à m’écouter. »
« C’est une super idée ! » Sora s’exclame avec un grand sourire, comprenant immédiatement les intentions de Roxas. « La nouvelle Organisation ne sais pas ce qui va leur tomber dessus ! »
Oh, Roxas s’assurera qu’ils le sachent.
Aqua, qui apparemment n’a pas du tout suivi la conversation, fait enfin disparaitre sa Keyblade. Comme un robot, elle tend la main vers lui. Un des bras piquant de Curly Donut s’interpose et chasse sa main d’un coup sec avant qu’elle ne puisse le toucher.
« Je t’ai dit stop ! » Grogne Roxas, accompagné d’une tape du côté plat de Tendre Promesse sur ledit membre. Curly Donut se recroqueville, saute du sol et roule autour d’eux en un cercle défensif.
« Oh. » Dit Sora. « Curly Donut. »
Satisfait que son message soit passé, Roxas se retourne vers Aqua. « Tu es Aqua, c’est ça ? »
Son attention quitte la forme rotative de Curly Donut et revient sur lui en un instant. Pour une raison qui lui échappe, la question semble la désespérer encore davantage. « Tu ne te souviens pas… ? »
« Me souvenir de quoi ? »
Sora les observes tour à tour. « Vous vous connaissez déjà ? »
« Non ? »
« Oui ! »
Tous deux se fixent.
« Ven, » Murmure Aqua. « On se connais depuis des années… »
Oh, elle le confond avec quelqu’un d’autre. Roxas désinvoque ses Keyblades dans la seconde pour éviter la tentation de briser quelque chose. « Mon nom est Roxas. »
« On va chercher Ven demain matin, tu te souviens ? » Ajoute Sora.
Aqua est visiblement confuse. « Mais- »
« Je ne te connais pas. » Coupe Roxas. « Et je connais aucun Ven. Moi c’est Roxas. »
Le grabuge a attiré le reste de la troupe. Parce qu’évidemment que Riku ne peux pas s’empêcher de mettre le nez dans les affaires de Roxas, même s’il n’a aucune idée de ce qu’il se passe. Donald, Dingo et Mickey, en revanche, on l’air parfaitement au courant.
« Mince, je suis désolé, Aqua. » Mickey s’approche en dandinant. « J’aurais dû te prévenir ! Je sais qu’ils ont l’air identiques, mais je te promet que Roxas et Ven sont des personnes différentes. »
Identiques.
« Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? » Roxas se braque sur lui. Comme si partager son visage avec quelqu’un n’était pas suffisant, maintenant il y en a deux ?
Mickey lui offre un sourire d’excuse. « A vrai dire, je ne comprend pas tout moi-même. Tu est le Simili de Sora, mais Ven et toi êtes pratiquement les mêmes. »
« Un Simili ? » Reprend Aqua. « Les coquilles vides laissées par les personnes ayant perdu leur cœur ? »
C’est bien lui, juste une simple coquille vide.
« Sora a libéré son cœur pour sauver Kairi. » Explique Riku. Il observe Roxas avec des yeux perçants, comme s’il s’attendait à le voir riposter avec plus que des mots. Roxas en a presque envie mais il refuse de donner cette satisfaction à Riku. « En le faisant, il est devenu un Sans-cœur et a créé Roxas. »
Aqua est horrifiée. Bien sûr qu’elle l’est. Les Similis sont des monstres, même lorsqu’ils prétendent le contraire.
« Il a son propre cœur maintenant. » Proteste Sora.
Vous êtes sûr que ce sont des alliés ? Curly Donut s’enroule autour de ses pieds nerveusement.
Des alliés, oui. Mais pas des amis. Il n’a aucun ami ici.
C’est un rappel non-désiré, et le deuil le frappe de plein fouet une nouvelle fois. Il n’entend plus ce que disent les autres. Un Couloir s’ouvre pour lui et, sans un mot, il s’y glisse avant que l’un d’eux n’ait une chance de l’arrêter.
