Chapter 1: Prologue : Bienvenue dans la Forêt Enchantée.
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Il n'y avait pas de réverbère.
C'était probablement absurde de penser cela dans un moment pareil, mais Henry Mills, avant de lire le livre de contes, avait lu Narnia, et les héros voyaient un réverbère lorsqu'ils arrivaient pour la première fois dans l'autre monde.
Il supposait que ça n'avait pas la moindre importance, après tout, en suivant cette lumière aveuglante, il ne s'attendait pas à atterrir ailleurs que dans la mine elle-même, en fait, il ne s'attendait même pas à quitter Storybrooke tout court.
Il ne s'attendait définitivement pas à se trouver dans une forêt, une forêt qui, pour ce qu'il en savait, ressemblait exactement à celle qui était décrite dans son livre, et peut-être était-il en train de se tromper, mais il savait qu'il n'était plus dans leur petite ville de Storybrooke, et c'était bien de la magie qui l'avait amené ici, forcément ?
Alors…
Il était dans la Forêt Enchantée…
Ce n'était pas supposé arriver, ce n'était pas vraiment ce qu'il espérait pouvoir faire quand il s'était décidé à explorer les mines, contre l'avis de sa mère biologique, d'Archie, de sa mère adoptive (de toute personne censée à vrai dire), et s'il avait été plus attentif, il aurait compris qu'à l'extérieur, tout le monde le cherchait et s'inquiétait de son absence, mais il voulait tellement prouver qu'il avait raison qu'il ne s'en était même pas rendu compte.
Et maintenant, il était là, dans un monde qu'il ne connaissait pas, et sans aucun moyen de revenir chez lui, dans un endroit inconnu et potentiellement dangereux…
Prenant une profonde inspiration, il commença à marcher vers l'inconnu, impatient de découvrir ce qui se cachait dans le monde où ses grand-parents avaient vécu autrefois.
Il n'avait pas la moindre idée de tout ce qu'il allait changer par cette simple action, en passant d'un monde à l'autre.
A suivre…
Chapter 2: Incompréhension et confusion.
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Storybrooke avait beau faire partie du monde sans magie, ça ne voulait pas dire qu'il n'y avait nulle part en ville d'endroit où la magie subsistait, au moins encore un peu.
Après tout, la ville comptait encore deux puissants sorciers, en les personnes de Rumplestiltskin et Regina, les deux instigateurs du Sort Noir, il aurait été complètement absurde de penser qu'ils n'avaient pas emporté ne serait-ce qu'un peu de magie avec eux.
Il y en avait peu, très peu, certes, mais il y en avait malgré tout.
Assez pour permettre à un portail de s'ouvrir depuis la Forêt Enchantée et tout droit dans la mine où Henry s'était justement réfugié, tout seul, et ce alors que tout le monde le cherchait partout.
Peut-être avait-il eu raison finalement.
Peut-être qu'il y avait bien de la magie dans cette mine, peut-être avait-il eu raison d'aller chercher là-bas des preuves que ce qu'il avançait était vrai.
Peut-être avait-il des chances d'en trouver là-bas.
Dommage pour lui et tous les autres que le portail se soit refermé juste après son passage d'un monde à l'autre.
Dommage aussi qu'Henry soit Henry et n'ait prévenu absolument personne…
§§§§
Rumplestiltskin avait immédiatement senti que quelque chose clochait.
Rien d'anormal à cela, il était le Ténébreux, il était le sorcier immortel, l'être magique le plus puissant qui existe au monde, il…
Il n'avait plus ses pouvoirs.
En revanche, il avait ses souvenirs, et il avait beau ne techniquement plus être le Ténébreux, tout de même, Storybrooke avait été créée par magie, et certaines choses magiques fonctionnaient encore dans cet univers (comme les cœurs enchantés par exemple…), mais il ne se serait jamais attendu à…
À sentir quelque chose comme l'ouverture d'un portail magique, et il était plus que probable que Regina ne s'en soit pas rendue compte.
Oh elle n'était pas idiote, loin de là, et si ce portail avait bien, comme il le pressentait, un lien avec la mine qui s'était récemment ouverte et effondrée, mine qui avait un lien avec les nains, donc avec Blanche-Neige, donc avec leur passé oublié donc avec la Forêt Enchantée et la magie, alors quelque chose venait de changer.
Et peut-être avait-elle compris que la magie avait un lien avec ça, après vingt-huit ans en sommeil, elle commençait tout juste à s'éveiller depuis l'arrivée de la Sauveuse, ça n'avait rien de réellement étonnant.
Seulement, elle ne pouvait pas savoir ce qu'il venait de se passer, puisque tout ce qu'il y avait de magique en elle avait disparu, hormis les cœurs qu'elle avait arrachés autrefois, sans compter que lui avait aussi sa boutique, empli d'objets eux aussi autrefois magiques et qui l'étaient encore un petit peu.
(Elle, elle n'avait plus que la bague de Daniel, et c'était tout.)
Mais alors qu'elle s'était contentée de lancer le sortilège et de s'assurer qu'elle ne perdrait pas la mémoire, lui était lié à la malédiction, il avait dû faire en sorte que son esprit, contrairement à ceux de tous les autres, puisse un jour s'éveiller de ce sommeil de vingt-huit ans dans lequel ils avaient tous (presque tous) été plongés.
Emma. Emma Swan.
Emma ! Quel prénom charmant !
Il était lié à ce sort, alors oui, lorsque Henry avait vu le portail s'ouvrir, qu'il avait suivi la lumière, il avait immédiatement senti au plus profond de son être que quelque chose n'était pas normal, était en train de dysfonctionner.
Il ne savait pas quel genre de portail venait de s'ouvrir, mais Storybrooke ne serait plus jamais la même après cela si jamais ce dernier restait ouvert et était à la vue de tous qui plus est.
Il ne savait pas encore alors à quel point il avait raison, ni même à quel point l'action du petit garçon allait absolument tout chambouler dans leur petite ville faussement tranquille de Storybrooke.
§§§§
Tout était de sa faute.
Oh, ce n'était très probablement pas vrai, Archie le reconnaissait lui-même, seulement, il ne pouvait pas s'empêcher de le croire.
Oui, il est vrai que c'était bel et bien Regina qui lui avait demandé, non ordonné de briser en mille morceaux les illusions et les croyances du jeune garçon, mais il n'aurait pas dû l'écouter, il aurait dû lui résister, protester, lutter, ne pas céder à la peur qu'elle lui inspirait, faire comme Emma Swan en somme, seulement…
Seulement, il n'arrivait pas à s'ôter de la tête le visage dévasté par les larmes d'Henry Mills, la façon dont il l'avait regardé, comme s'il se sentait trahi,quand il lui avait dit toutes ces choses horribles sur le fait que les contes de fée n'étaient pas réels, et c'était vrai, seulement, il n'aurait pas dû les dire de cette manière.
Parce que Henry n'était encore qu'un gosse bon sang, il était innocent, il ne méritait pas cela, il avait une imagination débordante, peut-être même un peu trop en vérité, mais si il avait effectivement besoin de retourner un peu dans la réalité pour ne pas s'enfermer dans ses rêves et son monde imaginaire, ça ne devait pas forcément se passer ainsi.
En tout cas, manifestement, Henry n'avait pas du tout bien vécu ce qu'il lui avait dit, et le psychiatre ne pouvait pas arrêter de s'en vouloir, de se blâmer pour ce qu'il s'était passé, quant bien même c'était principalement Regina la responsable de tout ce bordel.
(Comme d'habitude en somme, comme c'était le cas depuis désormais plus de vingt-huit ans…)
Et il s'était déjà senti suffisamment mal après avoir vu Henry quitter précipitamment son cabinet, même si ce qu'il avait dit avait été dit avec de bonnes intentions, et parce qu'il n'avait pas vraiment le choix, mais les choses n'avaient fait qu'empirer quand, quelques heures plus tard, il avait reçu un appel d'Emma Swan.
Henry était introuvable, il avait disparu, il s'était enfui, il s'était envolé, et la dernière fois que c'était arrivé, le fils adoptif de la mairesse avait volé la carte de crédit de son institutrice et était parti en bus jusqu'à Boston.
Oh seigneur, il n'avait tout de même pas encore fugué ?
Si tel était le cas, et s'il lui arrivait quelque chose, alors il le savait d'ors et déjà, il ne se le pardonnerait jamais.
(Il n'avait pas pensé à la mine, parce qu'il n'était plus Jiminy Cricket, et qu'il ne se souvenait plus de la magie, qu'il ne se rappelait plus de qui il était vraiment, et c'était triste, vraiment, mais il ne pouvait rien y faire.
Personne ne pouvait rien y faire, à part Emma, mais Henry avait disparu, et elle n'arrivait déjà pas à croire qu'elle était la Sauveuse quand il était là alors comment parviendrait-elle à le faire maintenant qu'il avait disparu ?)
Alors, suivant Emma, Graham et Regina dans les recherches, il se jura que lorsqu'ils le retrouveraient, il s'expliquerait avec lui, et s'assurerait que cela ne se reproduise plus jamais.
Que plus jamais il ne perdrait la confiance du petit garçon au point que celui-ci préfère fuir plutôt que de discuter avec lui.
§§§§
Regina ne savait absolument pas comment réagir.
Son fils… Henry, son petit garçon avait disparu.
Et même si ni Emma ou Graham ne le disaient clairement à voix haute, ils la tenaient pour responsable de ce qu'il venait de se passer.
Le pire ?
Elle ne pouvait pas réellement leur donner tort, mais elle était la Méchante reine après tout, la mairesse, c'était sa ville, son sortilège, sa malédiction, sa fin heureuse, et elle se devait de faire en sorte qu'aucun grain de sable ne mette un frein à l'entreprise qu'elle menait déjà depuis vingt-huit ans.
Alors oui, il fallait qu'Henry arrête de croire en l'existence de la malédiction, quant bien même celle-ci était effectivement bel et bien réelle.
Jamais elle n'aurait pensé que celui qui lui mettrait un jour des bâtons dans les roues serait son propre fils.
Et encore moins que ce dernier s'avérerait être le fils de la Sauveuse.
Le destin savait décidément aussi bien manier l'ironie que Rumplestiltskin lui-même.
Et, alors qu'ils s'approchaient des mines, elle sentit quelque chose, quelque chose qui, imperceptiblement, la fit se tendre et se figer, la magie, Henry avait eu raison, il y avait de la magie dans les mines. Elle n'arrivait pas à saisir ce que c'était exactement, et ça n'avait pas duré longtemps, mais c'était bel et bien arrivé.
Et soudain, une crainte terrible se saisit d'elle.
Et s'il s'était effectivement rendu dans la mine et ce sans tenir compte des interdictions ?
C'était d'Henry qu'il s'agissait après tout, c'était bien son genre de faire ça, de disparaître sans prévenir personne et d'aller dans un endroit dangereux.
Mais pas de panique, se força-t-elle à penser et à croire, ce n'était rien, il avait juste fait une petite fugue, et il finirait bien par sortir de sa cachette, et tout rentrerait dans l'ordre.
(Mais c'était ce qu'elle se répétait à elle-même chaque jour depuis l'arrivée d'Emma Swan en ville, et pourtant, rien n'avait changé, elle était toujours là, et tout était en train de changer, et elle n'avait encore trouvé aucun moyen pour que tout redevienne comme avant.)
Seulement…
Peu de temps après, un bruit assourdissant se fit entendre et résonna dans toute la ville, un bruit qui venait…
Des mines justement.
Elle venait tout juste de s'effondrer.
Et Regina sentit un terrible frisson glacé s'emparer d'elle, de même qu'un affreux pressentiment, et son estomac se retourna.
Pitié…
Pitié, dites-moi qu'il n'était pas là-bas…
A suivre…
Chapter 3: Quand le temps nous rattrape.
Chapter Text
Titre du 30/06/2020 : Quand le temps nous rattrape
E : Emma Swan
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
123. « Je peux me débrouiller seul [ e ] . »
Emma crut qu'elle allait se mettre à hurler.
La mine s'était écroulée.
Et si Henry était à l'intérieur… s'il y était encore… s'il était blessé, ou même pire encore, mort…
Elle ne savait pas ce qu'elle ferait.
Il ne fallait pas qu'elle y pense, pas maintenant, pas tant qu'il restait une chance que les choses se terminent bien (elle ne croyait pas aux contes de fées, ni aux fins heureuses, mais là tout de suite, elle priait sincèrement pour un miracle), elle devait tenir.
Une part d'elle-même n'avait pas envie de savoir en vérité, ne voulait pas connaître la vérité, aurait bien aimé pouvoir rester un peu plus longtemps dans l'ignorance et faire comme si tout allait bien.
C'était bien ce qu'était Emma Swan après tout, cela faisait des années qu'elle se cachait derrière des murs, et elle aurait préféré pouvoir rester dans le déni, mais elle connaissait Henry.
Elle connaissait son fils, pour autant que Regina comptait continuer de lui refuser ce statut qui était pourtant le sien, elle savait qu'il n'y avait qu'un seul endroit où il aurait pu aller après avoir entendu les paroles blessantes d'Archie, et c'était la mine.
Parce qu'il était tellement têtu et obstiné, et qu'il voulait si fort lui prouver que la malédiction était réelle qu'il était même prêt à se mettre en danger en poursuivant une simple chimère.
Elle pouvait comprendre qu'il ait un fort besoin d'y croire, c'était encore un enfant, et il n'avait pas perdu toutes ses illusions, contrairement à elle, et c'était une bonne chose, vraiment, mais…
Si c'était pour que ça tourne ainsi, alors il fallait vraiment que ça s'arrête, qu'il cesse de croire à ces histoires de méchante reine, de Sauveuse, de fées, de Ténébreux et autres contes de fées qui n'avaient rien de tangible ou de réel.
Peu importe, ce n'était pas important, pas pour l'instant, là, tout de suite, ce qui importait, c'était de retrouver Henry.
C'était de s'assurer qu'il soit sain et sauf.
Elle croisa rapidement le regard de Regina, et pour une fois, elle ne lut aucune animosité dans son regard.
Elles étaient sur la même longueur contrairement à d'habitude, ce qui comptait, c'était Henry, et rien d'autre, aujourd'hui, elles n'étaient plus des ennemies.
Non, elles étaient des mères qui voulaient seulement être réunies avec leur fils.
Tout simplement.
(Pourquoi avait-il fallu qu'elles en arrivent à une telle extrémité pour enfin réussir à s'entendre ?)
§§§§
Graham n'arrivait pas à comprendre ce qu'il lui arrivait.
Henry avait disparu, depuis déjà quelques heures, la mine venait tout juste de s'effondrer en partie, voire peut-être même complètement pour ce qu'il en savait, et pourtant…
Il ne ressentait absolument rien.
Ce n'était pas normal, tout le monde autour de lui était inquiet, voire paniqué, même ceux qui savaient le mieux le dissimuler pour garder un visage impassible, et n'importe qui ne le connaissant pas aurait sans doute pensé qu'il faisait de même, sauf que…
Ce n'était pas le cas.
Et ce n'était pas non plus comme si il ne ressentait pas d'inquiétude parce qu'il était certain qu'Henry allait s'en sortir, il n'avait aucune certitudes à ce sujet.
L'enfant avait disparu, et si il était bien comme Emma, Regina et Archie le pensaient, dans les mines, mines qui venaient de s'écrouler, alors le retrouver ne serait pas une partie de plaisir, loin de là.
Et pourtant, même s'il n'avait aucun moyen de savoir où il se trouvait, il ne ressentait, malgré lui, aucune inquiétude.
Il aurait dû.
Il aurait dû, mais ce n'était pas le cas, et ça recommençait.
La première fois qu'Henry avait disparu, partant pour Boston pour retrouver sa mère biologique, il avait ressenti ce même vide, ce creux au cœur, comme s'il n'y avait absolument rien.
Et ça faisait mal en un sens, parce qu'il ne ressentait absolument rien du tout, et que ce n'était pas normal.
Il entendait bien son cœur battre quand il posait sa main sur son torse, et pourtant, quelque chose sonnait faux dans tout ça, comme si il avait à la fois un cœur, et n'en avait pas, ce qui était juste absurde.
Ce qui faisait mal aussi, c'est que la situation était grave, et ne tournait pas autour de lui, mais autour d'Henry, et de ses deux mères, et pourtant, malgré cela, il arrivait à penser à lui, c'était d'un égoïsme insupportable.
Il ne put pourtant se débarrasser de cette étrange impression.
Il ne ressentait absolument rien.
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce qu'il ne ressentait rien ?
Mettant ses doutes de côté, il poursuivit ses recherches avec les autres.
§§§§
Il n'y avait au final fallu que quelques heures pour qu'absolument tout bascule.
Mary-Margaret était en train d'en faire le cruel constat, alors que, accompagnée de David Nolan, elle participait aux recherches auxquelles la plupart des habitants de Storybrooke participaient également.
Henry avait disparu, et tout comme Archie, elle se sentait responsable de la situation.
Henry était son élève, il était sous sa responsabilité, et qui plus est, c'était elle qui lui avait offert le livre de contes, elle qui lui avait dit de s'accrocher au monde de l'imagination, elle qui était responsable de la situation, et voilà où ça les avait menés.
Le petit garçon était très certainement en danger, et ça lui déchirait le cœur.
Là tout de suite, la question de ses sentiments naissants pour David n'avait plus réellement d'importance.
Tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver l'enfant qui croyait un peu trop en la magie pour son propre bien.
§§§§
Loin de toutes ces considérations, Henry observait son environnement avec un certain émerveillement.
À première vue, il ne s'agissait que d'une simple forêt, rien de plus, mais lui savait bien dans son cœur que c'était bien plus que cela, c'était la Forêt Enchantée !
Là d'où sa famille et tous ceux qui l'entouraient venaient, un monde magique, plein de magie et de choses qu'il ne connaissait qu'à travers son livre de contes.
Et si le livre retranscrivait bien l'endroit où il se trouvait, de même que les illustrations, cela n'avait définitivement rien à voir avec le fait d'y être réellement, pour de bon, en vrai.
Je peux me débrouiller seul.
Il en était sûr et certain, et maintenant qu'il se retrouvait là où il avait toujours rêvé d'aller, il en oubliait sa famille à Storybrooke, il avait même fini par oublier qu'il ne pourrait très probablement pas refaire le même chemin dans le sens inverse.
Là tout de suite, il n'arrivait qu'à se concentrer sur le fait qu'il avait eu raison et qu'il se trouvait dans la Forêt Enchantée, le monde de sa mère, de ses grands-parents, un monde où il n'était pas censé aller mais où il s'était retrouvé par un concours de circonstances.
À vrai dire, il n'était pas vraiment inquiet, un portail s'était bien ouvert pour le laisser passer, un autre finirait bien par s'ouvrir à un moment.
Pas vrai ?
En attendant, il ferait ce qu'il avait toujours rêvé de faire, explorer ce monde inconnu qu'il connaissait pourtant sur le bout des doigts grâce à son livre.
Théoriquement.
Sortant le livre de son sac, il le feuilleta, avant d'arriver à la page qui l'intéressait.
La carte de la Forêt Enchantée.
Et, sans hésiter une seule seconde, essayant de se repérer au milieu des arbres, il tâcha de retrouver le château du Ténébreux.
A suivre…
Chapter 4: Une rencontre impromptue.
Notes:
Titre du 13/08/2020 : Une rencontre impromptue
Bélier : Rumple (OUAT)
E : Emma Swan
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 49 : Emma
5 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit)
Chapter Text
Emma avait eu tort, elle avait toujours eu tort à ce sujet de toute façon, et Henry ne s'en était jamais autant rendu compte qu'à cet instant précis.
Mais cela devait sans doute être normal, après tout, elle était la Sauveuse, l'héroïne, elle était celle qui devait tous les sauver, donc il était logique qu'elle ne croit pas directement en la magie ou en la malédiction, sinon l'histoire se serait terminée avant même d'avoir commencé.
(Sauf que cela faisait plus de vingt-huit ans maintenant que cette maudite histoire durait, sans que personne puisse y faire quoi que ce soit, ou changer les choses, et il aurait juste tellement voulu qu'elle le croit que ça lui faisait presque mal.)
Par ailleurs, il était sûr d'une chose désormais.
Si sa mère avait été ici elle aussi, elle y aurait cru, il en était persuadé.
Elle n'aurait pas pu faire autrement, personne n'en aurait été capable, même pas elle et sa rationalité et son déni.
La magie était réelle, et si il le savait déjà avant, le croyait avec toutes les fibres de son être, il venait tout juste d'en avoir la confirmation, et c'était exaltant, magnifique, mais aussi très terrifiant parce qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qui allait arriver ensuite.
Parce que la Forêt Enchantée était un monde qu'il n'avait jamais connu et qu'il ne savait finalement que peu de choses à son sujet, qu'il ne le connaissait qu'à travers un livre qui n'était finalement qu'incomplet en fin de compte.
Il n'était plus à Storybrooke désormais…
Je crois que nous ne sommes plus au Kansas.
Et si il avait effectivement peur, l'excitation qui brûlait en lui à l'idée de découvrir le monde de ses grands-parents et de sa mère suffisait amplement pour la faire disparaître et lui faire oublier qu'il était passé d'un monde à l'autre.
Et que, surtout, il ne pourrait probablement pas faire le trajet inverse.
Pour l'instant, Henry ne pensait aucunement à tout ça.
Pour l'instant, il ne voyait que le Château des ténèbres, et la promesse de peut-être trouver un moyen d'enfin faire entendre raison à sa mère et de briser la malédiction.
§§§§
Si il devait être honnête, Henry Mills ne pouvait qu'admettre que, si il s'attendait effectivement à beaucoup de choses en entrant dans ce qui avait été autrefois le château de Rumplestiltskin, être mis en joue par une des flèches de Robin des bois n'était définitivement pas l'une d'entre elle.
La vérité c'était surtout qu'il ne s'attendait pas à voir qui que ce soit tout court.
Une fois passé l'enchantement provoqué par le fait d'être arrivé dans la Forêt Enchantée, il avait fini par finalement remarquer que les lieux étaient bien différents de la façon dont son livre de contes les décrivait.
Du peu qu'il avait pu en voir, la Forêt Enchantée n'avait désormais d'enchantée que le nom, au vu de l'état de délabrement qu'il pouvait y observer.
C'était décevant, et aussi très triste, mais également là aussi très compréhensible.
Le Sort Noir avait été conçu pour conduire des milliers de personnes d'un monde à l'autre, pas vraiment pour préserver ce qui se trouvait dans le monde d'origine, et c'était de la magie noire, avec un grand M et un grand N, qu'il ait fait un certain nombre de dégâts n'était somme toute pas très surprenant.
La vraie surprise en fin de compte, c'était le fait que ce monde existe encore, et Henry pensa à ce qu'éprouveraient les habitants de Storybrooke, si jamais ils retournaient dans leur monde d'origine et constataient qu'une grande partie de ce qu'ils avaient autrefois connu n'existait plus et avait été complètement dévasté.
Certainement pas de la joie…
De même, le fait que le palais du Ténébreux tienne toujours, inébranlable, comme si absolument rien ne s'était passé, était compréhensible, si il y avait bien un endroit protégé par la magie qui n'avait donc pas eu à bouger, c'était bien lui.
Ce n'était donc pas si étonnant que ça que quelqu'un ait pris l'initiative de s'y installer.
Enfin si en fait.
Depuis quand il y avait des gens ici ?
Il avait lu le livre une bonne dizaine, non, peut-être même une bonne centaine de fois, et les effets du Sort Noir étaient plus que clairs.
Tout le monde était censé avoir atterri à Storybrooke, et personne n'aurait dû être épargné par le sortilège lancé par la Méchante Reine.
Hé bien apparemment, certains d'entre eux n'avaient pas reçu le mémo…
§§§§
« Je peux savoir d'où tu sors petit ? Lui lança l'inconnu en baissant son carquois, mais en arborant le même air méfiant sur le visage que quelques secondes plus tôt. »
Cela faisait environ une semaine que tout était revenu à la normale et que, pour la première fois depuis vingt-huit ans (non pas qu'il pouvait le savoir, personne ne savait combien de temps exactement s'était écoulé depuis qu'ils s'étaient tous figés sur place) ils pouvaient à nouveau se mouvoir correctement.
Depuis seulement une semaine ils étaient enfin libres, libérés de cette malédiction qu'ils avaient subi sans vraiment la subir réellement, et il avait encore bien du mal à comprendre ce qui avait pu se passer.
Il se souvenait de la fumée sombre qui avait recouvert l'entièreté du royaume, il se souvenait aussi s'être demandé ce que cela pouvait signifier, et avoir tenté de protéger son fils de toutes ses forces de cette chose qui manifestement ne pouvait pas leur vouloir du bien, et puis…
Et puis plus rien.
Le néant.
Jusqu'à ce que, une semaine plus tôt, tout se remette en marche, sans la moindre explication.
(Une semaine plus tôt, une femme blonde aux yeux verts s'était saisie d'une clef et avait fait un choix qui, sans qu'elle le sache, allait bouleverser sa vie toute entière comme jamais elle ne l'avait été auparavant.
Et si le temps avait recommencé à passer à Storybrooke, il en était également de même dans un certain monde magique que presque tout le monde avait oublié.)
Alors oui, voir un gamin inconnu sortir de nulle part habillé avec des étranges habits qu'il n'avait jamais vus, et ce assez peu de temps après que les choses soient redevenues comme avant, c'était tout de même assez suspect.
Ça n'avait peut-être rien à voir, mais…
Il ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiet.
Qu'est-ce que cette fumée était exactement, qui avait fait disparaître les trois quarts de la population ?
Il avait entendu parler du Sort Noir, mais ce qu'il n'arrivait pas à comprendre, c'est pourquoi eux avaient été protégés et pas les autres.
Et surtout, pourquoi pouvaient-ils à nouveau se déplacer ?
Est-ce que la malédiction avait été brisée ?
Depuis combien de temps étaient-ils coincés comme ça ?
« Je m'appelle Henry Mills, lui rétorqua l'adolescent, et je viens de Storybrooke. »
L'archer fronça les sourcils.
C'était où ça Storybrooke ?
A suivre…
Chapter 5: Sous les étoiles.
Notes:
H : Henry Mills
Titre du 23/11/2020 : Sous les étoiles
Chapter Text
« Et je présume, poursuivit alors Robin, après avoir posé son carquois ainsi que son arc et ses flèches, avant de croiser les bras, qu'il ne s'agit pas d'un endroit connu de la Forêt Enchantée ?
Certes, il y avait de nombreux royaumes qui coexistaient ensemble depuis des siècles et dont il ne savait sans doute rien, mais il avait un fort doute quant au fait que l'un d'entre eux puisse réellement abriter des gens habillés de la même manière étrange que l'était le petit garçon qu'il venait tout juste de rencontrer.
Et puis, la malédiction avait bien été lancée pour les emmener dans le monde sans magie, et depuis une semaine tout était revenu à la normal, alors peut-être que les deux évènements étaient liés ?
Peut-être qu'un portail, ou une sorte de pont, avait été établi entre les deux mondes, qui sait.
Henry éclata de rire, se demandant intérieurement si il existait dans ce monde un royaume ou un pays semblable au monde sans magie qui ne vivait pas dans la même ambiance contes de fée que les autres.
- Non, pas vraiment… Storybrooke est une ville située dans l'état du Maine, aux États-Unis… Dans le monde sans magie.
Oh.
Alors comme ça, son pressentiment s'était révélé être juste.
Mais…
Qu'est-ce qu'un gosse du monde sans magie faisait ici exactement ?
Comment était-il venu ici ?
Et surtout, s'il venait du monde sans magie, pourquoi ne semblait-il pas le moins du monde étonné par le fait d'être ici ?
Comment même savait-il qu'il venait du monde sans magie et qu'il existait d'autres mondes avec de la magie ?
- Comment es-tu venu ici ?
- Dans la mine de Storybrooke, il y avait… il y avait de la lumière et je l'ai suivie, il y avait un portail au bout et c'est comme ça que je suis arrivé ici.
Si les voyages entre différents mondes pouvaient tous être aussi simples que ça…
- Je vois. Comment est-ce que ça se fait que tu ne sois pas surpris ? Si tu viens du monde sans magie, alors ça veut probablement dire que tu n'es jamais venu ici, et pourtant tu agis comme si tout était normal.
Il n'avait même pas tiqué en entendant les mots « Forêt Enchantée ».
Henry sourit.
- Parce que Storybrooke n'est pas une ville ordinaire. À Storybrooke, les seuls habitants, hormis moi, sont des personnages de contes de fée, et ils viennent de la Forêt Enchantée. Seulement, ils ont oublié qui ils sont.
- Le Sort Noir, compléta Robin avec un air sombre sur le visage, celui lancé par la méchante reine. Puis il fronça les sourcils. Mais, comment est-ce que tu peux être au courant de ça si tout le monde a oublié ?
- C'est le cas, seulement… Mon institutrice, mademoiselle Blanchard… ou plutôt Blanche-Neige, elle m'a donné un livre de contes de fée, et il racontait la vie des habitants d'ici, et j'ai fini par comprendre que c'était réel.
- Juste… comme ça, sans avoir la moindre preuve ?
Le jeune garçon haussa les épaules.
- Je ne sais pas, je… Je savais juste que c'était la vérité, je ne sais pas pourquoi.
(Dans sa poitrine, un cœur rouge flamboyant, le cœur du plus pur des croyants, était la raison qui expliquait absolument tout.)
- Je suis le fils de la Sauveuse, ajouta-t-il quelques secondes plus tard, celle qui est supposée briser la malédiction, je l'ai ramenée à Storybrooke, je l'ai ramenée à la maison, alors peut-être… peut-être que c'était le destin que je trouve ce livre et que je crois à la malédiction.
(Il aurait aimé que cela se passe autrement, et que sa mère n'ait pas à rester seule pendant vingt-huit longues années.)
- Je comprends, lui rétorqua le voleur.
- Et vous ? Demanda Henry en fronçant les sourcils à son tour. Pourquoi vous n'avez pas été pris par la malédiction vous aussi ? C'est comme si… Enfin, en dehors des dégâts matériels causés par le sortilège, on dirait presque que rien n'a changé. Pourquoi est-ce que vous êtes toujours là ? Et est-ce que vous êtes seul ?
- Je l'ignore Henry, je sais seulement que je me souviens de la fumée, de m'être demandé ce qui allait nous arriver, et puis… Plus rien. Nous sommes restés figés, pendant… je ne sais même pas combien de temps à vrai dire.
- Ça fait vingt-huit ans que la malédiction a été lancée.
Robin des bois se figea.
- Que… Vingt-huit ans ? Ça fait déjà vingt-huit ans ?
En un sens, ils avaient eu de la chance, réalisa-t-il avec effroi, alors même que leur monde avait été dévasté par le sortilège et qu'ils étaient restés bloqués pendant vingt-huit ans, eux au moins ils n'avaient pas été arrachés à leur chez eux, ils n'avaient pas perdu la mémoire et ils n'avaient pas passé des décennies dans un monde qui n'était pas le leur à souffrir sans même en avoir conscience.
- Oui. Je suis désolé.
Lui était toujours dans la Forêt Enchantée, mais pour ce qu'il en savait, ce n'était peut-être pas le cas de ses proches, peut-être était-il séparé de ceux qu'il aimait, sans même que ceux-ci aient conscience de ce qu'ils avaient perdu.
Robin secoua la tête.
- Ne t'en fais pas pour moi, j'ai eu de la chance comparé à d'autres, mon fils et mes amis sont toujours là.
(Marianne était morte, depuis bien longtemps, mais ça ce n'était pas la faute de la malédiction.)
Ce qui répondait donc à une autre question d'Henry, non, il n'était pas seul.
C'était… pour le moins déconcertant, comment se faisait-il qu'eux aient été épargnés, et pas les autres ?
- Est-ce qu'il y a un sorcier ou une sorcière dans les environs ? Une personne puissante avec beaucoup de magie, qui aurait pu faire en sorte de préserver une partie de ce monde et empêcher que vous soyez emportés par la malédiction ?
- Pas que je sache non, lui répondit le bandit, ou si c'est le cas, j'ignore où il ou elle se trouve. Cela fait seulement une semaine que tout est revenu à la normal, alors je ne sais pas vraiment comment ça se passe ailleurs et si il y a des gens qui sont plus informés que moi à ce sujet.
Emma était arrivée une semaine plus tôt à Storybrooke…
Donc c'était bien elle qui était la responsable de ce changement, et Henry se mit à sourire.
Il avait eu raison d'amener Emma à Storybrooke.
Même sans le savoir, même si elle ne croyait toujours pas à la malédiction ou à son destin, elle avait déjà réussi à changer les choses, à rendre le monde meilleur par sa simple présence, à libérer des gens prisonniers depuis vingt-huit ans rien qu'en acceptant de rester.
- Est-ce que la malédiction a été brisée ?
Henry secoua la tête.
- Non, pas encore… Emma… Ma mère, elle… elle ne croit pas à la malédiction ou à la magie, elle est persuadée que je me trompe. Mais maintenant que je suis ici, je sais que je ne me suis pas trompé et que j'ai raison !
Robin sentit alors un mauvais pressentiment s'emparer de lui.
- D'ailleurs en parlant de ça… Est-ce que quelqu'un sait que tu es ici ?
Faites qu'il réponde oui, pria-t-il malgré sa rationalité qui lui hurlait le contraire, parce qu'il était passé d'un monde à l'autre bon sang, comment est-ce que qui ce soit pourrait bien être courant de ce qu'il avait fait ?
- …
Ce fut suffisant pour lui faire comprendre que ce n'était pas le cas.
- Oh, pour l'amour du ciel… A quoi… à quoi est-ce que tu pensais Henry ?
- Je… je n'ai pas réfléchi, je devais suivre cette lumière et aller dans ce portail, il le fallait.
- Et j'imagine que tes parents ne savent pas où tu es, parce que tu ne le leur as pas dit quoi que ce soit ?
- Hé bien… Mes mères ne savent pas où je suis, elles doivent encore penser que je suis dans les mines.
Robin haussa un sourcil étonné.
- Tes mères ?
- Oui, je… Ma mère biologique, Emma, m'a abandonné quand je suis né parce qu'elle ne pouvait pas m'élever, et Regina Mills m'a adopté.
Regina Mills.
Même le nom de famille ne lui permit pas de douter une seule seconde de qui il s'agissait.
- Attends une seconde… tu es en train de me dire que tu es le fils de la méchante reine ?
- C'est pour ça que le temps passe pour moi à Storybrooke alors que tous les autres sont bloqués au même point depuis vingt-huit ans… enfin étaient, depuis qu'Emma est arrivée, tout a changé.
- Ça ne change rien au fait que tes mères ne savent pas où tu te trouves, elles doivent être mortes d'inquiétude, et pour autant que je ne porte pas la méchante reine dans mon cœur, je suis un parent moi aussi, et je ne souhaite ce sort à personne. Sans compter que ce doit être la même chose pour Emma. As-tu la moindre idée de comment tu vas rentrer ?
- Je ne sais pas, avoua-t-il, je… Je suppose que le portail s'est refermé.
- Tu supposes ? »
Bon sang, qu'est-ce qu'il allait faire de ce gosse ?
« Bon, peu importe, j'essaierai de trouver un moyen de régler ça plus tard… Je suis Robin des bois, et en dépit des circonstances, je suis content de te rencontrer.
Il ne s'attendait définitivement pas à ce que les yeux d'Henry s'illuminent en entendant son nom.
- Robin des bois… Le vrai Robin des bois ?
- Euh oui c'est bien moi, pourquoi ?
- Robin de Locksley ? Celui qui vole aux riches pour voler aux pauvres ?
- C'est ça oui. »
Il ne s'attendait pas non plus à ce que les heures suivantes consistent en Henry lui posant des questions sur sa vie, et lui y répondant.
Le soir même, avant d'aller dormir, Henry sortit dehors pour regarder les étoiles.
C'était sous ce ciel là que ses grands-parents avaient vécu autrefois, que sa mère était venue au monde, c'était dans ce monde qu'ils avaient vécu.
Il se jura alors de tout faire pour retourner à Storybrooke pour aider sa mère à croire en la magie et en la malédiction, afin qu'elle soit finalement brisée, et qu'ils aient à nouveau le choix.
Celui de se souvenir de qui ils étaient vraiment, et de, peut-être, revenir dans le monde où ils étaient nés.
Henry s'endormit ce soir-là en s'en faisant la promesse solennelle.
A suivre…
Chapter 6: Reviens moi.
Notes:
Titre du 27/04/2021 : Reviens moi
Pangolin : Hadès - écrire une scène drama
E : Emma Swan
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Natsu (Fairy Tail) : Famille : Écrire sur Anne Shirley ou écrire sur quelqu'un qui a été élevé par d'autres que ses parents biologiques
7. Elle était reine : elle n'agissait pas pour complaire à la populace.
6 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR)
Chapter Text
Storybrooke.
Il n'était toujours pas revenu.
Merde.
Emma avait envie de hurler.
Et la mine, la mine, la mine…
Elle était toujours effondrée, en ruine, et cela faisait déjà plusieurs heures que des fouilles étaient menées, ça prenait du temps bien entendu, mais le savoir ne suffisait définitivement pas à calmer son cœur de mère affolée.
Henry avait disparu, il était peut-être dans la mine et la mine s'était effondrée.
À moins d'un miracle, si il s'y trouvait effectivement, il n'y avait que peu de chances qu'il ait survécu.
Et ça la rendait malade.
Si seulement, si seulement…
Si seulement Archie ne lui avait pas dit tout cela, et si seulement Regina ne s'en était pas mêlée !
Cette dernière était là elle aussi, observant les recherches pour retrouver son fils, leur fils, tout en essayant de tout faire pour aider elle aussi, et si il ne s'était pas agi de Henry, si la situation n'avait pas été aussi grave, la shérif adjointe le reconnaissait, elle aurait jubilé de la voir en si mauvaise posture.
Mais…
Mais elle ne pouvait pas.
Parce que Henry était en danger, et qu'il fallait à tout prix qu'elles le retrouvent.
Là tout de suite, elle ne pouvait rien faire si ce n'est prier, et espérer.
Et être en colère.
Elle avait envie de hurler contre le monde, de hurler contre Regina surtout, elle voulait…
Elle voulait que son fils rentre à la maison.
De son côté, Regina elle aussi n'en menait pas large, c'était probablement la première fois qu'elle perdait à ce point-là le contrôle de la situation à Storybrooke depuis que la ville avait été créée (même lorsque Kurt et Owen étaient arrivés, elle avait réussi à tout régler par elle-même, et encore une fois, c'était à propos d'un enfant, à croire que l'histoire se répétait toujours), et même depuis qu'Emma était arrivée.
Rien n'allait comme elle l'avait prévu, elle ne pouvait rien faire pour retrouver Henry, jamais elle ne s'était sentie aussi impuissante, à part peut-être lorsqu'elle était encore mariée à Léopold et qu'elle avait dû faire le deuil de sa liberté.
Puis elle avait tué son époux, et tout avait changé, et elle s'était jurée de ne plus jamais se retrouver dans une cage.
Mais aujourd'hui…
Aujourd'hui, elle n'avait plus le contrôle.
Autrefois, elle était reine : elle n'agissait pas pour complaire à la populace, elle faisait ce qu'elle voulait, et ce qu'elle voulait, c'était avoir sa vengeance contre Blanche-Neige.
Aujourd'hui, elle avait sa vengeance, pleine et entière, et son fils avait disparu.
Peut-être était-ce sa juste punition pour tout le mal qu'elle avait causé après tout…
A vrai dire, le fait est que si elle avait pu le faire, elle aurait abandonné tout son contrôle sur la ville de Storybrooke, et même la malédiction elle-même si cela lui avait permis de retrouver son fils sain et sauf.
Même si cela signifiait subir l'ire de tous les habitants de la ville une fois qu'ils auraient récupéré leurs souvenirs.
Même si cela voulait dire devoir accepter que son petit garçon la détesterait pour toujours pour ce qu'elle avait fait quand elle était encore la méchante reine, ou même en tant que mairesse de Storybrooke.
Elle aurait été prête à tout abandonner pour que Henry lui soit rendu.
Mais malheureusement, cette fois-ci, elle ne pourrait pas passer de marché avec Rumplestiltskin pour avoir ce qu'elle voulait…
§§§§
Plusieurs heures plus tard.
Toujours rien.
Emma avait le sentiment qu'elle était sur le point de suffoquer.
Cela faisait des heures que ça durait, il faisait nuit, et toujours rien.
La ville entière avait été fouillée, en plus de la mine, et ils ne l'avaient toujours pas retrouvé, Henry n'était nulle part, et ça la rendait folle, il n'était nulle part.
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce qu'ils n'arrivaient pas à le retrouver ?
Pourquoi Henry avait-il disparu ?
Pourquoi avait-elle le terrible sentiment que rien ne tournait rond dans cette foutue ville ?
Elle avait envie de pleurer.
C'était son fils, et elle avait beau ne le connaître que depuis une semaine, elle avait eu beau essayer de ne pas trop s'attacher à lui, il avait réussi à se frayer un chemin jusqu'à son cœur malgré elle jusqu'à ce qu'elle finisse par l'aimer.
(Tout comme Neal autrefois, sauf que Neal…
Neal l'avait trahie.)
Et maintenant, elle savait très bien que plus jamais elle ne dormirait bien de la nuit si elle ne parvenait pas à secourir cet enfant.
Elle se tourna vers Regina.
Elle était dévastée, c'est vrai, mais ça ne changeait au fait que…
« C'est de votre faute ! Explosa-t-elle enfin.
Regina fronça les sourcils.
- Je vous demande pardon ?
- Tout ça, tout ce qui s'est passé, Henry qui fugue pour aller on ne sait où, qui est sans doute allé dans la mine, ou ailleurs, tout ça, c'est… C'est vous la responsable ! Hurla-t-elle. Et je sais que vous pensez que je suis celle qui a provoqué tout ça, mais vous avez tort. Oui vous êtes sa mère, et vous l'aimez, mais… Mais aujourd'hui Henry a pris la fuite à cause de vous. Alors il serait peut-être temps de vous remettre en question, vous ne croyez pas ?
La brune se figea.
- Je voulais juste que Henry arrête de croire à ces bêtises, et toutes ces histoires de contes de fée, je… Je n'ai jamais voulu que ça se passe comme ça.
- Oh ça je veux bien le croire ! Et je suis d'accord avec vous, il faut que Henry arrête de croire à tout ça, mais… Pas comme ça ! Pas de cette manière ! Vous voyez bien ce que ça a donné ! Henry est… Il est peut-être mort à l'heure où nous parlons !
Regina ne trouva rien à répondre.
- Emma ? Lança alors la voix de Graham.
Elles se tournèrent toutes les deux vers le shérif.
- Des nouvelles ? Fit la blonde avec une voix tremblante.
- La mine a fini d'être fouillée, de fond en comble, entièrement… Et…
- Et ? Répéta Regina.
- Et rien du tout. Il n'y avait personne, Henry… Je ne sais pas où il est en ce moment, mais il n'est définitivement pas dans la mine. »
Les deux femmes poussèrent à l'unisson un soupir de soulagement.
Mais cela mettait en avant un autre problème.
Où était Henry exactement ?
§§§§
Où es-tu ?
Cette question tournait en boucle dans l'esprit de Mulan et du prince Philippe.
Où es-tu Aurore ?
Cela faisait une semaine que le monde était revenu à la normale, et ils ne l'avaient toujours pas trouvée.
Le temps avait repris son cours, et ils ne savaient toujours pas où se trouvait la princesse.
Où es-tu ?
Ils la trouveraient bien un jour, ils ne savaient absolument pas ce qui s'était passé, mais ils savaient bien que les choses étaient redevenues comme avant, et que leur quête aboutirait prochainement.
Il le fallait.
§§§§
Crochet s'autorisa à sourire.
Ni lui ni Cora ne savaient si la malédiction serait bientôt brisée, ou même si elle l'était ou non, mais en revanche, tout comme la sorcière, il avait une certitude.
Celle que d'ici un certain temps, ils trouveraient le moyen d'aller dans le monde sans magie, à Storybrooke.
Et ce jour-là, il pourrait enfin tuer le Ténébreux et avoir sa vengeance.
§§§§
Ce dont aucune de toutes ces personnes ne se doutait actuellement, c'est que d'ici peu, leurs vies allaient être complètement et définitivement bouleversées.
Tout ça parce qu'un petit garçon un peu trop curieux avait décidé de franchir un portail qui n'aurait pas dû être là.
A suivre…
Chapter 7: A la découverte d'un monde.
Notes:
Titre du 06/07/2021 : A la découverte d'un monde
Scorpion : Emma (OUAT)
H : Henry Mills
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 49 : Emma
44) 50 nuances de OUAT
6 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, 50 nuances)
Chapter Text
Emma ne s'était pas trompée à ce sujet.
Elle n'avait effectivement pas fermé l'œil de la nuit.
Comment aurait-elle pu le faire au juste, en sachant ce qu'il s'était passé ?
Henry avait disparu, il s'était enfui, était introuvable, et même si Archie et Regina étaient les principaux responsables de ce désastre, ou plutôt de cette catastrophe, la blonde ne pouvait empêcher la culpabilité de lui nouer l'estomac.
C'était son fils et pourtant, elle n'avait pas été capable de le retrouver, elle qui était normalement connue pour sa capacité à retrouver les gens qui ne voulaient pas l'être, précisément parce qu'elle savait ce que ça faisait que de vouloir fuir le monde entier.
Et ce n'était pas non plus comme si elle avait dû fouiller tout l'état du Maine, ou même tout le pays, non, il ne s'agissait que d'une petite ville, qu'elle connaissait certes mal, mais dont elle avait fait rapidement le tour depuis son arrivée.
Une fois certains que Henry n'était définitivement pas dans la mine, Emma, Graham, Regina et d'autres avaient continué les recherches, fouillant partout où le petit garçon pouvait se trouver, être allé, même les endroits où il ne se rendait pas d'habitude.
Et pourtant, rien…
Rien du tout.
Il ne s'était pas montré, n'avait pas donné le moindre signe de vie, malgré les appels de ses deux mères et de la plupart des habitants de la ville, dont certains qu'Emma ne connaissait même pas.
Henry avait disparu, et personne n'avait la moindre idée d'où il pouvait être, et ça la rendait malade, lui déchirait le cœur.
Pourquoi ?
Pourquoi fallait-il que le monde lui ramène son fils, la fasse s'attacher à lui, lui donne envie d'être sa mère, d'être une mère, d'arrêter de fuir, de se trouver une attache, une famille, des amis, un foyer, pour ensuite le lui arracher brutalement comme si il n'avait jamais été là ?
C'était injuste !
Il était presque deux heures du matin lorsqu'ils avaient fini par arrêter les recherches, ou plutôt, quand ils avaient forcé Emma et Regina à s'arrêter là, parce que sinon, pas de doute quant au fait qu'elles seraient sûrement restées debout toute la nuit quant bien même ça n'aurait servi à rien.
Alors l'une comme l'autre était rentrée chez elle, la mort dans l'âme, et Emma était partie se coucher tout en sachant pertinemment qu'elle ne ferait que ruminer sur ce qu'il s'était passé.
Ce n'était pas comme si elle pouvait faire quoi que ce soit d'autre après tout.
La seule certitude qu'elle avait à ce sujet, c'était que Henry n'était pas à Storybrooke, ou alors en des lieux où il était impossible d'aller, parce qu'ils avaient fouillé absolument partout sans jamais trouver la moindre trace de lui.
Alors dans ce cas-là…
Où était-il bon Dieu ?
Avait-il à nouveau fugué, comme lorsqu'il était parti la chercher à Boston ?
Non.
Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas avoir quitté la ville, pas alors qu'elle était là, et qu'il voulait encore si fort briser cette malédiction en laquelle il croyait si fort et à laquelle elle ne croyait toujours pas, et même si Archie avait réussi à briser sa croyance, ça n'avait aucun sens qu'il veuille partir.
Qu'il se sente désespéré, dévasté, qu'il ressente le besoin de s'isoler, ça elle aurait compris, mais la fuite ? Sans avertir personne, et en quittant la ville tout seul, par ses propres moyens ? Ça, elle n'y croyait pas, et puis, pour aller où de toute façon ?
Pendant quelques horribles secondes, elle ressentit la crainte absurde et irrationnelle qu'il ne soit parti chercher son père, avant de se raisonner peu après. Ce n'était pas possible, il ne connaissait même pas le nom de Neal, et si elle-même ne connaissait pas son adresse actuelle, alors comment aurait-il pu la connaître ?
Mais ça ne réglait toujours pas la question, et encore moins le problème que causait sa disparation…
Où est-ce que Henry Mills avait bien pu aller ?
§§§§
Henry, lui, ne se posait aucunement ce genre de questions.
Son émerveillement quant au fait d'être dans la Forêt Enchantée ne s'était toujours pas dissipé, et si il avait bien conscience de l'inquiétude que devaient ressentir ses proches, il préférait laisser ça de côté pour l'instant, puisqu'il ne pouvait de toute façon rien y faire.
Parce que ce qu'il ne fallait pas oublier, c'est qu'en premier lieu, ce n'était pas seulement pour découvrir ce monde plein de magie et d'enchantement qu'il était venu ici, mais pour avoir une preuve de ce qu'il avançait, pour trouver un moyen de briser la malédiction.
Au château du Ténébreux, il n'avait rien trouvé, malheureusement, d'un autre côté, il n'était qu'un enfant, et il n'y connaissait absolument rien en magie.
Oh, il y avait de la magie en ces lieux, ça, pas de doute, mais pas celle qu'il cherchait, ou du moins, il ne savait même pas ce qu'il cherchait, et ce qu'il aurait aimé trouver, à savoir un ou plusieurs haricots magiques, était de toute façon introuvable.
Alors, escorté par Robin des bois, il était parti, direction le château de ses grands-parents.
Quitte à être là, autant voir à quoi ressemblait l'endroit où Blanche-Neige et son prince Charmant avaient autrefois vécu.
§§§§
Il était quatorze heures de l'après-midi lorsque Regina Mills était entrée dans la boutique de monsieur Gold.
Ce dernier s'y attendait, honnêtement, au vu des dernières événements et de leur gravité, à un moment ou un autre, la méchante reine allait venir le voir.
Et si il s'y attendait bien avant que Henry ne disparaisse, à ce qu'elle fasse appel à lui, il aurait cru que cela n'arriverait que plus tard, bien plus tard, et la disparition de Henry Mills n'était définitivement pas la seule chose qui le gênait dans cette histoire.
Il y avait aussi le fait, très irritant, qu'il n'avait désormais plus la moindre idée de ce qui allait se passer par la suite. Lui qui pouvait autrefois tout prévoir, il avait l'impression d'être dans le brouillard, ce n'était pas censé se passer comme ça, la magie n'était pas supposée…
Peu importe.
Puisque c'était arrivé, il allait devoir faire avec, et il était toujours le Ténébreux, même sans pouvoirs, il pouvait faire face à un désagrément de ce genre.
« Vous avez une mine affreuse madame la mairesse, ne put-il s'empêcher de lui lancer, ce qui lui valut un regard noir, il restait monsieur Gold après tout, un homme intelligent, riche, seul et surtout extrêmement désagréable, surtout avec Regina Mills.
Et effectivement, même si elle était habillée, maquillée et coiffée comme à son habitude, sublime, comme toujours, on ne pouvait manquer les cernes qui se dessinaient désormais sous ses yeux, et ils savaient tous les deux pourquoi elle n'avait pas dormi de la nuit, et cette fois, ce n'était pas lié au shérif Graham.
(Oui il savait ça, bien sûr qu'il savait, il savait tout de toute façon.
Ou presque.
Il ne savait pas qu'une certaine princesse qu'il avait autrefois aimée puis chassée se trouvait encore ici, bien vivante et enfermée.)
- La ferme Gold, je ne suis pas venue ici pour entendre vos sarcasmes.
Savait-il ?
Se souvenait-il ?
En le fixant droit dans les yeux, Regina en avait de plus en plus l'intime conviction, et elle ne savait pas quoi en penser.
Elle savait qu'il n'était pas son allié, qu'il n'était l'allié de personne, ça, elle l'avait toujours su, Rumplestiltskin n'agissait qu'en suivant ses propres plans, et parfois en accord avec ceux des autres, uniquement quand ils servaient ses intérêts.
Est-ce que ce serait le cas cette fois-ci aussi ?
Est-ce qu'il accepterait de l'aider ?
La brune regarda autour d'elle, et constata rapidement qu'ils étaient seuls.
- Alors dans ce cas-là, pourquoi êtes-vous là ? Lui demanda-t-il avec un petit sourire narquois qu'elle trouva désespérément irritant, surtout dans ses circonstances.
Son fils avait disparu, et pourtant, il se permettait de lui sourire, comme si de rien n'était.
C'était insupportable, et c'était aussi cela qui le rendait aussi insaisissable, le fait que rien ne semble jamais le toucher personnellement d'une quelconque façon, comme si il était indifférent à tout ce qui l'entourait.
Elle savait bien que ce n'était pas vrai, elle l'avait constaté de ses yeux des années plus tôt, lorsqu'elle lui avait affirmé que Belle était morte, mais maintenant, son masque était si bien en place qu'elle n'arrivait plus à voir au travers.
- Mon fils a disparu. Ça fait presque vingt-quatre heures maintenant.
- Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ? Ou plutôt, si je devais mieux le reformuler afin de ne pas trop vous heurter… qu'est-ce que je peux y faire ? Vous êtes la mairesse, vous avez les pleins pouvoirs en ville, est-ce que ça ne devrait pas être suffisant pour vous permettre de le retrouver ?
Regina encaissa le coup sans broncher.
C'était vrai, elle avait le pouvoir, et elle n'avait plus son fils.
Peut-être était-ce vrai finalement.
Peut-être ne pouvait-elle pas avoir les deux.
- De plus, ajouta-t-il, pour une fois, vous et miss Swan n'êtes pas en conflit à ce sujet, en unissant vos forces, vous serez parfaitement capables, j'en suis sûr, de retrouver votre fils.
Elle serra les poings.
Comment faire pour le faire parler, pour lui faire admettre…
Dans d'autres circonstances, elle aurait renoncé, mais là, c'était de Henry qu'on parlait, son fils, son petit garçon, qui avait disparu, et elle ne savait même pas si il était dans le même monde qu'eux à présent.
Parce que oui, elle se souvenait à présent de ce phénomène magique qu'elle avait cru ressentir la veille, mais déterminée à retrouver l'enfant, elle n'y avait pas vraiment prêté attention, et elle n'y avait plus pensé depuis.
Mais…
Si Henry était vraiment allé dans la mine, et qu'il y avait des traces de magie là-bas et qu'il y avait disparu, et qu'il était introuvable maintenant parce qu'il avait franchi un portail…
Ça aurait expliqué pourquoi ils n'arrivaient pas à le retrouver.
Elle ne savait pas quelle option elle préférait à vrai dire, qu'il ne soit plus là parce qu'il avait quitté la ville, ou qu'il ne soit plus là parce qu'il avait changé de monde.
Mais elle savait une chose en revanche, c'est qu'elle était désespérée.
Et les âmes désespérées, c'était la spécialité de ce cher crocodile…
Elle avait besoin de lui, besoin de magie et si quelqu'un pouvait en avoir ici, c'était lui, et personne d'autre, et la bague de Daniel n'en contenait pas suffisamment pour qu'elle puisse essayer de retrouver Henry avec de toute façon.
Surtout si il n'était plus à Storybrooke…
- Ce serait le cas si nous étions dans une ville normale… Mais vous et moi nous le savons bien, nous ne sommes pas dans une ville normale.
Il sourit.
- Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Qu'attendait-il d'elle au juste, qu'elle admette la vérité qu'elle s'efforçait de nier depuis que Henry l'avait exposée au grand jour ?
- Ce n'est plus le moment de jouer Rumple, lâcha-t-elle enfin, ne voyant plus d'intérêt à lutter contre lui, pas alors que la vie de son fils était en jeu. Ce n'est pas… cette fois, ce n'est pas une histoire de pouvoir, c'est… Il s'agit de mon fils, et il a disparu, et je sais que je suis coupable de bien des choses, mais lui, il… Il est innocent. Et il faut que je le retrouve.
Le sorcier ferma les yeux pendant quelques secondes, se retenant de soupirer.
Oh, il ne connaissait que trop bien ce sentiment de terreur, lui aussi avait perdu son fils, lui aussi ne savait absolument pas où se trouvait Baelfire, et ce, depuis deux cents ans et il se raccrochait à l'espoir qu'un jour, il le retrouverait enfin.
Et pour autant que lui et Regina avaient passé leur temps à s'affronter, il ne lui souhaitait pas de vivre la même chose, sans oublier le fait qu'il était primordial que Henry Mills revienne à Storybrooke afin que la malédiction soit brisée, et qu'il puisse retrouver son fils.
Donc, une seule solution s'offrait à lui, ils devaient collaborer pour le bien de tous.
Deux mères devaient retrouver leur fils pour que lui-même soit réuni avec le sien, l'ironie en était presque belle.
Il ouvrit les yeux.
- Votre majesté, la salua-t-il, et elle sut alors qu'elle ne s'était pas trompée.
Une partie d'elle en fut irritée et presque vexée, qu'il se souvienne de tout alors qu'elle était supposée être la seule à avoir conservé la mémoire, ce n'était pas normal, et puis elle se souvint du fait que le Sort Noir venait de lui à la base, alors qu'il l'ait trafiqué dans ce but n'était finalement pas étonnant.
Donc ça signifiait soit qu'il se souvenait depuis toujours, soit qu'il…
Il avait récupéré la mémoire quand Emma était arrivée, c'est ça ? Donc c'était bien elle la Sauveuse, mais dans ce cas-là, si il avait voulu se souvenir, est-ce que…
Est-ce qu'il souhaitait la fin de la malédiction ? Alors qu'il aurait sans doute dû vouloir oublier qui il était afin d'oublier Belle et la douleur de l'avoir perdue, ce n'était pas le cas, ce qui devait signifier qu'il poursuivait un autre but, qu'elle ne connaissait pas.
Rien de nouveau sous le soleil en somme, c'était le Ténébreux.
- Alors vous vous souvenez…
- Bien sûr. Qu'est-ce que tu croyais très chère ? Je suis le Ténébreux.
- Pourquoi… comment… Oh et puis tu sais quoi ? Je m'en fiche. Je veux juste…
- Retrouver Henry, je sais.
- Est-ce que tu sais où il est ?
- Sincèrement ? Non. J'ai des soupçons, mais…
- Mais quoi ?
- Je pense qu'un portail s'est ouvert et qu'il l'a franchi.
Les yeux de Regina s'écarquillèrent de surprise.
- Un portail se serait ouvert de nulle part, comme ça ?
- Tu peux rester dans le déni autant que tu veux Regina, mais ça ne changera rien au fait que ton fils a disparu. Et que nous devons absolument le retrouver.
La jeune femme le regarda alors comme si elle le voyait pour la première fois, et il vit les rouages se déclencher dans son crâne.
- Tu… Tu le savais n'est-ce pas ? Que Henry… était le fils biologique de Emma Swan… et que c'est elle la Sauveuse… Tu l'as toujours su, ou du moins tu as fait en sorte que les choses se produisent ainsi, même quand tu n'avais plus tes souvenirs. Tu veux… tu veux que la malédiction soit brisée, assena-t-elle alors.
Son sourire ne laissait planer aucun doute sur le fait qu'elle avait raison, et il n'essaya même pas de le dissimuler, c'était lui qui était en position de force après tout.
- Si Henry a bien franchi un portail, dit-il, ne répondant pas à sa question, alors la question est de savoir où il est allé.
- La Forêt Enchantée, répondit-elle immédiatement sans la moindre hésitation, enfin, s'il en reste quelque chose.
- Le Sort Noir est conçu pour déplacer des gens d'un monde à l'autre, pas pour détruire des univers, la rassura-t-il, si il est bien là-bas, alors il a très certainement survécu.
- Tu aurais un moyen de le retrouver ?
Il hésita, n'étant pas sûr d'être prêt à dévoiler son seul atout.
- Peut-être, mais…
- Mais quoi ?
- Mais ça implique quelque chose que tu n'es sans doute pas prête à faire…
- Si il s'agit du prix à payer, peu importe, je serai prête à le payer, il s'agit de mon fils Rumple !
- Il s'agirait d'amener la magie à Storybrooke… et d'essayer de trouver un moyen d'ouvrir un autre portail, mais tu te doutes bien qu'ainsi, la véracité de la malédiction ne pourra plus être mise en doute, et elle finira tôt ou tard par être brisée par Emma… La question que tu dois te poser, majesté, c'est si tu es prête à choisir entre le pouvoir… et ton fils. Tu dois choisir judicieusement.
Elle le regarda avec suspicion.
- Tu as l'air de parler en connaissance de cause.
- Peut-être que c'est le cas, admit-il. Mais avant qu'elle n'ait pu poser de question, il ajouta. Alors, que choisis-tu ?
- Mon fils, dit-elle sans la moindre hésitation.
Ce n'était même pas négociable.
- Bien… J'ai caché de la magie, ici, à Storybrooke, peut-être qu'avec elle, je pourrai trouver une solution.
- Parfait. Que devons-nous faire ?
- Il faut que Emma Swan affronte un dragon. »
La stupeur apparut sur le visage de la reine.
Quoi ?
A suivre…
Chapter 8: La réalité.
Notes:
Titre – La réalité
Gémeaux : Regina (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
44) 50 nuances de OUAT
Chapter Text
« Tu te fiches de moi ?
Un dragon ? Quel dragon enfin, ils étaient à Storybrooke, pas dans la Forêt Enchantée, il n'y avait pas le moindre dragon ici… Ce n'était quant même pas Maléfique pas vrai ? Enfin, elle était bien là, mais elle n'était pas supposée… Et puis quel rapport avec la magie et le fait d'ouvrir un portail pour retrouver Henry au juste ?
- Il est déjà arrivé par le passé que je plaisante avec toi, que je te mente ou que je me moque de toi… ce n'est pas le cas. Pas aujourd'hui.
- Mais enfin Rumple, de quoi est-ce que… de quoi est-ce que tu parles ?
Il sourit.
Persuadée comme elle l'était que sa malédiction était supposée durer toujours, elle n'avait pas anticipé que le Ténébreux avait pu la doubler en secret, préparer la fin de la malédiction, et il n'en était pas surpris, il avait toujours bien su cacher ses plans et ses intentions après tout.
- Il y a plusieurs années, alors que tu pensais avoir gagné, lorsque cette chère Blanche-Neige était sous l'influence de la malédiction du sommeil éternel, j'ai chargé le prince Charmant d'une mission, en échange de mon aide pour qu'il retrouve son véritable amour.
- Quel genre de mission ? Demanda-t-elle, ayant la désagréable impression de perdre son temps, elle qui l'avait pourtant contrôlé durant les vingt-huit années précédentes.
- Il devait faire en sorte que ta chère amie Maléfique avale un objet bien particulier, une sorte d'œuf contenant quelque chose de très précieux et important… un échantillon de magie du véritable amour.
Regina cligna des yeux, estomaquée.
- Tu… Comment as-tu fait pour réussir à… synthétiser la magie du véritable amour ? Et surtout pourquoi ?
- Oh mais c'est très simple, grâce à un cheveu provenant de deux personnes partageant un amour véritable, c'est la magie la plus puissante qui existe après tout.
- Blanche-Neige et David, souffla Regina, le regardant comme si elle le voyait pour la toute première fois.
Maintenant qu'elle savait cela, tout devenait tellement plus clair, Rumplestiltskin n'était pas qu'un sorcier complètement fou décidé à semer le chaos partout où il allait, changeant de camp quand ça l'arrangeait, non, il avait tout prévu depuis le début.
La sorcière se sentit frissonner de terreur, si elle avait déjà eu peur de lui avant, ce n'était rien en comparaison à aujourd'hui et elle se sentit soulagée qu'il n'ait pas encore récupéré sa magie.
- Pourquoi alors ? Répéta-t-elle.
- Pour que ce jour arrive. Oh je ne pensais pas que ce serait aujourd'hui ou dans ces circonstances, mais je savais qu'un jour, nous aurions besoin de magie, parce que…
- Parce que la malédiction finirait par être brisée, compléta-t-elle. Tu… Tu veux qu'elle soit brisée. Pourquoi ?
Il soupira et elle serra les poings.
- Rumplestiltskin… Il ne s'agit pas d'un jeu d'esprit, ou même d'un jeu tout court, mon fils… Je dois le retrouver, sa vie est peut-être en danger, alors s'il te plaît.
D'ordinaire, c'était lui qui faisait cela, mais pas maintenant, pas aujourd'hui, pas alors que les enjeux étaient bien trop grands.
- Très bien, admit-il, puisqu'il est temps de mettre cartes sur table… Il y a plusieurs siècles, bien avant ta naissance, ou celle de ta mère ou celle de presque tout le monde dans cette ville, j'avais un fils…
Regina se figea, surprise.
- Toi ? Tu avais une famille ?
- Ça t'étonne ? Qu'est-ce que tu pensais, que j'étais né comme ça, avec des écailles et des yeux de reptile, que c'était comme ça que j'étais devenu le Ténébreux ?
- Je… Je ne me suis jamais posé la question.
- Comme à peu près tout le monde je pense… Donc j'avais une femme, Milah, et un fils, Baelfire. À l'époque, je n'étais pas le Ténébreux, je n'étais que Rumplestiltskin, le lâche du village…
La mairesse fronça les sourcils.
- Toi, un lâche ?
Il eut un sourire sombre, avant de lever sa canne en l'air.
- Ceci est la preuve de ma lâcheté, alors que la guerre, celle contre les ogres, faisait rage, on m'a envoyé à la guerre et là-bas, j'y ai rencontré une voyante qui m'a prédit que si j'allais sur le champ de bataille, j'allais mourir, et que mon fils sur le point de naître allait grandir sans père… Alors j'ai fuis et je suis rentré chez moi après m'être mutilé la jambe. Plusieurs années plus tard, ma femme m'a quitté, j'ai cru qu'elle avait disparu et avait été enlevée, mais elle s'est en fait enfuie avec un pirate. Quand je l'ai compris, je l'ai tuée et j'ai tranché la main de son amant.
Une lueur de compréhension apparut dans les yeux de son ancienne élève.
- Killian Jones… Le capitaine Crochet. Je crois que je commence à comprendre pourquoi il tient tant que ça à te tuer.
- Tu le connais ?
- Je l'ai rencontré oui. Je l'ai envoyé tuer ma mère.
- Intéressant… Sais-tu si il est ici ?
- À toi de me le dire, ironisa-t-elle, c'est ton sort après tout, et n'es-tu pas censé tout savoir, ô grand Ténébreux ?
Il leva les yeux au ciel.
- Peu importe… Même si le cas, il a perdu la mémoire et une fois la malédiction brisée, quand j'aurai récupéré mes pouvoirs… il ne sera pas un problème. La guerre est revenue, des années après, et mon fils était désormais en âge d'aller au front… Je ne pouvais pas m'y résoudre et j'ai entendu parler du Ténébreux, alors j'ai volé sa dague et je l'ai tué…
- Comme ça ?
- C'était ce qu'il voulait, et je ne m'en suis rendu compte que trop tard… J'ai mis fin à la guerre, mais un an plus tard… Mon fils avait vu à quel point la magie me changeait, et il m'a convaincu de passer un marché avec lui, de partir ensemble dans le monde sans magie, où je pourrais redevenir moi-même. J'étais d'accord, mais quand le portail s'est ouvert, j'ai pris peur, et j'ai lâché sa main… Il est tombé, et je l'ai perdu. Le seul marché que je n'ai jamais pu remplir.
Les yeux de Regina s'écarquillèrent sous le choc.
- Quand était-ce ?
- Il y a deux cents ans.
- Comment peux-tu être sûr qu'il est encore vivant ? Aux dernières nouvelles, il n'est pas immortel contrairement à toi, et même sans parler de ça, le monde peut se révéler plein de dangers pour un enfant seul qui se retrouve dans un endroit dont il ne sait rien, sans personne pour le guider. Comment peux-tu être si certain que tu le retrouveras ?
- Je le sais, c'est tout. La voyante me l'a assuré, et lorsqu'elle m'a transmis ses pouvoirs, je l'ai vu aussi. C'était flou, difficile à démêler, mais je le sais malgré tout. Je reverrai un jour mon fils. Vivant. Je prépare ça depuis des siècles.
Regina sentit la nausée l'envahir, et elle comprit.
- Alors la malédiction… Le Sort Noir, tu voulais, tu… Tu m'as utilisée ! Tonna-t-elle, accusatrice. Tu m'as manipulée.
- C'est vrai très chère, mais ne joue pas les innocentes, ne fais pas comme si tu n'avais jamais manipulé ou utilisé personne non plus, sans compter que je ne suis pas la seule personne à l'avoir fait, tu peux aussi compter ta mère dans le lot.
- Tu m'as poussée dans les ténèbres, maintint-elle, j'ai fait mes propres choix en connaissance de cause, c'est vrai, et tu n'es pas le seul responsable, mais… Depuis le début tu… Tu voulais que je devienne un monstre, et que je lance cette malédiction, parce que tu ne pouvais pas le faire toi-même, c'est ça ?
- C'est exact, reconnut-il, je l'ai fait pour retrouver mon fils.
- Et moi pour venger l'homme que j'aimais !
- Pour te venger d'une fillette qui a été manipulée et utilisée elle aussi. Par ta mère, Blanche-Neige n'était qu'une enfant et Cora… Hé bien ça a toujours été une très bonne manipulatrice, tu le sais mieux que quiconque.
Oui, c'était vrai, mais Regina ne parvenait pas à faire taire la haine qui hurlait dans son cœur.
- Tu t'es servi de ma souffrance pour tes propres plans.
- Et toi tu as lancé un terrible sortilège qui fait souffrir des milliers de gens afin de te venger d'une seule personne. Si on commence à mutuellement se reprocher nos crimes passés ou présents, on risque d'y passer la journée, et aux dernières nouvelles, on a plus important, non ?
- Tu as comploté avec Jefferson et le docteur Frankenstein pour me faire croire qu'il était impossible de ramener Daniel.
Rumplestiltskin soupira.
- C'est vrai, dit-il, ne voulant même pas nier, mais je ne t'ai pas menti à l'époque très chère, quand c'est mort, c'est mort… La résurrection, ça ne fonctionne pas, même quand on mêle science et magie, le docteur Frankenstein l'a lui-même appris, son frère… Il a ramené son frère et ce n'était rien de plus qu'un cadavre ambulant qui souffrait l'enfer à chaque instant. Était-ce vraiment ce que tu voulais pour Daniel ? C'était pour…
- Non, le coupa-t-elle, devinant d'avance la fin de sa phrase. Non, s'il te plaît Rumple, ne viens pas me dire que c'était pour mon bien, parce que c'était ce que ma mère me disait, et elle…
Elle avait les larmes aux yeux, réalisa-t-il alors soudainement.
- Regina… Je suis sincèrement désolé, mais… Mais le fait est que si je dois choisir entre mon fils et toi, je le choisirai lui. Toujours. Je pense que tu peux me comprendre, tu ferais exactement la même chose à ma place.
Elle ne pouvait pas le nier.
- Comment peux-on ramener Henry ?
- Je ne sais pas. Pour répondre à cette question, on a besoin de magie.
- Une magie qui est détenue par Maléfique…
Sa présence n'était pas étonnante, elle l'avait enfermée parce qu'elle avait refusé de l'aider, mais… que Rumplestiltskin se soit servi de cette donnée pour l'intégrer à son plan, c'était… Rumplestiltskin quoi, elle n'aurait pas dû être surprise.
- Il faut donc que Miss Swan accepte de l'affronter.
La brune faillit éclater de rire.
- Tu es en train de me demander d'accepter de laisser être détruit ce qui est à moi depuis vingt-huit ans ?
Il la regarda alors avec un sérieux qu'elle ne lui avait jamais vu auparavant.
- Regina… J'espère que tu es bien consciente du fait que si nous ne nous trompons pas, si Henry est bien dans la Forêt Enchantée… tu n'as plus aucun moyen de le convaincre du fait qu'il se trompe ? Tu ne peux plus lui mentir maintenant, au risque de le perdre, et de le voir te filer entre les doigts, et crois-moi, j'ai été dans cette situation autrefois. Ça finit toujours mal, et il va finir par te détester, si ce n'est pas déjà le cas.
- Je…
Elle ne termina jamais sa phrase.
Il avait raison, encore une fois.
Mais était-elle prête à le faire ?
Pouvait-elle réellement renoncer à ce qu'elle avait depuis des années, à cette vengeance qu'elle avait finalement obtenue ?
- Tu dois te poser les bonnes questions… Qu'est-ce qui est le plus important à tes yeux ? Le pouvoir, la vengeance… ou l'amour de ton fils ? Si tant est qu'on réussisse à le retrouver. Si mes souvenirs sont bons, ce n'est pas la vengeance qui t'a réellement rendue heureuse.
- Pourquoi faut-il que ce soit Emma ?
- Elle est la Sauveuse, c'est elle qui doit affronter le dragon. Point. Ce n'est pas moi qui fixe les règles.
- Donc si je comprends bien, il faut que celle qui ne croit pas en la magie accepte d'y croire pour que nous puissions retrouver Henry. »
Ce n'était pas gagné…
A suivre…
Chapter 9: Une promesse.
Notes:
Titre du 25/06/2021 : Une promesse
Gémeaux : Regina (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
44) 50 nuances de OUAT
6 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, 50 nuances)
Chapter Text
Reprendre une vie normale, après ce qu'il venait de se passer, alors que Henry était toujours porté disparu, et que personne n'avait la moindre idée d'où il pouvait se trouver, hormis peut-être l'antiquaire et la mairesse, semblait relever du domaine de l'impossible.
Pourtant, le monde ne s'était pas arrêté de tourner parce qu'un enfant s'était volatilisé dans la nature, et même si le cœur de Regina saignait, elle ne pouvait qu'en être consciente.
Henry avait disparu, il était parti, il était introuvable, il était peut-être mort, et elle ne pouvait rien faire pour le retrouver.
Cinq jours déjà, depuis que son fils était parti, pour chercher une preuve de l'existence de la malédiction, du Sort Noir, de la magie. Cinq jour qu'il se cachait, dans la ville, hors d'elle, voire dans un autre monde, cinq jours qu'elle ne l'avait pas vu, qu'elle n'avait pas pu le serrer dans ses bras ou lui dire qu'elle l'aimait.
Cinq jours de trop.
Cinq jours d'angoisse, de peur, de terreur, cinq nuits à ne pas réussir à dormir convenablement, à se coucher avec l'estomac noué.
Est-ce que c'était cela, ce qu'avaient ressenti Blanche-Neige et son prince Charmant à l'époque où elle les traquait encore, où leur vie était chaque jour menacée, où ils craignaient pour leurs vies et pour celles de ceux qu'ils aimaient ?
Sans doute, et elle méritait certainement cela, mais pas Henry, il ne méritait pas d'être en danger si jamais il l'était, et elle se moquait bien du fait qu'il était aussi probable qu'il se soit juste caché quelque part en ville pour lui faire mal, pour la faire payer de ce qu'elle lui faisait, à elle et aux autres.
Tout ce qu'elle voulait c'était que son petit garçon rentre à la maison.
Rien de plus.
§§§§
Emma sentait chaque jour son monde s'effondrer un peu plus.
C'était dingue quant même, elle qui n'avait pas prévu d'être mère, et qui avait abandonné son fils dix ans plus tôt parce qu'elle était persuadée qu'elle était incapable d'en être une, maintenant elle…
Elle était une mère, une mère dont le fils avait disparu et qui faisait tout pour le retrouver, sans y arriver, sans même comprendre ce qu'elle devait faire ou par où elle devait commencer.
Malgré tous ses efforts, Henry avait réussi à franchir tous les murs qu'elle avait érigés autour d'elle, et à se faire une place dans son cœur, comme si il avait toujours été là, et comptait ne jamais repartir.
Et puis, il avait disparu, exactement comme Neal dix ans plus tôt.
Tel père, tel fils…
Mais là, les circonstances étaient différentes, parce que Neal l'avait abandonnée, il l'avait trahie, il lui avait brisé le cœur, alors que Henry…
Si elle n'avait pas été au commissariat, elle aurait fondu en larmes sans hésiter une seule seconde.
Henry était un gosse, elle ne savait pas où il était, il aurait tout aussi bien pu être mort qu'elle n'en aurait rien su.
Si il se cachait quelque part en ville, alors il était vraiment très doué à ce jeu, parce que pour l'instant, personne n'avait encore réussi à le retrouver.
Et elle aurait vraiment aimé pouvoir lui dire d'arrêter ce jeu de cache-cache insensé, parce que, si ça ne le tuait pas lui, alors ça allait finir par tuer une de ses deux mères, voire les deux.
Surtout, elle se posa la même question que celle qui s'installait dans son crâne depuis maintenant cinq jours, à savoir, si Henry n'était pas dans la mine qui s'était effondrée, ni en ville, alors, dans ce cas-là…
Où était-il exactement ?
La dernière fois qu'il avait disparu, ça avait été pour la retrouver elle, pour l'amener à Storybrooke, mais puisqu'il n'avait plus personne d'autre à ramener (elle essaya de ne pas penser à nouveau à Neal, parce que Henry ne savait pas, il ne pouvait pas savoir et si il savait, oh, elle ne pourrait jamais s'en remettre), alors il n'avait nulle part où aller en dehors de la petite ville de l'état du Maine.
Cette fois, aucune carte de crédit n'avait disparu, rien n'avait été pris chez Regina non plus, ce qui signifiait que Henry n'avait sans doute rien pour survivre par ses propres moyens, là, dehors et Emma ne se souvenait que trop de ce que c'était que de vivre dans la rue.
Il était hors de question que son fils ait à traverser une épreuve pareille, elle s'en faisait la promesse.
Tout comme elle se promettait de le retrouver.
« Tu tiens le coup ?
La blonde se tourna vers Graham.
Elle aurait sans doute menti à quelqu'un d'autre, mais Graham, son collègue, son supérieur, et maintenant son ami, avait été là durant ces cinq derniers jours, avec Regina, Archie et Mary-Margaret, il avait vu sa colère, sa douleur, son désespoir, et ses larmes.
Il ne savait que trop ce qu'elle vivait, ce qu'elle pouvait ressentir, ce qu'elle traversait, aussi, elle lui faisait confiance, parce qu'avec lui, elle n'avait pas à se forcer.
Elle n'était pas obligée de faire semblant.
Devant lui, elle pouvait laisser tomber le masque.
- Non, avoua-t-elle avec une sincérité qui ne lui était pas habituelle, mais rien ne l'était de toute façon depuis que Henry avait pris la poudre d'escampette. Je… Le pire, c'est l'incertitude. Je ne sais pas où il est, je ne sais pas quoi faire pour le retrouver, et puisqu'on ne sait rien du tout, je suis censée retourner à une vie normale, mais… Je ne peux pas, c'est comme si… Comme si je faisais du sur-place, j'ai l'impression que ma vie a été mise en pause et que… que plus rien ne sera plus jamais comme avant.
Je n'arrive plus à ressentir quoi que ce soit, voulut lui dire Graham, non, il voulait le lui hurler même, il voulait le dire à quelqu'un depuis que Henry avait disparu, et qu'il n'avait ressenti ni peur ni inquiétude, qu'il n'y avait rien eu en lui à part du vide.
Mais il ne le pouvait pas, parce qu'il ne pouvait parler de la sensation terriblement oppressante due au fait qu'il pensait ne pas avoir de cœur, parce que ça n'avait absolument pas le moindre sens, et parce que ce n'était pas important.
Henry avait disparu, et c'était ça qui comptait, plus que tout le reste, plus que ses petits problèmes.
(Plus que ses cauchemars où une femme ressemblant étrangement à Regina enfonçait sa main dans sa poitrine pour lui arracher le cœur.)
- Je ne vais pas te dire que tout va bien se passer, dit-il alors, parce que ce serait un mensonge, mais… On finira bien par le trouver Emma. Il ne doit pas être si loin que ça, pas vrai ?
Emma hocha la tête, essayant de le croire.
- Tu as sûrement raison. »
Ce n'était pas ça qui allait lui ramener son fils.
Mais c'était déjà quelque chose.
§§§§
Rumplestiltskin ne fut pas étonné de revoir Regina revenir dans sa boutique.
« Alors ? Comment est-ce que les choses avancent ?
- Henry est toujours introuvable, et je… Je ne sais pas quoi faire.
- Oh, ça me semble très simple pourtant, va voir Emma Swan et dis-lui la vérité.
Elle le regarda alors comme si il était fou.
- Tu plaisantes j'espère ? Tu voudrais quoi, que je me pointe devant elle et que je lui dise : « Emma je suis la méchante reine, vous êtes une princesse de contes de fée, la fille de Blanche-Neige et du prince Charmant, la magie existe et la malédiction est réelle. C'est de ma faute si vous avez dû grandir toute seule dans ce monde, j'ai essayé de tuer vos parents à de multiples reprises, et j'ai effacé leurs mémoires ainsi que celles de plusieurs milliers de personnes, et je fais actuellement de leur vie un enfer en faisant tout pour les séparer depuis vingt-huit ans. Oh et aussi, notre fils a potentiellement disparu dans la Forêt Enchanté, il y est sûrement seul et pour que nous puissions peut-être le retrouver nous avons besoin de magie et il faut que vous vous battiez contre un dragon pour que cela fonctionne.
- Ça me semble être un résumé plutôt détaillé et fidèle de la situation.
La brune leva les yeux au ciel.
- Peut-être mais tu sais très bien qu'elle ne me croira pas. Elle n'a aucune raison de le faire. Et même si elle le faisait, je n'ai pas spécialement envie…
- Quoi donc ? Ironisa-t-il. De passer pour la méchante ? C'est pourtant bien ce que tu es.
Elle le fusilla du regard.
- Aux dernières nouvelles, si je me souviens bien, tu n'es pas entièrement innocent dans cette histoire toi non plus.
- C'est vrai. Mais tu n'as pas vraiment envie qu'elle sache ce que tu as fait, qui tu es vraiment, alors que pourtant, une fois que la malédiction sera brisée, elle le saura forcément, puisque tout le monde aura retrouvé la mémoire.
Regina soupira.
Elle n'avait malheureusement pas oublié ce détail.
- Très bien… Admettons, et je dis bien admettons, que j'approuve ce plan… Encore que, pourquoi je ne pourrais pas affronter Maléfique moi-même ? Ce ne serait pas la première fois.
- Parce qu'elle ne se montrera pas devant quelqu'un qui n'est pas la Sauveuse. C'est à elle de briser la malédiction, c'est donc à elle d'affronter le dragon.
Son interlocutrice serra les poings.
- Soit… Bref, admettons que j'accepte, mettre au courant Emma au sujet de la malédiction, lui dire la vérité… comment faire pour qu'elle me croie ? Nous sommes dans le monde sans magie je te rappelle et les preuves qu'avait pu lui ramener Henry n'ont pas été suffisantes pour la convaincre.
- À toi de le faire dans ce cas-là.
- Et comment au juste Rumple ? Je veux dire, tu es le Ténébreux, si il y a bien quelqu'un qui a pu conserver un peu de magie à Storybrooke, en dehors de moi, c'est toi.
- Puisque tu en parles, n'aurais-tu pas de la magie toi aussi ?
Regina repensa à la bague de Daniel et son cœur se serra, avant qu'elle ne secoue la tête.
- Non. Enfin, j'en ai, oui, mais… Ce ne serait pas suffisant. Pas ça.
Elle n'était pas prête à y renoncer, pas encore, c'était la dernière chose qu'il lui restait de l'homme qu'elle avait tant aimé autrefois, elle n'était prête à le laisser partir.
- Et tes cœurs ? Intervint-il alors.
Son souffle se coupa.
Oh.
Elle les avait presque oubliés.
- La vérité, c'est que je ne sais même pas si elle y croirait si elle les voyait… Et toi alors ?
- Je n'en ai pas. Pas assez en tout cas.
- Alors… qu'est-ce que je suis censée faire dans ce cas-là ? Comment lui prouver que la magie existe ? Comment faire en sorte qu'elle m'aide à retrouver notre fils ?
- Je ne sais pas Regina. Je ne sais vraiment pas. »
Et il semblait sincère.
Elle laissa échapper un cri de rage, par chance, la boutique était encore une fois déserte et elle sentit son désespoir grandir encore plus.
Ce n'était pas censé se passer comme ça.
Avant, elle aurait blâmé Emma pour ça, mais elle ne pouvait plus le faire, parce que c'était elle qui avait demandé à Archie de briser tout ce en quoi Henry avait jamais cru, et donc c'était de sa faute si il était parti.
Elle était…
Elle était une mère déplorable.
Elle n'était pas Cora, et elle se le jurait, elle ne le serait jamais, mais maintenant qu'il n'était plus là, elle s'en rendait compte.
Elle était la méchante reine, elle était la méchante de l'histoire, le monstre, et sa souffrance ne pouvait pas justifier ce qu'elle avait fait, elle s'en rendait compte à présent, et c'était ce que Henry avait essayé de lui faire comprendre.
Maintenant, elle savait.
Pour retrouver son fils, elle était prête à tout.
Même à perdre tout ce qu'elle avait, y compris son amour et son affection, parce que de toute façon, il la détestait déjà, alors, qu'est-ce que ça changeait au juste ?
Si son fils la détestait, ou pire encore, si il n'était plus là, à quoi bon continuer à être la mairesse de Storybrooke, à quoi bon avoir le pouvoir ?
À quoi bon avoir sa vengeance dans ces conditions-là ?
Elle sut alors ce qu'elle devait faire.
Elle devait gagner la confiance d'Emma, à défaut de son pardon, parce qu'elle ne le méritait pas, définitivement pas, elle devait l'amener à croire en elle, en la magie, elle devait amener la magie à Storybrooke, elle devait l'aider à briser la malédiction, et à retrouver leur fils.
Et surtout, elle devait changer.
A suivre…
Chapter 10: Ma lueur d'espoir.
Notes:
Titre du 21/07/2021 : Ma lueur d'espoir
Gémeaux : Regina (OUAT)
H : Henry Mills
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Xanxus (KHR) : Adopté : écrire sur Dick Grayson (DC) ou écrire sur un perso ayant été adopté
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Elle pensait que ça rendrait les choses plus faciles comme ça.
Elle avait eu tort.
En un sens, ça ne faisait que les empirer.
Depuis que Henry avait disparu (une semaine maintenant, ça faisait déjà une putain de semaine bordel !), Regina dormait mal, en fait, elle ne dormait presque plus la nuit, et quand elle y parvenait, ses nuits étaient peuplées de cauchemars.
Au début, elle avait essayé de faire avec, de tenter soit de continuer les recherches pour trouver Henry (qui ne menaient nulle part), soit d'exercer son métier de mairesse (mais rien n'était réellement compliqué, puisque c'était sa ville, qu'elle avait le contrôle et qu'il n'y avait presque pas d'opposition contre elle), soit de chercher à Storybrooke des preuves de l'existence de la magie pour faire en sorte qu'Emma y croie (échec total), et elle avait fait comme si le manque de sommeil ne l'atteignait pas.
Et puis, un soir, elle avait failli s'écrouler, et elle avait compris qu'elle ne pouvait plus continuer comme ça, qu'elle devait faire quelque chose.
Elle avait fait appel à Graham, pour qu'il dorme avec elle (et seulement dormir, rien d'autre, elle n'avait définitivement pas la tête à ça, pas en ce moment, pas avec… Henry dans la nature, et qui ne reviendrait sans doute jamais), espérant que sa présence l'aiderait à dormir et à chasser les cauchemars.
(Ça marchait bien, autrefois, dans la Forêt Enchantée, sauf là-bas, c'était elle qui avait créé les cauchemars du Chasseur.
C'était elle qui avait fait de sa vie un enfer, et qui continuait de le faire, même si Graham n'en avait pas le moins du monde conscience.)
Et pourtant, elle était là, incapable de trouver le sommeil, encore une fois, et c'était entièrement de sa faute, pour une chose, qui, pour une fois, n'avait rien à voir avec Henry.
Enfin, pas directement en tout cas.
C'était lié à la malédiction, à ce qu'elle avait fait subir aux habitants de sa ville, ce qu'ils vivaient depuis vingt-huit ans, c'était la noirceur de son cœur et de son âme qui lui revenaient en plein visage avec la force d'une gifle, comme celles de sa mère, et c'était putain de douloureux.
Parce que, si Henry revenait, et si il était bel et bien allé dans la Forêt Enchantée, alors…
Alors elle ne pourrait plus faire comme si il se trompait, comme si il ne faisait qu'inventer, et surtout, Henry saurait qu'il avait raison, qu'il avait toujours eu raison au sujet de la magie, de la malédiction, et elle…
Il allait la détester encore plus qu'il ne le faisait déjà, à ce sujet, Rumplestiltskin avait parfaitement raison.
Et dans le cas où il rentrerait sain et sauf (il le fallait, oh dieux, il le fallait, elle le voulait tellement, et elle ne se rappelait pas avoir tant voulu quelque chose, pas même sa vengeance contre Blanche-Neige, ou le retour de Daniel), elle ne pourrait pas continuer comme ça.
Elle avait cru pouvoir le faire, elle avait cru réussir à persuader Henry que tout ça, les contes de fée, la magie, la Sauveuse, la méchante reine, c'était dans sa tête, et tout ce qu'elle avait réussi à faire, c'était le faire fuir.
Deux fois.
La première fois ça avait été Boston, la deuxième fois, peut-être dans un autre monde où il était potentiellement mort parce qu'il était censé n'y avoir personne là-bas et que ce n'était qu'un enfant seul et sans doute incapable de survivre dans un tel milieu durant toute une semaine.
Il ne pouvait pas y avoir de troisième fois, elle se le jurait.
Avant, elle aurait continué comme si de rien n'était, mais maintenant les choses étaient différentes, avant elle se moquait bien d'avoir du sang sur les mains, tant qu'elle pouvait avoir sa vengeance, et la seule personne qu'elle risquait de décevoir était son père, ce même père qu'elle avait assassiné alors qu'il n'avait cessé de la soutenir.
Il aurait mérité une meilleure fille qu'elle…
Mais Henry était son fils et elle l'aimait et elle ne voulait pas le perdre définitivement.
Elle avait mis du temps à l'accepter, mais maintenant, elle le savait, si elle voulait qu'un jour son petit garçon l'aime à nouveau et lui pardonne…
Elle ne devait plus être la méchante reine.
Plus jamais.
Ce qui la ramenait à l'homme allongé juste à côté d'elle.
Graham était l'une de ses premières victimes, à une époque où elle n'avait pas encore montré son vrai visage à l'ensemble de la Forêt Enchantée, et avec le Génie devenu miroir magique, ainsi que son père, il était l'un de ceux qui était resté le plus longtemps à ses côtés, sauf qu'il ne l'avait pas fait de son plein gré.
Il était resté parce qu'elle lui avait arraché le cœur…
Lorsque Rumplestiltskin avait mentionné les cœurs enchantés qu'elle gardait dans son caveau (les siens, ceux de sa mère, qu'importe, ils servaient avant tout à montrer quelles horreurs elles avaient toutes les deux commises, elle qui avait pourtant juré de ne jamais devenir comme sa mère), elle n'avait pas pu esquiver l'image mentale que lui avait conjurée son cerveau.
Le Chasseur, devant elle, alors qu'elle tenait son cœur dans sa main et qu'elle lui donnait des ordres auxquels il était bien forcé d'obéir sans broncher.
Cela faisait des années qu'elle ne l'avait pas fait (depuis Owen et son père en fait), mais malgré tout, elle savait bien qu'elle le contrôlait toujours, des années, des putains de décennies qu'il vivait sans cœur, sans éprouver le moindre sentiment, par sa faute, et elle se demanda si Henry savait.
Si il l'avait lu dans son livre de contes, et elle n'y avait pas vraiment fait attention lorsqu'elle l'avait lu, ou alors elle avait oublié, parce que après ça, son conflit avec Emma avait continué, et Henry avait disparu et elle…
Si il savait, alors…
Elle soupira.
Pas étonnant qu'il la voie comme un monstre, pour ça et tout le reste, parce que ça, cette prison dans laquelle elle avait enfermé Graham, elle n'était pas si différente que celle où sa mère et Léopold l'avaient piégée, des années plus tôt.
Ce qu'elle avait fait, ce qu'elle faisait, ce n'était pas bien, et ce n'était pas comme si elle venait tout juste d'en prendre conscience, non, la différence, c'était que…
C'était que Henry lui aussi trouvait ça mal et qu'il la détestait pour ça, et que si elle voulait qu'il l'aime à nouveau, elle devait devenir meilleure, et ça incluait le fait de réparer tout le mal qu'elle avait fait aux habitants de Storybrooke.
Ça commençait par rendre son cœur au shérif Graham.
Alors qu'il se réveillait d'un nouveau cauchemar, elle réalisa qu'elle avait définitivement pris sa décision.
Elle rendrait son cœur à Graham et elle romprait avec lui (même si ils n'avaient jamais réellement été ensemble finalement) en espérant qu'il puisse aller mieux après ça.
Je suis désolée Graham.
Je suis tellement désolée.
Ce n'était pas suffisant, pas du tout, mais…
Mais…
C'était un début au moins.
Et si jamais Henry ne revient pas ? Lui souffla une voix moqueuse et méprisante qui ressemblait beaucoup trop à celle de sa mère.
Alors j'aurais fait ce qui est juste pour une fois, pensa-t-elle, et si la malédiction est tout de même brisée et que les habitants de Storybrooke veulent me châtier hé bien soit.
Je n'aurai plus aucune raison de vivre ou de me battre de toute façon.
§§§§
Le château de ses grands-parents était tout bonnement…
Magnifique.
Il était vide, et il avait subi les ravages de la malédiction lui aussi, comme à peu près tout le reste, et le cœur de Henry se serra mais malgré tout, il sourit.
Il tenait toujours debout, il ne s'était pas encore effondré, donc ça voulait dire qu'il restait toujours un espoir.
Tout comme l'espoir que la malédiction soit un jour brisée par Emma n'avait pas entièrement disparu.
C'était la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher maintenant, surtout en étant perdu dans un monde qui n'était pas le sien.
L'espoir.
C'était Emma leur espoir, et c'était pour ça qu'il était là, pour se convaincre lui-même qu'il n'avait pas tort, qu'il n'était pas fou, qu'il…
Ce fut en entrant dans la nurserie, là où aurait dû être la chambre de sa mère, et où il put voir son berceau qui s'y trouvait encore, berceau où elle n'avait jamais pu dormir, que cela le frappa de plein fouet.
Il avait eu raison.
Il avait toujours eu raison.
Et sa mère avait, elle avait…
Il ferma les yeux, puis, en les rouvrant, il vit la chambre comme elle était autrefois, avant que la malédiction ne ravage tout sur son passage, tout comme il avait vu Mary-Margaret en Blanche-Neige lorsqu'elle lui avait donné le livre de contes.
Tout était réel…
Et il ne ressentit aucune joie cette fois, en constatant qu'il avait désormais une preuve de plus, parce que là, il avait une illustration directe de la manière dont sa mère adoptive avait brisé la vie de ses grands-parents et de sa mère biologique.
Il sentit les larmes lui monter aux yeux, et il pensa à tout ce qui aurait pu être et n'avait jamais pu être à cause d'elle.
« Henry, est-ce que tout va bien ?
La voix de Robin des bois le tira de sa réflexion, et il hocha la tête.
Ce n'était pas vrai, mais ce n'était pas grave.
Après tout, ça n'avait pas été lui la victime directe de ce que la méchante reine avait fait.
- Je… Je pensais à mes grands-parents.
- Le roi David et la reine Blanche-Neige ?
- C'est ça, ils… Ils vivaient ici, avant, et ça… C'était la chambre de ma mère, Emma. Enfin, ça aurait dû l'être, sauf que…
- Il y a eu la malédiction, compléta le voleur avec un air compréhensif.
- C'est ça.
Henry pleurait définitivement maintenant, et il n'en fut pas vraiment surpris.
C'était une chose de savoir ce que Regina avait fait, c'en était une autre de le voir directement.
Il imagina ses grands-parents dans cette pièce, se réjouissant de cette future naissance, puis l'inquiétude de la malédiction à venir, l'espoir de pouvoir y échapper, avant que tout ne s'effondre et ne se fracasse alors que la fumée violette envahissait tout, et détruisait les fins heureuses d'absolument tout le monde.
À part celle de la méchante reine.
- Je crois qu'une part de moi-même aurait préféré que ce ne soit pas vrai, ou plutôt… Enfin, ça aurait été plus facile si ça n'avait pas été ma mère la responsable, parce que… Ce qu'elle a fait, ce qu'elle continue à faire, je… C'est ma mère et je l'aime mais elle… C'est un monstre, et elle a fait tellement de mal à ma famille !
- Je suis sincèrement désolé Henry.
- J'avais raison ! J'avais raison depuis le début, mais elle a voulu me faire croire que j'avais tort, que j'étais fou, elle… Elle a voulu que j'aille voir un psy, tout ça pour que sa si précieuse malédiction reste telle qu'elle était, parce que c'était plus important que moi, que tout le reste, je…
Robin fronça les sourcils.
- C'est quoi un psy ?
- Dans le monde sans magie, c'est une personne que l'on va voir lorsqu'on ne va pas bien, qu'on a besoin de parler à quelqu'un pour aller mieux, mais moi… Tout ce qu'elle voulait c'était me faire taire, continuer à faire vivre un enfer à tout le monde, alors que moi, tout ce que je voulais, c'était que la vérité éclate et que le bien gagne ! »
Lorsqu'il finit par fondre en larmes, Robin le serra dans ses bras.
« Je voudrais tellement qu'elle change, murmura le petit garçon, mais je pense que c'est impossible. »
Tout ce qu'il espérait, c'était que son absence lui avait comprendre qu'elle ne pouvait pas continuer de cette manière.
§§§§
Graham se sentait… différent depuis quelques jours.
Comme si…
Comme si il était à nouveau lui-même, vraiment entier, comme si le vide qu'il ressentait avant dans sa poitrine avait enfin disparu.
Comme si il pouvait enfin ressentir des choses, qu'il n'était plus une coquille vide.
Lorsque Regina avait mis fin à leur « relation », pour des raisons qu'il comprenait parfaitement, il n'avait rien ressenti sur le moment, ce n'était que le lendemain (après avoir récupéré son cœur, mais ça, il ne pouvait pas le savoir) qu'il avait vraiment pleuré.
Mais ce n'était pas des larmes de tristesse, parce qu'il avait compris alors qu'il n'avait jamais été amoureux d'elle, non, au contraire, c'était…
Des larmes de joie, parce qu'il sentait son cœur battre de plus belle dans sa poitrine, parce qu'il se sentait si merveilleusement vivant.
Il avait ressenti de l'inquiétude aussi, pour Henry, et sa disparition, et il avait eu l'impression de respirer à nouveau correctement, et si l'enfant n'avait pas toujours été introuvable, il aurait sûrement souri et se serait réjoui.
Il était à nouveau vivant, il n'était plus un fantôme.
Et Henry n'était toujours pas retenu.
Cela faisait deux semaines maintenant.
Et il avait le sentiment qu'ils ne le retrouveraient pas de sitôt.
A suivre…
Chapter 11: Quitte ou double.
Notes:
Titre du 26/05/2021 : Quitte ou double
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspect de … Bucky (Marvel): Culpabilité : Écrire sur quelqu'un qui a des remords ou écrire sur un méchant.
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Jamais Regina n'aurait pu croire que deux semaines pourraient sembler durer une telle éternité.
Parce que en fin de compte, deux semaines, d'ordinaire, dans une vie, ce n'était rien du tout.
Seulement, les deux semaines précédentes avaient probablement été les pires de toute l'existence de Regina Mills en plus d'être une des plus longues.
Henry avait disparu, et tout son univers avait été bouleversé par ce simple événement, parce qu'elle était une méchante, elle était la méchante reine, certes, mais elle était aussi une mère désormais, une mère qui, elle l'espérait, saurait faire de meilleurs choix à l'avenir.
Elle avait commencé avec Graham, mais c'était loin d'être terminé.
Et ça ne le serait sans doute jamais, mais elle voulait essayer, elle voulait vraiment essayer de faire une différence, de redevenir celle qu'elle était autrefois avant que sa mère ne tue Daniel et avant que les ténèbres ne noircissent ce qu'il restait de son cœur brisé.
Était-ce seulement possible ?
Sans doute que non, mais elle se devait d'essayer, pour Henry, parce qu'il méritait mieux, et que les habitants de Storybrooke méritaient mieux aussi, mieux qu'elle, et elle ne pourrait sans doute jamais faire complètement disparaître cette haine sourde qui s'emparait d'elle dès qu'elle croisait le regard de Blanche-Neige, mais…
Mais elle n'avait pas vraiment le choix en fait.
Pour Henry, elle devait le faire, elle devait lui prouver, si jamais il revenait un jour, qu'elle était digne de lui, digne de son amour, qu'elle pouvait changer, faire les choses bien, faire quelque chose de bien.
C'était pour ça qu'elle avait fini par décider de ne pas demander à Rumplestiltskin de montrer le moulin à vent à David, comme ça, il ne se souviendrait pas de celui qu'il avait été durant la malédiction (ou du moins était supposé être), il ne se rappellerait pas de sa vie avec Kathryn, et son choix allait être d'une simplicité enfantine.
Enfin, si jamais il en faisait un, de choix, parce que dernièrement, il avait bien d'autres préoccupations.
Lui et Mary-Margaret pouvaient être heureux, mais ils ne l'étaient pas, à cause des circonstances, et Regina avait eu sincèrement honte quand elle avait ressenti une joie sombre et cruelle en réalisant que malgré leur amour, ils ne pouvaient pas se consacrer à cette relation qui leur tenaient tant à cœur.
Parce que, si ils se l'interdisaient pour l'instant, c'était parce que Henry avait disparu, qu'il ne reviendrait sans doute jamais, et que c'était une tragédie.
Elle ne pouvait pas à la fois être désespérée par la disparition de son fils et se réjouir du malheur de ses ennemis, parce que les deux événements étaient bien trop liés, et pourtant, elle le faisait quant même.
Ça montrait bien qu'elle n'avait pas le moins du monde changé finalement.
Henry l'aurait sans doute détestée pour ça si il avait su, et le soulagement qu'elle éprouva en comprenant qu'il ne pouvait pas le savoir et qu'il ne pouvait pas la juger ou la haïr encore plus qu'avant, la fit se sentir encore plus mal.
Elle l'admettait volontiers, si Henry lui avait été rendu sur le champ, et qu'elle avait pu continuer à faire souffrir la princesse en le séparant de son prince Charmant, sans que Henry ne s'en mêle ou ne s'en soucie, elle l'aurait fait.
C'était bien ce que faisaient les méchantes, non ?
Et elle en était un…
Elle soupira.
À Storybrooke, la vie avait partiellement repris son cours, et elle ne pouvait pas leur en vouloir, elle ne pouvait pas leur demander de mettre éternellement leur vie en pause simplement parce qu'un enfant avait disparu.
Un enfant qui, pour eux, ne reviendrait sans doute jamais…
Les recherches n'avaient pas été abandonnées, loin de là, et si Regina pouvait bien reconnaître quelque chose à Emma Swan, c'était sa détermination, mais puisque la ville avait été fouillée intégralement, qu'il n'était nulle part, et qu'ils n'avaient pas la moindre idée de où chercher…
Comment faire pour savoir où il se trouvait ?
Emma se trouvait au Granny's quand elle vint la voir, et quand Regina l'aperçut, son cœur se serra.
Avant, les choses auraient été simples, Emma était l'intruse, l'étrangère, l'ennemie, la rivale, celle dont elle devait à tout prix se débarrasser sans même se poser de questions, et c'était facile alors, de détester Emma Swan, de ne pas voir l'autre mère de Henry en elle.
Mais maintenant, avec Henry disparu, elles avaient un but commun, et même si Emma ne l'avait pas élevé, Regina ne pouvait plus nier le fait qu'elle était effectivement la mère du petit garçon au même titre qu'elle. Elles partageaient les mêmes angoisses, les mêmes peurs désormais, et sans qu'elle s'y attende, la blonde était devenue bien malgré elle son alliée, alors qu'elle était supposée être celle qui un jour la détruirait.
Le destin savait être ironique et cruel quand il le voulait.
Parce que, à l'inverse, Emma était en train sans le savoir de s'allier à la femme qui l'avait arrachée à ses parents, et ce afin de retrouver son fils disparu.
Emma l'aurait détestée si elle avait connue la vérité, et elle aurait eu raison de le faire.
Elle n'y avait jamais songé avant, heureuse d'avoir enfin eu sa vengeance, persuadée que cette enfant perdue ne retrouverait jamais le chemin de la maison (comme Hansel et Gretel, oh, il fallait aussi qu'elle fasse en sorte qu'ils soient réunis avec leur père ces deux-là), mais elle connaissait la vie d'Emma.
En partie du moins, elle savait ce qu'elle avait vécu, ce qu'elle avait traversé, et elle savait aussi qu'elle en était la principale responsable, avec Rumplestiltskin.
Aussi, pour la première fois depuis vingt-huit ans, alors qu'elle subissait ce qu'elle avait elle-même infligé à Blanche-Neige et à David, elle ressentit une chose qui ne lui était pas familière ou du moins qu'elle s'efforçait toujours de rejeter quand elle le pouvait.
Du remords.
Et elle se sentit désolée pour la petite fille que l'adjointe du shérif avait été et qui avait dû grandir seule, sans savoir qui elle était réellement, sans avoir aucune idée d'à quel point elle était aimée.
Finalement, la disparition de Henry n'était rien de plus qu'un juste retour d'ascenseur contre elle, quand elle y pensait.
Ce n'était pas ça qui allait permettre à la douleur de disparaître ou de s'atténuer un tant soit peu.
« Emma ? Lança-t-elle à la Sauveuse qui releva la tête.
Malgré la disparition inexplicable de Henry, dont on avait trouvé de traces nulle part à des centaines de kilomètres à la ronde, que ce soit aux arrêts de bus, dans les gares, les aéroports (ce qui renforçait l'intuition de Regina, il était dans la Forêt Enchantée, forcément, et elle ne savait pas si elle devait avoir peur de ça ou s'en réjouir, parce que l'inexplicable était tout de même préférable à la mort), elle continuait d'exercer son travail de policière d'une manière exemplaire.
Regina n'aurait pas pu la renvoyer même si elle l'avait voulu, et pourtant, elle vit tout de même à quel point la disparition de l'enfant la faisait souffrir, la tristesse dans son regard, les cernes sous ses yeux, et plus généralement, tout le désespoir qui se dégageait d'elle.
Et dire que, si elle avait su la vérité pour la magie, si elle avait pu y croire, elles n'en seraient pas là, et qu'elles seraient en train d'échafauder un plan pour retrouver Henry, mais Regina ne pouvait clairement pas la blâmer à cause de ça.
C'était sa malédiction à elle après tout, une malédiction où la magie était majoritairement absente, où il était presque impossible de se douter de quoi que ce soit, c'était elle la responsable de cette situation.
Et sa malédiction, qui était supposée lui apporter le bonheur, était purement et simplement en train de se retourner contre elle.
Regina aurait sans doute ri si la situation n'avait pas été aussi désespérée.
- Madame la mairesse, la salua Emma sans l'ombre d'un sourire sur le visage, et avec seulement un hochement de tête, qu'est-ce que vous faites ici ?
Avant, le ton aurait été plus sec, plus mordant, plus acerbe, plus Emma, mais tout cela avait disparu en même temps que Henry, et Regina, à sa plus grande surprise, regrettait tout cela, ses joutes verbales avec la jeune femme, après tout, cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas eu d'adversaire à sa hauteur.
Mais elle et Emma n'étaient plus adversaires désormais, et elle ne devait pas l'oublier.
Enfin, pour l'instant…
- Je voulais vous parler, fit la brune en s'asseyant devant elle.
Emma haussa un sourcil surpris avant de soupirer.
- Si jamais c'est pour me dire qu'on abandonne les recherches, sachez que je ne suis pas du tout d'accord avec ça.
Regina cligna des yeux, surprise.
- Pourquoi est-ce que je pourrais bien vouloir faire une chose pareille ?
- Je ne sais pas, peut-être parce que… La voix d'Emma se brisa et la mairesse vit des larmes briller dans ses yeux verts. Parce que Henry est introuvable et qu'on ne sait même pas où chercher et que contrairement à la dernière fois il n'a pas laissé d'indices ou de traces ?
Si elles avaient été amies, ou même un tant soit peu proches, Regina l'aurait serrée dans ses bras, en lui disant que tout irait bien.
Mais elles ne l'étaient pas, alors elle n'en fit rien.
- Je n'abandonnerai jamais, déclara Regina avec toute la détermination et l'obstination qui lui restaient, à savoir beaucoup, je vous le promets Emma, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'on retrouve Henry. Qu'on le retrouve en vie, sain et sauf, peu importe où il se trouve. Je vous le jure, sur ce que j'ai de plus cher, à savoir Henry, que nous réussirons à retrouver mon… notre fils, admit-elle de mauvaise grâce. Je ne sais pas encore quand ou comment mais nous y arriverons.
Cette fois, Emma essaya de lui sourire.
- Je… Je ne sais pas quoi faire, reconnut alors la blonde. Je veux dire… Je croyais que Henry était allé dans la mine, puis la mine s'est effondrée et il s'est avéré qu'il n'y était pas heureusement, et maintenant je… Enfin il est parti, il n'est plus à Storybrooke, il est quelque part perdu je ne sais où et ça n'a absolument pas le moindre sens.
Si Emma avait fondu en sanglots, Regina n'aurait pas été surprise, mais la policière retint ses larmes.
Elle voulait se montrer forte, comme toujours, et ce n'était pas étonnant, c'est ce que faisaient les héros, et l'ancienne souveraine s'en sentit étrangement réconfortée.
Parce que, si jamais Emma s'effondrait un jour, alors ça voudrait dire qu'elle avait perdu tout espoir, et ce n'était pas vraiment ce qui était supposé arriver.
Emma était la Sauveuse, l'espoir incarné en une seule personne, et elle était la seule personne capable de l'aider à retrouver Henry.
- Vous ne pensez pas à un endroit où il aurait pu aller ? Demanda-t-elle à Emma. Est-ce que vous avez de la famille quelque part, des amis, des proches, dont vous lui auriez parlé ?
La blonde secoua la tête, et Regina s'y attendait, la seule famille qu'Emma avait jamais eue se trouvait dans cette ville, et elle n'en avait même pas conscience, et maintenant que Regina avait laissé la culpabilité l'envahir, elle savait qu'elle ne pourrait plus jamais se débarrasser de ce sentiment.
- Personne. Je n'ai pas de famille, et j'ai toujours été sans attaches.
Une idée frappa alors la méchante reine, une idée qui s'était déjà formée dans son esprit avant mais qu'elle n'avait pas eu l'occasion de formuler à voir haute.
- Et son père ?
Quelque chose de sombre, de triste, mais aussi de dur et de presque froid apparut alors dans les yeux de Emma Swan.
- Non, dit-elle simplement d'une voix sans appel. Non. Ce n'est pas possible.
Regina fronça les sourcils, ce n'était pas la voix d'une femme qui avait perdu quelqu'un, c'était plutôt la voix de quelqu'un qui avait été trahi.
Elle se demanda ce qui avait bien pu lui arriver.
- Vous en êtes sure ?
- Certaine. Je n'ai même pas dit à Henry quel était son nom, je lui ai juste dit qu'il était mort.
- Ce n'est pas le cas ? Supposa-t-elle.
Emma rit alors, d'un rire sans joie.
- Je préférerais qu'il le soit honnêtement.
- Qu'est-ce qu'il vous a fait ?
- Il m'a abandonnée. C'est à cause de lui que je me suis retrouvée en prison.
Oh.
- Emma… Je suis sincèrement désolée.
- N'en parlons plus, la coupa la blonde, ça n'a pas d'importance, ce qui compte, c'est nos recherches pour retrouver Henry. »
Regina acquiesça, essaya de l'aider dans ses recherches qui ne mèneraient nulle part, et le nœud qu'elle avait dans la gorge ne fit que se renforcer alors qu'elle se demandait quel serait le bon moment pour lui parler de la magie et de la malédiction.
Sans doute jamais malheureusement.
Elle devait trouver un moyen pour qu'Emma croit en la magie, c'était certain.
Sinon, elles perdraient probablement Henry pour toujours.
A suivre…
Chapter 12: Tu sais.
Notes:
Titre du 02/05/2021 : Tu sais
Gémeaux : Regina (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Quatre aspects de… « Sawyer » James Ford (Lost) : Changement d'identité : écrire sur Arya Stark ou écrire sur quelqu'un qui utilise un autre nom que celui de sa naissance
44) 50 nuances de OUAT
6 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Regina comprenait Jefferson soudainement.
Oui elle savait, bien sûr qu'elle savait, c'était sa ville, sa malédiction après tout, c'est elle qui avait décidé de la manière dont les choses s'agençaient, du sort qui était réservé aux habitants, ou du moins de ceux dont elle voulait se venger en particulier.
Le chapelier fou était l'un d'eux.
Elle ne se souvenait que trop bien de ce qu'il lui avait fait, du tour cruel qu'il lui avait joué autrefois, des années plus tôt, lorsqu'elle était encore innocente et que tout ce qu'elle voulait, c'était voir l'homme qu'elle aimait en vie.
Sauf que Jefferson, le docteur Frankenstein et Rumplestiltskin avaient brisé ses espoirs en mille morceaux de même que le peu d'innocence qu'il lui restait, tout en lui apprenant une leçon terrible.
Le monde était un endroit cruel, et pour y survivre, elle allait devoir se montrer encore plus cruelle que lui.
(Une cruauté souvent démesurée et disproportionnée, mais ça, elle s'en fichait à l'époque.
Tout ce qui comptait, c'était sa vengeance, et rien d'autre.
Elle avait envie d'espérer que les choses seraient différentes cette fois.)
Il lui avait fallu du temps pour comprendre, beaucoup de temps, des années même, pour réaliser qu'elle avait été victime d'une supercherie, d'un mensonge, d'une cruelle farce devenue pour elle une tragédie quand elle avait su ce qui était arrivé.
Daniel n'était jamais revenu parce qu'ils lui avaient menti, parce qu'ils avaient joué avec elle, avec ses espoirs et ses illusions, et même si Rumplestiltskin l'avait reconnu peu de temps avant, ça ne changeait rien à la cruauté de ce qu'il lui avait fait.
Ça ne changeait rien du tout.
Alors elle les avait fait payer, elle les avait punis, elle avait arraché le docteur Frankenstein à son monde et lui avait ôté la mémoire, elle avait enlevé Belle à Rumplestiltskin, et Jefferson…
Elle l'avait piégé au Pays des merveilles, loin de sa fille, et lorsque la malédiction avait été lancée, elle s'était assurée non seulement du fait qu'il fasse parti du voyage mais aussi et surtout…
Qu'il se souvienne de tout, ce qui il était, de qui était Grace, et du fait qu'elle était loin de lui, sans avoir la moindre idée de qui il pouvait bien être pour elle, et encore moins de ce qu'elle était pour lui.
De son point de vue à elle, c'était un juste retour des choses.
Mais pour lui, et elle le savait, ça avait été un enfer sans fin.
Vingt-huit ans que cela durait, et ce n'était que maintenant qu'elle se rendait compte de ce qu'il avait dû ressentir durant tout ce temps séparé de Grace, avec deux vies dans la tête et en ayant le sentiment de devenir fou.
Elle comprenait sa douleur, et doublement, parce que Henry lui avait été pris, et parce que le seul moyen de le retrouver était de briser une malédiction en laquelle absolument personne ne croyait, à part elle, le Ténébreux, et Jefferson.
Autrement dit, elle n'avait aucun réel allié, pas à long terme en tout cas, une fois la malédiction brisée, Rumplestiltskin ferait tout ce qui était en son pouvoir pour retrouver son fils (ou se venger d'elle si jamais il apprenait qu'elle retenait Belle prisonnière, et elle se demandait si cela changerait quelque chose à sa situation si elle la libérait, ou si ça ne ferait qu'empirer les choses entre elle et l'immortel), quant à Jefferson…
Il la haïssait, et à raison.
Elle pouvait peut-être négocier une trêve, une alliance, mais elle doutait qu'elle tienne très longtemps, surtout qu'elle ne pouvait pas l'aider.
Grace, enfin Paige, enfin… bref, elle avait déjà des parents, et la mairesse ne pouvait juste pas la séparer de ces derniers parce qu'elle n'aurait pas compris.
Et vu à quel point Jefferson la détestait, et à quel point il devait probablement être désespéré après vingt-huit ans de solitude (et les années d'avant au Pays des merveilles aussi, elle ne les oubliait pas), elle savait qu'elle risquait beaucoup si jamais elle allait le voir.
Mais.
Mais elle n'avait pas vraiment d'autre choix, et si en dehors de Rumplestiltskin, il y avait bien quelqu'un qui s'y connaissait en magie et pouvait l'aider à ce sujet, c'était lui.
Elle soupira.
Elle n'avait plus qu'à espérer qu'il ne la tuerait pas sur place en la voyant.
§§§§
Il ne savait pas par quoi il serait accueilli en arrivant à Storybrooke, mais il ne s'attendait de toute évidence pas à ce que ce soit un silence complet.
Il n'aurait pas vraiment dû être surpris à ce sujet, après tout, il était tard et il faisait nuit, même si dans une ville où le temps ne passait jamais, ce genre de chose n'aurait pas dû avoir d'importance, enfin sauf si Emma…
Si Emma était enfin arrivée à Storybrooke, qu'elle était restée, et que le temps avait repris son cours normal.
Enfin, si…
La question ne se posait même pas, vu la douleur qui était actuellement en train de gagner chaque jour de plus en plus sa jambe gauche, qui était en train de se transformer en bois et condamnait ainsi le reste de son corps à faire de même, elle était forcément là.
Elle était là, elle était rentrée à la maison, et il n'avait pas été là pour l'aider.
Il ne savait pas exactement ce qui avait permis à la Sauveuse d'arriver là où elle devait être, mais il en était à la fois reconnaissant et déçu.
Parce que ça signifiait qu'il ne pouvait plus se cacher, mentir, ou fuir, faire semblant, ça voulait dire que tout ça, c'était réel, et surtout ça impliquait également le fait qu'il avait lamentablement échoué.
C'était bien pour ça qu'il redevenait un pantin de bois, inexorablement, sans être capable de stopper le processus d'une quelconque façon.
Sincère, altruiste et courageux.
Il n'avait été aucune de ces trois choses, pas quand il aurait dû l'être, pas quand ça concernait Emma ou la mission que son père lui avait confiée, pas lorsque c'était important, ou lorsque ça comptait.
Il avait juste fui, sans se retourner, vingt-huit ans plus tôt, comme le gamin effrayé qu'il était, et il n'était jamais revenu.
(À part quand elle avait six ans et il avait encore été incapable de faire quoi que ce soit pour l'aider, ou même plus tard, lorsqu'elle avait dix-sept ans et qu'il n'avait rien trouvé de mieux que de l'envoyer en prison, où elle serait encore plus seule que jamais.)
Il avait essayé d'oublier, il avait vraiment essayé, il avait choisi le déni plutôt que de faire face à la terrible réalité, celle où son père l'avait oublié et où il était loin d'être un héros.
Puis sa jambe s'était réveillée, August Booth était redevenu Pinocchio et le jour où il avait dû arrêter de se mentir à lui-même était enfin arrivé.
Et maintenant il était là, en train d'espérer que la quête pour laquelle il était censé se battre n'était pas déjà perdue d'avance.
La vérité, c'était qu'il n'avait pas la moindre idée du bordel dans lequel il venait tout juste de mettre les pieds.
§§§§
Trois semaines.
Henry avait disparu depuis déjà trois semaines lorsque Regina s'était finalement résignée à aller voir Jefferson (et elle était si préoccupée qu'elle n'avait pas remarqué qu'un inconnu était arrivé la veille à Storybrooke), et elle le regrettait déjà.
Peut-être était-ce le fait que la maison du chapelier était éloignée de tout et que personne ne pourrait l'entendre hurler si jamais ça tournait mal, ou le regard de pure haine que le père de Grace lui envoya quand il lui ouvrit la porte et la découvrit juste devant lui, ou peut-être même était-ce tout simplement un mélange des deux, toujours est-il qu'elle n'avait pas la moindre envie d'être là.
Mais elle le devait, pour Henry, pour essayer d'arranger les choses, de sauver ce qui pouvait encore l'être, pour elle-même, pour être une meilleure personne, et pour Jefferson aussi.
Tout son courage manqua de se briser en mille morceaux alors qu'elle croisait le regard de celui à qui elle avait tout pris.
« Madame la mairesse, fit-il avec une acidité qui ne la surprit même pas et qu'elle encaissa sans broncher. Qu'est-ce que vous faites ici, vous êtes encore venue me torturer ?
Il savait pour Henry, bien sûr, et la partie la plus sombre et la plus mauvaise de son être n'avait pu s'empêcher de se réjouir du coup qui la frappait.
Chacun son tour…
- Non, rétorqua-t-elle, et vous savez très bien que ce n'est pas pour ça que je suis là.
Elle l'avait forcé à se souvenir, et il souffrait déjà assez comme ça, alors elle n'était pas venue pour le narguer une seule fois, contrairement à Mary-Margaret, pas alors qu'il se souvenait de la vérité.
De plus, il n'était pas la personne qu'elle haïssait le plus dans cette ville, loin de là.
- Oh vraiment ? Pourquoi alors ? Et j'oubliais, pourquoi aurais-je la moindre envie de vous écouter ?
Évidemment.
Ça ne pouvait pas être aussi facile, aussi simple que cela, et elle ne pouvait que s'en prendre à elle-même, parce que c'était entièrement de sa faute.
- Vous n'avez aucune raison de le faire, c'est vrai, admit-elle, et elle vit brièvement son masque d'indifférence et de rage se fissurer un peu, parce que ça, ce n'était pas la méchante reine qu'il connaissait, ni même la mairesse, c'était… Quelqu'un d'autre. Seulement, reprit-elle.
- Seulement quoi, ironisa-t-il, vous allez me faire arrêter si je refuse de vous laisser entrer et de vous écouter me dire je ne sais quoi ? Vous allez envoyer ce cher shérif Graham, le contrôler avec son cœur, comme votre mère le faisait autrefois ?
La nausée s'empara d'elle, et elle serra les poings.
Il savait frapper là où ça faisait mal, et surtout, il savait frapper juste.
Tout ce qu'il venait de dire n'était que la stricte vérité.
- Je lui ai rendu son cœur, affirma-t-elle et elle vit la surprise et le choc apparaître sur son visage quand il comprit qu'elle disait la vérité, avant que la haine ne refasse surface.
- Vous ne m'avez pas rendu ma fille, l'attaqua-t-il, et elle soupira.
- Jefferson, je ne peux pas.
- Oh vraiment ? Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ?
- Je… Est-ce que je peux rentrer ? Demanda-t-elle.
- Non, contra-t-il aussitôt.
- Pourquoi ?
- J'aime l'idée de vous laisser dans le froid, ça me donne l'illusion d'avoir du pouvoir sur vous.
Elle acquiesça, avant de croiser les bras.
- Très bien. La vérité, la voilà. Je suis la méchante reine, j'ai commis des actes terribles, et je vous ai pris votre fille à cause de ce que vous m'avez fait autrefois. Le mensonge et la manipulation, au sujet de Daniel, et il eut au moins la décence de ne pas nier et d'afficher un air coupable. Et je suis désolée. Sincèrement. Je sais que ça ne suffira pas, et je ne m'attends pas à votre pardon, parce que je ne le mérite pas et ma venue est intéressée c'est vrai, mais je suis véritablement désolée. Mais dans ces circonstances, je ne peux pas vous la rendre parce que…
- Parce que je ne suis pas son père d'après la malédiction, compléta-t-il avec amertume. Parce qu'elle a déjà des parents, une famille, et que je n'en fais pas partie.
- C'est ça, approuva-t-elle.
- Quel rapport ça a avec vous ?
- Henry a disparu.
- Oui, ça je sais… Et alors ?
Elle prit une profonde inspiration.
- J'ai parlé avec Rumplestiltskin…
- Oh, donc le Ténébreux n'a pas oublié ? Pourquoi ne suis-je même pas surpris ?
- Il a recouvré la mémoire quand Emma est arrivée en ville je pense. C'est la Sauveuse après tout, ça n'a rien d'étonnant. Il pense, et moi aussi, que… que Henry n'est pas à Storybrooke, ni en dehors de la ville, qu'il est… dans la Forêt Enchantée.
Les yeux du chapelier s'écarquillèrent de surprise.
- Quoi ?
- Il était dans la mine, quand il a disparu, et il doit y avoir des traces de magie là-bas et peut-être… Peut-être qu'un portail s'y est ouvert.
- Parce que la malédiction s'affaiblit peu à peu parce que la Sauveuse est ici ?
- Je pense que c'est ça, oui.
Avant, elle aurait repoussé la faute sur Emma, mais c'était elle qui avait provoqué la fuite de Henry, dans les faits, c'était elle la responsable.
- Et j'ai besoin de votre aide. Emma est la seule capable de nous permettre d'avoir accès à de la magie pour ensuite tenter de rouvrir le portail vers la Forêt Enchantée. Ce qui signifie…
- Que la malédiction sera bientôt brisée. Qu'elle la brisera, et que…
- Et que Grace se souviendra de vous. Que vous serez à nouveau son père.
Il la regarda avec suspicion.
- Vous seriez prête à faire ça ? À abandonner tout ça, tout ce que vous avez construit, arraché, volé, et à risquer de subir la haine des habitants quand il se souviendront de ce que vous leur avez fait ?
Elle soutint son regard sans broncher ni flancher.
- Pour Henry ? Toujours. Ce que je vous ai dit au Pays des merveilles tient toujours Jefferson… On abandonne pas sa famille. Je suis désolée pour ça aussi.
Il acquiesça.
- Je vais y réfléchir. Voir ce que je peux faire.
- Merci.
- Partez maintenant. »
Elle ne chercha même pas à négocier et fila aussitôt.
L'espoir était revenu en elle, et elle avait bien l'intention de ne pas le laisser partir.
A suivre…
Chapter 13: Rêve ou réalité ?
Notes:
Titre du 24/08/2021 : Rêve ou réalité ?
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de... Zelena : Enfance tragique: écrire sur un personnage abandonné par ses parents ou écrire sur un personnage adopté qui a des parents abusifs
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Warnings : Mentions de non-con.
Chapter Text
C'était drôle comme un simple petit geste pouvait changer beaucoup de choses.
Dans un autre univers, celui où Henry Mills n'avait pas disparu, où il n'avait pas franchi un portail menant tout droit vers la Forêt Enchantée, où Regina et Emma Swan se faisaient toujours la guerre, le shérif Graham n'avait pas survécu.
Dans cet autre monde, cette réalité différente, il était mort, le cœur réduit en cendres par celle qui l'avait autrefois réduit en esclavage et lui avait ôté toute liberté.
Ça n'arriverait pas dans ce monde-là, et pour cela, il avait suffi qu'un petit garçon fasse un choix différent, que la magie intervienne et qu'une mère décide qu'elle pouvait faire la différence.
Ce qui avait donc entraîné toute une nuée de conséquences imprévues, dont la première étant celle-ci.
Le Chasseur avait récupéré son cœur.
Et surtout, il vivrait.
Henry avait disparu, était introuvable, était peut-être en danger, voire mort, mais Graham vivrait.
Si Regina avait su cela, difficile de savoir comment elle aurait réagi.
Mal sans doute.
De toute façon, ça n'avait plus d'importance désormais, le fait qu'elle perde le contrôle sur la ville, sur Graham ou sur qui que ce soit d'autre, ça aurait compté pour elle avant, mais plus maintenant.
Parce que Henry avait disparu, et que si jamais elle ne le retrouvait jamais, alors à quoi bon continuer à se battre contre ce qui était de toute façon apparemment destiné à inévitablement arriver ?
Elle avait lu le livre de contes, elle connaissait la prophétie qu'avait énoncée Rumplestiltskin vingt-huit ans plus tôt.
Qu'un jour, une Sauveuse viendrait pour mettre fin à la malédiction et tous les libérer de la prison dans laquelle la méchante reine les avait enfermés.
Qui aurait bien pu prévoir qu'elle serait celle qui l'aiderait à y mettre fin ?
Peut-être était-ce prévu depuis le début.
Peut-être le Ténébreux avait-il su, confusément, ce qui allait se passer, sans forcément en connaître tous les détails, il voyait l'avenir autrefois après tout, avant qu'ils n'arrivent dans le monde sans magie.
Regina sentit l'amertume l'envahir alors qu'elle pensait à la manière dont il l'avait manipulée pendant toutes ces années, se servant d'elle pour arriver à ses fins, la menant exactement là où il voulait qu'elle soit, sans qu'elle ne se rende compte de rien.
Et elle se sentit soudainement soulagée d'avoir mis la main sur sa si chère et si précieuse Belle des années plus tôt, à la fois parce qu'elle pouvait se venger de lui par ce biais, en le laissant dans sa souffrance alors qu'elle aurait pu la faire disparaître, et que ça lui fournissait un moyen de pression contre lui.
Mais ce ne serait que temporaire, et si son mentor apprenait la vérité et retrouvait ses pouvoirs, alors…
Elle ne donnait pas chère de sa vie.
Et au vu des circonstances, de ce qu'elle avait appris ces derniers temps, elle n'avait pas vraiment envie de libérer la princesse, et encore moins de dire à l'immortel que la jeune femme était toujours vivante, pas alors qu'elle pouvait se servir d'elle et qu'elle pouvait sauver sa vie dans un futur proche.
Tout cela commençait à lui donner mal à la tête, si Rumple était mis au courant de ce qu'elle avait fait, elle le connaissait, il ferait tout pour la faire payer.
Que pouvait-elle faire dans ce cas-là ?
Une sombre pensée prit alors place en elle, celle qui lui avait été autrefois suggérée par l'intention de Killian Jones de tuer un jour le Ténébreux une fois qu'ils seraient arrivés à Storybrooke (sauf que le pirate n'avait jamais fait le voyage jusque là), et qui se révélait terriblement tentante.
Et si…
Et si elle tuait monsieur Gold ?
Elle pouvait le faire, après tout, il n'avait pas de magie, et ce n'était qu'un vieil homme, il…
Elle secoua la tête.
Non.
Elle s'était promis à elle-même de changer, de faire les choses différemment cette fois-là, pour Henry, pour le fils qui s'était échoué dans un autre monde pour avoir simplement voulu avoir une preuve de ce qu'il avançait, du fait qu'il disait ni plus ni moins que la vérité.
Et elle avait déjà assez de sang sur les mains pour ne pas ajouter celui d'une autre personne.
Même si c'était le Ténébreux, le crocodile, même si il lui avait fait du mal, même si…
Même si il risquait de s'en prendre à elle une fois la magie revenue, et elle décida de tenter de trouver un moyen pour réussir à le neutraliser et à l'empêcher d'utiliser sa magie, elle n'avait pas vraiment envie de mourir après tout.
Avec un peu de chance, il serait trop heureux d'avoir retrouvé Belle et trop préoccupé par sa recherche de son fils perdu pour essayer de s'en prendre à elle.
Elle avait du mal à y croire.
Mais pour l'instant, ce n'était pas de ça dont elle devait se soucier.
Ce qui était important, c'était de retrouver Henry.
Enfin, si c'était seulement possible.
Rumplestiltskin avait mis deux cents ans pour parvenir à ouvrir un portail pour se rendre dans le monde où son fils se trouvait.
Elle espérait sincèrement qu'elle n'aurait pas à attendre autant de temps.
§§§§
La première fois que c'était arrivé, Graham n'avait pas compris ce qu'il lui arrivait.
Il dormait, et ce qu'il voyait ne faisait aucunement sens.
Il était dans la forêt, et il chassait, et il y avait un cerf mort juste devant lui, et il sentait la présence d'un animal juste à côté de lui, et c'était, c'était…
C'était un loup n'est-ce pas ?
Un putain de loup, le genre d'animal qu'on ne croise pas partout, et encore moins dans la forêt de Storybrooke, et même si c'était seulement un rêve, et qu'il savait qu'il n'était pas à Storybrooke, ça avait l'air tellement…
Tellement réel.
Pourquoi ?
Pourquoi rêvait-il qu'il chassait aux côtés d'un loup ?
Ça n'avait pas la moindre sens, ou une quelconque logique, et pourtant, et pourtant.
Pourtant, jamais il ne s'était aussi senti aussi lui-même que durant ce rêve-là.
Et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi.
§§§§
C'était arrivé après que Regina lui avait rendu son cœur.
Non pas qu'il pouvait le savoir ou s'en douter, il ne savait rien après tout, il ne se souvenait plus de qui il était vraiment, alors comment…
Comment aurait-il pu comprendre ce qui provoquait ces étranges rêves et cauchemars alors qu'il avait perdu la mémoire ?
Peut-être était-ce l'irruption nouvelle et inattendue de la magie en lui (son cœur était enchanté après tout, et enfin revenu à sa place) ou le fait que la malédiction s'affaiblissait chaque jour qui passait, ou peut-être que le fait d'avoir été libéré de cette prison dont il ne voyait même pas les barreaux avait réveillé le chasseur qui était en lui.
Celui qu'il était autrefois, et qu'il était toujours en un sens, qui voulait seulement hurler de douleur, et pleurer tout ce qu'il avait perdu, tout ce que la reine lui avait pris, arraché, tout ce qu'elle avait brisé en lui.
Peut-être.
Après tout, quelle importance ?
Il rêvait, et ses rêves étaient en train de le réveiller.
Il était en train de se souvenir, sans le savoir.
C'est tout.
La deuxième fois, il n'avait pas compris non plus ce qu'il se passait.
Il y avait Mary-Margaret, les cheveux longs et vêtue d'une robe étrange, une robe de contes de fée ou la robe d'une riche princesse, qui lui tendait une lettre.
Il y avait lui, qui lisait la lettre, et qui pleurait, lui qui était vêtu d'une tenue de soldat et qui…
Qu'est-ce qui était en train de se passer exactement ?
Il avait vu Mary-Margaret courir, s'enfuir lorsqu'il lui avait dit de le faire, et plus tard, il avait vu un château, et une femme vêtue comme une reine s'était plantée devant lui.
Regina ?
Puis elle avait pris un objet dans sa main, et il avait reconnu ce que c'était, un cœur, et il avait su, sans même savoir comment il pouvait le savoir, que ce n'était pas un cœur humain, contrairement à ce qu'elle lui avait demandé, non, c'était le cœur d'une biche.
Elle l'avait compris, bien sûr, et ensuite, et ensuite…
Elle lui avait arraché le cœur.
C'était là qu'il s'était réveillé, en sursaut, les yeux écarquillés d'horreur, trempé de sueur et le cœur battant.
Il n'avait pas pu s'empêcher de poser sa main contre sa poitrine, juste pour s'assurer du fait qu'il était là, bien là, en train de battre, qu'il n'était pas sans cœur, qu'il n'était pas vide.
Il avait été envahi d'une certitude, celle que c'était bien le cas, qu'il ne ressentait plus cette sensation de creux et de vide, cette douleur lancinante qu'il n'arrivait pas à s'expliquer autrefois.
Il était redevenu lui-même, il était à nouveau complet, mais…
Mais ça n'avait pas toujours été le cas, n'est-ce pas ?
Est-ce que ça, ses rêves, est-ce que ça avait jamais été réel ?
Ou bien était-il seulement en train de devenir complètement fou ?
§§§§
La troisième fois avait définitivement été la pire.
Dans ses rêves, ou plutôt cauchemars, il n'était plus vraiment le chasseur, il n'était plus que la créature de la reine, sa chose, son jouet dont elle pouvait disposer à loisir.
Il était un soldat, vêtu d'un armure et d'un casque, de la même tenue que tous les autres, un parmi tant d'autres, il n'était qu'un pion, rien de plus, incapable de faire quoi que ce soit à part obéir.
Et ce même si il ne voulait qu'une seule chose, hurler, pleurer, et s'enfuir.
Il n'était rien, il n'était personne, il n'était qu'un prisonnier, il n'était là que pour souffrir pour avoir osé laisser la princesse s'échapper, il se voyait, exécutant ses ordres, contrôlé comme il l'était par Regina, la méchante reine, se souvint-il, parce qu'elle lui avait arraché le cœur.
Il se voyait et il la voyait elle, l'embrassant, couchant avec lui, se servant de lui, l'utilisant et l'abusant de toutes les manières possibles, alors que ce n'était pas ce qu'il voulait, et ils avaient fait des choses semblables à Storybrooke. Et ce n'était pas parce qu'il ne savait pas ce qu'il lui arrivait que ça ne rendait pas la situation tordue ou malsaine.
Ce qu'elle lui avait fait, ce qu'elle avait osé lui faire…
Il avait envie de vomir, lui qui avait cru, qui avait vraiment cru qu'elle était quelqu'un bien, lui qui avait oublié et qui maintenant se rappelait, il…
Oh dieux.
Elle l'avait violé.
Et tout était réel, ça l'était vraiment, la magie existait, la malédiction aussi, Henry avait eu raison, et il était le Chasseur.
Il s'était réveillé en hurlant, bénissant comme jamais le fait d'être seul chez lui, et il était parti vomir alors qu'il sentait tous ses autres souvenirs remonter à la surface.
Il avait fondu en larmes aussi, tremblant de tout son être alors qu'il retournait dans son lit, essayant de faire sens de tous ses souvenirs et de cette nouvelle identité qu'il venait à peine de récupérer, et qui ne faisait pas sens avec celle qu'il pensait avoir toujours connue.
Celle du shérif Graham.
Mais cette identité venait tout juste de voler en éclats, comme tout le reste, et ça faisait tellement mal.
Tellement mal qu'il lui fallut du temps avant de réaliser quelque chose.
Regina lui avait rendu son cœur.
Elle qui l'avait arraché autrefois, elle le lui avait redonné, l'avait remis dans sa poitrine, perdant alors son moyen de le contrôler, et elle lui avait rendu sa liberté aussi.
Ça n'effaçait pas ce qu'elle avait fait, mais il ne put s'empêcher de se questionner à ce sujet.
Pourquoi avait-elle fait cela ?
Il sut alors qu'il devrait aller lui parler, peu importe à quel point il savait qu'il n'était pas prêt à une nouvelle confrontation avec elle.
Il avait besoin de réponses.
§§§§
Emma ne l'écouterait pas.
Elle ne le croirait pas non plus.
Cela, August s'en était rapidement rendu compte dès le lendemain de son arrivée en ville, dès qu'il avait à nouveau croisé le regard vert de la Sauveuse.
Ce n'était même pas une histoire de croyance, ou de scepticisme, ça n'avait rien à voir avec la magie, le fait que ce monde en soit dépourvu, qu'elle ait grandi dedans et que pour elle cette dernière ne pouvait pas exister.
Non, c'était tout simplement à cause d'une chose.
Henry avait disparu.
Henry, son fils, celui qu'elle avait abandonné, apprit-il alors, et qui l'avait retrouvée, qui l'avait ramenée à Storybrooke, à la maison, et qui savait pour la malédiction et c'était bien pour ça qu'il avait disparu, pour trouver dans la mine une preuve de ce qu'il affirmait, de ce en quoi il croyait.
Henry Mills le fils adoptif de la méchante reine, et n'était-ce pas si merveilleusement ironique que l'enfant de celle qui avait jeté la malédiction soit celui qui justement allait tout faire pour y mettre fin ?
Henry…
Le fils d'Emma, âgé de dix ans.
Pinocchio n'était pas un idiot, il savait compter, et de toute façon, il avait du mal à croire que ça puisse être une simple coïncidence.
Avec des gens comme eux, ce n'en était jamais.
Est-ce que c'était le fils de Neal ?
Est-ce qu'elle était déjà enceinte lorsque lui et l'ancien enfant perdu l'avaient envoyée en prison ?
Est-ce qu'ils auraient pu faire les choses différemment ?
Il n'avait pas envie de se défausser de ses responsabilités, et de prétendre que le destin l'avait voulu, parce que ça aurait été faire preuve de lâcheté et qu'il ne voulait plus être lâche, mais aussi parce que…
Si c'était le destin qui guidait leurs vies, alors ça voulait dire que rien n'avait changé, et qu'il n'était toujours rien de plus qu'une marionnette dont on pouvait tirer les fils à loisir, qu'on pouvait manipuler comme on le voulait.
Et il n'était plus censé être Pinocchio maintenant.
Il était August.
Et si la culpabilité de ce qu'il avait fait autrefois était déjà assez douloureuse comme ça, elle ne faisait qu'empirer encore plus avec ce nouvel élément dans l'histoire.
Je suis désolé Emma.
Je suis tellement désolé.
Il grimaça de douleur alors que sa jambe se rappelait à son bon souvenir, et il soupira.
Finalement, peut-être méritait-il ce châtiment.
Mais pas les habitants de Storybrooke.
Pas son père.
Mais puisque Emma n'était pas prête à l'écouter, que Henry avait disparu, à qui pouvait-il faire appel ?
Son visage se ferma alors qu'un nom lui venait à l'esprit.
Rumplestiltskin.
Avec un peu de chance, le père de Neal accepterait de l'aider, à condition qu'il se souvienne.
Et le connaissant, c'était plus que probable.
Il n'avait plus qu'à espérer qu'il aurait le temps de convaincre Emma avant de s'être totalement transformé en bois.
A suivre…
Chapter 14: Tomber le masque.
Notes:
Titre du 10/07/2021 : Tomber le masque
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de... Zelena : Maternité: Écrire sur une femme enceinte ou écrire sur une mère isolée
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Il faisait nuit noire lorsque Regina Mills entendit soudainement du bruit résonner dans sa maison, un bruit sourd et fort, qui ne voulait pas s'arrêter.
Ne dormant qu'à moitié, comme toujours depuis que Henry lui avait été brutalement enlevé, depuis qu'il était parti de la maison sans se retourner, elle se réveilla brusquement et sursauta, étonnée.
Elle n'eut besoin que de quelques secondes pour repérer d'où ce bruit infernal provenait, à savoir, la porte de sa demeure.
Quelqu'un frappait à la porte.
En pleine nuit ?
À cette heure ?
Qui cela pouvait-il être honnêtement ?
Durant quelques secondes, la mère isolée et désespérée qu'elle était devenue en quelques semaines se mit alors à nourrir le fol espoir que peut-être, finalement, Henry avait été retrouvé, qu'il lui avait été ramené, comme la dernière fois, et que cette attente abominable était enfin terminée. Ou qu'au moins, ils avaient enfin eu des nouvelles à son sujet.
Puis, l'espoir s'évanouit aussi rapidement qu'il s'était formé, parce qu'elle savait bien que cela ne pouvait pas être cela, elle aurait sûrement été appelée si ils avaient eu du nouveau, et pourtant, son téléphone n'avait pas sonné.
Alors dans ce cas-là…
Pourquoi y avait-il quelqu'un qui frappait à sa porte sans sembler vouloir s'arrêter ?
La jeune femme se leva et enfila un gilet avant de quitter sa chambre et de descendre en direction de la porte d'entrée.
La reine s'attendait à beaucoup de choses, mais certainement pas à ce que ce soit le shérif Graham qui se trouve juste devant chez elle, à tambouriner comme un forcené, comme si il avait l'intention de défoncer la porte à la force de ses poings.
Il s'arrêta enfin lorsqu'elle ouvrit la porte, et malgré l'obscurité, elle ne put rater la lueur sombre qui brillait dans ses yeux, toute cette colère, cette rage, cette haine, qu'elle sentait être dirigée contre elle et personne d'autre.
Mais pas contre Regina Mills, la mairesse de Storybrooke, sa patronne et ancienne amante, non.
Et ce n'était pas non plus le shérif qui se trouvait tout juste devant elle.
C'était le Chasseur, l'homme qu'elle avait engagé pour tuer Blanche-Neige, celui qu'elle avait transformé en soldat contre son gré, et celle qu'il regardait avec tellement de fureur et de flammes, c'était Regina.
La méchante reine.
Oh, cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas regardée comme ça, que personne (hormis Jefferson peu de temps avant) ne l'avait regardée de cette manière, comme si il voyait tout ce que son âme recelait de noirceur et d'ombres, qu'elle avait presque fini par oublier quel effet cela faisait.
Elle frissonna d'horreur, et elle n'eut besoin que de quelques secondes pour comprendre la vérité.
Il se souvenait.
Il se souvenait d'absolument tout, n'est-ce pas ?
« Votre majesté, gronda-t-il alors sourdement, ne faisant que confirmer ses soupçons, sa voix étant actuellement plus proche des grondements que pouvait émettre son loup que d'une véritable voix humaine.
Elle eut un mouvement de recul, et il lut dans ses yeux qu'elle savait très bien de quoi il parlait.
Comment aurait-elle pu ne pas le savoir honnêtement ?
C'était elle qui avait lancé cette foutue malédiction.
- Graham… Fit-elle avec prudence. Est-ce que tu es là pour me tuer ?
Une part de lui-même le voulait, c'est vrai, mais il voulait surtout que cette situation cesse, qu'ils soient libérés de cet enfer, et surtout il voulait comprendre, il voulait guérir.
- Je ne sais pas, avoua-t-il avec honnêteté, et c'était plus que ce qu'elle méritait, et c'était largement suffisant pour l'instant, alors elle acquiesça. J'aimerais… qu'on parle.
- Très bien. Entre. »
Elle le laissa passer et ferma la porte, ne s'étonnant aucunement en constatant qu'il faisait absolument tout pour éviter de la toucher ou ne serait-ce que de la frôler, et elle comprit aussitôt pourquoi.
Si il se souvenait de tout, alors il savait ce qu'elle…
Elle ferma les yeux.
Bien sûr.
Elle lui avait rendu son cœur, mais ça n'effaçait aucunement ce qu'elle lui avait fait, et si elle avait pu laisser ça de côté dans la Forêt Enchantée à l'époque, faire comme si ce qu'elle faisait n'était pas mal, ici, dans le monde sans magie, elle ne le pouvait plus.
Sa conscience s'était réveillée, refusait de se rendormir, et elle allait devoir faire avec.
« Va t'asseoir dans le salon, lui proposa-t-elle, je vais aller m'habiller.
Ce n'était pas comme si elle allait se rendormir de sitôt de toute façon, et il était cinq heures du matin, vu l'heure à laquelle elle était censée se lever, ce n'était pas comme ça qu'elle allait réussir à se reposer.
Elle prit place en face de lui, le plus loin possible, espérant que rien dans la pièce n'allait raviver un de ses souvenirs.
Enfin, qui espérait-elle tromper ?
Le simple fait qu'elle soit là devait suffire à lui rappeler toutes les choses affreuses qu'elle lui avait faites autrefois.
- Henry a raison depuis le début, attaqua-t-il immédiatement, sans même lui laisser le temps de dire quoi que ce soit.
Au moins, ça avait le mérite d'être clair et direct.
- Oui. C'est vrai. Tout est vrai.
- Qu'est-ce qui a changé exactement Regina ? Avant, tu aurais tout nié en bloc, tu ne m'aurais même pas laissé entrer chez toi, alors… pourquoi ?
Une lueur triste apparut dans les yeux de son interlocutrice.
- Je suis beaucoup de choses Graham, admit-elle. Je suis… je suis la méchante reine, je suis celle qui a lancé la malédiction, et je suis un monstre. Mais… mais je suis aussi une mère dont le fils a disparu. C'est pour ça lui que je fais ça. Que j'essaie de réparer mes erreurs, de devenir une meilleure personne, de changer. C'est pour lui que je suis prête à mettre fin à la malédiction.
Graham sursauta, stupéfait, comme si il avait été frappé.
- Tu… tu es sérieuse ? Vraiment ?
- Vraiment.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que ça a à voir avec la disparition de Henry ?
- Le jour où la mine s'est effondrée, et où Henry est parti sans qu'on sache où il était allé, il y a eu… comme une explosion de magie en ville. Je ne saurais pas comment l'expliquer, mais quelque chose… s'est passé.
- Mais… il n'y a pas de magie dans le monde sans magie. C'est bien le principe.
Regina sourit.
- C'est Storybrooke. Je suppose… qu'ici, il y en a un peu. Je l'ai senti, Rumple aussi, j'en ai parlé avec lui et… Il pense, et moi aussi, qu'un portail s'est peut-être ouvert dans la mine, et que Henry l'a franchi.
- Ça signifierait, quoi… que ton fils est dans la Forêt Enchantée ?
- Peut-être… Si il n'y est pas alors ça veut sûrement dire qu'il est perdu pour toujours, et je refuse d'envisager cette possibilité.
Henry était vivant, quelque part, elle le sentait, elle le savait, il ne pouvait pas en être autrement.
- Et donc tu…
- Rumplestiltskin avait tout prévu depuis le début, dit la brune avec amertume, et il y a de la magie à Storybrooke, qui pourrait nous permettre d'ouvrir un portail, sauf qu'il faut que ce soit Emma qui la trouve, sauf que…
- Elle ne croit ni en la magie ni en la malédiction.
- Exact. »
Le visage de Regina affichait un tel désespoir que, dans d'autres circonstances, Graham s'en serait sûrement réjoui, et une part de lui le faisait.
Mais.
Mais Regina n'était pas la seule à être impliquée, loin de là, il y avait Emma, et Henry aussi, qui était probablement tout seul dans la Forêt Enchantée.
« Quel cauchemar, murmura-t-il, et elle acquiesça. Si la magie arrive à Storybrooke, ça ne veut cependant pas dire que la malédiction sera brisée, pas vrai ?
- Effectivement, seulement je pense que si les bonnes sœurs se retrouvent soudainement avec des pouvoirs magiques, elles risquent de se poser quelques questions.
Avec quelqu'un d'autre, il aurait éclaté de rire.
Là tout ce qu'il pouvait faire, c'était serrer les poings et tout faire pour s'empêcher de hurler.
Il avait du mal à comprendre comment il pouvait supporter d'être dans la même pièce qu'elle après ce qu'elle lui avait fait, mais peut-être était-ce simplement dû au fait qu'il dissociait encore ses deux identités, le chasseur et le shérif, et qu'il se sentait plus Graham que l'homme élevé par les loups.
- Tu laisseras la malédiction être brisée ? Demanda-t-il, encore sceptique. Tu vas te rendre sans te battre ?
Il en doutait sérieusement, et surtout, il doutait qu'après, elle accepte de se rendre.
- Hé bien, nous n'en sommes pas encore là, dit-elle, balayant la question en refusant d'y répondre. Pour l'instant, ce qui compte, c'est que nous retrouvions Henry, et si pour ça nous devons utiliser la magie, et que je dois laisser les gens se souvenir de qui ils sont et de ce que je leur ai fait, alors… soit. Je le ferai.
Il hocha la tête.
- Tu m'as rendu mon cœur. Pourquoi ?
- Je ne vais pas te mentir et te dire que je suis soudainement devenue une bonne personne, parce que ce n'est pas vrai. Je suis toujours une méchante, et du mauvais côté, mais… Henry… Henry me détestait déjà avant de franchir le portail, et ça doit être encore pire maintenant qu'il sait avoir raison, et si… Non, quand il rentrera je veux qu'il ait une bonne raison de croire que je peux changer.
- Tu as fait ça parce que tu veux que ton fils te pardonne ?
Il aurait dû se douter qu'elle n'avait pas fait ça pour lui.
- Oui. Et pour me prouver à moi-même que j'en suis capable. Ce que j'ai fait… ne peut pas s'effacer mais je peux essayer d'arranger les choses… si du moins c'est encore possible.
Graham aurait voulu lui rétorquer que ça ne l'était pas, qu'il ne la pardonnerait pas, jamais, mais il devait reconnaître qu'elle avait fait un premier pas, et que c'était mieux que rien.
Mais en revanche, il ne lui dit pas non plus qu'elle y arriverait.
Il n'était pas prêt pour ça, et ne le serait sans doute jamais.
- Donc… tu promets de ne plus jamais essayer de me contrôler ? De ne plus m'arracher le cœur ?
- Je te le promets.
Il n'était pas sûr de réellement pouvoir lui faire confiance, mais il allait devoir se contenter de ça pour l'instant.
Il soupira.
Si on lui avait un jour qu'il s'allierait à la méchante reine, et ce, volontairement (même si il n'avait pas vraiment d'autre choix), il n'y aurait pas cru.
Il avait encore un peu de mal à y croire en fait.
- Très bien… C'est quoi le plan ?
- Trouver un moyen qu'Emma croie en la magie. Rumplestiltskin et Jefferson se souviennent, et vont nous aider.
- Ça risque d'être merveilleux, fit-il avec sarcasme avant de se lever. Je vais y aller, je préférerais… enfin, si je peux être le plus loin possible de toi ça m'arrange.
- Je comprends… Graham ? Lança-t-elle avant qu'il ne parte. Je suis sincèrement désolée. »
Il se figea pendant quelques secondes mais ne se retourna pas et ne répondit rien.
A vrai dire, elle s'y attendait.
Ce n'était pas comme si elle méritait son pardon ou quoi que ce soit d'autre.
Mais un jour peut-être…
Peut-être qu'elle parviendrait à l'avoir, qui sait.
A suivre…
Chapter 15: Une confession.
Notes:
Titre – Une confession
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de... Sauron : Œil qui voit tout : Écrire sur le miroir de Galadriel ou sur quelqu'un qui a un don de voyance
44) 50 nuances de OUAT
6 défis fusionnés (horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Il n'avait pas envie d'être là.
Non mais vraiment, si August avait pu choisir de filer n'importe où ailleurs (en Thaïlande au hasard, encore que, ça lui aurait rappelé de trop mauvais souvenirs, comme le jour où sa jambe s'était retransformée en bois et où tout le monde l'avait pris pour un fou), il l'aurait fait, mais ce n'était pas vraiment comme si il avait réellement le choix.
Ce n'était pas censé se passer comme ça.
Il n'avait pas vraiment de plan tout prêt lorsqu'il était arrivé à Storybrooke (puisque la majorité de ses pensées était divisée entre « putain ma jambe me fait un mal de chien comment je suis censé vivre avec ça maintenant ? » et « bordel comment je vais faire pour remplir ma mission à temps avant de m'être totalement retransformé en bois ? »), mais il savait en revanche une chose.
C'est que, dans ces circonstances, Emma n'était pas du tout prête à entendre ce qu'il avait à lui dire.
À l'origine, il comptait essayer de gagner sa confiance (chose qui il le savait, ne serait pas aisée, et dont il était clairement en partie le responsable) et peu à peu, lui parler de la magie, de la malédiction, pour ultimement lui parler de leur passé commun, lui montrer sa jambe de bois, et tenter de la faire croire, de lui faire comprendre qu'elle était la Sauveuse, une princesse.
Qu'elle était une héroïne.
(C'était ce qu'il était censé faire depuis vingt-huit ans, ce qu'il aurait dû faire plus tôt si il avait été une meilleure personne, si il avait été plus courageux, si il avait été un héros lui aussi, comme Emma était censée l'être, si il avait fait les bons choix au lieu de fuir comme le lâche qu'il était encore.
Sauf que cette fois, l'horloge tournait, et il se trouvait incapable de fuir ou de repousser l'échéance.
Et maintenant, tous les mots qu'il n'avait pas pu lui dire durant toutes ces années où il n'avait pas été là lui brûlaient la gorge, l'étouffaient, l'empoisonnaient presque, refusant de sortir, parce qu'il les avait gardés en lui pendant bien trop longtemps et parce qu'il ne savait pas comment faire pour qu'elle accepte de l'écouter.
Il avait failli à sa mission après tout, par trois fois au moins, et si il échouait une quatrième, alors ce serait la fin.
Pour lui, qui serait définitivement changé en bois, et en mourrait très certainement, mais aussi pour les habitants de Storybrooke, qui ne récupéreraient jamais la mémoire, qui ne sauraient plus jamais qui ils étaient réellement. Sans compter Emma qui ne saurait jamais qu'elle avait une famille, juste là, sous ses yeux, qui l'aimait et l'avait perdue pendant vingt-huit longues années.
Et lui, tout ce qu'il voulait…
Tout ce qu'il voulait finalement, c'était que son père le serre dans ses bras et lui dise qu'il était fier de lui.
Mais vu ce qu'il avait fait, ça n'arriverait jamais.)
Oui mais…
Mais Henry avait disparu, depuis maintenant près de trois semaines, et Emma était bien trop occupée à essayer de retrouver son fils pour songer ne serait-ce qu'une minute à écouter un parfait inconnu lui parler de choses absurdes telles que la magie ou les malédictions.
Et encore moins pour le croire.
Henry savait pour la malédiction, avait-il appris peu de temps après son arrivée à Storybrooke, comment il avait compris, ça, Pinocchio n'en avait pas la moindre foutue idée, mais il était au courant, il y croyait et c'était pour ça qu'il avait emmené Emma jusqu'ici, et juste quelques jours ou semaines après, il disparaissait, juste comme ça ?
Ça ne pouvait pas être une coïncidence, il le savait, et il ne savait pas comment exactement, mais Henry était la clef de tout ça.
Maintenant, il n'y avait plus qu'à le retrouver.
En fait, c'était pour ça qu'il était là ce jour-là, juste devant la porte de la boutique de monsieur Gold.
Monsieur Gold.
Vu ce qu'il savait de Rumplestiltskin, il n'était même pas étonné que ce soit ce nom-là que la malédiction ait choisi de lui attribuer.
Ce n'était pas censé arriver, pas aussi vite, il n'était pas supposé se confronter au Ténébreux aussi tôt, ce n'était pas…
Il soupira.
Si Neal avait su dans quelle galère il était, il aurait sûrement ri.
Ou alors il lui aurait mis son poing dans la gueule en apprenant qu'il avait peut-être un fils qu'il n'avait pas pu connaître parce qu'il avait suivi le plan d'August, ou s'il avait su que l'ancienne marionnette n'avait jamais envoyé l'argent des montres à Emma.
Sincère, altruiste et courageux.
Ce n'était définitivement pas lui ça.
Et ça ne l'avait jamais été.
Il savait qu'il devrait un jour se confronter à Rumplestiltskin, c'était dans ses plans, mais vu ce qui était en train d'arriver, il avait décidé de partir sur autre chose.
Inutile de prétendre qu'il était son fils, de toute façon même si ça marchait et qu'il arrivait à s'emparer de la dague et qu'elle fonctionnait, qu'est-ce que ça aurait changé au juste ?
Ce n'était pas avec elle qu'il retrouverait Henry, où qu'il soit, ou qu'il persuaderait Emma de l'existence de la magie.
Alors il allait devoir faire ce qu'il n'avait quasiment pas fait depuis bien des années.
Dire la vérité.
Et les dieux savaient à quel point ça lui coûtait.
Prenant son courage à deux mains, il ouvrit la porte.
§§§§
La boutique était vide.
Vu l'heure, il n'était pas vraiment étonné, c'était presque celle de la fermeture, et il dut mobiliser toute sa volonté pour ne pas s'enfuir en courant lorsque l'antiquaire apparut finalement devant lui.
Il avait fui toute sa vie, encore et encore, il avait fui ses responsabilités, sa mission, Emma, il avait fui son passé et qui il était réellement, il avait fui la vérité, ça tout le reste, pendant bien trop longtemps.
Il ne fuirait pas une nouvelle fois.
Lorsque Rumplestiltskin le vit, August le vit qui le jaugeait, qui l'examinait sous toutes les coutures, comme si il essayait de voir clair en lui, de déterminer qui il était vraiment, et ça ne le surprit pas.
Si le sorcier se souvenait bel et bien de qui il était, et que personne ne pouvait venir en ville excepté ceux qui venaient de la Forêt Enchantée, alors oui sa présence devait l'étonner.
Si Henry n'avait pas été porté disparu, il aurait même été surpris que la mairesse n'ait pas l'air d'avoir enquêté sur lui, vu qu'elle avait d'autres choses à faire.
Notamment chercher son fils disparu.
(Comme Rumplestiltskin d'ailleurs, c'était drôle comme l'histoire se répétait à nouveau des siècles plus tard.)
Pinocchio n'avait pas de souvenirs d'avoir croisé Rumplestiltskin dans la Forêt Enchantée, et il en était sincèrement heureux vu son aspect effrayant de l'époque, aussi, en voyant monsieur Gold, humain et non plus vêtu de cette peau de crocodile, semblant si normal, il se mit presque à douter que ce soit vraiment lui.
Et puis il vit la canne que l'antiquaire avait dans la main droite, il se souvint de ce qu'il savait de lui, et il comprit qu'il ne s'était pas trompé.
« Bonsoir… Est-ce que je peux vous aider ?
Il prit une profonde inspiration.
- Je pense oui. En fait, ajouta-t-il en relevant en partie son pantalon pour lui montrer sa jambe gauche, je pense que vous êtes le seul à pouvoir le faire.
À défaut de lui dire ce qui l'amenait, autant le lui montrer.
Il vit une lueur de curiosité et de surprise, puis de compréhension, apparaître dans les yeux de l'immortel, alors qu'il voyait sa jambe de bois, et le pantin de bois vit presque les rouages tourner dans son esprit, alors qu'il additionnait deux et deux, lui qui savait tout, lui qui voyait l'avenir, il avait dû savoir que quelqu'un d'autre avait fait le voyage dans l'armoire magique.
- Oh, se contenta-t-il de dire. Voilà qui est très intéressant. Pinocchio je présume ?
Il acquiesça, et si il n'avait pas été face à Rumplestiltskin, si ça avait été plutôt son père ou la fée Bleue, il aurait certainement pleuré de joie à cause du simple fait qu'il était en présence de quelqu'un qui se souvenait.
Qui savait la vérité, qui savait comme lui pour la malédiction, et maintenant il avait la certitude qu'il n'était pas fou.
Après vingt-huit ans dans le monde sans magie, il n'était pas retourné dans la Forêt Enchantée, mais c'était tout comme.
Il était rentré à la maison.
- C'est ça… Rumplestiltskin.
Le sorcier hocha la tête, ne semblant guère étonné qu'il connaisse son nom.
- Comme je suppose que vous ne vous êtes pas subitement souvenu de votre identité la semaine dernière, et que vous venez de l'extérieur de Storybrooke, j'en conclus que vous n'avez pas été pris par la malédiction.
- J'ai grandi, ironisa Pinocchio, ça devrait être un indice suffisant.
Monsieur Gold se mit à sourire.
- Effectivement. Où étiez-vous pendant tout ce temps ?
- Pas ici de toute évidence… Je suis arrivé dans le monde sans magie avec Emma, en utilisant l'armoire magique, et au lieu de m'occuper d'elle… j'ai fui.
- Et c'est pour ça que vous vous retransformez en bois, en déduisit le Ténébreux, et August frissonna.
Ça ne l'étonnait pas qu'il l'ait compris aussi vite, vu son degré de connaissances en magie, mais c'était proprement effrayant.
- Je trouve ça presque stupéfiant d'ailleurs, ajouta le père de Baelfire, que même dans le monde sans magie, la magie ait réussi à trouver un chemin jusqu'à vous pour vous infliger cette… piqûre de rappel. Ça signifie peut-être que le monde sans magie n'en est pas tant dépourvu que ça qui sait… Et peut-être que cela prouve que je ne me suis pas trompé, marmonna-t-il avec un air songeur.
- Il faut que la malédiction soit brisée, l'interrompit Pinocchio, je veux rester vivant, je veux retrouver mon père et sauver les habitants de Storybrooke. Et vous, vous voulez retrouver votre fils.
Rumplestiltskin fronça les sourcils, et le regarda avec suspicion.
- Comment est-ce que vous êtes au courant de cela ?
Il ne pouvait de toute évidence pas lui dire qu'il avait vu Neal récemment, pas alors qu'il lui avait promis de ne pas le faire, et qu'il avait déjà brisé suffisamment de promesses durant sa vie pour ne pas avoir envie de briser celle-là aussi.
- La fée bleue m'a parlé de lui et de votre histoire avant de m'envoyer dans ce monde, ça fait partie des choses qu'elle m'a dites pour m'aider à me préparer.
Ce n'était même pas un mensonge.
Le visage de Rumplestiltskin s'assombrit aussitôt.
- La fée Bleue… marmonna-t-il avec une haine très perceptible dans la voix. Je vois… J'approuve le fait de briser la malédiction, il est vrai, seulement…
- Seulement Henry a disparu et Emma ne croit pas en la magie et elle ne risque pas de briser la malédiction si elle ne pense pas devoir le faire, ou même si elle ne sait pas comment le faire.
- Ce ne serait pas arrivé si vous aviez fait ce que vous deviez faire, lui dit Rumplestiltskin.
August encaissa la pique sans broncher.
- Et nous ne serions pas dans cette situation si vous n'aviez pas abandonné votre fils, répliqua-t-il avec un ton acerbe.
Un point partout.
- Est-ce que vous savez où est Henry ? Demanda alors Pinocchio au sorcier.
- J'ai… des soupçons. Je pense qu'il est dans la Forêt Enchantée, et qu'un portail s'est ouvert à Storybrooke.
Les yeux d'August s'écarquillèrent de surprise.
- Attendez… Quoi ?
- La malédiction est en train de s'affaiblir, il est possible que la magie se soit réveillée, notamment dans la mine où Henry s'est rendue et qui s'est effondrée… c'est la seule explication que j'ai. J'ai fait des recherches, je cherche où trouver de la magie ici, pour faire croire Emma Swan en la malédiction, mais pour l'instant, je n'ai pas grand-chose, et Regina non plus.
- Comment ça ?
- Hé bien… Regina aime son fils, et si c'est le seul moyen de le retrouver, alors elle nous aidera à briser la malédiction. »
Pinocchio eut du mal à cacher son incrédulité.
Alors comme ça, il allait devoir s'allier avec la femme qui l'avait arraché à son père, à son monde et avait plongé des milliers de personnes dans la misère la plus totale ?
Merveilleux…
A suivre…
Chapter 16: Entente forcée.
Notes:
Titre du 13/07/2021 : Entente forcée
Gémeaux : Regina (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 49 : Emma
Défis de S & V n°54 - Placer le mot "Dragon"
Quatre aspects de… Sweeney Todd (Sweeney Todd) Vengeance : écrire sur Regina ou sur un personnage prêt à tout pour assouvir sa vengeance
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, S & V, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
La boutique de monsieur Gold était fermée ce jour-là.
Ce n'était pas quelque chose d'extraordinaire, après tout, même lui s'arrêtait parfois de travailler, mais c'était assez rare pour être souligné, et surtout, ce n'était pas vraiment une coïncidence.
Depuis désormais près d'un mois, Henry Mills avait disparu, et à moins qu'il n'ait trouvé quelque part à Storybrooke ou hors de la ville un endroit où se cacher, soit il était mort, soit il était dans la Forêt Enchantée… où il était peut-être également mort.
(Oui c'était une pensée très réconfortante pour eux…)
Aussi, ce dimanche-là, un groupe plutôt étrange et hétéroclite s'était réuni dans la boutique de l'antiquaire afin d'y discuter de ce qu'ils pouvaient faire pour le retrouver, faire en sorte qu'Emma croit en la magie, brise la malédiction, ce genre de choses…
Rumplestiltskin, Regina Mills, Jefferson, Graham Humbert et August Booth.
Le fait qu'il y règne un silence totalement glacial n'était donc absolument pas surprenant.
« Bien, fit Rumplestiltskin, essayant de faire disparaître la gêne ambiante, puisque nous sommes tous là…
- Vous êtes le nouveau venu en ville, n'est-ce pas ? L'interrompit Regina, s'adressant à August.
Il y avait un air suspicieux sur son visage, comme si elle essayait de déterminer qui il pouvait être en réalité.
Puisqu'il était là, il ne pouvait venir que de la Forêt Enchantée, ce qui confirmait ses soupçons à son sujet, soupçons qu'elle aurait pu essayer de prouver si il n'y avait pas eu la disparition de son fils.
- C'est ça, lui répondit-il, n'ayant aucune raison de se cacher ou de dissimuler sa véritable identité (et il n'aurait de toute façon eu aucune crédibilité si il l'avait fait), je suis August Booth. Enfin, ce n'est pas totalement vrai…
Quand il leur montra ce qu'était devenue sa jambe gauche, ils eurent tous, hormis Rumplestiltskin, un mouvement de recul, et leurs yeux s'écarquillèrent de surprise.
Avant, il aurait refusé de montrer à qui que ce soit (hormis les médecins qui de toute façon n'avaient rien vu, ou le dragon, mais il n'avait pas pu avoir son remède à la fin) ce qu'il lui était arrivé, parce que c'était une preuve de ses erreurs, de sa faiblesse, de sa lâcheté et de son châtiment.
Maintenant, c'était avant tout une preuve de plus qu'ils manquaient de temps.
- Oh… Murmura-t-elle, les yeux toujours écarquillés de surprise, cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas eu de preuves de l'existence de la magie après tout. Je vois… A part si vous êtes Long John Silver, et j'en doute, je suppose que vous êtes Pinocchio.
Maintenant qu'elle y pensait, ça faisait totalement sens, le fils de Geppetto n'était pas à Storybrooke après tout, et si elle ne s'en était pas souciée à l'époque parce que ça lui semblait sans importance, elle comprenait désormais à quel point elle avait eu tort à ce sujet.
Ça ne comptait plus maintenant, parce que, aussi absurde que cela pouvait sembler, ils étaient alliés présentement, bien malgré eux, mais ils l'étaient tout de même.
Dans d'autres circonstances, elle aurait essayé de le chasser de la ville, même sans savoir avec certitude qu'il ne venait pas du monde sans magie, mais ça…
Ce n'était plus elle, ou du moins, elle avait envie de le croire, et puis, ce n'était pas vraiment comme si elle avait réellement le choix de toute façon.
Ils devaient travailler ensemble si ils espéraient pouvoir réussir à retrouver Henry avant…
Avant qu'il ne soit trop tard.
Enfin, si ce n'était pas déjà le cas.
(Non, elle ne devait pas penser à cette éventualité, pas maintenant, pas tout de suite, voire jamais si elle avait suffisamment de chance.)
- C'est bien moi. Et j'aimerais bien pouvoir vous dire à quel point je vous déteste pour tout ce que vous avez fait, mais apparemment on a plus urgent à traiter, dit-il avec une certaine acidité qui était plus que prévisible.
Si Regina avait été quelqu'un d'autre, sans doute aurait-elle tremblé face aux trois regards noirs qui étaient posés sur elle, entre celui qu'elle avait arraché à son père, celui à qui elle avait enlevé la fille, et celui qui avait vécu sans cœur pendant vingt-huit ans…
Mais elle était Regina Mills, et elle n'avait peur de personne, alors elle soutint ces regards sans broncher.
- Je suis désolée, avoua-t-elle. Je suis sincèrement désolée, même si je sais que ça ne change rien.
- Effectivement, approuva Pinocchio, la haine toujours présente dans ses yeux, mais… Le fait est que je ne m'attendais pas à ça, et encore moins à des excuses quand je suis arrivé ici. J'espère juste que vous ne changerez pas d'avis une fois que la magie sera revenue.
- Je veux juste retrouver mon fils. C'est tout.
Il la regarda comme si il avait du mal à y croire, avant de hocher la tête, signe que la discussion était close.
- Aussi incroyable que cela puisse paraître, dit alors Rumplestiltskin, nous sommes dans le même camp.
- Oui, ironisa Regina, ça doit te changer, toi qui en change tous les quatre matins.
Ce n'était pas vraiment vrai et elle le savait, mais elle avait besoin de faire quelque chose, de dire quelque chose, pour avoir l'illusion qu'elle avait encore le contrôle et que rien n'avait changé, que tout était comme avant alors que ce n'était pas le cas.
Un sourire carnassier (il était le crocodile, la Bête après tout, n'est-ce pas ?) apparut sur son visage.
- Sauf que très chère, je n'ai toujours été que dans un seul camp… le mien. Enfin, ce n'est pas vraiment le cas en ce moment. Pour l'instant.
La menace était très claire, une fois toute cette situation réglée, ce serait chacun pour soi.
Elle n'était pas vraiment surprise.
- Peu importe, fit Graham, notre but, c'est bien de retrouver Henry et d'amener la magie à Storybrooke, puis de briser la malédiction.
August faillit éclater d'un rire sans joie.
Ça, ça allait beaucoup plaire à Neal, si jamais il venait un jour à Storybrooke, songea-t-il avec ironie.
Rumplestiltskin acquiesça.
- Effectivement, dit-il. A priori, le seul moyen d'arriver à retrouver Henry, c'est en nous servant de la magie, sauf que…
- Sauf que de la magie, nous n'en avons pas, compléta Regina en soupirant. Ou du moins pas assez.
- Et donc, fit August, il faut que Emma se batte contre… contre un dragon. Contre Maléfique en personne. Alors qu'elle ne croit pas en la magie. À quel degré d'improbable et d'impossible on est arrivés exactement ?
- Très élevé je pense, soupira la méchante reine.
- À part si vous avez d'autres idées, lança le Ténébreux.
- Mes chapeaux ne fonctionnent toujours pas, dit Jefferson, intervenant pour la première fois, et laissant momentanément de côté ses regards haineux dirigés contre Regina. Je ne peux pas ouvrir de portail, je ne peux pas recréer cette magie. J'ai essayé pourtant, fit-il avec dans le regard une lueur mêlée de folie, de tristesse et de désespoir.
Regina songea alors au fait qu'elle l'avait condamné à rester coincé au Pays des merveilles pendant des années, et qu'elle ne s'était jamais demandée ce qu'il avait bien pu y vivre là-bas.
Elle aurait dû.
Et elle aurait aimé s'excuser à nouveau, mais elle avait le sentiment que cela ne servirait à rien, la meilleure manière pour essayer de se faire pardonner, c'était de faire en sorte que Grace se souvienne de son père.
Et elle le ferait, elle ferait tout pour y arriver.
- J'ai une bague, dit-elle, qui est imprégnée de magie, mais… Je doute que ce soit suffisant.
- Si on arrive à combiner ça à une autre source de magie, peut-être, la contra le sorcier.
- Tu penses à quoi ?
- La mine. Si c'est bien de cet endroit que tout est parti, peut-être qu'il reste encore quelques traces là-bas, peut-être qu'on peut ouvrir un autre portail.
- Ça fait beaucoup de peut-être, ironisa August.
- Je suis navré, mais je n'ai pas mieux.
- Moi j'ai ce qui est en train de m'arriver, dit le pantin de bois, mais je doute que Emma soit prête à y croire.
- Et moi je ne tiens pas plus que ça à me faire ré-arracher le cœur, lança Graham, je préférerais une autre manière de lui montrer que la magie existe.
Regina ne lui parla pas de ses autres cœurs, ceux qui étaient encore dans son caveau, même si elle se doutait qu'avec ses souvenirs retrouvés, il devait déjà être au courant de ce détail.
- Ça pourrait marcher, reconnut-elle. »
Elle avait envie d'y croire, parce que ces derniers temps, l'espoir était une denrée plutôt rare pour elle.
Ils avaient peut-être un moyen d'aller là où était son fils.
Ça lui suffisait amplement comme garantie.
§§§§
« Je voudrais vous parler.
Cela faisait des années que Rumplestiltskin n'avait pas croisé Jefferson.
Et par années, il voulait même dire avant les vingt-huit années de la malédiction, puisque avant de disparaître, piégé au Pays des merveilles, il avait cessé de travailler avec lui après la naissance de sa fille et la mort de sa femme.
- Je suis navré pour Grace, je sais ce que ça fait d'être séparé de son enfant.
Il était sincère en plus, il appréciait véritablement Jefferson, qui était sans doute l'un des rares amis qu'il avait jamais eus.
Le chapelier hocha la tête.
- Merci. Mais je ne suis pas là pour parler de ça.
Il y avait réfléchi plusieurs fois depuis que Regina était venue le voir.
Même si la reine tenait à se faire pardonner pour ses crimes, et qu'elle semblait vraiment sincère à ce sujet, Jefferson ne supportait pas l'idée qu'elle puisse s'en tirer à si bon compte, comme ça, comme si elle n'avait rien fait, comme si rien ne s'était passé.
Ça n'arriverait sans doute pas, surtout quand les autres se réveilleraient, mais…
Mais il voulait s'assurer que le Ténébreux, le sorcier le plus puissant existant dans leur monde, soit au courant de ce qu'elle avait fait, et ait une raison de plus de vouloir se venger d'elle.
L'immortel fronça les sourcils.
- Comment ça ? Est-ce que ça a à voir avec la malédiction ou la magie ?
- Non.
- Alors de quoi est-ce que…
- Je sais où est Belle, le coupa-t-il sans le laisser finir sa phrase.
Rumplestiltskin se figea sur place, les yeux écarquillés de surprise, sous le choc.
- Quoi ? Est-ce que… est-ce que c'est une mauvaise blague ? Belle est… Elle est morte !
- Elle ne l'est pas, le contredit le chapelier fou. Regina la garde prisonnière, ici, je ne serais pas surpris qu'elle l'ait capturée avant que la malédiction ne soit lancée.
Monsieur Gold fronça les sourcils, toujours pas convaincu.
- Comment êtes-vous au courant de ça ?
Jefferson soupira.
- Il y a plusieurs années… Je ne sais pas exactement quand, la temporalité sous la malédiction, et les souvenirs sont des choses plutôt difficiles à garder organisés sans s'y perdre, sans savoir ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, ce qui appartient à cette vie et ce qui vient de l'autre, mais… Je me souviens de ça.
- De quoi ? S'impatienta Rumplestiltskin, sentant l'énervement progressivement monter en lui.
- De mon séjour en hôpital psychiatrique, lui rétorqua Jefferson avec un ton sec. Je… c'était au tout début, à l'époque où j'étais assez bête pour croire que je pouvais changer les choses, que j'avais la possibilité de faire une différence, que si je parlais de la malédiction, les gens me croiraient…
Il avait les larmes aux yeux.
- Et ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu.
- Non, en effet, loin de là… Je ne sais pas combien de temps j'y suis resté, plusieurs semaines, mois ou années, mais j'ai fini par la voir. Belle. Elle est ici, et elle est vivante.
L'horreur apparut dans les yeux du Ténébreux.
- Attendez… Vous voulez dire que Regina garde Belle dans un hôpital psychiatrique depuis le début de la malédiction ?
Jefferson acquiesça.
Rumplestiltskin sentit la nausée l'envahir.
Elle était là, si proche, et en même temps si loin, et lui, il n'avait absolument rien vu.
- Pourquoi me le dire ?
- Parce que je hais Regina et que je veux qu'elle souffre, et je ne peux clairement pas m'en prendre à elle directement. Pour forger une alliance avec vous, et avoir votre protection si jamais les choses tournent mal. Je veux retrouver ma fille, et je ne fais pas confiance à Regina.
Rumplestiltskin sourit.
- Je comprends. Je… Si c'est la vérité. Merci.
Jefferson lui offrit un faible sourire.
- Je vous en prie. »
Lorsque le chapelier fou quitta la boutique, Rumplestiltskin prit une profonde inspiration.
Il avait deux mots à dire à la méchante reine lui.
A suivre…
Chapter 17: Après tout ce temps.
Notes:
Titre du 29/08/2021 : Après tout ce temps
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Sweeney Todd (Sweeney Todd) : Changement d'identité : écrire sur Darth Vader ou sur un personnage connu sous des noms différents
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Jefferson n'avait pas menti.
Rumplestiltskin aurait dû le savoir, il aurait dû comprendre, il aurait dû…
Il avait été un idiot.
Vraiment, lui qui se targuait d'être si intelligent, si inventif dans ses plans, lui qui pensait être le meilleur pour mentir et manipuler les autres, et il savait qu'il l'était, il avait réussi à se faire avoir comme n'importe qui par le mensonge de Regina.
Elle lui avait dit que Belle était morte, qu'elle s'était suicidée, et lui, il l'avait crue sans même chercher plus loin, sans essayer d'avoir de preuves, juste parce qu'il pensait qu'elle n'avait aucune raison de lui mentir et parce que le chagrin l'avait bien trop dévasté et lui avait embrouillé l'esprit.
Mais maintenant qu'il savait qu'elle savait pour son alliance temporaire passée avec Jefferson et le docteur Frankenstein, tout était désormais beaucoup plus clair.
Regina voulait se venger de ce qu'il lui avait fait, tout comme elle s'était vengée de Jefferson, et maintenant Jefferson essayait de se venger d'elle lui aussi, et lui-même avait envie de le faire maintenant qu'il savait que Belle…
Il secoua la tête, c'était en train de devenir un cercle vicieux que bientôt plus personne ne pourrait contrôler, et il n'aimait pas ça.
Il lui avait fallu mobiliser tout son self-contrôle (enfin le peu qu'il avait déjà à la base) pour ne pas se mettre à hurler lorsque, après quelques recherches, il avait finalement eu la preuve qu'elle était belle et bien vivante, et enfermée dans une section cachée de l'hôpital de Storybrooke.
(Il l'avait vue aussi, même si ça n'avait duré que quelques secondes, il l'avait reconnue malgré ce qu'elle était devenue, malgré l'absence de vie et de joie dans son regard.
Elle était là, elle était vivante, elle était là, juste devant lui, après toutes ces années, il l'avait finalement retrouvée, elle était là, si proche et si loin, à deux pas et en même temps inaccessible, un vrai paradoxe à elle toute seule.
Elle était là mais elle l'avait oublié, et il avait senti son cœur se déchirer en deux face à ce constat.
C'était Belle, et ça ne l'était pas.
C'était un fantôme.
Et il ne pouvait même pas la faire sortir de là.
Il avait dû se contenir pour ne pas utiliser sa canne pour tout exploser autour de lui lorsqu'il était rentré chez lui.)
Il n'avait pas eu beaucoup de mal à retrouver quelle identité la malédiction lui avait donnée.
Lacey French.
Fille de Moe French, autrefois connu comme Maurice dans la Forêt Enchantée.
Et elle était emprisonnée dans un hôpital psychiatrique depuis près de vingt-huit ans.
Et lui, lui, lui, Rumplestiltskin, le Ténébreux, le sorcier, l'immortel, et ses dons de voyance, il…
Il n'avait absolument rien vu venir.
Comment avait-il pu être aussi aveugle, comment avait-il pu ne pas savoir ?
D'un autre côté ce n'était pas surprenant, monsieur Gold se moquait bien de Moe French, le fleuriste, ou de sa fille dont il ignorait l'existence, ce n'était que lorsqu'il s'était souvenu qu'il était en réalité Rumplestiltskin qu'il s'était souvenu de Belle.
Qu'il s'était rappelé d'elle, et du fait qu'elle était morte et que c'était la faute de son père.
Sauf qu'elle ne l'était pas et qu'en réalité…
Oh seigneur…
Est-ce que, est-ce que…
Est-ce qu'il avait passé des années à haïr le père de Belle pour rien ?
Et même maintenant, même si c'était Moe qui était responsable de l'internement de sa fille (et c'était plus que probable), il ne pouvait même pas lui en vouloir pour ça, puisque c'était la malédiction qui était responsable de ce qui était arrivé.
Parce que Belle n'était pas folle, mais que tout le monde pensait que Lacey l'était.
Tout ça parce que Regina avait voulu la lui arracher…
Et aujourd'hui, il n'avait même pas envie de comprendre ses raisons, parce qu'il n'était plus que rage et colère, parce qu'il avait perdu Belle pendant vingt-huit ans, et qu'il avait déjà perdu Baelfire durant des siècles avant cela, alors il était hors de question qu'il la perde elle aussi un jour de plus.
Aussi, quand il entra dans le bureau de Regina sans même s'être fait annoncé, cette dernière ne s'y attendait définitivement pas.
Et si elle put penser au début qu'il était là pour lui parler de ses découvertes concernant la malédiction, lorsqu'elle croisa son regard sombre et toute la colère qui s'y trouvait, elle comprit que ce n'était pas le cas et son sourire s'effaça aussitôt.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-elle, légèrement inquiète.
Ce n'était pas son genre de venir sans s'annoncer, surtout au vu des circonstances actuelles, et elle ne se souvenait pas vraiment de la dernière fois où il l'avait regardée avec autant de haine, mais elle devait l'admettre, ça lui faisait peur.
Il se contenta de prononcer un seul mot.
- Belle.
Regina se figea sur place, stupéfaite.
- Quoi ?
- Je sais qu'elle est ici. Je sais qu'elle est vivante. N'essaie même pas de le nier.
La brune blêmit.
Oh.
Elle avait eu raison d'avoir peur tout compte fait…
Et elle qui pensait avoir droit à encore un peu de temps avant d'avoir à faire face à un Ténébreux en colère, elle avait eu bien tort à ce sujet.
- Qui te l'a dit ? Demanda-t-elle.
- Si tu t'attends à ce que je te le dise, alors tu me connais bien mal très chère.
Évidemment…
Aux dernières nouvelles, ils étaient cinq à se souvenir de la vérité à Storybrooke, elle, Rumple, Jefferson, Graham et August.
À part si August était un génie, il pouvait difficilement être au courant, quant à Graham, si en tant que chasseur, il savait que Belle était sa prisonnière, en tant que shérif, elle doutait que ce soit le cas, et de toute façon, il ignorait tout du lien du Ténébreux avec la princesse.
Et si Rumplestiltskin l'avait découvert depuis l'arrivée d'Emma à Storybrooke, nul doute qu'il aurait essayé de tout mettre en œuvre pour délivrer sa bien-aimée par lui-même, en agissant dans l'ombre, comme toujours, ce qui signifiait donc qu'il n'avait pas appris ça par lui-même, et il ne restait donc plus sur sa liste que…
- Jefferson, murmura-t-elle. Je ne suis même pas surprise.
En rétrospective, elle n'aurait peut-être pas dû l'enfermer dans cet hôpital psychiatrique lui aussi, mais il parlait et il menaçait sa précieuse malédiction alors elle n'avait pas vraiment eu d'autre choix à l'époque, et maintenant, l'ironie du sort voulait que c'était elle qui allait essayer d'y mettre fin.
Et même si elle l'avait fait pour protéger ses propres intérêts, elle le regrettait soudainement, à la fois parce qu'elle lui avait infligé une souffrance qu'il ne méritait finalement pas (après tout ce qu'il avait déjà enduré, il avait assez payé pour ses erreurs) et parce que aujourd'hui, cette décision revenait pour la faire payer à son tour.
- Je pense que tu peux considérer que désormais lui et toi vous êtes quittes, ironisa la Bête. Mais en ce qui nous concerne toi et moi, sache que ce n'est aucunement le cas.
La mairesse soupira.
- Assis-toi, je sens que ça va être long… Quand il s'exécuta, elle prit une profonde inspiration. Qu'est-ce que tu veux Rumple ?
- Il me semble que c'est évident. Des réponses d'abord. Que s'est-il réellement passé à l'époque ? Quand j'ai… quand j'ai chassé Belle.
- Elle est partie pour explorer le monde, vivre des aventures, et puis, elle a voulu revenir vers toi.
Rumplestiltskin serra les poings.
Dans d'autres circonstances, sans doute aurait-il souri, et trouvé ça beau, malgré ses mots, malgré ce qu'il avait fait, malgré son attitude, elle n'avait jamais cessé de vouloir lui revenir.
Elle ne lui avait pas menti à l'époque, lorsqu'elle l'avait embrassé, elle l'aimait, elle l'aimait vraiment, et lui, il avait été assez stupide pour la faire partir alors qu'ils auraient pu…
Ils auraient pu avoir quelque chose, quelque chose de beau, quelque chose de magnifique, et il avait tout gâché, avant même que Regina ne s'en mêle.
Oh dieux, il aurait donné absolument tout ce qu'il avait, y compris sa magie, pour pouvoir avoir la chance de la revoir un jour, à nouveau elle-même, se souvenant de lui, et pour pouvoir se faire pardonner de ce qu'il lui avait fait.
- Très bien, dit-il avec un ton qui disait clairement qu'il n'en pensait pas un mot. Et après ?
Son regard la transperça de part en part, et Regina déglutit avec difficulté, sentant un frisson l'envahir.
Jamais à Storybrooke elle n'avait eu autant conscience du fait qu'elle se trouvait devant le Ténébreux qu'à cet instant précis.
- Après… Je l'ai retrouvée alors qu'elle tentait de retourner à ton château et je… Je l'ai enfermée dans une cellule de mon palais.
- Donc son père n'a jamais…
- Non. Il devait soit la croire ta prisonnière, soit penser qu'elle était morte.
Un grognement de rage monta alors de sa gorge.
- Regina… Gronda-t-il.
- Ose me dire que tu ne m'as pas fait pire.
- Je… Peu importe, ce n'est pas ça le plus important et admettons… Admettons que j'accepte de ne pas t'en vouloir, mais… Il faut que tu la fasses sortir.
- Je ne peux pas.
- Tu ne peux ou tu ne veux pas ? La nuance est importante.
- Jefferson m'a dit exactement la même chose.
- Sans doute parce que dans les deux cas tu nous as enlevé quelqu'un qui nous était cher.
- Exact, mais… Même si elle sortait, tu sais bien que tu ne pourrais pas être près d'elle ? Elle ne se souvient pas de toi et tu n'es rien pour elle, alors…
- Je m'en fiche. Je veux juste que tu la libères. Rien de plus. Je penserai aux détails plus tard.
- Je comprends, mais… Il y a autre chose que tu dois savoir.
- Quoi ?
- Belle ne se souvient de rien. Ce que je veux dire c'est que… Elle n'a pas de souvenirs tout court.
- Oh. Comme David Nolan ?
- Oui. Elle ne connaît rien de ce monde, si elle sortait, elle serait complètement perdue.
- Oh comme c'est prévenant de ta part de t'en soucier, ironisa le sorcier, ce serait même presque touchant si tu n'étais pas responsable, tu sais, de son état…
- Je sais. J'ai juste besoin de temps pour arranger ça.
- Quand David Nolan est sorti du coma, il ne t'a pas fallu beaucoup de temps pour retrouver sa femme et la ramener ici, siffla-t-il, guère impressionné.
- Bien… Je la ferai sortir. Elle retournera chez son père, guérie après un long séjour dans une maison de repos et ce sera comme si rien n'était jamais arrivé.
- Oui, sauf si on excepte les potentielles séquelles de son enfermement.
- Rumple… Je suis sincèrement désolée.
Il acquiesça.
Il était toujours en colère, mais il ne pouvait que le reconnaître, lui aussi avait fait du mal à Regina, alors sans doute méritait-il cela, mais pas Belle.
Oui, lui souffla sa conscience, et à une époque, Regina non plus ne le méritait pas.
Ne plus avoir les ténèbres qui grondaient en lui, comme à l'époque où il utilisait encore la magie, rendait les choses vraiment plus difficiles qu'elles ne l'étaient déjà à l'origine.
- Bon, disons que tu laisses Belle sortir, que tu me promets de la laisser tranquille, et en échange je t'aide à retrouver Henry, nous essayons de briser la malédiction, et une fois que ce sera fait, nous nous promettons de ne pas nous entre-tuer.
Elle hocha la tête.
- Ça me paraît… être un bon plan.
- Forcément, c'est le mien.
Elle sourit.
- Évidemment… Quand penses-tu pouvoir aller dans la mine pour que nous tentions d'ouvrir le portail ?
- Une fois que Belle sera sortie, dit-il, et elle sut qu'il serait intraitable à ce sujet.
- C'est de bonne guerre… Dans trois jours maximum, ça te va ?
- Parfait. À dans trois jours. »
Belle fut libérée le lendemain.
A suivre…
Chapter 18: Sa lumière.
Notes:
Titre du 22/04/2021 : Sa lumière
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Défis de S & V n°54 - Placer le mot "Dragon"
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, S & V, 50 nuances)
Chapter Text
Rumplestiltskin ne savait pas ce que ça faisait de se faire arracher le cœur.
Mais nul doute que si il en avait fait l'expérience, ça n'aurait sans doute pas été très différent de ce qu'il ressentait en ce moment même alors qu'il observait de loin Belle (ou plutôt Lacey, ça, il ne devait pas l'oublier…) qui sortait tout juste de l'hôpital, escortée par son père.
La voir comme ça, si différente de la femme qu'il avait connue autrefois, maintenant si perdue, si craintive, si loin de l'aventurière qu'elle était en réalité, lui était tout simplement insupportable.
Si elle avait été heureuse, malgré la malédiction et la perte de ses souvenirs, si il l'avait vue sourire, rire, qu'il l'avait entendue parler, ou qu'il l'avait vue lire, comme avant, comme lorsqu'elle vivait encore dans son château, ça aurait rendu les choses moins difficiles.
Mais actuellement, Belle n'était rien de tout ça, et ça… ce n'était pas bien.
Parce que ce n'était pas elle, et il voyait les dégâts que pouvait faire la malédiction sur quelqu'un qu'il aimait, et ça lui déchirait le cœur.
C'était comme si une main s'était enfoncée dans sa poitrine, et s'amusait à fouiller, encore et encore, à gratter son cœur déjà meurtri, jusqu'au sang, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien si ce n'est des débris, et que cette main le serrait, le pressait, menaçant à tout moment de l'écraser et de le réduire en cendres.
C'était une véritable torture.
Et il y avait tout le reste aussi, ses propres souvenirs à lui, ses souvenirs de Belle qui s'entrechoquaient et s'opposaient à ce qu'il y avait devant lui, juste sous ses yeux, et le fait qu'elle ne se souvenait pas de lui.
Elle était vivante, mais elle l'avait oublié.
Il n'avait pas menti au prince Charmant lorsqu'il lui avait parlé de sa lumière dans les ténèbres qui l'avait guidé pendant un temps avant de disparaître pour toujours.
Sa lumière, ça avait été Belle (avant, c'était Baelfire, mais il avait laissé partir Baelfire, tout comme il avait laissé partir Belle, et si il avait retrouvé la princesse, ce n'était pas encore le cas de son fils), et puis elle s'était éteinte, pour toujours.
Ou du moins, c'est ce qu'il avait cru.
Maintenant, la lumière s'était rallumée, contre toute attente, mais elle brillait si faiblement qu'on aurait presque dit qu'elle était à nouveau sur le point de s'éteindre.
Son seul espoir maintenant, c'était d'attendre que la malédiction soit enfin brisée.
Ce jour-là, Belle pourrait enfin lui revenir.
Peut-être.
Si il ne gâchait pas tout à nouveau comme il avait l'habitude de le faire.
§§§§
« Est-ce que tout va bien ? Lui demanda Regina alors qu'ils se rendaient tous les deux en direction de la mine.
- J'ai envie de t'arracher le cœur, mais à part ça tout va bien.
La seule chose qui empêcha Regina de le prendre totalement au sérieux fut le simple fait que la magie ne soit pas présente à Storybrooke.
Dans le cas contraire, elle savait qu'il aurait été capable de le faire.
L'aurait-il fait en revanche, ça, elle n'en savait rien.
C'était d'ailleurs ça le plus terrifiant.
Une conversation normale entre la méchante reine et le Ténébreux en somme.
Elle hocha la tête.
- Espérons que tu ne mettes pas cela à exécution dans ce cas-là.
- Oui, espérons le… »
Ils étaient seuls, étant les deux seuls sorciers de leur groupe, la présence des trois autres n'était pas vraiment nécessaire, et puisqu'ils avaient tous des griefs contre Regina, ça facilitait grandement les choses qu'aucun d'eux ne soit venu.
Regina avait déjà bien assez à gérer avec Rumplestiltskin, elle ne voulait pas y ajouter d'autres de ses victimes avides de vengeance à cette expédition.
La mine était désormais visitable, contrairement à la fois où Henry s'y était rendu, et Regina sentit son cœur se serrer.
Tout ça était de sa faute, c'était elle qui avait causé cela, si son petit garçon s'était enfui, c'était parce qu'elle…
Elle secoua la tête, chassant ses larmes en même temps.
Ça ne lui servait à rien de s'apitoyer sur son sort, elle avait mieux à faire, comme essayer de sauver son fils par exemple.
C'était elle qui avait causé ce désastre, à elle de le réparer.
Elle sortit la bague de Daniel de sa poche, et eut du mal à retenir ses larmes cette fois-ci.
Sa bague, la dernière chose qu'il lui restait de lui, la seule trace de magie d'avant sa vie de méchante reine qu'elle s'était autorisée à garder avec elle.
Et elle allait la sacrifier, elle allait accepter d'abandonner une chose qui lui venait de l'amour de sa vie pour tenter de sauver l'autre amour de sa vie, c'était presque poétique.
« Tiens, dit-elle à son mentor avant de lui donner la bague qu'il prit dans sa main, sans faire de commentaire.
Tant mieux.
Elle n'était pas d'humeur à subir ses sarcasmes, pas aujourd'hui, pas alors que…
- Merci. Bon… Ça fait tellement d'années que je n'ai pas utilisé la magie…
- Ne me dis pas que tu as oublié comment on fait, ne put-elle s'empêcher d'ironiser, parce qu'elle avait besoin de quelque chose auquel se raccrocher et que les piques qu'ils se lançaient en permanence étaient la chose la plus stable qu'il lui restait en ce moment.
C'était pathétique, et elle le savait, mais son fils avait disparu.
Ce n'était pas comme si il lui restait vraiment grand-chose.
Il sourit, et elle eut presque l'illusion que rien n'avait changé, qu'ils étaient toujours dans la Forêt Enchantée, le Ténébreux et la méchante reine, complotant ensemble contre leurs ennemis.
Mais ils étaient à Storybrooke désormais, et tout avait irrémédiablement changé.
- Non, ne t'en fais pas pour ça… »
En vérité, ce n'était pas pour ça qu'il était inquiet.
Ce qui lui faisait peur, c'était que ça ne fonctionne pas, qu'ils n'aient pas assez de magie, et qu'ils se retrouvent de retour à la case départ.
Que tout ce qu'ils avaient essayé de faire avait été fait en vain.
Il prit une profonde inspiration.
Storybrooke ou pas, ville créée par magie ou pas, qu'elle en contienne ou pas, ce ne serait probablement pas suffisant pour ouvrir un portail, mais ils devaient au moins essayer de le faire.
Pour Henry.
Il y avait de la magie dans la mine, ça, ils avaient pu s'en rendre compte, et Regina avait vu le cercueil de Blanche-Neige, éternelle preuve du monstre qu'elle avait été et était toujours, le vestige de ce qu'elle avait fait des années plus tôt à son ancienne belle-fille.
Il y en avait eu assez pour ouvrir un portail, c'était certain.
Mais est-ce que ce serait suffisant pour qu'ils puissent le faire eux aussi ?
Rien n'était moins sûr.
Il ferma les yeux, sentant la magie vibrer en lui, et un portail, il devait ouvrir un portail, un portail semblable à celui dans lequel Baelfire était tombé autrefois, il y avait longtemps, oh, si longtemps qu'il avait presque fini par oublier quand c'était réellement oublié.
Il le revoyait encore, l'appelant, et lui lâchant sa main, parce qu'il n'avait pas été assez fort, assez courageux, parce qu'il avait fui encore, parce qu'il avait été lâche, une fois de plus, et c'était un accident.
Aussi, alors qu'il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ouvrir le portail, tout ce à quoi il pouvait penser, c'était son fils, et d'à quel point il était tellement désolé.
Il pensa à son fils et à personne d'autre, à tout ce qu'il avait raté, détruit, gâché, à tout ce qu'il pouvait réparer si jamais on lui donnait une chance de le faire.
(Ce fut sans doute ça qui le perdit.)
Rien ne s'ouvrit, aucun portail, rien du tout.
La magie ne fonctionnait tout bonnement pas, ou du moins pas assez bien, il y en avait, ils le savaient tous les deux, mais ça n'avait pas été suffisant.
Et, alors qu'ils constataient que la bague avait été vidée de toute sa magie sans que rien ne se soit passé, ils échangèrent alors un regard.
« Dragon ? Dit-il avec un air blasé et découragé.
- Dragon, approuva-t-elle en soupirant. »
Ils allaient devoir envoyer Emma Swan affronter un dragon.
Ça allait être simple à mettre en place ça…
(Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que leur sortilège avait bel et bien fonctionné.
Mais pas au bon endroit…)
§§§§
La magie était quelque chose de vraiment étrange.
Même dans le monde sans magie, elle était présente, par petites bribes, par ci par là, même elle pouvait parfois se réveiller, même dans un univers qui était supposé en être dépourvu.
(Ça n'avait pas toujours été le cas, mais ça, la plupart des gens l'ignorait.)
Un portail s'était ouvert à Storybrooke, et bientôt grâce (ou à cause) d'une certaine sorcière et d'un Ténébreux, un autre s'ouvrirait l'espace de quelques secondes.
Et Neal Cassidy allait en faire la douloureuse expérience.
Parce que Rumplestiltskin n'avait pas pensé à la Forêt Enchantée ou même à Henry, non.
Il avait pensé à son fils, et l'improbable s'était produit.
Un portail venait de s'ouvrir, encore.
Mais pas au bon endroit.
À New York.
(C'était ironique tout de même, que Rumplestiltskin soit responsable par deux fois du fait que son fils soit tombé dans un portail vers un autre monde.)
La seule pensée que fut capable de formuler Neal alors qu'un portail s'ouvrait dans son appartement, juste sous ses pieds, et qu'il tombait dedans, fut.
Oh par pitié pas encore.
Et alors qu'il pensait enfin avoir une vie normale, il se retrouva une nouvelle fois dans la Forêt Enchantée, comme autrefois.
Retour à la case départ.
Oups.
§§§§
C'était voué à être un désastre.
Et cela, Regina en avait bien conscience, comment faire pour faire croire en la magie quelqu'un qui n'avait même pas envie de le faire ?
Quelqu'un qui était persuadé de vivre dans un monde rationnel.
Qui ne savait pas qu'elle était en réalité une princesse, qu'elle était la Sauveuse, qu'elle était vouée à être une héroïne, qui ignorait de tout ça, de tout ce qu'elle était, ou de ce qu'elle pouvait être.
Et c'était de sa faute.
Elle ne pouvait pas lui dire qu'il y avait un dragon sous la ville, qu'elle devait l'affronter et que grâce à ça, ils pourraient récupérer suffisamment de magie pour ouvrir un portail et peut-être récupérer Henry.
Henry qui avait disparu depuis un mois entier, et Regina ne s'était jamais sentie aussi désespérée de toute sa vie.
Et pourtant malgré tout le désespoir qui grandissait un peu plus en elle à chaque jour qui passait, elle ne pouvait rien faire contre ça, elle était complètement impuissante, et si c'était sa punition pour les vingt-huit années de la malédiction, hé bien c'était un châtiment bien trouvé et particulièrement cruel.
Elle n'avait pas de temps, et pourtant, elle devait attendre, parce que Emma Swan était incapable de croire en la magie.
Elle allait devoir faire quelque chose, une chose qu'elle ne se serait jamais attendue à faire.
Elle allait devoir gagner la confiance de son ennemie.
Elle allait devoir devenir amie avec Emma Swan.
C'était l'unique choix qu'elle avait après tout.
A suivre…
Chapter 19: Je te détestais.
Notes:
Titre du 05/08/2020 : Je te détestais.
Scorpion : Emma (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Sweeney Todd (Sweeney Todd) : Rasoirs : écrire sur un personnage qui sait manier des lames ou sur un personnage masculin se rasant
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Elle avait déjà commencé à le faire en réalité.
Ça n'avait pas été simple au début, de laisser de côté la haine qu'elle lui inspirait par sa simple présence, par le fait qu'elle était une menace pour la vie qu'elle s'était construite avec Henry, sans oublier le fait qu'elle était la Sauveuse, mais…
Mais Henry avait disparu, et à partir de là, haïr la blonde était soudainement devenu quelque chose de tellement futile qu'elle n'avait pas réussi à continuer de le faire.
Emma n'était pas Blanche-Neige, objectivement, Regina n'avait aucune raison de la détester (en réalité, c'était même plutôt l'inverse parce que Emma avait toutes les raisons du monde de la haïr, sauf qu'elle ne le savait pas), et maintenant qu'elles avaient toutes les deux un but commun, ça compliquait encore plus les choses.
Elle était supposée la détester, c'était comme ça que les choses marchaient, que leur monde fonctionnaient, parce que Regina était la méchante et Emma la gentille, parce qu'elles étaient dans des camps opposés et qu'elles n'étaient pas supposées être alliées d'une quelconque façon.
Sauf que…
Sauf que Regina avait adopté le fils de la Sauveuse, et ça avait tout changé.
Elle se demanda si Rumplestiltskin avait su à l'époque, même sans avoir ses souvenirs, si, comme le rusé crocodile qu'il était, il avait vraiment tout prévu, tout planifié, tout orchestré jusqu'aux moindres détails, au point de lui faire croire que toutes les décisions qu'elle avait jamais prises venaient d'elle alors qu'elles venaient sans doute de lui.
Encore ce sentiment de se faire manipuler comme un pantin, une marionnette dont on tirerait les fils sans même qu'elle s'en rende compte un seul instant.
C'était très désagréable.
Ironiquement, l'idée même de devenir amie avec Emma Swan, alors même que le destin semblait s'y opposer de toutes ses forces, lui semblait être une bonne façon de contrer cette impression qu'elle avait d'avoir perdu le contrôle.
Si elle pouvait au moins faire ça, puis retrouver Henry…
Si seulement elle pouvait y arriver.
Aussi, lorsque l'enfant avait disparu, elles avaient commencé à travailler ensemble, main dans la main.
Et Regina avait essayé de changer ce qu'elle pouvait modifier.
D'arranger ce qui pouvait l'être.
Elle avait mis discrètement Jim sur le chemin de Kathryn (parce que Blanche-Neige et David n'étaient pas les seuls à avoir souffert à cause de la malédiction, ça avait été aussi le cas d'Abigail et de son prince) et elle ne savait pas si ils filaient le parfait amour, mais au moins, ils avaient une chance de se retrouver et de tout recommencer.
Elle avait réuni Ava et Nicholas avec le père dont ils ne se souvenaient pas et elle ne savait pas si cela serait suffisant pour qu'elle se fasse pardonner, mais au moins, là, elle pouvait se dire qu'elle avait essayé de faire les choses bien.
Et c'était quelque chose.
Elle avait fait du mieux qu'elle pouvait, vidant chaque jour son caveau, cœur après cœur, les rendant à leurs propriétaires légitimes quand elle le pouvait (parce que certains de ces cœurs n'étaient pas à elle, mais à sa mère, et oh cela voulait-il dire que ceux qui les avaient perdus étaient encore dans la Forêt Enchantée ? Elle ne savait pas si elle devait être horrifiée pour eux ou soulagée d'avoir une preuve que leur monde existait encore et que Henry avait donc pu y trouver un refuge), réunissant ceux qui avaient été séparés.
Elle avait cessé d'essayer de séparer Mary-Margaret et David, et même si les choses étaient encore compliquées, ils semblaient s'être retrouvés.
Ça lui fit moins mal qu'elle ne l'aurait cru.
(Sans doute parce que maintenant, sa vengeance n'était plus ce qui comptait le plus pour elle, même si elle savait que sa haine pour la brune princesse ne s'éteindrait sans doute jamais complètement.)
Et elle était devenue amie avec Emma.
D'abord elles avaient été alliées, deux mères complètement perdues qui ne pouvaient se raccrocher à rien si ce n'est à l'autre, et à l'espoir d'enfin retrouver leur fils disparu, et puis peu à peu, la rancœur s'était effacée et avait laissé place à autre chose.
Aujourd'hui, Henry avait disparu depuis plus d'un mois, et, en ce début de mois de décembre, Regina Mills pouvait affirmer avec certitude qu'elle était amie avec Emma Swan.
Avant, elle en aurait ri, n'y aurait pas cru.
Maintenant, elle voulait juste retrouver son petit garçon et que sa vie redevienne comme elle l'était autrefois.
Sauf que ça n'arriverait jamais, même si Henry rentrait sain et sauf à la maison, si il avait vraiment été dans la Forêt Enchantée, comme elle le pensait, alors…
Alors ça voudrait dire qu'il avait vu le monde dont ils venaient tous et qu'il saurait qu'il avait raison depuis le début.
Cela, elle le savait depuis longtemps, mais elle ne pouvait s'empêcher d'y songer, parce que cela la terrifiait, la perspective que son fils ne la haïsse encore plus qu'il ne le faisait déjà l'empêchait de dormir.
Mais l'idée même qu'il puisse mourir dans cet autre monde, loin d'elle, sans qu'elle ait pu lui dire à quel point elle était désolée ou combien elle l'aimait, était encore plus effrayante.
Reviens-moi s'il te plaît, l'implorait-elle.
Rentre à la maison s'il te plaît, et ne me déteste pas trop, ou plutôt si tu me détestes, reviens parmi nous quant même je t'en supplie.
Rentre à Storybrooke.
Je veux changer, je suis en train de le faire, j'essaie de ne plus être un monstre, mais reviens-moi je t'en prie.
Ce jour-là, elle et Emma allaient déjeuner ensemble au Granny's, et puisqu'elles n'avaient absolument aucune autre piste au sujet de la disparition de Henry, elles avaient décidé de ne pas en parler.
Peut-être espéraient-elles toutes les deux que si elles n'en discutaient pas, alors ce ne serait plus réel, et que le problème disparaîtrait de lui-même.
Oh, si seulement les choses avaient été aussi simples…
L'ambiance était étrange, après tout, elles n'y étaient pas encore totalement habituées, mais…
Mais Regina le reconnaissait, si Henry avait été là, et qu'ils avaient été tous ensemble, elle aurait été sincèrement heureuse.
(Pourquoi fallait-il que rien de tout cela ne soit réel ?
Pourquoi est-ce que tout ce qu'elle était en train de construire était condamné à s'effondrer un jour comme un château de sable, dès qu'elle apprendrait la vérité sur elle ?
Elle ne savait pas pourquoi cette perspective lui faisait si mal, pourquoi la simple idée qu'Emma puisse à nouveau la regarder avec de la haine dans les yeux lui déchirait le cœur.)
C'était facile en fin de compte d'être simplement Regina Mills dans ce monde et de ne plus être la méchante reine, de ne plus être haïe pour ce qu'elle avait fait, et en un sens, c'était comme si elle redevenait Regina, la princesse innocente qu'elle était encore avant que Daniel ne se fasse tuer sous ses yeux.
Et ce qui était en train de lui arriver lui prouvait que peut-être, celle qu'elle était autrefois et qu'elle pensait morte pour toujours ne l'était pas complètement.
Peut-être.
§§§§
Si quelqu'un avait pu lire dans les pensées de Neal Cassidy à cet instant précis, cette personne serait sans doute tombée sur quelque chose qui pouvait se résumer par :
Oh mais putain c'est pas vrai mais c'est quoi ce bordel ?
Ce qui était un bon résumé de la situation.
Les trucs bizarres, ça, Baelfire en avait l'habitude, il venait de la Forêt Enchantée après tout, et avait vécu dans trois mondes différents, dont deux pourvus de magie.
Il avait vu des ogres, des fées, il avait vu son père devenir immortel et un sorcier et ne plus avoir une apparence humaine, il avait ouvert un portail vers un autre monde grâce à un haricot magique, il avait vu la magie à l'œuvre de nombreuses fois. Il avait été capturé par l'ombre de Peter Pan, il avait rencontré Peter Pan, il était allé au Pays Imaginaire, s'en était échappé, il avait aussi vu des sirènes, il avait été confronté à la sombre magie des lieux, et il avait réussi à en partir en utilisant l'ombre magique de celui qui l'avait amené là-bas.
Bref…
Les machins magiques ça le connaissait, et il n'aimait vraiment pas ça, c'était pourquoi il était heureux de vivre dans le monde sans magie, au moins là-bas, pas de magie, pas de sorciers, pas de risque de se faire attaquer par une créature bizarre, rien que du normal et du rationnel.
Enfin ça, c'était ce qu'il croyait avant, jusqu'à maintenant, ça ne s'était jamais démenti, et puis…
Et puis ce fichu portail s'était ouvert de nulle part et il était tombé dedans, évidemment.
Et merde.
Ça ne pouvait arriver qu'à lui ce genre de chose, bien entendu, de toutes les milliards de personnes vivant dans le monde sans magie, ou même de tous les millions d'habitants de New York, il fallait que ce soit dans son appartement que ce maudit portail s'ouvre.
D'ailleurs, comment se faisait-il qu'un putain de portail magique se soit ouvert chez lui ?
Il vivait dans le monde sans magie, merde quoi !
Est-ce que l'univers avait décidé de lui pourrir la vie à lui personnellement ?
Ce n'était pas vraiment le genre de chose qui était censée arriver.
Et pourtant il était là, dans la Forêt Enchantée, de retour de deux cent ans en arrière, comme si rien ne s'était passé, comme si il n'était jamais parti.
(Et en un sens, c'était presque le cas.
D'une certaine manière, il était toujours le jeune garçon de quatorze ans à qui son père avait fait une promesse, qui l'avait brisée et qui lui avait appris ce qu'était la trahison.
Ce n'était pas une sensation très agréable.)
Parce que lorsqu'il était tombé, il avait pensé à ce monde, bien sûr, c'était celui où il était né, où il avait grandi, et quitte à devoir choisir entre deux maux (parce que bien sûr il n'avait pas pu choisir un autre endroit du monde sans magie, non, ce n'était pas comme ça que ça marchait les portails), il avait choisi le moins pire et clairement il préférait ce monde au Pays Imaginaire.
Ce qui ne réglait pas son problème, à savoir qu'il n'avait pas la moindre idée de comment rentrer chez lui, il était dans la Forêt Enchantée, il n'avait pas de pouvoirs, et aux dernières nouvelles, il n'y avait plus le moindre haricot magique.
Super…
Lui qui pensait qu'il n'aurait plus jamais à revivre de changement involontaire d'un monde à l'autre de toute sa vie, il s'était bien trompé.
Il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps, puisque, quelques minutes après son arrivée, il sentit une douleur profonde à la tête l'envahir, signe qu'un objet contondant était rentré en contact avec son crâne d'une manière brutale (une pierre probablement) et il perdit connaissance peu de temps après.
Bien trop perdu dans ses pensées et son incompréhension, ainsi que dans le bordel qu'était devenu sa propre tête, il ne s'était pas rendu compte qu'il n'était plus seul.
Alors qu'il s'écroulait, un sourire apparut sur le visage de celui qui venait de l'assommer.
Il ne savait pas de qui il s'agissait, mais il venait tout juste de surgir d'un portail, et était habillé étrangement, alors avec un peu de chance, il était la clef du passage de la Forêt Enchantée vers le monde sans magie, vers cette étrange ville nommée Storybrooke.
Vers le crocodile.
Vers sa vengeance.
Oh, il avait hâte d'enfin réussir à partir de là et d'enfoncer son crochet dans le cœur de son vieil ennemi.
(Ce qu'il ne savait pas encore, c'est que les choses allaient s'avérer être bien plus compliquées que prévues.)
A suivre…
Chapter 20: L'autre monde.
Notes:
Titre du 30/09/2021 : L'autre monde
Vierge : Killian Jones (OUAT)
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de … certaines membres du discord (part 2) : Black Angelis : Écrire sur une relation incestueuse ou écrire sur une reine
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Cora ne daigna même pas essayer de paraître impressionnée lorsqu'il lui ramena son prisonnier.
D'un autre côté, c'était Cora, une femme glaciale et perpétuellement imperturbable qu'il n'arrivait pas à cerner la moitié du temps depuis qu'il la connaissait.
Alors il ne fut pas vraiment surpris de son manque de réaction.
« Puis-je savoir ce que vous fabriquez, capitaine ? Lui demanda-t-elle en haussa un sourcil surpris.
Après tout, ils tentaient le plus possible de rester discrets et essayaient de ne pas se faire repérer (ils étaient le capitaine Crochet et la reine de cœur, leurs réputations les précédaient, même si cela faisait des années qu'on n'avait pas entendu parler d'eux dans la Forêt Enchantée), leur but commun était d'aller dans le monde sans magie et à Storybrooke, pas de se faire arrêter.
Pourtant, malgré tout, il avait kidnappé quelqu'un, ce qui piqua sa curiosité.
Et puis de toute façon, ce n'était pas comme si ils arrivaient à grand-chose ces derniers temps, un peu de distraction ne lui ferait pas de mal.
- J'ai pensé qu'il pourrait nous être utile, lui rétorqua alors le pirate.
Elle ne s'en trouva pas vraiment plus avancée et le fixa avec un air d'interrogation sur le visage, ne perdant pas son air royal habituel.
- Et de quelle manière exactement ?
Un sourire apparut sur le visage de Killian Jones.
- Vous ne remarquez rien d'étrange chez lui ?
Elle jeta un rapide coup d'œil à l'inconnu.
- Il est inconscient. Que suis-je censée voir d'autre ?
- Ses vêtements indiquent qu'il n'est pas d'ici.
La souveraine du Pays des Merveilles l'examina à nouveau et put le constater elle-même.
- Effectivement. Et ?
Le brun croisa les bras, le même sourire énigmatique sur le visage.
- Si je l'ai assommé et ramené ici, ce n'est pas pour rien, ou par hasard. C'est parce qu'il vient d'un autre monde.
- Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ? L'interrogea-t-elle, toujours aussi perplexe.
- Oh, je ne sais pas, ironisa-t-il, le fait qu'il a surgi tout droit d'un portail avant que ce dernier ne se referme peut-être ?
Une lueur de compréhension et d'intérêt apparut alors dans les yeux de la rousse.
- Un portail, dites-vous ? Vous en êtes sûr ?
- Certain. J'ai vu le portail s'ouvrir, cet homme en est sorti, et quelques secondes après, le portail s'est refermé.
- Oh. Voilà qui est ma foi fort intéressant. À votre avis, d'où vient-il ?
- Aucune idée, mais comme je vous l'ai fait remarquer, ses habits semblent démontrer qu'il ne vient pas du Pays Imaginaire, ou du Pays des merveilles, donc il vient probablement du monde sans magie.
- Est-ce que vous avez essayé d'en savoir plus avant de l'assommer ?
Killian haussa les épaules sans avoir une seule seconde l'air désolé.
- Non. J'ai préféré ne pas prendre de risques.
Cora soupira.
- Pourquoi le monde sans magie spécifiquement ? Il n'y a, comme son nom l'indique clairement, pas de magie là-bas, au cas où vous l'auriez oublié.
- Je m'en souviens très bien, je vous rappelle que comme vous, je n'ai pas été maudit. Mais dans le monde sans magie, il y a Storybrooke, peut-être qu'il y a de la magie là-bas, assez pour ouvrir un portail jusqu'ici. Peut-être qu'il…
Le regard de la mère de Regina se mit alors à briller quand elle comprit où il voulait en venir.
- Peut-être qu'il venait de cette ville, compléta-t-elle.
- Et on ne sait toujours pas si la malédiction a été brisée ou non, ou si la magie est de retour. Si jamais c'est le cas…
Elle ne manqua pas la manière dont une grimace apparut sur le visage du pirate alors qu'il faisait cette hypothèse, et elle savait très bien pourquoi.
À cause de la probabilité que Rumplestiltskin ait récupéré ses souvenirs et ses pouvoirs, et qu'il soit à nouveau immortel, ce qui rendait toute tentative de le tuer impossible, à moins de réussir à le faire sortir de la ville ou bien d'utiliser sa dague contre lui.
Et puisqu'aux dernières nouvelles, le pirate n'avait pas envie de devenir le prochain Ténébreux, ça rendait les choses beaucoup plus difficiles.
Quant à elle, elle ne disait pas non à devenir la Ténébreuse, alors peut-être qu'ils pourraient s'arranger de cette manière…
Mais il n'était pas encore temps de penser à cela, d'abord, ils devaient trouver un moyen de partir de la Forêt Enchantée et d'aller à Storybrooke, pour que Crochet puisse se débarrasser de son crocodile et qu'elle retrouve enfin sa fille, après vingt-huit ans de séparation, et après…
Hé bien, ils verraient ce qu'il en serait à ce moment-là.
- Nous n'en sommes pas encore là, dit-elle, pour le moment, nous devons essayer d'ouvrir un portail. Et votre prisonnier nous apportera peut-être la réponse, ajouta-t-elle en regardant à nouveau l'inconnu. Bien, mettez-le en cellule, nous verrons bien ce que nous ferons quand il se réveillera. »
Le pirate acquiesça et obtempéra.
§§§§§
Présentement, Neal Cassidy passait une très mauvaise journée.
Oui, ce n'était pas la première fois, et encore moins la dernière fois que ça arrivait, et au vu de sa très longue vie, ce n'était sans doute pas la pire journée qu'il avait vécue de toute son existence.
Mais très honnêtement, si il prenait uniquement en compte sa vie dans le monde sans magie depuis son départ du Pays Imaginaire, cette journée entrait très clairement dans son top dix de ses pires journées.
(Probablement à égalité avec celle où il avait décidé d'écouter August et d'envoyer Emma en prison, mais pour des raisons différentes, parce que ce jour-là, ça avait été sa décision, son choix, sa responsabilité.
Cette fois-ci, c'était juste la faute à pas de chance.
Enfin ça c'était ce qu'il croyait.
Si il avait su que c'était encore une fois la faute de son père, même si c'était involontaire, sans doute aurait-il encore plus haï cette journée.)
Enfin la manière dont celle-ci avait commencé avait été tout à fait normal tout d'abord, jusqu'à ce qu'à un moment de la matinée, un portail ne s'ouvre au beau milieu de son appartement.
Un portail oui.
À New York.
Dans le monde sans magie.
…
Pourquoi ?
Pourquoi fallait-il que ça recommence ?
Pourquoi fallait-il que ça lui arrive à nouveau à lui ?
Vraiment, qu'est-ce qu'il avait fait à l'univers pour mériter de subir ça pour la troisième putain de fois ?
D'abord le portail avec son père, puis l'ombre de Peter Pan à Londres, et maintenant…
Ça.
Et bien sûr, bien sûr, il avait fallu qu'il soit juste à côté du portail en question et non pas à plusieurs mètres, loin et en sécurité, ce qui faisait qu'il n'avait pu que tomber dedans parce que…
Et merde.
En tombant, alors qu'il réalisait qu'il allait bientôt à nouveau changer de monde, il avait pensé à la Forêt Enchantée, immédiatement, plutôt qu'à l'autre seul monde qu'il connaissait.
Tout sauf le Pays Imaginaire.
Il était hors de question qu'il retourne là-bas, plus ça, plus jamais, quitte à retourner quelque part, autant que ce soit dans un endroit où il s'était senti à la maison pendant plusieurs années (et pas plusieurs mois, avant qu'un certain pirate ne révèle son vrai visage, ne le trahisse et ne l'abandonne à un monstre) et où il ne risquait pas de croiser des gens qu'il détestait.
Et puis juste après, alors qu'il venait à peine de reprendre ses esprits, il s'était fait assommer par un inconnu sans comprendre ce qu'il lui arrivait.
Ouais…
C'était vraiment une journée pourrie.
§§§§
Quand il se réveilla, plusieurs heures plus tard, c'était l'après-midi et il se trouvait dans une cellule.
Est-ce que chaque voyage dans un autre monde devait s'avérer être une pire destination que la précédente ?
En arrivant à Londres il avait atterri dans les rues de la ville, puis au Pays Imaginaire il était tombé à l'eau avant d'être repêché sur le Jolly Roger, et cette fois, il arrivait directement dans une prison.
Il n'était pas vraiment pressé de savoir comment ça se passerait la prochaine fois honnêtement.
Il se releva et, alors qu'il entendait des bruits de pas, il se figea.
Il n'aurait pas dû être surpris, malgré la malédiction, il devait bien y avoir encore quelques personnes dans la Forêt Enchantée, et il avait été assommé par quelqu'un, alors ça voulait dire qu'il était tout sauf seul.
Ça aurait été un soulagement si il n'avait pas été assommé et enfermé par il ne savait pas qui.
Neal se retourna, et son cœur rata un battement alors que tout son corps demeurait tétanisé et figé par la surprise.
Parce que, si il ne reconnut aucunement la femme rousse qui se trouvait désormais devant lui, il sut instantanément qui était l'homme à côté d'elle.
Killian Jones.
Le capitaine Crochet.
Il était vraiment maudit jusqu'au bout, c'est ça ?
Et soudainement, Baelfire faillit éclater d'un rire tordu et hystérique, parce que franchement c'était bien sa veine ça, il était retourné dans la Forêt Enchantée pour justement ne plus jamais avoir à croiser ce foutu salopard de toute sa vie, et voilà que l'une des premières personnes qu'il rencontrait était celui qu'il ne voulait plus jamais revoir ?
Son rire mourut aussitôt dans sa gorge quand il croisa le regard de la femme, il y avait quelque chose de tellement froid en elle qu'il…
« Qu'est-ce que je fais ici ? Demanda-t-il.
Il ne les salua même pas, n'en ayant rien à faire d'être poli ou non après tout ils l'avaient assommé et bordel ce n'était pas comme ça qu'il avait imaginé ses potentielles retrouvailles avec Crochet, en fait il ne l'avait même pas fait, mais si ça avait été le cas, il n'aurait définitivement pas pensé à ça.
- Ça c'est une très bonne question à laquelle je n'ai malheureusement pas la réponse. Je suis Cora. Et vous ?
- Neal Cassidy. Je vais être plus spécifique dans ce cas-là concernant ma question. Qu'est-ce que je fais ici dans cette cellule ?
Cora sourit, mais c'était un sourire froid, calculateur, sans la moindre chaleur, et qui lui rappela beaucoup les sourires de son père, lorsque celui-ci était en mode Ténébreux terrifiant, et encore, il y avait au moins un peu d'amusement dans ses sourires, ici, rien du tout.
- C'est une chose que je traiterai plus tard. Avant j'ai quelques questions à vous poser.
Lui aussi il en avait.
Où était-il dans la Forêt Enchantée, qui était-elle (il avait disparu de la Forêt Enchantée durant près de deux cents ans, impossible de savoir qui était cette femme puisqu'il ne connaissait que son prénom), y avait-il d'autres gens ?
Est-ce que Emma avait brisé la malédiction, est-ce que ces gens savaient quelque chose à ce sujet ?
(Son cœur se serra à nouveau alors qu'il pensait à elle parce qu'il savait très bien qu'il n'avait aucune chance de se faire pardonner par elle après tout ce qu'il avait fait.)
- Bien, ironisa-t-il, si je comprends bien, je n'ai pas mon mot à dire.
C'était étrange et perturbant de sentir le regard du pirate se poser sur lui, après toutes ces années sans le voir, et il devait mobiliser tout son self-contrôle pour maîtriser son envie de le frapper, de lui hurler dessus, ou de lui dire qui il était vraiment.
Puisqu'il n'avait eu aucune réaction en le voyant, et n'avait rien dit à ce sujet, il n'avait probablement pas dû le reconnaître, et ça lui allait très bien comme ça.
- Savez-vous où vous êtes, monsieur Cassidy ? Lui demanda alors Cora.
- Dans une cellule ? Dit-il avec un ton sarcastique clairement visible.
Si Cora leva les yeux au ciel, un sourire apparut sur le visage de Killian, et bon sang ça faisait mal, ça faisait mal de devoir prétendre qu'il n'était pas en colère contre lui, ça faisait mal de devoir faire comme si il ne le connaissait pas.
Il serra les poings.
Il pouvait le faire, il pouvait dépasser ça, il pouvait réussir à garder son calme.
- Effectivement. Mais surtout, vous êtes dans la Forêt Enchantée.
Il décida de faire comme si il n'était au courant de rien, et éclata de rire, essayant d'être le plus naturel et convaincant possible.
- La… La quoi ? La… Forêt Enchantée ? Vous pensez être qui alors, la fée Clochette ?
- Je suis la reine de Cœur, lui rétorqua alors Cora avec tout le sérieux du monde, et le sourire de Neal s'effaça immédiatement.
Oh.
Oh alors ça, c'était pas bon, pas bon du tout, parce que si elle était telle qu'elle était dans sa version Disney, alors…
Qu'on lui coupe la tête.
Et il tenait à la sienne, et à la garder rattachée à son corps, merci bien.
- Où est votre couronne dans ce cas-là ? Ne put-il s'empêcher de demander, et Crochet lui envoya un regard dérouté l'air de dire « mec qu'est-ce que tu veux au juste, mourir ? » et Neal essaya de ne pas en tenir compte.
Cora soupira.
- Disons que ici je ne suis plus la reine de quoi que ce soit, et depuis que ma fille a lancé la malédiction, les choses ont… quelque peu changé.
Minute…
La méchante reine, Regina, celle dont lui avait parlé August, celle qui avait lancé le Sort Noir, poussée en cela par Rumplestiltskin, c'était… c'était sa fille ?
Oh.
Ça expliquait pas mal de choses et si Cora était au moins à moitié aussi épouvantable que l'était Regina d'après ce que Pinocchio lui avait dit alors…
Alors il était foutu.
Entre elle et Crochet, il avait du mal à savoir comment il allait bien pouvoir s'en sortir vivant.
Puis il se souvint soudainement qu'il était supposé faire comme si il n'y connaissait rien en magie.
- Comment ça une malédiction ?
Le sourire de Cora se fit amusé cette fois-ci.
- Vous êtes doué pour jouer les idiots, mais ça ne marche pas avec moi. Vous venez du monde sans magie pas vrai ?
- Euh… Aux dernières nouvelles il n'y a pas de magie à New York donc je suppose que oui.
Ça devait être la réponse qu'elle voulait entendre parce que son sourire se fit victorieux et un sourire semblable apparut sur le visage de Crochet.
Mais pourquoi est-ce que…
Oh.
Oh.
Évidemment.
Storybrooke, ils voulaient un moyen de se rendre là-bas et officiellement la ville de contes de fées était dans le monde sans magie, donc ça signifiait qu'il était presque impossible de s'y rendre, sauf que…
Il avait franchi un portail.
Un portail venant du monde sans magie, un portail qui n'était pas censé exister et qui n'avait donc aucune logique d'existence puisqu'il…
Dans quel pétrin s'était-il fourré exactement ?
Il ne connaissait pas les motivations de Cora, mais elles ne lui disaient rien qui vaille, quant à celles de Killian, il les connaissait depuis presque deux cents ans.
Tuer son père et il était hors de question qu'il réussisse dans cette tâche, il se le promettait.
- Parfait. Comment êtes-vous venu ici dans ce cas-là ?
- Je ne sais pas.
Ce n'était même pas vraiment un mensonge puisqu'il n'avait aucune idée de comment le portail avait bien pu s'ouvrir.
- Vous avez franchi un portail, dit alors Crochet, intervenant pour la première fois depuis le début de la conversation, j'étais là, je vous ai vu.
Alors c'était lui qui l'avait assommé, réalisa-t-il soudainement.
Bien, une autre raison de le détester, comme si il en avait réellement besoin.
- Je n'ai aucune idée de ce dont vous parlez, prétendit-il.
- Bien, puisque vous ne voulez pas coopérer, nous verrons si quelques heures de plus dans cette cellule vous feront changer d'avis.
Il faillit éclater à nouveau de rire, il était resté prisonnier pendant des siècles au Pays Imaginaire, ce n'était pas ça qui lui faisait peur, et il haussa les épaules.
- Comme vous voulez. »
Elle partit et Crochet le fixa pendant encore quelques secondes.
« Vous devriez éviter de la contrarier, lui conseilla-t-il, elle peut être redoutable quand elle le veut.
- Je tâcherai de m'en souvenir, lâcha Neal d'un ton sec avant de croiser malgré lui le regard de l'ennemi de son père. »
Et cette fois, il ne put dissimuler toute la haine, la rage et la colère qui l'habitaient, malgré tous ses efforts, et Crochet ne comprit pas d'où venait toute cette fureur.
Peut-être n'était-elle pas dirigée contre lui personnellement mais contre sa situation, essaya-t-il de se convaincre, alors qu'il quittait la pièce.
Bizarrement, il avait du mal à y croire.
A suivre…
Chapter 21: Un peu de liberté ?
Notes:
Titre du 10/02/2022 : Un peu de liberté ?
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects du Magicien d'Oz (tome 1) : Dorothy Gale : Écrire sur un personnage ayant un animal de compagnie ou sur un voyage entre les mondes
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
La Forêt Enchantée ne lui avait absolument pas manqué.
Surtout vu les circonstances dans lesquelles il y retournait.
Passer d'un monde à l'autre n'avait déjà pas été une partie de plaisir en soi (même si il était tout de même mieux préparé que les deux dernières fois, parce que maintenant il était adulte) mais être forcé d'y retourner en prime, alors que son premier voyage entre les mondes avait été pour en partir, ça rendait les choses encore pires qu'elles ne l'étaient déjà.
Ça aurait été suffisamment pénible de seulement rentrer chez lui, ce qui avait été sa maison il y avait longtemps, oh, si longtemps que tous ceux qu'il avait connus étaient morts et que tout ce qu'il avait connu était devenu poussière, mais se faire assommer puis enfermer par Killian Jones ?
Ouais l'univers le détestait, il n'y avait pas d'autre explication valable.
En plus, il n'aimait pas trop la manière dont l'histoire s'amusait à se répéter et à le narguer, parce que bien sûr il avait fallu que de toutes les personnes de la putain de Forêt Enchantée, il tombe forcément sur l'homme qui voulait à tout prix tuer son père.
Autrefois, le pirate l'avait abandonné, livré à Peter Pan, c'était de sa faute si il s'était retrouvé enfermé sur cette île maudite pendant si longtemps, et maintenant…
Maintenant, il était à nouveau le prisonnier de quelqu'un, et c'était encore une fois à cause de lui.
À croire que certaines choses ne changeaient jamais vraiment.
Tu ne changeras jamais parce qu'en fin de compte, tu es exactement comme lui !
Le souvenir remonta à la surface, toujours aussi désagréable qu'à l'époque, et si avant il pouvait le repousser le plus loin possible au fond de sa mémoire, en se disant qu'il n'avait pas à penser à lui, parce qu'il était enfin sorti de sa vie, pour toujours, maintenant, ce n'était plus le cas.
Parce qu'il était là, qu'ils étaient dans le même monde, à deux pas l'un de l'autre et…
Et il ne pouvait plus faire comme si il n'existait pas, comme si son passé n'était jamais arrivé, et lui qui faisait absolument tout ce qui était en son pouvoir pour oublier ce qu'il avait vécu (sans grand succès malheureusement) voilà qu'il était d'un seul coup obligé de se souvenir.
(Alors que les victimes de la malédiction voulaient à tout prix se rappeler de qui elles étaient vraiment, ne put-il s'empêcher de songer avec une certaine ironie.)
Il pensait encore ce qu'il lui avait dit à l'époque, et apparemment, au vue de son alliance avec Cora, si la rousse était bien aussi dangereuse et maléfique qu'il le croyait, alors ça devait signifier qu'il n'avait pas eu complètement tort à ce sujet.
D'une certaine manière, c'était encore pire qu'au Pays Imaginaire.
Parce que au moins, là-bas, il avait fini par s'évader, par s'enfuir, par partir, et les seules personnes dont il avait eu à souffrir la présence durant son emprisonnement étaient Peter Pan, Félix et les autres enfants perdus. Et il les détestait, bien sûr, mais clairement pas d'une haine aussi viscérale que celle qu'il ressentait actuellement à l'encontre du capitaine Crochet.
Et aujourd'hui, c'était lui son geôlier et sa haine revenait de plus belle, comme autrefois, et penser au pirate, c'était penser à sa mère et au fait qu'elle l'avait abandonné, puis à son père qui avait fait de même, et…
Et ainsi de suite…
Alors non, le fait qu'il soit là n'était vraiment pas une bonne chose.
Il était habitué à la solitude, au fait d'être un prisonnier, mais sa simple présence lui donnait le sentiment d'être complètement impuissant, d'avoir à nouveau quatorze ans et d'être l'enfant perdu qu'il avait juré de ne plus jamais être.
Il soupira.
Ça risquait d'être vraiment très long…
§§§§
En fait non.
Ce n'était pas juste pire que ce qui était arrivé au Pays Imaginaire.
Ça l'était mille fois plus.
Au Pays Imaginaire, le temps ne passait pas, alors au moins, en partant, il avait eu droit à une seconde chance, il avait pu recommencer une nouvelle vie en ayant toujours quatorze ans, même si il avait perdu en chemin ceux qui avaient été sa famille durant un moment, les Darling.
Ici, dans la Forêt Enchantée, si il restait emprisonné là durant des années…
Il ne voulait pas songer à cette opportunité en fait.
C'était pour ça que, comme la dernière fois qu'il s'était retrouvé prisonnier, il ferait tout pour s'évader le plus vite possible.
Il était hors de question qu'il reste coincé ici, piégé dans cette prison et dans ce passé qu'il ne cessait de fuir depuis qu'il avait décidé qu'il n'était plus Baelfire.
Il était Neal Cassidy, habitant de New York, vivant dans le monde sans magie.
Et il refusait que ça change.
(Si seulement il avait su que sa vie avait basculé pour toujours dès l'instant où il avait franchi ce portail.)
§§§§
Il y avait quelque chose de bizarre avec le prisonnier.
Cela, Killian aurait pu le parier, voire en mettre sa main au feu (celle qu'il lui restait en tout cas, une preuve du fait qu'il était sûr de ce qu'il avançait), et ce n'était pas seulement dû au fait qu'il venait du monde sans magie, qui aurait déjà été en soit un signe du fait qu'il était étrange, mais…
Non, il y avait définitivement autre chose.
« Je crois qu'il nous ment, confia-t-il à Cora le lendemain de l'arrivée de Neal Cassidy.
- Ça me semble évident oui, lui rétorqua la sorcière. Mais à quel sujet exactement à votre avis ?
Le pirate haussa les épaules.
C'était plutôt difficile à déterminer, mais il avait le sentiment qu'il y avait quelque chose d'anormal avec lui, et il ne parlait pas de son arrivée improbable par portail magique, c'était comme si…
- Je ne pense pas qu'il nous dise la vérité quand il prétend ne rien savoir de la Forêt Enchantée. Il n'avait pas l'air plus étonné que cela en apprenant l'existence de la magie.
- Sans doute parce qu'il savait déjà qu'elle était réelle, fit alors Cora, ne semblant pas plus étonnée que cela.
Le pirate fronça les sourcils.
- Vous pensez qu'il ment en nous disant qu'il vient du monde sans magie ?
Ça aurait été une sacrée déception, et un bon an arrière aussi.
- J'en doute, je pense plutôt que ce n'est pas la première fois qu'il passe d'un monde à l'autre. C'est pour cela que nous devons tout faire pour qu'il nous donne les réponses dont nous avons besoin sur ce monde que nous connaissons si mal.
- Vous croyez qu'il les a ces réponses ? Sur Storybrooke je veux dire.
Cora avait désormais un air pensif.
- Peut-être, peut-être pas. Je veux seulement savoir comment aller dans le monde sans magie et me rendre à Storybrooke. Rien de plus. »
Le pirate ne put se débarrasser de cette étrange impression, un peu comme si…
Non seulement cet inconnu n'avait pas l'air plus que ça dépaysé par le fait d'être dans un nouveau monde, mais surtout…
Il y avait la manière dont il le regardait.
Cette haine, cette colère, cette rage dans le regard qu'il n'arrivait pas à cacher, là où il n'affichait que de la méfiance et de la peur quand il voyait Cora, alors que lui, c'était autre chose, c'était…
Il avait l'impression de se voir lui-même face à Rumplestiltskin, et puisqu'ils ne se connaissaient pas, qu'il ne lui avait encore rien fait, enfin rien de plus que ce qu'avait fait Cora, il n'avait absolument aucune raison valable de le détester autant.
Donc a priori il le connaissait.
Donc il venait peut-être effectivement bel et bien du monde sans magie mais il en était probablement sorti à un moment donné pour aller dans la Forêt Enchantée ou le Pays Imaginaire.
Donc il avait menti.
Rien d'étonnant à cela, il passait probablement son temps à mentir depuis qu'ils se connaissaient (ah ah, quelle ironie qu'en réalité ça ait été lui le menteur au tout début, alors que Neal s'appelait encore Baelfire et qu'il n'était qu'un enfant), qu'il ait aussi dissimulé la vérité à ce sujet ne le surprenait donc pas.
Mais alors dans ce cas-là, si il avait raison, si ils se connaissaient, si ils s'étaient rencontrés par le passé (avant la malédiction donc, ce qui sans magie aurait été impossible ou improbable vu leurs âges respectifs actuels mais si il était passé par le Pays Imaginaire, ça devenait tout de suite plus probable), si il l'avait croisé dans des circonstances qu'il avait oubliées (parce que deux cents ans d'existence c'est long mine de rien), alors dans ce cas-là…
Qui était-il au juste ?
Et surtout…
Qu'est-ce qu'il avait bien pu lui faire pour qu'il déteste autant ?
§§§§
Il n'avait jamais eu autant envie de sa vie de rentrer chez lui.
Vraiment, et dire qu'il avait cru que le pire qui lui était arrivé ces dix dernières années, ça avait été les deux visites d'August Booth, ou plutôt Pinocchio.
Il avait été bien naïf…
Et idiot aussi, de penser qu'il lui suffirait de s'éloigner d'Emma pour ne plus avoir à entendre parler de son père, de la magie ou du monde dans lequel il était né et avait grandi, et voilà qu'il s'y retrouvait à nouveau sans l'avoir demandé.
On faisait difficilement mieux niveau retour de karma dans la gueule, et il ne put s'empêcher de se dire que quelque part, il l'avait mérité, pour ce qu'il avait fait à Emma, pour l'avoir envoyée en prison, pour avoir été assez stupide pour écouter August et suivre son idée alors qu'elle…
Qu'elle ne méritait aucunement cela.
Si seulement il n'avait pas été aussi lâche, si seulement il avait su faire le bon choix, peut-être qu'il…
Il secoua la tête, ce n'était pas le moment d'avoir des regrets ou de s'apitoyer sur son sort, surtout dans ces circonstances.
Peut-être qu'il aurait dû comprendre comment les choses allaient tourner lorsqu'il avait revu August pour la seconde fois, à croire que c'était lui le responsable.
De toute manière, il ne reverrait probablement jamais Emma de toute sa vie, et puisqu'elle n'avait aucune raison de le pardonner, elle ne tenterait de toute évidence pas de le retrouver, et comme il ne comptait pas aller à Storybrooke, ne souhaitant pas revoir son père, il ne la reverrait plus non plus.
Si il avait su quel immense doigt d'honneur le destin n'allait pas tarder à lui adresser, il aurait compris alors que le pire était encore loin d'être derrière lui.
§§§§
Au final, ça avait été plutôt facile.
Cela faisait certes des années qu'il n'avait pas eu à utiliser ses talents de voleur (ou de pirate, et repenser à qui lui avait appris ça ne rendait les choses qu'encore pire maintenant qu'il était dans le même monde que lui) pour s'introduire quelque part ou dans son cas, en sortir, mais il n'avait rien oublié.
Bien entendu, la sorcière et le pirate ne savaient aucunement qu'il était capable de crocheter une serrure, il lui avait donc suffi d'attendre un peu qu'ils aient des affaires à régler ailleurs avant d'essayer de s'échapper.
Quand il y était parvenu, il avait filé le plus rapidement possible en essayant de ne pas se perdre et de trouver un endroit où il pourrait se réfugier et où si possible, il y aurait des gens autres qu'une reine de cœur probablement psychopathe et un pirate sanguinaire.
Et puis après, il n'aurait plus qu'à trouver un moyen de retourner chez lui, dans le monde sans magie.
Un jeu d'enfant…
Non ?
A suivre…
Chapter 22: Rentrer à la maison (retrouver un chemin qui n'existe plus).
Notes:
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
H : Henry Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
44) 50 nuances de OUAT
5 défis fusionnés (horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, 50 nuances)
Chapter Text
La cellule était vide.
Bon, d'accord, aucun d'eux deux ne s'attendait réellement à ce que leur prisonnier reste tranquillement sur place dans sa cellule sans essayer de s'échapper, mais qu'il parvienne à en sortir aussi rapidement en revanche, ça, ce n'était pas prévu.
Cora ne fit que hausser un sourcil surpris en découvrant la pièce sans son occupant, là où Killian se serait attendu à voir la colère s'emparer d'elle.
Pourtant, elle resta parfaitement calme.
« Ma foi, voilà qui est plutôt… inattendu, se contenta-t-elle de commenter.
- Vous n'avez pas l'air plus surprise que cela, lui fit remarquer le pirate.
La rousse se mit à sourire.
- Non, en effet… Enfin je ne pensais pas que ça arriverait, mais à vrai dire, je pensais à cette éventualité. Seulement pas aussi tôt.
- Vous n'aviez pas jeté de sortilège pour l'empêcher de s'évader ?
Quand la sorcière secoua la tête, il ne put que s'en étonner, c'était une magicienne puissante et intelligente, elle avait été l'élève de Rumplestiltskin, comment aurait-elle bien pu oublier une chose pareille dans de telles circonstances ?
- Non, ça ne m'a pas semblé nécessaire. Même si il nous ment clairement sur certaines choses, il est aussi sûr et certain qu'il n'a aucune idée de comment le portail fonctionne et puisqu'il n'a pas la moindre envie de rester dans ce monde de toute évidence, ce n'est pas lui qui l'a ouvert.
- Alors quoi c'était seulement… un accident ?
- Sans doute, et à moins qu'il ne se reproduise dans les jours à venir, ce dont je doute, je pense que nous ne tirerons rien de cette piste.
Elle était partie examiner l'endroit où le portail s'était ouvert le jour où c'était arrivé, bien entendu, et bien évidemment, elle n'y avait absolument rien trouvé.
- Donc… vous l'avez juste laissé partir ?
Le regard qu'elle lui lança était froid, glacial et terrifiant et il regretta d'avoir posé la question.
- Pas tout à fait. Vous vous rappelez qui se trouve dans la Forêt Enchantée ?
- Vous voulez dire à part nous ? Pas grand-monde, étant donné le fait que votre très chère fille a probablement dû expédier approximativement 95 % de la population vivant ici à Storybrooke.
- Exactement, l'approuva-t-elle. Ce monde, ou du moins ses environs proches, est dévasté, il n'y a presque plus rien à part des ogres, nous, quelques personnes isolées par ci par là, ou…
- Ou quoi ? Demanda-t-il avant de comprendre. Oh. Le camp.
- Oui, c'est ça. Le camp.
Le camp qui se trouvait non loin du château de Blanche-Neige et de son époux, là où vivaient la plupart des gens qui avaient été épargnés par le sort noir grâce au sortilège lancé par Cora.
Jamais ils ne s'en étaient préoccupés auparavant depuis leur lent réveil, depuis qu'Emma était arrivée à Storybrooke, mais maintenant, le pirate commençait à comprendre où elle voulait en venir.
- Vous voulez le laisser aller au camp.
Il n'y avait probablement rien là-bas, mais…
- Avec un peu de chance, il arrivera à trouver son chemin jusque là-bas. Vous et moi nous n'avons encore rien trouvé qui pourrait nous aider à trouver un moyen de nous rendre à Storybrooke. Mais peut-être que là-bas il y aura quelque chose, on ne sait jamais.
(Après tout, c'était bien dans cet endroit que le portail que Henry avait franchi avait été ouvert, et peut-être qu'une part d'elle-même le savait, avant senti la magie être activée même en étant à plusieurs kilomètres de là.)
- Je vois… Et vous comptez vous y prendre comment ? Je vous rappelle que nos deux réputations nous précèdent tous les deux, je doute que nous puissions réellement nous y rendre comme ça sans que cela ne pose de problèmes.
Un sourire apparut sur le visage de la reine de cœur.
- J'ai un plan. »
§§§§
Si il avait dû ne citer qu'une seule raison pour affirmer qu'il avait envie de partir de la Forêt Enchantée pour retourner directement dans le monde sans magie, Neal Cassidy aurait sans aucun doute évoqué le fait que le monde moderne où il vivait désormais était quant même bien plus pratique.
Il y avait bien sûr de nombreux exemples qui pouvaient facilement le démontrer, mais le premier qui lui venait à l'esprit là tout de suite c'était tout simplement…
Les moyens de transport…
Ici bien sûr, pas de voiture, de vélo, de métro, de bus, de train, d'avion, rien de tout ça, quoi que ce soit qui pourrait lui permettre d'aller plus ou moins vite, non, lui, il n'avait que ses pieds.
Vraiment, il avait fini par oublier à force à quel point c'était compliqué d'aller d'un endroit à l'autre dans ce monde quand on avait pas de magie, de cheval, ou même de véhicule de type charrette ou carrosse.
Ce qui était son cas parce que ben… il était pauvre déjà, aux dernières nouvelles, les dollars c'était pas vraiment une monnaie utilisée dans la Forêt Enchantée (surtout qu'il n'avait pas vraiment prévu de faire un voyage et n'avait donc pas grand-chose sur lui) et même si par miracle ça avait été le cas, il aurait eu du mal à acheter quoi que ce soit à qui que ce soit vu qu'il n'y avait personne dans les environs, pour ce qu'il en savait.
Enfin, à part ses deux geôliers quoi.
Et il se voyait mal aller leur demander de lui prêter un moyen de transport pour réussir à s'enfuir loin d'eux, c'était plus un risque pour lui de se faire recapturer, ce qui aurait quant même été sacrément con et…
Bref.
Tout ça pour dire que là, maintenant, tout de suite, il était vraiment sacrément dans la merde, ce qui en fait ne changeait pas grand-chose à son quotidien depuis qu'il était revenu dans son monde d'origine, ce qui renforçait son opinion comme quoi il aurait préféré ne jamais y remettre les pieds.
Et donc il en revenait à son principal problème, qui n'était en fait qu'une suite de problèmes différents tous plus ou moins liés les uns aux autres.
Déjà, il n'avait aucune idée de combien de temps d'avance il avait sur Cora et sur Crochet, puisqu'il ne savait pas quand ils rentreraient et se rendraient compte qu'il s'était enfui, ni même si ils sauraient le retrouver rapidement, voire sauraient où il allait.
Ce qui, justement, amenait un autre problème.
Il n'avait pas la moindre foutue idée d'où il était actuellement.
Sérieusement, il était parti depuis deux cents putains d'années, deux siècles qu'il n'était pas revenu, alors bien évidemment qu'à peu près tout avait changé et qu'il ne reconnaissait pas les lieux, et les seuls endroits qu'il aurait pu identifier étaient son ancienne maison (qui n'existait sans doute même plus depuis le temps) et le château de son père.
Mais n'ayant ni carte, ni GPS, ni rien, il ne savait pas du tout où se trouvait le château en question.
Il n'avait ainsi aucune idée d'où aller au juste.
Et enfin, pour finir…
Est-ce qu'il y avait des gens dans ce monde ?
En dehors de lui et des deux autres en fait.
Il était au courant de l'existence de la malédiction grâce à August, mais d'après ce qu'il lui avait dit, normalement tout le monde aurait dû atterrir à Storybrooke. Ce qui n'était manifestement pas le cas, et ne s'y connaissant pas suffisamment en magie, Neal ne savait pas si c'était un dysfonctionnement du sortilège ou si quelqu'un avait réussi à lancer un sort de protection pour le contrer, mais en tout cas, avec un peu de chance, il réussirait à trouver d'autres personnes.
Qui si possible ne seraient pas une reine tarée et un pirate en quête de vengeance, ce serait vraiment bien merci.
Si il résumait tout ça, il était tombé dans un monde dont il ne savait quasiment plus rien, il s'était fait enfermer et venait tout juste de s'échapper, il risquait de se faire à nouveau capturer, il était à pieds, sans eau ni nourriture, il ne savait pas où aller, où trouver des gens ni même si il pouvait en trouver et si jamais c'était le cas il ne savait pas dans combien de temps il arriverait à trouver un endroit où se réfugier.
Et ce en admettant qu'il ne se fasse pas rattraper en route, ce qui réduirait bien sûr tous ses efforts à néant.
Quelle joie en somme…
Putain de merde…
Il détestait réellement sa vie là tout de suite…
§§§§
D'où sortait ce château ?
Certes, peut-être qu'à l'époque où il vivait encore dans la Forêt Enchantée avec son père et sa mère, puis seulement avec son père, ce château existait déjà, mais à ce moment-là, sa famille voyageait assez peu.
Le même problème d'argent, de distances et le fait qu'ils étaient assez ancrés là où ils vivaient. Le fait que son père refusait de bouger où que ce soit aussi, et c'était sans doute ça l'une des raisons du départ de sa mère, l'impression qu'elle avait d'être toujours coincée au même endroit sans pouvoir jamais en bouger et il comprenait soudainement et ça ne rendait les choses qu'encore pires qu'elles ne l'étaient déjà.
Aussi, alors qu'il se trouvait devant l'imposant bâtiment, il ne se souvenait pas l'avoir jamais vu de toute sa vie.
Et puis même, il n'était qu'un enfant à l'époque, comment aurait-il pu se souvenir de ça ?
Il ne se souvenait d'aucun palais, hormis de celui que son père avait voulu se construire lorsqu'il était devenu le Ténébreux, et dans lequel il n'avait jamais voulu habiter, parce que ça aurait été admettre que son père n'était définitivement plus le même qu'autrefois, qu'il n'était plus que le sorcier immortel et pas le père aimant qui l'avait élevé au fils des ans.
Mais peu importe.
Il n'était pas là pour penser à son enfance disparue ou à tout ce qu'il avait bien pu perdre en chemin.
Il était là pour trouver de l'aide.
Si seulement il avait su qu'en entrant dans ce château il aurait à faire face à nouveau à son passé de la manière la plus inattendue possible, sans doute aurait-il sagement fait demi-tour à la place.
A suivre…
Chapter 23: Porté disparu.
Notes:
Titre du 07/08/2021 : Porté disparu
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
H : Henry Mills
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects du… Mythe d'Énée, héros de la guerre de Troie – mythe grec : Au devant de la scène : Écrire sur Neville Londubat (HP) ou écrire sur un personnage secondaire qui devient principal
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, elles ont dit, cassons les préjugés, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Il fallut environ une semaine à Neal Cassidy avant de rencontrer pour la première fois Henry Mills.
Le temps qu'il arrive au château (le château de la reine Blanche-Neige et du roi David d'après ce qu'il avait entendu, donc les parents d'Emma, et le simple fait d'arpenter ces lieux renforçait sa tristesse et sa culpabilité, parce que c'était là qu'elle aurait dû grandir mais ce n'était jamais arrivé), qu'il y prenne ses marques, qu'il en apprenne plus sur cet environnement qu'il redécouvrait à peine.
Il avait aussi rencontré de nouvelles personnes, et avait essayé de se renseigner sur comment ouvrir un portail entre leurs deux mondes, ce qui s'était révélé être un échec complet, il comptait se rendre durant les prochains jours au château de son père (il fallait déjà qu'il sache où il se trouvait par rapport au palais où il était), espérant trouver quelque chose d'utile à ses recherches.
Et puis il avait entendu dire qu'un jeune garçon était lui aussi arrivé depuis quelques semaines du monde sans magie, et il avait alors compris qu'il y avait définitivement quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond dans l'univers.
Qu'il se soit retrouvé face à un portail, passait encore, il avait probablement l'un des karmas les plus pourris de l'univers, mais que ce soit aussi arrivé à quelqu'un d'autre et ce seulement un mois avant lui ?
Ce n'était pas une coïncidence, c'était un signe, il en avait la certitude.
Et il ne put s'empêcher d'espérer que peut-être, si jamais deux portails s'étaient ouverts, comme ça, de nulle part, dans le monde sans magie, peut-être…
Peut-être qu'ici aussi, dans la Forêt Enchantée, cela se produirait de nouveau, et qu'il pourrait rentrer chez lui.
Il avait du mal à y croire, mais ce n'était pas comme si il avait réellement d'autre solution actuellement.
Bizarrement, l'enfant n'avait pas l'air plus effrayé ou surpris que cela quant au fait de se retrouver dans un monde pourvu de magie, et certes, cela faisait déjà un mois qu'il était là, mais tout de même.
En un mois à Londres, il n'avait pas réussi à s'habituer au monde sans magie, alors qu'il était plus âgé que lui et savait à peu près ce qui l'attendait, alors comment est-ce qu'il pouvait aussi bien réagir alors qu'il était loin de chez lui et de tout ce qu'il avait jamais connu ?
C'était tout bonnement incompréhensible.
« Comment tu peux être aussi calme ?
Henry se tourna vers lui, un air curieux sur le visage, avant de froncer les sourcils.
- Comment ça ?
Désormais, ils étaient tous les deux vêtus d'habits typiques de la Forêt Enchantée, et personne n'aurait pu dire juste en les voyant qu'ils venaient du monde sans magie, mais Neal savait bien que c'était lui.
Henry Mills.
Le garçon qui avait franchi un portail, qui était probablement porté disparu chez lui, qui était littéralement passé d'un monde à l'autre et qui pourtant agissait comme si absolument tout était normal.
Comme si il avait juste changé de pays et qu'il pouvait rentrer chez lui à tout moment, et qu'il n'était pas coincé dans un autre monde, sans la moindre certitude de pouvoir revoir les siens un jour.
Neal soupira et s'assit à côté de lui.
Il prit une profonde inspiration.
Ça risquait d'être une longue conversation.
- Tu viens bien du monde sans magie, c'est ça ?
- Oui. J'y suis né et j'y ai vécu durant toute ma vie jusqu'il y a encore un mois, effectivement. Pourquoi ?
- Tu… Tout ça enfin, ça ne te surprend pas ? Pas du tout ? Le portail, les châteaux, le monde de contes de fée, l'existence de la magie, tu… Tu n'es pas étonné ? Pas du tout ?
Il y avait quelque chose qu'il n'arrivait pas à comprendre là dedans.
Henry se contenta de hausser les épaules, comme si il ne comprenait pas sa confusion.
- C'est parce que je savais déjà que la magie était réelle avant de venir ici.
Neal haussa un sourcil stupéfait, avant de se figer, sous le choc.
- Quoi ? Comment c'est possible ? Les gens du monde sans magie ne sont pas censés savoir qu'elle est réelle, j'en sais quelque chose.
Wendy avait été une exception, à la fois parce qu'elle avait vu la magie à l'œuvre avec l'ombre de Pan et le Pays Imaginaire, et parce qu'elle l'avait rencontré lui, qui venait de la Forêt Enchantée, mais en dehors d'elle et de ses frères, il n'avait rencontré personne qui y croyait.
Jusqu'à aujourd'hui.
- Comment vous en savez autant sur ce monde au juste ?
- J'en viens, lui rétorqua Neal. Enfin en réalité, je suis né ici, et après plusieurs voyages dans différents mondes, j'ai fini par arriver dans le monde sans magie, et à y rester. Enfin, jusqu'à la semaine dernière, marmonna-t-il avec une certaine amertume qu'il ne parvint pas à cacher.
Les yeux de Henry se mirent à briller d'intérêt et d'excitation.
- Vous avez voyagé dans plusieurs mondes ?
Définitivement il ne comprenait pas ce gosse, d'un autre côté, il n'avait pas eu à endurer deux cents ans au Pays Imaginaire, il était toujours innocent et naïf, c'était encore un enfant.
Lui, Baelfire, Neal Cassidy, il avait beau n'avoir physiquement parlant qu'une trentaine d'années, il avait en réalité vécu durant deux cents ans, et parfois, comme tout de suite, il se sentait terriblement vieux.
C'était une chose que Henry ne pouvait de toute évidence pas comprendre, et il espérait qu'il n'aurait jamais à le découvrir de toute sa vie.
- Ouais, confirma-t-il en hochant la tête, un conseil, évite le Pays Imaginaire, ça craint. Alors que Henry allait probablement lui poser de nouvelles questions, il décida de changer de sujet. Bref… Comment tu as su ? Pour la magie ?
- Grâce à mon livre.
Malgré lui, Neal ne put s'empêcher de sourire.
- Quel livre ? Quoi, tu as lu Harry Potter et tu t'es dis que c'était réel ?
Le jeune garçon secoua la tête, avant de sortir un objet de son sac.
- Non, ce livre. Mon livre de contes. C'est… un livre de contes de fée mais pas les contes habituels du monde sans magie, ils… Ils racontent une autre histoire. Et cette histoire est réelle.
En se saisissant de l'ouvrage, Neal n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait bien pouvoir découvrir en le lisant.
Alors qu'il le feuilletait, il sentit un frisson glacé l'envahir lorsqu'il tomba sur une image de son père, et le nom Rumplestiltskin, racontant sa vie alors qu'il passait un marché avec la princesse Belle afin de l'aider à sauver son royaume des Ogres qui le menaçaient, et oh, comme cette histoire résonnait avec la sienne là tout de suite.
Il blêmit.
« Putain de merde, mais c'est quoi ce bordel ? Ne put-il s'empêcher de laisser échapper malgré lui. »
Il continua de lire, et découvrit rapidement qu'il n'était pas dans le livre, son histoire remontait sans doute à trop loin, et il ne put empêcher son sentiment de malaise de l'envahir parce que c'était bien trop précis et détaillé pour ne pas pouvoir être réel.
En arrivant à la toute fin, où il manquait quelques pages, il repéra des mentions de la malédiction, et après plusieurs minutes de réflexion, alors qu'il connectait tous les fils entre eux, d'un seul coup, il comprit.
- La malédiction… Murmura-t-il. Évidemment…
- Vous savez pour la malédiction ? Comment ?
- C'est… une longue histoire.
(Il n'avait pas vraiment envie de repenser à son lui de dix ans plus tôt, de sa rencontre avec un certain pantin de bois et d'une décision qu'il n'avait jamais cessé de regretter depuis le jour où il l'avait prise.)
Il secoua la tête, chassant les souvenirs et essayant de les enfouir là où était leur place, tout au fond de sa tête.
Ce n'était pas comme si il allait revoir August de sitôt, ou encore moins Emma…
Pas vrai ?
(Ah ah.
Si l'ironie avait eu un corps, elle se serait sûrement immédiatement mise à rire.)
- Mais oui, je suis au courant, je sais pour Storybrooke.
- Alors vous me croyez quand je dis que c'est réel ?
En croisant le regard de Henry, Neal y vit alors une certaine peur et une fragilité qu'il n'y avait pas vue avant, ainsi que de la résignation, comme si…
Comme si il avait l'habitude qu'on ne le croit pas, et ses soupçons se retrouvèrent confirmés, parce que, si il savait pour la malédiction, si il vivait dans un endroit lié à la magie (ce qui expliquait l'ouverture du portail) mais dans le monde sans magie, et où la magie n'était pas censée exister, et où on ne le croyait pas quand il en parlait, où les gens étaient très certainement maudits…
Il soupira, lui qui avait cru pouvoir y échapper, il s'avérait que finalement, il allait être obligé de s'y confronter, même indirectement, même si il était toujours décidé à ne pas aller dans cette ville, et à ne revoir ni son père, ni Emma, ni August (surtout pas lui), mais il devrait tout de même en parler, et y penser.
Alors que ce n'était surtout pas ce qu'il voulait faire, mais Henry avait besoin de soutien, et il était là, alors autant que ça vienne de lui.
- Oui Henry. Bien sûr que je te crois. Pourquoi ?
Il haussa les épaules.
- Parce que… Parce que dans le monde sans magie, personne ne m'a jamais cru.
- Tu viens de Storybrooke, pas vrai ?
Henry acquiesça.
- J'ai été adopté, et depuis que je suis petit, je sais que quelque chose n'est pas normal, et je ne savais pas ce que c'était avant que Blanche-Neige… Mary-Margaret Blanchard ne me donne le livre de contes. Et là j'ai su.
- Et tu y a crus tout de suite, comme ça ?
- Oui, lui répondit Henry, je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, j'ai juste… J'ai su tout de suite.
Neal n'arrivait pas à comprendre comment une telle chose pouvait être possible, mais il n'avait jamais réellement compris le fonctionnement de la magie non plus, et la magie était tout sauf rationnelle par essence, alors que sa croyance ne le soit pas non plus était sans doute logique finalement.
- Bien, maintenant que je sais d'où tu viens et pourquoi tu crois en la magie, et en la malédiction… Je sens que je vais regretter ma prochaine question, marmonna-t-il avant de soupirer. Qu'est-ce que tu fabriques ici ? Moi, je suis arrivé là par accident, un portail s'est ouvert dans mon appartement et je suis tombé dedans, mais, et toi ?
- Un portail s'est ouvert chez vous ? Fit Henry en fronçant les sourcils. Mais… Vous vivez bien dans le monde sans magie, et pas à Storybrooke, c'est ça ?
- Oh que oui, crois-moi petit, si je vivais à Storybrooke, je le saurais…
- Alors… comment ?
Neal haussa les épaules.
- Honnêtement ? J'en sais rien, vraiment, je vis à New York, il n'y a pas de magie là-bas, et pourtant… Pourtant c'est arrivé.
- Peut-être que ça signifie que la magie est en train de faire surface dans le monde sans magie ? Supposa Henry avec une note d'espoir dans la voix.
Neal ne put s'empêcher de frissonner, il avait fui la Forêt Enchantée justement pour fuir la magie, pas pour qu'elle revienne dans sa vie alors qu'il ne l'avait pas demandé !
- Peu importe, ce n'est pas comme si on y pouvait réellement quelque chose… Alors, comment tu es arrivé ici ?
- Hé bien, j'étais dans les mines et je…
Baelfire cligna des yeux, estomaqué.
De quoi ?
- Attends, que, comment… Quelle mine ? Il va falloir que tu reviennes en arrière là, parce que je vais avoir besoin de plus de contexte en fait.
- Ma mère adoptive, elle me fait voir un psy, depuis quelques temps, parce qu'elle veut que j'arrête de croire en la malédiction, sa malédiction, elle…
Neal fronça les sourcils, intrigué.
- Comment ça sa malédiction… Tu veux dire que… tu es le fils adoptif de la méchante reine ?
Il acquiesça.
- Oui. Et ma mère biologique, c'est Emma Swan, c'est la Sauveuse, celle qui doit briser la malédiction, je l'ai ramenée à Storybrooke, mais elle non plus elle ne me croit pas.
Cette fois, Neal eut l'impression que son cerveau allait exploser, et son souffle s'arrêta pendant quelques secondes, et son cœur rata un battement tandis que ses mains se mirent soudainement à trembler.
Sa mère c'était Emma Swan ?
Sa mère, c'était Emma, la femme qu'il avait aimée, mais trahie et abandonnée, c'était…
Quoi ?
Comment est-ce que…
Comment est-ce que ça se faisait qu'il tombe précisément sur le fils de son ex, tout comme il avait fallu qu'il recroise à nouveau le pirate qui avait juré de tuer son père ?
Pourquoi est-ce que l'univers le détestait autant ?
Il prit une profonde inspiration, essayant de chasser sa stupeur et ses larmes, et de ne rien laisser paraître.
Henry n'avait pas besoin de savoir ça.
- Et donc, tu…
Intérieurement, il bénit sa voix de ne pas avoir tremblé.
- Archie, mon psy, il… Il m'a dit que la malédiction, n'était pas réelle, sauf que cette fois… cette fois ça m'a fait vraiment mal alors j'ai voulu chercher une preuve et je suis allé dans les mines, qui s'étaient ouvertes depuis peu et qui étaient en partie effondrées.
Neal n'était pas un père, mais il avait le sentiment que n'importe quel parent aurait été effaré en entendant une chose pareille.
- Tu as quoi ? Tu veux dire que tu es allé tout seul dans une mine sans surveillance en risquant que quelque chose te tombe dessus et te blesse, voire te tue ?
- … Oui ?
L'ancien enfant perdu soupira.
- Je suis à court de mots, vraiment… et donc ?
- J'ai vu un portail s'ouvrir et je l'ai franchi.
- C'est tout ?
- C'est tout.
- …
- …
Et puis, soudainement, un détail frappa Neal.
- Attends une seconde, si j'ai bien compris, tu… Tu y es allé de ton plein gré c'est ça ? Tu n'es pas tombé dedans, tu as décidé de franchir ce portail vers l'inconnu, juste… comme ça ?
- Oui.
Neal le regarda avec des yeux ronds.
- Tu… tu as vraiment…
Il ne put jamais finir sa phrase, et ne put s'empêcher d'éclater de rire.
Mais c'était un rire tout sauf joyeux, parce que lui, il était passé d'un monde à l'autre plusieurs fois au cours de sa longue vie, et ce n'était pas une expérience qu'il avait envie de revivre alors que Henry, lui, il, il…
- Tu es complètement inconscient ma parole ! S'exclama-t-il alors. Tu… Déjà, tu imagines ce qu'il se serait passé si la malédiction avait détruit la Forêt Enchantée et que le portail n'avait débouché sur absolument rien du tout ? Tu serais sans doute mort, ou bien tu serais arrivé sur une terre désolée sans rien ni personne et aucun moyen de retourner à la maison !
- Je…
- Et puis même, tu as survécu, très bien, bravo, mais et après ? Comment est-ce que tu comptes rentrer chez toi ? Tes mères doivent être mortes d'inquiétude, tu as pensé à elles ? Comment tu as pu faire ça, vraiment, comment tu as pu partir comme ça sans te retourner, sans prévenir personne ?
- Parce que je voulais qu'on arrête de me prendre pour un fou ! Parce que je voulais avoir une preuve que je ne me trompais pas, que j'avais raison ! Je voulais voir de la magie, et avoir une certitude, trouver un moyen de briser la malédiction. Ça fait vingt-huit ans que ça dure, que personne ne fait rien et je voulais juste faire quelque chose de bien, être un héros et ne plus les voir tous souffrir sans rien pouvoir faire !
Soudainement, Neal eut l'impression de se voir lui-même à quatorze ans, perdu, seul, désespéré, juste un gosse qui voyait son père sombrer dans les ténèbres sans pouvoir faire quoi que ce soit pour y remédier, et il sentit son cœur se serrer.
Il soupira.
- Écoute Henry… Je comprends, vraiment, seulement… Maintenant, toi et moi, on est coincés, sans doute pour longtemps, sans avoir de moyen de rentrer chez nous, alors… C'est normal que je m'inquiète pour toi et pour ta famille.
- Et vous alors ? Lui demanda Henry. Vous aussi il y a des gens chez vous qui attendent votre retour ?
Neal aurait aimé, vraiment.
Mais la vérité, c'est que ce n'était pas le cas, c'était que là-bas, à New York, dans son appartement vide et silencieux, absolument personne ne l'attendait.
Il était seul, il n'avait aucune famille (et toutes les familles qu'il avait eues avaient disparu, lui avaient été enlevées, il avait été trahi, ou bien c'était lui qui était parti), il n'avait personne.
- Non, lui répondit-il avec tristesse, ayant du mal à chasser les larmes qui lui brouillaient les yeux. Personne ne m'attend là-bas. »
Et ce n'était pas quelque chose qui allait changer de sitôt.
A suivre…
Chapter 24: Notre histoire.
Notes:
Titre du 12/07/2021 : Notre histoire
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de... Ahn Jiwon (BJ Alex) : Masque : Écrire sur un personnage qui porte un masque ou écrire sur un personnage qui dissimule sa véritable identité.
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
« Et vous alors ? Finit par lui demander Henry quelques minutes plus tard, sans doute pour essayer de le faire penser à autre chose qu'à sa douleur, et il pleurait maintenant, alors il n'avait de toute évidence pas su cacher sa souffrance aussi bien qu'il l'aurait cru.
Neal s'essuya les yeux, essayant d'empêcher sa voix de trembler le plus possible alors qu'il reprenait la parole.
- Comment ça moi ?
- Comment vous êtes… enfin, c'est quoi votre histoire ? Comment vous avez fait pour voyager d'un monde à l'autre, pour passer d'ici au monde sans magie ? Puis, Henry fronça les sourcils. Vous avez le bon âge.
Baelfire haussa un sourcil surpris.
- Comment ça le bon âge ?
- Hé bien vous avez l'air d'avoir quelques années de plus que ma mère et donc vous aviez sans doute l'âge requis quand la malédiction a été lancée. D'après le livre de contes, il y avait un petit garçon avec elle, qui a fait le voyage par le biais de l'armoire magique lui aussi. Est-ce que vous êtes Pinocchio ?
Neal faillit éclater de rire.
- Non, je ne suis pas Pinocchio.
- Qui êtes-vous alors ?
Je suis un ancien enfant perdu, je suis le fils du Ténébreux, et au fait il y a dix ans et des poussières, j'ai abandonné ta mère et je l'ai envoyée en prison, ce qui fait que je ne vaux pas mieux que tous ceux qui m'ont laissé tomber au cours de ma vie, et je suis tellement, tellement désolé Henry si tu savais.
(Si il avait su toute la vérité, il se serait senti encore plus désolé.)
Non, ce n'était définitivement pas une bonne chose à dire, et il y avait mieux comme entrée en matière.
- Je ne suis pas dans le livre, se contenta-t-il d'affirmer, ce qui était de toute façon la vérité. Je suis juste… Écoute Henry, je sais que tout ça, pour toi, c'est nouveau, la magie, la Forêt Enchantée, et ça a l'air merveilleux, mais pour moi… Je ne voulais pas revenir ici, et mon passé est une chose dont je n'aime pas parler, et cet endroit… réveille des souvenirs un peu trop douloureux en moi. Et de toute façon, plaisanta-t-il, ce n'est pas comme si j'étais Robin des bois ou le prince Philippe, je ne suis pas vraiment important.
Ça aussi c'était vrai de son point de vue, et il passa sous silence le fait que selon toute vraisemblance, c'était pour lui que la malédiction avait été lancée, vu l'insistance qu'avait montré Rumplestiltskin dans le livre à pousser la méchante reine tout droit dans cette direction sans jamais expliquer pourquoi.
- Mais alors… si vous n'êtes pas venu en même temps que la malédiction, comment avez-vous fait le voyage au juste ? Les haricots magiques ont complètement disparu, et c'est l'un des seuls moyens qui existe pour voyager dans le monde sans magie.
- J'en ai utilisé un, lui confia-t-il, il y a longtemps, très longtemps, bien avant ta naissance.
- Vous n'êtes pas vieux pourtant.
Neal ne put s'empêcher de sourire.
- Henry, ne te fie pas aux apparences… J'ai beau avoir une trentaine d'années à première vue… en réalité, j'en ai près de deux cents.
Les yeux du jeune garçon s'écarquillèrent de surprise.
- Deux cents ans ? Mais comment… Alors vous êtes immortel, comme Rumplestiltskin ?
En entendant ce nom être prononcé, Neal sentit sa poitrine le serrer et il grimaça avant de se forcer à sourire à nouveau.
- Non, pas du tout. Je suis juste passé par le Pays Imaginaire. Là-bas, le temps ne passe pas.
Les yeux de Henry continuaient de briller, et il avait l'impression d'être face à Wendy, autrefois, quand il lui parlait de la Forêt Enchantée, il avait la même joie de vivre et la même curiosité qu'elle avant que…
Avant que l'ombre ne l'emporte et ne réduise toute son existence en miettes.
Son sourire s'effaça.
- Autrement, Henry, dit-il, essayant encore une fois de détourner la conversation, tu as de la famille en dehors de tes mères ?
Son sang se glaça temporairement dans ses veines alors qu'il réalisait que Cora, la grand-mère adoptive du petit garçon, se trouvait dans le même monde que lui désormais, avant d'essayer de chasser cette pensée de son esprit.
Ce n'était pas comme si la souveraine était au courant de ce détail de toute façon.
- J'ai mes grands-parents, mais ils ne se souviennent pas de qui ils sont, et ma mère adoptive les a séparés… ils ne savent même pas que je suis leur petit-fils, qu'Emma est leur fille, et c'est de sa faute, dit-il avec amertume.
- Et ton père ? Ne put s'empêcher de lui demander Neal avec curiosité.
Il ne savait pas quel âge avait Henry, mais à part si Emma lui avait dissimulé l'existence de cet enfant à l'époque où ils sortaient ensemble, alors il avait dû naître après leur relation, après sa trahison.
Et si ça signifiait qu'elle avait refait sa vie avec quelqu'un d'autre après son séjour en prison, alors il était heureux pour elle, vraiment, mais le fait que Henry ait été adopté voulait sûrement dire qu'elle l'avait abandonné, non ?
Donc cet enfant n'avait pas dû être prévu, quelque qu'ait été celui avec qui elle l'avait eu, et il se demanda dans quelles circonstances Henry avait bien pu être conçu.
Henry haussa les épaules.
- J'en ai pas. Il est mort, ma mère m'a dit qu'il était pompier. »
Et à cet instant précis, le monde bascula.
Alors que Henry lui racontait le mensonge que lui avait dit Emma, Neal ne put empêcher un profond malaise de l'envahir, parce que rien ne collait, parce que Emma n'avait jamais été serveuse, en tout cas pas à l'époque où il l'avait connue, et si elle avait accouché en prison comme le disait Henry, alors…
Comment aurait-elle bien pu vivre cette relation avant de se retrouver en prison, alors même qu'à l'époque elle…
Minute…
Est-ce que…
Est-ce que c'était bien ce qu'il croyait ?
- Henry… Quel âge tu as ?
- J'ai eu dix ans le quinze août. Pourquoi ?
- Pour rien, mentit-il en esquissant un sourire crispé, avant de poser d'autres questions sur la malédiction à l'enfant, qui s'empressa d'y répondre avec son enthousiasme habituel. »
Tandis que son propre esprit n'écoutait rien et carburait à plus de mille à l'heure, menaçant de se fissurer à tout moment.
Le quinze août…
Henry avait dix ans et était né le quinze août 2001…
Ça ne…
Ça ne pouvait pas être une coïncidence, les dates collaient trop bien, et il…
Il l'avait laissée tomber en novembre, c'est bien ça ?
Et Henry était né mi-août…
Soit plus ou moins neuf mois plus tard.
Il…
Oh Seigneur Dieu.
Est-ce que Henry était son fils ?
Peut-être n'était-ce pas le cas, peut-être était-elle tombée enceinte en prison, et tant qu'Emma ne le lui confirmerait pas il n'aurait que des peut-être et pas de certitude, mais si c'était le cas, oh si c'était le cas…
Oh…
Oh, oh, oh…
Si Henry était son fils, qu'il était bien son père, alors est-ce que ça voulait dire…
Est-ce qu'il avait envoyé Emma en prison alors qu'elle était enceinte ?
Si c'était bien le cas, alors c'était sûr, jamais il ne se le pardonnerait, il ne se pardonnait déjà pas sa trahison, mais ça, ça, c'était…
C'était bien pire, parce que ça voulait dire que…
Est-ce que August savait ?
Sans doute que non, ça ne se voyait pas à l'époque, aucun d'eux ne l'avait su, mais ça ne changeait rien à ce qu'il avait fait, il…
Il avait envoyé la femme qu'il aimait en prison alors qu'elle était enceinte, et si il avait jamais eu durant ces dix dernières années le moindre minuscule espoir qu'un jour la blonde lui pardonne, celui-ci venait tout juste de définitivement partir en fumée.
Et puis, une autre pensée le traversa de part en part.
Elle aurait dû recevoir l'argent des montres, et ça aurait dû être suffisant, non ?
Ou peut-être que ça ne l'était pas, peut-être que ça l'était mais qu'elle ne voulait pas être mère, qu'elle n'était pas prête à l'être, qu'elle ne voulait pas garder un enfant qui lui rappellerait beaucoup trop celui qui lui avait brisé le cœur.
Peut-être importe ses raisons, c'était son choix, et il n'avait rien à dire à ce sujet, particulièrement après ce qu'il lui avait fait.
(Mais Henry lui avait dit qu'après sa sortie de prison, elle n'avait rien, personne à ses côtés, alors ça voulait dire que August n'avait pas tenu deux des trois promesses qu'il lui avait fait et bon sang pourquoi n'était-il même pas surpris ?)
Il essaya de continuer la conversation, alors même que son esprit hurlait encore et encore, et bon sang, il avait un fils, un fils, et il l'avait abandonné, il avait probablement un fils, et il ne le savait même pas jusqu'à maintenant, il était père et il…
Il avait fait exactement ce que son père avait fait, même sans le savoir, il avait fui, sans un regard en arrière, sans se retourner, alors qu'il s'était juré de ne jamais se comporter comme lui.
Et le gamin en question ne savait même pas qui il était.
Tant mieux sans doute, il l'aurait haï si il avait su.
Ça changeait absolument tout en fait.
Avant, il voulait juste rentrer chez lui, à New York, rester loin de son père, loin d'Emma, mais maintenant…
Maintenant, son monde s'était complètement renversé.
Maintenant il voulait savoir si son intuition était bonne ou non, il voulait qu'Emma lui dise si il était le père de Henry ou non, il voulait…
Si Henry était vraiment son fils, alors il voulait être son père, il voulait rattraper ses erreurs, le temps perdu qui ne reviendrait pas, il voulait…
Il voulait tellement de choses qu'il ne pouvait pas avoir.
Lui qui était seul depuis près de dix ans, il voulait avoir à nouveau une famille, une maison.
On est jamais aussi bien que chez soi…
Jamais les mots qu'il avait autrefois dits à Emma n'avaient semblé si véridiques.
Il voulait qu'Emma lui pardonne, même si plus rien ne serait jamais comme avant entre eux, il voulait lui dire pourquoi il l'avait abandonnée, parce qu'elle avait droit à la vérité, toute la vérité.
Mais.
Tout ça, ça impliquait d'aller à Storybrooke, et de se confronter à son passé.
À son père…
Son père qu'il tentait de fuir par tous les moyens depuis dix ans, merde, c'était en partie pour ça qu'il avait abandonné Emma, et ça voudrait dire quoi, que ce qu'il avait fait n'avait servi absolument à rien du tout, qu'il l'avait trahie en vain ?
Qu'il avait retardé de dix ans l'inévitable alors qu'ils auraient pu briser la malédiction beaucoup plus tôt ?
(Qu'on ne vienne pas lui parler de destin.
Le destin avait brisé leurs vies, et les brisait encore.
Pour ce qu'il en savait, le destin pouvait aller se faire foutre.)
Oh, ça lui permettrait aussi de mettre son poing dans la gueule de Pinocchio, mais il n'était pas vraiment sûr que ça puisse compenser tout le reste.
Il prit une profonde inspiration et regarda Henry, qui lui faisait désormais part de ses hypothèses sur qui était réellement qui à Storybrooke, et il essaya de sourire.
Il voyait bien Emma en lui, évidemment, c'était sa mère, mais alors qu'il l'observait, il essaya de repérer des traits en commun avec lui, et est-ce qu'il voyait réellement des ressemblances ou bien est-ce qu'il ne voyait que ce qu'il voulait voir parce qu'il avait envie d'y croire ?
Difficile de trancher cette question.
En revanche, il prit rapidement sa décision.
Que Henry soit son fils ou non, il allait sûrement devoir le côtoyer dans le futur, et à lui aussi il devait la vérité, au même titre qu'il la devait à Emma.
La véritable question maintenant, c'était de savoir si oui ou non il serait suffisamment courageux pour réussir à la lui avouer.
Et il n'était pas vraiment pressé de trouver la réponse à cette question à vrai dire.
A suivre…
Chapter 25: Un test d'espoir.
Notes:
Titre du 07/12/2021 : Un test d'espoir
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 1 : Dragon
Prénom 49 : Emma
Défis de S & V n°54 - Placer le mot "Dragon"
Quatre aspects du… Mythe d'Énée, héros de la guerre de Troie – mythe grec : Esprit de famille : Écrire sur les Cullen (Twilight) ou écrire sur un personnage qui est prêt à tout pour sauver sa famille
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, S & V, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Le temps leur manquait.
Regina le savait, évidemment.
C'était pour ça qu'elle était là, dans les mines, avec Emma Swan, en train d'essayer de réussir l'impossible, l'improbable.
Tenter de faire en sorte que la blonde croie en la magie.
Elle l'avait amenée là sous un faux prétexte, lui disant qu'elle avait une nouvelle piste concernant la disparition de Henry et bien sûr, la policière l'avait suivie.
Et maintenant qu'elle était face au cercueil de Blanche-Neige, la brune pouvait pleinement contempler toute l'étendue de son échec.
Elle et Rumplestiltskin avaient échoué à ouvrir un portail, et maintenant, la Sauveuse allait devoir affronter un dragon.
Leur futur s'annonçait définitivement radieux et merveilleux…
Celle qui avait manipulé et contrôlé le temps pendant vingt-huit longues années était en train d'en perdre, et le pire dans tout ça, c'est qu'elle risquait d'en perdre encore, parce que actuellement, aucun mot n'osait sortir de sa bouche.
Cela faisait plus d'un mois que Henry avait disparu, et depuis déjà une semaine que leur tentative de portail avait échoué, elle tentait de se rapprocher d'Emma, de devenir son amie, et surtout, de tout faire pour lui avouer la vérité.
Jusque là, elle n'y était toujours pas parvenue.
C'était drôle tout de même, elle, la méchante reine, terrifiante, redoutée, si crainte autrefois, elle avait peur d'une chose aussi simple et petite que la vérité.
Une vérité qui pourrait bien fracasser son univers d'ici peu de temps.
Non loin d'elle, Emma ne put s'empêcher de froncer les sourcils.
« Regina… pourquoi m'avez-vous amenée ici ?
La sorcière se força à prendre une grande inspiration et ferma les yeux.
Ce qui comptait là tout de suite, ce n'était pas elle, ni sa malédiction, ni son emprise sur la ville, non, ce qui comptait vraiment, c'était de retrouver Henry, de s'assurer qu'il soit sain et sauf, et pour cela, elle allait avoir besoin d'Emma.
Elle allait avoir besoin que celle-ci la croie, lui fasse confiance, et pour cela, elle devait lui révéler la vérité, lui dire quel genre de monstre elle était vraiment.
- C'est ici que Henry est allé le jour où il a disparu.
La blonde la regarda avec un regard sceptique, ne semblant pas voir où elle voulait en venir.
- Je le sais ça, nous le savons toutes les deux, mais nous savons également qu'il n'y était pas lorsque la mine s'est effondrée et de toute façon, la mine a été fouillée de fond en comble après, alors il ne peut pas être ici. »
Elles avaient cherché pourtant, elles avaient cherché partout, et elles n'avaient rien trouvé qui pouvait faire penser que leur petit garçon s'y trouvait encore, il avait été vu y entrant juste avant qu'elle ne s'effondre, on ne l'avait pas vu en sortir et pourtant on ne l'y avait pas retrouvé et toute cette histoire commençait à rendre Emma complètement folle.
Alors pourquoi est-ce que Regina la faisait revenir ici, pourquoi la forçait-elle à revivre l'un des pires jours de sa vie, celui où leur fils avait disparu pour peut-être toujours ?
La blonde ne se faisait pas d'illusions, elle se doutait bien qu'à ce stade, les chances de retrouver Henry étaient au mieux très moindres, au pire totalement inexistantes.
Pourtant, elle continuait de chercher, comme Regina.
Et elle ne s'arrêterait jamais.
Regina regarda l'endroit où le portail s'était formé le jour où Henry avait disparu, était parti, parce que contrairement à d'autres portails celui-ci ne s'était pas ouvert sur le sol, elle le sentait, elle sentait sa magie, même un mois après, donc son fils était parti dedans, l'avait franchi de son plein gré et ça lui faisait tellement mal.
Ça lui faisait si mal de prendre conscience que son enfant avait préféré partir plutôt que de discuter avec elle, parce qu'elle avait créé ce climat de méfiance et de manque de confiance, c'était elle qui avait essayé de faire croire à son propre fils qu'il était fou après tout.
Tout était de sa faute.
Et elle était tellement désolée pour ça.
Oh, si elle avait pu traîner Emma là où se terrait Maléfique, lui mettre une épée dans la main et lui dire d'affronter la dragonne, si seulement ça avait pu être suffisant, elle l'aurait fait sur le champ.
Mais non, bien sûr, ce n'était pas aussi simple, il ne fallait pas juste que la Sauveuse soit mise face à la réalité pour d'un seul coup croire à la magie… comme ça par magie justement (ah ah…), non, elle était si butée que même en ayant la dragonne sous les yeux, elle ne verrait sûrement rien.
Ça n'avait vraiment aucun sens, que Emma ne sente pas la magie des lieux, elle était la Sauveuse, le fruit du véritable amour bon sang, elle aurait dû…
Regina retint son hurlement de frustration, ce n'était définitivement pas le moment de s'énerver.
« Regina ? Lui demanda Emma, la coupant de ses pensées. Sérieusement qu'est-ce qui se passe, pourquoi on est ici ?
Parce qu'il y a vingt-huit ans, j'ai fait quelque chose de terrible.
- Est-ce que vous savez pourquoi Henry était là ?
Emma se raidit, n'étant clairement pas prête à parler à nouveau des croyances de leur fils, pas alors que c'était ça qui les avait menées à… à ce désastre.
- Oui, répondit-elle, à cause des mots de Archie.
Non, pensa la mairesse, à cause de moi.
- En partie oui… Il est venu ici parce que… parce qu'il voulait trouver des preuves de l'existence de la malédiction. Le sort noir…
- Ouais, mais on sait bien toutes les deux qu'il n'a pas pu en trouver parce que rien de tout ça n'est réel, fit Emma en se forçant à sourire. Pas vrai ? Ajouta-t-elle en cherchant le soutien de l'autre femme.
Sauf que Regina se tourna vers elle, et aucune trace d'amusement n'était apparu sur son visage, alors le sourire de façade de la princesse s'effaça.
- Regina, sérieux, vous me faites flipper là.
La mère adoptive de Henry soupira, avant de prendre un morceau de verre provenant du cercueil et de le serrer dans sa main gauche, si fort qu'elle s'y coupa, et ne fit même pas attention à la douleur.
Elle avait été élevée par Cora après tout, elle avait fini par l'encaisser à force.
- Je suis désolée Emma.
Cette dernière cligna des yeux, stupéfaite.
- Désolée ? Désolée de quoi ?
- Je suis désolée parce que je vais devoir vous dire la vérité… et qu'elle ne va pas être agréable à entendre.
- Quelle vérité ? Fit la policière, ayant de plus en plus de mal à garder son calme. De quoi est-ce que vous parlez bon sang j'y compris plus rien !
- La malédiction est réelle, et Henry dit la vérité depuis le début, parvint-elle enfin à dire.
Amusant qu'une toute petite phrase pourtant si simple à dire lui ait pris autant de temps, qu'elle ait eu tellement de mal à la prononcer.
Emma se figea.
Elle… elle ne venait pas de dire que…
Elle avait forcément mal entendu, ça ne pouvait pas être…
C'était une blague, c'est ça ?
(Toute son existence n'était devenue qu'une vaste blague depuis que Henry avait disparu sans laisser de traces nulle part de toute façon.)
- Okay Regina, je… Je comprends que les dernières semaines ont été dures, elles l'ont été pour moi aussi, mais… Vous voulez un conseil ? Rentrez chez vous, allez dormir et une fois que vous vous serez reposée… on en reparlera si c'est ce que vous voulez.
- Vous pensez que je divague parce que je n'ai pas assez dormi ? S'exclama la reine, incrédule.
- Je pense que cette situation est stressante et éprouvante pour tout le monde et que vous…
- C'est dans ce cercueil que votre mère aurait dû être mise en terre, la coupa Regina.
- De quoi est-ce que vous parlez ?
- Lorsque j'ai essayé de la tuer, continua-t-elle comme si elle n'avait pas été interrompue, ce qui n'était ni la première ni la dernière fois d'ailleurs, je l'admets, cette fois-ci avec une pomme empoisonnée, la malédiction du sommeil éternel, tout le monde a cru qu'elle était morte. Alors ses amis les nains ont construit ce cercueil, un magnifique ouvrage, ce qui ne me surprend aucunement. Mais avant qu'ils ne l'enterrent, votre père, le prince, a voulu lui dire au revoir… et il l'a réveillée d'un baiser… Le véritable amour.
- Pourquoi est-ce que vous me dites ça, est-ce que…
- Emma… Henry a toujours eu raison à votre sujet. Vous êtes la Sauveuse. Vous êtes une princesse, vous êtes la fille de Blanche-Neige et du prince Charmant, vous êtes destinée à briser la malédiction. Ma malédiction. Et je suis la méchante reine, et si Henry n'avait pas disparu j'aurais tout fait pour continuer d'essayer de vous chasser de Storybrooke, mais il n'est plus là et le seul moyen de le sauver, de le retrouver, de le ramener de là où il est, c'est-à-dire la Forêt Enchantée, est d'utiliser la magie, et j'ai besoin de vous pour ça alors… Je voulais juste vous le dire.
Elle ne mentait pas, réalisa alors Emma avec une horreur grandissante, elle disait la vérité, ou du moins, ce qu'elle pensait être la vérité, elle y croyait dur comme fer, ce qui signifiait forcément dans son esprit rationnel et cartésien…
- Vous êtes complètement folle.
- Et si jamais, poursuivit Regina comme si de rien n'était, vous finissez par me croire et comprendre que je vous dis la vérité, et qu'alors vous me détestez, vous aurez toutes les raisons de le faire. Je veux juste que vous sachiez que je suis désolée de ce que je vous ai fait, à vous, à vos parents, et aux habitants de la ville. J'essaie de réparer mes erreurs, et mes crimes, et peut-être n'y arriverai-je jamais réellement, mais… Je veux vraiment essayer de devenir quelqu'un de meilleur.
Vu la manière dont Emma la regardait, elle ne croyait absolument pas un mot de ce qu'elle lui disait.
- Si tout cela n'est qu'un jeu pour vous, madame la mairesse, fit-elle, les larmes aux yeux, alors c'est un jeu bien cruel.
- Ce n'est pas un jeu Emma, je vous dis la vérité, et j'en suis vraiment désolée. J'aurais aimé que les choses soient différentes.
La shérif adjointe eut un mouvement de recul quand Regina tenta de poser sa main sur son épaule.
- Non, ne… Ne me touchez pas, et… Ne m'approchez plus, c'est clair ? Exigea-t-elle avant de quitter la mine. »
Regina soupira, regarda le cercueil devant elle, qui semblait la narguer, autrefois symbole de sa réussite, il représentait aujourd'hui sa défaite, et dans un mouvement de rage qu'elle ne put contrôler, elle balança le morceau de verre qu'elle avait dans la main au loin avant de fondre en larmes.
Elle avait échoué…
A suivre…
Chapter 26: Un jour comme un autre.
Notes:
Titre du 02/06/2021 : Un jour comme un autre
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de... Thranduil : Cheveux blonds : Écrire sur Legolas ou sur quelqu'un qui a les cheveux blonds
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
C'était un cauchemar.
C'était juste un cauchemar et elle allait bientôt se réveiller.
Mais n'était-ce pas la phrase qu'elle se répétait tous les jours depuis que Henry avait disparu, et franchement quand s'était-elle jamais révélée être vraie ?
Ouais c'est ça justement, jamais.
Elle qui pensait que les choses ne pouvaient pas devenir pires qu'elles ne l'étaient déjà, qu'ils avaient déjà tous atteint le point de non-retour et que seul le retour de Henry ou la confirmation définitive de sa disparition pourraient arranger ou aggraver la situation, elle avait eu tort.
Voilà que maintenant, Regina Mills affirmait que la malédiction était réelle ?
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce qu'elle… surtout, pourquoi maintenant ?
Ça n'avait pas le moindre sens.
Henry croyait en la malédiction, mais sa mère adoptive avait toujours nié son existence, et à raison, et désormais, elle disait exactement le contraire ?
Est-ce que c'était un test ?
Non, la mairesse était beaucoup de choses, et elle avait une logique tordue à propos de plusieurs sujets, mais…
Mais elle ne serait pas du genre à faire ça, avant peut-être, pour piéger Emma, lui retourner le cerveau, lorsque Henry était encore là et qu'elle faisait tout pour essayer de la chasser de la ville, mais maintenant…
Là, les choses étaient différentes, et seul le retour de Henry comptait, donc elle n'était pas en train d'essayer de la manipuler alors pourquoi…
C'était tout bonnement incompréhensible.
La seule explication logique et rationnelle à tout ça, c'était qu'elle était folle, sauf que…
Ça contredisait absolument tout ce qu'elle savait, ou croyait savoir sur la brune.
Et ça remettait aussi en cause tout ce qu'elle avait jamais su sur le monde, toutes ses convictions, toutes ses croyances, tout cela s'émiettait, se fracturait alors qu'elle passait et repassait les mots de la mairesse dans sa tête.
Elle avait avoué être la méchante reine…
Ça n'aurait pas dû se passer, pas seulement parce que ce qu'elle avait dit était absurde, mais parce que, si c'était vrai, alors ça signifiait qu'elles étaient ennemies non ?
Que Regina était la méchante de l'histoire et qu'elles étaient supposées s'affronter parce que Emma était destinée (le destin, quelle bonne blague) à briser sa malédiction et à ramener les fins heureuses de tout le monde.
Dans ce cas-là, pourquoi lui avouer la vérité si son but était de l'arrêter ?
Peut-être que la situation était désespérée au point où les notions de bien et de mal devenaient floues, où elles n'avaient plus la moindre importance, et où le monstre laissait place à une mère désespérée prête à tout pour sauver son fils.
Peut-être…
Peut-être que les monstres avaient un cœur finalement.
Non.
Non.
Juste non, elle divaguait, elle ne pouvait pas envisager une seule seconde l'hypothèse que tout cela puisse être réel, que la magie existe réellement, ce n'était pas…
Ce n'était juste pas possible.
Mais Henry a disparu, lui chuchota une voix traîtresse, et toi, même avec tes dons d'enquêtrice, toi qui te vantes de pouvoir retrouver tout le monde, tu n'as pas la moindre idée d'où il se cache, alors cela pourrait être vrai tu ne crois pas ?
Elle fit taire la voix.
Elle n'était pas suffisamment désespérée pour croire à de telles sornettes…
N'est-ce pas ?
§§§§
Lorsqu'elle rentra à l'appartement de Mary-Margaret, elle réalisa soudainement qu'elle avait momentanément oublié un détail essentiel.
David.
Il était censé passer ce soir-là, et si c'était en théorie pour qu'elles ne soient pas complètement seules toutes les deux, l'adjointe de Graham savait parfaitement qu'en réalité, il était principalement là pour voir l'institutrice.
Ça ne la dérangeait pas, Mary-Margaret méritait que quelqu'un soit là pour lui changer les idées, et il était très doué pour ça.
En les voyant discuter, et se sourire, Emma se mit à sourire à son tour, malgré elle.
Même si Henry était toujours introuvable, et même si leur histoire avait commencé d'une manière compliquée, elle était heureuse qu'ils parviennent quant même à être heureux ensemble, tout comme…
La phrase se termina dans sa tête avant même qu'elle n'ait pu empêcher sa pensée de se développer entièrement.
Tout comme la princesse Blanche-Neige et son prince Charmant étaient parvenus à être heureux malgré la menace que faisait peser la méchante reine sur eux.
Elle secoua la tête, avant de grimacer.
Elle ne devait pas penser à ça, surtout pas.
Parce que…
Parce que y penser, trop y penser, c'était prendre le risque d'y croire.
Elle n'avait pas besoin de ça, surtout pas en ce moment.
Mais seulement…
Maintenant qu'on lui avait mis cette idée dans la tête et que cela venait d'une autre personne que Henry, celle qui avait toujours proclamé que la malédiction n'était pas réelle, elle ne pouvait pas penser à autre chose qu'à ce qu'elle venait d'entendre.
Parce que, parce que, parce que si tout ça était vrai alors ça voulait dire que…
Que les deux personnes juste devant elle étaient ses parents.
Ses, ses, ses…
Son père et sa mère.
Henry d'abord, maintenant Regina, qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui dire qu'ils étaient sa famille ?
Peut-être le disaient-ils parce que c'était vrai ?
Mais comment cela aurait-il pu être le cas au juste, ils avaient à peine trente ans, et elle, elle en avait vingt-huit !
Le temps est figé, se rappela-t-elle, la voix de Henry envahissant son esprit, et Dieu, son fils lui manquait tellement qu'elle avait l'impression de se faire arracher le cœur, il ne passe pas, c'est pour ça que personne ne vieillit, c'est pour ça qu'ils ont l'air d'être si jeunes.
Elle avait tellement envie que ça soit vrai.
Ça aurait voulu dire que ses parents ne l'avaient pas abandonnée parce qu'ils ne voulaient pas d'elle, mais parce qu'ils voulaient qu'elle ait toutes ses chances, et que donc elle n'était pas juste une petit fille perdue au cœur brisé et sans famille, qu'elle était plus que ça, qu'elle était aimée.
Qu'elle…
Qu'elle était quoi au juste ?
Une princesse ?
Une Sauveuse ?
Une héroïne ?
Elle n'était rien de tout cela, elle était à peine une mère, alors comment aurait-elle pu…
Peut-être que c'était elle qui était en train de devenir folle tout compte fait.
Elle le savait, elle était à deux doigts du point de rupture.
Henry avait disparu depuis plus d'un mois, il n'était nulle part dans les environs, elle ne savait même pas si il était encore aux États-Unis et maintenant Regina affirmait qu'il… qu'il n'était même plus dans ce monde ?
C'est ça ?
Qu'il était, qu'est-ce qu'elle avait dit déjà…
Dans la Forêt Enchantée ?
Elle sentit la migraine l'envahir.
Si Regina était assez désespérée pour accepter de lui révéler la vérité, elle devait elle-même sans doute être assez désespérée pour être prête à y croire.
Parce que après tout, qu'est-ce que c'était, l'autre possibilité, si rien de tout ça n'était vrai ?
Que Henry avait fui loin d'elles, sans un regard en arrière, sans chercher à les contacter une seule fois, voire pire, qu'il était mort ?
Si il y avait une petite chance, même infime, que tout cela soit vrai, et que son fils soit vraiment dans un autre monde, et qu'elle était la seule personne capable de le ramener, alors elle voulait y croire, s'y raccrocher de toute ses forces et transformer cet espoir en vérité.
Après tout, elle était supposée être la Sauveuse, non ?
Dans ce cas-là, elle sauverait son fils.
§§§§
« Où est-il ?
Regina sursauta en entendant la voix d'Emma.
Cela faisait déjà trois jours qu'elles avaient eu leur conversation dans les mines, et la brune était persuadée de ne plus revoir la blonde à moins d'y être obligée (parce que oui, ce que la shérif adjointe avait oublié, dans sa rage, c'est qu'elle travaillait toujours pour elle) et puisqu'elles n'avaient pas rendez-vous ce jour-là, elle pensait…
Elle se reprit rapidement et un masque imperturbable refit surface sur son visage.
- Qui ? Demanda-t-elle, se doutant malgré tout qu'elle ne pouvait parler que d'une seule personne.
Henry.
Leur fils.
- Vous m'avez dit que… que Henry avait… qu'il était dans un autre monde maintenant. Où est-il précisément ?
Regina soupira.
- Vous devriez vous asseoir, dit-elle à la policière, qui se trouvait désormais dans son bureau, parce que ça risque d'être long.
La Sauveuse s'exécuta.
La mairesse la fixa pendant quelques secondes.
De toute évidence, elle non plus elle n'avait pas beaucoup dormi durant ces derniers jours, et elle la comprenait, surtout si elle n'avait fait que retourner indéfiniment dans sa tête ce que l'autre femme lui avait dit l'autre jour.
Regina savait que c'est ce qu'elle aurait fait à sa place.
- Alors ?
- Je pense… ou plutôt nous pensons…
- Nous ? Fit remarquer Emma en haussant un sourcil interrogatif.
- Il y a quelques autres personnes en ville qui croient en la malédiction, moi, monsieur Gold, Graham…
- Graham ? S'exclama Emma, interloquée. Mais comment…
- Il a récupéré ses souvenirs il y a peu, lui expliqua la reine. Le nouveau venu en ville, August et Jefferson, un autre habitant de la ville. Mais ça n'a pas d'importance.
- Oh, qu'il y a plusieurs personnes ici en dehors de Henry qui pensent que la magie existe et que cette ville est maudite ? Au contraire, ironisa Emma, je pense que ça a beaucoup d'importance.
- Nous ne le pensons pas Emma, nous le savons. Je sais que vous n'y croyez pas, mais…
- C'est exact, je n'y crois pas du tout mais Henry… Je veux comprendre ce qu'il lui est arrivé, même si l'explication est complètement folle.
Et en un sens, même si elle glissait lentement dans la folie, dans le fond, quelle importance ?
Henry avait disparu, et plus rien ne comptait.
- Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé, confessa-t-elle, mais… En revanche, je pense le savoir.
- Vous pensez ?
- Le jour où Henry a disparu, il s'est passé quelque chose… La magie… Il y a eu une manifestation de magie, dans les mines, c'était faible et plutôt diffus, parce que nous sommes dans le monde sans magie, et même si Storybrooke a été créée par un sortilège, il n'y en a que peu ici alors je pensais que ce n'était pas possible, mais… Je crois qu'un portail s'est ouvert et qu'il l'a franchi.
- Un… portail. Comme la porte des étoiles dans Stargate ?
Regina en fut reconnaissante à Emma d'avoir dit ça, parce que maintenant, elle avait envie de sourire au lieu d'avoir envie de pleurer.
- On peut dire ça comme ça, d'ordinaire, les portails sont créés par des haricots magiques. Mais ces objets ont disparu il y a bien longtemps, et je ne vois pas comment Henry aurait pu en trouver un ici, peut-être que la magie s'est réveillée depuis votre arrivée et a provoqué ce… ce qu'il s'est passé.
- Parce que je suis la Sauveuse et que ma seule présence affaiblit la malédiction ?
Regina voyait bien dans ses yeux qu'elle était toujours aussi sceptique qu'avant, mais au moins, elle essayait d'y croire, ne serait-ce qu'un peu, et c'était déjà quelque chose.
- Exact.
- Bien… C'est quoi l'étape suivante ?
- Vous avez vu La Belle au Bois Dormant ?
- Ouais. Pourquoi ?
Regina essaya de sourire, et de ne pas éclater de rire, d'un rire hystérique et brisé parce que franchement, quand est-ce que sa vie était devenue comme ça au juste, au point où elle avait besoin de l'aide de la fille de son ennemie pour réussir à s'en sortir ?
- Vous allez devoir combattre Maléfique.
- Je vous demande pardon ? »
Un jour comme un autre à Storybrooke en somme.
A suivre…
Chapter 27: Main dans la main.
Notes:
Titre du 28/06/2021 : Main dans la main
Scorpion : Emma (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 1 : Dragon
Prénom 49 : Emma
Défis de S & V n°54 - Placer le mot "Dragon"
Quatre aspects de… Ahn Jiwon (BJ Alex) : Sunbae : Écrire sur un personnage qui a plus de connaissance dans un domaine qu'un autre ou écrire sur un personnage qui aide un autre.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, S & V, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Emma examina le visage de Regina, cherchant la moindre trace d'humour dans ses traits, et n'y trouvant pas.
D'après son super-pouvoir, elle n'avait pas menti non plus.
« Maléfique… la sorcière ?
- C'est ça.
- Maléfique… la dragonne ?
- Oui.
- Le dragon qui est tué par le prince Philippe à la fin du film… elle existe ?
- Et pendant des années ça a été ma seule alliée et amie.
- Hé ben ça explique pas mal de choses si votre seule amie est une dragonne qui parle.
Regina sourit, regrettant vraiment que les choses ne soient pas différentes.
Dans d'autres circonstances, elle et Emma auraient vraiment pu être amies, mais elles ne l'étaient pas, et elle était la seule responsable.
Elle balaya les regrets qui commençaient à l'envahir, ce n'était pas avec ça qu'elles allaient avancer.
- En fait c'est une humaine qui peut se changer en dragonne, mais peu importe.
- Et elle est ici…
- Oui.
- Sauf que si j'ai bien tout suivi, elle est enfermée quelque part, mais… sous sa forme de dragonne ?
- Encore une fois, oui.
- Mais… on est dans le monde sans magie ?
- Oui ?
- Vous avez assez de magie pour qu'il y ait une dragonne dans votre ville mais pas assez pour ouvrir un portail ?
- Les portails sont extrêmement difficiles à ouvrir d'un monde à l'autre miss Swan, j'en ai fait l'expérience, fit une voix sortie de nulle part que la blonde identifia immédiatement comme étant celle de monsieur Gold.
Elle sursauta.
- Bordel vous avez pas appris à frapper aux portes vous ? Ou à prévenir les gens avant de venir ? Et puis d'abord qu'est-ce que vous faites là, comment vous avez su…
- Je suis le Ténébreux très chère, fit-il avec amusement, j'ai un sixième sens pour ces choses-là. Et Regina m'a envoyé un SMS dès votre arrivée, sans doute consciente que nous ne serions pas trop de deux pour vous expliquer en détails de quoi il en retourne. Pour une fois que tu me tiens informé de quelque chose…
L'acidité était clairement perceptible dans ses paroles, et Emma ne savait pas exactement ce qu'il entendait par là, ou pourquoi l'air était chargé d'une telle tension désormais, mais il était évident qu'ils avaient un passé commun compliqué, et elle n'avait pas envie d'en savoir plus.
Pas tout de suite en tout cas, pas alors qu'elle n'était même pas sure de ce qu'elle était supposée croire désormais.
- Très bien… Donc… Attendez comment ça le Ténébreux ? C'est quoi au juste ça ?
- Un sorcier immortel pourvu de nombreux pouvoirs, je les ai acquis en tuant le Ténébreux précédent, je suis de ce fait immortel, entre autres choses.
- C'est fascinant, marmonna Emma, n'y croyant définitivement toujours pas. Et est-ce que…
- Non, la contra-t-il immédiatement, je ne peux malheureusement pas m'en servir en ce moment, je n'ai plus mes pouvoirs de toute façon, et il n'y a pas assez de magie ici pour ça, je le sais déjà, Regina et moi nous avons essayé d'ouvrir un portail l'autre jour avec le peu de magie qui nous restait, et…
- Et nous avons échoué, termina la mairesse à sa place.
- Okay… Je vois. Et vous avez besoin de moi pour quoi exactement ? Parce que je dois vous avouer que je ne vois pas très bien le lien entre m'envoyer combattre un dragon et récupérer Henry à vrai dire.
- Demandez le au roi des plans alambiqués et tordus, ironisa Regina en fixant Gold, c'est de sa faute.
Emma se tourna vers l'antiquaire.
- Gold… Qu'est-ce que vous avez fait au juste ?
- En fait mon nom est Rumplestiltskin, se permit-il de dire, et…
- Rumple quoi ? Comment ça se prononce au juste et comment ça s'écrit ?
- Difficilement. Mon père ne m'aimait pas. Bref… Avant que la malédiction ne soit lancée, j'ai demandé à votre père…
- Le prince Charmant, fit Emma avec le même air hébété que la première fois où elle l'avait dit à voix haute en ayant le sentiment que c'était peut-être vrai. Je n'arrive toujours pas à croire que ça puisse être autre chose qu'une immense farce.
- Et pourtant, tout est vrai, fit Rumplestiltskin avec tout le sérieux du monde. Je lui ai demandé de faire quelque chose pour moi.
- De tuer Maléfique sauf qu'il a raté ? Ironisa la policière.
Un sourire apparut sur les lèvres du sorcier.
- Non, pas du tout. Il devait faire en sorte de combattre Maléfique, et lui faire avaler un certain objet, une sorte d'œuf en fait.
- Vous n'aviez pas peur qu'elle s'étouffe avec dans le processus ? L'interrogea Emma en haussant un sourcil perplexe.
- Par chance ce n'est pas arrivé. Dans cet œuf, il y avait une fiole, contenant un échantillon de la magie la plus puissante qui existe au monde.
- Laissez moi deviner, soupira Emma, en bon sorcier maléfique vous allez me dire que c'est la magie noire ?
- Vous avez tout faux. La magie la plus puissante en ce monde c'est l'amour. La magie du véritable amour plus exactement, que j'ai réussi à synthétiser en utilisant les cheveux de vos parents.
La gorge d'Emma se noua, et cette fois, elle ne put sortir aucune réplique cynique.
- Je… Comment ça ?
Henry avait dit que le baiser du véritable amour était ce qui avait réveillé sa mère de son sommeil éternel, qu'elle était née de ce véritable amour, et qu'elle…
Était-il possible que ce que Henry avait dit soit un tant soit peu vrai ?
- Votre parents partagent une chose très précieuse et rare qui est le véritable amour, j'ai pris un cheveu de l'un et un de l'autre, je les ai réunis ensemble dans une fiole, et pouf ! Magie. Au sens littéral.
- Et maintenant, cette magie est dans l'estomac de la dragonne… Et c'est moi qui dois la tuer pour la récupérer parce que… je suis la Sauveuse.
Vu la tête qu'elle faisait, son état d'esprit ne devait pas refléter « youpi j'ai trop hâte d'y aller et de risquer de me faire trucider » ni même « je suis prête à aller me battre et à être une héroïne comme l'exige mon destin », mais plutôt « est-ce que vous seriez pas en train de vous foutre de ma gueule ? », bref du Emma Swan à 100 % quoi.
- En résumé, c'est ça, approuva Rumplestiltskin.
Elle soupira.
- Pourquoi ça ne pouvait pas être quelqu'un d'autre ?
- Je suis désolé.
- Vous n'avez pas vraiment l'air désolé, le contredit-elle.
- C'est vrai, admit Gold, sans doute parce que j'en suis en partie responsable. Mais ça ne change rien au fait que nous avons besoin de vous miss Swan.
- Je n'ai jamais voulu que qui que ce soit ait besoin de moi ! Protesta-t-elle. Je n'ai jamais demandé ça moi, je voulais juste… Je ne suis pas une Sauveuse, je ne suis pas une héroïne, je suis juste… Et je veux juste retrouver mon fils, d'accord ? Je ne veux avoir à sauver personne, je n'ai jamais demandé à avoir une telle responsabilité.
- D'un parent à un autre, dit Rumplestiltskin avec compassion, je vous le promets, nous retrouverons Henry.
Emma fronça les sourcils.
- Comment ça vous…
- Peu importe, tout ce que vous devez savoir, c'est que je sais ce que ça fait d'être séparé de son fils, de savoir que nous sommes littéralement dans deux mondes différents.
La blonde le regarda droit dans les yeux et n'y lut que de la sincérité.
Elle hocha la tête.
- D'accord. Alors dites-moi, on fait quoi exactement ? Vous me dites où elle est, j'y vais avec mon flingue et je la descends ?
Regina et Rumplestiltskin se regardèrent avant d'éclater de rire.
- Non Emma, ça ne marche pas comme ça, lui répondit la reine.
- Ah oui ? Pourquoi ça ?
- Parce que, lui expliqua le sorcier, la peau de dragon est très très résistante, vos balles ne la toucheraient pas et ne la blesseraient pas, parce qu'elles ne sont pas magiques. Ou en tout cas elles ne viennent pas de la Forêt Enchantée. Vous allez devoir vous servir d'une épée.
Emma les regarda tous les deux avec un air incrédule, et son début de rire mourut aussitôt dans sa gorge dès qu'elle comprit qu'ils étaient parfaitement sérieux.
- Oh par pitié, dites-moi que c'est une blague… »
§§§§
Ce n'était pas une blague, découvrit-elle très vite à son grand désarroi.
Ils comptaient réellement la faire combattre à l'épée… contre une putain de dragonne.
Quoi ?
« Vous savez que je me suis jamais battue à l'épée de ma vie ?
- Hé bien miss Swan, lui lança Rumplestiltskin en lui lançant l'épée en même temps (l'épée de son père apparemment, elle appréciait la symbolique derrière ça même si elle n'avait pas la moindre idée de comment elle allait réussir à s'en servir), qu'elle rattrapa uniquement parce qu'elle avait de bons réflexes, avant de le fusiller du regard (ce type était complètement cinglé), vous allez devoir vite apprendre à le faire.
- Prévenez la prochaine fois ! Tonna-t-elle, agacée.
- Maléfique ne vous préviendra pas avant de vous attaquer, confirma Regina.
Emma la regarda, presque vexée.
- Vous êtes de son côté ?
- J'ai été son élève, lui rétorqua-t-elle, et ses méthodes sont… discutables, mais efficaces.
- Super, ça me rassure vachement, marmonna Emma en tentant de ne pas faire tomber l'épée.
- Du moment qu'il n'essaie pas de vous manipuler, ça devrait aller.
- Si c'était censé m'aider ou me rassurer je vous préviens tout de suite, ça marche pas trop.
- De toute façon, intervint le Ténébreux, ce n'est pas moi qui vais vous entraîner, déjà, à cause de ça, dit-il en montrant successivement sa canne et sa jambe blessée, et ensuite parce que j'ai certes été un soldat, mais je n'ai jamais été un bon combattant.
Emma se tourna vers Regina.
- Vous ? Lança-t-elle avec étonnement.
- Ma mère n'a jamais voulu que j'apprenne à me battre à l'épée, alors j'ai dû apprendre à le faire en cachette.
Emma imagina alors une Regina adolescente, sortant en douce, bien décidée à voler quelques heures de liberté à une mère un peu trop autoritaire et ne put s'empêcher de sourire.
Elle trouvait ça plutôt mignon.
- Votre mère a l'air d'être…
- Une garce, je pense que c'est le mot qui convient, intervint Rumplestiltskin sans même laisser à Emma le temps de finir sa phrase, et à la grande surprise de la blonde, la méchante reine acquiesça.
Donc Rumplestiltskin avait un passé avec Regina et Cora ?
Ça commençait à faire beaucoup là.
(Pauvre Emma, si elle avait su.)
- D'accord… Donc vous savez vous battre à l'épée ?
- Effectivement. Et vu que votre père ne se souvient de rien, je pense être la mieux placée pour vous aider. »
C'était presque drôle.
Elle voulait que ce soit réel, et elle voulait que cela ne le soit pas, elle voulait…
Elle voulait être l'amie de Regina désormais, maintenant que celle-ci avait accepté de devenir son alliée, son amie, maintenant qu'elle avait un peu fendu l'armure, qu'elle s'était dévoilée, elle voulait l'apprécier, elle le voulait vraiment, mais…
Mais si tout était vrai, alors ça voulait dire que Regina était la méchante reine et qu'elle avait gâché sa vie avant même qu'elle ne commence.
Ça signifiait qu'elles étaient supposées être ennemies.
Et maintenant qu'elle avait vu la vraie Regina, la mère, l'amie, celle qui était prête à tout pour sauver son fils, leur fils, elle ne voulait pas qu'elles se retrouvent brutalement propulsées dans deux camps opposés parce que la brune était un monstre.
Elle ne voulait pas qu'elle en soit un.
Mais si ce n'était pas réel, alors ça voulait dire qu'elle ne reverrait plus jamais Henry de sa vie.
Laquelle des deux options était la meilleure franchement ?
§§§§
« Qu'est-ce est vrai dans ce que Henry m'a dit ?
Elles étaient sorties depuis peu de la boutique de monsieur Gold, dans laquelle elles s'étaient entraînées durant tout l'après-midi, et puisqu'elles n'avaient rien de mieux à faire, elles avaient décidé de marcher dans les rues de la ville.
Regina se figea.
Elle s'attendait à devoir faire face à cette conversation depuis des semaines, et pourtant, elle n'était toujours pas prête pour ça.
Elle soupira.
- Absolument tout.
Emma la regarda avec incrédulité.
- Vous... Tu… tu veux dire que tu… Tu es vraiment la méchante reine ? Tu as réellement essayé de tuer ma mère ?
La brune hocha la tête, et la princesse sentit son monde vaciller.
Comment…
Comment est-ce que tout ça pouvait-il être réel ?
(Elle n'était pas vraiment sure de réellement y croire en fait.)
- Et cette malédiction, tu… tu l'as lancée juste pour la punir elle ?
- Oui.
- Pourquoi ?
Regina se tourna vers elle avec un regard triste.
- Parce que, il y a des années, ma mère a tué mon fiancé Daniel juste sous mes yeux, en lui arrachant le cœur, parce qu'elle n'a pas été capable de garder un secret.
- Quoi ?
- Ma mère voulait me forcer à épouser ton grand-père, le père de Blanche-Neige, le roi Léopold, qui était veuf, parce qu'elle voulait que je devienne reine. J'étais amoureuse de Daniel, le palefrenier de notre famille, et cet amour était secret. Ta mère a appris ce qu'il se passait et quand ma mère l'a questionnée, elle a dévoilé notre relation et ma mère… ma mère l'a tué en écrasant son cœur juste devant moi alors que nous tentions de fuir.
- Je… je conçois que c'est une raison plus valable que celle de la reine du dessin animée qui voulait la tuer à cause de sa beauté, mais je ne pense pas…
- Je sais. Tu as raison, mais… Je sais qu'elle n'avait que dix ans et que ma mère l'a manipulée, mais je…
Emma se figea et la regarda avec horreur.
- Attend une minute… Elle avait dix ans ? Est-ce que tu es en train de me dire que tu détestes une gamine de dix ans depuis des décennies parce qu'elle n'a pas su garder un secret ?
- Oui.
- Pourquoi ne pas avoir reporté ta haine sur je ne sais pas, ta mère ?
- Je l'ai fait. Je l'ai exilée, et des années après j'ai envoyé un tueur pour l'assassiner. Emma je sais que ce que j'ai fait est abominable, et je suis sincèrement désolée. Je sais qu'avoir été manipulée par ma mère et par Rumplestiltskin ne change rien mais… je suis vraiment désolée de ce que j'ai fait.
- Ah oui tu es désolée ? Je suis sure que tes victimes le sont elles aussi. Et encore ceux qui ont été maudits sont toujours vivants, mais et les innocents que tu as tués ?
Elle ne trouva rien à répondre à cela.
Parce que c'était la pure vérité.
- Je suis désolée que tu l'ais perdu Regina, sincèrement, mais ce que tu as fait… ce que tu fais encore, je… Je vais y aller, dit-elle, et Regina ne la retint pas. »
Ce n'est pas comme si elle méritait son pardon de toute façon…
A suivre…
Chapter 28: Une explosion de rage.
Notes:
Titre du 11/02/2022 : Une explosion de rage
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de... Sauron : Annatar : Écrire sur un personnage qui dissimule ses vrais objectifs ou sur un conseiller à l'ambition démesurée
57. Oui, il y aura plusieurs histoires à réécrire.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Ça aurait dû être facile.
Spoiler, ça ne l'était pas.
Il aurait dû pouvoir parler à Henry, ça aurait dû être simple, parler à son…
C'était justement bien ça le problème.
Henry était peut-être son fils, et même si il ne l'était pas, il était le fils d'Emma, et si il voulait pouvoir faire un jour à nouveau faire partie de sa vie, même de loin, il allait devoir…
Il fallait le mettre au courant.
Pourtant, il n'y arrivait pas, et il était là, incapable de dire la vérité à un garçon qui la méritait plus que tout, tout comme il avait été incapable de la dire à Emma dix ans plus tôt.
Les circonstances étaient différentes en revanche, parce que Henry, lui, croyait en la magie.
Ça ne rendait pas les choses plus aisées bizarrement.
Peut-être parce que ça faisait si longtemps qu'il mentait qu'il n'était plus habitué à dire la vérité à qui que ce soit.
« Est-ce que tout va bien ?
La voix de Robin des bois le tira de ses pensées et il acquiesça, plus par habitude que par sincérité.
- Oui, je réfléchissais seulement.
- A quoi ?
Il soupira.
Quitte à dire la vérité, autant commencer avec le voleur, non ?
- Je pense que… je pense que Henry est mon fils.
Robin sursauta.
- Quoi ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- J'ai été avec sa mère autrefois.
- Et tu penses qu'automatiquement c'est ton fils du coup ?
Neal se mit à rire.
- Non, mais… Les dates correspondent, et je n'ai pas dit que j'en étais sûr mais je crois que… que c'est possible qu'il le soit.
- Dans ce cas-là, comment ça se fait que tu n'étais pas au courant de son existence avant la semaine dernière ?
Un sourire triste apparut sur le visage de l'ancien enfant perdu.
- Parce que j'ai absolument tout foiré avec sa mère.
- C'est-à-dire ? »
Alors Neal lui raconta.
Il lui parla de son passé, de son père, du Ténébreux qu'il était devenu, de sa vie, de sa fuite encore et encore, de sa rencontre avec la mère de Henry, de leur histoire, de sa rencontre avec August, et de ce qu'il avait fait à Emma.
« Tu veux que je te dise ? Si jamais il doit l'apprendre un jour, il vaut mieux que ce soit par toi que par quelqu'un d'autre. Au moins tu pourras choisir quoi lui dire, et il pourra l'encaisser et il se sentira sûrement trahi, mais au moins tu auras été sincère. »
Neal hocha la tête.
Robin avait raison bien sûr.
Ça ne rendait aucunement son choix plus facile.
§§§§
Le jour où il décida de parler à Henry fut également celui où son monde vola en éclats encore une fois.
Évidemment.
Ça n'aurait pas été drôle sinon.
Et bien sûr, il ne s'était pas préparé non plus, mais honnêtement, qu'est-ce qui aurait pu le préparer à ça au juste ?
Au fait de revoir le pirate et Cora alors qu'il pensait s'être enfin débarrassé d'eux pour toujours, ou du moins en l'espérant très fort.
Pourtant…
Ils étaient là, ils étaient venus au camp, et Neal n'arrivait pas à faire sens de leur présence.
Leur but, c'était bien de réussir à trouver un moyen de se rendre à Storybrooke, pas vrai ?
Alors pourquoi étaient-ils venus ici au juste ?
Dans un endroit où en plus du reste, ils n'étaient clairement pas les bienvenus, ils étaient connus dans ce monde après tout, et ce n'était pas comme si ils faisaient de grands efforts pour cacher leurs identités respectives.
Et puis, d'un seul coup, Neal avait vu quelque chose qui l'avait frappé.
Cora avait les mains attachées, comme si…
Comme si elle était la prisonnière du pirate ?
Mais enfin, c'était absurde, pourquoi est-ce que…
« Qu'est-ce qu'ils font ici eux ? Ne put-il s'empêcher de laisser échapper, les yeux et la voix emplis de rage.
- Aucune idée, lui rétorqua Robin en haussant les épaules, tu les connais ?
- Ouais… C'est lui qui m'a assommé quand j'ai été fait prisonnier… j'ai été leur prisonnier à tous les deux.
- Oh… Je vois, fit le voleur. Tu as vraiment été le prisonnier de Cora, la reine de cœur ? Bravo pour avoir réussi à t'échapper dans ce cas-là, à ce qu'on dit, c'est une sorcière extrêmement puissante.
Neal fronça les sourcils.
Il ne se souvenait pas de s'être aperçu de ça durant sa captivité, mais d'un autre côté, il ne s'y connaissait pas vraiment en magie, et ce n'était pas comme si elle avait utilisé ses pouvoirs devant lui à un quelconque moment.
- Une sorcière, vraiment ? Dit-il, surpris.
- Oui, j'ai entendu dire qu'elle était l'élève de ton père avant de devenir la reine de cœur.
Il ne put s'empêcher de blêmir en entendant cela, parce que…
Parce que si elle était aussi puissante que Robin semblait l'affirmer, alors comment se faisait-il qu'elle l'ait laissé partir aussi facilement ?
Il y avait définitivement quelque chose qui clochait dans cette situation, et il n'arrivait pas à savoir quoi, et ça ne rendait les choses qu'encore pires.
C'était comme si il y avait un casse-tête juste devant ses yeux et qu'il était incapable de le résoudre parce qu'il ne savait pas à quelle place il était censé mettre les pièces, et c'était incroyablement frustrant.
- Oh, se contenta-t-il de répondre. Dans ce cas-là, que fait-elle ici ?
- Je ne sais pas, peut-être que l'homme qui travaille pour elle a décidé de la trahir et de nous la livrer ?
- Ça j'en doute, lui rétorqua Neal, je veux dire, trahir quelqu'un oui, ce serait bien son genre, j'en sais quelque chose, mais son but est d'aller dans le monde sans magie, et aux dernières nouvelles, Cora a l'air d'être la plus capable de trouver comment faire. Je ne pense pas qu'il l'ait réellement trahie, pour moi, c'est juste une ruse.
Le bandit le regarda avec perplexité.
- Je me trompe ou tu as l'air de vraiment le connaître lui ? Et j'ai l'impression que ça date d'avant ton retour dans la Forêt Enchantée.
Neal soupira.
- C'est le capitaine Crochet. C'est lui qui… c'est avec lui que ma mère s'est enfuie quand j'étais enfant, c'est lui qui tient absolument à tuer mon père et c'est également lui qui m'a livré à Peter Pan quand j'étais au Pays Imaginaire.
- Ah lui… Oui je comprends mieux pourquoi tu ne lui fais pas confiance. Est-ce qu'il sait que…
- Non. J'ai préféré mentir, prétendre que je venais du monde sans magie et que je ne savais absolument rien de la Forêt Enchantée ou de la magie. Je doute qu'ils m'aient cru mais ça m'étonnerait qu'il sache qui je suis réellement. Et même si c'était le cas, je ne pense pas qu'il en ait quelque chose à faire ou même que ça change quoi que ce soit. »
Ça n'avait pas la moindre importance, pourquoi est-ce que ça en aurait aujourd'hui, pourquoi est-ce que quoi ce soit serait différent d'une quelconque façon désormais ?
Robin hocha la tête, et peut-être ne comprenait-il pas ce qu'il traversait, mais au moins, grâce à lui, il avait quelqu'un à qui il pouvait parler et c'était déjà mieux que rien.
Baelfire prit une profonde inspiration.
Il avait envie de hurler, d'exploser de rage, sauf que si il faisait ça, alors ça voudrait dire révéler tout ce qu'il savait de lui, et faire comprendre au pirate qui il était vraiment, et ce n'était pas ce qu'il voulait.
Il n'avait plus qu'à espérer que personne au camp n'accepte de lui faire confiance, c'était un pirate après tout, et il finirait bien par se trahir et faire une erreur, et révéler ses véritables intentions à un moment donné.
Quant à lui, il ferait également tout pour éviter sa présence et pour que le brun n'apprenne jamais qu'il était ici.
Sauf que, alors qu'il allait s'esquiver, il réalisa à ce moment-là que le pirate l'avait vu et qu'il l'avait de toute évidence reconnu.
Bon…
Pour la tranquillité, c'était mort.
§§§§
Ça n'aurait pas dû le toucher autant, et il le savait.
Mais.
Il avait beau avoir vécu deux cents ans et avoir des milliers de souvenirs, certains étaient plus restés ancrés dans sa mémoire que d'autres, et cette nuit sur le Jolly Roger où il s'était fait trahir et abandonner, encore, était l'un d'entre eux.
Et c'était une trahison dont il ne s'était toujours pas relevé, parce qu'il s'était attaché à lui, qu'il avait accepté de baisser sa garde, lui qui se méfiait tellement des pirates à l'époque, parce qu'il lui avait fait confiance, et pourtant ça n'avait pas compté, et Killian lui avait menti.
(Tout comme il avait lui-même trahi Emma, et oh pourquoi fallait-il que les deux situations entrent tellement en résonance l'une avec l'autre ?)
C'était différent de ce qui était arrivé avec ses parents, parce qu'il comprenait les raisons de sa mère, même si cet abandon lui faisait toujours aussi mal, et pour son père, ça avait été un accident et il était certes toujours en colère contre lui, mais au moins, il savait qu'il faisait tout pour le retrouver.
Mais le pirate, lui, n'avait aucune de ces excuses, et si seulement il avait pu accepter de renoncer à sa vengeance, peut-être que…
Il devait arrêter d'avoir des regrets, le marin ne cesserait jamais de vouloir tuer son père et lui-même, il n'arrêterait jamais de lui en vouloir, fin de l'histoire.
(Il aurait sincèrement aimé que les choses se passent autrement.)
Si il avait su contenir sa colère en sa présence, les choses auraient été beaucoup moins compliquées.
Peut-être que son jugement était biaisé par ce qu'il savait de lui, et peut-être que contrairement à ce qu'il lui avait lancé autrefois, il avait changé, mais il en doutait.
Pas parce qu'il était persuadé d'avoir raison à ce sujet, tout le monde pouvait se tromper après tout, mais plutôt parce que son alliance avec Cora tendait à prouver le contraire.
Neal n'était pas dans sa tête, aussi, il ne pouvait pas savoir ce qu'il pensait, mais il n'arrivait pas à croire à ce qu'il disait quand il prétendait qu'il avait décidé de trahir Cora parce qu'elle était en train d'aller trop loin.
Il mentait, c'était évident, tout comme Neal lui-même mentait d'ailleurs, et Cora elle aussi pour ce qu'il en savait.
Oui, se dit-il en pensant à tous leurs différents mensonges, il y aura plusieurs histoires à réécrire.
L'histoire du pirate repenti, de la sorcière enchaînée, et de l'habitant du monde sans magie qui ne savait rien de l'endroit dans lequel il était tombé, toutes ces histoires formaient une chaîne de mensonges acides qui lui brûlaient la gorge.
Il avait le sentiment que cette histoire finirait mal, et il n'avait jamais autant voulu se tromper au sujet de quelque chose.
« On dirait que tu t'es bien intégré depuis la dernière fois que je t'ai vu.
La voix du pirate résonna dans le camp, et Neal se crispa.
Il n'avait pas vraiment de raison valable de fuir, et de toute façon, il n'avait pas l'intention de le faire.
Il serra les poings, essayant de contenir l'explosion de rage qu'il sentait peu à peu grandir en lui.
Il pouvait le faire, pas vrai ?
Il pouvait garder son calme, même si il savait déjà qu'il ne pourrait pas rester impassible, mais ce qui comptait le plus, c'était de garder son indenté secrète.
Crochet ne devait pas savoir que Neal Cassidy était en réalité Baelfire.
Jamais.
- Oui mais pas grâce à toi, ironisa-t-il avec un ton mordant, et si tu es là pour me demander si mon crâne va mieux depuis la dernière fois, la réponse est la même…
Il n'aima pas le sourire que le pirate lui adressa, comme si il prenait absolument tout à la légère et que rien n'avait la moindre importance, que rien ne le touchait.
Alors que Neal aurait voulu exactement le contraire, il aurait voulu briser cette façade d'insouciance, il aurait voulu lui faire mal, le faire souffrir comme il l'avait fait souffrir autrefois, oh, il y avait si longtemps.
Mais faire ça, ça aurait signifié se dévoiler et ce n'était même pas une option.
- Je présume que te présenter des excuses ne changera absolument rien du tout.
- Vu que les dites excuses risquent d'être tout sauf sincères, pas trop non.
- Et je peux savoir ce qui te donne une si mauvaise opinion de moi ?
M'avoir menti, m'avoir fait croire que tu tenais à moi alors que tout ce qui t'intéressait c'était de trouver un moyen de tuer mon père et oh le fait de m'avoir abandonné à un gamin immortel psychopathe peut-être ?
- M'avoir assommé c'est pas suffisant peut-être ?
Mais le pirate le sentait bien, ce n'était pas la seule raison.
Non, ce qu'il lui avait fait, l'assommer, le capturer, l'enfermer, ça ne justifiait pas une colère pareille à son égard.
Il y avait autre chose, il y avait forcément autre chose.
Il ne savait juste pas ce que c'était.
Seulement, quand Neal le regardait, il y avait une telle rage, une telle haine dans ses yeux, et il n'avait aucune idée de pourquoi il semblait le détester autant.
(Il ne pensa pas à l'enfant qu'il avait trahi autrefois, parce que pour lui, il était toujours au Pays Imaginaire, qu'il était toujours un enfant, et que l'enfant et l'adulte étaient si différents l'un de l'autre qu'il avait été incapable de le reconnaître.)
Au fond, quelle importance finalement ?
Ce n'était pas comme si il y avait autre chose que sa vengeance qui comptait réellement pour lui, mais tout de même.
Il l'intriguait.
Lui, il savait ce que c'était que de haïr quelqu'un plus que tout, il haïssait Rumplestiltskin depuis deux siècles environ après tout (et d'une certaine manière, durant ces vingt-huit ans, même sous la malédiction, même alors qu'il était figé, il n'avait jamais cessé de le détester), et dans les yeux de Neal, il voyait le même genre de haine.
La haine qui reste, celle qui dure, celle qui brûle et consume tout votre être.
Cela faisait bien longtemps qu'on ne l'avait pas regardé de cette manière.
- Tu ne me fais pas confiance, en déduisit-il, et il ne s'attendait pas à ce que Neal éclate de rire.
- Ouais, je me demande bien pourquoi, lança le fils du Ténébreux, la voix encore une fois remplie de sarcasme, comme depuis le début de la conversation.
C'était son armure personnelle à lui aussi, parce que, si il tournait tout à la plaisanterie, alors ça voulait dire que rien ne pouvait vraiment l'atteindre.
Pas vrai ?
Le pirate croisa les bras.
- Comme je te l'ai déjà dit, je ne travaille plus pour Cora désormais.
- Justement, le contra Neal, le fait que tu l'ais trahie prouve seulement que tu peux en faire de même pour les gens de ce camp, ça ne montre donc aucunement que tu es digne de confiance.
Peut-être aurait-il mieux fait de laisser tomber, mais il voulait juste que l'autre sache qu'il y avait au moins une personne ici qui savait qui il était vraiment et qui refusait de se faire avoir.
Et puis même pourquoi n'aurait-il pas parfaitement le droit d'être en colère lui aussi, sans avoir à se justifier ?
Qu'importe que le pirate ne comprenne pas pourquoi il le détestait ça n'avait pas la moindre importance.
Crochet haussa les épaules.
- Peut-être, peut-être pas.
- Et le fait aussi que tu sois un pirate, fit Neal, incapable de se retenir de lui lancer une autre pique. Le capitaine Crochet, ça, ce n'est pas le genre de chose qui inspire la confiance.
Un sourire calculateur apparut sur le visage du pirate, et il sut alors qu'il n'aurait jamais dû dire ça.
- Comment tu sais ça ? Je ne l'ai dit à personne, je croyais que tu venais du monde sans magie et que tu ne savais rien de la Forêt Enchantée.
Neal décida d'y aller au bluff.
- Ce n'est pas comme si tu le cachais réellement, dit-il en désignant son crochet du regard. Et puis j'ai lu un livre qui vient de mon monde et qui raconte ton histoire. Vu que Cora est la reine de cœur, il n'a pas été trop difficile de faire le lien.
Une lueur intéressée apparut alors dans les yeux de son interlocuteur.
- Oh, un livre qui parle de moi ? Qu'est-ce que c'est, les fabuleuses aventures du capitaine Crochet ?
Neal laissa un sourire narquois se dessiner sur son visage.
- Nan. Le roman s'appelle Peter Pan en fait.
Il faillit éclater de rire en voyant l'indignation sur son visage.
- Quoi ? Ils ont donné le nom de ce sale petit démon à ce livre ?
- Ouais. Ça craint. »
Et cette fois, une lueur d'amusement sincère brillait dans les yeux noisettes de Neal, et pendant quelques secondes, ce fut comme si il avait oublié qu'il le détestait.
Puis la lueur disparut, et la rage refit surface, comme si rien ne s'était passé, comme si ce n'était jamais arrivé.
« Je vais y aller, marmonna-t-il avant de s'esquiver, et le pirate haussa un sourcil interloqué. »
Tout ça était vraiment très étrange.
Et assez intéressant aussi.
Et bon, il savait bien que Cora l'avait chargé d'explorer les environs, et de chercher un objet magique pour leur permettre à tous les deux d'aller à Storybrooke mais bon, si il essayait d'en apprendre plus sur ce mystérieux inconnu, ce ne serait pas un problème pour eux.
Pas vrai ?
A suivre…
Chapter 29: Ce que je voudrais te dire.
Notes:
Titre du 24/04/2021 : Ce que je voudrais te dire
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Napoléon Solo (TMFU) : Espion : Écrire sur James Bond ou écrire sur quelqu'un qui cache sa véritable identité
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Il n'était définitivement pas prêt pour cette conversation.
Et pourtant, il allait devoir en passer par là, s'il voulait…
De toute façon, ces derniers temps, il était forcé de parler à des gens avec qui il ne voulait pas discuter, Cora, Crochet la veille…
Avec Henry c'était différent, parce que cette fois, c'était lui qui était supposé lui parler, il était supposé avoir le contrôle.
Sauf que…
Sauf que même si il savait très bien ce qu'il devait lui dire, à savoir la vérité, il n'était pas sûr de pouvoir le faire.
Avec Cora, il était en prison, avec Crochet, c'était lui qui était venu le voir, et à chaque fois il avait pu s'en sortir en mentant ou en esquivant la question, voire en fuyant, mais pas aujourd'hui.
Et aujourd'hui, son fils, ou le fils de la femme qu'il aimait autrefois, allait définitivement le détester.
Ce qui n'était absolument pas ce qu'il voulait, mais ce n'est pas comme si il avait réellement le choix.
« Henry ?
Le jeune garçon releva la tête de son livre de contes et le cœur de Neal se serra.
À chaque fois qu'il le regardait, il voyait un peu plus Emma en lui, et il pensait voir certains de ses traits à lui, sans savoir si c'était bien le cas ou si cela ne venait que de son imagination.
- Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Le jeune homme s'assit à côté de lui, et le fils de la Sauveuse referma le livre avant de se tourner vers lui, les sourcils froncés.
- Est-ce que tout va bien ?
- Oui, enfin… Non, avoua-t-il.
Quitte à ne pas mentir à son fils, autant le faire tout de suite, non ?
Un air soucieux apparut sur le visage de Henry.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est Cora c'est ça ? J'ai lu des choses sur elle dans le livre, et elle… Enfin, c'est ma grand-mère adoptive, mais elle a l'air d'être tellement…
- Je sais oui, elle est terrifiante si on en croit sa réputation, mais ce n'est pas de ça que je voulais te parler.
- Alors… de quoi s'agit-il ?
Je suis ton père.
Non, trop simple et direct, ce n'était peut-être même pas la vérité, et aux dernières nouvelles, il n'était pas Dark Vador.
- Henry, il se pourrait… que je n'ai pas été tout à fait honnête au sujet de qui je suis vraiment.
- Comment ça ? Demanda-t-il avec confusion.
Cela faisait si longtemps qu'il cachait sa véritable identité à tout le monde (Robin était une exception et ne comptait pas, contrairement à Henry, ils n'avaient pas de passé commun) qu'il eut du mal à trouver ses mots.
- Je t'ai… menti. Comme je te l'ai dit, je suis né il y a environ deux cents ans, et à cette époque, je… Je portais un autre nom. Je m'appelais Baelfire. Je me doute que mon nom ne te dit absolument rien, il n'est pas dans le livre, et mon père ne parle jamais de moi, mais… Je suis le fils du Ténébreux, le fils de Rumplestiltskin.
Les yeux de Henry s'écarquillèrent de surprise.
- Vous… Il a un fils ? Monsieur Gold a un fils ?
- C'est son nom à Storybrooke ? Bizarrement ça me surprend pas. Bref… Quand j'étais encore ado, il y avait… une guerre qui faisait rage. La guerre contre les ogres. J'avais quatorze ans, mais j'étais quant même censé me battre, mais mon père… Il ne voulait pas que je meure alors il a trouvé un moyen de me sauver, en devenant le Ténébreux. Il a mis fin à la guerre et je pensais que ce serait suffisant, mais… mais ça n'a pas été le cas, la magie noire a de plus en plus empoisonné son esprit et au bout d'un moment… Je ne reconnaissais plus mon père.
- Quel rapport ça a avec moi ?
- J'y viens. Nous avons passé un marché lui et moi, nous avons décidé de partir dans le monde sans magie avec un haricot magique, sauf que… au moment de partir, il… il m'a laissé tomber dans le portail et a renoncé à me suivre au dernier moment. Je ne vais pas te raconter ce qu'il s'est passé dans ma vie après cela, mais j'ai fini par atterrir dans le monde sans magie, et en 2000… J'ai rencontré une femme nommée Emma Swan.
Henry se figea brusquement, et Neal le vit assembler peu à peu les morceaux du puzzle ensemble, essayant de faire sens de cette phrase qui n'en avait aucun.
- Attends, vous… Tu veux dire que… Tu connais ma mère ? Mais…
Peut-être Henry avait-il déjà compris, peut-être pas, mais que ce soit le cas ou pas, il devait dire la vérité jusqu'au bout.
- Oui je la connais, on est sortis ensemble à l'époque.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
Il prit une profonde inspiration.
- Parce que… c'est à cause de moi si ta mère est allée en prison.
Il vit l'horreur apparaître dans les yeux de l'enfant, qui eut un mouvement de recul.
- Je ne comprends pas… Qu'est-ce que ça veut dire au juste, je croyais qu'elle…
- Quand je suis arrivé dans le monde sans magie, j'ai dû apprendre à m'en sortir seul, je n'avais pas de ressources, alors j'ai volé quelques trucs. Dont des montres et j'étais recherché pour ça.
- Mais alors, si c'était toi le voleur… pourquoi est-ce que ma mère s'est retrouvée en prison ? Quel rapport ça a avec elle ?
- Elle et moi, on était ensembles quand mon passé m'a rattrapé, j'étais recherché et Emma, elle… Elle a proposé d'aller chercher les montres là où je les avais cachées, ensuite, on avait pour projet de fuir ensemble au Canada.
- Sauf qu'elle s'est retrouvée en prison et toi à New York, dit Henry avec un regard dur. Pourquoi ?
- J'ai rencontré quelqu'un. August Booth. Mais son vrai nom est Pinocchio. C'est lui qui a accompagné Emma lors de son voyage vers le monde sans magie, il m'a parlé de la malédiction, de Storybrooke, et… du fait que mon père me cherchait. Il m'a dit qu'Emma était destinée à briser le sort noir et que… que j'étais en travers de son chemin. Que je la gênais.
- Et alors tu… qu'est-ce que tu as fait au juste ?
Pour l'instant, Henry n'était encore que confus.
Bientôt, la déception et la trahison se liraient sur son visage, puis la colère et la rage, et enfin le rejet, et il l'aurait bien mérité.
- J'ai été un idiot, et j'ai été égoïste. J'ai écouté August et j'ai accepté de suivre son plan, il voulait qu'Emma retourne dans le système, et il pensait que ce serait mieux pour elle si elle allait en prison. J'aurais dû… faire un autre choix mais j'en ai pas eu la force, et je… Je l'ai dénoncée à la police et j'ai fui comme un lâche sans me retourner.
Un hoquet de stupeur traversa alors le fils d'Emma.
- Je… Tu… Tu as quoi ?
Cette fois-ci, Henry se leva et s'éloigna de lui de quelques mètres, ce que Neal comprit parfaitement.
- Henry s'il te plaît, laisse-moi continuer, après tu pourras me détester et ne plus vouloir me voir ou me parler, mais je veux juste que tu connaisses toute la vérité. Même si ça fait mal.
- Tu l'as envoyée en prison pour son bien ? Ça n'a pas le moindre sens !
Il pleurait désormais, et Neal avait envie de le serrer dans ses bras, mais il ne pouvait pas parce que Henry ne l'aurait pas laissé faire.
- Je sais, et je sais que je n'aurais pas dû, et je sais aussi qu'elle me déteste, mais… Non, je n'ai aucune excuse pour ce que j'ai fait, et je suis désolé. Pour qu'elle recommence une nouvelle vie, après la prison, je lui ai fait envoyer les clefs de la voiture, et l'argent des montres, mais je crois… Je crois qu'elle n'a jamais reçu l'argent.
- La voiture, c'est… une coccinelle jaune ?
- Oui.
- Alors la voiture oui, elle l'a mais quand elle m'a parlé de sa sortie de prison elle m'a dit qu'elle n'avait rien avec elle à ce moment-là.
Baelfire soupira.
- Si c'est August qui a gardé l'argent, je jure de l'étrangler si jamais je le revois un jour.
- Donc tu l'as envoyée en prison, et… c'est tout. Ça s'arrête là ?
- Je l'ai trahie, je l'ai abandonnée, je lui ai brisé le cœur, et quand elle est sortie de prison, au lieu de la retrouver, pour lui expliquer ce que j'avais fait, j'ai préféré rester loin parce que j'étais lâche. Je l'ai fait pour ne pas avoir à revoir mon père et pour que Emma puisse accomplir son destin… Je pensais que j'avais fait le bon choix, mais j'avais tort.
Parce que si Henry était vraiment son fils, alors cela voulait dire que peut-être…
Ils auraient pu être une famille.
Ils auraient pu avoir la famille qu'ils avaient toujours voulu avoir, mais.
Mais ce n'était pas arrivé parce qu'il avait tout foutu en l'air.
Parce qu'il avait écouté August.
Parce que manifestement, l'univers et le destin les détestaient.
- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
- Toi.
Henry fronça les sourcils.
- Moi ? Mais comment ça, tu…
Puis il blêmit, semblant commencer à comprendre.
- Une seconde… Ce que ma mère m'a raconté sur mon père, sa vie avec lui, avant son séjour en prison, sa mort, leur relation, tout ça… c'était juste des mensonges ?
Neal hocha la tête.
- Elle m'a menti…
- Je pense… qu'elle a eu raison de le faire. C'est moi qui ai commencé après tout, et je suis désolé que tu l'apprennes comme ça.
- Mais alors… réalisa finalement Henry. Si elle… si elle m'a menti sur ça, est-ce que ça veut dire…
Il ne termina jamais sa phrase, les yeux emplis d'horreur.
Neal soupira.
C'était le moment.
- Henry je crois… je crois que je suis ton père.
Henry secoua la tête pour nier cette vérité qui venait tout juste de lui être assénée, comme si il la trouvait insupportable, et Neal ne fut pas vraiment surpris.
- Non, ça ne peut pas être vrai. Ça ne peut pas être… Ça ne peut pas être possible.
- Henry… Je suis sincèrement désolé.
Henry le regarda droit dans les yeux, une flamme de colère s'allumant en eux.
- Je crois… qu'il est un peu trop tard pour être désolé. Je… je vais y aller. »
Lorsqu'il sortit de la bibliothèque, Neal ne le retint pas et il enfouit sa tête dans ses mains avant de soupirer.
Comme d'habitude, il avait encore tout foiré.
A suivre…
Chapter 30: Accepter l'inacceptable.
Notes:
Titre du 27/07/2021 : Accepter l'inacceptable
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
H : Henry Mills
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Défis de S & V n°54 - Placer le mot "Dragon"
Quatre aspects de… Napoléon Solo (TMFU) : Voleur d'art : Écrire sur un voleur ou écrire sur un collectionneur d'art
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, S & V, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Ça ne pouvait pas être vrai.
Ce que le voleur lui avait dit, ce que son père…
Non.
Non, non et non, décida Henry.
Rien de ce que lui avait dit Neal Cassidy ne pouvait être la vérité, il s'y refusait, parce que si c'était vrai, alors ça voulait dire que…
Non.
Il n'avait pas le droit de ne serait-ce qu'envisager la possibilité que ça puisse être vrai d'une quelconque façon, parce que sinon…
D'un seul coup, à la lumière de ce qu'il venait d'apprendre, la Forêt Enchantée lui paraissait beaucoup moins enchanteresse et magique qu'avant.
Et pourtant, rien n'avait changé, le monde était le même qu'avant, il tournait toujours rond, tandis que le sien s'était renversé en seulement quelques minutes.
Juste à cause de quelques mots.
Je crois que je suis ton père.
Et si c'était le cas, si c'était vrai, alors ça voulait dire que son père avait abandonné sa mère, elle qui avait déjà été abandonnée tellement de fois, et il…
Henry tourna la tête, la secoua plusieurs fois, comme semblant croire qu'en faisant cela, en faisant comme si il n'avait rien entendu, comme si il ne savait rien, tout ce dérangeant savoir disparaîtrait dans les limbes.
Comme si rien ne s'était passé, et que tout était comme avant, que Neal Cassidy était juste une vague connaissance, et pas… pas potentiellement le père qu'il n'avait jamais connu.
Il regarda autour de lui, et il se demanda fugitivement ce qui aurait pu se passer si la malédiction n'avait jamais été lancée, ce qui serait arrivé si sa mère avait grandi dans ces lieux, si elle avait pu avoir sa famille autour d'elle.
Si elle n'avait pas passé vingt-huit ans toute seule, persuadée que personne ne l'aimerait jamais, si elle…
Tellement de et si et de choses qui ne se réaliseraient jamais, tellement de questions qui demeureraient à jamais sans réponses.
Dont la principale, celle à laquelle Emma seule pouvait répondre, sauf qu'elle se trouvait dans un autre monde maintenant et que parce qu'il était parti par ce fichu portail, il risquait de ne jamais savoir, de ne jamais connaître la réponse à cette question, pourtant oh si cruciale.
Est-ce que c'était la vérité ?
Est-ce que Neal Cassidy était vraiment son père ?
Et aussi, est-ce qu'elle lui avait menti ?
Il avait juste voulu savoir qui était son père, et ce qu'elle lui avait dit, il y avait cru, il y avait cru si fort, mais maintenant si tout ce que Neal lui avait raconté était vrai, alors…
Il aurait voulu que ce ne soit pas vrai, mais le récit ne le mettait pas du tout en valeur, bien au contraire, alors il n'avait pas de raison d'avoir menti sur tout le reste, et donc…
Il soupira, avant de s'asseoir, cela faisait déjà plusieurs minutes qu'il tournait en rond, essayant de faire sens de tout ça.
Parce que si tout ça était vrai, alors son père ne venait pas du monde sans magie, mais de la Forêt Enchantée, et son grand-père était Rumplestiltskin en personne, et aussi, est-ce que c'était pour retrouver son fils qu'il avait fait en sorte que la malédiction soit lancée par Regina ?
Si c'était le cas, alors ça expliquait beaucoup de choses.
Donc…
Sa mère lui avait menti.
Elle lui avait dit que son père était mort, alors qu'il était vivant, que c'était un pompier, alors que c'était un voleur, et elle ne lui avait pas dit qu'il l'avait envoyée en prison.
Elle lui avait menti, lui avait caché un détail crucial de sa vie, comment avait-elle bien pu lui faire ça ?
Regina lui avait déjà menti pendant dix ans, durant toute sa vie, au sujet de Storybrooke et de la malédiction, et voilà qu'Emma s'y mettait elle aussi ?
Henry savait qu'il était injuste, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être terriblement en colère et blessé.
Et pourtant…
Malgré tout, il comprenait.
Enfin, une fois plusieurs minutes écoulées, et une fois sa colère retombée, dans le silence du palais, quand il s'était retrouvé seul avec ses pensées, il avait commencé à y réfléchir.
Il n'était pas dans la tête de sa mère, mais…
Mais maintenant qu'il savait ce que Neal lui avait fait, ce qu'elle avait enduré par sa faute, hé bien…
Oui, il comprenait.
Peut-être avait-elle eu peur que, si elle lui disait une partie de la vérité, qu'il était vivant, mais sans lui dire tout le reste, il n'ait envie de le contacter, de le rencontrer, et il était tout à fait normal qu'elle n'ait pas la moindre envie de le revoir.
Peut-être avait-elle préféré construire ce beau mensonge plutôt que de lui avouer la douloureuse et cruelle vérité pour le protéger lui, et pour se protéger elle-même aussi, se protéger de la souffrance qui risquait de refaire surface si elle parlait de lui à nouveau.
Alors oui, il était peut-être en colère contre elle parce qu'elle lui avait menti, mais il était surtout en colère contre Neal pour ce qu'il lui avait fait.
Oh, il comprenait ses raisons, mais…
Mais ça n'excusait rien du tout, et il le savait, il n'était pas près de le pardonner.
Pourtant, malgré tout, il ne put s'empêcher de sourire.
Si Neal avait dit la vérité, si il avait raison, alors…
Alors son père était vivant.
Il avait un père, et un autre grand-père aussi, et si jamais Emma acceptait qu'il entre à nouveau dans sa vie (si tant est qu'ils parviennent un jour à rentrer à la maison), alors peut-être que sa famille deviendrait plus grande qu'elle ne l'était actuellement.
Et même si ils se trompaient, Rumplestiltskin retrouverait enfin son fils.
Et ça, c'était bien.
§§§§
Son cerveau était sur le point d'exploser.
Emma ne savait pas si elle bouillait plus de rage ou de confusion, mais elle savait que tout son être n'était plus que stupeur.
Désormais, elle doutait de plus en plus d'absolument tout.
Qu'est-ce qui était réel et qu'est-ce qui ne l'était pas au juste ?
Est-ce que Regina et monsieur Gold, non Rumplestiltskin, disaient la vérité au sujet de la magie et de la malédiction ?
Est-ce qu'elle était vraiment une princesse, la Sauveuse, la fille de Blanche-Neige et du prince Charmant ?
(Est-ce qu'il avait un prénom ce prince d'ailleurs ?)
Ça paraissait tellement… fou et insensé tout ça, mais maintenant que cela venait de deux adultes qui avaient passé des semaines à nier l'existence de la magie, et non d'un petit garçon de dix ans qui prenait ses rêves pour la réalité, ça paraissait presque… réel.
Parce que à part si ils avaient subitement perdu la raison, ils n'avaient aucune raison d'affirmer une chose pareille, et encore moins d'y croire.
Et pourtant, ils ne mentaient pas, elle le savait, elle le sentait, son super-pouvoir le lui hurlait, ce qui signifiait qu'ils y croyaient réellement, qu'ils pensaient que ce qu'ils disaient était vrai, que c'était la vérité.
Et si ça l'était ?