♥
Même après tout le travail fournis par Sora, les bois de la Cité du Crépuscule sont toujours absolument envahis par les Sans-cœurs. Avec le trou dans le mur de rebouché, la forêt est encore plus déserte que d’habitude. Ce qui fait que Roxas n’hésite pas à relâcher sa forme, laissant son corps se mouvoir comme dépourvu de squelette alors que les Sans-cœurs tombent face à sa rage les uns après les autres.
Un Sans-cœur Emblème se dissipe en fumée alors que Roxas y plonge furieusement ses dents. Ce n’est qu’une fois qu’il enregistre le goût qu’il réalise à quel point il est affamé. La seule nourriture à sa disposition ces six derniers jour n’a été qu’humaine.
Eventuellement, le flot de Sans-cœurs commence à réduire. Il en dévore plus qu’il n’en détruit, et il y a quelque chose de cathartique dans cette destruction sans but précis. Le fait que chaque bouchée aide à remplir son estomac davantage aide probablement. Il attrape la dernière Ombre entre ses griffes et croque sa tête en un coup, se demandant le goût que ça aurait avec du sirop par-dessus.
Il y a un bruit derrière lui, comme un halètement de surprise étouffé. Roxas sursaute, fait volte-face, et est étonné de trouver Aqua un peu plus bas sur le chemin. Son horreur est évidente sur son visage, les yeux fixés d’abord sur les ténèbres vaporeux de l’Ombre puis sur la forme inhumaine de Roxas. Si elle est là, c’est qu’elle est venu le chercher. Mais évidemment, elle ne s’attendait pas à trouver un monstre malgré ses mots un peu plus tôt.
« Qu’est-ce que tu veux ? » Il lui lance un regard noir. Il a pris trop de temps : l’Ombre à pratiquement disparue.
« Sora… a dit que je te trouverais sûrement par ici. » Dit-elle, sa voix devenant plus certaine au fil des mots.
« Qu’est-ce que tu veux ?! »
« Je voulais m’excuser. » Elle supporte son regard avec le sien mais n’a pas l’air de vraiment le vouloir. « Je suis désolée de t’avoir pris pour quelqu’un d’autre. Il m’a fallu quelques éclaircissements mais je pense avoir compris à présent. Excuse-moi ; je ne voulais pas te faire de la peine. »
« Je suis pas peiné. » Ment Roxas. Du moins, il n’est pas aussi peiné de se voir se le faire rappelé qu’il l’est de savoir qu’il est seul. Et il se sent plus calme maintenant que la faim persistante et profonde qu’il endurait est satisfaite.
« Je suis quand même désolée. »
Il regarde des griffes. L’Ombre est dissoute mais quelques tâches de ténèbres s’y accrochent. Il résiste l’envie de les mettre à la bouche pour les nettoyer. « Est-ce que je lui ressemble vraiment ? »
« Pas en ce moment. » Son ton est tendu.
Il roule des yeux (ben oui, c’est évident) et réinvoque sa silhouette humaine. Aqua détourne le regard. « Et maintenant ? »
Quand elle se retourne vers lui, il peut dire que ce n’est pas lui qu’elle voit. « Oui. »
Au moins a-t-elle la décence d’être honnête.
« Mais il y a quelques différence, maintenant que je m’y attarde. » Elle pointe ses cheveux. « les cheveux de Ven sont plus clairs que les tiens. Et je crois que ton visage est un peu plus rond. Tu as l’air plus jeune que lui. »
« J’ai 371 jours. » Lui dit-il. « Si on ne compte pas le temps que j’ai passé à ne pas exister. » Enfin, arrêté d’exister encore plus.
Aqua lui offre un vrai sourire. « Joyeux anniversaire en retard, alors. »
Joyeux… anniversaire ? Qu’est-ce que c’est que ça, encore ?
« Tu as appris à manier la Keyblade seul, pas vrai ? » Elle continue, ignorante quant à sa confusion. « Comme cadeau d’anniversaire, que dirais-tu que je t’enseigne une nouvelle technique ? »
C’est bien après l’heure du dîner que Roxas parvient à maîtriser le ‘Tir visé’, et à ce moment tous deux sont si surmenés que Roxas lui propose à manger au Bistro. Après que les tensions initiales se soient évaporées et qu’elle le traite comme étant lui-même et non Ven, il se surprend à apprécier le moment. Peut-être que quand la guerre sera derrière eux, il lui proposera une glace ou deux également.