Et si, effectivement, les contes et la malédiction n'étaient pas juste sortis de l'imagination fertile de Henry Mills ?
Sa tête lui tournait, et elle sentait la migraine risquer de plus en plus de l'envahir, parce que franchement, comment était-elle censée concilier deux choses qui n'allaient pas ensemble, sans oublier l'idée que tout ce qu'elle avait cru savoir n'était en réalité pas vrai ?
Est-ce que Regina l'avait vraiment arrachée à sa famille ?
Est-ce qu'elle aurait pu avoir…
Elle réalisa soudainement qu'elle était à deux doigts de se mettre à sangloter, et elle prit une profonde inspiration.
Elle pleurerait plus tard, pour l'instant, elle devait d'abord trouver des réponses.
Quand elle entra dans le Granny's, un léger sourire se dessina sur son visage, parce que finalement, en deux mois et demi depuis qu'elle était arrivée ici, elle avait eu le temps de vraiment se sentir à la maison dans cet endroit.
La seule chose qui lui manquait, c'était que Henry soit là, sain et sauf, et tant qu'elle n'aurait pas réussi à battre cette dragonne, ça n'arriverait pas.
Elle, Emma Swan, elle devait se battre contre un dragon.
Pourquoi est-ce que cette perspective lui semblait être de moins en moins une blague au fur et à mesure que les jours passaient, pour de plus en plus ressembler à une possibilité crédible ?
Peut-être qu'elle aussi elle était en train de devenir folle.
Après tout, peu importe.
Elle repéra la présence de Graham quelques secondes plus tard, ainsi que celle du nouveau venu en ville, et elle s'assit à leur table, sans qu'ils montrent la moindre surprise.
C'était elle qui leur avait demandé de venir après tout.
« Est-ce que c'est vrai ? Leur demanda-t-elle immédiatement. Cette histoire de malédiction, est-ce que quoi ce que soit dans cette histoire complètement folle est un tant soit peu vrai ?
Ils se regardèrent, et August fut le premier à croiser à nouveau son regard.
- Oui, répondit-il. Tout est vrai.
Il ne mentait pas.
Ça faisait déjà quatre personnes qui lui avaient dit qu'il y avait une malédiction à Storybrooke, et aucune ne mentait à ce sujet, tous y croyaient dur comme fer, et elle sentit ses pensées partir dans tous les sens une nouvelle fois.
- Vous êtes qui vous ? L'interrogea-t-elle. Vraiment je veux dire.
- Je suis Pinocchio.
- Pinocchio, répéta-t-elle avec un ton incrédule. Ton nez s'allonge vraiment quand tu mens ?
Il sourit.
- Plus maintenant, plus depuis que je suis devenu humain, je ne suis plus un pantin de bois désormais. Il grimaça. Mais ça risque de changer dans les jours qui vont venir.
La blonde haussa un sourcils surpris.
- Comment ça ?
August soupira.
Sincère, altruiste et courageux.
Si il pouvait au moins à être le premier et le troisième de ces trois mots, ce serait déjà un bon début.
- Il y a vingt-huit ans, la malédiction a été lancée, et toi, tu y as échappé grâce à…
- L'armoire magique, ouais, je sais. Henry m'en a parlé quelques fois.
- C'est mon père qui a construit cette armoire à partir d'un bois enchanté.
- Geppetto, c'est ça ? Devina Emma.
- C'est ça.
- Laisse-moi deviner… c'est Marco ?
Des menuisiers, il n'y en avait pas dix dans la ville, elle ne voyait pas de qui d'autre il aurait pu s'agir.
Une lueur de tristesse apparut dans les yeux du pantin de bois.
- C'est bien lui. Il avait peur pour moi, peur que je me retransforme en pantin de bois inerte, une fois arrivé à Storybrooke, dans le monde sans magie, alors il a… il a menti à tes parents.
Emma se raidit et une lueur dure apparut dans ses yeux.
Elle en avait assez des mensonges à la longue.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- L'armoire magique était supposée pouvoir transporter deux personnes, normalement… ça aurait dû être tes parents, ta mère n'était pas censée accoucher aussi tôt. Sauf que mon père a voulu que je fasse partie du voyage moi aussi alors il a demandé à la fée Bleue de mentir à tes parents… de prétendre qu'il n'y avait qu'une seule place. Alors quand ta mère a accouché, tes parents t'ont mise dans l'armoire magique et tu… tu es arrivée ici.
Emma sentit le sanglot qu'elle réprimait jusque là remonter dans sa gorge, et les larmes lui montèrent aux yeux.
- Est-ce que… est-ce que tu es en train de me dire que… que j'aurais pu grandir avec mes deux parents ? Ou… ou au moins en étant élevée par ma mère, ou par mon père ? Que j'aurais pu… avoir une famille, que j'aurais dû en avoir une ? Et que ce n'est pas arrivé parce que… parce que ton père voulait absolument te sauver ?
- Je suis tellement désolé Emma.
C'était à donner le vertige, vraiment.
Alors pendant tout ce temps, durant ces vingt-huit ans, elle aurait pu…
Elle laissa ses larmes couler.
- Et toi… tu… Je ne comprends pas, dit-elle, essayant d'assembler les éléments de l'histoire dans sa tête. Où étais-tu durant ces vingt-huit ans ? J'étais seule August… j'étais seule et tu n'étais pas là.
- Je suis parti. J'avais huit ans, j'étais un enfant, et je me suis enfui parce que je n'étais pas capable de faire ce que mon père m'avait demandé. Je suis parti et je ne suis jamais revenu. Et je suis tellement désolé.
Ce n'était pas vrai, mais il n'était clairement pas prêt à l'avouer à la princesse.
Emma éclata alors de rire, un rire triste et déchiré.
- Comment est-ce que vous espérez tous que je puisse réussir à croire en la magie alors que je n'avais personne pour me dire qui j'étais ? Que je n'avais personne pour me guider ? Sans Henry, je ne serais même pas là, et je ne suis pas sure de réellement y croire.
- Qu'est-ce que tu vois ? Demanda August en attirant son attention sur sa jambe gauche.
Emma haussa un sourcil perplexe.
- Ta jambe… Je suis censée voir quelque chose de particulier ?
- Sa jambe est en bois, intervint Graham. Tu ne le vois pas ?
- Non. Je ne vois rien du tout.
August soupira, avant de remettre sa jambe sous la table.
- Tu n'y crois pas encore vraiment. Que la magie est réelle et qu'il y a une malédiction.
- Ça m'a toujours l'air aussi dingue que la première fois que je l'ai entendu…
La jeune femme s'essuya les yeux.
- Et toi alors ? Fit-elle, s'adressant à Graham. C'est quoi ton histoire, tu viens de quel conte ?
- Je suis le Chasseur. Quand Regina a voulu tuer Blanche-Neige… la première fois qu'elle a essayé je veux dire, elle m'a chargé de l'assassiner et de lui rapporter son cœur.
- Glauque.
Et même si elle essaya de ne pas trop le laisser paraître, elle était touchée par ça, et elle serra les poings jusqu'à ce que ses jointures deviennent blanches, parce que si c'était vrai, alors ça voulait dire que Regina avait essayé de tuer sa mère.
- J'ai refusé, donc elle m'a arraché le cœur et s'en est servi pour me contrôler.
- Elle a fait quoi ? S'exclama Emma, horrifiée, se rendant compte trop tard qu'elle avait parlé un peu trop fort. Hum, désolée. Mais elle a vraiment… Oh. Je suppose que ça explique pourquoi tu obéissais toujours à ce qu'elle te disait de faire et je crois que je ne vais jamais terminer cette phrase en fait. Mais attends, comment tu le sais au juste ?
- J'ai retrouvé la mémoire, elle m'a rendu mon cœur et je pense que ça a provoqué le retour de mes souvenirs.
Emma le regarda avec confusion.
- Pourquoi est-ce qu'elle te l'a rendu ? Et comment est-ce qu'elle… J'ai actuellement une image mentale en tête que j'aurais préféré ne jamais avoir.
- Crois-moi Emma, fit le shérif, quelque soit l'image en question, la réalité est pire. Apparemment, elle dit qu'elle veut changer, se repentir, réparer ses erreurs, pour Henry, pour que quand il reviendra, il comprenne qu'elle veut réellement s'améliorer. Et qu'il la pardonne un jour, si c'est possible.
- Et tu penses qu'elle est sincère ?
Graham haussa les épaules.
- Elle a l'air de l'être oui. Je la hais et je ne lui fais pas confiance, mais je peux au moins lui concéder qu'elle essaie et c'est plus que ce qu'elle a jamais fait en vingt-huit ans.
- Je vois… Et c'est quoi le rapport avec ta jambe du coup ?
- Ah oui, ça… Hé bien… Quand la fée Bleue m'a fait devenir un vrai petit garçon, elle m'a dit que pour que je reste humain, je devais être trois choses. Sincère, altruiste et courageux. En fuyant et en n'accomplissant pas la tâche qu'on m'avait confiée, je n'ai accompli aucune de ces choses. J'aurais dû te guider jusqu'à Storybrooke, t'aider à accomplir ton rôle de Sauveuse. Et j'ai échoué. Ma jambe est devenue comme ça le soir où tu as décidé de rester à Storybrooke, et ça s'étend… d'ici peu, si tu ne brises pas la malédiction, je pense que je deviendrai un être entièrement fait de bois.
- C'est dégueulasse, lâcha sobrement Emma. Je veux dire, d'accord, t'as merdé, et je t'en veux pour ça et crois-moi, je vais mettre beaucoup de temps avant de te pardonner, mais… T'étais qu'un gosse, et tu étais tout seul et je pense qu'à ta place, beaucoup auraient aussi fui. Et puis merde quoi, en admettant que tu mérites ce qui t'arrive, pourquoi est-ce qu'il n'y a que toi qui dois subir ce genre de chose ? Toi tu es maudit, mais Regina, Rumplestiltskin et tous les autres méchants qui existent sans doute et auxquels je n'ai pas envie de penser là tout de suite au risque de perdre ma santé mentale, ils n'ont rien du tout ?
- C'est… plutôt juste, reconnut Graham.
- Comment on fait pour arrêter ça ?
- Il faut briser la malédiction.
- Et comment on y arrive ?
- Tu veux que je te dise la vérité Emma ? Soupira la marionnette. Je n'en sais absolument rien du tout.
- Oh ben ça c'est merveilleux, donc en gros je ne crois pas suffisamment en la magie pour pouvoir la voir, donc je risque de ne même pas voir Maléfique si jamais je pars l'affronter, Henry est peut-être dans la Forêt Enchantée mais en fait on sait pas et même si c'est le cas on ne sait pas où exactement. Et il est peut-être en danger, voire mort, et en plus de ça personne n'a la moindre foutue idée de comment briser cette foutue malédiction.
- En résumé… C'est ça.
La blonde soupira et enfouit sa tête dans ses mains pendant quelques secondes.
- Si vous voulez bien m'excuser, je vais partir, je rentre et je vais dormir pendant une semaine. »
Vu le ton de sa voix, il n'était même pas sûr et certain qu'elle plaisante réellement.
§§§§
Emma ne sut pas vraiment quelle impulsion l'avait poussée à ressortir sa vieille couverture de ses affaires.
Malgré les années, elle était toujours là, le nom « Emma » toujours brodé dessus, et c'était la seule preuve qu'elle avait jamais eue avant de venir à Storybrooke que ses parents l'avaient aimée, l'avaient voulue, et maintenant…
Maintenant, si tout cela était vrai, ça prenait tellement de sens que ça lui donnait le vertige.
Ses parents n'avaient jamais voulu l'abandonner.
Elle sourit à travers ses larmes et serra la couverture contre elle.
Elle avait tellement envie que tout ça soit réel.
A suivre…
Chapter 31: Des débuts difficiles.
Notes:
Titre du 06/09/2021 : Des débuts difficiles
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de... Sauron : Anneau Unique : Écrire sur Celebrimbor ou écrire sur un objet magique important
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Quand Henry se résolut finalement à retourner voir Neal, cela faisait déjà un mois et demi qu'il avait quitté Storybrooke.
Il essayait d'éviter d'y penser, la plupart du temps, mais la ville lui manquait, ses habitants, Archie, Mary-Margaret, David, Graham, et tant d'autres, mais aussi Emma bien sûr.
Regina aussi lui manquait, et c'était douloureux, parce que, alors même qu'il savait tout ce qu'elle avait fait, tout ce qu'elle faisait encore, il l'aimait toujours.
Elle était sa mère, elle l'avait élevé, et malgré ce qu'elle lui avait fait à lui, il savait qu'elle l'aimait, et lui aussi il l'aimait.
Et si une part de lui-même était heureux d'avoir eu la confirmation que la magie existait, il aurait préféré également avoir eu tort d'une certaine manière, parce que ça aurait signifié que sa mère adoptive n'était pas le monstre qu'il pensait qu'elle était.
Mais chaque jour qu'il passait dans la Forêt Enchantée lui rappelait tout ce qu'elle avait fait, tout ce qu'elle avait gâché, tout ce qu'elle avait détruit.
Ce monde lui hurlait en permanence au visage que sa mère adoptive était la méchante reine.
Et cette vérité-là, il ne pouvait plus la nier.
Il ne regrettait pas d'être parti de Storybrooke, mais même si il avait confiance dans le fait qu'il trouverait un moyen d'ouvrir un portail vers le monde sans magie, il y avait tout de même une chose qui était certaine.
Il voulait rentrer à la maison.
Il voulait que Emma brise la malédiction.
Tout ce qu'il voulait, c'était que sa famille soit réunie.
(Toute sa famille, et ça incluait Regina, peu importe à quel point il était en colère contre elle.)
Et… qu'il le veuille ou non, Neal en faisait partie, qu'il soit son père ou non, il était lié à Emma, il était le fils du Ténébreux, Ténébreux qui voudrait très certainement revoir son fils après deux cents ans de séparation, alors certes, il était toujours en colère, mais…
Mais il voulait tout de même lui parler, il voulait comprendre, et surtout, il avait besoin de son aide pour peut-être trouver un moyen de rentrer chez eux.
Il faisait nuit, et malgré le froid (sans doute avait-il pris l'habitude avec son séjour au Pays Imaginaire, apparemment il y avait beaucoup de vent là-bas) il trouva Neal dehors, allongé dans l'herbe, en train d'observer les étoiles.
« Tu as du mal à dormir ?
Baelfire se tourna vers lui et hocha la tête.
- Ouais… C'est fréquent en ce moment surtout depuis… que je suis revenu dans ce monde. Des insomnies, ou des cauchemars… du coup, quand ça m'arrive, je viens ici, ça m'apaise un peu.
Henry s'allongea à côté de lui.
- Ce sont les mêmes étoiles que là-bas ? Dans le monde sans magie je veux dire.
Son père haussa les épaules.
- Je suppose oui. Je veux dire, je ne m'y connais pas vraiment en astronomie mais… elles ressemblent à celles qu'on voit dans ce monde. Notre monde.
Un silence s'installa alors entre eux, avant que Henry ne finisse par le briser.
- Ma mère… Tu l'aimais vraiment ?
Neal n'aimait pas la note de doute qu'il entendait dans la voix de Henry, mais après ce qu'il avait fait à Emma, il comprenait que le jeune garçon puisse légitimement se poser la question.
- Henry… Je sais que ce que je lui ai fait peut sembler prouver le contraire, mais… oui. J'ai aimé ta mère. Je l'aimais vraiment. Si j'avais pu faire autrement, si je pouvais changer les choses… crois-moi, je le ferais.
C'était la première fois qu'il s'était réellement autorisé à se poser quelque part, avec quelqu'un, à tomber amoureux, à ne pas avoir peur qu'un jour, la vie qu'il s'était construite s'effondre un jour et ne se disloque en mille morceaux.
Pour une fois, depuis qu'il était devenu Neal Cassidy, qu'il n'était plus Baelfire, il avait cru qu'il lui serait possible de laisser son passé derrière lui pour toujours, de passer à autre chose, et d'oublier tout ce qui avait trait à la Forêt Enchantée, au Pays Imaginaire ou même à la magie en général.
Pour la première fois depuis bien trop longtemps, il avait réussi à être heureux, et il avait naïvement cru que les choses continueraient comme ça, pour toujours, qu'enfin il allait avoir une vie normale.
Ah ah.
Quelle bonne blague.
Après ça, August était arrivé, il avait tout détruit sur son passage, et Neal avait pris l'une des pires décisions de toute sa vie, vie qui était incroyablement longue, ce qui n'était donc pas peu dire.
Henry le regarda pendant quelques secondes, semblant chercher à savoir si il était vraiment sincère, avant de hocher la tête, ayant l'air d'avoir décidé que c'était le cas.
- Est-ce que… est-ce que tu l'aimes encore ?
- Je ne sais pas, répondit-il honnêtement. Je ne sais vraiment pas, ça fait dix ans que je ne l'ai pas vue, et elle me manque bien sûr, mais… J'aimerais te dire que je peux réparer ce que j'ai brisé entre nous, mais je ne suis pas sûr de pouvoir le faire.
Il était sans doute déjà trop tard, après tout, elle l'avait aimé, elle lui avait fait confiance, et lui, il l'avait trahie, il l'avait envoyée en prison, il l'avait abandonnée.
Il n'était pas prêt de se pardonner lui-même pour ce qu'il avait fait, alors il n'était pas sûr qu'elle en soit capable un jour.
- Je sais que cette question risque de plus nous faire mal qu'autre chose, mais… Si tu avais su qu'elle était enceinte, est-ce que… est-ce que ça aurait changé quelque chose ?
Neal ferma les yeux pendant quelques secondes.
Effectivement, elle faisait mal cette question.
Il se surprit à imaginer une autre histoire, un autre monde, où il n'aurait pas envoyé Emma en prison, où ils seraient partis ensemble au Canada après avoir récupéré les montres, où ils auraient élevé Henry ensemble, seraient partis sans se retourner et ne seraient jamais revenus.
(Où ils n'auraient jamais trouvé Storybrooke.)
Il y avait un peu trop de fausses notes dans cette idée, mais en admettant qu'il imagine un univers où il n'y aurait pas eu de malédiction, où Pinocchio n'aurait pas eu à intervenir…
Oui, ça aurait absolument tout changé.
- J'en suis sûr. Je ne sais pas ce que j'aurais fait exactement, mais… Enfin j'aimerais te dire avec certitude que je serais resté, que j'aurais fait les choses bien, qu'avec Emma, on aurait tout fait pour te garder et t'élever, mais je ne sais pas si ça aurait été le cas. On était pas vraiment prêts à être parents à l'époque, alors… Je pense que j'aurais essayé de rester, de l'aider, mais je ne peux pas te le garantir. Par contre Henry, je peux te promettre une chose.
- Quoi donc ?
- Je ne peux pas changer le passé, mais en revanche, je te promets que, une fois qu'on sera rentrés à Storybrooke (oh lui qui ne voulait pourtant pas y aller avant cela, les choses avaient bien changé en quelques jours), j'essaierai d'arranger les choses avec ta mère. Que tu sois mon fils ou pas. Enfin, si elle veut bien de moi dans sa vie, et qu'elle accepte de me laisser essayer.
- Est-ce que tu essaieras aussi de te réconcilier avec ton père ? Demanda Henry avec curiosité.
Neal ne put retenir un grognement.
Ça, c'était un problème un peu plus délicat, parce que son père l'avait abandonné, mais il avait aussi fait en sorte qu'une malédiction soit lancée pour le retrouver, alors…
- On verra ça quand on y sera, d'accord ? On devrait rentrer, il ne faudrait pas que tu attrapes froid. »
§§§§
C'était une armoire.
À première vue, une armoire toute simple et banale (mais bon, celle qui menait tout droit à Narnia était tout ce qu'il y avait de plus normal a priori, elle était juste plus grande) qui ne payait pas de mine, et qui de surcroît était en morceaux.
Pourtant, Neal et Henry savaient tous les deux que cette armoire était magique, et que c'était elle qui avait transporté Emma et Pinocchio dans le monde sans magie.
Armoire qui, bien évidemment, ne marchait plus.
Bien sûr, ça n'aurait pas pu être aussi facile, aussi simple que cela.
Le lendemain de leur discussion, Neal avait trouvé Henry en pleine contemplation de l'armoire en question.
« Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il, curieux, avant de s'asseoir à côté de lui.
Henry continua de regarder l'armoire, un air concentré sur le visage.
- Je pensais juste au fait que… c'est cette armoire qui a sauvé ma mère et Pinocchio. Qui leur a permis d'échapper à la malédiction, sans elle, le Sort Noir les aurait emportés eux aussi.
- Oui, c'est… c'est remarquable. Et je dis ça alors que je déteste la magie.
Henry sourit.
- Je me disais que… Je me demandais pourquoi elle ne fonctionnait plus. Pourquoi elle ne pouvait sauver que deux personnes et qu'on ne pouvait plus la réutiliser.
Baelfire haussa les épaules.
- Je n'en sais rien… Je n'y connais rien en magie, je sais juste qu'elle est faite en bois enchanté. Je ne sais pas pourquoi elle n'a pu marcher qu'une seule fois.
- Pourtant, fit Henry, elle a toujours les mêmes propriétés magiques, non ?
- Où est-ce que tu veux en venir… Puis il comprit. Oh. Tu te demandes si on pourrait se servir de l'armoire magique pour réussir à passer dans un autre monde. Retourner dans le monde sans magie.
- Oui. C'est… c'est comme une porte en fait, ce n'est pas comme un haricot magique, qui est à usage unique, c'est un petit peu comme les chapeaux de Jefferson, sauf que l'on ne peut pas utiliser l'armoire pour faire un voyage retour. Ce serait juste un aller simple.
- Pour nous ce serait suffisant. Il faut juste… qu'on réactive son pouvoir. La question, c'est de trouver comment.
Henry baissa alors les yeux, et ce fut à ce moment-là que Neal réalisa qu'il avait posé son livre de contes sur ses genoux, et que ce dernier était ouvert, et le jeune garçon, qui le connaissait désormais probablement par cœur, le feuilletait à toute vitesse, semblant chercher un passage en particulier.
- Ah voilà ! S'écria-t-il avec un ton triomphal. J'ai trouvé !
- Qu'est-ce que tu as trouvé ? L'interrogea Neal, curieux. De quelle histoire s'agit-il ?
- De celle de mes grands-parents. Blanche-Neige et David, précisa-t-il histoire qu'il n'y ait pas de confusion avec son potentiel autre grand-père. Pour sauver la vie de mon arrière-grand-mère, ils sont allés à un lac aux propriétés magiques, il peut rompre de puissants sortilèges. Son eau peut aussi régénérer des choses et des objets, et peut-être…
- Tu penses qu'elle pourrait rendre ses propriétés magiques à l'armoire ? Demanda Neal à Henry, sentant l'espoir renaître, lui qui n'avait jusque là trouvé aucune solution efficace pour réussir à ouvrir un portail.
- Ouais, sauf que… Grimaça Henry. Le lac est asséché maintenant.
- Merde, réagit Neal, ne trouvant rien d'autre à dire. Et asséché, tu veux dire… vraiment asséché ?
- A moins qu'il ne soit redevenu comme avant par magie durant ces vingt-huit dernières années, donc malgré la malédiction, ce dont je doute fortement, ouais… En tout cas d'après le livre, oui, déjà la dernière fois, quand ils ont essayé de sauver Ruth, il ne restait plus rien à part une goutte d'eau.
- Est-ce qu'elle l'a sauvée au moins, cette eau magique ?
- Non.
- Ah… Elle n'a pas l'air très efficace alors.
- C'est parce que l'eau a été en réalité utilisée pour guérir la stérilité de ma grand-mère, expliqua Henry comme si c'était la chose la plus évidente du monde, ce qui pour Neal, ne l'était clairement pas.
- Quelle stérilité ?
- C'est… une histoire un peu compliquée.
Et alors qu'il lui racontait les manigances du roi George (oui parce que Regina c'était pas suffisant, il fallait aussi qu'un autre parent régnant sur un royaume veuille leur pourrir la vie de toutes les manières possibles), Neal ne put s'empêcher de grimacer.
- Je vois ouais, c'est… Compliqué est le mot juste. Tu penses qu'il y aurait un moyen… je ne sais pas, magique, pour que le lac… fonctionne à nouveau ?
- J'imagine que… c'est possible.
Neal regretta soudainement l'absence de son père, certes, il était encore en conflit avec lui, mais il était le Ténébreux, l'un des sorciers les plus puissants au monde, lui, il aurait sûrement su quoi faire contrairement à eux.
- Mais il faudrait qu'on ait une sorcière ou un sorcier parmi nous, ajouta Henry quelques minutes plus tard.
- Et aux dernières nouvelles, comprit immédiatement Baelfire, on a que Cora sous la main… »
Pas de fées, pas de Ténébreux, pas de Sauveuse, rien, personne, à part la sanguinaire reine de cœur qui risquait de ne pas vouloir coopérer avec eux, à moins de pouvoir avoir un billet en aller simple vers Storybrooke, et c'était entièrement hors de question.
Hé ben, ils étaient mal barrés.
A suivre…
Chapter 32: Cohabitation forcée.
Notes:
Titre du 26/07/2021 : Cohabitation forcée
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Napoléon Solo (TMFU) : Charmeur : Écrire sur un personnage qui a de nombreuses conquêtes ou écrire sur quelqu'un qui sourit tout le temps
44) 50 nuances de OUAT
6 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
La Forêt Enchantée était un lieu immense, et même sans l'explorer tout entier, rien que le château et les environs du camp étaient suffisants pour que n'importe qui puisse s'y promener durant des heures sans croiser personne, surtout que suite au Sort Noir les environs étaient encore plus dépeuplés que d'habitude.
Pourtant malgré tout, ça ne l'empêchait pas de tomber fréquemment sur la personne qu'il avait le moins envie de voir dans tout ce putain d'univers.
Killian Jones.
Évidemment, il fallait que ce soit lui et personne d'autre, c'était trop demander que de vouloir ne passer ne serait-ce qu'une seule journée sans devoir être perpétuellement confronté à l'homme en partie responsable de l'effondrement de sa famille sur elle-même ?
Oui, sa mère et son père y avaient également contribué, mais sa mère était morte, et son père était dans un autre monde, alors il était le seul sur lequel il pouvait librement se défouler.
Il se doutait bien que ce n'était pas dû au hasard, que c'était tout sauf une coïncidence, et il savait aussi très bien pourquoi.
Parce que Crochet savait qu'il était à la recherche d'un moyen de retourner dans le monde sans magie, qu'il en cherchait un lui aussi, et que de toute évidence, à part lui et Henry, personne ne pouvait réellement l'aider.
Les autres habitants ne semblaient pas avoir l'intention d'aller à Storybrooke, et le fait qu'il soit un pirate connu et redouté, même si il prétendait avoir changé, ne donnait clairement pas non plus envie de l'aider.
Aussi, qu'il veuille s'allier avec eux était plus que logique, mais également très ironique considérant qui Neal était réellement.
Et ça aurait été un euphémisme de dire que Neal était totalement opposé à cette alliance, mais ce n'était pas comme si il avait de raison valable de refuser sans lui révéler la vérité sur son identité, et ça, c'était hors de question.
Alors il allait faire comme si ça lui convenait, et au dernier moment, dès qu'il en aurait l'occasion, il se retournerait contre lui, et le trahirait avant de le laisser tomber.
C'était bien ce que Killian lui avait fait autrefois, non ?
Autant lui rendre la pareille.
« Alors, du nouveau ?
- Pas vraiment, lui rétorqua-t-il, essayant encore une fois de dissimuler toute la colère et la rage qui ne manquaient jamais de remonter à la surface dès qu'il était en sa présence, et ça n'avait rien de facile, mais au moins il y arrivait maintenant.
Ce n'était même pas réellement un mensonge, parce que tout le monde connaissait l'existence de l'armoire magique de toute façon, et que puisque le lac ne pouvait être utilisé qu'avec l'aide de Cora a priori, il était pour l'instant hors de question de partager cette information avec lui.
Pas maintenant, et peut-être même jamais.
Killian haussa un sourcil étonné.
- Comment ça ?
- Hé bien, il y a bien un objet magique à proximité qui permet de passer d'un monde à l'autre, mais… Il est inutilisable.
- L'armoire magique.
- L'armoire magique, ouais, confirma-t-il.
- De toute façon, même si elle marchait, je ne suis pas sûr qu'on rentrerait tous dedans, blagua le pirate.
Et Neal ne put s'empêcher de sourire en entendant la plaisanterie et d'aussitôt s'en vouloir pour ça, parce qu'il ne pouvait pas faire ça, il ne pouvait pas se comporter normalement avec lui, faire comme si ils n'étaient pas ennemis, il ne pouvait pas à nouveau tomber dans ce piège.
Il ne pouvait pas s'attacher à lui une nouvelle fois alors qu'il le détestait de toute son âme, ou du moins qu'il était censé le faire, pas alors qu'il avait l'intention de le trahir dans un futur proche, mais c'était plus fort que lui.
Parce qu'à force de faire semblant d'être quelqu'un d'autre, de prétendre qu'il n'était pas Baelfire, il risquait de s'y perdre lui-même, d'oublier qui il était, d'oublier qu'il le détestait, et ce n'était pas ce qu'il voulait, mais oh c'était facile, si facile de ne pas le haïr maintenant qu'il faisait comme si ce n'était pas le cas.
Mais il devait continuer comme ça, continuer de faire semblant, et bientôt, si il avait de la chance, tout ça serait définitivement derrière lui et il n'aurait plus à le voir, à lui parler ou même à penser à lui.
Alors il laissa toutes ses appréhensions de côté et cadenassa son cœur à double tour, continuant de porter le même masque que d'habitude.
- Non, c'est vrai, approuva-t-il.
- En revanche, reprit le pirate quelques secondes plus tard, il pourrait bien y avoir autre chose, quelque chose qui pourrait nous aider.
Neal fronça les sourcils.
- Quoi donc ?
- L'idée vient de Cora, précisa aussitôt le brun, et pourquoi Baelfire n'était-il pas surpris honnêtement ?
- Ouah là tout de suite, ça m'emballe énormément, ironisa-t-il.
Killian pouffa, et Neal ne put s'empêcher malgré lui de laisser un petit sourire se dessiner sur ses lèvres.
Ça devenait de plus en plus compliqué de faire semblant.
- Oui je sais, ça n'inspire pas confiance.
Et Neal serra les dents de toutes ses forces pour s'empêcher de répondre immédiatement toi non plus tu ne m'inspires pas confiance, parce qu'il était censé gagner la sienne de confiance, même si c'était uniquement d'une façon totalement superficielle.
- Je me demande bien pourquoi, marmonna-t-il avec le même ton ironique.
- Bref. C'était quand on cherchait tous les deux un moyen de changer de monde, elle m'a parlé d'une boussole magique.
- Est-ce qu'elle permet d'ouvrir des portails ?
- Non, pas exactement, en fait… On doit l'utiliser quand on ouvre un portail, ça permet de nous guider pour passer d'un monde à l'autre, si jamais on utilise un objet qui ouvre des portails sans qu'on puisse savoir exactement où on va, c'est pour éviter de se perdre et réussir à atterrir au bon endroit.
- Et j'imagine qu'il n'y a pas plus simple ?
Killian grimaça.
- Non, si on avait un haricot magique, il nous suffirait de le jeter par terre pour ouvrir un portail vers un autre monde, plonger dedans et penser à notre destination pour y aller. Malheureusement, on n'en a pas, parce qu'il n'y en a plus.
Neal le savait déjà ça, mais il fit comme si il l'ignorait, parce que après tout, il était toujours censé jouer le rôle de l'habitant du monde sans magie qui ne savait rien de rien sur le nouveau monde dans lequel il s'était retrouvé par accident.
- Évidemment, lâcha-t-il avec acidité, sinon, ce ne serait pas drôle.
Il pensa au lac qu'ils pourraient peut-être faire redevenir comme avant, si ils forçaient Cora à le faire, à l'armoire magique, et à cette boussole, qui pourrait bien être leur unique porte de sortie.
Alors il acquiesça, et ne parla pas du lac.
- Alors, partant pour chercher cette boussole ?
Ce n'était pas vraiment comme si il avait réellement le choix, pour l'instant ils tournaient en rond, et il avait besoin de faire quelque chose, pour avoir l'illusion que peut-être il ne faisait pas du sur-place et ne resterait pas coincé ici pour toujours, comme ça avait été le cas au Pays Imaginaire.
Mais il avait mis près de deux cents ans à s'en échapper.
Ça n'arriverait pas cette fois-ci.
- Ouais. Et où elle se trouve exactement ?
Le pirate eut un sourire qui de toute évidence, n'annonçait rien de bon.
- Oh, hé bien… Chez les géants. »
Ah.
Merde.
§§§§
Deux mois maintenant.
Cela faisait près de deux mois que Henry avait disparu, et si Emma avait cru qu'elle ne pouvait pas vivre un nouvel an pire que ceux qu'elle avait vécus les années précédentes avant d'arriver à Storybrooke, hé bien celui de décembre 2012 lui avait prouvé le contraire.
Et en ce début de mois de janvier 2013, elle n'était pas vraiment sure que les choses puissent réellement s'améliorer.
Et comment aurait-elle pu croire le contraire exactement ?
Henry n'était toujours pas rentré, il était introuvable, et elle n'arrivait toujours pas à déterminer si cette histoire de magie et de malédiction était réelle ou pas, comment aurait-elle pu rester calme dans ces conditions, comment aurait-elle pu ne serait-ce qu'une seconde espérer que tout se passerait bien ?
Il lui avait fallu du temps pour digérer ce que Regina, Gold, puis Graham et August, lui avaient dit, et elle n'était pas vraiment sure d'y être parvenue, parce qu'elle était censée être une princesse, une Sauveuse, une héroïne d'après eux.
Elle n'était rien de tout ça.
Elle n'était qu'une fille perdue, seule et abandonnée, qui n'avait jamais eu de maison et de famille, et puis Henry était arrivé dans sa vie, et tout avait changé.
Et puis il avait disparu, et tout s'était effondré en quelques heures.
Elle se moquait bien d'être ou non la Sauveuse finalement.
Tout ce qu'elle voulait, c'était que son fils rentre à la maison.
« Regina ? Lança-t-elle à la mairesse qui sortait tout juste de la mairie.
La brune se figea en entendant sa voix, et quand elle croisa le regard sombre d'Emma, elle sut que quelque chose n'allait pas.
(Enfin, en plus de ce qui n'allait déjà pas dans leurs vies respectives.)
- Emma ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
Cela faisait environ deux semaines qu'elles ne s'étaient pas parlées, autrement qu'au boulot quand elles n'avaient pas le choix, aussi, que la blonde veuille la voir, dans ces conditions, alors qu'elles avaient toutes les deux fini leur journée, ça, c'était intriguant.
- Je peux te parler ?
Elle essaya de sourire, sans se convaincre elle-même.
Depuis que Henry avait disparu, plus aucun de ses sourires n'était sincère de toute façon.
- Bien sûr. De quoi s'agit-il ?
- J'ai parlé à Graham et August. Au sujet de la malédiction.
Le sourire factice de Regina s'effaça immédiatement.
- Oh. Je vois. Et maintenant est-ce que… tu crois en la magie ? En la malédiction ? En ton destin ?
Emma faillit lui rire au nez, elle n'avait jamais pensé avoir un destin, être supposée accomplir quoi que ce soit d'extraordinaire, elle avait toujours cru qu'elle était libre, et maintenant, elle apprenait qu'en fait, toute sa vie avait été décidée dans les moindres détails avant même qu'elle ne vienne au monde.
C'était abominablement déprimant comme constat.
- Je ne sais pas, admit-elle, honnête, à vrai dire, je… Je ne suis sure d'y croire réellement, enfin, j'ai envie de le faire, une petite partie de moi y croit réellement, mais tout le reste ne cesse de me hurler que toute cette histoire est juste complètement insensée. Je n'y arrive pas.
- Mais tu as des doutes. Sinon tu ne serais pas venue me voir.
- Ils m'ont dit ce que tu avais fait à ma famille. À ma… à ma mère, dit-elle, ne semblant même pas croire qu'elle soit en train de prononcer un mot pareil, elle qui se pensait orpheline. Mary-Margaret. Blanche-Neige. Une partie du moins, ce que tu ne m'avais pas encore dit. Même si je me doute qu'il manque encore certaines choses.
Et à nouveau, elle eut envie d'éclater d'un rire hystérique, parce que franchement, vraiment ?
Elle allait vraiment commencer à croire qu'elle était la fille d'une princesse et d'un prince de contes de fée ?
- Emma… Je suis désolée. Je sais que tu ne me pardonneras sûrement jamais pour ce que j'ai fait, mais à nouveau, je veux que tu saches que je suis sincèrement désolée. Même si ça ne change rien.
Elle la regarda, blême et le regard perdu.
- Mais… mais alors si tu es la méchante reine, pourquoi est-ce que… pourquoi est-ce que tu as essayé de changer les choses dernièrement ? Pourquoi avoir rendu son cœur à Graham ? Pourquoi avoir réuni mes parents ?
- Parce que Henry a disparu. Parce que si il nous revient un jour, je veux qu'il sache… que j'ai essayé. Que j'ai essayé de changer, de devenir une meilleure personne, de réparer mes erreurs, et mes crimes passés comme présents. Même si ce n'est pas suffisant.
- Ne t'approches plus de moi, dit Emma, et Regina ne fut même pas surprise, parce que maintenant elle savait la vérité pleine et entière, elle en savait encore plus qu'avant, même si elle n'y croyait pas encore. »
Et plus rien ne serait plus jamais comme avant.
Elle n'avait plus qu'à espérer que la policière y croit désormais assez pour pouvoir combattre Maléfique, sinon, ils étaient tous perdus.
A suivre…
Chapter 33: Personne ne le voit.
Notes:
Titre du 26/04/2021: Personne ne le voit
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
H : Henry Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspect de... John Constantine : Charisme : écrire sur un personnage arrogant ou écrire sur le cynisme
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
La force du déni était une capacité de l'esprit humain qu'August trouvait particulièrement intéressante et fascinante.
C'était le déni qui empêchait les gens de voir la vérité sur sa jambe, qui les rendait aveugle à l'existence de la magie, et si dans le monde sans magie lui-même ça ne faisait pas une grande différence, à Storybrooke, ce n'était pas la même chose.
Parce que, dans la petite ville du Maine, la magie existait, était réelle, et cela, personne ne le voyait à part lui et une poignée d'autres personnes.
Le déni leur permettait de garder leur santé mentale, parce que, comment vivre dans un monde où la magie n'était pas censée exister mais où elle était tout de même réelle, comment vivre normalement en ayant deux vies dans la tête qui ne faisaient aucunement sens ensemble ?
Comment réussir à ne pas perdre pied en se souvenant alors que tout le monde avait oublié ?
C'était pour cela que personne n'avait cru Henry, parce qu'ils ne se souvenaient pas, et pour éviter de devenir fous.
Il comprenait cela, lui-même avait vécu dans le déni pendant presque vingt-huit ans après avoir abandonné Emma à son sort, et même si il se souvenait, parfois c'était bien plus simple de faire semblant de croire que rien de tout cela n'était réel d'une quelconque façon.
(Et puis sa jambe était venue lui rappeler à quel point il se trompait.)
Le déni n'était pas un problème en soit lorsqu'il touchait un habitant de la ville qui n'avait a priori aucun rôle à jouer dans tout ça, mais quand il s'agissait de la Sauveuse…
Là, ça rendait les choses beaucoup plus compliquées.
§§§§
L'ancien pantin de bois n'était même pas sûr qu'elle soit toujours dans le déni, mais aux dernières nouvelles, elle n'avait pas l'air de réellement y croire.
Il aurait voulu qu'elle le fasse, mais ce n'était pas vraiment comme si il y pouvait vraiment grand-chose, il l'aurait fait, avant, si il avait été là plus tôt, si il…
Non, il n'était pas temps pour lui d'avoir des regrets, il ne pouvait pas changer le passé, mais en revanche, il pouvait essayer de faire les choses bien dans le présent, si c'était encore possible.
Sinon, il allait se transformer en bois pour toujours et tous leurs efforts auraient été vains.
Ce n'était vraiment pas une alternative qui lui convenait à vrai dire.
Il retint le mouvement de sa main gauche qui ne voulait qu'une seule chose, se poser sur sa jambe gauche, sa jambe de bois, cette jambe qui n'aurait jamais dû exister, et il avait seulement envie de gratter, gratter encore et encore l'écorce jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien.
Il voulait gratter ce bois, ce poids mort, non pas jusqu'au sang parce qu'il n'en avait sans doute plus, et est-ce qu'il y avait de la sève dans les veines de cette jambe désormais au lieu de sang ou bien est-ce que sa jambe n'était en bois qu'en apparence et que dessous il y avait sa jambe humaine, normale et un système de circulation sanguine tout ce qu'il y avait d'ordinaire ?
Il ficha ses ongles dans son genou pour ne pas avoir à continuer de se poser des questions pareilles et grimaça de douleur alors qu'ils entraient dans sa chair.
De toute évidence, jambe véritablement en bois ou pas, elle faisait pour de bon partie de lui, et quand il était blessé à cet endroit, il avait mal, et si jamais il saignait, est-ce que ce serait du sang ou de la sève, les autres qui ne savaient pas verraient très certainement du sang, mais lui, que verrait-il ?
Il n'était pas sûr de vouloir le savoir, aussi il préféra retirer sa main et ses ongles avant d'aller plus loin.
C'était mieux comme ça.
« Est-ce que ça va ?
La voix de Graham le sortit de ses sombres pensées et il lui sourit.
Avec le policier, c'était facile de ne pas faire semblant, de ne pas avoir à mentir, parce que lui, il savait.
Ou au moins il savait une partie de ce qu'il y avait à savoir, il savait l'essentiel, il savait comment tout avait commencé, il ignorait juste le pire, ce qu'il avait fait à Emma quand il était adulte, en toute connaissance de cause, alors qu'il aurait pu faire un tout autre choix.
À part Neal, personne ne savait que lui aussi était responsable de l'emprisonnement d'Emma.
Il ne savait donc pas tout mais il savait déjà plus que la plupart des gens de Storybrooke ou d'ailleurs, il savait qu'il était Pinocchio, et avec lui il n'avait pas à prétendre être August Booth, il n'avait pas à faire comme si tout allait bien.
Il n'avait pas à porter son masque en permanence, même si il continuait tout de même à lui mentir.
Il haussa les épaules.
- Ça va, lui répondit-il, mais disons que ça pourrait aller mieux. »
Il ne savait pas exactement comment ça avait commencé, quand ils s'étaient mis à se voir comme ça, au Granny's, une fois leurs journées de travail respectives terminées (enfin August était actuellement plus préoccupé par la malédiction et par l'état de sa jambe que par l'écriture de son roman mais passons), mais c'était arrivé.
Au début, il y avait aussi Rumplestiltskin et Jefferson, mais ils parlaient alors surtout de la malédiction et de la (non) avancée d'Emma Swan et de sa croyance ou non en la magie, et le Ténébreux et le chapelier fou avaient fini par retourner chez eux à force. Ils piétinaient de toute façon, alors à quoi bon ?
Il ne restait plus qu'eux deux maintenant, et Pinocchio savait très bien pourquoi.
Parce qu'ils n'avaient personne.
Gold avait Belle, à qui il essayait de parler à nouveau alors même qu'elle ne se souvenait plus de lui et que son père le détestait, Jefferson avait sa fille Grace avec qui il tentait de renouer même si il n'était plus son père dans cet univers, et eux…
Enfin, ce n'était pas totalement vrai.
August avait son père, mais…
Mais franchement, comment aurait-il pu aller voir Geppetto dans ces conditions exactement, alors qu'il l'avait oublié, comme tout le monde, et qu'en plus du reste il avait échoué dans la mission qu'il lui avait confiée de toutes les manières possibles ?
Non, il ne pouvait évidemment pas, il avait bien trop honte pour ça, il ne pourrait pas avoir la force de le revoir, pas avant d'avoir réussi, pas avant que sa jambe de bois n'ait repris son état normal, et qu'il ne soit plus un pantin de bois.
Qu'il ne soit plus en danger de mort, et que la ville soit enfin sauvée.
Quant à Graham…
Hé bien, il avait son loup, de l'époque où il était encore le Chasseur, c'est vrai, mais il ne l'avait pas encore retrouvé, et il pouvait difficilement l'amener en ville de toute façon, et Blanche-Neige…
Blanche-Neige était toujours Mary-Margaret, et elle avait été son alliée autrefois, avant qu'il ne se retrouve dans les griffes de la méchante reine, mais elle ne se souvenait de rien, et elle souffrait déjà suffisamment de la disparition de Henry, alors inutile d'en rajouter en faisant exploser son monde en mille morceaux.
Alors ils se retrouvaient là, tous les soirs, pour se donner l'illusion que non, ils n'étaient pas complètement seuls au monde.
Et puis August comme Graham préféraient tout plutôt que d'avoir à se souvenir qu'ils étaient encore incapables de briser cette foutue malédiction.
« Et toi ? Demanda-t-il au Chasseur. Comment se passent tes séances avec Archie ?
Puisque le shérif continuait apparemment de faire des cauchemars dû à ce qu'il avait vécu à cause de Regina, que ce soit avant la malédiction ou pendant, en étant sous son contrôle (Pinocchio ne connaissait pas vraiment les détails de ce qui lui était arrivé, mais ce qu'il imaginait était déjà assez sordide à lui tout seul pour qu'il n'ait pas envie d'en savoir plus pour l'instant, et puis lui et Graham n'étaient pas assez proches pour qu'ils aient envie d'en discuter), il avait fini par décider de commencer une thérapie.
August en aurait bien fait de même, mais il se doutait qu'il aurait du mal à ne pas se faire passer pour un fou en lui disant « je souffre et je flippe parce que mon père m'a abandonné il y a vingt-huit ans pour mon bien et parce qu'il craignait pour ma vie, surtout qu'en plus maintenant je suis lentement en train de me retransformer en bois et j'ai peur de mourir, aide-moi. Oh et au fait, tu es en quelque sorte ma deuxième figure parentale avec mon père, et tu es un cricket aussi. », donc il avait préféré éviter pour l'instant.
Il avait beaucoup de choses à dire, mais il n'était pas vraiment sûr d'y avoir réellement droit, pas maintenant, pas tant qu'il n'avait pas réparé toutes ses erreurs et changé les choses.
Pas tant que la malédiction, les malédictions, la sienne et celle de la ville, ne seraient pas brisées pour toujours.
- Bien, lui rétorqua Graham avec un air serein sur le visage, ça se passe bien pour l'instant. Enfin, c'est un peu compliqué d'en parler sans évoquer tout l'aspect magie, malédiction, et toutes les choses… tout ce qu'elle m'a fait, ce qu'elle m'a obligé à faire dans la Forêt Enchantée quand j'étais encore le Chasseur, alors je me suis concentré sur… sur tout le reste. »
Il avait parlé de son ex abusive et violente, et de la relation toxique qu'il entretenait avec elle jusqu'à très récemment, et même si c'était éloigné de la vérité d'une manière stratosphérique, c'était ce qu'il avait trouvé de plus proche, et de toute façon, c'était tout sauf un mensonge.
Alors il avait parlé, parlé encore et encore, et pour la première fois depuis longtemps, il s'était enfin senti réellement libre.
Ce n'était pas parce que Regina lui avait rendu son cœur que ça faisait disparaître toute la souffrance qu'elle lui avait infligée.
Et ce n'était pas fini, c'était loin de l'être, mais maintenant, il avait des gens pour l'écouter, à qui il pouvait parler, il n'avait plus la sensation qu'il était en train de hurler dans le vide.
Il était écouté, il était compris, il n'était plus réduit au silence comme il l'était autrefois lorsqu'il était le prisonnier de Regina, et n'était-ce pas si ironique que celle-là même qui l'avait mis en cage par le passé soit celle qui lui avait retiré ses chaînes ?
Le loup qui était en lui pouvait désormais hurler librement et c'était bien plus que ce qu'il avait jamais eu durant ces vingt-huit dernières années ou même avant.
Lui et August n'étaient pas amis, pas encore, pas vraiment, ils n'étaient que de vagues connaissances pour l'instant, mais ils savaient pour la malédiction, et en avaient tous les deux souffert.
Voilà pourquoi c'était si facile pour eux de discuter ensemble, parce qu'ils savaient la vérité, alors ils faisaient tout pour parler d'autre chose, et oublier, même si ce n'était que durant une soirée.
Alors le shérif et l'auteur firent comme d'habitude, ils essayèrent de faire comme si leur vie était tout à faire normale alors qu'elle ne l'était aucunement.
§§§§
Il avait vraiment envie de rentrer chez lui.
Ça, c'était une chose que Neal ne pouvait pas nier, cela faisait maintenant déjà plusieurs semaines qu'il était coincé là, avec Henry, et qu'il cherchait à tout prix un moyen de quitter la Forêt Enchantée, seulement…
Pour autant qu'il voulait vraiment retourner dans le monde sans magie, il devait admettre qu'il ne faisait toujours pas confiance à Killian Jones.
Instinct de préservation, la dernière fois qu'il lui avait fait confiance, il s'était fait trahir et abandonner, et les circonstances étaient différentes cette fois, il n'était plus un enfant, il n'était plus aussi naïf qu'autrefois, mais ça ne changeait pas ce qui était arrivé, et ce qui risquait de se produire de nouveau.
Parce que le pirate l'avait trahi par le passé, et parce que soit il en avait fait de même avec Cora, soit ce n'était qu'une ruse de plus pour leur faire croire qu'il était du bon côté alors qu'il n'en était rien, dans les deux cas, il n'était pas digne de confiance.
Alors Neal avait essayé au début, il avait vraiment essayé de trouver autre chose, un autre moyen, quelque chose d'autre que cette fameuse boussole magique, à la fois parce que s'allier avec Crochet ne lui disait toujours rien qui vaille, même si il avait approuvé son plan, et parce que faire un tour chez les géants (même si ils avaient apparemment presque tous disparu) n'était pas vraiment l'idée qu'il se faisait d'une visite tranquille de son monde de naissance.
Mais bon, c'était la Forêt Enchantée, et il y avait grandi en pleine guerre des ogres, alors il n'était pas vraiment surpris que les choses n'y aient pas tant changé que ça.
Bref.
Il n'avait rien trouvé du tout, évidemment.
Encore une fois, il n'était pas son père, ni la Fée Bleue, et fouiller le château du Ténébreux une nouvelle fois n'avait pas changé grand-chose, et au final, ça n'avait servi à rien.
Il avait dû se rendre à l'évidence.
Il n'avait pas le choix, et il devait suivre le plan du pirate.
Youpi…
« Henry ? Lança-t-il au jeune garçon qui était en pleine discussion avec un des habitants du camp à propos d'il ne savait quoi exactement, peut-être du monde sans magie qui sait.
Ce dernier acheva sa conversation, le sourire aux lèvres, avant de se tourner vers lui.
- Quoi ?
Même si il avait l'air parfois un peu réticent à l'idée de lui parler, et qu'il lui en voulait toujours, ça semblait être moins le cas de jour en jour, et il le comprenait parfaitement, Henry avait besoin de temps, et c'était normal.
Il prit une profonde inspiration.
- Il se pourrait… qu'on soit sur une piste pour réussir à rentrer à la maison.
La maison.
Ça faisait si longtemps qu'il n'en avait pas eu finalement, parce que son appartement vide à New York, est-ce que c'était vraiment sa maison en fin de compte ?
- Une piste en lien avec le lac ?
Neal secoua la tête.
- Non. Je n'ai parlé du lac à personne d'ailleurs, et je pense que ce serait mieux qu'on garde ça pour nous, tu sais… à cause de Cora.
Son fils, conscient du danger qu'elle représentait encore, hocha la tête.
- Alors c'est quoi ?
- Crochet m'a parlé d'une boussole magique détenue par des géants, il a fait quelques recherches sur l'endroit, elle se trouve dans leur demeure, au sommet d'un haricot magique. Ce n'est pas très loin d'ici.
Neal sut qu'il avait perdu Henry en disant « géants » quand il vit ses yeux briller d'intérêt et de curiosité.
Il devait à chaque instant se rappeler du fait que non, Henry n'était pas né dans la Forêt Enchantée, et n'était pas habitué à la magie contrairement à lui, et que donc à peu près tout ce qui était magique était une découverte pour lui.
C'était rafraîchissant comparé à sa propre expérience.
Mais ça pouvait aussi être dangereux si il n'y faisait pas attention.
- Des géants ? Ils existent vraiment ?
Neal ne put s'empêcher de frissonner en l'entendant parler, parce qu'il avait l'air si enthousiasme, si innocent, tout ce qu'il n'était plus en somme.
Lui, il n'avait jamais rencontré de géants, mais il se souvenait des ogres.
Il se doutait bien que ce n'était pas du tout la même chose, mais il ressentait le même sentiment de peur face à un être de plusieurs mètres de haut qui pouvait l'écraser et le réduire en miettes d'un geste de la main ou du pied.
Autrement dit, si jamais il pouvait n'en voir aucun durant leur voyage, il en serait très reconnaissant.
Il hocha la tête.
- Oui. Mais ils ne sont pas connus pour être très amicaux et…
- Je veux venir, lui dit immédiatement le fils d'Emma, et Neal éclata de rire.
Il n'était même pas surpris.
Ce garçon était passé d'un monde à l'autre en un clin d'œil (et avec une bonne dose d'inconscience aussi, il ne fallait pas se le cacher), alors partir à la chasse aux géants pour trouver un objet magique ?
Évidemment qu'il voulait en être !
- Je suis sérieux ! Protesta immédiatement Henry.
- Ce n'est pas pour ça que je ris, lui rétorqua-t-il, c'est parce que… Je m'y attendais. Et c'est d'accord.
Henry sursauta.
- Vraiment ?
- Déjà je sais que tu es suffisamment têtu pour venir en douce sans demander la permission, et ensuite… Cora est ici. Elle est dangereuse, et elle a peut-être même encore sa magie, et même si ce n'est pas le cas… Je n'aime pas te laisser là, non loin d'elle alors… Ça marche.
L'enfant se mit à sourire.
- Quand est-ce qu'on part ?
- Demain. Ce sera toi, moi… et Crochet. »
Il essaya de se retenir de soupirer.
Il n'avait vraiment pas hâte.
A suivre…
Chapter 34: On se retrouve demain.
Notes:
Titre du 21/05/2022 : On se retrouve demain
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Sarasvati : Fleuve : Écrire sur une scène en bord de rivière ou sur un personnage qui nage
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Neal se souvenait de la mer.
Il se souvenait de l'océan, de cette nuit sombre, deux siècles plus tôt, de son arrivée fracassante au Pays Imaginaire, de sa chute et de la manière dont l'étendue noire et glacée avait failli l'avaler tout entier et avait d'abord refusé de le relâcher.
Il se rappelait de sa panique, de l'eau envahissant ses poumons sans qu'il puisse l'éviter, de la sensation de noyade qui grandissait de seconde en seconde et contre laquelle il ne pouvait absolument rien, et bordel, il ne pouvait plus respirer.
Il se souvenait de son sauvetage, aussi.
Ça faisait deux cents ans que c'était arrivé, et il n'avait rien oublié.
Il aurait préféré, parfois.
C'était absurde non ?
Qu'il s'en rappelle justement maintenant, qu'il se souvienne de sa rencontre avec le pirate la veille du jour où il allait partir avec lui en expédition en ayant la quasi-certitude que ça se passerait mal.
Il n'arrivait pas à dormir, encore, et malgré la fraîcheur de la nuit (ils devaient être en janvier maintenant si il avait bien compté les jours, ce n'était pas comme au Pays Imaginaire où c'était vite devenu vide de sens, ici, le temps passait normalement), il était sorti dehors, marchant sans but, avant de tomber sur une rivière.
Et là, les souvenirs étaient d'un seul coup revenus pour le hanter.
Ça lui arrivait déjà parfois quand il vivait encore à New York et que des choses autour de lui lui rappelaient son passé, une référence à Peter Pan, à Rumplestiltskin ou aux contes de fées en général, mais là…
Là, c'était différent.
Maintenant, il faisait face au passé d'une manière un peu trop littérale.
Ce n'était pas censé arrivé, ce n'était pas supposé se passer comme ça, mais…
Mais c'était en train d'arriver, et il ne pouvait rien y faire.
Si il avait pu, il serait parti seul avec Henry, sans se soucier du pirate, mais c'était lui qui savait où se trouvait la demeure des géants, alors il n'avait pas vraiment d'autre choix que de lui faire confiance, au moins à ce sujet.
Son regard tomba à nouveau sur la rivière.
Cette fois, c'était différent.
Ce n'était qu'une rivière, se rassura-t-il du mieux qu'il put, ce n'était pas la mer ou l'océan, ce n'était qu'une toute petite rivière de rien du tout, il ne s'y noierait pas, il n'y tomberait pas, et cette fois, il n'était plus un enfant seul et apeuré, il n'était plus le même, et surtout, il n'y avait plus d'ombre menaçante qui risquait de l'emporter dans un autre monde sans qu'il l'ait demandé.
Il n'avait plus à avoir peur, et pourtant, il sentait l'angoisse monter en lui sans pouvoir une seule seconde la contrôler.
Et si, le lendemain, quelque chose tournait mal ?
Et si il arrivait quelque chose à Henry ?
Et si Crochet finissait par comprendre qui il était réellement et qu'il le trahissait à nouveau, se retournait contre lui, l'abandonnait, comme autrefois ?
Et si…
Il détourna les yeux de la rivière.
Il devait se forcer à croire que tout irait bien, quant bien même toutes les fibres de son corps lui hurlaient le contraire.
Ça n'empêchait pas la peur et l'angoisse de lui nouer la gorge pourtant.
§§§§
Elle n'était pas sure d'être prête honnêtement.
Mais après tout, quelle importance ?
Elles étaient à court de temps, et ça faisait certes des jours, des semaines même, qu'elle était en colère contre Regina à cause de ce qu'elle avait fait (est-ce que c'était réel ? Est-ce que c'était vraiment réel ?), et elle l'était toujours, mais…
Mais apparemment, Henry avait besoin d'elles, et si la magie était vraiment réelle, alors elle devait…
Emma secoua la tête, avant de soupirer.
Elle aurait aimé pouvoir y croire, elle aurait vraiment aimé être capable de le faire, mais elle avait vécu pendant vingt-huit ans dans le monde sans magie, alors comment aurait-elle pu…
A chaque fois qu'elle ne faisait qu'envisager l'hypothèse que ça puisse être réel, son cerveau rejetait immédiatement l'idée, elle était encore trop rationnelle pour réussir à y croire, et quelque part peut-être préférait-elle ne pas le faire.
Parce que si elle n'était pas une princesse alors ça voulait dire que personne n'avait gâché sa vie, qu'il n'y avait pas d'autre univers où elle aurait pu avoir une meilleure vie, elle n'avait pas à pleurer sur ce qu'elle aurait dû avoir et n'avait jamais eu.
Et ça signifiait que personne n'avait besoin d'elle, qu'elle n'était pas supposée sauver qui que ce soit, qu'elle n'était pas la Sauveuse, et toutes ces choses qui lui foutaient tellement la trouille qu'elle se demandait encore comment elle avait fait pour ne toujours pas s'être enfuie en courant depuis le temps.
Enfin si.
À cause de Henry.
C'était pour lui qu'elle était prête à peut-être croire en tout ça, parce que si rien n'était réel, alors ça signifiait que son petit garçon… était peut-être mort.
Cette pensée tournait en rond dans sa tête depuis des mois, et pourtant, ce n'était pas suffisant pour la faire croire en la magie.
Qu'est-ce qui le serait au juste ?
Elle frappa à la porte du manoir de la mairesse.
« Bonjour Regina, lança-t-elle à la brune quand celle-ci lui ouvrit la porte, et la sorcière se figea.
- Oh. Emma. Je ne m'attendais pas à te voir ici, surtout après…
- Tu es la méchante reine. Soit, admettons que j'y crois, dans ce cas-là, toi et moi on est ennemies, tu as essayé de tuer mes parents, de me tuer, tu as maudit tout le monde, et je te déteste… Mais… Mais j'ai besoin de toi pour sauver Henry. Alors… je voudrais que tu recommences à m'entraîner.
- C'est d'accord, lui répondit Regina, soulagée. Tu n'as pas pris ton épée avec toi ?
Emma haussa un sourcil sceptique.
- Elle est dans ma voiture, tu ne crois quant même pas que j'allais sortir et venir chez toi avec une épée à la main ? Les gens se seraient posés des questions. Et je voulais être sure que tu dirais oui.
- C'est juste, approuva-t-elle, va la chercher dans ce cas-là, je t'attends. »
Emma lui sourit poliment, un sourire dénué d'une quelconque chaleur, mais au moins elle ne lui avait pas encore fichu son poing dans la figure, alors Regina estimait qu'elles avaient fait des progrès.
Elle prit une profonde inspiration et essaya de retenir ses sanglots.
Tout ce qu'elle voulait, c'était que son fils rentre à la maison.
§§§§
Regina devait l'admettre, Emma avait fait des progrès.
La jeune femme savait déjà se battre à la base, et elle était indéniablement sportive et bagarreuse, mais elle n'avait probablement jamais tenu d'épée dans ses mains de sa vie avant de venir à Storybrooke.
(Et c'était de sa faute, parce que de toute évidence, si il n'y avait pas eu la malédiction, nul doute que Blanche-Neige ou David, voire les deux, lui aurait appris à le faire, pour qu'elle puisse savoir se battre, se défendre contre le monde cruel qu'était la Forêt Enchantée, et ça n'arriverait jamais, parce qu'elle…
Tout était de sa faute.)
Est-ce que ce serait suffisant face à Maléfique ?
Hé bien, son père savait à peine se servir d'une épée la première fois qu'il avait affronté un dragon, et pourtant, il avait triomphé, alors peut-être que ce serait le cas là aussi.
Elle n'avait plus qu'à l'espérer.
§§§§
Il faisait beau.
Il faisait beau, et Neal Cassidy n'en avait absolument rien à foutre.
Parce que l'angoisse qui lui nouait à la fois le ventre et la gorge refusait totalement de le laisser tranquille, et ce alors que cela faisait déjà quelques heures que lui, le pirate et Henry avaient quitté le camp.
Et depuis, le silence régnait.
Ce n'était même pas de la mauvaise volonté – et même si c'en avait été, il n'aurait pas eu à se justifier de toute façon – c'était juste que…
Il n'avait absolument rien à dire.
Henry, bien trop occupé à être émerveillé par tout ce qui l'entourait, n'était lui-même pas bavard, et de toute façon, Neal n'avait pas vraiment envie de lui parler, pas alors qu'il était là lui aussi, et la dernière fois ce qui l'avait perdu c'était le fait qu'il avait donné bien trop d'informations à son sujet à Killian, et que ce dernier s'en était servi contre lui plus tard.
Il refusait que ça recommence, alors il ne devait pas savoir qui il était réellement et que Henry était peut-être son fils.
Crochet ne devait rien savoir, enfin du moins pas tant que lui aurait décidé de ne rien lui dire, pas alors qu'il représentait encore une menace pour lui, pour eux, et pour son père, parce que a priori, il n'y avait pas de magie à Storybrooke, alors son père n'était plus immortel, donc…
Si jamais il réussissait à faire le voyage jusqu'à Storybrooke et à trouver Rumplestiltskin avant qu'ils ne puissent l'arrêter…
Non, il ne pouvait même pas songer à cette possibilité, ça n'arriverait pas.
Alors oui, il faisait beau, le soleil brillait bien haut dans le ciel, et le paysage était charmant.
Et Baelfire n'avait définitivement pas envie d'être là.
Mais bon, il allait devoir faire avec.
§§§§
Le plus amusant dans tout ça, c'est que le pirate avait la quasi-certitude que l'ambiance aurait été à peu près la même si il avait fait le voyage avec Cora comme c'était prévu à l'origine (la sorcière préférait pour l'instant rester dans le camp et continuer de prétendre qu'elle n'avait plus ses pouvoirs et espionner les uns et les autres en tentant de trouver un moyen d'ouvrir un portail, autre que l'armoire magique qui de toute évidence ne fonctionnait pas), à savoir, complètement silencieuse.
La magicienne n'était en effet pas une personne des plus causantes, excepté lorsqu'il s'agissait de parler de leurs plans pour quitter la Forêt Enchantée, et Killian s'en accommodait très bien comme ça.
La rousse n'était pas franchement le genre de personne qui donnait envie de discuter, et lui-même avait mieux à faire que de dire des banalités.
Ce qui comptait avant tout, c'était sa vengeance, rien d'autre.
Alors d'une certaine manière, avec Neal et Henry, il n'était pas vraiment très dépaysé.
Bon, ça avait été un peu déstabilisant au début, parce que de ce qu'il avait vu et entendu, Henry était un petit garçon très enthousiaste et intéressé par tout ce qui concernait la Forêt Enchantée, et il lui avait d'ailleurs posé des questions sur sa vie de pirate.
(Il ne lui avait pas tout dit, évidemment.
Il y avait des choses qu'un enfant n'avait pas besoin de savoir.)
Mais comme il passait son temps à explorer à peu près tout ce qu'il voyait, ce n'était pas surprenant finalement, quant à Neal…
Hé bien il le détestait depuis le jour où il l'avait vu pour la première fois (ce n'était pas vrai, mais ça, il n'avait aucun moyen de le savoir) et le pirate lui-même savait qu'il n'avait pas donné la meilleure des premières impressions, alors le fait qu'il soit en froid avec lui était parfaitement compréhensible.
Killian était en réalité presque surpris qu'il ait accepté de venir avec lui dans cette expédition, ça devait vouloir dire qu'il était suffisamment désespéré pour ça.
Mais tout de même…
Il y avait quelque chose qui l'intriguait dans tout ça, cette lueur de rage et de haine dans ses yeux qu'il avait encore du mal à dissimuler lorsqu'il le regardait et qu'il n'arrivait pas à comprendre. Il le détestait depuis le début, et ça n'avait pas l'air de s'arranger, alors qu'ils étaient dans le même camp maintenant et que Neal n'avait aucune raison de croire qu'il pouvait le trahir.
(Bon, en fait si, et il avait l'intention de le faire si jamais l'occasion se présentait, mais ça, il n'était pas supposé le savoir.)
Pourtant il avait eu le sentiment qu'ils avaient progressé ces derniers temps alors qu'ils planifiaient cette expédition, ils avaient discuté ensemble quelques fois, ils avaient ri, ils avaient souri, la lueur avait semblé disparaître, et puis parfois, sans prévenir, elle revenait.
Ce qui n'avait pu le mener qu'à une seule et même conclusion.
Neal avait menti, et le connaissait d'avant son arrivée dans le monde sans magie, et il était quelqu'un de son passé.
Quelqu'un à qui il avait apparemment fait du mal.
Qui exactement, ça, il n'en avait pas la moindre idée.
Mais il avait bien l'intention de trouver.
§§§§
Les yeux de Neal s'écarquillèrent quand il le vit pour la première fois.
« Oh bordel, murmura-t-il, estomaqué.
À côté de lui, Henry eut exactement la même réaction.
Le pirate sourit.
- Oui je sais, c'est impressionnant. »
Devant eux, il y avait, gigantesque et imposant, le fameux plant de haricot du conte bien connu Jack et le Haricot magique, qui montait jusqu'aux nuages, et rien qu'en le voyant, Neal en eut le vertige.
« On est vraiment censés escalader ce truc ? S'écria-t-il, stupéfait. Sans se casser la gueule, et en risquant de lâcher et de tomber puis de se rompre le cou ? Comment au juste ?
Un nouveau sourire apparut sur le visage du marin.
- Avec ça, dit-il en brandissant deux bracelets, qui, devina rapidement Neal, étaient magiques, on pourra escalader grâce à ces trucs sans risquer de tomber. Enfin, ça ne nous dispense pas de nous accrocher et il y a quant même un risque mais disons que sans ça on ne peut pas y monter.
Génial, encore de la magie…
Il s'y attendait, mais tout de même, il…
Et puis, soudainement, il réalisa qu'il y avait deux bracelets, et comme il refusait catégoriquement de laisser Henry affronter un géant ou même plusieurs si jamais il y en avait encore là-haut…
Oh.
Et merde.
Il allait être super sympa ce voyage…
A suivre…
Chapter 35: Un secret bien gardé.
Notes:
Titre du 15/07/2021 : Un secret bien gardé
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspect de… Klaus (TUA) : Tatouage : écrire sur Drago Malefoy ou sur quelqu'un qui a un tatouage
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Bon, aujourd'hui c'est un gros morceau, la putain de boussole à trouver, et je vais clairement reprendre des trucs de la saison 2 et les condenser parce que ce serait trop long de tout reprendre. Ah et est-ce que les persos vont enfin pouvoir rentrer chez eux ? Ah ah, pas aujourd'hui en tout cas.
Chapter Text
Ça, ce n'était pas prévu.
D'accord, il savait bien qu'il allait devoir côtoyer Crochet durant ce maudit voyage, mais il ne s'attendait pas à devoir le faire seul.
« Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi on a besoin de ces bracelets au juste ?
- Parce qu'il y a un sort de protection qui empêche ceux qui veulent grimper le plant de haricot de le faire, je suppose que ça a été mis en place par le dernier géant après la guerre mené par Jack contre les géants… Cora m'a donné ces bracelets, et…
- Et bien évidemment, il n'y en a que deux, soupira Neal.
Donc ça voulait dire que quelqu'un devrait rester en bas, et puisqu'il refusait de laisser Henry être confronté à un putain de géant, même si ils avaient de la poudre de Pavot sur eux (ils n'allaient pas venir non préparés non plus), alors…
Il soupira une nouvelle fois.
Il fallait faire un choix, et ça voulait dire soit laisser Henry grimper cette tige avec un type à qui il ne faisait absolument pas confiance, soit le laisser seul et sans protection.
- Vous nous laissez une minute ? Demanda-t-il au pirate qui acquiesça et s'éloigna de quelques mètres. Henry, je…
- Tu préfères y aller, le coupa son fils.
Neal le regarda avec stupéfaction.
- Comment est-ce que tu…
Henry soupira à son tour.
- Je sais que je peux parfois être imprudent, mais je ne suis pas inconscient, ni stupide. Et un géant… enfin je pense que vous saurez mieux le gérer que moi. Tu me raconteras ? Ajouta-t-il, les yeux brillant de la même curiosité qui l'animait lorsqu'il s'agissait de choses du monde magique.
Baelfire essaya de lui sourire.
Qu'y aurait-il à raconter au juste ?
Qu'il allait passer plusieurs heures détestables avec quelqu'un qui ne rêvait que d'une chose, tuer son père ?
Que le simple fait de devoir côtoyer un géant allait lui rappeler la guerre des ogres et ce que son père avait dû faire pour lui sauver la vie, le monstre qu'il était devenu, le père qu'il avait perdu, et puis sa chute, sa chute interminable dont il ne s'était jamais réellement relevé finalement ?
Qu'est-ce qu'il allait lui dire, qu'il allait devoir monter jusqu'au ciel en se souvenant de toutes ses chutes, physiques comme métaphoriques, du jour où son père avait lâché sa main, ou de cette nuit où l'ombre l'avait agrippé et emmené en enfer et où il était tombé dans l'eau froide et mortelle qui avait tout fait pour le tuer ?
Non, bien sûr que non.
Alors il laissa tout ça de côté, se força à afficher un sourire sincère quand tout son être ne rêvait que d'une seule chose, pouvoir hurler, et il hocha la tête.
- C'est promis. Très bien, on va y aller, je ne sais pas combien de temps ça va nous prendre, mais ça risque d'être long, le temps qu'on escalade ce truc, qu'on neutralise le géant si il est bien là et qu'on trouve la boussole, puis qu'on redescende. Alors… ne t'inquiète pas si on met du temps à revenir, ça ne voudra pas forcément dire qu'on a des problèmes.
Oui, ou alors peut-être que ça signifie que le géant vous aura tués tous les deux et il se retrouvera tout seul, lui susurra la part sombre, pessimiste et cynique de son esprit qu'il n'arrivait malheureusement pas toujours à faire taire. Et il ne le saura même pas, à moins que le géant ne descende pour le tuer à son tour.
Tais-toi, lui intima-t-il, pas maintenant.
Pas alors qu'il allait laisser Henry seul pendant quelques heures sans pouvoir une seule seconde savoir si il allait bien ou non.
- Et toi… reprit-il, fais bien attention à toi.
Puis, il le serra dans ses bras, parce que, qu'il soit son fils ou pas, ça n'avait pas d'importance, c'était le fils d'Emma, et au fil des semaines à vivre à ses côtés, il s'était attaché à lui.
Si jamais il lui arrive quoi que ce soit, songea-t-il, Emma va me tuer.
Et moi, je ne me le pardonnerai jamais.
- T'en fais pas, le rassura Henry, ça va aller. »
C'était lui qui aurait dû lui dire ça, et pas l'inverse.
Il regarda le plant de haricot puis le pirate.
Honnêtement, là tout de suite, les deux lui faisaient peur de la même manière, mais pas pour les mêmes raisons.
§§§§
« Vous n'avez pas le vertige au moins ?
En entendant la voix du pirate rompre le silence (relatif, il y avait quant même pas mal de vent) qui régnait autour d'eux, Neal sursauta, manqua de peu la branche suivante à laquelle s'agripper et ne s'y rattrapa qu'à la dernière seconde, avant de fusiller le brun du regard.
- Vous êtes sérieux ? Grommela-t-il en levant les yeux au ciel. Vous auriez pas pu me demander ça plus tôt, genre, je sais pas, quand on était encore tout en bas sur la terre ferme ?
Si il n'avait pas été aussi occupé à continuer d'essayer de grimper, Crochet aurait sûrement haussé les épaules.
- Comme la conversation était plutôt inexistante, j'ai préféré essayer de la commencer avec un sujet anodin vu que vous n'êtes pas trop bavard.
C'est parce que je n'ai rien à te dire, se retint-il de répliquer violemment, parce qu'il le savait, si il lui montrait trop qu'il était en colère, alors il finirait bien un jour par comprendre qui il était réellement.
Mais ce n'était pas comme si il pouvait ne pas le détester, enterrer ses sentiments, sa haine, sa rage, sa colère, comme il l'avait fait durant ces dernières années parce qu'il n'était pas là et qu'il avait naïvement cru qu'il pouvait l'oublier, lui et tout le mal qu'il lui avait fait.
Sauf que ce n'était pas le cas, et que le pirate avait ressurgi dans sa vie au moment où il s'y attendait le moins et que maintenant, il devait faire avec.
- Hé bien vous devriez trouver des sujets de conversation plus intéressants, grimaça-t-il tout en continuant son ascension, ou peut-être même réaliser que les gens n'ont pas forcément envie de parler pendant qu'ils sont en train de risquer leur vie en escaladant un putain de plant de haricot géant, et bordel ma vie n'a plus aucun sens. Et non, je n'ai pas le vertige.
Le pirate éclata de rire, et Neal s'autorisa à sourire, juste parce que l'autre ne le voyait pas.
Dans d'autres circonstances, il aurait pu apprécier cette conversation, mais il ne pouvait juste pas.
Alors il se contenta de serrer les dents et fit comme si tout ça ne l'affectait pas, comme si ça ne lui faisait rien d'être en compagnie de celui avec qui sa mère s'était enfuie, qui l'avait abandonné, et qui voulait tuer son père.
- Très bien. Et sinon, vous avez déjà affronté des géants ?
Baelfire savait très bien que les géants et les ogres n'avaient strictement rien à voir, mais dès qu'il entendait parler des géants, il se souvenait de cette guerre à laquelle il aurait dû participer, et il sentait son estomac se tordre de peur.
Le pire dans tout ça, c'est qu'il ne s'y était jamais battu, durant ce conflit, et pourtant, malgré tout, il en gardait tout de même la trace.
- Comme je vous l'ai déjà dit je ne sais combien de fois, protesta-t-il même si il savait que c'était en vain puisque apparemment le pirate n'était toujours pas prêt à le croire à ce sujet, je viens du monde sans magie. Donc je ne suis jamais venu ici auparavant, et non je ne me suis jamais confronté à un géant de toute ma vie.
La dernière partie était vraie au moins, contrairement à tout le reste.
- Vous savez, fit Killian, Cora n'est plus ici, vous n'êtes plus obligé de me mentir.
Oui, ça te va bien de dire ça, pensa-t-il avec amertume.
- Qu'est-ce qui vous fait dire que je mens ?
Sérieusement, il vivait dans le monde sans magie depuis un certain temps désormais, et si il avait passé plus de temps au Pays Imaginaire qu'à New York, ça ne changeait absolument rien au fait qu'il avait fini par parfaitement s'intégrer dans ce monde qui n'était pas le sien.
Alors comment, comment pouvait-il savoir qu'il ne disait pas la vérité ?
Peut-être était-il un moins bon acteur qu'il ne l'avait cru.
L'ennemi du Ténébreux tourna brièvement sa tête vers lui.
- Je le sais, c'est tout. Je lis en vous comme dans un livre ouvert.
C'était peut-être le cas avant, à l'époque où il n'était encore qu'un jeune garçon impressionnable et naïf qui ne s'était encore forgé aucune armure, mais ce temps-là était terminé depuis longtemps.
- Oh, vraiment ? Le railla Neal, guère impressionné. Qu'est-ce que vous savez de moi alors ? Allez-y Sherlock, impressionnez-moi.
Il voulait jouer ?
Ils allaient jouer.
Killian le regarda à nouveau avec un air sceptique, n'ayant clairement pas compris la référence, avant de recommencer à parler.
- Je sais que vous êtes seul, et ce depuis longtemps, que vous n'avez pas de proches, que vous n'êtes pas habitué à avoir des gens autour de vous. Vous n'avez personne.
C'était la vérité, mais ça, il n'avait pas besoin de le savoir.
- Vous dites ça parce que c'est ce que vous êtes ? Attaqua-t-il.
- Et je sais que vous avez été abandonné, ajouta Crochet, ne tenant pas compte de sa pique.
Neal sentit son sang se glacer dans ses veines, avant de se figer pendant quelques secondes, stupéfait.
Quoi ?
Comment pouvait-il savoir ça, comment pouvait-il être au courant alors qu'il ne lui avait rien dit à ce sujet, et que les seules personnes qui connaissaient ce détail de sa vie ne pouvaient pas le lui avoir révélé ?
Comment avait-il compris, est-ce qu'il savait…
Est-ce qu'il savait qu'il était Baelfire ?
Non…
Non, ce n'était pas possible, il ne pouvait pas…
Neal essaya de maîtriser l'angoisse qui commençait à grandir en lui, il ne savait pas qui il était réellement, il ne pouvait pas savoir, il…
Il releva la tête et croisa alors le regard du pirate qui affichait un sourire triomphant, apparemment, son absence de réponse avait été suffisante pour confirmer qu'il ne se trompait pas à son sujet.
- Comment avez-vous su ? Lui demanda-t-il d'une voix la plus glaciale et maîtrisée possible.
Parce que moi aussi j'ai été abandonné, s'attendait-il à entendre parce que après tout, c'était bien ce qu'il avait dit à l'époque, sur son navire, quand il voulait gagner sa confiance, et est-ce que ça aussi c'était un mensonge de plus ?
Il ne saurait sans doute jamais.
- À cause de vos yeux. J'ai passé… un certain temps au Pays Imaginaire, des années… des siècles en fait, et j'ai côtoyé les enfants perdus… Je connais le regard des orphelins et vous avez le même.
Oh.
Oui, ça avait du sens, supposa-t-il.
- Je vois, marmonna-t-il en continuant de grimper, espérant que ça mettrait fin à la discussion. »
Si il avait su lire si bien en lui, alors ça devait vouloir dire qu'il le connaissait bien en fin de compte.
Ou qu'il n'avait pas tant changé qu'il ne l'aurait cru, qu'il était toujours le même qu'avant, malgré ses efforts pour grandir et changer, devenir une toute autre personne, être plus fort et impossible à cerner, et ce constat lui laissa un goût amer.
Il regarda en l'air et ne put s'empêcher de soupirer en réalisant qu'il leur restait encore plusieurs mètres à parcourir avant d'arriver au sommet, et maintenant que le pirate s'était enfin tu, il en profita pour rattraper son retard.
Après tout, ils étaient pressés à la base…
En arrivant à sa hauteur, son regard tomba brièvement sur son bras, et il vit un tatouage, et un nom qu'il n'avait pas entendu depuis bien des siècles.
Milah.
Évidemment.
Même quand il essayait de ne pas penser au passé, celui-ci lui revenait toujours en pleine face pour le hanter et le faire souffrir, et lui, il devait se taire, endurer ça en silence, pendant le pirate, lui, n'avait absolument aucune idée de ce qu'il se passait dans sa tête.
Il détourna les yeux et se concentra à nouveau sur son objectif.
Ce qui comptait, c'était de trouver la boussole.
Rien de plus.
§§§§
Les heures suivantes avaient été… particulièrement bizarres.
Bon le simple concept de s'allier avec Killian Jones pour se battre contre un géant et récupérer une boussole magique était déjà une bizarrerie à lui tout seul, mais bon, aller dans l'antre du géant en question, réussir à l'endormir, puis risquer de se retrouver piégé parce que tout était beaucoup trop grand là-bas et que dès qu'un truc tombait le risque de se faire écraser était multiplié par cent…
Ouais, ça avait été une très longue journée.
Et pourtant, il avait réussi à trouver la boussole, il avait gagné la confiance d'un géant, et maintenant…
Il avait un choix à faire.
Et ce choix était incroyablement facile.
En fait, réalisa soudainement Neal, d'une certaine manière, il avait toujours su que ça se terminerait comme ça, et ce, depuis le début de cette alliance.
Parce qu'il ne pouvait pas faire confiance au pirate, parce que le risque qu'il parvienne à aller à Storybrooke était bien trop grand, et aussi, parce qu'une part de lui avait envie de se venger, parce qu'il n'en pouvait plus de se taire, et ne rêvait que d'une seule chose : faire éclater la vérité.
Peut-être était-ce une mauvaise idée, mais il avait la boussole maintenant, Cora était toujours emprisonnée et le pirate ne pouvait pas la contacter, et si Anton acceptait de faire ce qu'il lui avait demandé, lui et Henry auraient au moins une dizaine d'heures d'avance sur lui.
Ça leur laissait suffisamment de temps pour partir à la recherche d'une sorcière ou d'un sorcier qui accepterait peut-être de les aider à ouvrir un portail grâce au lac, et puisque Crochet n'avait pas la moindre idée d'où ils comptaient aller, Neal ne le sachant pas lui-même…
Il ne mit pas plus d'une minute à prendre sa décision lorsque le pirate reprit connaissance, et lorsqu'il le piégea à l'aide de la chaîne, celui-ci le regarda avec un air interloqué.
« Je ne suis pas sûr de comprendre ce qui se passe.
- J'aimerais vous dire que je suis désolé, mais ce n'est pas le cas.
Killian ne mit que quelques secondes pour comprendre.
- Vous allez me laisser ici…
- Oui. Ne vous en faites pas, je ne suis pas cruel au point de vous laisser croupir ici durant les prochaines années, Anton va vous laisser repartir dans quelques heures. Je ne suis pas comme vous.
Et elle était à nouveau là, réalisa soudainement le pirate, la lueur de haine et de pure rage qu'il avait tellement de mal à contrôler, et pourquoi…
- Alors j'avais raison… On se connaît… Je te connais.
Neal afficha alors un sourire sans joie.
- Ouais tu parles que tu me connais…
- Pourquoi n'avoir rien dit, pourquoi est-ce que…
- Je suis Baelfire, le coupa-t-il abruptement, et enfin, enfin il l'avait dit pour de bon, et ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas utilisé son vrai nom.
Les yeux de Killian Jones s'écarquillèrent de surprise et il se figea, sous le choc.
- Quoi ? Mais comment… Puis il l'examina pendant quelques secondes avant de blêmir et de finir par le reconnaître. Bae ?
- Je t'interdis de m'appeler comme ça, c'est clair ? Je suis Neal désormais je ne veux plus que qui que ce soit m'appelle Baelfire, je ne suis plus Baelfire, compris ?
Baelfire est mort au Pays Imaginaire le jour où tu l'as abandonné.
Le visage du brun se ferma alors.
- Alors… depuis le début tu sais.
- Je sais qui tu es. Ce que tu veux. Et crois-moi si je te dis qu'il est hors de question que tu atteignes ton objectif.
- Ton père, tu sais ce qu'il a fait, il…
Il n'était plus un enfant.
Cette fois, il ne se tairait pas.
- Oh que oui je le sais bien, je ne le sais même que trop bien, mais ça n'efface pas ce que tu as fait. Et ne viens pas dire que je t'ai trahi, parce que je sais très bien que tu aurais fait la même chose si tu avais eu l'occasion de le faire. J'ai juste été plus rapide que toi, et je pense qu'après ce que tu m'as fait, tu le mérites bien. Considère qu'on est quittes maintenant. Adieu Killian, au plaisir de ne plus jamais te revoir. »
Alors qu'il partait, le pirate continua de protester.
Il préféra ne pas l'écouter.
À aucun moment il ne se retourna.
§§§§
Quand il descendit avec la boussole, Henry lui jeta un regard interrogatif.
« Où est Crochet ?
Laissé sur place, faillit-il lui répondre, avant de se rappeler que non ils n'étaient pas dans Pirates des Caraïbes.
- Je l'ai laissé derrière, se contenta-t-il de dire, n'ajoutant rien d'autre.
Le jeune garçon, qui n'avait lui-même pas trop confiance dans le pirate, se contenta de hocher la tête, puis son attention se fixa bien évidemment sur la boussole qu'il ne cessa d'examiner alors qu'ils s'éloignaient du plan de haricot.
- Alors… qu'est-ce qu'on fait et où est-ce qu'on va maintenant ?
Neal soupira.
- Si seulement je le savais… Marmonna-t-il. »
Où allaient-ils bien trouver quelqu'un pour leur ouvrir un portail exactement ?
A suivre…
Chapter 36: Toucher au but (ou pas).
Notes:
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Défis de S & V n°54 - Placer le mot "Dragon"
Quatre aspects du Magicien d'Oz (tome 1) : L'Épouvantail : Écrire sur la confiance en soi ou un personnage ayant un déficit intellectuel
37. « Elle veut mon cœur ? »
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, S & V, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Emma était épuisée.
Déjà, elle ne dormait presque plus ces derniers temps, mais ça en comparaison à tout le reste, ce n'était rien du tout, Henry avait disparu, et des gens prétendaient qu'elle était une princesse, qu'elle était une sorcière, qu'elle avait un rôle à jouer, qu'elle devait briser une malédiction et sauver des gens.
Sauf que ce n'était pas ce qu'elle était.
Elle n'était pas la Sauveuse.
Elle était juste…
Emma Swan.
Une pauvre fille perdue qui n'avait jamais réellement eu de famille, ou du moins ça n'avait pas duré bien longtemps à chaque fois, parce que personne n'avait jamais voulu d'elle, et elle avait cru que ça changerait avec Henry même si elle s'était continuellement interdit d'espérer quoi que ce soit et puis…
Et puis Henry s'était évanoui dans la nature, presque comme si il n'avait jamais existé, et elle…
Elle était là, en train de s'entraîner à l'épée avec celle qui était apparemment la méchante reine.
Quand est-ce que sa vie était devenue comme ça au juste ?
Elle n'était pas sure de vraiment vouloir le savoir.
Finalement, ce n'était pas parce qu'elle était trop rationnelle qu'elle ne croyait pas en la magie, elle sentait que quelque chose n'allait pas dans cette ville ou avec la disparition de son fils, mais elle était incapable de croire qu'elle puisse réellement avoir un destin grandiose.
Si ça avait vraiment été le cas, alors elle n'aurait pas eu à grandir toute seule, pas vrai ?
Ou alors elle aurait dû savoir qui elle était, ce qu'elle était quand elle était enfant, c'était comme ça que se passaient toutes les histoires, non ?
Après avoir été abandonnée tellement de fois qu'elle avait arrêté de compter, la jeune femme avait vu son estime d'elle-même et sa confiance en elle diminuer peu à peu jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien du tout, elle n'arrivait pas à accepter cette idée.
Comment est-ce qu'elle aurait pu être ce qu'ils voyaient tous en elle, ce qu'ils voulaient qu'elle soit ?
Ça n'avait pas le moindre sens.
Elle pensa alors à sa mère, ou du moins à celle qui était supposément sa mère, Blanche-Neige, dont Graham lui avait raconté l'histoire, et elle se demanda comment elle avait vécu le fait de passer du statut de princesse à celui de fugitive.
Mal, sans doute.
Elle se souvenait des détails, de ce que le Chasseur était censé lui faire, et elle se demanda quelle avait été sa réaction.
Elle veut mon cœur ?
C'était glauque de penser à ça mais elle ne pouvait pas s'en empêcher, et elle se demanda si elle avait ressenti de l'horreur, de la tristesse, du désespoir, de l'effroi, de l'incompréhension.
Savait-elle alors ?
Savait-elle à quel point Regina la détestait à l'époque, avait-elle su pourquoi alors ?
Emma connaissait la suite de l'histoire, Blanche-Neige était devenue une héroïne aimée de tous dans la Forêt Enchantée, elle s'était battue contre sa belle-mère pour lui reprendre son royaume, elle avait gagné sa fin heureuse, avant que la malédiction n'emporte tout et ne brise tout sur son passage.
Mais avant cela, elle s'était battue encore et encore, de toutes ses forces, pendant des années, et surtout, elle avait gagné.
Elle avait réussi à vaincre Regina, même si ça n'avait été que temporaire.
Oh maman…
J'aurais aimé que tu m'apprennes à être aussi courageuse que toi.
Et si elle échouait ?
Et si elle perdait le combat contre Maléfique ?
Et si au final, ils perdaient tous, et si tout ça ne changeait absolument rien en fin de compte, et si elle ne retrouvait jamais Henry ?
(Et si rien de tout ça n'était réel ?)
Quand elle vit un sourire apparaître sur le visage de Regina, Emma ne put s'empêcher de se figer.
« Quoi ?
- Je pense… que tu es prête.
Je n'ai pas vraiment l'impression de l'être, songea-t-elle, mais en un sens, elle ne le serait jamais réellement, alors autant se jeter à l'eau le plus rapidement possible, si ça lui permettait de retrouver enfin Henry.
- Vraiment ?
- Oui. J'en suis sure. Et de toute façon, ce n'est pas comme si nous avions beaucoup de temps.
La blonde acquiesça.
- Non, en effet. »
Elle prit une profonde inspiration, et essaya de calmer l'angoisse qui commençait peu à peu à s'emparer d'elle à la simple pensée de ce qui allait bientôt suivre et qu'elle était somme toute incapable de contrôler d'une quelconque façon.
Elle allait bientôt affronter un dragon.
Elle allait devoir se battre contre un putain de dragon, Maléfique en personne, et elle allait gagner, parce qu'elle était une Sauveuse, une héroïne, elle devait y croire.
Alors pourquoi est-ce que ses propres mots sonnaient si creux à ses oreilles dans ce cas-là ?
§§§§
« Pourquoi tu l'as laissé derrière ?
Neal s'attendait à beaucoup de questions depuis leur départ, mais définitivement pas à celle-là.
- Quoi ?
- Crochet… Pourquoi tu as décidé de partir sans lui ? Enfin, à part si il est mort et que tu ne me l'as pas dit, mais…
- Il n'est pas mort, l'interrompit Neal. Ne t'en fais pas pour ça.
Il le lui aurait dit si ça avait été le cas, parce qu'après avoir subi tant de mensonges pendant dix ans, Henry avait plus que tout droit à la vérité.
Même si cette vérité pouvait parfois se révéler être dure et cruelle.
- Oh… Henry le regarda avec un air curieux. Alors dans ce cas-là, pourquoi ? Je veux dire… c'est lui qui nous a donné l'idée de la boussole, et il nous a aidés, jusque là il ne nous a pas trahis, alors je… je ne comprends pas.
Neal soupira.
C'était un pan de son passé qu'il n'avait pas encore eu le courage d'aborder avec lui.
- Parce qu'on ne peut pas lui faire confiance, affirma-t-il, et crois-moi, je sais de quoi je parle.
Le jeune garçon fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Déjà parce qu'il a travaillé et travaille sûrement encore avec Cora, qu'il m'a assommé et jeté dans une cellule et parce que… je le connais. Je l'ai rencontré il y a longtemps… très longtemps.
- Pendant ton séjour au Pays Imaginaire ? Supposa immédiatement Henry.
Son père hocha la tête.
- C'est ça. C'était… enfin, j'avais quatorze ans à l'époque, je venais tout juste d'arriver, j'avais été arraché à ma famille d'adoption, les Darling, je venais de manquer de me noyer, et je me suis retrouvé sur son navire… il m'a sauvé la vie.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé après ?
- Je ne lui faisais pas confiance au début, parce que c'était un pirate et que mon père m'avait dit que l'un d'eux avait tué ma mère, et j'étais tellement en colère à ce moment-là que… c'est retombé sur lui. Après, il a réussi à gagner ma confiance, il m'a appris à naviguer, et je me suis attaché à lui, et puis, un jour, j'ai appris la vérité… J'ai trouvé un dessin représentant ma mère, j'ai additionné deux et deux et j'ai compris.
- Compris quoi ?
- Qu'il était lié à la disparition de ma mère d'une manière ou d'une autre. Je l'ai confronté et il m'a avoué la vérité, qu'elle… qu'elle était partie avec lui, qu'ils s'aimaient et qu'elle n'avait jamais été assassinée, que mon père m'avait menti durant… toutes ces années. Et je…
Il serra alors les poings et Henry réalisa quelques secondes plus tard qu'il s'était mis à pleurer.
- Ce n'est pas à toi que je vais apprendre ce que ça fait d'être abandonné Henry… Mais… c'était déjà la deuxième fois que ça arrivait, d'abord mon père, même si c'était un accident, et maintenant… j'apprenais que ma mère elle aussi était partie, et pire encore que mon père avait fini par la tuer. Il lui a arraché le cœur, et l'a écrasé, réduit en cendres…
Henry blêmit soudainement.
- C'est… c'est le genre de choses que ma mère adoptive a faites autrefois.
Un sourire cynique apparut sur le visage de Baelfire.
- Alors mon père a dû être un excellent professeur pour elle dans ce cas-là, lâcha-t-il avec amertume.
- Tu es sûr qu'il t'a dit la vérité ?
- Certain. Mon père, quand il est devenu le Ténébreux, il… Il a tellement changé. Ça a dû même être encore pire une fois que je n'étais plus là. Et la haine de Crochet est beaucoup trop sincère pour que ça puisse être un mensonge. Et quant bien même ce ne serait pas la vérité, ça ne change rien à ce qu'il est devenu, à ce qu'il a fait.
- Et après ?
- J'ai mal réagi. Très mal réagi. J'ai demandé à Crochet de me laisser partir, je voulais quitter le Pays Imaginaire, mais il n'y avait aucun moyen de le faire, et il… Au lieu de me laisser m'en aller, il m'a livré aux enfants perdus… et à Peter Pan.
Il ferma les yeux pendant quelques secondes et frissonna.
Ce qu'il s'était passé après, avant qu'il ne s'échappe, il ne pouvait définitivement pas en parler, surtout pas à un gamin de dix ans.
Les yeux de Henry s'écarquillèrent d'horreur.
- Oh. Je vois, je… Je comprends mieux.
- Si je l'ai laissé derrière, c'est pour deux raisons. D'abord, parce qu'il a fait la même chose avec moi, et que je voulais me venger. Et ensuite… il veut tuer mon père. Et même si je suis en colère contre lui, je refuse de laisser cela se produire, alors même si il ne travaille plus pour Cora, même si il n'avait pas eu l'intention de nous trahir, je préfère… faire en sorte qu'il ne trouve jamais le chemin de Storybrooke. J'ai chargé Anton de le garder pendant quelques temps.
Henry hocha la tête.
- Je comprends. Combien de temps on a devant nous ?
- Environ une dizaine d'heures. »
En espérant qu'il ne réussisse pas à retrouver leur trace après cela.
D'un autre côté, Neal lui-même ne savait même pas où ils allaient, et soudainement, il sut.
Le château de son père.
Peut-être réussirait-il à y retrouver quelque chose cette fois.
§§§§
Cela faisait déjà deux heures que Regina lui avait dit qu'elle était prête, et présentement, Emma Swan crevait de trouille.
Et pourtant, elle était là, sous l'horloge de la ville, à attendre ou à chercher…
Elle ne savait pas trop quoi en réalité.
Un dragon ?
Elle n'était pas dans Game of Thrones, ni dans Eragon, ou Harry Potter ou n'importe quel autre bouquin de fantasy, elle était dans la réalité.
Et dans le monde réel, les dragons n'existaient pas.
C'est tout.
Et ce fut sans doute cela finalement qui la perdit, parce que rien ne se passa.
Rien du tout.
Pourquoi ?
§§§§
« Putain de merde ! Hurla-t-elle en remontant, là où Regina et Rumplestiltskin l'attendaient.
- Emma, fit prudemment la mairesse, qu'est-ce qui…
- Il n'y avait rien, d'accord ?
Ils froncèrent tous les deux les sourcils.
- Comment ça ? Demanda le Ténébreux.
- Je suis allée là où était supposé être votre foutu dragon, et vous savez quoi ? Vous savez ce que j'ai trouvé ? Rien ! Vous vous êtes bien foutus de ma gueule !
- Emma, nous n'avons pas…
- Non Regina, ferme là, d'accord ? Je… j'aurais jamais dû t'écouter, jamais je n'aurais dû écouter aucun de vous, c'est clair ? »
Depuis le début, ils lui mentaient, c'est ça ?
Depuis le tout début, ils la manipulaient, ils…
Comment avait-elle bien pu se laisser avoir comme ça ?
Elle était restée des heures sur place, elle avait exploré les lieux, et elle n'avait rien vu, rien du tout, il faisait nuit, et elle était épuisée, elle était descendue là-dessous, quoi, cinq heures, six heures plus tôt ?
Et elle n'avait rien trouvé.
La seule conclusion qui s'imposa à elle fut que rien de tout ça n'était vrai, comme elle l'avait toujours soupçonné.
La magie n'existait pas.
Et elle ne reverrait jamais Henry.
Elle jeta un dernier regard furieux aux deux sorciers avant de partir, se retenant de toutes ses forces d'éclater en sanglots.
Ils soupirèrent en chœur.
« Il faut que quelqu'un aille lui parler, fit Regina.
- Je pense que pour l'instant, elle n'est pas d'humeur à voir qui que ce soit, et encore moins nous deux… Il faut que nous lui laissions un peu de temps.
- Du temps ? Du temps ? Rumple, nous n'avons pas ce temps, et Henry…
- Regina, je sais que tu t'inquiètes, et je te comprends, mais je pense que nous avons voulu aller trop vite. Emma n'était pas encore prête, et elle ne l'est toujours pas, et tant qu'elle ne le sera pas… Hé bien, nous n'arriverons à rien. J'irai lui parler.
- En espérant que ça fasse une différence, marmonna-t-elle, les poings serrés. »
Lui aussi il l'espérait.
Il l'espérait vraiment.
§§§§
Alors qu'il retrouvait enfin la terre ferme, Killian ne put s'empêcher de continuer de retourner encore et encore dans sa tête les paroles de celui qui l'avait abandonné à la merci du géant qu'ils étaient pourtant venus combattre.
Neal avait beau lui avoir révélé sa véritable identité plusieurs heures plus tôt, il n'arrivait toujours pas à y croire.
Il était Baelfire.
Neal était Baelfire.
Neal Cassidy était Baelfire.
Bordel.
Putain de bordel de merde !
Si il s'attendait à ça, se retrouver à nouveau confronté des siècles plus tard au fils de Milah et du Ténébreux, à ce gosse qu'il avait laissé tomber, qu'il avait abandonné, et qu'il n'avait pas une seule seconde reconnu parce qu'il avait grandi, et il avait passé tellement de temps au Pays Imaginaire et figé dans le temps à cause de la malédiction qu'il avait presque fini par oublier qu'ailleurs, le temps passait normalement pour les autres.
Donc…
Baelfire était vivant, il avait grandi, et il était toujours en colère contre lui.
En un sens, ça ne changeait pas vraiment de la dernière fois qu'il l'avait vu, et il savait, il savait depuis un moment qu'il le connaissait, mais jamais il n'aurait pensé qu'il pourrait être lui.
Sans doute parce qu'il se souvenait d'un garçon tellement en colère qu'il ne lui serait jamais venu à l'esprit d'envisager qu'il puisse le côtoyer sans lui cracher sa haine au visage.
Lui savait qu'en présence de Rumplestiltskin, il n'en aurait pas été capable.
Une preuve de plus qu'il n'était définitivement plus le même qu'avant, et à vrai dire, il n'était même pas réellement en colère contre lui.
Enfin si, mais juste un peu, parce que ce que Baelfire, enfin non, Neal, lui avait fait, il le lui avait déjà fait lui-même avant, et il…
Au moins, il ne l'avait pas gardé prisonnier lui.
C'était bien plus que ce que le pirate avait jamais fait, et jamais il n'avait ne serait-ce qu'essayé de réparer son erreur, et même si il prétendait toujours le contraire, il s'en voulait pour ça, il s'en voulait de l'avoir abandonné, mais bien sûr, Neal avait refusé de l'écouter quand il avait voulu s'excuser, ou ne serait-ce même que s'expliquer, il ne lui avait pas laissé le temps de le faire, et était juste parti de l'antre du géant, et il comprenait très bien pourquoi.
Ça ne changeait rien du tout cependant.
Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour tuer Rumplestiltskin.
Mais ça ne voulait pas dire qu'il allait chercher à retrouver Neal et Henry, après ce qu'il avait fait à l'ancien enfant perdu… il lui devait bien ça.
Ça ne lui coûterait rien de leur laisser un peu d'avance, surtout que maintenant…
Il serra le haricot desséché dans sa main, maintenant qu'il l'avait peut-être que…
Il s'autorisa à sourire, peut-être que contrairement à Baelfire et au jeune garçon qui l'accompagnait, il n'avait pas réussi à mettre la main sur la boussole magique, mais il avait peut-être mieux, et il pensa à une vieille légende concernant un lac asséché et à une sorcière qui pourrait peut-être l'aider à accomplir leur but commun.
Tout n'était pas perdu finalement.
§§§§
« Vous avez décidé de vous transformer en ermite ?
Cela faisait déjà trois jours qu'elle n'était plus sortie de chez elle, et Gold était même étonné qu'elle ait daigné lui ouvrir la porte.
Sans doute Mary-Margaret lui avait-elle conseillé d'essayer de se montrer plus sociable.
- Ah ah très drôle. Fermez là Gold, marmonna-t-elle avant de le laisser entrer. Qu'est-ce que vous foutez là ?
- Je suis venu essayer de vous ramener à la raison.
Elle haussa un sourcil étonné.
- Comment ça ?
- Je sais que ces derniers jours ont été compliqués, mais…
- Mais quoi, vous voulez me faire croire que toutes ces conneries, c'est réel ? Que je…
- C'est grâce à vous que j'ai récupéré la mémoire, la coupa-t-il.
- Quoi ?
- Quand j'ai entendu votre prénom, le prénom de la Sauveuse… Emma. Je suis redevenu Rumplestiltskin. Je sais que vous n'arrivez toujours pas à y croire mais…
Comment pouvait-il la convaincre au juste ?
Elle ne croyait pas en la magie, elle ne pensait pas être la Sauveuse, alors…
Et il se souvint de la raison pour laquelle il était devenu le Ténébreux.
Son fils.
Et il sut.
- Pensez à Henry.
- Je vous demande pardon ?
- Quand vous serez sous l'horloge, parce que vous devez y retourner, pensez à Henry. Pensez à votre fils, et à quel point vous l'aimez, ne pensez pas à ce que vous devez faire. Ou au fait que vous ne soyez pas sure d'être la Sauveuse, ou même que la magie existe. Pensez juste à l'enfant qui vous a été arraché et au fait que vous voulez le revoir. Vous êtes sa mère, et vous l'aimez, souvenez-vous en, Emma, souvenez-vous de ça, et alors, vous y arriverez. Vous serez l'héroïne qu'il voit en vous. Et vous pourrez le sauver.
Emma acquiesça et sourit.
- Quand est-ce que vous avez appris à redonner courage aux gens vous ?
Le Ténébreux se mit à rire.
- J'ai quelques siècles de pratique. »
§§§§
Elle aurait préféré être partout plutôt qu'ici, mais puisqu'elle n'avait pas le choix…
Il faisait froid, et le silence oppressant qui régnait autour d'elle lui donnait envie de fuir à toutes jambes mais Rumplestiltskin, ou quelque soit son nom, avait raison.
Elle devait faire ça pour Henry.
La blonde ferma les yeux et essaya de se vider l'esprit.
Ne pas penser qu'elle n'était qu'Emma Swan, l'orpheline abandonnée par ses parents.
Ne pas penser à toutes ses années d'errance, d'abandon et de solitude qui avaient fini par lui faire croire qu'elle n'était pas importante.
Ne pas être rationnelle, ne pas penser à ses doutes concernant l'existence de la magie.
Elle ne pouvait pas penser à tout ça.
Elle prit une profonde inspiration.
Je suis Emma Swan.
Ça au moins, c'était une chose dont elle était sure.
Je suis la mère de Henry Mills, je l'aime et je veux seulement le retrouver.
Rumplestiltskin avait dit que l'amour était la magie la plus puissante qui existait, et si son amour pour son fils pouvait lui permettre d'enfin voir ce en quoi elle croyait à peine, hé bien… d'accord.
Elle se concentra sur ça et sur rien autre, sur à quel point Henry lui manquait, sur sa foi en elle, sur ses croyances, sur à quel point il croyait en elle même quand elle ne le faisait pas elle-même.
Je t'aime Henry.
Je t'aime tellement.
Et pendant quelques infimes secondes, elle parvint à se convaincre qu'il lui avait dit la vérité, et, soudainement, un souffle se fit entendre, ce n'était pas le sien, et il n'était définitivement pas humain.
Elle ouvrit les yeux et fit un bond en arrière.
« Oh bordel ! Hurla-t-elle. »
Parce que devant elle, il y avait, il y avait…
Maléfique.
Maléfique était là.
Elle était réelle.
Bordel…
A suivre…
Chapter 37: Lâcher prise.
Notes:
Titre du 26/08/2021 : Lâcher prise
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 1 : Dragon
Prénom 49 : Emma
Défis de S & V n°54 - Placer le mot "Dragon"
Quatre aspects du Magicien d'Oz (tome 1) : Le Lion Peureux : Écrire un sujet effrayant ou un lieu hanté
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, S & V, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Emma l'admettait sans problèmes, elle était purement et simplement terrifiée.
Il y avait, il y avait…
Il y avait un putain de foutu dragon devant elle bordel de merde !
Une foutue dragonne, Maléfique en personne, aussi terrifiante et effrayante qu'on pouvait se l'imaginer, elle l'était autant que dans La Belle au bois dormant, ou plutôt non, c'était même pire encore que dans le dessin animé.
Au moins, dans le film Disney, elle n'était qu'un personnage fictif, qui pouvait ficher la frousse à un enfant ou à un adulte, et il suffisait de détourner le regard ou d'attendre la fin du film pour qu'elle disparaisse pour toujours.
Mais là, là…
Putain de bordel de merde.
Les mots ne pouvaient pas retranscrire toute la peur qu'elle ressentait en ce moment même.
Elle était là, devant elle, imposante et gigantesque, et tellement, tellement grande.
Et elle se souvint subitement que son père avait dû l'affronter autrefois, presque une trentaine d'années plus tôt (et c'était réel, absolument tout était réel, elle était une princesse, la Sauveuse, et ses parents étaient Blanche-Neige et le prince Charmant, et tout ça lui foutait le vertige à tellement de niveaux) et maintenant c'était à son tour de le faire, et elle…
Elle n'était pas sure d'être prête pour ça.
Les yeux verts de la dragonne brillaient, et de la magie, c'était de la putain de magie, et elle, elle était juste…
Elle était juste Emma.
Elle ne pouvait pas faire ça, elle ne pouvait pas…
« Merde, merde, merde, merde, merde. Merde ! »
Elle avait peur…
Par tous les dieux, elle avait tellement peur.
Elle se mit à courir, parce que c'était un dragon et qu'un dragon ça crachait du feu bordel et elle ne voulait définitivement pas finir comme l'une des victimes de Daenerys, et bon sang, comment elle était censée survivre à ça, comment elle était supposée réussir à abattre un dragon bon sang elle n'était que…
Puis, elle se souvint du conseil de Rumplestiltskin.
Pensez à Henry.
Oui, c'était pour Henry qu'elle était là, parce qu'elle voulait le sauver, utiliser la magie afin d'ouvrir un portail parce qu'il était dans un autre monde, seul, et qu'il avait très certainement désespérément besoin de son aide.
Elle était sa mère, et apparemment, elle était la Sauveuse.
Elle pouvait le faire.
Cachée pour l'instant du regard de Maléfique, elle profita de ces quelques secondes de répit pour reprendre son souffle, et son regard se posa sur l'épée qu'elle tenait toujours fermement enserrée dans sa main.
L'espace d'un instant, elle envisagea de la remplacer par son arme de service, avant de secouer la tête.
Regina et Rumplestiltskin lui avaient bien dit que seule l'épée de son père pourrait venir à bout de la dragonne, et elle ne leur faisait peut-être pas confiance sur bien des sujets, mais en ce qui concernait la magie ou la Forêt Enchantée, elle savait qu'ils étaient des experts.
Alors elle garda l'épée avec elle et essaya de décider d'un plan d'attaque.
Il ne lui fallut que quelques secondes pour trouver, parce que après tout, dans cette configuration, elle jouait le rôle du prince Philippe, non ?
Alors autant s'inspirer de lui dans ce cas-là.
§§§§
C'était vraiment une chance qu'elle sache bien viser.
Et que l'épée qu'elle venait tout juste de balancer dans le ventre du dragon soit effectivement magique ou en tout cas assez coupante pour avoir réussi à la transpercer de part en part.
Alors que le corps de Maléfique était réduit en poussière, Emma resta figée pendant quelques secondes, encore hébétée par ce qu'elle venait tout juste de faire.
Elle avait affronté un dragon… et elle avait gagné.
Alors qu'elle mesurait enfin pleinement tout ce que cela pouvait impliquer, elle s'écroula sur le sol et se recroquevilla sur elle-même.
Tout était vrai…
La magie existait, et elle était une sorcière…
Une princesse.
La Sauveuse.
Trois mots qui ne faisaient pas sens jusque là, et qui n'en avaient toujours aucun pour elle, parce que même si c'était vrai, elle n'arrivait toujours pas à y croire.
Tout ce que les uns et les autres, August, Graham, Regina, Rumplestiltskin, Henry, tout ce qu'ils avaient pu lui dire au sujet de son destin, lui revint alors soudainement en tête, et elle eut la sensation que son crâne était sur le point d'exploser.
Elle hurla avant de se mettre à pleurer.
Elle aurait pu avoir tellement de choses, mais ce n'était jamais arrivé parce qu'une poignée de personnes avait décidé de son destin avant même qu'elle ne sache marcher, ou parler, merde, avant même qu'elle ne vienne au monde tout court bordel !
Elle n'avait jamais voulu être une héroïne.
Elle, tout ce qu'elle avait toujours voulu, c'était avoir une famille, et même ça, elle n'avait jamais pu l'avoir, elle ne pouvait toujours pas d'ailleurs, parce que son fils avait disparu, et que ses parents ne se souvenaient même pas d'elle !
Elle passa encore quelques minutes comme ça à sangloter, les poings serrés, devant se retenir à chaque seconde de ne pas hurler, parce que ça faisait tellement mal, et elle avait été seule pendant vingt-huit ans sans l'avoir jamais mérité.
Et surtout, elle pleurait parce que Henry avait disparu, était parti, parce qu'elle avait refusé de le croire.
Pardon Henry.
Pardonne-moi de ne pas t'avoir cru quand il en était encore temps.
Mais maintenant elle savait, elle y croyait, et elle pouvait changer les choses.
L'œuf.
Le constat lui fit comme l'effet d'un choc électrique.
Elle n'avait pas affronté Maléfique pour rien, l'œuf, la magie qu'il contenait… elle pouvait l'utiliser pour ouvrir un portail et ramener Henry.
Elle pourrait s'apitoyer sur son sort plus tard, et peu importe à quel point son cœur saignait, ou le fait que tout ce qu'elle voulait présentement c'était pleurer dans les bras de ses parents et qu'ils lui disent qu'ils l'aimaient et qu'ils étaient, oh, tellement désolés d'avoir dû l'abandonner.
Ça n'avait pas d'importance, parce que là, maintenant, tout de suite, elle devait se lever.
Elle se releva, essuya ses yeux rouges et fit quelques pas en direction des cendres et elle y repéra très rapidement le fameux œuf dont le Ténébreux lui avait parlé.
Elle espérait vraiment que ça en valait réellement la peine.
Sinon, elle le savait d'ors et déjà, elle en ressortirait complètement brisée.
§§§§
Ce fut d'abord une tête qui apparut, puis une main, puis une autre et enfin tout le reste du corps, avant que Regina et monsieur Gold ne puissent voir en intégralité le corps d'Emma alors qu'elle remontait au même niveau qu'eux par l'ascenseur.
En constatant qu'elle avait pleuré, et que son regard était dur et froid, Regina se demanda d'abord si elle avait à nouveau échoué, avant de réaliser que la princesse tenait un petit objet dans sa main gauche, alors que son épée était dans sa main droite.
Et la reine n'avait jamais vu l'œuf dont son mentor avait parlé de sa vie, mais son instinct lui dit que c'était bien de ça qu'il s'agissait, et à en croire les yeux du sorcier immortel, elle avait raison.
« Vous… vous avez réussi, dit-elle d'une voix incrédule.
- Vous en doutiez ? Ironisa Emma avec beaucoup moins de mordant que d'habitude.
Rien d'étonnant à ça, elle sortait d'un combat avec Maléfique après tout, il était normal qu'elle soit complètement épuisée.
- Pour être honnête, un peu, reconnut alors l'antiquaire. Félicitations Miss Swan, vous avez réussi. Vous serez bientôt réunie avec votre fils.
Emma savait tout cela, se dit Regina, mais alors dans ce cas-là, pourquoi ne souriait-elle pas au juste ?
Et alors qu'un regard vert glacial se posait sur elle, la méchante reine sut immédiatement pourquoi.
Parce qu'Emma savait désormais avec certitude que tout était vrai, et qu'à eux deux, ils avaient gâché son enfance, voire la quasi-intégralité de sa vie, et de toute évidence, elle n'était définitivement pas prête à les pardonner pour ça.
- Emma…
- Je ne veux pas d'excuses. J'en ai déjà eu, et même si elles sont sincères, ce dont je ne doute pas, je ne pense pas que ce soit suffisant pour l'instant. Pas après… tout ce qui s'est passé. Pas après ce que tu as fait. Et c'est valable aussi pour vous, dit-elle en se tournant vers Rumplestiltskin. Pour l'instant… je veux juste retrouver Henry, rien de plus, alors j'accepte de coopérer, mais après… la fin de la malédiction, je ne garantie rien.
Si Regina avait encore été complètement la méchante reine, ça aurait été le moment où elle aurait tempêté, protesté, hurlé, et peut-être l'aurait-elle fait si elle avait encore eu sa magie, et ça la terrifia de se dire qu'en fin de compte, en deux mois, elle n'avait pas tant changé que cela.
Le changement prenait du temps, et elle le savait mais tout de même, elle avait encore envie d'agir comme elle le faisait autrefois, et il lui fallut tout son self-contrôle pour ne pas le faire.
- D'accord, se contenta-t-elle de dire. Allons-y dans ce cas. Allons sauver notre fils. »
§§§§
C'était assez fascinant à observer.
Voir Gold jeter la petite fiole de magie dans le puits, puis regarder la fumée violette prendre forme et corps, et peu à peu se répandre en ville sans qu'absolument personne ne comprenne ce qui était en train de se passer.
Mais le plus incroyable pour Emma, ce fut de ressentir à son tour la magie peu à peu envahir tout son corps, molécule par molécule, et elle était une sorcière, elle le sentait dans ses os, dans ses veines désormais, et plus jamais elle ne pourrait nier sa nature.
Et même si elle n'était pas sure et certaine de pouvoir utiliser sa magie là, tout de suite, elle la sentait vibrer en elle, et c'était tellement grisant et exaltant qu'elle en oublia sa tristesse pendant quelques secondes.
Et alors que Gold souriait, Regina grimaça, parce que même si il y avait de la magie à Storybrooke, elle n'était pas encore en mesure de l'utiliser, contrairement au Ténébreux, quant à Emma, elle venait littéralement de découvrir sa magie, alors la réponse était toute trouvée.
Ce serait à lui d'ouvrir le portail vers la Forêt Enchantée.
Alors que des cris de gens paniqués résonnaient en ville, ils soupirèrent en chœur.
« Je vais expliquer à Graham ce qu'il se passe et lui demander de prévenir la population à ce sujet, même si ils risquent de ne pas y croire. Je veux être là quand le portail s'ouvrira, dit-elle d'un ton qui ne souffrait d'aucune contestation. Je suis peut-être la méchante reine, mais Henry est toujours mon fils.
Emma ne songea même pas à protester.
Elle avait raison.
C'était la méchante reine, elle avait fait beaucoup de mal à d'innombrables personnes, y compris Henry, mais elle l'aimait et elle avait tout fait pour qu'il revienne.
Elle avait parfaitement le droit d'être là.
- C'est d'accord. »
Alors, malgré leur haine et leurs désaccords, elles se sourirent.
Elles allaient le faire.
Elles allaient revoir Henry.
§§§§
Ce n'était pas vraiment un portail ordinaire qu'ils allaient ouvrir, d'un autre côté, rien n'était ordinaire dans cette situation, ils allaient utiliser de la magie dans un monde sans magie, rien que ça c'était quelque chose.
Mais de plus, puisqu'ils n'avaient rien à leur disposition à part les chapeaux de Jefferson pour le faire, et qu'ils ne voulaient pas eux passer de l'autre côté, mais faire en sorte que quelqu'un vienne, il faudrait donc qu'ils stabilisent le portail pendant suffisamment longtemps et qu'il puisse permettre aux gens qui se trouvaient de l'autre côté de voir le portail et de le franchir.
Autrement dit, ce ne serait pas simple.
Emma pria de toutes ses forces pour que leur plan fonctionne.
Tiens bon Henry.
On vient te chercher.
§§§§
Ils étaient en pleines recherches (totalement infructueuses pour l'instant) lorsque le portail s'était ouvert.
Et de l'autre côté, il y avait, il y avait…
Emma.
Neal écarquilla les yeux de surprise.
« Henry ?
- Quoi qu'est-ce qu'il… y a, acheva-t-il alors qu'il voyait ce que son père lui montrait. Oh. »
C'était leur chance, une chance comme ils n'en avaient jamais eu auparavant, et ils n'hésitèrent pas une seule seconde.
Ils sautèrent dans le portail.
§§§§
Deux silhouettes apparurent, et Emma ne fit attention qu'à l'une d'entre elles, elle ne vit même pas le portail se refermer ou Gold s'écrouler, elle ne vit que Henry.
Là, maintenant, tout de suite, son monde se réduisait à son fils.
Son petit garçon.
Il était vivant, il était sain et sauf, et il était revenu.
Et alors, il la vit, et il lui sourit, comme si il n'avait pas disparu depuis deux mois entiers, et si elle n'avait pas été aussi heureuse de le revoir, elle lui aurait exposé toutes les raisons pour lesquelles elle était furieuse contre lui, mais ça ce serait pour plus tard.
Pour l'instant, ça ne comptait pas, et tout ce qu'elle voulait faire, c'était serrer son fils dans ses bras.
« Maman ? Lança-t-il avec incertitude, et une note de fragilité dans la voix, comme si il n'était pas sûr qu'elle soit vraiment là, et elle réalisa alors que cette expérience l'avait changé lui aussi.
Elle sourit à travers ses larmes et courut vers lui avant de le serrer dans ses bras.
- Je suis là Henry. Je suis là.
- Je suis désolé maman, je suis tellement désolé mais il fallait que je trouve une preuve, je voulais juste…
- J'y crois maintenant. Et je suis désolée d'avoir mis tellement de temps à y croire, mais ne me refais plus jamais une frayeur pareille, est-ce que c'est compris ?
- Promis ! »
Elle éclata de rire, tout en continuant de pleurer, et elle le serra encore plus fort contre elle, tout contre son cœur, juste pour s'assurer qu'il était bien là, en sécurité, et que plus jamais il ne lui serait arraché à nouveau.
Elle ferma les yeux, oubliant le monde autour d'elle.
Puis elle les rouvrit et se releva avant de regarder autour d'elle, et puis…
Puis son regard se posa sur l'autre silhouette.
Celui qu'elle n'avait pas bien vu sur le moment, parce que Henry était tout ce qui comptait et qu'il avait été le premier à sortir, que le portail était tout juste en train de se refermer et qu'il était la seule chose qu'elle voyait.
Mais maintenant, maintenant…
Maintenant elle voyait, et oh seigneur comment était-il possible que…
Son sourire s'effaça dès qu'elle le reconnut.
Elle se raidit immédiatement, amena instinctivement Henry derrière elle, pour le protéger, et son regard transperça de part en part Neal Cassidy, qui serait sûrement mort sur le champ si un regard avait pu tuer.
« Je peux savoir ce que tu fiches ici au juste ? S'exclama-t-elle avec toute la rage et la haine du monde. »
A suivre…
Chapter 38: Pourquoi tu as fait ça ?
Notes:
Titre du 05/05/2022 : Pourquoi tu as fait ça ?
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de … : Anga (Le Souffle de la Pierre d'Irlande) : Émeraude : Écrire sur une princesse ou écrire sur une épée de lumière
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
C'était comme si le temps s'était brusquement arrêté.
Quelques secondes plus tôt, tout allait bien, Emma avait enfin retrouvé le fils qu'elle cherchait depuis près de deux mois, elle pensait que tout redeviendrait comme avant (enfin non, parce qu'elle vivait à Storybrooke et que rien n'y était réellement normal et qu'il y avait tellement de choses dont il fallait qu'elle s'occupe), ou du moins qu'elle n'aurait plus jamais peur comme ça de toute sa vie.
Et puis, elle avait croisé le regard de son ex petit-ami, et son monde s'était renversé d'un seul coup.
Elle aurait aimé que ce soit un mirage, un mensonge, que ce ne soit pas vrai, que ce ne soit pas lui, mais elle dut se rendre rapidement à l'évidence.
Neal Cassidy était à Storybrooke.
Il était de retour dans sa vie, alors même qu'elle avait passé les semaines précédentes à essayer de le chasser de sa mémoire et de ses souvenirs, et pourtant, il revenait encore et encore, et maintenant, pire que tout, il était là, juste devant elle.
C'était un cauchemar, se dit-elle, tout comme elle se l'était déjà dit à elle-même, oh, tellement de fois durant la disparition de Henry, et elle allait se réveiller et à ce moment-là le salopard qui l'avait abandonnée, l'avait laissée seule à son sort alors qu'elle avait à peine dix-sept ans, allait disparaître à nouveau de sa vie, et elle ne le reverrait plus jamais.
Mais pourtant, elle eut beau attendre et prier le ciel que cela se produise, rien ne changea.
Il était toujours là, et elle sentit son sang bouillir dans ses veines et la haine remonter, une haine qu'elle gardait en elle depuis tellement longtemps, depuis plus de dix ans bordel !
Ce n'était pas exactement la même chose que pour Regina ou Rumplestiltskin, parce que eux, ils lui avaient certes fait du mal, plus que Neal en fin de compte quand elle comparait, mais elle ne les connaissait pas assez pour en souffrir, elle ne s'était pas attachée à eux, ils avaient été absents durant une grande partie de sa vie, alors que lui…
Elle lui avait fait confiance.
Elle serra les poings et continua de le fusiller du regard, et elle voulait hurler, elle voulait tellement hurler qu'elle ne pensa même pas à lui demander comment il était venu là (parce qu'il avait bien franchi le portail en même temps que Henry, pas vrai ?) ou même ce que sa présence pouvait bien impliquer.
Non.
Tout ce qui comptait là tout de suite, c'était à quel point elle le détestait et voulait qu'il parte là, maintenant, tout de suite.
Et lui, il la regardait avec tellement de tristesse dans le regard, comme si, comme si…
Comme si il était désolé alors que honnêtement, puisqu'il était parti en la laissant seule, sans un regard en arrière, ça voulait bien dire qu'elle n'avait jamais compté pour lui, pas vrai ?
« Alors ? Répéta-t-elle d'une voix froide, glaciale qu'elle eut bien de la peine à reconnaître.
Elle se moquait bien qu'autour d'elle, les regards se fassent curieux, comme si d'un seul coup le retour de Henry n'était plus la chose la plus importante en train de se produire.
Il ne répondit rien, et elle ne sut pas si elle devait se sentir soulagée ou vexée qu'il n'essaie même pas au moins de se justifier un peu.
Ça n'aurait rien changé, c'est vrai, mais au moins ça aurait prouvé que peut-être, il en avait quelque chose à foutre d'elle, au moins un peu, même si ce n'était pas suffisant, même si rien n'aurait jamais été suffisant après le mal qu'il lui avait fait.
- T'as quant même un putain de sacré culot, siffla-t-elle alors, de te pointer ici, après tout ce temps, après ce que tu m'as fait, tu…
Elle n'eut jamais le temps de terminer sa phrase.
- Maman ! S'écria Henry d'un seul coup, la tirant de sa tirade haineuse. S'il te plaît… écoute ce qu'il a à te dire. »
La blonde se tourna vers son fils, interloquée, et en croisant son regard, elle fit enfin la connexion.
Henry… connaissait Neal, il le connaissait alors qu'il n'était pas supposé l'avoir jamais rencontré de sa vie, alors comment est-ce…
Et d'un seul coup, la pensée qui s'était fugitivement forgée dans son esprit peu de temps auparavant refit surface et elle ne put plus l'éviter ou la faire disparaître cette fois.
Minute…
Est-ce que…
Est-ce que Neal avait franchi le portail lui aussi ?
Est-ce qu'il avait été dans la Forêt Enchantée, est-ce qu'il avait parlé avec Henry ?
Son sang se glaça dans ses veines, et elle se figea.
Oh seigneur dieu, c'était exactement la situation qu'elle n'avait pas envie de voir se produire, et voilà qu'elle était forcée d'y être confrontée sans avoir la possibilité de fuir, et franchement qu'est-ce que…
Qu'est-ce que Neal lui avait raconté au juste, qu'est-ce que Henry savait ?
Elle sentit l'angoisse qui l'avait envahie lors de son combat contre Maléfique ressurgir de plus belle.
Elle agrippa les épaules de son fils et le regarda droit dans les yeux, paniquée.
« Henry… Comment est-ce que tu le connais ? Qu'est-ce que tu sais de lui, qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Ce type avait été en contact avec son fils durant une durée floue et indéterminée, il avait pu lui raconter n'importe quoi, les pires mensonges possibles, et elle n'avait même pas été là pour les démentir, et pire encore.
Elle n'avait pas été là pour protéger son fils de son père, de l'homme qui avait brisé son cœur en mille morceaux et avait quitté sa vie après l'avoir intégralement bousillée.
Il y avait de la tristesse dans les yeux de Henry, et comme une forme de pitié ou de compassion, comme si…
Comme si il savait.
Mais comment aurait-il pu être au courant ?
Elle doutait que Neal lui ait avoué la vérité, qu'il en ait jamais eu le courage ou le cran, il lui avait menti à elle de toute façon, alors pourquoi aurait-il dit la vérité à un inconnu ?
- Maman, dit-il avec calme, un calme qu'elle ne partageait définitivement pas, tout va bien, d'accord ? Je vais bien, et je sais que tu as eu peur pour moi, que tu as sans doute toujours peur, et tu pourras me crier dessus et me faire des reproches autant que tu voudras plus tard, mais là, c'est… C'est important. Je sais que tu le détestes profondément, et que tout ce que tu veux là tout de suite, c'est qu'il disparaisse de ta vie pour toujours, et je comprends, mais je t'en prie… Écoute le. Écoute le jusqu'au bout et après tu pourras faire ton choix.
Emma ouvrit la bouche sans rien trouver à dire.
Puis elle la referma, ayant l'impression d'être tombée dans une autre dimension, pourquoi est-ce que Henry…
Peu importe, Neal était en droit de vouloir lui parler, et elle pouvait parfaitement l'écouter jusqu'au bout… et elle était également tout à fait en droit de lui foutre son poing dans la gueule une fois qu'il aurait terminé.
Elle n'allait pas aimer ça, mais Henry le lui avait demandé, et elle…
Enfin, elle lui devait bien ça pour ne pas l'avoir cru.
Elle prit une profonde inspiration pour se calmer et hocha la tête.
- Très bien. C'est d'accord. Puis elle se tourna vers Neal. On va parler.
Neal lui adressa un petit sourire hésitant, comme si il n'arrivait pas à croire qu'elle ait accepté, et elle se sentit décontenancée par cette attitude, il était tellement… différent de celui qu'il était dix ans plus tôt, et elle ne lui avait pas encore réellement parlé.
D'un autre côté, elle aussi elle avait bien changé en dix ans.
- On va vous laisser, dit alors Regina, et c'était très probablement plus pour pouvoir retrouver Henry en étant seule avec lui que parce qu'elle voulait qu'Emma et Neal aient droit à un peu de tranquillité et de silence ensemble, mais elle s'en moquait bien.
Du moment qu'elle pouvait lui hurler dessus en paix, ça lui convenait parfaitement.
- Merci, dit-elle sans la regarder, fixant toujours Neal de son regard noir, et elle ne prit même pas attention au fait que Regina, Rumplestiltskin et Henry étaient partis.
Tout ce qu'elle voyait, c'était Neal Cassidy.
Son premier amour, celui qui l'avait abandonnée, celui à cause de qui elle s'était enfermée elle-même dans une tour, celui qui était la cause première de l'armure qu'elle avait construite autour d'elle au fil des ans, celui qui l'avait poussée à se méfier des gens et à ne plus faire confiance à qui que ce soit.
Son poing fusa vers son visage sans qu'elle puisse le retenir.
Elle eut la satisfaction de l'entendre pousser un gémissement de douleur, mais se sentit un peu déçue de n'entendre aucun os craquer.
Dommage, ce n'était que partie remise.
Elle-même avait mal à la main également, mais ce n'était honnêtement rien en comparaison au fait d'avoir pu lui faire mal même si ce n'était rien en comparaison de la souffrance qu'il lui avait autrefois infligée.
- Voilà, dit-elle d'une voix calme, au moins ça, c'est fait.
Neal se releva et grimaça.
- Ravi de voir que ton crochet du droit est toujours aussi efficace qu'il y a dix ans.
- Puisque ce n'est définitivement pas pour te faire frapper que tu es là, dis-moi ce que tu fais ici. Et comment est-ce que tu as réussi à entrer dans cette ville ? Avec Henry ? Toi aussi tu as franchi le portail ?
Il y avait tellement d'autres questions qu'elle aurait voulu lui poser, mais celles-là étaient déjà bien assez nombreuses.
- Emma… Avant cela j'aimerais… je voudrais savoir une chose… que tu répondes à une question.
Et elle sut instinctivement ce qu'il allait lui demander avant même qu'il ne le fasse, parce qu'il avait passé du temps avec Henry, que Henry avait dix ans, et que c'était autour de cette période que Neal l'avait abandonnée, et il était tout sauf idiot, alors…
Évidemment qu'il avait compris.
Ou du moins qu'il supposait une chose qui était d'ailleurs la vérité.
- Est-ce que… est-ce que Henry… est mon fils ?
Elle aurait pu mentir, prétendre que ce n'était pas le cas, qu'il était né d'un autre, qu'elle l'avait trompé, qu'elle ne l'avait jamais aimé, et la part plus sombre d'elle-même voulait le faire, lui faire le plus de mal possible, mais…
Puisqu'ils étaient supposés se dire la vérité apparemment, autant qu'elle le fasse, qu'elle lui montre qu'elle était meilleure que lui.
De toute façon, ce n'était pas comme si elle ou Regina le voudraient jamais dans la vie de leur fils.
- Oui, répondit-elle en hochant la tête, oui, Henry est bien ton fils. »
Elle s'attendait à beaucoup de choses concernant sa réaction, notamment qu'il se contente de lui dire « okay c'est pas pour moi, tchao je me casse et tu ne sauras jamais pourquoi je t'ai abandonnée », mais définitivement pas à ce qu'il la regarde comme si tout son monde venait de s'écrouler.
Elle savait ce que c'était comme regard, parce qu'elle avait dû avoir exactement le même lorsqu'elle avait réalisé qu'elle était enceinte.
Elle le vit vaciller, elle vit de la tristesse dans ses yeux, mêlé à une pointe de joie, et puis ce furent la honte et les regrets qui apparurent, et il avait l'air de sincèrement regretter de ne pas avoir été là pour son fils, chose qu'elle n'aurait pas cru possible avant, et est-ce qu'il était en train de pleurer ?
Oui, réalisa-t-elle avec stupéfaction, Neal était bel et bien en train de pleurer, et elle ne put s'empêcher d'être complètement déstabilisée par ce constat, parce qu'elle pensait qu'il s'en fichait et apparemment… ce n'était pas le cas.
Alors dans ce cas-là, pourquoi ?
Pourquoi était-il parti, pourquoi l'avait-il abandonnée ?
« Oh… oh bordel. Mais quel putain d'imbécile, s'écria-t-il et vraiment cette journée devenait de plus en plus absurde, quel putain de foutu imbécile j'ai été.
- Je… Ce n'est pas moi qui vais te dire le contraire.
Ce n'était pas comme ça qu'elle s'était imaginée leurs retrouvailles.
Enfin non, en théorie, elle n'avait jamais imaginé quoi que ce soit, mais parfois, lorsqu'elle sentait son esprit être assailli de souvenirs le concernant, et qu'elle se demandait comment ça se passerait si jamais ils se revoyaient, hé bien…
A chaque fois, elle se voyait lui hurler ses quatre vérités au visage, mais jamais…
Jamais elle n'avait imaginé ses réponses, parce que ça aurait fait beaucoup trop de mal d'entendre à nouveau sa voix, même en pensée, et quant à ses réactions, hé bien, elle aurait cru qu'il s'en ficherait.
Ce n'était pas censé se dérouler de cette manière, et elle était en train de perdre le contrôle, et elle n'aimait pas ça, elle n'aimait pas ça du tout.
Et après tout, qu'importe ses états d'âmes, sa tristesse, sa douleur, sa culpabilité ou ses regrets, les quelconques remords qu'il éprouvait désormais, non seulement ça ne changeait rien à ce qu'il avait fait, mais en plus…
Ça arrivait trop tard…
Ça arrivait dix ans trop tard.
- Tu m'as abandonnée, lâcha-t-elle finalement, sentant sa rage et sa haine refluer de plus belle, et elle s'interdit de pleurer, elle ne voulait pas lui montrer qu'elle était encore affectée par ce qu'il lui avait fait, même si ça remontait à plus de dix ans désormais. Tu m'as laissée tombée, tu m'as envoyée en prison alors que je… j'avais dix-sept ans ! Je t'aimais, je te faisais confiance, mais toi, ça t'était égal, pas vrai ? Je… Je ne comptais pas pour toi, je n'ai jamais compté.
- Ne dis pas ça ! L'interrompit brutalement Neal.
Il n'avait pas hurlé, ni même élevé la voix, enfin pas plus que la Sauveuse en tout cas, et pourtant, dans le silence de Storybrooke, ça avait été suffisant pour qu'Emma l'entende.
- Emma… Reprit-il. Je sais que tu me détestes, et après ce qui est arrivé, c'est tout à fait normal, et si après cette discussion, tu ne veux plus jamais me revoir ou me parler, que tu ne me veux plus dans ta vie, je comprendrai. Mais… je t'interdis d'affirmer une chose pareille, d'accord ? Tu comptais pour moi, et tu comptes toujours.
Comment pouvait-il faire ça ?
Comment pouvait-il affirmer une chose pareille, comment pouvait-il oser dire qu'il tenait à elle alors qu'il…
Il ne mentait pas pourtant.
- Est-ce que tu m'aimais ? Demanda-t-elle aussitôt. Quand on était ensemble, à l'époque, avant que… que tout parte en vrille et que tu décides de me briser le cœur, est-ce que… Est-ce que tu m'aimais vraiment ? Est-ce que tu étais réellement amoureux de moi, est-ce que quoi ce soit de ce qui est arrivé entre nous a jamais été sincère ?
Si il avait répondu non, ça aurait peut-être rendu les choses plus faciles, elle n'aurait eu qu'à le chasser de sa vie et de son cœur pour toujours, et ça aurait été fini.
Mais jamais Neal n'avait aimé rendre les choses faciles pour elle, et ce, depuis le début.
- Oui. Je t'aimais. Je t'aimais vraiment, et j'ai toujours été sincère, au moins à ce sujet.
Là aussi il ne mentait pas.
Cette fois, les larmes lui montèrent aux yeux, et elle fit quelques pas.
- Tu m'aimais, et tu… Sa voix se brisa. Tu m'aimais, et pourtant, tu m'as abandonnée… Elle rit, brièvement, et son rire lui aussi se cassa en morceaux, tel du verre. Ça n'a pas le moindre sens. Puis, elle fronça les sourcils. Attends… tu entends quoi par à ce sujet ?
Il soupira.
- Il y a… il y a certaines choses que tu ignores à mon sujet. Des choses que je t'ai cachées, et des… des mensonges.
D'un seul coup, tout devint beaucoup plus clair.
Avant, elle n'y aurait pas pensé, n'y aurait pas cru non plus, mais elle savait pour la magie désormais, et les autres mondes, elle l'avait senti au fin fond d'elle-même, alors peut-être…
- Tu viens de la Forêt Enchantée, c'est ça ?
Il sursauta, presque étonné qu'elle le suppose aussi vite, mais après tout, il était effectivement sorti d'un portail, et ça aurait pu être une coïncidence, mais si il ne trompait pas, elle croyait en la magie désormais, alors elle ne devait plus croire aux coïncidences désormais.
- C'est ça oui, je… J'y suis né… il y a près de deux cents ans.
Elle cligna des yeux, avant de le fixer, interloquée.
- S'il te plaît, dis-moi que c'est une blague.
- On devrait s'asseoir, se contenta-t-il de répondre, parce que ça risque d'être long.
Ils prirent place sur un banc qu'ils trouvèrent quelques minutes plus tard, et Emma croisa les bras avant de se tourner vers lui.
- Allez, vas-y, raconte.
Elle semblait toujours en colère, mais elle n'était plus à deux doigts de lui hurler dessus, ce qui, se dit Neal, était au moins un progrès.
- Très bien… Mon nom, mon vrai nom, n'est pas Neal Cassidy… Avant, il y a longtemps, très longtemps… Je m'appelais Baelfire. Et oui, je suis né il y a deux cents ans.
Il ne mentait pas, et ça semblait tellement fou que ça puisse être réel, et pourtant…
Et il avait bien dit, deux cents ans ?
Quelqu'un d'autre était apparemment aussi âgé que ça, et Rumplestiltskin avait dit qu'il avait un fils, alors ça pouvait vouloir dire que…
- Tu ne les fais pas, s'amusa-t-elle, et toute cette situation était vraiment absurde.
Elle lui avait mis son poing dans la gueule quelques minutes plus tôt, et maintenant ils discutaient comme si de rien n'était.
- Merci. Et je… Je suis le fils de Rumplestiltskin. Le Ténébreux.
Bingo.
- Monsieur Gold, ajouta-t-elle, c'est lui qui a ouvert le portail.
- Ça ne me surprend pas. Quand j'étais enfant, ce n'était pas encore un sorcier, il l'est devenu durant la guerre des ogres, pour me protéger, parce qu'il ne voulait pas que j'aille me battre et que je risque de mourir. Mais… le temps a passé et la magie a fini par le corrompre, alors j'ai passé un marché avec lui quand j'avais quatorze ans. Pour qu'il redevienne lui-même, nous devions changer de monde, aller dans le monde sans magie, grâce à un haricot magique.
Emma fronça les sourcils.
- Je croyais qu'il n'y en avait plus ?
- Aujourd'hui c'est le cas, mais à l'époque, il s'agissait d'un des derniers. C'est la Fée Bleue qui me l'a donné.
- La Fée Bleue ? August m'en a parlé.
Neal lui envoya un regard interloqué.
- August est ici ? August comme Pinocchio ?
Elle acquiesça.
- Lui-même. Tu le connais ?
Elle vit la rage apparaître dans ses yeux, et elle ne comprit pas, quant à Neal, il serra les poings.
- Ouais, marmonna-t-il, amer, on peut dire ça comme ça. Bref… pour faire simple, j'ai ouvert le portail, mon père a eu peur, je suis tombé dedans, pas lui et ça fait deux cents ans qu'on est séparés.
- Oh… Je vois, c'est… Je suis désolée.
Il lui adressa un regard étonné.
- Quoi ? C'est pas parce que tu t'es comporté en salaud avec moi plus tard que je peux pas compatir à ce qui t'es arrivé lorsque t'étais encore enfant. Comment ça se fait que tu ais survécu ? Ton père, je peux comprendre, il est immortel, mais et toi ?
- L'ombre de Peter Pan m'a enlevé, j'ai atterri au Pays Imaginaire et j'y resté pendant environ deux cents ans. J'ai fini par m'échapper et arriver dans le monde sans magie. Et après, hé bien… tu connais la suite, je t'ai rencontrée, et puis…
- Tu m'as envoyée en prison, dit-elle avec le même regard dur que celui qu'elle affichait plus tôt. Alors je… je vais te demander de répondre à une question qui n'a jamais eu de réponse parce que tu n'étais pas là. Pourquoi est-ce que tu m'as abandonnée ? »
Neal ne put s'empêcher de soupirer.
Si il avait cru que la conversation précédente avait été longue, celle qui allait suivre risquait de l'être encore plus.
A suivre…
Chapter 39: Le moment est venu.
Notes:
Titre du 19/05/2022 : Le moment est venu
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de ... Remus Lupin : Solitude : écrire sur un personnage solitaire ou sur un personnage qui a peur d'être abandonné
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Pourquoi est-ce que tu m'as abandonnée ?
Cette question, Neal se l'était lui-même posée pendant des années, des mois, des décennies, des siècles, après avoir découvert que sa mère n'était pas morte comme il le croyait depuis qu'il avait six ans, mais qu'elle était partie loin de chez eux sans se retourner.
Pour son père, il le savait déjà, ce dernier avait préféré le pouvoir à son fils, il avait choisi de rester dans la Forêt Enchantée plutôt que de le suivre, il avait lâché sa main, il l'avait laissé tomber dans ce maudit portail, et même si ce n'était qu'un accident, un choix fait dans la panique du moment, il l'avait tout de même abandonné.
Alors oui, il savait déjà pourquoi Rumplestiltskin n'était pas venu avec lui, mais concernant sa mère…
Il n'avait jamais su, parce qu'elle était morte avant même qu'il ne sache qu'en réalité elle avait été vivante durant des années, et qu'elle l'avait abandonné, lui et son père.
En un sens, Killian Jones lui avait déjà apporté la réponse qu'il cherchait, le jour où il lui avait avoué la vérité sur Milah, mais il n'avait jamais pu lui poser la question en personne et c'était sans doute cela qui lui manquait le plus.
Pouvoir la confronter, l'accuser, ou recevoir ses excuses, et peut-être, un jour, la pardonner.
Son père lui avait volé ça, lui avait volé cette chance de peut-être la revoir un jour, et ça, il n'était pas sûr de pouvoir le lui pardonner.
Il savait pourquoi elle était partie, parce qu'elle ne supportait plus son époux, qu'elle voulait vivre un autre vie, qu'elle rêvait d'aventures, qu'elle voulait être libre, qu'elle voulait être heureuse, au final il avait déjà sa réponse.
En vérité, sa véritable question était plutôt, pourquoi est-ce que je n'étais pas suffisant pour te faire rester ?
Dans le monde moderne du monde sans magie, les choses auraient été différentes, et peut-être auraient-ils continué d'être une famille, même partiellement, au lieu que tout ne soit brisé en mille morceaux, mais ça ne changeait rien au fait qu'elle l'avait abandonné parce qu'il n'avait pas été suffisant pour elle.
Il n'aurait jamais de réponse à cette question qui le hantait depuis tellement de temps et ce constat était purement et simplement insupportable.
Pourquoi est-ce que tu m'as abandonnée ?
Alors oui, il comprenait parfaitement la question d'Emma, il comprenait sa rage, sa douleur, sa colère, et son désir de savoir, de connaître la vérité, de comprendre.
Parce que je n'avais pas le choix, aurait été incomplet et faux, complètement mensonger parce qu'il avait eu le choix, il avait juste fait celui qui lui semblait juste sur le moment et qui au final s'était révélé être le mauvais.
« C'est… commença-t-il avant d'être coupé par Emma.
- Ose me sortir « c'est compliqué » et je te jure que je te frappe.
Malgré la menace, il sourit, parce que c'était tellement… Emma.
- D'accord. Très bien, je ne le dirai pas dans ce cas-là… Je comptais vraiment faire ce qu'on avait prévu tu sais. Les montres, partir ensemble, aller à Tallahassee, commencer une nouvelle vie ensemble… Tout ça, tout ce qu'on voulait, tout ce dont on avait décidé ensemble… Tout ce dont on avait rêvé, tout ce qu'on voulait construire… Je voulais réellement qu'on ait ça ensemble, qu'on ait… qu'on ait une famille.
Si il n'avait été qu'un menteur hypocrite, ça aurait rendu les choses tellement simples.
Mais non, bien sûr que non, il fallait qu'il soit totalement sincère à ce sujet, qu'il ne soit définitivement pas en train de mentir, et qu'il lui dise les mots qu'elle avait toujours rêvé d'entendre, et que la vérité lui brise le cœur de la pire manière possible.
Parce que ce qui avait été et ne pouvait plus être avait été sincère mais tout ce qu'ils avaient eu était mort, parce qu'il était parti, qu'il l'avait trahie, abandonnée, envoyée en prison, et c'était de sa faute, tout était de sa faute.
Pourquoi ?
Pourquoi était-il parti si il ne lui avait jamais menti ?
- Si c'est vraiment le cas, dit-elle, si tu m'aimais vraiment… Si tu voulais qu'on ait un futur ensemble… Alors pourquoi est-ce que tu es parti ?
Il soupira.
Voilà, il était là, le moment où il allait enfin dire toute la vérité qu'il avait toujours tue durant ces dix dernières années.
Enfin elle allait savoir.
Et savoir ce qu'il avait fait, et surtout pourquoi, elle saurait quelle était la chose dont il avait le plus honte, ce qu'il n'aurait jamais dû faire.
- Parce que, la nuit où j'étais supposé te rejoindre, quand tu es allée chercher les montres… j'ai rencontré quelqu'un. August. August Booth. Apparemment, tu le connais bien.
Elle se figea, interloquée.
- Okay… Je ne comprends pas… Qu'est-ce qu'il a avoir là-dedans ?
Oui, c'est vrai, ils étaient tous les trois liés, ils venaient de la Forêt Enchantée, et August, enfin Pinocchio, était supposé la protéger (rôle qu'il avait d'ailleurs bien mal rempli), mais pourquoi…
Pourquoi parler à Neal exactement ?
- Il savait qui j'étais… mon identité, il savait que j'étais Baelfire… il connaissait mon histoire. Alors, il est venu me parler pour me dire qui tu étais vraiment.
Elle fronça les sourcils.
- Donc… au moment où tu m'as rencontrée, tu ne savais pas qui j'étais ? Tout ça, toute notre histoire, ce n'était pas un plan tordu imaginé par ton père ?
Neal éclata de rire.
- Non, t'en fais pas pour ça. Mon père a imaginé et prévu beaucoup de choses, mais je ne pense qu'il soit capable de faire quelque chose comme ça. Et si j'avais su qui tu étais, ton lien avec la malédiction… je pense que je me serais enfui et que je ne me serais pas approché de toi. Je n'avais vraiment pas envie de risquer de me retrouver à nouveau en présence de mon père.
- Et pourtant, tu es là aujourd'hui… Qu'est-ce qui a changé ?
- Beaucoup de choses ont changé en dix ans, et surtout… j'ai rencontré Henry. Bref, August m'a dit qu'il était Pinocchio, que tu étais… la Sauveuse, il m'a parlé de la malédiction et surtout il m'a dit… que je me mettais en travers de ton chemin.
Emma cligna des yeux à quelques reprises, hébétée.
- Pardon ?
- Notre histoire ensemble, notre décision de partir à Tallahassee, donc loin, très loin dans le Sud et du Maine… Ce n'était apparemment pas une bonne chose pour la malédiction, parce qu'il fallait que tu puisses être là dix ans plus tard afin de briser la malédiction… et si tu n'avais aucune raison d'y aller tu risquais… de ne jamais en retrouver le chemin. Ni de le trouver tout court.
Ça n'avait aucun sens, vraiment, et Emma sentit une nouvelle fois la colère l'envahir.
Parce que, une nouvelle fois, son destin avait été décidé sans qu'elle ait une seule seconde son mot à dire, Neal et August avaient fait des choix qui auraient dû être les siens, sérieusement, comment avaient-ils pu lui faire une chose pareille, comment avaient-ils pu l'abandonner alors qu'ils prétendaient l'aimer ou vouloir la protéger ?
- Et j'imagine… dit-elle d'une voix qu'elle tenta de garder calme, que venir me parler et m'expliquer tout ça, c'était pas une option ?
- J'ai essayé de le convaincre de faire ça, il m'a dit que tu ne le croirais pas.
- On se demande bien à qui la faute, répliqua-t-elle aussitôt avec acidité.
Puis, elle se souvint du temps qu'il lui avait fallu pour enfin croire en la magie alors qu'elle vivait à Storybrooke, ville tout sauf normale, et elle dut reconnaître que ce n'était pas totalement faux.
Ça ne changeait rien au fait qu'elle ne méritait aucunement ce qui lui était arrivé.
- C'est vrai, concéda-t-il, August n'est aucunement irréprochable à ce sujet… et moi non plus. Il voulait aussi qu'on te renvoie dans le système, afin que tu sois… plus cadrée.
En rétrospective, ça avait vraiment été une mauvaise idée, et au vu de la lueur de rage qui brillait dans les yeux d'Emma, elle pensait exactement la même chose.
- Oui, et ça a tellement réussi ! Ironisa-t-elle.
- Je ne vais pas te raconter des histoires Emma, cette nuit-là… je me suis clairement menti à moi-même, j'ai fait comme si je croyais réellement que c'était la meilleure solution pour toi, alors qu'en réalité… j'étais juste lâche. J'avais peur que si on atterrissait à Storybrooke, je ne finisse par être réuni avec mon père, et ce n'était pas ce que je voulais… Alors j'ai décidé de l'écouter et ça a été la pire décision de ma vie entière.
- Donc, si je comprends bien, résuma-t-elle, sentant un rire complètement hystérique monter depuis le fond de sa gorge, tu… tu m'as abandonnée parce que Pinocchio te l'a demandé ?
Quand est-ce que sa vie était devenue une vaste blague au juste ?
- C'est… à peu près ça.
Elle les détestait.
Oh dieux, elle les détestait tellement, eux, les adultes, qui avaient décidé de gâcher la vie de la gamine de dix-sept ans qu'elle était encore à l'époque et qui commençait à peine à reprendre confiance et espoir en la vie.
- Si seulement vous aviez pris vos responsabilités… tout aurait été différent. Tu… tu m'as envoyée en prison Neal !
Il la regarda avec tristesse.
- Je sais. Et je sais ce que ça fait d'être prisonnier, crois-moi, et je… Je n'aurais jamais dû te faire ça. J'aurais dû trouver une autre solution, je ne sais pas quoi, mais j'aurais dû. Je suis tellement désolé.
- Les excuses arrivent trop tard… Dix ans trop tard.
Il le savait parfaitement, mais ça ne l'avait pas empêché d'essayer.
- Je sais…
- M'envoyer les clefs et les papiers de la coccinelle, tu pensais que ce serait suffisant pour te faire pardonner ? Lui demanda-t-elle, essayant de comprendre.
- Non, avoua-t-il avec honnêteté. Et ce n'est pas pour ça que je l'ai fait, enfin si mais seulement partiellement, je voulais juste… réparer le bordel que j'avais causé.
- Ne pas m'envoyer en prison aurait permis d'éviter ce bordel.
- Je t'ai envoyé l'argent des montres, lui avoua-t-il, pas tant pour la calmer que pour lui avouer cette autre vérité qu'elle avait ignoré pendant beaucoup trop longtemps.
Depuis qu'il savait ce que Henry lui avait dit, qu'il savait qu'elle ne l'avait jamais reçu et qu'August l'avait probablement gardé pour lui, cette question l'avait hanté plusieurs fois.
Qu'est-ce qu'il se serait passé si elle l'avait reçu, cet argent ?
Comment est-ce que sa vie aurait pu être différente, meilleure, si elle avait pu sortir de prison avec ça en plus dans ses bagages, et pas juste avec des clefs de voiture et un cœur brisé ?
Est-ce que… ça aurait vraiment fait la différence tout compte fait ?
Ou pas du tout ?
Il ne le saurait jamais, et c'était vraiment ça le pire, se poser des questions dont on aurait jamais la réponse, et elle méritait mieux bon sang, ils méritaient tous mieux et pourtant ils…
Ce n'était pas juste.
- Tu… Comment ça ?
Elle avait toujours été persuadée qu'il était parti comme un voleur, en emportant avec lui non seulement les morceaux brisés de son cœur et de sa confiance en lui, mais aussi l'argent qu'il avait dû récolter en vendant les montres volées.
Et maintenant, il lui affirmait qu'en réalité, non seulement il lui avait envoyé les clefs de la voiture jaune mais aussi l'argent qu'ils auraient dû avoir ensemble au lieu de le garder pour lui ?
Oh.
Ça n'effaçait pas le reste, ça n'effaçait rien de ce qu'il avait fait, mais ça montrait bien que, même à l'époque, il avait au moins essayé de l'aider.
Il ne mentait pas, lui dit une nouvelle fois son super-pouvoir, et c'était incroyable tout de même à quel point il avait pu se montrer sincère depuis le début de cette conversation alors qu'il lui avait menti sur tout, y compris sur qui il était vraiment des années plus tôt.
Il avait vraiment changé en dix ans tout compte fait.
- J'ai demandé à August de t'envoyer à la fois les clefs de la voiture, et l'argent des montres. D'après Henry, tu n'as reçu que la première de ces deux choses.
- Effectivement, reconnut-elle, alors dans ce cas…
- Alors soit la poste ou la prison ont vraiment mal fait leur travail, soit…
- August… Souffla-t-elle en fermant les yeux, et si ils avaient bel et bien raison, alors dans ce cas-là… »
L'espèce de foutu salopard.
« Je vais avoir deux mots à lui dire, gronda-t-elle.
Parce que même si ils se trompaient, il y avait aussi tout le reste.
- Ouais, moi aussi, approuva-t-il.
Il y avait une question encore qui devait être abordée…
Henry.
- J'étais en prison quand j'ai compris que j'étais enceinte.
Puisqu'il avait accepté de lui dire la vérité, toute la vérité, autant qu'elle le fasse aussi.
- Je… J'aurais aimé être là.
- Tu le savais pourtant, lui jeta-t-elle au visage, tu savais qui j'étais, tu savais que j'avais été abandonnée, que j'avais peur de l'être à nouveau, et pourtant, tu… tu l'as quant même fait. Tu m'as abandonnée, et tu m'as brisé le cœur ! Tu m'as laissée seule, toute seule, et même si je n'avais pas été enceinte…
- Je suis désolé… Je sais que même si j'avais été là, ça n'aurait sans doute rien changé, mais j'aurais aimé que ça change quelque chose… vraiment.
- Je ne pouvais pas le garder. Je ne pouvais vraiment pas et même avec l'argent je ne sais pas si ça aurait suffi, ou si j'aurais pu le faire. J'aurais voulu en être capable, mais…
- Emma… Ça vaut que ça vaut, mais… J'ai rencontré Henry tu sais, et même si vous n'avez pas passé beaucoup de temps ensemble, je sais combien il t'aime et tient à toi et je pense que tu es une bonne mère. Je suis désolé qu'à cause de moi, tu ais dû attendre dix ans avant de pouvoir vraiment l'être.
Elle sourit.
- Henry est… enfin, c'est Henry. Je suis tellement heureuse de l'avoir retrouvé, de pouvoir l'élever, même si avec Regina c'est difficile, surtout maintenant que je sais… qu'elle est la méchante reine, mais… Et savoir qu'il est de nouveau sain et sauf… merci d'avoir veillé sur lui quand vous étiez là-bas. Comment est-ce que tu as su ?
- Je ne l'ai pas supposé tout de suite, reconnut-il, quand il a parlé de toi, je ne me suis pas tout de suite dit qu'il était mon fils, mais quand il m'a dit ce que tu lui avais raconté sur son père, et l'âge qu'il avait… c'est là que j'ai su. Ou du moins j'ai compris que c'était une possibilité. Et je suis heureux d'avoir eu raison.
Il ne fuyait pas.
Ça aussi, elle ne s'y attendait pas, et est-ce qu'il voulait réellement être le père de Henry, et l'élever, rester à Storybrooke, la ville qu'il avait pourtant passé ces dernières années à éviter parce que son père y vivait ?
Apparemment.
Et la part d'elle-même qui avait été amoureuse de lui autrefois avait envie d'y croire.
Et l'autre, celle qui se souvenait avoir été trahie, voulait lui dire de partir, qu'elle ne le voulait pas dans la vie de son fils, mais n'était-ce pas exactement ce que Regina avait fait lors de son arrivée à Storybrooke ?
Si, même si les circonstances étaient différentes, et lorsqu'ils étaient dans la Forêt Enchantée, il avait été là quand Henry avait eu besoin de lui, même si Emma ne connaissait pas encore tous les détails, mais elle sentait bien que Henry lui faisait confiance, et elle ne savait pas ce qu'ils avaient traversé, mais ça devait être important.
Et Henry…
Henry le voudrait sûrement dans sa vie, et pouvait-elle réellement le lui refuser ?
Ça ne voulait pas dire qu'elle acceptait de le pardonner, ni même qu'elle le ferait jamais, mais…
C'était un début.
- Tu veux… Tu veux rester ici, n'est-ce pas ? Auprès de Henry ?
- Oui. Et de toi, si tu me le permets. Je sais que ce qu'on avait ensemble il y a dix ans… ça ne reviendra jamais, mais… On pourrait devenir amis ?
Amis.
Elle voulait lui faire confiance, à nouveau, oublier sa douleur, et elle ne pensait pas qu'il la trahirait à nouveau, mais…
Elle avait encore tellement mal.
- Je ne garantis rien, mais… je peux essayer.
Il sourit.
- C'est plus que ce que je mérite, alors… merci. »
Oui.
Il avait définitivement changé.
« Au fait ? Lui demanda-t-elle alors qu'ils retournaient dans le centre-ville de Storybrooke, tu ne m'as pas dit comment tu t'étais retrouvé dans la Forêt Enchantée ?
- Par accident. Un portail s'est ouvert je ne sais comment dans mon appartement à New York, et… je suis tombé dedans.
Elle le regarda avec incrédulité.
- Juste comme ça ?
- Ouais. J'ai un karma pourri. »
Emma éclata de rire.
A suivre…
Chapter 40: La fin d'un règne.
Notes:
Titre du 22/06/2021 : La fin d'un règne
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Thranduil : Couronne : Écrire sur un Roi ou sur quelqu'un qui a de grandes responsabilités
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Il était là…
Il était vraiment là, après tout ce temps, après tous ces mois passés à s'inquiéter pour lui, se ronger les sangs, ignorer où il se trouvait réellement ou même ce qui avait bien pu lui arriver, si il était seulement même encore en vie.
Henry était juste là, devant elle, à quelques mètres seulement, à deux pas, de retour et de nouveau dans leur monde, il était sain et sauf, et là tout de suite, Regina se moquait bien d'être la méchante reine et que son fils la déteste à cause de ça et à cause de ce qu'elle avait fait.
Elle était juste une mère qui avait réussi à être réunie avec le fils qu'elle avait cru perdu pour toujours.
(Et oh il y avait tellement de gens dans cette ville qu'elle avait créée qui ne pouvaient pas en dire autant, qui souffraient, séparés de leurs familles, et c'était de sa faute.
Et son cœur se serra, saigna, parce que si il y avait bien une chose qu'elle n'avait pas réussi à réparer, c'était celle-là.
Et en un sens, puisque c'était le destin d'Emma et non le sien de briser la malédiction et de rendre la mémoire à tout le monde, elle ne le ferait jamais vraiment, et ce que les gens n'oublieraient jamais, et qu'elle n'oublierait pas non plus, c'était que c'était elle la méchante de l'histoire.)
Alors, sans attendre, dès qu'Emma et Neal disparurent de leur côté, et que Rumplestiltskin s'éclipsa, elle se jeta dans les bras de son fils.
Elle s'attendait à ce qu'il tente de s'enfuir, auquel cas elle l'aurait laissé se dérober si il l'avait voulu, mais non, il lui rendit son étreinte, et cela la rassura au moins un petit peu.
Il la détestait sans doute très probablement, et avec raison, mais à ses yeux, elle restait sa mère, il l'aimait toujours au moins un peu, et elle lui avait apparemment manqué.
C'était plus que ce qu'elle méritait, aussi elle accepta ce qu'il pouvait lui donner sans en demander plus.
Elle aurait déjà de la chance qu'il accepte de la pardonner un jour.
« Henry, lui dit-elle avec émotion une fois l'étreinte terminée, tu m'as tellement manqué. Et je… je suis si soulagée que tu ailles bien et que tu sois enfin revenu.
Elle ne lui fit pas de reproches et ne le gronda pas, parce que Emma s'en était déjà en partie chargée, qu'elle aurait tout le loisir de le faire à nouveau une fois que la Sauveuse serait revenue et aussi parce que si quelqu'un était en droit de faire des reproches à quelqu'un, c'était bien lui…
- Toi aussi tu m'as manqué, reconnut-il. Puis son bref sourire s'effaça et son regard se fit dur. Mais tu…
- Je suis la méchante reine oui, tu as raison.
Elle n'était plus en position de nier désormais, pas alors qu'elle avait la preuve que Henry avait bien passé ces deux derniers mois dans la Forêt Enchantée, et qu'il était évident qu'ils s'étaient servis de la magie pour le ramener.
Avant elle l'aurait fait, elle aurait continué de mentir, deux mois plus tôt, celle qu'elle était encore et qui n'avait pas vu son fils disparaître sans rien pouvoir faire pour le retrouver aurait continué de mentir pour se protéger elle-même et protéger son secret et son statut de mairesse, pour conserver le pouvoir.
Elle n'était plus cette personne désormais, ce choix fut donc dicté au moins autant par honnêteté et franchise que parce qu'elle n'avait pas d'autre option.
Il la regarda stupéfait, les yeux écarquillés de surprise.
Il le savait bien sûr, et il savait aussi qu'il y avait bien trop de preuves pour qu'elle puisse continuer de mentir en étant crédible, mais il ne s'attendait définitivement pas à ce qu'elle l'admette si facilement, sans se battre une seule seconde.
- Tu… Tu le reconnais ?
- Oui. Je suis Regina, ancienne reine de la Forêt Enchantée, je suis une sorcière, et… je suis la méchante reine. J'ai lancé le Sort Noir il y a vingt-huit ans et créé la ville de Storybrooke.
Il recula de quelques pas, parce que c'était une chose de connaître la vérité, c'en était une toute autre de l'entendre être confirmée de vive voix par la responsable, et même si il savait qu'il avait raison depuis près de deux mois, ça n'atténua en rien le choc et tout ce que cela pouvait signifier.
- Tu m'as menti ! S'écria-t-il. Tu m'as menti pendant des années, tu as menti à tout le monde, et tu… Tu as essayé de me faire croire que j'étais fou !
Ce n'était définitivement pas son plus grand crime, mais c'était l'un de ceux qui, personnellement, lui faisait le plus grand mal, avec le meurtre de son père.
(Et n'était-ce pas si ironique qu'au cours de sa vie, elle ait blessé deux Henry, son père et son fils ?)
- Oui, reconnut-elle là aussi, et j'en suis désolée. Je suis tellement désolée, pour ça et pour tout le reste. Pour les séances de thérapies qui n'avaient qu'un seul but, que tu cesses de croire en ce qui est pourtant la pure vérité. Je suis désolée d'être un monstre.
Il fronça les sourcils.
- Mais… pourquoi est-ce que tu l'avoues maintenant ?
- Pour toi Henry. Parce que tu avais disparu, et que nous avons fini par découvrir où tu étais et puisque le seul moyen pour te retrouver était en utilisant la magie, ce qui allait ultimement provoquer la fin de la malédiction, j'ai décidé d'arrêter de mentir.
La confusion de Henry ne fit que grandir.
- Tu… tu as l'intention de briser la malédiction ?
- Disons que je n'empêcherai pas Emma Swan de le faire. Je ne vois pas trop comment je pourrais le faire à vrai dire, vu qu'elle connaît la vérité désormais, que la magie est à Storybrooke, que tout le monde doit être au courant, et que je n'ai pas encore récupéré mes pouvoirs. Je suis poings et pieds liés Henry, et j'ai choisi de le faire, ça n'efface aucunement ce que j'ai fait, mais je voulais que tu le saches.
- Okay, alors… Raconte-moi ce qu'il s'est passé exactement, parce que là… j'y comprends plus rien.
- Tu as disparu sans prévenir il y a deux mois, et au début je pensais juste… Je croyais, tout comme Emma, que tu étais parti de la ville. Et puis, au bout d'un moment, Rumplestiltskin et moi nous avons dû nous rendre à l'évidence, un portail s'était ouvert à Storybrooke. C'est bien ce qu'il s'est passé, n'est-ce pas ?
- Oui, confirma-t-il, dans les mines, quand j'y étais, et je… Je l'ai franchi. Je pensais qu'il me mènerait à la Forêt Enchantée. J'avais raison.
- J'ai lutté au début pour accepter la vérité, pour accepter l'idée que… j'avais besoin de ta mère, de son aide, pour ramener la magie jusqu'ici pour ensuite ouvrir un portail pour te ramener à la maison. Je voulais continuer de faire souffrir les gens, y compris Blanche-Neige, et les innocents, mais quand tu as disparu, j'ai fini par ouvrir les yeux. J'ai compris que si je ne voulais pas te perdre pour toujours, que ce soit émotionnellement ou littéralement, je devais changer. Réparer mes erreurs et corriger ce que j'avais fait, ou au moins essayer. Je ne te dis pas que j'ai réussi, mais j'ai commencé à le faire.
- Comment au juste ?
- Je ne vais pas te dire que je suis une meilleure personne désormais parce que le simple fait que la malédiction soit toujours là le dément, mais… J'ai rendu son cœur à Graham. Je lui ai rendu sa liberté, et tu peux me croire, il me déteste toujours autant, surtout maintenant qu'il a récupéré ses souvenirs, mais… Il n'est plus mon prisonnier.
- Tu penses vraiment que c'est suffisant ?
- Bien sûr que non ! Et je ne suis pas là pour me vanter d'être soudainement devenue une personne bienfaisante, mais je veux juste… que tu comprennes que j'essaie de changer Henry. Peut-être que ce ne sera pas suffisant, mais j'ai envie de faire quelque chose de bien, quelque chose qui compte. Et j'espère sincèrement que ça comptera. Tes grands-parents ont été réunis tu sais. Ils ne se souviennent pas, ils ne savent pas ce que je leur ai fait, ou à quel point ils s'aiment, ou qu'Emma est leur fille, mais… ils ne sont plus séparés désormais.
Et plus elle faisait la liste des choses biens qu'elle avait faites, plus Regina se rendait compte à quel point elles faisaient pâle figure en comparaison à toutes les mauvaises choses qu'elle avait pu accomplir par le passé.
Ce ne serait effectivement jamais suffisant pour personne.
Mais c'était déjà mieux que rien, c'était mieux que de ne rien faire du tout.
- Est-ce que ça efface les vingt-huit années d'oubli et de séparation ?
- Non. Bien sûr que non. Je n'ai jamais dit que c'était le cas, et ça ne le sera jamais, mais… Henry je ne te demande pas de me pardonner, mais je… Je veux juste que tu saches la vérité, toute la vérité, mes parts d'ombres comme mes quelques parts de lumière. Si du moins il m'en reste.
Elle lui parla du reste, de ses autres tentatives, du fait qu'elle avait tout fait pour qu'Emma croit en la magie, et de toute évidence il était toujours autant en colère qu'avant, mais au moins… dans son regard, une lueur de doute avait commencé à apparaître.
- Très bien… Je te crois quand tu dis que tu veux changer, mais ça ne veut pas dire que je te pardonne. Mais à ce sujet je te fais confiance. Ne me déçois pas s'il te plaît.
- Je te le promets Henry. Je te le jure solennellement. »
Et elle avait bien l'intention de tenir cette promesse.
§§§§
Henry n'avait pas voulu lui parler de ce qu'il lui était arrivé dans la Forêt Enchantée, et si au début elle avait cru que c'était parce qu'il ne voulait pas lui parler tout court, ne tolérant d'engager le dialogue avec elle que si il n'avait pas d'autre choix, elle avait compris que ce n'était pas le cas lorsqu'il lui avait dit qu'il attendait le retour d'Emma pour tout leur expliquer, afin de ne pas avoir à le faire deux fois.
Lorsque la blonde et l'inconnu revinrent finalement, ce ne fut que là qu'elle se demanda de qui il pouvait bien s'agir, puisqu'il était venu avec Henry par le portail, il venait probablement de la Forêt Enchantée, et il avait un certain air familier qu'elle n'arrivait pas à identifier.
Elle ne l'avait jamais vu, ça, elle le savait, elle ne le connaissait pas, mais pourtant…
« Alors ? Demanda Henry à Emma avec une certaine anxiété.
La policière soupira.
- Alors il reste. Pour l'instant… Et oui, tu avais raison. Vous aviez tous les deux raison.
Un sourire illumina le visage du jeune garçon puis il se tourna vers son père.
- Tu vas aller le voir ? Tu vas lui parler ? À ton père ?
Celui-ci hocha la tête.
- Oui. Je veux dire, il est juste là, ce serait bête de passer à côté, et puis… ça fait deux-cents ans que ça dure après tout. Il est temps que ça se termine.
Regina fronça les sourcils en le regardant partir.
Son père ?
Deux-cents ans ?
Est-ce que… est-ce que c'était bien ce qu'elle croyait ?
Est-ce qu'il…
- Emma ? Qui est-ce ?
- C'est… trop long à expliquer. Mais en résumé, c'est mon ex. Et le père de Henry.
Regina se figea, stupéfaite.
Le père de Henry ne posera aucun problème, avait-elle promis à la mairesse lors de leur première rencontre, il y avait, oh, ça semblait tellement lointain désormais, alors que ce n'était arrivé que, quoi… deux mois et quelques plus tôt ?
- Le père de Henry ? Mais… tu m'avais dit que…
- Je sais ce que j'ai dit, la coupa-t-elle, et je me suis trompée, je l'admets. Et de toute façon, je n'ai pas besoin de me justifier vu toutes les cachotteries que tu m'as faites.
Regina blêmit mais acquiesça.
- C'est juste… Donc le père de Henry est à Storybrooke… C'est une bonne ou une mauvaise chose ?
- Je ne sais pas, lui rétorqua Emma avec franchise, je ne l'avais pas vu depuis des années, et le revoir comme ça, sans m'y être préparée, je… Je ne sais pas comment je me sens à vrai dire. En colère, c'est certain, triste aussi, mais… Maintenant au moins je connais la vérité.
Elle avait déjà tant de mal à accepter la présence d'Emma Swan en ville, alors si elle devait aussi gérer le père biologique de son fils, elle n'était pas sure de pouvoir s'en sortir, et puis ça soulevait aussi tant d'autres questions.
Pourquoi avait-il été absent durant les dix dernières années, pourquoi revenir maintenant dans la vie de Henry ?
Comment s'était-il retrouvé dans la Forêt Enchantée aussi, si il venait du monde sans magie ?
- Et c'est le fils de Rumplestiltskin aussi, précisa Henry, histoire d'ajouter encore plus à la confusion ambiante, comme si cela ne suffisait pas.
Oh.
Voilà qui expliquait beaucoup de choses tout en apportant encore plus de questions.
- D'accord, je… Je ne poserai aucune question. Pas à ce sujet en tout cas. Jeune homme, fit Regina en croisant les bras, je crois que tu nous dois quelques explications. »
Et pour une fois, elle et Emma étaient toutes les deux entièrement d'accord à ce sujet.
A suivre…
Chapter 41: Les cendres du passé.
Notes:
Titre du 07/04/2022 : Les cendres du passé
Gémeaux : Regina (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Trente troisième baiser : Un baiser sur le front
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Jack Sparrow : Marque : Écrire sur Beckett ou sur un personnage qui a une cicatrice
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, défi des baisers, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
« Qu'est-ce que vous voulez savoir exactement ?
- Oh, je ne sais pas, ironisa Emma, tu pourrais commencer par le début par exemple ?
- Qu'est-ce qui t'a pris franchement, enchaîna alors la méchante reine, d'aller comme ça, tout seul dans cette mine, alors que nous t'avions toutes les deux formellement interdit d'y aller ?
Oui, pour une fois que nous étions d'accord sur quelque chose, pensa sarcastiquement Emma, préférant taire cette pensée, elle et Regina devant faire front commun au vu des circonstances.
- Je voulais voir la mine parce que je voulais une preuve. Une preuve de l'existence de la magie, après les mots d'Archie je voulais juste…
Un silence s'abattit alors, parce qu'ils avaient tous les trois parfaitement conscience que si le psychiatre avait prononcé ces mots, clamant la non-existence de la magie avec violence, ce n'était pas de lui qu'ils venaient.
Mais bien de Regina.
Celle-ci soupira.
- C'est vrai Henry, et je suis désolée qu'à cause de moi, tu ais ressenti le besoin de fuir, et de te mettre en danger parce que tu avais le sentiment que personne ne t'écoutait ou ne te croyait. Mais ça ne change rien à ce qui s'est passé, tu as risqué ta vie en allant là-bas, tu aurais pu mourir.
- Je sais, répondit le petit garçon avec gravité, et j'ai bien conscience que j'ai eu de la chance, de réussir à en revenir sain et sauf, et je suis désolé moi aussi. Je vous promets à toutes les deux de ne jamais recommencer.
Elles avaient du mal à y croire, mais avec un peu de chance, à l'avenir, il serait un peu plus prudent qu'avant au moins.
- Que s'est-il passé ensuite ? Poursuivit Emma.
- Un portail s'est ouvert quand j'étais dans la mine, et je l'ai franchi. J'ai atterri dans la Forêt Enchantée.
- Et… c'est tout ? Fit la mairesse, étonnée.
- C'est tout, confirma-t-il.
- Mais… dit Emma. Il venait d'où ce portail ?
- Je ne sais pas, je sais juste que je… C'est ce dont j'avais besoin et peut-être que la ville l'a senti et que c'est pour ça qu'il s'est ouvert.
Les deux femmes se regardèrent avant de hausser les épaules.
C'était un mystère qu'elles éclairciraient plus tard.
- Et après ?
- Je suis allé au château de Rumplestiltskin… le Ténébreux.
- Oui, Rumplestiltskin, fit Emma en hochant la tête, commençant peu à peu à assimiler tout ça. Rumplestiltskin qui est… sembla-t-elle soudainement réaliser. C'est ton grand-père.
En un sens, elle le savait déjà mais sans l'avoir réellement réalisé, de même que Regina, dont les yeux s'écarquillèrent d'un seul coup sous le choc.
- Effectivement, approuva la brune, c'est… enfin disons que… Ce n'était pas vraiment le genre de révélation à laquelle je m'attendais je l'avoue.
Elle et Rumplestiltskin faisaient partie de la même famille.
Ça c'était franchement inattendu.
- Et là-bas, poursuivit-il, j'ai rencontré Robin des bois ! Et ses Joyeux Compagnons ! Et aussi je…
Et alors qu'il leur racontait une partie de ce qu'il avait vécu là-bas, les yeux brillants de joie et d'excitation, ses mères se mirent à sourire.
Même si elles avaient été mortes d'inquiétude durant des mois, elles étaient heureuses qu'il ait pu découvrir ce monde qu'il rêvait de connaître depuis qu'il savait que la magie existait.
- Et puis après Neal, enfin papa, est arrivé lui aussi, par un portail. Il n'était pas content du tout d'être là, et il m'a raconté qui il était, qu'il te connaissait, dit-il à Emma, quand il a su qui j'étais, et puis, enfin… ce qu'il avait fait.
La blonde se figea.
- Il… il t'a dit toute la vérité ? Qu'il m'avait abandonnée ?
- Oui, il m'a dit ça et tout le reste, tout ce que tu ne savais pas encore. J'étais vraiment en colère tu sais, et je le suis toujours. J'ai été en colère contre toi aussi, parce que tu m'avais menti, mais… mais je comprends maintenant. Pourquoi tu l'as fait.
Emma sourit.
Finalement, peut-être était-ce une bonne chose que Neal soit revenu dans sa vie, même si ça n'effaçait pas la douleur qu'elle avait subie par sa faute.
- Et j'ai aussi rencontré le capitaine Crochet !
- Hé bien, ironisa Regina, Gold va être ravi d'apprendre qu'il est toujours vivant.
- D'ailleurs j'ai aussi vu… Oh. Son visage se ferma aussitôt et il se tourna vers Regina. J'ai rencontré quelqu'un d'autre, quelqu'un de ton passé, et… enfin ça va pas te plaire.
Qui donc, quelqu'un qu'elle avait blessé, à qui elle avait fait du mal, dont elle avait réduit la vie en cendres et qui avait voulu se venger d'elle à travers Henry ?
Elle côtoyait tous les jours des gens à qui elle avait fait cela, elle était blindée quelque soit ce que son fils avait l'intention de lui dire.
- Qui donc ? Une de mes victimes ?
Il secoua la tête.
- Non, pas vraiment… Ce serait plutôt l'inverse en fait. J'ai vu ta mère. Cora.
Sa mère adoptive se figea, estomaquée.
- Tu… Non, c'est impossible, dit-elle, un sourire confiant sur le visage, j'ai envoyé Crochet…
Puis elle se souvint de ce que Henry avait dit à propos du pirate peu de temps auparavant, et son visage se rembrunit aussitôt alors qu'elle comprenait.
- J'ai envoyé Crochet pour la tuer, poursuivit-elle.
- Hé bien en tout cas elle est toujours bien vivante.
- Je vois, soupira Regina, elle serait derrière le sortilège de protection qui a permis à une partie de notre monde d'être épargné par le Sort Noir que ça ne m'étonnerait pas la connaissant. Donc, Crochet m'a doublé…
- Et il veut venir à Storybrooke aussi.
- Rien d'étonnant, si il n'a pas changé, son but est toujours de se venger de Rumplestiltskin et de le tuer. Non pas qu'il en soit capable maintenant que la magie est revenue.
Et pourtant, pensa-t-elle avec amertume, elle était toujours incapable de se servir de ses pouvoirs, contrairement à lui.
- Est-ce que tu sais où il est ? Demanda Emma avec inquiétude. La dernière chose dont on a besoin en ce moment, c'est d'un pirate avide de vengeance. Surtout si il ne peut pas tuer sa cible, il risque de s'en prendre à d'autres gens.
- Quand on est partis avec la boussole, papa l'a laissé chez un géant. Il a dû partir depuis le temps, mais normalement il est toujours dans la Forêt Enchantée. À part si il trouve un moyen d'ouvrir un portail, on devrait être tranquille.
- Et donc, les géants existent, ne put s'empêcher de relever la Sauveuse, soit… Et Cora ?
- Ma mère est une sorcière dangereuse, je dirais même sans hésiter qu'elle est pire que moi, pire que presque tout ce que j'ai jamais pu faire. Nous devons tout faire pour qu'elle ne vienne jamais à Storybrooke.
- C'est très rassurant, ironisa Emma, ne se sentant pas non plus prête à affronter une puissante sorcière alors même qu'elle commençait à peine à accepter le fait qu'elle était une sorcière elle-même.
- Aux dernières nouvelles, fit Henry, elle est encore la prisonnière du camp, mais d'après papa, elle faisait semblant d'avoir perdu ses pouvoirs.
C'était drôle tout de même, tout comme il ne cessait d'appeler Emma maman, désormais dans la conversation, quand il s'agissait de parler de Neal, il disait papa, d'un autre côté contrairement à Emma, il avait eu le temps de s'habituer à cette idée.
- Ça correspond bien à ma mère ça… Regina soupira avant de se tourner vers Emma. Nous devons nous montrer vigilantes.
- Je sais. Et après Henry ? »
Celui-ci continua de leur narrer leurs aventures, et à la fin, ses deux mères en ressortirent avec un même sentiment.
Elles étaient tellement heureuses qu'il soit enfin rentré.
« Quoi qu'il en soit Henry, dit la blonde avant de se mettre à sa hauteur, ne nous refais plus jamais ça, d'accord ? Je ne veux plus jamais avoir aussi peur. »
Puis, elle l'embrassa sur le front, en mettant dans ce baiser tout l'amour et toute la tendresse qu'elle pouvait ressentir pour son fils.
Et ce fut à cet instant précis que l'univers bascula.
Une vague d'énergie et de magie traversa la Sauveuse et son fils avant de traverser également le reste de la ville, et en le sentant, Emma sursauta, interloquée.
« C'était quoi ça ?
Henry avait immédiatement compris, évidemment, de même que Regina.
Un baiser du véritable amour.
C'était la réponse, ça avait toujours été la réponse et elle aurait dû le réaliser depuis le début.
- Tu as réussi maman ! Se réjouit Henry. Tu as brisé la malédiction ! »
Regina ferma les yeux.
Même si elle avait toujours su que ça se terminerait comme ça, depuis le jour où elle avait fait le choix de privilégier son fils plutôt que la vie qu'elle s'était bâtie à Storybrooke, ça ne changeait rien au fait qu'il avait suffi de seulement quelques secondes pour qu'elle perde tout ce qu'elle avait eu pendant vingt-huit ans.
Il était temps pour elle de payer.
Et elle savait déjà qu'elle allait détester ça.
Mais Henry allait bien, il était en vie, et il était revenu.
C'était la seule chose qui comptait vraiment.
§§§§
C'était tellement prévisible que ça ne le faisait même pas rire.
Il avait dit à Henry qu'il irait voir son père, et pourtant, alors même qu'il se trouvait à seulement quelques mètres de la boutique de ce dernier, il n'y était toujours pas rentré.
Il savait où il devait aller, ce qu'il devait faire, et pourtant, ce n'était toujours pas fait.
Parce qu'il avait peur, tout simplement.
Cela faisait longtemps, oh, si longtemps qu'il n'avait pas vu son père, et si ce dernier ne le reconnaissait pas ?
Et si il réalisait lui-même qu'il était beaucoup trop en colère et qu'il décidait de partir loin de lui, parce qu'il l'avait abandonné, parce qu'il avait tué sa mère ?
Est-ce que ça en valait réellement la peine finalement, après tant de siècles de solitude et de séparation, après tout ce qu'il s'était passé ?
Est-ce qu'il avait encore la force de se battre pour son père, et passer outre tout ce qui leur était arrivé ?
Il ne le savait pas encore, et c'était pour ça qu'il n'était toujours pas entré, qu'il faisait les cent pas, incapable de partir, mais tout aussi incapable de rentrer.
Pas assez courageux pour faire face à son propre père.
C'était pathétique, vraiment.
Puis il pensa à Henry, qui lui avait pardonné, lui, ou du moins qui l'acceptait dans sa vie même si il lui en voulait probablement toujours.
Même si les circonstances n'étaient pas les mêmes, si son fils de dix ans en était capable, peut-être que lui aussi.
Peut-être pas pour lui pardonner, pas maintenant, pas tout de suite, il n'en avait pas encore la force, et il le savait bien, et il n'était pas sûr de jamais réellement l'avoir en fait, mais…
Mais son père lui manquait, cela, il ne pouvait pas le nier, même après toutes ces années à le fuir, il voulait le revoir, à nouveau, comme avant, comme autrefois, que ce soit pour le serrer dans ses bras, lui dire qu'il l'aimait, ou au contraire, pour lui faire des reproches.
Et il ne pourrait pas le faire en restant planté là, devant la boutique, sans oser y entrer.
Si il voulait pouvoir rester à Storybrooke, être un père pour Henry, renouer avec Emma, gagner son pardon, peut-être, voire devenir son ami, il devait faire le premier pas en direction de son père,au moins qu'à défaut d'avoir la même relation d'amour et de confiance qu'autrefois, ils puissent se parler à nouveau.
Et puis, il devait bien avertir Rumplestiltskin de la menace potentielle posée par Crochet et Cora.
Prenant une profonde inspiration, il ouvrit la porte.
A suivre…
Chapter 42: Devant toi.
Notes:
Titre du 10/06/2021 : Devant toi
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de... Rosa Diaz (B99) : Passé mystérieux : écrire sur quelqu'un qui raconte une scène de son enfance ou sur quelqu'un qui découvre le secret gênant d'un autre personnage
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Ce n'était pas la toute première fois qu'il revoyait son père en deux cents ans, non.
Il l'avait revu lors de son arrivée à Storybrooke, et ça avait été si perturbant de le revoir ainsi, comme ça, humain et plus avec son apparence terrifiante de crocodile qu'il arborait autrefois, qu'il avait eu presque du mal à le reconnaître, parce qu'il se souvenait du Ténébreux, du monstre qu'il avait fini par devenir, et non plus du père qu'il était avant.
Mais ça n'avait pas vraiment compté, parce que ça n'avait duré que quelques minutes finalement, avant que l'antiquaire ne s'éclipse une fois les retrouvailles passées, ignorant qu'il était du fait qu'il venait enfin de retrouver son fils après plusieurs siècles de séparation, et aussi parce qu'il avait à s'occuper d'autres choses.
Revoir Emma d'abord, et savoir enfin si Henry était son fils ou non, aussi, il avait pu mettre tout ça de côté, dans un coin de sa tête et ne plus y penser au moins le temps qu'avait duré sa discussion avec son ancienne petite-amie.
Sauf que maintenant, il n'avait plus la moindre échappatoire, désormais, il allait devoir faire ce qu'il avait évité de faire durant ces dix dernières années.
Faire face à son père.
Son père qui avait peut-être changé, peut-être pas, qui était devenu meilleur ou pire, ce qui n'effaçait aucunement les horreurs qu'il avait pu commettre, le fait qu'il l'avait abandonné, même par accident, ou encore le meurtre de sa mère.
Mais…
Mais il voulait le revoir malgré tout, malgré tout ça, parce que ça faisait si longtemps bon sang et tout ce qu'il voulait finalement, c'était le prendre à nouveau dans ses bras et lui dire qu'il l'aimait.
Ça n'enlevait rien à la colère qu'il ressentait alors qu'il le revoyait, mais malgré ça, ça ne changeait rien non plus au fait qu'il l'aimait encore.
En entendant la porte s'ouvrir, l'immortel hocha la tête, et aucune lueur n'apparut dans ses yeux alors qu'il le regardait, il ne l'avait donc de toute évidence pas reconnu.
Ça ne l'étonna pas, il avait beaucoup grandi et changé depuis ses quatorze ans après tout.
« Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? Lui demanda-t-il avec une politesse teintée d'indifférence avant de baisser la tête, reprenant ce qu'il était en train de faire.
Neal ne put s'empêcher de sourire, certaines choses ne changeaient jamais vraiment finalement.
Sa gorge se noua malgré tout, alors qu'il hésitait encore à briser le silence, cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas parlé qu'il n'était même plus sûr de savoir comment faire pour communiquer avec lui.
(Après tout, ce n'était pas comme si ils avaient été capables de le faire à l'époque, avant que Baelfire ne tombe dans le vortex et ne passe dans un autre monde.)
Et puis, si il ne le reconnaissait définitivement pas, qu'il ne voulait pas croire qu'il était réellement son fils ?
C'était vraiment la peine d'avoir déjà ressassé toutes ces pensées devant sa boutique si c'était pour faire exactement la même chose une fois à l'intérieur…
Alors que le silence continuait à s'installer, l'antiquaire finit par relever la tête en fronçant les sourcils.
- Est-ce que tout va bien ?
- Salut papa, finit-il par réussir à lâcher quelques secondes plus tard.
Rumplestiltskin se figea, estomaqué et ses yeux s'écarquillèrent de surprise, et même si il n'avait plus mal à sa jambe blessée depuis qu'il avait amené la magie en ville, il la sentit trembler malgré tout, de même que son autre jambe, et il dut s'asseoir pour ne pas tomber.
- Que… Baelfire ? C'est toi, c'est vraiment toi ?
Ce n'était pas possible, ça ne pouvait pas être vrai, pensa-t-il, pétrifié, comment est-ce qu'il…
Qu'est-ce qu'il faisait là exactement ?
Et puis il se souvint du fait que cet homme était sorti du portail en même temps que Henry, mais Baelfire avait atterri dans le monde sans magie deux cents ans plus tôt non ?
C'était bien pour ça qu'il avait poussé Regina à lancer la malédiction, pour le retrouver dans ce monde où il était parfaitement incapable de se rendre, alors dans ce cas-là, qu'est-ce qu'il faisait dans la Forêt Enchantée si c'était réellement lui ?
Il avait envie d'y croire, il voulait réellement le faire mais ça semblait trop beau pour être vrai.
- Oui, c'est moi, lui confirma l'inconnu en le regardant avec un mélange de joie et de méfiance, probablement la même chose que ce qu'il y avait dans ses propres yeux.
- Tu… Comment est-ce que…
Il avait tellement de questions à poser, tellement de choses qu'il voulait partager avec son fils et n'avait pas pu prononcer à voix haute et maintenant qu'il pouvait le faire, il en était parfaitement incapable, n'arrivait pas à trouver les mots.
Neal soupira.
- Quand j'ai eu quatorze ans, j'ai atteint l'âge pour partir à la guerre, déclara-t-il, comprenant que son père attendait sûrement de lui qu'il prouve son identité. J'étais censé combattre contre les ogres, comme mon amie Moraine, qui était partie quelques jours plus tôt, et… J'avais peur clairement, mais j'étais prêt à y aller, puisque je n'avais pas le choix, seulement… Tu n'as pas laissé cela arriver, tu n'as pas voulu que ça arrive, tu ne voulais pas me perdre, alors tu as décidé de te battre contre cela. Toi, qui était considéré par tous comme le lâche du village, tu as fait ce que personne n'avait jamais eu le courage de faire, tu as bravé le duc et ses hommes, tu es allé dans son château et tu t'es emparé de la dague du Ténébreux. Puis, tu as tué le Ténébreux et tu as mis fin à la guerre. Tu m'as sauvé la vie et celle de milliers d'autres gens aussi. Ce jour-là, tu es devenu un héros, ça n'a pas duré, admit-il, mais… tu l'as été. Et je n'ai jamais été aussi fier de toi que ce jour-là.
Tout était vrai, et c'était le genre de chose que ni Neal, ni Rumplestiltskin n'avaient raconté à personne, eux seuls le savaient, et même si l'adulte ressemblait bien peu au fils dont il se souvenait, le sorcier sentit que c'était la vérité, que c'était bien lui, que c'était réellement le fils qu'il avait perdu pendant si longtemps.
- Baelfire, murmura-t-il, n'osant encore y croire. »
Puis, il se leva et se dirigeant vers lui, il le serra dans ses bras, pour la première fois depuis, oh, tellement longtemps, et il estima que les explications attendraient un peu et viendraient plus tard.
Parce qu'il avait réussi, finalement, il avait retrouvé son enfant.
Enfin.
§§§§
« Comment est-ce que tu… parvint-il à dire quelques minutes plus tard. Enfin… qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? La dernière fois que je t'ai vu, tu…
- Je tombais dans un vortex tout droit vers le monde sans magie, ne put s'empêcher de lui rétorquer son fils avec une certaine aigreur.
Parce que après tout, même si ça avait bel et bien été un accident, il l'avait abandonné et laissé seul à son sort, alors que tout ce qu'il voulait, c'était que son père redevienne comme avant.
Rumplestiltskin le regarda avec tristesse.
- Baelfire… Je suis désolé. Je suis tellement, tellement désolé, si je pouvais revenir en arrière, faire un autre choix, venir avec toi, je… je le ferais, je te le jure.
Mais à quoi bon faire des promesses en l'air qui ne l'engageaient finalement à rien du tout ?
Puisque finalement, ils ne pouvaient pas le changer, ce passé qui leur avait fait tellement de mal, quelle différence cela faisait qu'il veuille faire les choses différemment maintenant qu'il ne pouvait plus le faire ?
Il était déjà trop tard, depuis tellement longtemps.
- Neal, se contenta de lui répondre son fils sans lui dire si il comptait ou non accepter ses excuses.
- Pardon ? Fit son père en fronçant les sourcils, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire par là.
- Je… J'ai changé de nom quand je suis arrivé ici la deuxième fois. Je ne m'appelle plus Baelfire maintenant, c'est fini ça. Mon nom c'est Neal.
Puis il le regarda avec un air de défi, semblant comme le défier de seulement oser le contredire là-dessus.
L'antiquaire sentit l'amertume l'envahir, mais il comprenait, son fils avait voulu mettre son passé loin derrière lui, sans doute en aurait-il fait de même si il avait été à sa place, alors il se contenta de hocher la tête.
- Très bien, Bae… Neal. C'est comme tu veux. Il saisit alors finalement l'autre partie du discours du jeune homme et sa perplexité ne fit que grandir. Comment ça… Qu'est-ce que tu entends par la deuxième fois ?
Neal ne put s'empêcher d'éclater de rire.
- Attends papa… Tu ne t'attendais tout de même pas à ce que je sois parvenu à survivre ici, dans ce monde, sans mourir de vieillesse, pendant plus de deux cents ans ?
- Je… Je n'avais jamais vraiment songé aux détails, avoua-t-il, enfin, je savais… La voyante m'avait dit que je te reverrais un jour, et mes propres visions me l'ont confirmé, mais… c'était plutôt flou à vrai dire. Je savais que ça arriverait mais je ne savais pas comment ça se passerait.
- Hé bien en tout cas, je n'ai pas passé la majorité de mon existence dans ce monde crois-moi. Même si ça aurait sûrement beaucoup simplifié les choses si ça avait été le cas, ajouta-t-il avec amertume et nostalgie. Je serais mort depuis longtemps sinon, je ne suis pas immortel, et je n'ai pas passé des années piégé par une malédiction, dans une ville où le temps ne passe pas.
- Alors si tu n'es concerné par aucun de ces cas de figure, où est-ce que tu…
Et alors qu'il comprenait finalement où son fils avait été durant toutes ces années, ses yeux s'écarquillèrent d'horreur et son sang se glaça dans ses veines, et, pendant quelques secondes, il eut l'impression d'entendre le rire moqueur de son père résonner à ses oreilles.
Non.
Pas ça, tout mais pas ça.
- Neal… S'il te plaît, dis-moi… Dis-moi que tu n'étais pas au Pays Imaginaire.
Un sourire dénué de joie se dessina sur le visage de son fils.
- Où aurais-tu voulu que je sois exactement ? Des lieux où le temps ne s'écoule pas, il n'en existe pas des dizaines. Enfin je suppose, c'est toi le spécialiste en magie après tout.
Il y avait bien aussi le pays des histoires non racontées, mais il ne voyait pas trop comment son fils aurait pu y atterrir, alors que le Pays Imaginaire…
Connaissant Peter Pan, il n'arrivait pas vraiment à être étonné à vrai dire, songea-t-il avec une colère et une rage grandissante.
- Comment tu t'es retrouvé là-bas ?
- Quand tu… quand tu as lâché ma main, j'ai atterri à Londres, en Angleterre et j'ai rencontré la famille Darling. Une nuit où une ombre, l'ombre de Peter Pan, a voulu enlever l'un des enfants je me suis interposé et je me suis sacrifié pour qu'elle les laisse tranquille. J'ai demandé à être emmené à leur place. »
Et le Ténébreux se souvint de son fils si courageux qui même si il avait terriblement peur, était malgré tout prêt à se battre, du haut de ses quatorze ans, contre des créatures monstrueuses presque impossible à tuer, qui plus tard avait abandonné sa liberté pour sauver des gens qu'il connaissait à peine et se rendre dans un monde inconnu et effrayant, et ce, sans reculer un seul instant.
Et il se sentit fier de lui, et ne put s'empêcher de sourire.
Puis il réalisa soudainement que ce n'était pas par hasard et encore moins par accident que son fils s'était retrouvé dans cet autre monde, et son sourire s'effaça aussitôt.
D'autant plus qu'il se souvenait également de la visite que son père lui avait faite avant qu'il ne soit séparé de Baelfire, de ce test qu'il lui avait fait passer, et si à l'époque il avait seulement pensé que ce n'était qu'une façon de plus de Peter Pan de le faire souffrir, désormais, il voyait les choses différemment.
Est-ce que, depuis le début, l'enfant immortel avait voulu lui enlever son fils pour une raison ou une autre ?
Laquelle dans ce cas-là ?
Il n'aimait pas cela, d'ordinaire c'était lui qui faisait des plans à long terme que personne ne connaissait et auquel ils ne comprenaient rien jusqu'au moment où il se mettait enfin en marche, pas les autres.
Et le fait qu'il s'agisse de son père qui plus est l'incitait d'autant plus à la méfiance.
Il rangea cela dans un coin de sa tête, décidé à garder ça pour plus tard.
« Est-ce qu'il t'a fait du mal ? Lui demanda-t-il, et il y avait tellement de rage et de haine dans son regard que Neal fronça les sourcils, étonné.
- Tu le connais, en déduisit-il, je le savais déjà ça, à l'époque où… j'ai failli partir avec lui, tu me l'as dit, et tu m'avais aussi dit de ne pas lui faire confiance et je ne t'ai pas écouté. J'ai eu tort, et je suis désolé.
- Effectivement, je le connais… Je le connais très bien même.
Il n'avait jamais dit la vérité à qui que ce soit, et peut-être était-il temps qu'il le fasse, parce que quitte à faire en sorte que son fils lui pardonne un jour, autant être le plus sincère et honnête avec lui.
- En fait, c'est mon père.
- …
- …
- Attends quoi ? »
§§§§
Il lui raconta toute l'histoire, la disparition de sa mère, la haine que son père lui avait toujours vouée, sa tentative désespérée pour essayer d'arranger les choses, puis le passage sur l'île, le marché passé avec l'ombre, la jeunesse nouvellement retrouvée de son père, le changement de nom, et enfin l'abandon.
Neal resta muet pendant de longues minutes, avant de finalement prendre la parole.
« En un sens, tu m'as fait ce qu'il t'a fait.
- Neal je…
- Sauf que toi, le coupa-t-il, c'était un accident, et que tu as tout fait pour essayer de me retrouver, tu as choisi le pouvoir parce que tu avais peur, et même si je ne te pardonne pas encore, je… Je comprends. Je sais que maman te reprochait d'être devenu comme ton père, mais elle avait tort. Tu n'es absolument pas comme lui.
Oh, Milah…
Il voulait dire la vérité à Neal, il le voulait vraiment, mais une nouvelle fois, sa lâcheté et sa peur l'empêchèrent d'agir.
Et puis finalement, ce qu'il ne savait pas ne pouvait pas lui faire de mal.
- Je l'espère… Je l'espère vraiment.
- Je suis désolé de ce que ton père t'a fait.
- Et toi ? Qu'est-ce qu'il… Que t'est-il arrivé sur l'île ?
Neal sentit un frisson glacé le parcourir le long de sa colonne vertébrale et il serra les poings.
Il n'avait pas envie d'en parler, et surtout, il n'avait pas envie de se souvenir de la douleur, et de tout le reste.
Alors il choisit d'éclater de rire.
Un rire sans joie, évidemment, comme presque tout ce qui était lié à cette île maudite.
- Tu veux savoir le plus drôle dans tout ça papa ? C'est qu'en fait, c'est pas Peter Pan que j'ai rencontré en premier, ni même un des enfants perdus.
- Qui alors ?
Neal se fendit d'un rictus ironique.
- Les pirates et plus particulièrement leur capitaine. Killian Jones, plus connu sous le nom de Capitaine Crochet.
Le visage du sorcier se décomposa immédiatement.
- Crochet… Toi, tu as rencontré Crochet ?
Seigneur Dieu…
Vu la haine que le pirate et le chef des enfants perdus lui portaient, c'était même un miracle que Baelfire soit encore en vie et entier.
Et surtout, Neal n'était pas censé être au courant de ce qui était arrivé deux siècles et quelques plus tôt, mais puisqu'il avait croisé le pirate au Pays Imaginaire, alors que savait-il au juste ?
- Yep. Il m'a sauvé la vie, il m'a recueilli sur son navire, il m'a appris à naviguer…
- Est-ce qu'il savait que tu étais mon fils ?
- J'avais pas vraiment de raison de le lui cacher vu que je ne savais pas que tu le connaissais à l'époque…
- Mais tu…
- Il m'a dit que tu avais tué maman, lui asséna-t-il avant de lui laisser le temps de finir sa phrase.
Alors ça y est, ils y étaient…
Ce moment qu'il craignait et redoutait tant.
Celui où la vérité allait éclater, enfin.
- Neal…
- Est-ce que c'est la vérité ?
Et ce fut en entendant sa voix trembler que Gold réalisa soudainement que son fils était en train de pleurer.
L'immortel soupira.
- Oui. C'est vrai.
- Alors ce qu'il m'a raconté… Que maman l'aimait, qu'elle a fui avec lui, que tu les as retrouvés des années plus tard, après ma disparition, et que tu… tu lui as arraché le cœur, que tu l'as écrasé et que tu l'as tuée, tout ça… Ça aussi c'est vrai ?
- Il t'a dit la vérité, effectivement. Je suis…
- Non. Ne me dis pas que tu es désolé, d'accord ? Tu m'as menti papa !
- C'était pour te protéger.
- Peut-être mais ça n'enlève rien au fait que tu m'as caché la vérité ! Tu m'as dit qu'elle était morte, alors qu'en fait, elle m'avait abandonné. Parce qu'elle ne m'aimait pas assez pour vouloir rester, parce que je ne comptais pas pour elle, que je n'étais pas suffisant !
- Tu comptais et tu comptes toujours pour moi Neal.
- Est-ce que tu as la moindre idée de ce que j'ai pu bien ressentir… en réalisant que mes deux parents m'avaient abandonné ?
- Je connais un peu le sentiment, oui, lui rétorqua son père avec acidité.
- Justement ! Tu aurais dû savoir, tu aurais dû comprendre…
- Tu n'étais pas censé apprendre la vérité, je ne voulais justement pas que tu ressentes ce que moi j'avais ressenti ! Je pensais… je pensais que le pirate l'avait enlevée.
- Quoi ?
- J'ignorais qu'elle était partie de son plein gré à l'époque et quand je suis parti pour la récupérer… j'étais censé affronter Jones en duel mais… je n'en ai pas eu la force ou le courage.
- Tu aurais perdu contre lui, admit son fils, et tu serais mort, et moi… je me serais retrouvé seul. Je… je ne sais pas ce que j'aurais préféré en fait, savoir qu'elle était en vie et loin de moi, m'ayant laissé derrière ou croire qu'elle était morte, je… J'aurais juste voulu la revoir en vie. Et je ne suis pas sûr d'être prêt de te pardonner pour ça.
- Je sais, je sais, mais… je suis désolé. »
Un silence s'installa à nouveau avant d'être rompu quelques minutes plus tard.
« Papa ?
- Quoi ?
- Malgré tout ça… Je suis content d'avoir pu te revoir.
Rumplestiltskin sourit brièvement.
- Moi aussi Neal… Moi aussi. »
A suivre…
Chapter 43: Tu n'es plus seul.
Notes:
Titre du 03/09/2021 : Tu n'es plus seul
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Défi de S & V n°85 : Écrire une scène pré-canon
Quatre aspects de… Ju : Bordeaux : Écrire une scène se passant en ville ou écrire sur un texte qui comporte au moins 3 couleurs
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, S & V, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
« Et après ? Reprit finalement Rumplestiltskin peu de temps après.
Neal fronça les sourcils.
- Comment ça et après ? Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Hé bien, quand tu as découvert la vérité, que tu as compris… qu'est-ce qui est arrivé ?
- Oh, ça… Hé bien, quand j'ai découvert dans sa cabine le dessin qui représentait maman, et que j'ai compris qu'il devait avoir quelque chose à voir avec sa mort, j'ai… Je suis parti le confronter, l'épée à la main, pour me battre contre lui, j'étais tellement en colère et je voulais juste comprendre et je… Enfin, il m'a désarmé en deux secondes, évidemment. Et c'est là qu'il m'a dit, enfin… toute la vérité.
- Je suppose que ça ne s'est pas arrêté là, le connaissant il n'a pas dû apprécier que tu saches ce qu'il voulait faire.
- Il sait pour la dague tu sais, lui apprit alors son fils. Je le lui ai dit, à ce moment-là, je ne savais pas encore… tout ce que je sais maintenant. Il connaît le moyen de tuer.
Rumplestiltskin haussa les épaules avec nonchalance.
- Qu'il essaie pour voir. J'ai ramené la magie à Storybrooke afin que nous puissions ouvrir un portail et vous ramener, j'ai récupéré mes pouvoirs et mon immortalité, et ma dague est bien cachée, même si il parvenait à venir jusqu'ici, ce dont je doute fortement, il n'a aucun moyen de le faire, ne t'en fais pas pour ça. »
En entendant cela, Neal sentit son estomac se tordre, parce que bien évidemment que son père était à nouveau un sorcier, comme autrefois, et il sentait bien que le portail n'était qu'un prétexte et qu'il aurait tenté de retrouver son pouvoir et sa magie quelque soit la situation, et ça ne le surprenait pas.
Apparemment, il ne parviendrait jamais à faire en sorte que son père renonce pour de bon à la magie, et ce malgré tous ses efforts et les promesses qu'il avait pu lui faire autrefois avant de l'abandonner.
Le problème n'était pas la magie en elle-même, non, le problème c'était la façon dont elle avait transformé son père en une créature qui n'avait plus rien d'humain.
Il espérait sincèrement que cette fois-ci, l'immortel saurait apprendre de ses erreurs et parviendrait à garder le contrôle, il voulait à tout prix éviter que l'histoire ne se répète.
« Okay. Enfin bref je me suis énervé, il a essayé de se justifier, il m'a demandé de rester à bord du navire, je crois… je crois qu'il voulait réellement qu'on soit une famille, mais j'ai refusé, je lui ai demandé de me ramener à Londres, chez les Darling, mais évidemment c'était impossible, et… Enfin, au lieu de me laisser partir, il m'a livré à Peter Pan.
Rumplestiltskin détestait déjà le capitaine Crochet de toute son âme à ce moment-là, mais alors qu'il entendait son fils prononcer ces mots, sa haine ne fit que grandir encore plus et il serra les poings.
Bien sûr, le pirate n'avait aucune idée de ce que Peter Pan lui avait fait autrefois, mais il devait bien savoir quel genre de monstre il était, non ?
Et pourtant, ça ne l'avait pas empêché de lui abandonner un enfant innocent qui ne lui avait rien fait.
- Je suis resté sur l'île pendant… très longtemps, j'ai fini par m'échapper du camp des enfants perdus, et j'ai rencontré la fée Clochette.
Et au ton de sa voix, son père se rendit rapidement compte qu'il n'avait définitivement pas envie de parler de ce qui lui était arrivé là-bas, et son inquiétude grimpa en flèche elle aussi.
Lui-même n'avait passé que peu de temps sur l'île, et pourtant, elle avait détruit sa vie et sa famille alors que son fils, lui, y était resté coincé pendant près de deux siècles.
Qui sait ce qu'il avait bien pu y endurer au juste ?
- Comment t'es-tu enfui ?
Baelfire sourit.
- J'ai capturé l'ombre de Peter Pan, et je m'en suis servi pour partir, j'ai aussi utilisé des techniques de navigation que Crochet m'avait apprises. Ensuite je suis arrivé dans le monde sans magie en pensant que je n'en partirais plus jamais et que je n'aurais plus jamais affaire à la magie de toute ma vie. Comme tu le verras plus tard, ça ne s'est pas vraiment passé comme je l'avais prévu, fit-il en éclatant d'un rire sans joie.
- Je vois… Et après ?
- Après je me suis adapté au monde sans magie, j'ai appris à y évoluer, et finalement, l'univers c'est encore une fois foutu de ma gueule.
Gold fronça les sourcils.
- C'est-à-dire ?
- J'ai rencontré Emma Swan.
Le Ténébreux cligna des yeux à plusieurs reprises.
- Attends… Tu connais la Sauveuse ?
- Oui. On est sortis ensemble à l'époque où je l'ai rencontrée, et je ne savais pas qui elle était au début, et puis j'ai rencontré August, enfin Pinocchio et puis j'ai su, et… c'est moi qui l'ai envoyée en prison.
Il lui raconta toute l'histoire en détail, et son père l'écouta attentivement, comprenant mieux certaines choses.
- Et aussi… c'est moi le père de Henry Mills.
L'antiquaire sursauta brusquement.
Oh.
C'était drôle ça, la manière dont absolument tout se regroupait d'une façon quasi parfaite, ordonnée et inattendue, donc ça voulait dire que…
- J'ai un petit-fils, murmura-t-il estomaqué.
Ça, il ne l'avait absolument pas prévu, malgré ses dons de voyance, et il sourit.
Son fils lui était revenu, Belle allait peut-être bientôt lui revenir elle aussi, et il avait un petit-fils.
Ça changeait beaucoup de choses ça.
- Ouais. Ensuite, je suis parti et j'ai fini par m'installer à New York, et il y a peu… un portail s'est ouvert dans mon appartement et je suis tombé dedans.
- C'est une blague ?
- Oh crois-moi, j'aurais préféré que c'en soit une oui. Mais non. C'est littéralement arrivé comme ça.
Il y avait quelque chose qui clochait là, vraiment.
Qu'un portail magique s'ouvre sans raison à Storybrooke, il pouvait le concevoir, la ville avait été créée par le Sort Noir, et il y avait encore des restes de magie à ce moment-là, mais à New York ?
Dans le monde sans magie ?
Là, c'était déjà plus bizarre et absurde.
- Je t'avoue que je n'y comprends rien, admit-il à l'ancien enfant perdu.
- Ça me rassure, s'amusa son fils, parce que moi non plus, alors que toi contrairement à moi tu t'y connais en magie. En chemin je suis tombé sur deux de tes vieilles connaissances… Crochet et aussi… la mère de Regina. Cora.
- Regina m'avait dit qu'elle était morte.
- Hé bien elle a eu tort. Elle est encore vivante, et elle et le pirate ont l'intention de venir dans ce monde. Lui pour te tuer et elle pour… exécuter un quelconque plan maléfique dont je n'ai pas connaissance je suppose.
Son père eut un léger sourire puis il grimaça.
- Cora est… une personne très dangereuse. J'en sais quelque chose, c'est moi qui l'ai formée. Si elle parvient à rejoindre Storybrooke nous allons devoir faire preuve de vigilance. Est-ce qu'elle sait que tu es mon fils ?
- Crochet est au courant maintenant, alors si il a réussi à la retrouver, elle doit sans doute le savoir. »
Puis il lui raconta le reste de l'histoire.
« Et toi papa ? Comment a été ta vie après… après ma chute dans le vortex ?
Son père grimaça à nouveau.
- Je doute que tu ais envie de le savoir… Et tu risques de ne pas être très fier de moi.
Neal haussa les épaules.
- Je veux connaître la vérité, c'est tout. Et après j'aviserai, mais je dois t'avouer que moi non plus je n'ai pas été très fier de moi-même ces dernières années.
Rumplestiltskin sourit.
- Très bien. »
§§§§
Il fallut plusieurs minutes de conversation avant que le Ténébreux ne finisse par évoquer Belle.
« Qui est Belle ? Finit par dire Neal en fronçant les sourcils après avoir entendu son nom être prononcé plusieurs fois.
Il fut surpris de voir l'affection, la tendresse et même l'amour se refléter sur le visage de son père et dans son sourire nostalgique, lui qui pensait que ça lui était désormais entièrement réservé, et cela l'intrigua.
- Une jeune femme que j'ai rencontrée avant que Regina ne lance la malédiction. C'était… c'est une princesse dont le royaume était en proie à des attaques causées par des ogres. Ils m'ont appelé au secours.
Le regard de son fils se voila aussitôt, parce que évoquer des ogres, c'était toujours un souvenir mauvais et terrible pour eux, et il acquiesça, ne demandant pas plus de détails.
- Je vois, et je suppose que tu ne les as pas aidés par pure bonté d'âme ?
- Je le reconnais, oui, en échange de la victoire pour leur armée, j'ai demandé au roi Maurice que sa fille Belle m'accompagne à mon château.
Le regard de Neal se mit à briller.
- Tiens, ça me rappelle une histoire ça, une histoire éternelle même.
- J'ai vu le Disney et j'ai lu le conte tu sais Neal, je connais l'histoire moi aussi.
- Alors, fit Baelfire avec amusement, comme ça tu es à la fois le Ténébreux, le crocodile et la Bête ? Ça commence à faire beaucoup non ?
Et Rumplestiltskin se mit à sourire, parce que depuis combien de temps n'avait-il pas partagé de moment comme ça avec son fils au juste ?
- Je te l'accorde. Elle est venue, et peu à peu, je… Je suis tombé amoureux d'elle. Et je l'ai repoussée.
Le sourire qui s'était dessiné sur le visage de Neal s'effaça immédiatement.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Elle m'a embrassé et ça aurait pu m'enlever mes pouvoirs, briser ma malédiction, me faire redevenir humain et me faire perdre mes pouvoirs, mais… je ne voulais pas que ça arrive. Je ne voulais pas perdre ma magie ou mon immortalité, parce que j'en avais besoin pour suivre mon plan et te retrouver. Et je croyais aussi que Regina m'avait piégé, s'était servie d'elle afin de se débarrasser de moi, son adversaire et avoir le champ libre. Et Belle est partie.
Il vit à son regard que son fils le jugeait, évidemment, et il ne le blâmait pas pour ça, lui aussi n'avait pas cessé de s'en vouloir depuis ce terrible jour, surtout quand Regina lui avait dit que la princesse était morte.
- Qu'est-il advenu d'elle ? Est-ce qu'elle est rentrée chez elle ?
- Quelques temps après, Regina est venue me voir pour me dire qu'elle avait été rejetée par son père et qu'elle s'était jetée du haut d'une tour. Qu'elle était morte.
Neal blêmit aussitôt.
- Attends quoi ?
- Mais j'ai découvert ici, à Storybrooke, qu'elle m'avait menti. En réalité, elle voulait… revenir au château mais la méchante reine l'en a empêchée, et elle l'a emprisonnée et quand la malédiction a été lancée, elle est arrivée ici, mais sans souvenirs. Elle a passé les vingt-huit dernières années enfermée à l'hôpital psychiatrique. Parce que Regina voulait se venger de moi et de ce que je lui avais fait.
- J'ai l'impression qu'à peu près tout est une histoire de vengeance ici, ironisa son fils.
- Tu n'aurais pas totalement tort.
- Est-ce qu'elle est libre maintenant ?
- J'ai réussi à faire en sorte que Regina la laisse partir, oui.
- Et est-ce qu'elle se souvient de toi ? De qui elle est ?
Son père eut un sourire triste.
- Non, elle l'ignore encore malheureusement, mais bientôt elle devrait se rappeler, enfin, si Emma Swan parvient enfin à briser la malédiction. »
Ce fut à ce moment-là que la vague de magie les frappa de plein fouet, et ils surent.
Emma avait brisé le Sort Noir.
Enfin.
A suivre…
Chapter 44: De l'autre côté de la rue.
Notes:
Titre du 30/07/2021 : De l'autre côté de la rue
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Memepotter : Potterhead : Écrire sur Harry Potter ou sur un sorcier
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Tout faisait sens désormais.
Maintenant que le voile qui lui dissimulait ses véritables souvenirs avait été ôté, n'existait plus, avait été déchiré en mille morceaux, Belle s'en rendait enfin compte.
Et, pour la toute première fois depuis une éternité, probablement depuis même avant son retour chez son père, à la maison, elle se sentit réellement bien.
Elle-même.
Avant cela, elle avait souvent ce sentiment étrange et incompréhensible que quelque chose n'allait pas, c'était quelque chose de confus et de flou auquel elle n'avait que rarement prêté attention, mais qui depuis quelques semaines restait dans sa tête, vissé sous son crâne, et qu'elle était totalement incapable de faire disparaître.
Pourtant, elle allait bien, ou du moins le croyait-elle, elle était rentrée à la maison, chez son père, sa vie était normale, elle avait repris ses études pour devenir bibliothécaire (même si elle ne se souvenait pas de la raison pour laquelle elle les avait temporairement arrêtées), elle avait une bonne relation avec son père, elle sortait, elle s'était faite des amis même, comme Ruby la serveur du Granny's.
Seulement…
Ça ne changeait absolument rien à cette étrange impression qu'elle n'arrivait pas à expliquer.
Et aujourd'hui, tout s'éclairait soudainement.
C'était normal que tout lui paraisse bizarre parce que ça l'était.
Elle n'était pas Belle French, fille de Moe French, non.
Elle était la princesse Belle, fille de Sir Maurice.
Et ça changeait absolument tout ce qu'elle avait cru être vrai durant ces derniers mois.
Elle se souvenait maintenant, la Forêt Enchantée, la prison, le Sort noir, la fumée violette, et puis l'oubli.
Enfin, l'oubli…
Pas vraiment.
Elle se souvenait de son emprisonnement à l'hôpital, même si elle ne se rappelait que de bribes, mais vingt-huit ans, ça avait duré vingt-huit longues années jusqu'à ce que…
Oh.
Ça c'était inattendu.
Regina l'avait laissée sortir.
Pourquoi ?
Pourquoi avoir renoncé comme ça à son moyen de pression contre son ancien mentor, de cette manière, sans la moindre raison ?
Puis, elle se souvint d'autre chose, elle se souvint de…
Monsieur Gold.
L'antiquaire, c'était Rumplestiltskin.
Cet homme gentil mais un peu étrange qu'elle avait vu à quelques reprises après sa sortie de l'hôpital, c'était le Ténébreux.
C'était l'homme qu'elle aimait.
Et si il se souvenait, enfin se souvenait avant que la malédiction n'ait été brisée, alors peut-être était-ce lui qui avait fait en sorte qu'elle soit libérée de la cellule dans laquelle la méchante reine l'avait enfermée durant toutes ces années.
Pour la deuxième fois.
Elle l'avait enfermée, comme elle avait enfermé tout le monde à Storybrooke, mais maintenant ils étaient libres, enfin, c'était terminé pour de bon.
Une larme roula le long de sa joue alors qu'elle réalisait pleinement ce qui venait tout juste d'arriver.
Rumplestiltskin.
Enfin elle l'avait retrouvé.
Il lui avait tellement manqué.
Elle referma brusquement le livre qu'elle avait arrêté de toute façon de lire depuis que la vague de magie l'avait traversée de part en part et lui avait rendu ses souvenirs, et se releva enfin, le tourbillon de ses pensées s'étant momentanément calmé.
Elle savait ce qu'elle devait faire maintenant.
Mais, avant qu'elle n'ait eu le temps de sortir de la pièce, la porte de l'entrée s'ouvrit, laissant entrer son père.
Elle se figea, stupéfaite.
C'était drôle tout de même les souvenirs.
Encore quelques minutes plus tôt, ça ne lui aurait pas fait grand-chose de le voir, elle était habituée à sa présence désormais, surtout depuis qu'elle était rentrée chez elle, et qu'elle vivait avec lui à nouveau, mais maintenant que son univers venait tout juste de se renverser comme jamais auparavant, c'était comme si elle le voyait à nouveau pour la première fois.
Parce que, en un sens, c'était le cas.
Belle, la princesse, l'aventurière, celle qui rêvait de découvrir le monde, n'avait pas revu son père depuis plus de vingt-huit ans.
Entre sa captivité dans le château de Rumplestiltskin, son départ, ses aventures dans la Forêt Enchantée, puis sa capture par Regina et son emprisonnement, puis la malédiction.
Ça avait dû être terrible pour lui au moins autant que ça l'avait été pour elle, songea-t-elle en se remémorant tout cela, en pensant à tout ce qu'on leur avait enlevé.
Autrefois, il avait vu partir sa fille en étant persuadé qu'il ne la reverrait plus jamais, dans l'incertitude de si elle allait bien ou pas, ne sachant même pas si elle était encore en vie.
Elle n'avait jamais pu lui donner de ses nouvelles, et si elle savait qu'il ne lui était rien arrivé (si le roi était mort, elle en aurait reçu la nouvelle, même depuis sa cellule, et Regina ne se serait sans doute pas privée de le lui annoncer en personne), ça ne changeait rien au fait qu'il lui avait manqué.
Et après…
Il y avait eu la malédiction.
Et pendant vingt-huit ans elle avait été séparée de lui, avant qu'ils ne soient finalement réunis à nouveau.
C'était drôle et ironique tout de même, autrefois, c'était le Ténébreux qui les avait éloignés l'un de l'autre, et pourtant, c'était lui qui avait fini par leur permettre de se retrouver.
« Papa, laissa-t-elle échapper dans un souffle, juste pour s'assurer que oui, c'était bien réel, qu'il était bien là, et que tout était redevenu comme avant.
Enfin pas vraiment, les choses ne seraient plus jamais comme elles étaient autrefois, mais au moins ils étaient ensembles.
Peut-être que cette fois, ils feraient les choses bien, et qu'elle pourrait avoir la fin heureuse que Regina lui avait volée vingt-huit ans plus tôt.
- Belle, murmura-t-il en réponse avant de s'approcher d'elle et de la serrer dans ses bras, de toutes ses forces. »
Alors c'était vrai.
Elle était vraiment rentrée à la maison, vingt-huit ans après.
Ça faisait du bien d'être chez soi quant même.
§§§§
Belle n'avait pas été surprise quand elle n'avait lu que de la rage, de la haine et de la colère dans les yeux de son père lorsque le nom de Rumplestiltskin avait été prononcé.
C'était normal après tout, il n'avait aucune idée de ce qui avait pu lui arriver après son départ pour le château du Ténébreux, pour ce qu'il en savait elle avait pu vivre l'enfer là-bas.
Sans compter que d'après ce qu'elle savait, en tant que monsieur Gold il avait été tout sauf un ange durant les vingt-huit dernières années.
Il ne savait pas qu'elle avait fini par en tomber amoureuse et qu'elle l'aimait toujours.
Comment allait-elle bien pouvoir le lui annoncer ?
« Belle, je ne veux plus entendre parler de ce… de ce monstre.
- Papa, s'il te plaît, soupira-t-elle, si tu voulais seulement bien accepter de m'écouter.
Ça recommençait comme autrefois, comme durant la guerre des ogres, où il avait refusé de l'écouter au début et de prendre en considération ce qu'elle avait à dire.
Elle refusait que ça se passe à nouveau de cette manière, aussi, elle croisa les bras avec détermination et soutint son regard sans broncher.
Il soupira avant de hocher la tête.
- D'accord… Je t'écoute dans ce cas-là.
- Je sais que ça va être difficile à croire, mais… j'étais heureuse là-bas tu sais. Vraiment heureuse, une fois que j'ai appris à le connaître, et il… Enfin… papa, je l'aime.
Il la regarda avec incrédulité puis avec effroi, avant de lâcher quatre mots fatidiques et destructeurs.
- Il a tué Gaston.
Belle se figea, ses yeux s'écarquillèrent de surprise et d'horreur sous le choc, et elle ouvrit la bouche sans rien trouver à dire, avant de la refermer, interloquée.
- Quoi ? Parvint-elle à lâcher après quelques secondes de silence.
- Il l'a tué Belle, j'en suis sûr et certain. Il l'a assassiné.
- Mais… Quand ça ?
- Peu de temps après ton départ pour le château de Rumplestiltskin, Gaston est parti afin de le combattre pour te récupérer et te sauver de lui… Il n'est jamais revenu. Cet homme que tu aimes a tué ton fiancé.
Peut-être y avait-il une autre explication, mais la jeune femme savait qu'il était très probable que son père ait raison à ce sujet, et que ce soit le cas ou non, il y croyait réellement, et sa haine de Rumplestiltskin n'avait sans doute fait que se renforcer après cet événement.
Et elle comprenait parfaitement pourquoi.
Elle n'aimait pas Gaston, ne l'avait jamais aimé, et ce n'était pas vraiment quelqu'un de bien, mais il ne méritait pas de mourir, surtout pour avoir essayé de la sauver.
- Je… Je vais aller lui parler. Je lui dois bien ça, et il me doit bien ça lui aussi. Ça fait vingt-huit ans après tout, et je… J'ai le droit de connaître la vérité. Et puis, c'est bien lui qui m'a permis de sortir de l'hôpital, pas vrai ?
- C'est vrai, admit-il avec réticence, seulement…
- Je vais aller le voir papa, et ne t'en fais pas, tout va bien se passer. »
Elle sortit avant que son père n'ait eu le temps de protester.
§§§§
Ils étaient si proches l'un de l'autre maintenant, se dit-elle alors qu'elle se rapprochait de la boutique de l'antiquaire.
Si proches physiquement, à une rue seulement, pas plus, et en même temps si éloignés encore quelques instants plus tôt, parce qu'elle l'avait oublié.
Et dans le fond de son esprit, il y avait ce que son père venait de lui dire, qui ajoutait un goût amer à leurs futurs retrouvailles, et qu'elle ne parvenait pas à oublier, parce que si c'était vrai…
Pour lui ce n'était sans doute rien, il était le Ténébreux, il avait tué des gens durant sa longue vie, mais pour elle…
Elle ne savait même pas comment elle était censée se sentir à ce sujet, alors elle décida de ne plus y penser et de ne pas lui en parler.
Pas tout de suite, pas maintenant en tout cas.
Pas alors qu'ils avaient près de vingt-huit ans à rattraper ensemble.
Elle ouvrit la porte de la boutique.
§§§§
Neal vit l'agacement apparaître sur le visage de son père alors que la porte de la boutique s'ouvrait, après tout leur conversation n'était pas finie, et il n'avait sans doute pas la moindre envie de voir qui que ce soit là tout de suite, et l'ancien enfant perdu se dit qu'il allait probablement dire avec sécheresse à la personne qui venait d'entrer que la boutique était actuellement fermée.
Sauf que, quelques secondes plus tard, quand la personne entra complètement, l'expression de son visage changea en un éclair.
L'incrédulité, la surprise, la joie aussi, et enfin… l'amour ?
Neal se retourna et alors qu'il voyait pour de bon l'inconnue qui se trouvait en face de lui, il sut pour de bon et immédiatement qu'il s'agissait de Belle.
Il ne l'avait jamais rencontrée de toute sa vie, il savait à peine à quoi elle ressemblait, mais vu la manière dont le Ténébreux la regardait, ça ne pouvait être personne d'autre, il en avait la certitude.
Il aimait cette femme, il l'aimait vraiment, ça se lisait dans ses yeux, et malgré toute la colère qu'il pouvait encore ressentir à l'égard de son père, et tout ce qu'il leur restait à régler avant d'être à nouveau une famille, il était heureux de voir qu'il avait réussi à trouver le bonheur.
(Lui aussi l'avait trouvé autrefois, dix ans plus tôt, et il avait absolument tout gâché.)
« Belle ? Lâcha alors son père avec stupeur, confirmant qu'il ne s'était pas trompé.
Elle hocha la tête et sourit.
- Rumple, dit-elle d'une voix tremblante, et oh c'était tellement évident qu'elle l'aimait elle aussi, et sans la moindre hésitation, la brune se dirigea vers le sorcier qui de même s'avança vers elle, et ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre, avant de s'embrasser. »
Neal sourit.
Au moins une chose que leur arrivée et la fin de la malédiction avait permise.
A suivre…
Chapter 45: L' heure des retrouvailles.
Notes:
Titre du 15/06/2022 : L' heure des retrouvailles
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… fandoms (partie 2) : Seven Deadly Sins : Écrire sur l'un des sept péchés capitaux ou écrire un texte à l'époque du Moyen-Âge
39. Ce qui est fait est fait et aucune magie ne peut le défaire.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations, 50 nuances)
Chapter Text
C'était comme si le temps s'était arrêté.
Comme avant, comme durant la malédiction, avant que Emma n'arrive enfin et ne chamboule tout, ils étaient là, tous les deux, enfin réunis, ensemble, après toutes ces années, et c'était comme si le reste du monde n'existait plus, qu'il n'y avait plus que eux deux désormais.
C'était juste parfait.
C'était ce qui aurait toujours dû être et ce qui aurait pu être si Regina et sa malédiction ne s'étaient pas interposés entre eux.
Même si, songea Rumplestiltskin, c'était lui qui avait fait de Regina ce qu'elle était désormais, et c'était lui également qui l'avait poussée à lancer le Sort Noir.
C'était lui le responsable de cette situation, au moins autant que la méchante reine.
C'était sans doute pour cela, et parce que la mairesse avait accepté de libérer la princesse, qu'il n'était pas autant en colère qu'il aurait sans doute dû l'être.
Maintenant tout ça n'avait plus vraiment d'importance.
Elle était là, à nouveau dans ses bras, elle se souvenait de lui.
Et il était hors de question qu'il la laisse à nouveau partir, qu'il la perde encore une fois.
Plus jamais.
§§§§
Ils n'étaient pas seuls.
Belle ne s'en rendit compte que quelques minutes plus tard, une fois son étreinte avec Rumplestiltskin enfin terminée quand elle se retourna pour examiner la boutique dans laquelle elle n'était venue que deux ou trois fois auparavant (maintenant qu'elle savait qu'il était le Ténébreux, l'endroit avait pour elle une toute autre signification désormais), et elle se figea.
Il y avait un homme dans la pièce avec eux, un homme qu'elle ne connaissait pas, qu'elle n'avait jamais vu à Storybrooke.
La voix du sorcier la tira de ses pensées.
« Belle, dit-il d'une voix émue qu'elle ne lui connaissait que peu, je te présente mon fils… Baelfire. Qui se fait appeler Neal désormais depuis qu'il vit dans ce monde.
Les yeux de Belle s'écarquillèrent de surprise.
- Ton… ton fils ? Tu l'as retrouvé ? Comment ? Et comment se fait-il que tu y sois parvenu aussi vite ?
La malédiction était brisée depuis à peine moins d'une heure, et la magie n'était pas vraiment revenue depuis plus longtemps que ça, et Rumplestiltskin avait beau être un magicien, il n'était pas encore capable de faire des miracles.
Ce fut Neal qui lui apporta la réponse.
- Parce que c'est moi qui l'ai retrouvé. Par accident d'ailleurs. Je me suis retrouvé dans la Forêt Enchantée après être tombé dans un portail. Encore, ironisa-t-il avec un sourire mi-amusé mi-dépité. J'étais là quand le portail a été ouvert, j'étais avec Henry.
Il préféra ne pas préciser que Henry était son fils également, la jeune femme avait déjà pas mal de choses à assimiler, autant ne pas lui en rajouter encore plus.
Belle sourit.
- Oh. Je vois. Hé bien… c'est une chance dans ce cas-là. Je suis heureuse de vous rencontrer enfin, mon père m'a tellement parlé de vous.
- Hé bien je ne connaissais littéralement pas votre existence il y a encore une heure, fit Neal avec amusement, faisant sourire son père et la princesse, mais je suis heureuse de vous rencontrer Belle.
Et il était sincère, il était heureux d'avoir pu assister à ces retrouvailles, de voir que son père n'avait pas eu à rester totalement seul durant ces deux cents dernières années.
Et en parlant de retrouvailles…
Son visage s'assombrit.
- Je vais vous laisser, dit-il, je suis sûr que vous avez beaucoup de choses à vous dire, et je dois trouver quelqu'un.
- Vous allez rester à Storybrooke, n'est-ce pas ? Lui demanda Belle avec inquiétude. Il a mis tellement de temps à essayer de vous retrouver.
Neal prit une profonde inspiration.
Avant, des semaines plus tôt, lorsqu'il ignorait encore qu'il avait un fils, il aurait sans doute dit non.
Il ne serait pas demandé si son père valait encore la peine qu'il se batte pour lui, aurait probablement décidé par avance que ce n'était pas le cas, ça faisait tellement de temps qu'il vivait dans le monde sans magie loin de lui après tout.
Mais…
Mais il était passé par la Forêt Enchantée, il avait rencontré Henry, et tout avait changé.
Et surtout, il avait revu son père, il avait constaté qu'il n'avait jamais cessé de le rechercher, et il avait réalisé qu'en réalité, il lui manquait bien plus qu'il ne l'aurait cru.
Et maintenant peut-être…
Peut-être que ça valait le coup qu'il se batte pour cette famille qui n'existait pas encore vraiment.
Il avait son père après tout, et son fils, et Emma aussi, même si elle le détestait encore, et maintenant il avait aussi Belle.
Peut-être qu'il pouvait rester, construire une nouvelle vie à Storybrooke (plus rien ne le retenait vraiment à New York de toute façon), avoir quelque chose qu'il n'avait jamais réellement eu.
Peut-être qu'il avait le droit de ne plus être seul.
Il sourit et hocha la tête.
- Oui Belle, je vais rester. »
Ce ne fut que là qu'il vit le soulagement apparaître sur le visage de son père, comme si il n'était pas complètement sûr de la réponse de son fils et il se dit que effectivement, son père avait bien changé si il était prêt à lui laisser le choix, à le laisser partir si c'était ce qu'il voulait.
Autrefois, ça n'avait pas été le cas (oui il avait eu raison alors, mais Neal aurait juste voulu qu'il lui laisse le choix) quand il avait failli partir avec Peter Pan, et si il était d'accord pour le laisser faire ses propres choix sans vouloir les lui dicter, alors oui, ça ne faisait que renforcer ce qu'il pensait.
Peut-être qu'ils avaient réellement une chance de tout arranger en fin de compte.
§§§§
C'était comme si son cerveau était sur le point d'exploser.
Rien d'étonnant à cela, la malédiction venait à peine d'être brisée, et elle…
Elle ne savait plus qui elle était.
Est-ce qu'elle était Paige, ou bien…
Est-ce qu'elle était réellement celle dont elle commençait à peine à se souvenir, était-elle réellement…
Est-ce que son nom était Grace ?
Grace, la fille de Jefferson, et…
Oh.
Oh.
Et, alors que tout dans sa tête se remettait en place et que son esprit confus traitait toutes ces nouvelles informations, cette identité qui reprenait enfin sa place légitime dans son crâne après avoir été oubliée pendant si longtemps, elle sut.
Alors c'était vrai.
Henry, ce qu'il lui avait raconté au sujet de la malédiction, qu'ils étaient des personnages de contes de fée, tout ça, c'était…
Il avait raison depuis le début.
Et son père, il, il…
Il était forcément là.
Pas vrai ?
Elle ne pouvait pas avoir passé vingt-huit ans séparée de lui pour qu'au final, une fois la malédiction brisée, ils ne se retrouvent même pas.
Il le lui avait promis autrefois.
Il lui avait promis de revenir.
Et pourtant…
Il n'était pas là.
Alors dans ce cas-là, elle le ferait elle-même, elle remplirait sa promesse.
Elle le retrouverait.
Elle s'en faisait la promesse.
§§§§
Il avait un fils.
Ce fut la première chose dont Geppetto se souvint alors qu'il se rappelait de qui il était vraiment.
Pinocchio.
Un fils qui avait dû grandir sans lui, dans un autre monde, et chargé d'une mission qu'un adulte aurait déjà eu bien du mal à remplir, et il ne put empêcher la culpabilité de l'envahir à nouveau, comme autrefois, comme lorsqu'il avait placé l'enfant dans l'armoire magique et ainsi empêché Blanche-Neige ou David d'accompagner Emma dans le monde sans magie.
Comment les choses auraient-elles pu être si il avait agi différemment ?
Mais non, pensa-t-il en secouant la tête, il avait fait un choix autrefois, peut-être n'était-ce pas le bon mais c'était le seul qui lui semblait possible à l'époque, et si il avait des regrets, c'était qu'ils ne soient pas parvenus à empêcher le Sort Noir d'être lancé.
Il avait fait un choix égoïste, vingt-huit ans plus tôt, et si c'était à refaire, il le ferait à nouveau, il avait seulement fait la même chose que les souverains du royaume.
Il avait juste voulu protéger son enfant.
Son petit garçon qui devait avoir grandi maintenant, et qui avait sans doute tellement changé, et où était-il maintenant ?
Était-il avec Emma, avec la Sauveuse, l'avait-il ramenée à la maison ?
Oh comme il l'espérait, il l'espérait tellement fort.
Il voulait juste retrouver son fils.
§§§§
Tout s'était enchaîné tellement vite.
Un instant, Emma les appelait pour les prévenir qu'elle avait enfin retrouvé Henry, et à peine une heure après, et peut-être moins, ils…
Ils s'étaient enfin souvenus de qui ils étaient.
Blanche-Neige et le prince Charmant.
Après vingt-huit ans de séparation, enfin, ils avaient fini par se retrouver, et Emma…
Ils avaient réussi à retrouver Emma, leur fille.
Et Henry était leur petit-fils.
Ça faisait beaucoup de choses à assimiler en une journée quant même.
Au moins ils savaient une seule chose.
Ils devaient absolument voir leur fille.
§§§§
Le mot bordel n'aurait sans doute pas été suffisant pour définir correctement l'agitation qui était en train de régner en ville, et ça, Graham en avait parfaitement conscience.
D'abord il y avait eu le retour de la magie, la fumée violette, les habitants qu'il avait dû rassurer et qui ne comprenaient absolument rien à ce qu'il se passait, et puis, enfin…
Le délivrance.
La fin de la malédiction.
Le retour des souvenirs et de la vérité, pour absolument tout le monde, et les retrouvailles entre ceux qui avaient été séparés pendant vingt-huit terribles longues années.
Graham devait l'admettre, il était ému de voir ça, et il était heureux d'avoir récupéré son cœur et de pouvoir pleinement ressentir la joie (certes mêlée de tristesse et d'amertume au vu des circonstances des dites retrouvailles) qu'il éprouvait alors qu'il y assistait.
Lui-même n'avait personne à retrouver ou à revoir, hormis peut-être Blanche-Neige, mais il était sincèrement heureux pour eux.
Ils méritaient d'avoir leur fin heureuse, après en avoir été privés pendant presque trois décennies par la méchante reine.
§§§§
August sut ce qu'il se passait au moment même où la vague de magie traversa la ville.
Il n'avait pas été en contact avec de la magie depuis vingt-huit ans, depuis son départ de la Forêt Enchantée, si on exceptait ce qui était en train d'arriver à sa jambe, mais malgré tout ça, malgré le passage du temps, il n'avait jamais oublié.
(Il aurait préféré pourtant.)
Et ça, ce qui venait de se passer, c'était, c'était…
C'était semblable à ce qui était arrivé quand le prince David avait réveillé la princesse Blanche-Neige de la malédiction du sommeil éternel.
Non seulement Rumplestiltskin avait amené la magie à Storybrooke, dans le monde sans magie (oui la ville avait été créée par magie mais il n'y en avait pas à la base, ou du moins trop peu, pas comme dans la Forêt Enchantée), mais en plus Emma venait tout juste d'accomplir son destin de Sauveuse et de briser la malédiction.
Et il était toujours en train de se transformer en pantin en bois.
Il le sentait dans son corps, dans son être, dans ses os (dont une partie de son corps n'était plus faite désormais, il n'y avait plus du bois, de l'écorce, des branches et de la sève, et rien d'autre), il avait encore sa jambe de bois, et vu la douleur qui continuait d'envahir tout son être il sentait bien que le processus allait se poursuivre malgré ce qui venait de se passer.
Emma avait brisé la malédiction, et pourtant, ça n'avait rien changé.
Pourquoi ?
§§§§
Neal était juste tellement en colère.
Il savait bien que August, ou plutôt Pinocchio, n'était pas le seul responsable de la situation, qu'il l'était lui aussi, mais ça ne changeait rien à ce qu'il avait fait, à ce qu'il avait brisé par son intervention.
Ce qui est fait est fait et aucune magie ne peut le défaire, songea l'ancien enfant perdu.
Lui et Emma ne seraient plus jamais ensemble, et c'était en partie de la faute du pantin de bois, sans oublier tout le reste, ce qu'il avait fait à la blonde, la manière dont il l'avait abandonnée par trois fois.
Aussi, alors qu'il l'apercevait dehors en train de discuter avec ce qui semblait être un policier, le shérif de la ville probablement, il laissa la colère le contrôler.
Et tout comme Emma avait laissé éclater la sienne en lui envoyant son poing dans la figure, il fit de même avec le fils de Geppetto, avant de lui sourire d'un sourire mauvais et sans joie, satisfait alors qu'il constatait qu'il lui avait fait mal.
« Salut August, je t'ai manqué ? Lui lança-t-il, ironique. Toi et moi on a quelques petites choses à se dire. »
Tout comme Emma d'ailleurs, ajouta-t-il intérieurement.
Mais pour l'heure, la Sauveuse devait s'occuper d'autre chose, comme à tout hasard retrouver ses parents.
Maintenant, là, tout de suite, c'était son tour.
A suivre…
Chapter 46: Une personne responsable.
Notes:
Titre du 30/11/2021 : Une personne responsable
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Sylvie Laufeydöttir (Marvel) : Loki : Écrire sur un mensonge ou sur un personnage qui a été trahi par les siens
44. La rage de [Lilith] se fit si brûlante qu'elle aurait été capable de réduire une ville en cendres.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Tout s'était passé si vite que Graham n'avait eu le temps de ne rien voir venir.
L'instant d'avant, il était en train de surveiller les environs de Storybrooke au cas où des gens viendraient l'interroger suite à la fin de la malédiction tout en discutant avec August, et puis l'instant d'après un inconnu complètement enragé avait surgi et avait frappé August.
Qu'est-ce que quoi ?
Qu'est-ce qu'il venait de se passer là ?
Alors que August se relevait, en sang (Emma s'était retenue en un sens quand elle avait frappé Neal, parce que Henry était là, mais pas lui. Ça faisait des semaines qu'il ruminait sa colère contre lui alors qu'il était piégé dans la Forêt Enchantée, il était temps que ça sorte), l'ancien enfant perdu le vit vaciller pendant quelques secondes avant de reprendre appui sur sa jambe gauche, celle à nouveau faite de bois et il grimaça.
Et Neal se souvint de ce qu'il lui avait dit au sujet de son corps qui était en train de se retransformer en bois et que ça avait commencé par sa jambe gauche.
Est-ce que ça lui faisait mal ?
Il l'espérait bien.
Le fils de Geppetto le regarda alors, stupéfait, presque comme si il avait vu un fantôme, ce qui ne l'étonna pas, il n'était pas censé être déjà là après tout, la malédiction venant à peine d'être brisée.
« Neal ? S'écria-t-il, les yeux écarquillés de surprise. Qu'est-ce que tu fais là ? Comment ça se fait que… que tu sois déjà à Storybrooke ? Tu étais censé…
- Ouais, ouais je sais, l'interrompit-il, une fois la malédiction brisée tu m'aurais envoyé une carte postale pour me prévenir, tout ça, je suis au courant. Disons juste que les choses ne se sont pas exactement déroulées comme prévues, mais bon tu sais comment est la vie, on vit son existence tranquille à New York, puis on tombe par accident dans un portail magique pour atterrir dans son monde de naissance, la routine quoi.
August fronça les sourcils.
- Quoi ? Comment ça tu t'es retrouvé dans la Forêt Enchantée ?
- Oui je sais j'ai pas de bol, que le même accident se produise deux fois durant ma putain de vie, quelles étaient les chances franchement ? Mais c'est arrivé, parce que l'univers me déteste apparemment mais ça je le savais déjà. Et puis j'ai rencontré Henry et découvert que c'était mon fils aussi.
Le sang d'August se glaça dans ses veines.
Oh.
Ce n'était définitivement pas prévu ça.
Il avait eu raison au sujet de Henry finalement.
- Tu… tu sais pour Henry ?
Le regard de Neal se fit de glace.
- Tu savais August ? Est-ce que tu savais que Henry était mon fils ?
Le pantin de bois secoua la tête.
- Non, avoua-t-il, honnête, je ne le savais pas, quand je suis arrivé à Storybrooke, il avait déjà disparu et quand j'ai su que c'était le fils d'Emma et qu'il avait dix ans, enfin… je l'ai supposé. C'était ce qui semblait être le plus logique.
- Et tu n'as pas pensé à, je ne sais pas, me le dire ? Avant que je ne tombe dans le portail je veux dire, après, ça aurait été légèrement plus compliqué.
Il n'y avait pas à proprement parler de réseau téléphonique dans la Forêt Enchantée.
- J'y ai pensé oui, parfois, et puis j'y ai renoncé. Tu penses vraiment que ça aurait fait une différence si je te l'avais dit ?
Dix ans plus tôt, ça aurait tout changé.
Mais maintenant…
Rien n'était moins sûr.
- Je ne sais pas, reconnut-il, mais je… J'aurais aimé le savoir.
Ça n'aurait rien changé mais au moins il aurait su, il aurait eu toutes les cartes en main pour faire un choix.
- Mais bon c'est pas pour Henry et mon lien avec lui que je t'ai frappé. C'est pour autre chose. Parce que tu as abandonné Emma, pendant ces dix dernières années, tout comme moi je le reconnais mais toi… tu avais une mission.
- Et comme tu peux le voir, je suis en train de le payer cher, siffla August en posant une main sur sa jambe gauche, même si elle a brisé la malédiction.
- Et on ne peut pas dire que tu y sois vraiment pour grand-chose, ironisa Neal, plus par méchanceté gratuite que parce qu'il pensait que c'était vrai.
- J'ai essayé pourtant, je…
- Tu ne lui as jamais envoyé l'argent des montres, finit enfin par l'accuser Neal, les poings serrés de rage.
C'était sans doute ça qui le mettait le plus en colère dans toute cette histoire, parce que tout le reste, tout ce que Pinocchio avait fait, soit il le comprenait parfaitement, soit c'était des choses qu'il avait lui-même faites à la blonde, alors franchement il admettait qu'il n'était pas mieux que lui à ce sujet, mais ça, ça…
Ça, il peinait encore à y croire, et à l'accepter, parce qu'il lui avait demandé une seule chose, de ne faire qu'une seule chose, en plus d'envoyer les clefs et les papiers de la voiture à la Sauveuse, c'était de lui envoyer l'argent des montres, et il ne l'avait pas fait.
Il lui avait menti et c'était Emma qui en avait fait les frais, en avait payé les conséquences, encore une fois.
La rage de Neal se fit si brûlante qu'il aurait été capable de réduire une ville en cendres.
Pendant dix ans, il avait cru que Emma avait pu repartir de zéro après sa sortie de prison, qu'il avait au moins pu lui offrir ça à défaut de lui dire la vérité, et après lui avoir fait tellement mal, mais en réalité…
En fait, l'habitant de la Forêt Enchantée n'avait rien fait de tout cela, et alors même qu'ils s'étaient revus avant qu'il n'aille à Storybrooke, il n'avait même pas eu le courage de lui avouer la vérité, alors même qu'il avait eu l'occasion de le faire.
Sincère, altruiste et courageux.
Neal comprenait mieux soudainement pourquoi il était en train de se retransformer en bois, vue la vie qu'il avait menée dans le monde sans magie.
Pinocchio se figea, interdit.
- Comment est-ce que tu es au courant ?
Neal éclata alors d'un rire sans joie.
- Et tu n'essaies même pas de le nier en plus, bravo… J'ai parlé à Henry et il m'a donné les détails de la sortie de prison d'Emma… il m'a dit qu'elle n'avait jamais reçu l'argent, et qu'elle n'avait rien à sa libération. Alors j'ai additionné deux plus deux et apparemment j'avais raison, dit-il avec amertume.
Il serra les poings, essayant de résister à l'envie de lui en coller une à nouveau.
- Je suis…
- Non, le coupa Neal, frémissant toujours de rage, ne me dis pas que tu es désolé. Pas à moi en tout cas. C'est Emma qui mérite de recevoir tes excuses. D'accord ? Et moi je vais juste… je sais même pas en fait, Emma me déteste, je déteste mon père et je ne sais pas encore si je vais réussir à être un père pour mon fils ! C'est merveilleux non ?
August grimaça à nouveau de douleur, il lui avait vraiment fait mal en le frappant bordel.
- Ce sera tout ?
Neal hocha la tête.
- Ouais, je pense. De toute façon ça m'étonnerait que j'ai réellement envie de te revoir dans les prochains jours, et on a plus rien à se dire, dit-il avant de s'éloigner. »
Graham, qui avait assisté à l'échange sans intervenir, n'y comprenant absolument rien du tout, se tourna vers celui qu'il considérait désormais comme son ami, avec un air interloqué sur le visage.
« Est-ce que je pourrais savoir ce qu'il vient de se passer ? »
Pinocchio soupira.
Ça allait être une longue conversation.
§§§§
Pinocchio avait déjà fait l'expérience de la douleur, de nombreuses fois.
Rien que la souffrance qu'il expérimentait en permanence à cause son corps qui se transformait chaque jour de plus en plus en bois, sa jambe qui n'était plus de chair mais d'écorce et de sève, la dissonance entre ces deux parties de lui-même qui n'avaient plus rien à voir mais qui étaient pourtant lui toutes les deux.
Alors à côté de cet enfer-là, le coup de poing de Neal n'était absolument rien en comparaison.
Mais tout de même, ça faisait malgré tout sacrément mal.
Et Graham ne s'était pas trompé à ce sujet, le poussant à venir avec lui au commissariat pour qu'il puisse soigner sa plaie.
« Tu es sûr que c'est une bonne idée que tu partes ? Avait pourtant dit le pantin de bois, inquiet. On aura peut-être besoin de toi ici.
Graham avait haussé les épaules.
- T'en fais pas, si jamais ils veulent me parler ils savent qu'ils peuvent aller au commissariat me voir, et sinon les bonnes sœurs… je veux dire les fées, ont déjà pris le relai.
August regarda autour de lui et put constater que c'était le cas, et en voyant la fée bleue parmi elles, il sentit son cœur se serrer.
Dieux, il avait tellement dû la décevoir…
- D'accord, acquiesça-t-il finalement, je te suis. »
Le shérif lui sourit et August sentit alors son cœur se mettre à battre plus rapidement pour une raison qu'il ne comprit pas.
§§§§
Cette sensation était… étrange.
Quand exactement est-ce que quelqu'un avait réellement pris soin de lui pour la dernière fois ?
August eut beau chercher, chercher et encore chercher tout au fond de sa mémoire, il ne trouva finalement qu'une seule réponse.
La dernière fois, il était encore un petit garçon vivant dans la Forêt Enchantée avec son père et le dernier qui s'était réellement occupé de lui, c'était Geppetto.
Il y avait eu des gens bien sûr, dans le monde sans magie, mais il ne s'était jamais attaché à eux, et surtout il avait fui, fui, fui encore et encore sans se retourner, sans jamais réellement se rapprocher de qui que ce soit.
Il avait été seul pendant tellement longtemps qu'il avait fini par oublier ce que ça faisait d'être proche de quelqu'un.
Et tous ces gens-là n'avaient aussi jamais su qui il était réellement ou d'où il venait.
Graham, lui, savait.
Avec lui, il n'avait pas besoin de porter un masque en permanence ou de mentir.
Et ça c'était… réellement reposant.
Il grimaça soudainement de douleur alors qu'il sentait la brûlure du désinfectant sur son visage.
Ouais ça, ça lui avait vraiment pas manqué.
« Aïe ! Se plaignit-il alors, arrachant un sourire amusé au shérif.
- Ça ne pique pas tant que ça quant même.
- J'aimerais bien t'y voir, marmonna-t-il, c'est pas toi qui te trouve à ma place. Et il m'a fait vachement mal aussi.
Le sourire de Graham disparut alors.
- Qui c'est ce type au juste ? J'avoue que je n'ai pas vraiment tout compris de ce qu'il s'est passé tout à l'heure.
- C'est l'ex d'Emma. Le père de Henry. Oh et le fils de Rumplestiltskin aussi.
Le shérif cligna des yeux, éloignant temporairement sa main du visage d'August.
- Oh ça fait un peu trop d'informations à la suite là, pause, reviens en arrière… Le gars qui t'a frappé c'est l'ex petit-ami d'Emma Swan ?
- Ouais.
- Et le père de Henry, ça encore je visualise, mais… le fils de Rumplestiltskin ? Sérieusement ?
- Le destin a un sens de l'humour sacrément tordu.
- Ça, je te le fais pas dire… Et tu, enfin… pourquoi… Qu'est-ce qui s'est passé ?
Pinocchio soupira.
- Comme tu le sais déjà, j'ai été envoyé dans ce monde pour accompagner Emma, la guider et faire en sorte qu'elle devienne la Sauveuse et brise la malédiction à l'âge de vingt-huit ans. J'ai échoué dans cette tâche, par trois fois, et c'est pour ça que je me retransforme en bois en ce moment même. Les deux premières fois, j'étais sans doute excusable, parce que j'étais un enfant et que j'avais peur, que je n'avais aucune idée de comment faire pour aider Emma, mais la troisième fois… je l'ai envoyée en prison.
Et alors, Graham se souvint de ce que Regina avait fait à son adjointe quand elle était arrivée à Storybrooke, la manière dont elle avait réussi à déterrer son passé de prisonnière pour l'afficher aux yeux de tous, et il sursauta.
- Quoi ? Comment est-ce que… En quoi tu es responsable de ce qui est arrivé ?
Il connaissait déjà une partie des erreurs du pantin de bois.
Mais celle-là, il ne savait absolument rien à son sujet.
- Pour résumer, Neal, après son arrivée dans le monde sans magie, est devenu un voleur pour survivre, et il a notamment volé des montres d'une grande valeur. Lui et Emma avaient prévu de les récupérer, de les vendre et de s'enfuir au Canada ensemble. Mais je me suis interposé. »
Puis il lui raconta la suite de l'histoire, l'enchaînement de ses mauvaises décisions, celles de Neal et la manière dont la blonde princesse en avait fait les frais, et, alors que le chasseur continuait de soigner sa plaie, il vit le visage de ce dernier peu à peu se fermer.
Il était en colère, évidemment, il tenait à Emma après tout, et August savait pertinemment qu'il avait toutes les raisons de l'être, parce que ce qu'il lui avait fait…
Sincère, altruiste et courageux.
Ces mots le hantaient depuis tellement de temps, ces trois adjectifs qui auraient dû le définir et qu'il n'avait jamais réussi à être depuis qu'il avait atterri dans le monde sans magie.
Graham prit une profonde inspiration.
« Je pense que tu as fait des erreurs. Beaucoup d'erreurs. Que tu as merdé, et Emma méritait clairement mieux mais toi aussi parce que tu n'étais qu'un gosse franchement et ça n'aurait jamais dû tomber sur toi. Tu vas avoir beaucoup de mal à te faire pardonner, de toute évidence, dit-il avec franchise, mais si jamais Emma réussit à pardonner Regina pour ce qu'elle lui a fait, et que tu essaies vraiment de gagner son pardon, je pense que… tu peux y arriver. Et de toute façon, ajouta-t-il en désignant sa jambe gauche du regard, tu es déjà en train de payer pour ce que tu as fait.
August lui sourit, les yeux embués d'émotion, bien conscient qu'il ne méritait clairement pas tant d'indulgence, et acquiesça.
- Merci.
- Je t'en prie, lui rétorqua Graham avant de finaliser son pansement. Et voilà, c'est bon tu es comme neuf.
- Merci beaucoup. J'espère qu'il ne m'a pas trop abîmé, dit-il, essayant de plaisanter pour détendre l'atmosphère.
- Oh ne t'en fais pas pour ça, ton charme est toujours intact, dit le shérif, ne plaisantant qu'à moitié.
Et puis August lui sourit à nouveau et ce ne fut que là qu'il réalisa à quel point ils étaient proches, et il se recula, troublé.
Depuis quand n'avait-il pas été proche de quelqu'un comme ça, de cette manière, physiquement ou même émotionnellement ?
La dernière fois, ça avait été…
Oh.
La dernière fois, ça avait été avec Regina, et alors que des flashs de sa « relation » avec elle (si tant est qu'on puisse réellement l'appeler ainsi) dans le monde sans magie comme dans la Forêt Enchantée envahissaient son cerveau, il se tourna, et serra les poings en essayant de maîtriser le sanglot qui était en train de monter dans sa gorge.
Pourquoi ?
Pourquoi fallait-il qu'elle revienne toujours le hanter et que ce qu'elle lui avait fait lui collait encore à la peau, pourquoi n'arrivait-il pas à s'en détacher ?
Pourquoi avait-il fallu qu'elle lui fasse mal à ce point-là, au point où il ne pouvait pas se rapprocher un tant soit peu d'une personne sans que ce qu'elle lui avait fait subir le hante ?
Et puis, soudainement, une nouvelle information le frappa.
La malédiction avait été brisée, ce qui signifiait que tout le monde se souvenait.
Ça incluait Archie Hopper dans le lot.
Jiminy Cricket.
Le psychiatre de la ville, qui maintenant savait que la magie existait, et qui ne le regarderait plus comme si il était fou si jamais il lui parlait du fait qu'il avait vécu sans cœur pendant plus de vingt-huit ans.
Il avait déjà commencé une thérapie avec lui, mais maintenant, oui, maintenant il pouvait absolument tout lui dire et enfin avancer.
Il pouvait le faire, il pouvait guérir, se débarrasser de sa douleur, et qui sait, aller de l'avant, réussir à se reconstruire.
« Est-ce que ça va ? Finit par lui demander August, inquiet par son silence.
- Oui, lui mentit Graham. Ça va. Je vais bien. »
Ce n'était pas vrai, bien sûr, mais le pantin de bois n'avait pas à partager son fardeau.
Il pouvait le faire.
Il pouvait réussir à tenir et ne pas s'effondrer.
Il le devait.
A suivre…
Chapter 47: Un seul regard.
Notes:
Titre du 17/02/2022 : Un seul regard
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Neal Caffrey (White Collar) : Fédora : Écrire sur quelqu'un qui porte des chapeaux ou sur quelqu'un qui les déteste
171. « Où es-tu ? Où es-tu ? »
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
« Est-ce que vous savez où est mon papa ? »
Depuis que la malédiction avait été brisée, approximativement une ou deux heures plus tôt dans la journée, Graham en avait vu passer des gens.
Des personnes venues lui demander ce qu'il se passait et à qui il avait expliqué que la malédiction venait d'être brisée par Emma Swan, la Sauveuse, que non ils ne pouvaient pas encore sortir de Storybrooke parce qu'ils n'étaient pas sûrs de ce qu'il se passerait alors et qu'il ignorait ce qui allait se passer dans le futur.
D'autres qui lui avaient demandé des renseignements pour retrouver des membres de leur famille dont ils venaient tout juste de se souvenir, après vingt-huit ans de séparation.
Il avait vu des retrouvailles émouvantes qui l'avaient même fait pleurer de joie.
Mais jusque là, jamais encore il n'avait d'enfant seule venir lui poser une telle question.
Il avait toujours vu des adultes dans l'ensemble, et ceux qui avaient des enfants étaient souvent accompagnés par ces derniers, et il semblait que dans l'ensemble, Regina avait laissé la plupart des familles réunies ensemble, ou du moins les parents avec leurs enfants.
Il ne connaissait jusqu'à ce moment-là que trois exceptions, Hansel et Gretel (que Regina avait réunis avec leur père avant la fin de la malédiction, et c'était tellement ironique, mais ça montrait aussi que peut-être, la méchante reine était réellement désireuse de changer), Pinocchio et évidemment, Emma.
Maintenant, il y en avait une quatrième, qu'il n'avait jamais rencontrée jusque là.
« Comment est-ce que tu t'appelles petite ? Lui demanda-t-il alors.
- Paige. Non, Grace, se reprit-elle, comme le faisaient la plupart des maudits qui venaient tout juste de retrouver la mémoire et étaient encore perdus entre deux identités, la réelle et la fictive, je m'appelle Grace.
Le nom fut comme un électrochoc, et le chasseur se remémora subitement où il avait déjà entendu ce nom.
Lorsque la malédiction n'était toujours pas brisée, et que lui, August, Regina, Rumplestiltskin et Jefferson cherchaient un moyen d'y parvenir, de faire en sorte que Emma croit en la magie, et qu'ils s'étaient racontés une partie de leurs histoires respectives.
Et Jefferson…
Jefferson avait bien une fille qui s'appelait Grace, pas vrai ?
Et dont il avait été séparé par la malédiction, pendant vingt-huit ans, condamné à se souvenir d'elle alors qu'elle l'avait oublié, et même avant en fait, quand la méchante reine l'avait piégé au Pays des merveilles, l'arrachant à Grace.
Où es-tu ?
Où es-tu ?
La pauvre enfant avait dû se poser la question tellement de fois dans la Forêt Enchantée, avant que la fumée violette n'emporte tout, et ses souvenirs de lui avec.
- Et dis-moi, comment… comment est-ce que ton père s'appelle au juste ? L'interrogea-t-il, juste pour être sûr.
- Jefferson, répondit-elle immédiatement, sans la moindre hésitation dans la voix. Mon père s'appelle Jefferson.
Graham sourit.
Il n'avait que peu côtoyé le chapelier fou finalement, ce dernier étant un homme plutôt renfermé et solitaire, mais il l'avait entendu parler de sa fille, il savait à quel point il l'aimait, et qu'il aurait probablement été prêt à absolument tout faire pour la retrouver.
- Je sais qui est ton père alors, dit-il, et il vit les yeux de la fillette scintiller, emplis d'espoir. Et je sais où il vit, j'ignore si il se trouve là-bas en ce moment, mais tu peux au moins commencer à chercher là-bas. Et tes parents, ajouta-t-il en écrivant l'adresse sur un morceau de papier, tes parents de Storybrooke je veux dire, ils sont au courant que tu le cherches ?
Elle acquiesça.
- Oui, ils savent. Ils ont conscience d'à quel point c'est important pour moi de le retrouver, parce que c'est mon père, mais ils m'ont aussi dit que si je voulais qu'on continue d'être une famille, même si ça n'avait jamais été réel, leur porte serait toujours ouverte pour moi.
Graham hocha la tête.
- Très bien, dit-il en lui tendant le bout de papier, et, avant qu'elle ne s'en aille, il ajouta. Ton père… il ne t'a pas abandonnée. Il a juste fait une erreur, et il en a payé le prix, il voulait rentrer à la maison, mais on l'en a empêché, jamais il n'a voulu te laisser seule. Ça me paraissait important que tu le saches.
- Je sais, lui répondit-elle avec la confiance et l'innocence tranquille de l'enfance, je l'ai toujours su, même quand on me disait qu'il ne rentrerait pas à la maison, je savais qu'il ne m'aurait jamais abandonnée. Mais… merci de me l'avoir dit. »
Puis elle s'esquiva, et il sourit en songeant que ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu l'impression d'avoir vraiment fait quelque chose de bien.
§§§§
En entendant les voix commencer à gronder, Regina ferma les yeux, essayant d'échapper à la réalité de ce qui allait lui arriver pendant au moins quelques secondes.
Puis, elle les rouvrit, et le monde n'avait pas changé durant ces dernières secondes, elle était toujours la méchante reine, sa malédiction venait d'être brisée, et ses victimes venaient réclamer vengeance, justice, voire les deux.
Mais Henry était sain et sauf, se répéta-t-elle, il était rentré à la maison, et c'était la seule chose qui comptait.
« Ils viennent pour moi, dit-elle, énonçant à voix haute ce que la Sauveuse et leur fils savaient déjà pertinemment, et la blonde fut sincèrement surprise de la voir prendre ça aussi calmement.
Elle n'avait pas tenté de s'enfuir, de se réfugier dans sa maison, ou même de se téléporter (encore que, même si Emma n'y connaissait rien du tout en magie, la brune n'avait pas l'air de l'avoir encore récupérée), elle semblait juste… s'être résignée à son sort.
Dans d'autres circonstances, si Regina n'avait pas été la méchante reine, Emma aurait eu de la peine pour elle.
- Ça me semble évident, oui, répondit la sorcière, ne trouvant rien d'autre à dire.
Elle ne s'attendait pas à ce que son ennemie tende ses mains vers elle.
- Je crois ne pas me tromper en pensant que c'est le moment pour toi de me passer les menottes, shérif, annonça-t-elle avec un sourire triste. »
C'était Graham le shérif, pas elle, mais Emma n'eut même pas la possibilité de lui rappeler ce détail, tant elle était abasourdie par ce que la mairesse venait de dire.
C'était ce qu'elle avait prévu de faire, oui, maintenant qu'elle savait à quel point tout était vrai, mais elle ne se serait pas attendu à ce que l'ancienne souveraine se rende ainsi aussi facilement sans combattre, pas après tout ce qu'elle avait entendu sur elle, tout ce que Regina lui avait dit à son sujet, sur son passé, ce qu'elle avait lu dans le livre de Henry.
Elle voulait vraiment changer alors.
Elle n'était pas sure que ce serait suffisant, pas après tout ce qu'elle leur avait fait, mais elle avait envie de croire que ça le serait.
- Très bien, dit Emma en hochant la tête. Elles s'étaient éloignées de Henry au début de la conversation. Il n'avait pas besoin d'entendre ça. Tu… tu ne vas pas résister c'est ça ?
Regina haussa les épaules.
- Et dis-moi, à quoi est-ce que ça me servirait exactement ? Je suis seule contre toute une ville et je n'ai pas de magie qui pourrait me permettre de me battre contre eux. Et puis, ajouta-t-elle, je doute que Henry prendrait bien le fait que je tente de tuer ses grands-parents et sa mère biologique. »
Elle plaisantait, bien sûr, une plaisanterie sombre et amère, mais Emma lut dans ses yeux cette vérité que Regina n'essayait même pas de cacher.
Si elle avait pu le faire, si elle avait pu les tuer avec sa magie et malgré tout garder Henry avec elle, elle l'aurait sans doute fait.
Si elle avait pu, elle les aurait tous tués sans la moindre hésitation, et sans doute aucun remords, elle l'aurait sans doute fait, ça, Emma n'en doutait pas une seule seconde.
La seule chose qui les séparait réellement d'une mort certaine était le fait que la brune n'avait plus sa magie, et aussi le fait qu'elle faisait ça pour Henry.
C'était tout simplement terrifiant.
Et Emma réalisa alors soudainement que même si ils ne se trouvaient pas dans la Forêt Enchantée, elle ne devait pas oublier une chose cruciale : Regina était toujours la méchante reine, même si elle avait commencé à faire des efforts pour changer, pour le bien de son fils.
Elle était toujours la même personne qu'autrefois, et ça n'effaçait aucunement ses actions du passé.
La femme cruelle qui avait ruiné d'innombrables vies, celle qui avait arraché et écrasé des cœurs, qui avait lancé une malédiction dans le seul but de punir une seule personne.
La femme qui avait essayé de tuer sa mère.
D'un seul coup, toute la peine qu'Emma ressentait pour elle s'évanouit en un instant.
Même si elles avaient collaboré ensemble pour sauver Henry et le ramener à la maison, elles étaient encore dans deux camps différents.
Ça non plus elle ne devait pas l'oublier.
Quand elle lui passa les menottes pour l'emmener dans une des cellules du commissariat, elle sentit la tristesse l'envahir pourtant.
Elle aurait aimé que les choses se passent autrement.
§§§§
Elle n'avait pas tout de suite vu qu'il était là.
D'un autre côté, le simple fait de réussir à amener Regina dans sa cellule sans encombres alors que les trois quarts des habitants de Storybrooke voulaient probablement la tuer et étaient peut-être même prêts à ériger un bûcher là tout de suite en plein centre-ville afin de le faire, avait déjà été suffisamment compliqué comme ça.
Puis, elle avait fermé la porte de la cellule à clef, s'était retournée, avait aperçu Graham, et soudainement, elle l'avait vu.
August Booth.
Ou plutôt Pinocchio.
Celui qu'on avait envoyé pour veiller sur elle et qui à la place avait préféré fuir et l'abandonner.
En voyant qu'il était blessé, elle supposa qu'il avait été frappé par quelqu'un et que ce quelqu'un était probablement Neal, et elle sentit la satisfaction l'envahir.
Savoir qu'on lui avait fait mal pour ce qu'il lui avait fait était assez réconfortant.
Elle croisa les bras, ne sachant même pas quoi dire.
« Pinocchio, c'est ça ? Se contenta-t-elle de lui dire d'une voix forte, les yeux emplis de rage.
Il se retourna et blêmit aussitôt en la reconnaissant.
Ils s'étaient au final peu parlés depuis son arrivée à Storybrooke, Emma étant bien trop occupée à essayer de trouver un moyen de retrouver Henry, et jamais il n'avait pu lui parler de son destin, de qui elle était, de la magie, de la malédiction ou même de ses parents, c'était toujours les autres qui l'avaient fait à sa place, à savoir Regina et Rumplestiltskin.
Donc ceux-là même qui étaient responsables de son sort, la vie était tout de même bien ironique.
Jamais il n'avait pu lui dire non plus à quel point il pouvait être désolé.
Il n'était pas sûr que cela fasse réellement une grande différence actuellement.
Pas alors qu'elle savait, qu'elle savait qu'il l'avait laissée tomber, qu'il l'avait envoyée en prison et que, pire encore, il l'avait volée, l'avait dépossédée de ce qui aurait dû être à elle.
- Bonjour Emma, lui répondit-il, sentant la peur l'envahir alors que son regard vert émeraude se posait sur lui, et qu'il pouvait y lire tellement de colère que ça lui fit mal.
Parce qu'il était l'un des responsables.
- Raconte-moi, lui ordonna-t-elle, et il se figea, surpris.
- Quoi ?
- L'histoire. Ton histoire, mon histoire. Je veux tout savoir, dans les moindres détails. Raconte-moi. Tu me dois bien ça.
Il hocha la tête.
- D'accord. Assieds-toi, ça risque d'être long. »
Et, sous le regard scrutateur de celle qu'il avait été incapable de protéger, il commença le récit du petit pantin de bois devenu un vrai petit garçon et à qui on avait confié une mission qu'il n'avait pas réussi à remplir.
§§§§
Les chapeaux.
Jefferson vivait entouré par les chapeaux depuis…
Depuis toujours finalement, dans son ancienne vie dans la Forêt Enchantée en tant que chapelier, dans sa prison au Pays des merveilles, et dans son autre prison dorée, ici, à Storybrooke, où il avait essayé tant bien que mal de reproduire le même chapeau, encore et encore, de lui redonner une magie qui n'avait absolument aucune existence dans ce monde.
Il avait essayé, encore et encore et encore, et il avait échoué lamentablement.
Lui qui avait été si fier de ses chapeaux et de son talent autrefois, il les haïssait désormais, il les détestait de toute son âme, il ne rêvait que d'une chose, pouvoir les foutre au feu et les détruire pour toujours, ne plus avoir à les voir de toute sa vie.
Et parfois, il voulait presque foutre le feu à cette foutue baraque, tout brûler et tout détruire, si il n'y avait pas eu Grace…
Oh Grace.
Sa petite fille, qu'il n'avait pas encore retrouvée malgré son désir de le faire, maintenant que la malédiction était pour de bon brisée, elle qu'il voulait tant revoir maintenant qu'elle se souvenait à nouveau de lui, Grace…
Grace méritait mieux que lui, elle méritait mieux qu'un père brisé à l'esprit en mille morceaux qui avait passé vingt-huit ans seul et totalement désespéré.
Il voulait être son père à nouveau, que tout redevienne comme avant, mais il le savait déjà, c'était impossible, plus rien ne serait comme autrefois, parce qu'il l'avait laissée, il l'avait laissée tomber, il l'avait abandonnée au moment où elle avait le plus besoin de lui, alors qu'il lui avait promis de rentrer à la maison.
Ce que Regina leur avait fait avait brisé bien trop de choses pour que ce soit réellement réparable.
Puis, il entendit quelqu'un frapper et quand il ouvrit la porte et vit qui se trouvait derrière elle, il fut soudainement incapable de respirer.
« Grace ?
Elle était là, elle était vraiment là, elle était réelle, et il avait rêvé de cet instant pendant vingt-huit ans, tellement de fois qu'il lui semblait irréel maintenant qu'il se produisait pour de vrai.
Sa fille était devant lui, elle l'avait retrouvé, elle était venue le chercher alors qu'elle aurait eu tous les droits de le détester et de ne plus jamais vouloir le revoir si elle l'avait voulu, et il se figea, stupéfait.
Elle était là.
Sa petite fille était rentrée à la maison, elle avait tenu la promesse qu'il n'avait jamais pu tenir, elle…
- Papa ! S'écria-t-elle en se jetant dans ses bras, et ce fut là seulement que son souffle revint enfin dans ses poumons et il la serra contre elle, craignant presque qu'elle ne s'évapore si il ne le faisait pas, avant de se mettre en sanglots. »
Il avait retrouvé sa fille.
Les choses étaient enfin revenues à leur place.
A suivre…
Chapter 48: Je l'ai fais.
Notes:
Titre du 05/06/2021 : Je l'ai fais
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Petra (JTV) : Maddalena : Écrire sur quelqu'un qui n'a pas eu un bon modèle parental ou sur une enfance malheureuse
163. Il était une fois.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Emma ne savait pas quoi penser de tout ça quand elle sortit du commissariat.
Elle était en colère bien sûr, contre le monde entier, contre August pour l'avoir abandonnée, l'avoir envoyée en prison à seulement dix-sept ans pour un crime qu'elle n'avait pas commis, pour avoir volé l'argent des montres qui lui revenait pourtant de droit, pour ne jamais avoir essayé de la retrouver durant ces vingt-huit années où il était supposé veiller sur elle, pour ça et pour tout le reste.
Contre Neal aussi, pour lui avoir brisé le cœur, l'avoir abandonnée, seule à son sort alors qu'elle était enceinte, l'avoir envoyée en prison à sa place, et n'être jamais revenu après la voir pour s'excuser avant d'être mis devant le fait accompli.
(Il l'avait fait, bien sûr, mais ça ne changeait rien, ça n'effaçait rien de ce qu'il lui avait fait, et surtout c'était trop tôt pour ça, elle ne pouvait pas le pardonner, pas encore.)
Contre Regina aussi, pour l'avoir séparée de ses parents et leur avoir fait vivre l'enfer pendant vingt-huit ans, contre Rumplestiltskin qui l'avait poussée à lancer le sort noir, elle était en colère contre tous ces adultes qui lui avaient volé sa vie, la vie qu'elle aurait dû avoir alors qu'elle n'était encore qu'une enfant.
Et surtout, elle était triste.
La joie et l'exaltation qui l'avaient envahie quand Henry avait surgi du portail puis qu'elle avait brisé la malédiction s'étaient rapidement effacés face aux révélations de Neal, d'August, et au fur et à mesure qu'elle prenait réellement conscience de ce que cela pouvait signifier pour elle d'être la Sauveuse, une princesse, la fille de Blanche-Neige et du prince Charmant, elle sentit comme un poids l'écraser.
Elle avait fait ce qu'elle était supposée faire, elle avait brisé la malédiction, elle avait réuni ses parents et tous les autres, elle avait sauvé la ville.
Mais elle, personne ne l'avait sauvée.
Jamais.
Elle avait été un bébé laissé seul dans un monde qui n'était pas le sien (oui, elle savait que Pinocchio était un enfant à l'époque, mais elle avait eu besoin de lui et pourtant il était parti et il n'était jamais revenu), elle avait été une enfant dont aucune famille n'avait jamais réellement voulu, puis une adolescente qui n'avait jamais réussi à se fixer nulle part.
Puis elle avait trouvé l'amour, elle avait cru que les choses seraient différentes et son cœur avait été fracassé en mille morceaux et ce n'était qu'aujourd'hui, dix ans plus tard, qu'elle savait pourquoi l'homme qu'elle aimait autrefois l'avait trahie aussi impitoyablement.
Elle avait dû abandonner son fils parce qu'elle n'avait pas d'autre choix et ce dernier s'était retrouvé chez celle-là même qui avait brisé sa vie, puis elle l'avait retrouvé et il avait disparu.
Et aujourd'hui encore, elle n'était pas encore sure de pouvoir réussir à être une mère pour lui, pas après dix ans à être loin de lui.
Et maintenant, elle apprenait qu'en fait, elle aurait dû avoir une autre vie, que ses parents l'aimaient et voulaient la garder avec eux, qu'elle avait été en colère contre eux pendant vingt-huit ans pour rien ?
Est-ce que l'univers allait un jour la laisser souffler ?
Une voix la tira alors de ses pensées, une voix qu'elle avait appris à connaître depuis son arrivée à Storybrooke.
Celle de Mary-Margaret.
Non, Blanche-Neige.
Sa mère.
Elle avait une mère, et un père aussi, et c'était…
« Emma ? »
Elle avait rêvé de cet instant pendant des années.
Mais elle ne s'était jamais imaginée qu'il se passerait de cette façon.
Que ses parents s'avéreraient être des personnages de contes de fée, et qu'ils auraient approximativement le même âge qu'elle, parce que le temps était détraqué dans cette ville.
Il était une fois.
C'était vrai finalement.
Les contes de fée n'étaient pas toujours joyeux, ni n'avaient forcément de fin heureuse.
Parce que après tout, comment aurait-elle pu qualifier ça de fin heureuse alors même qu'ils venaient à peine de se retrouver, qu'elle les connaissait si peu, et qu'elle ne savait même pas comment faire pour être leur fille ?
Elle se tourna vers eux, et les vit enfin, et ils souriaient, et elle ne put empêcher les larmes de lui monter aux yeux.
Vingt-huit ans, elle avait été séparée d'eux pendant vingt-huit ans, et jamais ils ne pourraient rattraper ce temps perdu, ces années que Regina leur avait volées.
Elle sentit son cœur se briser en mille morceaux.
Elle n'était plus une enfant, et si elle en avait encore été une, les choses auraient été si différentes, leurs retrouvailles auraient été pleinement heureuses et probablement pas teintées de cette amertume qui avait désormais envahi sa bouche alors qu'elle pensait à tout ce qu'ils auraient pu et dû avoir ensemble et n'avaient jamais eu.
Si il n'y avait pas eu le Sort Noir, elle aurait grandi avec eux, ils auraient été une famille et elle aurait été heureuse.
Elle aurait aimé avoir ça, vraiment.
Mais puisqu'elle ne l'aurait jamais, que ce passé qui n'existait pas ne serait jamais une réalité, elle décida de se concentrer sur ce qu'elle avait, sur ce qu'on lui avait rendu, et sur ce cadeau inespéré que lui faisait l'univers, même si c'était presque avec trente ans de retard.
Ses parents étaient là, et elle pouvait les serrer dans ses bras.
« Alors… alors c'est vrai, dit-elle, se trouvant incapable de dire autre chose, la gorge nouée, et même si ils souriaient, elle vit des larmes briller dans leurs yeux à tous les deux, des larmes de joie, mais sans doute aussi de tristesse.
Elle les comprenait parfaitement, elle aussi elle avait envie de fondre en larmes quand elle pensait à tout ce qu'on leur avait impitoyablement arraché.
Puis Blanche-Neige s'avança vers elle et la serra dans ses bras, fort, oh si fort, comme si elle avait peur qu'elle disparaisse, l'étouffant presque et Emma se figea.
Sa mère la serrait dans ses bras, elle, Emma Swan, l'orpheline, celle qui avait passé tant d'années seule, qui s'endormait chaque nuit en pleurant en se demandant pourquoi ses parents l'avaient abandonnée.
Elle était là, elle était vraiment là et elle l'aimait.
Quand son père se joignit lui aussi à l'étreinte, ce fut à ce moment précis que la blonde éclata définitivement en sanglots.
§§§§
Graham n'avait rien dit quand Emma avait amené Regina au commissariat pour ensuite l'enfermer dans une cellule.
Il aurait dû s'y attendre pourtant, la malédiction venait d'être brisée, et les risques qu'une chasse aux sorcières soit organisée contre la méchante reine étaient grands, et la mettre derrière les barreaux était probablement la meilleure chose à faire, que ce soit pour la protéger elle ou protéger les autres.
Si ça n'avait tenu qu'à lui, il l'aurait volontiers livrée en pâture à la foule en colère, malgré le fait qu'elle avait tenté de devenir une meilleure personne ces derniers temps, mais il comprenait parfaitement qu'Emma ait pris en compte son aide pour retrouver Henry et ses efforts pour réparer tout ce qu'elle avait brisé à Storybrooke.
Même si ce ne serait sans doute jamais suffisant pour lui.
Mais savoir ça ne l'empêchait pas de se sentir incroyablement mal à l'aise quant au fait que Regina se trouvait ici, au commissariat, juste sous ses yeux et qu'il ne pouvait pas détourner le regard d'elle parce qu'il était le seul policier présent sur place et qu'il devait la surveiller.
Ça aurait sans doute dû être terriblement satisfaisant, de la voir ici, enfermée, à sa juste place, comme elle le méritait, payant enfin pour ses crimes, mais il n'arrivait pas à s'en réjouir.
Parce que la voir lui rappelait tout ce qu'elle lui avait fait, tout ce qu'elle lui avait infligé par le passé, et si concernant sa vie à Storybrooke, c'était supportable parce que à ce moment-là il ne savait pas qu'il était prisonnier, qu'il était littéralement sans cœur, il pouvait s'en détacher, s'en dissocier, parce que ça, ce n'était pas vraiment lui, seulement, ce n'était pas le cas pour avant.
Mais ses souvenirs de la Forêt Enchantée, quand Regina lui avait arraché le cœur, s'était servie de lui, avait fait de lui sa chose, son jouet, son pantin…
Le simple fait d'y repenser lui donnait envie de hurler à pleins poumons, parce qu'elle était là, et qu'à cause d'elle, il avait le sentiment d'être complètement brisé et de ne jamais être capable d'un jour recoller les morceaux de son être ensemble.
Et c'était de sa faute.
Il se souvenait de ça, il se souvenait de tout, de la manière dont elle avait abusé de lui et de son corps dans son château glacial qui n'était rien de plus qu'une prison pour lui, de sa liberté et de son libre-arbitre qui lui avaient été impitoyablement arrachés, et qu'elle avait fini par lui rendre, mais vingt-huit ans trop tard.
Elle s'était excusée, et elle l'avait libéré, mais il ne pouvait pas faire ça, il ne pouvait pas la pardonner, pas après ce qu'elle lui avait fait, ce qu'elle leur avait à tous.
Elle voulait devenir une meilleure personne, mais ce ne serait sans doute jamais suffisant.
Et surtout, il avait peur.
C'était idiot, et il le savait, parce qu'elle n'avait sans doute pas ses pouvoirs, et qu'elle ne pouvait rien lui faire, qu'elle n'avait plus l'intention de lui arracher le cœur, mais il se souvenait de tout, des détails, de la façon dont ses doigts s'étaient enfoncés dans sa poitrine et lui avaient pris son cœur, il se souvenait de la douleur et de la perte de contrôle.
Le simple fait de la savoir ici, de la voir même, de savoir ce qu'elle aurait été capable de lui faire si elle avait été libre et avec ses pouvoirs le terrifiait tout simplement.
Ce ne fut que quand il sentit la main d'August se poser sur la sienne qu'il se rendit soudainement compte qu'elle s'était mise à trembler.
« Ça va ? Lui demanda le pantin de bois. Tu sais, ajouta-t-il alors que Graham ne répondait pas, si sa présence te fait si mal, et apparemment de ce que je vois c'est bien le cas, je pense que tu peux expliquer la situation à Emma et lui demander, je ne sais pas, que tu n'ai pas à travailler en sa présence. Je suis sûr qu'elle comprendra.
- Pour l'instant, elle a déjà assez à faire et à penser sans que je l'embête avec ça, aujourd'hui, en un seul jour seulement, elle a retrouvé son fils, ses parents, et son ex petit-ami, sans oublier le fait qu'elle a brisé le Sort Noir. Ça fait déjà beaucoup à supporter pour une seule personne alors je pense que pour l'instant, je vais prendre mon mal en patience. Ça va aller.
Ce n'était pas vrai, bien sûr, mais il fallait qu'il y croit, qu'il croit que cela pourrait l'être un jour.
Sinon, si il ne le faisait pas, il allait définitivement s'effondrer pour ensuite ne plus jamais se relever, et il ne voulait pas de ça, il voulait guérir, vraiment, et si ça impliquait de devoir affronter son bourreau, alors soit, il le ferait.
Il en était capable, il avait survécu à l'enfer du château de la méchante reine vingt-huit ans plus tôt après tout.
Il pouvait survivre à ça aussi aujourd'hui, il pouvait être suffisamment fort pour le faire.
Il n'était plus son prisonnier, et il n'était plus le Chasseur.
Il était Graham, shérif de Storybrooke, et même si ce n'était qu'un mensonge, il avait fini par aimer cette identité.
Sans hésitation, August serra alors sa main dans la sienne, l'ancrant pour de bon dans la réalité, alors qu'il sentait qu'elle était en train de lui échapper, et il lui en fut reconnaissant.
- Si tu as besoin… je suis là d'accord ? »
Graham lui sourit et sentit son cœur une fois de plus faire des loopings dans sa poitrine, ce cœur dont il n'avait pas pu se servir pendant si longtemps.
Ça faisait du bien d'enfin à nouveau ressentir quelque chose qui soit autre chose que le complet et absolu désespoir.
A suivre…
Chapter 49: C'est la fête !
Notes:
Titre du 01/05/2021 : C'est la fête !
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Monet : La rue Montorgueil : Écrire une scène de fête ou un texte qui se déroule à Paris
158. « Bien. Parfait. »
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Geppetto se souvenait être déjà venu au commissariat, environ deux mois plus tôt, à une époque où il pensait encore que son nom était Marco.
Alors que Emma Swan, qu'il connaissait à peine et dont il ignorait qu'elle était la Sauveuse, tout comme il ignorait tout au sujet de la malédiction, s'y trouvait, étant arrivée en ville depuis peu.
Il se rappelait de ce qu'il avait dit, qu'il n'avait jamais pu avoir d'enfant.
Aujourd'hui, il se souvenait de tout, et surtout il se souvenait de la vérité, et dans ce lieu où il retournait à la recherche de Pinocchio, il sentait pleinement l'ironie le frapper au visage.
Ce qu'il avait dit n'était pas la vérité, il avait bel et bien un fils.
Un fils qu'il avait perdu pendant vingt-huit ans.
Et il n'avait pas la moindre idée d'où il pouvait bien se trouver.
Était-il quelque part, perdu dans ce vaste univers qu'était le monde sans magie ?
Était-il même seulement en vie ?
Se trouvait-il à Storybrooke, ou bien loin, très loin de la ville ?
Le détestait-il pour ce qu'il lui avait fait, pour l'avoir abandonné dans un monde qu'il ne connaissait pas en le chargeant d'une tâche bien trop lourde pour ses frêles épaules, lui qui n'avait que huit ans à l'époque, et qui avait été laissé seul pour s'occuper d'un bébé ?
Il ne regrettait pas ce qu'il avait fait pour sauver la vie de son enfant, mais il aurait compris si Pinocchio lui en avait voulu pour ça, pour l'avoir laissé tomber comme il l'avait fait.
Mais ça n'avait pas d'importance.
Tout ce qu'il voulait c'était serrer son fils dans ses bras et s'assurer qu'il allait bien.
Emma était venue à Storybrooke, et elle avait brisé la malédiction, alors ça voulait dire que son petit garçon avait réussi et qu'il avait mené sa mission à bien.
Pas vrai ?
§§§§
Graham vit clairement la panique apparaître dans les yeux d'August au moment où Geppetto franchit les portes du commissariat de Storybrooke.
On aurait dit un lapin pris dans les phares d'une voiture, et si avant c'était la main du shérif qui tremblait, désormais c'était celle du pantin de bois qui tremblait dans la sienne, et l'ancien chasseur s'y agrippa de toutes ses forces, pour l'empêcher de s'en aller.
Parce qu'il savait très bien que l'auteur ne rêvait que d'une seule chose là tout de suite, s'enfuir loin, très loin, tout comme il avait passé sa vie durant ces vingt-huit dernières années dans le monde sans magie, fuir à toutes jambes et ne jamais revenir.
Il était hors de question qu'il le laisse faire.
« Est-ce que vous savez où est mon fils ? Demanda Geppetto, et l'espace d'une seconde, Pinocchio souhaita presque avoir un cœur fait de sève et de bois et non de chair. »
Parce que alors peut-être qu'il ne l'aurait pas senti battre à cent à l'heure dans sa poitrine et cogner contre sa cage thoracique, tentant désespérément de s'en échapper.
Il avait peur.
Il avait tellement peur, et il n'était pas prêt, et il avait eu vingt-huit ans pour se préparer à ces retrouvailles, et pourtant il n'était pas prêt.
« August, essaya de dire Graham d'un ton rassurant, tu…
- Non, l'interrompit alors l'écrivain, la voix tremblante, Graham… je… Je peux pas. Je peux vraiment pas. C'est mon père et j'ai échoué, j'ai échoué à tellement de niveaux et j'ai si honte et je ne sais pas comment faire pour… pour me faire pardonner.
Le shérif soupira.
- Tu te souviens de ce que la fée bleue t'a demandé de toujours être quand tu étais petit ?
- Je… Oui, pourquoi ?
- Sincère, altruiste et courageux. Tu peux l'être encore, tu peux le faire en affrontant ton passé et en reconnaissant tes erreurs. Tu peux y arriver, et puis… c'est ton père. Que tu n'as pas vu depuis vingt-huit ans, et qui t'a perdu durant cette même période de temps. Tu lui dois bien ça. L'univers vous doit bien ça. À tous les deux. »
August essaya de lui sourire, et tenta de garder son calme.
Bien.
Parfait.
Il pouvait le faire.
Il pouvait y arriver.
§§§§
Il se souvenait avoir eu huit ans et avoir fait une promesse à son père.
Il se rappelait de l'armoire magique, de la fée bleue, et de son père lui disant droit dans les yeux qu'il allait devoir être très courageux et lui faisant promettre de toujours veiller sur Emma, et de faire en sorte de l'emmener à Storybrooke.
Vingt-huit ans plus tard, il se trouvait là, face à lui, en n'ayant rien à lui dire à part qu'il avait échoué et à quel point il était désolé de l'avoir tant déçu.
Et le voir ici, maintenant, toujours le même qu'avant alors qu'il avait lui-même grandi et tant changé, à sa recherche, lui serra le cœur et lui noua la gorge.
Graham avait raison, il ne pouvait pas lui faire ça, il ne pouvait pas fuir et faire comme si rien ne s'était passé, comme si après des décennies de séparation, il ne venait pas de revoir son père dont il avait presque fini par oublier le visage.
Se levant finalement, il se résolut enfin à lâcher la main du shérif pour se diriger lentement dans la direction de son père (il n'arriva même pas à déterminer si c'était à cause de sa jambe en train de se transformer en bois ou juste parce qu'il avait peur) et il se força à parler avant que son père ne parte ou que la peur ne l'empêche de prononcer le moindre mot.
« Papa, dit-il d'une voix faible, peu assurée et tremblante, presque une voix de petit garçon en un sens, alors qu'il était un adulte maintenant, et pourtant, cela fut suffisant pour que Geppetto l'entende et se retourne.
Une lueur d'espoir apparut dans les yeux du vieil homme.
- Pinocchio ? Demanda-t-il, n'osant y croire.
L'auteur se contenta de hocher la tête, incapable de prononcer un seul mot de plus, et l'ébéniste sourit, les yeux brillants de larmes.
- Mon fils, murmura-t-il avant de le serrer dans ses bras, et oh ça faisait si longtemps que quelqu'un ne l'avait pas étreint ainsi, ne l'avait pas fait se sentir en sécurité, à sa place, à la maison, chez lui, en vingt-huit ans d'existence dans le monde sans magie, ça ne lui était jamais arrivé.
Il n'avait jamais eu de famille, pas une seule fois, et la seule qu'il aurait pu avoir, il l'avait abandonnée et laissée derrière lui.
- Je suis tellement désolé, parvint-il à dire avant de fondre en larmes. »
§§§§
Graham avait mis du temps à réaliser que Archie était lui aussi venu au commissariat (ou bien devait-il l'appeler Jiminy Cricket désormais ? Il ne savait même plus maintenant que tout le monde avait enfin récupéré sa véritable identité) et quand enfin il avait remarqué sa présence, il avait su que c'était le moment.
« Est-ce que je peux vous parler ?
Le psychiatre sursauta, surpris d'être interpellé de la sorte alors qu'il assistait aux retrouvailles entre son ami et son protégé.
Puis en reconnaissant Graham, il sourit.
- Shérif ! Est-ce que tout se passe bien ?
- C'est… enfin disons que maintenant que la malédiction a été brisée les choses sont très confuses pour tout le monde, mais au moins ce n'est pas le chaos. Du moins pour l'instant.
- Tant mieux dans ce cas-là. Graham… D'ailleurs, je peux continuer de vous appeler Graham ?
Le chasseur fronça les sourcils.
- Comment ça ?
Le sort noir avait été brisé depuis si peu de temps, il avait eu à s'occuper de tant de choses et son esprit était préoccupé par d'autres détails de son passé.
Pas par son nom et lequel il était supposé porter maintenant qu'il savait qu'il était deux personnes et non plus une.
- Hé bien, maintenant que nous savons qui nous sommes à nouveau, nous pouvons reprendre notre identité précédente et véritable. Mais même si ceux que nous étions à Storybrooke n'ont jamais été réels, ça semblait l'être, et… certaines personnes, moi y compris, préfèrent garder le nom que leur a donné la malédiction. Et vous ?
- Je… je ne sais pas, avoua-t-il, je… Je n'avais pas de nom, dans la Forêt Enchantée. J'étais juste le Chasseur. Alors je crois… je crois que Graham me convient très bien comme nom.
Graham n'avait jamais existé, n'avait jamais été réel, et tous ses souvenirs étaient pour la plupart faux et mensongers, mais le shérif Graham n'était pas le chasseur.
Le shérif était un homme certes solitaire mais respecté et apprécié dans cette petite ville du Maine, ici, il avait le sentiment de compter, de faire quelque chose de bien.
De vraiment exister, et de ne plus être le prisonnier qu'il était devenu par le passé dans la Forêt Enchantée avant la malédiction, de ne plus être le pantin de la méchante reine.
Graham avait été créé par Regina, certes, mais il pouvait se réapproprier cette identité et faire en sorte qu'elle devienne la sienne, qu'il devienne quelqu'un d'autre que celui qu'elle avait voulu qu'il soit.
Il était Graham Humbert.
Il en avait la certitude maintenant.
Le regard d'Archie se fit bienveillant et compréhensif.
- Très bien. De quoi vouliez-vous me parler ?
- De ma thérapie.
Le regard du cricket se voila, et Graham sut qu'il avait compris.
- Oh. Par rapport à vos souvenirs retrouvés, c'est ça ? Maintenant que la malédiction a été brisée et que la magie a été ramenée…
- Je me souvenais avant, précisa-t-il, mais je… Enfin je ne pouvais pas en parler avant que… avant que tout le monde ne se souvienne, je…
- Je comprends. Je peux programmer un rendez-vous pour lundi prochain si vous le voulez.
Le poids qui écrasait encore sa poitrine jusque là s'allégea un peu.
- Oui, répondit-il, ça me convient parfaitement. »
§§§§
Il sentait la colère l'envahir peu à peu et il n'arrivait même pas à être surpris.
Parce que Regina lui avait arraché Belle pendant vingt-huit ans (oui, il l'avait chassée le premier mais elle voulait lui revenir et sans la méchante reine elle aurait réussi) et si il avait su qu'elle était toujours en vie il aurait pu tenter de faire en sorte qu'à défaut d'être heureuse avec lui, elle ne soit pas complètement malheureuse et misérable.
Mais il n'avait pas pu le faire, parce que son ancienne élève en avait décidé autrement.
Et il l'avouait, il avait envie de se venger.
Il aurait pu le faire, il le pouvait encore même, il était à nouveau le Ténébreux, sa magie chantait dans ses veines, comme autrefois, et les voix de ses prédécesseurs envahissaient régulièrement sa tête, l'exhortant à suivre ce sombre chemin qu'il avait déjà emprunté tant de fois.
Celui des ténèbres, celui de la vengeance cruelle, aveugle et sanglante.
Ça aurait été si facile, si simple de le faire, de céder, il pouvait faire appel au spectre, et Regina était sans magie (même si ça n'avait pas été le cas, il restait plus puissant qu'elle de toute façon), seule, isolée, vulnérable et enfermée à double tour dans une cellule.
Oui il pouvait parfaitement la tuer.
Quelque chose le retenait pourtant.
Belle.
Belle qu'il venait à peine de retrouver et qu'il ne pouvait pas perdre à nouveau, parce qu'il lui avait fait une promesse, celle de ne pas s'en prendre à Regina, de ne pas recommencer comme autrefois, de ne pas redevenir celui qu'il était avant.
Et elle savait, oh oui elle savait pour Gaston, pour sa mort injuste, elle savait ce qu'il avait fait, et il avait lu la déception dans ses yeux quand il lui avait raconté ce qu'il s'était passé, et il était tout sauf idiot.
Il savait que si jamais elle arrivait à le pardonner pour ça, elle ne le ferait pas une deuxième fois si jamais il retombait dans ses anciens travers.
Et il y avait Neal aussi, Baelfire, le petit garçon devenu homme qu'il venait à peine de retrouver, et qu'il ne supporterait pas non plus de perdre lui aussi, pas après deux cents de séparation qui venaient à peine de s'achever.
Il avait bien conscience que son fils lui en voudrait pour les mêmes raisons que Belle, et Belle saurait, oui elle saurait que c'était lui le responsable, et alors Neal saurait à son tour.
Et il les avait déjà perdus tous les deux à cause de ses propres actions autrefois, il ne voulait pas que ça recommence.
Alors il laissa sa dague et le médaillon de côté et renonça à son projet.
Qui sait, peut-être que le simple fait d'assister à sa chute serait suffisant pour qu'il se sente vengé.
§§§§
La dernière fois que Blanche-Neige était allée au commissariat, c'était pour payer la caution d'Emma, se souvint-elle.
C'était avant que tout ne bascule et qu'elle ne se souvienne de qui elle était réellement.
Que l'institutrice Mary-Margaret ne se rappelle avoir été la princesse Blanche-Neige.
Elle l'était toujours d'ailleurs, et elle était mère aussi, et ça semblait tellement fou, et elle…
Il y avait quelqu'un qu'elle devait revoir.
Quelqu'un qu'on lui avait arraché.
Quelqu'un à qui elle n'avait jamais pu dire au revoir.
Le Chasseur, celui qui lui avait sauvé la vie la première fois que son ancienne belle-mère avait essayé de la tuer, celui sans qui rien de tout ça n'aurait été possible, l'homme sans lequel Emma n'existerait définitivement pas.
Et elle n'avait jamais pu lui dire merci.
Elle n'en avait pas eu le temps, parce qu'elle devait fuir, fuir à toutes jambes et le plus loin possible, sans se retourner, pour que jamais la reine et ses soldats ne la retrouvent.
Elle n'avait jamais su réellement ce qui était arrivé à son Chasseur, le premier à s'être élevé contre Regina pour elle, le premier qui lui avait montré qu'elle pouvait être forte.
Elle savait qu'il était le prisonnier de la reine, bien sûr, et Charmant lui avait parlé de ce garde qui lui avait sauvé la vie à l'époque où elle était sous la malédiction du sommeil éternel, et elle avait su que c'était lui, mais après…
Elle n'avait plus eu de nouvelles.
Et maintenant elle savait où il était, qui il était et enfin, enfin elle allait pouvoir revoir son ami.
Le serrer dans ses bras et lui dire merci.
« Graham ? S'écria-t-elle alors et en croisant son regard, elle y vit de la surprise, mais aussi de la joie et il se leva aussitôt, s'écartant de la personne avec qui il était en train de parler (le nouveau venu en ville, August, si elle se souvenait bien) avant de se diriger vers elle.
- Blanche-Neige ? Lui répondit-il, presque incrédule, comme si il n'arrivait pas à croire qu'elle puisse vraiment être là, qu'ils soient tous les deux libres de la méchante reine, enfin, après tout ce temps, après plus de vingt-huit années, et même plus pour lui. »
Elle lui sourit et lui ouvrit les bras, dans lesquels il se jeta immédiatement, sans la moindre hésitation.
Elle ne lui demanderait pas ce que Regina lui avait fait autrefois, quand il était son prisonnier.
Pas tout de suite.
Pas aujourd'hui.
Non, aujourd'hui, elle allait juste savourer le fait qu'ils étaient tous les deux en vie et libres.
§§§§
Emma regarda l'intérieur du Granny's et sourit.
La situation était… particulière.
La malédiction était brisée, enfin, et personne ne savait exactement ce qui allait se passer par la suite, comment ils feraient pour gérer leur double identité, leurs souvenirs retrouvés, ou les vingt-huit ans de séparation d'avec leurs proches ou même de ce qui allait advenir de Regina.
Mais là, tout de suite, ça ne comptait pas, ça n'avait pas d'importance.
Pour l'instant, ils faisaient la fête, parce qu'ils y avaient bien droit, parce que enfin, ils étaient redevenus eux-même.
Ils penseraient à ce qu'il leur resterait à faire un autre jour.
Aucun d'eux n'aperçut le navire qui approchait peu à peu du port de Storybrooke, lentement et sans bruit.
A suivre…
Chapter 50: L'obscurité arrive.
Notes:
Titre du 17/10/2021 : L'obscurité arrive
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects d'Odin – mythe nordique : Dieu de la magie et du savoir : Écrire sur Loki ou sur un sorcier avec un grand savoir.
91. A présent, elle savait la vérité, et l'aigreur de la bise n'était plus rien en comparaison de ce qu'elle ressentait au creux de son ventre.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Storybrooke…
Vingt-huit ans qu'ils attendaient cela, qu'ils essayaient d'enfin venir dans le monde sans magie, et des semaines, des mois qu'ils tentaient de trouver un moyen, un portail, quelque chose, n'importe quoi.
Et enfin, ils y étaient arrivés.
Ils étaient là, où personne ne les attendait, ils n'étaient pas supposés avoir réussi après tout, pas après ce qu'il s'était passé chez le géant, pas alors que Neal et Henry ignoraient que Crochet avait récupéré un haricot magique desséché et surtout qu'il était parvenu à le faire fonctionner à nouveau en utilisant la magie du lac Nostos.
(Ils ne savaient même pas si l'enfant et l'adulte avaient réussi à trouver un portail à ouvrir pour rentrer chez eux en fait.)
Il avait dû revenir au camp ensuite, trouver un moyen de faire en sorte que Cora puisse sortir de sa prison sans que qui que ce soit ne s'en rende compte, avant d'aller au lac et de jeter le haricot dans ce dernier une fois que la sorcière lui avait rendu ses propriétés magiques.
Ça leur avait pris du temps, mais en fin de compte, ça avait payé.
Ils étaient allés dans le lac, ils avaient franchi le portail, et maintenant ils étaient là.
Ils étaient là et personne ne le savait.
Et Crochet s'en réjouissait, il était un pirate, il travaillait souvent ainsi, tapi dans l'ombre.
Il ne savait pas encore quand ou comment il allait frapper Rumplestiltskin, mais il allait le faire, et ce serait encore mieux si le vieux crocodile ne s'attendait à rien, ne le voyait pas venir, lui qui se targuait pourtant de tout voir.
La seule chose qui le préoccupait dans tout ça, c'était Baelfire.
Enfin, Neal.
Si il avait réussi à rentrer, ce qui était une hypothèse probable, alors il y avait une chance (ou un risque selon le point de vue) qu'il se trouve également à Storybrooke.
Il n'avait aucun moyen de savoir pour l'instant si le jeune homme était parvenu à partir de la Forêt Enchantée, mais en un sens, même si ça risquait de contrarier ses plans, il l'espérait secrètement, au moins un peu.
Il ne méritait définitivement pas de rester bloqué dans un monde où il n'avait aucune envie d'être, d'être encore une fois un prisonnier, tout comme…
Tout comme deux cents plus tôt quand il l'avait livré à Peter Pan…
Voilà pourquoi il n'avait pas cherché à les poursuivre, pas cette fois, pas après ce qu'il lui avait fait autrefois.
Ce ne serait certainement pas suffisant pour que Baelfire accepte un jour de le pardonner pour sa trahison, mais en le laissant partir, la deuxième fois, il espérait pouvoir se racheter pour ce qui était arrivé au Pays Imaginaire, au moins un peu.
Il n'avait pas révélé non plus l'identité de celui qui n'était plus un inconnu pour lui à Cora pour cette même raison, et parce qu'il savait qu'elle aurait fait tout ce qui était en son pouvoir pour se servir de cette information contre Rumplestiltskin.
Il voulait s'en prendre au Ténébreux, mais il n'avait pas la moindre intention d'embarquer son fils dans toute cette histoire, il méritait de rester loin de tout ça.
Aussi, il espérait sincèrement que Neal ait fait ce qui paraissait le plus probable et le plus logique, et qu'il ait fui loin, très loin de son père en arrivant de nouveau dans le monde sans magie.
(Malheureusement pour lui, Neal Cassidy n'avait jamais été la plus logique des personnes.)
En voyant une boule de feu se former dans la main de la reine de cœur, il réalisa alors qu'il y avait de la magie à Storybrooke.
Et que donc son ennemi avait très probablement récupéré la sienne.
Bon…
Il n'avait plus qu'à mettre la main sur sa dague dans ce cas-là.
§§§§
Le lendemain.
Blanche-Neige aurait aimé pouvoir continuer de vivre dans le déni.
Ça aurait été plus simple comme ça, elle aurait pu ignorer le problème, ne pas y penser, ne pas se soucier de ce qui était arrivé autrefois, dans la Forêt Enchantée.
Ne pas être une nouvelle fois confrontée à une autre horreur perpétrée par son ancienne belle-mère, même si celle-ci remontait à vingt-huit ans désormais.
Mais elle devait savoir.
Parce que Graham avait été seul à l'époque, seul dans cet immense château vide et froid, prisonnier de la méchante reine et que personne ne l'avait jamais aidé.
Parce qu'elle n'avait pas pu le sauver.
Elle avait essayé pourtant, et si elle était parvenue à survivre à sa belle-mère, jamais elle n'avait réussi à secourir le chasseur, à l'arracher des griffes de la sorcière, et ça avait été l'un de ses plus grands regrets.
Maintenant il allait bien, il était sauf, mais ce n'était pas grâce à elle.
Et même si elle ne voyait rien de ce que Regina lui avait fait, elle le savait.
Pour lui avoir sauvé la vie autrefois, il avait forcément dû en souffrir.
La reine avait bien tué des gens qui ne lui avaient rien fait juste parce qu'ils avaient voulu protéger Blanche-Neige, alors comment avait-elle traité quelqu'un qui lui avait désobéi ?
Cette question hantait la princesse depuis qu'elle avait récupéré la mémoire.
« Graham ? L'interrogea-t-elle le lendemain, une fois la fête passée et alors que d'autres questions quant à leur avenir à tous commençaient déjà à se poser. Est-ce que je pourrais te parler ?
Il lui sourit, et elle se demanda depuis combien de temps exactement il faisait semblant, semblant que tout allait bien, semblant d'être heureux, depuis combien de temps au juste il portait un masque sur le visage.
Elle savait qu'il se souvenait de qui il était depuis plus longtemps qu'eux, avant que la malédiction ne soit brisée, et pourtant elle n'avait rien vu, elle n'avait vu aucun changement chez lui, alors même qu'il bataillait pour ne pas se perdre entre deux identités qui n'avaient rien à faire ensemble.
Elle se demanda comment il avait fait pour tenir sans s'écrouler.
- Oui bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ?
Ils n'étaient pas au commissariat ni même en ville, mais en forêt, comme durant leur première rencontre, et elle espérait que cet environnement familier et rassurant rendrait ce qu'elle avait à lui demander moins douloureux à évoquer.
Mais elle ne se faisait guère d'illusions non plus, elle savait déjà que cette conversation serait difficile, pour tous les deux.
- D'abord, je voudrais te dire merci. À nouveau.
La veille quand ils s'étaient retrouvés, elle l'avait remercié, encore et encore, le cœur débordant de gratitude, parce qu'il lui avait sauvé la vie, et que sans lui, rien de tout cela n'aurait été possible.
Et elle tenait à ce qu'il le sache, qu'il ne l'oublie jamais, parce que après tout ce qu'il avait perdu, tout ce qu'il avait sacrifié pour sa famille… il méritait bien ça.
Il se contenta de lui sourire, acceptant ses remerciements, et en un sens, ça lui brisa le cœur.
Elle voulait pleurer, lui demander pardon de ne pas avoir pu le sauver, d'avoir été tellement incapable de le protéger, et elle ne savait même pas exactement ce qu'il avait vécu, et ça la rongeait de l'intérieur.
Elle voulait le serrer dans ses bras et lui dire que tout irait bien, mais elle ne pouvait même pas être sure de ça, parce que qui lui disait que Rumplestiltskin allait se tenir tranquille, ou que Regina n'allait pas récupérer ses pouvoirs du jour au lendemain et décider de tous les tuer pour garder Henry pour elle toute seule ?
Ou même que Cora et Crochet ne trouveraient pas un moyen d'ouvrir un portail vers leur monde ?
C'était une possibilité qui pouvait raisonnablement arriver, et ils avaient déjà assez d'ennemis et d'ennuis comme ça, ils n'avaient pas besoin que d'autres se rajoutent.
Graham était son allié et son ami, et pourtant, encore une fois, elle n'était pas sure de parvenir à le protéger.
- Et aussi, ajouta-t-elle d'une voix tremblante, je voulais te poser une question.
En voyant son air sérieux et grave, il sut que ça devait forcément être important, avec probablement un lien avec la malédiction ou la ville ou tout autre chose.
- Je t'écoute.
Elle regarda la forêt autour d'eux, pour se donner du courage.
Oh comme les choses avaient changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés dans une situation similaire.
Eux aussi ils avaient changé.
- Qu'est-ce que Regina t'a fait ?
Elle le vit se figer et blêmir, alors que son visage se décomposait, et elle sut alors, elle sut que c'était bien pire que tout ce qu'elle avait jamais pu imaginer.
Elle ne voulait plus savoir soudainement, et pourtant elle savait qu'elle le devait.
Elle devait faire ça pour lui, alors elle essaya de ne pas flancher.
- Il faut que je sache, si jamais tu es d'accord pour en parler, mais je dois savoir, parce que je me souviens maintenant, et tu as été son prisonnier pendant si longtemps, et je ne sais pas ce qui t'es arrivé et ça me rend malade parce que… je me sens responsable.
- Ce n'est pas de ta faute, l'interrompit-il immédiatement, ça n'a jamais été ta faute, et ça ne le sera jamais, tu m'entends Mary… Blanche-Neige ?
Elle acquiesça.
- Je sais oui, mais… Elle sentit un sanglot monter dans sa gorge. Tu étais seul et moi je n'étais pas là, et je suis tellement désolée, et je… Je sais que ça va me faire mal, mais je dois savoir, alors s'il te plaît, dis-moi. Graham, qu'est-ce qu'elle t'a fait ?
Il rit alors.
Un rire douloureux et triste, qui lui brisa le cœur en mille morceaux.
- Par quoi est-ce que je commence au juste ? Demanda-t-il, une question qui n'attendait pas vraiment de réponse, et qui lui permettait uniquement de retarder l'inévitable.
- Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas.
Elle aurait voulu pouvoir remonter le temps et empêcher tout ça.
Mais puisqu'aux dernières nouvelles c'était impossible, elle essaya de réprimer son sanglot et les larmes qui commençaient à lui monter aux yeux pour l'écouter.
Et ce fut là qu'il parla, lâcha les mots, terribles, affreux, l'acre et douloureuse vérité, les mots qui tranchent et blessent la chair sans la moindre pitié.
- Elle m'a arraché le cœur.
Elle aurait dû s'y attendre.
Ça n'empêcha pas l'horreur et l'effroi d'envahir tout son être pour glacer tout son corps, parce que seigneur dieu, c'était si… cruel.
La princesse savait que son ancienne belle-mère arrachait des cœurs, elle le savait depuis des années, mais d'ordinaire, c'était pour tuer des gens, elle avait même tué son propre père pour lancer la malédiction, mais qu'elle l'ait fait pour le punir, le contrôler, ça lui faisait tellement mal.
A présent, elle savait la vérité, et l'aigreur de la bise n'était plus rien en comparaison de ce qu'elle ressentait au creux de son ventre.
Et le pire, c'était qu'elle savait qu'il n'y avait probablement pas que ça.
- Je suis désolée Graham. Je suis tellement désolée.
Elle se souvenait avoir failli tuer Regina autrefois, après avoir bu la potion du Ténébreux, lorsque son cœur s'assombrissait peu à peu et que la vengeance était la seule chose qui restait présente dans son esprit, et que Charmant en avait complètement disparu.
En rétrospective, elle aurait préféré aller jusqu'au bout, et maintenant qu'elle avait entendu ça, la perspective de son cœur se noircissant pour toujours après le meurtre de la souveraine lui semblait être un prix bien peu cher payé si cela avait permis de débarrasser le royaume de ce monstre.
(Serait-elle devenue une nouvelle Regina après ça ?
Est-ce que David, ou les nains, ou Scarlett, auraient été obligés de l'enfermer voire de la tuer pour l'empêcher de nuire à nouveau ?
Et surtout, ça aurait signifié qu'Emma n'aurait jamais existé.
Elle préféra ne pas penser à ça.)
- Et elle a… elle a… »
Il lui raconta tout.
Et Blanche-Neige sentit tout ce qu'elle avait pu ressentir de positif ou d'aimant envers Regina Mills peu à peu disparaître pour toujours.
Après tout ce qu'elle avait fait, comment pourrait-elle jamais la pardonner un jour ?
Elle avait essayé ces dernières semaines, elle avait vraiment essayé de devenir une meilleure personne, de changer, de rendre aux habitants de Storybrooke les vies qu'elle leur avait volées, mais elle ne l'avait fait qu'en étant au pied du mur, et surtout, trop tard, et ce n'était pas assez.
Ce n'était pas suffisant, et surtout, cela ne le serait sans doute probablement jamais, même si elle se repentait sincèrement et honnêtement pour ses crimes, jamais ce ne serait assez pour qu'elle accepte de la pardonner.
Pas alors que, pas alors qu'elle…
Blanche-Neige avait envie de vomir.
(Et aussi, ça voulait dire qu'il devait la côtoyer maintenant qu'elle était incarcérée, qu'il devait voir en permanence celle qui avait détruit sa vie et fait de lui son prisonnier.)
Elle avait soudainement envie de reprendre son arc pour aller au commissariat et ficher une flèche tout droit dans le cœur de la mairesse déchue.
Elle ne le ferait pas.
Parce qu'elle n'était pas une tueuse, elle n'était pas Regina.
Et pour Henry aussi.
Mais désormais, elle saurait, oh oui elle saurait, et surtout, elle n'oublierait pas.
Et elle veillerait, elle observerait attentivement, guettant le moindre faux pas venant de la méchante reine.
Et à ce moment-là, elle frapperait si besoin.
Il était hors de question qu'elle prenne le risque de la laisser à nouveau s'en prendre à sa famille.
Plus jamais.
Et si la lutte devait continuer, alors soit.
Elle serait là.
Toujours.
A suivre…
Chapter 51: L'annonce.
Notes:
Titre du 07/06/2021 : L'annonce
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Monet : Église de Vetheuil : Écrire une scène sous la neige ou sur un personnage croyant
116. « La vie n'est pas un conte de fée. »
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Il neigeait.
En fait, la neige tombait depuis déjà quelques heures, recouvrant la ville de Storybrooke de son manteau blanc, et ne semblant pas décidée à arrêter de le faire.
Mais là tout de suite, ce n'était pas vraiment la neige qui inquiétait David Nolan.
Non, c'était plutôt une autre question, un autre problème qui se posait depuis désormais quelques heures.
Celui de la frontière de la ville.
Maintenant que la malédiction avait été brisée, tout le monde pouvait sans le moindre problème quitter pour de bon la ville de Storybrooke pour aller absolument partout dans le monde.
Cela ne voulait pas nécessairement dire qu'ils devaient vraiment le faire ni même que c'était une bonne idée de le faire.
Du moins pas tout de suite.
Tant qu'ils ne seraient pas sûrs et certains que c'était sans danger.
Après tout, ils ne savaient pas ce qui allait se passer maintenant qu'ils étaient de nouveau reliés au monde sans magie, après en avoir été coupés pendant vingt-huit ans, surtout maintenant que la magie était à Storybrooke, est-ce que cette dernière allait peu à peu se répandre dans ce monde désormais ?
Le prince n'était pas sûr de vouloir connaître la réponse.
Il avait posé la question à Rumplestiltskin, et à Regina aussi après tout c'était sa ville, et sa malédiction, c'était elle qui avait lancé le sort (il n'avait pas réussi à la regarder en face, pas alors qu'il savait enfin qui elle était, ce qu'elle leur avait fait, il n'était pas certain de pouvoir le faire un jour), et il n'avait eu comme réponses que des hypothèses et aucune certitude.
Autrement dit, rien de vraiment rassurant.
Et à vrai dire, sans savoir pourquoi, et alors même qu'il n'y connaissait absolument rien ou presque en magie, David ne put empêcher un mauvais pressentiment de l'envahir.
Pressentiment qui se confirma quand l'un des sept nains revint de derrière la frontière avec la mémoire effacée… et en n'ayant conservé que les souvenirs faux et mensongers que la malédiction de Regina lui avait donnés.
Ils étaient donc encore prisonniers en fin de compte…
§§§§
Neal maudissait la petite taille de la ville de Storybrooke actuellement.
Quand il vivait encore à New York, les choses étaient différentes, déjà il était seul, et surtout il y avait alors peu de chance qu'en sortant de chez lui, il croise par pur hasard quelqu'un qu'il connaissait.
À Storybrooke, si.
Là encore, ça aurait pu passer, il connaissait à tout casser à peine plus de six personnes en ville, en ne comptant pas celles qu'il avait juste croisées la veille après son arrivée, à savoir la fée Bleue, son père, Belle, Emma, August et Henry.
Donc en fin de compte, les probabilités pour qu'il tombe sur une des ces six personnes (bon son père et Belle c'était un peu différent vu qu'il vivait chez ce dernier maintenant) étaient en théorie assez faibles parce que petite ville ou pas, Storybrooke était quant même assez peuplée pour que ce genre de chose puisse être évitée, non ?
Bordel.
Neal détestait aussi présentement les probabilités.
Parce que oui évidemment, il avait fallu qu'il tombe sur une des ces six personnes et qu'il s'agisse d'Emma, à savoir probablement la personne habitant cette ville qui avait le moins envie de le voir, pour des raisons tout à fait logiques.
Évidemment.
En croisant son regard, il se figea et elle en fit de même, chacun semblant interloqué de tomber sur l'autre, comme si ils avaient conjointement décidé d'oublier le fait qu'ils vivaient désormais dans la même ville et Neal se prit à regretter de n'être finalement pas resté chez son père pour le petit-déjeuner et d'avoir choisi d'aller au Granny's à la place.
Et en rétrospective, vu que l'endroit était l'un des seuls restaurants de la ville et le plus proche, ce n'était pas,si étonnant que ça qu'il la croise ici, dans ces circonstances, même si il se serait plutôt attendu à ce qu'elle reste chez elle.
D'un autre côté, elle avait sûrement dû penser la même chose le concernant.
Elle le regardait exactement de la même manière que la veille, avec un mélange de colère et de méfiance dans les yeux, comme si elle n'était pas sure de ce qu'il allait faire, comme si elle craignait encore qu'il la trahisse à nouveau, qu'il lui fasse du mal, comme si elle-même n'était pas vraiment sure de quelle attitude elle était censée avoir à son égard.
Il ne put empêcher la tristesse de l'envahir, se demandant si elle le regarderait jamais un jour à nouveau comme avant, peut-être pas avec de l'amour dans le regard, mais au moins avec de l'affection, en lui faisant confiance comme autrefois, quand il ne lui avait pas encore brisé le cœur en mille morceaux.
Il n'était sûr de rien mais en revanche, il savait une chose, c'était que si il souhaitait que les choses changent et s'apaisent entre eux, il allait devoir y mettre du sien.
Ça tombait bien, c'était pour ça qu'il était en ville, pour réparer les relations brisées dans le passé, comme avec son père et Emma, ou en nouer de nouvelles, comme avec Henry.
« Salut, parvint-il à dire finalement avant que le silence ne s'installe pour de bon entre eux et ne rende la situation vraiment bizarre, enfin plus qu'elle ne l'était déjà compte tenu du passif entre eux.
- Salut, lui répondit-elle en lui envoyant un sourire poli et crispé qui s'effaça quelques secondes plus tard, remplacé par une expression de gêne qui, Neal le savait, devait également se trouver sur son propre visage.
Ils se fixèrent à nouveau, ne trouvant rien d'autre à dire, et l'ancien enfant perdu se doutait bien que demander à la Sauveuse comment elle allait aurait été stupide, après ce qui s'était passé la veille et toutes les révélations qu'elle avait dû se prendre dans la tronche et dont il était en partie responsable.
- Tu… Enfin j'imagine que tu es là pour la même raison que moi.
- Ouais, se contenta-t-elle de répondre.
Nouveau silence.
Puis Emma soupira.
- Tu sais que ça risque de devenir très long et assez embarrassant pour nous deux si on reste plantés comme des plots devant la porte sans y entrer et j'essaie d'éviter les moments gênants en général.
Pour la première fois depuis le début de la conversation, Baelfire éclata de rire, elle fit de même, et la tension se dissipa un peu.
Il sourit.
- On ferait mieux de rentrer alors, proposa-t-il, et elle acquiesça.
- Ça me va oui, comme ça on va pouvoir manger, et… on peut discuter aussi, proposa-t-elle avec une certaine hésitation. Si tu veux.
Son sourire s'agrandit.
D'un seul coup, il avait le sentiment que, même si les choses ne seraient définitivement pas faciles entre eux dans le futur, au moins ils avançaient dans la bonne direction.
- J'aimerais bien ça oui. »
§§§§
« Je ne sais pas si je vais y arriver.
Ce n'était pas vraiment la meilleure des manières de débuter une conversation, et ça, Emma le savait bien, mais elle n'avait rien trouvé d'autre à dire qui ne soit pas une simple banalité, et de toute façon c'était ce qu'elle ressentait, alors autant qu'elle le dise.
Neal fronça les sourcils.
- De quoi tu parles ?
Oui, c'est vrai que dit comme ça, ça pouvait désigner tout et n'importe quoi parmi les trucs qu'elle ne se sentait pas encore capable de gérer, son statut de Sauveuse, son rôle de mère, le fait de découvrir qu'en fait elle avait des parents et qu'ils avaient le même âge qu'elle, ou de savoir qu'elle aurait pu avoir une vie tout à fait différente et qu'elle ne l'avait pas su pendant près de vingt-huit ans.
Mais non, ce n'était pas de ça qu'elle parlait.
- Toi, lâcha-t-elle avec une honnêteté qui lui fit presque peur tant elle avait pris l'habitude de se taire à son sujet durant ces dix dernières années, le fait que tu sois là, qu'on doive cohabiter dans la même ville, se croiser comme on l'a fait aujourd'hui, et il y a Henry aussi et je ne sais pas… si je peux le faire.
Il aurait dû s'y attendre, en fait, il s'y attendait depuis le jour où, dans la Forêt Enchantée, il avait fait son choix et décidé d'aller à Storybrooke afin de réparer ce qu'il avait autrefois brisé, il se doutait que sa simple présence causerait des problèmes à Emma pour des raisons à la fois évidentes et compréhensibles.
La vie n'était pas un conte de fées, ce n'était pas une surprise pour lui, et il savait bien, il avait toujours su qu'une simple discussion et quelques excuses ne seraient pas suffisantes pour qu'elle lui pardonne, si jamais elle parvenait à le faire.
- Qu'est-ce que je peux faire pour que ça change ?
- Rien je suppose, reconnut-elle, juste… Je tenais à te le dire, à ce que tu le saches, parce que maintenant, ce qu'on est supposés faire c'est être honnêtes l'un envers l'autre non ? Plus de mensonges.
Il acquiesça.
Elle avait raison, ça faisait mal, mais il savait qu'elle avait raison, et au moins elle acceptait de lui parler et il savait aussi que c'était bien plus que ce qu'il méritait après ce qu'il lui avait fait.
- D'accord. Ça me va. Qu'est-ce que tu fais au Granny's d'ailleurs ? Je me serais attendu à ce que tu préfères être avec tes parents, vu que vous venez tout juste de vous retrouver.
- Ils sont occupés ce matin, Mary-Margaret… je veux dire ma mère est partie discuter d'un truc avec Graham et David… mon père est avec les sept nains – et j'arrive pas à croire que je viens de dire cette phrase à voix haute, ajouta-t-elle, faisant rire son interlocuteur, tandis qu'elle-même souriait – pour examiner la frontière. Et de toute façon je préférais être seule pour petit-déjeuner, je… je suis pas encore habituée à tout ça. Je vais avoir besoin de temps pour m'y faire.
- Je comprends, moi aussi j'ai préféré m'esquiver et laisser Belle et mon père seuls… après deux cents ans de séparation j'ai un peu de mal à me faire à… tout ça.
Maintenant que le malaise avait été dissipé c'était presque facile de parler à Emma comme avant, après tout ils se comprenaient et se ressemblaient.
Ils continuèrent de discuter, Emma finissant par lui poser quelques questions sur sa vie à New York, auxquelles Neal répondit, et la blonde finit par comprendre qu'il avait abandonné sa vie là-bas sans la moindre hésitation, sans un seul regard en arrière.
Un peu comme elle quand elle avait quitté Boston en fait.
- Et toi ? Reprit-il à son tour. Ta vie, comment… comment c'était ? Qu'est-ce que tu as fait après… après ta sortie de prison ?
- J'ai voyagé. Un peu partout, sans jamais rester longtemps au même endroit. Je suis allée à Tallahassee, dit-elle soudainement, et ce fut comme si elle avait lâché une bombe.
Tallahassee.
Il n'avait jamais oublié, évidemment.
Comment aurait-il pu ?
C'était la première fois depuis que son père l'avait abandonné qu'il faisait à nouveau une promesse à quelqu'un.
(Sauf que cette fois-ci, c'était lui qui l'avait brisée cette promesse.)
- Ah. Et… c'était comment ?
Le sourire qu'Emma lui envoya n'était plus amusé désormais, mais triste et aussi un peu amer.
- Bien. Mais tu n'étais pas là.
Neal n'eut aucun mal à saisir les reproches sous-entendus dans cette phrase.
Tu n'étais pas là et j'étais seule avec mon cœur brisé, et c'était de ta faute parce que tu m'as envoyée en prison, parce que tu m'as sacrifiée et abandonnée parce que tu avais peur.
- Je suis désolé, répéta-t-il une nouvelle fois, et il ne savait pas exactement combien de fois au juste il devrait le lui dire avant qu'elle n'accepte ses excuses mais il le ferait tant qu'il aurait besoin de le faire. »
Au moins elle avait l'air de le croire maintenant.
C'était déjà mieux que rien.
Plus rien ne serait jamais comme avant, il le savait de manière définitive désormais, même si il avait été tenté un temps de repousser cette pensée au fond de son esprit, il ne pouvait plus le faire.
Hé bien soit.
Ça lui faisait mal, mais il ferait avec.
Du moment qu'ils pouvaient redevenir amis un jour, ça lui convenait.
A suivre…
Chapter 52: Je n'ai pas peur de vous.
Notes:
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects d'… Histoires d'Angie : Drama : Écrire un texte qui se termine mal ou sur un personnage qui vit une épreuve compliquée
44) 50 nuances de OUAT
6 défis fusionnés (horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Au final, la discussion ne s'était pas si mal passée que ça au vu des circonstances.
Certes, Emma était toujours en colère contre lui, mais une fois le malaise dissipé entre eux, la conversation avait suivi un cours normal, un peu comme autrefois, comme avant, quand ils étaient amis et qu'ils étaient tous les deux la seule personne en qui l'autre avait confiance.
Aussi, quand il sortit du restaurant, il était de plutôt bonne humeur.
Bien évidemment, ça n'allait pas durer.
Et ainsi, pour la deuxième fois de la journée, alors qu'il croisait la route d'August Booth, il maudit une nouvelle fois la petitesse de la ville dans laquelle il se trouvait.
Sauf que, alors que le pantin de bois se dirigeait vers lui, il réalisa quelques secondes plus tard que ça ne pouvait pas être un hasard.
Et en effet, peu après, l'ancien résident de la Forêt Enchantée lui adressa quelques mots.
« Est-ce que je pourrais te parler ?
Apparemment la politesse était en option aujourd'hui, mais Neal n'eut même pas envie de le relever ou de s'en agacer, tout ce qu'il voulait c'était que cette conversation s'achève le plus rapidement possible alors même qu'elle n'avait pas encore réellement commencé.
- Tu peux toujours, lui rétorqua-t-il d'un ton sec et ironique, mais ça ne signifie pas que je suis obligé de t'écouter ou même d'en avoir quoi que ce soit à foutre.
Après avoir prononcé ces mots, il regretta presque de les avoir dits alors qu'il examinait plus attentivement Pinocchio.
Ce dernier n'avait semble-t-il définitivement pas envie d'être là, tout comme lui, et il y avait quelque chose d'autre, dans l'expression de son visage, comme si…
Comme si il souffrait.
Puis il perçut le mouvement de sa main gauche qui se posait sur sa jambe en permanence, et il ne put s'empêcher de froncer les sourcils.
Qu'est-ce qu'il se passait exactement ?
Il pensa brièvement à sa transformation progressive en pantin de bois, mais ça ne pouvait pas être ça, pas vrai ?
La magie était revenue et la fée Bleue était là, alors tout devait aller bien, non ?
- J'ai besoin de ton aide, lâcha immédiatement Pinocchio sans tenir compte de ce qu'il venait de lui dire.
Neal ne put s'en empêcher, il éclata instantanément de rire.
Lui, il venait lui demander de l'aide ?
Alors ça c'était vraiment la meilleure.
L'expression du visage du fils de Geppetto ne changea pas et Neal cessa finalement de rire.
- Putain. En plus de ça t'es sérieux en fait. Bon, c'est à quel sujet ?
August le regarda alors comme si il était un parfait idiot.
- C'est au sujet de ma jambe, quoi d'autre ?
Il fronça à nouveau les sourcils.
- Ta jambe ? Comment ça, je comprends pas.
- Je suis en train de me transformer en bois et ça n'a pas l'air de vouloir s'arrêter.
Un air de confusion totale apparut sur le visage de Baelfire.
- Mais attends… la magie est revenue et la fée Bleue a bien récupéré la mémoire non ? Alors je pensais que c'était réglé, ou sur le point de l'être. Et je sais que t'as merdé mais quant même, la connaissant, elle ne serait pas du genre à refuser de t'aider pour cette raison.
Il grimaça.
- Je suis déjà allé la voir, et je lui ai demandé si elle pouvait faire quelque chose pour moi. Elle m'a dit que sa magie ne pouvait rien faire pour moi.
Quoi ?
Neal ouvrit la bouche puis la referma sans rien dire, interloqué.
- Mais… mais c'est absurde ! S'exclama-t-il peu après. Enfin, elle… elle t'a littéralement donné la vie. C'est sa magie qui t'a créé, alors comment… comment est-ce qu'elle peut être incapable de faire quoi que ce soit ?
Ça n'avait absolument aucun sens.
Et il avait beau ne pas porter l'auteur dans son cœur, même si une partie de lui lui souhaitait de souffrir, il savait bien, objectivement, que son châtiment était absolument abominable et qu'il ne méritait aucunement ce qui était en train de lui arriver.
- Sa magie n'est pas assez puissante pour ça. Je ne sais pas si c'est parce qu'on est dans le monde sans magie ou pour une autre raison, mais… elle ne peut pas. C'est pour ça que je suis venu te voir.
Pourquoi lui au juste ?
Il n'y connaissait rien en magie, il détestait ça purement et simplement, il…
Oh.
La connexion se fit finalement dans son esprit, et il réalisa soudainement pourquoi il était venu le voir.
Son père était un sorcier immortel et l'un des plus puissants qui soit.
- Tu veux que je demande à mon père de régler ton problème de transformation progressive en pantin de bois, déduisit-il alors.
- Oui.
- Et tu préfères m'en parler à moi plutôt qu'à lui.
- Il voudra que je passe un marché avec lui et je préférerais éviter. »
Neal le comprenait étrangement.
Il acquiesça.
Il aurait pu dire non.
Il avait toutes les raisons de le faire, déjà parce qu'il ne lui devait absolument rien, ensuite parce qu'il lui en voulait encore, et enfin parce que ça aurait été l'occasion parfaite de le faire payer pour ce qu'il s'était passé dix ans plus tôt.
Après tout, si il était condamné à redevenir une marionnette parlante à défaut d'inerte (encore que, comment savoir ce qui arriverait une fois la transformation achevée ? Après tout ils étaient dans le monde sans magie, pas dans la Forêt Enchantée, la magie marchait probablement différemment ici), c'était bien par sa propre faute et à cause de ses actes, non ?
Alors il pouvait bien le faire payer pour ça, se venger de cette manière, ce ne serait que justice, pour lui mais surtout pour Emma.
Une part de lui-même, la plus sombre bien sûr, avait envie de le faire, de le laisser comme ça, dans cette situation de détresse et de désespoir, de le laisser se noyer dans la culpabilité, jusqu'à ce qu'elle l'étouffe et qu'il ne puisse plus respirer, probablement même au sens littéral.
C'était tentant de le faire, vraiment, et ça aurait été facile aussi, oh, si facile de le faire, un simple non, et c'était terminé, et savoir qu'il possédait ce pouvoir était à la fois grisant et terrifiant, et il était presque prêt à le faire, mais…
Mais…
Comment pouvait-il demander à son père de devenir un homme meilleur, un homme bon, si il n'en faisait pas de même ?
Et de toute façon, Pinocchio n'était pas le seul qui avait des choses à se reprocher dans cette histoire, et puis, si il voulait qu'Emma lui pardonne un jour, il devait apprendre à faire de même, apprendre à pardonner.
Même si ça devait impliquer d'aider un type qu'il ne pouvait pas voir en peinture.
Après plusieurs minutes de silence, il finit par soupirer.
« C'est d'accord, je vais lui parler. Et puis, comme ça, ça lui donnera l'occasion de me prouver qu'il essaie vraiment de changer.
August ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir de soulagement.
- Merci. Et Neal… je sais que tu n'as pas voulu l'entendre hier, mais… je suis désolé pour ce qui s'est passé. Vraiment.
Neal lui envoya un sourire à la fois triste et ironique.
- Il est un peu trop tard pour ça, lâcha-t-il avant de partir. »
§§§§
Regina n'était vraiment pas surprise de voir débarquer Graham dans le commissariat.
Déjà parce que aux dernières nouvelles, il en était toujours le shérif, et surtout parce que, maintenant que la malédiction était brisée et qu'il se souvenait définitivement de tout, la confrontation entre elle et lui était de toute évidence inévitable.
Et en ce début d'après-midi, le commissariat était à l'heure actuelle complètement vide, aussi il n'y aurait personne à part eux pour assister à leur entrevue.
Et soudainement, alors que le regard blessé et accusateur du shérif se posait sur elle, elle comprit pour de bon que peu importe tous ses efforts pour devenir une meilleure personne, ça ne changerait dans le fond jamais rien.
Il y avait des choses qu'elle ne pourrait jamais se faire pardonner.
« Est-ce que tu sais ce que ça fait de se faire arracher le cœur ? Lui lança-t-il sans préambule, les bras croisés contre sa poitrine, comme si, alors même qu'il se trouvait à plusieurs mètres d'elle, qu'elle était enfermée et qu'elle n'avait plus sa magie, il craignait qu'elle ne le refasse à nouveau.
Elle n'essaya même pas de le rassurer en lui disant que ce n'était plus son intention, et ce même si elle avait eu à nouveau ses pouvoirs, parce que quelle raison avait-il de lui faire confiance au juste ?
Aucune, évidemment, et ils le savaient bien tous les deux.
- Non, lui répondit-elle avec honnêteté. Je ne le sais pas. »
Sa mère avait été cruelle avec elle, et Rumplestiltskin aussi, mais jamais ils ne lui avaient fait subir ça.
Sans compter qu'elle avait déjà arraché le cœur d'autres personnes, mais le sien, jamais.
(Ça devait sûrement être différent d'ailleurs parce que cette fois ce n'était pas le fait de quelqu'un d'autre, ce n'était pas une intrusion non désirée venant d'une autre personne, non, c'était un choix conscient et délibéré et pas une perte de contrôle.)
Alors non, contrairement à lui, elle ne savait pas ce que ça faisait, mais elle se souvenait de l'expression de son visage à l'époque, du désespoir et de la douleur, l'horreur à la simple idée de ne plus rien ressentir et de se faire contrôler, et elle se rappelait aussi de sa mère utilisant sa magie sur elle, alors elle avait une petite idée de ce qu'il devait éprouver.
La souffrance, elle connaissait, oui, mais pas ce type de souffrance, ce creux, ce vide dans la poitrine en permanence, ce sentiment de n'être plus rien à part un pantin dont on pouvait manipuler les fils à sa guise sans qu'il puisse y faire quoi que soit.
Elle aussi elle avait été prisonnière dans une cage (une cage dorée certes, mais ça restait toujours une cage), mais elle avait toujours eu un semblant de contrôle sur sa vie, même à l'époque où elle était encore mariée au roi.
Pas Graham.
Et c'était entièrement de sa faute.
Et si il n'y avait eu que ça…
« Je ne le savais pas, tu sais, enchaîna-t-il, avant que… avant que mes souvenirs ne me reviennent, petit à petit, que je ne sache qui j'étais réellement, le chasseur, je… Enfin je me doutais que quelque chose clochait, mais jamais je n'aurais imaginé ça.
- Graham, je…
Il ne la laissa pas terminer.
- J'aurais une question à te poser Regina. Est-ce que… durant la malédiction, est-ce que tu t'es servi de mon cœur ? L'as-tu utilisé pour me contrôler ?
- Oui, une fois. Au tout début, avant que je n'installe la frontière entre Storybrooke et le reste du monde, quand Kurt Flynn et son fils Owen sont venus ici.
Son regard se voila.
- Je me souviens de ça. Je crois. Tu l'as tué, pas vrai ?
Regina acquiesça.
Une autre famille qu'elle avait brisée en mille morceaux.
- Ça ne devrait pas me surprendre, dit-il avec amertume. Il n'y a pas eu d'autre fois ? Reprit-il.
- Non. Pas directement en tout cas, mais comme la malédiction obéissait d'elle-même à mes volontés et que ça concernait aussi presque tous les habitants je n'ai jamais eu à le faire après. Pas une seule fois.
Graham la regarda droit dans les yeux, cherchant la moindre trace de mensonge dans ces derniers, sembla ne pas en trouver et hocha la tête.
C'était vrai d'ailleurs.
Elle ne mentait pas.
- Alors quand… quand on couchait ensemble, qu'on était amants, si tant est que le terme soit réellement bien choisi au vu de la situation, lui dit-il avec froideur, tu n'as jamais… Est-ce que tu as déjà utilisé mon cœur pour ça ?
- Non. Parce que je n'en ai pas eu besoin. Parce que tu ne savais pas qu'en réalité tu n'avais pas le choix alors que tu pensais l'avoir.
Elle aurait été hypocrite si elle avait prétendu le contraire, si elle avait osé affirmé qu'il avait le choix, parce que si il n'avait pas oublié, si il s'était souvenu de la vérité, jamais il n'aurait accepté de passer une seule nuit dans son lit.
Malgré tout c'était différent de ce qu'il se passait dans la Forêt Enchantée.
Là-bas, il savait que son consentement lui avait été volé, qu'il était pieds et poings liés, alors qu'à Storybrooke il avait cru avoir le choix, et en un sens il l'avait, parce que si il lui avait dit non elle l'aurait accepté, mais puisque la malédiction lui avait tout pris, et qu'il croyait que ce qu'ils avaient ensemble était normal, il aurait été incapable de le faire.
Dieux, cette situation était si tordue et malsaine que Regina sentit la nausée l'envahir.
Et c'était elle la principale responsable.
- Ça ne change rien au fait que ce n'était pas ce que je voulais, que tu le savais et que ça ne t'a pas empêché de ne pas en tenir compte, l'accusa-t-il.
- Oui. Je sais. Et je suis désolée.
- Vingt-huit ans bordel ! Rugit-il soudainement.
Elle sursauta et recula en voyant la colère brûler dans ses yeux.
À nouveau, elle se demanda si à un moment, une de ses victimes allait décider qu'elle préférait la vengeance à la justice et allait choisir de l'exécuter dans sa cellule, ici et maintenant, froidement et sans la moindre hésitation.
C'était probablement tout ce qu'elle méritait après tout.
- Tu… tu as décidé de faire durer ça pendant vingt-huit ans, tu aurais pu arrêter bien avant, mais non, il a fallu que tu… Tu as fini par arrêter, c'est vrai, et tu m'as rendu mon cœur, mais ça n'efface pas tout le reste. Et même en admettant que je ne tienne pas compte de ces vingt-huit années, et crois-moi j'ai du mal à le faire, il y a l'avant. Quand, dans la Forêt Enchantée tu as fait de moi ton prisonnier, ton esclave, que tu m'as arraché le cœur simplement pour avoir sauvé la vie d'une innocente. Et tu… Regina tu m'as violé merde !
Elle le savait.
Bien sûr qu'elle le savait.
Elle le savait déjà à l'époque où elle était la méchante reine vivant dans un somptueux palais et essayant de toutes ses forces de tuer sa belle-fille, elle l'avait toujours su et n'en avait rien eu à faire à l'époque parce qu'elle voulait uniquement le punir, et se venger sur quelqu'un, n'importe qui et déverser toute sa haine, sa colère et sa rage sur quelqu'un et qu'il était là.
Et puis il y avait eu Storybrooke, et par moments la culpabilité avait commencé à l'envahir, et elle l'avait repoussée loin, le plus loin possible, et si Graham n'était pas devenu son petit-ami dans ce monde, c'était bien parce qu'ils se voyaient peu finalement, même si ça ne changeait rien à ce qu'elle avait fait.
Puis Henry avait commencé à l'accuser, et la culpabilité était revenue, plus forte que jamais, et maintenant que tout le monde se souvenait, elle commençait lentement à l'étouffer.
Ça aussi elle le méritait.
- Je voulais me venger. Et ce que j'ai fait… je suis sincèrement désolée. C'est impardonnable.
Il savait qu'elle était désolée, mais ce n'était pas suffisant.
Il doutait que ça le soit jamais.
- Je crois que je suis en train de tomber amoureux, lâcha-t-il soudainement, formulant enfin à voix haute une pensée qui était peu à peu en train de se former dans son esprit depuis quelques jours, et vraiment n'était-ce pas si ironique que ce soit à elle qu'il parle de ça en premier ? Mais le problème c'est toi. Parce que je suis incapable d'arrêter de penser à toi quand je suis avec lui.
Dans d'autres circonstances, ça aurait pu être touchant comme aveu, ou même romantique, mais ça ne l'était pas.
- Je revois ce que tu m'as fait, je me souviens, je me souviens de tout, je me souviens de la douleur, de la peur, et j'ai peur. Peur que ça recommence, ce qui est idiot parce que je sais qu'il ne me ferait jamais ça, et que même si ça arrivait, je peux me défendre maintenant, mais… Je sais pas comment faire pour ne plus être affecté parce que ce que tu m'as fait. Et je ne sais pas si j'y arriverai un jour.
Regina se souvint alors de la journée précédente, de la proximité entre le shérif et le nouveau venu en ville, de leur complicité apparente qu'elle avait déjà remarqué auparavant sans vraiment y faire attention, et soudainement, elle sut de qui il parlait.
- C'est August Booth c'est ça ?
Il acquiesça.
- Tu pourrais demander à oublier. Je suis sure que Rumplestiltskin pourrait te faire une potion d'oubli efficace.
Il secoua la tête.
- Non. Je ne veux pas revivre la même situation que durant la malédiction. Et de toute façon, ce genre de traumatisme, ça revient toujours à la surface. Et je veux qu'au moins une personne se souvienne de ce que tu as fait.
- Est-ce que tu vas me tuer Graham ?
Il sursauta, ne s'attendant probablement pas à cette question.
- Non. Je ne vais pas te tuer. Je ne suis pas un tueur, je ne suis pas… toi.
- Et les autres habitants ?
- Tout le monde te déteste et beaucoup souhaitent te voir morte. Tu auras un procès de toute évidence, et à ce moment-là… nous aviserons concernant ton sort.
Elle hocha la tête.
- Je vois. »
Son avenir ne s'annonçait pas brillant.
Mais ce n'était pas vraiment comme si elle s'attendait à autre chose.
§§§§
Le soir-même, Regina reçut une autre visiteuse.
Là aussi elle ne fut pas vraiment étonnée, mais elle ne put empêcher un mélange de haine, de tristesse, et de colère, de honte et de culpabilité de l'envahir alors qu'elle découvrait son identité.
Parce qu'il s'agissait de Blanche-Neige.
Apparemment elle aussi elle était venue régler ses comptes avec son ancienne belle-mère…
A suivre…
Chapter 53: Une nuit sans fin.
Notes:
Titre du 16/08/2021 : Une nuit sans fin
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects des… Péchés capitaux : Colère : Écrire sur une dispute ou sur une personnage usant la violence physique
180. « C'était vous. »
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
La première question de son ancienne belle-fille prit Regina par surprise.
« Est-ce que tu te souviens du jour où je t'ai sauvé la vie ?
Ce n'était pas seulement la question en elle-même qui était surprenante, il y avait le reste aussi, la façon dont l'ancienne institutrice lui parlait désormais, elle la tutoyait, là où elle l'aurait vouvoyée autrefois, en l'appelant madame Mills ou madame la mairesse.
Sans oublier le fait qu'elle la regardait droit dans les yeux, appuyée contre le mur et les bras croisés, sans la moindre peur, juste de la détermination ainsi que de la colère qui lui aurait presque fait peur si elle n'avait pas été la méchante reine.
Disparue, envolée la timide et impressionnable enseignante qu'elle pouvait terroriser en seulement quelques mots, Mary-Margaret Blanchard n'était définitivement plus.
Et Blanche-Neige l'avait remplacée.
Une preuve de plus qu'elle avait définitivement perdu.
La brune prit quelques secondes pour réfléchir à cette phrase, et en conclut rapidement qu'elle n'en avait aucune idée.
- Lequel précisément ?
C'était arrivé au moins deux fois pour ce qu'elle s'en rappelait, lorsque la princesse l'avait sauvée de ses propres soldats, et lorsque devenue reine elle avait décidé de ne pas l'exécuter alors que c'était ce que tout le monde voulait qu'elle fasse.
Peut-être aurait-elle dû la tuer ce jour-là, les choses auraient été bien différentes alors.
- Celui où je ne savais pas que c'était toi.
Oh…
Oui, celui-là.
Le jour où Rumplestiltskin avait utilisé la magie pour changer son apparence et où, privée de ses pouvoirs elle avait dû se reposer sur Blanche-Neige pour pouvoir survivre, où elle avait pu voir de ses yeux à quel point elle était haïe de tous.
Où elle avait cru pendant un infime moment que peut-être elle pourrait se réconcilier avec elle avant que l'horreur de ses crimes ne gâche tout encore une fois, parce que c'était bien ce qu'elle faisait, non ?
Elle détruisait tout ce qu'elle touchait.
- Je croyais vraiment à l'époque que tu pouvais te racheter, qu'il était encore possible pour toi de… de redevenir quelqu'un de bien. Qu'il n'était pas trop tard. Elle éclata d'un rire qui ressemblait plus à un sanglot qu'autre chose. J'étais une pauvre idiote naïve, pas vrai ? Tu as dû bien rire intérieurement en m'entendant raconter tout ça.
- Non, protesta immédiatement Regina, non pas pour se défendre mais parce que c'était la pure vérité. »
Elle se dit alors soudainement qu'elle n'avait pas pu se défendre à l'époque, qu'elle n'en avait pas eu le temps, et que plus tard la haine avait finalement terminé d'empoisonner son cœur au point où elle n'avait plus jugé nécessaire ou même important de le faire.
Ça n'aurait rien changé, ça n'aurait rien excusé, mais elle aurait juste voulu pouvoir lui dire…
Moi aussi j'étais sincère.
Elle aussi elle avait voulu ça, elle aussi elle avait voulu qu'elles reforment une famille, oublier sa haine et sa douleur, tout recommencer à zéro.
Mais elle avait déjà trop de sang sur les mains alors pour que ça puisse être réellement possible.
« Non, répéta-t-elle, au début… Au début je voulais… Je voulais te tuer, admit-elle, et il n'y avait aucune surprise ou horreur dans les yeux de Blanche, et dieux, quand donc s'était-elle habituée à ce que sa belle-mère soit un monstre ? Se demanda soudainement Regina.
Tu l'as emprisonnée et privée de ses souvenirs pendant vingt-huit ans, évidemment que c'est toi le monstre, lui souffla sa conscience.
C'était toi le monstre, et ça a toujours été toi.
C'est toujours toi d'ailleurs, et tout ce que tu feras jamais n'y changera rien.
- Mais tu m'as sauvé la vie, tu as pris soin de moi, et je… quand tu m'as parlé de pardon et de rédemption, je me suis surprise à me dire, oui j'aimerais bien ça. Que tu te battes pour moi malgré ce que j'avais fait, que tu me sauves. Je t'ai menti sur qui j'étais, sur mes intentions, mais… mais pas sur ça. Je te le promets. Il était sûrement déjà trop tard, même à l'époque. Peut-être qu'il a toujours été trop tard pour moi, dit-elle avec tristesse.
Avant qu'elle ne bascule, qu'elle ne tue Léopold puis qu'elle ne lance le chasseur à la poursuite de la princesse, là, elle aurait sûrement pu être sauvée, mais maintenant ?
Elle en doutait, et surtout, elle doutait que qui que ce soit veuille le faire, hormis peut-être Henry.
Blanche-Neige hocha la tête, des larmes dans les yeux.
- J'aimerais croire le contraire, croire que tu peux être sauvée, mais… je pense que je n'y crois plus.
Qu'un infime part d'elle y croit encore après tout ce qui s'était passé, tout ce qu'elle lui avait fait subir, était déjà miraculeux.
- Blanche-Neige, je… je suis désolée.
Elle était sincère, malgré toute la haine qui emplissait encore son cœur.
Elle était sincèrement désolée.
La fille de Léopold s'essuya les yeux.
- Je sais ce que tu as fait à Graham.
Regina se figea, interdite.
Oh.
Ça aussi elle aurait dû s'y attendre.
- C'est l'une des nombreuses raisons pour lesquelles je refuse de te faire confiance. Peut-être que tu es sincère, peut-être que grâce à Henry et à sa disparition tu veux réellement changer, mais… ça ne change rien à ce que tu as fait, ce que tu nous as fait, ce que tu as fait à ma famille, à David, Emma et à moi, à tous les autres, et à ce que tu peux faire encore. Je tenais juste à ce que tu le saches.
Regina acquiesça.
- Je comprends. »
Étaient-ce des regrets dans les yeux de son ennemie ?
Regina n'arrivait pas à voir autre chose, même si une part d'elle-même aurait préféré y voir de l'espoir, comme autrefois, quand tout n'était pas encore perdu.
(Mais elle avait tué l'espoir, comme tout le reste.)
« Au revoir Regina, j'espère… j'espère que tu es vraiment sincère. »
Puis elle sortit de la pièce et Regina s'autorisa enfin à s'écrouler.
Si elle avait pu remonter le temps et tout changer, elle l'aurait fait.
Cependant, elle n'eut pas le temps d'y penser plus longtemps qu'une voix résonna à nouveau dans le silence du commissariat de Storybrooke.
« Hé bien ma fille, je dois t'avouer que je ne m'attendais pas à une telle déchéance de ta part. »
La prisonnière sursauta, sentant un frisson glacial envahir tout son être alors qu'elle entendait cette voix qu'elle aurait cru ne jamais avoir à entendre à nouveau de toute sa vie.
Elle se leva, blême, et elle savait que ça risquait d'arriver, elle n'avait seulement jamais cru que ça se produirait pour de vrai.
« Mère ? S'exclama-t-elle stupéfaite.
Sortant de l'ombre, Cora lui sourit.
- Bonjour Regina. »
§§§§
C'était un cauchemar.
C'était l'histoire qui se répétait encore une fois, comme des décennies plus tôt, quand sa mère les avait surpris elle et Daniel dans les écuries alors qu'ils allaient s'enfuir et qu'elle se croyait hors de danger, à deux doigts de la liberté.
Mais c'était sans compter sur sa mère, bien décidée une fois de plus à détruire sa vie.
À la différence que cette fois-ci, elle était bel et bien prisonnière, enfermée dans une cage et entourée par des barreaux, incapable une nouvelle fois de s'échapper de sa prison, une prison dans laquelle elle était entrée de son plein gré.
Peut-être était-ce en cela qu'elle différait de la cellule dans laquelle sa mère l'avait jetée pieds et poings liés, la dernière fois, elle n'avait pas eu le choix.
(Elle ne l'avait pas plus maintenant, mais elle avait choisi le moins pire des deux, celui qui lui permettrait peut-être de devenir un jour une meilleure personne.)
Se reprenant une fois le choc passé, elle déclara d'une voix glaciale et qu'elle espérait royale et pleine de dédain :
« J'imagine que j'aurais dû m'y attendre.
Elle n'était plus une petite fille effrayée désormais, ni une adolescente facilement manipulable que sa mère pouvait utiliser à sa guise, elle n'était plus un pion, et elle ne le serait plus jamais.
Elle était Regina Mills, elle était la méchante reine, elle était la mairesse de cette ville, et sa mère lui avait posé de force cette couronne sur sa tête alors autant que ça lui serve un tant soit peu à quelque chose.
Il était hors de question qu'elle ait à nouveau peur d'elle, ou du moins, il ne fallait pas qu'elle le lui montre.
- Et moi qui espérais te faire une surprise, déclara Cora avec le sourire aux lèvres, d'une voix qui aurait pu sembler aimante pour n'importe qui ne la connaissant pas.
Mais Regina savait qui elle était, elle ne connaissait que trop bien toute la noirceur et les ténèbres nichées en elle, celles qui se trouvaient dans son propre cœur et qu'elle voyait dans ses yeux à chaque fois qu'elle se regardait dans le miroir.
Elle avait fait de nombreuses erreurs au cours de sa vie, mais la pire d'entre elles était sans conteste sa décision de faire payer Blanche-Neige pour le crime commis par la reine de cœur.
L'amertume l'envahit alors qu'elle constatait que celle qui avait tué son fiancé était toujours vivante, alors même qu'elle était persuadée encore peu de temps auparavant de l'avoir vue morte.
- Je suis heureuse de m'y être attendue, parce que dans le cas contraire la surprise aurait été encore plus désagréable.
- Voyons Regina, ce n'est pas là une façon d'accueillir ta mère.
Regina faillit éclater d'un rire sinistre en entendant cela.
Pour qui se prenait-elle par les dieux ?
Comment osait-elle ?
- Vous… Vous plaisantez j'espère !
Comment avait-elle jamais pu avoir de l'affection pour cette femme, comment avait-elle pu la laisser la manipuler à l'époque, comment avait-elle pu se laisser avoir par sa mère, par ce monstre ?
(Comment avait-elle pu la laisser la faire détester une gamine de dix ans alors qu'elle-même avait été manipulée aussi aisément par elle ?)
Elle avait déjà vu son vrai visage à l'époque, mais maintenant, ce dernier lui apparaissait encore plus clairement, maintenant qu'elle avait admit qu'elle était elle-même un monstre et qu'elle voulait changer.
Et la sentence qui en résultait était irrévocable.
Tout l'amour qu'elle avait jamais pu ressentir pour elle s'était pour de bon envolé.
- J'aurais préféré que ce soit vous, enchaîna-t-elle immédiatement, et Cora haussa un sourcil surpris. Quand j'ai jeté le Sort Noir, j'aurais voulu que ce soit votre cœur qui doive être écrasé, j'aurai aimé que ce soit vous la chose que j'aime le plus au monde. Mais… après ce vous avez fait à Daniel, comment aurais-je pu continuer de vous aimer comme avant ? De vous aimer autant que j'aimais papa ? C'était impossible.
- Je l'ai fait pour ton bien ma chérie.