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Sora et Aqua sont déjà partis quand Roxas se dirige vers la salle à manger le lendemain matin. En prenant en compte les voix élevées en provenance de la salle de repos quand il passe devant, il en conclut que Donald et Dingo sont restés derrière, tout comme Riku et Mickey – ces derniers sont toujours à table devant leur petit déjeuner quand Roxas entre dans la pièce.
Roxas jette un coup d’œil à Riku et décide que sauter le petit déjeuner n’est peut-être pas si mal. A ce moment exact, Riku lève les yeux et leurs regards se croisent.
Ce qui, bien évidemment, se transforme en challenge, et Roxas se refuse à perdre quoi que ce soit face à Riku. Il s’assoit à table et, pour appuyer son refus, ne prend même pas la chaise la plus éloignée. Un balais magique sens de loin sa fringale de pancakes et place une empilade haute comme son menton devant lui. Roxas soutiens le regard perçant de Riku et darde sa pile d’un coup de couteau en son centre.
« Bonjour, Roxas. » Dit Mickey, soit complètement aveugle ou bien ignorant de façon délibérée la tension environnante.
« B’jour. » Grogne-t-il en retour. Il pioche le premier pancake du tas et le lâche au sol. Curly Donut, caché sous la table, l’attrape et se retire hors de vue.
« Je pensais pas que les Similis mangeaient de la nourriture normale. » Commente Riku d’un ton détaché.
Roxas noie ses pancakes restants dans une dose absolument obscène de sirop et prend la plus grosse bouchée que sa mâchoire lui permette. « On mange des Sans-cœurs. »
Mickey laisse échapper un son intrigué. « Je me demande quel goût ont les Sans-cœurs ? »
« Ils sont loin d’être aussi bons que le sirop. » Mais quand même délicieux. Il se demande si Naminé a déjà mangé de la nourriture humaine ou si elle ne se contentait que de Sans-cœurs. Probablement pas – elle était coincée avec DiZ, après tout. Roxas serait surpris d’apprendre qu’il l’ait laissée manger quoi que ce soit.
« Lea et Kairi devraient être de retour dans l’après-midi. » Riku change de sujet, son ton indiquant que ce devrait être quelque chose d’excitant pour Roxas.
Il n’a jamais rencontré Kairi en personne mais il est presque certain de lui avoir parlé une fois, alors qu’il tombait de la tour du clocher. Il n’a toujours aucune idée de qui est Lea. « Ok ? »
Riku le regarde de travers. « Vous vous êtes disputés, tous les deux ? »
« Non ? » Il n’y a pas vraiment de temps pour se quereller quand on tombe tout droit vers sa mort.
Riku est perceptiblement insatisfait mais laisse tomber le sujet.
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Il n’y a pas grand-chose d’autre à faire qu’attendre, maintenant. Ils sont autant préparés que possible et une fois que Sora et Aqua seront revenus avec Ven, et Kairi et Lea de leur entrainement, il n’y aura qu’une seule dernière réunion commune. Après ça, tous seront en première ligne de la guerre. Roxas ne peux pas vraiment prétendre être galvanisé par le fait de se battre mais, honnêtement, il n’est pas insensible à l’idée non plus.
Il tue le temps durant la matinée en s’entrainant au tir visé contre Dingo. Ou plutôt, le bouclier de Dingo que Dingo tient fermement. Donald les observe sur le côté, un sort de soin prêt à partir du bout de sa baguette au cas où, mais Roxas y va si tranquillement que le canard fini par s’endormir après une heure.