La gorge de Regina se noua.
Toujours les mêmes excuses qui revenaient encore et encore.
- Pour mon bien. Bien sûr. Pour le votre vous voulez dire.
Toute sa vie, elle n'avait été rien de plus qu'une marionnette que sa mère croyait pouvoir utiliser et manipuler comme elle le voulait, sans jamais lui laisser le choix, sans jamais se demander ce qu'elle pouvait bien vouloir.
Et si Rumplestiltskin avait fait la même chose lui aussi, au moins, il l'avait fait dans le but de retrouver son fils perdu, et maintenant qu'elle était mère, qu'elle avait été dans la même situation que lui, elle pouvait comprendre ce genre de motivation.
Sa mère, elle, n'avait toujours agi que pour le pouvoir, et ça lui donnait envie de vomir.
- Je pensais que tu aurais fini par comprendre que je n'ai toujours agi que dans ton intérêt Regina.
La jeune femme serra les poings.
- Si je pouvais le faire, je vous tuerais sur le champ.
- Oh nous n'avons pas fait tout ce chemin jusqu'ici pour que je me fasse tuer par toi, c'est une évidence.
Regina fronça les sourcils.
- Nous ? Puis elle comprit. Oh. Crochet je suppose.
Cora sourit.
- Lui-même.
- Dites-moi mère, que lui avez-vous promis pour qu'il accepte de vous suivre ? Pour qu'il ne vous tue pas ?
- Je lui ai dit la vérité tout simplement, toutes ces choses que tu lui cachais.
Elle devait l'admettre, elle avait raison à ce sujet.
D'elles deux, sa mère n'était pas la seule à être une menteuse.
- Et puis, il a essayé tu sais… de me tuer. Mais c'est difficile d'arracher le cœur de quelqu'un quand ce dernier n'est pas à sa place. »
Regina ne mit que quelques secondes à comprendre, et l'électrochoc qui la traversa lui fit l'effet d'une gifle en plein visage.
Et soudain, en un instant, pour elle, tout s'éclaira.
Sa mère vivait sans cœur depuis des années, et cette froideur, cette intransigeance, cette cruauté, ce sentiment que jamais elle ne l'avait aimée, qu'elle ne pourrait jamais être suffisante pour elle…
Tout s'expliquait.
Et, l'espace de quelques fugitives secondes, elle se demanda ce qui se passerait si elle remettait le cœur de sa mère à sa place, si ça pourrait changer quoi que ce soit.
Puis elle réalisa rapidement que non, que sa mère ferait le choix de se l'enlever à nouveau si elle le pouvait la connaissant, et que de toute façon, ça n'effacerait rien de ce qu'elle avait fait.
« Vous vous être arraché le cœur vous-même, volontairement… Quand ?
- Peu de temps avant mon mariage avec ton père.
Alors ce n'était pas de sa faute si elle n'avait jamais pu l'aimer…
- Pourquoi ?
- Parce que l'amour est une faiblesse. »
Pourquoi n'était-elle même pas surprise de cette réponse ?
Regina regarda l'heure indiquée sur l'horloge et soupira.
Ça allait être une très longue nuit.
A suivre…
Chapter 54: La magie ne fait pas des belles choses.
Notes:
Titre du 13/12/2021 : La magie ne fait pas des belles choses
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Jane Villanueva (JTV) : Triangle amoureux : Écrire sur un personnage qui hésite entre deux choix ou sur un trouple
26. « Je fais ce que je veux ! »
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
C'était ironique, non ?
Autrefois, elle avait voulu apprendre la magie pour être libre, et aujourd'hui, elle constatait que c'était la magie qui en fin de compte lui avait volé sa mère.
(Elle comprenait pourquoi le fils de Rumplestiltskin détestait tellement la magie désormais.)
La magie mais aussi le pouvoir, l'ambition de sa mère, et ses propres choix qui l'avaient amenée à choisir la couronne à tout prix en sacrifiant tout le reste sur l'autel de ses intérêts égoïstes.
Quand il s'agissait pour elle de se sortir de la misère, de ne plus être aux yeux du monde la fille du meunier, d'assurer sa subsistance et celle de sa famille, elle pouvait comprendre alors son besoin d'être dure et impitoyable, d'être forte à n'importe quel prix.
Mais après ?
Une fois devenue princesse, une fois son but atteint et son ambition satisfaite, elle aurait pu le remettre à sa place, redevenir celle qu'elle était avant, toujours aussi ambitieuse mais avec un cœur battant à nouveau dans sa poitrine et ressentant des sentiments comme n'importe qui d'autre à sa place.
Elle aurait pu faire le choix de redevenir humaine.
Ça ne s'était pas passé ainsi, et elle le regrettait parce que si Cora avait fait des choix différents, peut-être que…
Ou peut-être pas.
Peut-être que ça n'aurait rien changé, que cette ombre grimaçante tapie dans l'ombre qu'était le Ténébreux aurait tout fait pour manipuler leurs destins et les amener là où il voulait qu'elles soient, mais malgré tout…
Elle aurait voulu que sa mère fasse des choix différents, qu'elle soit une meilleure personne.
(C'était ce que Henry voulait pour elle, et elle était bien décidée à tout faire pour y parvenir.)
L'amour est une faiblesse.
En un sens c'était vrai.
C'était son amour pour sa mère qui l'avait aveuglée autrefois, qui l'avait empêchée de voir la vérité en face alors qu'elle la connaissait parfaitement, qui l'avait poussée à haïr une enfant innocente.
Aujourd'hui, le voile qui recouvrait ses yeux s'était déchiré pour de bon, et maintenant elle savait.
Jamais plus elle ne la laisserait la manipuler sans rien faire.
« C'est votre seule réponse ? Lança-t-elle à sa mère. Parce que l'amour est une faiblesse ?
J'avais besoin d'amour, voulut-elle lui hurler, j'avais besoin d'une mère aimante, j'avais besoin de toi, et tu n'étais pas là.
Mais elle ravala ses hurlements, encore une fois, parce que c'était comme ça qu'elle avait été élevée, parce que sa mère lui avait appris à se taire, et qu'elle n'était pas sure d'avoir assez de courage pour pouvoir lui tenir tête.
- C'est la vérité, se contenta de lui répondre sa mère.
- J'aime mon fils, riposta-t-elle, et ça ne me rend pas faible pour autant.
Cora regarda les barreaux autour d'elle avec un sourire ironique.
- Serais-tu enfermée dans cette cellule si c'était réellement le cas ?
Regina encaissa la pique sans broncher.
Elle faillit se mettre à sourire.
Sa mère avait tellement tort.
La faiblesse, ce n'était pas s'être laissée enfermer, non, être faible, ça aurait été redevenir celle qu'elle était autrefois au lieu de se battre pour devenir une meilleure personne, ça aurait été choisir la voie de la facilité, là où elle avait choisi le chemin le plus long, le plus difficile et surtout le plus douloureux aussi.
Là où Cora voyait de la faiblesse, Regina, elle, voyait de la force.
Elle ne s'en étonna pas, sa mère n'avait jamais vu les choses de la même manière qu'elle.
- J'aurais dû vous tuer au lieu de vous bannir au Pays des merveilles.
- Mais tu ne le feras pas. Tu ne peux pas le faire, pas depuis cette cellule, et tu n'as toujours pas récupéré tes pouvoirs, je me trompe ?
L'ancienne souveraine serra les dents.
Comment pouvait-elle savoir cela, comment pouvait-elle être déjà au courant de tellement de choses, comment est-ce que…
- Comment êtes-vous arrivée jusqu'ici ? Et quand exactement ?
- Hier soir. En utilisant un haricot magique desséché à qui j'ai redonné ses pouvoirs grâce au lac Nostos. Tu peux remercier Killian Jones, c'est lui qui l'a trouvé lors de son expédition chez les géants avec Neal Cassidy.
Oh.
Elle comprenait mieux désormais.
- Qu'est-ce que vous comptez faire maintenant que vous êtes ici ?
Un sourire calculateur se dessina sur le visage de la rousse, comme si elle attendait depuis le début de la conversation que sa fille lui pose la question.
- Justement, c'est pour ça que je suis là… J'aimerais te proposer un marché.
- Je pense que je vais décliner, si vos marchés sont semblables à ceux que propose Rumplestiltskin, alors je risque de ne pas aimer la contrepartie qui sera exigée, ou le prix à payer, lui dit sa fille d'un ton sec.
- Crois-tu réellement que je suis en train de te demander ton avis ? Lui demanda sa mère d'une voix autoritaire et brutale, la même voix que celle qu'elle avait utilisée autrefois, des décennies plus tôt pour lui ordonner de sécher ses larmes parce que bientôt elle serait reine.
Je fais ce que je veux ! Voulut-elle lui répondre, parce qu'elle avait été reine, elle était devenue comme elle, elle avait fait ce qu'elle voulait, et pourtant, ce n'était toujours pas suffisant, et cela le serait-il jamais ?
Non, évidemment.
Alors elle ravala tous les mots qu'elle aurait voulu pouvoir lui dire, et se jura qu'un jour, elle le ferait.
Un jour elle oserait parler, elle lui crierait ses quatre vérités au visage.
Ce jour-là elle hurlerait et elle serait entendue.
- De quoi s'agit-il mère ?
Autant jouer à la fille obéissante pour savoir ce qu'elle comptait faire.
- De l'anéantissement de la famille de Blanche-Neige, bien sûr, et de tous ses alliés. Il est temps que tu redeviennes la souveraine crainte de tous, et que tu récupères tes pouvoirs ainsi que ta couronne.
La brune la regarda estomaquée, se demandant comment elle pouvait encore être surprise que sa mère ait un projet pareil.
Ou plutôt non.
Ce qui la surprenait, ce n'était pas ses intentions, c'était plutôt le fait qu'elle puisse croire une seule seconde qu'elle avait la moindre envie de la suivre là-dedans.
Son choc dut se voir parce que la noble lui sourit.
- Naturellement, je ferai en sorte que tu conserves la seule chose qui ait de l'importance pour toi dans cette ville en dehors du pouvoir, à savoir ton fils.
- Mon fils qui va me détester si jamais je touche à un cheveu de sa mère, de ses grands-parents ou de n'importe qui d'autre dans cette maudite ville.
Le sourire de sa mère s'accentua.
- Pas nécessairement.
- Que voulez-vous dire ? Fit Regina en fronçant les sourcils.
Elle savait que le jour où elle tuerait Emma, Blanche-Neige ou David, si jamais elle le faisait, il n'y aurait plus que de la haine pour elle dans le cœur de Henry, c'était l'une des raisons pour lesquelles elle se refusait de le faire.
- Te souviens-tu de mon sortilège ma fille ?
- Lequel précisément mère ? Vous en possédez tellement, ironisa-t-elle.
- Le Sortilège du cœur vide, te rappelle-tu de ses effets ?
Regina se figea et sentit son cœur se glacer.
Oh que oui elle s'en souvenait, elle s'en rappelait parce que ce sort lui paraissait déjà abominable à l'époque, et c'était toujours le cas aujourd'hui.
Elle savait que l'une des règles de la magie était qu'on ne pouvait pas forcer une personne à en aimer une autre sincèrement par magie.
Ce sortilège avait essayé de la briser, sans le moindre succès, parce que ce n'était aucunement réel ou vrai, bien entendu.
- Oui mère, lui répondit-elle la gorge nouée et en sentant la nausée l'envahir. Il force une personne à en aimer une autre.
- Je vois que tu as bien retenu mes leçons et celles de Rumplestiltskin, je suis fière de toi.
Mais elle avait aussi été fière d'elle quand elle était devenue la méchante reine, aussi, Regina ne put empêcher l'amertume de l'envahir au lieu de se réjouir qu'une de ses actions ait enfin trouvé grâce aux yeux de sa mère.
Pourquoi fallait-il qu'elle fasse cela, pourquoi fallait-il qu'elle gâche toujours tout, pourquoi fallait-il qu'elle transforme toujours ce qui aurait pu être bien dans sa vie en cendres ?
- Merci mère, répondit-elle pourtant, ravalant ses larmes et son dégoût, comme toujours.
Puis, la réalité de ce que sa mère avait l'intention de faire la frappa.
- Tu… tu as l'intention d'utiliser ce sortilège sur Henry ?
- Oui, tu seras gagnante sur les deux tableaux, tu conserveras son amour inconditionnel, comme autrefois quand il ignorait la vérité à ton sujet, et tu pourras te débarrasser de Blanche-Neige en même temps. »
Mais mère, pensez-vous encore qu'elle est la personne que je hais le plus au monde ?
Avant, la réponse aurait été oui, sans la moindre hésitation, parce qu'elle avait haï Blanche-Neige pour ne pas avoir à haïr sa mère, mais maintenant…
Maintenant elle haïssait aussi sa mère de toute son âme, et était incapable de l'aimer comme autrefois, de l'aimer tout court.
Et à sa grande honte, alors que l'idée faisait son chemin dans son esprit, ce ne fut pas l'horreur qui l'envahit d'abord.
Non.
Elle se sentit tentée d'utiliser le sortilège sur Henry, sur son propre fils.
Avait-elle donc si peu changée que ça ?
(Oui, bien sûr que oui, on ne changeait pas ainsi en seulement quelques mois, aussi facilement, et elle le savait bien sûr, mais voir ressurgir les ténèbres qui avaient obscurci son âme et son cœur était toujours un choc pour elle.)
Ça aurait rendu les choses plus faciles, elle aurait pu avoir les deux, la vengeance et l'amour, sans avoir rien à sacrifier à part le peu de décence et d'humanité qu'il lui restait, et pourtant le dégoût refit rapidement surface.
Parce que ça aurait été exactement ce qu'elle avait fait à Graham, voler à son fils sa liberté et son libre-arbitre, lui voler le contrôle qu'il avait sur sa vie, ça aurait été faire de lui son prisonnier à vie.
Et ce n'était pas parce qu'il n'en aurait pas conscience que ça rendrait cette situation moins abominable d'une quelconque façon, bien au contraire, après tout Graham avait oublié lui aussi, et pourtant ça ne l'avait pas empêché de souffrir.
Et elle avait fait une promesse à Henry.
Elle ne pouvait pas lui faire ça.
Même sa mère ne lui avait jamais infligé une chose pareille, malgré toute sa monstruosité.
Et pourtant, un doute se fraya subitement un chemin dans son esprit, parce que…
Et si c'était le cas ?
Et si sa mère avait utilisé sur elle le sortilège du cœur vide sans qu'elle en ait jamais conscience ?
La connaissant, elle en était tout à fait capable.
Mais Regina réalisa bientôt que ça ne pouvait pas être le cas, parce que le sort forçait la victime à aimer inconditionnellement et sans conditions la personne qui avait lancé le sortilège, et elle avait haï sa mère, elle s'était opposée à elle, jamais elle n'avait obéi sans y réfléchir à ses ordres, c'était bien ça qui avait causé sa perte.
Cela ne fit qu'entériner son choix.
Elle ne ferait pas subir ça à Henry.
Jamais.
« Je te laisse y réfléchir, fit sa mère avant de se téléporter hors du commissariat. »
C'était tout réfléchi.
Ou du moins, ça aurait dû l'être, le choix aurait dû évident et facile et pourtant il ne l'était pas, aucunement.
Elle ne voulait pas suivre sa mère, suivre celle qui avait réduit sa vie, ses rêves et ses espoirs en cendres, elle ne voulait pas redevenir la méchante reine, faire souffrir des gens à nouveau, son enfant adoré inclus, elle ne voulait pas le perdre à nouveau juste après l'avoir retrouvé.
Mais la méchante reine en elle voulait envoyer valser tout ça, laisser sa mère agir dans l'ombre, faire comme si elle ne savait rien, puis une fois que ce serait terminé, récupérer tout ce qui avait été à elle autrefois, mais elle était capable de lutter contre ça, contre cette part sombre d'elle-même qui n'aurait jamais dû exister, et de faire le bon choix.
Pas vrai ?
Alors dans ce cas-là, quand Emma et Graham rentrèrent au commissariat le lendemain matin, pourquoi se retrouva-t-elle incapable de dire aux deux policiers que sa mère et Crochet étaient arrivés à Storybrooke ?
A suivre…
Chapter 55: Lendemain brutal.
Notes:
Titre du 26/12/2020 : Lendemain brutal
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects des… Maraudeurs : Peter Pettigrew : Écrire sur un personnage qui se sent de trop ou sur un traître.
108. Elle sentit quelque chose s'installer au creux de son ventre – une chose désagréable et sombre qui lui donnait l'impression d'être une voleuse.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citation CDR, 50 nuances)
Chapter Text
La situation était pour le moins inhabituelle.
Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas vu son père pratiquer la magie que d'une certaine manière, c'était comme une redécouverte pour lui que de voir le Ténébreux lancer à nouveau un sortilège, comme autrefois dans la Forêt Enchantée.
Pourtant, étrangement, contrairement à autrefois, ce n'était pas la peur ou la méfiance qui l'animaient alors qu'il y assistait.
Peut-être était-ce parce qu'il avait grandi, que la magie ne lui faisait plus aussi peur qu'autrefois, qu'il la haïssait toujours mais moins parce qu'il avait conscience qu'ils pouvaient en avoir besoin, et aussi parce que cette fois-ci, son père faisait quelque chose de bien en utilisant ses pouvoirs.
Personne n'allait souffrir, pas de marché extorqué à une quelconque âme désespérée qui n'avait pas d'autre choix que de pactiser avec le diable pour s'en sortir, pas de magie noire pour ce qu'il en savait, non.
Son père allait juste aider quelqu'un parce que c'était la bonne chose à faire, parce que son fils le lui avait demandé, pas parce que ça servait ses intérêts.
Aussi, alors qu'il voyait ça, même si ça ne voulait pas dire que la partie était encore gagnée, Neal ne put s'empêcher d'espérer que ça signifiait que son père était définitivement sur la bonne voie.
Lorsque August était entré dans la boutique, Baelfire n'avait pas été surpris en voyant que Geppetto était là, c'était son père, c'était normal, en revanche, il s'étonna que voir que Graham était également là lui aussi.
Seulement, il n'y fit pas plus attention que ça, préférant se concentrer sur son père et le sortilège qu'il allait bientôt lancer.
§§§§
La douleur devenait chaque jour de plus en plus intolérable.
Plus le temps passait, plus Pinocchio avait envie d'arracher cette jambe de bois gangrenée dont l'infection se répandait de plus en plus dans le reste de son corps, le contaminant peu à peu, et bientôt, bientôt il ne pourrait plus rien faire pour y remédier, pour empêcher sa transformation complète.
Il ne voulait pas que ça se produise, il ne voulait pas redevenir un pantin de bois.
Il ne voulait plus être Pinocchio.
Aussi, en se rendant dans la boutique de l'antiquaire, il n'avait pas pu s'empêcher de grimacer de douleur à chaque pas, sentant sa jambe gauche l'élancer à chaque mouvement qu'il faisait, devant se retenir de hurler alors qu'il traînait ce poids mort.
Tout ce qu'il voulait, c'était que la douleur s'arrête.
Rien de plus.
Quand il sentit la main de Graham se glisser dans la sienne en signe de réconfort, il sentit l'espoir l'envahir à nouveau, parce que rien qu'avec ce simple geste, il sentait son cœur battre la chamade, battre à toute vitesse, et si il battait, si il ressentait des choses, alors ça voulait dire qu'il était toujours vivant, qu'il n'était pas qu'une coquille vide faite de bois.
Et ça, c'était bien.
Il vivait, il respirait, il ne faisait pas que survivre, il ressentait aussi, de la joie, de l'espoir, de l'amour, de l'amour pour son père, et un amour naissant pour le shérif aussi, et après avoir été si seul pendant des années, enfin il ne l'était plus.
Il allait y arriver, il devait y croire.
(Il se demanda brièvement si son père se doutait un peu de ce qui était en train de se passer, de ce qui était peut-être en train de naître entre eux, avant de se dire qu'il valait mieux pour lui de ne régler qu'un problème à la fois.)
§§§§
Au final, il n'avait fallu que quelques secondes pour qu'enfin tout rentre dans l'ordre.
Rumplestiltskin s'était emparé de sa dague et il n'avait suffi que d'un seul geste de sa part pour que soudainement, tout le bois qui se trouvait en lui disparaisse comme… enfin non pas comme, littéralement par enchantement.
Et il avait été humain à nouveau, enfin complet, et pour la toute première fois depuis l'arrivée d'Emma à Storybrooke, il se sentit à nouveau capable de respirer normalement, sans sentir le moindre poids étouffant sur sa poitrine.
Il n'aurait plus à avoir peur, à craindre que tout ne s'écroule du jour au lendemain, il pouvait avoir une vie à nouveau normale, enfin aussi normale que puisse être la vie d'un ancien pantin de bois qui avait été créé par magie et qui vivait dans une ville de contes de fées.
Il se mit à sourire, le cœur léger.
« Merci, dit-il à l'immortel.
- C'est plutôt mon fils que vous devriez remercier monsieur Booth, lui rétorqua monsieur Gold.
August se tourna vers Neal.
- Merci Neal, répéta-t-il, préférant ne rien ajouter de plus. »
Si le jeune homme n'avait pas accepté ses excuses l'autre jour, il n'y avait aucune raison pour que ce soit différent aujourd'hui.
L'ancien enfant perdu se contenta de hocher la tête en lui envoyant un sourire poli, sans rien ajouter d'autre.
Non pas qu'August s'attendit à quoi que ce soit d'autre de sa part, ni qu'il pensa mériter quoi que ce soit.
§§§§
Lorsqu'ils sortirent de la boutique, Neal se tourna vers son père.
« Merci d'avoir fait ça alors que tu n'y étais pas obligé. Merci d'avoir accepté de l'aider.
- Tu me l'avais demandé. Et puis… j'ai beaucoup de choses à me faire pardonner alors j'imagine que c'est un bon départ.
Son fils sourit avant de redevenir sérieux.
- Je suis d'accord… Je pense qu'il faut qu'on parle.
- De quoi donc ?
- De la magie, assena-t-il.
Il ne fut pas surpris de voir son père se tendre en entendant ses mots, puis, Rumplestiltskin soupira.
- Est-ce que tu…
- Je ne vais pas te demander d'y renoncer si c'est ce qui t'inquiète.
Le sorcier haussa un sourcil surpris.
- Je vais te poser une question toutefois… est-ce que tu aurais ramené la magie même si tu n'avais pas eu besoin de le faire ? Que tu n'avais pas eu à ramener Henry ?
- J'avais l'intention de le faire, pour te retrouver. Mais… oui. Je l'aurais ramenée à Storybrooke quel que soient les circonstances.
Neal hocha la tête, semblant s'attendre à cette réponse.
- Pourquoi ?
Parce que je reste le Ténébreux.
Ce n'était pas parce que les voix de ses prédécesseurs n'étaient pas revenues le hanter lorsque ses souvenirs lui avaient été rendus que ça signifiait qu'il n'était plus le sorcier immortel d'autrefois, monde sans magie ou pas.
- Parce que c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour ne plus être faible, admit-il, parce que sans magie, je ne suis rien.
Ce n'est pas vrai, voulut lui rétorquer Baelfire, même sans magie tu restes mon père, tu n'es pas rien.
L'univers lui démontrait le contraire pourtant, et il se souvenait de leur vie dans la Forêt Enchantée, avant que son père ne devienne un sorcier craint par tous.
Mais il se souvenait aussi d'autres choses.
- C'est faux. Et tu le sais très bien. Tu étais encore humain quand tu as attaqué le château du duc si mes souvenirs sont bons. Mais… je peux comprendre.
Lui aussi aurait aimé pouvoir utiliser la magie au Pays Imaginaire pour s'enfuir ou se défaire de ses ennemis, ou lorsqu'il était retourné dans la Forêt Enchantée contre son gré.
Tout compte fait, si il y avait de la magie dans le monde sans magie, autant l'avoir de leur côté plutôt que l'inverse.
Et puis soudainement, il réalisa qu'il pouvait dire à son père une chose à laquelle il avait pensé après sa chute, des années après, une fois qu'il avait enfin compris où résidait réellement le cœur du problème.
- Ça n'a jamais été la magie le problème.
Son père le regarda, stupéfait.
- Quoi ?
- Ou du moins pas le seul. Ce n'était pas que pour ça que j'avais peur de toi quand tu es devenu le Ténébreux, avec ta magie tu as fait des choses biens, tu as stoppé la guerre des ogres, tu as sauvé des gens… C'est après que ça a merdé. Quand les ténèbres ont commencé à tout détruire et à corrompre ce qu'il y avait de bon en toi.
- Je suis littéralement le Ténébreux Neal.
- Je sais. Ce que je veux dire c'est que si j'ai peur ce n'est pas à cause de la magie elle-même mais de ce qu'elle peut faire de toi, une nouvelle fois, j'ai peur que ça recommence. J'ai peur parce que autrefois je n'ai pas pu te sauver tes ténèbres et que je ne veux pas te perdre à nouveau.
- Tu avais quatorze ans et tu étais seul. Tu n'aurais rien pu faire.
- Ça ne change rien au fait que j'ai échoué.
Rumplestiltskin soupira, se disant que peut-être, il était temps enfin de lui dire ce qu'il n'avait jamais eu la force de lui avouer, quand il avait encore quatorze ans et que son seul objectif était de protéger son fils des dangers du monde, y compris ceux qui venaient de son propre père.
- J'entends des voix, avoua-t-il, et c'était la toute première fois qu'il le disait à quelqu'un, non ?
En face de lui, Nimue lui envoya un sourire amusé et il l'ignora.
Neal sursauta.
- Comment ça ?
- Quand je suis devenu le Ténébreux, j'ai vu les ombres de mes prédécesseurs, et par moments je les vois toujours, ils sont là à me parler, essayant de me faire choisir la voie des ténèbres. À force, j'ai fini par réussir à les ignorer, mais je n'arrive jamais à les chasser complètement.
Son fils se figea, et ses yeux s'agrandirent d'horreur.
- Tu veux dire que… que… que pendant tout ce temps… tu entendais leurs voix ? Quand j'étais là, puis quand j'ai disparu, tu as dû lutter contre eux pendant presque deux cents ans, te battre contre ton propre esprit, afin de réussir à ne pas devenir fou ?
Son père acquiesça et ne s'attendait définitivement pas à sentir quelques secondes plus tard son fils le serrer dans ses bras au point de risquer de l'étouffer.
- Oh papa, murmura-t-il en sentant son cœur se briser, je le savais déjà mais maintenant je le réalise entièrement, tu… tu as dû te sentir tellement seul.
Et ce alors qu'il n'était littéralement pas seul dans sa tête, quelle douloureuse ironie…
Seulement, une fois l'étreinte terminée, il ne put s'empêcher de se poser une question.
- Mais alors… ça veut dire que quand tu as ramené la magie à Storybrooke… tu savais ce qui se passerait ?
Il hocha la tête.
- Le prix à payer et le risque qui l'accompagnait me paraissaient bien peu en comparaison de ce que ça m'apporte. Ne t'en fais pas pour moi, je suis capable de garder le contrôle.
- Papa… Je voudrais que tu me fasses une promesse. Pas celle de toujours garder le contrôle, mais celle que… si jamais tu te sens vaciller, tu… tu me le diras, à moi ou à Belle. Est-ce que tu me le promets ?
- Je peux te promettre ça oui.
- Tu l'as dit à Belle, pour les voix ?
- Non. Je ne voulais pas l'effrayer.
À sa grande surprise, son fils se mis à sourire.
- Papa… Elle est tombée amoureuse de toi en sachant ce que tu es, qui tu es et ce que tu as fait. Si elle devait avoir peur de toi, ça ferait bien longtemps qu'elle se serait enfuie. »
Rumplestiltskin se mit à sourire.
Peut-être avait-il raison à ce sujet.
§§§§
Elle aurait dû le leur dire depuis longtemps.
Elle le savait pourtant, elle le savait depuis le moment où Cora avait quitté l'endroit et qu'elle avait su que la meilleure chose à faire était de dire à Emma et à Rumplestiltskin que la reine de cœur et le capitaine Crochet étaient arrivés dans le monde sans magie.
Pourtant, elle n'y arrivait pas.
C'était la meilleure décision possible, pas uniquement en terme de moralité, mais aussi pour protéger Henry, parce qu'elle connaissait sa mère, elle avait tué son fiancé autrefois, elle serait bien capable de faire de même avec son fils.
Pour elle, l'amour était une faiblesse, et si elle décidait que l'affection qu'elle avait pour Henry était une faiblesse de plus qu'elle se devait d'éliminer afin de rendre sa fille plus forte, d'après sa logique tordue ?
Et si la part sombre d'elle aurait pu accepter de laisser tomber ses efforts de rédemption contre une promesse d'avoir ce qu'elle avait autrefois, elle se refusait de laisser quoi que ce soit de néfaste arriver à son petit garçon.
Malgré tout, quelque chose en elle l'empêchait de parler, et elle n'arrivait pas à savoir quoi.
Et, alors qu'elle regardait Emma et Graham travailler, inconscients qu'ils étaient encore que le fragile équilibre qu'ils s'efforçaient de préserver allait bientôt s'effondrer sur lui-même dans peu de temps, elle sentit quelque chose s'installer au creux de son ventre – une chose désagréable et sombre qui lui donnait l'impression d'être une voleuse, une menteuse, et une traitresse aussi.
Ce fut à ce moment-là précisément, le mercredi 11 janvier 2012, à dix-sept heures, qu'elle décida d'arrêter de se taire.
Il était temps pour elle de briser le silence.
« Emma ? Est-ce que tu peux demander à Rumplestiltskin de venir ici s'il te plaît ? Je dois lui parler, ainsi qu'à toi et à Graham. »
Tout ce qu'elle espérait, c'était que sa mère n'ait jamais vent de ce qu'elle était sur le point de faire…
A suivre…
Chapter 56: Un choix délibéré.
Notes:
Titre du 22/04/2022 : Un choix délibéré
Scorpion : Emma (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Stella (Winx) : Blonde : écrire sur Cersei Lannister ou sur un personnage blond
41. Personne ne doit savoir.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Emma ne put s'empêcher de froncer les sourcils.
Depuis que Regina se trouvait dans sa cellule, pas une seule fois elle ne s'était plainte de son sort ou n'avait demandé à avoir quoi que ce soit.
Pas même à voir Henry, et à vrai dire elle n'en aurait pas eu besoin puisque le petit garçon était venu de lui-même la voir durant l'après-midi et prendre de ses nouvelles.
Et maintenant, elle demandait à voir Rumplestiltskin, qui devait probablement être l'un des habitants qui avait le moins envie de la voir, après ce qu'elle avait fait à Belle ?
(Oui, Emma était au courant de ça aussi. C'était tout simplement épuisant d'avoir à rattraper tant de choses, tant d'histoires et d'événements, tout comme de se rendre compte qu'on était passé à côté de tout ça pendant tellement de temps.)
Ça, c'était définitivement louche.
Elle croisa les bras avant de se planter devant sa cellule.
« Pourquoi tu veux lui parler ? Lui demanda-t-elle.
- C'est à propos d'une chose qui le concerne directement, mais qui vous concerne aussi tous les deux… En fait, ça concerne même toute la ville.
Emma sentit un mauvais pressentiment lui tenailler l'estomac.
- Regina… lança-t-elle, soupçonneuse. Qu'est-ce que tu as fait ?
Et la méchante reine ne put s'empêcher de sourire avec tristesse, parce qu'elle n'était aucunement étonnée d'être immédiatement identifiée comme étant une coupable, et d'un autre côté elle ne pouvait pas nier qu'elle l'était actuellement parce qu'elle était une menteuse et qu'un mensonge par omission restait tout de même un mensonge.
Si elle voulait qu'un jour Emma Swan ne la voit plus comme la méchante de l'histoire, elle devait s'en montrer digne.
- Il ne s'agit pas de quelque chose que j'ai fait, mais d'une chose que je sais. Une chose qui pourrait tout changer. »
Ils venaient à peine de briser la malédiction, voulut lui dire Emma.
N'avaient-ils pas droit à un peu de temps pour eux avant qu'une nouvelle catastrophe ne leur tombe dessus ?
§§§§
« Je suis là, se contenta de dire Rumplestiltskin une fois arrivé au commissariat, qu'as-tu donc de si important que ça à me dire très chère ?
Emma le comprenait très bien, il aurait sans doute préféré retourner dans sa boutique, ou passer sa journée avec Belle et Neal à rattraper le temps perdu ou à… faire des trucs de Ténébreux dont elle ne voulait vraiment pas avoir connaissance merci bien, avoir à gérer le fait d'être la Sauveuse était déjà suffisamment compliqué comme ça.
- Le silence, se contenta de lui répondre Regina avec l'air le plus sérieux possible, et Emma ne comprit pas, ils n'étaient pas dans Doctor Who, qu'est-ce qu'elle entendait par là ?
Pourtant, le visage du Ténébreux s'assombrit immédiatement, et il fit un geste de la main, dont Emma ne comprit pas la signification, supposant qu'il venait de lancer un sortilège.
Ses prochains mots confirmèrent qu'elle ne se trompait pas.
- Regina… dit-il avec gravité. Tu viens de me demander de jeter un sort de silence autour de nous, ce qui signifie que tu as peur qu'on nous espionne, et te connaissant il ne s'agit pas d'une menace à prendre à la légère donc je parierais sur une personne avec des pouvoirs. Hors, en dehors de moi-même, de toi, de miss Swan ici présente et des fées, il n'y a à ma connaissance pas d'autres sorcière ou sorcier à Storybrooke. Et j'ai beau ne pas porter les fées dans mon cœur, je sais qu'elles ne sont pas des espionnes. Alors dans ce cas-là, dis-moi… De quoi ou plutôt de qui as-tu si peur ?
La brune soupira avant de prendre une profonde inspiration.
- Ma mère est ici, à Storybrooke. Accompagnée de Killian Jones.
Trois paires d'yeux abasourdies se posèrent instantanément sur elle.
- Quoi ? S'écria Emma stupéfaite, et pourtant pas si surprise que cela, parce que après tout, Henry et Neal les avaient mis en garde au sujet de cette menace potentielle, mais elle avait naïvement espéré que peut-être ils pourraient y échapper et que jamais la reine de cœur et le pirate ne réussiraient à ouvrir un passage vers leur monde.
Apparemment, c'était trop demandé.
La brune leur expliqua alors comment ils étaient arrivés dans ce monde, avant de se taire à nouveau.
Puis, en voyant l'air coupable sur le visage de Regina, son regard se durcit.
- Regina… depuis combien de temps est-ce que tu es au courant ?
- Depuis hier soir.
- HIER SOIR ? Ne put-elle s'empêcher de hurler, et elle sentit le soulagement l'envahir en se rappelant du sortilège de silence de Gold. Tu le sais depuis hier soir, et tu penses à nous le dire seulement maintenant ? Alors que ta mère est là, dehors, dans la nature, pouvant faire n'importe quoi et s'en prendre à n'importe qui. Tu as pensé à Henry ?
- Bien sûr que j'ai pensé à Henry ! Lui rétorqua Regina. C'est justement pour ça que je vous le dis, à tous les trois, que j'accepte de trahir ma mère.
- Ta mère, oui… Fit la Sauveuse avec amertume. Ta mère qui a tué ton fiancé et qui est en grande partie responsable de la vendetta que tu mènes depuis des décennies contre ma mère et sa famille. Excuse-moi mais j'ai du mal à compatir plus que ça actuellement…
- Emma, il s'agit de ma mère et je l'aime, tout comme je la hais, et je… Aujourd'hui j'ai fait un choix. J'ai choisi le bon pour une fois, je choisis de vous aider, de couper les ponts avec elle, et ce, pour toujours. Elle m'a fait une proposition, celle de l'aider pour que je puisse ensuite récupérer le pouvoir que j'avais autrefois, et j'ai été tentée je l'avoue. Une part de moi l'est toujours d'ailleurs, je le reconnais.
- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
- Henry, lui répondit-elle sans la moindre hésitation. À la fois parce que je ne veux pas le décevoir et parce que je ne veux pas que ma mère lui fasse du mal.
Emma sentit sa colère diminuer, au moins un peu.
Savoir que Regina avait hésité lui faisait mal, mais savoir également qu'elle avait fait un choix définitif et réfléchi la réconfortait un peu.
- Ça ne change rien, lui rappela-t-elle. Ça n'efface rien.
La sorcière hocha la tête.
- Je sais.
- Mais… merci. Merci de nous avoir choisis nous et pas elle. Merci d'essayer, d'avoir fait ce choix en sachant que tu ne changeras pas d'avis. Ce n'est pas suffisant, pas encore, mais… c'est un bon début.
Regina sourit.
- Merci Emma. Merci de me laisser une chance.
Emma lui sourit en retour.
- Henry a envie de croire en toi… ne lui donne pas tort s'il te plaît.
- Il y a une autre chose à savoir… ma mère m'a fait une proposition… celle d'utiliser sur Henry le sortilège du cœur vide.
- Venant de ta mère, lâcha l'immortel, ça ne m'étonne pas.
- Vu le nom, je sens que je vais pas aimer ses effets.
- Non, en effet, lui répondit la brune. Il force une personne à en aimer une autre. Un amour artificiel, creux et faux bien sûr. La personne ensorcelée n'ayant aucunement conscience de l'être.
Emma se mit à blêmir.
- Tu… S'il te plaît Regina ne me dis pas que tu as sérieusement pensé à le faire.
- J'y ai pensé, reconnut-elle, mais il est hors de question que je le fasse, tu as ma parole.
- Je suppose que le sortilège se trouve dans les affaires de ta mère, celles ramenées par la malédiction, déduisit Rumplestiltskin.
- Oui en effet.
- Bien, dans ce cas-là, il faudra le détruire. Que sais-tu de ce que ta mère compte faire ?
- Je n'en sais rien. Elle m'a uniquement dit qu'elle comptait faire en sorte que je redevienne la reine ici, à Storybrooke. Je n'en sais pas plus, je ne sais pas quel est son but caché, mais elle en a forcément un.
- Évidemment, fit Rumplestiltskin sur le ton de l'évidence, c'est Cora après tout.
- C'est pour ça que j'ai eu une idée, j'ai eu du temps pour réfléchir cette nuit… Je pense qu'il faut que je prétende à ma mère que je suis de son côté. C'est plutôt vraisemblable quand on y pense, ironisa-t-elle.
- Tu… tu as l'intention de jouer les espionnes ?
- Oui. Le temps de comprendre ce qu'elle compte faire, et de l'arrêter, peu importe de quoi il s'agit, j'ai la certitude que nous ne voulons pas que ça arrive.
Emma hocha la tête.
- Ça… me paraît être une bonne idée oui. Dangereux mais faisable malgré tout.
- A part nous, personne d'autre ne devra être au courant. Personne ne doit savoir.
Emma sursauta.
- Regina, tu es sure que… c'est ce que tu veux ?
La mairesse déchue acquiesça
- Henry va me détester pour ça, il sera déçu, et il va me haïr, mais… Je préfère subir sa haine plutôt que d'avoir sa mort sur la conscience.
- Très bien, répondit Emma en approuvant. Quand ta mère reviendra te voir, tu lui diras que tu acceptes de la suivre, et elle te fera sûrement évader. Il faudra que tu sois prudente.
Regina sourit.
- J'ai survécu malgré tout ce qu'elle m'a fait. Je peux y arriver encore une fois.
- Je vais y aller, leur dit Rumple, je vais prévenir Belle et Neal, et j'ai quelques petites choses à préparer.
Puis il se téléporta hors du commissariat.
Emma sursauta avant de marmonner :
- Bordel que je déteste quand il fait ça. »
Regina ne put s'empêcher d'éclater de rire.
§§§§
Jamais Graham n'avait eu autant la sensation d'être prisonnier que depuis que Regina se trouvait enfermée dans sa cellule.
C'était idiot pourtant, et il le savait, c'était elle qui était leur prisonnière, pas lui, et malgré tout, il avait encore la terrible et oppressante sensation qu'elle était encore et toujours sa geôlière, comme autrefois.
Son esprit savait que ce n'était pas le cas, et que ça ne le serait définitivement plus jamais, surtout maintenant qu'elle leur avait affirmé qu'elle était de leur côté, et non de celui de sa mère, mais son cœur, son pauvre cœur qui avait été loin de lui pendant si longtemps ne pouvait s'empêcher de s'affoler à cette simple pensée.
Elle essayait, et ça aussi il le savait, elle essayait vraiment, mais ça n'effacerait jamais tout ce qu'elle avait pu lui infliger, toute sa souffrance et tout son désespoir.
Voilà pourquoi il n'avait rien dit durant la réunion, se contentant d'écouter, parce que le simple fait d'être en sa présence lui faisait mal, parce qu'il se rappelait, il se souvenait de tout et ça faisait mal, ça faisait tellement mal, et il…
« Graham ?
Le shérif sursauta, sortant brusquement de ses pensées, sentant à nouveau les battements de son cœur s'accélérer, et ce n'était pas comme avec August cette fois.
Non, c'était uniquement la peur qui animait tout son être, une terreur sourde, comme autrefois, lorsqu'elle…
Il dut se rappeler que ce temps-là était révolu, qu'elle ne pouvait plus lui faire de mal, qu'elle n'était plus la méchante reine ni lui le chasseur, et qu'elle l'avait appelé par son nom, qu'elle lui avait posé une question et qu'elle ne lui avait pas donné d'ordre.
Tout allait bien.
(Rien n'allait, mais il allait faire comme si c'était le cas.)
- Quoi ? Se contenta-t-il de répondre, surpris qu'elle l'interpelle ainsi.
La brune soupira, semblant mal à l'aise.
- Je… Je sais que ma question va te paraître déplacée, ou cruelle venant de moi, mais… Je voulais savoir une chose… comment est-ce que tu vas ?
- Tu… tu es sérieusement en train de poser la question ?
Elle hocha la tête.
- Je sais que je t'ai fait du mal, beaucoup de mal, et que je ne serai sûrement jamais capable de me racheter, quoi que je fasse, mais… Là il ne s'agit pas de moi, il s'agit de toi, alors je… je voudrais juste savoir si tu arrives à gérer.
- Qu'est-ce que tu veux que je te réponde Regina ? Lui rétorqua-t-il d'un ton sec et dur. Que à chaque fois que je te vois j'ai des flashs de ce que tu m'as fait, dans ce monde comme dans l'autre ? Que je ne te fais pas confiance et que j'ai peur que l'enfer dans lequel tu m'as plongé autrefois recommence ? Que j'ai peur d'être à nouveau proche de quelqu'un et que c'est entièrement de ta faute ?
- Tu vas voir Archie, n'est-ce pas ? Enchaîna-t-elle. Il te suit actuellement en tant que psychiatre.
- C'est… exact, dit-il en fronçant les sourcils. Pourquoi tu veux savoir ça ?
- Je réglerai tes séances. Celles passées et aussi celles à venir, c'est le moins que je puisse faire après ce que je t'ai fait. Je ne m'attends ni à des remerciements ni à de la gratitude de ta part, ajouta-t-elle, je fais uniquement ce que je dois faire, et j'aimerais pouvoir faire plus. Je suis désolée encore une fois, et j'espère… j'espère vraiment qu'un jour tu parviendras à guérir. »
Il hocha la tête sans rien dire d'autre, sentant toutes ses certitudes vaciller.
Peut-être était-elle réellement sincère quant à ses intentions qui sait ?
§§§§
« Ça va ?
En entendant la question d'Emma, alors qu'il revenait s'asseoir à son bureau, Graham ne put s'empêcher de sourire, amusé.
- Je peux savoir ce que vous avez toutes aujourd'hui à vouloir me demander comment je vais ?
La blonde haussa les épaules.
- On s'inquiète pour toi, c'est tout.
- Je doute que Regina s'inquiète pour moi mais je peux me tromper. Oui ça va Emma, ne t'en fais pas, je gère.
- Tu es sûr ?
Un frisson le parcourut alors qu'il croisait brièvement le regard de l'ancienne souveraine et qu'un nouveau souvenir lui traversait l'esprit.
Un qui était comme d'habitude empli de sang, de mort et de désespoir, et ce n'était pas ce qu'elle lui avait fait le problème cette fois, mais bien ce qu'elle lui avait fait faire.
Il se força à sourire, un sourire faux et menteur, bien sûr.
- Oui, répéta-t-il.
Elle le regarda avec un air blasé, comme si elle n'était nullement impressionnée par sa tentative, ce qui était sans nul doute bien le cas.
- Graham… Je suis ton adjointe, la Sauveuse et une princesse, certes, mais il y a une chose que tu oublies c'est que j'ai aussi un super-pouvoir… je sais quand les gens me mentent. Et là, tu es clairement en train de me mentir.
Il soupira.
- Oui, c'est vrai, tu as raison, je… Je ne vais pas aussi bien que je le prétends.
- C'est un euphémisme. August m'a dit tu sais… Que la simple présence de Regina… enfin que c'était compliqué de l'avoir ici, après ce qu'elle t'a fait, et je… Enfin je comprendrais que tu veuilles prendre quelques jours de congé, tu y aurais bien droit.
- Pas sûr que ma patronne apprécierait le fait que je…
Puis, l'absurdité de sa phrase lui apparut enfin et il gloussa.
- Ma… ma patronne, non, notre patronne est littéralement enfermée dans une cellule au moment où nous parlons.
Emma se mit à glousser à son tour.
- Oui je sais, c'est… c'est de la folie.
- D'ailleurs, du coup, est-ce qu'elle est toujours la mairesse de Storybrooke ? Est-ce qu'on va devoir organiser de nouvelles élections ou bien est-ce qu'on revient à l'ancien système, celui de la Forêt Enchantée ? Qui va régner dans ce cas-là vu toutes les têtes couronnées différentes réunies ici ?
- On va se contenter d'organiser une élection je pense, quand… quand le problème Cora sera réglé.
Il rit une nouvelle fois, mais plus sombrement.
- Je crois que… enfin j'aurais aimé que les choses soient différentes. J'aurais voulu… que notre problème le plus urgent ce soit de devoir choisir qui élire comme maire ou mairesse de Storybrooke, et pas… de devoir arrêter une psychopathe et un pirate en quête de vengeance.
- Moi aussi Graham, soupira-t-elle, moi aussi…
- Je me disais que j'allais pouvoir aller mieux, avancer, et en fin de compte… c'est comme si je revenais à la case départ.
Il pensa à August et se dit que du temps, ils risquaient encore d'en perdre.
- On va y arriver Graham, lui assura la Sauveuse avec détermination, j'en suis certaine. »
Il avait réellement envie de la croire sur ce coup-là.
A suivre…
Chapter 57: Nos chemins se croisent.
Notes:
Titre du 12/10/2022 : Nos chemins se croisent
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Stella (Winx) : Fée : écrire sur quelqu'un qui lance un sort ou sur Yennefer
44) 50 nuances de OUAT
Chapter Text
Ça aurait dû être une bonne journée.
Pas une journée parfaite non plus, ils n'en étaient pas encore là, il fallait encore qu'il parvienne à renouer ses liens avec Belle et Neal, qu'il prenne le temps de leur montrer qu'il avait changé, qu'il se fasse pardonner, mais oui.
En toute logique, ça aurait dû être une bonne journée pour lui.
Et pourtant, celle-ci avait bien commencé, il avait rendu une apparence complètement humaine à August Booth, ou Pinocchio ou peu importe quel nom il avait décidé de porter maintenant que la malédiction était brisée, il avait parlé avec son fils et comptait bien passer une journée tout à fait normale avec lui et Belle.
Enfin, normale comme pouvait l'être une journée quand on était le Ténébreux et qu'on vivait dans la seule ville du monde sans magie possédant de la magie, mais c'était une autre histoire.
Et puis Emma Swan l'avait appelé pour lui dire que Regina voulait lui parler, et tout avait soudainement basculé.
D'un seul coup, ses seuls problèmes ne se résumaient plus à seulement chasser les voix des anciens Ténébreux qui envahissaient régulièrement son crâne, calmer la colère de ses anciennes victimes qui pourraient vouloir venir réclamer vengeance ou justice, ou essayer de réparer sa relation avec la femme qu'il aimait et le fils qu'il avait abandonné (ce qui faisait déjà beaucoup), non.
Maintenant, il devait aussi gérer la présence de Cora et celle de Crochet.
Ces derniers ne lui faisaient pas peur, l'un comme l'autre, il savait que quoi qu'ils tentent, il aurait toujours un coup d'avance sur eux, sans oublier ses pouvoirs.
Ce n'était pas pour lui qu'il était inquiet.
C'était pour Neal et Belle.
Parce qu'ils s'en prendraient à eux, tous les deux, dès qu'ils en auraient l'occasion, pour l'atteindre lui, et il venait à peine de les retrouver, ce n'était pas pour les perdre à nouveau.
Une simple téléportation plus tard, et il était de retour chez lui, et ce ne fut qu'en voyant à nouveau l'ancien enfant perdu et la princesse devant lui, qu'il sentit l'angoisse disparaître, remplacée par le soulagement.
Ils allaient bien, et c'était tout ce qui comptait.
« Alors ? Lui demanda son fils, inconscient de la peur qui agitait encore son père quelques secondes plus tôt, ni même de la sinistre nouvelle qu'il s'apprêtait à leur annoncer. Qu'est-ce que la méchante reine voulait te dire au juste ?
Il soupira avant de prendre une profonde inspiration.
- Cora et Killian Jones sont à Storybrooke, lui répondit-il après avoir lancé un sort de silence par précaution, ils ont finalement réussi à trouver un moyen d'ouvrir un portail. Je suis désolé, je pensais qu'on aurait droit à plus de temps avant qu'une catastrophe de ce genre nous tombe dessus, qu'on aurait le temps, mais… apparemment ce n'est pas le cas.
Si Belle sursauta et se contenta de froncer les sourcils, l'air inquiète, la réaction de Neal fut toute autre.
Il se figea d'abord, interdit, puis il blêmit, avant de s'écrouler sur sa chaise, sonné, puis de serrer ses poings de rage.
Rumplestiltskin le comprenait parfaitement, là où Belle n'avait rencontré Crochet qu'une seule fois (rencontre parfaitement désagréable qui s'était terminée par une perte de connaissance), et n'avait jamais vu Cora de sa vie, Neal, lui, connaissait les deux.
Et il avait toutes les raisons du monde de leur en vouloir, de les détester ou d'avoir peur d'eux.
- J'imagine qu'on ne sait pas encore où ils sont, intervint alors Belle.
Le sorcier secoua la tête.
- Non. Cora est maligne en plus d'être puissante, je le sais, c'est moi qui l'ai formée. Pour l'instant, nous avons un avantage cependant. Ils ne savent pas que nous savons qu'ils sont là. Pas encore en tout cas.
Il ne leur parla pas de la mission d'infiltration de Regina, mais il se douta que une fois qu'elle commencerait, ils comprendraient d'eux-mêmes ce qui était en train de se passer et qu'ils se tairaient, il leur faisait confiance pour ça.
- Qu'est-ce qu'elle veut ? Poursuivit la jeune femme.
- Le pouvoir, lui rétorqua sans hésiter l'antiquaire. C'est ce qu'elle a toujours voulu, quant à savoir de quelle manière elle veut l'obtenir cette fois, je l'ignore. Mais… peu importe ce qu'elle veut, je sais déjà que nous devons tout faire pour qu'elle ne l'obtienne pas. Jamais.
Il ne se souvenait que trop bien de cette nuit noire, de son ancienne élève et amante, de la boite dans laquelle elle avait enfermé son propre cœur, de la glace dans ses yeux et de l'ambition dévorante qui s'était emparée d'elle et qui ne la lâcherait plus jamais.
Il n'avait rien vu venir alors, malgré ses dons de voyance.
Il ne ferait pas deux fois la même erreur.
- Comment est-ce qu'ils ont réussi à venir dans ce monde ? Finit par demander Neal, sortant finalement de son mutisme. Est-ce qu'ils ont réussi à utiliser l'armoire magique en utilisant la magie du lac Nostos ? C'est de ma faute, j'aurais dû la détruire quand j'en avais encore l'occasion, la brûler, la réduire en cendres, et rien de tout ça ne serait arrivé.
- Ce n'est pas de ta faute, même si tu l'avais brûlée, Cora aurait pu se servir des cendres, elle aurait encore contenu de la magie, c'est une armoire magique après tout. Non, ce n'est pas comme ça que ça s'est passé. Regina m'a dit qu'ils avaient utilisé un haricot magique.
Neal haussa un sourcil étonné et sceptique.
- Attends je croyais qu'il n'y en avait plus des haricots magiques justement ? C'est bien pour ça que j'ai essayé de mettre la main sur cette foutue boussole, pour ensuite ouvrir un portail vers ici, parce qu'il n'y en a plus nulle part.
Bordel, il avait même parlé à un géant, littéralement, dont le travail avait été de récolter des haricots magiques autrefois, alors oui, il savait de quoi il parlait.
- Apparemment, reprit son père, Crochet en a trouvé un chez le géant qui détenait la boussole que vous étiez venus chercher. Il était inutilisable, mais Cora…
- Cora a pu raviver son pouvoir en le jetant dans le lac Nostos, après avoir rendu ses propriétés magiques au lac par je ne sais quel sortilège, et ça a permis d'ouvrir un portail, devina Neal avec un air sombre. Donc… c'est quant même de ma faute.
C'était tout lui ça, réussir une chose tout en parvenant quant même à la foirer en beauté.
- Non, le contredit son père, là non plus ce n'était pas de ta faute, tu ne pouvais pas savoir. Et quant bien même ça le serait… les connaissant, ils auraient fini par trouver un moyen de venir ici de toute manière. Au moins, on va pouvoir se débarrasser d'eux pour de bon.
Neal essaya de sourire, mais le cœur n'y était clairement pas.
- Ouais, j'imagine… Il sait qui je suis, ajouta-t-il quelques secondes plus tard. Crochet je veux dire. Il ne m'avait pas reconnu et avant de le laisser chez Anton, je… je lui ai dit qui j'étais. Je doute que ça change réellement grand-chose maintenant, mais Cora le sait probablement aussi.
Rumplestiltskin se contenta de hausser les épaules.
- Cora aurait sans doute fini par deviner qui tu es, elle sait que tu existes, je lui ai parlé de toi à l'époque où je lui apprenais la magie, quand j'ignorais encore ce qu'elle allait devenir. Elle aurait additionné deux et deux en te voyant, et elle aurait su.
Puis, il fit apparaître par magie deux amulettes qu'il leur tendit.
- Ça devrait vous protéger de Cora si jamais elle est assez stupide pour tenter de s'en prendre à vous. Et oui Neal, dit-il avant que son fils n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, j'en ai aussi prévus pour Emma et Henry. Et pour ton père Belle. »
Il n'avait plus qu'à espérer que cette histoire ne durerait pas trop longtemps.
§§§§
Quand, le soir même, Regina reçut à nouveau la visite de sa mère, elle n'en fut même pas surprise.
« Hé bien, j'avais fini par oublier que vous étiez si peu patiente mère, lui lança-t-elle avec ironie.
Ce n'était pas vrai bien sûr, parce qu'elle avait attendu longtemps que sa vengeance contre Eva s'accomplisse, que sa fille ne gravisse une à une les marches du pouvoir pour ensuite devenir reine, mais puisqu'elle ne pouvait pas lui dire non, Regina devait se contenter de petites piques contre elle qui ne porteraient pas à conséquence.
Cora lui sourit, nullement énervée.
- Oh j'ai été patiente pendant près de vingt-huit ans, je pense que je peux encore attendre un peu.
- C'était vous n'est-ce pas ? Lui demanda enfin Regina, désireuse de finalement percer le mystère autour de la Forêt Enchantée et des habitants qui n'avaient pas été touchés par la malédiction.
La rousse fronça les sourcils.
- Que veux-tu dire ?
- La Forêt Enchantée n'a pas été entièrement touchée par la malédiction, une partie des lieux a été préservée, des gens sont restés. Des gens que mon fils Henry a pu rencontrer. C'était vous la responsable, pas vrai ? C'était votre œuvre, votre magie. Je ne vois pas qui ça pourrait être d'autre.
La sorcière hocha la tête.
- Bien sûr que c'était moi.
- Et je suppose que vous saviez pour la malédiction parce que Crochet vous l'a dit.
Elle avait fait une belle erreur en envoyant le pirate la tuer.
Elle aurait dû y aller elle-même, enfoncer une épée dans sa poitrine, ou mieux encore, trouver son cœur et l'écraser sous ses yeux.
(Son cœur d'ailleurs en parlant de ça, où était-il ?)
- En effet. Et je savais que viendrait un jour où ton Sort Noir serait brisé, où tu aurais à nouveau besoin de moi. »
Je n'ai plus besoin de vous mère, faillit-elle lui hurler. C'était avant, quand j'avais réellement besoin de vous qu'il fallait être là !
Il est trop tard maintenant.
Ne voyait-elle donc rien ?
Ne voyait-elle donc pas toute la haine et la rancœur qui animaient son cœur ?
Sans doute que non.
Elle avait oublié ce que ça faisait de ressentir des émotions après tout.
Peut-être était-elle désormais complètement incapable de les décrypter chez les autres.
Et puis avec les années, Regina était devenue une si bonne actrice, fermant son cœur à clef et à double-tour qu'il était impossible de savoir ce qu'elle pensait réellement.
Tant mieux.
Ainsi, elle pourrait faire croire à sa mère qu'elle était de son côté, et quand viendrait le jour où la trahir, elle le ferait sans la moindre hésitation, ou même le moindre remord.
(Après tout, sa mère en avait-elle eu le jour où elle avait tué Daniel ?)
« Et donc, vous voilà… On ne peut pas dire que vous ne tenez pas vos promesses mère…
Avant, elle aurait accueilli sa venue à bras ouverts, seule et acculée comme elle l'était, sans le moindre allié, sans pouvoirs, mais les choses avaient changé.
Elle avait changé, plus qu'elle ne l'aurait pensé, et il ne s'agissait pas seulement de sa peur qu'il arrive quelque chose à Henry, ou sa peur de le décevoir si jamais elle faillait à la promesse qu'elle lui avait faite, non, c'était autre chose.
Elle voulait changer, vraiment, aller de l'avant, ne plus être la méchante reine, elle voulait se racheter, se faire pardonner, si du moins une telle chose était possible, elle voulait être forte et renoncer à sa haine contre Blanche-Neige, à sa vengeance contre la princesse.
(Faire son deuil aussi, enfin, et renoncer à Daniel, parce que cette vengeance, cette quête qui avait été menée en son nom et dont il n'aurait jamais voulu, c'était une manière comme une autre de le garder auprès d'elle, de ne jamais réellement le perdre, de le garder en vie en quelque sorte.)
Et elle sut alors que la présence de sa mère était une épreuve de plus pour elle à affronter, un test auquel elle ne devait pas échouer, qui serait la preuve qu'elle voulait réellement changer, et qu'elle pouvait y arriver.
Elle espérait vraiment avoir assez de force et de volonté pour y parvenir.
Elle l'espérait tellement.
- Effectivement ma fille… Alors dis-moi Regina, as-tu fait ton choix ?
Elle feignit de prendre quelques secondes pour réfléchir, regarda les barreaux autour d'elle avec une haine bien sincère, regarda ses mains qui ne pouvaient plus lancer ni sortilège, ni maléfice, ni boule de feu, et elle sentit les regrets l'assaillir face à la perte de ses pouvoirs qui ne reviendraient peut-être plus jamais.
C'était sans doute ça le plus drôle dans toute cette situation, elle n'allait pas réellement mentir à sa mère en fait, tout ce qu'elle allait afficher comme émotions serait réel et sincère.
Tant mieux.
Plus ça faisait vrai, plus il y avait de chance pour qu'elle croit que sa petite comédie était réelle.
Elle hocha la tête, tentant de se montrer la plus déterminée possible.
- Je vous suis mère. Il est temps de tous les faire payer. »
Cora sourit et, d'un geste de la main, ouvrit la porte de sa cellule.
Regina en sortit avec un frisson, ayant bien conscience que là, elle s'enfonçait tout droit dans l'inconnu.
Puis elle pensa à Henry.
Si il fallait qu'elle en passe par là pour que son petit garçon puisse grandir en paix dans Storybrooke, alors soit.
Elle le ferait.
A suivre…
Chapter 58: Danse macabre.
Notes:
Titre du 17/04/2021 : Danse macabre
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Animal Crossing 1 : Tom Nook : écrire sur Tony Stark ou sur quelqu'un de riche
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
« Je m'attendais à te trouver ici. »
La voix calme et posée de Cora rompit le silence qui régnait jusque là dans la boutique d'antiquités fermée de monsieur Gold.
Personne n'aurait dû pouvoir entrer, pas sans forcer la porte d'entrée en tout cas, et quant bien même, personne n'était censé vouloir y venir, il était minuit passé après tout.
Mais il s'agissait de Cora, et il n'avait pas posé de protection magique sur sa porte, alors évidemment qu'elle allait y entrer comme bon lui semblait.
À vrai dire, Rumplestiltskin s'attendait définitivement à cette visite, Cora n'avait aucune raison valable de rester cachée si elle pensait que Regina était de son côté, aucune raison d'avoir peur, étant la deuxième personne de la ville la plus puissante après lui, sa fille n'ayant plus ses pouvoirs et Emma n'ayant pas encore appris à se servir des siens.
Et il devait probablement être la seule personne à Storybrooke dont elle ait réellement peur.
Il se décida en une fraction de seconde à ne pas afficher de surprise quant à sa présence dans le monde sans magie, non pas tant parce qu'il n'était réellement pas surpris, mais surtout parce qu'il était le Ténébreux, l'homme qu'on ne surprenait jamais d'une quelconque façon (ou du moins qui le prétendait) et aussi parce que si il avait montré une surprise excessive, elle se serait méfiée.
Parce qu'il était un bon acteur, parce qu'il voyait l'avenir, même si ce n'était que des fragments et parce que de toute évidence, même en ne prenant pas en compte tous ces éléments, le fait est qu'il ne pouvait que savoir que sa venue dans ce monde était une éventualité.
(Une éventualité qu'il aurait préféré pouvoir éviter, mais bon, on n'avait pas toujours ce qu'on voulait dans la vie.)
Ainsi donc, il allait devoir feindre de feindre l'absence de surprise et prétendre que même si il n'était pas au courant de sa présence (ce qui était un mensonge bien entendu, un mensonge qu'elle ne devait jamais découvrir), il se doutait qu'elle allait venir le voir.
Il se retourna et lui sourit, un sourire faux, mensonger et hypocrite, et si il la détestait déjà avant pour ce qu'elle lui avait fait par le passé, maintenant qu'il savait aussi qu'elle avait retenu son fils prisonnier, tout l'amour qu'il avait jamais pu ressentir pour elle s'était envolé pour toujours.
Même si il avait eu des intérêts communs avec elle, ce qui n'était pas le cas, il n'aurait pas accepté de s'allier à la reine de cœur, peu importe ce qu'elle aurait pu lui proposer.
Et puis de toute façon, les choses avaient changé, il n'y avait plus seulement lui à prendre en compte, il y avait Neal, Belle, et Henry aussi (et par extension tout le reste de sa petite famille, ce qui n'était absolument pas prévu au programme), il n'était plus seul.
Il avait un petit-fils maintenant, qu'il connaissait à peine, qu'il avait failli perdre, qui avait permis à la malédiction d'être brisée en amenant sa mère à Storybrooke.
(Apparemment l'héroïsme, c'était définitivement de famille.)
Il n'avait plus à être seulement le Ténébreux, le sorcier immortel en quête de pouvoir, ou monsieur Gold, l'antiquaire au cœur froid et dur, non, il pouvait à nouveau être Rumplestiltskin le tisseur, celui qui avait seulement voulu protéger ceux qu'il aimait autrefois.
Il avait une famille à protéger maintenant.
Ça faisait toute la différence.
« Que me vaut donc le déplaisir de ta visite Cora ?
Là au moins, il n'avait pas à faire semblant.
Pour aussi insensible et sans cœur qu'elle fut, elle ne pouvait pas avoir oublié qu'autrefois, elle l'avait aimé, de tout son cœur, de toute ses forces, et que c'était justement pour ça qu'elle s'était enfoncée sa main dans sa propre poitrine pour s'arracher le cœur et ne plus rien ressentir, ne plus l'aimer lui et s'empêcher ainsi de s'enfuir avec lui loin du pouvoir.
Elle ne pouvait pas avoir oublié sa trahison.
- Bonsoir Rumple, se contenta-t-elle de lui répondre, comme si rien ne s'était passé, comme si, autrefois, elle n'avait pas piétiné son cœur en mille morceaux sans éprouver le moindre remords.
(Ou si jamais elle en avait ressenti, ils avaient bien vite disparu une fois sa cage thoracique vidée de son cœur et de ses moindres sentiments.
Il aurait aimé pouvoir le lui rendre, le remettre à sa place, juste pour pouvoir la voir éprouver de la souffrance, comme eux tous, il aurait aimé lui redonner tous les sentiments négatifs qu'elle aurait ressenti durant ces dernières décennies si elle avait eu un cœur et non pas ce vide, ce creux qu'elle avait remplacé par sa quête pour le pouvoir.)
- Tu n'as pas l'air surpris de me voir.
- Hé bien étant donné le fait que les deux voyageurs interdimensionnels que toi et ton cher pirate avez croisé ont fini par revenir ici, et qu'ils nous ont informé de ton projet de venir dans ce monde, je me suis douté que ce serait inévitable que tu y parviennes. Tu ne serais pas une de mes meilleures élèves dans le cas contraire.
Ce n'était pas de la flatterie, mais bien la vérité, et à vrai dire, il ne pouvait empêcher la rancœur de l'envahir en constatant qu'elle avait réussi en seulement quelques semaines voire mois là où il avait mis près de deux cents ans à venir dans le monde sans magie, et ce, en n'ayant pas à sacrifier quoi que ce soit pour y parvenir.
Elle hocha la tête, semblant se contenter de cette explication.
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je suis venue ici pour passer un marché avec toi et te demander de rester neutre dans le conflit qui va suivre.
Effectivement.
Simple, clair et direct, elle n'avait pas menti en disant cela.
- Un conflit qui va t'opposer à Blanche-Neige et à tous ses proches je suppose ? Ce qui inclut donc à peu près toute la ville. Il fronça les sourcils, feignant d'être intéressé. Je me demande comment ta fille va se positionner au milieu de tout ça.
Un sourire confiant apparut sur le visage de Cora.
- Je ne m'en fais pas pour ma fille, lui répondit-elle avec un air mystérieux, sans rien ajouter de plus.
Bien, donc elle lui faisait suffisamment confiance pour lui dire qu'elle partait en guerre, mais pas assez pour lui dévoiler toute l'étendue de ses plans.
Intéressant.
- Fais comme tu l'entends, lâcha-t-il avec nonchalance, après tout ce n'est pas à moi de te dire comment mener tes combats. Mais dis-moi, très chère… qu'ai-je donc à voir dans cette histoire ? Je te rappelle que je n'ai rien à voir avec ta querelle vengeresse que tu mènes sans relâche contre Eva et sa descendance. Je n'ai aucune raison valable de ne pas m'impliquer de leur côté et d'accepter de ne pas me battre contre toi. Qu'aurais-je à y gagner dans le cas contraire ?
Il vit le doute apparaître dans ses yeux, et il ne put s'empêcher de jubiler intérieurement.
Si elle avait cru que la partie serait si facilement gagnée, elle se trompait lourdement.
Mais elle se reprit rapidement.
- Je me doute bien que tu refuseras de te battre à mes côtés après tout ce qu'il s'est passé, après ce que je t'ai fait… Je te connais bien Rumplestiltskin, tu as la rancune tenace, voilà pourquoi je te demande seulement de rester neutre. J'ai quelque chose à t'offrir en échange.
- Que possèdes-tu que je n'ai déjà ? Ne put-il s'empêcher de lui demander, sincèrement curieux.
Il avait sa magie, il avait de l'argent, il avait la femme qu'il aimait à ses côtés, il avait son fils, et il avait le contrôle sur les ombres qui rodaient autour de lui.
Qu'aurait-il bien pu vouloir d'autre ?
D'un geste de la main, elle jeta un sortilège et fit apparaître un objet sur le comptoir de la boutique.
C'était un globe.
Il haussa un sourcil étonné.
Il avait vécu durant bien longtemps, mais jamais il n'avait vu d'objet magique de la sorte.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un globe magique, lui répondit-elle. Sa fonction est de permettre à quelqu'un de retrouver une personne disparue, en versant une goutte de son sang sur le globe, il t'indiquera alors sa position et te permettra de savoir où la personne recherchée est. Ton fils en l'occurrence. Je t'en fais cadeau, en échange de ta promesse de ne pas intervenir.
Et alors qu'il comprenait peu à peu tout ce que cela pouvait impliquer, il laissa un sourire amusé et moqueur se dessiner sur son visage.
Ainsi, le pirate ne lui avait en fin de compte pas dit que la véritable identité de Neal Cassidy était Baelfire, contrairement à ce qu'il aurait pu croire ?
Ça aussi c'était inattendu, mais plutôt intéressant.
Si il n'avait pas haï Killian Jones, et que ce dernier n'avait pas tant eu envie de le tuer, il aurait presque eu envie de le remercier pour ça.
Parce que maintenant, sans le savoir, Cora n'avait en réalité rien de valeur à lui offrir.
- Tu peux garder ton cadeau, lui répondit-il, implacable, je n'en ai pas besoin.
Le sourire de la rousse s'évanouit instantanément.
Puis le doute revint dans son regard, suivi par la surprise, l'incompréhension, et surtout l'émotion que Rumplestiltskin désirait le plus voir chez elle, la peur.
Si le monde avait peur de Rumplestiltskin le Ténébreux, c'était aussi parce qu'il était imprévisible, pas uniquement à cause de ses pouvoirs, et Cora, qui avait cru pouvoir gérer cet aspect de lui-même, venait de réaliser qu'elle s'était trompée sur toute la ligne.
Et apparemment, cette découverte ne lui plaisait définitivement pas.
- Je… je ne comprends pas, admit-elle, et le sorcier fut heureux d'avoir réussi à fissurer son masque d'impassibilité et de confiance qu'elle avait construit au fil des années, au moins un peu.
- Je n'ai pas besoin de retrouver mon fils dans le monde sans magie parce que je sais déjà où il se trouve. Et qu'il est ici, ajouta-t-il.
À quoi bon faire semblant et mentir de toute façon ?
Tôt ou tard, elle aurait fini par comprendre qui était réellement Neal pour lui.
Il vit alors les rouages de son cerveau commencer à s'activer et il lut dans ses yeux le moment où elle sut.
- L'homme… Celui qui venait du monde sans magie, celui qui prétendait ne rien connaître de la Forêt Enchantée, celui qui est arrivé dans cette ville avec ce petit garçon, Henry… Neal Cassidy… C'est ton fils.
- Oui, se contenta-t-il de répondre.
La princesse blêmit et le crocodile lui sourit de toutes ses dents.
- Tu comprends mieux, dit-il avec une fausse politesse, pourquoi je ne peux pas accepter ça. Accepter que tu t'en prennes à mon fils, ou à la femme que j'aime. Ou à mon petit-fils, assena-t-il enfin. Oui Cora, Henry est à la fois ton petit-fils et le mien, je trouve cela follement amusant et ironique, pas toi ?
Elle le fusilla du regard.
- Tu n'as pas l'intention de revenir sur ta décision je suppose.
- Non. Je peux accepter de ne pas m'en prendre à toi, mentit-il, mais ne compte pas sur moi pour rester neutre dans cette affaire.
Elle hocha la tête, avant de se préparer à partir.
- Très bien.
- Et Cora, dit-il enfin alors qu'elle ne quitte la boutique, je t'interdis formellement de t'en prendre à mon fils, à Belle, ou à Henry. Et ça vaut aussi pour le pirate si jamais il t'accompagne.
Elle acquiesça avant de se téléporter loin de lui.
Il en fit de même.
Il avait envie d'être près des siens ce soir, d'être sûr qu'ils étaient en sécurité.
A suivre…
Chapter 59: A la guerre comme à la guerre.
Notes:
Titre du 20/04/2021 : A la guerre comme à la guerre
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects des… Péchés capitaux Envie : Écrire sur un conquérant ou sur un voleur
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Quand Cora revint dans la maison de Regina, où elle et Crochet se trouvaient depuis l'évasion de la brune de sa cellule (ce n'était pas comme si qui que ce soit allait venir la chercher là-bas, pas alors que le bruit de sa disparition ne s'était pas encore propagé, sans parler des protections magiques posées par la reine de cœur autour du bâtiment), elle était blême de rage, les poings serrés.
Quoi qu'elle ait voulu faire avec Gold, ça n'avait de toute évidence pas marché.
Regina s'en réjouit intérieurement, si sa mère n'avait pas ce qu'elle voulait, alors ça voulait dire qu'ils gagnaient du temps en attendant de savoir ce qu'elle prévoyait réellement de faire.
Cora prit une profonde inspiration et reprit son calme, son visage retournant à son expression imperturbable habituelle.
Bien, si ce qui s'était passé l'avait suffisamment déstabilisée, alors ça signifiait que c'était assez inattendu pour qu'elle ne se soit pas préparée à un refus, donc qu'elle n'avait sans doute pas de plan de rechange immédiat.
« Que s'est-il passé ? Demanda le pirate, impatient qu'il devait être de pouvoir enfin en découdre avec Rumplestiltskin. »
Regina ne put s'empêcher d'éprouver une profonde tristesse en le regardant.
Parce que, quand elle le voyait, ce qu'elle voyait, c'était elle.
Elle telle qu'elle l'était autrefois, qu'elle l'était toujours un peu, elle, la méchante reine, la sorcière, la tyranne, le monstre, la tueuse, obsédée par la vengeance et qui n'avait rien d'autre à quoi se raccrocher, pas même le pouvoir finalement, elle qui n'avait jamais voulu être reine.
Elle voyait un homme seul qui n'avait plus rien à perdre mais qui en un sens, n'avait plus rien non plus à gagner avec cette vengeance, hormis la satisfaction d'avoir détruit son ennemi et vengé la femme qu'il aimait, elle voyait un homme seul et désespéré dont la vie serait vide de sens et du moindre but si jamais il parvenait à atteindre son objectif, et elle le plaignit en un sens.
Elle, au moins, elle avait Henry, elle n'était plus seule, et il y avait aussi cette rédemption qu'elle se devait de gagner si jamais elle voulait être digne d'être un jour sa mère, si elle voulait pleinement mériter son affection.
Alors que lui, n'avait personne hormis son navire, même son équipage n'était pas là, dispersé aux quatre vents comme il l'avait été avant que la malédiction ne soit lancée, et sans doute ne s'en souciait-il même pas, obsédé par sa vengeance contre le crocodile comme il l'était.
(Mouche devait être à Storybrooke si elle se souvenait, mais pour les autres, pour ce qu'elle en savait, ils pouvaient tout aussi bien encore être dans la Forêt Enchantée ou même carrément dans un autre monde…)
Au moins, lui, il avait dirigé sa haine contre la bonne personne, ne put-elle s'empêcher de constater avec amertume.
(D'un autre côté, ce n'était pas vraiment comme si il avait eu quelqu'un d'autre à blâmer pour la mort de Milah.)
Un instant, elle fut tentée de lui dire d'arrêter, de lui demander d'essayer de comprendre que sa vengeance ne le mènerait à rien du tout, mais elle sut tout de suite que c'était sans issue.
Pas seulement parce que Cora était là, mais parce qu'en vérité, il lui avait fallu au moins vingt-huit ans à elle pour le réaliser pour de bon, et elle avait dû devenir mère pour le découvrir, alors que Killian, lui, n'avait rien ni personne à qui se raccrocher, il n'avait pour l'instant pas d'autre but, à part celui d'occire le Ténébreux.
Et, buté et têtu comme il l'était, elle se doutait bien qu'il refuserait de l'écouter.
Elle baissa la tête, envahie par le regret.
Maintenant qu'elle avait l'espoir de pouvoir changer, elle aurait aimé… faire les choses biens avec quelqu'un d'autre, quelqu'un qui avait peut-être plus de chances qu'elle, parce que ses crimes à lui étaient si anciens que presque toutes ses victimes devaient être mortes désormais.
Dommage que l'une d'elles soit justement le fils de l'homme qu'il voulait si désespérément tuer…
« Rumplestiltskin a refusé mon offre, finit-elle par répondre.
Regina fronça les sourcils.
- Que lui avez-vous offert au juste mère ?
Pas votre cœur je suppose puisque vous n'en avez plus, pensa-t-elle avec une ironie mordante et amère.
- Un moyen de retrouver son fils.
Soudain, elle vit le pirate se tendre durant une infime fraction de seconde, comme si il était… mal à l'aise, qu'il savait quelque chose et qu'il le cachait à Cora.
Regina ne put s'empêcher de froncer les sourcils de plus bel.
Il y avait quelque chose qui clochait, elle n'arrivait pas à savoir quoi, et elle n'aimait pas le fait de ne pas savoir.
Cora ne remarqua rien, toute préoccupée qu'elle était par cet échec cuisant.
- Mais il m'a dit… que son fils était à Storybrooke. Qu'il était là depuis peu et, enfin… c'est l'homme du portail, celui qui venait du monde sans magie. Et il m'a aussi dit qu'il est le père de Henry, ce qui fait de Rumplestiltskin son grand-père.
Alors, elle vit cette lueur apparaître furtivement dans les yeux du pirate, et elle sut qu'il savait, qu'il savait et pourtant il n'avait rien dit, alors que ça aurait pu être une information que Cora aurait aimé savoir.
Pourquoi ?
Ça servait ses intérêts mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'être intriguée, et puis elle se souvint de ce que Henry lui avait dit à propos de son passé commun avec Baelfire lorsqu'il leur avait raconté, à elle et à Emma, ce qui lui était arrivé dans la Forêt Enchantée.
Peut-être que, d'une certaine manière, il avait essayé de le protéger ?
(Qui sait, elle avait peut-être eu tort en pensant qu'il n'y avait personne dont il se souciait d'une quelconque façon.)
Enfin, la rousse se tourna vers la mairesse, soupçonneuse.
- Regina… est-ce que tu le savais ?
Elle sut alors qu'elle ne pourrait pas lui mentir sans s'attirer ses soupçons, et puisque dire la vérité ne la compromettait en aucune façon puisqu'elle la connaissait déjà, elle accepta de la lui révéler bien volontiers.
- Oui je le savais. J'aurais eu du mal à rater la manière dont Emma Swan a hurlé sur Neal Cassidy en le revoyant, sans parler du fait que Henry m'a raconté toute son aventure dans notre monde, dont sa rencontre avec Baelfire… Alors oui mère. Bien sûr que je le savais.
Les yeux de Cora se remplirent alors de rage.
- Tu le savais… Et pourtant tu ne m'as rien dit !
- Parce que vous ne me l'avez pas demandé Mère ! Protesta-t-elle, sincèrement indignée. Vous ne m'avez même pas posé la question !
Et là où pour d'autres éléments, la dissimulation était volontaire de sa part, ici, ce n'était pas le cas, elle n'avait eu aucune raison valable de le lui dire, et surtout, elle avait eu d'autres choses à penser, comme, au hasard, ne pas se faire repérer comme espionne par sa mère.
- D'ailleurs, enchaîna-t-elle, voyant là l'occasion parfaite, vous ne m'avez même pas dit ce que vous comptiez faire exactement, alors comment aurais-je pu le savoir, savoir que vous aviez besoin de connaître cette information alors que j'ignorais même que vous saviez qu'il avait un fils ? Je l'ignorais moi-même encore il y a peu ! Me faites vous donc si peu confiance ?
C'était un coup bas, de toute évidence, mais c'était pour la bonne cause, et sa mère était la reine des coup bas, des coups tordus et des coups en douce, et avec Rumplestiltskin, c'était elle qui lui avait appris tout ce qu'elle savait à ce sujet, alors autant lui rendre la monnaie de sa pièce.
Sa mère soupira, tous soupçons envolés.
- Non Regina, bien sûr que non, et sans doute n'était-elle pas sincère en le disant, mais la brune s'en fichait.
Tant qu'elle avait réussi à endormir sa méfiance, alors rien d'autre ne comptait.
- Pourquoi étiez-vous allée le voir ?
- Je voulais lui proposer un marché. Sa neutralité en échange d'un globe magique qui lui aurait permis de retrouver son fils Baelfire peu importe où il se trouve dans le monde sans magie.
C'était… malin, ça, Regina ne pouvait pas lui enlever ça, avant, quand Baelfire était potentiellement partout ailleurs excepté à Storybrooke, Rumplestiltskin se serait jeté sur l'occasion qu'on lui offrait sans la moindre hésitation, lui dont le but ultime était d'enfin retrouver son fils.
Mais maintenant, tout avait changé.
Tout ça parce qu'un portail s'était ouvert quelque part à New York par hasard.
Le monde pouvait quant même faire preuve d'une sacré dose d'ironie quand il le voulait.
En un instant, tout avait basculé, et Cora avait perdu le seul avantage qu'elle avait jamais eu sur Rumplestiltskin.
Regina s'en satisfit, c'était une bonne chose qu'elle n'ait rien dit à sa mère, sinon cette dernière aurait eu le temps de préparer un autre plan (elle y serait parvenue, elle le savait, elle la connaissait), là, elle était prise de court, et il lui faudrait un peu de temps pour trouver autre chose.
- Mais maintenant, supposa-t-elle, il n'a plus la moindre raison de dire oui.
- Effectivement, reconnut sa mère. D'ailleurs, j'ai aussi reçu une menace de sa part. Crochet et moi ne devons pas nous en prendre à Belle, à Baelfire ou à Henry. Il n'a pas parlé de toi pour des raisons évidentes, mais je pense que tu es aussi incluse dedans, ou en tout cas tu le seras quand il saura où tu es, alors autant ne pas prendre de risque avec le Ténébreux.
Cette simple idée la fit rire.
- Je ne vois pas trop comment je pourrais m'attaquer à Belle ou à son fils à moi toute seule et sans magie, s'amusa-t-elle.
Elle sut aussitôt en voyant le regard de sa mère qu'elle n'aurait jamais dû dire une chose pareille, et un froid glacial s'empara d'elle quand elle comprit que cette dernière allait bientôt énoncer une de ses idées.
Finalement, elle n'avait pas mis tant de temps que ça à rebondir.
Dommage, elle aurait aimé avoir un peu plus de temps.
- Justement, la contra la reine de cœur. Nous devons remédier à ça.
Et la jeune femme, dans un éclair de lucidité, se souvint soudainement de pourquoi elle avait eu autant de mal à échapper à l'emprise de sa mère autrefois, pourquoi elle lui faisait peur.
Parce que c'était encore le cas aujourd'hui, la peur lui tenaillait le ventre alors Cora se trouvait là, face à elle, prête à lui donner des ordres, s'attendant à ce qu'elle les exécute et que tout dans son être lui hurlait déjà d'obéir.
Elle n'était plus une enfant effrayée pourtant, elle était une adulte maintenant, une adulte forte et indépendante, ou du moins elle pensait l'être.
Il avait suffi que sa mère revienne dans sa vie pour que ses certitudes s'évanouissent et s'envolent tels des fétus de paille.
Elle maîtrisa sa peur, bien sûr, mais elle était toujours là, tapie en elle.
Et Regina se jura formellement de ne jamais la laisser ressurgir.
- Que voulez-vous dire mère ?
- Ton absence de pouvoirs. Nous devons à tout prix régler ce problème au plus vite. Je sais que seule face à Rumplestiltskin je ne peux pas grand-chose. Mais ensemble, nous pourrons déjà beaucoup. Il va falloir trouver un moyen de te rendre ta magie. Et alors, nous pourrons frapper.
À nouveau, Regina remarqua que sa mère évitait soigneusement de trop lui en dire sur ses plans et elle dut se retenir de grimacer en le constatant, mais d'un autre côté, cela ne faisait que peu que de temps qu'elle était à ses côtés.
Elle en apprendrait peut-être plus plus tard.
- Très bien mère. Elle regarda l'heure. Mais d'abord j'aimerais me coucher, afin d'y réfléchir à tête reposée demain. Il me tarde de dormir dans un vrai lit maintenant que je suis loin de cette misérable cellule. »
Sa mère ne protesta et acquiesça, sans doute était-elle fatiguée elle aussi, et Regina alla se coucher dans sa chambre, dans son lit, comme si rien ne s'était passé.
Alors qu'absolument tout avait changé.
Et, le cœur battant, elle se retrouva incapable de fermer l'œil durant un très long moment.
Parce que, même si elle ne l'avait pas dit à sa mère, elle…
Elle connaissait en vérité déjà un moyen de récupérer ses pouvoirs magiques…
A suivre…
Chapter 60: Complice.
Notes:
Titre du 23/08/2021 : Complice
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… sorcières et magiciennes célèbres Sabrina : écrire sur quelqu'un qui apprend un sort ou sur un personnage blond
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
J'AI LE PERMIS DE CONDUIRE CA Y EST !
Chapter Text
Le lendemain matin, quand ils découvrirent que la cellule de Regina était vide, Emma sentit son cœur se briser.
Pas à cause de l'évasion en elle-même, mais de l'expression qui se dessina sur le visage de Henry au moment où il comprit ce que sa mère adoptive avait fait.
Parce qu'il sut bien sûr, il comprit immédiatement ce que cela pouvait signifier, qu'elle s'était évadée, qu'elle s'était enfuie, qu'elle était partie de sa cellule et du commissariat, elle qui avait pourtant promis qu'elle changerait, elle qui s'était rendue sans protester.
Il savait maintenant, il savait qu'elle avait menti, lui qui lui avait pourtant fait confiance malgré tout ce qu'elle avait fait, et elle voyait bien dans ses yeux à quel point il était blessé.
Et dans les yeux de ses parents, elle lisait une émotion semblable, même si chargée de moins de tristesse et de beaucoup, beaucoup de colère et de peur.
Elle réalisa aussitôt qu'ils la jugeaient coupable et ce sans la moindre once d'hésitation, et comment auraient-ils pu faire autrement ?
Non seulement l'ancienne reine avait tout fait pour que cela arrive, mais de plus, son passé ne plaidait aucunement en sa faveur, et Emma savait bien que le reste de la ville penserait exactement la même chose une fois que la nouvelle se répandrait.
Elle allait risquer sa vie pour eux en jouant les espionnes auprès d'une femme qui n'hésiterait sans doute pas à la tuer si jamais elle se rendait compte du double-jeu de sa fille.
Et la ville allait la condamner pour ça.
Pourtant, Emma n'arrivait pas à trouver ça réellement injuste.
Pas après tout ce que Regina avait déjà fait par le passé, pas alors qu'elle avait gâché tant de vies.
Elle méritait amplement cette haine et cette suspicion.
Emma feignit la surprise, évidemment, le choc, l'horreur, la colère et puis enfin la peur, tout comme Graham, espérant que Henry, Blanche-Neige et David les jugeraient suffisamment crédibles et n'auraient pas le moindre soupçon.
Tout en priant également de toutes ses forces pour que Regina ne leur ait pas menti.
§§§§
Le silence qui régnait autour de la table de l'appartement de Mary-Margaret (qui était désormais la demeure d'Emma, de ses parents et de Henry, ce qui commençait à faire un peu beaucoup) était presque assourdissant.
Ils étaient rentrés tous les quatre, sonnés, et personne n'avait dit un mot, ayant tous la tête penchée sur leur chocolat chaud auquel personne n'avait encore touché.
L'heure était grave, et ils le savaient tous bien.
Ce fut Blanche-Neige qui, finalement, brisa le silence au bout de quelques minutes.
« Je me demande comment elle a bien pu faire une chose pareille.
- C'est Regina chérie, soupira son mari en passant une main réconfortante dans son dos. J'imagine qu'on aurait dû s'y attendre, et que ça allait fatalement arriver tôt ou tard.
Elle secoua la tête.
- Non ce n'est pas… Ce n'est pas ce que je voulais dire, je la connais, je sais qu'il faut s'attendre à tout venant d'elle, mais… Comment a-t-elle réussi à s'enfuir sans que personne ne la remarque ? Je sais qu'elle est l'ancienne mairesse et qu'elle possède sûrement un double des clefs des cellules chez elle, mais elle ne devait pas les avoir sur elle quand elle a été enfermée, elle a été fouillée avant ! Et elle n'a plus ses pouvoirs, alors je dois avouer que je n'y comprends rien du tout.
- Je pense pouvoir répondre à cette question, rétorqua alors la voix de monsieur Gold, sortant de nulle part.
Emma sursauta violemment, n'étant toujours pas habituée à ses apparitions surprises et littéralement par magie.
- Bordel Gold, vous savez que les portes ça existe non ? Vous pourriez pas, je sais pas, les ouvrir et passer par là ? Et puis frapper avant d'entrer aussi, ça ce serait bien, ça nous éviterait ce genre de mauvaise surprise. Et par pitié, dites-moi que vous n'avez pas une mauvaise nouvelle à nous annoncer vous aussi, l'évasion de Regina devrait être suffisante pour la fin de la semaine, voire le mois entier.
En un sens, elle lui était reconnaissante de cette apparition inopinée, parce que au moins, elle n'avait pas à feindre la surprise quant à sa présence puisqu'elle ne s'y attendait sincèrement pas du tout.
Il soupira.
- Malheureusement si. J'ai bien peur que les craintes de mon fils et de Henry n'aient fini par se confirmer.
- Comment ça ? Demanda Blanche-Neige en fronçant les sourcils.
- Cora et le capitaine Crochet sont à Storybrooke. Du moins je le suppose pour le pirate, mentit-il, je ne l'ai pas vu mais je doute que notre chère reine de cœur soit venue dans ce monde sans son allié.
Les réactions ne se firent pas attendre, et tous ceux qui se trouvaient autour de la table blêmirent brusquement, horrifiés par cette perspective, et Emma n'eut qu'à penser à toutes les horreurs qu'avait pu commettre la sorcière autrefois et risquait de leur faire subir à eux aussi pour que son visage devienne lui aussi blanc comme neige.
David fut le premier à tiquer sur ce que le Ténébreux avait dit juste avant.
- Attendez… Vous pensez… vous pensez que c'est Cora qui a fait évader Regina de sa cellule ?
Il acquiesça.
- Ça me semble être l'hypothèse la plus probable oui. Cora est venue hier soir dans ma boutique afin de me proposer un marché. J'ai refusé. Quand j'ai parlé de sa fille et du fait que j'ignorais de quel côté elle se positionnerait dans le conflit à venir, elle a souri et s'est contentée de dire qu'elle n'était pas inquiète à ce sujet. Il soupira. J'aurais dû me douter qu'elle préparait un mauvais coup de ce genre.
Rumplestiltskin était à n'en pas douter un excellent acteur, songea Emma, il avait l'air sincèrement étonné de la disparition de Regina, et semblait réellement s'en vouloir de n'avoir pas vu cela venir.
C'était terrifiant en un sens, parce qu'il aurait tout aussi bien pu faire la même chose mais pour les piéger eux, si il avait été dans un camp différent.
Toi, tu saurais, se rassura-t-elle, tu saurais la vérité parce que tu sais quand quelqu'un ment.
- Peut-être que… proposa timidement Henry. Peut-être qu'elle n'est pas partie de son plein gré ? Que Cora… que Cora l'enlevée ?
Emma allait affirmer le contraire, afin que son fils n'ait aucun espoir que sa mère soit encore de leur côté, mais elle n'en n'eut ni le temps, ni l'occasion.
Sa mère la devança la première.
- Non. J'en doute. Cora est… une grande manipulatrice. Si elle a pu m'arracher le secret de Regina quand j'avais dix ans, et diriger la haine de sa fille contre moi, alors elle a pu recommencer et lui donner une bonne raison pour la suivre. Comme avoir sa vengeance contre moi par exemple, ou autre chose, un moyen de nous détruire tout en gardant Henry avec elle, je ne sais pas…
Sa mère avait l'air triste mais pas surprise, et Emma n'en était pas étonnée non plus.
Blanche-Neige n'avait jamais réellement cru à la rédemption de Regina, pour des raisons qu'elle ne pouvait que comprendre, ce qui l'arrangeait bien d'ailleurs.
Tant que tout le monde la croyait coupable, elle risquait moins de voir sa couverture être percée à jour.
Ça n'empêcha pas la Sauveuse de sentir son cœur se briser à nouveau quand elle vit le désespoir dans les yeux de son fils.
Elle aurait aimé pouvoir lui dire la vérité, elle aurait vraiment voulu avoir le droit de le faire, mais cette fois, Regina avait raison, il fallait le protéger et cette protection passait par le mensonge.
- Je suis d'accord, approuva Emma, je pensais… je pensais vraiment qu'elle voulait changer mais ça n'a plus l'air d'être le cas je pense. »
Tout le monde croyait à ce mensonge au moins, et c'était déjà ça, mais la princesse ne put empêcher l'amertume de l'envahir.
Ils n'auraient jamais eu à faire cela, à faire semblant, si Cora et le pirate n'avaient pas décidé de venir à Storybrooke, ce ne serait jamais arrivé et ils auraient été en paix.
Mais à cause d'eux, ça risquait de ne jamais arriver.
Elle ne se sentit mieux qu'une fois passée l'amulette de Gold autour de son cou, tout en éprouvant de la crainte.
Maintenant qu'ils savaient officiellement que leurs deux ennemis étaient là, la guerre ouverte avait été déclarée.
Aucun retour en arrière n'était possible.
Et cette simple perspective la terrifiait totalement.
§§§§
Emma trouvait le choix du caveau de Regina comme lieu de rendez-vous terriblement ironique.
L'endroit qui était l'emblème de la méchante reine, que ce soit dans la Forêt Enchantée comme à Storybrooke, du monstre qu'elle avait été et était toujours, là où les cœurs de ses victimes se trouvaient.
Elle frissonna de dégoût en entendant les battements de tous ces cœurs résonnant dans la pièce silencieuse.
« Ceux qui restent sont uniquement ceux dont je n'ai pas trouvé les propriétaires, intervint Regina avant même qu'Emma n'ait eu le temps de faire la moindre remarque, ceux que j'ai arrachés à des gens qui se trouvent maintenant dans d'autres mondes… ou ceux que ma mère a arrachés autrefois.
Emma hocha la tête.
- Il en reste tout de même beaucoup, non ?
- Beaucoup, oui, approuva Regina. Beaucoup trop. Une fois ma mère vaincue, je ferai en sorte qu'un portail soit à nouveau ouvert entre les mondes. Afin de pouvoir rendre leurs cœurs à ces gens.
Elle ne savait pas si elle voulait le faire d'elle-même ou si elle ne le faisait que parce qu'elle s'y sentait obligée mais au moins elle voulait le faire.
C'était déjà mieux que rien.
- Est-ce que ta mère sait où tu es ?
- Puisque tout le monde est au courant de mon évasion, je dois faire en sorte de n'être vue de personne. Elle sait que je suis quelque part en ville, mais pas où exactement. Et vous deux ? Demanda-t-elle en s'adressant à Emma et à Rumplestiltskin.
Ces derniers étaient venus ensemble, et Emma avait vraiment eu du mal à ne pas sursauter quand la magie de Gold l'avait téléportée tout droit dans le caveau de la brune.
- Nous sommes supposément en train de discuter du problème Cora dans ma boutique, lui dit Rumple, même en nous surveillant, elle ne se rendra pas compte que nous ne sommes pas là en réalité.
Regina hocha la tête, rassurée.
- Bien. Tant mieux. Ce serait idiot que notre entreprise se fasse déjouer dès le premier jour.
- Oui c'est vrai.
- Comment Henry a réagi en apprenant… que j'étais partie ?
- Regina, je ne vais pas te mentir… mal. Il a cru à un moment que Cora t'avait enlevée et peut-être le croit-il encore mais… il est blessé, de toute évidence. Il ne te fait probablement plus confiance.
La reine eut un sourire triste.
- Je suis sure qu'il comprendra quand la vérité sera révélée.
- Il sera fier de toi aussi, rajouta la jeune femme. Ce que tu es en train de faire, c'est courageux. Nous n'oublierons jamais ce que tu as fait quand tu étais encore la méchante reine, mais ça non plus nous ne l'oublierons pas.
Il y avait de la confiance dans les yeux d'Emma, mais aussi comme une menace.
Montre-toi à la hauteur de nos attentes ou sinon tout cela n'aura servi à rien et tu resteras un monstre à nos yeux et ce pour toujours.
Elle y arriverait oui, elle le jurait sur tout ce qu'elle avait jamais aimé, sur Daniel, sur son père et sur Henry.
(Mais au final, elle les avait déçus tous les trois, alors cela valait-il réellement quelque chose?)
- Merci Emma. Je ferai que je dois faire, je te le promets.
Et elle ne mentait pas, constata la shérif adjointe avec soulagement.
- Tant mieux. Qu'est-ce que tu as appris de nouveau ?
L'expression du visage de Regina changea immédiatement et devint grave.
- J'ai une mauvaise nouvelle. Ma mère a trouvé une parade au fait que Rumple ait refusé son marché. Elle veut que je récupère mes pouvoirs.
Les yeux d'Emma s'écarquillèrent sous le choc.
- C'est… c'est possible ça ?
- Ça l'est oui, confirma aussitôt l'immortel.
- Je n'avais pas envisagé cette possibilité avant, ajouta Regina, à la fois parce que ça aurait été compliqué, et pour éviter toute tentation parce que si je récupérais mes pouvoirs, alors je ne sais pas ce que… je ne sais pas ce que j'aurais fait, mais ça n'aurait sans doute pas été quelque chose de bien.
Emma oscillait en permanence entre l'effroi de constater la noirceur qui se trouvait encore dans le cœur de Regina et le soulagement qu'elle soit malgré tout semble-t-il assez forte pour y résister et l'empêcher de la contrôler.
C'en était presque fascinant.
- De quelle manière pourrais-tu récupérer ta magie ? Demanda la sorcière à l'autre mère de son fils.
- Grâce au livre de sorts de ma mère.
- Et… qui l'a en sa possession ?
- Moi, soupira Rumplestiltskin, et Emma comprit ce que Regina voulait dire par compliqué.
- Oh… Je vois.
Et en un éclair, Emma sut d'un seul coup face à quel dilemme elle était confrontée.
Voulait-elle réellement que Regina récupère ses pouvoirs, pour qu'elle puisse ensuite les aider dans le combat contre Cora ?
Lui faisait-elle réellement confiance pour faire le bon choix une fois qu'elle pourrait à nouveau utiliser la magie, ou bien ne voyait-elle encore que la méchante reine en elle, celle qui avait détruit sa vie et celle de ses parents ?
Le pire dans tout ça, c'était qu'elle n'avait même pas de réponse à fournir…
- Ma mère ne s'attend pas à ce que ce soit facile, et je ne sais pas si elle sait pour le livre de sort, alors ça nous fait gagner un peu de temps, mais… on va devoir faire un choix. Choisir si je récupère mes pouvoirs ou non.
- On pourrait lui mentir, suggéra le Ténébreux. Prétendre que le livre se trouve dans les affaires de ta mère. Comme ça, le jour où tu lui prétendras t'être d'un seul coup souvenue de cette possibilité, vous pourrez le retrouver rapidement.
Emma prit une grande inspiration.
En soi, c'était une bonne idée, une très bonne idée même, et elle voulait réellement faire confiance à Regina, mais…
Mais elle avait peur.
Puis, elle regarda ses propres mains, et eut subitement une idée.
Elle se souvint avoir senti la magie pulser dans ses veines quand celle-ci avait débarqué en ville, et elle était la Sauveuse, alors peut-être…
- C'est d'accord, dit-elle, quand Cora s'impatientera trop à cause de l'attente, tu lui parleras du livre et du fait qu'il pourrait t'aider à retrouver tes pouvoirs, et là, Gold te le remettra. Mais je voudrais quelque chose en échange.
Regina fronça les sourcils.
- Quoi donc ?
La blonde se tourna alors vers le père de Neal.
- Gold… Je veux que vous m'appreniez à me servir de ma magie.
Un sourire amusé et satisfait apparut alors sur le visage du sorcier.
- J'attendais justement que vous me le demandiez miss Swan. »
A suivre…
Chapter 61: Perdu dans les ténèbres.
Notes:
Titre du 14/09/2022 : Perdu dans les ténèbres
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… sorcières et magiciennes célèbres : Morgane : écrire sur un personnage ayant de nombreux amant(e)s ou sur quelqu'un qui maîtrise la magie
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
C'était étrange, tout de même, de revenir de l'autre côté.
De côtoyer à nouveau les ténèbres, elle qui en avait été éloignée pendant près de vingt-huit ans, ou pour être précise, elle qui n'avait été entourée que de ses propres ténèbres et non pas de celles des autres, comme autrefois, parce que à Storybrooke elle n'avait pas eu de monstres véritables à ses côtés.
(Il y avait eu Rumplestiltskin bien sûr, mais Rumplestiltskin était devenu monsieur Gold à ce moment-là, alors ça ne comptait pas, pas vraiment.)
Pendant vingt-huit ans, elle n'avait plus été une sorcière, il n'y avait plus eu de magie dans sa vie, et sa mère n'avait plus été là pour lui dicter sa conduite, ni elle, ni le Ténébreux, ni aucune autre personne.
Elle avait été libre, une bonne fois pour toutes.
(Au prix de la liberté de milliers de personnes, mais ce n'était pas comme si ça avait eu la moindre importance pour elle à l'époque.)
Et maintenant elle n'était plus sure de l'être vraiment.
Elle le savait d'avance de toute façon, elle l'avait su dès qu'elle avait accepté de retourner sous la coupe de sa mère, de jouer les espionnes pour le compte d'Emma et des autres, elle savait parfaitement dans quel type de situation tortueuse elle mettait les pieds.
Mais surtout, il y avait les ténèbres, aussi.
Celles de sa mère bien sûr, en plus des siennes, celle qui étaient toujours là, en elle, mais aussi celles du pirate, toute sa rage, sa haine, sa colère et son désir de vengeance, et ça lui faisait peur.
Elle qui avait déjà tellement de mal à changer, elle qui avait au final si peu changé encore, qui était encore et toujours la méchante reine, qui le demeurerait éternellement quels que soient ses efforts pour changer, si sincère puissent-ils être, seraient-ils suffisants face à toute cette noirceur ?
Serait-elle assez forte pour résister à la tentation de redevenir celle qu'elle était autrefois, celle qu'elle n'avait jamais réellement cessé d'être ?
Elle l'espérait, elle l'espérait réellement.
Si ce n'était pas le cas, si ses promesses et ses paroles se révélaient au final n'être que du vent, alors ça signifiait tout simplement qu'elle ne méritait pas d'être sauvée.
Et alors, il n'y avait plus pour elle qu'à prier qu'Emma et Rumplestiltskin se montreraient meilleurs qu'eux si jamais cela arrivait.
Perdue dans les ténèbres, il n'y avait plus qu'une chose, qu'une personne à laquelle elle pouvait se raccrocher.
Henry.
Il fallait qu'elle se montre forte pour lui, à défaut de l'être pour elle-même.
Elle avait déçu son père autrefois, en faisant les pires choix possibles.
Il était hors de question qu'elle déçoive aussi son petit garçon.
(Ça, sa mère ne le lui prendrait pas, jamais.)
Alors elle serra les poings, essaya d'oublier à quel point ses pouvoirs lui manquaient et croisa les doigts pour que sa mère ne s'impatiente pas trop vite quant au fait que sa fille ne pouvait toujours pas faire à nouveau de la magie.
§§§§
La magie c'était…
Compliqué était sûrement le mot juste.
À côté de cela, les cours d'escrime de Regina étaient d'une simplicité enfantine, mais d'un autre côté, elle se battait depuis qu'elle était enfant, alors l'exercice physique ne lui faisait pas peur, et tenir une épée était faisable, la preuve, elle l'avait fait.
Mais personne ne lui avait jamais appris la magie, et ce alors que celle-ci courait dans ses veines et tout son corps depuis sa naissance, et si elle avait été élevée dans la Forêt Enchantée et pas dans le monde sans magie, nulle doute que cette dernière se serait manifestée plus tôt.
Mais voilà, ce n'était pas ce qui était arrivé, et vingt-huit ans plus tard, elle se trouvait là en train d'essayer d'apprendre la magie avec un type plusieurs fois centenaires pour tenter de combattre une sorcière dix fois plus puissante qu'elle qui avait des décennies d'entraînement dans ce domaine alors qu'elle-même avait… une heure.
Quand sa vie était-elle à ce point devenue aussi folle ?
(Peut-être quand elle avait accepté de suivre un petit garçon et de l'aider à sauver sa ville.
Malgré tout, elle ne regrettait rien parce que ça lui avait permis d'avoir enfin tout ce qu'elle avait toujours voulu, une famille et une maison.
Et elle était prête à se battre jusqu'au bout pour les garder.)
Elle était la Sauveuse, elle était la fille du prince Charmant et de Blanche-Neige et elle était le produit du véritable amour.
Mais ce ne serait pas suffisant pour battre Cora, et elle le savait, Gold aussi, et elle ne s'attendait pas à y arriver, à être suffisamment puissante pour battre la reine de cœur, non.
Mais la présence de la mère de Regina (et donc grand-mère adoptive de Henry, et qui avait aussi été techniquement l'arrière-grand-mère par alliance d'Emma à une époque et avant qu'elle ne naisse, bon dieu, cet arbre généalogique lui fichait un tel mal de crâne) prouvait bien une chose.
Ici, dans leur petite ville de Storybrooke, même dans le monde sans magie, même séparés en théorie de la Forêt Enchantée et par conséquent des autres mondes, ils restaient vulnérables.
Si elle et le pirate avaient réussi à ouvrir un passage, qui disait que d'autres n'arriveraient pas à en faire de même et ne viendraient pas pour les attaquer, d'autres personnes peut-être plus puissantes que Cora, des gens qu'ils n'attendraient pas cette fois-ci ?
Alors elle devait se préparer, se battre, apprendre la magie et devenir la plus forte possible.
Il était hors de question que quelqu'un d'autre tente à nouveau de détruire sa famille, cette famille qu'elle avait mis tant de temps à retrouver.
Elle ne revivrait pas un second Sort noir, plus jamais.
La blonde sortit de cette première leçon épuisée mais satisfaite malgré tout, elle n'en était qu'au début de sa formation, mais elle sentait ses pouvoirs remonter à la surface, un peu.
Cela prendrait du temps, mais elle y arriverait, elle en était certaine.
Lorsqu'elle vit Neal qui l'attendait à la sortie de la boutique de son père, elle n'eut pas de mouvement de recul contrairement aux quelques autres fois où elle l'avait vu avant, et c'était une bonne chose.
Les choses étaient toujours bizarres entre eux, et elles ne seraient plus jamais comme avant, c'était certain, il y avait toujours la haine, la rancœur et les non-dits, sa colère aussi, et toutes les années qui s'étaient écoulées et avaient emporté tout ce qu'il pouvait y avoir eu d'amour entre eux.
Mais, contrairement à ce qu'elle avait pu craindre au début, elle arrivait à gérer.
Certes, cela ne faisait que deux jours environ qu'il était là, qu'il était revenu dans sa vie, et peut-être changerait-elle d'avis dans les jours ou les semaines à venir (si tant est qu'ils survivent jusque là) mais pour l'instant, elle n'avait pas envie de lui dire de partir.
Elle voulait vraiment essayer, elle voulait réellement lui donner une chance, le laisser revenir dans sa vie, faire en sorte qu'il fasse ses preuves, qu'il lui prouve qu'il avait changé, vraiment, qu'il voulait se faire pardonner, et être un bon père pour son fils.
Et puis, maintenant que Regina était officiellement devenue une fugitive, Henry avait besoin de son père plus que jamais.
« Alors ? Lui demanda son ex petit-ami. C'était comment ?
- Hé bien… ton père n'est pas un professeur très facile.
Il rit.
- Oui, ça je m'en doute. Si il enseigne la magie comme il passe des contrats, alors j'imagine bien. Mais ça allait quant même ?
Elle acquiesça.
- Oui. Honnêtement, oui, je… enfin je ne suis pas encore capable de me téléporter ou de lancer des boules de feu, mais… ça viendra. Et ce n'est que le début non ? Et j'ai encore bien des choses à apprendre.
Il sourit et hocha la tête.
- J'ai vu Henry ce matin, dit-il alors qu'ils marchaient dans la ville en ce froid après-midi de début janvier, il m'a pas l'air d'être vraiment dans cette assiette. Avec ce qui se passe avec Regina en ce moment…
Il n'en dit pas plus, au cas où on les écouterait, mais Emma savait qu'il savait la vérité, puisque Gold leur avait dit ce que Regina leur avait dit, et qu'il avait très certainement additionné deux et deux, de même que Belle.
- Oui c'est sûr, il… enfin, ça lui a fait un grand choc. Et à nous aussi.
- Et il l'encaisse comment ?
- Mal. Vraiment très mal, il… Il savait qui elle était avant qu'elle ne rejoigne Cora, mais, elle lui avait fait une promesse et il lui faisait confiance, et elle l'a trahi, alors… ça lui a fait vraiment très mal. Et je suis bien placée pour savoir ce que ça fait.
- Je sais, lui répondit-il, sachant très bien de quoi elle parlait et du fait qu'il en était entièrement responsable. Moi aussi d'ailleurs. »
Lui aussi savait pertinemment ce que ça faisait de faire confiance à la mauvaise personne et d'en payer chèrement le prix, et il se souvenait du navire, du pays imaginaire, des ombres et de…
Il secoua la tête.
Ce n'était pas le moment pour lui de penser à ça.
Et puis le silence revint, signe qu'ils n'étaient pas encore à l'abri de moments gênants de ce genre.
Ils le savaient tous les deux, recoller les morceaux entre eux serait tout sauf facile.
Et puis si Cora avait choisi un autre moment pour se pointer ça aurait rendu les choses beaucoup plus simples aussi.
(Mais quand sa vie avait-elle jamais été simple ?)
Pourtant, malgré sa peur et ses angoisses, Emma se surprit malgré tout à sourire alors qu'elle sentait la magie fourmiller en elle.
Elle avait bon espoir que tout finirait par s'arranger pour une fois.
§§§§
Lundi 16 janvier 2012.
Graham ne pouvait s'empêcher d'être nerveux.
En un sens, c'était parfaitement absurde, parce que ce n'était pas la première fois qu'il allait voir Archie, ce n'était pas sa première séance (et c'était loin d'être sa dernière aussi), et il savait qu'avec lui, il était en sécurité.
Mais…
Mais ça ne changeait rien au fait qu'avant cela, tout ce qu'il avait fait réellement c'était parler de choses qui étaient certes arrivées mais sans dire toute la vérité non plus, pas une seule fois il n'avait pu le faire, pas alors que le cricket ne se souvenait pas encore de qui il était vraiment.
Il n'avait pas parlé de son cœur arraché, du vide et du creux dans sa cage thoracique, ni de la douleur, de la perte de contrôle, de son absence de sentiments, ni même du sang sur ses mains à cause de ce que Regina lui avait ordonné de faire, ou même de tout ce qu'elle lui avait fait subir dans son lit.
Et en un sens, c'était bien, parce qu'il avait pu se distancer de tout ça, ne plus y penser, faire comme si ce n'était pas réel, comme si il n'avait jamais vécu tous ces événements, comme si il n'avait jamais été le chasseur, qu'il n'avait toujours été que Graham le shérif de Storybrooke.
Ce n'était plus le cas maintenant, et il devait affronter ses souvenirs maintenant, leur faire face comme jamais auparavant.
Et c'était bien ça qui lui faisait peur.
Et Archie le sentit immédiatement.
« Graham, est-ce que vous êtes nerveux aujourd'hui ?
Il faillit éclater de rire et lui balancer un à votre avis ? sarcastique, mais il se retint.
Archie ne cherchait qu'à l'aider, et ce n'était pas de sa faute si il allait mal.
- Assez oui, reconnut-il, et ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il réalisa que ses mains tremblaient.
Oh.
Effectivement, sa nervosité devait être assez transparente dans ces conditions.
Il essaya de calmer son tremblement.
Archie ne lui demanda pas pourquoi, sans doute parce qu'il connaissait déjà la réponse, et Graham ressentit du soulagement, il n'avait pas spécialement envie de le lui expliquer.
Du sang, du sang, du sang, il y a tellement de sang et ce n'est pas le sien et il a envie d'arrêter mais il ne le peut pas parce qu'elle lui a ordonné de…
Il avait été le Chasseur de la méchante reine, l'instrument de sa vengeance, et ça, il ne pourrait jamais l'oublier.
- C'était Regina, n'est-ce pas ? Lui demanda-t-il à la place, et le shérif n'eut même pas à attendre qu'il continue pour comprendre de quoi il voulait parler. La femme dont vous parliez, votre ex petite-amie toxique et violente. Je ne pensais pas que c'était elle avant, mais maintenant que je me souviens…
- Comment avez-vous su ?
Archie eut un sourire triste.
- A peu près tout le monde en ville était au courant de votre liaison quand elle durait encore, vous n'avez pas été aussi discret que vous le croyez. Enfin, liaison… ce mot ne fonctionne que quand les deux parties sont consentantes… et d'après ce que j'ai démêlé dans ce que vous m'avez dit et ce que j'en ai déduit quand j'ai récupéré mes souvenirs de la Forêt Enchanté, ce n'était clairement pas le cas. Je sais ce que Regina vous a fait là-bas, votre cœur arraché et… pas tout le reste mais j'imagine bien après tout ce que vous m'avez dit.
- Vous savez ?
- Quand la princesse Blanche-Neige a appris ce qui vous était arrivé, que vous étiez le prisonnier de sa belle-mère, qu'elle vous avait arraché le cœur… Ça l'a dévastée. Ne pas avoir réussi à vous sauver d'elle a été un de ses plus regrets. Et je suis sincèrement désolé… que vous vous soyez retrouvé dans cette situation. J'aurais aimé que les choses soient différentes.
- Moi aussi… vous n'avez pas idée d'à quel point. Elle… commença-t-il. Elle m'avait envoyé pour assassiner sa belle-fille. J'aurais dû savoir à ce moment-là que ce dans quoi je m'embarquais était bien trop sombre et tortueux pour moi. »
Et, lancé comme il l'était, il continua de parler, parla de la main de la méchante reine enfoncée dans son torse, grattant et fouillant jusqu'à ce qu'elle trouve enfin le précieux organe vital pour ensuite violemment l'arracher de sa cage thoracique dont il n'aurait jamais dû être enlevé.
La douleur d'abord, puis l'horreur aussi, la compréhension de ce qu'elle venait de faire, et enfin le néant, le vide, ce creux terrible et insupportable dans sa poitrine, le fait que d'un seul coup, soudainement il ne ressentait plus rien.
Et si il n'y avait eu que ça, mais non, il parla aussi de la perte de contrôle, ce sentiment de ne plus être lui-même, de n'être rien de plus qu'un pantin, une vulgaire marionnette impuissante et incapable de faire quoi que ce soit d'autre à part obéir.
(Mais il se souvenait aussi de ce jour où il avait sauvé la vie du prince Charmant, où il avait pu désobéir à Regina, où pendant un bref instant, il était enfin redevenu lui-même même si ça n'avait pas duré assez longtemps pour que ça compte vraiment.)
Il parla de ça et de tout le reste, des ordres qu'elle lui avait donnés, du soldat qu'il avait été forcé de devenir, de cette liberté qu'il avait perdue pendant si longtemps, lui qui avant cela avait passé sa vie à être libre, vivant parmi les loups et qui ce jour-là avait perdu tout ce qu'il avait eu de bien dans sa vie, lui qui n'avait pourtant pas grand-chose alors.
Ce n'était sans doute pas ça le pire à évoquer.
Non.
Le pire, c'était la reine, c'était les nuits qu'il avait passées dans son lit, dans ses bras, le pire c'était les hurlements qu'il devait retenir dans sa gorge au point de risquer de s'étouffer avec et ce chaque nuit où elle le faisait appeler dans sa chambre, le pire c'était la façon dont elle l'utilisait lui et son corps sans jamais lui avoir laissé le moindre choix, le pire c'était les viols.
Ça faisait des mois que Regina ne l'avait pas touché, et à Storybrooke ça faisait moins mal que dans son château parce qu'il ne savait pas la vérité à l'époque, mais ça ne changeait rien à ce qu'elle avait fait, dans le passé comme dans le présent.
Qu'elle ait arrêté d'elle-même et lui ait rendu son cœur n'effaçait rien, ne justifiait rien, n'excusait rien.
Voilà tout ce qu'il dit à Archie durant sa séance.
Ce fut un miracle si il réussit à ne pas pleurer à ce moment-là.
« Est-ce que vous avez l'intention de porter plainte contre elle ?
Le jeune homme éclata alors d'un rire amer.
- Au vu des circonstances… Disons que c'est difficile de traduire une fugitive en justice. Surtout quand elle est accompagnée d'une sorcière.
Il ne dit rien du rôle d'espionne de la brune au psychiatre, et de toute façon, même si il avait pu le faire, ça n'aurait rien changé à ce qu'elle lui avait fait subir autrefois.
- Il est vrai, mais… et si ce n'était pas le cas ? Si elle n'était pas en fuite ? Si nous vivions dans un monde dit normal, dans le monde sans magie, si nous n'étions pas des personnages de contes… est-ce que vous le feriez ?
Dans le monde normal, Regina n'aurait probablement pas pu me faire ça.
Ou du moins pas de la même manière, pas dans les mêmes circonstances, mais en admettant qu'elle l'ait fait, il…
Vu le nombre de gens qui lui en voulaient, hé bien…
- Oui, répondit-il avec honnêteté, je pense que je l'aurais fait.
Le ferait-il une fois Cora vaincue ?
Il savait que ce que Regina faisait était dangereux et courageux, mais elle…
Elle restait la méchante reine, un monstre.
Et ça, les gens n'étaient pas prêts de l'oublier.
Et lui non plus.
Le psychiatre hocha la tête.
- Bien. Et comment… comment vous sentez-vous en ce moment ?
Mieux, se surprit-il à penser, maintenant qu'il avait enfin vidé son sac, pas bien mais mieux.
- Hé bien… un peu mieux qu'avant je dois dire. Maintenant que la malédiction a été brisée, que je peux parler de ce que j'ai vécu librement et… enfin, je me sens mieux avec mon cœur à sa place. Regina me l'a rendu avant la fin de la malédiction.
Archie haussa un sourcil surpris.
- Oh… C'est étrange ça… qu'elle vous l'ait rendu, qu'elle ait montré des signes de changements, une volonté de devenir une meilleure personne… pour ensuite retourner tout droit dans les bras de celle qui a gâché sa vie sans le moindre scrupule il y a des décennies.
Archie comprendrait peut-être de lui-même la vérité, mais il ne fallait en aucun cas que Graham la lui révèle d'une quelconque façon.
- Oui, mais c'est Regina… Peut-être n'avait-elle pas réellement envie de changer et qu'elle n'a fait que saisir la première occasion qui se présentait à elle pour reprendre ses mauvaises habitudes.
Le pire dans tout ça c'est que dans d'autres circonstances, ça aurait pu être vrai.
En fait, ça pouvait même encore l'être.
Et ça le terrifiait à un point presque inimaginable.
- Oui, peut-être, reconnut le psychiatre. Avez-vous… avez-vous d'autres choses à ajouter ?
C'était le moment, le moment de parler de ce dont il n'avait encore parlé qu'à Regina et à personne d'autre, le moment d'appeler au secours quelqu'un qui pourrait réellement l'aider, et pas la femme qui lui avait arraché le cœur et l'avait enfermé dans une cage pendant des années.
- Je… je crois… je crois que… Non, rectifia-t-il, maintenant sûr de lui. Je suis en train de tomber amoureux.
Un sourire apparut sur le visage du psychiatre.
C'était pour ça que Graham était heureux de venir le voir, malgré la douleur qui résultait de ces séances, lorsqu'il devait exhiber ses blessures intérieures, lui qui les avait dissimulées pendant si longtemps, parce que Jiminy Cricket se souciait réellement de son bien-être et avait à cœur de l'aider.
- C'est merveilleux ça ! S'exclama-t-il. De qui s'agit-il ?
- August. Pinocchio. Enfin, vous m'avez compris.
Le psychologue hocha la tête, continuant de sourire.
- Je m'en doutais un peu après vous avoir vus ensemble et… enfin, August parle beaucoup de vous.
Le chasseur sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine, et comme toujours depuis qu'il l'avait récupéré, il ne put s'empêcher de s'en émerveiller, de se réjouir du fait qu'il pouvait à nouveau ressentir des émotions, qu'il n'était pas mort émotionnellement parlant, que Regina ne l'avait pas brisé.
Et si ses joues virèrent légèrement au rouge en apprenant ça, ça ne le regardait que lui et personne d'autre.
- Oh. Je vois. Et je… enfin, j'ai peur.
Archie fronça les sourcils.
- Pourquoi avez-vous peur Graham ? En dehors de… de vos traumatismes causés par Regina je veux dire, ce qui est tout à fait compréhensible.
- En fait je suis terrifié. Je crois… je crois que je ne suis jamais tombé amoureux de toute ma vie. Dans la Forêt Enchantée, j'étais solitaire et je n'avais personne en dehors de ma meute et après… enfin vous connaissez la suite. Et ici, j'avais Regina mais… ça n'a jamais été de l'amour. Alors ça me fait peur. J'ai peur de ne pas savoir quoi faire et aussi de… de tout faire foirer.
L'expression du visage d'Archie se fit grave.
- Graham… Écoutez-moi bien. Vous n'allez rien faire foirer, c'est clair ? Et aussi… je ne sais pas si on vous l'a dit mais que ce soit le cas ou pas, je vais vous le dire… ce n'était pas de votre faute. C'est Regina la responsable et personne d'autre. Est-ce que c'est clair ?
Ce fut à ce moment-là que toutes ses barrières s'effondrèrent et qu'il se mit à pleurer.
Il ne l'avait jamais pensé comme ça, ne l'avait jamais réellement formulé de cette manière, mais dans sa tête, parfois…
Si j'avais été plus fort…
Si je n'avais pas essayé de tuer Blanche-Neige…
Si j'avais fui quand il en était encore temps…
Jamais il n'avait pensé être responsable, mais parfois il se demandait ce qui ce serait passé si il avait fait un choix différent.
- Très clair oui Archie. Merci… merci de me l'avoir dit.
Le sourire revint sur les lèvres du psychiatre.
- Bien. Dites le lui alors. Dites le à August, si vous vous en sentez capable, si vous voulez vraiment construire quelque chose de durable avec lui, il a le droit de savoir. Et vous méritez d'être heureux. Tous les deux. »
Oui.
Peut-être méritait-il ça effectivement, être heureux, lui qui ne l'avait plus été depuis si longtemps qu'il avait fini par oublier ce que ça faisait de l'être vraiment, pas juste de faire semblant ou de croire l'être.
Ce serait définitivement ça sa meilleure vengeance contre Regina.
Il serait heureux.
« Même jour, même heure la semaine prochaine ? Lui proposa alors Archie.
- Ça me va, lui répondit le chasseur. »
Si Cora ne nous a pas tous tués d'ici là, ne put-il s'empêcher de se dire sombrement.
Et dire qu'il devait compter sur Regina pour que cela n'arrive jamais.
L'ironie dont sa vie pouvait faire preuve en était presque drôle.
A suivre…
Chapter 62: Hurlements.
Notes:
Titre du 28/05/2022 : Hurlements
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects d'… Ikki du Phénix (Saint Seiya) : Phénix : écrire sur un perso immortel ou écrire sur un perso qui frôle la mort
192. L'horreur de son récit flotta quelques instants dans l'air.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Les souvenirs, ça craignait franchement.
Surtout les siens, surtout ceux qui le hantaient depuis maintenant des siècles, et qui provoquaient les cauchemars qui hantaient ses nuits, ceux de la Forêt Enchantée, le départ de sa mère, sa fausse mort, puis sa vraie, la guerre des ogres, son père se transformant peu à peu en monstre, dévoré comme il l'était par les ténèbres.
Et puis, surtout, il y avait le Pays Imaginaire.
C'était de ça qu'il rêvait le plus souvent à vrai dire, c'était l'endroit dont il avait le plus de souvenirs, où il avait passé le plus de temps.
C'était aussi l'endroit où il avait eu le plus mal au cours de sa longue vie.
Aussi, quand il se leva ce matin du lundi 16 janvier 2012, ce fut après avoir, encore une fois, très mal dormi.
Peut-être devait-il écouter le conseil de Belle et aller voir un psy, tout comme elle-même le faisait depuis que la malédiction était brisée, et comme son père aurait dû le faire lui aussi, entre les centaines de souvenirs que contenaient sa mémoire et les voix dans sa tête…
Bon ça lui ferait sûrement bizarre de se faire psychanalyser par Jiminy Cricket en personne, mais son père était le Ténébreux, son ex petite-amie était la fille de Blanche-Neige et du prince Charmant, et il avait côtoyé la fée bleue et Peter Pan ainsi que la fée Clochette, il n'était plus à ça près.
Il le ferait sûrement, plus tard, quand Cora et Crochet auraient enfin été mis hors d'état de nuire.
Un rire triste faillit lui échapper en y repensant.
Lui qui avait cru qu'il aurait enfin à nouveau la paix en passant d'un monde à l'autre, il avait eu bien tort à ce sujet, encore une fois.
D'abord Crochet, et après ce serait quoi ou plutôt qui, Peter Pan ?
Une frisson d'horreur le traversa.
Non, ça n'allait pas arriver, le destin ne pouvait pas être aussi cruel que ça, vraiment.
Il décida de ne plus y repenser, ce n'était pas comme si il pouvait y faire quelque chose de toute façon.
Quand il se rendit à la boutique de son père, ce fut en ayant une idée bien précise en tête.
Lorsqu'il le vit, le visage de Rumplestiltskin s'illumina, et parfois, quand il le regardait, c'était comme si il n'était pas vraiment sûr qu'il soit réellement là, ni même qu'il allait rester, comme si il doutait à chaque instant que tout ça soit réel.
Lui aussi ressentait ça, chaque jour qui passait, il craignait que tout cela ne soit en réalité qu'un rêve et qu'un jour, il ne se réveille dans la réalité, au Pays imaginaire à nouveau, de retour en enfer, pour être confronté au sourire grimaçant de Félix, ou pire encore, à celui de Peter Pan.
(Et la deuxième image était rendue bien pire encore par le fait qu'il savait désormais que celui-ci était en réalité son grand-père et que cela n'avait aucunement pesé dans la balance, que ça n'avait pas compté quand ce dernier l'avait enlevé, l'avait arraché à sa famille, qu'il l'avait retenu prisonnier pendant si longtemps et torturé encore et encore et encore jusqu'à ce qu'il ne reste presque plus rien de lui.)
Mais ils étaient là, ils étaient vraiment là et c'était réel.
« Bonjour Neal, qu'est-ce que je peux pour toi ?
- Je voudrais qu'on discute de deux ou trois trucs. Comment ça avance à propos de Cora, Regina et Crochet ?
Son père haussa les épaules.
- Pour l'instant, rien du tout. Crochet ne s'est pas montré et n'a rien tenté, ce qui ne me surprend pas, quand à Cora je ne l'ai pas revue non plus, et j'ignore où Regina se cache. Sans doute avec sa mère et le pirate.
Ici, ils faisaient comme si ils n'étaient au courant de rien, ainsi, si la reine de cœur les espionnait, elle continuerait de croire à la fable qu'ils lui avaient concocté.
- Je vois. Donc en résumé on a rien du tout ?
- C'est ça. À part attendre, on ne peut rien faire de plus à ce sujet, je vais continuer d'entraîner Emma Swan à devenir une sorcière, mais en dehors de ça, et les rechercher, je ne peux rien faire de plus. Je comptais aller au port dans la journée, au cas où je trouverai le navire de Jones.
- Je viendrai avec toi.
Ça ferait mal, c'est vrai, mais au moins ça rendrait ça définitivement réel.
Son père acquiesça.
- Y avait-il autre chose ? Non pas que je n'aime pas passer de temps avec toi, mais…
- En fait oui. Je suis venu te parler du problème de la barrière.
- Oh. Les gens maudits qui perdent en la mémoire en la franchissant, oui j'en ai entendu parler.
Le sorcier bénit alors le fait que son fils ne se soit pas trouvé dans le monde sans magie finalement, parce que dans le cas contraire, ça aurait signifié devoir trouver un moyen de quitter Storybrooke sans perdre la mémoire, chose qu'il n'avait pas à faire.
- Il n'y a eu qu'une personne de touchée mais il risque d'y en avoir d'autres si jamais des gens franchissent la frontière par erreur.
- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Lui rétorqua son père.
Neal ferma brièvement les yeux.
Ce n'était même pas dit de façon méchante, juste brutale, la vérité nue et sincère, parce que c'était ce que Rumplestiltskin était devenu, ne se préoccupant plus que lui-même, de ceux à qui ils tenaient et de ses propres intérêts.
Pragmatique.
C'était le mot qui symbolisait sans doute le mieux le Ténébreux, et c'était une partie de son père que Baelfire haïssait, surtout alors qu'il se souvenait de l'homme qui avait arrêté une guerre à lui tout seul alors qu'il aurait pu se contenter de sauver la vie de son petit garçon.
- J'aimerais que tu t'en préoccupes justement, lui répondit-il d'un ton sec, pas seulement parce que les gens risquent d'oublier qui ils sont réellement, ce qui en soit est déjà tragique, et serait incroyablement injuste après ce qu'ils ont déjà tous traversé, mais parce que dans l'état actuel des choses, personne ne peut quitter la ville sans perdre la mémoire. Hormis ceux qui n'ont pas été maudits, comme moi, Emma, Henry, August, Cora, Crochet et Regina. Ce qui veut dire que tout le monde est prisonnier ici, et toi comme moi on sait mieux que n'importe qui ce que ça fait d'être prisonnier dans une cage, lâcha-t-il avec froideur.
Rumple soupira.
Il comprenait la colère de son fils, et il savait qu'il lui avait fait une promesse, à lui comme à Belle, et il entendait bien la tenir.
Mais on ne se débarrassait pas de plusieurs siècles de mauvais réflexes et de mauvaises habitudes en seulement quelques jours, et lui comme son fils en avaient parfaitement conscience.
- Je t'écoute.
Un sourire amusé apparut sur le visage de son fils.
- Je pense que la suite va pas vraiment te plaire.
L'antiquaire fronça les sourcils.
- Comment ça ? Qu'est-ce que tu as en tête ?
L'expression sur le visage de son fils ressemblait un peu à celle qu'il avait lorsqu'il était sur le point de conclure un marché avec une personne qui n'aurait pas d'autre choix que d'accepter ce qu'il avait à lui proposer.
Il lui ressemblait finalement plus qu'il ne le prétendait en fin de compte.
- J'ai parlé avec les fées et elles…
- Non, refusa formellement son père. »
Neal ne put s'empêcher d'éclater de rire, parce que cette réaction était tellement prévisible.
Il n'était à Storybrooke que depuis quelques jours, mais la haine que Rumplestiltskin éprouvait pour les fées était connue de tous, et le jeune homme savait très bien pourquoi. Et il n'aurait sans doute pas dû en rire, mais c'était son histoire à lui aussi, et il valait sans doute mieux en rire qu'en pleurer.
(Et pleurer sur son abandon, il ne l'avait que trop fait autrefois jusqu'à ce qu'il n'ait plus de larmes, alors il avait caché sa tristesse de toutes ses forces, derrière un masque et fait comme si ça ne le touchait pas.
Et puis son passé lui était revenu en plein visage et le masque avait commencé à lentement se fissurer, semblant parfois à deux doigts d'exploser.
Ce n'était pas encore arrivé, mais un jour ça viendrait.
Et ce jour-là, ce serait à lui de ramasser les morceaux et d'espérer les recoller ensemble.)
« Je n'ai même pas fini de t'expliquer mon idée, reprit-il, avant que son père ne l'interrompe à nouveau.
- C'est hors de question. Je refuse de ne serait-ce qu'envisager l'idée. Tu sais bien ce que la fée Bleue a fait à notre famille.
- Elle ne nous a rien fait de mal, lui répondit-il. Je sais qu'elle n'est pas parfaite, loin de là, et qu'elle a merdé au cours de sa vie. (Oh que oui il le savait, il connaissait Clochette après tout. Il savait ce que Regina était devenue en partie à cause d'elle, parce qu'elle n'avait rien fait pour l'aider.) Mais ce jour-là, quand elle m'a donné le haricot magique, elle a vraiment voulu nous aider. Et quand je suis tombé dans le portail, c'était toi le responsable. Pas elle. Même si c'était un accident. Alors s'il te plaît, laisse-moi finir. Elles ont de la magie elles aussi, et en dehors de Cora, Regina, sans doute d'Emma, et de toi, ce sont les seules personnes puissantes en magie. Elles sont en train de travailler sur un moyen de régler le problème de la barrière, et de rendre la mémoire à ceux qui l'ont perdu ou risqueraient de la perdre. Et je voudrais… je voudrais que tu les aides dans cette entreprise. S'il te plaît.
Son père balaya sa suggestion d'un geste de la main.
- Les fées sont des créatures méprisables qui prétendent aider les gens alors qu'elles ne les conduisent qu'au malheur.
- Tu dirais pas ça si tu t'étais fait sauver la vie par l'une d'entre elles, lui répliqua son fils la voix emplie de rage et les poings serrés.
Qu'il haïsse la fée Bleue, soit, il en avait tout à fait le droit, mais il ne lui permettait pas de parler de ce dont il ne connaissait rien.
Son père le regarda avec surprise.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Voilà, c'était le moment.
Celui où il allait dire tout ce qu'il n'avait pas encore pu dire à son père jusque là.
Et il avait mal, il avait encore mal, son dos, et ses bras, ses jambes et tout le reste, alors même que la douleur s'était évanouie depuis des siècles, que les cicatrices avaient presque toutes disparues, ce n'était qu'une douleur fantôme, mais c'était comme si le simple d'y penser suffisait à la réveiller, comme autrefois.
Comme si, finalement, il n'avait jamais fui.
Comme si une part de lui-même était toujours là-bas, prisonnière des ombres et des monstres.
- Tu croyais vraiment que… qu'en m'enlevant ton père, ton cher père, allait se contenter de me mettre dans un coin et de m'oublier aussitôt arrivé ? Non, bien sûr que non… Je suis resté au camp des enfants perdus, et j'y suis resté longtemps. Tu n'es pas à le seul à avoir des blessures tu sais.
- Neal…
Il ne laissa pas son père terminer sa phrase, et montra son épaule gauche à son père qui ne put manquer la longue cicatrice blanche qui s'y trouvait.
Presque invisible certes, mais toujours là malgré le temps passé.
- Y en a quelques autres, mais sans une fée il en resterait sûrement beaucoup plus… cracha-t-il à son père.
- Tu veux dire que… qu'ils t'ont…
- Torturé ? Finit-il à sa place en remontant sa manche. Ouais, et pas qu'un peu. Quand je me suis tiré du camp, j'étais couvert de sang et je tenais à peine debout. C'est Clochette qui m'a récupéré, et sans elle… je serais sûrement mort. C'était juste un jeu pour Peter Pan, Félix et les autres… On se demande pourquoi je me suis enfui.
Il avait hurlé pourtant.
Ses hurlements avaient résonné dans toute l'île pendant des heures, des jours, des semaines, des mois malgré tout et cependant personne n'était jamais venu.
Crochet n'était jamais venu le chercher, il n'était jamais venu pour lui, il n'était jamais venu pour le sauver.
L'horreur de son récit flotta quelques instants dans l'air.
Son père blêmit.
- Je ne savais pas.
Son fils haussa les épaules comme si ce n'était rien.
- Tu pouvais pas savoir. Mais maintenant tu sais. Je… je me posais une question d'ailleurs. Ton père… il… il devait bien savoir qui j'étais, non ? Il a pas pu me choisir au hasard.
C'était une question qui hantait Rumplestiltskin depuis qu'il savait que son fils avait passé une bonne partie des deux derniers siècles au Pays Imaginaire.
Pourquoi son père avait-il enlevé son propre petit-fils ?
- Quand tu es arrivé là-bas, il ne t'a pas dit pourquoi tu étais là ?
- Non. Enfin, un d'eux a regardé un papier sur lequel devait être dessiné le visage d'un autre enfant je suppose, mais comme ce n'était pas moi… enfin je ne sais pas ce qui me serait arrivé si ça avait été moi celui qu'ils cherchaient.
L'immortel fronça les sourcils.
Ça devenait de plus en plus complexe cette histoire.
Et tordu.
Son père quoi.
Il se jura d'essayer d'y réfléchir une fois l'affaire Crochet et Cora enfin réglée.
- Je ne sais pas non plus, avoua-t-il.
- Ce que je veux dire, c'est que Clochette est une fée et elle est une des meilleures personnes que j'ai rencontrées de toute ma vie, alors… essaie de leur laisser une chance.
- Neal. Je suis le Ténébreux. Je suis les ténèbres incarnées, c'est ce que je suis littéralement, c'est ma nature, je ne peux rien y changer. Alors qu'elles sont la lumière. Jamais elles ne voudront de mon aide.
- Justement, le contredit son fils. Prouve leur le contraire. Prouve leur qu'elles ont tort et que tu peux faire quelque chose de bien, comme tu l'as fait en arrêtant la guerre autrefois, en réussissant là où elles avaient échoué. Prouve moi que j'ai raison de te faire à nouveau confiance.
Ce fut là qu'il sut qu'il était perdu pour de bon.
Il soupira et acquiesça.
- Très bien… C'est d'accord, je veux bien essayer.
Et les dieux savaient à quel point ça lui coûtait de dire ça…
Son fils se mit à sourire.
- Merci papa… Ça compte beaucoup pour moi.
Son père le serra alors dans ses bras.
- Je suis désolé Neal… Je suis tellement désolé.
Pardon de ne pas avoir pu te sauver quand tu avais le plus besoin de moi.
L'ancien enfant perdu le serra contre lui lui aussi.
- Moi aussi je suis désolé. J'aurais voulu que les choses se passent autrement.
- On devrait aller au port maintenant, histoire de voir où il a bien pu cacher son Jolly Roger. »
Donc après avoir parlé de son passé, il allait devoir y faire face physiquement ?
Merveilleux…
A suivre…
Chapter 63: Une tempête arrive au large.
Notes:
Titre du 09/03/2022 : Une tempête arrive au large
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
CRÉATURE 66 : Le Ténébreux
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspect de… Galadriel (LOTR) : Nenya : Écrire sur le Wakanda ou écrire sur un objet/sort/élément de protection
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Emma était venue avec eux.
Tant mieux.
Neal n'était pas sûr qu'il aurait été capable de faire face à cette épreuve en étant seul avec son père.
(Et pourtant, malgré tout, le paradoxe c'était que c'était lui qui avait voulu venir, qui avait décidé de lui-même de chercher le Jolly Roger alors qu'il aurait pu rester chez son père, ou dans sa boutique, ou même avec son fils, ou Belle ou n'importe qui d'autre dans Storybrooke, mais non.
Il avait choisi d'y retourner, volontairement, de son plein gré, de rouvrir cette plaie déjà à vif qui n'avait en un sens jamais guéri, peut-être pour pouvoir être sûr qu'il était vraiment là, pour réduire en cendres pour de bon le dernier espoir qu'il avait de pouvoir être débarrassé de lui pour toujours, lui qui avait cru que ce serait le cas quand il l'avait abandonné au géant.
Peut-être n'était-ce pas que pour ça.
Peut-être qu'il voulait aussi retourner sur ce navire qui avait autrefois été sa maison, le dernier endroit où il s'était réellement senti chez lui lorsqu'il était encore Baelfire.
Peut-être voulait-il seulement dire adieu aux derniers pans de son enfance qui s'était achevée pour toujours de manière brutale le jour où il avait appris la vérité sur sa mère et sur le pirate à qui il avait pourtant fait confiance et qui l'avait malgré ça trahi et abandonné.)
Parce que bientôt, il allait recevoir son passé en plein visage et que ça allait être tout sauf agréable.
Les images affluaient déjà dans son esprit, le faisaient depuis quelques minutes, depuis qu'il avait enfin parlé à son père de ce que le Pays Imaginaire lui avait infligé de pire, et ce sans qu'il parvienne à les en empêcher, sans qu'il ait le moindre contrôle sur elle ou sur ses pensées.
Il avait essayé pourtant, il avait vraiment essayé de ne pas y repenser mais c'était impossible.
Avant même de revoir le navire, il le revoyait déjà en esprit, il se revoyait dessus, il revoyait l'équipage, il revoyait Crochet, il revoyait les bons moments passés sur ce bateau, avant la trahison, il revoyait le moment de vérité, celui où en quelques secondes il avait absolument tout perdu.
Il sentit aussitôt ses yeux le brûler, et il s'y refusa catégoriquement.
Non.
Non, il n'allait pas pleurer, il n'allait pas verser une seule larme pour un homme qui avait passé son temps à lui mentir, à lui cacher la vérité, qui n'avait jamais tenu à lui, qui s'était uniquement servi de lui et qui l'avait trahi et abandonné une fois qu'il avait percé ses mensonges à jour.
(Et pourtant, et pourtant, sa petite escapade dans la Forêt Enchantée lui avait bien montré que dans d'autres circonstances, dans une autre vie, lui et le pirate auraient pu être amis.
Mais il lui avait fait bien trop de mal pour que ce soit encore possible, et il risquait de lui en faire encore, et surtout, il connaissait sa véritable identité désormais, alors aucun retour en arrière n'était possible maintenant.)
La voix de son père le tira de ses pensées.
« Est-ce que vous le voyez miss Swan ? Demanda-t-il à Emma.
- Je ne le vois pas du tout non, s'agaça la Sauveuse.
Un sourire amusé apparut sur le visage du Ténébreux.
- Justement miss Swan, c'est là tout le principe du sortilège de dissimulation que cette chère Cora a lancé sur le Jolly Roger… On ne peut pas voir ce qu'elle a caché, à moins d'être doté de pouvoirs magiques et de pouvoir défaire ce sort…
- Hé bien on dirait que pour l'instant j'en suis incapable, parce que là tout de suite, je ne sens rien du tout, et je n'ai pas spécialement envie de chercher à l'aveuglette en jetant mon pied dans le vide et en risquant à tout moment de tomber dans l'eau, je tiens à rester au sec.
Malgré la boule qui lui nouait la gorge et l'estomac, et ses yeux qui commençaient à piquer à cause des larmes qu'il refusait encore de laisser sortir, Neal parvint malgré tout à sourire.
C'était tout Emma ça, pragmatique et efficace avant tout.
- On vous comprend parfaitement sur ce point, lui rétorqua le sorcier. Je ne pense pas que vous soyez prête à défaire ce genre de sortilège, c'est tout, après tout, vous venez à peine de commencer votre formation.
Puis, d'un geste de la main gauche, il fit s'évanouir en un instant le sortilège de protection qu'avait jeté Cora sur le navire, et Emma et Neal purent alors se rendre compte qu'ils se trouvaient… juste à deux mètres du navire, et devant lui.
Et pourtant, ils n'avaient rien vu, et n'auraient pu le faire que si ils s'étaient un peu plus approchés, si il avaient touché la coque du navire ou avaient essayé de monter sur le pont, mais comme l'avait dit Emma, chercher partout sans savoir où aller n'aurait servi qu'à leur faire perdre du temps.
- Ouah, commenta cette dernière, c'est… impressionnant.
Rumplestiltskin renifla, amusé.
- Vous dites ça maintenant, mais bientôt, ça vous apparaîtra comme une simple formalité, un sortilège mineur.
- Ouais, peut-être, reconnut-elle, mais en tout cas… pas aujourd'hui. »
Mettre le pied sur le pont du Jolly Roger n'avait rien à voir avec la première fois où il l'avait fait.
Parce que, alors il faisait nuit, la nuit noire et quasi éternelle qui régnait toujours sur l'île elle-même, noyée sous les ombres comme elle l'était alors en permanence, il était glacé, trempé par l'eau de l'océan dans lequel il avait failli se noyer, il avait encore de l'eau dans les poumons, il était seul, perdu, et surtout il avait peur.
Il n'avait que quatorze ans, il venait tout juste d'être arraché à ceux qu'il considérait désormais comme sa famille, et il n'avait pas la moindre idée de ce qui allait bien pouvoir lui arriver.
Aujourd'hui, il n'avait plus peur, ou du moins essayait-il de s'en convaincre.
Maintenant, il était juste en colère.
Il ne fit pas attention aux commentaires d'Emma ou à ceux de son père, tout ce qu'il voyait alors qu'il regardait ce foutu navire c'était tout ce qui avait été et ne serait plus jamais, tout ce qu'il avait brièvement chéri et aimé puis perdu pour toujours.
Ce qu'il regardait, ce qui reprenait vie sous ses yeux actuellement, c'était un passé qui n'avait jamais été qu'un mensonge tout compte fait, et ça ne rendait ses souvenirs que plus amers encore.
Quand il repensait à son enfance avec son père, il se sentait triste, bien sûr, mais pas trahi, parce que son père, pour tous les défauts qu'il pouvait avoir, l'avait sincèrement aimé.
Crochet et son équipage n'avaient jamais fait autre chose que de se servir de lui, et il ne l'avait compris que trop tard.
Sans qu'il s'en rende compte, ses pas le menèrent tout droit au gouvernail, là où le pirate lui avait appris à naviguer, où il avait gravé les lettres avec son crochet pour lui indiquer les différentes directions possibles, le nord, le sud, l'est, l'ouest.
Ça non plus il ne l'avait pas oublié.
Les lettres avaient été barrées depuis, sans doute juste après qu'il l'ait livré à Pan et ses enfants perdus, il les avait barrées, avait essayé de les effacer, de les faire disparaître pour toujours, de faire comme si elles n'avaient jamais existé, comme si ce n'était jamais arrivé, comme si ça n'avait jamais compté à ses yeux.
(Mais c'était bien le cas, parce que ça n'avait jamais compté pour lui, qu'il n'avait jamais compté, pas vrai ?)
Cela lui fit plus mal qu'il ne l'aurait cru et ce fut à ce moment-là qu'il sentit une larme rouler le long de sa joue.
Et merde.
Pour réussir à ne pas pleurer, c'était raté.
§§§§
« Ils ont trouvé le navire, leur annonça Cora avec l'air de celle qui savait déjà que ça allait finir par arriver, alors qu'elle sentait le sortilège de protection lancé sur le navire être réduit à néant.
Elle n'était pas inquiète cependant, à la fois parce qu'elle avait toujours su, dès le moment où Rumplestiltskin avait refusé son offre, que ce ne serait qu'une question de temps, que d'ici peu toute la ville saurait qu'ils étaient là, mais aussi que le navire du pirate serait tôt ou tard découvert.
Ce moment venait tout juste d'arriver.
Elle ne s'en plaindrait pas, ça leur donnerait de quoi s'occuper et réfléchir, lui donnant le temps de mettre son plan en place.
(C'était d'ailleurs pour ça que, dès qu'elle avait pu le faire, une fois sa fille éloignée, elle avait téléporté la cage qui se trouvait sur le vaisseau au loin, très loin, là où ils ne pourraient pas la trouver, où ils ne penseraient même pas à chercher, surtout si ils n'étaient pas au courant de son existence.
Il y avait des choses que Rumplestiltskin et Regina n'avaient pas besoin de savoir, pas encore…)
- Malgré votre sort de protection ? S'étonna Crochet. Comment est-on censés faire pour battre le Ténébreux si il peut se défaire de vos sorts si facilement ? Je vous rappelle que de nous trois, vous êtes la seule à pouvoir faire de la magie, et que nous n'avons toujours pas mis la main sur sa fichue dague. Nous sommes pieds et poings liés, c'est même un miracle qu'il ne nous ait pas encore trouvés alors qu'il sait où nous sommes.
Le pirate commençait à s'impatienter, et Regina n'en était pas étonnée, cela faisait des siècles qu'il avait envie de pouvoir prendre sa vengeance contre son crocodile, elle comprenait qu'il en ait marre d'attendre.
Cora aussi s'impatientait, elle le sentait bien, même si c'était moins visible, mais c'était elle qui l'avait élevée, et elle avait appris à décoder la moindre de ses expressions, et à déterminer avec certitude si la tempête était à deux doigts de la menacer et d'éclater.
Le moment ne tarderait pas.
- Je n'ai pas encore dit mon dernier mot. Il faut juste que Regina retrouve ses pouvoirs. »
À vrai dire, la méchante reine avait un avantage sur sa mère.
Elle connaissait le monde sans magie, elle connaissait son fonctionnement, alors que la reine de cœur venait tout juste d'arriver, n'y avait jamais mis les pieds avant cela, aussi, là où elle aurait su exactement quoi faire dans la Forêt Enchantée, au Pays des merveilles ou tout autre monde pourvu entièrement de magie (Storybrooke n'était qu'une exception et même là la magie marchait différemment), ici, ce n'était pas le cas.
Et Regina avait tout fait pour en profiter le plus possible, lui donner des pistes qui ne marcheraient pas en sachant que cela ne pouvait pas fonctionner et en croisant les doigts pour que la sorcière ne s'en rende pas compte.
Ce temps-là était sur le point de se terminer pour de bon.
Elle avait fait tout ce qu'elle pouvait pour retarder ses plans le plus possible, mais maintenant…
Il était hors de question de reculer, de ne serait-ce que de risquer que sa mère ait le moindre petit soupçon au sujet de sa loyauté envers elle.
- À ce propos, j'ai peut-être une idée, dit-elle alors, feignant d'hésiter, ce qui n'était pas totalement un mensonge, après tout elle et Rumplestiltskin n'avaient aucune assurance que leur idée pourrait marcher réellement.
Cora fronça les sourcils.
- Ah oui ? Demanda-t-elle, sceptique, presque comme si elle n'était pas vraiment sure que sa fille soit réellement capable de trouver une idée valable et crédible.
Et malgré elle, Regina se sentit blessée, et autrefois, elle aurait tout fait pour prouver à sa mère qu'elle avait tort, qu'elle pouvait y arriver, mais plus maintenant.
Elle n'avait plus envie de le faire, et en un sens, c'était réconfortant.
Peut-être allait-elle réellement parvenir à se libérer pour de bon de son emprise après tout.
- Oui. Je n'ai aucune certitude, et peut-être que je me trompe, mais… en parlant d'objets magiques, il se trouve que je me suis souvenue d'un ouvrage dont je ne me suis pas servie depuis des années, que je n'ai utilisé qu'à mes débuts de sorcière, lorsque Rumplestiltskin m'enseignait la magie… votre livre de sortilèges mère.
C'était une chance que cela remonte à si longtemps, parce que dans le cas contraire, Cora n'aurait sûrement pas oublié, mais au vu de la lueur qui s'alluma dans ses yeux, c'était le cas, et un sourire se dessina sur ses lèvres.
- Effectivement… Ça pourrait marcher. Où se trouve-t-il actuellement ?
- Je ne sais pas, mentit-elle, je n'ai jamais eu besoin de magie avant que la malédiction ne soit brisée, et après je n'ai pas eu l'occasion d'aller voir dans mes affaires ou les votres dans notre caveau, il se trouve peut-être ici… ou alors c'est Rumplestiltskin qui l'a en sa possession.
Le visage de sa mère se ferma immédiatement.
- J'ose espérer pour toi que ce n'est pas le cas, dit-elle avec froideur et le regard dur, presque accusateur, comme si c'était de sa faute.
Et alors qu'elle était une jeune femme adulte, qu'elle était mère, qu'elle avait été reine, mairesse, qu'elle était une sorcière crainte par des milliers de personnes, elle eut pourtant l'impression de se faire gronder telle une enfant qui avait fait une bêtise, et elle se recroquevilla instinctivement et involontairement sur elle-même.
- Oui mère, se contenta-t-elle de répondre, comme la petite fille obéissante qu'elle n'était plus.
Sa peur, elle au moins, n'était pas un mensonge.
- Bien. Le caveau est-il protégé par magie ?
- Pas par la mienne, et Rumplestiltskin n'avait aucune raison de s'en approcher, puisque j'ai passé un marché avec lui pour obtenir le Sort noir, tout ce qui était à lui à l'époque et qui n'est pas resté dans la Forêt Enchantée se trouve chez lui depuis que Storybrooke a été créée.
Elle aurait dû savoir à l'époque qu'elle était en train de se faire avoir.
- Parfait. Allons-y. »
Et d'un geste de la main, elle les téléporta tous les trois dans le caveau familial des Mills.
§§§§
Rumplestiltskin avait été malin.
Mettre le livre de sortilèges bien en évidence et à la vue de tous aurait semblé suspect, le cacher dans un endroit impossible à trouver alors qu'apparemment tout le monde hormis Regina avait oublié son existence l'aurait été tout autant.
Non, il se trouvait parmi les affaires de Regina, celles qu'elle avait emportées de la Forêt Enchantée et qui symbolisaient l'époque où elle était la reine.
Où elle était un monstre.
(Elle en était encore un mais là c'était différent, elle voulait changer.)
En un sens, elle aurait presque préféré qu'il ne soit plus là, qu'il ait disparu, ait été réduit en cendres parce qu'elle aurait pu continuer à faire traîner les choses, mais non.
Le Ténébreux avait bien rempli sa part du marché.
C'était Crochet qui avait trouvé le livre, et en le prenant en main, Regina avait tout fait pour s'empêcher de trembler.
Parce que là, nichée sous son crâne, il y avait la peur que, une fois sa magie récupérée, elle redevienne exactement comme avant, que les quelques efforts qu'elle avait faits ne soient subitement réduits à néant parce qu'elle était trop faible pour y arriver, comme elle l'avait été autrefois.
Elle prit une profonde inspiration, ouvrit le livre de sortilège, souffla sur les mots inscrits sur le papier, et…
Ses yeux se mirent à briller et elle sentit la magie à nouveau envahir son corps et brûler comme autrefois dans ses veines.
Ça lui fit du bien.
Devant elle, sa mère se mit à sourire.
Regina détesta immédiatement ce sourire parce qu'elle savait parfaitement ce que ça signifiait.
« Nous allons enfin pouvoir commencer, se réjouit la reine de cœur. »
Et la brune sut alors que son pressentiment avait été juste.
Une tempête se préparait et allait bientôt déferler sur Storybrooke.
Et elle n'était pas sure que qui que ce soit y soit réellement préparé.
A suivre…
Chapter 64: Une tension extrême.
Notes:
Titre du 17/01/2022 : Une tension extrême
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Jack 2 (L'étrange Noël de monsieur Jack) : Halloween : Écrire une scène avec une créature fantastique ou une scène qui se déroule le soir d'Halloween
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Ça avait été si facile d'y mettre le feu.
D'abord il avait fallu retrouver le parchemin du sortilège du cœur vide, mais maintenant qu'elle savait où étaient les affaires de sa mère et que cette dernière et le pirate se trouvaient ailleurs dans la ville à monter elle ne savait quel projet secret (pour une fois, leur méfiance à son égard servait ses plans), elle n'avait pas mis beaucoup de temps à mettre la main dessus.
Et, une fois qu'elle l'avait eu entre les mains, elle n'avait pas hésité une seule seconde.
Elle avait cru le contraire, avant, qu'une fois qu'elle serait mise face à ce choix elle hésiterait, au moins pendant quelques secondes, voire quelques minutes parce qu'elle restait la méchante reine, que son cœur était noir, que les ténèbres la tentaient toujours et que ça aurait été la solution parfaite pour avoir à la fois l'amour de son fils, même faux, même artificiel et sa vengeance, ainsi que le pouvoir.
Mais non.
Parce que quand elle regardait ce parchemin, elle voyait celle qu'elle ne voulait plus jamais être, elle voyait tous ses crimes, les innocents tués, torturés, la souffrance infligée, les cœurs arrachés, et si jamais elle lançait ce sort sur Henry, si elle ne faisait qu'en envisager la possibilité, alors ça voudrait dire qu'elle n'avait toujours pas changé.
Alors, d'un geste de la main, elle serra le parchemin et regarda la boule de feu qu'elle avait invoqué la consumer en seulement un instant.
C'était drôle, non ?
Qu'un sort aussi maléfique, puissant et dévastateur puisse être réduit à néant par une chose aussi simple et banale que du feu et des flammes.
Alors qu'elle ouvrait la main et n'y découvrait rien excepté des cendres, Regina Mills se mit à sourire, apaisée, se sentant d'un seul coup libérée d'un poids.
Voilà au moins une chose que sa mère ne pourrait pas lui prendre, une blessure qu'elle ne pourrait pas lui infliger.
Elle ne transformerait jamais son fils en coquille vide, persuadé d'aimer sa mère plus que tout au monde, jamais elle ne le ferait vivre dans un mensonge.
Jamais ça n'arriverait, elle se le jurait.
§§§§
Le couvent.
En tant que monsieur Gold durant la malédiction, Rumplestiltskin n'avait jamais beaucoup aimé se rendre au couvent, à part pour y récolter l'argent que lui devaient les sœurs.
Avant de récupérer ses souvenirs, il n'avait jamais su pourquoi, il n'avait jamais réussi à expliquer d'où lui venait ce sentiment profond de haine, de fureur et de colère, en particulier vis-à-vis de la mère Supérieure, et ce n'était aucunement un sentiment anti-religieux ou une haine quelconque de l'Église en général, alors pourquoi…
Et puis Emma Swan était entrée au Granny's, il avait entendu son prénom et alors il s'était souvenu du fils et de la femme qu'il avait perdus puis de la femme qu'il jugeait comme responsable de la disparition de son fils unique.
Et là, il avait su pourquoi il la détestait.
Et maintenant, face à ce couvent qui représentait tout ce qu'il détestait dans l'univers, même si il savait que la fée bleue n'était pas la responsable de ce qui était arrivé le jour où son fils était tombé dans le portail magique, il ne put empêcher sa haine de refluer sans être capable de la contrôler.
Une part de lui-même avait presque envie de réduire le lieu en cendres, de tout détruire, de la faire payer, de la faire souffrir comme elle l'avait fait souffrir en lui prenant son fils, parce que si elle ne lui avait pas donné ce haricot magique, tout cela ne serait jamais arrivé.
Mais non.
Il avait fait une promesse à Neal, et il avait bien l'intention de la tenir.
Aussi, il prit une profonde inspiration et entra finalement dans le couvent en maudissant son fils une nouvelle fois pour son idée farfelue.
Et alors qu'il aurait pu tomber sur n'importe laquelle des fées qui s'y trouvait, il fallut qu'il aperçoive tout d'abord… la fée bleue.
Évidemment.
Celle-ci se figea immédiatement sur place en réalisant qui était là, et son visage changea instantanément d'expression, et le Ténébreux ne put s'empêcher de ressentir une espèce de satisfaction mal placée en constatant qu'il lui faisait toujours aussi peur.
« Fée bleue, la salua-t-il avec le minimum de politesse acceptable, ce qui était déjà bien plus que ce qu'il faisait autrefois dans la Forêt Enchantée.
- Ténébreux, lui répondit-elle en essayant de rester calme et de lui montrer le moins possible à quel point elle avait peur, il pouvait au moins lui accorder ça. Qu'est-ce que vous faites ici ? Qu'est-ce que vous voulez au juste ? Je doute qu'il s'agisse d'une simple visite de courtoisie. Si vous êtes là pour votre loyer, je vous rappelle que les autres fées et moi nous ne vous devons plus rien, et ne vous devrons plus jamais rien, au cas où vous l'auriez oublié, dit-elle avec ironie.
Depuis la fin de la malédiction, beaucoup de choses avaient changé voire avaient même carrément disparu.
Le fait que Rumplestiltskin possédait l'intégralité de la ville était l'une d'entre elles.
Celui-ci ne s'en plaignait pas, il était déjà suffisamment riche comme ça dans ce monde, il avait sa maison, sa boutique, et au besoin il était à nouveau capable de filer la paille en or si jamais il le fallait.
Non, c'était plutôt le fait de ne plus avoir le moindre pouvoir sur elles qui allait lui manquer, mais après tout, il était bien supposé essayer d'être moins dépendant au pouvoir pas vrai ?
- Je ne suis pas là pour ça, lui rétorqua-t-il, je suis peut-être immortel, plusieurs fois centenaires et incroyablement vieux, ça ne veut pas dire que je suis atteint de la maladie d'Alzheimer pour autant.
Sa tentative d'humour ne fit ni rire ni même sourire Reul Ghorm, et il n'en fut pas étonné, le jour où elle afficherait autre chose que de la méfiance ou de la peur à son égard serait à marquer d'une pierre blanche.
- Alors pourquoi dans ce cas-là ?
- C'est mon fils qui m'a demandé de venir.
La surprise se dessina sur le visage de la brune.
- Baelfire ? S'écria-t-elle, étonnée. Enfin, Neal, rectifia-t-elle la seconde suivante.
- N'ayant pas d'autre fils, ou du moins pas que je sache, ironisa-t-il, oui.
Quelques secondes plus tard, une lueur de compréhension apparut dans ses yeux.
- C'est en lien avec la barrière, n'est-ce pas ? Et les gens qui risquent de perdre la mémoire en quittant Storybrooke.
- C'est ça. Il voudrait que je vous aide à trouver un moyen d'inverser les effets de l'amnésie voire de la faire complètement disparaître. Je lui ai dit que je trouvais son idée ridicule et que vous alliez forcément refuser mon aide. Que répondez-vous à cela ?
À qui allez-vous donc donner tort ? Pensa-t-il, songeur.
Quelque chose d'inattendu se produisit alors.
Une lueur d'hésitation apparut dans les yeux de la fée bleue.
Cette dernière était beaucoup de choses, forte, courageuse, combative et déterminée.
Mais hésitante ?
Jamais.
- Au cours de ma longue vie, j'ai commis de nombreuses erreurs, reconnut l'immortelle.
Et ce simple aveu suffit à stupéfier le sorcier.
Jamais il n'avait entendu sa vieille ennemie reconnaître ses torts d'une quelconque façon.
- J'ai fait du mal à des gens en pensant les aider, ou bien j'ai refusé d'en aider d'autres parce que je les pensais perdus et incapables d'être sauvés… Si je… si j'avais accepté de laisser Clochette aider Regina, nous n'en serions peut-être pas là aujourd'hui, et c'est… un de mes plus grands regrets.
- J'aurais tout fait pour la pousser dans la mauvaise direction, la contredit l'antiquaire.
- Je sais oui. Mais… mais au moins j'aurais pu me dire que j'avais essayé à défaut de réussir, et ça aurait déjà été quelque chose. Votre fils… m'a dit que vous vouliez changer, et je… J'ai envie d'y croire, cette fois j'ai envie de faire le bon choix, alors je… J'accepte votre aide Rumplestiltskin. »
Oh.
Hé bien heureusement qu'il n'avait pas parié sur l'issue de cette conversation.
Il aurait perdu.
§§§§
Comment faire pour avoir des relations sociales avec les humains ?
Si un livre avec un tel titre avait existé, le shérif l'aurait immédiatement acheté afin de réussir à percer ce mystère insondable.
Graham n'avait jamais eu à se poser une question pareille durant une grande partie de son existence, d'abord parce qu'il avait vécu presque exclusivement avec des loups jusqu'à l'âge adulte et que ses rares contacts avec les autres membres de son espèces avaient été tout sauf amicaux, et parce qu'ensuite il avait été fait prisonnier par la méchante reine.
À partir de là, et ce jusqu'à ce que la malédiction soit lancée, ses seules interactions humaines s'étaient résumées à la reine, son père, les gardes à son service et à un génie transformé en miroir magique.
Disons que ce n'était pas là qu'il avait pu apprendre à être sociable d'une quelconque façon.
Et puis, Regina avait lancé le Sort Noir, et il était devenu Graham Humbert, le shérif courageux et gentil aimé de tous.
Graham savait comment faire pour être proche des gens, même si il était au final assez solitaire, parce qu'il avait grandi au milieu des humains à Storybrooke, il savait des choses qu'il ne savait pas avant, dans la Forêt Enchantée.
Mais il n'était pas Graham, enfin, pas complètement, il était lui, mais il était aussi le chasseur.
Et c'était là que les choses se compliquaient.
En se souvenant de qui il avait été autrefois, il n'avait pas oublié ce que son lui de Storybrooke savait, non, mais il s'était souvenu du reste aussi.
Il s'était rappelé de tout ce que Regina lui avait infligé autrefois quand elle avait de lui sa marionnette et qu'il s'était retrouvé sans défense face à elle.
Il se souvenait de la douleur, de ses traumatismes, de tout ce dont il n'avait jamais parlé à personne lorsqu'il avait commencé à souvenir et dont il commençait à peine à parler à Archie, il se souvenait que…
Il se souvenait qu'au final il avait toujours été seul.
Et il ne savait pas comment ne plus l'être.
Des amis, il en avait maintenant à Storybrooke, il avait Emma, Blanche-Neige et bien d'autres qu'il avait côtoyés durant vingt-huit ans et à qui il s'était attaché.
Mais…
Mais comme il l'avait dit à Archie, tomber amoureux, tomber vraiment amoureux de quelqu'un, ça ne lui était jamais arrivé avant, que ce soit faute d'occasion ou à cause de son manque littéral de cœur.
Aussi, alors qu'il se dirigeait vers August qui l'attendait au Granny's après sa consultation avec Archie, si il sentit son cœur s'emballer, ce ne fut pas parce que l'ancienne marionnette était là mais bien parce qu'il avait peur.
« Alors, comment ça s'est passé avec Archie ? Lui demanda son ami.
Le fils de Geppetto savait certaines choses, mais il ne savait pas tout, et Graham n'était pas sûr d'être vraiment prêt à en parler.
- Bien, dit-il, parce que ce n'était pas un mensonge. Il prit une profonde inspiration. Il voudrait que je te parle.
August leva un sourcil surpris.
- Pourquoi ça ?
Comment, comment, comment allait-il bien pouvoir le lui dire ?
- Je… je… J'ai vécu sans cœur pendant plus de vingt-huit ans, lâcha-t-il enfin.
August blêmit, il savait déjà que le chasseur s'était fait arracher le cœur, mais il ne connaissait pas tous les détails.
- Je ne savais pas ce que… enfin… qu'est-ce qui s'est passé ?
Il avait vécu dans la Forêt Enchantée à cette époque, mais il avait huit ans alors, il ne se souvenait pas de tout, forcément, et son père avait tenu à ce qu'il en sache le moins possible, pour le protéger.
Alors Graham raconta l'histoire du chasseur, de la méchante reine et de la princesse Blanche-Neige et Pinocchio eut très rapidement envie de vomir.
Il comprenait mieux certaines choses maintenant.
- Je… je suis désolé. Désolé que tu ais dû vivre toutes ces choses horribles et que tu ais été seul pour les affronter. Mais… pourquoi m'en parler à moi ? Pourquoi maintenant ?
- Parce que je… Parce que je t'aime bien August, que tu me plais et que… que je suis en train de tomber amoureux de toi et que ça me fait peur parce que je n'ai absolument aucune idée de ce que je suis censé faire dans ce genre de situation et que je tenais à ce que tu saches ce que j'ai traversé.
À sa grande surprise, August éclata de rire.
- Graham… J'ai passé les vingt-huit dernières années que j'ai vécues hors de Storybrooke à mentir sur ma véritable identité à tout le monde, alors niveau romance je m'y connais pas vraiment plus que toi donc si on commence quelque chose – ce qui est une perspective qui m'intéresse beaucoup – disons qu'on sera tous les deux paumés.
Le shérif sourit, sentant sa tension retomber un peu.
Le visage du pantin de bois redevint grave.
- Merci de me l'avoir dit en tout cas. Et si jamais il y a d'autres choses que tu veux me dire à propos de ton passé… n'hésite pas.
Graham acquiesça.
- Alors, est-ce que… est-ce qu'on est ensemble ? Demanda-t-il avec un sourire hésitant.
August prit sa main dans la sienne et sourit à son tour.
- Je crois que oui, je pense qu'on peut… qu'on peut essayer en tout cas. Et voir ce que ça donne. Si ça marche ou pas. Voir si on peut réussir à dépasser ce qu'on a vécu et surmonter ça ensemble. Guérir. Être heureux. Ce serait bien non ?
Le chasseur serra sa main dans la sienne.
- Oui August. En effet, je pense que ce serait bien. »
Ils allaient essayer en tout cas.
Ils allaient vraiment essayer.
A suivre…
Chapter 65: Un vent hivernal.
Notes:
Titre du 09/12/2021 : Un vent hivernal
Vierge : Neal & Henry (OUAT)
H : Henry Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects du… hameçon magique : Délire de la nuit du FoF : écrire une scène nocturne ou placer dans votre texte un mot tombé lors de la nuit du FoF
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Henry n'allait pas bien.
C'était une évidence que n'importe qui à Storybrooke aurait pu constater, et Neal n'était pas aveugle, il voyait bien que depuis que Regina se trouvait officiellement du côté de Cora, le petit garçon n'était pas dans son assiette.
Il le comprenait, bien sûr, même si ce n'était aucunement comparable, lui aussi il avait été élevé par un parent qui se trouvait du côté des ténèbres, il savait ce que ça faisait de voir quelqu'un qu'on aime s'éloigner peu à peu, de le perdre sans pouvoir faire quoi que ce soit pour empêcher l'inévitable d'arriver.
Il aurait aimé pouvoir lui dire la vérité, lui avouer que sa mère ne faisait que faire semblant mais il ne le pouvait pas.
Regina avait été très claire à ce sujet et il était d'accord avec elle, si mentir à Henry et lui cacher la vérité permettait de le protéger alors il valait mieux que ça se passe comme ça.
Aussi, désireux de lui changer les idées, il avait décidé de l'emmener au Granny's, espérant par là que l'enfant pourrait alors enfin penser à autre chose.
Alors que ce dernier lui parlait de ce qu'il avait vu à l'école durant la journée (oui, la vie continuait même quand votre ville était menacée par une sorcière plus ou moins décidée à tuer tout le monde), le vent se leva.
Neal frissonna aussitôt.
Henry fronça les sourcils.
« Est-ce que ça va ? Demanda-t-il à son père.
- Oui, lui répondit-il, j'ai juste un peu froid c'est tout. »
Il détestait tellement avoir froid.
Il avait vécu dans les rues de Londres autrefois, avant de réussir à trouver une famille en rencontrant les Darling, il se souvenait du froid glacial qui l'avait envahi et traversé pendant tellement longtemps qu'il avait presque fini par oublier ce que ça faisait d'avoir chaud.
Et puis, il avait trouvé une maison, enfin, et il avait cru que ce serait terminé.
C'était sans compter sur l'ombre de Peter Pan et le Pays imaginaire, où le vent et le froid avaient été son quotidien pendant près de deux cents ans, même la grotte où il vivait ne l'avait pas protégé du froid.
Même une fois arrivé à nouveau dans le monde sans magie, il avait eu froid à de nombreuses reprises, et alors il avait fini par se faire une promesse.
Celle que plus jamais il n'aurait aussi froid, qu'il ne connaîtrait plus de froid comme celui-ci.
(Sa chute dans un portail et son arrivée à Storybrooke, où il faisait plus froid qu'à New York, avaient un peu démenti cette promesse.)
« Je n'arrive toujours pas à y croire, lâcha Henry une fois face à son chocolat chaud, et Neal sut aussitôt de quoi il parlait.
Ou plutôt de qui.
- Je sais Henry, je sais, soupira-t-il, ne sachant pas quoi ajouter d'autre.
- Elle m'avait fait une promesse, et elle… enfin, c'est comme si tout ce qu'elle m'avait dit ne valait rien. »
Puis il se tut, et Neal ne put s'empêcher de grimacer.
Dire qu'il n'était même pas capable de réconforter correctement son fils…
§§§§
Un géant…
Le plan de sa mère, c'était…
Un géant.
Un putain de foutu géant.
Putain de bordel de merde.
Elle aurait dû le savoir.
Elle aurait dû savoir que sa mère ne tarderait pas à mettre son plan en place et que surtout, celui-ci ne lui plairait pas.
« Qui est-ce ? Demanda-t-elle avec une nonchalance qu'elle espérait convaincante à sa mère alors qu'elle faisait face au géant endormi.
- Son nom est Anton.
Anton…
Neal leur avait bien dit que le géant qu'il avait affronté et dont il avait fini par gagner la confiance s'appelait Anton, pas vrai ?
Ça ne pouvait pas être une coïncidence, au vu du peu de géants qui restait encore dans ce monde.
Elle tacha de dissimuler sa surprise du mieux qu'elle put, en espérant également que ses alliés puissent tourner ça à leur avantage, ils n'avaient vraiment pas besoin d'un ennemi en plus à affronter.
Surtout un ennemi de ce genre là.
- Et… pourquoi l'avoir enlevé ? Je veux dire en dehors du fait évident qu'un géant peut causer de nombreux dégâts une fois qu'il possède sa taille normale.
Elle ne voulait même pas imaginer l'état des infrastructures de Storybrooke après son passage, et elle bénit Rumplestiltskin d'avoir introduit la magie dans la petite ville du Maine, sans ça, tout reconstruire risquerait de prendre un temps considérable.
Un sourire sournois apparut sur le visage de sa mère.
- Ce géant a une particularité… Autrefois, l'entièreté de son peuple et de sa famille ont été massacrés par un prince que toi et moi nous connaissions fort bien… le prince James, le fils du roi George. Depuis ce cher Anton lui voue une haine farouche et ne rêve que de vengeance.
- Mais, protesta Regina, le prince James est mort il y a déjà des années, alors pourquoi est-ce que vous…
Elle sut ce que voulait faire sa mère avant même de finir sa phrase, et ses yeux s'écarquillèrent de surprise, alors qu'une lueur de compréhension apparaissait dans ces derniers.
Oui, James était mort, mais…
Mais David, lui, était toujours en vie.
Et David était son frère jumeau.
L'idée l'aurait réjouie autrefois, mais elle ne fit que glacer son sang dans ses veines, et cela la rassura.
Cela signifiait qu'elle était belle et bien en train de changer, qu'elle ne voulait plus se venger, qu'elle ne voulait plus les tuer.
Elle se força à sourire pourtant, parce que c'était ce que sa mère voulait qu'elle fasse.
- Un géant veut tuer le prince… murmura-t-elle, avec un air faussement ravi sur le visage. Vous comptez donc sur le fait qu'il le prendra pour son frère jumeau mère ? C'est finement bien joué.
Elle n'avait plus qu'à prier pour que le géant pense à vérifier l'identité de sa cible avant de l'attaquer en fonçant tête baissée sans réfléchir…
- Merci Regina.
- Et vous, de votre côté ? Je me doute bien que vous ne resterez pas assise là sans rien faire en attendant que ça se passe.
Et Crochet non plus, jugea-t-elle en lisant l'impatience sur son visage.
Le pirate voulait sa vengeance et tuer le Ténébreux plus que tout, c'était une évidence.
Qu'est-ce que vous voulez mère ? Pensa-t-elle, angoissée.
Qu'est-ce que vous voulez vraiment à la fin ?
- Tu le sauras en temps voulu. »
Regina savait qu'elle n'aurait pas dû se sentir aussi amère que sa mère ne lui fasse toujours pas confiance, mais elle ne put s'en empêcher.
§§§§
Ce ne fut que lorsqu'elles furent seules que Regina comprit pourquoi sa mère ne lui avait pas confié ses véritables intentions tout de suite.
« Je vais tuer Rumplestiltskin et devenir la Ténébreuse, lui annonça-t-elle dès qu'elles se retrouvèrent dans sa maison, le pirate étant resté sur son navire. Pendant qu'Anton ravagera la ville, toi et moi nous chercherons où il cache sa dague.
Regina la regarda avec incrédulité, saisissant d'un seul coup absolument tout ce que sa mère voulait faire.
- Quoi ? S'écria-t-elle, stupéfaite. Mais vous… vous savez bien que Jones veut avoir sa vengeance contre lui, il veut le tuer de ses mains, je le sais, vous le savez, tout le monde dans cette ville doit le savoir maintenant ! Et comme vous vous êtes alliée à lui, je pensais…
- Je sais très bien ce qu'il veut Regina, lui répondit sa mère, agacée, et ce n'est pas parce que nous travaillons ensemble qu'il l'aura.
Vous lui avez menti, faillit-elle lui balancer au visage.
Elle n'aurait pas dû être surprise pourtant.
C'était ce que la reine de cœur faisait tout le temps, avec tout le monde, pourquoi cela aurait-il dû être différent cette fois ?
Surtout s'agissant d'un homme qui avait été envoyé pour la tuer.
Aussi, la brune se força à sourire une nouvelle fois.
- Je comprends mieux. C'est finement joué. »
En son for intérieur, elle frissonna pourtant, elle n'avait pas spécialement envie de sauver Rumplestiltskin, pas avec tout le passif qu'il y avait entre eux, mais au moins, si c'était Crochet qui l'avait tué, hé bien…
Il l'aurait sûrement fait en se servant de sa dague après l'avoir trouvé pour l'invoquer et le forcer à sortir de la ville, et une fois le Ténébreux privé de ses pouvoirs, il l'aurait tué.
Tuer son ennemi et détruire les ténèbres en même temps, c'était ce qu'il ferait si il pouvait, à la fois parce que c'était la bonne chose à faire (elle le savait qu'il croyait en la justice autrefois, tout comme elle, elle savait que cette partie de lui n'était pas complètement morte et enterrée) et surtout parce qu'il ne voulait définitivement pas devenir le Ténébreux à la place du Ténébreux.
Mais si c'était sa mère qui tuait Rumplestiltskin, alors…
Elle le savait d'avance…
Ils seraient tous perdus et plus rien ni personne ne pourrait les sauver…
Au moins, Emma, Rumplestiltskin et Graham allaient enfin savoir quel était le plan machiavélique de sa mère.
§§§§
Le lendemain.
Emma savait depuis le début que quelque chose allait finir par merder.
Elle le savait depuis que Regina leur avait dit que Cora était à Storybrooke, elle le sentait dans ses os et dans tout son être, que quelque chose allait mal se passer.
Elle ne s'attendait absolument pas à ça cependant.
Un géant ?
Sérieusement ?
Et qu'est-ce que ce serait après, un dragon ?
Ah oui non, déjà fait ça.
Bref.
L'arme secrète de Cora, c'était un géant de plusieurs mètres de haut, bien décidé à tout casser en ville, et…
Et c'était terrifiant.
La jeune femme sentit tout son être se figer, terrorisée comme elle l'était, parce qu'elle était peut-être née dans la Forêt Enchantée, mais elle avait vécu durant vingt-huit ans dans le monde sans magie, elle n'était pas prête pour affronter ce genre de choses, pas alors qu'elle commençait à peine à maîtriser sa magie.
Et oui, elle s'était battue contre une dragonne, c'est vrai, mais à ce moment-là, elle savait à peu près quoi faire, elle s'y était préparée.
Ce n'était pas le cas cette fois, elle ne s'attendait pas à ça, à ce genre d'ennemi, et tout ça, la magie, les contes de fées, les princes et les princesses, les fées, les sorciers et les géants, les malédictions, les combats épiques, tout ce bordel, ce…
Ce n'était pas elle en fin de compte.
Pas encore en tout cas.
Oh et apparemment le géant voulait aussi tuer son père, accessoirement, parce que sinon ça n'aurait pas été drôle, bien sûr.
Elle était Emma Swan bordel, elle était la Sauveuse, et pourtant…
Pourtant, elle n'avait même pas été capable de protéger sa famille d'un géant.
Qu'est-ce que ce serait quand Cora frapperait vraiment, avec toute la force et la magie dont elle était capable ?
La blonde ne voulait même pas y penser à vrai dire.
Finalement, si tout s'était bien terminé, c'était uniquement parce que Neal était là, qu'il le connaissait suite à son passage dans la Forêt Enchantée, et qu'il avait réussi à le raisonner jusqu'à ce qu'il accepte la vérité : que James était mort et que c'était David qu'il avait tenté de tuer.
Ah !
L'ironie faisait mal parfois tout de même.
La seule raison pour laquelle aucun d'eux n'était mort ou blessé, c'était parce que Neal Cassidy avait été là et qu'il avait réussi à gagner la confiance d'un géant nommé Anton.
Existait-il vraiment une meilleure manière pour l'univers de se foutre complètement de sa gueule ?
§§§§
Elle était à deux doigts d'exploser, vraiment.
Entre ce qui venait de se produire, la présence de Cora qui lui foutait toujours autant les jetons alors même qu'elle ne l'avait pas encore rencontrée et le bruit des cœurs du caveau de Regina…
Elle allait péter les plombs à un moment, et ça ne surprendrait personne.
« Emma… Commença Regina, tentant sans doute de la calmer avant que l'orage n'éclate.
- Un géant ? Hurla la princesse avec quelque chose d'hystérique dans la voix. Regina, ta mère et Crochet ont ramené un putain de foutu géant ? À Storybrooke ? Sérieusement ? SÉRIEUSEMENT ?
- Je… je suis désolée.
- Et tu n'aurais pas pu, je ne sais pas, nous prévenir avant qu'on se fasse attaquer ? Histoire qu'on puisse se préparer un peu au moins, bon on aurait dû faire semblant d'avoir peur et on aurait été obligés d'agiter les bras partout et dans tous les sens pour que ça ait l'air crédible mais au moins j'aurais pas eu la peur de ma vie !
Si Rumplestiltskin eut un discret sourire, Regina resta grave, de même que la Sauveuse.
- Je ne suis au courant de sa présence à Storybrooke que depuis hier, avoua-t-elle, j'aurais aimé pouvoir vous prévenir mais ma mère me surveille et je ne peux pas m'esquiver aussi souvent que je le voudrais.
- Un géant ? Répéta Emma, estomaquée, comme si elle venait une nouvelle fois d'apprendre que la magie existait et qu'elle n'arrivait toujours pas à y croire.
- Méfiez-vous miss Swan, ironisa le Ténébreux, vous êtes en train de vous transformer en disque rayé.
Emma le fusilla du regard.
- La ferme vous. Et où est-ce que vous étiez d'abord ?
- En train d'essayer d'avoir une vie de famille. C'est difficile d'en avoir une quand on a été seul si longtemps, je ne vous apprends rien de nouveau.
- Ouais, marmonna-t-elle en croisant les bras, on se demande bien à cause de qui.
- Je sais ce que veut faire ma mère, les coupa Regina, ne voulant pas les voir continuer de se disputer.
L'adjointe du shérif se figea, stupéfaite.
- Tu… Oh… Oh. Merde. Pourquoi je sens que je vais pas aimer ce que je vais entendre ?
- Parce que c'est sans doute le cas… Elle veut trouver ta dague, dit la brune en fixant Rumplestiltskin droit dans les yeux. Elle veut te tuer. Elle veut devenir la Ténébreuse et prendre ta place. Et conquérir le monde ensuite je suppose. Oh et tuer ou asservir tout le monde en ville de toute évidence.
Rumplestiltskin grimaça et les yeux d'Emma s'écarquillèrent d'horreur.
- Oh merde, répéta-t-elle. Oh putain de merde. Je… On fait quoi maintenant ? »
Et pour une fois, Rumplestiltskin et Regina n'eurent aucune réponse à lui apporter.
Effectivement.
Là, ils étaient vraiment dans la merde.
A suivre…
Chapter 66: Dans l'ombre de la reine.
Notes:
Titre du 05/01/2021 : Dans l'ombre de la reine
Scorpion : Emma (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects du… Mythe de Narcisse - mythe grec Beauté : Écrire sur un personnage réputé pour sa beauté ou sur un personnage horriblement laid
45. « Tu sais, rien ne vaut une malédiction. »
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Ça avait été un échec cuisant, Regina n'avait pas peur de le dire.
À la fois parce que la tentative de diversion que sa mère avait tenté de créer en utilisant Anton avait lamentablement échoué, mais aussi parce que toutes les recherches des deux sorcières et du pirate pour retrouver la dague du Ténébreux avaient été infructueuses, peu importe le temps qu'ils y avaient passé durant la pagaille que le géant avait semé sur son passage.
Et Regina en était soulagée, vraiment, parce que le géant avait été arrêté, parce que ceux qu'elle avait autrefois voulu tuer étaient en sécurité désormais et parce que sa mère n'allait pas devenir encore plus monstrueuse qu'elle ne l'était déjà.
Là où, avant, elle aurait ressenti la même irritation et la colère que sa mère devait éprouver en ce moment-même, il n'y avait qu'un profond soulagement et une paix qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir ressentir à l'égard de ceux qu'elle appelait encore ses ennemis quelques mois plus tôt.
Elle était en train de changer, elle était vraiment en train de changer, et même si ce changement allait prendre du temps, elle le sentait dans son cœur et dans son âme, il était réel, et l'espoir grandissait chaque jour de plus en plus dans son cœur.
Et elle allait tout faire pour protéger cette flamme, de toutes ses forces.
Sa mère, quant à elle, était de toute évidence dans un tout autre état d'esprit.
Elle sentait la magie bouillonner alors même qu'elle ne se trouvait pas à côté d'elle.
La seule raison pour laquelle la fille du meunier n'avait pas mis Storybrooke à feu et à sang était parce que Rumplestiltskin était plus puissant qu'elle et qu'il protégeait la ville.
Tant qu'elle n'avait pas encore la dague, les habitants ne craignaient rien.
Henry, surtout, ne craignait rien.
Pour le moment…
« Je suis sûre que ce n'est qu'une question de temps avant que nous ne trouvions la dague, fit Cora avec un air assuré dont Regina ne put déterminer s'il était feint ou non, Rumple est certes doué, mais nous le sommes tout autant. Toi et moi nous avons été ses élèves, nous pouvons percer ses secrets. Cela nous prendra seulement plus de temps que je ne l'avais prévu. Et… Tu sais, rien ne vaut une malédiction.
Regina eut alors immédiatement qu'une pierre venait de tomber dans sa poitrine, parce qu'elle sut aussitôt ce que sa mère voulait, ce qu'elle lui demandait, ce qu'elle allait exiger d'elle.
Qu'elle lance le sortilège du cœur vide sur Henry.
Et malgré elle, elle faillit se mettre à sourire parce que sa mère ne pouvait plus la forcer à le faire, parce qu'elle avait brûlé le parchemin, parce que même si elle comprenait un jour qu'elle lui avait menti, qu'elle l'avait trahie, qu'elle jouait les espionnes depuis le début, ça n'avait pas la moindre importance, parce que Henry était en sécurité.
C'était la seule et unique chose qui comptait à ses yeux.
Elle garda le masque de la reine froide et imperturbable en place pourtant, parce que c'était ce que sa mère lui avait appris à être et qu'elle était beaucoup de choses, mais avant tout, elle était une excellente élève.
- Pas encore mère, ce n'est pas le moment, il faut que nous leur fassions croire que nous sommes faibles et sans plan d'action. De plus, je n'ai pas encore retrouvé le parchemin du sortilège. »
Ce n'était pas un mensonge.
Pas vraiment.
Après tout, si le parchemin en question n'existait plus puisqu'elle l'avait réduit en cendres, alors en un sens, il était effectivement introuvable.
Tout ce qu'elle espérait maintenant, c'était que sa mère la croit, et ne soit pas capable de recréer le sortilège ou de trouver un parchemin semblable dans ses affaires qui soit capable de reproduire les mêmes effets que celui qu'elle avait détruit.
Mais sa mère ne fit aucune remarque, se contentant de hocher la tête, et Regina ne savait pas combien de temps elle allait réussir à tenir comme ça, mais elle savait déjà que ce ne serait pas suffisant.
Il fallait juste que ce soit assez pour que les autres trouvent un moyen d'arrêter Cora.
(Elle aurait pu la tuer, elle aurait sans doute dû le faire, mais il s'agissait de sa mère.
Elle n'était pas sûre d'être prête pour ça.
Pas encore.
Peut-être même ne le serait-elle jamais.)
Ce ne fut que lorsque sa mère se retira après leur avoir dit qu'ils reparleraient de tout ça le lendemain qu'elle s'autorisa à nouveau à respirer normalement.
Puis elle sentit le regard perçant de Killian Jones se poser sur elle, soupçonneux, suspicieux, et elle sut alors qu'elle n'était pas encore au bout de ses peines.
Cora ne voyait probablement rien parce qu'elle était habituée à avoir sa fille sous sa coupe, et parce qu'elle ne l'avait finalement pas beaucoup vue durant son règne, qu'elle n'avait pas vraiment assisté à ce qu'elle était devenue pendant qu'elle était reine, mais le pirate, lui, l'avait rencontrée à cette époque.
Juste avant qu'elle ne lance le Sort noir sur la Forêt Enchantée, quand son cœur était encore plein de noirceur, de haine et de colère, que la vengeance était la seule chose qui comptait dans sa vie.
(C'était encore le cas, un peu, mais elle faisait tout pour se battre contre cette partie d'elle qui ne disparaîtrait jamais réellement.)
Il la connaissait, parce qu'ils étaient tous les deux semblables, parce qu'on leur avait arraché quelqu'un de cher à leur cœur et que plus rien ne comptait à part venger ceux qu'ils avaient perdu.
Il avait dû sentir que quelque chose avait changé en elle, qu'elle n'était plus comme avant.
D'un autre côté, elle avait vécu les vingt-huit dernières années en étant consciente.
Pas lui.
Il prit place devant elle, la fixant toujours.
« Il y a un problème ? Lui demanda-t-elle, en tentant de demeurer la plus hautaine possible, de ne pas lui montrer à quel point elle faisait semblant d'être une personne qu'elle n'était plus vraiment.
- Je sens… comme un manque de conviction chez toi, majesté.
Donc elle avait vu juste.
Il se doutait de quelque chose.
C'était bien sa chance…
Un sourire factice prit place sur son visage, le même qu'elle arborait autrefois quand elle était encore l'épouse du père de Blanche-Neige, emprisonnée dans une prison dorée, alors que tout ce qu'elle voulait faire, c'était hurler à tue-tête et s'enfuir.
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles… capitaine.
Elle avait eu tort finalement.
Elle n'était pas une aussi bonne actrice qu'elle le pensait.
Crochet lui sourit, mais ce n'était pas un sourire chaleureux, ou même un des sourires séducteurs dont il avait l'habitude, non, c'était un sourire menaçant.
Le genre de sourire qu'elle aurait adressé à un ennemi.
C'était presque terrifiant de constater à quel point ils se ressemblaient.
- Autrefois, tu n'aurais pas hésité une seule seconde avant de lancer ce sortilège sur ton fils. En fait, tu aurais même déjà tué tous les habitants de cette ville jusqu'au dernier avant que nous n'arrivions ta mère et moi s'ils avaient osé se mettre en travers de ton chemin.
Elle aurait aimé pouvoir objecter que c'était faux, qu'il se trompait, qu'elle n'était pas comme ça, mais elle ne le pouvait pas.
Après tout, n'avait-elle pas arraché et écrasé le cœur de son propre père autrefois afin de pouvoir lancer la malédiction qui lui apporterait sa vengeance contre Blanche-Neige ?
Elle hocha la tête.
- Effectivement. Mais vois-tu, je préfère prendre mon temps désormais, réfléchir à ma prochaine attaque et ne pas foncer tête baissée. Faire que les héros angoissent à la simple idée du prochain coup que je prépare sans savoir ce que c'est exactement. Et quand ce sera le bon moment… je frapperai.
Il ne semblait pas réellement convaincu.
- Est-ce que tu sais pourquoi je suis devenu un pirate ?
La brune fronça les sourcils.
Elle savait que son père les avait abandonnés, lui et son frère, mais elle ne connaissait pas cette partie de son histoire.
- Non, avoua-t-elle, je n'en sais rien.
Et je m'en fiche, aurait-elle sans doute dit autrefois.
Elle croisa les bras, intriguée.
- Après être parvenus à entrer dans la marine royale, commença-t-il, mon frère Liam et moi, nous avons été envoyés en mission pour le roi, dans un autre monde. L'île du Pays Imaginaire.
Oh.
Elle connaissait cet endroit de réputation, que ce soit dans la Forêt Enchantée ou dans le monde sans magie, et elle eut un mauvais pressentiment.
- Nous étions chargés de retrouver une plante aux propriétés magiques, une plante qui permettait de guérir les gens… Sais-tu ce que nous avons découvert une fois là-bas ?
- Que la plante tuait les gens au lieu de les sauver, lui rétorqua-t-elle immédiatement, sans la moindre hésitation.
Elle avait été souveraine elle aussi, elle ne connaissait que trop le cynisme qu'apportait le pouvoir.
Killian eut un sourire amusé, comme s'il n'était aucunement surpris qu'elle ait trouvé la bonne réponse aussi vite.
- En effet… Il s'agissait en réalité d'un terrible poison, l'ombrève, et mon frère… a voulu me prouver que j'avais tort de douter, et s'est blessé avec. C'est à cette occasion que j'ai rencontré Peter Pan, qui m'a mis en garde contre les effets de l'ombrève, et qui m'a dit comment soigner Liam… Avec l'eau enchantée de l'île, il m'a dit qu'il y aurait un prix à payer… mais il ne m'a pas dit en quoi il consistait et à l'époque je ne savais pas qu'avec la magie il y avait toujours un prix à payer…
- Que s'est-il passé ? Quel prix devait-il payer ?
- Une personne qui avait été soignée avec cette eau ne pouvait pas quitter le Pays Imaginaire. Mon frère est mort sur le navire dont il était le capitaine… il est mort dans mes bras… Mon frère est mort parce qu'un roi a menti.
Son regard se posa sur Regina, dur et froid, encore chargé de haine alors même que l'événement en question avait eu lieu plusieurs siècles plus tôt.
Elle n'était de toute évidence pas la seule à connaître la rancœur.
- Pourquoi me raconter tout ça ?
- Parce que, après, j'ai tué le roi. J'ai accompli ma vengeance, j'ai rendu la justice, et j'ai une autre vengeance à poursuivre et toi aussi. Tout ça pour te dire de ne pas perdre ton objectif de vue. Venger celui que tu as perdu tout comme je compte le faire en vengeant la mort de Milah.
Oui.
Mais dans les deux cas, le pirate avait tué ou voulait tuer celui qu'il jugeait responsable de la mort de ceux qu'il avait aimés et perdus, et il ne se trompait pas de cible.
Ce n'était pas son cas à elle.
- Parricide et régicide, commenta-t-elle, presque impressionnée. Je vois qu'on se ressemble encore plus que je ne le pensais. »
Elle ne répondit rien d'autre, et si jamais il commençait à se méfier d'elle et de ses intentions, hé bien…
Grand bien lui fasse.
§§§§
Emma lisait la peur sur les visages, et elle ne pouvait pas les blâmer pour ça.
Elle-même, après ce qui s'était passé avec le géant, elle n'était pas vraiment rassurée.
Certes, Anton avait été maîtrisé et il était de leur côté désormais, et Rumplestiltskin pouvait toujours contrer Cora si jamais elle s'en prenait à eux une nouvelle fois, mais…
Mais et si la reine de cœur avait une autre surprise de ce genre en réserve, voire pire encore ?
Regina leur avait assuré que ce n'était pas le cas, mais sa mère ne lui avait probablement pas révélé tout ce qu'elle pouvait avoir comme atouts, et Emma aurait aimé avoir des réponses, ne pas être totalement dans le flou, mais elle ne pouvait pas, et ça la bouffait de l'intérieur.
Elle savait ce que leur ennemie voulait, mais pas comment elle comptait l'obtenir.
Et l'incertitude pouvait être un poison terrible quand la personne qui l'utilisait savait la manier.
« On sait ce que Cora veut, finit-elle par dire d'une voix forte, faisant taire les murmures qui envahissaient la mairie depuis quelques minutes.
Tous les regards se tournèrent sur elle et elle s'en sentit presque mal à l'aise.
Depuis la fin de la malédiction, c'était vers elle que les gens se tournaient la plupart du temps pour demander de l'aide ou une direction, pas vers Graham ou ses parents.
Parce qu'elle était leur Sauveuse, qu'elle était supposée être celle qui savait quoi faire.
Conneries.
Elle n'était pas une leader, elle était juste… Emma.
Elle n'était pas sure d'être taillée pour ce rôle, mais en attendant, elle allait faire semblant de l'être et faire comme si elle maîtrisait la situation.
Neal lui envoya un sourire d'encouragement, et elle essaya de lui sourire en retour.
Le voir là faisait encore mal, mais moins qu'avant, et elle ne pouvait lui enlever qu'il essayait, il essayait vraiment de faire les choses biens, en lui donnant l'espace dont elle avait besoin.
C'était plus qu'elle n'aurait espéré de sa part.
- C'est Anton qui vous l'a dit ? Demanda une voix dans la foule.
- Non, mentit Rumplestiltskin, intervenant comme il était supposé le faire, elle a utilisé la magie pour essayer de forcer l'entrée de ma boutique, et de trouver l'endroit où je cache ma dague. Ou plutôt, où je la cachais.
Ça aussi c'était un mensonge.
La sorcière n'avait jamais fait cela, et la blonde était même sure que l'immortel n'avait jamais caché sa dague dans sa boutique d'antiquités.
Ça aurait été une cachette bien trop évidente.
Mais il fallait bien faire croire aux habitants qu'ils avaient trouvé tous seuls quel était le plan de la mère de Regina sans dévoiler le fait que la méchante reine les aidait en secret.
Blanche-Neige blêmit aussitôt.
- Vous pensez… qu'elle veut prendre votre place ? Qu'elle veut devenir la Ténébreuse.
- Soit ça, soit elle veut me contrôler et me lâcher sur la ville, ce qui dans un cas comme dans l'autre est une catastrophe que nous devons à tout prix éviter.
- Voilà, je voulais juste vous prévenir, donc si vous avez des infos sur Cora ou Regina ou Crochet, venez nous prévenir, et… soyez prudents, ajouta-t-elle en essayant d'avoir l'air rassurante, échouant complètement dans cette mission. »
Bordel.
Être la cheffe ça craignait vraiment.
§§§§
Ce n'était pas la première fois qu'Emma voyait Mary-Margaret… Blanche-Neige… sa mère (merde) soucieuse.
Mais cette fois, il y avait de la peur et l'inquiétude dans ses yeux.
Emma comprenait sa peur, elle devait faire face aux deux femmes qui avaient tout fait pour faire de son existence un enfer autrefois, et elles étaient revenues pour lui arracher tout ce qui lui était cher.
Bien sûr qu'elle était terrifiée, mais elle était aussi Blanche-Neige, elle était forte et courageuse, déterminée à ne pas laisser transparaître sa peur.
Et Emma l'admirait pour ça.
« Il y a quelque chose qui cloche avec Regina.
Sa fille haussa un sourcil surpris.
- Comment ça ?
- Je l'ai vue pendant qu'Anton se baladait en ville, elle était avec sa mère et elle… C'est étrange c'est comme si elle… n'avait pas envie d'être là. Qu'elle ne se sentait pas à sa place.
Oh.
Oh non.
Si jamais sa mère comprenait que Regina jouait un rôle, et que Cora l'apprenait…
Ils allaient au devant de graves problèmes.
- Je suis sure que c'est parce qu'elle n'a plus l'habitude de ce genre de situation.
- Je la connais Emma, la contredit sa mère, je l'ai assez vue quand elle régnait sur mon royaume, j'ai vu la haine dans ses yeux, le désir de vengeance… Je ne suis pas persuadée que toutes ces choses y soient encore.
Emma se força à lui sourire avec compassion.
- Écoute, moi aussi j'aimerais que tout cela ne soit qu'un mensonge, que rien de tout ce qui est en train d'arriver ne soit vrai mais… malheureusement ça l'est. Regina nous a trahis. Peut-être qu'une part d'elle le regrette, et que c'est ce que tu as vu, mais en dehors de ça… Je suis certaine que ce n'est rien du tout. »
Sa mère la regarda en ayant l'air peu convaincue, mais elle n'ajouta rien.
En revanche, elle avait une visite à effectuer désormais…
§§§§
Regina savait qu'elle n'aurait jamais dû venir ici, mais c'était bien plus fort qu'elle.
Henry lui manquait trop, et il lui avait déjà été enlevé pendant des mois, et alors même qu'elle venait tout juste de le retrouver, sa mère débarquait et gâchait les seules chances qu'elle aurait pu avoir de lui montrer qu'elle était digne d'être sa mère.
Ce n'était pas juste.
(Mais c'était sans doute mérité, songeait-elle en pensant à toutes les familles séparées par la malédiction qu'elle avait lancée vingt-huit ans plus tôt.
Sans doute n'était-ce que justice qu'elle subisse elle-même au moins partiellement le châtiment qu'elle avait infligé à ses victimes.)
En le voyant avec les autres membres de sa famille, Regina sentit son cœur se briser en même temps qu'un sourire triste se dessinait sur son visage.
Elle savait que au moins, si elle était séparée de lui pour toujours, son fils ne serait pas seul.
Il irait bien.
Il serait aimé.
C'était la seule chose qui comptait à ses yeux.
« Je me doutais bien que je te trouverais ici. »
Regina tressaillit en entendant cette voix qu'elle ne connaissait que trop bien, celle de son ancienne belle-fille, la princesse qu'elle avait essayé de tuer tant de fois.
Elle la regarda avec surprise, si estomaquée de la voir ici qu'elle ne songea même pas à partir ou à se téléporter loin d'elle et à retourner dans sa maison.
« Je pense… fit la brune avec un air déterminé sur le visage. Je pense qu'il faut que nous parlions. »
Oh.
Merde.
A suivre…
Chapter 67: Faire semblant d'être quelqu'un d'autre.
Notes:
Titre du 06/09/2022 : Faire semblant d'être quelqu'un d'autre
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Défi Sarah & son cerveau n°144 - Placer le mot Sang
Quatre aspects de… Shireen Baratheon : Cicatrices : Écrire sur un perso qui a une cicatrice ou écrire sur un perso qui fait une chirurgie esthétique/plastique
177. « C'était une menace ? »
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Regina eut bien du mal à réfréner la vague de colère, de rage et de haine qui la submergea lorsqu'elle vit Blanche-Neige.
Après tout ce temps, après toutes ces années, alors même qu'elle savait que la princesse ne méritait pas sa haine, elle n'arrivait toujours pas à arrêter de la détester.
C'était une bonne chose pour leur plan, parce que cela voulait dire qu'elle n'aurait pas à feindre le regard noir qu'elle lui envoya et qui la fit reculer un peu, mais ça en disait long sur elle.
Arriverait-elle un jour à cesser de la haïr ?
Et cette question marchait de ce fait dans l'autre sens.
Est-ce qu'un jour, la mère d'Emma Swan saurait la pardonner pour tout le mal qu'elle lui avait infligé ?
Elle en doutait sincèrement, et elle savait bien que ce qu'elle était en train de faire ne serait pas suffisant pour qu'elle y gagne sa rédemption ou le pardon de qui que ce soit.
Elle ne mit que quelques secondes avant de retrouver son sang-froid et l'attitude de la méchante reine, qui se révélait de plus en plus n'être plus qu'un masque désormais au fil des jours.
Elle allait devoir faire semblant, encore.
Une chance qu'elle soit douée pour ça.
« De quoi voudrais-tu que nous parlions exactement ?
Va-t'en je t'en prie, voulut-elle lui hurler, vas-t-en ou ma mère saura et je ne veux pas qu'elle…
Elle dut dissimuler un sourire amer.
Encore une fois, tout allait s'effondrer parce qu'un secret allait être révélé, le sien, et Blanche-Neige en serait responsable, sans le vouloir, et Cora allait tout briser.
Elle ne voulait pas que ça arrive.
Alors elle allait devoir faire ce qu'elle faisait de mieux.
Agir en monstre.
Même si ce n'était plus celle qu'elle voulait être.
- De ce qui est en train de se passer. De ce que tu es en train de faire en ce moment. Pourquoi ? »
Ne fais pas ça s'il te plaît.
C'était terriblement ironique, non ?
Avant, elle n'aurait pas hésité une seule seconde avant de tout faire pour la tuer.
Maintenant, elle n'en avait plus l'intention, et pourtant elle devait faire comme si, et elle devait trouver un prétexte pour ne pas avoir à la tuer et être convaincante, sinon Cora risquait de comprendre, et alors…
Tout serait fichu.
Pour la première fois depuis le début de ce plan, elle regretta de ne pas avoir mis Blanche-Neige dans la confidence, de ne pas lui avoir avoué la vérité.
À vrai dire, elle ne s'attendait pas à ça.
Elle ne s'attendait aucunement à ce que la princesse ait encore suffisamment foi en elle pour essayer de la tirer de l'abîme des ténèbres dans lequel elle pensait que son ancienne belle-mère avait chuté de nouveau.
Cela prouvait bien une chose qu'elle avait au fond toujours su.
Blanche-Neige était une bien meilleure personne qu'elle.
Regina essaya de lui envoyer le sourire le plus méprisant possible, le sourire de dédain de la méchante reine, de la souveraine, elle sourit alors même qu'elle ne voulait faire qu'une chose, hurler, comme lorsque Daniel…
Comme lorsque l'homme qu'elle aimait était mort.
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. »
L'expression sur le visage de Blanche-Neige se fit blessée, comme autrefois, lorsqu'elle avait découvert le massacre du village, qu'elle avait vu leurs cadavres, leur sang, qu'elle avait réalisé que sa belle-mère était au-delà de toute rédemption, et Regina sentit son cœur saigner.
Si seulement elle avait fait les choses différemment à l'époque, si seulement elle avait pu…
Mais il n'était plus temps d'avoir des regrets, pas vrai ?
Ce qui était fait était fait.
Il y avait autre chose dans les yeux de l'ancienne institutrice, quelque chose comme… de la peine.
Était-il possible que dans le fond de son cœur, elle n'ait jamais cessé de tenir à elle, d'espérer et de croire qu'un jour elle deviendrait une meilleure personne, comme autrefois, et qu'elle ait enfoui cela sous la haine après avoir été déçue bien trop de fois par son ennemie ?
Regina réalisa subitement que ça la touchait plus qu'elle ne s'y attendait.
Elle semblait voir clair dans son jeu aussi.
Comme toujours.
Elle avait su ce que la reine comptait faire lorsqu'elle avait envoyé le chasseur après elle après tout, qu'elle avait l'intention de l'assassiner alors qu'elle venait tout juste de perdre son père, et pourtant elle n'avait pas fui, elle avait affronté son destin courageusement.
Elle se souvenait parfaitement de ça, même plus de trente ans après.
Elle se souvenait de sa lettre aussi.
Elle se rappelait bien chaque mot, de cette absence de haine, de sa compassion qui l'avait tant horripilée à l'époque tant elle était aveuglée par sa haine.
Aujourd'hui, se remémorer cela la remplissait d'émotion, de tendresse aussi pour cette princesse innocente qui avait autrefois cru qu'elle pouvait changer, qu'il n'était pas trop tard pour elle.
Qu'elle méritait une seconde chance.
Elle aurait aimé que cette compassion soit de retour, même si elle était bien consciente de ne pas la mériter.
Et une nouvelle fois, la mère d'Emma la perça à jour.
Elle lui sourit avec tristesse.
« Menteuse.
Arrête ça tout de suite ou ma mère…
Ce n'était pas juste.
Elle était en train d'essayer de faire ce qui était bien, et elle allait tout foutre en l'air, tout ça parce que sa mère avait décidé de ruiner sa vie encore une fois.
Ce n'était juste ni pour elle, ni pour les habitants de Storybrooke.
Et l'ancienne reine sut alors ce qu'elle devait faire si jamais ils ne trouvaient pas un moyen d'arrêter la reine de cœur.
Elle devrait la tuer.
La tuer elle-même, pour enfin être délivrée d'elle, s'en débarrasser pour de bon, dire adieu à cette partie de son passé qui l'avait tant faire souffrir.
Avant, elle n'en aurait pas eu la force, mais maintenant…
Elle pensait en avoir finalement trouvé le courage.
Et c'était grâce à sa vieille ennemie.
Que d'ironie…
- Tu devrais éviter de me mettre en colère si jamais tu tiens à ce que ta famille survive, lui dit-elle avec froideur.
Le visage de Blanche-Neige se durcit.
- C'était une menace ?
Ce n'était pas une question.
Pas vraiment, elle l'entendait dans le ton de sa voix, elle entendait déjà la suite, que ce que la princesse disait aussi, c'était parce que si c'est le cas alors crois-moi si je te dis que tu regretteras d'avoir menacé ma famille.
Regina dut se retenir de sourire de fierté.
Elle avait haï la jeune femme pendant des années, et une partie de son cœur le faisait toujours, mais elle n'avait jamais pu nier une chose à son sujet, c'était sa force et son courage.
Sa combativité, qu'elle avait perdue en tant que Mary-Margaret, et qu'elle avait récupéré en même temps que ses souvenirs perdus.
Alors oui.
Elle était incroyablement fière d'elle.
Même si elle ne pouvait pas le lui dire, pas encore, et même si la noble n'aurait probablement pas accepté un compliment venant de sa part.
Elle lui envoya un sourire cruel et maléfique comme réponse, parce que c'était tout ce qu'elle pouvait faire, même si Blanche-Neige méritait mieux que ça.
Elle avait toujours mérité mieux.
Elle était sincèrement désolée d'avoir mis tant de temps à s'en rendre compte.
- Bien sûr que oui ! Je savais que tu étais idiote, mais pas au point de ne pas comprendre quand quelqu'un te menace aussi ouvertement, ironisa-t-elle, n'en pensant pas un seul mot.
Nouvelle lueur de tristesse dans les yeux de son interlocutrice.
Je suis désolée.
Je suis tellement désolée mais je n'ai pas le choix.
- Pourquoi ? Lui redemanda à nouveau la grand-mère d'Henry.
Pourquoi en effet ?
Parce que je veux être une héroïne moi aussi.
Et c'est ce que font les héros.
Ils se sacrifient pour le plus bien.
Même si elle n'était pas une héroïne.
Elle était juste une mère qui voulait sauver son enfant.
Un sourire de satisfaction factice se forma alors sur les lèvres de Regina.
- Parce que je ne veux plus faire semblant de jouer les gentilles, pas alors que j'ai trouvé un moyen de garder Henry avec moi pour toujours et d'obtenir ma vengeance. Tu peux me croire Blanche, je vous tuerai tous, toi et tout le reste de ta famille et les pathétiques habitants de cette misérable ville, les uns après les autres. Et tu ne pourras rien faire, je te les enlèverai les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il ne te reste plus personne, plus rien du tout. Et quand ton cœur sera brisé, alors seulement je te tuerai, lui cracha-t-elle au visage.
L'horreur envahit les yeux de l'archère.
- Alors… c'est tout ? C'est comme que ça va se finir ? Tu la choisis elle ? Ta mère ? Après tout ce qu'elle t'a fait ?
Regina prit une profonde inspiration.
Elle devait tenir, juste tenir, pendant au moins quelques secondes de plus, après elle pourrait s'en aller.
Elle se rapprocha de Blanche-Neige, un sourire sadique sur le visage.
- C'est ce que j'ai fait à l'époque, non ? Ça ne devrait pas tellement te surprendre, après tout je n'ai pas tant changé que cela depuis le temps. J'ai juste fait semblant. De vous deux, c'est toi que j'ai tenté d'assassiner le plus de fois, tu te rappelles ? Lui lâcha-t-elle avec nonchalance.
Elle vit les larmes briller dans les yeux de sa victime et elle sentit la nausée l'envahir.
C'était elle qui avait fait ça.
Et ce n'était pas terminé.
Pas encore.
Il faut que ça fasse vrai.
Il faut que ça fasse vrai.
Il faut que ça fasse vrai.
J'espère qu'un jour tu pourras me pardonner pour ça, à défaut de me pardonner tout le reste.
Elle plongea sa main dans sa poitrine.
Un hoquet de surprise secoua alors Blanche-Neige qui regarda la mairesse avec une lueur de terreur pure dans le regard.
Ce n'était pas censé se passer comme ça.
Elle ravala son envie de vomir, fixant sa proie droit dans les yeux, et se força à sourire.
- Tu vois ? Voilà de quoi je suis capable.
Elle n'avait jamais été aussi près de la tuer, même lorsqu'elle avait utilisé la pomme empoisonnée sur elle, un simple mouvement, et elle lui arrachait le cœur, un autre, et elle l'écrasait et sa vengeance prenait fin, pour de bon.
Elle ne le ferait pas.
Mais il fallait à tout prix que Blanche-Neige y croit, elle.
Et vu ses yeux, elle y croyait.
Tant mieux.
Il faut que ça fasse vrai.
Elle lui arracha le cœur.
Cette fois-ci, Blanche-Neige hurla, et Regina espéra que son hurlement résonnerait dans toute la ville, que tout le monde saurait, les habitants, Crochet, sa mère.
Il fallait que tout le monde croit qu'elle était pour de bon redevenue la méchante reine.
Blanche-Neige pleurait maintenant, pour de bon, et Regina voulait pleurer elle aussi, mais elle ne pouvait pas alors elle se mordit la langue jusqu'au sang.
- Je pourrais te tuer, là, maintenant, tout de suite, lui susurra-t-elle à l'oreille, et il y avait quelque chose de sombrement grisant à agir comme elle le faisait autrefois, et personne ne pourrait te sauver, ta fille, ton mari, pas même le Ténébreux. Mais je ne le ferai pas. Parce que je veux que tu te souviennes de ce moment, et que tu vives dans la peur à partir de maintenant, en sachant que je pourrais frapper à tout moment, mais sans savoir quand précisément. Je veux aussi que tu saches que te laisser vivre et souffrir l'enfer est plus drôle que de te tuer tout de suite. Souviens-toi de ça Blanche-Neige, et aussi d'autre chose. Ne viens plus jamais me poser de questions en étant seule. Je serai beaucoup moins clémente la prochaine fois. »
Puis elle remit le cœur de la brune dans sa cage thoracique avant de se téléporter dans son caveau, la laissant seule dans la rue.
Une fois assurée qu'elle était bien protégée par sa magie et que personne ne pouvait l'espionner, elle ne se retint plus et vomit sur le sol.
Avant, elle n'aurait jamais cru que jouer le rôle de la méchante reine pourrait lui faire ressentir autant de dégoût envers elle-même…
A suivre…
Chapter 68: Une nuit d'horreur.
Notes:
Titre du 01/10/2021 : Une nuit d'horreur
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Shireen Baratheon : Beauté : Écrire sur un perso « beau » physiquement mais qui est une ordure ou écrire sur un personnage « laid » physiquement mais qui est un ange
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Elle tremblait.
Elle tremblait tellement, de tout son corps, parce que Regina, Regina…
Regina lui avait arraché le cœur.
Parce qu'elle avait cru, qu'elle avait pensé…
Quelle idiote.
Quelle putain de foutue idiote naïve elle avait été.
La princesse Blanche-Neige avait déjà eu peur de Regina au cours de sa vie, de nombreuses fois, que ce soit à Storybrooke ou dans la Forêt Enchantée.
Mais jamais à ce point-là, jamais elle…
Elle avait essayé de la tuer avant, elle avait failli le faire, en un sens elle avait réussi lorsqu'elle avait subi la malédiction du sommeil éternel, même si ça n'avait été que temporaire elle avait été morte pour de vrai, en quelque sorte, mais malgré tout…
Jamais de toute son existence elle n'avait autant pensé se trouver si proche de perdre la vie.
Elle qui voulait en être sûre avait désormais la preuve qu'elle cherchait.
Regina était redevenue la méchante reine.
Avait-elle jamais cessé de l'être en un sens ?
Peut-être que tout ça, depuis le début, c'était uniquement de la comédie, comme elle le lui avait jeté au visage sans la moindre pitié, qu'elle avait toujours fait semblant, qu'elle attendait juste le bon moment pour les trahir tous.
Ou pire encore.
Peut-être qu'elle avait dit la vérité, qu'elle avait vraiment essayé de changer, de devenir une meilleure personne, et qu'il avait suffi que Cora revienne dans sa vie pour que tout s'effondre, et qu'elle choisisse la solution de facilité.
Blanche-Neige ne savait pas vraiment quelle option était la meilleure à vrai dire.
Mais ça ne changeait rien à ce qui venait d'arriver.
Elle avait essayé de comprendre les motivations de son ennemie et son comportement et tout ce qu'elle avait eu comme réponse c'était de se faire arracher le cœur.
Ça faisait mal.
Ça faisait tellement mal, bien plus mal qu'elle ne l'avait escompté, elle qui croyait pourtant avoir perdu tout espoir dans une éventuelle rédemption de sa belle-mère, il semblait qu'au final, ce n'était pas le cas.
Alors elle continua de pleurer.
Elle pleura celle qui s'était perdue pour de bon dans les ténèbres et qu'elle n'avait pas pu sauver, celle qu'elle allait très prochainement devoir arrêter voire tuer.
Qui allait très certainement bientôt tenter de s'en prendre à sa famille.
Elle pleura, ne faisant pas attention aux gens qui, ameutés par son hurlement, étaient sortis pour voir ce qu'il se passait, ne voulant qu'une seule chose.
Rentrer à la maison, voir David, Emma, Henry, les serrer dans ses bras et s'assurer qu'ils allaient bien, et s'effondrer peut-être aussi, parce qu'elle n'avait jamais eu aussi peur de perdre tout ce qui lui était cher qu'à cet instant précis.
Elle sentait son cœur battre à tout rompre, apeuré, comme un oiseau qui essayait de se libérer de sa cage et elle posa sa main sur sa poitrine, juste pour s'assurer qu'il était bel et bien là, à sa place, que tout était redevenu normal, comme avant.
Elle savait qu'elle n'aurait jamais qu'une infime idée du calvaire qu'avait enduré Graham durant toutes ces années où il avait vécu sans cœur, mais durant les quelques secondes où elle en avait été privée, elle avait éprouvé la même horreur, la même terreur que lui.
Le même vide, l'exact même creux insupportable, le même manque abominablement douloureux.
Elle comprenait un peu mieux maintenant.
Cela ne fit que renforcer sa détermination, et elle bannit sa tristesse au plus profond d'elle-même.
Regina, Cora et Crochet devaient impérativement être arrêtés.
Quand elle atteignit enfin l'appartement, elle sauta aussitôt dans les bras de David pour le serrer dans ses bras, aussi fort qu'elle le pouvait, et il était là, il était vivant, ils étaient vivants tous les deux, personne n'était mort.
Elle devait se raccrocher à ça de toutes ses forces, à la certitude qu'ils gagneraient, ils avaient déjà survécu à Regina et à ses manigances par le passé après tout.
Ils survivraient à ça aussi.
Elle devait y croire.
« Qu'est-ce qui se passe ? Lui demanda le prince, inquiet, alors qu'il la sentait trembler comme une feuille contre lui.
- Ne pose pas de questions et serre-moi fort s'il te plaît, hoqueta-t-elle. »
Elle savait qu'entre ses tremblements et ses yeux rougis par les larmes elle ne devait pas ressembler à grand-chose, mais ça n'avait pas d'importance.
Son mari était là, sa fille était à deux pas d'eux, et son petit-fils était dans sa chambre, sans doute en train de dormir, au moins il ne la verrait pas dans cet état.
Presque tout son monde, la quasi-entièreté de son univers était réunie dans cet endroit, et pour la première fois depuis que Regina avait enfoncé sa main dans sa cage thoracique, elle s'autorisa réellement à pleinement respirer librement.
David ne répondit rien et obtempéra, la laissant pleurer sur son épaule.
Puis elle l'embrassa en espérant que ce ne serait pas leur dernier baiser.
La menace de Regina avait été suffisamment claire pour qu'elle ne la prenne pas à la légère.
Contrairement à ce qu'elle aurait pensé, ce fut Emma qui la serra dans ses bras et malgré la situation, elle se mit à sourire, parce que ça voulait dire que sa fille commençait peu à peu à laisser s'effondrer les murs qu'elle avait bâtis autour d'elle pour enfin les laisser entrer, eux, ses parents.
« Tu peux m'expliquer ce qui se passe ? Demanda l'adjointe du shérif. Pourquoi est-ce que tu pleures ? Et puis d'abord qu'est-ce que tu faisais dehors ?
- Je…
Les mots de Regina lui revinrent en mémoire.
Je vous tuerai tous, toi et tout le reste de ta famille et les pathétiques habitants de cette misérable ville, les uns après les autres.
Et tu ne pourras rien faire, je te les enlèverai les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il ne te reste plus personne, plus rien du tout.
Et quand ton cœur sera brisé, alors seulement je te tuerai.
Elle ne la laisserait pas faire.
Jamais.
Plutôt mourir que de la laisser gagner.
- Je suis allée voir Regina, lui annonça-t-elle.
Les yeux de la Sauveuse s'écarquillèrent de surprise, emplis d'épouvante, de même que ceux du prince Charmant.
- Tu as fait quoi ? Explosa la blonde. Mais… tu es complètement folle ou quoi ? Tu te rends compte des risques que tu as pris ? Tu aurais pu te faire tuer !
- Je voulais lui parler… m'expliquer avec elle, essayer de comprendre… pourquoi elle faisait cela. Je pensais qu'il était encore possible de la ramener à la raison, de notre côté. Je voulais juste qu'on discute. Elle ne m'a pas écoutée. Elle m'a menacée. Elle nous a tous menacés. Et elle… elle m'a arraché le cœur.
Emma se figea, stupéfaite.
- Elle a… Elle a fait quoi ?
- Elle l'a remis à sa place, mais elle m'a dit… qu'elle vous tuerait tous et que pour finir, elle me tuerait. Qu'elle n'avait en réalité jamais changé, qu'elle faisait semblant, qu'elle avait trouvé un moyen de nous détruire et de garder Henry pour elle… et que…
Elle ne put jamais finir sa phrase.
Emma s'était déjà engouffrée dans ses bras, la serrant contre elle dans une étreinte qui manqua de l'étouffer.
- Blanche-Neige… Ne. Me. Refais. Plus. Jamais. Ça, l'implora-t-elle. Je ne supporterais pas de te perdre juste après t'avoir retrouvée.
Sa mère acquiesça, tout en ressentant une infime tristesse envahir son cœur.
Celle de constater que son enfant n'était pas encore capable de l'appeler maman.
Mais ça viendrait.
Un jour.
- Je n'en ai pas l'intention, ne t'en fais pas. »
Sa fille continua de la serrer dans ses bras, sans rien dire, pendant plusieurs minutes.
Et puis elle prit une profonde inspiration.
« Je dois aller voir Gold, finit-elle par dire, quittant les bras de Blanche-Neige à regret. »
En la regardant droit dans les yeux, cette dernière vit une lueur sombre briller dans son regard, qui lui fit presque peur.
Elle le savait déjà avant, mais cette vision ne fit que le confirmer.
Ils étaient en guerre maintenant.
§§§§
« Je suis fière de toi Regina.
Peut-être mère, songea Regina avec amertume, mais moi je ne suis guère fière de moi-même.
Elle avait eu raison de penser que sa mère la surveillait, ou la faisait surveiller, que ce soit elle-même, en utilisant la magie ou en faisant accomplir cette tâche par Crochet, mais peu importe.
Elle savait ce qu'il s'était passé.
Elle avait bien fait alors.
Même si elle aurait préféré ne pas avoir à le faire, même si un goût acre et désagréable avait envahi sa bouche et ne l'avait pas quittée depuis, même si elle avait toujours autant envie de vomir qu'avant.
Au moins, sa mère était convaincue.
C'était déjà ça.
Même le pirate semblait impressionné à vrai dire.
- Merci mère, lui répondit-elle, ravalant la bile qui menaçait à tout moment de l'étouffer.
- C'est une bonne avancée, maintenant ils savent que tu ne reculeras devant rien, nous allons pouvoir passer à la suite.
- C'est-à-dire mère ?
- Puisque nous n'arrivons toujours pas à mettre la main sur la dague, nous allons nous en prendre à eux, je ne peux peut-être pas utiliser ma magie sur eux mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas les blesser. Nous allons nous attaquer à leur cœur. Nous allons leur enlever Henry. »
Si Regina pensait alors qu'elle ne pouvait pas se sentir plus mal elle réalisa qu'elle avait tort à ce sujet.
Quand sa mère sortit, elle ne réagit pas à cette nouvelle, fit comme si elle ne l'atteignait pas, alors même que son cœur de mère se déchirait en deux.
Elle ne pouvait plus reculer, ni revenir en arrière, et elle le savait.
Elle espérait juste pouvoir protéger Henry de ce que sa mère avait prévu pour lui, quoi que ce soit, mais au moins ce ne serait pas le sortilège du cœur vide.
Et elle se le jurait, elle ne la laisserait pas lui faire la même chose, elle ne la laisserait pas lui voler son innocence.
Elle s'apprêtait à sortir à son tour de sa maison pour aller à son caveau, avant de se faire barrer le passage par Killian Jones.
Elle dut se retenir de lever les yeux au ciel.
« Quoi ?
- Je dois admettre que… ce que tu as fait, c'était plutôt inattendu, je ne t'en pensais pas capable. Bravo, majesté.
- Si tu crois que j'attendais ton approbation, alors tu te trompes grandement capitaine, siffla-t-elle avant de se téléporter loin de cet endroit où elle étouffait. »
Elle savait d'avance que la conversation à venir avec le Ténébreux et la Sauveuse serait tout sauf reposante.
§§§§
Qu'elle commence avec un poing tout droit dans son visage balancé par l'ancienne garante de caution, ça… Regina admettait qu'elle l'avait un peu vu venir.
En se relevant, la brune croisa son regard et y vit de la rage, ce qui ne l'étonna pas non plus.
« Emma, je…
- Non, l'interrompit la jeune femme en pointant un doigt dans sa direction, tremblante de colère, je t'interdis de dire le moindre mot Regina, tu m'entends ? Tu…tu as arraché le cœur de ma mère bordel ! Comment est-ce que tu as pu ?
- C'est elle qui est venue me voir, riposta la sorcière. Elle ne m'a pas laissé le choix.
- Oh, tu ne vas tout de même pas prétendre que c'est de sa faute ? Je croyais qu'on en était plus là, et que ce qui était arrivé avec ta mère et ton fiancé t'avait servi de leçon, lui cracha la princesse au visage.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, lui rétorqua son interlocutrice. Je… écoute, je suis désolée, d'accord ?
Au vu de l'expression sur le visage d'Emma, elle ne s'y attendait pas.
Après tout, l'ancienne reine n'était pas du genre à faire des excuses en temps normal.
Elle soupira avant de s'asseoir.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Ta mère a voulu me parler. J'ai essayé de la faire partir, mais elle n'a rien voulu entendre et elle… Elle risquait de compromettre tout ce que nous avons mis en place, et je ne voulais pas que ma mère… comprenne ce qui se passait, que je fais semblant d'être de son côté depuis le début. Il fallait que je lui fasse peur.
- Tu n'étais pas obligée d'aller jusque là.
- Il y avait sûrement un autre moyen, mais… Mais je manquais de temps, et c'est tout ce que j'ai trouvé.
- Tu lui as arraché le cœur, répéta la Sauveuse, toujours aussi horrifiée que la première fois qu'elle avait prononcé ces mots, et Regina la comprenait.
Elle aussi l'avait été quand elle avait réalisé ce que sa mère faisait.
Maintenant, elle en avait l'habitude…
- Et j'en suis désolée. Mais il fallait… il fallait que ça fasse vrai, pour que ma mère y croit. Et elle y a cru d'ailleurs.
- Ma mère aussi, fit Emma avec un air sombre. Je…
- Mesdames, lança alors finalement Gold, non pas que cela ne soit pas divertissant, et ça l'est, mais pourrions-nous revenir au sujet qui nous préoccupe ?
La blonde se tourna vers lui avant de froncer les sourcils, frappée par un détail auquel elle n'avait pas pensé avant.
- Pourquoi est-ce que l'amulette n'a pas marché ?
La méchante reine réalisa alors qu'elle non plus n'y avait pas songé.
Rumplestiltskin soupira.
- Parce qu'elles ont été conçues pour vous protéger de la magie de Cora, pas de celle de Regina… Je ne pensais pas que… ce genre de chose pourrait arriver.
- C'est une bonne chose, déclara alors Regina, parce que ça veut dire que tu peux les modifier, et puisque ça arrivera après mon attaque contre Blanche-Neige, le fait que ce soit maintenant et pas à un autre moment montre que c'est logique. Et comme ça, si jamais je dois vous attaquer dans le futur, je n'aurai pas à faire semblant, et je ne pourrai pas vous faire de mal avec ma magie et ce sera parfaitement légitime.
Le sorcier hocha la tête, semblant approuver son plan, de même qu'Emma.
- Et en parlant d'attaque, grimaça la mère adoptive d'Henry.
- Quoi ? Demanda Emma.
- Ma mère a décidé qu'elle voulait enlever Henry.
La jeune femme blêmit instantanément.
- Non. Non, pas lui, pas Henry. Je le refuse. Je ne permettrai pas qu'elle l'approche.
- Sur ce point, nous sommes d'accord. Mais… j'ai un plan.
Le regard de son alliée de circonstance s'assombrit.
- Si ton plan c'est de la laisser le capturer, c'est non.
- Je ne la laisserai pas lui faire le moindre mal Emma je te le promets !
- Ah oui ? Comment tu peux en être aussi sure ? Tu ne pourras pas le surveiller tout le temps ! Et si jamais elle décide de lui arracher le cœur ? Vu qu'apparemment c'est de famille !
Elle encaissa la pique sans broncher, sachant très bien qu'elle la méritait.
- Voilà pourquoi je vais faire ce qui doit être fait.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Regina regarda alors la blonde droit dans les yeux.
- Je vais la tuer, Emma. Je vais tuer ma mère. »
A suivre…
Chapter 69: Une attaque surprise.
Notes:
Titre du 05/04/2022 : Une attaque surprise
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects d'… Arsène Lupin 1 : Cambrioleur : Écrire sur un vol ou écrire une histoire avec au moins un niffleur
198. Elle est déjà comme morte.
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 200 citations CDR, 50 nuances)
Chapter Text
Un silence de mort envahit alors la pièce pendant quelques secondes.
« Tu… reprit finalement Emma après quelques instants. Toi… tu as l'intention… de tuer ta mère. D'assassiner Cora.
- Oui, lui répondit la sorcière. Je le ferai. J'ai déjà essayé par le passé, je peux recommencer. Mais cette fois, je ne commettrai pas la même erreur une seconde fois. Je n'enverrai pas quelqu'un d'autre faire le travail à ma place, je le ferai moi-même. Et j'y arriverai.
Il y avait de la détermination dans son regard, qui lui fit peur d'une certaine façon et qui lui rappela une nouvelle fois une chose dont elle avait parfaitement conscience.
Regina Mills était dangereuse.
Elle ne put que se sentir soulagée de savoir qu'elle était de leur côté à l'heure actuelle.
Après, pour combien de temps ça durerait…
- Très bien. Gold, ça vous semble faisable ?
- Ça dépend, reconnut l'immortel. Elle ne se laissera pas faire comme ça, je la connais. Comment comptes-tu t'y prendre ? Demanda-t-il à son ancienne élève.
- J'écraserai son cœur et je le réduirai en cendres, affirma la brune, je la tuerai comme elle a tué Daniel.
Elle est déjà comme morte, songea Emma en voyant la lueur sombre dans les yeux de la mairesse, c'était comme si elle l'était parce que Regina l'a condamnée.
(Mais Regina avait aussi condamné Blanche-Neige à mort autrefois et ça n'avait pas marché.
Elle espérait que ça marcherait mieux cette fois.)
- Cœur qui n'est plus à sa place et qu'elle a arraché de sa poitrine il y a déjà bien des années, lui fit remarquer le Ténébreux. Comment vas-tu faire pour le trouver ?
Emma eut une moue dégoûté.
- Je trouve ça toujours aussi répugnant, marmonna-t-elle.
- Fouiller dans ses affaires, il doit y être.
- Si c'est bien le cas, alors elle a dû jeter un sortilège de protection sur l'objet qui le contient, objecta son ancien professeur.
- J'y ai pensé figures-toi. Mais tu es le Ténébreux, je suis une sorcière puissante et Emma est la Sauveuse. À nous trois, on devrait trouver un moyen de déjouer ce sortilège et de lui prendre son cœur sans qu'elle s'en aperçoive.
Avant cela, voler le cœur de quelqu'un avait toujours eu un sens romantique pour la blonde, comme pour approximativement tout le monde.
Ce ne serait dorénavant plus jamais le cas.
- Et après ? Les interrogea Emma. On fait quoi, on attend ? On attend que ta mère complètement tarée et psychopathe enlève mon… notre fils ?
Regina ne put empêcher la joie de l'envahir, parce que Emma la considérait bel et bien comme la mère d'Henry, malgré ses réticences à lui faire confiance, et qu'elle essayait de l'inclure dans cette famille qui n'avait plus le moindre sens mais qui pourtant était la leur.
C'était bien plus que ce qu'elle avait jamais fait pour elle lors de son arrivée…
- On peut faire ça, approuva-t-elle. Ce sera dangereux, je ne le nie pas mais… Emma, il n'arrivera rien de mal à Henry. Je te le promets.
Regina était une menteuse.
Elle avait littéralement menti dès leur première rencontre, en lui cachant tout ce qu'elle était vraiment, en dissimulant toute la vérité à son sujet, et c'était une chose qu'Emma n'oublierait pas.
Mais jamais elle n'avait semblé aussi sincère qu'en cet instant.
Elle hocha la tête.
- Je te crois. Je vais rentrer, je dois réconforter ma… ma mère, et dormir un peu aussi, la journée a été assez éprouvante.
- Tu as raison, je vais faire la même chose. Et Emma… ajouta-t-elle alors que la princesse s'apprêtait à sortir, je suis sincèrement désolée pour ce que j'ai fait à ta mère. »
La blonde ne répondit rien, mais ce n'était pas comme si l'ancienne reine s'attendait à des remerciements.
Elle soupira.
Comment diable allait-elle faire pour trouver un moyen de voler le cœur de sa mère sans se faire repérer ?
Elle allait dormir elle aussi, elle en avait bien besoin, et qui sait, peut-être qu'elle aurait une idée géniale au réveil.
« Regina, lui dit alors Rumplestiltskin avec un ton grave qu'elle ne l'avait pas entendu utiliser depuis bien longtemps, il faudrait que je te parle de quelque chose d'important. De très important. Ça a un rapport avec ta mère.
Elle se retourna, intriguée.
- De quoi s'agit-il ? »
Il soupira, avant de prendre une grande inspiration et de se lancer, se souvenant d'une jeune femme à la chevelure de feu et à la peau verte de jalousie.
§§§§
Une semaine plus tard.
Le plus difficile dans ce genre de situation, se rendit rapidement compte Regina, c'était de faire en sorte de faire traîner les choses le plus vite possible.
De contenir l'impatience de sa mère et du pirate en trouvant des excuses valables pour le faire, le fait qu'elle avait encore besoin de temps pour trouver le sortilège du cœur vide, qu'il fallait laisser leurs ennemis vivre dans la crainte un peu plus longtemps pour ensuite frapper au bon moment, ce genre de chose.
Alors elle faisait ce qu'elle avait toujours fait quand elle était la méchante reine.
Elle avait menti et elle avait triché.
Et ça avait marché.
Pendant un temps.
Jusqu'à ce que ça ne fonctionne plus, bien évidemment, mais ça n'avait pas d'importance, plus maintenant.
Pas alors qu'il y avait un objet rouge, palpitant et plein de vie mais aussi si désespérément noir qui se trouvait maintenant dans sa poche, si semblable à celui qui battait dans sa propre poitrine que c'en était terrifiant.
Elles étaient pareilles après tout.
Et aujourd'hui, elle allait essayer de devenir une meilleure personne qu'elle en la tuant.
Voilà qui ne manquait pas d'ironie.
Une pièce maîtresse qu'elle n'avait pas encore utilisée parce que sa mère la surveillait ces derniers temps, et qu'au moindre geste suspect elle pouvait se faire surprendre avant de faire quoi que ce soit, et tout leur plan tomberait à l'eau alors.
Et puis…
Une part d'elle-même hésitait encore à le faire, parce que si elle prenait le cœur dans sa main, ce cœur qu'elle, Rumple et Emma avaient eu tant de mal à obtenir et qu'elle essayait de l'utiliser, de l'écraser ou de donner un ordre à sa mère, alors ça deviendrait concret, réel.
Bien trop réel.
Et elle n'était pas sure d'être prête pour ça, d'être suffisamment courageuse pour y parvenir, pas encore.
Mais de toute façon, en ce qui concernait sa mère, elle avait toujours été lâche.
Et les seules fois où elle avait eu assez de bravoure, ça avait fini par se retourner contre elle.
Alors elle attendait.
Tout ce qu'elle voulait c'était que ça s'arrête.
Mais comment pourrait-elle y arriver si elle n'était même pas capable d'accomplir un geste si simple que de broyer le cœur d'une femme qu'elle haïssait alors qu'elle en avait déjà écrasé d'autres ayant appartenu à des innocents ?
Elle se jura d'y arriver.
Il fallait juste qu'elle trouve le bon moment.
§§§§
Elle s'attendait à ce genre de regard.
À ce que Henry la haïsse pour avoir trahi sa confiance, pour avoir rejoint sa mère alors même qu'elle savait pertinemment ce qu'elle était, pour avoir menacé la vie de sa grand-mère, lui avoir arraché le cœur alors qu'elle lui avait promis.
Elle savait que ça arriverait.
Elle ne pensait pas que ça ferait aussi mal.
Elle ne pensait pas sentir son cœur se déchirer en mille morceaux face à ce regard accusateur qu'elle savait mériter, mais ça faisait mal, ça faisait tellement mal qu'elle avait le sentiment qu'elle n'arrivait plus à respirer.
Mais elle fit face, parce qu'elle devait le faire, parce qu'elle faisait ça pour protéger son petit garçon, même si la situation présente semblait plutôt indiquer le contraire.
Elle entendit les hurlements de Blanche-Neige et David alors qu'elle enlevait leur petit-fils sous leurs yeux et fit comme si ça ne la touchait pas.
(Blanche-Neige avait hurlé comme ça, autrefois, lorsque son prince Charmant avait été obligé de cacher leur fille dans l'armoire magique pour la protéger d'elle et de son sort noir.
Cette fois-ci, elle ferait les choses différemment.)
Il se dégagea de sa poigne dès qu'ils furent arrivés à la mairie et elle vit les larmes briller dans ses yeux.
Il n'était pas juste en colère, il était déçu, il était triste, il était trahi.
Elle se souvint de ses propres larmes le soir où Cora avait tué Daniel.
Je suis désolée Henry.
Je suis tellement désolée.
« Pourquoi ? Hurla-t-il, et elle ne trouva rien à lui répondre.
Avant qu'elle n'ait à le faire, Cora apparut dans la pièce.
- Félicitations ma fille. Maintenant, nous n'avons plus qu'à attendre. »
§§§§
Ils étaient venus, évidemment.
Les idiots.
Blanche-Neige et David n'avaient pas de pouvoirs, rien à part des flèches et une épée, et pourtant, malgré le danger, ils étaient venus.
Regina les admirait presque.
Emma et Gold n'étaient pas là, retenus ailleurs par la magie de Cora et par Crochet, et la brune vit la détermination briller dans leurs yeux.
Ils sauveraient leur petit-fils.
Ou ils mourraient en essayant.
Ils étaient protégés par des amulettes, certes.
Mais ce ne serait clairement pas suffisant.
Pas face à Cora.
Pas alors qu'Henry était retenu prisonnier.
Le combat durait déjà depuis plusieurs minutes sans que personne ne prenne l'avantage, quand Regina sentit que les choses étaient en train de basculer lorsque Cora s'empara de l'épée de David et la brandit contre la fille de Léopold.
Celle-ci se figea.
« Vous ne pouvez pas me tuer, tenta-t-elle, bluffant.
Cora sourit.
- En effet. Ma magie ne peut pas vous tuer ou vous blesser. Mais cette épée ? Ça, c'est autre chose.
Elle la brandit et Regina sut que c'était le moment.
- Arrêtez ! Tonna-t-elle, le cœur de sa mère dans sa main.
La sorcière s'exécuta aussitôt, et ses yeux s'écarquillèrent de surprise et d'horreur, avant qu'elle ne tourne la tête en direction de sa fille, alors que le reste des gens présents se figeait eux aussi.
- Regina ? Hoqueta-t-elle, stupéfaite.
Un sourire se dessina sur le visage de l'ancienne souveraine.
- Échec et mat mère…
- Comment ?
- J'ai eu de l'aide de ton ancien professeur…
Le visage de la rousse se ferma aussitôt.
- Rumple… Murmura-t-elle avec un air sombre. Je jure par les Dieux que je le tuerai une fois que j'aurai mis la main sur sa dague. Allez Regina, redonne-moi ça.
En entendant cela, sa fille faillit éclater de rire.
Elle agissait comme si elle avait toujours le contrôle, alors même que quelqu'un d'autre avait son cœur entre ses mains et pouvait la tuer à tout moment.
N'avait-elle donc pas compris qu'elle avait perdu ?
- Je ne crois pas non, lui répondit-elle, le regard dur, il est loin le temps où vous pouviez me donner des ordres en espérant que je vous obéisse au doigt et à l'œil mère. Je vais vous tuer mère… je vais vous tuer et vous ne pourrez rien faire pour m'en empêcher.
- Regina…
- Taisez-vous, lui ordonna-t-elle, et c'était grisant, vraiment, d'être celle qui pouvait contrôler le corps de l'autre comme une marionnette. Avant cela, j'aurais une question à me poser. Et je veux que vous me parliez de Zelena.
- Tu… comment est-ce que…
- Rumple me l'a dit. Il m'a tout dit, votre haine contre la reine Eva, votre vendetta contre sa descendante, votre grossesse, et… son abandon. Je… j'ai une sœur, hoqueta-t-elle, les yeux brillants de larmes, j'ai une sœur et je ne l'ai jamais su, comment avez-vous pu faire ça ?
- C'était… une bâtarde. Et je voulais être reine, je ne pouvais pas…
- Elle était votre fille aussi ! S'indigna-t-elle. Vous êtes-vous seulement préoccupée de son sort, l'avez-vous revue après cela ?
- Oui, fit-elle, un air coupable sur le visage.
Un horrible pressentiment s'enracina alors dans le cœur de Regina.
- Et… et moi ? Est-ce que je l'ai rencontrée ?
La reine de cœur hocha la tête et le sang de la jeune femme se glaça, et la nausée l'envahit.
- Dans quelles circonstances ?
- Tu étais blessée et j'avais besoin d'elle, de sa magie, alors je l'ai fait venir dans la Forêt Enchantée pour qu'elle te sauve et quand je n'en ai plus eu l'utilité, je l'ai renvoyée chez elle.
- Je… je l'ai rencontrée, mais je ne m'en souviens pas… pourquoi est-ce que je ne m'en souviens pas ?
- Parce que j'ai effacé vos mémoires avec l'eau du fleuve Léthé.
L'horreur envahit le visage de Regina.
- Vous… vous avez osé… Sa respiration se coupa. Vous nous avez fait ça. Et maintenant… Zelena me déteste alors que mon seul crime à son égard est d'avoir été choisie par vous… Elle me hait alors que nous aurions pu être sœurs… Sans compter ce que Rumple m'a dit sur sa vie, sur son enfance, ce qu'elle a souffert et enduré… Et c'est de votre faute ! J'imagine que nous n'avons plus rien à nous dire dans ce cas… Adieu mère. »
Puis elle commença à écraser le cœur dans sa main, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que des cendres et qu'elle ne s'écroule, morte.
C'était fini.
C'était fait, elle avait réussi, elle y était parvenue, enfin.
C'était vraiment fini.
Elle avait gagné.
Elle s'écroula et se mit à pleurer.
A suivre…
Chapter 70: Je ne regrette rien.
Notes:
Titre du 23/07/2020 : Je ne regrette rien.
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Viktor (Underworld) : Veuf : Écrire sur un deuil ou sur un personnage solitaire
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Lorsque Regina se releva, tout le monde la regardait avec stupéfaction.
Elle n'avait pas vraiment fait attention à eux alors qu'elle affrontait Cora, mais elle savait qu'ils avaient tout entendu, et qu'ils savaient maintenant.
Ils connaissaient la vérité, toute la vérité, et elle sentit un poids s'enlever de ses épaules.
Elle avait fait les choses bien pour une fois dans sa vie.
Sa mère était morte, elle était libre et vengée, et plus personne ne courait le moindre danger à Storybrooke.
Ils avaient réussi.
Elle essuya ses larmes et sursauta en entendant son portable sonner.
C'était Rumple.
« Est-ce que c'est fait ? Lui demanda le Ténébreux.
- Elle est morte. Et Crochet ?
- Assommé, il se réveillera en cellule.
Regina haussa un sourcil surpris.
- Je suis sincèrement étonnée que tu ne l'ai pas tué.
Elle eut presque l'impression d'entendre son ancien mentor lever les yeux au ciel et ne put s'empêcher de sourire.
- Tu sais, tu n'es pas la seule personne dans cette ville qui essaie de changer, très chère, et malheureusement pour moi, miss Swan, Belle et Neal n'approuvent pas le meurtre, pas si on peut empêcher la personne de nuire. Et de toute façon, je me suis fait la réflexion que le savoir en cellule, conscient qu'il ne pourra jamais me tuer et que j'aurai ma fin heureuse et pas lui, était une vengeance suffisante pour moi.
Elle éclata de rire.
- Je comprends mieux tout de suite. Ça me semble… bien. Il y a déjà eu assez de morts à cause de nous deux.
- Et toi ? Ça va ?
La brune prit une profonde inspiration, et réalisa alors que…
Oui.
Oui, elle allait bien.
Sa mère était morte, une grande partie de sa vie venait de disparaître en un instant, et elle était en deuil, mais…
Ça allait.
Parce qu'elle avait fait un choix, le bon choix, le choix qu'elle aurait dû faire après la tragédie advenue dans les écuries et la mort de Daniel.
Elle était libre pour de bon de son emprise, elle avait réussi à la vaincre, à s'en défaire, et ce, pour sauver la femme qu'elle avait passé des années à essayer de tuer.
- Oui Rumple. Je vais bien. Même si… Il faudrait qu'on parle. De Zelena.
Il hocha la tête de l'autre côté du fil.
- D'accord. On se voit plus tard. »
Il raccrocha et elle rangea son téléphone.
« Regina ?
La voix de David la fit sursauter parce qu'il n'y avait aucune trace d'hostilité perceptible dans celle-ci, et que ça, c'était parfaitement inhabituel, il y avait juste… une confusion complète.
Elle comprenait bien pourquoi.
Elle se tourna vers le prince Charmant.
- Oui ?
- Qu'est-ce que… qu'est-ce qui vient de se passer au juste ?
- Je…
- Tu as toujours fait semblant, la coupa Blanche-Neige, incrédule. Depuis le début, depuis que Cora est arrivée avec Crochet à Storybrooke, tu as fait semblant d'être de son côté… pas vrai ?
Elle acquiesça.
- Oui. J'ai joué les espionnes pour savoir ce qu'elle voulait et qu'on puisse la stopper définitivement, et c'est ce qui est arrivé. Je n'ai jamais été de son côté, jamais. Je suis désolée qu'on ait dû en arriver là, mais sur le moment, ça paraissait être la meilleure chose à faire.
- Qui savait ? Demanda David, revenu de sa stupeur.
- Moi, Emma, Graham, Rumplestiltskin. Belle et Neal aussi, il a dû les mettre au courant. Et c'est tout.
- Je dois avouer que je ne m'y attendais pas, admit l'archère.
- A quoi ? Lui demanda Regina, acide malgré elle. À ce que je sois une si bonne actrice ?
- Non. À ce que tu utilises tes dons pour mentir, tricher et faire semblant pour me sauver la vie.
Le visage de Regina s'adoucit immédiatement.
- C'était la bonne chose à faire.
- Pourquoi ? Tu aurais pu me tuer, avoir ta vengeance. Alors pourquoi m'avoir sauvée ?
Son ancienne belle-mère lui sourit.
- Parce que Henry m'aurait détestée pour ça, d'abord. Mais aussi parce que… je veux réellement changer, devenir une meilleure personne, faire les choses bien, et… ça incluait le fait de te sauver.
- Quand tu m'as arrachée le cœur, c'était…
- Il fallait que ma mère continue de croire que j'étais toujours de son côté. J'ai fait ce que je devais faire. Et j'en suis désolée.
- Merci Regina. Merci de m'avoir sauvé la vie, d'avoir tué ta mère et de… Merci de m'avoir donné tort à ton sujet.
- Maman ? Demanda alors son fils d'une petite voix.
- Oui Henry ?
Il se jeta dans ses bras et se serra contre elle.
Il pleurait.
- Tu m'as tellement manqué, sanglota-t-il.
Elle le serra fort contre lui, le sourire aux lèvres et des larmes de joie dans les yeux.
- Toi Henry, murmura-t-elle, toi aussi tu m'as manqué. »
Ce n'était pas suffisant, pas encore.
Mais aujourd'hui, elle avait prouvé une chose.
Elle essayait réellement de devenir quelqu'un de bien.
§§§§
« J'ai une sœur.
Elle avait beau le savoir, Rumplestiltskin avait beau le lui avoir dit, et sa mère l'avait confirmé, mais elle avait toujours autant de mal à y croire.
Maintenant que le combat était fini, que Crochet était enfermé, et que Cora était morte, son corps en train d'être préparé pour l'enterrement, elle avait pu se poser avec le Ténébreux.
J'ai une sœur, j'ai une sœur, j'ai une sœur.
Elle se sentait comme une victime de la malédiction qui venait tout juste de retrouver la mémoire.
Sauf qu'elle n'avait jamais subi le Sort Noir.
- Une sœur qui te hait, ajouta Gold, voulant sans doute temporiser son enthousiasme.
Il n'avait pas besoin de le faire, elle n'avait aucunement oublié cet aspect des choses.
Zelena la détestait pour une chose dont elle n'était aucunement responsable, et elle comprenait sa souffrance, elle avait vu ses souvenirs, elle avait entendu ce que l'antiquaire avait à dire à ce sujet, ce que la rousse avait vécu.
Et elle la plaignait, vraiment.
Dans un cas comme dans l'autre, la reine de cœur avait gâché leurs vies, soit en étant là, soit en ne l'étant pas.
Et c'était elles qui devaient vivre avec ça désormais.
- Il faut que je la retrouve, que je lui parle, que je lui explique…
- Elle ne t'écoutera pas. Pas en ayant la mémoire effacée.
- Est-ce que tu pourrais me rendre mes souvenirs ?
Il secoua la tête juste après.
- Non. Pas dans l'immédiat, ta mère a utilisé l'eau du fleuve Léthé, ce doit être la potion d'amnésie la plus puissante qui existe en ce monde, elle vient directement des Enfers et j'ai beau être le Ténébreux, je ne suis pas capable de contrer la magie du dieu des morts. Mais…
- Mais ?
- Maintenant que ta mère n'est plus, la ville devrait être plus tranquille, et je vais pouvoir recommencer à travailler avec les fées.
La stupéfaction envahit les traits de Regina.
- Toi tu travailles avec les fées ? Volontairement ?
- Mon fils m'y a obligé, lui rétorqua-t-il.
Elle éclata de rire.
- J'aurais aimé voir ça, vraiment.
- Quoi qu'il en soit, on essaie de trouver un moyen de détruire la barrière qui nous empêche de sortir de la ville en conservant la mémoire si on a subi la malédiction, et aussi de créer une potion de mémoire pour que ceux qui ont perdu la mémoire ou risquent de la perdre retrouvent leurs souvenirs… peut-être que ça te les rendra.
- Je l'espère Rumple, lui répondit-elle, je l'espère vraiment. »
§§§§
Les gens en ville la regardaient différemment maintenant.
Les regards étaient moins hostiles qu'avant, maintenant qu'ils savaient ce qu'elle avait fait, ce qu'elle avait risqué en affrontant sa mère, le fait qu'elle l'avait tuée.
Elle les avait sauvés, aidée d'Emma Swan et de Rumplestiltskin, elle qui avait gâché leur vie autrefois, elle les avait sauvés, elle avait tenu sa promesse, elle avait commencé à changer, à essayer de s'améliorer, de faire les choses bien.
Elle savait qu'aucun d'eux ne la considérait comme une héroïne, et qu'elle et Rumplestiltskin, contrairement à Emma, étaient vus comme des personnes qui lui avaient fait du mal, qui venaient de les sauver, certes, mais dont ils méfiaient toujours.
C'était de bonne guerre après ce qu'ils leur avaient fait.
Malgré tout, alors qu'elle se rendait à la mairie, elle entendit quelques mercis être prononcés sur son chemin.
Et ça lui fit un bien fou.
§§§§
La situation lui était étrangement familière.
Après tout, c'était la deuxième fois qu'il se retrouvait face au pirate alors que celui-ci était enfermé et ne pouvait pas s'échapper.
Sauf que cette fois-ci, contrairement à la dernière fois, ce serait définitivement permanent.
Il croisa les bras, se demandant pour la centième fois au moins ce qu'il foutait ici.
Il aurait pu l'oublier pour toujours, le laisser croupir dans cette cellule, mais non, bien sûr, il avait fallu qu'il vienne le voir sans même savoir pourquoi.
Parce qu'il avait besoin de réponses, sans doute.
Parce qu'il voulait dire au revoir pour toujours à cette partie de son passé qu'il n'avait jamais pu oublier, dont il n'avait jamais vraiment guéri.
Quand le pirate sortit de l'inconscience, quelques minutes plus tard, il n'eut pas vraiment l'air étonné de se trouver là.
Ou bien c'était juste qu'il était tellement habitué à faire semblant de ne jamais être surpris par quoi que ce soit qu'on ne faisait plus la différence.
En revanche, quand il le vit, il haussa un sourcil surpris.
« J'ai comme une impression de déjà vu là, dit-il.
Neal aurait sans doute souri dans d'autres circonstances, mais pas là, pas alors que la situation lui rappelait son propre emprisonnement aux mains de Peter Pan, où il avait vécu bien pire, et donc son abandon pour le pirate.
- Ouais, ironisa-t-il, on ne voulait pas se répéter donc on a choisi de prendre une vraie cellule cette fois, j'espère que ça ne te dérange pas.
Le pirate sourit et l'ancien enfant perdu sentit son estomac se tordre.
Il aurait vraiment voulu que les choses soient différentes, qu'elles soient comme avant, qu'il n'ait pas à le haïr, qu'ils puissent être amis comme il avait cru qu'ils l'étaient autrefois.
Mais ça n'arriverait jamais, alors il allait devoir faire avec et enterrer ses regrets tout au fond de lui-même.
- Si je suis là je suppose qu'on a perdu.
- Tu supposes bien, lui répondit-il, laissant temporairement tomber l'ironie. Cora est morte. Quant à toi… Le père d'Henry regarda la cellule autour du pirate. Je pense que tu as une idée du destin qui t'attend.
- Plutôt oui, siffla le pirate. Si tu es là pour te réjouir ou fanfaronner devant moi, tu peux toujours…
- Je ne suis pas là pour ça, le coupa-t-il, se doutant de ce que serait la fin de sa phrase et ne voulant pas l'entendre.
- Pourquoi alors ?
- Pourquoi est-ce que tu n'as pas dit à Cora qui j'étais vraiment quand vous êtes arrivés à Storybrooke ? Je pensais que ce serait la première chose que tu ferais.
- Je pensais que tu n'y serais pas, que tu serais parti, que tu aurais fui loin de ton père.
C'était… logique comme manière de penser quand on le connaissait, et le pirate, il devait l'admettre même si c'était à contre-cœur, le connaissait effectivement plutôt bien.
Il avait failli fuir après tout.
- J'ai failli le faire, admit-il, j'y ai pensé, mais… enfin il y avait Henry et ça aurait été un peu hypocrite de ma part de l'abandonner tout en reprochant à mon père d'avoir fait la même chose, et puis… Enfin, il m'a promis de changer.
Killian ne put s'empêcher de lui rire au nez avec mépris.
- Et tu le crois ?
- Honnêtement ? Oui. Et puis, tu es toujours vivant, non ?
- Ça ne veut rien dit, objecta le marin, il doit sûrement se réjouir de mon sort, je suis enfermé et je ne peux plus lui nuire, ça doit lui suffire comme vengeance.
Encore une fois, il n'avait pas tout à fait tort.
- Tu n'as toujours pas répondu à ma question. Cora et toi vous avez exploré la ville, tu as bien dû savoir que j'étais là, pourquoi ne lui avoir rien dit avant qu'elle ne s'en rende compte par elle-même ?
- Parce que je savais qu'elle voudrait s'en servir contre toi, qu'elle t'utiliserait pour faire du mal au Crocodile si elle avait su qui tu étais réellement, et je ne voulais pas que ça t'arrive.
Neal le regarda, incrédule.
Il était en train de dire qu'il avait essayé de le protéger.
Et il était sincère, c'était sans doute ça le pire, et Neal faillit éclater d'un rire amer.
C'était trop tard.
Il arrivait deux cents putain d'ans trop tard.
- C'est super ça, merci bien, dit-il avec à nouveau un ton ironique, j'aurais aimé que tu fasses ça bien avant, que tu essaies de me protéger bien plus tôt, comme à l'époque, au Pays Imaginaire, quand j'avais vraiment besoin de toi. Mais bon vu que tu n'es jamais venu, j'en déduis que ce n'était pas suffisamment important.
Le pirate le regarda avec un air confus.
- Mais de quoi est-ce que tu parles ?
Et en plus, il osait nier…
Pourquoi Neal n'était-il même pas surpris franchement ?
Il éclata d'un rire rauque, froid, brisé.
- Tu… putain de merde. T'es sérieux en plus. Je vais te rafraîchir la mémoire alors. »
Alors il lui raconta, et vit le pirate commencer à le regarder avec un air horrifié, et il ne comprit pas pourquoi.
Il devait forcément savoir, il était là, sur cette foutue île.
« Neal… Finit-il finalement par dire après quelques minutes d'un silence pesant. Je n'étais pas au courant.
Baelfire cligna des yeux à plusieurs reprises, stupéfait.
- Attends, quoi ?
Ce… ce n'était pas possible.
Il le faisait marcher, pas vrai ?
Et pourtant, il était très sérieux, mais il lui avait déjà menti par le passé, alors il pouvait très bien recommencer.
- Comment… comment est-ce que ça peut être possible ?
Killian soupira.
- Peter Pan a de la magie. Il a pu lancer un sort de silence pour que personne ne sache et que tu te sentes encore plus isolé.
- Est-ce que tu serais venu ? Le coupa Neal, voulant enfin avoir la réponse à cette question qui le hantait depuis des siècles.
- Quoi ?
- Si tu avais su ce qui m'arrivait, ce qu'il me faisait… est-ce que tu serais venu ?
Crochet ouvrit la bouche puis la referma.
- Je ne sais pas, finit-il par répondre.
Le jeune homme ferma les yeux.
Il s'attendait à cette réponse à vrai dire, ça ne l'empêchait pas de lui faire mal.
- Je vois…
- Je suis désolé que tu ais subi ça. Sincèrement.
Tu es désolé mais ça ne change rien au fait que tu veux toujours tuer mon père.
Il aurait pu lui pardonner le reste ou du moins envisager de le faire s'il avait su renoncer à ça.
Mais ce n'était pas le cas et ça ne le serait jamais.
Et ça lui brisait le cœur.
- Ouais… Je suppose qu'on n'a plus rien à se dire alors. Merci tout de même. De n'avoir rien dit à Cora. »
Puis, il sortit, essayant de faire disparaître la douleur qui le dévorait de l'intérieur.
Il allait tout de même demander à Emma de vérifier s'il avait dit la vérité…
A suivre…
Chapter 71: L'instant de bonheur.
Notes:
Titre du 09/12/2022 : L'instant de bonheur
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Thomas Barrow (Downtown Abbey) : Gris : Écrire sur un méchant qui fait une bonne action ou sur un gentil qui fait une mauvaise action
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Emma avait mal au crâne.
Et tout était de la faute de Regina Mills.
Encore.
Elle n'aurait pas dû s'en étonner, cette femme lui donnait la migraine depuis littéralement leur toute première rencontre.
Ce n'était même pas de sa faute, enfin pas vraiment, elle n'en était pas directement responsable, pas complètement.
Le problème, c'était la situation en elle-même, et tout ce qui en découlait.
Avant, les choses étaient simples, limpides même et faciles, en noir et blanc et il n'y avait aucune question à se poser.
Regina était la méchante reine, elle avait lancé la malédiction, fait du mal à d'innombrables personnes, tué des gens, et même si elle l'avait aidée à sauver Henry et à le retrouver, et à briser le Sort Noir en même temps, elle restait haïe par beaucoup de gens et il fallait l'enfermer pour ensuite organiser son procès et probablement la condamner.
C'était d'une évidence telle qu'elle l'avait fait sans hésiter, ce qui avait été facilité par le fait que Regina s'était rendue sans protester.
Et après Cora était arrivée et avait tout foutu en l'air.
Parce que Regina les avait choisis eux et pas sa mère, qu'elle avait renoncé à sa vengeance, qu'elle n'avait pas choisi la voie de la facilité, contrairement à ce qu'elle faisait autrefois, qu'elle s'était battue contre elle, qu'elle l'avait affrontée, qu'elle l'avait vaincue.
Qu'elle l'avait tuée même, en sauvant son ennemie de toujours dans le processus.
C'était une bonne chose, certes, Emma ne le niait pas, et elle avait rarement été aussi soulagée de sa vie que lorsque Rumplestiltskin lui avait dit que la reine de cœur avait perdu la vie.
Mais ça compliquait infiniment les choses aussi.
Parce que Regina était toujours la méchante reine.
Parce que ses bonnes actions récentes n'effaçaient pas les actes monstrueux qu'elle avait commis par le passé.
Parce que presque tout le monde en ville la voulait soit en prison soit morte.
Et aussi parce que malgré tout ça, malgré ce qu'elle était, qui elle était, elle essayait, elle essayait vraiment de changer, de devenir une meilleure personne et si avant cela, Emma avait encore des doutes au sujet de ses véritables intentions et de sa bonne foi, ce n'était plus le cas.
Elle la croyait véritablement désireuse de changer désormais, après ce qu'il s'était passé avec Cora, après tout ce qu'elle avait fait et risqué pour eux.
Cela ne voulait pas dire qu'elle n'était plus sur ses gardes, parce que ce n'était pas le cas, on parlait tout de même de la femme qui avait tenté de tuer ses parents et qui avait gâché sa vie, mais…
Elle lui faisait confiance.
Et elle croyait en elle.
Ce qui n'aidait aucunement la Sauveuse à prendre une décision à son sujet, concernant son futur et ce qui allait advenir d'elle à Storybrooke.
Parce qu'il y avait un autre problème.
La mairesse avait récupéré sa magie.
Dès l'instant où cette idée avait été mise sur la table, la blonde avait su alors que ça pourrait leur poser des problèmes dans le futur, mais sur le moment, elle n'avait pas eu le choix, il fallait à tout prix que Cora croit non seulement que sa fille était de son côté mais aussi qu'elle avait l'avantage sur eux grâce à ça.
Sauf que maintenant, la sorcière était morte, sa fille avait toujours sa magie, et Emma…
Emma avait peur.
Elle avait peur que quelque chose se passe mal, qu'un jour Regina ne change d'avis une nouvelle fois, ne renonce à devenir meilleure, ne redevienne la méchante reine, qu'elle fasse encore le chemin en sens inverse comme après la mort de Daniel, de la lumière vers les ténèbres.
Mais aussi…
Comment pouvaient-ils espérer réussir à retenir en prison quelqu'un qui pouvait s'en échapper en un clignement d'œil et revenir dans la minute d'après ?
C'était un véritable casse-tête, et Emma avait beau y avoir passé des heures, elle n'avait toujours pas trouvé comment le résoudre.
Et la seule solution qu'elle avait pu trouver était loin de lui plaire.
Laisser Regina être libre.
La retenir prisonnière alors qu'elle ne leur était pas hostile et qu'elle était de leur côté et qu'elle pouvait s'évader à tout moment si elle le voulait n'aurait eu absolument aucun sens, et tout le monde en ville en avait parfaitement conscience.
Personne n'allait aimer ça, et elle le savait, beaucoup de monde allait grincer des dents mais elle ne voyait pas vraiment quoi faire d'autre.
Elle allait juste attendre et voir ce qui allait se passer.
Après tout, Regina avait bien dit qu'elle allait essayer de se racheter et de réparer ses torts, même vis-à-vis de ceux qui se trouvaient encore dans la Forêt Enchantée et à qui elle n'avait pas pu encore rendre les cœurs, pas vrai ?
Elle n'avait plus qu'à prier et croiser les doigts pour que l'ancienne souveraine continue de tenir les promesses qu'elle leur avait faites.
§§§§
Emma ne s'attendait honnêtement pas à ce qu'elle et Graham se fassent « convoquer » par Regina à la mairie le lendemain de la mort de Cora.
La brune était vêtue toute de noire, en deuil, et ses yeux étaient rouges.
Elle avait donc pleuré sa mère, et malgré tout ce qu'elle lui avait fait, toute la souffrance qu'elle lui avait causée, elle avait continué de l'aimer.
Emma était triste pour elle, sincèrement, mais elle n'arrivait pas à éprouver la moindre peine quant à la mort de Cora.
La sorcière avait voulu devenir la Ténébreuse et avait eu l'intention de tous les tuer les uns après les autres, son décès était un soulagement pour absolument tout le monde en ville.
Aussi, elle ne lui offrit pas ses condoléances, parce que ça aurait été parfaitement hypocrite de sa part, après tout, ils avaient planifié cette mort.
« L'enterrement est prévu pour quand ? Demanda-t-elle malgré tout.
Regina la regarda comme si elle était surprise qu'elle lui pose la question.
- Pour samedi matin. Je pense que je serai la seule à assister, ajouta-t-elle avec un sourire triste, à part si Rumple décide d'y aller lui aussi.
Emma n'osa pas la contredire, parce qu'elle avait entièrement raison.
Elle acquiesça.
- Très bien… Et toi… ça va ?
Peu de gens lui avaient posé la question en ville, hormis Gold, Archie, Henry et les parents d'Emma (parce qu'ils étaient tous les deux la gentillesse incarnée malgré tout ce qu'ils avaient vécu, et ce qui l'irritait autrefois lui réchauffait désormais le cœur), aussi elle lui en fut reconnaissante.
- Honnêtement ? Oui. C'était ma mère, et je n'ai jamais cessé l'aimer alors que j'aurais probablement dû le faire, mais… Elle m'avait fait trop de mal pour que je puisse accepter de la laisser continuer à me blesser ou pire, à blesser d'autres gens, à blesser Henry, alors… oui. Ça va.
Elle ne mentait pas, constata Emma, soulagée, parce que Regina avait été son ennemie, certes, mais elles étaient alliées maintenant, et elles étaient toutes les deux les mères de Henry, pour le meilleur et pour le pire, alors elles devaient se soutenir, s'entraider.
Et qui sait, peut-être qu'un jour, elles pourraient devenir amies.
Peut-être même qu'elle pourrait parvenir à la pardonner dans le futur, une fois que Regina se serait définitivement rachetée, si elle y parvenait.
Emma avait envie d'y croire.
Dieux, elle avait tellement envie d'y croire.
- Tant mieux.
- Comment va Henry ? Demanda Regina, et la blonde sentit au ton de sa voix à quel point le petit garçon lui manquait.
Il était certain que les choses ne pouvaient pas redevenir comme avant la malédiction, et même si la menace que représentait Cora n'était plus et que Regina était de leur côté, il valait mieux pour tout le monde qu'Henry ne revienne pas habiter chez elle.
Aussi, elle ne l'avait pas vu depuis la veille.
- Bien, il est… encore un peu secoué de l'enlèvement, et d'avoir cru que tu avais brisé la promesse que tu lui avais faite, mais… il va bien dans l'ensemble.
Regina sourit.
- Tant mieux.
- Pourquoi est-ce que tu nous as faits venir ? Demanda finalement Graham, s'exprimant pour la première fois depuis le début de la conversation.
C'était toujours compliqué pour lui de se retrouver dans la même pièce que son ancienne geôlière, les flashs de ce qu'elle lui avait fait tourbillonnant toujours fréquemment devant ses yeux, mais…
Ça allait mieux qu'avant, un peu.
Le fait qu'il continue de suivre sa thérapie avec Archie, qu'il n'ait plus à enfouir tout ça au fond de lui et qu'elle essaye réellement de devenir meilleure aidait énormément.
Regina prit une profonde inspiration et ferma les yeux avant de les rouvrir quelques secondes plus tard.
- J'ai l'intention de démissionner de mon poste de mairesse de Storybrooke.
Ses deux interlocuteurs la regardèrent, incrédules et stupéfait.
En un sens, le fait qu'elle ne soit plus à la tête de la ville n'était pas si surprenant que ça, il semblait assez inconcevable qu'elle continue d'exercer cette fonction alors que tout le monde savait maintenant ce qu'elle avait fait et qui elle était vraiment.
Non, ce qui les surprenait le plus, c'était le fait qu'elle veuille elle-même démissionner alors qu'elle aurait pu essayer de rester à son poste à n'importe quel prix.
Ça n'aurait pas trop détonné vis-à-vis des autres politiciens de leur pays honnêtement…
Sauf que non, elle avait décidé de prendre ses responsabilités et d'agir en conséquence, de renoncer à ce qu'elle avait acquis en trichant, parce que c'était la bonne chose à faire.
Elle voulait vraiment changer.
- Ouah, fit Emma, je… enfin… je m'y attendais pas.
- Moi non plus, renchérit le shérif. Mais c'est… c'est bien vraiment. Que tu le fasses de ton propre chef au lieu de le faire en étant chassée de là par la population, ça montrera aux gens que tu fais vraiment des efforts.
Ça aurait dû être quelque chose de tout à fait normal, et ils le savaient bien.
Mais ils savaient aussi tous les deux que Regina revenait de loin, et que le fait qu'elle prenne cette initiative d'elle-même était presque un miracle qu'ils n'espéraient pas.
Ils ne la féliciteraient pas pour ça.
Mais ils ne pouvaient que reconnaître qu'elle faisait des efforts.
Puis Emma grogna.
- Oh misère, je sens que ça va être une plaie d'organiser des élections ici.
Regina éclata de rire.
- Bonne chance pour ça.
- Je… j'ai pas envie d'y penser tout de suite, fit l'adjointe du shérif. J'ai juste envie de voir ce qui va se passer à Storybrooke maintenant, ce que ça fait de mener une vie normale ici. Enfin, si tant est que ce soit possible. »
Elle en doutait franchement.
Et malheureusement, elle n'avait pas tort à ce sujet.
§§§§
Il n'y avait rien.
Pas de méchante sorcière complètement folle et puissante désireuse de détruire la ville, de devenir immortelle et surpuissante, non, ils étaient tranquilles, enfin.
La ville était calme.
Paisible.
Pas silencieuse, elle ne l'était plus maintenant que Cora était morte et Crochet en prison, les gens avaient enfin pu recommencer à vivre leur vie, comme avant, et elle entendait les enfants jouer ensemble, les adultes discuter entre eux.
La vie avait repris ses droits, comme autrefois, presque comme si rien ne s'était passé.
Emma sourit.
Elle qui avait été si seule autrefois, malheureuse, sans racines, passant d'une ville à l'autre, d'un état des États-Unis au suivant, elle avait trouvé un endroit où se poser.
Elle avait retrouvé sa famille, et ils avaient retrouvé la paix, elle était à sa place, enfin, elle qui n'avait jamais vraiment su qui elle était avant cela.
Avant qu'un enfant qu'elle ne connaissait pas ne la trouve et ne la ramène chez elle pour qu'elle sauve sa famille, qu'elle brise une malédiction.
Qu'il ne la ramène à la maison.
Finalement, c'était Henry qui l'avait sauvée.
Qui lui avait offert une nouvelle vie dont elle n'aurait jamais pu rêver, une vie où elle comptait, où elle n'était plus seule, où elle était aimée.
Elle regarda la ville, sa ville, recommencer à vivre sous ses yeux, et elle se surprit à sourire à nouveau.
C'était chez elle, aussi fou et loufoque cet endroit soit-il.
Et elle n'avait pas l'intention d'en partir.
Elle se fit la réflexion que, maintenant que le calme était revenu, elle allait peut-être faire un tour chez Archie.
Elle ne devait probablement pas être la seule à en avoir besoin…
A suivre…
Chapter 72: Après la pluie.
Notes:
Titre du 03/09/2020 : Après la pluie.
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Trois cents douzième baiser : Un baiser entre deux personnes du même sexe
August/Graham
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n°144 - Placer le mot Sang
Quatre aspects de… créatures d'HP : Sombral : écrire une scène avec un cheval ou écrire sur quelqu'un qui assiste à la mort d'un être cher
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, défi des baisers, ships rares, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Jamais Archie Hopper n'avait eu un emploi du temps aussi rempli.
Avant, durant la malédiction, quand tout le monde pensait que tout allait bien et que leur ville était normale, il avait eu un certain nombre de patients variés durant les vingt-huit dernières années, évidemment.
Mais à ce moment-là, ils avaient besoin de lui soit à cause d'un mal-être qui n'existait pas à l'origine et qui avait été créé par la malédiction (Kathryn séparée de son mari et ne parvenant pas à le retrouver, Marco et sa tristesse de ne pas avoir d'enfant ainsi que son deuil de sa femme, Ashley et sa grossesse imprévue, Ruby et son désir d'indépendance, et tant d'autres), soit parce qu'ils sentaient que quelque chose n'allait pas dans leur vie sans pouvoir comprendre pourquoi.
Ça ne voulait pas dire qu'ils n'avaient plus besoin de lui, bien au contraire, ils avaient besoin de son aide plus que jamais, mais ils en avaient besoin d'une manière différente.
Tellement de souvenirs nouveaux à gérer, sans oublier leurs deux identités qui se rencontraient en permanence dans leur tête et se fracassaient l'une contre l'autre sans qu'ils sachent toujours laquelle était la bonne.
Le processus de guérison prendrait du temps, beaucoup de temps, pour certains plus que d'autres.
Mais ça n'avait pas d'importance.
Archie serait là pour les aider quoi qu'il arrive.
Et maintenant que Cora n'était plus un problème, la ville pouvait enfin commencer à respirer à nouveau.
Et à essayer de guérir.
Aussi, alors qu'il voyait les noms d'Emma Swan, Regina Mills, Rumplestiltskin, Neal Cassidy et d'autres sur sa liste de nouveaux patients, il sourit.
Ils s'en sortiraient.
Il en était sûr et certain.
§§§§
L'enterrement avait été plutôt rapide.
Comme prévu, il n'y avait presque personne hormis elle, Rumple et Henry.
Ainsi que Blanche-Neige et David.
Elle n'avait pas pu contenir ses larmes en les voyant, parce qu'ils n'étaient clairement pas là pour Cora, mais pour elle.
Et elle savait très bien qu'elle ne méritait aucunement leur soutien.
Cela lui avait donné de l'espoir aussi.
L'espoir qu'un jour, les choses s'arrangeraient, et qu'elle parviendrait à se faire pardonner.
Même si, elle le savait, le chemin serait long et rude.
Alors qu'elle passait devant les écuries de Storybrooke, son cœur se serra.
Après la mort de Daniel, elle n'était presque plus remontée à cheval.
Elle était devenue reine, et à partir de ce moment-là elle avait utilisé des carrosses pour voyager ou la téléportation une fois qu'elle avait appris la magie, moyen de transport de toute évidence plus rapide et plus pratique que de monter à cheval.
La vérité, c'était que remonter à cheval lui rappelait bien trop Daniel et tout ce qu'elle avait perdu, son innocence réduite à néant, ce mariage forcé dont elle n'avait jamais voulu, sa vie gâchée alors qu'on l'enfermait dans cette cage dorée aux barreaux trop étroits.
La dernière fois où elle se rappelait avoir fait du cheval, c'était juste avant son mariage, alors qu'elle pensait naïvement qu'elle pouvait encore y échapper, s'enfuir, avoir la vie qu'elle avait toujours voulue, même si c'était sans Daniel, et que sa mère avait réduit ses espoirs à néant.
Elle regarda la jument face à elle avec des larmes dans les yeux.
« Bonjour ma belle, murmura-t-elle en ne pouvant pas empêcher les regrets de l'envahir. »
Ce n'était pas Rocinante.
Mais elle avait tué Rocinante autrefois, tout comme elle avait tué ou mis en pièce absolument presque tout ce qu'elle avait jamais eu de bien au cours de sa vie.
Son cheval.
Son père.
Elle avait failli perdre Henry aussi, et n'était même pas sure d'avoir complètement réussi à le récupérer.
Elle avait tué sa mère et savait très bien que ce ne serait pas suffisant pour se faire pardonner par les habitants de Storybrooke, elle ne savait même pas si quoi que ce soit suffirait un jour.
Et aujourd'hui, alors qu'elle venait d'enterrer sa mère et son passé par la même occasion, elle voulait renouer avec ce dernier pendant au moins quelques heures.
D'un geste de la main, elle utilisa sa magie pour se changer et remettre la tenue de cavalière qu'elle portait autrefois, à l'époque où Daniel était encore vivant.
Elle se regarda et se dit que si le palefrenier l'avait vue, il se serait probablement dit qu'elle n'avait pas du tout changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus.
Il n'y avait rien de plus faux bien sûr, il y avait toutes les horreurs qu'elle avait commises, tout le sang qu'elle avait sur les mains, tous les meurtres, tous les crimes qui avaient entaché son âme et son cœur.
« Je suis désolée Daniel, finit-elle par murmurer en éclatant en sanglots, je suis tellement désolée. »
Il n'aurait jamais voulu ça, et elle le savait, elle l'avait toujours su, elle avait juste fait semblant de l'ignorer parce que le déni était tellement plus simple que d'accepter la froide, cruelle et implacable vérité.
Il n'aurait jamais voulu qu'elle se lance dans cette vengeance sanglante contre Blanche-Neige, il aurait voulu qu'elle aille de l'avant, qu'elle vive.
Qu'elle soit heureuse et qu'elle guérisse.
C'était ce qu'elle voulait faire désormais, mais pourquoi fallait-il que ça arrive maintenant alors qu'il était sans doute déjà trop tard pour elle, elle qui n'était désormais plus qu'un monstre qui ne méritait pas d'être sauvé ?
Elle prit une profonde inspiration.
Il fallait qu'elle essaie, au moins, qu'elle tente de faire au mieux.
Qu'elle fasse honneur aux deux hommes qui l'avaient aimée et soutenue jusqu'au bout et dont elle n'avait fait que trahir la mémoire.
Ça n'arriverait plus.
Plus jamais.
Elle s'en faisait la promesse solennelle.
Alors, entrant dans le box de la jument, elle la prépara et la scella, et une fois que ce fut fait, qu'elle fut prête, elle se prépara à aller galoper avec elle, décidant pendant quelques heures d'oublier le monde autour d'elle.
Elle ne serait plus Regina, la méchante reine, pendant quelques infimes instants volés à l'univers.
Elle serait Regina, la princesse qui avait rêvé d'une fin heureuse et d'une vie simple avec un palefrenier qui avait eu le cœur réduit en cendres et qui méritait bien mieux que ça comme fin…
§§§§
Graham dormait.
Ce n'était pas quelque chose d'extraordinaire ou d'incroyable a priori, non, c'était quelque chose que tous les humains faisaient, toutes les nuits, du moins en théorie, quelque chose de normal, d'habituel.
Mais pour August, ça l'était, c'était juste fantastique.
Parce que Graham dormait avec lui, dans son lit, dans ses bras, qu'il lui faisait suffisamment confiance pour le faire, et si ça n'avait été que cela, ça aurait déjà été quelque chose de grandiose, mais…
Il y avait aussi le fait qu'il avait réellement réussi à dormir.
Oui, lui, le shérif, le chasseur, souvent sujet aux insomnies ou aux cauchemars depuis qu'il avait récupéré ses souvenirs, dormait en ce moment-même d'un sommeil calme et paisible.
Pas de moments interminables durant lesquels Pinocchio avait pu l'entendre se tourner et se retourner pendant des heures, cherchant le sommeil en vain, pas un seul cauchemar n'avait troublé son sommeil, le faisant se réveiller en hurlant.
Cette nuit-là, pour la première fois depuis bien longtemps, son petit-ami avait réussi à dormir une nuit complète sans être hanté par les ombres de son passé.
Et même en sachant que les nuits d'insomnie et de cauchemars reviendraient bien un jour (après tout, c'était bien son cas à lui aussi, en ce sens, ils se complétaient bien l'un l'autre), l'ancien pantin de bois ne put s'empêcher de considérer ça comme une victoire malgré tout.
De plus, Cora et Crochet avaient été vaincus, et ils n'allaient peut-être pas bien, mais ils allaient mieux, et August…
August se sentait sincèrement heureux.
La malédiction était brisée, il avait retrouvé son père, il était humain à nouveau, il était amoureux et était aimé en retour, et il essayait de devenir une meilleure personne.
Il avait envie de croire que tout irait bien, que l'univers les laisserait enfin tranquille, en paix.
Quelques minutes plus tard, Graham finit par se réveiller et s'étira tout en baillant, et en le regardant s'éveiller ainsi, August ne put empêcher son cœur de se gonfler d'amour et de tendresse, parce qu'il ne voulait pas que ça s'arrête, jamais, il voulait juste continuer de vivre ce genre de petits moments qui n'étaient rien au premier abord mais qui étaient tout pour lui, lui qui avait été seul pendant si longtemps.
Il voulait que ce soit ça sa fin heureuse.
« Hey, fit finalement le shérif en lui souriant.
- Salut, lui répondit l'auteur en lui rendant son sourire.
L'ancien chasseur regarda l'heure sur l'horloge.
- On devrait se lever, non ?
- On devrait oui, lui rétorqua le fils de Geppetto. »
Pourtant, il ne fit pas un geste pour bouger.
Le sourire de Graham s'agrandit.
Lui non plus n'avait pas très envie de se lever à vrai dire, aussi, il ne fit pas un seul geste pour s'échapper de ses bras.
Ils pouvaient bien traîner un peu au lit après tout, c'était samedi, et Storybrooke n'avait jamais été une ville un tant soit peu normale de toute façon, et ils avaient le droit de se reposer un peu après avoir passé tout ce temps à angoisser à cause de la sorcière.
Puis ils s'embrassèrent et le shérif sut alors qu'ils n'étaient pas prêts de bouger.
Il ne put s'empêcher d'en rire.
§§§§
Elle avait revu un autre enterrement, durant celui de Cora.
Deux autres en fait.
Celui de sa mère, d'abord, cette mère qu'elle avait été complètement incapable de sauver, cette mère que Cora avait tuée.
C'était Regina qui le lui avait dit (et elle ne savait pas si elle était reconnaissante qu'elle l'ait fait ou si elle aurait préféré ne jamais savoir), qui lui avait avoué la vérité, toute la vérité, et elles avaient recoupé les informations auprès de Rumplestiltskin et de la Fée Bleue.
Jamais la fée ne lui avait offert cette bougie sombre qui aurait pu sauver la vie de la reine Eva.
Et cette dernière n'était pas seulement tombée malade, elle avait été empoisonnée par la reine de cœur qui avait alors tenté de la manipuler.
Pour la première mais pas la dernière fois…
La mort de sa mère n'était pas de sa faute donc, et elle avait fait le meilleur choix possible compte tenu des circonstances.
Elle se demanda ce qui ce serait passé si elle l'avait utilisé, cette bougie maléfique, ce que ça aurait pu changer, ce qu'elle serait devenue.
Si ça aurait vraiment été une chose si terrible que ça à faire.
Elle se souvenait de l'autre enterrement.
Celui de son père.
Le jour où la reine avait laissé tomber le masque, s'était révélée telle qu'elle était vraiment, et elle l'avait tué lui aussi, pas vrai ?
Maintenant, alors que la princesse contemplait leur passé commun, elle ne voyait que du sang, des morts et des larmes.
Elle aurait aimé qu'ils puissent dépasser cela, mais elle n'était pas sure d'en être capable.
Elle ne pensait pas encore pouvoir arrêter d'être en colère contre cette femme qui lui avait pris tant de choses.
Tout aurait été tellement plus simple et évident si Regina n'avait pas essayé de changer, de devenir meilleure.
Mais voilà.
Elle essayait.
Elle essayait vraiment, elle lui avait sauvé la vie, avait tué sa mère pour elle, et Blanche-Neige ne pouvait pas lui enlever ça, et elle ne savait pas si ce serait suffisant, mais elle avait vraiment envie de croire que oui.
Seul l'avenir le leur dirait.
Et pourtant, alors qu'elle repensait au passé, ce ne fut pas seulement la colère, la haine ou la tristesse qui l'animait.
Non.
En fait, c'était principalement des regrets.
Aussi, elle ne se rendit compte qu'elle s'était mise à pleurer que lorsque David lui demanda avec une voix inquiète :
« Blanche, est-ce que tout va bien ?
Elle hocha la tête.
- Oui, je… Ce n'est pas pour Cora que je pleure.
Toute la compassion qu'il pouvait y avoir dans son cœur (et les dieux savaient à quel point elle en avait) n'aurait pas été suffisante pour lui donner envie de pleurer une femme qui avait fait du mal à tellement de gens et n'avait jamais éprouvé le moindre remord à ce sujet, qui n'avait toujours semé que désolation, mort et désespoir sur son passage.
- Alors pourquoi ?
- Je pensais juste au fait que… les choses auraient pu être tellement différentes, tu vois ? Si on avait fait des choix différents. J'aurais aimé que… que les choses ne se passent pas ainsi.
- Tu n'aurais rien pu y changer, la rassura David, aucun de nous n'aurait pu le faire. Cora, Rumplestiltskin, Regina… Ils ont passé leur temps à nous manipuler pour arriver à leurs fins, pour que les choses se passent précisément de cette manière et pas autrement. Ce n'était pas de ta faute. »
Elle le savait bien.
Ça ne l'empêchait pas d'avoir des centaines de et si qui lui traversaient sans fin le cerveau et qu'elle n'arrivait pas à faire taire.
Ça ne l'empêcha pas de pleurer sur toutes ces horribles choses qu'elle aurait tenté d'empêcher si elle avait su à l'avance qu'elles allaient arriver.
Et ça ne l'empêcha pas non plus d'éclater en sanglots alors que son prince Charmant la prenait dans ses bras pour la serrer contre lui pour la réconforter.
§§§§
Quand il avait appris que Cora était arrivée à Storybrooke, Jefferson avait cru que son monde allait s'effondrer de nouveau.
La reine de cœur, elle était revenue, et lui…
Il avait tellement peur.
Qu'est-ce qu'elle allait lui faire cette fois, avait-il pensé, lui faire couper la tête à nouveau, lui prendre sa fille ?
Il ne voulait pas que ça recommence.
Il ne voulait pas encore une fois perdre ce qu'il avait de plus cher en ce bas-monde.
Plus jamais.
Ironiquement, alors que la première fois, elle l'avait condamné au désespoir, cette fois, c'était de Regina que son salut était venu, et que tout s'était bien terminé malgré tout.
Maintenant, il pouvait avoir une vie normale, élever sa fille, l'emmener à l'école et aller la chercher, la voir sourire, la faire rire, aller manger avec elle au Granny's sans se soucier du lendemain comme autrefois dans la Forêt Enchantée.
Tout n'était pas parfait, parce que ça ne l'était jamais, il faisait encore des cauchemars de son séjour au Pays des merveilles, ce qui était compensé par le fait qu'il était suivi par Archie Hopper désormais, mais…
Ça allait mieux.
Il allait mieux.
Et il avait Grace avec lui maintenant.
Avec un peu de chance, les choses allaient rester calmes pour de bon à Storybrooke.
Il pouvait bien rêver, non ?
A suivre…
Chapter 73: Revivre dans la lumière.
Notes:
Titre du 18/11/2021 : Revivre dans la lumière
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Viktor (Underworld) : Aîné : Écrire sur un groupe de trois personnes ou sur des chefs de clan
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Regina était nerveuse, cela Emma pouvait clairement le voir.
Ça n'avait rien d'étonnant, même si les choses s'étaient un peu calmées depuis la défaite de Cora et sa mort, l'ancienne méchante reine marchait toujours un peu sur des œufs quand elle était en leur présence.
La blonde le comprenait bien, elle-même avait parfois du mal à savoir comment se comporter quand la brune était dans la même pièce qu'elle.
Si tout se passait bien, elles finiraient par trouver un rythme, un tempo, par passer outre tout ce qui les avait opposées autrefois et ne se concentrer que sur ce qui les rassemblait, un pas à la fois, en essayant d'avancer dans la bonne direction.
Ils n'oublieraient pas, bien sûr, évidemment, ils n'oublieraient jamais, surtout pas après la malédiction et le Sort Noir et leurs identités volées en même temps que leurs souvenirs, et elles le savaient bien toutes les deux.
Mais pardonner, ça ils pouvaient peut-être le faire.
Ça prendrait du temps.
Mais ils devaient au moins essayer.
Et ça passait par plusieurs étapes, comme essayer de tendre la main à l'autre, de faire des efforts pour renouer avec ceux qu'on avait autrefois tenté de détruire.
C'était ce que Regina était en train de faire.
« Ce soir, je voudrais passer du temps avec toi et Henry. Je me disais que ce serait bien si on dînait ensemble tous les trois ce soir, chez moi.
Emma haussa un sourcil surpris.
- Toi, moi, et Henry. Dans la même pièce. Pour un dîner.
Avant tout ça, avant la fin de la malédiction, avant même la disparition de Henry, ça aurait ressemblé à une mauvaise blague ou à un cauchemar.
Quelque chose qu'elle aurait refusé sans hésiter parce qu'elle et Regina Mills étaient ennemies et que rien ne pourrait jamais changer ça.
Mais maintenant ?
C'était une proposition à envisager.
Regina hocha la tête.
- Oui. Je me doute bien que vu la situation, Henry ne reviendra pas vivre avec moi, en tout cas pas de manière permanente. »
Elle aurait déjà bien de la chance si on lui permettait d'avoir la garde alternée, et elle essaya de ne pas se demander comment ce genre de situation du type « j'ai essayé de tuer une partie de sa famille mais maintenant ça va mieux et j'essaie de devenir une meilleure personne et de me faire pardonner » pouvait se régler dans le monde sans magie, parce que vu la complexité du problème, ça risquait de plus lui donner mal à la tête qu'autre chose.
Sans parler de la configuration mère adoptive plus mère biologique plus père biologique à prendre en compte et le fait qu'ils voudraient tous élever Henry et participer à son éducation dans une ville où la magie existait et qui risquait à chaque instant d'être attaquée par des gens venus d'autres mondes.
Et tout le reste de la famille qu'elle avait essayé de tuer ou qui avait essayé de la tuer, voire les deux…
Donc oui, elle allait commencer petit, d'abord Emma, qui était la personne la plus proche de Henry qu'elle avait le plus blessée après tout.
Et c'était aussi plus simple avec elle parce qu'elle n'avait pas été là.
À l'époque, dans la Forêt Enchantée, quand elle était encore la pire version d'elle-même qui puisse exister.
Elle savait, et elle avait subi beaucoup de choses à cause d'elle, mais elle n'y avait pas assisté, elle n'avait jamais vraiment connu la méchante reine, pas comme les autres l'avaient fait, elle n'avait pas vu les horreurs qu'elle avait commises, et elle ne partageait pas avec elle le même passé que les autres anciens habitants de la Forêt Enchantée.
Elle s'imaginait mal partager un plat de lasagnes (sans parler de chaussons aux pommes, ils risquaient de croire à une tentative de meurtre, ce qui était compréhensible vu ses antécédents mais ce n'était pas de sa faute si c'était le dessert qu'elle réussissait le mieux) avec Blanche-Neige et David sans que la conversation ne tourne vite court et ne soit remplacée rapidement par un silence gênant.
Il était clair que ce n'était pas demain la veille qu'ils l'inviteraient à fêter Noël ou Thanksgiving en famille…
Mais peut-être qu'un jour, ça arriverait, peut-être qu'elle parviendrait à se faire pardonner, à s'amender suffisamment pour qu'ils finissent par l'accepter parmi eux, qu'ils deviennent une véritable famille, celle qu'elle n'avait jamais pu avoir quand elle avait été forcée de devenir la belle-mère de Blanche-Neige.
Mais cette famille-là, si elle finissait par exister, serait différente, parce qu'elle aurait été choisie.
Une famille étrange et cabossée et peuplée de gens qui pour certains rêvaient encore de s'entre-tuer, mais une famille tout de même.
Et elle avait vraiment envie que ça arrive, que ça fonctionne.
Qu'elle puisse prouver qu'elle n'était pas totalement perdue, qu'elle n'avait pas tout foutu en l'air.
Qu'elle avait le droit à une seconde chance.
Elle n'avait plus qu'à espérer qu'Emma accepterait de saisir la main qu'elle lui tendait, elle ne lui en aurait pas voulu si ça n'avait pas été le cas, c'était même un miracle qu'elle accepte encore de lui parler après ce qu'elle avait fait à sa famille, ce qu'elle lui avait fait.
Pourtant, malgré ses craintes, la Sauveuse lui sourit.
« Ça me paraît bien oui. Et comme ça, Henry pourra te voir dans un autre contexte que celui avec Cora. Maintenant que la ville est redevenue calme. Ça lui fera du bien je pense.
- À moi aussi. »
Elle n'avait vu que peu Henry après la mort de Cora, et elle comprenait parfaitement pourquoi, outre le fait qu'elle était littéralement la méchante reine.
Après avoir été si près de le perdre, ses grands-parents devaient vouloir passer plus de temps avec lui, sans parler d'Emma elle-même ou Neal qui avaient beaucoup de temps à rattraper, et elle ne parlait même pas de Gold.
Ce gosse commençait à avoir une famille bien trop étendue…
(Et si jamais elle parvenait à retrouver Zelena, elle ne risquait clairement pas d'arranger les choses.)
« Et, ajouta Regina, si je veux que tu viennes, ce n'est pas seulement parce que j'ai peur que tu ne veuilles pas me laisser seule avec Henry. C'est parce que j'ai envie que tu sois là.
Emma la regarda avec surprise.
- Vraiment ?
Elles n'étaient plus ennemies depuis que Henry avait franchi le portail et que Regina avait réalisé qu'elle devait changer si elle voulait réussir à le retrouver, et elles étaient devenues définitivement alliées en luttant contre Cora.
Mais ça n'effaçait pas la manière dont Regina avait traité Emma lors de son arrivée en ville, alors que tout ce qu'elle voulait c'était aider Henry parce qu'il l'avait appelée à l'aide.
Ça n'effaçait pas non plus tout le reste, leur passé commun fait de violence, de meurtre, de sang versé et de vengeance.
Ça n'effaçait pas la vie qu'elle lui avait volée et qui ne lui serait jamais rendue.
Elles n'étaient pas amies, pas comme elles auraient pu l'être si la magie et les contes n'avaient pas été réels.
Mais Regina avait véritablement envie qu'elles le soient.
- Oui. On est les mères de Henry, toute les deux, on doit s'entraider et se faire confiance, et je… Je voudrais qu'on devienne amies. Vraiment, sincèrement, sans qu'il y ait de mensonges entre nous comme c'était le cas avant quand je faisais comme si ce que Henry disait était faux. Quand je me suis rapprochée de toi parce que je voulais le retrouver après sa disparition, je n'étais pas sincère. Pas entièrement. Mais maintenant je le suis. Et je voudrais qu'on prenne un nouveau départ. Pour repartir sur de bonnes bases. Est-ce que ça te convient ?
L'air d'Emma était toujours confus.
- Je… commença-t-elle, semblant perdue.
- Je ne te demande pas de me pardonner, précisa alors la jeune femme. Je ne m'attends pas à ce qu'aucun d'entre vous le fasse, mais… j'aimerais essayer de faire les choses biens. Pour Henry. Et pour toi. Et je sais qu'il y aura aussi Neal à prendre en compte dans l'équation mais avec toi c'est plus facile parce qu'on se connaît. Et je préfère y aller doucement aussi.
Emma rit.
- Ouais. Je vois. Ça aussi ça me va.
Regina sentit un énorme poids disparaître de ses épaules.
- Super. À ce soir donc ?
La blonde lui sourit.
- A ce soir. »
Regina soupira de soulagement avant de se préparer pour la suite, le plus facile d'abord, préparer le dîner.
Et puis le plus compliqué viendrait ensuite.
Le dîner lui-même.
§§§§
Elle ne savait honnêtement pas si elle allait gérer.
C'était un comble tout de même, elle avait été une noble, elle avait été reine, elle avait organisé des repas, des fêtes, des réceptions en tout genre durant son règne, elle était une experte dans ce domaine, et pendant les vingt-huit ans de la malédiction, elle avait fait des choses semblables en tant que mairesse de Storybrooke.
Et pourtant, malgré tout ça, malgré cette expérience, elle paniquait à la simple idée de dîner avec Henry et l'autre mère de son fils.
Peut-être parce que cette fois-ci, les choses étaient différentes.
Cette fois, ce n'était plus elle qui avait le contrôle, elle n'était plus en position de pouvoir ou de force, elle n'était plus la reine, la mairesse.
Elle n'était plus que Regina.
Et elle devait se racheter.
Il ne s'agissait pas d'impressionner qui que ce soit, juste…
Juste de faire bonne impression.
De faire en sorte de faire disparaître la méchante reine pour toujours et devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de meilleur.
Et elle avait tellement peur.
Parce que même si les choses s'étaient améliorées entre elle et Emma, ça ne changeait rien au fait que la blonde avait toutes les raisons du monde de lui en vouloir et qu'elle pouvait tout aussi bien décider qu'elle ne méritait pas de seconde chance.
Elle prit une profonde inspiration.
Bien.
Dans ce cas-là, à elle de lui prouver que c'était bien le cas, et qu'elle méritait d'avoir une rédemption, en devenant son amie et en faisant tout pour réparer le mal qu'elle avait causé, si elle le pouvait.
Et tout se passerait bien.
§§§§
La scène avait de légers airs de déjà-vu.
Emma qui arrivait avec Henry et qui le ramenait à la maison, comme lors de leur toute première rencontre.
Sauf que cette fois-ci, les choses étaient bien différentes.
Elle n'était plus la même personne qu'à l'époque, et cette période lui semblait si loin désormais, alors que…
Oh.
Elle n'avait pas réalisé.
Ça faisait maintenant près de trois mois entiers qu'Emma Swan était arrivée à Storybrooke.
Trois mois que tout son univers avait changé d'axe et basculé pour toujours dans une direction qu'elle n'avait pas du tout prévue ou anticipée, dont elle n'avait jamais voulu, trois mois s'étaient écoulés depuis que la Sauveuse lui avait ramené son fils sain et sauf, à la maison.
Sans qu'elle ne se doute un seul instant de ce qui allait suivre, de ce que l'irruption de cette femme dans sa vie qu'elle croyait pourtant si bien ordonnée et parfaite allait provoquer, elle qui n'avait pas vu ce qui se passait pourtant littéralement sous ses yeux.
Si on lui avait dit à l'époque ce qui allait se passer, peut-être l'aurait-elle cru, mais elle était sure d'une chose, c'est qu'elle aurait fait tout ce qui serait en son pouvoir pour que ça n'arrive jamais.
Aujourd'hui, elle comprenait à quel point elle avait eu tort.
Parce que sans ça, sans toutes ces épreuves, sans la disparition de Henry et son séjour dans la Forêt Enchantée, sans doute n'aurait-elle jamais eu la force de se remettre en question et de réaliser qu'elle devait changer si elle ne voulait pas perdre tout ce qui lui était cher, tout ce à quoi elle tenait.
Et honnêtement, après tout ce qu'elle avait infligé aux habitants de Storybrooke, ce qu'elle avait vécu, aussi douloureux et éprouvant soit-il, n'était rien du tout à côté.
Trois mois seulement…
Elle aurait pensé que ça durait depuis plus longtemps que ça, sans doute parce que vingt-huit ans de malédiction ne l'avaient plus habituée à ce que le temps se déroule d'une manière normale.
Trois mois…
Et les choses avaient bien plus changé durant ce court laps de temps que durant les vingt-huit années qui les avaient précédés.
Elle-même avait bien plus changé, et elle le sentait bien, son cœur n'était plus autant dévoré par la vengeance qu'il avait pu l'être avant.
Oh, bien sûr, une part d'elle-même était toujours remplie de rage, de haine, de rancœur et de ténèbres, mais bien moins qu'avant.
Elle allait de l'avant.
Elle changeait, elle devenait meilleure, ou du moins, elle essayait de toutes ses forces.
Et au final, c'était grâce à Emma, grâce à son intervention, même si ce n'était aucunement volontaire de sa part et que celle-ci n'avait voulu au début que venir en aide à Henry.
En fin de compte, réalisa-t-elle soudainement avec stupéfaction, bien avant de briser la malédiction, la blonde avait rempli le rôle qui était le sien à la perfection.
Elle l'avait sauvée.
Et ce fut également à cet instant précis que l'ancienne méchante reine se rendit compte que si elle lui avait déjà dit plusieurs fois à quel point elle était désolée pour ce qu'elle avait pu lui faire à elle comme à sa famille et aux autres victimes de la malédiction, le fait est qu'il y avait une chose qu'elle n'avait toujours pas faite.
Une chose qu'elle ne lui avait jamais dite, qu'elle n'avait jamais pensé à faire jusque là.
Elle ne l'avait jamais remerciée.
Parce qu'elle lui en avait voulu d'être là, d'exister, elle l'avait détestée pour ça, l'avait blâmée pour tout un tas de choses, parce qu'elles étaient ennemies alors.
Maintenant, tout avait changé, et elle réalisait enfin que sans elle, elle serait resté la même, et elle aurait fini par perdre Henry pour toujours.
Alors, en voyant Emma avancer vers elle, suivie par Henry, en réalisant que celle dont elle avait détruit la vie avant même qu'elle ne vienne au monde avait fini par devenir sa Sauveuse, elle sentit l'émotion l'envahir.
Si elles avaient été amies, elle l'aurait serrée dans ses bras pour la remercier, mais elles n'en étaient pas là.
Pas encore.
Elle sourit, et même si la scène était familière, elle n'avait en fin de compte rien à voir.
Elle était indéniablement bien meilleure.
« Merci, lâcha-t-elle à la Sauveuse qui la regarda alors avec un air surpris.
- Merci ? Merci pour quoi ?
- Merci d'être là, merci d'être qui tu es, d'être la Sauveuse, merci d'avoir changé ma vie et de m'avoir fait ouvrir les yeux et de m'avoir fait comprendre à quel point j'avais tort, merci de m'avoir fait confiance, de m'avoir donné une seconde chance alors que je ne la méritais pas. Merci de m'avoir sauvée.
Emma resta figée pendant quelques secondes, stupéfaite et de toute évidente émue, avant de lui sourire à son tour.
- De rien. Même si… même si le chemin sera encore long, je suis contente de l'avoir fait. Et je suis sure qu'ensemble, on y arrivera. Bon… et si tu nous faisais entrer ?
Regina éclata de rire.
- Bien sûr. »
Oui, elle le savait maintenant, cette scène était totalement différente, parce que la Regina d'avant n'aurait jamais été prête aux changements qu'elle avait décidé de faire.
Alors qu'elle, si.
Et elle avait bien l'intention de s'y tenir.
A suivre…
Chapter 74: Je peux changer.
Notes:
Titre du 21/07/2022 : Je peux changer
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Modern Family : Famille : Écrire sur un repas de famille ou une scène entre un grand parent et son petit enfant
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Alors qu'elle voyait le regard d'Emma se poser sur différents endroits de la pièce dans laquelle ils venaient tous les trois d'entrer, à savoir le salon, l'endroit où elle avait accueilli la Sauveuse pour la première fois, elle sut qu'elle pensait à exactement la même chose qu'elle.
La manière dont cette première rencontre s'était déroulée.
Ce qui s'y était passé, la façon dont elle avait agi, ignorant encore qui elle était vraiment, faisant tout pour la chasser loin de chez elle, hors de sa vie, pour que tout redevienne comme avant, normal.
Elle aurait dû savoir dès le début que ça n'arriverait pas, que ce geste désespéré de Henry qui était allé jusqu'à Boston tout seul, par ses propres moyens, malgré le danger qu'il pouvait courir loin de chez lui, parce qu'il n'avait plus personne vers qui se tourner, ne s'arrêterait pas là.
Que ce n'était que le début de sa chute, qu'elle aurait beau faire pour essayer de colmater les fissures dans son petit monde soi-disant parfait, celles-ci ne cesseraient jamais de grandir, jusqu'à ce que tout explose.
Si elle n'avait été qu'une mère adoptive craignant que la mère biologique de son fils ne vienne pour essayer de prendre sa place et de le lui reprendre, son comportement aurait pu être excusé.
Mais elle était la méchante reine aussi, et elle avait tenté de chasser celle qu'elle voyait comme une ennemie alors qu'elle ne cherchait qu'à l'aider.
Ironiquement, elle avait réussi d'ailleurs.
Cette première rencontre, cette façon dont elle avait agi vis-à-vis de la princesse, elle ne pouvait pas l'effacer ou la changer.
Mais elle pouvait faire en sorte que le futur se passe mieux.
Elle pouvait changer.
Et ce dîner n'était que le premier pas dans la bonne direction qu'elle espérait être suivi par bien d'autres.
Tout se passerait bien.
Il le fallait.
Et elle pouvait le faire, y arriver.
Tout irait bien.
Elle avait envie d'y croire en tout cas, même si elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait faire pour que ce dîner soit le plus normal possible.
Mais aucune d'elles n'était véritablement normale après tout.
Pas vrai ?
§§§§
Ce fut Henry qui les sauva.
Le petit garçon leur évita de rester coincés dans un silence gênant et embarrassant en leur racontant ses journées d'école de la semaine précédente (parce que oui, Cora ou pas, il avait continué de se rendre à l'école, même si les choses étaient clairement plus calmes et apaisées depuis que la reine de cœur était morte) tout en répondant à leurs questions ou en réagissant à leurs remarques.
Ce qui permit d'empêcher le vide de s'installer dans la conversation, au moins pendant un moment, et au moins, quand ils mangeaient ils n'avaient pas forcément à parler.
Et alors, Regina réalisa finalement qu'en fin de compte, avec une certaine stupéfaction, qu'au-delà de leur conflit et de leurs piques autour de Henry, ou des plans formés ensemble pour le retrouver ou pour combattre Cora, elle et la Sauveuse n'avaient en fait rien à se dire.
Ça n'aurait pas dû l'étonner, elle n'avait jamais appris à la connaître au-delà des informations qu'elle savait sur elle et son passé, n'avait jamais voulu le faire, parce que le faire c'était risquer de s'attacher à celle qui était son ennemie, et vue l'attitude qu'elle avait eue envers elle après son arrivée il était tout à fait normal qu'Emma n'ait pas voulu le faire non plus.
Seulement voilà.
Elles n'étaient plus ennemies désormais, ou du moins elles s'efforçaient de ne plus l'être.
Mais elle et Emma n'étaient pas amies non plus.
Comment auraient-elles pu l'être ?
Alors que la blonde ne savait qui elle était réellement, ce qu'elle avait fait, depuis si peu de temps et qu'elle avait à peine eu le temps de l'assimiler, alors quant au fait de la pardonner ou de commencer à l'apprécier, n'en parlons même pas.
Emma était une quasi-inconnue pour elle, alors même qu'elle la connaissait et la côtoyait depuis plus de trois mois.
Le fait qu'elle se soit entourée de murs n'aidait pas non plus, et Regina savait bien qu'elle en était en partie responsable.
Mais maintenant, les choses étaient différentes, elle voulait devenir son amie, pour de vrai, pas seulement pour Henry ou pour se faire pardonner de ce qu'elle lui avait fait endurer en tant que méchante reine, mais parce qu'en se battant à ses côtés, elle s'était attachée à elle, bien malgré elle.
Elle avait découvert une femme forte et courageuse, une héroïne, une mère prête à tout pour son fils même si elle ne le connaissait pas, et qui contrairement à elle ne lui avait pas fait du mal ni n'avait tenté de le manipuler ou de lui mentir.
Emma Swan, contrairement à elle, était quelqu'un de bien, et ce malgré toutes les épreuves qu'elle avait pu traverser.
Et Regina l'admirait sincèrement pour ça.
Elle laissa la conversation dériver ensuite sur Storybrooke et comment les habitants s'habituaient à leur nouvelle vie, surtout maintenant que Cora et Crochet ne les menaçaient plus, intervenant plusieurs fois mais sans jamais changer de sujet.
Ne parlant pas de ce que ça pouvait lui évoquer concernant la Forêt Enchantée.
Parce que parler de Storybrooke, c'était choisir la voie de la facilité.
Ne pas parler du passé.
Ne pas parler de l'enfance d'Emma, de sa vie dans la rue ou ballottée de famille d'accueil en famille d'accueil, elle qui aurait dû être une princesse et grandir dans un château sans jamais manquer de rien et vivre dans une famille aimante qui l'aurait élevée avec amour et protégée des dangers du monde.
Ne pas parler des crimes de Regina, du sang qui tâchait ses mains, des fantômes qui la hantaient encore et toujours.
Ne pas parler du sort noir, des vies brisées, de ce qui ne pourrait jamais être réparé, de la douleur, de la souffrance.
Ne pas non plus parler de Regina elle-même, de ses propres souffrances et blessures ou de ses cicatrices, des mauvais traitements de Cora ou de sa vie en tant que reine en deuil et enfermée dans une cage dorée, mariée à un homme qu'elle n'aimait pas et pleurant en silence celui qu'on lui avait arraché sans que personne à part son père ne voit ou ne se soucie de sa peine.
Ne pas parler de ce vide dans son cœur qu'elle n'avait pas été capable de combler avant d'adopter Henry.
Elle devrait le faire un jour, très certainement.
Mais pas aujourd'hui.
Pas alors que la trêve entre elle et Emma était encore si fragile, elle les avait aidés face à Cora, certes, mais ça n'effaçait pas le reste, ça n'excusait rien.
Emma non plus n'en parla pas, et la brune ne parvint pas à déterminer si c'était uniquement parce que Henry était là et qu'elle voulait le préserver ou juste parce qu'elle ne voulait pas aborder le sujet.
Quelle que soit la réponse, l'ancienne mairesse lui en était reconnaissante.
Et au final, malgré ses peurs, ils finirent par discuter tous ensemble, presque comme si de rien n'était, comme…
Comme une famille.
Ce qu'ils auraient sans doute été s'il n'y avait eu ni magie ni malédiction, juste une famille normale constituée de deux mères et de leur enfant (et de Neal peut-être aussi qui sait ? Elle ne savait pas exactement quelle place il aurait eu dans cette configuration, le connaissant trop peu. Aurait-il aussi abandonné Emma dans un univers sans magie ?).
Les choses auraient sans doute été plus simple comme ça, elles n'auraient pas été la méchante reine et la Sauveuse, non, elles auraient été deux mères essayant de composer avec l'autre mère de leur fils, la mère adoptive et la mère biologique tentant de faire ce qui était le mieux pour Henry.
Ou alors deux mères divorcées ou séparées l'une de l'autre qui essayaient de renouer avec leur ex-femme ou ex-petite-amie pour le bien de leur fils.
Regina aimait bien cette dernière image, parce que dans cette version de l'histoire, elle n'était pas celle qui avait ruiné la vie d'Emma, ici, personne n'avait eu le cœur arraché, personne n'avait été abandonné, personne n'avait souffert, personne n'avait perdu la mémoire.
Personne n'avait été arraché à son monde de naissance.
Et elle n'était pas un monstre.
Dans cet univers, les monstres existaient toujours mais au moins ils ne pouvaient pas agir comme bon leur semblait, ils n'avaient pas la magie pour parvenir à leurs fins.
Ici, Emma ne la détestait pas, et elles étaient amies, ici, elles s'étaient aimées, et elles étaient toutes les deux les mères de Henry, elles l'avaient toujours été, elles l'avaient élevé ensemble.
Ici, pas de conflit, pas de tentative de meurtre, pas de disparition dans un autre monde.
Ici, les choses n'étaient pas faciles mais bien plus simples et moins douloureuses.
Regina secoua imperceptiblement la tête pour chasser cette image qui était certes très belle mais qui ne verrait jamais le jour.
Parce que quels que soient ses efforts, leur relation ne serait jamais normale et si elle arrivait déjà à devenir amie avec Emma, ce serait déjà un miracle.
Elle se contenterait de ça, c'était bien plus que ce qu'elle méritait.
Et si voir Emma et Henry discuter ensemble, agir comme une mère et son fils, riant ensemble, formant ce lien dont ils avaient été privés pendant si longtemps, lui réchauffa le cœur pour des raisons qu'elle ne put ou ne voulut s'expliquer et lui donna envie de les considérer comme sa famille, tous les deux et malgré leur passé troublé, eh bien, ça ne regardait qu'elle et personne d'autre.
Et si aussi, alors qu'ils passaient au dessert (elle avait choisi de faire un gâteau au chocolat, pas un chausson aux pommes, vu leurs différents dans le passé à cause de ce fruit, elle avait jugé plus prudent de choisir autre chose pour un premier dîner pour ne pas faire passer ça pour une provocation), Emma lui sourit en réalisant qu'elle avait ajouté de la cannelle à sa recette parce qu'elle savait que tout comme Henry elle aimait ça, et que ça lui provoqua des papillons dans le ventre, elle décida de ne pas y penser.
De laisser ce sentiment de côté parce que de toute évidence, ce n'était rien du tout.
§§§§
Le dîner s'était bien passé en fin de compte, malgré les craintes de Regina, et même si elle savait qu'ils avaient volontairement laissé de côté les sujets sérieux susceptibles de créer du conflit, ou de provoquer de la rancœur et du ressentiment, et qu'elle savait aussi qu'elles devraient finir par en parler, elle était heureuse du résultat.
Et surtout, elle voulait que ce genre d'événement se reproduise.
Storybrooke était de nouveau calme, même s'ils ignoraient encore pour combien de temps, et Regina faisait tout pour changer et s'amender, alors peut-être que si elle voyait Emma et Henry plus souvent, les choses s'amélioreraient entre eux.
Qu'ils apprendraient à être une vraie famille, malgré le passé qui flottait perpétuellement entre eux, leur rappelant malicieusement et narquoisement qu'il leur restait encore un long chemin à parcourir.
Ils ne seraient jamais une famille normale, c'était une évidence, déjà parce que l'arbre généalogique d'Henry leur empêchait de l'être par sa complexité et sa simple existence, mais aussi parce qu'il n'y avait rien de normal dans le fait d'avoir dans sa famille la méchante reine, Blanche-Neige, le prince Charmant, la Sauveuse, et Rumplestiltskin qui était aussi la Bête et le Crocodile et beaucoup d'autres choses (trop), sans oublier Belle de La Belle et la Bête.
Cela Regina le savait, et Emma aussi, mais malgré tout la blonde semblait bien déterminée à faire en sorte que ça marche, malgré ce que Regina avait fait.
Regina ne méritait pas d'être sauvée, la sorcière en avait parfaitement conscience, mais ça n'avait pas empêché la princesse de le faire malgré tout, malgré elle.
Alors, même si ce dîner n'était qu'un tout petit pas, au moins, c'en était un dans la bonne direction.
Emma lui en voulait encore, elle le voyait bien.
Mais elle essayait et c'était bien plus que ce que n'importe qui d'autre aurait fait à sa place.
« Merci, lui dit-elle alors qu'elle lui disait au revoir, Henry étant déjà remonté dans la voiture après lui avoir dit au revoir.
(De toute évidence, il avait encore un peu de mal à faire comme si rien n'était arrivé ou à rester avec elle pendant un long moment, et même si ça lui déchirait le cœur elle comprenait.
Il avait besoin de temps.
Elle allait lui en laisser, autant qu'il en aurait besoin.)
Emma lui sourit.
- Merci à toi. C'était un super dîner.
- Je sais qu'on n'a pas parlé des questions qui fâchent, lui dit Regina. De ce qu'il va se passer après, maintenant que ma mère est morte et que je suis à nouveau libre. On va devoir le faire, tôt ou tard.
Emma lui envoya un regard grave.
- Je sais. Ce serait déjà fait si les choses avaient été plus simples, si la seule chose que j'avais à faire, c'était te passer les menottes. Sauf que ce n'est pas le cas.
- Parce que tu penses que je tenterai de m'enfuir avec mes pouvoirs ?
- Ça oui. Et parce que tu essaies de changer, vraiment. Que je ne sais pas comment juger quelqu'un qui a fait des choses dont le monde sans magie ne connaît même pas l'existence. Que je n'arrive déjà pas à savoir comment gérer Storybrooke et tout le bordel qui va avec et que… J'ai envie de te pardonner mais je ne sais vraiment pas si je vais pouvoir.
- Je sais.
- Et il y a Henry aussi, et le fait qu'on soit toutes les deux ses mères et ah ah, si on m'avait dit que je me retrouverais dans cette situation après être arrivée à Storybrooke en pensant n'y passer que quelques heures, je n'y aurais pas cru, ajouta-t-elle, tentant de détendre l'atmosphère.
Regina rit.
- Oui, je comprends. À ce sujet… j'aimerais parler à Neal. À propos de Henry, c'est son père et il compte faire partie de sa vie maintenant et je le connais à peine et je voudrais savoir comment on va faire pour s'organiser, de la manière la plus normale qui soit, du moins si c'est possible dans cette ville.
Cette fois, ce fut au tour d'Emma de rire.
- Je vois. Je vais le contacter dans ce cas.
- Un café chez Granny's lundi après-midi, ça lui irait ?
Emma hocha la tête.
- C'est parfait. Hum… au revoir.
Ces derniers mots avaient été lancés sur un ton gêné, comme si elle ne savait pas encore comment se comporter avec elle, et Regina comprenait parfaitement pourquoi.
Ça viendrait, un jour, elle se le promettait.
- Au revoir, lui répondit-elle avant de rentrer et d'aller se coucher, le cœur léger pour la première fois depuis la mort de sa mère. »
Qui sait, songea-t-elle avec espoir, peut-être les choses allaient réellement finir par s'arranger ?
A suivre…
Chapter 75: La lumière du soleil.
Notes:
Titre du 14/02/2022 : La lumière du soleil
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n°144 - Placer le mot Sang
Quatre aspects des… devises familiales de GOT : Famille, devoir, honneur : écrire sur un parent et son enfant ou écrire sur quelqu'un qui suit ce que son honneur lui dicte
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Le dîner s'était bien passé finalement, contrairement à ce que les craintes et les appréhensions d'Emma lui avaient fait imaginer.
En fait, si elle avait pu oublier la malédiction, la magie et le passé vengeur et sanglant qui les liait, elle aurait presque pu croire que cette soirée n'avait été qu'un repas de famille ordinaire entre deux mères et leur enfant qui se racontaient leurs journées respectives tout en mangeant.
Presque.
Sauf qu'ils n'étaient pas une famille normale et qu'ils n'en seraient jamais une.
Le simple fait que plusieurs jours auparavant, Regina était encore en cellule et privée de pouvoirs et qu'elle était de nouveau libre désormais le prouvait bien.
Mais malgré cela, malgré la colère, la rancœur, les blessures du passé qui ne guériraient probablement jamais vraiment, Emma était satisfaite de sa soirée.
Tout s'était bien passé.
Elles n'avaient pas parlé du sujet qui fâchait, de l'éléphant dans la pièce, de ce que Regina avait fait, de ce qu'elles comptaient faire à ce sujet, mais au moins elles savaient que c'était là, et qu'elles devraient s'en occuper un jour.
Mais elles devaient se donner un peu de temps avant cela, le temps de s'habituer à la nouvelle situation, à Storybrooke elle-même et à ce que la ville voudrait devenir dans le futur maintenant que la magie avait fait son apparition, que tout le monde avait retrouvé la mémoire et que Cora avait été vaincue, que la ville était a priori enfin en paix.
Ce serait long.
Compliqué.
Douloureux aussi parce qu'on n'effaçait pas vingt-huit ans de souffrance comme ça, mais…
Mais Regina essayait, elle essayait vraiment et Emma le savait très bien et une partie d'elle-même la détestait encore pour ce qu'elle lui avait fait, pour ce qu'elle leur avait fait à tous, seulement…
Si la brune continuait dans cette direction, si elle se rachetait, réellement, qu'elle devenait meilleure, qu'elle réparait ce qui pouvait l'être, alors…
Oui.
Emma savait désormais qu'elle se sentait prête à la pardonner.
Pas encore.
Pas tout de suite.
Mais un jour, peut-être aurait-elle la force de le faire si la brune réussissait à le mériter.
Et puis qui sait, peut-être deviendraient-elles réellement amies ?
§§§§
En voyant le sourire d'Emma et l'enthousiasme de Henry, Blanche-Neige se détendit légèrement, de même que David.
Elle savait qu'en théorie, elle n'avait rien à craindre de la part de Regina, que celle-ci n'avait plus l'intention de s'en prendre à leur famille, qu'elle l'avait bien prouvé en choisissant leur camp plutôt que celui de sa mère, et en tuant Cora, et que de toute façon Emma savait se défendre y compris en magie même si elle commençait tout juste à l'apprendre.
Mais la princesse se souvenait.
Elle se rappelait de choses que sa fille n'avait jamais vécues, qu'elle ne comprendrait sûrement jamais vraiment, elle se souvenait de la cruauté de Regina, de la mort de son père, de tout le sang qu'elle avait versé, de ce qu'elle avait fait, de ce qu'elle avait été.
Elle se souvenait de la méchante reine et des ombres dans ses yeux.
Des ténèbres.
De sa haine.
De toutes les victimes, toutes les vies brisées par sa faute, tout ce qu'elle ou Cora ou Rumplestiltskin avaient pu détruire sans qu'elle ou David ou qui que ce soit d'autre ne puisse les en empêcher.
Elle se souvenait de la pomme empoisonnée, de la chambre rouge et des flammes.
Tout comme elle se souvenait aussi de Regina, la femme qui lui avait sauvé la vie, qui avait été gentille avec elle, qui avait été quelqu'un de bien autrefois, il y avait oh si longtemps qu'elle avait presque fini par oublier qu'elle avait pu l'être un jour.
Elle avait l'impression de la revoir.
Elle espérait vraiment que ce n'était pas un mirage ou une illusion.
Mais elle avait tant cru en elle autrefois, s'était tellement accrochée à l'espoir que sa belle-mère puisse changer un jour, devenir meilleure, abandonner sa croisade insensée contre elle, elle avait tellement voulu lui donner une seconde chance même si tout lui hurlait le contraire et à quel point elle avait tort, qu'elle avait peur désormais.
Peur qu'au final, tout ne finisse par s'effondrer et qu'elle ait tort, une nouvelle fois, peur de redevenir la petite fille naïve et pleine d'espoir qu'elle s'était pourtant jurée de ne plus jamais être parce qu'une guerre ne se gagnait pas avec des bons sentiments.
Et qu'un jour il fallait apprendre à grandir, et c'était ce qu'elle avait fait.
L'enfant qu'elle avait été autrefois avait envie de croire que tout se passerait bien.
L'adulte qu'elle était désormais avait bien plus de doutes.
Mais Emma souriait et elle faisait confiance à Regina, et elle savait quand quelqu'un mentait, alors peut-être que cette fois était la bonne, peut-être la noble était-elle vraiment sincère, peut-être que l'ancienne souveraine n'allait pas la décevoir une fois de plus, et qu'elle y arriverait.
Qu'un jour peut-être, elle pourrait la pardonner et qu'elles formeraient enfin une famille unie pour de bon sans que la haine ou les mensonges ou les faux-semblants ne viennent entacher tout ça.
C'était tout ce qu'elle espérait en tout cas.
§§§§
En ce lundi après-midi, Regina l'admettait aisément, elle était nerveuse.
Parce qu'au final, si les choses restaient compliquées avec Emma, au moins, elle la connaissait.
Elle la côtoyait depuis désormais près de trois mois, elles avaient été ennemies puis alliées et peut-être même amies désormais, elles avaient combattu ensemble, elles avaient perdu puis retrouvé Henry ensemble, leur relation s'était forgée dans la douleur et les combats, celui contre Cora notamment.
Avec elle, elle savait comment agir.
Alors qu'elle ne connaissait finalement que très peu Neal Cassidy.
Elle savait qu'il était le fils de Rumplestiltskin, le père de Henry, qu'il avait vécu pendant un long moment au Pays Imaginaire et qu'il vivait à New York avant de venir s'installer à Storybrooke, et…
Et c'était tout.
Elle le connaissait, oui.
En théorie.
Elle ne savait que quelques éléments à son sujet, et ils n'avaient jamais réellement eu l'occasion de parler avant cela, d'abord parce qu'elle avait été emprisonnée peu de temps après son arrivée, ensuite parce que Cora était arrivée peu de temps après, et enfin parce qu'après la mort de sa mère, elle avait eu d'autres choses à faire et à penser.
Sans oublier le fait qu'elle et Rumplestiltskin (sans parler de Belle évidemment, et oh elle ne lui avait même pas présenté ses excuses pour ce qu'elle lui avait fait, réalisa-t-elle avec stupeur. Il y avait tellement de gens auprès de qui elle devait le faire qu'elle en avait oublié la bibliothécaire) n'étaient pas vraiment en très bons termes et que son réflexe premier n'avait pas réellement été de passer du temps avec son fils.
Et donc elle était là, presque au pied du mur alors que ce rendez-vous était précisément son idée à la base.
Qu'allait-il donc se passer ?
Et s'il ne voulait absolument rien avoir à faire avec elle ?
Elle l'aurait compris, elle était la méchante reine après tout, elle avait été l'ennemie de son père, l'ennemie d'Emma, il aurait eu parfaitement le droit de ne pas vouloir entendre parler d'elle avec tout ce qu'elle avait fait.
Pourtant, malgré tout, il était là.
« Emma m'a dit que vous vouliez me voir.
Elle hocha la tête.
Elle avait choisi le Granny's parce que c'était un terrain neutre, parce que c'était plus facile qu'au manoir, avec Emma elle avait choisi la maison parce que Henry était là mais aussi parce que… elle se sentait plus à l'aise avec la Sauveuse.
Alors qu'elle avait avant cela tout fait pour la chasser de la ville, elle trouvait l'ironie de la situation assez belle.
- Oui. Maintenant que ma mère est morte… on peut espérer que les choses vont redevenir calmes en ville.
- Vous voulez dire dans une ville peuplée de personnages de contes de fée et où la magie existe ? Plaisanta-t-il.
Elle sourit.
- Oui, je sais.
C'était elle qui avait créé cette ville après tout, elle et Rumplestiltskin.
- Mais… j'ai envie d'y croire. Vraiment. Alors puisque pour l'instant les choses sont… calmes à défaut d'être normales, parce qu'elles ne pourront jamais l'être, je voulais savoir… comment on allait s'organiser. À propos de Henry.
Il soupira.
- Je n'en sais rien à vrai dire, je ne sais pas… Je ne sais pas comment ce genre de situation marche dans le monde sans magie. Et après réflexion je ne sais pas non plus comment ça marche dans la Forêt Enchantée ou dans les autres mondes magiques, ajouta-t-il en fronçant les sourcils.
- Je ne sais pas moi non plus, le rassura-t-elle, mais vous êtes le père de Henry et vu les circonstances, vous allez rester dans sa vie, vous avez l'intention de le faire, et… il va falloir qu'on s'organise, vous, moi et Emma. Pour que ça marche. Pour qu'on devienne… une famille.
Une famille.
Elle le lisait dans ses yeux, ce n'était pas une chose dont il avait l'habitude, pas depuis très longtemps en tout cas, même si les choses s'étaient un peu arrangées avec son père, et de quand datait la dernière fois qu'il avait eu une famille ?
Une éternité apparemment, et elle se sentit triste pour lui.
Il hocha la tête.
- Je n'avais pas prévu ça vous savez… De devenir père. D'avoir un enfant. Emma non plus d'ailleurs. On avait à peine dix-sept ans à l'époque, encore que pour moi, c'est plus difficile de déterminer quel âge j'ai exactement, lâcha-t-il en éclatant d'un rire sans joie.
- Mais vous avez veillé sur lui quand il avait besoin de vous, quand il était perdu dans la Forêt Enchantée, vous l'avez fait même quand vous ne saviez pas encore que c'était votre fils. Je vous remercie pour ça d'ailleurs. Sans vous, il ne serait peut-être jamais rentré à la maison.
Il sourit.
- J'ai juste fait ce que je devais faire. Ce que j'aurais aimé qu'on fasse pour moi quand je suis revenu ici la deuxième fois et que j'étais seul parce que la seule famille que j'avais connue dans ce monde était morte depuis des décennies.
- Je suis sincèrement désolée.
- Merci. Et merci d'avoir élevé Henry, même si… même si vous avez mal agi avec lui, malgré ça, malgré vos tentatives pour empêcher la malédiction d'être découverte, vous l'avez élevé et aimé, vous avez tout fait pour le sauver quand il a disparu, quitte à perdre ce que vous aviez gagné avec le Sort Noir. Merci d'avoir été sa mère, de lui avoir donné une famille quand Emma et moi ne pouvions pas le faire.
Elle sourit.
- Mais vous êtes là maintenant. Tous les deux. Et je ne peux pas effacer le passé ni ce que j'ai fait, mais je peux faire en sorte que le futur soit meilleur pour nous tous. Pour que vous ayez une place dans la vie de Henry.
Neal éclata de rire.
- C'est plus facile à dire qu'à faire. Pour vous, c'est facile, vous êtes sa mère adoptive, et par facile j'entends que vous avez un logement et un travail. Vous vivez ici depuis toujours.
- J'ai démissionné de mon poste de mairesse, lui rétorqua-t-elle.
Il la regarda comme s'il n'était aucunement impressionné.
- Mais vous avez créé la ville, la malédiction vous a mise au pouvoir et tout comme elle a permis à mon père de posséder l'intégralité de la ville, je suppose qu'elle vous a également donné de l'argent, assez d'argent pour ne plus avoir à travailler de votre vie, ou alors vous avez l'argent que vous aviez probablement autrefois en tant que reine en plus. Et même si vous êtes la méchante reine je pense que nous n'aurez pas de problème à retrouver rapidement un travail. Voire vous n'aurez pas besoin de le faire du tout. Et vous avez votre magie. Est-ce que vous pouvez créer de l'argent avec de la magie, comme mon père peut filer la paille en or ? Lui demanda-t-il avec une curiosité qui semblait sincère.
Elle sourit à nouveau.
- Ma mère l'a appris de votre père et me l'a également appris, pour que je ne sois jamais pauvre si jamais je perdais ma couronne et mon royaume. J'aurais sans doute mieux fait de m'en servir pour m'enfuir et ne plus jamais revenir, dit-elle avec tristesse. Puis elle fronça les sourcils. Votre père transforme la paille en or, vous l'avez dit vous-même, et il est de toute façon toujours riche grâce à la malédiction, ça devrait régler le problème du logement et du travail et donc de l'argent.
Baelfire grimaça.
- J'aime mon père, vraiment, malgré ce qu'il a fait, et même si ce n'est pas tous les jours facile, mais… Je ne veux pas dépendre de lui. J'ai appris à m'en sortir seul dans le monde sans magie, et j'aimerais que ça continue.
- On vous trouvera quelque chose alors, c'est le moins que je puisse faire. Ça devrait faciliter les choses pour vous et pour que vous puissiez voir Henry plus souvent. Je ne sais pas encore ce qu'on va faire précisément, comment on va s'organiser, mais… je pense que ce serait bien qu'on y aille par étape.
Il acquiesça.
- Je pense que ça me va Regina. »
Bien.
Très bien.
Ils avançaient pas à pas, lentement, mais ils avançaient au moins.
Et surtout, elle en avait la certitude, ils avançaient dans la bonne direction.
A suivre…
Chapter 76: Nos victoires.
Notes:
Titre du 22/05/2023 : Nos victoires
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects du… Sagittaire (Astrologie) : Aventure : Écrire une suite de péripéties ou sur un perso qui bouscule son quotidien
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
D'ordinaire, Regina ne se rendait pas souvent à la bibliothèque municipale de Storybrooke.
Déjà parce qu'avant, cette bibliothèque n'existait tout simplement pas, étant restée fermée durant près de vingt-huit ans.
Ensuite, parce que… hé bien quand la malédiction avait été brisée, et que la bibliothèque avait été rouverte, à l'initiative de Rumplestiltskin, elle n'en avait tout simplement pas eu le temps ni même les moyens, se trouvant d'abord en prison puis en mission d'infiltration auprès de sa mère et de Crochet.
Elle avait alors mieux à faire que d'aller emprunter des livres.
Et enfin, même si on oubliait les deux premiers points… c'était Belle qui se chargeait de la bibliothèque désormais.
Et la méchante reine devait probablement être la dernière personne en ville que la princesse souhaitait voir à l'heure actuelle, malgré ce qu'elle avait fait en luttant contre Cora, elle l'avait enfermée et retenue prisonnière pendant vingt-huit ans après tout.
Ce n'était pas le genre de choses qu'on oubliait facilement, et qu'on pardonnait encore moins aisément.
Et cela, Regina en avait bien conscience.
C'était justement pour ça qu'elle était là.
Pour s'excuser, à défaut de se faire pardonner, parce que Belle méritait qu'elle le fasse, elle lui devait bien ça après ce qu'il s'était passé.
En entrant dans la bibliothèque, elle entendit des rires, et deux voix qu'elle reconnut aussitôt.
Celle de Belle, bien sûr, mais aussi celle de son ancien mentor, Rumplestiltskin.
Elle aurait dû s'y attendre.
Après avoir été séparés l'un de l'autre pendant si longtemps, il était évident qu'ils tenteraient de passer le plus de temps possible ensemble pour se retrouver et renouer.
Elle aurait préféré tomber à un autre moment, mais elle allait devoir faire avec.
Quand elle la vit, Belle cessa de rire et durant quelques secondes, la peur apparut dans ses yeux avant qu'elle ne parvienne à la faire disparaître tant bien que mal.
Regina ne pouvait que le reconnaître, elle avait du cran.
Quand il la vit, le regard de Gold s'assombrit, mais la brune ne recula pas pour autant, elle avait une mission à remplir, alors elle allait l'effectuer.
« Rumple ? Je souhaiterais parler à Belle. Seule à seule.
Il la regarda avec un air suspicieux, avant de probablement considérer qu'elle n'était pas assez stupide pour vouloir s'en prendre à elle en sachant quel genre de conséquence elle risquait de subir si elle le faisait.
- On se voit tout à l'heure, indiqua-t-il à Belle avant de se téléporter ailleurs, soit dans sa boutique, soit chez lui, soit là où se trouvait son fils.
Peu importe après tout, ça ne la regardait pas.
Belle croisa les bras.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
Ça aussi elle aurait dû s'y attendre.
- Je ne suis pas venue parce que j'ai besoin de vous ou pour vous demander quoi que ce soit Belle, je vous assure.
- Pourquoi dans ce cas ?
Regina prit une profonde inspiration.
- Je suis venue vous demander pardon.
Belle se figea, stupéfaite.
- Quoi ?
- Je suis venue pour vous dire que j'étais désolée. De vous avoir enlevée dans la Forêt Enchantée, de vous avoir retenue prisonnière, d'avoir fait croire à Rumplestiltskin que vous étiez morte, de vous avoir gardée enfermée dans cet asile pendant vingt-huit ans. Je suis sincèrement désolée de vous avoir fait ça.
De toute évidence, Belle ne s'attendait pas à ça, et elle continua de la regarder avec incrédulité, comme si elle n'arrivait pas à croire que ça puisse être réel.
- Je… je ne… Ouah. Alors c'est vrai, vous avez vraiment l'intention de changer.
- J'ai fini par réaliser en parlant avec Neal Cassidy que je n'avais jamais eu l'occasion de vous faire mes excuses depuis que la malédiction avait été brisée. C'est chose faite désormais.
- Je… je ne… Merci. De vous être excusée, c'est plus que ce à quoi je m'attendais de votre part. Mais… je vous en veux encore pour ce que vous avez fait. Pas seulement à moi, mais aux autres. Il me faudra du temps pour vous pardonner, si jamais j'y arrive.
- Je sais, se contenta-t-elle de lui répondre, j'en ai conscience, je sais que… c'est loin d'être terminé. Mais je voulais le faire, je voulais que… que vous le sachiez. Je voulais que ça compte.
Belle lui sourit.
- Et ça compte Regina. Croyez-moi, ça compte vraiment beaucoup pour moi. Vous avez été très courageuse, d'oser vous battre contre votre mère, de l'affronter ainsi, de lui mentir, de faire semblant, après avoir passé des années à lui obéir. Je ne… Je ne saurai jamais ce que ça fait, parce que ma mère… était une personne merveilleuse. Quand elle est morte, mon monde s'est entièrement écroulé. Alors je ne peux qu'imaginer ce que vous avez dû ressentir quand elle a tué votre fiancé. Et je suis désolée que vous ayez eu à subir ça Regina, je suis sincèrement désolée.
Un sourire triste apparut sur le visage de Regina.
- Merci. Merci beaucoup.
Puis, elle observa la bibliothèque autour d'elle, qui semblait bien plus vivante et animée qu'autrefois, d'un autre côté, ce n'était pas bien compliqué à faire.
Et elle regarda Belle.
Elle la regarda vraiment, se souvenant de celle qu'elle était, à l'asile.
Ce n'était pas du tout la même personne.
Désormais, elle se souvenait de qui elle était, elle savait qu'elle était aimée, et elle avait retrouvé sa famille, ses proches, l'homme qu'elle aimait, elle était libre.
- Belle ?
- Oui ?
- Je voulais savoir… est-ce que vous êtes heureuse ? »
Elle ne s'était jamais posée la question avant, durant la malédiction, parce qu'alors, seul son propre bonheur comptait.
Rien d'autre n'avait la moindre importance, hormis elle et Henry, et de toute façon, elle avait lancé cette malédiction pour se venger de Blanche-Neige, pour avoir sa fin heureuse, et le sort noir était supposé voler la fin heureuse de tous les habitants de la Forêt Enchantée hormis elle.
Alors dans ce cas-là, pourquoi se serait-elle une seule seconde souciée de leur bonheur ?
Mais les choses avaient changé désormais.
Elle avait changé.
Elle n'avait pas posé la question aux autres habitants de la ville, parce qu'une bonne partie d'entre eux désirait encore probablement voir sa tête au bout d'une pique et parce qu'elle préférait se faire discrète en ville malgré son combat contre Cora.
Mais elle avait bien vu les différents changements en ville et dans la vie des habitants, des changements qui s'étaient pour certains produits avant la fin de la malédiction et qu'elle avait provoqués, pour réparer les dégâts qu'elle avait causés, même si ce ne serait jamais suffisant pour tout effacer complètement.
Elle n'avait pas eu besoin de demander à qui que ce soit si leur vie s'était améliorée après la fin de la malédiction, elle l'avait vu.
Et elle le voyait aussi alors qu'elle regardait la jeune bibliothécaire, plus rayonnante que jamais.
Mais elle avait besoin de le savoir, d'être sûre, qu'on lui dise qu'elle n'avait pas totalement tout bousillé, que cette ville conçue pour être une prison était devenue plus que ça, même si ce n'était pas elle la responsable de cette amélioration.
Belle réfléchit quelques secondes avant de répondre.
« Oui, lui dit-elle sans la moindre hésitation, oui je suis heureuse. Le monde sans magie paraît toujours un peu étrange à mes yeux, et je dois encore m'y faire et m'y habituer, et mon père a… des difficultés à accepter certains de mes choix de vie, comme le fait que je sois toujours avec Rumplestiltskin malgré ce qu'il a fait, mais… en dehors de ça oui. Je vais bien, j'aime ma vie, j'aime mon travail, et j'ai des amis, j'ai retrouvé l'homme que j'aime et j'ai tout un nouveau monde à découvrir… et une infinité de livres à lire, conclut-elle en riant.
L'ancienne souveraine eut un léger sourire en entendant ça, et se fit la réflexion que dans une autre vie, la princesse et elle auraient probablement pu être amies.
Peut-être n'était-il pas encore trop tard pour ça, peut-être avait-elle encore la possibilité de réparer ce qu'elle avait cru autrefois brisé pour toujours, de changer les choses, et notamment ses relations avec les gens, et ça incluait Belle.
(Ça incluait tellement de monde qu'elle se sentait incapable de tous les compter.)
- Tant mieux dans ce cas.
Le plus étonnant dans tout ça, c'était qu'elle était complètement sincère.
Elle n'avait jamais haï Belle autrefois après tout, elle n'avait fait que se servir d'elle pour faire souffrir le Ténébreux, rien de plus.
Belle la regarda avec un air curieux, comme si elle tentait de la sonder, de voir au plus profond de son âme et de réussir à déterminer qui elle était vraiment, loin des masques et des faux-semblants que sa mère lui avait appris à afficher. Regina ne pouvait s'empêcher de craindre qu'elle n'y trouve rien à part de la noirceur.
Mais pourtant, malgré tout ça, malgré tout ce qu'elle était, il n'y avait rien dans le regard de la brune à part de la bienveillance, sans doute parce qu'elle aimait une personne qui s'était elle aussi perdue dans les ténèbres, ou tout simplement parce qu'elle avait cette capacité de voir le bon chez la plupart des gens.
Même ceux qui au premier abord ne le méritaient pas ou ne semblaient pas en posséder.
- Donc vous n'avez pas l'intention de demander quoi que ce soit à Rumplestiltskin ?
Regina fronça les sourcils.
- Non ! Enfin, à part s'il a des nouvelles à propos de Zelena, ou que j'ai besoin de son aide avec une affaire qui concerne la magie. Ce n'est pas pour lui que je suis venue, c'est pour vous, ce n'est pas pour rien si je lui ai demandé de nous laisser seule. Je pense qu'il vaudrait mieux que lui et moi, après tout ce que nous nous sommes faits l'un à l'autre, nous ne nous voyons pas trop. Pas pour le moment en tout cas.
Belle acquiesça.
- Bien. Je… Je vous avoue que je ne m'attendais pas à cela. À ce que vos excuses soient sincères,je veux dire… je vous connais Regina. Ou du moins je connaissais la méchante reine, la femme qui m'a manipulée autrefois pour parvenir à ses fins. Mais cette nouvelle version, la femme qui veut changer, qui veut faire le bien, qui a défié sa mère et sauvé ses anciens ennemis, je… je ne la connais pas. Pas encore. Mais je serais heureuse de le faire dans le futur.
Ce n'était pas un pardon, mais c'était une main tendue, que Regina était prête à accepter sans la moindre hésitation.
La plupart des habitants de Storybrooke n'auraient pas été aussi cléments qu'elle, et à raison.
- Merci. »
En sortant de la bibliothèque, elle avait le cœur bien plus léger qu'en y entrant.
§§§§
« Maman ?
Emma avait fini par s'y habituer, avec le temps, mais une part d'elle-même se sentait encore un peu surprise, un peu comme si elle avait le sentiment que ce n'était pas à elle qu'il parlait mais à quelqu'un d'autre.
Maman.
Un mot tout simple et pourtant si essentiel, qu'elle se trouvait encore incapable de prononcer, de dire à voix haute, de même que le mot papa, et depuis qu'elle savait la vérité, qu'elle avait brisé la malédiction, elle n'était pas parvenue à appeler ses parents ainsi une seule fois.
Dans sa tête, ils étaient encore Blanche-Neige et David, voire pour l'institutrice, Mary-Margaret, elle savait qu'ils étaient son père et sa mère mais dans sa tête, ils étaient encore deux personnes qui avaient seulement l'air d'avoir le même âge qu'elle.
Ça, ce n'était qu'une des trop nombreuses choses que Regina lui avait volées et qui ne reviendrait jamais.
Elle sourit à Henry.
C'était le matin, un mardi, elle prenait le petit-déjeuner avec son fils et ses parents, elle allait bientôt aller au travail après l'avoir emmené à l'école, la ville était calme, et tout allait bien.
Elle n'allait pas bien, mais elle irait mieux.
Un jour…
- Oui ?
- Je me disais que… le dîner de l'autre jour chez maman… chez Regina, c'était bien.
Emma sentit ses parents se tendre un peu non loin d'elle, ce qu'elle comprit, le sujet étant encore un peu sensible.
Mais ils ne dirent rien, se contentant d'écouter la conversation.
- Oui, approuva-t-elle, je suis d'accord, ça s'est bien passé.
- Je me demandais si… fit-il avec hésitation, si on pouvait recommencer, organiser à nouveau un dîner comme ça, avec elle. Dans la semaine, ou plus tard, et aussi… si on pouvait faire ça souvent. Comme ça je pourrai la voir un peu plus et vous apprendriez à mieux vous connaître.
Et parler des sujets sérieux qui fâchent, songea Emma avec gravité.
Henry devait probablement en avoir conscience, et elle comprenait qu'il puisse vouloir voir à nouveau sa mère, pas exactement comme avant, mais au moins de manière plus fréquente.
Elle acceptait cela, elle avait été dans la situation inverse avant après tout et puis…
Pourquoi pas ?
Ça pouvait marcher, les aider à se voir plus, pour essayer de voir ensemble comment améliorer la ville, comment organiser les prochaines élections, la campagne électorale et tout le reste, et comment l'ancienne mairesse allait faire pour se faire pardonner.
Emma se souvenait notamment qu'elle avait pour projet de rendre leurs cœurs à ceux qui se trouvaient dans d'autres mondes, mais pour cela il fallait des portails, et pas le genre qui tienne seulement quelques secondes et qu'on ne pouvait ouvrir qu'une seule fois en ayant de la chance et après avoir cherché pendant des mois comment faire pour y arriver.
Mais cette idée de partenariat était une bonne chose, c'était déjà le cas avant mais si en plus ils avaient des moments en famille comme ça…
Ça pourrait complètement changer sa relation avec Regina.
Elle acquiesça.
- Je vais lui demander si ça lui va et si c'est le cas, quand elle sera disponible pour la prochaine fois. »
En réalité, elle connaissait déjà la réponse de son ancienne némésis, et elle savait que Regina sauterait sur la première occasion qu'elle pouvait avoir de revoir son fils pendant quelques heures.
Le sourire empli d'espoir que lui envoya Henry suffit à la convaincre qu'elle avait fait le bon choix.
A suivre…
Chapter 77: On peut changer une personne mauvaise.
Notes:
Titre du 07/11/2021 : On peut changer une personne mauvaise
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Basilic : Venin : écrire sur quelqu'un qui "crache son venin" ou écrire sur un empoisonnement
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Regina avait toujours du mal à comprendre ce qui l'avait poussée à se rendre au commissariat de Storybrooke après sa discussion avec Belle.
Après tout, c'était une belle journée, une belle matinée de janvier bien qu'un peu fraîche, et elle aurait pu faire n'importe quoi, retourner à la mairie pour rassembler ses affaires, ou utiliser la magie pour trouver le moyen d'ouvrir un portail vers d'autres mondes pour rendre leurs cœurs aux pauvres habitants de la Forêt Enchantée ou autres, ou pour aider les fées et Rumplestiltskin à trouver comment faire pour régler le problème autour de la barrière.
Ou autre chose, n'importe quoi.
Mais non.
Elle avait voulu aller voir Killian Jones, pour lui parler pour une raison qu'elle ne s'expliquait toujours pas.
C'était absurde et elle le savait.
Ils n'avaient jamais été amis par le passé, ils avaient juste été alliés par la force des choses, et maintenant ils étaient ennemis.
Il était en prison, et c'était probablement ce qu'il méritait, et elle aurait pu en rester là, ne rien faire du tout et le laisser pourrir là, ne plus jamais lui parler ou penser à lui et personne ne lui en aurait voulu, et elle aurait continué sa vie tranquillement, comme si de rien n'était.
Mais.
Mais l'ancienne souveraine ne savait que trop bien qu'elle aurait pu être en ce moment-même à sa place, non, qu'elle l'avait été pendant un moment, et ironiquement si elle avait pu être libérée et récupérer ses pouvoirs, c'était grâce à sa venue et à celle de Cora…
Si les rôles avaient été inversés, elle aurait pu être à sa place, l'être toujours, alors qu'il aurait été libre, tentant de tout faire pour tuer le Ténébreux et enfin obtenir la vengeance pour laquelle il se battait depuis près de deux siècles.
Sauf que ce n'était pas le cas.
Et elle ne savait pas comment cette histoire allait se terminer, mais elle voulait juste…
Aider, ou au moins essayer, parce qu'il méritait mieux que ça.
Emma fronça les sourcils en la voyant, alors que le regard de Graham se posait sur elle, toujours hostile, mais malgré tout un peu moins qu'avant.
« Regina, qu'est-ce que tu fais ici ?
La brune se contenta d'envoyer un regard à la cellule dans laquelle se trouvait le pirate.
- Je voudrais lui parler.
- Oh. Je t'en prie, vas-y, et dis-moi quand tu as fini.
D'un geste de la main, la Sauveuse jeta un sortilège de silence autour de l'ancienne mairesse et du marin, pour qu'ils puissent discuter tranquillement sans qu'elle ait à sortir de la pièce et qu'elle ait la possibilité de les surveiller malgré tout avec le shérif.
En voyant cela, en constatant les progrès que la blonde avait faits en magie, Regina ne put s'empêcher de se sentir fière et de sourire.
- Merci, murmura-t-elle, même si la shérif adjointe ne pouvait plus l'entendre.
Le pirate la regarda avec curiosité.
- Alors, ta majesté, que me vaut le déplaisir de cette visite ?
- Je sais que tout ce que je pourrais te dire ne changera probablement rien, mais… je dois au moins essayer. Il faut que tu renonces à ta vengeance.
La réaction de Crochet ne se fit pas attendre.
Il éclata tout bonnement de rire.
- Toi, tu as eu ta vengeance, tu en as profité pendant vingt-huit ans, tu as eu ce que tu voulais, et maintenant que tu as décidé de ne plus essayer de la tuer, tu me demandes de cesser de vouloir tuer l'homme qui a tué Milah ?
- C'est ça.
- Alors que tu sais parfaitement ce que ça fait, que toi aussi tu as vu la personne qui t'était la plus chère se faire arracher le cœur sous tes yeux. Surtout que toi, tu as reporté ta colère sur la mauvaise personne et tu n'as techniquement obtenu ta vengeance que lorsque que tu as écrasé le cœur de ta mère et l'a réduit en cendres. Moi, c'est l'assassin de la femme que j'aimais que je veux faire payer.
C'était… juste.
Regina soupira.
- Je ne suis pas quelqu'un de bien.
- Ça nous fait au moins un point en commun, riposta le pirate, ironique. Et je ne savais pas que tu était si douée pour énoncer les évidences.
Son ancienne alliée leva les yeux au ciel.
Dieux, qu'il pouvait être insupportable et agaçant.
- Justement, je sais que c'est, et j'ai perdu tellement de temps à…
- Pas autant que moi, l'interrompit-il, et elle se souvint alors qu'il était bien plus vieux qu'elle, plus vieux que presque n'importe qui d'autre à Storybrooke, et elle se demanda ce que ça lui aurait fait de passer deux cents ans au Pays Imaginaire avec rien d'autre dans la tête et le cœur que son désir de vengeance, à ressasser encore et encore la manière dont elle pourrait tuer la personne qu'elle haïssait le plus au monde.
Ça avait dû être…
Elle n'avait même pas de mots pour ça.
- Je sais. Et c'est pour ça que je suis là. Pour te dire d'arrêter.
- Arrêter quoi ? D'être en colère ? De le haïr ? De vouloir qu'il disparaisse pour toujours, de vouloir le faire payer, de vouloir la justice ? Pourquoi je ferais ça ?
Oui…
La justice.
La jeune femme se souvint de ce qu'il lui avait dit au sujet du roi qui était responsable de la mort de son frère, et elle comprenait ce qu'il ressentait, mais…
Mais comment faire pour faire en sorte que le Ténébreux, un être magique et immortel, paye pour ses crimes ?
Elle-même était libre alors même qu'elle était bien moins puissante que lui.
Et elle n'était même pas sûre que le pirate se serait contenté de cela, parce qu'il le voulait mort depuis des siècles.
Ce genre de haine ne s'effaçait pas si facilement.
Elle en savait quelque chose…
- Tu as conscience que tu n'arriveras jamais à le tuer ? Il est immortel, et je doute que tu trouves un jour où il a caché sa dague, à moins qu'il existe un autre moyen de le tuer, ce dont je doute fort, et de là où tu es tu risques d'avoir du mal à trouver un moyen de l'emmener hors de Storybrooke pour que la magie ne le protège plus.
Le pirate la fusilla du regard.
- Je trouverai…
- Un moyen, oui, je sais. Rumple m'a raconté ça, autrefois, ajouta-t-elle face à son air surpris. Hé bien, ça fait deux siècles que tu cherches et tu n'as pas trouvé, je me trompe ?
- Non, admit-il de mauvaise grâce.
- Et je sais que tu as dû t'habituer à ne plus vieillir au fil du temps, un peu comme moi, mais je doute que tu trouves plaisant le fait d'être immortel si la contrepartie est de devenir le Ténébreux.
- Ah parce que tu crois que j'ai envie de prendre sa place ? Je lui aurais ordonné de sortir de la ville, et là seulement je l'aurais tué.
Oh.
Alors dans ce cas-là, elle avait vu juste, ce qui la rassura, ça lui prouvait qu'elle était encore capable de bien juger les gens.
Puis, elle croisa les bras.
- Je suis curieuse à ce sujet… Si, dans la Forêt Enchantée, tu étais tombé sur la dague, est-ce que tu l'aurais utilisé ? Tu aurais été prêt à devenir le Ténébreux si t'avais permis d'avoir ta vengeance ?
Il ne réfléchit que durant quelques secondes.
- Oui. Si ça avait été la seule solution.
Bien.
S'il avait été prêt à devenir à une époque ce qu'il détestait le plus au monde, alors elle avait du mal à savoir si un jour il serait prêt à abandonner sa vengeance.
Tout ce dont il avait besoin, c'était d'une bonne raison, comme elle avec Henry, et pour l'instant, elle ne lui en trouvait aucune.
- Donc c'est…
- C'est non, majesté. C'est non, et ce sera toujours non.
Elle eut un faible sourire.
- Nous verrons bien. Au moins j'aurais essayé.
- C'est ce que tu te dis pour te donner bonne conscience ? La railla-t-il.
- Moi au moins j'ai réalisé que j'en avais une, de conscience, le contra-t-elle.
- Oh ça je l'ai toujours su, j'ai juste décidé de la faire taire.
Elle sourit, commençant à apprécier cette joute verbale, comme celles qu'elle avait avec le Ténébreux autrefois.
- Tu tiens toujours à avoir le dernier mot, je me trompe ?
- Comme toi, non ?
Elle hocha la tête.
- J'espère qu'un jour tu changeras d'avis. »
Il ne répondit pas.
§§§§
Alors qu'elle quittait le commissariat, nullement étonnée de la tournure des choses, mais heureuse d'avoir au moins tenté le coup, Regina ne s'attendait pas le moins du monde à ce qu'Emma ne la rattrape avant qu'elle n'ait eu le temps de partir.
« Hey, Regina !
Elle se retourna.
- Oui ?
- Ça tombe bien que tu sois là, je voulais te parler d'un truc, c'est à propos de Henry.
- Je t'écoute.
- Il propose que ce dîner en famille qu'on a fait il y a pas longtemps… qu'on le refasse à nouveau, une fois de plus et aussi… que ça arrive plus souvent, voire, si on y arrive, qu'on essaie de faire ça de manière hebdomadaire. Je pense… je pense que ce serait bien.
Regina sentit quelque chose de chaud et de doux prend place dans sa poitrine et dans son cœur, parce que, malgré tout ça, malgré tout ce qu'elle avait pu faire, Henry et Emma essayaient encore et toujours de lui ouvrir une porte qu'elle aurait mérité de ne jamais franchir.
Parce que malgré ses erreurs et ses crimes, ils tentaient de toutes leurs forces de l'accueillir parmi eux, ils essayaient vraiment de faire en sorte qu'ils soient une famille.
- Je… je le crois aussi. Merci Emma.
Emma lui sourit, et son cœur battit à nouveau plus fort, et elle savoura le sentiment, ça faisait si longtemps qu'elle n'avait pas éprouvé cette sensation qu'elle avait presque fini par oublier ce que ça faisait.
- Et… Emma, ajouta-t-elle, je ne serai pas seulement heureuse de revoir Henry. Je serai heureuse que tu sois là, avec nous. »
Elle le lui avait déjà dit avant, mais elle voulait vraiment que la blonde le sache, qu'elle ne se sente pas laissée de côté, qu'elles puissent devenir pour de bon les mères de Henry, ensemble et pas l'une contre l'autre.
Le sourire d'Emma s'agrandit et ce fut à cet instant précis que Regina Mills comprit qu'elle était probablement complètement et irrémédiablement foutue.
§§§§
Le lendemain.
Regina ne fut aucunement surprise de recevoir un nombre assez important de regards noirs alors qu'elle entrait à nouveau dans la mairie.
Certains s'attardèrent sur elles, et elle savait bien qu'il y avait des choses qu'elle ne pouvait pas réparer, des personnes qui ne reviendraient pas, par sa faute, qu'elle devrait vivre avec cette haine et sa culpabilité durant le restant de sa vie.
Préférant se concentrer sur la raison de sa présence, à savoir une annonce qui devait être faite et dont elle ignorait encore la teneur, elle détourna le regard pour ne plus avoir à y faire face.