Tous les trois sont forcés hors de la cour vers midi, quand le vaisseau Gummi approche et se pose sur la pelouse. Le bruit assourdissant réveille Donald avec un ‘quack !’ de surprise, et Dingo doit le retenir d’attaquer le vaisseau avant qu’il ne réveille vraiment et comprenne ce qu’il se passe autour de lui. Roxas se tient près d’eux sur les marches de l’entrée, et quand la rampe s’abaisse, il réalise à quel point il se sent nerveux. Il a passé tellement de temps à détester Sora par proxy. Il ne veut pas de mauvais sentiments envers Ven pour les mêmes raisons, en particulier quand cela concerne une chose qu’aucun d’entre eux ne peux contrôler. Mais il ne peux pas garantir que Ven partagera ce point de vue.
Sora est le premier à sortir, un grand sourire aux lèvres et secouant la main dans leur direction quand il les remarque, comme s’il s’était absenté pendant des mois au lieu d’une poignée d’heures. Aqua est la suivante, à une allure bien plus paisible, et avec elle…
C’est exactement comme se regarder dans un miroir. Hormis ses vêtements et les quelques différences citées par Aqua, Roxas et Ven sont véritablement identiques. Ven le réalise également, se figeant net sur ses pas quand leurs yeux se croisent.
« Tu viens, Ven ? » Appelle Aqua.
« Hein ? » Ven se reprend et secoue la tête comme pour en évacuer le choc. Même leurs voix sont pareil. « Ouais, pardon. »
Sora rejoint Roxas en quelques pas sautillants et reste à ses côtés. « Est-ce que ça va ? »
Roxas prend une grande inspiration et fait de son mieux pour se relaxer « Ça va. »
« Tu es sûr ? T’es pas obligé de rester si t’as besoin de temps. Ils comprendrons. »
Roxas secoue la tête. Sora est bien trop bon. « On se ressemble peut-être, mais on est deux personnes différentes. » Il reprend les termes employés par Sora, se forçant à y croire avec la même d’intensité. Et puis, Roxas a beau être semblable à un nombre franchement ridicule de personnes, cela veut aussi dire qu’ils sont semblables à lui.
« Ouais. » Sora acquiesce alors que Ven et Aqua arrivent à leur niveau. « Il n’y a qu’un seul Roxas ! »
Roxas se tient une marche plus haute. Il aime avoir l’illusion d’être plus grand que Ven, même de quelques centimètres.
« Salut. » Commence Ven, ses yeux ronds le dévisageant comme s’il avait du mal à croire à ce qu’il voit. « Je suis Ventus. Appelle-moi Ven. »
« Moi c’est Roxas. » Quand Ven lui sourit, Roxas fait de même et sens sa nervosité se dissiper. Oui, tout ira bien, il peut le sentir. « … Ne m’appelle pas Rox. »
♥
Ven n’est en rien comme il l’avait imaginé. Leurs personnalités sont complétement différentes mais dans un bon sens. Roxas est au courant qu’il ne fait pas un superbe orateur lors de conversations ces jours-ci, mais Ven semble heureux de combler le silence et ne donne pas l’impression d’en vouloir à Roxas quand il réplique de manière plus agressive qu’il ne le voudrait.
Il décide très vite qu’il les apprécie, lui et Aqua, même lorsqu’il peut clairement se reconnaitre dans leur façon de rester constamment ensemble, comme s’ils ne pouvaient pas supporter d’être séparés.
Pendant les quelques heures qu’il leur reste avant l’arrivée des deux derniers des Sept-Mais-Techniquement-Maintenant-Huit Gardiens (plus ou moins quelques centaines de Similis), Aqua trouve un jeu appelé Chasse aux Commandes et tous s’installent dans la pièce à vivre pour y jouer. Il n’y a pas assez de pièces pour tout le monde, donc quatre équipes de deux sont formées ; Aqua et Ven, Donald et Dingo, Riku et Mickey, et Sora et Roxas. Roxas est convaincu qu’ensemble, lui et Sora sont imbattables – une croyance qui perdure et grandit à chaque fois qu’une des équipes adverse atterrit sur leurs cases.