Ça ne l'empêcha pas de continuer de les sentir se poser sur elle, et elle avait de la chance que les habitants de Storybrooke se contentent de lui lancer des regards assassins et pas des couteaux ou autre chose.
Elle tenta de ne plus y prêter attention.
Devant elle, il y avait une des fées, Astrid, si elle se souvenait bien, ou plutôt Nova, de son vrai nom de fée, qui souriait avec une joie qu'elle avait du mal à contenir, et même la Fée Bleue ne semblait pas déranger par le fait qu'elle avait l'air à deux doigts de sautiller partout.
Elle affichait même un air plutôt satisfait.
Il y avait également le géant Anton (qui par chance avait une taille humaine, elle n'aurait osé imaginé les dégâts sur la mairie si ça n'avait pas été le cas) ainsi que les sept nains, et Rumplestiltskin.
Que faisaient-ils tous là au juste ?
Elle croisa les bras, assise sur une des nombreuses chaises qui se trouvaient dans la mairie.
Elle n'allait pas tarder à le savoir…
A suivre…
Chapter 78: Un regard sur la ville.
Notes:
Titre du 26/06/2023 : Un regard sur la ville
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Kanon des Gémeaux (Saint Seiya) : Rédemption : écrire sur Missy (Doctor Who) ou écrire sur un perso qui trouve la rédemption en aidant d'anciens ennemis
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
« Alors voilà, commença Nova, un sourire radieux sur les lèvres, depuis que la malédiction a été brisée et qu'il a été révélé que partir de Storybrooke quand on avait été soumis au sort noir nous faisait perdre la mémoire et nous rendait nos faux souvenirs à la place, nous, les fées, nous avons travaillé avec l'aide de Rumplestiltskin sur un moyen de régler ce soucis. Et j'ai la joie et le plaisir de vous annoncer… que nous avons réussi !
Des dizaines de cris de joie se firent alors entendre, et Regina ne put s'empêcher de sourire.
Elle n'avait pas une grande affection pour les fées, mais maintenant qu'elles étaient du même côté, elle ne pouvait qu'être fière de leur réussite, et reconnaissante aussi, d'après la fatigue qu'elles affichaient, elles y travaillaient d'arrache-pied depuis un certain temps.
Alors qu'un tonnerre d'applaudissements s'élevait dans la pièce, elle décida de s'y joindre, heureuse qu'elles soient parvenues à tous les libérer de la prison dans laquelle elle les avait tous enfermés, là où elle avait lamentablement échoué.
- Bref, si jamais vous voulez partir de Storybrooke pour vous installer dans un autre endroit du monde sans magie, vous le pouvez désormais, sans craindre de perdre vos souvenirs. Et pour ceux qui auraient perdu leur mémoire, nous avons également mis au point une potion de mémoire.
La potion de mémoire.
Regina ne put empêcher l'espoir de s'emparer d'elle.
En croisant le regard de Rumplestiltskin, elle le vit lui lancer un sourire optimiste, et elle se mit à espérer, à prier de toutes ses forces pour que ça marche, que ça fonctionne, pour qu'en la buvant, elle puisse retrouver la mémoire perdue que Cora avait osé lui voler.
Si seulement, oh si seulement…
- J'ai fini, maintenant je vais laisser la place à Anton. »
Regina fronça les sourcils, essayant de déterminer ce que le géant pourrait bien avoir à leur dire au juste, avant de se rappeler ce qu'elle savait de lui d'avant son arrivée à Storybrooke, quand il vivait encore dans la Forêt Enchantée.
Lui et les autres géants de sa famille s'occupaient de faire pousser des haricots magiques.
Était-il possible que… qu'il ait réussi à…
Est-ce qu'ils avaient vraiment trouvé le moyen de rentrer chez eux pour de bon ?
Désormais, Storybrooke était sa maison, son chez-elle, parce que c'était son œuvre, sa création, pour le pire principalement, mais ici dans le monde sans magie, ils avaient certaines choses que la Forêt Enchantée ne possédait pas, et ici, elle pouvait être quelqu'un d'autre.
Ne plus être que la méchante reine, elle l'était toujours, certes, mais là-bas, dans leur monde, le château n'aurait rien fait d'autre que de lui renvoyer son passé et ses crimes en plein visage, ce qu'elle avait fait à Graham, le meurtre de son père, les innocentes vies qu'elle avait brisées.
Ici, rien ne disparaissait, rien n'était effacé, mais elle pouvait prendre un nouveau départ.
Elle pouvait être Regina Mills, pour de vrai, pas parce qu'un sortilège voleur de mémoire l'avait décidé, mais parce que ça aurait été son choix et celui des habitants de Storybrooke de l'accepter ainsi.
Voire de lui pardonner un jour, si c'était seulement possible.
Mais pour les autres, pour ceux qu'elle avait arrachés de leurs maisons, de leurs foyers, de leur univers, les gens qui pleuraient leur monde, qui ne considéraient pas Storybrooke comme leur nouvelle maison, c'était une bénédiction.
Ils allaient enfin pouvoir rentrer chez eux, laisser derrière eux l'enfer qu'avait été la malédiction pour eux, se libérer de toute ce qu'elle avait pu leur faire subir, enfin être débarrassés d'elle aussi.
Elle espérait vraiment ne pas avoir tort à ce sujet, sinon tous ses espoirs pour eux allaient partir en fumée, s'évanouir en miettes.
Mais après tout, ne le méritait-elle pas, elle qui avait vingt-huit ans plus tôt, réduit à néant l'espoir de tant de gens ?
Elle prit une profonde inspiration.
Ça devait être ça.
C'était forcément ça, pas vrai ?
« D'abord, commença le géant, je voulais… tous vous remercier. De m'avoir accueilli comme vous l'avez fait, dans votre ville alors que j'ai failli tout détruire, merci de me considérer comme l'un des vôtres, parce que sans vous… Hé bien je serais toujours chez moi, seul et solitaire, à me lamenter sur mon passé perdu et ma famille disparue. Alors merci, infiniment. Merci de m'avoir donné une maison et un foyer.
Ironique, songea Regina, que cet heureux dénouement ait été permis grâce à l'action de Cora et Crochet qui n'avaient voulu que se servir de lui comme d'une diversion et lui avaient permis d'avoir une nouvelle vie.
Storybrooke, la ville des secondes chances…
Elle aimait bien la manière dont ça sonnait à vrai dire.
- Ensuite… Comme vous le savez déjà, je suis un géant. Je sais que ça ne se voit plus vraiment (une vague de rires secoua l'assistance et Regina elle-même s'autorisa à sourire), mais j'en suis un et avant… avant que le prince James ne massacre les miens, j'avais une mission. Faire pousser des haricots magiques, ces objets magiques qui permettent de voyager d'un monde à l'autre. Et puis tout le monde est mort, j'ai dû absolument tout détruire à part… une pousse de haricot. Une seule et unique qui pourrait un jour me permettre d'en faire pousser à nouveau si je trouvais le bon endroit.
Elle avait eu raison.
Par tous les dieux, elle avait vu juste.
- Et je pense que… que je l'ai trouvé. Sachez donc que… vous pouvez rentrer chez vous maintenant. Sans avoir peur d'y être bloqués pour toujours. Les haricots magiques ne sont plus inaccessibles désormais. »
Elle allait enfin pouvoir faire ce qu'elle voulait faire depuis qu'elle avait rendu son cœur à Graham, depuis qu'elle avait décidé de changer, depuis qu'elle avait commencé à le faire en rendant leurs cœurs aux habitants de la ville qui n'en avaient plus.
Elle allait pouvoir retourner dans la Forêt Enchantée et arranger ce qu'elle ou sa mère avaient autrefois brisé.
Et c'était grâce à lui.
En face d'elle, elle lut dans le regard de Rumplestiltskin une certaine amertume, et elle se souvint qu'autrefois, il cherchait désespérément à retrouver son fils, tentant même de le faire grâce à un haricot magique, et que ça avait échoué.
Alors qu'il y en avait déjà à portée de main, accessibles, et si seulement il avait su alors, il aurait pu le revoir immédiatement, et ils n'auraient pas eu à en passer par là…
Quel insupportable gâchis.
Elle secoua la tête.
Ce qui était fait était fait et absolument rien n'aurait pu le changer ou le modifier.
En revanche, le futur pouvait être changé, ce qui signifiait que Rumplestiltskin pouvait encore être un meilleur père pour Baelfire, et qu'elle pouvait arranger les choses avec Zelena.
Si seulement elles pouvaient toutes les deux se rappeler des enfants innocentes qu'elles étaient encore autrefois et qui se considéraient alors comme des sœurs, et pas, comme dans le cas de la méchante sorcière de l'ouest, comme une ennemie à abattre…
§§§§
« Est-ce que… demanda-t-elle aussitôt au Ténébreux une fois que tout le monde fut sorti.
Il sortit une fiole au contenu bleu de sa poche.
- Tiens. Comme promis.
- Merci, lui répondit-elle en la prenant avant de l'avaler cul sec. »
Et…
Rien du tout.
Pas de flash de souvenirs, pas d'illumination, pas de vision d'une version d'elle enfant accompagnée d'une fillette plus âgée à la chevelure de feu qui lui souriait, qui la considérait comme un membre de sa famille.
Elle ne se souvenait pas, aucun souvenir perdu ne lui revenait, elle était toujours la même qu'avant.
- Ça n'a pas marché, lâcha-t-elle, ne pouvant cacher sa déception.
Rumplestiltskin soupira.
- Je suis désolé Regina. Sincèrement.
Elle tenta de lui offrir un sourire faussement rassurant.
- Ce n'est rien, ce n'est pas grave, ce sera… pour un autre jour. On y arrivera. »
Oh que oui, ils y arriveraient.
Ça, elle se le jurait, un jour, elle retrouverait Zelena, et un jour…
Oui, elles seraient à nouveau des sœurs.
§§§§
Les gens la haïssaient encore et toujours.
Ça n'avait rien d'étonnant, et Regina s'y attendait en retournant dans la Forêt Enchantée, elle savait que les gens qu'elle y croiserait qui ne venaient pas de Storybrooke la regarderaient avec des yeux emplis de colère, et c'était normal.
Elle avait détruit leur monde, tout leur univers, elle avait réduit tout ce qu'ils avaient jamais connu en cendres et maintenant il leur fallait tout reconstruire à partir de presque rien.
Aussi, elle se rendit compte que, pour avancer sur le chemin de la rédemption qu'elle avait choisi, elle n'allait pas seulement devoir rendre leurs cœurs aux habitants qui en avaient été privés par sa mère ou par elle, non.
Elle allait aussi devoir aider à rebâtir et à réparer ce monde blessé qui était désormais couvert de cicatrices par sa faute, parce qu'elle avait lancé le Sort Noir sans penser une seule seconde aux conséquences de ses actes, sans réfléchir un seul instant à l'après.
Sans même s'imaginer qu'il y en aurait jamais un un jour à vrai dire.
Peu importe après tout si elle ne retrouvait jamais de nouveau métier dans le monde sans magie.
Face à tout le travail qui l'attendait dans son monde de naissance, elle avait trouvé un nouveau but.
Elle espérait juste qu'elle saurait être à la hauteur.
§§§§
C'était terrible les souvenirs.
Alors même qu'elle faisait face à cette femme qu'elle avait privé de cœur autrefois, elle réalisa alors à sa grande horreur qu'elle ne se rappelait même plus de pourquoi elle l'avait fait, elle se souvenait à peine de l'avoir fait, tant elle avait répété ce geste à l'infini.
La vérité, c'était qu'elle ne se rappelait même plus de son nom.
Et pendant tout ce temps, elle… elle…
Elle était reconnaissante à sa mère d'avoir figé une partie de la Forêt Enchantée dans le temps, au moins, elle n'avait pas eu à en souffrir pendant vingt-huit ans.
Immobilisée par sa magie, afin qu'elle ne s'enfuit pas, ou ne tente de l'attaquer, sa victime la foudroya du regard, et si ce dernier avait pu tuer, elle serait déjà sans vie depuis un bon moment…
« Votre majesté, cracha-t-elle avec tout le mépris dont elle était capable. Qu'est-ce que vous faites là, vous êtes venue finir le travail ?
Si seulement vous saviez à quel point je suis désolée.
Mais ça ne suffirait pas, ça ne serait jamais assez après tout ce qu'elle lui avait fait endurer.
Elle secoua la tête.
- Non. Je suis venue pour vous rendre ceci.
En voyant la brune sortir un cœur de son sac, son interlocutrice la regarda avec des yeux écarquillés de surprise.
- Est-ce que c'est…
- Votre cœur ? Oui. Je vais vous le rendre.
- Mais… pourquoi ?
- Parce que je veux changer. Devenir meilleure, et réparer mes erreurs, celles qui peuvent l'être en tout cas et vous en faites partie. Et je sais que ce ne sera pas assez pour me faire pardonner mais… je voulais que vous sachiez à quel point je suis désolée.
Le regard de la femme était toujours méfiant, sans doute craignait-elle que ce ne soit rien de plus qu'un piège ou qu'un jeu cruel, et connaissant celle qu'elle était autrefois, Regina la comprenait.
Elle en aurait été capable, avant.
Pourtant, elle alla jusqu'au bout, remettant l'organe vital à sa véritable place, et en le récupérant, elle respira normalement pour la première fois depuis que la reine le lui avait arraché.
- Combien il en reste ? Demanda-t-elle après avoir repris une nouvelle inspiration. Des gens comme moi ? À qui vous avez arraché le cœur ?
- Beaucoup. Beaucoup trop. Certains ont aussi été victimes de ma mère, il y a bien longtemps.
- Alors retrouvez-les, lui lança-t-elle avec un regard déterminé, retrouvez-les tous, et rendez-leur ce qu'ils ont perdu. Vous leur devez au moins ça. »
Regina ne pouvait que l'approuver.
Pas de merci, mais pas de reproches supplémentaires.
Elle s'en sortait bien.
Et maintenant…
Maintenant elle n'avait plus qu'à trouver tous les autres, en espérant qu'ils se trouvent tous dans la Forêt Enchantée.
Et si en passant, elle pouvait réparer quelques maisons et tuer quelques ogres hé bien…
Ce serait une journée de toute évidence assez bien remplie.
A suivre…
Chapter 79: Le jeu des souvenirs.
Notes:
Titre du 15/04/2023 : Le jeu des souvenirs
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Shiva Nagaraja : Cycle du monde : écrire un texte qui se déroule durant les fêtes de fin d'année ou sur un personnage qui se lance un nouveau défi / nouvelle résolution
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Un mois plus tard.
Ça marchait.
Ce qu'elle faisait, cette action, ce défi qu'elle s'était lancé à elle-même, cette mission qu'elle s'était donnée à elle-même d'aller dans d'autres mondes pour réparer les actes de sa mère comme les siens.
Elle était en train de réussir, de devenir meilleure, de changer les choses, d'améliorer le destin d'innocents qui n'avaient jamais mérité ce qu'elles leur avaient fait.
Les revoir, c'était aussi assumer ce qu'elle était, regarder son passé droit dans les yeux et accepter ce qu'elle avait fait, se souvenir après avoir passé vingt-huit ans à feindre d'avoir oublié, à faire semblant d'être quelqu'un d'autre.
Et en même temps, elle allait de l'avant, parce qu'elle n'était plus la méchante reine, elle ne serait plus ce monstre, plus jamais, et voir certes la haine mais aussi le choc, la joie et le soulagement dans les yeux des personnes à qui elle rendait ce qui n'aurait jamais dû leur être arraché, c'était… réconfortant honnêtement.
Elle avait voyagé partout dans la Forêt Enchantée et le Pays des merveilles, cherchant les gens à qui appartenaient les cœurs dérobés grâce à un sort de localisation (qui n'était pas vraiment compliqué à lancer vu qu'elle avait littéralement avec elle un objet qui leur appartenait, en l'occurrence leur cœur), et elle avait fini par tenir la promesse qu'elle avait faite à Emma le jour où la Sauveuse avait découvert son caveau.
Elle avait rendu leurs cœurs à absolument tout le monde, et la pièce qui résonnait autrefois du bruit de centaines de battements de cœurs était désormais entièrement vide.
Regina Mills ne put s'empêcher de sourire, radieuse et soulagée d'un poids qui lui pesait depuis qu'elle avait décidé de changer.
Elle avait réussi.
Elle avait vraiment réussi.
§§§§
Si on avait dit à Regina qu'elle ne pourrait bientôt plus se passer de la présence d'Emma Swan et des dîners hebdomadaires familiaux qu'elle partageait avec elle et Henry, et que ce ne serait pas seulement pour voir son petit garçon mais aussi la jolie shérif adjointe, elle n'y aurait pas cru.
Ça lui aurait semblé totalement insensé, même à l'époque où elle et la blonde se battaient ensemble pour réussir à ramener Henry de la Forêt Enchantée, parce qu'elles étaient alliées de manière temporaire, qu'elles n'étaient pas amies et qu'Emma ne pourrait que la détester, et qu'elle était censée le faire elle aussi en toute logique.
Parce que c'était dans l'ordre des choses.
Sauf qu'Emma avait déjoué tous les pronostics et à défaut de la pardonner pour ses crimes, elle lui avait donné une chance.
Parce que quelque part en chemin, entre leurs tentatives désespérées de retrouver leur fils, les entraînements à l'épée pour la préparer à combattre Maléfique, puis la lutte contre Cora, elle s'était attachée à elle, avait tissé une amitié forte et sincère avec la femme dont elle avait détruit la vie et qui était supposée la détruire à son tour, parce qu'elle était la méchante de l'histoire.
Mais s'il y avait bien une chose qu'elle et la princesse avaient prouvé à l'univers, c'était qu'elles n'étaient nullement décidées à se laisser enfermer dans des cases.
Aussi, elle se retrouvait là, durant le quatrième dîner qu'elle et Emma organisaient ensemble depuis qu'elles avaient décidé de mettre en place cette routine sans y déroger une seule fois, l'une comme l'autre, à sourire et à rire en écoutant la jeune femme lui raconter sa journée au commissariat.
Comme si…
Comme si elles étaient juste une famille normale, une famille comme les autres dans leur petite ville si bizarre et étrange de Storybrooke.
Comme ils auraient pu l'être tous les trois dans un autre univers, et…
Elle aurait voulu cela.
Elle aurait tellement aimé, de tout son cœur, avoir cela, et ce n'était pas la première fois qu'elle y pensait, qu'elle ressentait cela, mais maintenant qu'elle n'avait pas l'esprit occupé par ses efforts pour rendre leurs cœurs à ceux qui n'en avaient plus, elle le savait désormais.
Elle voulait avoir une vie comme ça, une vie de famille avec Emma et Henry, pas seulement en tant que co-parents de leur fils, elle voulait…
Elle voulait être avec elle, tout simplement.
Oh.
C'était devant elle depuis un bon moment et elle venait tout juste de s'en rendre compte, pas vrai ?
Elle était en train de tomber amoureuse d'Emma Swan.
Et c'était un problème.
Pas parce qu'elle était la méchante reine et que la mère biologique de Henry était la Sauveuse, non, ce n'était pas une histoire de rôle ou de titre ou de ce qu'elles étaient supposées être, elles avaient dépassé ça depuis un moment.
Le problème c'était elle, Regina Mills.
La femme qui avait couru après la vengeance pendant des années et qui ne pourrait jamais totalement laver le sang qu'elle avait sur les mains ou faire disparaître les cris de ses victimes qui la hantaient toujours, même des années après.
Un monstre.
Quelqu'un comme elle ne méritait pas d'avoir ça, d'avoir une fin heureuse, d'être aimée par une personne aussi formidable que pouvait l'être la fille de Blanche-Neige et de David, pas après ce qu'elle avait fait, pas alors qu'elle…
C'était la première fois qu'elle se sentait tomber amoureuse de quelqu'un depuis Daniel, et avant tout cela, avant que sa mère et Rumplestiltskin ne l'emmènent sur la voie des ténèbres, elle aurait sans doute pu avoir droit à cela.
Mais son cœur était noir et sombre, oh, si sombre qu'elle n'était pas sûre qu'il puisse jamais devenir à nouveau lumineux un jour, et elle ne pensait pas mériter une chose pareille, avoir le droit d'être heureuse et amoureuse une nouvelle fois, comme autrefois, pas après ce qu'elle avait infligé à Graham dans la Forêt Enchantée et à Storybrooke.
Ce n'était pas parce qu'elle l'avait libéré et qu'il semblait tolérer sa présence que ça effaçait ce qu'elle avait fait.
Surtout qu'il s'agissait d'Emma.
Et ce qui aurait déjà été valable pour n'importe qui en ville hormis Neal Cassidy, l'était encore plus pour elle.
La malédiction qu'elle avait lancée avait brisé sa vie avant même qu'elle ne commence, avait fait d'elle une orpheline et lui avait fait croire pendant vingt-huit ans qu'elle était seule au monde et que ses parents n'avaient pas voulu d'elle, qu'ils l'avaient abandonnée.
Quand en réalité ils n'avaient fait que tenter de la protéger d'elle.
Et c'était de sa faute.
Tout était de sa faute.
Elle méritait déjà à peine le pardon de la sorcière, alors son amour ?
Il valait mieux ne pas espérer, ne pas compter là-dessus, parce qu'elle ne l'obtiendrait probablement jamais, parce qu'elle ne le méritait pas.
Alors elle ne ferait rien, décida-t-elle, elle continuerait comme avant, sans changer quoi que ce soit, sans jamais révéler ce qu'elle commençait à ressentir depuis déjà un bon moment.
Elle serait seulement l'amie d'Emma, si celle-ci continuait de l'accepter de cette manière dans sa vie.
Et ce serait suffisant.
§§§§
C'était le grand jour.
Enfin, après tout ce temps, après avoir passé des années à ignorer son existence parce qu'elle avait oublié tous les souvenirs qu'elle pouvait avoir d'elle, Regina allait enfin la revoir.
Elle, Zelena, sa demi-sœur.
La méchante sorcière de l'ouest.
La vie était tout de même ironique, si elle était devenue une méchante, c'était en grande partie parce que sa mère avait été là dans sa vie et qu'elle l'avait élevée, alors que dans le cas de la rousse, c'était précisément l'inverse.
C'était justement parce que Cora l'avait abandonnée qu'elle avait suivi la voie des ténèbres.
Et Regina espérait de tout cœur qu'elle serait capable d'en sortir, tout comme elle tentait de le faire actuellement.
Qu'ensemble, elles puissent réparer ce que la reine de cœur avait brisé dans leurs vies, qu'elles pourraient redevenir des sœurs, comme autrefois, même si ça n'avait été que de manière fugitive.
Former une famille qui ne serait pas dysfonctionnelle, mais solide, aimante et soudée.
Jusque-là, elle avait préféré d'abord se concentrer sur sa quête, remettre les cœurs à leur place, avant de se confronter à elle, parce que c'était sa mission, son devoir, qu'elle devait le remplir le mieux et le plus vite possible, parce qu'elle leur devait ça, à eux.
Maintenant que c'était fait, elle se rendit compte d'autre chose.
Si elle avait attendu aussi longtemps avant de demander à Rumplestiltskin de l'emmener à Oz pour voir son aînée, c'était aussi parce qu'elle avait peur.
Pas d'elle, enfin pas directement, peur que les choses se passent mal, peur de ne pas être acceptée, malgré sa bonne foi, parce que Zelena ne se souvenait pas non plus, et qu'elle la détestait pour une chose dont elle n'était même pas responsable.
Elle avait peur d'échouer dans cette tentative de réconciliation et que l'autre sorcière continue de la détester et pire encore.
Et si elles ne parvenaient jamais à retrouver la mémoire, que la communication entre elles restait coupée pour toujours à cause de ça ou même…
Et si elles se souvenaient et que ça ne suffisait pas ?
Et si Zelena restait campée sur ses positions, dans cette attitude de haine et de rejet, qu'elle continuait de lui en vouloir parce que c'était elle que leur mère avait choisie et pas elle, qu'elle ne la blâme pour ce que Cora avait fait ?
Le fait qu'elle ait décidé de la ramener auprès de son père adoptif abusif afin que sa fille légitime puisse continuer d'être une princesse, ne soit pas éclaboussée par le statut de bâtarde de sa demi-sœur et devienne un jour une reine, et si Zelena la détestait pour ça ?
Après tout, reporter la faute sur les autres était assez courant dans leur famille, elle en savait quelque chose…
« Ça ne va probablement pas se passer comme tu le souhaites, la prévint le Ténébreux alors qu'ils étaient à deux doigts de partir.
Regina eut un rire sombre.
- Tu ne me rassures pas du tout Rumple, ironisa-t-elle.
- Ce n'était pas mon intention.
- Vous entendez quoi au juste ? Demanda Emma, qui était venue leur dire au revoir avec Henry, Belle et Neal. À votre avis… à quel point est-ce que ça peut mal tourner ?
L'immortel haussa les épaules.
- Je ne sais pas, avoua-t-il, j'imagine que ça dépendra de son humeur. Zelena peut être très imprévisible et elle est puissante, Regina et moi ne serons donc pas trop de deux pour faire face à elle.
- Vous allez à Oz ? S'enthousiasma Henry. Comme dans le roman Le magicien d'Oz ? Ça déchire ! Enfin, sauf la partie où ta demi-sœur te déteste, ça, ça craint.
- Oui, Oz… Commenta son grand-père avec un air sombre. En espérant que ça se passe mieux que la dernière fois.
Cora avait commencé en abandonnant sa propre fille par deux fois, mais il était clair qu'il avait tout sauf arrangé les choses.
- Ça ira, le rassura Belle, les choses sont différentes maintenant, et tu as changé.
- On verra bien, répondit-il en essayant d'être optimiste, souriant à son fils et à sa petite-amie, mais si j'ai changé, je ne sais pas si c'est son cas à elle aussi… Et encore moins si c'est en bien ou en pire.
- Oui, tout ce qu'on a à faire c'est… convaincre ma demi-sœur de ne pas me détester sur la base de souvenirs dont on ne se souvient ni l'une ni l'autre. Je suis sûre que ça va très bien se passer.
Regina aurait vraiment aimé réussir à paraître plus convaincante, y compris à ses propres yeux.
Elle soupira avant de se tourner vers Emma qui lui souriait, tandis que de son côté, l'antiquaire disait au revoir à Belle et à Baelfire, ignorant encore combien de temps ils resteraient là-bas.
- Tu vas y arriver, je te fais confiance, et puis même si ça échoue… au moins tu auras essayé.
Je te fais confiance.
Et Regina sentit la tendresse et l'amour exploser dans son cœur, parce que Emma Swan, malgré tout ce qu'elle lui avait fait, malgré tout ce qu'elles avaient traversé, lui faisait confiance.
- Merci, murmura-t-elle en lui souriant, avant de faire ce qu'elle voulait faire depuis un bon moment déjà.
Elle la prit dans ses bras.
Emma se figea, décontenancée.
- Tu… Regina, qu'est-ce que tu fais ?
- Je suis désolée, répéta-t-elle une fois de plus, et je te remercie. D'être là, d'être mon amie, de me soutenir alors que je ne le mérite pas, je… Merci d'exister. »
Rien n'était arrangé entre elles, mais elles avançaient, elles progressaient, elles allaient voir Archie dès qu'elles le pouvaient et elles avaient discuté de nombreuses fois du passé, de ce qu'elle avait fait à Emma et d'à quel point la blonde lui en voulait toujours.
Et Regina lui était reconnaissante de lui donner cette chance de se faire pardonner.
Je t'aime, pensa-t-elle, je t'aime et je suis tellement désolée pour ça parce que tu mérites mieux.
Emma la regarda, ne semblant pas vraiment comprendre ce qu'il venait de se passer, mais peu importe.
Elle dit ensuite au revoir à Henry, avant de sauter dans le portail que Rumplestiltskin venait d'ouvrir.
Elle ne vit pas le regard d'Emma, ni à quel point il avait changé et encore moins toutes les interrogations qu'elle aurait pu y lire si elle l'avait croisé.
A suivre…
Chapter 80: Tout se complique.
Notes:
Titre du 13/06/2023 : Tout se complique
Scorpion : Emma (OUAT)
Cap ou pas Cap d'écrire une histoire où Neal est la première personne à qui Emma dit qu'elle aime Regina ?
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Crazy Ex Girlfriend : West Covina : écrire sur un déménagement ou sur la vie de personnages dans une petite ville
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, copc, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Regina l'avait serrée dans ses bras.
Comme ça, sans prévenir, comme si c'était normal.
C'était normal, non ?
Juste une étreinte d'une amie, rien de plus, c'était tout à fait normal.
Sauf que leur relation n'avait absolument rien de normal et ce depuis le tout début.
Elles avaient été ennemies depuis le début, dans des camps différents et opposés avant même qu'Emma ne naisse ou que Regina ne soit au courant de son existence, et leur destin avait été tracé avant que la blonde ne franchisse pour la première fois la frontière de la petite ville de Storybrooke.
Elles étaient supposées se haïr et se détruire l'une l'autre, rien de plus, et c'était ce qui était arrivé, c'était ce que Regina avait fait, puis Emma, bien malgré elle, lorsque la mairesse avait déployé cette attitude ouvertement hostile à son égard.
Elle n'avait pu que riposter, pour se défendre et elles s'étaient écharpées pendant un bon moment, sans qu'aucun terrain d'entente ne semble possible.
Jusqu'à ce que Henry ne disparaisse.
Au final, presque tout en ville avait changé parce que le petit garçon était là, parce qu'il avait amené sa mère à Storybrooke, puis parce qu'il avait disparu dans la Forêt Enchantée et avait tout chamboulé sur son passage, forçant sa mère adoptive à faire un choix.
Le bon cette fois.
Sans cela, Emma le savait parfaitement, elle aurait détesté Regina de tout son être pour ce qu'elle lui avait fait, et une part d'elle le faisait, de toute évidence, et peut-être ne la pardonnerait-elle jamais complètement.
Mais…
Mais il y avait une chose que le destin n'avait probablement pas prise en compte.
Regina avait changé.
Elle changeait encore, parce qu'elle voulait le faire, pas seulement par peur des représailles légitimes qu'elle aurait pu subir une fois la malédiction brisée, elle avait assumé les conséquences de ses actes et lorsqu'il avait fallu choisir un camp entre le leur et celui de Cora, c'était eux qu'elle avait choisis.
Et la blonde espérait sincèrement qu'elle les choisirait toujours.
Alors non, elle ne pouvait pas complètement la détester, pas alors qu'elle la connaissait mieux désormais, qu'elles étaient devenues amies et qu'elles…
Qu'elles commençaient à former une famille.
Jusque là, tout était normal, logique, Regina était son amie anciennement ennemie dont elle essayait de se rapprocher pour le bien de Henry et parce qu'elle l'appréciait, et puis…
Et puis Regina l'avait serrée dans ses bras, et sans qu'elle comprenne pourquoi, Emma avait senti son cœur commencer à battre à tout rompre.
C'était la première fois qu'elle faisait ça, qu'elle se permettait de la prendre dans ses bras ainsi, d'être proche d'elle physiquement, sans doute parce qu'elle estimait qu'elles étaient suffisamment amies pour que ça ne paraisse pas étrange.
Et… et de toute évidence ça ne l'était pas, pas vrai ?
Alors dans ce cas-là, pourquoi son esprit bloquait-il sur ce simple détail pourtant sans la moindre réelle importance ?
Elle ne comprit pas, ou plutôt elle ne voulut pas comprendre, elle ne voulait pas non plus comprendre pourquoi l'ancienne reine lui manquait tant alors qu'elle venait tout juste de partir, pourquoi le simple fait de penser à son sourire la rendait heureuse, pourquoi elle…
Elle ferma les yeux, commençant à réaliser ce qui était sans doute sous ses yeux depuis un moment, sauf que, prise dans cette nouvelle vie à laquelle elle commençait tout juste à s'habituer, elle n'y avait pas prêté attention.
Regina faisait partie de sa vie et elle ne s'était pas rendue compte de la place de plus en plus importante qu'elle y occupait et aussi…
Oh.
Oh.
Oh non.
Est-ce qu'elle…
Est-ce qu'elle était en train de tomber amoureuse d'elle ?
Est-ce qu'elle était en train de tomber amoureuse de la femme qui avait tenté de tuer ses parents à de nombreuses reprises et qui avait détruit sa vie, est-ce que c'était vraiment en train d'arriver ?
Merde.
Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle franchement ?
§§§§
« Emma, tout va bien ?
La jeune femme, toujours perdue dans ses pensées, sursauta en entendant la voix de son ancien petit-ami, avant de réaliser que cela faisait déjà quelques secondes qu'elle était restée figée sur place, n'avançant plus.
Alors qu'elle aurait dû continuer à marcher, si les pensées qui l'avaient envahie et distraite n'avaient réellement été rien.
D'un autre côté ce n'était pas rien du tout et elle commençait à peine à le réaliser, à comprendre ce qu'il lui arrivait, ce qu'elle ressentait et ce n'était pas possible, ce n'était pas censé arriver, et elle…
Elle était clairement en train de paniquer, parce qu'elle n'avait jamais prévu ça, parce qu'elle n'était pas supposée retomber amoureuse de qui que ce soit après avoir eu le cœur brisé par Neal, encore moins de la méchante reine.
Tentant de mettre ça de côté le plus longtemps possible, de ne pas y penser parce que ce n'était pas une bonne idée de le faire, que l'admettre était une chose qu'elle devait éviter pour l'instant, elle envoya un sourire qui se voulait rassurant à Neal et à son fils.
- Oui ne t'en fais pas, je… Je réfléchissais juste, à Oz et à… tout ce qui pourrait s'y passer là-bas, j'espère que tout ira bien pour eux et qu'ils ne courront aucun danger.
C'était un mensonge, un mensonge grossier qui plus est, qu'Emma n'aurait eu aucun mal à détecter s'il avait été prononcé par une autre personne qu'elle, et si Henry sembla y croire, elle lut dans les yeux du fils du Ténébreux que c'était pas son cas mais il n'insista pas.
- Je suis sûr que ça va aller, lui dit Baelfire, ils vont s'en sortir. »
Elle acquiesça, n'ajoutant pas un mot de plus, parce qu'elle savait d'avance que si elle le faisait, ils sonneraient creux, mensongers et faux, parce que la tempête dans son crâne était déjà suffisante pour qu'elle n'y ajoute pas le fait de se sentir inquiète qu'il arrive quelque chose de grave Regina.
Dont elle venait tout juste de réaliser qu'elle était en train de tomber amoureuse alors qu'elle avait pensé pendant près de dix ans que son cœur ne battrait plus jamais pour qui que ce soit, qu'elle ne ferait plus jamais confiance à personne à ce sujet.
Elle avait eu tort, de toute évidence.
Se tournant vers Neal, alors qu'elle le regardait, elle se rendit compte d'une chose.
Elle ne l'aimait définitivement plus.
Elle en avait déjà conscience avant même son retour, mais c'était dû principalement à la haine et à la rancœur qu'elle éprouvait à son égard, même après avoir entendu ses explications, alors même qu'elle commençait à accepter de plus en plus en sa présence et que l'idée de lui pardonner lui semblait de moins en moins farfelue.
Mais le fait était que désormais, elle avait fini par aller de l'avant, enfin, son cœur avait fini par se remettre de la blessure qu'il lui avait infligée même si elle ne guérirait sans doute jamais complètement, et elle le savait pour de bon.
Son cœur ne battait plus pour lui, ne le ferait plus jamais, c'était fini, terminé pour de bon, il n'était plus pour elle que son premier amour, l'homme qui l'avait trahie et abandonnée alors qu'elle lui faisait confiance, et avec un peu de chance, une fois que le temps et ses efforts auraient effacé sa colère, il deviendrait un ami dont elle pourrait à nouveau être proche.
Mais elle n'était plus amoureuse de lui.
C'était une bonne chose de le constater, vraiment, ça voulait dire qu'elle avait évolué, changé, qu'elle était capable de passer à autre chose, et repenser au passé faisait un peu moins mal qu'avant, elle le reconnaissait.
Mais pourquoi ?
Pourquoi avait-il fallu qu'il s'agisse de Regina ?
§§§§
Il y avait quelque chose d'étrange chez Emma.
Neal n'aurait pas été capable de dire précisément de quoi il s'agissait, mais depuis le départ de Rumplestiltskin et de Regina, la Sauveuse semblait plutôt… absente.
Distraite, même si elle faisait des efforts pour le cacher, et que ce n'était que parce que Neal la connaissait bien et depuis longtemps qu'il s'en était rendu compte.
Quelque chose était différent chez elle, et il aurait aimé savoir quoi au juste.
Profitant du fait que Henry avait fini sa journée d'école, ils avaient décidé que une fois que Regina serait partie pour Oz avec Rumplestiltskin, ils iraient tous les trois passer un moment au Granny's ensemble.
Un moment en famille, calme et paisible, juste eux trois, comme ils le faisaient régulièrement depuis que Cora et Crochet avaient été vaincus et que la ville avait retrouvé un semblant de normalité. Parfois, Belle venait aussi, ou Regina, Gold, ou encore Blanche-Neige ou David, en somme tous ceux qui étaient rattachés à cette famille si étrange et disparate qu'était devenue celle de Henry Mills en seulement quelques mois.
Une famille qui pourtant fonctionnait bien malgré sa bizarrerie et son improbabilité, ainsi que le fait qu'une partie d'entre eux avait essayé de se piéger, de s'enfermer ou de se tuer mutuellement.
Mais cette fois, ils avaient décidé d'y aller seulement ensemble et d'ordinaire, c'était un bon moment pour eux de discuter, d'échanger, de se raconter leurs journées respectives, mais Emma…
Emma avait l'air vraiment d'être ailleurs depuis qu'ils avaient dit au revoir à l'autre sorcière et au Ténébreux.
Et il n'arrivait pas à comprendre précisément pourquoi.
Ce n'était peut-être pas grand-chose, mais Emma n'était pas comme ça d'habitude, et elle était son amie désormais, même s'il subsistait encore quelques tensions entre eux, et il aurait aimé savoir ce qui la tracassait au juste, pourquoi elle avait le regard dans le vide, prenant à peine part à la conversation.
Henry ne remarqua rien, et il fit comme s'il ne voyait rien non plus, mais il ne pouvait s'empêcher de se poser une question.
Qu'est-ce qui avait bien se passer plus tôt avant que le portail ne soit ouvert ?
§§§§
Ils venaient de déposer Henry chez ses grands-parents et faisaient un bout de chemin ensemble lorsque Neal reprit à nouveau la parole.
« Tu vas te décider à me dire ce qui se passe ? »
Emma n'aurait probablement pas dû être surprise, et dans les faits, elle ne l'était pas vraiment, Neal avait toujours été capable de lire en elle, ce n'était pas dix ans d'éloignement qui y avaient changé grand-chose, même si la blonde avait appris à bâtir des murs autour d'elle depuis.
Oui mais voilà.
Les murs en question n'étaient plus aussi solides qu'avant.
Et c'était Henry qui avait fait apparaître les premières fissures avec sa détermination, sa force, son courage et son optimisme indéfectible, qui l'avait ramenée à la maison et avait trouvé le chemin qui menait à son cœur sans qu'elle soit capable une seule seconde de l'en empêcher.
Il avait été suivi par tant d'autres par la suite, ses parents, Graham, Ruby, Granny, Archie, d'autres habitants de Storybrooke qui étaient devenus sa famille sans même qu'elle ne s'en aperçoive et quand elle s'en était rendue compte, ils avaient déjà pris une place bien trop importante dans son cœur pour qu'elle s'en formalise vraiment.
Même Regina y était parvenue, même August malgré ce qu'il avait fait, même Neal aussi, ils lui avaient permis de cesser d'être une orpheline, de peu à peu ne plus avoir peur d'être abandonnée une nouvelle fois ou d'avoir encore le cœur brisé, d'être trahie dans le futur par ceux qu'elle aimait.
Parce qu'elle leur faisait confiance et désormais, c'était comme si tous les murs qu'elle s'était efforcée de construire autour d'elle depuis son enfance étaient en train de disparaître au fur et à mesure, sans que ça ne lui fasse rien.
Ils étaient toujours là, bien sûr.
Et ils le seraient sans doute éternellement, aussi, mais…
Mais l'idée qu'ils disparaissent, la laissant sans protection, ne lui faisait plus aussi peur qu'avant.
Parce que, en un sens, ils ne lui étaient plus vraiment autant utiles qu'avant.
Et c'était certes un peu terrifiant mais aussi surtout assez… libérateur.
« Oh, lui répondit-elle finalement, alors tu as remarqué. Oups.
- Disons que le fait que tu es bizarre depuis que mon père et Regina sont partis pour Oz est effectivement assez évident. Alors dis-moi. Qu'est-ce qui ne va pas, tu veux en parler ?
- Crois-moi, tu dois probablement être la pire personne possible à qui je peux parler de ça, rit-elle avec un air amusé sur le visage.
Au début, en entendant cela, Neal s'inquiéta, avant de réaliser que si elle riait alors c'est que ça devait signifier que le problème ce n'était pas lui mais plutôt le sujet en lui-même.
- Dis toujours, on verra bien si c'est une bonne idée ou pas.
Emma lui sourit avec un amusement teinté d'affection, et hocha la tête.
- Je peux toujours essayer. De toute façon en parler avec mes parents est très probablement une très mauvaise idée, en parler à Henry aussi ou même à… approximativement n'importe qui à Storybrooke en fait.
L'ancien enfant perdu fronça les sourcils.
- Est-ce que… est-ce que c'est grave ?
La blonde haussa les épaules.
- Je… je ne sais pas Neal. Peut-être. C'est à propos de Regina.
- Oh. Je vois oui, sujet plutôt tendu pour tes parents, et qui ne l'est pas vraiment pour moi.
Il était le seul en ville à ne pas avoir souffert à cause de la malédiction, même s'il y était intrinsèquement lié à cause de son père.
- C'est ça. Seulement, concernant l'autre partie du sujet… Je pense que… Je pense que je suis en train de tomber amoureuse de Regina, avoua-t-elle finalement quelques secondes plus tard.
Neal se figea, stupéfait avant de fermer les yeux pendant quelques instants alors qu'il comprenait pourquoi elle avait hésité à lui en parler.
- Et tu trouvais ça délicat à aborder avec moi, poursuivit-il, parce que je suis ton ex et que les choses se sont mal terminées entre nous.
C'était probablement l'euphémisme de l'année mais ça résumait tout de même bien les choses.
- Oui, voilà. Et s'il s'était agi de n'importe qui d'autre, j'aurais sûrement demandé conseil à quelqu'un de Storybrooke, mais comme tu dois être le seul en ville à ne pas avoir souffert à cause d'elle, et aussi… enfin, toi et moi on se connaît.
- Bien donc je ne suis pas vraiment ton dernier choix de la liste, ironisa-t-il en souriant, c'est rassurant.
Elle sourit à son tour.
- On peut dire ça comme ça oui.
- Je trouve ça bien, ajouta-t-il, que tu ailles de l'avant, que tu… que tu tombes amoureuse à nouveau.
D'après ce qu'elle lui avait dit, ce n'était jamais arrivé depuis qu'il lui avait brisé le cœur, et à partir de ce moment-là, il avait tiré un trait sur eux deux de toute façon, bien conscient que les choses ne pourraient plus jamais être comme avant. Aussi, il était sincèrement heureux de voir qu'Emma était passée à autre chose.
- Mais Regina ? Sérieusement Emma ?
- Je sais, se lamenta-t-elle avec sérieux alors que lui-même était plutôt en train de plaisanter, je sais que c'est probablement la pire idée possible, et qu'elle est l'ennemie de mes parents, la mienne aussi et de… d'à peu près tout le monde en ville et que tout ça va mal finir mais je… Franchement je sais pas.
- Il s'est passé quoi au juste pour que tu le réalises ?
- Quand elle m'a serrée dans ses bras tout à l'heure. J'ai compris à ce moment-là que… que je ressentais quelque chose. De différent. J'ai été son ennemie pendant longtemps, et devenir son amie semblait déjà tellement difficile que quand je le suis devenue, je n'ai pas compris tout de suite que je voulais… plus. Et aujourd'hui, quand elle m'a serrée contre elle, j'ai su et… j'ai paniqué.
- Et tu as compris, compléta-t-il.
- Et j'ai compris, approuva-t-elle, et j'aurais préféré ne jamais comprendre.
Ça aurait sans doute été plus facile comme ça, approuva Neal intérieurement, de rester dans le déni et de ne jamais savoir parce que l'accepter rendait les choses beaucoup plus difficiles qu'elles ne l'étaient déjà et bordel elles l'étaient bien assez comme ça.
Réaliser qu'on était en train de tomber amoureuse de la femme qui vous avait absolument tout pris était de toute évidence assez déstabilisant.
C'est comme s'il…
Ouais non, mauvais exemple, et de toute façon, ça n'arriverait jamais.
- Elle a changé, la rassura-t-il, et elle continue de changer, d'essayer de se faire pardonner, elle aide les gens à Storybrooke, elle aide à la reconstruction de la Forêt Enchantée, et si tu as peur de la réaction de tes parents, tu… Tu as sans doute raison, reconnut-il, mais c'est sans doute moins pire que si elle était la même qu'avant.
- Je… je suppose oui.
- Qu'est-ce que tu comptes faire du coup ?
- Attendre. Je pense. Attendre que ça passe et si ça n'arrive pas, attendre d'être prête, attendre de l'avoir pardonnée et puis… je verrai bien si elle ressent la même chose que moi ou pas. Si c'est sans issue ou si j'ai une chance, si on a une chance d'être ensemble, de vraiment devenir une famille.
- Okay. Je suis sûre que tu vas tout déchirer.
Elle lui sourit.
- Merci de m'avoir écoutée.
- C'est normal. »
Il eut alors le sentiment que grâce ça, ils avaient tous les deux fait un nouveau pas de plus dans la bonne direction, vers la réconciliation, et vers une relation d'amitié apaisée et sans la moindre rancœur.
Qui aurait cru qu'il devrait remercier la méchante reine pour ça…
A suivre…
Chapter 81: La chute de l'espoir.
Notes:
Titre du 09/06/2023 : La chute de l'espoir
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Basilic : Méduse : écrire sur quelqu'un dont la naissance est liée à une histoire tragique ou sur une mère qui a un enfant différent des autres
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Oz était…
C'était…
Exactement tel que Regina l'avait imaginé.
Elle ne s'y était jamais rendue avant, mais elle en avait entendu parler quand elle vivait encore dans la Forêt Enchantée, et plus tard à Storybrooke, elle avait lu le roman, et…
Elle avait vécu dans un monde magique durant une bonne partie de sa vie, mais le découvrir ainsi, si différent de la Forêt Enchantée, c'était assez incroyable.
D'abord et en premier lieu, il y avait la fameuse route de briques jaunes, bien sûr, endroit emblématique du pays d'Oz et qu'elle parcourut avec Rumplestiltskin à ses côtés, une route entourée par des arbres et une forêt et qui ne ressemblait à aucune autre route qu'elle avait pu voir de toute sa vie.
Cette route de briques menait tout droit à un autre endroit de ce monde, la Cité d'Émeraude, qui portait bien son nom, étant complètement verte, et dont le matériau des bâtiments était soit véritablement fait d'émeraude, soit d'autre chose qui y ressemblait à s'y méprendre.
Regina ne fut donc pas non surprise en entrant dans le palais d'Émeraude (pourquoi au juste fallait-il que tout soit si vert dans ce monde ?) en réalisant quelle couleur principale ressortait le plus.
Le vert.
Partout il y avait du vert, sur les murs, les rideaux, le sol lui-même, ainsi que dans d'étranges boites en verre ou des bocaux qui étaient également verts.
Tout dans ce monde était vert, et malgré ça, l'ancienne reine ne put retenir un mouvement de recul en voyant pour la première fois le visage de sa demi-sœur en vrai, alors qu'elle était déjà au courant.
La peau de Zelena était entièrement verte.
Littéralement verte de jalousie.
Elle avait vu cela, avant, dans les souvenirs que Rumplestiltskin lui avait montrés, donc elle savait, en théorie, mais il y avait de toute évidence un gouffre entre le savoir et le voir pour de vrai, la voir vraiment.
La rousse avait véritablement une peau couleur vert émeraude, tout ça parce qu'elle était jalouse que leur mère l'ait choisie elle.
Regina avait presque envie d'en rire parce que dans le fond, elle ne voyait pas réellement en quoi sa vie était bien plus enviable que la sienne.
De toute évidence, elle n'aurait pas voulu être à la place de Zelena, avec une mère aimante morte trop tôt, un père empli de haine à son égard et des enfants cruels avec elle à cause de ses pouvoirs, non.
Mais elle se demandait si Zelena aurait réellement aimé être à sa place elle aussi.
Si elle aurait pu satisfaire aux exigences de Cora, si elle serait devenue la reine que Regina n'avait jamais voulu devenir, si elle aurait été heureuse à sa place, dans cette vie, si leurs vies avaient été inversées.
Est-ce que Zelena aurait aimé Daniel, ou quelqu'un d'autre, est-ce qu'elle aussi elle aurait sombré dans le désespoir et les ténèbres à cause de la reine de cœur, est-ce qu'elle aurait blâmé une enfant innocente et aurait suivi la voie toute tracée par le Ténébreux ?
Est-ce qu'elle aurait été une meilleure personne à sa place, ou encore pire qu'elle, est-ce qu'elle, Regina, elle se serait elle aussi laissée dévorer par la jalousie en vivant cette vie qu'elle n'avait vue que de loin ?
Elle ne le saurait probablement jamais.
En la voyant, en voyant Rumplestiltskin, la méchante sorcière de l'ouest se figea, interdite.
« Toi, rugit-elle d'une voix emplie de haine, et pendant quelques secondes, la brune eut l'impression de se regarder dans un miroir un peu trop fidèle et ressemblant, reflétant un peu trop bien ce qu'elle était encore quelques mois plus tôt.
Et elle sut alors qu'à sa place, elle aurait sans doute fait la même chose, ce qui n'était aucunement réconfortant, mais la vérité l'était rarement, surtout ce genre de vérité.
- Bonjour Zelena.
Sa demi-sœur fit une moue furieuse et serra les poings de colère et de dépit.
- Regina. Très bien. Je suppose qu'il t'a mis au courant et que tu sais qui je suis désormais, lui dit la souveraine du pays d'Oz en fusillant son ancien mentor du regard.
- Exactement. Tu es… ma demi-sœur. L'enfant que notre mère a eu avant d'être mariée à mon père et qu'elle a abandonné.
Et j'en suis tellement désolée, voulut-elle ajouter, mais l'autre sorcière ne lui en laissa pas le temps.
- Soit. Ce n'est pas vraiment comme ça que j'imaginais notre rencontre mais j'imagine que je dois m'en contenter.
Regina ne savait pas exactement ce qu'elle avait prévu à la base, l'immortel ne lui en ayant pas dit plus, sachant seulement qu'elle comptait se venger d'elle sans savoir comment ou de quelle manière, mais elle sentait qu'elle n'aurait pas aimé ça.
- Eh bien je suis là maintenant alors je pense que oui.
- Tu es là pour me tuer, pas vrai ?
La jeune femme se figea, stupéfaite.
- Tu… attends, quoi ?
À vrai dire, elle ne savait pas trop si elle s'attendait à ce qu'elle le fasse parce qu'elle était la méchante reine, ou parce que c'était parce que c'est ce qu'elle aurait fait à sa place si les rôles avaient été inversés.
Dans les deux cas, c'était triste.
- Tu es là, tu sais que j'existe, et tu sais que je te hais, tout comme tu sais que je veux me venger de toi parce que notre mère a préféré te garder toi plutôt que moi. Donc tu veux me tuer. C'est d'une logique imparable. Mais je te préviens, il est hors de question que je me rende sans combattre, ajouta-t-elle, semblant bien décidée à en découdre.
- Je ne suis pas là pour te tuer ! Protesta-t-elle énergiquement. Cette idée ne m'a même pas traversé l'esprit. »
L'aurait-elle fait avant ?
Si elle avait appris plus tôt que Zelena existait, si elle avait gardé ses souvenirs ou qu'elle les avait retrouvés, est-ce qu'elle aurait tenté de la tuer comme la rousse s'y attendait ?
Avant la mort de Daniel, non, c'était une certitude, elle aurait été bien trop heureuse de se découvrir une sœur, une famille qu'elle ne connaissait pas, une potentielle alliée contre leur mère.
Mais après ?
Une fois devenue la méchante reine, une fois son cœur noirci par les ténèbres, est-ce qu'elle…
Est-ce qu'elle aurait pu faire une chose pareille, la tuer par prévention, au cas où elle se serait révélée être une menace, que ce soit en connaissant sa haine et ses projets de vengeance ou non, est-ce qu'elle serait allée jusque-là ?
La tuer froidement, sans même essayer de réparer une relation brisée qui n'avait jamais pu s'épanouir, tout ça parce que Cora n'avait jamais pensé qu'à elle et à ses ambitions ?
Elle avait bien tué son père après tout, alors une demi-sœur qu'elle ne connaissait pas…
La réponse lui apparut clairement et lui donna envie de vomir.
Oui.
Oui, bien sûr qu'elle l'aurait fait, sans la moindre hésitation, sans regret, et sans remords, et le pire dans tout ça c'était qu'elle n'était même pas sûre que recouvrer ses souvenirs d'enfance aurait été suffisant pour l'arrêter.
La méchante reine aurait tué Zelena sans y réfléchir une seule seconde parce que c'était ce qu'elle faisait, même s'il s'agissait de membres de sa famille.
Sauf que ce n'était plus le cas désormais.
Ce n'était plus elle.
Elle ne serait plus jamais cette personne, elle se le jurait, elle était meilleure que ça, et elle était là pour réparer ce que leur mère avait autrefois mis en morceaux, comme tout ce qu'elle avait jamais fait quand il était question de leur famille en réalité.
Elle espérait juste qu'il n'était pas déjà trop tard, et que Zelena accepterait de l'écouter.
Mais…
Mais si elle ne la connaissait pas (ou du moins plus), elle se connaissait en tout cas, elle connaissait leur mère, et elle savait comment elle avait réagi quand on lui avait tendu la main, quand Blanche-Neige avait tenté de la sauver d'elle-même.
Mal.
Elle était restée enfoncée dans sa haine et sa rancœur sans jamais accepter l'aide de qui que ce soit.
Aussi, elle ne pouvait s'empêcher de craindre que Zelena réagirait de la même manière et ne rejette son offre.
Mais ce n'était pas grave, elle devait au moins essayer, et même si ça ratait, sa demi-sœur saurait au moins qu'elle lui avait ouvert la porte et qu'il ne lui restait plus qu'à en franchir le seuil si elle voulait avoir une famille.
Zelena la regarda avec confusion, et stoppa sans doute le sort qu'elle était sur le point de lui lancer.
Tant mieux, Regina n'était pas vraiment d'humeur pour un combat de sorcières.
« Ah oui ? Mais… mais pourquoi ?
- Parce que je ne tue plus les gens ! Enfin sauf si je n'ai réellement plus le choix, et tu es ma demi-sœur perdue que je viens tout juste de retrouver, pourquoi est-ce que je voudrais te tuer au juste ?
Regina aurait vraiment aimé ne pas voir la haine brûler aussi fort dans les yeux bleus de son aînée.
- Exact, après tout c'est moi qui devrais vouloir le plus ta mort vu que tu as la vie que j'aurais dû avoir.
L'ancienne mairesse de Storybrooke ne put s'empêcher de soupirer.
- Je ne suis pas responsable des actes de notre mère tu sais et je n'ai jamais voulu que ça arrive. Que tout ce que tu as traversé t'arrive en réalité.
- Et maintenant, tu viens pour me voir et faire comme si tu te préoccupais de mon sort ? Il est peut-être un peu tard pour ça petite sœur, ironisa la sorcière.
- J'ignorais jusqu'à ton existence il y a quelques mois je te signale ! S'insurgea-t-elle, parce qu'elle était certes blâmable pour beaucoup de choses, mais définitivement pas pour ça.
- Pourquoi venir ici ? Pourquoi maintenant ?
- Parce que… J'ai lancé le Sort noir. Et pendant vingt-huit ans j'ai eu une vie parfaite, j'avais ma vengeance et tous les habitants de Storybrooke étaient malheureux sauf moi. Et puis un jour, Henry, mon fils adoptif, a ramené sa mère biologique. La Sauveuse. Puis il a disparu dans la Forêt Enchantée et j'ai décidé de changer. Pour lui, pour devenir la mère qu'il mérite d'avoir. Je… je ne suis plus la méchante reine. Et quand j'ai appris que tu existais, je…
- Tu sais je ne t'ai pas posé cette question pour entendre ta biographie, lui dit Zelena, cinglante. Je me moque que tu veuilles devenir une meilleure personne ou je ne sais pas quoi, ça ne change rien au fait que tu n'as pas été abandonnée, contrairement à moi et que…
- J'ai tué notre mère, la coupa Regina en la regardant droit dans les yeux.
Les yeux de Zelena s'écarquillèrent de surprise.
- Tu… Tu as fait quoi ?
- J'étais obligée ! Quand la malédiction a été brisée, elle est venue à Storybrooke, et elle a voulu s'en prendre à… à ma famille. À mon fils. Alors je l'ai tuée, pour l'arrêter et pour Daniel aussi, pour ce qu'elle m'avait fait.
- Tu l'as… tu l'as tuée, tu…
- Oui. Et je ne le regrette pas, c'est elle que j'aurais dû haïr quand Daniel est mort, pas Blanche-Neige. Et… avant de mourir elle m'a dit quelque chose.
- Ah oui ? Demanda Zelena d'une voix tremblante les bras croisés et les larmes aux yeux (Regina la comprenait, elle avait haï sa mère et pourtant elle l'avait quant même pleurée). Quoi donc ?
- Elle m'a parlé de toi, quand je lui ai posé des questions à ton sujet, après avoir appris ton existence par Rumple… Elle m'a dit que quand j'étais enfant, j'avais été blessée. Laisse-moi finir, ajouta-t-elle en constatant que sa demi-sœur allait l'interrompre. Et que j'avais besoin de magie pour guérir. Ta magie.
La rousse la regarda avec un air perdu.
- Je… Je ne comprends pas.
- Elle est allée te chercher Zelena. À Oz. Pour me soigner. Nous nous sommes rencontrées, quand nous étions enfants et je ne sais pas… si nous savions la vérité alors mais… nous avons été sœurs, autrefois, même si ça n'a pas duré. Quand elle n'a plus eu besoin de toi, elle t'a renvoyée ici, dans ce monde. Et je… je suis tellement désolée. Ça n'aurait jamais dû arriver.
Cette fois, Regina vit le masque de dédain et de mépris de Zelena se fissurer avant de se briser complètement, laissant place à une femme bouleversée et perdue.
- Mais… mais si c'est arrivé alors pourquoi est-ce que je ne m'en souviens pas ? Si toi tu le savais alors pourquoi est-ce que tu n'es jamais venue ?
La méfiance et le doute apparurent dans ses yeux et Regina eut le sentiment qu'elle avait déjà perdu, que toutes les chances qu'elle avait pu avoir de la ramener de son côté avaient disparu d'un seul coup et qu'elle ne pouvait absolument rien à y faire.
Elle détesta aussitôt ce sentiment.
- On ne s'en souvient pas. Ni toi, ni moi. Parce que notre mère a effacé notre mémoire avec une potion provenant des eaux du fleuve Léthé. On… il est possible qu'on ne retrouve jamais la mémoire parce que c'est une potion d'oubli puissante, j'ai bu une potion de mémoire il y a peu pour me souvenir et ça n'a pas marché.
Zelena éclata d'un rire cynique, et Regina sentit un mauvais pressentiment lui tenailler les entrailles.
- Une potion d'oubli, tiens donc… Comme c'est pratique, lui lança-t-elle, venimeuse, et Regina ne trouva rien à répondre à cela.
Elle ne la croyait pas.
Elle ne lui faisait pas confiance.
Et elle n'avait même pas envie de lui en vouloir pour ça.
Parce qu'elle ne la connaissait pas, qu'elle la haïssait, et que cette haine n'était pas près de s'éteindre et elle avait mis tellement de temps à cesser de détester Blanche-Neige qu'elle n'allait pas lui jeter la pierre pour continuer de la détester.
- C'est arrivé, elle…
- Et quant bien même ce serait vrai ! Qu'est-ce que ça change ? Rien. C'est toujours la même chose, pas vrai ? Elle m'a abandonnée, encore, une fois de plus, pour te choisir toi. Parce que moi, l'autre fille, la bâtarde, je n'avais pas le droit d'être là ni même d'exister. Elle m'a renvoyée ici, alors qu'elle aurait pu me trouver une autre famille à défaut de m'accueillir dans la sienne alors que j'en faisais légitimement partie. Est-ce que tu as la moindre idée de ce que mon soi-disant père…
- Oui je le sais. Et je suis tellement désolée pour ça.
Zelena ferma les yeux, prit une profonde inspiration avant de rouvrir les yeux, la regardant droit dans les yeux, comme s'il ne s'était rien passé et qu'elle n'avait pas failli s'effondrer devant elle.
Le masque était de retour, bien en place, et Regina sut alors avec certitude qu'elle avait perdu.
- Vas-t-en, lâcha-t-elle.
- Quoi ?
Elle voulut protester, avancer d'autres arguments, mais le regard glacial de sa demi-sœur lui indiqua que ça ne servirait à rien.
Têtue et bornée comme elle l'était, comme l'était Regina elle-même, elle avait déjà pris sa décision, et allait refuser de l'écouter.
- Allez-vous en tous les deux, dit-elle en regardant Rumplestiltskin, qui n'avait rien dit et s'était contenté d'écouter, préférant ne pas s'immiscer dans la conversation. Et ne revenez jamais.
Regina la regarda avec tristesse.
- Très bien. Mais… si jamais tu changes d'avis, je serai là, à t'attendre. Toujours.
Zelena renifla avec dédain.
Comme si elle pouvait jamais avoir envie d'un jour la revoir pour une autre raison que de se venger d'elle.
- Si tu le dis…
- Pour ce que ça vaut, et même s'il est sans doute déjà trop tard pour ça… moi aussi je suis désolé. »
Les mots du Ténébreux ne changèrent aucunement son expression et elle les vit quitter le château et Oz sans y réagir.
Ça ne changeait rien.
Rien du tout.
Elle trouverait un moyen de se venger de sa demi-sœur, de remonter dans le temps et de mener la vie qui aurait toujours dû être la sienne.
Rien, absolument rien d'autre ne comptait hormis cela.
A suivre…
Chapter 82: Des épreuves difficiles.
Notes:
Titre du 08/04/2022 : Des épreuves difficiles
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects des... membres de la famille Rivera (Coco) (partie 2) : Elena : Écrire sur une grand-mère ou écrire sur un personnage emphatique
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
« Ça… ne s'est pas exactement passé comme nous l'espérions, résuma sommairement Gold alors qu'ils réapparaissaient à Storybrooke.
Regina faillit en rire.
- Non, pas vraiment, se contenta-t-elle de commenter. Je m'attendais à ce que… enfin à ce que ça ne se passe pas bien mais… la voir être autant en colère contre moi c'était comme si… je me voyais moi. Avant. C'en était presque terrifiant.
- Je comprends. Est-ce que tu comptes… retourner la voir ?
- Honnêtement ? Non. Pas dans l'immédiat tout cas, elle risque de mal m'accueillir, et autant lui laisser un peu de temps pour réfléchir, et j'irai la voir plus tard, tant qu'elle voudra toujours se venger de moi, il vaut mieux qu'elle n'ait aucun moyen de venir ici, je ne veux pas risquer qu'elle s'en prenne à un des habitants.
- C'est sans doute mieux comme ça, approuva-t-il. Mais tu sais qu'il est possible qu'elle… qu'elle n'accepte jamais, surtout si vous ne retrouvez jamais vos souvenirs d'enfance.
- Je sais, lui dit son ancienne élève, je le sais bien, et si ça ne marche pas, au moins j'aurais essayé. Et si jamais elle vient à Storybrooke et qu'elle m'attaque, qu'elle nous attaque, on saura la recevoir comme il faut, comme avec ma mère et Crochet.
Le Ténébreux sourit.
- Je vois que tu as tout prévu.
Elle haussa les épaules en souriant.
- J'ai eu un bon professeur après tout. »
§§§§
Revoir Emma était presque douloureux.
Surtout maintenant, surtout après avoir enfin rencontré sa demi-sœur et qu'elle ne pouvait plus distraire son esprit en pensant à ce qui allait peut-être arriver une fois qu'elle la verrait, parce que maintenant elle savait.
Elle savait, et ses pensées à propos de la blonde, ses sentiments qu'elle tentait si fort de chasser revenaient de plus belle.
Et ça faisait mal, parce qu'un simple sourire de la Sauveuse suffit à faire chavirer son cœur sans même qu'elle puisse faire autrement.
« Alors, comment ça s'est passé ? Lui demanda la shérif adjointe, venue la récupérer après son retour à Storybrooke.
Le regard sombre et défait de son ancienne ennemie suffit à lui apporter la réponse qu'elle attendait.
- Oh. Si mal que ça ? S'inquiéta-t-elle avec sollicitude.
Regina soupira avant d'acquiescer.
- Hé bien… Je suppose que ça aurait pu être pire et aucun de nous n'a été blessé et attaqué et encore moins tué, mais… Oui, on peut dire que ça s'est mal passé.
- Comment ça s'est déroulé au juste ?
Parler et marcher aux côtés d'Emma était devenu si facile, si naturel, comme si elles étaient amies depuis toujours, que Regina en venait parfois à presque oublier qu'autrefois, elles avaient été ennemies, qu'elles s'étaient mutuellement haïes.
Tout cela lui semblait si loin, comme si c'était arrivé à une autre personne qu'elle.
- Elle me hait. Viscéralement. Sans doute au moins autant que moi quand je détestais encore ta mère. Et elle a refusé de me croire quand je lui ai parlé des souvenirs que notre mère a trafiqués, de notre enfance volée, de ce que nous aurions pu avoir et qui n'a jamais pu exister à cause… à cause d'elle.
Sa voix trembla, et les larmes lui montèrent aux yeux, à chaque fois qu'elle pensait au fait que si la reine de cœur n'avait pas été… sans cœur au sens littéral, elle aurait pu avoir une vraie enfance, elle aurait pu…
Elle aurait pu être tellement d'autres choses, tout comme Zelena, et ça n'arriverait jamais et c'était de sa faute, et jamais elle ne pourrait réparer cela malgré tous ses efforts.
- Je suis sincèrement désolée.
Et malgré sa tristesse et sa peine, Regina ne put s'empêcher de sourire, parce qu'Emma, toute brisée et en colère qu'elle soit, avait encore en elle assez de compassion pour ressentir de la tristesse pour la femme qui lui avait volé sa vie avant même qu'elle ne sache marcher ou parler.
Elle était définitivement la digne fille de ses parents.
- Merci. Je… je m'y attendais de toute façon et je la comprends. Je sais ce que ça fait d'être tellement en colère, emplie de haine et de souffrance que la vengeance semble être la seule solution adéquate. J'aurais juste aimé… que Cora ne soit pas parvenue à tout détruire entre nous, parce que j'ai bien l'impression qu'elle a réussi. Et qu'il est déjà trop tard pour arranger les choses.
Sa famille était partie en lambeaux, et pour une fois ce n'était même pas de sa faute.
- Tu sais ce qu'elle compte faire exactement ? Si elle va s'en prendre à toi dans le futur ? Est-ce qu'on doit se préparer à la venue d'une autre méchante sorcière ?
Regina secoua la tête.
- Je ne sais pas. En fait, je n'en ai aucune idée, j'ignore ce qu'elle compte me faire pour se venger de moi. Me tuer, peut-être. Mais quand nous étions à Oz, elle n'a même pas essayé, je ne sais pas si c'est parce que Rumplestiltskin était là ou parce qu'elle a d'autres projets et je dois avouer que ne pas le savoir… ça me terrifie. Elle sait où je suis, elle sait pour le Sort noir, pour Storybrooke, mais a priori, elle n'a aucun moyen d'arriver jusqu'à nous… pour l'instant en tout cas. J'ignore ce qui se passera dans le futur.
- Pourquoi ne pas l'avoir arrêtée alors ? L'interrogea Emma, curieuse.
- J'y ai pensé, avoua-t-elle, et si je ne l'ai pas fait, ce n'est pas parce qu'elle se serait enfuie si j'avais essayé, ou parce que nous aurions du mal à le retenir prisonnière ici avec sa magie, non. C'est parce que… Emma, je veux lui donner une chance. Ce serait bien hypocrite de ma part, qui suis désormais libre, de vouloir l'enfermer alors que j'ai commis des crimes bien pires que les siens.
A priori.
Apparemment, la méchante sorcière de l'ouest n'était guère appréciée à Oz, mais de ce qu'elle en savait, c'était principalement vers elle que sa vengeance était tournée, là où l'ancienne méchante reine n'avait pas hésité à s'en prendre à des innocents.
Elle espérait juste que sa demi-sœur ne commettrait pas les mêmes erreurs qu'elle.
- Je vois ce que tu veux dire. Et si jamais ça ne marche pas ? Qu'elle vient ici pour… faire ce qu'elle a prévu dans son plan diabolique, peu importe ce que c'est ?
- Alors je me battrai contre elle. J'ai bâti cette ville, c'est la moindre des choses que je fasse tout ce qui est en mon pouvoir pour la protéger, même si c'est contre ma propre famille. »
Puis elle sourit à Emma, et celle-ci sentit son cœur s'emballer, et elle voulait encore la voir sourire, d'un sourire plus joyeux que résigné, être la cause de ses sourires et oh ça ne faisait que confirmer ce dont elle se doutait déjà et qu'elle ne pourrait plus jamais ignorer.
Merde.
Elle était vraiment en train de tomber amoureuse de la brune.
Bordel.
Et le pire c'est que, une fois dépassée la panique initiale, ça… ne la dérangeait pas plus que ça.
Oui, c'était Regina, la méchante reine, anciennement son ennemie, et autrefois une méchante mais c'était aussi le cas de Rumplestiltskin et pourtant Belle l'aimait, et certes le Ténébreux avait fait ce qu'il avait fait afin de retrouver son fils.
Mais ça ne changeait rien à ce qu'il avait fait, à ce que Regina était devenue en partie par sa faute ou au fait qu'elle avait été forcée de grandir seule parce qu'il n'avait pas trouvé d'autre moyen pour être réuni avec son enfant.
Elle flippait, évidemment, parce qu'elle n'était pas tombée amoureuse depuis que Neal lui avait brisé le cœur, et parce que le passé se dressait toujours entre elles, et elle n'était pas sûre d'être encore prête pour commencer une nouvelle histoire avec qui que ce soit, surtout si c'était elle.
Mais elle avait envie d'essayer, un jour, une fois que les choses seraient un peu moins folles à Storybrooke, et que l'histoire avec sa demi-sœur méchante sorcière de l'ouest serait réglée, enfin si jamais Regina ressentait la même chose bien sûr.
Le plus grand problème, ce serait la réaction des autres.
La réaction de ses parents, de ses amis.
Parce que ce qu'elle avait fait ne pourrait pas être effacé, jamais.
Même si elle finissait par être pardonnée, ça ne changerait rien, elle serait toujours la méchante reine à leurs yeux, Emma en était consciente, et c'était exactement la même chose pour elle.
Mais elle l'aimait.
Elle espérait juste qu'un jour, elles pourraient se donner une chance sans que le passé ne continue de planer au-dessus de leurs têtes, de les hanter à chaque pas qu'elles feraient.
Qu'envers et contre tout, elles pourraient être heureux ensembles après que l'une a tenté de toutes ses forces de détruire l'autre.
Elle l'espérait de toutes ses forces.
§§§§
« Tu sais, si ce soir tu ne te sens pas trop dans ton assiette, tu pourrais… venir dîner à la maison, proposa Emma avec hésitation, terminant sa phrase le plus vite possible avant de risquer de laisser tomber avant d'oser le lui demander.
Regina la regarda, surprise.
- Tu penses que tes parents seront d'accords ?
Ce n'était pas qu'elle évitait Blanche-Neige et David, non, elle faisait plutôt de son mieux pour les voir le moins possible, consciente qu'elle devait être l'habitante de la ville qu'ils avaient le moins envie de voir.
- Je vais le leur proposer et on verra bien ce qu'ils en pensent. Est-ce que… ça t'irait ?
Regina pensa au fait de rentrer dans sa si grande maison, vide de vie lorsque Henry et Emma n'y étaient pas et n'hésita pas une seule seconde.
- Oui. Je pense que ça m'irait bien. »
§§§§
Les choses étaient bien moins faciles comme ça, constata rapidement Regina au cours du repas.
Tout comme elle avait eu beaucoup de difficulté au début pour faire en sorte que les dîners entre elle, Emma et Henry deviennent des événements normaux et banals, elle sentait qu'il en serait de même avec Blanche-Neige et Charmant.
Probablement en pire.
Parce qu'avec son fils et la Sauveuse, elle était en terrain connu, elle avait l'habitude et avec eux elle parvenait à ne pas se sentir comme seulement la méchante reine.
Ils savaient qui elle était, plus que n'importe qui, mais elle avait eu l'occasion de leur montrer qu'elle ne se résumait pas seulement à son sombre passé.
Avec les anciens souverains, ce n'était pas le cas, et s'ils étaient cordiaux et amicaux, comme toujours, elle voyait bien dans leurs yeux à quel point ils étaient encore mal à l'aise qu'elle soit là.
Sans doute au moins autant qu'elle-même pouvait l'être.
Le malaise avait mis un peu de temps à se dissiper, mais elle avait fini malgré tout par passer un bon moment.
Et pour un premier essai, c'était largement suffisant.
§§§§
Au cours de la soirée, Blanche-Neige finit par se lever, semblant avoir une annonce à faire.
« Il y a peu, lança-t-elle, j'ai pris une décision.
Regina la regarda, intriguée, elle avait bien remarqué que son ancienne ennemie semblait différente, et elle avait bien envie de savoir pourquoi.
Elle souriait, alors ça devait être une bonne nouvelle.
- Personne n'est encore au courant à Storybrooke à part David, poursuivit-elle, comme vous le savez déjà, nous n'avons plus de maire en ville depuis que Regina ici présente a démissionné. Alors… j'ai décidé de me présenter pour être élue mairesse de Storybrooke ! »
Alors que les félicitations et les encouragements pleuvaient, la sorcière la regarda avec surprise.
Voilà qui était inattendu.
Et en même temps… pas tant que ça.
Blanche-Neige avait été une princesse autrefois après tout, elle avait été élevée pour ça, pour être une dirigeante, pour devenir reine un jour.
Qu'elle veuille reprendre sa place d'autrefois, d'une manière différente, en étant choisie, était au final assez logique et correspondait plutôt bien à son caractère, elle qui avait toujours voulu aider les gens et améliorer leur vie.
Et ça ne lui posait aucun problème.
L'idée que Blanche-Neige puisse accéder à ce poste, celui qui avait été le sien pendant vingt-huit ans, ne déclencha aucune rage ni jalousie en elle, comme elle aurait pu le faire autrefois, non, elle ne ressentit rien de négatif.
Sa haine était définitivement en train de partir et ce, pour toujours.
Enfin.
§§§§
« Blanche-Neige, est-ce que je peux te parler ?
Henry était parti se coucher, et Emma et David étaient en train de discuter non loin, alors la brune avait sauté sur l'occasion pour parler à son ancienne belle-fille.
- Oui, qu'y a-t-il Regina ? Lui demanda l'institutrice avec curiosité.
Il y avait, encore et toujours au fond de ses yeux, une lueur de méfiance et de suspicion, qui ne la quitterait probablement pas avant longtemps.
Comme si elle n'arrivait pas réellement à croire que Regina n'allait pas à nouveau tenter de s'en prendre à elle ou de la tuer ou la trahir une fois de plus.
Elle aurait aimé pouvoir effacer cette lueur, lui prouver que ça n'arriverait pas, plus jamais, faire en sorte que la mère d'Emma la juge digne de confiance.
Mais puisque ce n'était pas près d'arriver, elle préféra faire comme si elle n'avait rien vu et se contenta de parler.
- C'est à propos de ce que tu nous as annoncé tout à l'heure, je… Je pense que c'est une très bonne idée.
Les yeux de Blanche s'écarquillèrent de surprise.
- Vraiment ?
- Oui. Tu as été reine autrefois, tout comme moi, et soyons honnêtes, de nous deux ça a toujours été toi la meilleure souveraine, même si ton règne a pris fin rapidement à cause de moi. Et je ne sais pas si tu seras élue, mais sache que je te soutiens Blanche. Totalement. Je suis sûre que tu feras également une meilleure mairesse que moi si c'est toi qui es choisie. Et je sais que tu n'as pas besoin de mon approbation, mais je voulais que tu saches que… je suis fière de toi.
L'ancienne princesse lui sourit, émue.
- Je… merci Regina, ça me touche beaucoup et ça compte beaucoup pour moi. »
Dans un autre monde, si elle avait vraiment été sa belle-mère et pas une femme brisée au cœur empli par les ténèbres, ou si elles avaient été amies, Blanche-Neige l'aurait sans doute serrée dans ses bras.
Mais elles n'étaient pas amies, et elles ne le seraient sans doute jamais vraiment.
Mais l'archère l'avait remerciée et c'était déjà quelque chose.
C'était plus que ce qu'elle méritait.
Et alors qu'elle quittait leur appartement, ce fut en sachant parfaitement que ce genre de dîner ne se reproduirait pas aussi fréquemment que ceux incluant Emma et Henry chez elle.
Mais, si un jour ils devenaient vraiment une famille, peut-être qu'elle aurait l'occasion d'y participer à nouveau.
A suivre…
Chapter 83: Avoir des responsabilités.
Notes:
Titre du 29/01/2022 : Avoir des responsabilités
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Ethan Hunt (MI) : Orphelin : Écrire sur un orphelin ou une scène se passant dans un orphelinat
44) 50 nuances de OUAT
7 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Et aujourd'hui c'est un arc qui s'achève et un autre qui commence, yeah !
Chapter Text
Ce fut au cours du repas qu'Emma réalisa qu'elle avait pour de bon trouvé son foyer.
Que cette ville si étrange dans laquelle elle n'était pas censée rester au début et qui était peuplée de personnages de contes de fée était devenue sa maison au fil du temps.
Et que les gens devant elle étaient réellement devenus sa famille. Blanche-Neige et David étaient ses parents et Henry était son fils, pas seulement pour une question de liens du sang ou d'ADN, non. Ils l'étaient parce qu'ils l'aimaient, qu'ils l'avaient accueillie parmi eux et s'étaient frayés habilement un chemin tout droit vers son cœur autrefois si bien protégé.
Ils étaient sa famille parce qu'elle ne s'imaginait pas vivre sans eux et qu'elle n'avait plus la moindre envie de partir ou de fuir.
Elle avait définitivement trouvé un endroit où se poser, s'installer de manière définitive, et Henry…
Henry l'avait vraiment ramenée à la maison.
Ça n'effaçait pas son passé d'orpheline, non, mais désormais, elle pourrait être autre chose, être plus.
Elle n'était plus seule.
Elle avait une maison, un chez-elle qu'elle était désormais prête à tout pour protéger, pas seulement parce qu'elle était la Sauveuse et parce que c'était son rôle, mais parce qu'elle y tenait plus que tout, plus que n'importe quel autre endroit qu'elle avait pu chérir par le passé.
Même l'endroit où elle était avec Neal à l'époque où elle croyait encore qu'ils pourraient construire un foyer ensemble avant que tout ne s'effondre quand il l'avait abandonnée et trahie.
Alors la blonde regarda les gens qui l'entouraient, qui étaient autrefois des inconnus ou des ennemis pour elle et qui possédaient désormais une place spéciale dans son cœur et elle ne put s'empêcher de sourire en constatant le chemin qu'ils avaient parcouru ensemble depuis que la malédiction avait été brisée. Regina qui avant n'aurait pas hésité à essayer de tous les tuer mangeait avec eux, dans une ambiance apaisée et non pas comme si de rien n'était, mais malgré ce qu'il s'était passé.
Parce qu'ils étaient en train, ensemble, d'essayer de réparer ce qu'elle avait pu briser autrefois.
Et…
Ils étaient en train d'y arriver.
Emma se surprit même à caresser l'espoir qu'au prochain Thanksgiving, ils puissent avoir un repas de famille qui ne serait définitivement pas normal mais dépourvu de haine et de rancœur.
Ils pouvaient y parvenir, après tout, ils étaient à Storybrooke.
N'importe quoi pouvait arriver dans cette ville.
(Elle ignorait encore alors à quel point elle avait raison.)
§§§§
Cela faisait longtemps que Regina y pensait.
Depuis un bon moment en fait, depuis qu'elle avait pris la décision de démissionner pour de bon de son poste de mairesse, d'arrêter la politique, de cesser d'être la dirigeante de la ville, de passer à autre chose.
De laisser derrière elle son passé de méchante reine, de ne plus avoir la moindre influence sur la vie des anciens habitants de la Forêt Enchantée.
Depuis sa discussion avec Neal Cassidy en fait, parce qu'il avait raison à ce sujet, elle n'était pas comme n'importe qui à Storybrooke, même si elle démissionnait et se retrouvait sans travail, elle était riche, elle pouvait retomber sur ses pieds facilement.
Elle pouvait ne rien faire et pourtant s'en sortir sans grande difficulté.
Ce n'était pas ce qu'elle voulait.
Elle voulait faire plus que cela, faire mieux, prouver au monde entier qu'elle était plus que la sorcière et la reine que Cora et Rumplestiltskin lui avaient appris à être et à devenir, qu'elle valait mieux que ça, qu'elle n'était pas uniquement la méchante reine.
Elle était aussi Regina.
Elle deviendrait une habitante normale de cette ville qu'elle avait bâtie, à défaut de pouvoir être une simple citoyenne anonyme, elle leur montrerait qu'elle pouvait aussi contribuer au bien-être des habitants et à l'amélioration de la ville, qu'elle n'était pas uniquement capable de faire le mal.
Et ça passerait par le fait de revenir à ce qui avait été autrefois une de ses plus grandes passions.
Les chevaux.
Un domaine dont elle aurait peut-être pu faire son métier dans d'autres circonstances, si le destin ne l'avait pas fait naître princesse.
Depuis plusieurs semaines, elle nourrissait ce projet, profitant au maximum de son temps libre pour travailler dessus, et maintenant qu'elle avait rendu tous les cœurs arrachés que contenait son caveau, elle pouvait y consacrer la majorité de son temps, à ça et à la reconstruction de la Forêt Enchantée.
Alors oui, elle allait le faire, elle allait ouvrir un haras ou un centre équestre, bref, un endroit où elle pourrait s'occuper des chevaux, comme autrefois, mais non plus comme un loisir.
Comme son métier.
En permettant aux gens d'apprendre à faire de l'équitation mais aussi à s'occuper des chevaux, à prendre soin d'eux, à les aimer, comme elle l'avait fait et appris autrefois elle aussi.
Ce serait probablement la plus belle des manières pour elle de continuer à faire vivre la mémoire de son cher Daniel…
§§§§
Lundi 12 mars 2012.
Blanche-Neige était radieuse.
Elle l'était bien plus depuis qu'elle n'était plus Mary-Margaret, qu'elle avait retrouvé sa mémoire, son mari et sa fille, qu'elle n'était plus cette enseignante triste et effacée qui avait le sentiment que quoi qu'elle fasse elle ne parviendrait jamais à être heureuse.
Mais c'était plus que ça, Regina s'en rendait compte en la voyant.
Elle avait retrouvé la même passion, la même fougue et la même flamme de détermination dans les yeux, tout ce qui l'animait autrefois alors qu'elle était encore en guerre contre la femme qui lui avait volé son royaume.
Ce n'était définitivement pas à Mary-Margaret l'institutrice, ou même à la princesse Blanche-Neige élevée dans un château doré qu'elle faisait face, non.
C'était la reine Blanche-Neige qui se trouvait juste devant elle.
La souveraine, la dirigeante, la guerrière, la combattante.
La conquérante.
La brune ne savait pas encore de quoi serait fait leur avenir, si les habitants allaient la choisir elle ou l'un des autres candidats, mais en revanche, elle savait une chose.
La jeune femme était leur meilleur choix possible.
Et elle savait aussi d'ors et déjà qu'elle lui donnerait sa voix sans la moindre hésitation.
§§§§
Samedi 5 mai 2012.
Quand son nom fut prononcé, Blanche-Neige eut bien du mal à y croire.
Gagné…
Elle avait gagné.
Elle était victorieuse, elle venait tout juste de remporter l'élection en tant que mairesse de Storybrooke.
Elle avait réussi.
Un sourire de joie apparut sur son visage, après avoir tant souffert dans cette ville, voilà qu'elle y avait enfin tout ce qu'elle avait toujours voulu, sa famille à ses côtés, son mari, sa fille, son petit-fils, tous ses amis et ses proches, et elle était en chemin pour se réconcilier avec Regina.
Aucun danger ne menaçait la ville, ils pouvaient partir s'ils le désiraient, explorer les États-Unis ou n'importe quel autre pays du monde sans magie, retourner dans leur monde d'origine ou dans un autre, ils étaient libres.
Tout était parfait.
Elle n'aurait pas pu être plus heureuse.
§§§§
Le lendemain matin, une voiture dans laquelle se trouvaient Jean et Michel Darling franchit la frontière de Storybrooke.
A suivre…
Chapter 84: Deux frères.
Notes:
Titre du 23/08/2023 : Deux frères
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Jean Darling (OUAT)
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Coco (Pixar) : Famille dysfonctionnelle : Écrire sur les Lannister ou écrire de l'amour filial
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, de secondaire à principal, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Vu qu'on a vraiment très peu d'infos sur Jean et Michel sur leur vie au service de Pan ou même après les disparitions de Baelfire et Wendy au Pays imaginaire, je vais broder.
Chapter Text
Storybrooke ressemblait dans le fond à une ville parfaitement normale.
Ce fut la pensée qui traversa l'esprit de Jean Darling alors que lui et Michel pénétraient finalement dans la ville de contes de fée.
Rien qui sortait de l'ordinaire a priori, une mairie, une école, une bibliothèque, un commissariat, des maisons, des commerces, tout ce qu'on s'attendait à trouver dans ce genre d'endroit en somme.
Juste une simple petite ville tranquille et normale, sans rien de réellement particulier, comme il en existait tant aux États-Unis et dans d'autres pays du monde.
C'était sans doute ce que les deux frères auraient sincèrement pensé si eux-mêmes n'avaient été que deux habitants sans histoire du monde sans magie, ignorant tout ce que pouvait cacher cette ville à l'apparence si anodine.
Ce qu'ils n'étaient de toute évidence pas du tout.
Depuis le temps, depuis des siècles, depuis que leur enfance s'était achevée le jour où l'ombre était entrée dans leur chambre et leur avait volé successivement leur ami puis leur sœur, ils avaient cessé d'être ignorants ou même innocents à ce sujet.
Parce que tout leur univers s'était effondré quand Peter Pan leur avait arraché deux des membres de leur famille et les avait forcés à travailler pour lui pour espérer un jour réussir à les récupérer.
Ils savaient déjà que ce ne serait pas le cas pour Baelfire (ou plutôt Neal, comme il se faisait appeler désormais), ce dernier avait réussi à s'évader de l'île (ou plutôt, comme le leur avait sinistrement confié Félix avec un sourire amusé, Peter Pan l'avait laissé partir, pour une raison qu'ils ignoraient et n'avaient sincèrement pas envie de comprendre ou de connaître), et ils avaient pu veiller sur lui de loin, sans qu'il ne remarque leur présence, mais Wendy…
Wendy, elle, était toujours là-bas, prisonnière, victime de sa gentillesse, condamnée à rester enfermée dans une cage loin des siens, tout ça pour avoir tenté de sauver et libérer quelqu'un à qui elle tenait.
Aussi, Jean ne s'y trompa pas, il le savait d'avance en y entrant, en parcourant les rues au volant de sa voiture, c'était tout sauf une ville ordinaire.
Dans cette ville, il y avait de la magie et des personnages de contes de fée, cette ville, ils avaient mis du temps à la trouver, sur les indications de Félix, et enfin ils y étaient.
Une autre chose ne trompait pas, l'attitude des habitants de Storybrooke.
S'il avait été quelqu'un d'autre, un jeune homme insouciant visitant les États-Unis et tombé par hasard sur la petite ville, sans doute ne se serait-il rendu compte de rien.
Mais à force de mentir, de tricher, de faire semblant, de porter un masque en permanence et d'examiner attentivement tout ce qui l'entourait pour tenter d'y déceler la moindre anomalie, le moindre danger, il avait appris à lire les expressions des gens.
Et celles des habitants de la ville de l'État du Maine étaient tout sauf amicales.
Ce n'était pas vraiment de l'hostilité, non, plutôt un choc et une surprise qui se mêlaient également à de la peur et de la méfiance alors qu'ils se retrouvaient face à des visages qu'ils n'avaient jamais vus, qu'ils réalisaient qu'ils n'étaient pas d'ici, qu'ils venaient de l'extérieur, du monde sans magie.
Parce que ce n'était jamais arrivé avant, quand la malédiction régnait encore et qu'ils étaient incapable de quitter la ville.
Et Jean avait lu dans leurs yeux ce qu'il lisait déjà tous les jours dans les siens en passant devant le miroir.
De la peur.
Ça n'avait pas duré bien longtemps, ce n'était que fugace, passager, vite remplacé par des sourires polis et faussement amicaux, mais Jean l'avait vu.
Et pendant quelques secondes, il envisagea de leur dire la vérité, avant de finir par y renoncer complètement.
Comment pourraient-ils bien être capables de réussir à vaincre le monstre immortel qui les terrorisait depuis qu'ils étaient enfants ?
C'était impossible.
Michel, lui, n'avait rien remarqué, se contentant de regarder les alentours de la ville avec curiosité et émerveillement, parce qu'il y avait de la magie à Storybrooke, ils le savaient tous les deux, même si elle était cachée pour eux pour l'instant. Et s'il y avait bien un d'eux deux qui était parvenu à rester un tant soit peu fasciné par tout ce qui pouvait être magique, c'était lui, parce que Jean avait perdu sa fascination pour cet univers depuis bien longtemps.
(Quand Baelfire avait suivi l'ombre pour eux, s'était sacrifié pour les sauver, puis que Wendy était partie aussi et n'était jamais revenue, lui faisant comprendre que les contes de fée n'étaient pas pour les enfants, qu'ils pouvaient être durs, sombres et cruels.)
Mais ce n'était pas grave, parce que même si Michel était un adulte désormais lui aussi, il restait toujours son petit frère, et Jean allait faire en sorte qu'il continue d'avoir foi en la magie, dans le fait qu'elle n'était pas complètement mauvaise, et que Baelfire se trompait à ce sujet.
Il allait faire ce qu'il faisait depuis que Wendy et Baelfire avaient disparu, que leurs parents étaient morts, et que Peter Pan avait fait d'eux des immortels temporaires en leur confiant une tâche qu'ils n'avaient aucunement envie d'accomplir.
Il allait faire ce que Wendy avait fait autrefois.
Il allait tout faire pour le protéger.
Alors qu'ils descendaient tous les deux de la voiture, il tenta d'ignorer les regards curieux voire hostiles qui se posaient sur eux.
On se méfiait d'eux, soit, et à raison d'ailleurs, et on ne voulait pas d'eux, de peur qu'ils ne découvrent la vérité sur la magie et ne tentent de répandre la nouvelle dans le monde sans magie, de briser la petite tranquillité qu'ils étaient parvenus à bâtir peu de temps auparavant.
Jean le savait bien, ils n'étaient vraiment pas les bienvenus à Storybrooke.
Mais peu importe après tout.
Ils avaient une mission à accomplir.
Et cette mission se nommait Henry Mills.
§§§§
Regina avait toujours eu conscience que les choses ne redeviendraient jamais comme avant.
Qu'elle ne pourrait jamais revenir à la situation telle qu'elle était avant qu'elle ne devienne la méchante reine, que les gens ne la verraient plus jamais à nouveau comme la princesse gentille, douce et innocente qu'elle était autrefois.
Cette femme était morte en même temps que Daniel.
Elle avait pu s'en rendre compte quand la malédiction avait été brisée, que la mémoire qu'elle avait modifiée et effacée avait repris sa juste place, et que les sourires polis qu'on lui adressait s'étaient fracturés et avaient fini par s'effacer.
Et aujourd'hui, dans son centre équestre, elle s'en rendait compte plus que jamais.
Au début, les choses n'avaient pas été simples, l'idée que l'ancienne méchante reine enseigne l'équitation plaisait peu à beaucoup de monde, et elle savait qu'à cause de ça, à cause de son passé, il y aurait des gens qui refuseraient de s'y rendre parce qu'elle était là.
Mais d'autres avaient décidé de franchir le pas, de lui faire confiance, et ils avaient pu voir.
Voir qu'elle avait réellement changé, qu'elle était différente, qu'elle voulait aller de l'avant.
Beaucoup de gens continueraient à la haïr, ne la pardonneraient jamais pour ce qu'elle avait commis.
Mais il y en avait d'autres qui renouaient peu à peu avec elle via leur passion commune pour les chevaux, qui lui souriaient à nouveau, qui lui parlaient normalement malgré ce qu'elle avait fait, et c'était…
Bien.
Vraiment bien.
Et pour la première fois depuis longtemps, elle voulait que les choses ne changent pas.
§§§§
Il fallait que tout ait l'air normal.
Ils étaient seulement deux frères, qui avaient décidé de partir en vacances pour fêter la fin de leurs études durant une durée indéterminée en prenant une année sabbatique, ils étaient tombés par hasard sur la ville de Storybrooke et ils n'étaient définitivement pas au courant de l'existence de la magie.
Ils ne verraient rien et feraient tout pour ne pas se faire remarquer, en espérant que les habitants de la ville se contentent de se méfier et ne voient pas clair dans leur jeu, qu'ils soient suffisamment confiants pour les laisser rester.
Sinon, dans le cas contraire, s'ils ne pouvaient pas effectuer leur mission, alors dans ce cas-là…
Hé bien que Dieu leur vienne en aide, parce qu'il n'avait pas la moindre idée de la manière dont Félix ou Peter Pan réagiraient en l'apprenant, ou même ce qu'ils feraient subir à Wendy en représailles…
Aussi, en entrant dans le Granny's, ils affichèrent tous les deux un sourire poli et enthousiaste qui devait probablement être aussi faux et mensonger que celui que Ruby leur adressa en les rencontrant.
Jean feignit de ne pas voir la propriétaire de l'établissement prendre son téléphone avec un air crispé avant d'appeler il ne savait qui, mais en tout cas, ça ne lui disait rien qui vaille.
§§§§
L'air sombre qu'affichait Graham était une expression qu'Emma n'avait pas revue depuis un bon moment, et elle aurait apprécié que les choses continuent comme ça.
« Je peux te parler une seconde ?
Elle se retourna brièvement vers Crochet, qui continuait de lire dans sa cellule et ne semblait pas décider pour l'instant à essayer de s'évader.
Elle s'éloigna du bureau du shérif et lui lança un regard interrogateur.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- On a un problème.
- J'aime vraiment pas quand tu dis ça, soupira-t-elle. Quoi comme problème ?
Son cerveau imagina aussitôt les pires hypothèses possibles, un nouveau méchant du même type que Cora qui avait débarqué en ville et qui allait bientôt les attaquer, et honnêtement, elle n'avait pas vraiment envie de devoir faire un combat de magie quelconque contre n'importe qui.
Peut-être que Zelena avait réussi à trouver le chemin vers leur ville et avait décidé de s'en prendre à Regina.
Depuis la mort de Cora, ils étaient enfin tranquilles à Storybrooke, pourquoi est-ce que la situation ne pouvait pas continuer ainsi ?
- Deux personnes viennent de louer une chambre au Granny's pour a priori un bon moment… et… ils ne viennent pas de Storybrooke. Ils sont arrivés en voiture, ils ont franchi la frontière il y a quelques heures. Ils viennent de ce monde.
Emma se figea, stupéfaite.
Depuis qu'Anton et les nains leur avaient permis d'avoir un accès illimité aux haricots magiques, il n'était pas rare que les voyages d'un monde à l'autre se produisent, et qu'ils accueillent ainsi à Storybrooke des habitants de la Forêt Enchantée curieux de découvrir le monde sans magie et qu'ils ne connaissaient pas.
Ça ne posait pas le moindre problème, ils ne savaient rien du monde sans magie mais en revanche, ils étaient au courant de l'existence de la magie.
Cependant, jusque-là, ils n'avaient pas encore eu le moindre visiteur venant du monde sans magie.
- Merde, lâcha-t-elle avec un air aussi sombre que celui qu'affichait actuellement le Chasseur.
Elle l'admettait, elle n'avait pas encore pensé à cette possibilité pour l'instant.
Enfin si.
Elle avait conscience que cela pouvait arriver, mais puisque cela ne s'était pas produit pour le moment, elle n'y avait pas beaucoup songé.
Et puis surtout, aucun d'eux n'avait vraiment réfléchi à ce qui pourrait se produire après concernant la magie.
Est-ce qu'ils pouvaient laisser des inconnus résider dans leur ville et risquer de découvrir la vérité au sujet de l'existence de la magie, et potentiellement la révéler au monde, brisant le fragile équilibre qu'ils avaient tout juste réussi à bâtir ?
Emma ne pouvait que se poser la question maintenant que le problème se présentait.
Rumplestiltskin avait proposé avant cela de jeter un sort de protection autour de la ville pour parer à cette éventualité, mais empêcher les gens de rentrer les aurait aussi empêchés de sortir, et ce n'était pas ce qu'ils voulaient.
- J'ai contacté ta mère pour la prévenir. À ton avis, qu'est-ce qu'on devrait faire ?
Emma y réfléchit pendant quelques secondes.
- Les laisser tranquille. Tout en en essayant de limiter l'utilisation de la magie quand ils sont dans les parages, et en les surveillant un peu, au cas où ils devraient découvrir quelque chose qu'ils ne sont pas censés savoir. Et si jamais on n'y arrive pas… on leur effacera la mémoire avant de les renvoyer chez eux.
Graham acquiesça.
- Ça me semble bien. Et de toute façon, ils viennent du monde sans magie, alors… on ne devrait pas avoir trop de mal à les convaincre que la magie n'existe pas si jamais quelque chose de bizarre se produit… pas vrai ? »
Emma espérait sincèrement que l'un comme l'autre, ils ne se trompaient pas.
A suivre…
Chapter 85: Faire face au passé.
Notes:
Titre du 17/09/2023 : Faire face au passé
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Jean Darling (OUAT)
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects d'… Isabela (Encanto) : Grande sœur : Écrire sur un Weasley ou sur quelqu'un qui a des frères / sœurs
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, de secondaire à principal, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Jean et Michel attendirent le lendemain avant de sortir en ville.
En un sens, ils avaient toujours autant de mal à y croire.
Qu'après toutes ces années, tout ce temps à attendre d'enfin pouvoir trouver le chemin de cette ville cachée au reste du monde sans magie, ils soient enfin parvenus à la trouver.
Qu'ils allaient finalement réussir à récupérer Wendy aussi, après en avoir été séparés pendant près de littéralement deux siècles.
Ils ne l'avaient pas vue depuis cette nuit fatale où elle avait décidé de faire appel à l'ombre pour retourner au Pays Imaginaire et retrouver Baelfire, le ramener avec eux, à la maison, parce qu'elle ne supportait pas l'idée qu'il puisse être prisonnier alors qu'eux-mêmes étaient libres grâce à lui et à son sacrifice.
Par la suite, ils n'avaient plus eu affaire qu'au visage sinistre et grimaçant de Peter Pan, ou à son intermédiaire Félix.
Ils ne savaient même pas si elle allait bien, ils avaient entendu sa voix, quelques fois et brièvement, et c'était la seule chose qui leur permettait de savoir qu'elle était encore en vie.
Mais ce n'était pas la même chose qu'autrefois, quand elle était encore avec eux, et qu'elle s'était d'un seul coup jetée dans le vide en poursuivant une quête insensée.
Jean se souvenait distinctement l'avoir entendue leur dire juste avant de partir qu'elle rentrerait bientôt.
Oh si elle avait su alors à quel point elle se trompait, et ce que son choix aurait comme conséquences pour leurs vies et leur futur…
Ça n'aurait sans doute rien changé à sa décision, parce que sa grande sœur était courageuse, bien plus courageuse qu'il ne le serait jamais.
(Alors que c'était lui l'adulte et elle l'enfant désormais, que leurs rôles étaient inversés à cause de la magie et du temps, c'était définitivement le monde à l'envers.)
Alors qu'ils s'approchaient de l'école à l'heure de la sortie des élèves, ils n'eurent aucun mal à reconnaître Henry Mills comme étant le garçon du dessin qu'on leur avait montré.
Ils ignoraient qui au juste avait fait ce portrait, ou même d'où il venait exactement, mais il était très ressemblant.
Il était là.
Il était bien ici, en ville, comme Félix le leur avait dit, et tout ce qu'ils avaient à faire désormais, c'était l'enlever et l'emmener au Pays Imaginaire pour ensuite le livrer à Pan.
Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils ne savaient même pas pourquoi.
Ils n'avaient pas la moindre idée de ce que Peter Pan avait l'intention de lui faire, pourquoi il le cherchait, pourquoi au juste il le cherchait depuis si longtemps.
Ça aurait dû les terrifier.
En un sens, c'était le cas, Jean savait que Michel était très perturbé d'ignorer quel était son but, mais Jean…
Jean, lui, n'en avait rien à faire, ou plutôt, il faisait comme si c'était le cas, parce que c'était bien facile comme ça.
Tout ce qu'il voulait, c'était que ça s'arrête, que le cauchemar cesse enfin, qu'il n'ait plus à être comme son frère à la merci de ce monstre sans cœur et sans âme.
Il voulait seulement qu'on lui rende sa sœur, que sa famille autrefois brisée soit à nouveau réunie, il voulait pouvoir pleurer ses parents et son enfance volée en paix, laisser le passé derrière lui et ne plus jamais y repenser de toute sa vie, ne plus avoir affaire à Peter Pan et à ses sbires durant le reste de son existence.
Apparemment, l'univers avait décidé du contraire.
Les deux londoniens ne restèrent pas longtemps pour ne pas paraître suspects, ils n'avaient rien à faire là après tout, c'était une école et ils n'avaient pas d'enfant à récupérer, et il valait qu'on ne les remarque pas, qu'on ne les soupçonne pas d'espionner.
(Parfois, Jean se demandait quel genre de vie ils auraient pu vivre si les choses avaient été différentes, si Baelfire et Wendy n'avaient pas disparu, si lui et Michel n'étaient pas devenus immortels et condamnés à une quasi-solitude qu'ils ne pouvaient pas briser.
S'ils auraient pu fonder une famille, être des gens normaux, s'ils auraient pu être heureux.
Ce qui lui fendait le cœur, c'était le fait qu'il ne pourrait jamais le savoir.)
Seulement, ils restèrent suffisamment longtemps pour voir un père en particulier venir récupérer son fils.
Un visage qu'ils ne connaissaient que trop bien désormais, après avoir veillé sur lui de loin durant plusieurs années.
Le visage de Baelfire.
Neal Cassidy.
Il ne leur fallut qu'une fraction de secondes pour comprendre en les voyant interagir brièvement.
Neal Cassidy était le père d'Henry Mills.
Et il était à Storybrooke.
Ce n'était pas prévu ça.
(Bordel, Félix et Pan leur avaient dit que Baelfire ne serait pas là, qu'il ne serait pas impliqué, et Jean n'arrivait même pas à savoir si c'était juste une information qu'ils ignoraient la dernière fois qu'ils les avaient contactés ou s'ils leur avaient menti délibérément.
Il ne savait pas laquelle des deux options lui aurait fait le moins mal.)
Ils s'éloignèrent rapidement, et Jean tenta d'esquiver le regard de son petit frère, de faire comme si de rien n'était, comme s'il n'avait rien vu, comme si ça ne comptait pas.
(Alors que ça comptait, bien sûr, évidemment, ça comptait plus que tout, au moins autant que Wendy parce que Baelfire avait été sa famille autrefois, et le simple fait de savoir qu'il était là et qu'il allait à nouveau souffrir à cause de ce maudit gamin immortel suffit à lui faire monter les larmes aux yeux.
Lui qui pensait ne plus avoir de larmes à verser à force d'avoir trop pleuré par le passé, il s'était bien trompé.
Ça aurait pu être réconfortant, de constater qu'il avait réussi à rester humain, qu'il ressentait toujours des émotions, qu'il n'était pas vide, mais son cœur hurlait à la mort aussi il n'arriva pas à réellement considérer ça comme une victoire.)
Ce fut Michel qui le força à s'arrêter, là où Jean aurait aimé continuer à marcher, et même courir, fuir loin de tout ça, de cet enfer, de ce jeu vicieux et tordu instauré par Peter Pan auquel il se trouvait incapable d'échapper, échapper à la douleur, retourner à cette époque où il ignorait que la magie existait et où tout était bien plus simple.
« Jean… Se contenta-t-il de lui dire, de sa voix d'adulte, et son grand frère se figea.
Malgré le temps, malgré les siècles, malgré leurs âges respectifs, il entendait toujours sa voix de petit garçon effrayé qui ne comprenait pas pourquoi Wendy et Baelfire étaient partis et qui lui demandait quand ils allaient revenir.
Et sa grand sœur n'était plus là, et Baelfire non plus, et leurs parents ne comprenaient pas où ils étaient passés, alors que lui savait, mais ils n'auraient rien écouté, ils ne l'auraient pas cru, et c'était à lui de prendre la place de l'aîné de leur adelphie désormais, mais il était trop jeune pour ça.
Il n'était qu'un enfant, un enfant qui avait peur de ne plus jamais revoir sa sœur de toute sa vie.
Un enfant dont la famille était désormais en lambeaux et qui n'avait aucune idée de quoi faire pour arranger les choses, pour réparer ce qui ne pouvait plus l'être.
Ça n'aurait pas dû se passer comme ça, ça n'aurait jamais dû arriver.
Il serra les poings de toutes ses forces, il n'allait pas pleurer, non il ne pleurerait pas, pas une fois de plus, il allait tenir, il devait tenir, parce que s'il pleurait, alors il ne s'arrêterait plus jamais et il s'effondrerait et Michel…
Michel avait besoin que son grand frère soit fort pour lui.
- Jean, répéta son frère d'une voix plus forte, sans doute pour attirer son attention. Ce… ce n'était pas prévu. Il n'était pas censé être là. Ils nous avaient promis de ne pas l'impliquer.
Ce sont des menteurs Michel, voulut lui hurler Jean, mais il avait hurlé tant de fois par le passé qu'il avait désormais peur que sa voix ne finisse par se briser à force.
- Ça ne change rien, lâcha-t-il, prétendit-il, prononçant des mots auxquels il ne croyait même pas lui-même.
Michel se plaça devant lui, les bras croisés et les sourcils froncés.
Ils étaient hors de la ville désormais, assez loin de la frontière, dans un lieu où avec un peu de chance, personne ne pourrait les entendre.
- Mais Jean, il s'agit de Baelfire ! De notre ami ! Et Henry…
Henry n'était qu'un visage autrefois, juste une figure anonyme parmi tant d'autres, une simple victime de plus du sorcier immortel.
Maintenant, il était plus que ça, il était aussi un nom, un enfant innocent, l'enfant de quelqu'un qu'il connaissait, et il était réel.
- C'est son fils ! Insista son petit frère avec obstination. On ne peut pas lui enlever son fils, on n'a pas le droit ! On ne peut lui faire ce que Peter Pan nous a fait en nous enlevant Wendy, ce… Ce ne serait pas juste !
- Ah parce que ce qu'on a vécu c'était juste peut-être ? Explosa finalement Jean.
Derrière ses lunettes, il ne voyait plus le monde qu'en flou.
Il lui fallut quelques secondes pour réaliser finalement qu'il avait fini par se mettre à pleurer en fin de compte, malgré tous ses efforts.
- Tu crois que c'est ce que je veux ? Que j'ai envie d'enlever un gamin innocent à sa famille ? Que je veux que l'histoire se répète ? Que Baelfire soit à nouveau séparé d'un membre de sa famille ? Que je veux lui infliger ça après tout ce qu'il a déjà vécu ? Bien sûr que non ! Mais si on veut avoir un jour une chance de récupérer Wendy, alors on n'a pas d'autre choix.
Michel le regarda avec tristesse avant de soupirer.
- Il doit forcément y avoir un autre moyen. Si on… si on leur parlait, si on leur expliquait la situation, peut-être qu'ils pourraient nous aider.
- Contre lui ? S'exclama Jean, incrédule. Non. Impossible. Et il saura si on parle. Il sait toujours tout.
Il aurait aimé ne pas exprimer autant d'amertume, mais il fallait bien que son petit frère comprenne que leur combat était déjà perdu d'avance.
- Alors puisque c'est la seule voie, poursuivit-il, tout ce qu'on a à faire, c'est… c'est trouver où leurs haricots magiques se trouvent, en voler, enlever Henry et faire ce qu'on a à faire. Et Wendy nous sera rendue.
Du moins il l'espérait.
Il avait grandi depuis l'époque où il croyait encore que l'ombre qui venait visiter leur chambre d'enfant la nuit ne leur voulait aucun mal.
Son petit frère hocha la tête.
- Ce serait mal, se contenta-t-il de dire et Jean se trouva incapable de le contredire à ce sujet.
Il ne savait pas ce que Peter Pan comptait faire au juste avec le garçon, mais il savait déjà qu'il ne lui voulait pas de bien, et quoi qu'il advienne, il aurait son sang sur les mains.
Mais ça n'avait pas d'importance.
Pour sauver Wendy, il était prêt à tout, si c'était le seul moyen.
Et il était évident que c'était le cas.
Ça ne l'empêcha pas de verser quelques larmes supplémentaires en songeant qu'il allait trahir l'un des seuls amis qu'il avait jamais eu et qui soit encore en vie.
Je suis désolé Baelfire.
Par les dieux, je suis tellement désolé.
Même penser au sourire radieux de Wendy une fois qu'elle serait libérée et qu'ils seraient enfin réunis ne fut pas suffisant pour le réconforter.
Alors qu'il rentrait à nouveau en ville, il souhaita presque être capable comme certains sorciers de s'arracher le cœur.
Ainsi, il ne serait sans doute pas senti aussi mal en songeant à ce qu'il serait obligé de commettre comme crime dans le futur…
A suivre…
Chapter 86: Le calme avant la tempête.
Notes:
Titre du 19/06/2023 : Le calme avant la tempête
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Jean Darling (OUAT)
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects d'… Isabela (Encanto) : Fleurs : Écrire sur quelqu'un qui a des pouvoirs ou une scène dans un champ de fleurs
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, de secondaire à principale, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Emma ne savait honnêtement pas trop quoi penser des nouveaux venus en ville.
À première vue, ce n'était que deux hommes normaux, deux frères, nommés Marc et James Smith, et c'était simplement un hasard s'ils avaient trouvé le chemin de Storybrooke.
Ça pouvait parfaitement être le cas, ils pouvaient être sincères, dire la vérité, après tout cela ne faisait que quelques mois que la malédiction avait été brisée et que la barrière qui séparait leur ville du reste du monde avait disparu en même temps.
(Emma ne put s'empêcher de se demander comment les choses se passaient avant, durant la malédiction, quand personne ne pouvait percevoir l'existence de la ville tout en se trouvant à seulement quelques mètres d'elle.
Est-ce que les gens passaient à travers, sans la voir, ne voyaient rien de plus qu'une route vide en ligne droite qu'ils pouvaient traverser sans jamais savoir où ils étaient entrés, sans jamais croiser qui que ce soit, sans même que les habitants eux-mêmes ne sachent ?
Ou bien est-ce que le sortilège de protection empêchait vraiment les gens d'y entrer, voire poussaient leur cerveau à choisir de prendre une autre route si jamais ils se trouvaient non loin de la frontière ?)
Au final, il était presque inévitable que ce genre de chose finisse par se produire, et elle, elle n'avait rien vu venir, trop occupée à célébrer le fait que la ville était enfin calme et sereine depuis que la reine de cœur et le pirate avaient été vaincus.
Et maintenant, elle se retrouvait avec un problème sur les bras qu'elle n'avait aucune idée de comment gérer et sans savoir si la situation allait tourner à la catastrophe ou non, une Sauveuse chargée de protéger sa ville d'intrus dont elle ignorait les véritables intentions.
En réalisant que cette fois-ci, elle se trouvait en un sens à la place de Regina, elle faillit se mettre à éclater de rire.
À son tour désormais de s'occuper de deux inconnus qui pouvaient mettre en péril tout ce qu'elle avait pu bâtir au sein de cette ville.
Sauf que cette fois, les circonstances étaient complètement différentes.
L'ancienne mairesse avait seulement voulu préserver sa malédiction, protéger une vie qu'elle ne méritait aucunement d'avoir tout en faisant souffrir des milliers de gens.
La shérif adjointe, elle, essayait seulement d'empêcher le reste du monde de découvrir la vérité sur leur ville et l'existence de la magie, parce que qui sait comment le reste du monde sans magie réagirait en apprenant qu'il existait un endroit où les contes devenaient réalité.
Qui sait ce que les gens auraient été prêts à faire pour s'emparer de cette magie, ou pour ouvrir un passage vers d'autres mondes.
La blonde ne se souvenait que trop bien du récit d'Anton, de la manière dont son peuple avait été exterminé, de ce que l'avidité pouvait provoquer, de ce que son oncle et d'autres avaient fait pour s'emparer de leurs trésors.
Et elle avait grandi dans le monde sans magie, elle savait bien que l'être humain pouvait être capable du pire, dans ce monde comme dans tous les autres…
Il ne fallait pas que ça se produise, jamais.
Pour cela, une seule solution, faire en sorte que Marc et James ne sachent jamais à quel point leur petite ville était hors du commun.
Il fallait donc qu'elle leur parle, qu'elle détermine si oui ou non ils étaient des menteurs, et ça tombait bien.
Elle savait toujours quand quelqu'un lui mentait.
§§§§
Jean connaissait Emma Swan, évidemment.
Il ne l'avait jamais rencontrée lui-même, pas avant d'atterrir à Storybrooke, mais il en avait entendu parler.
Elle était la Sauveuse après tout, celle qui mettrait fin à la malédiction, celle qui était destinée (Jean Darling haïssait si fort cette notion de destin, cette idée que quoi qu'il aurait pu faire, ça n'aurait rien changé à ce qui serait arrivé) à sauver l'entièreté de la ville de Storybrooke.
Il savait cela.
C'était sans doute, même s'il le cachait habilement, une des seules personnes dont Peter Pan ait réellement peur.
Jean aurait aimé que ce soit vrai, qu'elle puisse vraiment les aider, les sauver, qu'elle soit véritablement ce que son titre disait qu'elle était.
Mais il savait depuis bien longtemps qu'il était impossible que qui que ce soit puisse détruire Peter Pan.
Il était immortel, invincible.
Ils avaient essayé de s'enfuir, autrefois, de récupérer Wendy par eux-mêmes.
Ça n'avait jamais rien donné.
Mais autrefois, un peu plus de dix ans plus tôt, elle était surtout la fille dont Neal Cassidy était tombé amoureux.
Ni lui ni Michel n'avaient su plus de choses à ce sujet, ils évitaient d'aller le voir trop souvent à l'époque, c'était bien trop douloureux pour eux, mais ils se souvenaient de ça.
Et puis, quelques mois plus tard, ils avaient été chargés par Peter Pan de kidnapper un bébé et ils n'avaient plus vraiment eu l'occasion d'y penser.
S'il avait su à l'époque ce qu'il savait maintenant au sujet de la paternité de cet enfant, sans doute se serait-il réjoui intérieurement que lui et Michel aient échoué dans cette tâche.
Il savait ce que Félix et Peter Pan avaient dit d'elle, et il ne savait pas au juste si cela provenait d'informations qu'ils avaient recueillies en l'espionnant (ce qui était sacrément glauque, mais il ne pouvait pas vraiment s'attendre à autre chose de leur part) ou s'il s'agissait d'une autre chose que Peter Pan avait « vue » grâce à son ombre ou à la magie de l'île.
Jean ne savait pas comment fonctionnait la magie de toute façon alors il n'aurait eu aucun de mal à croire que cela puisse être ça.
L'un dans l'autre, il savait qu'elle était la Sauveuse, qu'elle était une princesse, la mère du petit garçon qu'ils étaient censés livrer à Peter Pan.
Et surtout, ils savaient qu'elle avait la capacité de savoir quand quelqu'un lui mentait.
Le britannique n'avait aucune idée de si ce don fonctionnait réellement, et si c'était le cas s'il lui venait de ses pouvoirs de sorcière et avaient été la seule chose venant de la Forêt Enchantée qui avait pu s'épanouir en elle dans le monde sans magie, mais de toute façon, ça ne changeait rien.
Pour que lui et Michel ne soient pas soupçonnés, ils allaient devoir à la fois dire la vérité et la déguiser pour qu'elle ne ressemble pas à un mensonge.
Autant dire que ce ne serait aucunement une partie de plaisir.
Alors qu'il voyait Neal passer devant le Granny's, il fut tenté l'espace d'une seconde de se lever et de sortir pour ensuite tout lui avouer, lui dire la vérité, tout ce qu'il pouvait avoir sur le cœur, enfin se libérer de ce poids qui l'oppressait depuis tellement de temps qu'il avait arrêté de compter à force.
Il se retint, pensant à Wendy.
Il faisait ça pour elle, pour la sauver, pour la récupérer, et peu importe à quel point il aurait souhaité que Neal ne devienne pas une victime collatérale de ce jeu cruel perdu d'avance, force lui était de constater qu'il ne pouvait rien y changer.
L'ancien enfant perdu méritait de toute évidence un meilleur ami que lui, mais il ne pouvait malheureusement pas lui offrir cela.
En croisant furtivement le regard triste de Michel, il réalisa sans peine que son petit frère avait eu la même pensée que lui mais qu'il s'était également retenu.
En songeant à ce que Peter Pan avait fini par faire d'eux malgré tous leurs efforts, Jean songea qu'il aurait absolument tout donné pour avoir la possibilité de lui étrangler son sale cou d'enfant immortel et enfin libérer le monde de sa présence.
Pas une seule seconde l'idée de commettre ce meurtre ne le fit se sentir coupable, et ce fut sans doute ce qui le terrifia le plus.
Le fait que tout ce en quoi il avait cru autrefois avait fini par complètement disparaître au fil du temps sans qu'il puisse empêcher le processus inévitable de se produire.
Peter Pan l'avait rendu immortel mais il avait tué l'enfant qu'il était autrefois en le transformant en un adulte amer et cynique.
Et il ne le pardonnerait jamais pour ça.
§§§§
Emma l'admettait aisément, la subtilité n'était pas franchement son fort.
Non, elle était souvent plutôt du genre à directement mettre les pieds dans le plat, à foncer sans réfléchir, sans faire attention aux dégâts qu'elle pouvait provoquer parce qu'elle n'avait pas forcément besoin de le faire.
Ce qui n'était aucunement le cas dans cette situation.
Elle devait à tout prix réussir à mettre les deux jeunes hommes en confiance tout en faisant en sorte qu'ils lui en disent le plus possible, et surtout, qu'ils lui disent la vérité.
Ce qui ne serait pas chose aisée si la conversation ressemblait plus à un interrogatoire qu'autre chose.
Emma prit une profonde inspiration avant de se lancer.
Il fallait bien qu'elle se jette à l'eau à un moment ou un autre.
« Excusez-moi ? Lança-t-elle d'une voix qui se voulait assurée. Est-ce que je pourrais vous parler ?
C'était… banal comme approche, mais elle n'avait pas vraiment réussi à trouver mieux.
Et au moins, c'était neutre, inoffensif, ils avaient le choix de refuser s'ils le voulaient, ça n'inspirait pas la méfiance, et c'était justement le but.
Elle se rappelait de la manière dont Graham avait interrogé August après son arrivée à Storybrooke, et même si les circonstances étaient clairement différentes, elle n'avait aucunement envie que les choses se passent de cette manière.
Contrairement au shérif, elle, elle allait devoir se montrer diplomate parce qu'il était loin le temps où Regina avait le contrôle de la ville et pouvait en chasser qui elle voulait, et puis, qui sait…
Peut-être n'y avait-il rien à craindre de leur part ?
Celui qui portait des lunettes, probablement le frère aîné, James si elle se souvenait bien, lui adressa un sourire.
- Bien sûr, lui répondit-il. Vous êtes ?
- Emma Swan, se présenta-t-elle en leur souriant à tous les deux, espérant que son sourire faisait assez vrai et suffisamment naturel. Je suis la shérif adjointe de la ville de Storybrooke. Je souhaiterais savoir comment se passe votre séjour ici.
- Très bien, lui répondit le cadet, Marc, vous vivez dans une très belle ville.
- Tant mieux alors, dit-elle en continuant de les scruter. Je me posais une question, nous avons à vrai dire assez peu de visiteurs en général, comment nous avez-vous trouvés ?
Il y avait une autre question qui hantait la jeune femme depuis leur arrivée.
Est-ce que désormais, depuis que la malédiction et la barrière étaient brisées, leur ville se trouvait représentée sur les différentes cartes des États-Unis ?
Est-ce qu'ils étaient visibles par n'importe qui visitant le pays, est-ce qu'on pouvait connaître leur existence désormais, et que la protection magique s'étant effacée, un nouveau nom était apparu comme par magie sur des cartes où il ne figurait pas avant cela, avec leur localisation précise ?
Si c'était le cas, alors ils devraient s'attendre à d'autres potentiels visiteurs, ce qui ne ferait que compliquer les choses un peu plus qu'elles ne l'étaient déjà.
- Par hasard, lui rétorqua alors James avec aplomb. »
Ce n'était pas un mensonge, pas vraiment.
Jean et Michel avaient bien l'intention de venir à Storybrooke, mais puisque la ville n'était visible nulle part, qu'ils ne savaient pas concrètement où elle se trouvait, ce n'était que parce que la malédiction n'était plus qu'ils avaient pu atterrir là d'un seul coup, sans s'y attendre.
Jean se souviendrait toujours de ce qu'il avait ressenti quand le panneau leur souhaitant la bienvenue à Storybrooke avait surgi devant ses yeux.
De l'espoir, du soulagement à l'idée que leur long cauchemar soit sur le point d'enfin se terminer.
De la culpabilité aussi à cause de ce qu'ils seraient bientôt obligés de faire, à l'idée de ruiner la vie d'habitants qui avaient déjà tant souffert dans le passé et qui venaient enfin de retrouver un équilibre et une vie à peu près normale.
En apprenant cela, en réalisant qu'il disait vrai, en comprenant que non, on ne pouvait pas les trouver a priori, pas encore, que la ville était en sécurité et à l'abri de l'extérieur pour l'instant, Emma sentit un poids disparaître de sa poitrine.
Elle aurait l'occasion d'en apprendre sur eux plus tard, par d'autres moyens, et poser d'autres questions aurait sans doute paru suspect, mais elle en savait assez pour l'instant.
Elle leur sourit à nouveau, cette fois avec beaucoup plus de sincérité.
- Je vous remercie pour vos réponses et je vous souhaite un agréable séjour dans notre petite ville. Bonne journée à vous.
- Bonne journée également, lui répondirent les deux frères. »
Une fois qu'elle fut partie, Jean et Michel se regardèrent, sentant également un poids les quitter.
Ils venaient de passer le premier test.
Il ne leur restait plus qu'à faire profil bas pendant assez longtemps pour ensuite réussir à trouver où ils dissimulaient leurs haricots magiques, en voler et fuir au Pays Imaginaire en emportant Henry Mills avec eux dans le processus sans se faire repérer.
Rien de plus simple donc…
§§§§
Ils étaient dans leur chambre louée au Granny's, quand Michel osa évoquer le sujet que Jean aurait préféré éviter.
« Il a l'air heureux ici.
Son grand frère n'eut même pas besoin qu'il précise de qui il parlait pour le deviner tout seul.
Il s'agissait de Baelfire, évidemment.
Jean ferma les yeux pendant quelques secondes, tentant de s'empêcher de soupirer en serrant les poings.
- Tais-toi s'il te plaît, dit-il en foudroyant Michel du regard.
Ce dernier ignora totalement son conseil.
- Il va bien falloir qu'on en parle, non ? On ne peut pas faire comme si ce n'était pas là, que ça n'existait pas, qu'on allait rien changer du tout. On ne peut pas faire comme si tout allait bien.
Jean aurait honnêtement préféré.
Ça aurait rendu les choses plus faciles, même si ça n'aurait pas rendu sa culpabilité plus simple à porter.
- Pas forcément.
- Oh, vraiment ? S'indigna Michel, et Jean vit bien à quel point il avait du mal à ne pas se mettre à hurler, tellement cette situation le mettait en colère.
Lui aussi il était en colère.
Bien sûr, bien évidemment, et il aurait aimé pouvoir changer les choses.
Seulement voilà.
Ils ne le pouvaient pas, et son petit frère ne semblait toujours pas décidé à le comprendre ou à l'accepter.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Siffla Jean, serrant à nouveau les poings. Que ça me plaît, que c'est ce que je veux ? Que je n'ai pas essayé de trouver un autre moyen, encore et encore ? Que j'aurais aimé ne pas avoir à nécessairement échouer ? Tu veux quoi, que je te dise que je suis désolé ? Je le suis, je suis désolé que la seule manière de sauver notre sœur soit d'enlever un enfant innocent et de devenir des monstres.
- Jean, s'il te plaît…
- Ne m'appelle pas comme ça, lui rétorqua son grand frère.
Ils étaient seuls, certes, mais ils ne pouvaient pas risquer qu'on les entende, qu'on comprenne qu'ils avaient donné de faux noms.
Et qu'ils ne finissent par comprendre à quel point la toile de mensonges qu'ils avaient tissée autour d'eux était vaste.
- Il a fait ça pour nous, lui assena alors Michel d'une voix tremblante de rage. Il s'est sacrifié pour notre famille, il a renoncé à sa liberté pour que nous soyons sains et saufs. Pour toi, pour moi, pour Wendy. Et maintenant, tu veux le remercier en lui enlevant son fils ?
Un enfant contre un autre.
C'était le marché qu'ils avaient passé avec Peter Pan.
- Il n'est plus seul, insista Michel, il n'est plus en fuite, il a une famille, à nouveau, il a retrouvé son père, Emma et il sait qu'il a un fils désormais. On n'a pas le droit de faire ça Jean, on n'a pas le droit de lui arracher tout ça alors qu'il est enfin heureux et libre loin de Pan. »
Moi aussi j'aimerais qu'on soit libres, songea Jean avec amertume.
Il tenait à Baelfire, bien sûr, il ne l'avait pas oublié, il ne l'oublierait jamais et il ne nierait pas ce qu'il avait fait pour eux.
Mais Wendy passerait toujours en premier pour lui, sa sœur avait souffert bien trop longtemps aux mains de leur bourreau.
Il était temps que ça cesse.
Et si le seul moyen était qu'il vende son âme au diable, Jean le ferait sans sourciller, parce que c'était la seule solution.
Peu importe à quel point tout en lui hurlait à quel point c'était mal, qu'ils devaient à tout prix trouver une autre solution, faire un autre choix.
On a toujours le choix.
Pas eux.
De choix, ils n'en avaient jamais eu.
Plus depuis qu'un adolescent immortel était entré dans leur chambre des années après la disparition de leur sœur Wendy et leur avait confirmé que leurs cauchemars étaient réels.
« Wendy mérite aussi d'être libre, lui répondit son frère avec un regard dur. Alors… on n'a pas le choix. On va devoir le faire.
Son frère le regarda avec un air résigné, n'ayant de toute évidence pas d'autre idée en tête que celle que Jean lui proposait.
Le voir abandonner aussi vite lui fit plus mal que ce qu'il aurait cru.
- Bien… Maintenant qu'on est d'accord, il est temps de réfléchir à un plan. »
Jean se surprit à espérer qu'une fois l'enlèvement fait, la famille de Henry parviendrait à le récupérer.
Parce que s'ils y parvenaient, alors peut-être que ce qu'ils étaient sur le point de faire pouvait être réparé.
A suivre…
Chapter 87: Une victoire amère.
Notes:
Titre du 21/08/2023 : Une victoire amère
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Michel Darling (OUAT)
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects d'… Isabela (Encanto) : Mariage : Écrire sur un mariage arrangé ou sur quelqu'un qui fait quelque chose qu'il ne veut pas pour sa famille
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, de secondaire à principal, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Michel détestait cette situation.
Viscéralement.
L'idée de devoir faire du mal à un enfant innocent alors que lui aussi il avait vécu une situation similaire quand il était encore enfant et que deux personnes à qui il tenait avaient disparu de sa vie pour toujours le rendait malade.
Il savait que d'un point de vue logique et pragmatique, c'était Jean qui avait raison, que Wendy était restée prisonnière bien trop longtemps, qu'il était temps que ça cesse, et que c'était le seul moyen.
Mais n'empêche.
Ce n'était pas ce qu'il voulait, il n'avait jamais voulu que les choses tournent ainsi.
Quand Wendy avait disparu peu après Baelfire, et que le temps avait passé, qu'il avait grandi, Michel, qui était le plus petit des quatre enfants, avait fini par oublier,avait cru pendant plusieurs années que rien de tout cela n'était réel, que ce n'était que des histoires, que la magie n'existait pas.
Jean avait toujours su la vérité lui, et peut-être était-ce ce qui les différenciait tant tous les deux, parce que Michel avait grandi en rêvant de contes de fée et d'un monde où les monstres n'existaient pas, où les fins heureuses étaient réelles.
Alors que son grand frère avait toujours su que les ombres qui leur avaient volé leur sœur et leur ami étaient toujours là, prêtes à les frapper de nouveau.
Ça n'avait pas loupé.
Le jeune homme savait qu'il pouvait paraître naïf, mais il se souvenait des histoires que Wendy leur racontait, le soir, avant qu'ils n'aillent dormir.
Et dans les histoires de sa grande sœur, les héros et les gentils gagnaient toujours.
Pourquoi est-ce que ça devrait être différent cette fois ?
Pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être suffisant ?
Lui, il n'était pas un héros, il n'était qu'un enfant perdu venant d'une autre époque, qui avait grandi trop vite et qui voulait seulement retrouver sa sœur, former à nouveau une famille unie avec les proches qu'il lui restait.
Il voulait juste que la tristesse et la culpabilité qu'il lisait chaque jour dans les yeux de Jean et dans les siens finissent enfin par disparaître pour de bon.
Et il ne voyait qu'une seule personne capable de les aider.
Emma Swan.
Avant la fin de la malédiction, elle n'était pour lui que celle qui était née pour devenir la Sauveuse, une princesse arrachée à son monde qui n'avait pas la moindre idée de qui elle était.
Mais depuis, les choses avaient changé.
Le sort noir n'était plus, la ville n'était plus isolée, les habitants se souvenaient de qui ils étaient vraiment, et le passage entre le monde sans magie et les autres univers n'était plus aussi impossible qu'avant.
Et surtout, les gens parlaient.
Dans la Forêt Enchantée, ils avaient évoqué le courage de cette femme qui avait bravé et affronté une dragonne pour pouvoir ramener son fils à la maison, fils qui était perdu dans un autre monde, tout comme Wendy l'était.
Michel avait appris via Félix et Peter Pan ce qu'elle avait fait, le baiser de véritable amour qui avait tout arrangé, mais pas seulement, sa lutte contre Cora et le capitaine Crochet, son alliance avec la méchante reine qui n'avait pas hésité à tuer sa propre mère pour sauver son enfant et ses nouveaux alliés.
Il y avait des personnes courageuses à Storybrooke, et le jeune homme aurait aimé pouvoir posséder ne serait-ce qu'une once de leur courage.
Peut-être qu'ils auraient été capable de vaincre Peter Pan.
Mais l'espoir disparaissait vite quand il se souvenait de quoi son monstre personnel était capable, que c'était un sorcier immortel, cruel, capable d'arracher le cœur et l'ombre des gens, de les tuer sans la moindre hésitation, semblant invulnérable.
Il avait gardé une part d'innocence et de naïveté.
Mais ça ne voulait pas non plus dire qu'il était stupide.
En près de deux cents ans, il en avait vues des exactions être commises par celui qui ne voulait pas grandir.
Aussi il ne put qu'approuver ce que Jean lui disait.
Malgré le dégoût que cette simple idée lui inspirait, ils n'avaient pas le choix.
S'ils voulaient sauver ce qu'il restait de leur famille brisée, ils allaient devoir enlever ce petit garçon qui n'avait pourtant jamais rien fait de mal à qui que ce soit.
Et ce n'était pas juste.
§§§§
« Quel type de plan est-ce que tu as en tête exactement ? Demanda-t-il à Jean d'une voix hésitante.
- D'abord, on doit continuer de ne pas se faire remarquer. Si jamais Emma Swan ou quelqu'un d'autre vient nous voir pour nous poser des questions, on devra agir comme si tout était normal.
Comme si on ne se trouvait pas dans une ville de contes de fées, compléta intérieurement son petit frère.
- Très bien. Et ? Quoi d'autre ?
- Il faut qu'on trouve où se trouve leur champ. Celui où ils font pousser leurs haricots magiques. »
Il y en avait forcément un.
Les voyages de Storybrooke vers un autre monde autrefois inaccessibles s'étaient répétés, et à nouveau, les gens parlaient et étaient tout sauf discrets, parlant de ce géant, Anton, qui avait réussi l'impossible.
Faire revenir les haricots magiques dans un monde qui n'en n'avait plus.
La question maintenant était : où se trouvait-il, ce fameux champ ?
Ils n'en avaient pas la moindre idée, leur seule certitude était qu'il devait être difficile à trouver, qu'il était probablement caché par magie et qu'il leur faudrait du temps pour mettre la main dessus.
Ils n'avaient plus qu'à espérer que les habitants étaient assez confiants pour ne pas avoir utilisé la magie pour empêcher les gens d'entrer dans ce champ, sinon ils étaient perdus.
Et pour tout avouer, Michel avait en partie envie que ce soit le cas.
« Et une fois qu'on saura ?
- On devra y aller quand on sera sûrs qu'il n'y aura personne, et on prendra ce dont on a besoin. »
Deux haricots magiques.
Un pour l'aller, un autre pour le retour.
Peter Pan était un menteur, et il était tout à fait capable de leur rendre Wendy, mais également de leur jouer un dernier tour en ne leur offrant aucun moyen de partir du Pays Imaginaire, les laissant pourrir sur son île sans espoir de rentrer un jour à la maison.
Il était hors de question que leur sœur reste là-bas une seconde de plus que nécessaire.
Une fois qu'ils auraient rempli leur part du marché, ils fuiraient sans se retourner, c'était une promesse qu'ils comptaient bien tenir.
(Abandonnant à son sort un petit garçon dont le visage les hanterait tous les deux jusqu'à la fin de leur vie.
Mais Wendy serait libre, Wendy pourrait grandir, vivre une vie d'enfant normal, se reconstruire, guérir, être heureuse, elle valait tous les sacrifices du monde.
Sans elle, ils se seraient écroulés, ils auraient abandonné depuis bien longtemps.)
C'était un bon plan, dut reconnaître Michel, un plan solide.
Un plan concret.
Et c'était justement là tout le problème.
Le londonien sentit l'appréhension lui nouer l'estomac, parce que si plan il y avait et qu'il prenait enfin forme, alors ça devenait vrai, ça devenait réel, et bientôt, ils ne pourraient plus reculer.
Impossible de faire marche arrière.
Impossible d'arrêter la machine infernale qui se mettrait bientôt en marche.
Ils allaient bientôt kidnapper un petit garçon de dix ans, l'enlever à ses mères, à son père, à ses grands-parents, ils allaient enlever le fils du dernier ami qui savait encore qui ils étaient vraiment.
Et même si ce n'était pas encore arrivé, Michel savait très bien qu'il ne se pardonnerait jamais pour ça, et que Jean non plus, contrairement à ce qu'il pouvait prétendre.
« Et on l'enlèvera, ajouta Michel, prononça des mots qu'aucun d'eux deux ne voulait entendre mais qui devaient à tout prix être dit.
Il sentit un goût âcre lui envahir la gorge.
Est-ce que c'était ça le goût de la honte ?
Jean acquiesça.
- On l'enlèvera. »
Un enfant contre un autre.
C'était le prix à payer, c'était le marché qu'ils avaient passé.
Et même si pour Wendy, Michel aurait passé ce marché des centaines et des centaines de fois, ça ne changeait rien au dégoût qu'il éprouvait envers lui-même.
Et au fait que rien de ce qu'il pourrait faire dans le futur ne saurait racheter ça.
§§§§
Le lendemain.
Jamais Neal Cassidy n'aurait cru pouvoir vivre une vie à peu près normale dans une ville où la magie existait.
Lui qui avait passé une bonne partie de son existence à la fuir, parce que la magie noire avait noirci le cœur de son père et emporté l'homme qu'il était autrefois dans les ténèbres, parce que la magie de Peter Pan l'avait arraché à la famille qu'il aurait dû avoir, qu'un portail apparut de nulle part avait bouleversé son existence, qu'à chaque fois que la magie avait interagi avec lui les choses s'étaient mal terminées.
Ici, à Storybrooke, ce n'était pour l'instant pas le cas.
Ça tenait en une seule et unique chose.
Son père avait changé.
Il avait vraiment changé, il avait tenu ses promesses, pour le moment en tout cas (un an, se souvenait parfois Baelfire avec terreur, il avait suffi d'un an autrefois pour que leurs rêves d'une vie nouvelle et meilleure ne se changent d'un seul coup en cendres. Il espérait sincèrement que l'histoire ne se répéterait pas une nouvelle fois), et les ombres n'avaient pas envahi ses yeux.
Il était toujours le Ténébreux, mais son fils voyait plus souvent l'humain en lui que le monstre.
Et ce n'était pas uniquement dû au fait que sa peau d'écailles qui lui avait valu son surnom de Crocodile par Crochet avait disparu.
Au final, contre toute attente, cette ouverture de portail avait rendu sa vie meilleure qu'elle ne l'était.
Il n'était plus seul.
Il n'avait plus besoin de fuir.
Il avait retrouvé son père et était en voie de se réconcilier avec lui, il était réuni avec Emma qui acceptait de mieux en mieux sa présence et avec qui il était heureux de pouvoir être ami.
Il avait rencontré son fils, il pouvait être père, faire mieux que sa mère, avoir une vraie famille qu'il ne fuirait jamais, qui ne l'abandonnerait pas.
En réalité, pour la première fois depuis longtemps, il était parfaitement heureux.
Il ne savait pas si ça durerait, mais il en profiterait tant que ce serait le cas.
§§§§
En voyant deux silhouettes inconnues et pourtant étrangement familières apparaître dans son champ de vision, Neal fronça les sourcils.
Il se promenait en ville avec Emma à ce moment-là et il ne put s'empêcher de lui demander :
« Tu sais qui sont ces types ?
- Ce sont les nouveaux venus en ville. Marc et James Smith. Deux frères qui se promènent dans tous les États-Unis pour fêter la fin de leurs études. Ils se sont installés ici pour l'instant, je ne sais pas encore quand ils partiront.
- Oh. Eux, oui, tu m'en as parlé, je ne pensais pas qu'ils étaient encore là.
- Eh bien, ce n'est pas vraiment comme si je pouvais leur dire « je suis une sorcière et une princesse de contes de fée, la magie existe, alors maintenant partez parce que j'ai très peur que vous ne racontiez au reste du monde ce que vous avez vu si jamais vous apprenez la vérité sur ce que nous sommes », disons que ça empirerait les choses.
Neal rit.
- Oui, et ce serait pas très bon pour le tourisme, Granny risque de venir au poste de police pour se plaindre que tu fais fuir ses clients.
La blonde rit à son tour.
- On va éviter ça, je vis très bien sans avoir d'arbalète pointée sur moi.
Son ami sourit.
- C'est drôle, ajouta-t-il quelques secondes plus tard, mais… Ils me rappellent quelqu'un. Des gens que j'ai connus, il y a longtemps.
- Qui ? S'enquit Emma, curieuse.
Le visage de Neal se ferma.
- Michel et Jean Darling, les deux petits frères de Wendy. C'est arrivé il y a très longtemps, quand j'étais encore enfant, et leurs visages sont un peu flous dans ma mémoire, mais… J'ai l'impression qu'ils leur ressemblent. Ce qui est absurde bien sûr, c'est arrivé il y a deux cents ans, ils doivent être morts depuis, et Wendy serait là si c'était vraiment eux. »
Deux cents ans.
Il avait dit ça comme si c'était banal, normal, ce qui en un sens l'était pour lui et la quasi-intégralité de la ville qui avait plus de vingt-huit ans de manière virtuelle.
Oui, réalisa Emma, il avait non pas une trentaine d'années, mais plus de deux cents ans, même si ça ne se voyait pas, tout comme pour ses parents, Regina et tous les autres.
Alors qu'elle, elle avait juste vingt-huit ans.
C'était une chose à laquelle elle ne se ferait probablement jamais vraiment.
À la fin de la journée, ni elle ni Neal ne pensaient plus à cette petite remarque jugée sans importance et lancée en l'air comme ça.
Ils auraient dû.
§§§§
Mercredi 30 mai 2012.
C'était le grand jour.
Celui où tout allait changer, où tout allait enfin basculer, pour le meilleur et probablement surtout pour le pire.
Enfin, après tout ce temps, après des siècles au service de Peter Pan, tout allait prendre fin, s'achever pour de bon, ils allaient retrouver leur sœur et partir loin, très loin de tout ça.
Fuir loin de cette histoire qui ne les concernait aucunement.
Retrouver une vie normale, pas telle qu'elle était avant que l'ombre ne surgisse dans leurs vies, parce que plus rien ne serait jamais comme avant.
Mais au moins ils pourraient vivre avec l'illusion que tout était rentré dans l'ordre.
(Ça ne ramènerait pas leurs parents, ça ne ferait pas disparaître leurs cauchemars, ça n'effacerait pas la douleur, la honte et la culpabilité dans leurs yeux ou dans leurs cœurs mais ce serait suffisant.
Il fallait que ça le soit.
Ou qu'ils soient damnés si ça ne l'était pas parce que ça signifierait que tout ce qu'ils avaient jamais fait n'avait servi à rien.)
Ils avaient les haricots magiques avec eux.
Après des semaines passées à fouiller la ville de fond en comble le plus discrètement possible, ils avaient trouvé le champ la veille et y étaient allés pendant la nuit, quand tout le monde dormait.
Après tout, pas d'attaque, le champ était caché, ils n'avaient aucune raison d'y voir autre chose qu'un simple champ de haricots s'ils y entraient puisqu'ils venaient du monde sans magie, alors pourquoi s'en faire au juste ?
Jean et Michel en avaient profité, et désormais, ils se trouvaient en possession de deux haricots magiques.
Et en un sens, ces derniers pesaient bien plus lourds que Jean ne l'aurait cru, et une part de lui-même avait presque envie qu'ils se fassent prendre avant de parvenir à leurs fins.
Mais non.
Rien ne s'était passé, personne n'avait rien vu, et en cette belle après-midi de mai, le soleil brillait bien haut dans le ciel, les oiseaux chantaient, le ciel était bleu et envahi de nuages tout sauf menaçants, une journée normale et paisible dans une ville tout sauf ordinaire.
Et pourtant, ce n'était aucunement le cas.
Ils n'avaient pas choisi ce jour au hasard non plus, Regina était absente en ville, et là où un véritable habitant du monde sans magie ignorant l'existence de la magie aurait pensé qu'elle était simplement partie hors de la ville avec sa voiture, eux savaient la vérité.
Elle était partie dans la Forêt Enchantée pour continuer à réparer ce qui avait été brisé par le Sort noir qu'elle avait lancé et elle ne serait pas de retour avant le soir.
Ce qui faisait une personne de moins capable de se mettre sur leur route et risquant de leur mettre des bâtons dans les roues.
Il restait Emma bien sûr dans les personnes dotées de pouvoir, les fées et Rumplestiltskin.
Mais aucun d'eux n'avait de raison de se méfier de ces jeunes hommes innocents qui ne connaissaient rien à la magie et n'avaient rien remarqué de suspect, n'avaient jamais posé la moindre question, ne s'étaient jamais fait remarquer.
Et c'était ce qui causerait leur perte.
En constatant à quel point ils avaient bien joué leur coup, à quel point ils avaient réussi à faire semblant après des siècles d'entraînement et de perfectionnement passés à mentir et à tricher, à quel point ils avaient berné leur monde, à quel point c'était facile, Jean Darling dut se mordre la langue jusqu'au sang pour ne pas hurler.
Il n'avait jamais voulu que les choses tournent de cette manière.
§§§§
Il avait fallu que Baelfire soit avec lui.
Évidemment, sinon ça n'aurait pas été drôle.
Il n'y avait personne autour d'eux, l'adulte et l'enfant profitaient d'une journée ensemble, se promenant au port, non loin de la mer.
Une belle harmonie qu'ils allaient bientôt briser, réduire à néant.
Jean serra les dents, serra son poing dans lequel un des deux haricots magiques se trouvait et, suivi de Michel, il se dirigea vers l'ancien habitant de la Forêt Enchantée et son fils.
Tout se passa très vite.
Michel prit Henry par le bras et l'entraîna avec lui vers le ponton, tandis que Jean envoyait son poing dans le visage de Neal avant qu'il ne puisse réagir.
Se retournant et suivant son petit frère, Jean fit semblant de pas être touché par son cri de douleur, de faire comme si ça ne comptait pas pour lui, comme s'il n'était pas sur le point de commettre l'irréparable.
Quelques secondes plus tard, le père d'Henry se releva et tenta de les rattraper.
Mais il était déjà trop tard.
Michel avait déjà lancé le haricot magique dans l'eau et avait sauté dans le portail, forçant Henry à le suivre malgré ses cris de protestation.
Voilà, c'était le moment.
Il n'était qu'à quelques pas de retrouver Wendy.
Il se retourna et fit face à Neal qui se rapprochait de plus en plus.
Pardon.
J'ai fait mon choix.
« Je suis désolé Baelfire, s'autorisa-t-il toutefois à dire.
Son ancien ami se figea sur place, stupéfait, le fixa pendant quelques secondes avant de le regarder et Jean lut dans son regard qu'il avait compris.
- Jean ? Lâcha-t-il, incrédule. »
Celui-ci lui sourit avec tristesse juste avant de sauter dans le vide.
Puis le portail se referma et Neal tomba à genoux, le fixant comme si ça pouvait être suffisant pour qu'il s'ouvre de nouveau et qu'Henry en surgisse comme rien ne s'était passé.
A suivre…
Chapter 88: Échec et mat ?
Notes:
Titre du 25/08/2023 : Échec et mat ?
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Jean Darling (OUAT)
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°144 - Placer le mot Sang
Quatre aspects de… Léonard (TBBT) : Asthme : écrire sur quelqu'un qui a du mal à respirer ou sur quelqu'un qui a besoin d'une aide médicale
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, de secondaire à principal, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Neal ne sut pas combien de temps il passa à fixer l'immensité bleu qui se trouvait juste devant lui, redevenue calme et paisible maintenant que le portail s'était refermé, en priant de toutes ses forces pour un miracle.
Pour que ce qui venait de se passer s'efface et disparaisse, qu'il sorte de ce cauchemar insensé dans lequel il venait tout juste d'être plongé en l'espace de seulement quelques secondes.
Pour que le portail s'ouvre à nouveau et que Henry en surgisse, comme lui-même et son fils en avaient surgi quand ils étaient encore piégés dans la Forêt Enchantée.
Sauf que ça n'arriverait pas.
Parce que Henry avait disparu, qu'il était parti non pas de son plein gré cette fois, en se lançant dans une quête insensée, mais parce qu'il avait été enlevé.
Et il n'avait rien pu faire pour empêcher cela.
Hébété, il ne prêta même pas attention à la douleur ou au sang qui coulait de son nez suite au coup de poing de Jean Darling.
Parce que c'était lui, c'était forcément lui.
Baelfire.
Il l'avait appelé par son vrai prénom, celui qu'il n'avait pas utilisé depuis qu'il était revenu dans le monde sans magie, parce que le passé qui y était associé lui faisait trop mal.
Il n'y avait que lui qui pouvait être en possession de cette information, et maintenant qu'il savait, qu'il avait eu dans le sourire triste que son ami lui avait adressé la réponse à sa question, il réalisa qu'il avait eu raison.
L'intuition qu'il avait eu en croisant les deux frères s'était révélée véridique, et oh, si c'était bien Jean qui lui avait dit qu'il était désolé, est-ce que ça voulait dire que celui qui avait ouvert le portail était…
Michel ?
C'était l'explication la plus logique, et pourtant elle n'avait aucun sens.
Si c'était bien lui, si c'était les frères Darling alors comment…
Comment pouvaient-ils seulement être encore en vie ?
Il était passé par le Pays Imaginaire, tout comme Crochet qui était également resté figé pendant vingt-huit ans, son père était immortel, mais eux…
Eux, ils n'avaient aucune excuse, ils venaient du monde sans magie, ils ne pouvaient pas…
Ils étaient censés être morts après avoir vécu une belle vie, c'était pour ça qu'il s'était sacrifié, pas pour qu'ils ressurgissent dans sa vie deux cents ans plus tard en étant aussi jeunes que lui et en lui enlevant son fils !
C'était impossible.
Et même si ça ne l'était pas, une autre question prit place dans son esprit et refusa de le quitter.
S'ils étaient encore en vie, et encore dans le monde sans magie peu de temps auparavant, alors dans ce cas-là…
Où était Wendy ?
Ce qui entraînait bien d'autres questions.
Pourquoi étaient-ils venus en ville, comment connaissaient-ils l'existence de Storybrooke, comment avaient-ils su qu'il y avait de la magie, comment avaient-ils trouvé les haricots magiques ?
Toutes ces questions tournaient en boucle dans sa tête, une d'elles faisant plus mal que toutes les autres.
Pourquoi avaient-ils enlevé Henry ?
Où l'avaient-ils emmené, où était-il, est-ce qu'il allait bien, est-ce qu'il avait peur, est-ce qu'il se trouvait dans un endroit qu'ils connaissaient, dans lequel ils pouvaient se rendre facilement, est-ce qu'ils pouvaient le sauver ?
Seigneur, il ne savait même pas s'il était en danger et si c'était le cas, de quelle nature ce danger pouvait être.
Il ne savait même pas où il était ni même s'il était encore en vie.
L'angoisse et l'incertitude lui tordirent l'estomac ainsi que le désespoir, et il réalisa brusquement qu'il n'arrivait plus à respirer.
Son fils, avec qui il avait passé si peu de temps, ce fils qu'il connaissait à peine, qu'il n'avait pas pu élever parce qu'il n'était pas là pour lui quand il aurait dû l'être, ce fils qu'il aimait déjà si fort, son fils… avait disparu.
Il n'était plus là, il avait été kidnappé, il lui avait été enlevé brutalement, il avait été totalement impuissant, et maintenant il ne pouvait même pas aller le chercher parce qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait.
Il était perdu dans un autre monde, tombé dans un portail, et l'histoire se répétait de la plus cruelle des manières.
Est-ce que…
Est-ce que c'était ce que son père avait ressenti autrefois en le perdant des siècles plus tôt ?
Cette douleur, cette sensation de monde qui s'écroule, la peur d'avoir tout perdu en un instant et qu'il ne soit déjà trop tard, que les dégâts soient complètement et irrémédiablement irréparables ?
Si oui, alors il comprenait maintenant ce que ça faisait.
Et c'était tout simplement insupportable.
Toujours à genoux et à deux doigts de s'effondrer, il se força à prendre une grande inspiration.
Ça n'arrangeait aucunement les choses, bien au contraire.
Il respirait à nouveau, certes, mais ça ne changeait rien, son fils avait été enlevé sous ses yeux par deux personnes qu'il pensait avoir perdues pour toujours, à qui il avait tenu, des gens qu'il avait appelés sa famille autrefois, et il n'avait même pas été capable de le protéger.
Dieux…
Comment est-ce qu'il allait annoncer ça à Emma et à Regina ? À son père, à Belle, à Blanche-Neige et à David ? Aux autres habitants de la ville ?
Qu'est-ce qu'il allait leur dire au juste ?
Qu'ils avaient tous été trop aveugles et trop confiants et qu'ils n'avaient rien vu venir ?
Que maintenant, Henry avait disparu et que c'était de sa faute ?
Il se mit à pleurer, ne comprenant pas comment tout avait pu basculer en si peu de temps, comment les petites frères de Wendy Darling avaient bien pu oser lui infliger une chose pareille après ce qu'il avait fait pour leur famille.
Je suis désolé, lui avait dit Jean sans lui fournir la moindre explication à son geste.
Neal aurait tellement aimé pouvoir comprendre pourquoi.
Il finit par enfin se relever, les jambes tremblantes, fixant une dernière fois l'océan avec l'espoir fou que quelque chose se passerait, n'importe quoi.
Mais rien.
Alors il essuya ses larmes et se mit à courir.
Son père.
Il devait à tout prix aller voir son père, le prévenir de ce qu'il venait de se passer.
S'il y avait bien quelqu'un dans cette ville qui pouvait l'aider à retrouver son fils, c'était bien lui.
§§§§
Il faisait sombre quand ils sortirent du portail et atterrirent sur l'île.
Jean n'en attendait pas moins venant du Pays Imaginaire.
Tout comme il ne fut pas surpris non plus en constatant que le premier mouvement de Henry en se relevant fut de tenter de s'échapper.
Jean eut presque envie de lui dire en riant qu'il était inutile de tenter de fuir, parce que l'île n'était rien de plus qu'une immense prison.
Baelfire et Wendy en savaient tous les deux quelque chose…
Henry se dégagea de la poigne de Michel, fit quelques pas et regarda autour de lui, semblant tenter de déterminer où ils se trouvaient.
Jean se demanda s'il aurait été capable de trouver, de déterminer dans quel monde il était sans y avoir jamais mis les pieds, s'il s'y connaissait assez en mondes magiques pour y arriver.
Mais après tout, quelle importance ?
Ce n'était pas comme si savoir où il était tombé allait l'aider un tant soit peu à s'en échapper.
Le petit garçon se tourna vers eux et leur envoya un regard empli de haine.
« Pourquoi ? Demanda-t-il. Pourquoi m'avez-vous enlevé ? Qui êtes-vous et où sommes-nous ?
Michel se rapprocha de lui.
- Je m'appelle Michel Darling, lui avoua-t-il. Et voici mon frère Jean.
Les yeux de Henry s'écarquillèrent sous le choc.
- Michel et Jean Darling ? Vous… mon père m'a parlé de vous.
C'était l'émerveillement et la curiosité qui auraient dû se refléter sur son visage, pas la peur, la crainte, la méfiance et l'incompréhension.
Mais Jean était déjà allé bien trop loin pour reculer maintenant aussi il fit comme si ça ne le touchait pas.
- Je… reprit Henry. Je pensais que vous étiez morts.
Par moments Jean aurait presque préféré l'être.
Être au service d'un monstre, être obligé d'accomplir ses basses besognes avec au bout du tunnel l'espoir d'enfin revoir leur sœur, ce n'était pas une vie ça.
Ce n'était pas la vie qu'il était supposé avoir.
- Pas encore, lâcha Jean.
Henry les regarda avec un air complètement perdu.
- Mais… je ne comprends pas. Si vous êtes les amis de mon père, alors… pourquoi est-ce que vous m'avez enlevé ?
Jean n'eut même pas besoin de regarder son petit frère pour imaginer le désespoir qui devait se refléter dans ses yeux.
Michel poussa un soupir résigné.
- Tu sais Henry, les choses ne sont pas toujours aussi simples…
- Alors expliquez-moi ! Riposta-t-il avec une lueur de défi dans le regard.
- Très bien, accepta Michel. Il y a longtemps, quand mon frère, ma sœur Wendy, ton père et moi nous n'étions encore que des enfants, une ombre est venue nous voir. L'ombre de Peter Pan. Une nuit, Wendy l'a suivie jusqu'au Pays Imaginaire et quand elle est revenue, elle nous a dit qu'elle reviendrait pour mon frère et moi. Alors ton père a essayé de l'empêcher de rentrer mais ça n'a pas marché, alors… (Sa voix se mit à trembler) Alors il a pris notre place. Il s'est sacrifié pour nous.
- Je sais ça, objecta Henry, mon père me l'a raconté, et… ça n'explique pas ce que je fais ici.
Michel le regarda avec tristesse.
- Wendy n'a pas supporté l'idée qu'un innocent subisse un sort pareil, alors elle… elle a pris la décision d'y retourner, pour le ramener, pour le sauver. Elle n'est jamais revenue.
L'horreur prit place dans les yeux du fils de Baelfire.
- Elle… elle est restée là-bas ? Pendant tout ce temps ?
Jean et Michel acquiescèrent, et ils purent tous les deux constater qu'il commençait à assembler les pièces du puzzle.
- C'est là qu'on se trouve, c'est ça ? Au Pays Imaginaire. Qu'est-ce que c'est censé avoir à voir avec moi ?
- Nous avons grandi, continua Michel, et j'ai fini par oublier cette histoire, oublier la magie, les contes, l'ombre, l'île… Jusqu'à ce que Peter Pan revienne dans nos vies. Nous avons passé un marché, il nous rendait immortels, nous travaillions pour lui et en échange… il nous rendra Wendy. Et notre dernière mission en date, notre ultime objectif pour la récupérer c'est… toi. C'est toi que Peter Pan veut, Henry.
- Moi ? Mais pourquoi ?
- Je l'ignore, lui avoua Michel avec franchise. J'aimerais le savoir, sincèrement.
Cette fois-ci, ce fut l'indignation qu'ils purent lire sur son visage.
- Et vous avez accepté de m'emmener ? Alors que vous saviez quelle ville était Storybrooke, qu'il y avait des sorciers et des fées là-bas ? Vous auriez dû nous en parler, nous demander de l'aide, nous vous auriez prêté main-forte ! Mon grand-père est le Ténébreux, une de mes mères est la Sauveuse et l'autre la méchante reine, mes grands-parents se sont battus contre ma mère adoptive. Mon père est resté emprisonné ici ! Ils savent tous ce que c'est de lutter contre des monstres. On aurait pu vous aider à récupérer votre sœur !
- Non ! Lui rétorqua Jean. Tu n'as pas la moindre idée de ce dont tu parles, il s'agit de Peter Pan, tu ne sais pas… tu ne sais pas de quoi il est capable.
Sa voix tremblait de rage et de peur.
- Henry, je… Je suis sincèrement désolé, continua-t-il. Mais nous n'avions pas le choix.
Avant qu'Henry n'ait pu répliquer, des bruits de pas se firent entendre et un groupe d'enfants perdus fit son apparition, mené par Félix.
Celui-ci eut un sourire satisfait en les voyant.
- Il me semblait bien avoir entendu du bruit et que nous avions des visiteurs. Dont un en particulier. »
Son sourire s'agrandit, et malgré le dégoût qu'il lui inspirait, Jean se força à se raccrocher à la seule chose qui comptait vraiment.
Ils allaient bientôt leur rendre Wendy.
Et ils pourraient rentrer à la maison.
Et enfin effacer l'horrible sourire de Félix de sa mémoire, ainsi que le reste des horreurs qu'il avait subies, à tout jamais.
A suivre…
Chapter 89: L'enfant perdu.
Notes:
Titre du 23/03/2023 : L'enfant perdu
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Rebecca Webb (The One) : Contrôle : Écrire sur un perso qui aime le pouvoir ou écrire sur Bree Van de Kamp
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 50 nuances)
Chapter Text
Rumplestiltskin avait rarement vu son fils avec un air aussi dévasté et perdu.
En réalité, il ne se souvenait principalement que de trois occurrences en particulier.
La première, lorsque Milah avait fui avec Killian Jones et qu'il avait prétendu qu'elle était morte.
La deuxième, quand la guerre des ogres avait repris et que Baelfire s'était trouvé sur le point d'avoir l'âge de partir se battre contre eux.
La troisième n'était pas un instant en particulier, non.
C'était une collection de différents moments, après sa transformation en Ténébreux, lorsqu'il l'avait vu sombrer peu à peu dans les Ténèbres sans rien pouvoir faire, quand il l'avait vu devenir de plus en plus cruel et impitoyable à cause de son amour du pouvoir, et bien sûr, lorsqu'il avait lâché sa main après avoir hésité une fraction de seconde qui leur avait été fatale à tous les deux.
Il savait qu'il n'oublierait jamais l'expression de son visage au moment où il était tombé dans ce portail.
D'une certaine manière, il voyait désormais la même chose dans son regard alors qu'il entendait la porte de sa boutique claquer violemment et que son fils entrait.
Son regard fut d'ailleurs la seule chose qui le retint de lui demander pourquoi il avait débarqué ainsi comme s'il avait le Diable à ses trousses.
Il fronça les sourcils alors que Neal reprenait son souffle.
Donc il avait couru et il était manifestement en train de paniquer.
Et est-ce qu'il avait pleuré ?
Pourquoi ?
« Neal, qu'est-ce qu'il y a ?
- Ils… ils l'ont enlevé, hoqueta-t-il, toujours hors d'haleine, ils ont enlevé Henry.
Rumplestiltskin eut le sentiment qu'une main glacée venait de s'enrouler autour de son cœur.
- Quoi ? Qui ? Comment… comment est-ce arrivé, quand ?
Son esprit fusa aussitôt vers la coupable la plus évidente qui lui vint immédiatement en tête.
Zelena.
Qui d'autre qu'elle aurait bien pu vouloir enlever le fils de la méchante reine (fils qui avait eu la très bonne idée de se balader quelques mois plus tôt dans la Forêt Enchantée et dont à peu près tout le monde devait connaître l'identité désormais) et si elle avait découvert qui il était pour sa demi-sœur, si elle avait trouvé un moyen d'ouvrir un portail vers Storybrooke…
Il réalisa alors qu'ils auraient dû être bien plus vigilants, la faire surveiller au moins, grâce à la magie ou à quelqu'un.
Mais Regina avait voulu lui donner une chance et ça aurait été hypocrite de sa part comme de la sienne de la lui refuser.
Ils avaient essayé de lui faire confiance, et voilà le résultat, ils récoltaient ce qu'ils avaient semé, alors qu'ils avaient essayé de faire les choses bien pour une fois, d'arranger une situation injuste qu'ils avaient plus ou moins causée.
Quel insupportable gâchis, songea-t-il avec tristesse.
Pourtant, lui qui était pourtant si imperturbable, il ne s'attendait définitivement pas aux noms qui allaient sortir de la bouche de son fils.
- James et Marc Smith, se contenta de répondre l'ancien enfant perdu, toujours à bout de souffle.
Et d'un seul coup, en un instant, le monde perdit tout son sens.
Monsieur Gold regarda Neal avec un air éberlué.
- Je… je ne comprends pas.
Ce genre de chose ne lui arrivait que rarement, tellement rarement qu'il n'avait pas la moindre idée de comment réagir face à une telle information.
Neal prit une nouvelle inspiration, ayant enfin récupéré de la course folle qu'il avait effectuée dans tout Storybrooke avant d'atteindre la boutique d'antiquités de son père.
- Ce ne sont pas leurs vrais noms, lui expliqua-t-il, en réalité je crois que… je crois qu'il s'agit de Jean et Michel Darling.
Rumplestiltskin était le Ténébreux, un sorcier immortel, il avait deux parents immortels, il avait vécu dans une ville où les gens ne vieillissaient pas.
Pourtant, ça ne l'empêcha pas de questionner la logique de la longévité de ces deux habitants venant du dix-neuvième siècle.
- Mais… c'est insensé, ils viennent du monde sans magie, ils ont vécu il y a deux cent ans, ils… ils devraient être morts, alors qu'est-ce qui te fait dire que… que c'est eux ?
De plus, il aurait dû les reconnaître en les voyant, non ?
D'un autre côté, il n'avait pas reconnu Baelfire quand ce dernier était entré dans sa boutique, il avait grandi, il avait changé.
Peut-être en était-il de même pour les deux frères.
Et puis… en deux cents ans, les visages finissaient parfois par s'effacer.
Neal eut un sourire triste.
- Parce que… quand il a enlevé Henry, Jean, enfin je suppose que c'était lui, a… il m'a dit… il m'a dit qu'il était désolé. Et il m'a appelé Baelfire. »
Le nombre de gens connaissant son véritable nom en dehors des habitants de Storybrooke devait se compter sur les doigts d'une main et la plupart d'entre eux étaient morts.
Ou du moins censés l'être.
Ce n'était pas une preuve, mais ça s'en rapprochait.
Et puis soudainement, Rumplestiltskin réalisa une chose.
Neal lui avait dit que Henry avait été enlevé par Jean et Michel, mais ça n'avait pas pu se passer à pied, ou en voiture parce que dans ce cas-là, il les aurait poursuivis.
Ce qui ne pouvait donc signifier qu'une seule et unique chose, qui le terrifia.
Son petit-fils avait été enlevé par magie.
L'hypothèse que ceux qui se faisaient appeler Marc et James Smith n'étaient pas aussi innocents qu'ils prétendaient l'être, et qu'ils en savaient plus sur leur ville qu'ils ne l'auraient dû commençait à se préciser.
« Neal… Lui dit son père avec gravité. Il faut que tu me dises très exactement ce qu'il s'est passé. Dans les moindres détails.
Ce dernier acquiesça.
- J'étais avec Henry, on avait décidé d'aller marcher ensemble, de se balader au port, rien que tous les deux vu que Emma bossait et que Regina était dans la Forêt Enchantée.
Le sorcier sentit un frisson glacé le parcourir en réalisant qu'il était possible que les deux nouveaux venus en ville aient tout planifié depuis le début et se soient organisés ce jour-là précisément parce qu'ils savaient que la Sauveuse et la méchante reine ne seraient pas dans les parages à ce moment-là.
Mais comment avaient-ils pu savoir que la brune serait littéralement partie dans un autre monde ?
Ils n'étaient pas censés savoir quoi que ce soit à ce sujet !
Pourtant, ça avait l'air d'être le cas, et a priori, ils n'avaient pas été aussi vigilants qu'ils avaient cru l'être.
- On marchait et ils sont sortis de nulle part, tout est allé très vite, Marc… je veux dire Michel, a attrapé Henry, et Jean… Jean m'a frappé pour que je ne puisse pas les suivre.
Rumplestiltskin eut un nouveau froncement de sourcils.
Où pensaient-ils donc aller comme ça au juste, dans une ville remplie de gens qui pouvaient se saisir d'eux à tout moment ?
Ils étaient deux contre toute une ville.
C'était du suicide pur et simple !
- Et Michel… Michel a lancé un haricot magique dans l'eau et il s'est jeté avec Henry dans le portail, suivi par Jean…. Juste avant cela, c'est là qu'il m'a dit… qu'il était désolé. Je… je n'ai rien pu faire, il était déjà trop tard, le portail s'était déjà refermé et je n'ai pas pu… La voix de Neal se mit à trembler et il se remit à pleurer. Je n'ai pas pu le sauver. »
Ce n'est pas de ta faute, voulut lui dire l'immortel, qui avait été à sa place autrefois mais il savait bien que tous les mots de réconfort du monde ne suffiraient pas à le faire se sentir mieux.
Et puis, il y avait plus urgent à traiter.
Déjà, comment avaient-ils obtenu un haricot magique ?
Ils en avaient de nouveau en ville désormais, et s'ils étaient bien Michel et Jean Darling, alors il n'y avait rien d'étonnant au fait qu'ils s'y connaissent un tant soit peu en magie, et qui sait ce qu'ils avaient pu apprendre, traverser et vivre au cours de toutes ces années durant lesquelles Baelfire était loin d'eux…
La vraie question c'était comment ils avaient pu être au courant de l'endroit où ils se trouvaient, comment ils pouvaient savoir tant de choses sur une ville dans laquelle ils se trouvaient pourtant depuis si peu de temps.
Qui les avait renseignés, et surtout, pourquoi ?
« A ton avis, où est-ce qu'ils l'ont emmené ? L'interrogea-t-il.
Son fils lui envoya un regard perdu.
- Je… je n'en ai pas la moindre idée. Il y a encore à peine quelques minutes, je pensais qu'ils étaient morts, alors, savoir où ils sont ou pourquoi ils ont agi ainsi… je suis désolé papa, mais je n'en ai pas la moindre idée.
Rumplestiltskin soupira avant de hocher la tête.
- Très bien.
Puis il se souvint de ce que son fils lui avait dit de son passé, et quelque chose dans cette situation le fit tiquer.
- Ils avaient une sœur n'est-ce pas ?
- Oui, confirma Neal, Wendy. Pourquoi ?
En regardant son fils, l'antiquaire avait l'impression de se regarder dans un miroir.
C'était sans doute à ça qu'il ressemblait à l'époque, quand son fils avait disparu, quand il l'avait abandonné.
À la différence que non seulement il était alors beaucoup plus en colère mais surtout, il était seul.
Les choses ne tourneraient pas de la même manière, non, cette fois tout serait différent, ils ne mettraient pas deux cents ans à retrouver le jeune garçon.
Aucun d'eux ne pouvait se permettre le luxe d'attendre aussi longtemps.
(Si le Ténébreux avait su où Henry se trouvait, peut-être aurait-il pensé avec cynisme que si c'était arrivé, en admettant qu'il survive, les seuls survivants après tout ce temps seraient lui-même, les fées et les habitants du Pays Imaginaire.)
- Si ce sont bien Jean et Michel qui étaient là, s'ils ont survécu alors… où est-elle ?
- Je ne sais pas. La dernière fois que je l'ai vue, l'ombre m'emportait tout droit vers…
- Le Pays Imaginaire, compléta son père, blême.
- J'ai passé un marché avec l'ombre, je la suivais de mon plein gré et en échange, elle laissait la famille Darling tranquille.
Le vieil homme dût se retenir de ne pas laisser un sourire amer se dessiner sur son visage, parce qu'il savait mieux que personne que l'ombre et son maître n'étaient pas du genre à laisser les gens innocents tranquilles, tandis qu'une possibilité effroyable se dessinait dans son esprit.
Et si Wendy avait été de nouveau enlevée, et si Peter Pan faisait pression sur les deux frères ainsi ?
Il ne partagea pas son hypothèse avec son fils, celui-ci était déjà assez bouleversé comme ça, et puis ce n'était peut-être pas le cas puisque d'après Baelfire, Peter Pan ne recherchait que des garçons.
(Mais Henry était un garçon, est-ce que c'était lui celui qu'il cherchait ?
L'ironie de la situation en était presque belle si c'était bien le cas.
Le sorcier pria de toutes ses forces pour que cela se révèle faux, pour avoir tort, il n'avait pas la moindre envie de revenir sur cette île de malheur, et encore moins de revoir son père une nouvelle fois.)
A la place, il se tut.
« Papa ? Lui demanda alors son fils d'une toute petite voix. Comment est-ce que… comment est-ce que je vais annoncer ça à Emma et à Regina ?
Il avait l'impression de revoir son fils tel qu'il était quand il était enfant, et il aurait été heureux avant, parce que ça prouvait qu'il avait besoin de lui, encore, mais à la place, cette vision lui brisa le cœur.
- On va le retrouver Neal, lui répondit-il à la place, je te promets qu'on réussira à retrouver Henry, où qu'il soit. »
Le jeune homme acquiesça avant de se saisir d'une main tremblante et la boule au ventre de son téléphone pour envoyer un SMS à Emma pour la prévenir qu'il devait lui parler de toute urgence ainsi qu'à ses parents.
Puis, une fois cela fait, il rangea l'objet dans sa poche avant de lever pour ensuite éclater en sanglots dans les bras de son père qui le serra contre lui.
C'était la deuxième fois que Henry Mills disparaissait de Storybrooke vers une direction inconnue.
Et dieux, l'immortel espérait sincèrement que ce serait la toute dernière fois.
A suivre…
Chapter 90: Un grand mystère.
Notes:
Titre du 26/04/2023 : Un grand mystère
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Demon Slayer (partie 1) : Giyuu : Écrire sur un perso qui a un rôle important ou écrire un texte lié à l'eau
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
En règle générale, quand Emma Swan était demandée dans la boutique d'antiquités de monsieur Gold, ce n'était pas pour y apprendre de bonnes nouvelles.
Cette fois-ci le message venait de Neal, certes, mais ça n'empêcha pas son estomac de se nouer.
Qu'est-ce qu'il avait de si important à lui dire, à elle et à ses parents pour que ça ne puisse pas attendre, pour qu'ils doivent se réunir là-bas, pour qu'il lui envoie ce SMS au lieu de simplement l'appeler ou venir la voir au commissariat ?
Pourquoi cela lui faisait-il éprouver un tel sentiment d'urgence qui la terrifiait alors qu'elle ne savait même pas ce qu'il s'était passé ?
Peut-être était-ce même pire comme ça, l'incertitude, le fait de ne pas savoir, de tout ignorer.
Est-ce qu'il était arrivé quelque chose à Henry ?
Elle était partie en confiant le commissariat à Graham et en imaginant les pires des scénarios dans sa tête.
Mais le pire de ce qu'elle pouvait imaginer n'était définitivement pas à la hauteur de la vérité.
§§§§
En voyant le visage de Neal, Emma ne put retenir un hoquet de surprise, et même si elle ne voyait pas les visages de Blanche-Neige et de David, elle se doutait qu'ils devaient arborer la même expression de stupeur qu'elle.
Parce qu'il serrait les poings de rage et semblait à deux doigts de se mettre à hurler.
Parce que ses yeux étaient rouges, indiquant qu'il avait pleuré.
Parce que son regard était empli de tristesse et de désespoir ainsi que d'une forte dose de culpabilité.
Parce que Henry n'était pas là.
Emma se figea.
« Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer ce qu'il se passe ici ? Demanda Blanche-Neige d'une voix aussi calme que possible.
Emma fut reconnaissante que sa mère ait pris la parole, elle n'était pas sûre d'en avoir la force, pas alors qu'elle ressentait une terreur abominable et irrépressible peu à peu l'envahir.
Neal leur adressa un regard empli de douleur.
- Henry a été enlevé. »
Jamais Emma Swan n'aurait cru que quatre petits mots aussi anodins séparés les uns des autres puissent faire autant de mal une fois réunis ensemble.
§§§§
L'histoire se répétait.
Henry avait disparu, encore, et cette fois ce n'était même pas de sa faute, ce n'était pas parce qu'il s'était aventuré là où il n'aurait pas dû aller.
Et Emma qui s'était pourtant juré que jamais cette histoire ne se produirait une fois de plus réalisa alors avec une grande horreur que toute Sauveuse qu'elle était, il y avait malgré tout des choses qu'elle était incapable de contrôler.
« Qui ? Lâcha-t-elle d'une voix brisée, trop abasourdie pour réussir à se mettre en colère.
Ça, ça viendrait plus tard, une fois qu'elle en saurait plus.
Neal éclata alors de rire, un rire douloureusement triste et amer.
- Emma, tu te souviens quand je t'ai dit que je trouvais que Marc et James Smith ressemblaient à Jean et Michel Darling ? Je… je crois que j'avais raison.
- De… de quoi est-ce tu parles ? Demanda-t-elle, les yeux grands ouverts par l'incompréhension.
- Ils savaient, poursuivit son ancien petit-ami, ils étaient au courant pour la magie, ils savaient ce qu'est réellement Storybrooke, ils… ils ont volé un haricot magique et ils ont ouvert un portail, ils sont partis avec Henry vers un autre monde et je… je ne sais pas où ils sont allés.
C'était un cauchemar.
C'était un cauchemar, et elle allait bientôt se réveiller, se mit à espérer Emma de toutes ses forces.
Mais elle avait aussi prié pour un miracle de ce genre la première fois que Henry avait disparu et ça n'avait rien donné.
Et ces personnes dont Neal parlait, elles étaient censées être mortes, non ?
La seule explication qu'elle voyait à ce mystère, c'était la magie, mais même avec ça… pourquoi ?
Pourquoi auraient-ils enlevé Henry alors qu'ils étaient les amis de Neal autrefois ?
- Quand est-ce que c'est arrivé ? L'interrogea David.
- Il y a environ une heure. »
Emma sentit ses jambes trembler, ayant encore du mal à réaliser pleinement ce qui était en train de leur arriver.
Henry avait disparu, avait été enlevé par deux personnes qui venaient à peine d'arriver en ville et qu'ils pensaient avoir suffisamment surveillées alors qu'en réalité il n'en était rien et qu'ils n'avaient rien vu venir, tous autant qu'ils étaient.
Pourquoi ?
Pourquoi fallait-il que ça se produise maintenant, à un moment où les choses commençaient enfin à vraiment aller bien en ville, où elle commençait à espérer parvenir à construire une vie à peu près normale ainsi qu'une relation durable avec ses parents qu'elle connaissait si peu, à élever son fils en toute tranquillité, à apprendre à pardonner à l'homme qui l'avait envoyée en prison, où elle commençait à tomber amoureuse ?
Pourquoi l'univers s'acharnait-il contre eux, contre sa famille, étaient-ils maudits ?
Elle avait brisé la malédiction pourtant, et ça ne changeait rien.
Les catastrophes continuaient de leur tomber dessus en permanence.
Et elle ne pouvait rien faire pour les arrêter ou les éviter.
« Qu'est-ce qui te fait dire que c'était eux ? Demanda-t-elle après être restée plusieurs minutes silencieuse.
- Il m'a appelé Baelfire. Et il m'a aussi dit qu'il était désolé.
Ce n'était pas une preuve formelle, mais entre ça et la ressemblance physique, Emma comprenait qu'il ait de sérieux doutes.
Ce qui ne les avançait à rien évidemment s'ils ne savaient pas où ils étaient partis avec leur fils, et encore moins pourquoi.
- Et… poursuivit-elle, est-ce que… est-ce qu'il t'a dit pourquoi ?
Elle savait bien qu'il l'aurait probablement déjà dit s'il l'avait su, Neal était tout sauf idiot, mais elle ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'il ne l'ait pas encore fait, parce qu'elle avait désespérément besoin d'espoir pour réussir à tenir.
Après tout, c'était bien l'espoir qui avait amené Henry à la faire venir à Storybrooke malgré l'aspect complètement insensé de son projet.
Ça pouvait marcher une fois de plus, et ils étaient dans une ville de contes de fée.
Si les miracles pouvaient exister quelque part dans le monde sans magie, c'était bien ici.
À son regret, il secoua la tête.