Ils ne sont qu’à un ou deux tours de la victoire quand une courte mélodie retentie de la poche de Sora. Il en sort son gummiphone et, en regardant par-dessus son épaule, Roxas réalise qu’il s’agit d’un message de Kairi.
« Kairi et Lea viennent de partir. » Annonce Sora au reste du groupe. Il se tourne vers Roxas. « Honnêtement, je suis surpris qu’ils ne soient pas revenus dès que tu les as contactés en début de semaine. »
Roxas fronce les sourcils. « Je ne les ai pas contactés. »
« Quoi ? Pourquoi ? »
« Pourquoi faire ? » Demande Roxas. « Je n’ai jamais rencontré aucun des deux. »
Des regards ébahis se fixent sur lui des quatre coins de la table (plus vides qu’autre chose dans le cas d’Aqua et Ven).
Riku se masse l’arête du nez en soupirant lourdement. « Tu n’as aucune idée de qui est Lea, n’est-ce pas ? »
Je vais te donner une bonne raison d’être fatigué, pense Roxas avec rancœur. « Je suis censé le savoir ? »
Aucune réponse ne lui est donnée. L’instant suivant, Sora l’attrape par le poignet, le tire vers le placard dans le coin de la pièce, et l’enferme à l’intérieur. Dans le noir.
« Euh… » Roxas réplique à la porte fermée.
Sora le fait taire d’un ‘Shh !’
« Hé, Sora- »
« Chut ! » Siffle Sora. « C’est une surprise, maintenant ! »
Roxas essaie de pousser la porte pour l’ouvrir, mais Sora doit se tenir appuyé devant parce qu’elle refuse de bouger d’un pouce. « Dis, t’as pas oublié que je pouvais utiliser les Couloirs quand même ? »
« Shhh ! »
Roxas souffle d’exaspération et s’assoit contre le mur collé à une pile de camelote quelconque que Maître Yen Sid a abandonné ici. Une tête émerge du mur à côté de lui.
Oh, salut. Dit Roxas, optant pour la télépathie pour éviter de se faire persécuté à nouveau.
Curly Donut évalue la situation, non sans une grande confusion. Pourquoi ne partez-vous pas simplement ?
Il hausse les épaules, et quand l’Assassin disparait de l’autre côté du mur, Roxas décide de le suivre par dépit et comme pied-de-nez à Sora.
♥
Lea s’étire les bras vers le ciel en suivant Kairi hors du Couloir des Ténèbres et dans le bureau de Yen Sid. Le regard qu’il reçoit est un rappel clair que son usage frivole des Couloirs n’est pas apprécié en ces lieux. Pour rappeler à Yen Sid qu’il se fiche de son avis, Lea fait semblant de ne pas avoir remarqué le reproche silencieux.
« Ca faisait longtemps ! » Déclare-t-il. Plus long pour eux, en tout cas. De leur perspective, un peu plus de deux mois se sont écoulés, au lieu de seulement une ou deux semaines comme ici.
« Lea, Kairi. » Yen Sid hoche la tête. « Votre retour a été grandement anticipé. »
« Moooh, on vous a tant manqué que ça ? »
Yen Sid ne répond pas et Lea décide que c’est un oui.
« C’est bon d’être de retour. » Dit Kairi.
« Les autres ont décidés de passer l’après-midi dans la salle de repos, si vous souhaitez les rejoindre. » Traduction : S’il vous plait, laissez-moi tranquille et donnez moi une dernière soirée de paix. Lea pense cette demande plus que raisonnable.
« Tu viens ? » Il donne un léger coup de coude à Kairi. « Allons nous incruster à la fête. »
Kairi ouvre la marche vers la Salle Étoilée avec un rire. « Quelle fête ? On est pas encore arrivés. »
Ils annoncent leur présence ‘grandement anticipée’ en ouvrant la porte aussi bruyamment et insupportablement que possible. La salle de pause est remplie, tous les autres Gardiens de la Lumière attroupés autour d’une sorte de jeu de société sur la table basse. Tous, excepté Sora qui prétend se reposer de manière nonchalante contre la porte du placard dans le coin de la pièce.
« On est de retour ! » Annonce Kairi.
Un méli-mélo de salutations mélangeant différents niveaux d’excitement et de reconnaissance les accueils. Mais seule une voix du lot retient l’attention de Lea de manière si influente que les autres sont totalement noyées par sa présence. Ta tête pivote si vite que son cou lâche un craquement, mais il en prend à peine compte quand ses yeux tombent sur l’adolescent blond assit entre une femme aux cheveux bleus et Donald Duck.
Son souffle se coupe. C’est impossible. Ils l’auraient prévenu. Ils n’auraient jamais gardé ça secret. Mais il connait ce visage-
« Salut, Lea. » Dit le garçon avec un sourire doux, et l’illusion se brise en mille morceaux.
Roxas n’a jamais appris son véritable nom.
Comme sortis d’un songe, de vagues souvenirs d’un après-midi aux Jardins Radieux quand lui et Isa n’étaient qu’enfants émergent de son esprit. Ils y avaient rencontrés quelqu’un portant une grande ressemblance à Roxas, ce jour-là. Comment s’appelait-il déjà ?
« Ven. » Le nom lui revient. « Bon sang, t’as pas pris une ride. » Un peu terrifiant, pour être honnête. Les dermatologistes doivent le détester.
Ven passe une main dans ses cheveux, l’air gêné. La vue de cette expression familière sur ce visage est si douloureuse, encore plus en sachant qu’il ne s’agit pas de la personne qu’il souhaite voir en face de lui. (Sans vouloir offenser Ven, bien sûr.) « La magie dans toute sa grandeur. »
« Je m’en souviendrais pour quand je serais vieux. » Il blague sans enthousiasme, incapable d’y mettre du cœur quand la peine prend déjà tant de place.
Kairi s’étale à moitié sur le dos de Riku quand il refuse de se décaler pour lui laisser de la place, et elle observe le résultat de la partie apparemment abandonnée.
« Qui gagne ? » Demande-t-elle. La pièce en forme de couronne est à quatre cases de la ligne d’arrivée.
« Mon équipe ! » Répond Sora.
« Il n’y avait pas assez de pièces donc nous avons fait des équipes de deux. » Explique la femme inconnue.
« Et qui est l’autre moitié de la Team Sora ? » Lea alterne son regard sur tous ceux présents et fronce les sourcils en réalisant que leur nombre est impair.
Sora sourit de toutes ses dents, ayant l’air plus exalté que Lea ne l’ai jamais vu. Il s’écarte de la porte et l’ouvre d’un mouvement brusque. « Il est juste là ! » S’exclame-t-il.
Lea fixe l’intérieur du placard. « J’ai l’impression de louper un épisode, là. A moins que tu n’ais fait équipe avec des couvertures et une serpillère. »
Sora se retourne face au contenu du placard, visage décomposé. « Oh non, il est parti ! »
« Qui est parti ? » Kairi demande à Lea, comme s’il était censé avoir une meilleure idée qu’elle sur ce qu’il se passe dans la tête de Sora.
« Il t’avait prévenu, pour le coup. » Ricane Ven.
« C’est terrible ! » Se lamente Sora, les ignorant tous. « Il s’est enfuit !! » Il abandonne le placard, se penchant par-dessus l’accoudoir du canapé et devant le visage de Riku. « Vite, Riku, utilise ton super flair ! »
Riku se penche en arrière dans un futile espoir de regagner un peu d’espace personnel. « Je… te demande pardon ? »
« Demande bien. » Raille Kairi.
« Je ne vais pas… sniffer les alentours ! »
« Mais c’est une urgence ! »
« C’est pas- Ça marche pas comme ça ! » Riku met une main sur le front de Sora et le pousse en arrière. « Je peux sentir les ténèbres mais je suis pas un chien de traque ! »
Lea observe l’échange avec un mélange de curiosité et de peur. « Est-ce que je devrais m’inquiéter que vous cachiez des créatures des ténèbres dans les placards ? Ou du fait qu’elle soit maintenant ‘en liberté’ ? »
Il laisse les enfants seuls pour à peine une semaine et ils se retrouvent à laisser des êtres sombres vadrouiller dans la Tour. C’est officiel ; Yen Sid est un horrible baby-sitter.
« Bouge pas ! » Ordonne Sora, pointant le doigt comme si Lea était un animal désobéissant, et court hors de la pièce.
Lea lève un sourcil vers le reste du groupe. « Quelqu’un veut bien m’expliquer ce qu’il se passe ici ? »
« Non. » Semble être le consensus général.
Comme vous voudrez, pense-t-il en se dirigeant vers la sortie. Dingo attrape sa manche avant qu’il ne franchisse le seuil.
« Crois-nous, la surprise vaut le coup. » Dit-il avec un clin d’œil, comme si c’était supposé le rassurer.
Sora déboule dans la pièce une seconde plus tard, un paquet de Curly Donuts et une bouteille de sirop à demi-entamée dans les mains. Il ouvre la bouteille et commence à l’agiter en l’air, telle la bougie aromatisée la plus étrange au monde. Au moins cette fois, Lea n’est pas le seul à être complètement perdu.
« Qu’est-ce que tu fabriques ? » Demande Donald.
Sora ne daigne pas le regarder. « Il a bu au moins une bouteille entière de ce truc l’autre jour. »
« Tu penses vraiment qu’il peut le sentir ? »
Plus la scène continue, plus le degré d’inquiétude de Lea monte en flèche. Il n’est pas sûr combien de temps encore il pourra rester impassible.
« Essaye Curly Donut. » Suggère Riku.
« Bonne idée. » Sora pose le sirop sur le plateau de jeu et ouvre le sachet de Curly Donuts. « Curly Donut !! Curly Donut ?! » Il secoue le paquet avec insistance. « J’ai quelques délicieux Curly Donuts avec moi ! »
Lea est sur le point de s’exclamer qu’il en a eu assez, quand deux longs bras piquants extrêmement familiers surgissent du milieu du plafond. Le sachet de Curly Donuts est arraché des mains de Sora en un instant tandis que l’Assassin fait une élégante pirouette qui le laisse atterrir sur la table. Il fourre immédiatement sa tête entière dans le sachet.
« Enfin te voilà ! » Sora pose ses mains sur ses hanches.
Les Curly Donuts sont dévorés en quelques instants. L’Assassin relâche le sachet maintenant vide et se penche pour inspecter le sirop, sans pour autant le toucher.
Lea prend une grande inspiration avant de la relâcher. « Je tiens à vous rappeler que je n’ai récupérer mon cœur il n’y a que quelques mois. Ce genre de surprises, ça y va un peu trop fort. »
Au moment où il prononce ces mots, l’Assassin se redresse dans sa direction comme après un choc électrique. Lea n’a jamais ressenti de peur envers ses Assassins dans le passé, et il ne devrait probablement pas commencer maintenant – Il peut l’éliminer facilement si besoin. Mais il y a quelque chose de très intense dans la façon que sa tête sans visage le ‘fixe’, et il mentirait en disant qu’il ne se sent pas un minimum intimidé.
« Je ne sais même pas s’il m’écoutera. » Grommelle-t-il. « Je suis plus un Simili, vous vous souvenez ? »
« Quoi ? » Sora fronce les sourcils, comme s’il avait plus le droit d’être confus que Lea. « Oh, Curly Donut n’est pas la surprise ! »
« Curly Donut ? »
‘Curly Donut’ serpente vers lui, et Lea doit résister au reflex de faire un pas en arrière.
« Hé, Curly Donut ! » Appelle Sora, et le Simili s’arrête pour l’observer. Le fait qu’il y réponde est bizarrement pire que le fait que les autres l’appellent par ce nom. « Où est ton boss ? »
‘Curly Donut’ pointe un bras tranchant vers Lea.
Oh. Lea cligne des yeux. Intéressant.
« Non, » Dit Sora. « ton autre boss. »
« Autre boss ? Tu m’as remplacé ? »
Si les Similis ont la capacité d’avoir l’air coupable, celui-ci la possède assurément. Mais tout ce qu’il pourrait trouver à dire pour se défendre passe par-dessus la tête de Lea ; il ne peut plus communiquer avec les Similis. Il gaspille sa salive.
« Curly Donut a dit qu’il y avait du sirop ici. » Ven déclare soudainement. « Et je veux que vous sachiez que si c’est une ruse pour me piéger dans le placard encore une fois, je vous trainerais tous de force dans le désert d’Agrabah et je vous abandonne là-bas. »
Lea se tourne vers lui, plus confus que jamais, mais Ven se contente de secouer la tête et de pointer vers la porte.
« Surprise ! » Crie Sora.
Lea se retourne lentement…
…et oublie promptement comment respirer.
Parce que Roxas se tient là sur le pas de la porte, une moue peinte sur le visage promettant des choses terribles à ceux qui s’opposeront à lui. Leurs yeux se croisent et Lea observe la moue se fondre en une expression de choc imitant la sienne en tous points.
« …Axel ? »
C’est lui. Par les étoiles, c’est lui. Il tente de parler, de prononcer son nom, mais son souffle ne lui est toujours pas revenu et tout ce qui s’échappe de sa bouche est un triste petit sifflement qui pourrait tout aussi bien être un rire ou un sanglot ou quelque chose d’autre entièrement. Il ne réalise même pas avoir bougé jusqu’à ce qu’il se retrouve agenouillé devant Roxas, bras l’enserrant si fort qu’un humain normalement constitué en aurait eu les côtes douloureuses.
Il faut un moment avant que Roxas ne s’accroche à lui avec juste autant de désespoir. Les larmes de Lea laissent des petits cercles sombres sur sa veste, mais rien ne pourrait le faire relâcher sa prise à présent. En particulier quand Roxas, ayant toujours été plus humain que le reste d’entre eux, se met à pleurer aussi.
« Comment ? » Souffle Lea.
« Les Répliques. » Répond Roxas, voix étouffée par l’épais tissu de son manteau. « Il y a une semaine. »
Rien hormis ça, apparemment. Lea s’écarte, gardant ses mains fermement agrippées aux épaules de Roxas au cas où il déciderait d’avoir la drôle d’idée de disparaître soudainement. Encore.
« Une semaine ?! » Il écarquille les yeux. « Et personne ne m’a prévenu ?! »
Roxas à l’air aussi bouleversé que perdu. « Tu t’es effacé. Je te croyais mort ! » S’écrit-il. « Comment tu peux être encore là ?! »
Cette fois-ci, c’est la colère que Lea sent monter en lui. « Personne ne te l’a dit ?! » Il fait volte-face aussi loin que possible sans avoir à relâcher Roxas ou le tirer au sol. « Sérieusement ?! »
Tout le monde excepté Ven, Kairi et la femme aux cheveux bleus baissent la tête l’air penaud. Ces trois-là sont exempt de sa rage puisque Kairi était avec lui tout du long et, de ce qu’il peut en conclure, Ven et la femme n’ont absolument aucune idée de ce qu’il se passe actuellement.
« On croyait qu’il était au courant que ton nom est Lea. » Explique Riku. « Ton numéro est sur son gummiphone. C’était logique de penser qu’il t’annoncerait la bonne nouvelle lui-même. »
« Il s’appelle Axel. » Déclare Roxas, indigné, et Lea sacrifierait son cœur nouvellement reformé à Kingdom Hearts pour prouver à quel point il lui a manqué.
« Ouais, mon pote. » Lea laisse tomber sa tête sur l’épaule de Roxas. « Mais je suis aussi Lea, maintenant. J’ai récupérer mon cœur et tout. »
Pas que ça lui offre une quelconque faveur en ce moment. Il a l’impression d’être aux portes de la mort.
« Je t’expliquerai tout. » Promet-il. Du coin de l’œil, il voit l’Assassin se placer en position de défense entre eux et le reste du groupe. « Mais d’abord, je dois savoir. Pourquoi est-ce que cet Assassin répond à ‘Curly Donut’ ? »