- Non. Il n'en a pas eu le temps, c'est tout ce qu'il m'a dit. »
Elle ne prit pas attention à la suite de la conversation, à ce que le Ténébreux, Neal et ses parents pouvaient être en train de se dire, perdue en elle-même comme elle l'était.
Elle aurait dû le voir venir.
Merde, elle était la Sauveuse, elle était une sorcière, elle savait quand les gens lui mentaient, elle…
Et alors, elle réalisa une chose à laquelle elle n'avait pas pris attention avant.
Ils ne lui avaient jamais menti.
Elle n'avait juste pas posé les bonnes questions, elle n'avait pas pensé à aller plus loin que ce qu'elle leur avait demandé, parce qu'elle craignait qu'ils ne soient soudainement sur leurs gardes si jamais ils lui cachaient bien quelque chose.
Elle aurait dû.
Et maintenant, Henry avait disparu parce qu'elle avait été incapable de voir ce qui se trouvait tout juste devant ses yeux.
Et Regina…
Par tous les dieux, comment allait-elle annoncer ça à Regina, lui dire que leur fils avait été enlevé, avait encore disparu dans un autre monde sans qu'elles ne sachent où exactement ?
« Regina a été prévenue ? Finit par demander Blanche-Neige, sortant Emma du brouillard dans lequel elle avait été plongée.
- Je vais le faire, intervint le Ténébreux.
Et jamais Emma n'avait autant eu l'impression de voir son âge véritable se refléter sur ses traits, il avait l'air si vieux, si âgé, si fatigué, si ancien qu'elle en eut le vertige.
- Monsieur Gold ? Lui dit-elle d'une voix tremblante avant qu'il ne quitte la boutique.
Il se retourna vers elle.
- Oui miss Swan ?
- Henry, on… on va réussir à le retrouver une fois de plus, pas vrai ?
Il hocha la tête.
- Bien sûr, lui répondit-il avec une assurance qu'il était probablement loin de posséder.
Tout dans sa voix, dans son attitude, dans sa posture, n'était que mensonge, mais Emma s'en moquait.
Tout ce qu'elle voulait, c'était qu'on lui dise que tout irait bien, qu'ils retrouveraient Henry facilement, même si c'était un mensonge.
- Je vous promets qu'on le retrouvera, acheva-t-il juste avant de partir en se téléportant, sans doute à la recherche d'un haricot magique pour retrouver Regina le plus rapidement possible. »
Je te retrouverai toujours, résonna dans sa tête en boucle, et elle s'y accrocha de toutes ses forces.
C'était la devise de leur famille, leur étendard, et elle se jura de la faire sienne, d'en faire une vérité, de tout faire pour qu'elle finisse par devenir réelle.
Et ceux qui s'en étaient pris à son fils et à sa famille n'avaient plus qu'à bien se tenir, parce qu'elle n'aurait pas de repos tant qu'elle ne les aurait pas retrouvés, et fait payer pour ce qu'ils leur avaient fait.
§§§§
Contrairement à ce qu'elle aurait aimé pouvoir prétendre, Emma ne se sentait actuellement pas forte et encore moins combative.
Non elle se sentait juste… vide.
Elle aurait aimé pouvoir s'énerver, se mettre en colère, hurler, ou même pleurer, mais… rien.
Rien ne lui venait du tout, à part cette sensation de vide dans son cœur, l'impression qu'il ne battait plus, qu'elle ne ressentait plus rien.
Là tout de suite, elle avait une petite idée de ce qu'avait pu ressentir Graham durant les vingt-huit ans qu'il avait passés à Storybrooke.
Parce que l'histoire se répétait, que Henry avait encore disparu, qu'elle allait devoir revivre la même chose pendant une période de temps indéterminée et qu'elle n'était pas sûre d'être prête pour ça.
Parce qu'elle savait ce que ça faisait, parce que son cœur saignait, parce qu'elle connaissait le sentiment d'angoisse et d'incertitude qu'elle était à nouveau en train de ressentir.
Parce que tout ce qu'elle voulait c'était rentrer chez elle, se rouler en boule dans son lit, pleurer et oublier le reste du monde, alors que ce n'était pas ce qu'elle était supposée faire, elle était supposée se comporter en guerrière.
Oui, elle était une guerrière.
Mais elle était aussi et surtout une femme qui avait déjà perdu beaucoup trop de choses au cours de sa vie et une mère à qui l'univers avait arraché l'enfant une fois de plus.
Une fois de trop.
Elle avait l'impression de sombrer, de s'enfoncer une fois de plus, comme lorsque Henry avait disparu la première fois, qu'il avait franchi un portail sans même savoir s'il retrouverait un jour le chemin de la maison.
À côté d'elle, Neal devait désormais parfaitement comprendre ce qu'elle était en train d'éprouver.
Gold était parti chercher Regina, David et Blanche-Neige avaient convoqué les habitants à la mairie pour leur apprendre ce qu'il venait de se passer et leur demander s'ils avaient des informations qui pourraient leur être utiles, et Emma…
Emma n'avait aucune idée de quoi faire.
La première fois, elle avait mené les recherches aux côtés de Regina et de Graham, mais cette fois…
Cette fois elle ne savait pas comment faire, comment agir.
La dernière fois, elle croyait encore que Henry était en ville, tout près, peut-être blessé mais sain et sauf, qu'ils le retrouveraient vite, et elle ne croyait pas encore à la magie.
Ce n'était plus le cas, et cette fois elle savait qu'il n'était plus dans le même monde qu'elle.
Et c'était tout simplement terrifiant, et même vertigineux, d'après Henry lui-même il existait une infinité de mondes différents.
Comment pouvait-elle savoir au juste dans lequel le petit garçon et ses ravisseurs avaient atterri ?
« Est-ce que… est-ce que tu veux qu'on sorte ? Finit par lui demander Neal.
Elle n'avait pas bougé depuis que ses parents et le sorcier avaient quitté la boutique, s'asseyant derrière le comptoir sans rien dire, se demandant désespérément ce qu'elle aurait bien pu faire pour empêcher cela et ne trouvant aucune solution valable.
Pour faire quoi et aller où ? Dût-elle se retenir de lui balancer au visage.
Il n'y était pour rien après tout, et ce n'était pas de sa faute, en un sens ils étaient tous responsables de ne pas avoir vu le danger qui se trouvait pourtant juste sous leurs yeux.
- Non, je… je préfère rester là en attendant que ton père et mes parents reviennent. »
Il acquiesça et resta là, sans rien dire.
Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit, laissant passer une personne à laquelle ils ne s'attendaient pas.
Emma haussa un sourcil surpris.
« Granny ? Qu'est-ce que vous venez faire ici ?
Elle doutait que ce soit pour acheter quelque chose à l'antiquaire, surtout vu le contexte et l'air sérieux et grave qu'elle affichait actuellement.
Alors pourquoi était-elle là ?
- J'ai… j'ai entendu ce qu'il s'est passé. Et on m'a dit que tout renseignement qui pouvait aider à retrouver Henry serait utile, alors… je suis venue vous voir.
Emma et Neal se redressèrent en même temps tout en la regardant avec un espoir fou dans les yeux.
- Qu'est-ce que vous savez ? L'interrogea aussitôt la Sauveuse.
- Je… ce n'est sans doute pas grand-chose, reconnut la vieille femme, mais… Marc et James Smith… ou peu importe leurs véritables noms, ont réglé la facture de leur chambre aujourd'hui et ont repris leurs affaires, ils les ont mises dans leur voiture, et Ruby les a vus partir il y a quelques heures. Elle a pensé, et moi aussi, qu'ils étaient en train de quitter la ville.
Alors ils avaient définitivement tout prémédité depuis le début.
Est-ce que…
Est-ce qu'ils étaient venus en ville avec l'intention d'enlever Henry dès le début, est-ce qu'ils avaient été envoyés par quelqu'un d'un autre monde pour le faire ?
Ça n'expliquait toujours pas comment ils avaient pu survivre aussi longtemps en venant du monde sans magie mais c'était un début de piste.
- Donc, en déduisit Neal, ils avaient vraiment besoin de l'emmener avec eux dans un autre monde, puisqu'ils auraient pu tenter de s'en prendre à lui quand il aurait été seul et ensuite le faire monter dans leur voiture pour partir avec lui après puisqu'ils avaient de toute façon l'intention de s'en aller. Ou de nous faire croire que c'était le cas.
- Vous êtes sûre que la voiture a bien quitté la ville, qu'ils ne l'ont pas garée autre part juste pour faire croire qu'ils s'en allaient ? Lui demanda Emma.
- Certaine, assura-t-elle. »
Ils étaient revenus en ville, donc la voiture devait être garée en dehors de la ville, sans doute non loin de la frontière, et elle contenait sûrement de potentiels indices sur l'endroit où Henry avait été emmené.
Les regards d'Emma et Neal se croisèrent et il fut ravi de voir une nouvelle flamme de détermination brûler dans ses yeux.
Ils avaient une nouvelle mission désormais.
A suivre…
Chapter 91: Cela faisait cent ans.
Notes:
Titre du 30/05/2021 : Cela fait-faisait cent ans
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
H : Henry Mills
Créature 38 : Sorcière
Jean Darling (OUAT)
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects d'… Hinata (Haikyuu!) : Taille : Écrire sur un perso de petite taille ou écrire sur un perso qui fait de grands exploits malgré sa taille.
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, de secondaire à principal, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Henry Mills avait entendu parler du Pays Imaginaire.
Il savait que ce n'était pas un endroit dans lequel qui que ce soit pouvait avoir un tant soit peu envie de rester, il savait que son père et son grand-père y avaient souffert, il savait que l'île était dangereuse, emplie de noirceur et d'ombres.
Et surtout, il savait que celui qui dirigeait ce monde était son arrière-grand-père.
(Sans doute aurait-il dû être surpris d'apprendre que ce dernier était physiquement plus jeune que son fils, mais ses grands-parents et sa mère biologique avaient physiquement le même âge alors il n'était pas à une bizarrerie près de plus dans cette famille.)
Peter Pan, ou plutôt Malcolm, comme lui avait un jour raconté Rumplestiltskin alors qu'il était curieux au sujet de l'histoire de sa famille, qui avait abandonné son propre fils alors que ce n'était qu'un enfant, afin de redevenir jeune, qui avait plus tard kidnappé son petit-fils et l'avait gardé prisonnier durant près de deux siècles.
Et maintenant, c'était lui qu'il faisait enlever, pour une raison qu'il n'arrivait pas à comprendre.
Ça ne pouvait pas être une coïncidence.
Il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus que l'un des inconnus suivi par un groupe (des enfants perdus, supposa-t-il) s'avançait vers lui.
Le sourire satisfait empli de morgue qu'il lui adressa lui sembla aussitôt absolument insupportable.
Il se tourna vers les deux frères Darling, souriant toujours avec cette même arrogance.
« Jean, Michel, les salua-t-il, ravi de vous revoir.
- Félix, se contenta de lui répondre Jean d'un ton le plus neutre possible, quant bien même il était évident pour Henry vu la lueur dans son regard qu'il le haïssait de toute son âme.
Michel ne dit rien, la même haine brûlant également dans ses yeux.
Félix.
Son père lui en avait parlé, brièvement, quand il avait évoqué son passage au Pays Imaginaire, le décrivant comme un des plus fidèles lieutenants de Peter Pan, et un des pires enfants perdus de l'île qui puisse exister.
Il ne le connaissait pas, mais le simple fait qu'il travaille pour l'ennemi de sa famille et qu'il ait fait souffrir son père autrefois suffisait déjà pour qu'il veuille le détester.
- C'est bien lui, continua Félix après avoir jeté un coup d'œil attentif à un papier qu'il tenait dans ses mains. Vous avez fait du bon travail les garçons, je dois le reconnaître.
Les garçons, disait-il, comme s'ils n'avaient pas physiquement le double de son âge, et se souvenant que le temps ne passait pas au Pays Imaginaire, il se demanda si, depuis le temps qu'il était sur l'île, Félix avait environ le même âge que les deux frères ou s'il était bien plus âgé qu'eux.
Dans d'autres circonstances, il aurait trouvé ça tout à fait fascinant.
Ici et maintenant, il avait juste envie de fuir le plus loin possible.
- Tu as eu ce que tu voulais, lui lança alors Jean avec détermination. Où est notre sœur ?
- Dans sa cage, répondit-il distraitement et avec nonchalance, comme si c'était une évidence. »
Henry se figea, horrifié.
Une cage ?
Ils avaient osé enfermé Wendy Darling dans une cage ?
Pourquoi ?
Ce n'était pas non plus comme si elle pouvait s'échapper de l'île !
Le jeune garçon sentit la nausée l'envahir, et un seul regard en direction des anciens amis de son père lui suffit pour comprendre qu'ils avaient la même réaction que lui, la surprise en moins.
Donc ils savaient déjà.
Ils savaient que leur sœur vivait enfermée dans une cage, prisonnière de l'île depuis près de deux siècles, sans avoir la moindre possibilité de fuir, tout ça parce qu'un enfant immortel cruel et monstrueux avait voulu se servir d'elle comme moyen de pression contre ses deux petits frères.
C'était abominable.
D'un seul coup, il comprenait mieux leur désespoir et pourquoi l'enlever pour l'échanger contre leur sœur leur avait semblé la seule chose à faire pour mettre fin à ce cauchemar.
Même si ça n'empêcha pas la terreur de l'envahir, parce que maintenant… qu'allait-il se passer pour lui au juste ?
Qu'est-ce que Peter Pan lui voulait, pourquoi l'avoir enlevé ?
Est-ce que sa famille savait où il se trouvait ?
Il avait confiance en eux, il savait qu'ils feraient absolument tout ce qui était en leur pouvoir pour le retrouver, pour le sauver, il savait qu'ils en étaient capable, mais…
Mais si même Rumplestiltskin, qui était pourtant le sorcier le plus puissant qu'il connaissait au monde, avait peur de Peter Pan, alors comment étaient-ils supposés le vaincre ?
Oui, il comprenait pourquoi Jean et Michel Darling avaient réagi ainsi, parce que leur sœur leur avait été volée, qu'ils étaient loin d'elle depuis deux cents ans, qu'ils étaient désespérés et prêts à tout pour la récupérer et que ça leur semblait être la seule solution.
Même s'il aurait préféré qu'ils essaient d'une autre manière, il n'arrivait en fin de compte pas à leur en vouloir pour ça.
Pas alors qu'ils se battaient contre de tels monstres.
« Elle devrait être ici, avec nous, poursuivit Jean avec un calme qui dissimulait bien mal une fureur en train de grandir peu à peu en lui, nous avons fait ce qui était prévu, nous avons rempli notre part du marché. Rends-nous notre sœur. »
Félix ne répondit rien.
Il se contenta d'éclater de rire.
Un rire sonore, fracassant et moqueur, affreux à entendre.
Jean eut l'impression qu'une pierre tombait dans son estomac.
Il riait, ce salopard, il riait comme si ce qu'ils avaient vécu, enduré, n'était rien du tout, il se moquait de leur souffrance, comme si elle était un tant soit peu négligeable.
Comme si ça ne faisait pas près de deux cents ans qu'ils se battaient contre le vent, qu'ils luttaient pour reconstruire leur famille, pour avoir à nouveau une vie normale, comme s'ils n'étaient pas eux aussi des prisonniers, au moins autant que pouvait l'être Wendy.
Il riait et Jean et Michel sentirent l'horreur les envahir, comprenant lentement l'horrible vérité.
Ils n'avaient jamais eu l'intention d'honorer leur accord.
Au final, ils avaient eu raison.
Peter Pan et Félix étaient bel et bien des menteurs, et ils auraient dû le savoir depuis le début, mais…
Mais l'espoir était la seule chose qui leur permettait encore de respirer alors ils n'avaient eu de cesse de s'y accrocher, parce qu'ils n'avaient pas d'autre choix.
« Sérieusement, dit Félix, riant toujours entre deux mots, vous pensiez réellement qu'on allait vous rendre votre sœur ?
Oui.
Oui ils y avaient cru, avec la force du désespoir, parce que dans le cas contraire, ça signifiait qu'ils avaient fait tout ça pour rien, que les deux siècles précédents ne signifiaient plus rien du tout.
Qu'ils avaient perdu et n'avaient jamais été censés gagner.
Qu'ils avaient été manipulés et qu'ils avaient livré un enfant innocent à un monstre.
- On avait passé un marché ! Rugit alors Michel, hors de lui et les poings serrés de fureur.
Félix leur sourit, amusé.
- Et alors ? Leur répondit-il avec un cynisme qui n'aurait même pas dû les étonner.
Jean fit un pas en avant.
- Tu…
Félix ne le laissa même pas finir.
- Je te déconseille de faire ça Jean…
- Oh, vraiment ? Riposta le londonien. Et qu'est-ce qu'on est censés faire au juste ? Partir et vous laisser notre sœur et le fils de Baelfire ? Tu crois vraiment qu'on a l'intention de se laisser faire ?
Le sourire de son ennemi s'agrandit, et Jean ne put s'empêcher de se demander ce qu'il pouvait bien y avoir de si comique dans ce qu'il venait de dire.
- Qui a dit qu'on allait vous laisser partir ? Après tout, vous voulez tous les deux être réunis avec votre sœur, en restant ici, vous pourriez être tous ensemble pour l'éternité. »
Jean avait définitivement envie de vomir et son estomac se retourna.
Comment osait-il leur dire ça, faire comme si cette île maudite n'était pas une prison pour la plupart des personnes qui étaient forcées d'y vivre ?
Comme si tout cela n'était rien de plus qu'un jeu pour lui ?
(Mais il travaillait pour Peter Pan alors ça n'avait rien de réellement étonnant.)
Il mit sa main dans sa poche, où se trouvait toujours le second haricot magique, avant de jeter un rapide coup d'œil vers Henry.
Ce dernier était trop loin pour qu'il puisse l'atteindre, il n'aurait ni le temps ni les moyens de faire ce qu'il avait l'intention de réaliser avant que les enfants perdus ne réussissent à deviner ses intentions.
La mort dans l'âme, il réalisa qu'ils ne pourraient pas l'emmener avec eux dans leur fuite.
Voyant son geste, Michel comprit aussitôt, et se rapprocha de lui.
« Allez, saisissez-vous d'eux, lança Félix à ses sbires qui se mirent alors en marche vers eux.
Jean ne leur en laissa pas le temps.
Il sortit le haricot de sa poche, le jeta au sol juste devant lui et son frère et ils se jetèrent immédiatement dans le portail qui s'ouvrait, celui se refermant juste avant que les enfants perdus ne puissent l'atteindre.
- Oh, commenta Félix, pas plus déphasé que cela par leur fuite, conscient que ce n'étaient pas eux qui intéressaient vraiment Pan, naïfs mais pas idiots à ce que je vois. Bravo, c'était bien joué. Bien, maintenant Henry, tu vas nous suivre bien… »
Sa phrase s'interrompit brutalement, alors qu'il réalisait en regardant l'endroit où se trouvait quelques secondes plus tôt le petit garçon que ce dernier était vide.
Il avait profité de la diversion et du fait que tout le monde était occupé ailleurs pour fuir.
Un nouveau sourire amusé se dessina alors sur le visage du garçon perdu.
Un enfant seul, dans une forêt dont il ne connaissait rien et qu'ils maîtrisaient tous parfaitement ?
Oh, comme ça allait être terriblement amusant.
§§§§
La rencontre entre son corps et le bitume fit grimacer Jean de douleur.
Mais ce n'était probablement pas aussi douloureux que la triste réalité qui les frappait actuellement tous les deux de plein fouet.
Ils avaient échoué.
Ils s'étaient faits berner en beauté et sans rien voir venir, ils auraient dû être plus intelligents que ça.
Ils étaient censés l'être.
Pourtant ça n'avait rien changé.
Ils avaient perdu, à la fois Wendy et Henry, ils avaient sacrifié ce qu'il leur restait d'intégrité et ce, pour rien.
Maintenant, Henry était au Pays Imaginaire, et il allait…
Ils ne savaient même pas pourquoi Peter Pan avait besoin de lui, ce qui allait lui arriver là-bas sur cette île si froide et si sombre, et c'était presque plus terrifiant que de le savoir.
Il se releva et ne ressentit aucun soulagement en voyant que leur voiture était toujours là, à sa place.
Non, tout ce qu'il éprouvait actuellement, c'était de l'amertume.
Et de la colère.
En se tournant vers Michel, il se figea, conscient de ce qui allait suivre.
Parce que jamais il n'avait vu autant de fureur, de rage et de désespoir dans les yeux de son petit frère.
« Je te l'avais dit, non ? Hurla-t-il, hors de lui. Je t'avais prévenu, je t'avais dit qu'on aurait dû… Que ce n'était pas bien et qu'on aurait dû trouver une autre solution, n'importe quoi, appeler au secours. Je te l'ai dit et pourtant tu ne m'as pas écouté alors même que tu savais au fond de toi que j'avais raison. Et regarde où on en est maintenant, tu as vu le résultat ? On a fait ce qu'il voulait et pourtant ça n'a rien changé ! Henry est là-bas, prisonnier et on ne sait pas ce qu'ils vont lui faire, et Wendy est toujours là-bas elle aussi ! Rien de tout ce qu'on a pu faire n'a la moindre importance !
Jean essaya de former un nouveau plan dans sa tête, en vain.
Ils auraient pu y retourner, essayer de faire évader Wendy, trouver sa cage, mais qui sait si Pan ne l'avait pas changée de place ou cachée par la magie depuis leur passage éclair au Pays Imaginaire ?
Sans compter qu'ils n'avaient plus le moindre haricot magique avec eux, et qu'il doutait que les habitants de la ville les accueillent à bras ouverts après ce qu'ils leur avaient fait…
- Et tu voudrais qu'on fasse quoi maintenant au juste ? Ce qui est fait est fait.
Il comprit ce que son frère avait en tête en le voyant regarder en direction de la frontière qui séparait Storybrooke du reste du monde.
- On devrait faire ce que je t'avais proposé. Allez les voir, leur expliquer ce qu'il s'est passé, leur dire la vérité. Leur demander de l'aide.
Jean rit alors, pas le même rire que Félix, non il n'y avait aucune joie ni aucune moquerie dans ce rire, juste de la douleur.
- Tu… tu plaisantes j'espère Michel. Tu veux vraiment qu'on fasse ça, qu'on leur demande de nous aider après ce qu'on leur a fait ? On… on a littéralement kidnappé un enfant.
- Oui, lui rétorqua son frère avec gravité, pour en sauver une autre.
Un enfant contre un autre.
Ce marché avait toujours été un jeu de dupes et ils avaient été complètement incapables de le voir.
Jean soupira.
- Je voudrais que ça marche, je le voudrais vraiment, mais je doute qu'on puisse…
Il ne put jamais finir sa phrase, interrompu par une voix familière.
- Hé ! Leur lança Emma Swan avec rage.
Ils se tournèrent et la virent arriver, accompagnée de Baelfire, et ils se figèrent, tétanisés.
Ils les avaient retrouvés.
Tout à leur conversation, ils ne les avaient pas entendu arriver, et au vu de leurs visages, ils n'étaient pas heureux de les voir.
La haine sur le visage de Neal était assez parlante comme ça, et c'était pire que sur celui de la Sauveuse, parce qu'ils l'avaient trahi alors qu'il leur avait autrefois fait confiance et qu'il avait littéralement sacrifié sa liberté pour les sauver de l'ombre de Peter Pan.
Et Jean tout comme Michel savaient pertinemment que toutes les excuses du monde n'y changeraient rien.
La blonde croisa les bras, les fusillant du regard.
- Il me semble que nous avons des choses à nous dire. »
Oh que oui.
Ça allait être une longue, très longue conversation…
A suivre…
Chapter 92: Une mission dangereuse.
Notes:
Titre du 22/01/2022 : Une mission dangereuse
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Jean Darling (OUAT)
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Genya (Grisha) : Darkling : Écrire sur quelqu'un qui trahit ses amis pour survivre ou sur un enfant qui ne reçoit pas le soutient dont il aurait besoin
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, de secondaire à principal, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Jean se sentait si las.
Même si courir avait été une option (et ce n'en était pas une parce qu'ils n'auraient pas pu aller bien loin, parce qu'ils n'étaient que deux, et parce qu'Emma en tant que shérif adjointe avait très probablement une arme sur elle et les aurait arrêtés dès qu'ils auraient tenté quoi que ce soit), il n'aurait même pas eu la force de le faire.
Et puis de toute façon, à quoi bon ?
Pourquoi essayer de fuir, alors qu'ils n'avaient plus d'option, alors qu'ils n'avaient nulle part où aller ?
Alors que tout ce qu'ils avaient tenté avait été vain, qu'ils avaient agi pour rien, qu'ils avaient fait ce qu'ils devaient faire sans obtenir le moindre résultat, alors qu'ils avaient trahi Baelfire sans que ça en vaille la peine, alors qu'ils avaient joué au jeu cruel de Peter Pan sans jamais savoir une seule seconde qu'il était truqué et qu'ils n'avaient jamais été supposés l'emporter.
Et puis après ce qu'ils avaient fait aux habitants de Storybrooke, ils leur devaient bien quelques réponses.
Jean soupira avant de s'avancer, suivi par Michel.
« On vous écoute.
- Est-ce que vous vous appelez bien Jean et Michel Darling ?
Il n'était pas surpris du fait que la Sauveuse les attaque immédiatement sur ce sujet-là, de ce qu'il savait d'elle, elle était plutôt directe.
- Oui, confirma Jean. »
Il vit alors Neal fermer les yeux pendant quelques secondes, atterré, avant de les rouvrir et de regarder les deux frères droit dans les yeux.
Jamais Jean Darling n'avait vu autant de colère, de haine et de rage dans son regard, et savoir que ça lui était destiné, et pire encore, qu'il l'avait totalement mérité, lui brisa le cœur en mille morceaux.
Je suis désolé, pensa-t-il, je voulais sauver ma sœur, je ne voulais pas sacrifier ton fils mais je pensais que c'était le seul moyen et je les ai perdus tous les deux maintenant et je suis tellement désolé.
Emma les regarda d'un air interdit, stupéfaite une fois de plus par ce que la magie pouvait accomplir comme prouesses.
Donc Neal avait eu raison, ils étaient bien les frères Darling, et ils avaient enlevé Henry.
Pourquoi ?
Ça n'avait pas le moindre sens.
Et surtout, ils…
Oh.
Ils ne lui avaient pas menti là non plus, pas vraiment.
Après tout, ils lui avaient certes dit que leurs noms étaient Marc et James Smith, mais s'ils se faisaient appeler ainsi, alors ça l'était effectivement, c'était devenu leur identité véritable aux yeux de tous et peut-être même à leurs propres yeux.
Elle ne leur avait pas demandé s'il s'agissait de leurs véritables noms.
Elle aurait dû.
Dieux, quelle idiote elle avait été !
Quand elle vit Neal s'avancer vers eux, les poings serrés, elle sut qu'elle devait l'arrêter avant qu'il ne fasse une bêtise.
Pourtant, contrairement à ce qu'elle craignait, il ne s'en prit pas aux deux frères, ne les attaqua pas ni ne les frappa, se contentant de les regarder avec les yeux emplis de désespoir.
Et elle se souvint du lien qu'ils partageaient autrefois, de cette famille qu'ils avaient brièvement formé, et elle comprit aussitôt ce qu'il devait ressentir.
Après tout, c'était à peu près ce qu'elle avait elle-même éprouvé quand Neal l'avait abandonnée plus de dix ans plus tôt…
Oh comme elle aurait aimé que l'histoire ne se répète pas de cette façon, aussi cruellement.
Et puis soudain, l'explosion.
Elle aurait dû s'y attendre.
« Pourquoi ? Leur hurla alors Neal au visage, hors de lui. Pourquoi avez-vous enlevé notre fils ?
Emma vit la douleur dans les yeux de Michel, la peine dans ceux de Jean ainsi que la culpabilité dans leurs deux regards et elle ne comprit pas.
Elle ne comprenait absolument rien à ce qui était en train de se passer.
Ce fut Jean qui leur offrit la réponse à cette question qui les hantait depuis des heures.
- Parce qu'il détient Wendy ! Rugit-il.
Et brusquement, le temps parut s'arrêter complètement.
Emma se figea, incrédule.
Wendy…
Leur sœur ?
Ça expliquait tellement de choses, réalisa-t-elle alors.
Jean eut presque l'impression de mieux respirer qu'avant, ça y est, il l'avait dit, cette vérité que lui et Michel gardaient depuis si longtemps, une vérité qu'ils n'avaient jamais pu avouer à leurs parents qui étaient morts sans jamais savoir ce qui était réellement arrivé à leur fille, ni même où elle était, et encore moins qu'elle était toujours vivante.
Qu'elle avait désespérément besoin de leur aide, une aide qu'ils étaient incapables de lui apporter.
Une vérité si douloureuse et si cruelle.
Le regard de Neal se fit perdu, plus encore qu'il ne l'était déjà.
- Quoi ? Je ne… je ne comprends pas.
- Elle est au Pays Imaginaire, continua Michel, Peter Pan la retient là-bas.
Baelfire le regarda comme s'il se trouvait face à un inconnu, avant de se tourner vers Emma.
- Emma, est-ce que… est-ce qu'ils disent la vérité ?
Elle hocha la tête et vit aussitôt son visage se décomposer.
Et elle comprenait très bien pourquoi.
Parce que ce n'était pas censé arriver.
Parce qu'il avait fait le nécessaire pour qu'elle ne soit pas impliquée.
Alors dans ce cas-là, pourquoi cela s'était-il produit malgré tous ses efforts ?
Il jeta un regard hagard à ses deux anciens amis.
- Je… je ne… C'est impossible, nia-t-il, elle… je… C'est pour ça que je suis allé au Pays Imaginaire. Que j'ai suivi l'ombre. Et j'ai passé un marché avec elle, pour qu'elle ne revienne jamais dans votre maison, qu'elle laisse votre famille tranquille. Et… et de toute façon elle ne serait pas revenue pour chercher votre sœur, elle… Peter Pan recherchait un garçon, ça je m'en souviens.
Peut-être a-t-il fini par le trouver, lui souffla une petite voix sinistre à l'intérieur de son crâne.
Et si c'était le cas ?
Et si le garçon qu'il recherchait depuis si longtemps, depuis des siècles, c'était Henry ?
La terreur l'envahit et il repoussa l'idée le plus loin possible de lui dès qu'elle lui traversa l'esprit.
Non.
Ce n'était pas possible, l'univers ne pouvait pas lui faire un coup pareil.
Un sourire triste et amer se peignit alors sur le visage de Jean et Neal eut la certitude absolue qu'il n'allait pas aimer ce qu'il allait entendre.
- Parce que ce n'est pas ce qu'il s'est passé Baelfire, lui confia-t-il, ce n'est pas l'ombre qui est venue.
- Comment cela ?
- C'est Wendy qui est partie, lui expliqua alors Michel, elle a appelé l'ombre, elle est retournée au Pays Imaginaire.
Neal Cassidy eut alors l'impression que le monde tournait autour de lui et que plus rien n'avait de sens.
Wendy, retourner là-bas, dans cet enfer, alors qu'elle savait pertinemment quel monde sombre, cruel et froid c'était ?
C'était absurde !
- Pourquoi ? Demanda-t-il à nouveau, ayant l'impression que c'était la seule question qu'il avait jamais posée depuis le début de cette conversation et de ne jamais avoir eu de réponse réellement satisfaisante.
- Parce qu'elle est partie te chercher, elle voulait te retrouver, te ramener, te sauver de l'île, elle voulait que tu rentres à la maison, poursuivit Michel, une infinie tristesse dans la voix.
C'était moi qui était censé la sauver, ne put s'empêcher de penser Neal.
Et c'était ce qu'il avait cru faire, c'était ce qu'il avait pensé pendant des siècles, il s'y était accroché de toutes ses forces quand il ne lui restait plus rien et qu'il était seul et il…
Il avait échoué.
- Est-ce que… demanda-t-il avec des sanglots dans la voix, celle-ci commençant à se briser de plus en plus, est-ce que ça veut dire que… qu'elle est retenue dans ce monde depuis si longtemps ?
Ils n'eurent même pas besoin de lui répondre qu'il lut la réponse dans les regards tristes qu'ils lui adressèrent.
Contrairement à ce qu'il avait toujours cru, il ne l'avait jamais sauvée.
En fait, il n'avait jamais sauvé qui que ce soit.
Il aurait pu s'effondrer là, tout de suite, une partie de lui-même voulait le faire, parce que ça aurait été si simple, si facile, de lâcher prise, mais Henry…
Henry avait besoin d'eux, Henry était en danger, Henry était au Pays Imaginaire qui était le pire lieu au monde que Neal pouvait connaître, alors il devait tenir.
- J'ai essayé de la dissuader, poursuivit Jean, parce que c'était dangereux et que j'avais peur pour elle, mais elle ne m'a pas écouté et elle est quant même partie. Elle… elle voulait être une héroïne. Il sourit avec amertume. Ça ne lui a pas vraiment réussi.
- Et depuis, fit Michel, elle est prisonnière de l'île. Quand elle a disparu, nos parents n'ont pas compris ce qui était arrivé et le temps a passé, j'ai grandi, j'ai oublié que ça avait été réel, que la magie existait et un jour… Un jour l'ombre est revenue, accompagnée de Félix. Il nous a tout dit et il a passé un marché avec nous. Wendy serait libérée un jour si nous acceptions de travailler au service de Peter Pan.
- Il vous a rendus immortels, pas vrai ? Déduisit Emma.
Le plus jeune des deux frères acquiesça.
- Et… continua la Sauveuse, il vous a demandé d'enlever Henry.
- En échange de la libération de notre sœur, lui confirma Michel.
Une libération, qui, d'après ce qu'elle pouvait voir, n'avait pas eu lieu, mais elle décida de ne pas commenter, ils avaient l'air de se sentir assez mal comme ça pour qu'elle n'ait pas à en rajouter.
- Il vous a dit pourquoi il avait besoin de lui ?
- Jamais, lui indiqua Jean, tout ce que nous savons c'est que… apparemment il a un rôle important à jouer. Mais nous ignorons lequel.
- Est-ce que vous saviez ? Lâcha soudainement Neal d'une voix accusatrice. Est-ce que vous saviez qu'Henry était mon fils ?
Michel soupira, comme s'il s'attendait à cette question.
- Pas au début non, pas avant d'arriver à Storybrooke, mais… on a compris très vite, avoua-t-il.
Neal lâcha un rire douloureux et faussement amusé.
- Alors… vous saviez. Vous saviez qui il était et pourtant ça n'a rien changé. »
Neal savait bien, rationnellement en tout cas, qu'ils n'étaient pas responsables de la situation, que ce n'était pas eux les véritables monstres, que ce n'était pas de leur faute, qu'ils avaient juste fait ce qu'ils pouvaient avec ce qu'ils avaient.
Qu'ils avaient été manipulés, qu'ils avaient juste essayé de toutes leurs forces de sauver un membre de leur famille, de sauver Wendy comme il avait tenté de le faire autrefois, comme il avait tenté de sauver les deux petits garçons qu'ils étaient alors.
Alors oui, il comprenait.
Mais ça ne changeait rien.
Parce qu'il était en colère, parce que c'était son fils qui avait été enlevé et qu'il avait peur.
Parce que Henry se trouvait à la merci de son grand-père, qu'il était seul et parce qu'il ne savait pas quelles étaient les intentions de l'enfant immortel, qu'il ne savait même pas si le fils qu'il avait à peine commencé à élever était encore en vie.
Et surtout, il avait été trahi par quelqu'un à qui il tenait, à qui il avait fait confiance, autrefois, quand il vivait encore chez eux.
Encore une fois.
Sa mère l'avait abandonné.
Son père avait fait de même par la suite, même si ça avait été un accident et qu'il avait tout fait pour arranger les choses après.
Killian Jones l'avait trahi et abandonné.
Et maintenant, il apprenait que deux de ses amis, qu'il avait considérés comme ses frères autrefois, avaient enlevé son fils et l'avaient livré à Pan en sachant exactement ce qu'ils faisaient.
Là maintenant tout de suite, il n'avait pas la force ni même l'envie d'être rationnel, juste, et encore moins de faire de concession.
Tout ce qu'il voulait, c'était laisser éclater sa colère et sa douleur, hurler à la lune tel un loup et blâmer les responsables directs les plus proches de lui.
Et en l'occurrence, c'était eux.
« Vous auriez pu me le dire ! Continua-t-il, préférant se mettre en colère pour ne pas se mettre à pleurer. Et nous demander de l'aide !
- C'est ce que je voulais faire ! Lui rétorqua Michel. Mais Jean… Jean a refusé.
- Parce qu'il s'agit de Peter Pan, parce qu'on aurait eu aucune chance ! Se défendit son frère aîné. Parce que je pensais qu'il tiendrait parole et que… qu'il nous était impossible de le battre. Baelfire… tu sais qui il est, tu sais que… tu sais à quel point il est puissant et impitoyable. Tu le sais.
Oh que oui il le savait.
Il ne le savait même que trop bien.
Ce n'était pas pour rien s'il avait mis près de deux siècles pour enfin s'échapper du Pays Imaginaire.
- C'est sûr que ça vous a bien réussi de lui obéir, ironisa-t-il, on voit ce que ça a donné.
- Tu aurais fait la même chose que nous si tu avais été à notre place ! Riposta Jean.
Était-ce le cas ? Songea sérieusement l'ancien enfant perdu.
Est-ce qu'il l'aurait fait, est-ce qu'il aurait triché, menti, trahi, si ça avait été un membre de sa famille qui avait été pris en otage ?
Il ne le saurait jamais vraiment, mais…
Mais il avait été à leur place, il savait pertinemment ce que ça faisait d'être un enfant, d'avoir peur et d'être désespéré.
Je sais reconnaître une âme désespérée.
Neal n'avait pas besoin d'être son père pour reconnaître cela chez les deux frères.
- S'il vous plaît, implora Michel, je sais qu'on aurait dû vous demander ça avant et que le mal est déjà fait mais… aidez-nous. Je vous en supplie.
Emma le regarda avec un air incrédule.
- Vous aider ? Après ce que vous nous avez fait ?
Son fils avait été enlevé, avait disparu, lui avait été arraché et elle en était séparée, à nouveau, pour la troisième fois, et c'était de leur faute et ils osaient leur demander leur aide ?
Tout comme Neal, elle non plus n'avait pas envie d'écouter, de comprendre, de compatir.
Parce qu'elle avait déjà trop souffert, parce qu'elle pensait enfin être en paix, être heureuse, être sur la voie de la guérison et voilà que tout autour d'elle s'effondrait à nouveau.
Elle ne voulait pas les aider.
Tout ce qu'elle voulait c'était laisser exploser sa colère.
Et qu'on lui rende son fils.
Michel se tordit les mains, clairement embarrassé.
- Je… Je sais bien. Mais nous pensions n'avoir pas d'autre choix et nous… nous voulons juste retrouver notre sœur. Vous avez déjà été séparée de Henry par deux fois avant, vous savez aussi bien que nous ce que ça fait, plaida-t-il.
Le regard d'Emma se fit alors glacial, avant qu'elle ne se mette à applaudir, d'une manière clairement sarcastique.
- Bravo. Toutes mes félicitations, vous avez tous les deux parfaitement joué vos rôles de nouveaux venus en ville, d'ignorants prétendant ne rien savoir de nous, et je n'ai rien vu venir. Bien joué.
Michel grimaça.
- Croyez-moi, ce n'était nullement de gaîté de cœur.
Et elle le croyait à ce sujet, ce n'était pas ça le problème.
Sauf que ça ne changeait rien.
- Nous pourrions vous aider, proposa Jean, pour retrouver Henry et Wendy, les arracher aux griffes de Pan, si du moins c'est possible, nous dire ce que nous savons de l'île et des enfants perdus. S'il vous plaît. Nous… nous n'avons de toute façon plus rien d'autre à perdre à présent. »
Elle connaissait bien ce sentiment de désespoir, elle l'avait ressenti quand son petit garçon était allé de lui-même dans un autre monde, avant même qu'elle ne connaisse l'existence de la magie, qu'elle n'y croit réellement, et qu'elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait.
Elle savait bien ce que ce genre de douleur et de peur provoquait, aussi, en lisant la peine et la souffrance sincères dans leur yeux, ainsi qu'une peur qu'elle n'avait expérimenté que pendant trop de temps, la blonde sentit sa colère lentement retomber.
Elle ne connaissait pas Peter Pan, du moins pas autrement que par les livres, les dessins animés, les séries ou les films.
Mais ce qu'elle savait de lui, de ce qu'il était dans leur monde et pas dans la fiction, était suffisant pour la terrifier.
Parce que Neal avait peur de lui.
Parce que Rumplestiltskin, un sorcier immortel et sans doute le plus puissant magicien qu'elle avait jamais rencontré avait aussi peur de lui.
Alors comment est-ce que deux gamins seuls comme eux auraient pu lutter contre lui et faire autrement que jouer à son jeu aux règles cruelles ?
Elle s'imagina à leur place, luttant depuis deux cents ans pour retrouver son fils, voyant tous ceux qui s'opposaient au maître de l'île échouer et réalisa à contre-cœur que oui, ce que Jean avait balancé à Neal quelques instants plus tôt était vrai.
Ils auraient probablement fait la même chose s'ils avaient été à leur place.
Elle soupira avant de se tourner vers Neal et de lire dans ses yeux qu'ils étaient parvenus à environ la même conclusion.
« Très bien… On va… on va retourner en ville et attendre que Gold revienne avec Regina et à ce moment-là on… on avisera et on verra ce qu'on fera.
Retrouver Henry.
C'était la seule chose qui importait vraiment, la seule chose qui valait la peine qu'ils se battent là tout de suite.
Ils pourraient hurler sur Jean et Michel Darling une fois que les deux enfants (une enfant. Wendy Darling était toujours une enfant alors même que deux siècles s'étaient écoulés depuis qu'elle avait disparu. Emma devait vraiment arrêter de penser à la manière bizarre dont le temps pouvait fonctionner dans ce monde et les autres sinon tout ce qu'elle y gagnerait ce serait une migraine.) seraient retrouvés et sains et saufs.
Si c'était possible du moins…
Parce que, maintenant qu'elle connaissait la vérité, que l'incertitude avait disparu pour de bon, les choses étaient presque pires.
Parce qu'elle savait ce qu'était ce qu'ils affrontaient et que ça lui foutait la trouille comme jamais auparavant.
Elle avait eu peur quand Henry avait disparu et qu'elle avait cru le perdre pour toujours.
Elle avait eu peur face à Maléfique.
Elle avait eu peur lorsque Cora et Killian Jones avaient débarqué en ville.
Mais ça…
C'était bien pire que tout ce qu'ils avaient déjà affronté par le passé.
- On va utiliser votre voiture, ajouta-t-elle en tendant la main vers eux, leur demandant implicitement les clefs, et cette fois, pas d'entourloupe. »
En les lui donnant, Jean faillit lui préciser qu'ils n'avaient pas la moindre intention de s'enfuir, mais il n'était pas sûr qu'elle soit d'humeur à l'écouter.
Et, alors qu'ils se retrouvaient tous les deux face au panneau Bienvenue à Storybrooke, les deux frères ne purent s'empêcher de se dire qu'ils ressentaient l'exact sentiment opposé.
A suivre…
Chapter 93: Les fantômes de sa vie.
Notes:
Titre du 19/11/2022 : Les fantômes de sa vie
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects des… livres d'Agatha Christie : Le crime de l'Orient-Express : Écrire une scène dans un train ou une fic avec beaucoup de personnages
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Le trajet en voiture fut probablement le plus silencieux de toute l'existence d'Emma Swan.
Avec un pincement au cœur, elle se souvint de deux autres trajets qui semblaient remonter si loin désormais.
Celui de sa rencontre avec Neal, dans ce même véhicule, une décennie plus tôt.
Et surtout, quelques mois plus tôt, celui avec Henry, la menant tout droit vers Storybrooke et un futur qu'elle n'aurait jamais cru une seule seconde possible ou imaginable.
Un trajet qui semblait si anodin en apparence mais qui avait changé son existence toute entière.
À l'arrière, Jean et Michel Darling affichaient les mêmes airs tristes et coupables et elle avait le sentiment que ce n'était nullement feint, qu'ils s'en voulaient réellement pour ce qu'ils avaient fait.
Ça ne l'empêchait nullement d'être terriblement en colère.
Contre eux, pour la catastrophe qu'ils avaient déclenchée.
Contre elle-même pour n'avoir rien vu venir.
Contre Peter Pan pour avoir osé enlever son fils.
Contre l'univers qui s'en prenait à elle et à sa famille une fois de plus.
À côté d'elle, Neal était toujours aussi maussade et elle savait bien qu'aucun mot de réconfort qu'elle aurait pu lui dire n'aurait réussi à l'aider à aller mieux, tout simplement parce qu'elle ressentait exactement la même chose que lui à cet instant.
Un sentiment démesuré de complète impuissance.
Une fois arrivée devant la mairie, elle se gara avant d'y emmener les deux frères pour ensuite les menotter tous les deux à une table puis d'expliquer la situation à ses parents qui se chargèrent de disperser la foule.
Emma grimaça quand ils lui dirent que le Ténébreux et la sorcière n'étaient toujours pas arrivés, avant de se dire qu'elle allait prendre son mal en patience.
Elle s'assit avant de très vite réaliser que c'était probablement une mauvaise idée et que, énervée comme elle l'était, elle n'allait probablement pas longtemps tenir en place avant d'exploser.
De son côté, Neal continuait de regarder ses deux anciens frères adoptifs avec la même expression de colère dans les yeux, avant de finalement se lever, décidant probablement que leur simple vue lui était insupportable, en déduisit Emma, et de sortir.
La blonde le suivit, machinalement, principalement parce qu'elle n'avait rien de mieux à faire.
Et aussi parce que le laisser seul dans cette situation était tout sauf une bonne idée.
La ville était toujours en pleine effervescence mais malgré tout, Emma avait l'impression que le bruit n'était pas suffisant pour l'empêcher de rester seule avec ses pensées tournant en boucle dans sa tête.
« Je suppose que te demander comment tu vas ne servirait à rien.
Neal lui répondit même pas, les poings serrés par la rage.
Il se passa plusieurs minutes avant qu'il ne décroche à nouveau quelques mots.
- Elle était censée être en sécurité, lâcha-t-il d'une voix rauque et brisée.
Emma n'eut même pas besoin de lui demander de qui il parlait pour parvenir à le deviner toute seule.
Wendy Darling.
Qui d'autre après tout ?
- Je sais, se contenta-t-elle de lui répondre, ne sachant pas quoi lui dire de plus, ne sachant pas quoi faire pour le réconforter quand elle n'était même pas capable de le faire pour elle-même ou pour ses parents.
- Elle était supposée être saine et sauve, poursuivit-il, presque comme s'il ne l'avait pas entendue, je… J'ai fait ça pour elle. Pour sa famille. Pour ses petits frères. Pour que plus rien de mal ne leur arrive, qu'ils soient protégés, que l'ombre ne revienne jamais les hanter… Parce que je voulais que leur famille ne soit pas brisée comme la mienne l'avait été, pour que la magie… la magie noire ne les détruise pas eux aussi. Et pourtant ça n'a pas marché. Ça n'a servi à rien. Je… Ce que j'ai fait a été totalement inutile.
Quand il se tourna vers elle, elle vit ce qu'elle soupçonnait déjà quand elle entendait des sanglots dans sa voix brisée.
Il pleurait.
- Je croyais qu'elle était en sécurité ! Je… je croyais que j'avais réussi, que je les avais protégés, que tout irait bien pour eux, qu'avoir abandonné ma liberté, m'être sacrifié pour eux serait suffisant. Sauf que ça ne l'a pas été. Et que j'apprends seulement maintenant qu'elle est prisonnière de l'île depuis deux cents ans alors que moi je suis libre. Et que si je l'avais su, j'aurais pu la sauver, l'emmener avec moi ! Elle est repartie là-bas, pour me chercher, pour me sauver, pour me ramener, et elle y est toujours et c'est de ma faute.
- Non, le contra immédiatement Emma. C'est de la faute de Peter Pan et de personne d'autre.
- Elle est là-bas parce que j'ai atterri chez elle, parce que j'ai voulu l'aider. Et maintenant je… je ne sais plus quoi faire. J'ai peur Emma, j'ai tellement peur, parce qu'il s'agit de Peter Pan, et bon sang qu'est-ce qu'il va arriver à Henry ?
Elle l'avait détesté, avant.
Elle avait été en colère aussi, pendant longtemps, et cette colère commençait doucement à cesser d'être aussi présente qu'auparavant.
Là tout de suite, elle ne ressentait plus la moindre colère, plus aucune rancune contre lui.
Elle l'avait pardonné, pour de bon.
Avant, elle aurait hésité à l'idée de le serrer dans ses bras, parce qu'il lui avait fait beaucoup trop de mal, mais désormais ça n'avait plus d'importance, parce qu'ils souffraient bien trop tous les deux.
Aussi elle le serra contre elle, et en entendant ses sanglots, elle ne put s'empêcher de pleurer elle aussi parce que c'était leur fils qui avait disparu.
Je te pardonne, songea-t-elle.
Mais ça ne lui aurait pas fait le moindre bien de l'entendre, alors elle se tut.
Elle garderait ça pour plus tard, quand ils seraient enfin tranquilles, que Peter Pan serait battu et qu'ils auraient du temps pour eux, pour penser à autre chose qu'à leur fils disparu, une fois qu'ils l'auraient sauvé.
Parce que oui, ils sauveraient Henry.
Que les dieux la pardonnent ils y arriveraient, ils le ramèneraient à la maison.
Et ce, même si c'était la dernière chose qu'elle devait faire.
Même si pour ça elle devait réduire cette foutue île en cendres jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien.
§§§§
Alors qu'elle s'apprêtait à rentrer à Storybrooke, Regina Mills souriait.
Parce que les choses avançaient.
Parce que la Forêt Enchantée ne serait plus jamais la même et que certaines choses ne changeraient jamais non plus, qu'elle serait toujours vue comme la méchante reine, mais…
Mais il y avait certaines choses que sa malédiction avait détruites, abîmées, mises en pièce dans ce monde qui commençaient à guérir, grâce à ses efforts et à ceux des habitants, grâce à sa magie, et ça prendrait du temps.
Mais ils étaient sur la bonne voie.
Aussi, quand elle vit Rumplestiltskin arriver en franchissant un portail, elle continua de sourire, ne remarquant pas tout de suite son air soucieux.
« Rumple ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Regina… Commença-t-il d'une voix où transparaissaient clairement l'inquiétude et la peur.
Ce fut à ce moment-là qu'elle fit attention à l'expression de son visage.
Son sourire s'effaça aussitôt.
- On a un problème, poursuivit-il.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle, sentant une peur panique commencer à l'envahir parce que pour que le Ténébreux en personne vienne la voir dans un autre monde et l'y chercher pour la ramener d'urgence à Storybrooke au lieu d'attendre qu'elle revienne ou de s'occuper de la situation lui-même, alors ça signifiait que c'était forcément grave. Est-ce que… Zelena…
Il secoua la tête.
- Non. Moi aussi j'y ai pensé mais ce n'est pas elle. C'est Henry.
Elle fronça les sourcils, perplexe.
- Quoi Henry ?
- Il a été enlevé.
La brune sentit le sol se dérober sous ses pieds.
Elle regarda son ancien mentor comme s'il venait de lui annoncer que la fin du monde était tout juste sur le point de se produire.
- Comment ça enlevé ?
Cora était morte, Crochet était en prison (et non seulement elle doutait à la fois qu'il ait décidé de faire une chose pareille et que Rumplestiltskin ait besoin de son aide pour l'arrêter à moins que le pirate n'ait déjà quitté la ville, ce qui lui semblait assez improbable), et si ce n'était pas Zelena, alors…
Qui ?
Pas un des habitants de la ville, le roi George n'avait rien tenté depuis la fin de la malédiction et il n'aurait pas été assez stupide pour agir ainsi, sans compter qu'elle savait qu'il n'avait pas d'alliés capables de pratiquer la magie et il n'aurait eu aucune raison de le faire.
Elle eut beau chercher, elle ne trouva pas.
C'était forcément quelqu'un d'un autre monde.
Elle ne s'attendait aucunement aux noms qui sortirent de la bouche de son ancien ennemi.
- Marc et James Smith. Ils l'ont enlevé quand il était avec Neal et ils ont sauté avec lui dans un portail. Ils ont utilisé un haricot magique.
Elle se figea, stupéfaite.
- Mais… mais ils viennent du monde sans magie ! Comment et surtout pourquoi auraient-ils fait une chose pareille ?
Ça n'avait aucun sens.
- D'après Neal, il s'agirait en réalité de Jean et Michel Darling.
- Darling ? Comme dans Peter Pan ?
Parfois, malgré le fait d'être elle-même perçue comme un personnage de contes de fées dans le monde sans magie, elle avait tendance à oublier que certaines choses crues fictives étaient en vérité réelles.
- L'un des deux frères l'a appelé Baelfire avant de disparaître.
Regina ne l'écoutait presque plus.
Ça recommençait.
L'histoire se répétait et cette fois ce n'était même pas de sa faute.
- Est-ce que tu as une idée d'où ils auraient pu l'emmener ?
Il fallait qu'elle se raccroche à ça, à quelque chose de concret, à une piste, elle ne devait plus s'arrêter pour réfléchir sinon elle ferait du sur-place.
Sinon, elle s'écroulerait parce que Henry avait encore disparu et qu'elle ne savait pas comment faire pour le retrouver ni même où il était.
Mais cette fois les choses étaient différentes.
Elle n'était plus seule, elle avait sa magie, un moyen pour le retrouver et elle savait qu'il était dans un autre monde, elle ne tâtonnerait pas dans le noir comme la dernière fois, elle ne perdrait pas autant de temps, du moins, elle l'espérait.
Il secoua la tête.
- Je… Non je ne sais pas, j'ai peut-être une idée mais je ne sais pas comment…
Et, soudainement, Regina fut frappée par une illumination.
- Le globe.
Rumplestiltskin la regarda avec perplexité.
- Quoi ?
- Le globe ! Répéta-t-elle avec précipitation. La sphère, l'objet magique que ma mère voulait te donner pour te permettre de trouver ton fils à l'époque où elle ignorait encore que tu l'avais déjà retrouvé. Puisqu'il permet de savoir où se trouve n'importe qui quelque soit l'endroit, il devrait pouvoir localiser Henry, au moins dans quel monde il est.
Une lueur de compréhension s'alluma dans ses yeux.
Paniqué comme il l'était, il n'y avait même pas pensé, ne s'en était pas souvenu.
- Tu as raison. Il faut qu'on rentre et qu'on l'utilise, et alors… on saura. Et tu peux me croire Regina quand je te dis que je n'ai jamais autant voulu avoir tort à propos de quelque chose de toute ma vie.
- Où penses-tu qu'il se trouve ? L'interrogea-t-elle, curieuse, essayant de se focaliser sur autre chose que sur la peur qui lui dévorait de plus en plus le ventre.
- Au Pays Imaginaire, lâcha-t-il dans un frisson.
- Et… ce serait si affreux que ça ?
Le regard qu'il lui lança lui glaça le sang, parce que dans ses yeux, il y avait une émotion qu'elle y avait rarement vue.
De la peur mêlée à une haine qui la fit reculer, même si elle savait qu'elle ne lui était pas destinée.
- Tu n'as même pas idée à quel point… »
Elle aurait aimé ne jamais savoir en vérité.
Elle aurait voulu continuer à tout ignorer de ce monde, ne pas avoir à potentiellement y aller pour sauver son fils d'une menace qu'elle ne connaissait que vaguement et qui ne pouvait être que Peter Pan et qui effrayait même le sorcier immortel qui se trouvait devant elle et qui lui apparaissait autrefois comme indestructible et n'ayant peur de rien.
Parce que s'il avait raison, si Henry était bien là-bas…
Alors le récupérer sain et sauf risquait bien de devenir mission impossible…
A suivre…
Chapter 94: Au bord du ravin.
Notes:
Titre du 08/01/2022 : Au bord du ravin
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Bilquis (American Gods) : Démon : Écrire sur quelqu'un qui a le pouvoir de maudire ou écrire sur un assassin
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
La première fois qu’Emma Swan avait vu un portail magique s’ouvrir devant ses yeux, ça avait été l’un des plus beaux moments de toute sa vie.
Parce que c’était le jour où son fils lui avait été rendu.
Celui il était revenu, où le cauchemar s’était enfin achevé, où son monde avait basculé une fois de plus dans la folie, faisant encore moins de sens qu’avant.
Aujourd'hui en revanche, voir un nouveau portail s’ouvrir était à ses yeux bien moins féerique que la toute première fois que c’était arrivé.
Et le fait qu’il laisse passer Regina accompagnée du Ténébreux ne fut même pas suffisant pour lui faire éprouver une quelconque forme de soulagement.
Aussitôt qu’elle eut franchi le portail, le regard de Regina se posa immédiatement sur Emma, ne voyant personne d’autre, comme si rien d’autre au monde ne comptait actuellement.
C’était logique après tout, elles étaient les deux mères de Henry, mais la brune voyait également la femme dont elle était train de tomber amoureuse ressentir exactement la même détresse qu’elle.
Et ça lui brisait le cœur, de voir qu’après tous leurs efforts communs effectués pour que les choses s’améliorent, tout s’écroulait, tombait à la renverse une fois de plus.
Et elles étaient complètement impuissantes.
« Emma, lâcha Regina dans un souffle.
Il y avait tellement de choses qu’elle aurait aimé lui dire.
Qu’elle était désolée que l’histoire se répète, qu’elle aurait aimé être là quand c’était arrivé, pour l’empêcher de se produire.
Elle ne parvint pas à prononcer un seul mot.
- Regina, laissa échapper à son tour Emma en réponse, semblant au moins aussi bouleversée qu’elle. »
Puis il se produisit une chose à laquelle elle ne s’attendait pas.
La blonde se précipita vers elle pour la serrer dans ses bras, la serrant le plus fort possible, comme si elle voulait s’assurer qu’elle était vraiment réelle, faire en sorte qu’elle ne disparaisse pas elle aussi.
Et la sorcière la serra contre elle elle aussi, parce qu’elle avait besoin de ça, elle avait besoin de savoir qu’elle n’était pas seule, que comme la dernière fois alors qu’elles étaient encore ennemies, elles allaient s’entraider, s’épauler et se soutenir.
Parce que c’était bien le cas, que désormais, tout était différent, elles étaient une famille et ce ne fut qu’à cet instant que Regina le réalisa pour de bon.
Elles n’étaient plus ennemies.
Vu le contexte, ce constat la rendit moins heureuse qu’il ne l’aurait dû.
De son côté, Emma ne pouvait s’empêcher d’avoir le cœur lourd.
Ça n’aurait pas dû se passer comme ça.
Ce câlin, cette première étreinte qu’elles partageaient ensemble, aurait se produire dans d’autres circonstances et ne pas être provoquée par le désespoir qu’elle ressentait actuellement.
Avant, elle ne l’aurait pas serré dans ses bras, parce que Regina était l’ennemie, puis parce que leur rapprochement était un peu trop hésitant et qu’elles n’étaient pas encore assez proches pour ça.
Mais maintenant c’était le cas, et dans les pires circonstances possibles et elle haïssait sincèrement Peter Pan de leur avoir volé ça.
Puis, une fois qu’elle se fut dégagée de ses bras, l’expression sur le visage de Regina changea, devenant de la haine pure et la Sauveuse n’eut même pas à tourner la tête pour deviner qui elle venait tout juste d’apercevoir.
Les frères Darling.
« Vous… Leur lança-t-elle avec dans la voix un mélange de mépris, de dédain et de haine et en la regardant, Emma eut le sentiment de réellement se retrouver en face de la méchante reine qu’elle était autrefois.
Alors qu’elle allait s’avancer vers eux, la princesse la retint par le bras.
- Non, Regina, reste là.
Son interlocutrice la regarda avec étonnement.
- Pourquoi ?
- Et vous aussi, préféra-t-elle dire à Rumplestiltskin par précaution, vous ne bougez pas.
- Pour quelle raison ? Lui demanda l’antiquaire, passablement irrité, fusillant les deux londoniens du regard, faisant se dire à Emma que si un regard avait pu tuer, ils n’auraient pas fait long feu.
Elle soupira.
- Parce qu’ils nous ont déjà dit ce qu’on avait besoin de savoir. Parce qu’ils ont été envoyés par Peter Pan. Parce que Henry… est au Pays Imaginaire.
Monsieur Gold ferma les yeux et ce fut comme s’il avait pris dix ans en seulement quelques secondes.
- Oh par les dieux… Et moi qui espérais me tromper.
Un silence s’abattit sur la pièce, puis Regina croisa les bras avant de se tourner vers Emma.
- Très bien… Raconte-moi tout. »
§§§§
Rumplestiltskin lança un regard suspicieux aux deux frères une fois qu’Emma eut terminé son récit.
« Vous êtes sûre qu’ils disent la vérité ?
Ça concordait avec ce que Neal avait pu lui dire d’eux et de son passé, mais il voulait juste à tout prix s’accrocher à l’infime espoir que tout ne soit qu’un mensonge et que son petit-fils ne soit pas là-bas.
N’importe où dans n’importe quel monde à part dans celui-ci, pria-t-il, implorant le ciel tout en sachant qu’il ne serait jamais écouté et que ça ne changerait rien.
À sa grande déception, elle acquiesça immédiatement avec assurance.
Évidemment.
Il fallait que le petit garçon se trouve dans l’un des pires endroits qui existe dans l’univers, aux mains du pire monstre qu’il avait jamais côtoyé au cours de sa longue vie.
- Certaine. Ils ne mentent pas.
- De toute façon, indiqua Regina, nous disposons d’un moyen de nous assurer de l’endroit où se trouve Henry.
Puis elle disparut dans un nuage de fumée violette et Emma ne put s’empêcher de cligner des yeux, éberluée.
Elle avait le sentiment qu’elle ne se ferait jamais vraiment à la téléportation magique…
Quand elle revint, elle portait une sorte de globe, et Emma haussa un sourcil surpris.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Quand cette chère Cora est venue me voir pour me demander de rester neutre, lui répondit Rumplestiltskin, elle m’avait apporté un cadeau. Ce globe qui permet de retrouver où se trouve une personne, quelque soit l’endroit en question… Je n’en avais pas besoin alors, mais je pense… qu’il pourra nous être utile aujourd’hui.
- Pour une fois que ma mère fait quelque chose de bien même si c’est malgré elle, ironisa Regina.
Le sorcier se piqua le doigt, versant une goutte de sang et un continent se dessina sur la carte, qui ne ressemblait à rien à ce qu’Emma avait vu durant toute sa vie et ses cours de géographie.
Un point indiqua l’endroit où Henry se trouvait, et le visage de l’immortel perdit immédiatement toutes ses couleurs, de même que celui de Neal.
- Ils n’ont pas menti, reconnut-il à contre-cœur, Henry… Henry est bien au Pays Imaginaire.
Le Pays Imaginaire…
Et Emma qui aurait aimé ne jamais avoir à y mettre les pieds de toute sa vie…
- Et merde, lâcha-t-elle avec lassitude. »
Ça résumait plutôt bien leur situation.
§§§§
En voyant Regina se diriger vers les deux natifs du dix-neuvième siècle, Emma faillit l’arrêter avant de réaliser que la brune n’avait pas l’intention de les attaquer.
« Pourquoi ? Leur demanda-t-elle, la voix emplie de rage et aussi d’une peur qu’elle avait bien du mal à dissimuler. Pourquoi Peter Pan vous a-t-il demandé d’enlever mon fils ? Qu’est-ce qu’il lui veut ?
Il n’y avait rien à part de sincères regrets sur les deux visages qui lui faisaient face.
- Nous ne le savons pas, lui expliqua Michel. Nous ne l’avons jamais su.
- Tout ce que nous savons, ajouta Jean, c’est qu’il le cherche depuis très longtemps, depuis probablement avant même que nous ne soyons forcés à travailler pour lui.
- Je pense qu’il le cherchait déjà à l’époque où j’étais sur l’île, intervint Neal. Alors que tout le monde le regardait avec surprise, il développa. Quand… quand Crochet m’a livré à Peter Pan et que j’ai atterri chez les enfants perdus, je me souviens que Félix avait un papier sur lui, je n’ai jamais su ce que c’était à l’époque, tout ce que je savais c’est que je n’étais pas celui qu’il cherchait. Je suppose que c’était un dessin représentant Henry ou bien que son nom était inscrit dessus.
- Son visage y était dessiné, confirma Jean. C’est comme ça que nous avons pu le trouver aussi facilement.
- Alors… Dit Emma, perplexe, ça veut dire que Peter Pan… le cherchait et connaissait son existence bien avant qu’il ne naisse ? Comment ? Et Gold, je vous interdis de me répondre simplement en disant un truc du genre « la magie » en prenant un air mystérieux.
Malgré la situation, le sorcier eut un léger sourire.
- Je ne sais pas, je… Je dois reconnaître que je connais assez mal sa magie, celle de l’ombre ou celle de l’île, je n’y ai passé que peu de temps, alors… J’ignore comment il a pu le savoir ni pourquoi il a besoin de lui à ce point-là pour le rechercher depuis près de deux siècles. »
Peut-être même le recherchait-il depuis qu’il l’avait abandonné en devenant Peter Pan, ce qui n’était guère réconfortant.
Avait-il su à l’époque, le savait-il désormais ?
Que c’était son propre arrière-petit-fils qu’il ferait enlever un jour ?
Si oui, ça ne rendait les choses que pires encore qu’elles ne l’étaient déjà.
Mais son père avait toujours été un monstre alors Rumplestiltskin ne s’attendait pas à moins venant de lui de toute façon, et il n’arrivait même pas à se sentir en colère ni même déçu.
Seulement amer.
Il avait enfin réussi à reconstruire une famille, à retrouver son fils, à changer en tentant de continuer à contrôler les ténèbres en lui, et voilà que son père lui volait tout en un instant, lui gâchait la vie une fois de plus.
Sans qu’il ne sache vraiment pourquoi.
C’était très certainement ça le pire, l’incertitude.
Ne pas savoir où se trouvait Henry était affreux, et le savoir l’était tout autant, mais au moins en sachant où aller, ils pouvaient formuler un plan, quelque chose, et ce n’était pas rien.
C’était presque suffisant pour faire disparaître la peur qui rongeait actuellement leurs cœurs.
Mais ignorer pourquoi il l’avait enlevé, c’était terrifiant.
Ils ne savaient pas ce qu’il voulait de lui, pourquoi il voulait l’utiliser, dans quel but, si l’enfant serait encore en vie une fois qu’ils seraient arrivés sur l’île.
S’il ne serait pas déjà trop tard quand ils passeraient d’un monde à l’autre, et il préférait ne pas y penser.
« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
Rumplestiltskin n’aimait pas le désespoir qui transparaissait dans la voix de la Sauveuse.
Parce qu’elle était la Sauveuse justement, qu’elle était censée être pleine d’espoir, en être l’emblème, les guider.
Comment étaient-ils censés faire si elle ne l’était plus ?
Ils devaient tous tenir, à tout prix, rester debout, ne pas s’écrouler, même si le désespoir les envahissait.
Peter Pan avait déjà bousillé sa vie une fois.
Il ne le laisserait pas recommencer une fois de plus, il ne le laisserait pas gagner une fois de plus, même si la peur avait envahi chaque fibre de son corps depuis qu’il avait compris qui détenait son petit-fils.
Même si une voix issue de son passé résonnait une nouvelle fois à ses oreilles, telle un sinistre présage.
Le garçon te mènera à lui.
Le garçon… causera ta perte.
Il aurait aimé pouvoir oublier ça.
« On doit aller le chercher, lui rétorqua aussitôt Regina, le plus vite possible. Qui sait ce qu’il est en train de subir là-bas…
Aucun d’eux n’avait réellement envie de le savoir.
- On ne doit pas se précipiter, leur indiqua Jean, je suis aussi pressé que vous de retrouver Henry et Wendy, mais… Il frissonna. Je sais de quoi lui, son ombre et les enfants perdus sont capables. Si vous voulez le battre, vous devez être prêts.
- On a besoin de quelqu’un qui connaisse bien l’île, dit Emma, reprenant un peu d’aplomb, qui nous permettra de nous y diriger sans problème, de ne pas nous perdre. On ne peut pas débarquer comme ça en espérant être en terrain connu, pas alors que seulement quatre d’entre nous sont déjà allés au Pays Imaginaire et pas toujours pour un long séjour.
- Oh bordel c’est pas vrai, lâcha alors Neal, consterné.
Son ancienne petite-amie fronça les sourcils.
- Quoi ?
Il soupira.
- Je viens de penser à un truc… Tu as parfaitement raison, ce n’est pas comme ici, ou dans le monde sans magie ou dans la Forêt Enchantée. Cette île… elle est mauvaise et maléfique. Ce n’est pas pour rien que j’ai tout fait pour m’en échapper.
- Vous y avez vécu pendant près de deux siècles, non ? S’enquit Regina. Vous devriez pouvoir vous y retrouver et nous aider à nous repérer.
Il grimaça.
- En théorie oui, mais… Mais je dois être honnête, je n’ai pas passé une grande partie de ma captivité à explorer l’île, pas après en avoir fait le tour, et puis quand j’ai fui de chez les enfants perdus, j’ai fait en sorte d’éviter certains coins, je ne pense pas avoir tout vu. La preuve, lâcha-t-il avec défaitisme, je n’ai jamais été capable de réaliser que Wendy était là, juste sous mon nez. Et de toute façon ce n’était pas ma priorité. Ce que je voulais à l’époque, c’est fuir, pas faire du tourisme ou de l’exploration. En revanche… je connais quelqu’un qui connaît l’île mieux que personne. Et je pense que vous n’allez pas aimer ma proposition, au moins autant que moi.
- Tu penses à qui ? Lui demanda Emma, alors que le regard du Ténébreux s’assombrissait aussitôt.
Il prit une grande inspiration.
- Hé bien… à Killian Jones. Il a vécu là-bas plus longtemps que moi, c’est un marin expérimenté et il a navigué sur les eaux de l’île, il a beaucoup exploré l’île, nous pourrions y aller avec son bateau au lieu de directement débarquer sur l’île… Ça me fait mal de dire de ça mais si quelqu’un peut nous aider, c’est lui…
- C’est non, rétorqua aussitôt son père d’un ton sans appel.
- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée d’emmener deux personnes qui rêvent de s’entre-tuer dans une mission de sauvetage, ironisa Regina d’un ton sec. Mais… je dois reconnaître que c’est une bonne idée. Le tout, ce serait de le convaincre de nous aider, et d’être sûrs qu’il ne nous trahira pas si l’occasion se présente et si cela lui permet d’accomplir sa vengeance.
- Il ne nous trahira pas, lui asséna Neal avec une surprenante assurance. Il déteste Peter Pan au moins autant que nous. Histoire familiale. C’est une des choses que j’ai apprises de lui avant qu’il ne me trahisse…
Et alors, Regina se souvint.
La mort de Liam.
Qui avait péri parce qu’un roi avait menti mais aussi parce que Peter Pan avait omis de préciser quel genre de prix le grand frère du futur pirate était supposé payer.
Effectivement, ça faisait sens.
- Ça ne changera rien, objecta Blanche-Neige, il n’acceptera jamais de nous aider, sauf si on lui donne ce qu’il veut… Et on sait tous ce qu’il veut.
Tous les regards se posèrent sur le seul immortel de la pièce.
- Sauf si on le laisse partir une fois qu’on aura ramené Henry et Wendy, contra l’ancien garçon perdu. Sa liberté en échange de son aide contre Peter Pan. C’est tout ce qu’on peut lui offrir.
Cette fois-ci, ce fut lui qui se trouva au centre de l’attention.
- Pardon ? S’écria Emma d’une voix incrédule. Tu plaisantes j’espère ? Tu serais prêt à le laisser partir ?
- Crois-moi Emma, c’est la dernière chose que je veux… Mais si ça nous permet de sauver Henry… Alors je prends le risque. Et je n’ai jamais proposé qu’il soit relâché ici, ça peut tout à fait être dans un autre monde.
- Qu’est-ce qui l’empêchera de revenir ? Intervint David, sceptique. Il l’a déjà fait une fois, et maintenant qu’il est bien plus facile de voyager d’un monde à l’autre, ça risque de nous causer plus d’ennuis qu’autre chose.
- Je n’ai pas peur de lui, affirma le Ténébreux, même s’il revient et est assez idiot pour tenter de m’attaquer ou d’attaquer l’un des habitants, il suffira de l’arrêter une nouvelle fois. Alors… même si l’idée de le savoir libre ne me plaît pas du tout… je dois reconnaître que Neal a raison. S’il y a quelqu’un qui peut nous guider dans cet Enfer, c’est bien lui.
Emma soupira.
Elle le connaissait mal, mais elle avait le sentiment qu’il ne serait pas facile à convaincre.
Mais Henry était aux mains d’un sorcier immortel surpuissant alors toute aide était bonne à prendre, aussi inattendue puisse-t-elle être.
- Très bien… Ça convient à tout le monde ?
L’ensemble de l’assistance hocha la tête et elle se tourna vers Baelfire.
- Dans ce cas-là… je te laisse t’en charger. Bonne chance.
Il lui adressa un sourire dénué de joie ou d’enthousiasme.
- Merci. »
Très honnêtement, il avait tout sauf hâte…
A suivre…
Chapter 95: La chasse.
Notes:
Titre du 19/04/2022 : La chasse
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
August/Graham
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Demon Slayer (partie 1) : Tanjiro & Nezuko : Écrire sur une relation fraternelle ou écrire sur un perso qui a perdu sa famille
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, ships rares, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Quand Neal entra dans le commissariat, Graham arborait un air sombre.
Il était au courant, évidemment, tout le monde en ville devait l'être à présent, la nouvelle s'étant répandue telle une traînée de poudre depuis que Henry avait disparu, quelques heures plus tôt, et en tant que shérif, il avait probablement dû être informé de tout le reste par Emma.
Il ne fut pas vraiment surpris de voir qu'August était là, même s'il n'était pas du tout proche de lui et qu'ils continuaient de s'éviter mutuellement, il savait qu'il sortait avec l'ancien chasseur et supposa qu'il était là pour en apprendre plus sur ce qu'il s'était passé ou pour apporter des informations à son petit-ami qui ne pouvait pas vraiment sortir du commissariat alors qu'il avait encore un prisonnier à surveiller.
Et de toutes les émotions qu'il aurait pu ressentir à ce moment-là, il ne s'attendait définitivement pas à ce que ce soit la jalousie qui l'emporte.
Pourtant oui, ce fut de la jalousie qu'il ressentit en les voyant ensemble, une jalousie liée à sa propre solitude, au fait que ce qu'il avait autrefois avec Emma, il l'avait perdu pour toujours et c'était en grande partie de sa faute.
Mais c'était aussi la faute d'August.
Le problème n'était pas réellement pour lui de voir un couple heureux (même si personne en ville n'était réellement heureux en ce moment vu les circonstances), non il en voyait souvent et il n'avait qu'à regarder son père et Belle ou les parents d'Emma pour ça, le problème c'était que ça arrivait à Pinocchio.
Et que l'ancien pantin de bois ait réussi à retrouver le bonheur après avoir provoqué tant de destructions dans sa vie et celle d'Emma, même si Neal était également responsable, il l'admettait, il ne pouvait s'empêcher de sentir jaloux.
C'était puéril et idiot, et il le savait très bien, et il aurait vraiment aimé pouvoir être heureux pour lui mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir en colère.
Le fait que sa vie soit une fois de plus en train de partir en vrille n'aidait aucunement.
Il secoua la tête, il n'était pas là pour ça de toute façon.
« Est-ce que tu tiens le coup ? Lui demanda Graham en le voyant arriver.
Il haussa les épaules, se demandant encore comment il faisait pour tenir, pour ne pas avoir déjà pété les plombs ou explosé.
Sans doute parce que contrairement aux dernières fois où son monde s'était effondré, il n'était pas seul.
- Pas vraiment mais on va faire avec. Emma t'a mis au courant ?
- Oui, elle vient de m'appeler, elle m'a dit que Henry était au Pays Imaginaire et que vous alliez le chercher. Elle m'a aussi dit que tu avais besoin de parler à Jones.
Bien, il n'aurait pas besoin de lui expliquer pourquoi il était venu au moins.
- D'ailleurs, continua le policier, je vais te redire ce que j'ai déjà dit à Emma au téléphone… On vient.
Neal le regarda avec surprise.
- Quoi ?
- August et moi. On veut faire parti de l'expédition. J'ai appris pour la gamine retenue prisonnière, et Henry… s'il n'avait pas été là, la malédiction n'aurait probablement jamais été brisé et… enfin c'est Henry quoi. On s'est déjà démenés la première fois pour le retrouver, on va refaire la même chose. Hors de question qu'on le laisse là-bas.
Baelfire lui sourit, la gorge nouée par l'émotion.
En effet, il avait eu raison.
Dans cette épreuve, il était tout sauf seul.
- Merci, merci infiniment. Bon… je vais y aller alors.
- Ça va aller ? L'interrogea Graham, soucieux.
- Oui t'en fais pas. Je vais gérer. »
Il pouvait le faire, il pouvait gérer.
Pour Henry.
§§§§
Crochet n'avait rien écouté de leur conversation, se trouvant trop loin pour entendre, concentré comme il l'était sur le livre qu'il était en train de lire, n'ayant probablement rien de mieux à faire.
« Est-ce que tu es au courant ?
Le pirate leva les yeux de son livre et ce ne fut qu'à ce moment-là que Neal réalisa qu'il était en train de lire Peter Pan.
Dans d'autres circonstances, ce constat aurait pu le faire sourire voire rire.
Pas là.
Pas alors que le protagoniste de ce roman était réel et avait enlevé son propre fils.
- Au courant de quoi ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Neal ne fut pas vraiment surpris qu'il ne sache pas, Graham avait probablement mieux à faire que de le tenir au courant de ce qu'il passait en ville, il n'y avait sans doute même pas pensé.
- Mon fils Henry a été enlevé.
La surprise lui fit lâcher le livre qui tomba au sol.
- Oh. Je suis navré.
Et le pire c'était qu'il était sincère.
- Et tu sais par qui ?
Killian le regarda avec un air perdu, l'ignorant clairement.
- Absolument pas, répondit-il.
- Il a été kidnappé par Jean et Michel Darling.
Il le vit chercher pendant plusieurs secondes, courir après un souvenir presque oublié, enfoui profondément au fond de son esprit, datant de presque deux cents ans, avant qu'une lueur de compréhension ne s'allume dans ses yeux.
- Attends une seconde… Les Darling… Ce ne sont pas les mêmes que ceux chez qui tu voulais retourner quand on était au Pays Imaginaire, avant que… avant que je ne te livre à Pan ?
Le rappel à cet événement de leur passé commun aurait sans doute dû lui faire mal mais actuellement tout ce qui comptait c'était de retrouver Henry.
Et de le convaincre de les y aider.
Et ça, ça allait être tout sauf simple.
- Si, lui dit-il avec amertume. Ce sont eux. Je les pensais morts, mais il s'avère qu'ils travaillent pour Peter Pan depuis des années parce qu'il détient leur sœur Wendy…
En voyant son air perdu et perplexe, Neal lui expliqua tout, la tentative désespérée de Wendy de le sauver, son échec, sa capture par les enfants perdus, le marché passé entre les frères Darling et Peter Pan, la mission qui leur avait été confiée, l'enlèvement de Henry, la découverte que Félix et Pan n'avaient jamais eu l'attention de tenir leur parole, puis leur fuite jusqu'à Storybrooke…
- Je vois… En revanche je me pose une question. Qu'est-ce que ça a à voir avec moi ?
Neal ne put s'en empêcher, il éclata de rire.
Pas un rire amusé, loin de là, non un rire venant d'une voix proche de se briser, approchant de plus en plus du point de rupture.
- C'est drôle je n'arrive même pas à être étonné…
Puis il soupira.
- J'ai… j'ai besoin de ton aide, admit-il, même si prononcer ces mots lui coûtait beaucoup. Et je suis venu te proposer un marché.
Crochet se redressa et se rapprocha de lui, subitement intéressé.
- Quel genre de marché ?
- Comme tu le sais autant que moi, Peter Pan est quelqu'un de dangereux.
Il le vit se raidir et il n'eut même pas besoin de mentionner Liam pour savoir que le pirate pensait à lui aussi, l'enfant immortel étant au moins aussi responsable de la mort de son frère que le roi qui les avait envoyés chercher de l'ombrève en mentant sur ce que cette plante était réellement.
- Tu ne m'apprends rien, ironisa-t-il, une armure contre la douleur à travers laquelle Neal n'avait aucun mal à voir, parce qu'il en portait une similaire depuis des années.
- Et il se trouve que toi et moi on est les deux seules personnes à Storybrooke à avoir passé un temps conséquent sur cette île et à mon grand regret, je dois admettre que… que tu es celui de nous deux qui connaît le mieux ce monde et ses dangers. S'il y a bien quelqu'un qui peut nous guider au Pays Imaginaire et nous aider à sauver mon fils, c'est toi. S'il y avait eu quelqu'un d'autre, je le lui aurais demandé, mais malheureusement… il n'y a que toi.
- Et si j'accepte qu'est-ce que j'aurai en échange ?
- Et moi que pensais que tu l'aurais fait par pure bonté d'âme, ironisa Neal qui savait bien que ce n'était pas le cas, ou encore par vengeance, après tout ça te connaît, non ?
Le visage du brun s'assombrit.
- Tu me demandes de retourner sur une île qui m'a pris mon grand frère, de faire face à celui qui m'a caché la vérité sur ce qui allait arriver à Liam et qui ne m'a aucunement expliqué quel genre de prix il devait payer, causant sa mort, de l'affronter alors qu'il est immortel et surpuissant, de risquer ma vie tout ça en sachant que ton père sera là et que je n'aurai bien évidemment pas le droit d'essayer de le tuer, et tu t'attends à ce que je ne demande rien en retour ?
Neal sourit, presque amusé.
- Touché.
- Alors ? Qu'est-ce que j'aurai en échange ? Si on réussit et que nous ne mourons pas tous dans d'affreuses souffrances, cela va sans dire.
- Tu seras libre. On te rendra ton navire, et tu pourras partir. Mais tu devras partir de Storybrooke – sauf si tu promets de ne plus vouloir te venger de mon père ce dont je doute – voire quitter le monde sans magie, à part si tu arrives à t'adapter au vingt-et-unième siècle tout seul et par tes propres moyens, ce qui je ne te le cache pas, risque d'être difficile. Ça l'a été pour moi. Oh et bien entendu si tu tentes ne serait-ce qu'une fois de tuer mon père, cet accord deviendra aussitôt caduque mais je suppose que tu t'y attendais.
- Assez oui, lui rétorqua le pirate d'un ton sec.
- Est-ce que ça te convient ?
Killian ferma les yeux.
Ce n'était pas vraiment comme s'il pouvait avoir plus, et depuis une cellule il lui serait impossible de planifier le meurtre du Ténébreux.
Alors qu'une fois libre…
Il les rouvrit après quelques secondes de réflexion.
Il n'avait rien à perdre de toute façon, et tout à gagner.
- C'est d'accord. Et puis… je crois qu'effacer son sourire arrogant du visage de ce salopard d'immortel en lui prouvant qu'il ne gagne pas toujours… ça me ferait du bien.
Pour la première fois depuis le début de leur conversation, le sourire que Neal lui envoya était sincère.
- Ouais je crois qu'à moi aussi. Merci. »
Il sortit du commissariat avec un poids en moins sur les épaules.
Enfin ils avançaient un peu !
§§§§
Il courait.
Il courait le plus vite possible, parce qu'il n'avait pas le choix, parce que c'était la seule issue possible pour lui, parce qu'il était seul et perdu sur une île qui ne lui laisserait pas la moindre chance, parce que s'il s'arrêtait un seul instant alors il serait trop tard.
Ils l'auraient rattrapé.
Et il ne savait pas ce que les garçons perdus ainsi que Félix et Peter Pan avaient l'intention de faire de lui une fois qu'ils l'auraient retrouvé, mais il n'avait vraiment pas envie de le découvrir.
Michel et Jean étaient libres au moins, en tout cas il l'espérait, il avait vu le portail s'ouvrir et il était parti juste avant qu'ils ne sautent dedans, il priait de toutes ses forces pour qu'ils aient réussi à fuir et qu'ils soient retournés à Storybrooke informer les membres de sa famille de ce qu'il lui était arrivé.
Parce que si c'était bien le cas alors ils savaient où il était, et alors…
Alors ils viendraient le chercher, ils viendraient le sauver.
Ils viendraient forcément.
Alors il continua de courir, de chercher un endroit où se cacher et où personne ne pourrait jamais le trouver (mais il ne savait rien de cet endroit alors que ses ennemis, eux, le connaissaient par cœur alors comment pouvait-il espérer leur échapper ?), il courait parce qu'il le devait, parce qu'il devait à tout prix tenir le temps que sa famille arrive et le retrouve.
Et puis aussi…
Tandis qu'il continuait de courir, il se surprit à espérer, même s'il doutait d'y arriver, qu'il pourrait parvenir à trouver l'endroit où Peter Pan retenait Wendy Darling prisonnière.
Après tout, il n'était pas la seule personne au Pays Imaginaire qui avait besoin d'être sauvée…
A suivre…
Chapter 96: Les chemins de l'épreuve.
Notes:
Titre du 19/09/2022 : Les chemins de l'épreuve
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… C'est une belle journée (chanson de Mylène Farmer) : Clip : Écrire sur un fandom de Disney (ou dérivé - OUAT, Descendants, etc.) ou caser une citation du Petit Prince d'A. de Saint-Exupéry dans votre texte
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Et c'est pour de bon parti pour l'avant-dernier arc de cette fic ! Je vais garder des trucs du canon et virer d'autres choses que j'ai pas envie de faire ou que je peux littéralement pas faire vu les circonstances de l'histoire.
Chapter Text
Alors qu'ils sortaient du commissariat, ni Neal ni Killian ne purent manquer les regards emplis de surprise que les différents habitants de la ville posaient sur eux deux.
Certes, le pirate était toujours menotté (Neal préférait rester prudent, il n'avait pas spécialement envie que son prisonnier tente de s'échapper et leur fasse perdre encore plus de temps.) et donc loin d'être libre, mais c'était la première fois depuis la défaite de Cora et son emprisonnement qu'il mettait les pieds hors du commissariat.
Préférant ne pas en tenir compte, il continua d'avancer, se sentant soulagé en constatant rapidement que le pirate le suivait (il n'était pas très motivé à l'idée de devoir le traîner de force jusqu'au Jolly Roger et il savait que Crochet en aurait été capable rien que pour l'emmerder) et il essaya d'adopter le rythme le plus rapide possible.
Dès qu'il avait eu la confirmation que Killian Jones viendrait avec eux, il avait aussitôt envoyé un SMS à Emma pour la prévenir que c'était réglé et qu'ils se rendaient au navire.
Quand il posa à nouveau les yeux sur le Jolly Roger, Baelfire sentit un certain soulagement l'envahir parce que ça signifiait qu'ils touchaient au but, mais il ne put s'empêcher d'aussi grincer des dents.
Ce bateau, ce n'était pas la première fois qu'il le revoyait depuis qu'il était arrivé à Storybrooke, et il ne put que remarquer qu'à nouveau, cela se produisait dans des circonstances sombres et désagréables.
Il se surprit à penser que plus jamais il n'associerait de souvenirs heureux à ce vaisseau, contrairement à autrefois, des siècles plus tôt, quand il croyait encore qu'il n'était plus seul, qu'il avait trouvé une famille, et il ne put que constater que son lui de quatorze ans avait disparu pour de bon et ne reviendrait plus jamais.
Ça le rendit plus triste que ce à quoi il s'attendait.
Il rangea cette émotion au fond de lui-même, et décida de ne plus y penser.
Il avait plus urgent là tout de suite.
Il monta à bord et des images jaillirent devant ses yeux, sans qu'il ne puisse les chasser.
Lui, trempé après avoir manqué de se noyer et respirant à nouveau à bord du Jolly Roger juste avant de perdre connaissance.
Sa vie parmi les pirates et l'espoir, le sentiment grandissant que tout irait bien à nouveau, qu'il avait enfin trouvé un foyer qu'il ne perdrait plus jamais.
Et la vérité, la découverte des mensonges, son monde s'effondrant à nouveau et lui se demandant comme il avait pu croire une seule seconde que ça se terminerait autrement, le dessin, le duel, la colère.
Et puis la chute.
La nuit, la trahison, les enfants perdus venant le chercher et les mots emplis de colère qu'ils s'étaient échangés et qu'ils ne pourraient jamais effacer.
Il n'aurait pas dû y repenser mais alors qu'ils étaient sur le point de partir, il se sentit incapable de faire autrement.
Parce que l'histoire se répétait.
Parce qu'il se rendrait à nouveau au Pays Imaginaire, qu'il serait à nouveau à bord du Jolly Roger et qu'il ferait face une fois de plus à Peter Pan et à ses enfants perdus.
Sauf que cette fois ce serait différent, il ne serait pas seul, et surtout, il n'était plus un enfant, il savait où il mettait les pieds, et il avait un but à atteindre.
Sauver son fils, et tout faire pour que Peter Pan ne fasse pas de mal à une personne de plus dans sa famille.
Et ils y arriveraient, tous ensemble.
Il le fallait.
§§§§
Lorsque Killian toussa, d'une manière tout sauf discrète, Neal sortit enfin de ses pensées.
Il se tourna vers lui.
« Quoi ? Lui demanda-t-il, légèrement agacé.
Les autres n'étaient toujours pas là, n'étant pas encore arrivés, ayant sans doute quelques dernières choses à faire en ville, ils étaient seuls, et il n'aimait pas ça.
Le pirate leva ses poignets, mettant bien en évidence ses mains (enfin sa main et son crochet plutôt) toujours menottées.
- Ça m'arrangerait que tu les enlèves, je doute d'arriver à naviguer en étant entravé de cette manière, ironisa-t-il avec un sourire moqueur.
Neal leva les yeux au ciel et soupira avant de sortir la clef de sa poche pour déverrouiller les deux menottes.
- Satisfait ? Lâcha-t-il d'un ton sec, voulant seulement en finir au plus vite, retrouver son fils, quitter cette île sur laquelle il aurait voulu ne jamais revenir et ne plus jamais à revoir ce maudit pirate de toute son existence.
- Comblé, lui répondit Crochet d'un ton railleur, avant que son visage ne s'assombrisse peu de temps après. »
Et Neal n'eut même pas besoin de voir de qui il s'agissait ou d'entendre le moindre bruit de pas pour comprendre ce qui venait de se produire.
Et quand il se retourna, il sut qu'il ne s'était pas trompé.
Son père venait tout juste d'arriver.
Accompagné par Emma, Regina, Blanche-Neige, David, Jean, Michel ainsi qu'August et Graham.
En les voyant arriver, en constatant combien ils étaient au final, le jeune homme sentit ses appréhensions s'amenuiser un peu à défaut de s'évanouir (ça, ça n'arriverait jamais, pas alors que l'ennemi qu'ils affrontaient avait peut-être déjà gagné sans même qu'ils ne le sachent) parce qu'il avait devant lui des gens déterminés.
Des gens qui, pour la plupart (il connaissait trop mal Pinocchio pour savoir si c'était son cas aussi, mais il avait déjà réussi à survivre seul dans le monde sans magie et ça ce n'était pas rien, quant à Jean et Michel il les avait perdus pendant deux cents ans alors qui pouvait savoir ce qu'ils étaient réellement devenus durant ce temps-là) savaient se battre ou manipuler la magie, voire les deux.
Des personnes qu'il connaissait assez pour savoir qu'ils feraient tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver Henry et Wendy des griffes du monstre immortel qui les retenait prisonniers.
Il savait qu'elles étaient assez courageuses pour risquer leur vie en sachant qu'il risquait de s'agir d'un voyage sans retour auquel ils ne survivraient peut-être pas.
Il avait toujours aussi peur qu'avant, bien sûr, mais avec eux à ses côtés, il avait le sentiment qu'il pourrait la maîtriser cette peur au lieu de la laisser le contrôler.
Il vit Belle discuter avec son père, un parchemin à la main (il en connaissait assez sur la magie pour supposer qu'il s'agissait d'un sortilège, sans doute de protection, qui savait qui Peter Pan pourrait leur envoyer d'autre dans le futur, ce n'était pas parce qu'il avait déjà eu ce qu'il voulait qu'il n'allait potentiellement pas se battre sur deux fronts.) et la brune mit le papier dans sa poche avant de monter elle aussi sur le navire.
La bibliothécaire et le pirate échangèrent un rapide regard et le temps parut s'arrêter durant quelques secondes, suivi ensuite par un silence gêné.
Neal savait qu'il avait essayé de la tuer autrefois alors qu'il tentait encore de se venger de Rumplestiltskin, aussi il ne fut pas surpris de lire la méfiance et le doute dans les yeux de la princesse.
Lui-même, malgré ce qu'il avait dit et assuré aux autres, malgré le fait qu'il faisait tout pour, il avait encore du mal à croire que le brun allait les aider et ne saisirait pas la première occasion qui se présenterait à lui pour les trahir si jamais ça lui permettait d'obtenir sa vengeance contre le Ténébreux.
(La seule chose qui lui permettait d'avoir confiance, d'être sûr que ça n'arriverait pas, c'était le fait que son père était immortel, que même si Peter Pan était puissant il ne pourrait pas le tuer s'il n'avait pas accès à sa dague et que Rumplestiltskin n'était pas assez idiot pour lui permettre de la lui prendre.)
Elle l'ignora, et se tourna vers Neal.
« Je suis sincèrement désolée, lui dit-elle.
Il la regarda avec un air surpris.
- Pardon ?
- Je suis navrée qu'une chose pareille doive t'arrive, que toi aussi tu sois séparé de ton fils comme ton père l'a été autrefois, que l'histoire doive se répéter et que les choses se passent ainsi. Ça n'aurait jamais dû arriver.
Il lui sourit avec tristesse.
- Merci.
Quand elle le serra dans ses bras, il ne put s'empêcher de se figer, surpris, avant de répondre à cette étreinte bienvenue.
- Tu vas y arriver, lui assura-t-elle, tu vas réussir et tu vas ramener Henry et Wendy, j'en suis sûre et certaine. Tu t'es déjà enfui de l'île une fois, tu lui as échappé, tu l'as vaincu en lui prouvant qu'il n'avait pas le contrôle et qu'il ne pouvait pas garder tout le monde enfermé contrairement à ce qu'il essayait de faire croire. Alors même si c'est difficile, même si tu as peur, je te le promets. Tu vas les sauver. J'en suis certaine.
Neal n'arrivait pas vraiment à se souvenir d'un moment dans sa vie où quelqu'un avait à ce point-là cru en lui.
Mais ce soutien indéfectible était tout ce dont il avait besoin pour ne pas s'écrouler, pour croire que malgré les circonstances, il allait bel et bien s'en sortir, réussir à gagner ce maudit combat qui lui semblait pourtant d'avance insurmontable.
Parce que la dernière fois, il avait mis près de deux siècles à s'échapper.
Henry et Wendy ne disposaient pas d'autant de temps.
- Merci, lui répéta-t-il. »
Les mots de Belle n'étaient que des mots, mais ils étaient emplis de conviction et de certitude, et grâce à eux, il reprit courage, éloignant un peu le désespoir qu'il ressentait depuis qu'il savait que Henry avait disparu et qui menaçait un peu plus à chaque instant de le dévorer.
Ce n'était pas grand-chose mais c'était mieux que rien.
§§§§
S'il y avait bien une chose que Neal craignait depuis le moment où il avait décidé de faire appel à Killian Jones pour leur venir en aide, c'était bien le fait que le pirate et le sorcier immortel allaient devoir se trouver littéralement sur le même bateau alors qu'ils rêvaient tous les deux de s'étriper mutuellement.
Et vu les regards noirs qu'ils se lancèrent quand le Ténébreux monta à bord du navire (ce qui devait forcément faire remonter de très mauvais souvenirs pour l'un comme pour l'autre), ses craintes étaient justifiées.
Ils se fixèrent l'un l'autre pendant quelques minutes, se jaugeant, comme s'ils ne savaient pas réellement comment réagir au fait qu'ils allaient devoir se trouver au même endroit sans tenter de s'entre-tuer et en devant en plus de ça se battre dans le même camp.
Chose qui n'était jamais arrivée auparavant et que personne ne pensait possible.
Comme quoi, tout pouvait arriver…
Et si l'échange de regards entre Crochet et Belle avait été gênant et un peu long, celui-ci l'était encore plus, et surtout, il était beaucoup plus dangereux.
Parce que la situation pouvait devenir électrique et changer d'un instant à l'autre alors même qu'ils n'avaient pas le temps pour ça.
David finit par se racler la gorge quelques minutes plus tard.
« On devrait peut-être y aller, non ?
Le pirate hocha la tête et, sans dire un mot, se dirigea vers le gouvernail tandis que Neal s'autorisait à respirer de nouveau.
Il avait toujours su que c'était une mauvaise idée, et pourtant c'était la seule qu'il avait alors il allait devoir s'en contenter…
Le Ténébreux sortit un haricot magique de sa poche.
- Pour le voyage de retour, dit-il à son fils, comme s'il avait la certitude qu'ils parviendraient effectivement à revenir, j'ai pris d'autres haricots magiques, et j'ai fait en sorte que tout le monde ici en ait, mais au cas où Peter Pan déciderait de nous les voler pour nous empêcher de partir, j'en ai caché d'autres sous un sort de protection, il ne pourra pas nous les prendre.
- Je préfère que ça se passe comme ça, sinon on risque de devoir s'enfuir en utilisant le moyen dont je me suis servi la dernière fois, indiqua Neal en grimaçant.
- A savoir ? L'interrogea Emma, curieuse.
- Capturer l'ombre de Peter Pan et la forcer à nous conduire hors du Pays Imaginaire. J'aime mieux ne pas perdre du temps à faire ça à vrai dire. »
Elle acquiesça, entièrement d'accord avec lui.
Puis son père lança le haricot magique en direction de l'eau et lorsque le portail s'ouvrit, Neal ne put s'empêcher de fermer les yeux, par réflexe, comme pour retarder l'inévitable.
Comme si ça allait empêcher quoi que ce soit de se produire.
Quand il rouvrit les yeux, ils avaient changé de monde, et en voyant l'île se dessiner juste sous yeux, à la fois si lointaine et si proche, il ne put que serrer les poings en grinçant des dents.
Les choses sérieuses venaient tout juste de commencer…
A suivre…
Chapter 97: Une forêt aux mille dangers.
Notes:
Titre du 20/11/2023 : Une forêt aux mille dangers
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… William Brandt (MI) : Rationnel : Écrire sur Eliot Spencer (Leverage) ou sur quelqu'un qui planifie tout en permanence
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Ah et mes excuses d'avance mais ils sont onze à partir pour l'expédition alors je risque de parfois en oublier quelques uns qui resteront en arrière parce que c'est compliqué de gérer autant de monde.
Chapter Text
Au cours de sa longue existence, Rumplestiltskin avait planifié bon nombre de choses.
En réalité, depuis qu'il était devenu le Ténébreux, surtout après avoir abandonné et perdu son fils puis avoir acquis son don de prophétie, il avait commencé à planifier, préparer et prévoir presque chaque moment et aspect de sa vie.
D'abord parce qu'il voyait le futur, même si seulement de manière partielle et qu'en sachant ce qui allait se passer, se produire, il pouvait y réagir en conséquence, en avance, diriger les événements dans la direction qu'il souhaitait.
Puis, surtout parce que tous ses efforts étaient dirigés vers un seul et unique but.
Retrouver son fils.
Il avait tout fait pour ne rien laisser au hasard, pour garder le contrôle, pour que tout se déroule comme il l'avait prévu sans qu'un seul obstacle ne demeure sur son chemin.
Et en rétrospective, au bout du compte, il y était parvenu.
Il avait retrouvé son fils, même si pas exactement de la manière dont il l'avait prévue, et son plan d'y parvenir en utilisant le Sort Noir pour se rendre dans le monde sans magie avait fonctionné.
Mais malgré tout ça, malgré sa magie, malgré sa capacité à voir des fragments du futur et à mettre en place des plans quasiment infaillibles, il n'avait rien vu venir, il n'avait pas su prévoir ce qui allait arriver.
Et Henry avait été enlevé.
Durant sa longue existence d'immortel, il n'y avait que peu de choses qu'il n'était pas parvenu à prévoir.
Cet événement était l'une d'entre elles.
Et à vrai dire, s'il était honnête avec lui-même, il devait admettre que ce n'était pas la seule…
Alors que le navire sur lequel il aurait aimé ne plus jamais remettre les pieds entrait dans le tourbillon les menant droit vers un monde dans lequel il aurait voulu ne jamais revenir de sa vie, il sentit un souvenir revenir dans son esprit, refaire surface, un souvenir qu'il aurait souhaité être capable d'oublier.
Presque deux cents ans s'étaient écoulés depuis ce moment et pourtant, jamais les mots de la Prophétesse n'avaient jamais réellement quitté son esprit, il les avait seulement enfouis sous ses plans et ses nombreux stratagèmes pour retrouver Baelfire.
Mais maintenant que la tempête faisait rage dans sa tête comme dans son cœur, ils revenaient, plus forts et surtout plus terrifiants et véridiques que jamais.
Un garçon te mènera à lui.
Ce garçon… causera ta perte.
Hé bien je n'aurai qu'à l'éliminer.
Il ferma les yeux, s'agrippant à une canne dont il n'avait désormais plus l'utilité en se remémorant des mots qu'il avait entendus et d'autres qu'il avait prononcés, se rappelant de sa détermination à l'époque, parce que rien d'autre dans l'univers ne comptait plus que de réparer son erreur, d'effacer ce mauvais choix qu'il n'aurait jamais dû faire et de retrouver son fils.
Et puis, le temps avait passé, il n'y avait plus pensé, et même quand Henry avait surgi du portail magique, il n'avait pas fait le lien.
Parce que rien de ce qui avait pu se passer de mal n'était réellement lié au petit garçon, ou ne pouvait lui permettre de penser que, comme lui avait dit la voyante autrefois, il causerait sa perte, et il avait fini par croire que la prophétie ne s'accomplirait en fin de compte jamais.
Mais…
Mais il ne pouvait aucunement nier qu'elle concernait Henry, parce que c'était lui qui avait ramené son père dans le monde sans magie, ce qui signifiait que…
Henry avait été enlevé par Peter Pan, et ce n'était pas une coïncidence, et finalement, peut-être qu'en fin de compte, la Prophétesse avait eu raison.
Peut-être que Henry allait réellement causer sa perte.
Peut-être qu'il allait mourir en essayant de le sauver et que tout serait la faute de ce père qui n'avait jamais été là pour lui et qui avait tout fait pour essayer de lui gâcher la vie.
Si jamais cela devait arriver, il espérait que ce soit en emportant l'autre immortel avec lui…
Il rouvrit les yeux, faisant face à un environnement qui ne lui était plus familier depuis bien longtemps, depuis ce jour où Malcolm avait abandonné son identité pour endosser celle de Peter Pan et il sourit avec amertume en se demandant s'il était au courant de ça aussi, s'il savait quel choix Rumplestiltskin était supposé faire.
Et il trouva presque terrifiant de réaliser à quel point ce choix lui semblait désormais tellement évident.
Avant, quand il ignorait qui était l'enfant en question, quand il était encore le Ténébreux, sans le moindre scrupules, quand il n'avait pas encore promis à Neal et à Belle qu'il changerait, il l'aurait tué.
Sans la moindre hésitation.
Et maintenant, même si cet enfant avait été quelqu'un d'autre que son petit-fils, il savait que pour respecter sa promesse de devenir meilleur, il aurait tout fait pour ne pas retomber dans ses anciens travers.
Mais l'enfant, c'était Henry.
Ça rendait paradoxalement les choses plus faciles.
Parce que quitte à mourir, autant le faire en accomplissant quelque chose de bien, en sauvant le fils de Baelfire et en tuant son père en même temps si possible, si c'était la dernière chose qu'il devait faire de toute sa vie.
Il ne voulait pas mourir, évidemment.
Pas maintenant, pas alors qu'il avait accompli une quête ayant duré près de deux cents ans, pas alors qu'il avait retrouvé son fils si peu de temps auparavant, qu'il avait enfin réussi à renouer avec lui et Belle, qu'il était parvenu à devenir meilleur, qu'il gardait les ténèbres loin de lui pour l'instant, qu'il était enfin heureux, qu'il avait finalement une famille.
Et il ferait tout pour survivre, pour se jouer du destin une fois de plus comme il l'avait fait durant la guerre des ogres, pour vaincre son père sans pour autant perdre la vie, mais…
S'il devait mourir, alors soit, il acceptait son sort.
Il ne fuirait pas, il ne comporterait pas en lâche.
Pas cette fois.
Alors qu'il voyait son fils, de l'autre côté du navire, il songea un temps à lui parler de cette prophétie, avant de se raviser.
Neal avait déjà assez à gérer avec ses propres démons, il n'allait en plus lui demander de s'occuper aussi des siens.
Et puis…
Peut-être que cette fois-là aussi, tout finirait par s'arranger.
§§§§
Il n'avait jamais voulu revenir au Pays Imaginaire.
Quand Milah était morte, il avait fait ce qui lui paraissait alors être le meilleur choix possible, le seul envisageable.
Il était mortel, sans pouvoirs, face à un être immortel surpuissant, alors quel meilleur endroit que cette île maudite pour trouver un moyen d'un jour l'anéantir ?
Ce n'était pas vraiment comme s'il connaissait beaucoup de sorcier, de fée ou autre être magique qui aurait pu l'aider dans sa quête de vengeance.
Revenir dans l'endroit qui lui avait pris son frère afin de survivre suffisamment longtemps pour pouvoir trouver un moyen de venger la mort de la femme qu'il aimait ne manquait certes pas d'ironie, mais ce retour avait principalement été douloureux.
Le pire ça avait été de revoir l'ombrève, de craindre d'un jour se blesser lui-même et de devoir choisir entre mourir en quittant l'île ou être condamné à y rester pour toujours sans pouvoir mettre fin aux jours du crocodile.
Le pire c'était de voir l'eau qui avait brièvement sauvé la vie de son frère, lui redonnant pour un temps un espoir illusoire avant que celui-ci ne se fasse brutalement piétiner quand Liam s'était écroulé dans ses bras et ne s'était plus relevé.
Et le plus insoutenable, ça avait sans doute été d'être confronté à nouveau à Peter Pan, le garçon qui avait laissé son grand frère mourir en ne lui expliquant pas de quelle nature exacte était le prix que le marin devait payer pour survivre et de le regarder avec des yeux brûlants de rage tandis que depuis des années la question pourquoi flottait dans son esprit.
Pourquoi ne pas lui avoir dit la vérité, ne pas lui avoir dit quel prix il devait réellement payer, qu'il n'y avait qu'un moyen pour que son frère reste en vie, pour n'avoir rien dit, avoir gardé le secret, avoir été aussi cryptique au lieu d'être évident ?
Il lui avait posé la question.
L'agaçant enfant immortel s'était contenté de lui sourire avec un air arrogant que le pirate avait voulu effacer de son visage en le frappant, mais il s'était contenu, se contentant d'attendre une réponse qui s'était révélée être affreusement décevante.
« Je pensais que ce serait amusant. Et puis j'étais curieux de savoir si toi ou lui alliez comprendre ce que signifiait réellement le fait de payer le prix de quelque chose en utilisant la magie. »
S'il avait eu l'intention de lui donner une leçon à ce sujet, aucune inquiétude à se faire, il l'avait bien apprise.
Avec la magie il y a toujours un prix à payer.
Et c'était une chose qu'il n'oublierait jamais.
Cette explication aurait dû lui suffire, surtout connaissant le caractère joueur et cruel du sorcier immortel.
Mais…
Pourtant, alors qu'il se trouvait sur son navire en train de naviguer au sein d'une tempête qui les avait accueillis dès leur arrivée, il ne pouvait empêcher un mauvais pressentiment de l'étreindre.
Est-ce que Peter Pan avait ça pour d'autres raisons ?
Il savait que Henry avait été enlevé pour des raisons qu'il ignorait et surtout que le sorcier le recherchait depuis des siècles, qu'il savait à quoi il ressemblait, donc il avait probablement un aperçu du futur, même flou, aussi furtif soit-il.
Était-ce pour ça qu'il avait laissé Liam mourir, pour influer sur le cours de son destin, pour qu'il se trouve exactement là où il avait besoin qu'il soit plus tard, dans le futur, parce qu'il pourrait lui être utile ?
Est-ce que c'était pour ça qu'il était mort, pas uniquement parce que leur roi avait menti, est-ce que Pan avait su à l'époque, est-ce qu'il l'avait exprès ?
Est-ce qu'il était mort pour que son petit frère se transforme en ce que Peter Pan voulait qu'il devienne ?
Killian ne put empêcher la main qu'il lui restait de serrer un peu trop le gouvernail à cette simple pensée, en espérant de toutes ses forces se tromper.
Mais si ce n'était pas le cas, s'il avait un tant soit peu raison, alors…
Oh.
Oh, Dieux.
Peter Pan ne l'emporterait pas au paradis, il se le jurait, il lui montrerait à la fois qu'il ne gagnait pas toujours et aussi qu'il n'était pas une marionnette dont il pouvait manipuler les fils à sa guise.
Parce que s'il y avait bien une chose que le capitaine Crochet détestait, c'était se faire manipuler.
§§§§
Leur arrivée sur l'île elle-même, bien qu'assez mouvementée, avait été bien moins chaotique que ce à quoi ils s'attendaient.
Il y avait eu une tempête et des sirènes les avaient attaqués.
Un jour normal au Pays Imaginaire en somme.
Grâce aux magies combinées de Rumplestiltskin, de Regina et d'Emma, les deux éléments perturbateurs avaient rapidement été maîtrisés et ils avaient pu continuer à naviguer tranquillement jusqu'à atteindre la terre ferme.
Mais aucun d'eux ne s'y trompa, ce n'était que le début, et l'île ne leur ferait pas le moindre cadeau.
Alors qu'ils posaient, pour la plupart d'entre eux pour la première fois, le pied sur le sol du Pays Imaginaire, une seule question les taraudait tous.
Où pouvaient donc bien se trouver Henry et Wendy ?
A suivre…
Chapter 98: Prêt pour le défi ?
Notes:
Titre du 09/04/2022 : Prêt pour le défi ?
Pangolin : Hadès - écrire une scène drama
H : Henry Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Kagami & Kuroko : Basket : Écrire sur un sport ou écrire sur le point de vue d'une paire de chaussure
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Courir, découvrit rapidement Henry Mills, était une activité fortement fatigante.
Non pas qu'il ne pratiquait jamais la course à pied, il faisait du sport assez régulièrement à l'école (enfin quand il avait le temps d'y aller ce qui ces derniers temps n'avait pas trop été le cas entre sa disparition, l'attaque de Cora et Crochet et maintenant son enlèvement), aussi ça lui arrivait de courir assez souvent.
Sauf que cette fois-ci, les circonstances n'étaient pas du tout les mêmes.
Avant cela, quand il était encore dans l'enceinte de Storybrooke, en sécurité, protégé, loin du danger, jamais il n'avait été obligé de fuir pour sa vie.
Même dans la Forêt Enchantée il ne se souvenait pas avoir autant été en danger qu'à cet instant précis alors que cet autre monde était lui aussi très périlleux, mais à ce moment-là, il n'était pas seul.
Il avait été accompagné, aidé, par Robin des bois, par son père, par les habitants de la Forêt Enchantée.
Et personne ne le poursuivait, personne n'en voulait à sa vie, il n'avait pas été enlevé, il s'y était rendu de lui-même, de son plein gré.
Ici et maintenant, rien n'était plus pareil.
Désormais, il était livré à lui-même, et il devait fuir, courir le plus loin possible, parvenir à fuir ses poursuivants le plus longtemps possible, à tenir jusqu'à ce que sa famille finisse par le retrouver et l'emmener loin de cette île de malheur, lui et Wendy.
Et, alors qu'il continuait de courir et que sa respiration devenait de plus en plus laborieuse, il finit par réaliser qu'il n'y parviendrait sans doute pas.
D'abord parce qu'il ne pourrait pas réussir à tenir un tel rythme éternellement, il faudrait bien qu'il s'arrête à un moment donné pour s'arrêter, pour respirer, et surtout…
Il n'avait aucun plan à part celui de courir sans être rattrapé par Félix et les autres garçons perdus, et à cette simple pensée, il sentit la panique l'envahir.
Il ne connaissait pas cette île, de même qu'il connaissait mal le monde de naissance du reste de sa famille à son arrivée, alors que ceux qui tenaient à le capturer et à le ramener à Peter Pan y vivaient depuis bien avant sa naissance, depuis sans doute même des siècles pour ce qu'il en savait.
Il avait bien conscience que cette chasse ne durerait pas bien longtemps et que lui, la proie, cesserait bientôt de courir.
C'était presque un miracle qu'il ait déjà tenu aussi longtemps.
À bout de souffle, il finit par s'arrêter, espérant s'être suffisamment éloigné d'eux pour pouvoir respirer quelques minutes avant de devoir repartir et de reprendre cette course folle qu'il tentait vainement de rendre interminable tout en sachant que c'était parfaitement illusoire.
Son espoir fut de courte durée quand il entendit des bruits de pas résonner non loin de lui, et s'il avait encore eu assez de voix pour ça, il aurait sans doute laissé échappé un soupir de rage.
« Hé, par ici, lui chuchota alors une voix non loin de lui.
Prenant une nouvelle inspiration, Henry tourna la tête dans la direction où se trouvait celui qui l'avait interpellé et il fronça les sourcils.
Qu'est-ce qu'un garçon perdu faisait là, tout seul, loin des autres ?
Était-il en train de le chercher lui aussi, est-ce que c'était un piège ?
Du peu qu'il savait de Peter Pan, ça ne l'aurait pas étonné.
Reprenant son souffle, il regarda derrière lui avec méfiance pour vérifier que les autres ne l'avaient pas encore rattrapé, avant de se diriger vers le garçon inconnu.
En le regardant furtivement, il lui trouva quelque chose de familier, sans réussir précisément à déterminer quoi exactement.
- Qui es-tu ? Lui murmura-t-il, sur la défensive.
- Je m'appelle James, lui confia-t-il, et toi ?
- Henry, lui répondit-il.
Ce n'était pas comme si son prénom était un secret ou comme s'il était ignoré des enfants perdus et tout le monde devait déjà savoir à quoi il ressemblait.
Mentir ne lui servirait absolument à rien.
James lui sourit avec ce qui se voulait être un sourire rassurant.
- Enchanté Henry. D'après ce que je vois et ce que j'entends, dit-il en tournant la tête en direction des voix et des bruits de pas qui se rapprochaient de plus en plus d'eux, tu as l'air d'être dans la même situation que moi.
Henry fronça les sourcils, perplexe.
- C'est-à-dire ?
- Toi aussi tu fuis les garçons perdus, pas vrai ?
Il y avait de l'espoir dans sa voix, l'espoir de celui qui a été seul pendant trop longtemps et qui, enfin, ne l'est plus et trouve un allié pour l'épauler et lui permettre de continuer à se battre.
Un garçon de l'île qui fuyait les autres enfants perdus ?
C'était plutôt plausible, songea Henry, ce qu'on lui avait dit du Pays Imaginaire et de Peter Pan ne donnait pas franchement envie de rester, et son père avait voulu fuir loin des enfants perdus autrefois, ne plus être leur prisonnier ni celui de cette île maudite.
Peut-être ce garçon était-il dans le même cas que lui.
- Je… Oui, reconnut Henry.
Sans doute n'était-ce pas très prudent de lui faire confiance et de demander son aide, mais il était à deux doigts de se faire attraper par les autres et il était le seul à pouvoir l'aider.
Ce n'était pas comme s'il avait un quelconque autre choix possible.
Les bruits se firent encore plus proches et, sur le qui-vive, le garçon se tourna vers eux, avant de tourner à nouveau la tête vers Henry, une lueur de peur dans les yeux.
- On doit partir, maintenant, si on ne veut pas qu'ils nous trouvent… Et crois-moi, si jamais ça arrive, tu… tu n'as pas envie de savoir ce qui se passera, ce qui nous arrivera à tous les deux. Tout ça parce que nous avons osé nous enfuir, parce que nous n'avons pas voulu rester.
Sa voix se brisa, emplie de peur, et Henry frissonna.
Il savait déjà.
Son père lui en avait parlé, pas beaucoup, et il ne connaissait pas les détails mais il en savait assez pour avoir conscience du fait que ceux qui osaient tenter de fuir et se faisaient prendre étaient tout sauf bien traités une fois retrouvés.
- D'accord, approuva-t-il, est-ce que tu sais… est-ce que tu sais où est-ce qu'on pourrait aller pour leur échapper ?
- Je connais bien l'île, ça fait un moment que je suis là. Et toi ?
- Je viens d'arriver, avoua Henry, sans développer la raison de sa présence, ne voulant pas que James soit tenté de le livrer à Peter Pan en échange d'une potentielle liberté.
- Et dès le premier jour tu as réussi à t'enfuir ? Lui dit l'autre garçon, l'air clairement impressionné. Félicitations. Moi ça fait des mois que je prépare mon évasion. Enfin je crois, grimaça-t-il, c'est difficile de vraiment tenir le compte des jours qui passent ici.
C'était une des choses qui terrifiait le plus Henry depuis son arrivée dans ce monde situé hors du temps.
Depuis combien de temps se trouvait-il ici au juste, combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait été enlevé par Michel et Jean ?
Pour lui, il avait l'impression que cela ne faisait pas très longtemps, mais peut-être se trompait-il.
Impossible de savoir.
- Je comprends.
Nouveaux bruits de pas et James étouffa un juron avant de prendre la main de Henry dans la sienne.
- Suis-moi, je sais où on peut aller, avec un peu de chance, ils ne penseront pas tout de suite à aller nous chercher là-bas. »
Alors Henry Mills se saisit de cette main tendue inespérée qui se trouvait devant lui et se mit à courir le plus vite possible.
§§§§
Ils couraient, sans s'arrêter, et Henry avait l'impression que ce ne serait jamais suffisant pour qu'ils parviennent à semer leurs poursuivants.
C'était un combat perdu d'avance, un jeu tordu dont ils ne connaissaient pas les règles et qu'ils ne pouvaient pas gagner parce que les dés étaient pipés depuis le départ, un divertissement cruel organisé et truqué par Peter Pan en personne.
Évidemment qu'ils n'avaient pas la moindre chance.
Mais malgré tout, Henry continua de courir, bien prêt à se battre même si tout était contre lui.
Parce que Blanche-Neige aussi n'était a priori pas censée gagner face à sa belle-mère.
Parce qu'Emma l'orpheline ne se serait jamais crue l'étoffe d'une Sauveuse avant qu'elle ne découvre de quoi elle pouvait être capable.
Parce que personne n'aurait parié qu'un jour le tisseur lâche qui avait fui la guerre deviendrait le Ténébreux craint de tous.
Il venait d'une famille animée par l'espoir, qui ne renonçait jamais.
Et il avait bien l'intention de leur faire honneur.
Sans même réfléchir, il se rua dans la direction que James lui indiquait, accueillant bien volontiers cette nouvelle cachette qui leur ferait gagner quelques minutes de plus face à leurs poursuivants qui, comme il l'entendit quelques secondes plus tard, venaient de partir dans la mauvaise direction.
Il prit une nouvelle inspiration, sentant la douleur envahir tous ses membres.
Cette course folle ne s'arrêterait-elle donc jamais ?
Étaient-ils condamnés à fuir ainsi jusqu'à la mort ou jusqu'à ce qu'un des sbires de Peter Pan les retrouve tous les deux ?
Non.
Non, ça ne pouvait pas être la seule issue possible, Henry s'y refusait formellement.
Devant lui, James s'écroula, désemparé.
« On ne… haleta-t-il, lui aussi à bout de souffle. On ne va pas pouvoir tenir bien longtemps.
Henry aurait aimé pouvoir le contredire mais il ne trouva pas le moindre argument en leur faveur, bien au contraire.
- Je sais, admit-il.
- Ils font finir par nous retrouver, même si on parvient à se cacher, on ne pourra pas leur échapper éternellement, ils connaissent l'île mieux que nous et il est impossible de quitter ce monde par nos propres moyens, j'ai déjà essayé… On est perdus.
Le désespoir dans sa voix qu'il s'efforçait de cacher était malgré tout très perceptible et Henry sentit son estomac se nouer.
Il fallait absolument qu'il le réconforte, mais comment faire ?
- Ça ne durera pas, lui promit-il, ma famille… Ma famille va venir. Mes mères, mon père, mes grands-parents, quand ils sauront où je suis, ils viendront pour me chercher. Ils nous sauveront. Ils terrasseront Peter Pan, je te le jure, ils savent se battre, ils ont de la magie, je… Je sais que ça semble sans issue et que notre situation paraît désespérée, mais ne t'inquiète pas. Elle ne restera pas toujours ainsi.
- Toi au moins tu as des gens à qui tu tiens, lui dit l'autre garçon avec une lueur de regret dans le regard, moi je n'ai personne qui se soucie de moi, personne ne viendrait me chercher, même si le passage entre ce monde et le mien était possible… Comment est-ce que tu peux être certain à ce point-là que ça va arriver ?
Henry sourit.
- Parce que je crois en eux. Parce qu'ils l'ont déjà fait. Parce que c'est dans ma famille et que dans ma famille on se retrouve toujours. »
Une nouvelle flamme s'alluma dans les yeux de son interlocuteur et Henry se sentit rassuré.
À quoi bon espérer qu'un sauvetage se produirait s'il n'arrivait même pas à faire croire le seul allié dont il disposait actuellement qu'ils avaient une chance de s'en sortir ?
Puis ils entendirent de nouveaux bruits et ils se remirent à courir.
§§§§
Devant eux s'étalait le vide.
D'un main, Henry retint James avant qu'il ne s'avance trop loin, ayant aperçu la crevasse le premier.
Il regarda à droite, puis à gauche.
Il n'y avait pas d'autre issue, et derrière eux, les enfants perdus se rapprochaient de plus en plus, épée de Damoclès implacable qui n'allait pas tarder à les faucher en plein vol.
Ce fut à ce moment précis que Henry eut pour la première fois le sentiment qu'ils ne s'en sortiraient pas, qu'il était trop tard.
Leurs seules options étaient un saut dans le vide ou d'accepter leur sort et Henry n'avait pas vraiment envie qu'une des deux se réalise.
Il se força à réfléchir mais rien ne vint.
« On a peut-être une solution, lui dit finalement James quelques secondes plus tard. Je ne t'en ai pas parlé avant parce que je pensais que ça ne pouvait pas marcher, mais…
- Qu'est-ce que c'est ? Lui demanda Henry.
Le garçon sortit une fiole de sa poche qui contenait un sorte de poudre verte.
- De la poudre de fée. Elle permet de voler, on pourrait franchir ce fossé et nous retrouver de l'autre côté, loin des enfants perdus, mais… elle ne marche que si on y croit suffisamment. Et comme tu l'as vu, le Pays Imaginaire n'y est pas vraiment propice.
Sans hésiter une seule seconde, le fils de la Sauveuse lui prit la fiole des mains.
Il avait cru à la malédiction autrefois, sans la moindre preuve, juste en lisant ce qui n'était qu'à première vue un livre de contes tout à fait ordinaire, juste parce que son cœur y croyait de toutes ses forces, il pouvait bien croire au fait que de la poudre de fée lui permettrait de s'envoler.
Et il avait toujours rêvé de savoir voler.
- Tu n'as pas à t'en faire pour ça, lui assura-t-il, parce que j'y crois. »
Il se saisit de la main de l'autre garçon, déboucha la fiole, répandit la poudre et sauta.
Au bout de quelques secondes, il réalisa avec stupéfaction qu'il était bel et bien en train de voler.
Pour de vrai.
C'était réel.
Il avait réussi.
Lorsqu'il atterrit de l'autre côté, tout à son exploit, il ne remarqua pas que James avait déjà lâché sa main et s'était éloigné de lui.
Il ne remarqua pas non plus les bruits qui se rapprochaient à nouveau alors qu'ils étaient censés les avoir fuit.
Il sourit, extatique, euphorique, avant de se tourner vers James.
« James, on a…
Le mot réussi ne franchit jamais la barrière de ses lèvres et son sourire s'effaça brusquement.
Parce que le visage de l'autre garçon était différent désormais, que son sourire n'était plus le même, que la peur et le désespoir ou même l'espoir avaient complètement disparu, remplacés par un sourire cruel et empli d'une sombre satisfaction que Henry n'arrivait pas à comprendre.
Il n'avait même pas envie de le faire, ayant le sentiment que ce qu'il découvrirait ne lui plairait pas.
- James ? Demanda-t-il, perdu.
Le sourire de l'autre enfant s'accentua et un étau se resserra autour de la poitrine de Henry, comme…
Comme la sensation d'être tombé dans un piège et cette fois, il réalisa qu'il y avait du bruit autour d'eux et qu'ils n'étaient plus seuls.
- Qu'est-ce que…
- Vous pouvez sortir les garçons ! Tonna James.
Une nuée de garçons perdus surgit alors du bois, étaient-ils les mêmes que ceux qui les poursuivaient ou bien d'autres ?
Henry n'eut même pas envie de poser de poser la question, pas celle-là en tout cas.
- Tu es de mèche avec lui, pas vrai ? Comprit-il finalement. Avec Peter Pan. Tu travailles pour lui.
Le sourire de James s'agrandit encore plus avant qu'il n'éclate brusquement de rire.
- Oh, Henry… Tu es très loin du compte. En réalité… Je suis Peter Pan. »
Et Henry eut le sentiment abominable que le sol était en train de s'effondrer juste sous ses pieds.
Jamais il n'avait autant eu le sentiment de s'être fait avoir par quelqu'un.
A suivre…
Chapter 99: Aveux.
Notes:
Titre du 30/11/2023 : Aveux
Bélier : Rumple (OUAT)
H : Henry Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects d'… Haymitch (HG) : Expiation : Écrire sur quelqu'un qui triche ou sur la perte d'un allié
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Menteur, voulut lui hurler Henry au visage, alors qu'il réalisait l'abominable vérité, qu'il comprenait qu'il avait eu raison depuis le début, qu'il aurait dû continuer de se méfier, ne croire à aucune de ses paroles.
Jamais il n'aurait dû lui faire confiance.
Depuis le début, durant le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble, il lui avait menti, il avait triché, il avait joué avec lui, fidèle à sa réputation de Peter Pan et lui, il s'était fait avoir comme un véritable idiot, il s'était fait manipuler sans rien voir venir, il…
Il lui avait dit qu'il s'appelait James.
Comme James Barrie, l'auteur du roman Peter Pan.
Henry ne savait pas s'il l'avait fait exprès, si ce n'était qu'une coïncidence ou même si son arrière-grand-père connaissait l'existence de ce livre et avait choisi ce faux nom en toute connaissance de cause, pour le narguer une fois qu'il lui aurait révélé la vérité sur son identité.
Parce qu'en rétrospective, maintenant qu'il savait, ce choix aurait probablement dû l'interpeller.
Mais ça n'avait plus la moindre importance, pas vrai ?
Peter Pan, celui qui l'avait enlevé, se trouvait là et il était encerclé par une horde d'enfants perdus.
Plus aucune issue n'était possible pour lui, et définitivement pas la fuite.
Il regarda Peter Pan droit dans les yeux et, maintenant qu'il savait qui il était vraiment, il réalisa soudainement pourquoi il lui semblait si familier quand il l'avait aperçu pour la première fois, sans qu'il ne saisisse la raison sur le moment.
C'était si clair désormais.
Il faisait parti de sa famille, il était son arrière-grand-père, la ressemblance physique lui sautait encore plus aux yeux qu'avant et il se maudit pour ne pas avoir compris plus tôt.
Mais au moins ça lui apprenait une chose très importante et qu'il n'avait aucunement l'intention d'oublier.
C'était que Peter Pan était un excellent menteur, et un encore meilleur comédien.
Et alors que la colère mêlée au sentiment de trahison l'envahissaient, il posa la seule question qui lui venait actuellement à l'esprit, qui avait réellement de l'importance pour lui.
« Pourquoi ? Pourquoi avoir fait semblant, pourquoi t'être fait passer pour quelqu'un d'autre, pourquoi m'avoir fait croire que je pouvais m'enfuir et me cacher, pourquoi m'avoir laisser courir alors qu'il est évident que tu savais où j'étais depuis le début, que tu aurais pu me capturer sans la moindre difficulté ? Pourquoi avoir fait traîner les choses ?
De ce qu'il savait, l'immortel le recherchait depuis très longtemps, depuis littéralement des siècles, en toute logique, il aurait dû vouloir mettre la main sur lui le plus vite possible à la seconde où Henry avait mis les pieds au Pays Imaginaire.
D'une certaine manière, c'était encore plus terrifiant que s'il n'avait pas joué à ce jeu, ça et l'incertitude, ne même pas savoir pourquoi il se trouvait là, le fait que le sorcier gardait encore le silence sur ce mystère qu'il refusait d'expliquer.
Et cette autre question rongeait aussi Henry.
Pourquoi ?
Pourquoi l'avait-il enlevé, pourquoi avait-il à ce point-là besoin de lui ?
Un sourire amusé apparut sur le visage de Peter Pan.
- Parce que je trouvais ça amusant. Et surtout parce que je voulais te tester, voir combien de temps tu tiendrais sur l'île avant de te faire attraper, et si tu me ferais confiance aussi. Pour apprendre à mieux te connaître également.
- A Storybrooke, on enlève pas les gens qu'on veut mieux connaître, lui rétorqua Henry d'un ton sec, on a d'autres méthodes pour socialiser.
Peter Pan rit.
- Quand tu sauras pourquoi je t'ai amené ici, tu comprendras.
Henry se raidit, confus et intrigué.
Alors il y avait bien une raison à tout ça, ce n'était pas qu'un jeu cruel et tordu, il y avait une explication.
- Pourquoi dans ce cas-là ?
- Avant, je dois te dire autre chose. Si j'ai pris une autre identité, si je t'ai envoyé dans cette direction, vers ce gouffre…
- Parce que tu l'as fait exprès ? S'exclama Henry, stupéfait et se demandant en même temps comment il arrivait encore à être surpris.
- Exactement !
- Parce que me voir sauter dans le vide, ça aussi tu aurais trouvé que c'était amusant j'imagine, dit Henry, sarcastique.
Peter Pan continua de sourire, de ce même sourire arrogant et imperturbable, comme si absolument rien de ce qu'il pouvait lui dire n'était capable de le déstabiliser.
C'était profondément agaçant.
Il secoua la tête.
- Tu n'y es pas du tout. Tu te souviens de ça ? Lui demanda-t-il en lui montrant la fiole dont Henry avait vidé le contenu plusieurs minutes plus tôt, quand il pensait encore que James n'était pas un mensonge et qu'il lui restait une chance d'échapper à cette île, de s'en sortir suffisamment longtemps jusqu'à ce que sa famille arrive et le sauve.
Comme il avait été naïf.
Il acquiesça.
- Oui. Elle contenait de la poudre de fée, c'est ce qui nous a permis de survoler la crevasse qui nous bouchait le passage. Dis-moi, est-ce que ça aussi c'était un mensonge, comme tout le reste, et qu'en fin de compte, c'est toi qui as utilisé la magie pour nous faire voler et nous emmener dans la direction que tu voulais ?
- Oh Henry, je t'ai menti à de nombreuses reprises depuis qu'on se connaît, mais je peux t'assurer que ce n'était pas un mensonge.
Henry le regarda avec scepticisme.
Après tout ce qu'il s'était passé, tout ce qu'il avait dit, et tout ce que Henry savait désormais, comment aurait-il pu lui faire confiance ?
Comment pourrait-il encore croire un seul mot qui sortirait de sa bouche dans le futur ?
Il n'était pas sa mère, il ne savait pas quand les gens mentaient, mais concernant son arrière-grand-père, il était quasi certain de ne pas se tromper en disant qu'il risquait de passer son temps à lui mentir dans les jours à venir.
- Vraiment ?
- Vraiment. Si je t'ai parlé de la poudre de fée, c'était pour une seule et unique raison.
- Laquelle ?
- Pour vérifier que tu saurais l'utiliser. Pour être sûr que tu es bien le garçon que je cherche depuis tout ce temps. Et ça a marché. J'avais raison. Tu as réussi à voler grâce à la poudre de fée, comme je l'avais prévu.
- Et c'est censé signifier quoi ?
Le sourire de Peter Pan s'agrandit, comme si on venait de lui annoncer qu'il allait avoir ce qu'il voulait depuis toujours.
Ce sourire lui fit peur.
- Cela signifie, Henry, que tu es celui qui possède le cœur du plus pur des croyants. »
La respiration de Henry s'arrêta pendant quelques secondes.
Le quoi ?
§§§§
Le degré de réalité qu'était en train d'atteindre la situation commençait lentement mais sûrement à terrifier Emma.
Sans doute beaucoup moins qu'avant qu'elle n'apprenne l'existence de la Forêt Enchantée, de la magie et de tout le reste, mais ça restait terriblement angoissant.
Dans sa tête, le Pays Imaginaire était un lieu qui n'existait pas, porteur de rêve, un endroit où l'on pouvait s'évader pour échapper à ses problèmes, oublier le monde réel pendant un court instant.
L'endroit dans lequel elle venait de mettre les pieds ne correspondait définitivement pas à l'idée qu'elle s'en faisait.
Et c'était là, dans cet univers sombre et froid, plein de dangers et de monstres que son fils avait atterri.
Elle ne put s'empêcher de frissonner.
D'une certaine manière, elle avait plus peur que lorsque Henry s'était rendu dans la Forêt Enchantée par ses propres moyens et qu'elle avait passé une éternité à ignorer où il avait bien pu passer.
Au moins, à cette époque, elle ignorait ce qu'il pouvait bien risquer.
Désormais, elle ne le savait que trop bien.
Rumplestiltskin fut le premier à prendre la parole, rompant enfin le silence pesant qui s'était installé depuis leur descente du Jolly Roger.
« Bien. Comme vous le savez déjà, retrouver Henry ne sera pas chose facile, ce sera une mission périlleuse. Mon père ne va pas nous laisser agir sans rien faire, pas alors qu'il a enfin obtenu ce qu'il veut depuis toujours. Même si on ne sait toujours pas ce que c'est ou pourquoi il a tant besoin de Henry pour ça.
Crochet se figea brusquement, interloqué.
- Attends une seconde… ton père ?
Emma se souvint alors brusquement que le pirate n'avait pas eu droit à la séance de mise à jour de l'arbre généalogique qui leur avait collé une migraine collective.
- Oui, se contenta de lui répondre l'immortel, sans lui fournir plus d'explications que ça, s'amusant probablement intérieurement de sa confusion.
- Mais il… C'est un enfant, alors comment…
- Il était adulte et il a fait un pacte avec l'ombre de l'île pour retrouver la jeunesse en m'abandonnant dans le processus, lui répondit le Ténébreux, c'est comme ça qu'il a acquit ses pouvoirs et qu'il est devenu immortel d'ailleurs.
Emma était toujours très impressionnée par la capacité du grand-père de Henry de balancer des informations aussi hallucinantes avec autant de nonchalance, comme s'il parlait du temps qu'il faisait, de ce qu'il allait manger à midi ou du prochain film qui sortirait au cinéma.
Elle doutait d'être un jour capable d'adopter la même attitude que lui, tant tout ce qu'elle vivait depuis qu'elle était arrivée à Storybrooke lui semblait toujours aussi insensé qu'avant.
D'un autre côté, elle n'avait pas grandi dans la Forêt Enchantée, elle n'était pas âgée de plus de deux cents ans et elle ne pratiquait la magie que depuis peu de temps.
Ça changeait forcément beaucoup de choses.
À la grande surprise de la blonde, le pirate éclata alors subitement de rire.
Un rire triste, sombre et amer, et elle fronça les sourcils.
Ce ne fut que quand il parla qu'elle comprit la raison de ce rire.
- Donc, si je comprends bien, tu es en train de me dire… que ton père… est l'homme partiellement responsable de la mort de mon frère ? Cette fois il sourit, et son sourire était crispé. De toute évidence, on dirait que ta famille a pour seul et unique but de me pourrir la vie.
Alors que le Ténébreux s'avançait, sans doute pour lui répondre, une voix cingla l'air.
- Stop !
L'assemblée se tourna vers Blanche-Neige, médusée.
- Vous réglerez vos comptes plus tard, reprit-elle, une fois qu'on aura retrouvé Henry et Wendy et qu'on aura quitté ce monde avec eux sains et saufs, pas avant. C'est clair ? »
Ils hochèrent tous les deux la tête et se turent, et Emma ne rata pas le sourire fier de son père.
Elle aussi elle l'était.
C'est ma mère, voulut-elle presque dire.
Oui, sa mère.
Ces deux adultes devant elle étaient ses parents, et ils l'aimaient.
Parfois, elle avait encore du mal à le réaliser.
Elle secoua la tête, enfermant ce sentiment d'incertitude mêlé de joie, de tristesse et d'amertume qu'elle ressentait quand elle repensait à tout ce qu'elle aurait dû avoir, tout ce qu'elle avait perdu.
Elle avait plus important à faire.
Sauver son fils ainsi qu'une petite fille qui avait vécu le même destin qu'elle, être arrachée à sa famille à cause des actions d'un être cruel.
Et elle doutait que tout comme Regina, Peter Pan soit en quête d'une rédemption ou d'une seconde chance.
« Alors, dit-elle pour rompre le nouveau silence qui venait de s'installer suite à l'intervention de la princesse, par quoi on pourrait commencer au juste ?
Monsieur Gold se tourna vers elle.
- Par le plus évident, lui répondit-il, essayer de retrouver Henry grâce à un sort de localisation.
- Et on a besoin de quoi pour ça ? Lui demanda la Sauveuse, curieuse.
Elle avait beau avoir commencé à apprendre la magie, il y avait encore bien des choses qu'elle ignorait.
- D'un objet qui lui appartient, intervint Regina, avant de faire surgir quelque chose dans ses mains par magie. »
Le livre de contes de fée.
Un objet qu'elle aurait bien brûlé avant tout cela si elle l'avait pu.
Comme les choses avaient changé depuis…
En une fraction de secondes, l'immortel lança le sortilège et alors que l'objet s'élevait dans les airs, quittant les mains de la brune, et se dirigeait vers la forêt, Emma sentit l'espoir l'envahir à nouveau, Henry était là, quelque part, si proche, et ils allaient le trouver, le sauver, ils…
Quelque chose n'allait pas.
Le livre prit une direction, puis une autre, ne semblant pas savoir laquelle choisir, avant de brusquement se figer et ne plus avancer.
Tous les regards se tournèrent vers l'antiquaire, cherchant une explication à ce nouveau problème imprévu et surtout non désiré, et ce dernier grimaça.
« C'est ce que je craignais, marmonna-t-il, les poings serrés.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Lui demanda Graham, perdu, comme absolument tout le monde.
- Quelque chose bloque mon sortilège et m'empêche de localiser Henry, et je ne sais pas ce que c'est, reconnut l'immortel, peut-être que c'est à cause de la magie de l'île ou parce que le camp de Peter Pan est dissimulé par magie…
Un silence de mort s'abattit dans l'assistance.
- Donc… commença Emma d'une voix hésitante. Ça veut dire qu'on ne pourra pas retrouver Henry de cette manière, c'est ça ?
Son espoir de voir le sorcier lui dire qu'il avait une autre solution pour résoudre cet inconvénient s'évanouit aussitôt qu'il hocha la tête.
- Non, malheureusement. Je me doutais que ce ne serait pas aussi facile, mais je voulais au moins essayer.
La blonde ferma les yeux.
Elle savait que les choses seraient tout sauf simples, mais le fait de constater que l'île leur mettait déjà des bâtons dans les roues alors qu'ils venaient à peine d'arriver était assez décourageant.
- Très bien, je… Qu'est-ce qu'on devrait faire alors, reprit-elle, explorer l'île ?
Même si elle devait ratisser chaque mètre carré de ce foutu caillou pour retrouver Henry, elle le ferait.
- Je pense qu'on devrait s'arrêter et installer notre campement, intervint le pirate.
Regina le regarda comme s'il avait perdu la tête.
- Je suis venue pour retrouver mon fils, capitaine, pas pour faire du camping, siffla-t-elle, agacé.
Il soupira.
- Écoutez, dit-il, s'adressant à tous les membres de l'expédition, je sais que vous tenez à retrouver le garçon le plus rapidement possible, et c'est aussi mon cas, mais… Mais le problème vient tout d'abord du fait que depuis que vous avez appris l'enlèvement de Henry, aucun de vous n'a pris le temps de s'arrêter pour faire une pause, hors nous devrons être en forme pour affronter Pan et ses garçons perdus. De plus, presque aucun de vous ne connaît cette île, sa faune, sa flore, et tous les dangers qu'elles décèlent. Vous ne pouvez pas vous lancer à l'aveuglette comme ça sans savoir ce qui vous attend.
Cette fois-ci, ce fut Neal qui prit la parole.
- Je n'arrive pas à croire ce que je vais dire, mais… je suis d'accord avec lui.
Une dizaine de regards étonnés se posa sur lui.
- Cette île… ce monde… c'est un danger à lui tout seul. On doit être prêts à affronter beaucoup de choses et de toute évidence, on ne l'est pas. Est-ce que ça vous va ?
Après une rapide concertation, ils acquiescèrent tous.
- Très bien, dit Crochet, surpris d'avoir réussi à les convaincre aussi rapidement et surtout que ce soit grâce à Neal, on devrait aller par là alors. »
Emma s'apprêtait à suivre le mouvement, comme les autres, quand elle remarqua que Regina était restée en arrière, s'accrochant obstinément au livre de contes.
La blonde fronça les sourcils et se dirigea vers elle.
« Regina, est-ce que tout va bien ?
La brune releva la tête dans sa direction, le regard empli de détermination.
- Je le lui redonnerai, Emma, quand on le retrouvera. Quand on retrouvera Henry, dit-elle d'une voix tremblante, je lui donnerai son livre de contes. Pour lui prouver qu'il a raison. Parce que les fins heureuses existent, parce que le bien triomphe toujours et que les héros ne peuvent être autre chose que victorieux.
Emma lui sourit, émue, ne lui faisant aucune remarque sur le fait qu'elle s'était mise à pleurer, avant de lui tendre la main, que l'ancienne méchante reine saisit sans la moindre hésitation.
- J'en suis sûre. Sûre et certaine. »
Oui, c'était évident, ils parviendraient à retrouver Henry et à la sauver.
Quoi qu'il leur en coûte.
A suivre…
Chapter 100: Un enfer tentaculaire.
Notes:
Titre du 23/11/2023 : Un enfer tentaculaire
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… SnK 3 : Erwin : Écrire sur Maddalena (JTV) ou écrire sur quelqu'un d'amputé
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Et on a atteint les cent chapitres ouah ! J'avoue que quand j'ai commencé ce petit machin en ne sachant absolument pas où j'allais avec, je m'attendais pas à aller aussi loin.
Merci aux gens qui sont encore là !
Chapter Text
Vivre sans ombre était une expérience assez déconcertante.
Mais depuis qu'il savait que Henry avait été emmené au Pays Imaginaire, Rumplestiltskin savait bien qu'il devrait en passer par là, pour cacher sa dague et empêcher que son père ne la trouve et ne tente de le contrôler avec ou de le tuer, mais aussi pour qu'il ne tente pas de mettre fin à ses jours en lui arrachant son ombre, comme il savait qu'il l'avait déjà fait à d'autres par le passé.
(Il ne savait pas si son immortalité l'aurait protégé ou non, ou même quel genre d'effet indésirable le fait de se faire voler son ombre par quelqu'un pouvait provoquer chez lui, mais il n'avait pas spécialement envie de le découvrir.)
Aussi, une fois le campement construit et après avoir aidé Regina et Emma à jeter des sorts de protection tout autour (une partie de lui-même se doutait que ça ne servirait sans doute pas à grand-chose, pas alors que la magie de leur ennemi était probablement plus puissante que la leur), il s'était éloigné.
En voyant son ombre s'envoler au loin avec sa dague, il sentit un poids le quitter.
Il ne savait pas encore comment les choses tourneraient, ce qu'il adviendrait de lui, s'il survivrait à tout ça, mais il ferait en revanche tout pour se battre le plus longtemps possible.
Et si jamais il devait mourir à cause de Peter Pan, il le ferait selon ses conditions, en sauvant son petit-fils.
En faisait ce qui était juste.
Et parce qu'anéantir l'homme qui l'avait autrefois abandonné puis qui avait enlevé son fils et son petit-fils serait la plus satisfaisante des victoires.
§§§§
Regina savait bien qu'elle était censée dormir.
Pourtant, elle s'en sentait complètement incapable pour l'instant.
En tournant la tête autour d'elle, elle réalisa qu'elle était probablement la seule.
Blanche-Neige, David, Emma, Graham, August, Neal, Jean, Michel, tous dormaient, ou du moins semblaient être endormis ou tentaient de le faire.
Elle ne comptait que deux exceptions, en dehors d'elle-même.
D'abord, Rumplestiltskin, qui en tant que Ténébreux n'avait pas vraiment besoin de sommeil, et qui avait proposé de monter la garde, étant le plus puissant de tout leur groupe, et ensuite, Killian Jones, que le sommeil semblait fuir lui aussi.
Elle fut étonnée de constater qu'il ne foudroyait pas sa némésis du regard comme elle s'y serait attendue, et elle se fit la réflexion qu'il avait peut-être bien l'intention de respecter sa part du marché.
Elle se doutait bien qu'il n'avait pas abandonné son projet de vengeance pour autant, mais en toute franchise, ça lui importait peu, tant qu'il les aidait à survivre au sein de cette sombre forêt, il pouvait bien tenter à nouveau de tuer son ancien mentor une fois toute cette histoire terminée si ça lui chantait.
(Ce n'était pas comme s'il allait y parvenir de toute façon.)
Aussi, en constatant qu'elle ne parviendrait probablement pas à trouver le sommeil, elle se leva et s'assit à côté de lui.
Ils restèrent silencieux pendant quelques secondes avant qu'elle ne finisse par engager la conversation.
« Je constate que toi aussi tu as du mal à dormir.
Il hocha la tête, l'air pensif, avant de lui tendre sa flasque de rhum qu'elle saisit aussitôt avant d'en prendre une gorgée.
Ce n'était sans doute pas une bonne idée, mais elle était éreintée, incapable de dormir, son fils avait disparu depuis des heures sans qu'elle ne sache où il était ni ce qui était advenu de lui et elle était terrifiée.
Elle n'avait pas la moindre envie d'être raisonnable.
- Je trouve qu'il y a quelque chose qui cloche dans tout ça, fit remarquer le pirate.
La brune ne put s'empêcher de pouffer.
- Tu peux être un peu plus précis ? Il y a tellement de choses qui ne vont pas qu'en faire la liste nous prendrait probablement toute la nuit.
Il ne sourit même pas face à sa tentative d'humour et son expression resta grave, et elle comprit qu'il était très sérieux.
Elle fronça les sourcils, intriguée.
- Qu'est-ce qu'il y a ? L'interrogea-t-elle.
Il but à son tour avant de lui répondre.
- Cette… situation. Le fait que nous soyons tous sur cette île, ici et maintenant, j'ai l'impression que… je ne sais pas. J'ai le sentiment… Depuis que je sais que Peter Pan recherche ton fils depuis des siècles, qu'il sait à quoi il ressemble depuis une éternité, depuis avant même sa naissance, la tienne, la mienne et celle de presque toutes les personnes présentes ici… Hé bien, il a probablement dû tout faire pour orchestrer l'avenir pour que celui ressemble à ce qu'il voulait qu'il soit, pour pouvoir avoir ce qu'il voulait, et s'il a vu une partie du futur, tout ce qu'il a fait a été fait dans un seul but. Mettre la main sur Henry.
Regina sentit un mauvais pressentiment l'envahir.
- Où est-ce que tu veux en venir ?
- Tu sais déjà que mon frère est mort, tué par une des plantes de l'île.
- Oui, l'ombrève, se rappelait-elle, quel rapport ?
- Il est mort parce que le roi de mon pays nous a envoyés en chercher en prétendant qu'il s'agissait d'un remède alors qu'il voulait l'utiliser comme une arme… mais il est aussi mort parce qu'après avoir été sauvé par l'eau magique de l'île, il a quitté le Pays Imaginaire sans que ni lui ni moi n'ayons conscience que partir le tuerait. Liam est mort parce que Peter Pan ne nous a pas expliqué ce que signifiait le fait de payer le prix de l'utilisation de la magie. Et je me demande… si en fin de compte, il l'a fait exprès.
- Par cruauté ?
- C'est ce que j'ai pensé, mais avec ce que je sais maintenant, sa quête pour retrouver Henry, le fait qu'il est le père de Rumplestiltskin, ce qui est au passage toujours aussi perturbant (en entendant cela, Regina ne put s'empêcher de sourire, amusée), je n'ai pas arrêté d'y penser. Au fait que ce n'est peut-être pas une coïncidence s'il a laissé Liam mourir, que c'était peut-être un choix conscient, qu'il l'a fait pour façonner mon destin, faire en sorte que je devienne ce que je suis aujourd'hui… le capitaine Crochet, ajouta-t-il en regardant brièvement le crochet qui avait remplacé sa main. Je ne peux pas m'empêcher de me demander s'il a tout fait pour ça arrive, et au fait que peut-être, si les choses ne s'étaient pas déroulées ainsi, je ne serais pas devenu un pirate, je n'aurais peut-être pas rencontré Milah, je ne serais pas parti en quête de vengeance contre Rumplestiltskin, je ne serais peut-être même pas ici… Sans parler du fait que Neal est le père de Henry, le père du garçon dont il a besoin pour une raison qu'on ignore encore, et qu'il l'a enlevé, sans doute parce qu'il savait ce qui allait se produire. Ou pour faire en sorte que ça se produise. Ça ne peut pas être une simple coïncidence ou un pur hasard.
- Tu penses que… Peter Pan a prévu absolument tout ce qui est arrivé ?
Si c'était vrai, cette simple pensée était tout bonnement vertigineuse.
- Même Rumplestiltskin n'a pas tout pu prévoir, et pourtant il voit effectivement l'avenir.
- Je n'en sais rien, admit le pirate, mais… j'ai le sentiment qu'il a agi sur ce qu'il a pu, et que certaines choses ne sont pas arrivées par hasard.
- Tu crois qu'il nous manipule ?
Regina savait parfaitement bien ce que ça faisait de se faire manipuler, elle l'avait été par Rumplestiltskin, poussée dans les ténèbres par un homme désireux de retrouver son fils par tous les moyens.
Elle détestait viscéralement cette sensation.
Il haussa les épaules.
- En tout cas, je te le dis majesté, il y a quelque chose de louche dans toute cette histoire… et je n'aime pas ça du tout. Tout ça ressemble à un piège et j'espère vraiment qu'on n'est pas en train de tomber dedans à pieds joints… »
Sur ce point-là, ils étaient d'accord…
§§§§
Quelques secondes plus tard, sans qu'elle ne s'y attende une seule seconde, un sourire malicieux se mit à illuminer le visage du marin.
« Bien, maintenant que ce sujet déprimant a été abordé, lança le brun avec un enthousiasme certain qui lui fit hausser un sourcil surpris, parlons d'autre chose.
Elle avait du mal à voir exactement de quoi il pouvait avoir envie de parler au vu des circonstances, mais elle le laissa continuer, curieuse.
De toute façon, elle n'avait pas envie de penser à ce qui était en train de lui arriver, et elle n'était malheureusement pas encore assez bourrée pour être capable de mettre son cerveau en pause.
- Je suis toute ouïe, lui répondit-elle en lui piquant la seule source d'alcool à leur disposition.
Dans un éclair de lucidité, elle se fit la réflexion que c'était une bonne chose qu'il n'y en ait pas plus, sinon elle en aurait probablement profité pour noyer son désespoir dedans, comme elle le faisait autrefois dans le vin dans son château de la Forêt Enchantée lorsqu'elle était encore en quête de vengeance.
- Toi et la Sauveuse… ça dure depuis quand ?
En rétrospective, boire au même moment ne s'était pas avéré être une bonne idée, puisqu'elle manqua de s'étouffer en entendant cela et toussa à plusieurs reprises quelques secondes plus tard.
Elle regarda son interlocuteur avec un air perdu.
- Quoi ?
Il eut un rire amusé.
- Oh pas à moi majesté, je sais que depuis mon arrivée à Storybrooke, je n'ai pas passé beaucoup de temps dehors et que j'étais principalement dans une cellule, mais… Avoue le, quelque chose a changé, non ?
Elle cligna des yeux, abasourdie et à court de mots.
Il était le premier à la percer à jour à ce sujet, alors même qu'elle pensait avoir été la plus discrète possible, et le fait qu'il l'ait fait si vite montrait qu'il la connaissait bien et était en même terriblement terrifiant.
- Tu… que… Comment est-ce que tu…
Il lui envoya un sourire fier, teinté d'une aura de « je le savais ! ».
- Jusqu'à maintenant c'était surtout une hypothèse mais je constate que je ne me suis pas trompé. Tu lui parles différemment, tu la regardes différemment des autres. Certes tu n'affiches plus ton mépris royal d'autrefois depuis déjà un moment, mais… Avec elle, ce n'est pas pareil, et je n'étais pas là quand Daniel était encore vivant, mais j'imagine que c'est comme ça que tu le regardais à l'époque, et que c'est de cette manière que je regardais Milah. Alors dis-moi, c'est quoi l'histoire ?
La jeune femme soupira, avant de s'emparer une nouvelle fois de la flasque de rhum malgré les protestations du pirate, avant d'en boire un nouvelle rasade.
Killian grimaça.
- A ce rythme et avec cette descente, lui fit-il remarquer, tu vas finir par boire tout ce qui reste.
- Oh crois-moi j'en ai bien plus besoin que toi là tout de suite. Et de toute façon, je tiens mieux l'alcool que toi, lui rétorqua-t-elle.
Il ricana.
- J'aimerais bien vérifier ça, mais malheureusement on n'a ni les bonnes conditions ni les moyens de le faire. Et j'attends toujours mon histoire.
Elle leva les yeux au ciel, mais son sourire démentait cet agacement peu crédible.
- Très bien, comme tu voudras… Je ne l'avais pas prévu tu sais, de… de tomber amoureuse d'Emma Swan.
C'était la toute première fois qu'elle le disait à voix haute à quelqu'un, qu'elle rendait ça réel pour de bon, et elle fut étonnée de constater à quel point ça lui avait pesé jusque-là de devoir rester silencieuse.
Elle n'avait personne à qui se confier, personne à qui le dire, surtout maintenant qu'Henry avait disparu et que toutes ses chances d'avoir un jour une fin heureuse étaient parties en fumée.
Le sourire du capitaine se fit narquois.
- Je m'en doute bien, personne ne s'attend jamais à tomber amoureuse de la fille de sa pire ennemie en règle général, ironisa-t-il.
- Ex-pire ennemie, le corrigea-t-elle. Au début je la détestais, parce qu'elle était une menace pour moi, pour ma malédiction, parce qu'elle représentait un risque qui me terrifiait, celui de perdre Henry pour toujours. Et puis Henry a disparu, nous sommes devenues alliées, et j'ai arrêté de la détester, je suis devenue son amie, on a tenté de devenir une famille, pour notre fils et je… Je ne sais pas exactement comment ou quand c'est arrivé, mais… c'est Emma. Elle est… merveilleuse, drôle, fantastique, courageuse, forte, belle et je… Je l'aime. Même si je ne devrais pas.
- Pourquoi, parce que tu fais partie des méchants et elle des gentils ? Tu sais majesté, même depuis ma grotte, à savoir ma cellule de prison, je suis au courant que tu es en train de te repentir. Et apparemment ça marche plutôt bien.
- Non, pas pour ça, le contredit-elle. Parce qu'elle me déteste. Parce qu'une part d'elle-même me détestera toujours, même si elle finit un jour par me pardonner. Et parce que je ne la mérite pas.
- En admettant que ce soit vrai – et je pense sincèrement que c'est des conneries – fais en sorte de changer ça. Tu as abandonné ta vengeance, pas vrai ?
- Je… oui.
- Et tu essaies de te faire pardonner, de réparer tes erreurs, d'obtenir ta rédemption et ta seconde chance en somme.
- Exact. Je ne vois toujours pas où tu veux en venir.
- Tu essaies de devenir une meilleure personne, ce qui signifie que peut-être, peut-être, ta chère princesse ne te détestera pas toujours, et donc que tu as toutes tes chances. À condition qu'elle t'aime aussi, évidemment.
Regina le regarda avec un air suspicieux.
- Je rêve ou tu es en train de me conseiller sur ma vie amoureuse ?
- Hé, protesta-t-il, je ne suis pas juste un pirate ténébreux et mystérieux, je suis aussi un excellent séducteur.
- Tu l'étais, le contra-t-elle, deux cents ans de célibat, ça commence à faire long et tu dois être rouillé depuis le temps.
Elle s'attendait à ce que son visage s'assombrisse face à ce rappel, mais il se contenta d'acquiescer.
La blessure était de toute évidence encore là, mais sans doute moins vive qu'avant.
Elle se surprit à se sentir vraiment heureuse pour lui.
- Probable oui. Mais ça ne veut pas dire que j'ai tort pour autant.
- Certes, approuva-t-elle, à deux doigts d'éclater de rire. »
Cette situation était complètement absurde et n'avait absolument aucun sens.
Ils étaient là, tous les deux, au Pays Imaginaire, à moitié ivres, en train de parler des sentiments amoureux de la sorcière pour une princesse qui n'était même pas au courant de l'existence des dits sentiments en question, alors qu'Henry se trouvait là, quelque part et qu'ils n'étaient ni en train de le chercher, ni de dormir.
Et pourtant, malgré ça, malgré la peur qui lui nouait les entrailles, elle se sentait presque bien.
Ce fut à ce moment précis qu'elle comprit.
Il essayait de l'aider.
Il tentait de la distraire, de la faire penser à autre chose qu'à son fils disparu et enlevé, qu'aux dangers qui ne manqueraient pas de les assaillir dès l'instant où ils baisseraient la garde, et maintenant, l'angoisse et le désespoir qui risquaient de la tourmenter à chaque seconde avaient presque disparu.
C'était la première fois qu'elle passait autant de temps avec quelqu'un dont elle n'avait pas complètement brisé la vie, qu'elle pouvait se sentir aussi apaisée, aussi sereine, qu'elle ne ressentait pas la moindre culpabilité, pas de remords écrasant.
C'était assez revigorant.
Et là où elle se serait attendue à ce qu'il se contente de participer à l'expédition sans rien faire de plus, il ne se contentait pas de cela, il tentait de faire en sorte qu'elle ne panique pas malgré le sentiment de désarroi et d'impuissance qu'elle ressentait, qu'elle garde son calme, il l'aidait, comme…
Comme le ferait un ami.
La réalisation la frappa soudainement.
Elle et le capitaine Crochet n'avaient jamais eu l'occasion de véritablement devenir amis par le passé.
Ils avaient été alliés, lorsqu'elle l'avait envoyé tuer Cora, même si elle avait surtout été son employeuse et lui son employé, puis ils s'étaient retrouvés à nouveau dans le même camp à Storybrooke, même si ça n'avait jamais été vrai.
Et à ce moment-là, ils étaient respectivement trop occupés, lui, à se méfier d'elle et de ses intentions, elle, à faire en sorte que sa couverture ne se fasse pas griller, pour réellement nouer une quelconque relation amicale qui puisse être sincère ou vraie.
Si ce constat la frappait avec autant de force, c'était pour une raison très simple.
Elle n'avait jamais réellement eu d'amis avant.
Daniel avait été le sien, avant qu'elle n'en tombe amoureuse, de même que Blanche-Neige, au début du moins, avant que Daniel ne meurt, qu'elle ne doive épouser le roi Léopold et que son affection sincère ne se change en haine.
(Cette amitié-là en revanche, elle espérait de toutes ses forces qu'elle pourrait renaître de ses cendres, un jour.)
Mais il n'y avait jamais eu personne d'autre.
Elle avait eu une famille, des serviteurs, des connaissances issues de la noblesse, et Rumplestiltskin, Sidney, Graham, le roi Georges, Jefferson et Frankenstein n'avaient jamais été ses amis, plutôt ses alliés, ses bourreaux, ses victimes ou ses ennemis, voire tout ça à la fois.
Et non seulement elle n'avait pas été proche de grand-monde durant la malédiction, mais même si elle avait pu l'être, ça n'avait jamais été réel.
Et…
Et étrangement, ici et maintenant, sur cette île qui souhaitait leur mort, et malgré les circonstances bizarres dans lesquelles ils se trouvaient et qui n'auraient pas dû être propices à l'éclosion d'une amitié nouvelle, elle avait le sentiment que…
Qu'ils pouvaient devenir amis, pour de vrai.
Elle sourit.
« Merci, lui dit-elle.
Il se tourna vers elle, surpris.
- Pourquoi ?
- Merci d'essayer de m'aider. De me faire comprendre que je ne suis pas seule, ça… ça m'a fait beaucoup de bien.
Il lui sourit.
- De rien. On devrait aller dormir, ou au moins faire semblant d'essayer. »
Elle approuva, et regarda le ciel empli d'étoiles, pensive.
Deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin…
C'était ce que disait l'histoire, indiquant la manière de trouver le Pays Imaginaire.
Ils avaient trouvé ce chemin, ils emprunteraient bientôt celui du retour.
Lorsqu'elle parvint enfin à s'endormir, ce fut apaisée par cette conversation à laquelle elle ne se serait jamais attendue.
Elle avait gagné un ami, aussi surprenant que cela pouvait lui sembler.
Et l'île ne lui volerait pas ça, tout comme elle ne lui volerait jamais Henry.
Elle s'y accrochait avec la force du désespoir, tout comme elle s'accrochait physiquement au livre de contes de fées de son fils.
Ce qu'elle avait dit à Emma était une promesse qu'elle comptait bien tenir.
Elle lui rendrait ce livre, puis ils rentreraient tous ensemble à la maison.
Et tout irait bien.
A suivre…
Chapter 101: Je ne peux accéder à la réussite.
Notes:
Titre du 14/01/2022 : Je ne peux accéder à la réussite
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Gon (HxH) : Habit vert : Écrire sur un Serpentard ou une scène dans la nature
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Le jeudi et le vendredi de la semaine suivant la publication de ce chapitre, je passerai les écrits du concours de bibliothécaire. Au secours.
Chapter Text
Emma dormait et son sommeil était tout sauf reposant, bien au contraire.
Il était plutôt agité, et la jeune femme ne cessa de se tourner et de se retourner pendant des heures sur l'espèce de lit sur lequel elle dormait, les dents et les poings serrés, l'esprit envahi de cauchemars plus épouvantables les uns que les autres.
À chaque fois ils perdaient.
À chaque fois Henry mourait, tué par Peter Pan.
À chaque fois elle était forcée de devoir assister à la mort de tous ses proches, sans pouvoir rien faire, sans réussir à les sauver, sans que quoi que ce soit qu'elle tente ne parvienne à faire une seule seconde la différence.
Elle était la Sauveuse, une mère prête à tout pour ramener son enfant à la maison, et pourtant l'île semblait déjà lui envoyer un message terriblement clair et limpide.
Le Pays Imaginaire ne lui faciliterait aucunement la tâche.
Ce qui en un sens tombait bien, parce qu'elle était prête à se battre jusqu'à son dernier souffle pour son fils et contre ce monde maléfique.
§§§§
Quand la blonde se réveilla, le silence régnait.
Enfin, presque.
Autour d'elle, tout ce qu'elle entendait venant des autres membres de l'expédition était leurs respirations endormies, et celle de Rumplestiltskin, qui était toujours réveillé.
Seulement…
Seulement, il y avait autre chose, quelque chose d'autre qu'elle n'arrivait pas vraiment à identifier et qui lui fit froncer les sourcils, un bruit qui n'aurait pas dû être là.
Un bruit qu'elle n'aurait pas dû entendre.
C'était…
Elle tendit l'oreille, le son était faible, distant, presque comme étouffé, pourtant ça ne l'empêcha pas de bien l'entendre distinctement.
En réalisant de quoi il s'agissait, elle se figea, stupéfaite.
C'était des pleurs.
Et surtout, c'était des pleurs d'enfant.
L'île étant peuplée à 95 % d'enfants (elle était à peu près sûre que si eux, les adultes venus chercher Henry, n'avaient pas été là, le pourcentage aurait plutôt été de 100 %) elle avait conscience que ce n'était pas vraiment surprenant. Surtout en sachant qu'une bonne partie d'entre eux n'était pas là de leur plein gré.
Son cœur se serra, quand elle avait franchi ce portail magique, elle n'avait pensé qu'à Henry et à Wendy, pas à tous les autres enfants qui faisaient parti des Enfants perdus, sans doute parce qu'elle ne les voyait encore que comme des ennemis.
Et c'était le cas pour certains d'entre eux, si elle se fiait à ce que Crochet et Neal avaient dit d'eux, mais ça ne pouvait pas être le cas pour tous.
Entendre ces pleurs lui fit alors réaliser que, peut-être, eux aussi elle devrait les sauver.
Les pleurs se rapprochèrent et s'amplifièrent et, consciente qu'elle ne s'endormirait plus, la shérif adjointe se leva, bien décidée à connaître le fin fond de cette histoire.
Qui étaient ces enfants qui pleuraient et surtout, où étaient-ils ?
Est-ce que c'était l'un des premiers pièges que Peter Pan avait laissé à leur intention ?
Elle commença à suivre le bruit des pleurs avant que Rumplestiltskin, intrigué par ses mouvements, ne l'interpelle.
« Miss Swan ? Qu'est-ce que vous faites ?
Les enfants pleuraient toujours et pourtant ça n'avait pas l'air de lui faire grand-chose, et elle savait bien que le Ténébreux était capable de rester statique et froid malgré les circonstances, mais le fait qu'il ne l'ait pas interrogée sur les pleurs et leur provenance alors qu'il devait les entendre depuis plus longtemps qu'elle, ne s'étant pas endormi un seul instant, l'intriguait.
- Je… Vous… Vous ne les entendez pas ?
L'immortel fronça les sourcils.
- De qui est-ce que vous parlez ?
- C'est normal, lança alors une voix qu'elle ne reconnut pas tandis qu'un jeune garçon sortait de l'ombre, je voulais que ce ne soit que toi qui les entendes.
Elle se retourna et en croisant le regard de l'adolescent devant elle, Emma eut la certitude absolue que c'était Peter Pan qui se trouvait juste là.
Elle ne savait pas si c'était à cause de son sourire narquois et arrogant, qui lui rappelait tant celui de monsieur Gold, ou bien sa ressemblance physique avec Neal, Henry et le sorcier, mais elle sut aussitôt qui il était sans le moindre doute.
Ça et le fait qu'il ait franchi leurs barrières de protection magique sans la moindre difficulté.
En réalisant cela, Emma sentit l'angoisse l'étreindre.
Il aurait pu presque tous les tuer dans leur sommeil sans qu'ils ne se rendent compte de quoi que ce soit, même avec la présence de Rumplestiltskin, il était bien assez puissant pour ça, elle le savait.
Mais il ne l'avait pas fait, parce qu'il trouvait plus plaisant de s'amuser avec eux et cette pensée lui donnait la nausée.
- Toi, murmura Rumplestiltskin d'une voix emplie de haine et de dégoût.
Si le moindre doute avait subsisté en elle, il se serait évanoui en un instant en entendant cela.
Peter Pan ne cessa pas de sourire.
- Oui. Moi. »
Emma réagit sans réfléchir et le plaqua contre un arbre, son bras contre sa gorge.
Comme elle aurait aimé pouvoir régler ça en un instant, en l'étranglant pour de bon, ça aurait été si simple.
Malheureusement, elle savait d'ors et déjà que les choses n'étaient pas destinées à se passer ainsi.
Mais elle devait lui faire comprendre.
Lui faire savoir qu'elle n'abandonnerait pas Henry, pas cette fois, qu'il ne subirait pas le sort de tous les pauvres enfants capturés par le passé par son ombre, celui de Baelfire, celui de Wendy, celui de tant d'autres dont elle ignorait les noms.
Jamais.
Elle était la Sauveuse.
Elle était Emma Swan.
Et elle n'avait pas mis autant de temps à se constituer une famille pour qu'un petit salopard d'immortel foute tout en l'air juste pour jouer à ce jeu macabre dont elle ne connaissait toujours pas les règles.
Il la regarda avec un air amusé, sans cesser de sourire.
« Je dois dire que tu es telle que je t'imaginais… Sauveuse.
Elle ne se souvenait pas avoir jamais haï quelqu'un aussi fort, pas même ses parents, Regina, Neal ou Rumplestiltskin.
Peut-être était-elle biaisée par le fait qu'elle avait désormais des relations cordiales avec eux, qu'elle ne les détestait plus, ou du moins pas autant qu'avant, mais elle avait le sentiment, au plus profond de son être, qu'elle ne lui pardonnerait jamais ce qu'il lui avait fait.
Il avait enlevé son fils, il avait forcé certains d'entre eux à revenir dans un lieu qu'ils auraient aimé pouvoir quitter pour toujours, il se riait d'eux comme si toute cette situation n'était qu'un jeu, alors même qu'elle ne savait toujours pas où était Henry et s'il allait bien.
Elle frémit de rage, sentant la fureur qui grondait en elle s'intensifier alors qu'elle réalisait que son attitude emplie de colère l'amusait.
Quel putain de foutu salopard de merde.
- Toi aussi, lui rétorqua-t-elle d'une voix acide, tu es exactement comme je l'avais prévu. Un petit con arrogant et insupportable. Et je dis ça alors qu'on ne se connaît que depuis deux minutes. Je n'imagine même pas ce que ça doit être pour les gens qui te connaissent depuis littéralement des siècles. Et le pire c'est que ce n'est même pas une exagération… »
En l'entendant éclater de rire, elle n'arriva même pas à être surprise.
Elle fut tentée l'espace d'une seconde de resserrer sa prise sur sa gorge, avant de renoncer l'instant d'après.
Ça ne lui servirait à rien, il ne ferait que lui filer entre les doigts, telle une anguille, il se jouerait d'elle comme il se jouait déjà de tout le monde et ils savaient tous les deux qu'il n'était là que parce qu'il le voulait bien et qu'il pouvait s'échapper d'un instant à l'autre.
Rumplestiltskin le savait aussi, évidemment, sinon il s'en serait pris aussitôt à lui et la blonde sentit une fois de plus l'angoisse étreindre son cœur comme toutes les autres fois qu'elle y pensait depuis qu'elle savait qui était leur ennemi.
Comment parvenir à vaincre quelqu'un contre qui même le Ténébreux était impuissant ?
« Même si ce n'était pas mon but premier, le fait est que tu es divertissante.
Divertissante.
Elle eut l'impression d'avoir été giflée.
Comment osait-il la railler ainsi, faire comme si son combat n'avait pas la moindre importance, qu'elle n'était là que pour le faire rire ?
Elle comprenait pourquoi Crochet le détestait autant, pourquoi il n'avait pas la moindre envie de revenir sur l'île, parce qu'elle aussi elle sentait la haine vibrer en elle.
- Pourquoi ? Se contenta-t-elle de lui demander, ne trouvant rien d'autre à lui répondre, déjà fatiguée de devoir jouer à ses petits jeux alors que la situation était sérieuse et n'avait jamais été aussi critique. Pourquoi est-ce que tu as enlevé Henry ? Où est-il ?
Son sourire ne disparut pas, et elle se demanda s'il existait une seule chose au monde qui pouvait l'annihiler, détruire cette façade qu'il se donnait.
Elle avait parfois eu cette impression avec Regina, Rumplestiltskin, un peu avec Crochet aussi, mais il y avait toujours eu des moments où cette façade s'effondrait ou se craquelait, où le masque s'effaçait, même pour seulement quelques secondes.
Parce que malgré toutes les horreurs qu'ils avaient commises, ils étaient encore humains.
Elle avait bien peur que ce ne soit plus son cas depuis bien longtemps, depuis que Malcolm avait disparu pour de bon pour être remplacé par Peter Pan, l'enfant immortel éternellement jeune et tout sauf innocent.
Peut-être était-ce aussi pour cela qu'il faisait si peur, pas seulement à cause de ses pouvoirs, de sa puissance.
Mais parce qu'il n'avait pas la moindre hésitation, pas la moindre limite, pas un seul d'état d'âme, plus aucune humanité.
Et elle aussi ça la terrifiait.
- Je ne suis pas là pour ça, lui répondit-il avant de s'éloigner sans la moindre difficulté, comme elle s'y attendait et, agitant la main, il fit apparaître un papier par magie qu'il lui tendit ensuite.
En jetant un regard attentif sur celui-ci après l'avoir saisi dans ses mains, elle se rendit compte qu'il s'agissait d'une carte.
Mais une carte complètement vierge, sans la moindre indication.
Elle fronça les sourcils, perplexe.
- Qu'est-ce que je suis censée en faire au juste ?
- Je te propose un jeu. Henry se trouve sur cette île actuellement.
- Non tu crois Sherlock ? Ironisa-t-elle, de plus en plus agacée par son attitude nonchalante et légère. J'aurais jamais deviné sans toi, merci.
- Et, poursuivit-il, comme si elle ne l'avait pas interrompu, toi et tes amis, vous le cherchez. Cette carte indique où il se trouve.
Emma regarda la carte une nouvelle fois, s'attendant presque à ce que quelque chose ait changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vue, soit approximativement une ou deux minutes plus tôt, mais rien.
Elle était toujours la même qu'avant, la narguant d'autant plus maintenant que la princesse savait qu'elle était plus qu'un simple bout de papier, qu'elle en avait besoin.
Qu'elle était littéralement le seul et unique moyen pour elle dans l'univers de retrouver son fils et de le ramener à la maison.
Sauf qu'elle n'avait aucune idée de comment l'utiliser.
Quelle utilité pouvait bien avoir une carte dépourvue du moindre emplacement, sans aucune destination, sans le moindre chemin à suivre ?
Puis, elle comprit.
- Il faut utiliser la magie pour découvrir où tu l'as caché, pas vrai ?
C'était donc en ça que consistait son petit jeu, il voulait savoir si elle pouvait utiliser la magie, et elle se doutait qu'elle n'aurait pas marché avec Rumplestiltskin ou Regina.
Après tout, c'était elle qui s'était réveillée, elle qui avait entendu les pleurs des enfants (et ils avaient disparu maintenant et est-ce que ça avait jamais été vraiment réel ou bien juste un jeu cruel de plus ?), c'était avec elle qu'il voulait jouer.
Sans doute espérait-il la voir échouer pour pouvoir se rire d'elle une fois de plus, comme il l'avait fait avec toutes ses victimes dans le passé.
Manque de chance pour lui, elle n'était peut-être pas une magicienne au niveau de Regina, et encore moins à celui de Rumplestiltskin ou au sien, mais elle devait être assez aguerrie pour réussir à faire fonctionner une stupide carte tout de même !
Son sourire se fit narquois, et elle sentit un mauvais pressentiment l'envahir.
- C'est… plus compliqué que ça. La carte ne fonctionne qu'avec toi, et de plus… elle ne révélera ce que tu cherches que quand tu auras enfin accepté qui tu es vraiment.
Qui je suis vraiment ?
Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire au juste ?
- Je… Quoi ? Qu'est-ce que tu entends par là au juste ? Je ne suis pas venue ici pour jouer à des devinettes ! Lui hurla-t-elle au visage, exaspérée.
Il se contenta de lui adresser un sourire mystérieux avant de disparaître dans la forêt sans dire un mot de plus.
Elle se tourna vers Rumplestiltskin.
- Gold… Par pitié, dites-moi que vous savez de quoi il parle et ce que je suis censée faire.
Mais le Ténébreux lui adressa un regard complètement perdu et ses derniers espoir s'évanouirent en un instant.
- Je suis navré miss Swan, mais… je n'en ai absolument pas la moindre idée. »
La princesse regarda une fois de plus la carte, toujours aussi vide, avec un air dépité.
Un pas en avant, et trois pas en arrière.
À croire qu'elle ne parviendrait jamais à retrouver Henry…
A suivre…
Chapter 102: Caché parmi les autres.
Notes:
Titre du 10/09/2020 : Caché(e) parmi les autres
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Demon Slayer (partie 1) : Inosuke : Écrire sur un perso qui a été élevé par des animaux ou écrire sur un perso qui porte un masque
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Je suis liibbbrrreee ! Ou du moins je le serai quand ce chapitre sera publié, pour l'instant je le suis pas encore et je flippe sévère ah ah.
Edit : Et je suis libre enfin, victoire !
Chapter Text
En rebroussant chemin vers leur camp, la carte toujours fermement serrée dans ses mains tremblantes, Emma ne mit pas très longtemps avant de réaliser que tout le monde était réveillé.
Elle ne fut pas vraiment surprise, ce n'était pas comme si elle ou Peter Pan avaient été particulièrement silencieux ou discrets durant leur conversation.
En voyant son visage décomposé, ils eurent tous un mouvement de recul, l'inquiétude se lisant sur leurs visages.
Emma n'avait pas besoin de ça, elle n'avait pas besoin qu'ils soient inquiets pour elle, pas maintenant, pas alors qu'ils perdaient un temps qu'ils n'avaient pas à tenter de résoudre les casses-têtes de ce maudit Peter Pan.
Si elle avait pu elle aurait jeté cette carte, elle l'aurait déchirée, brûlée, détruite jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien, pas même des cendres.
Mais même si c'était juste un jeu tordu de plus de leur ennemi, c'était aussi la seule chose qui pourrait la mener à son fils, la seule chose à laquelle elle pouvait se raccrocher pour ne pas sombrer totalement dans les ténèbres.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Lui demanda Graham, un air soucieux sur le visage et elle réalisa à ce moment qu'elle avait les yeux fixés sur la carte comme si la regarder allait être suffisant pour lui faire révéler tous ses secrets et principalement où le père de Rumplestiltskin avait emmené Henry.
- Peter Pan est venu me voir, leur révéla-t-elle. Il est entré dans le camp, sans la moindre difficulté.
Elle vit la réalisation s'inscrire dans leurs yeux, la compréhension qu'ils n'étaient pas en sécurité sur l'île, malgré leurs magies respectives, malgré les sorts de protection.
Ils le savaient déjà, bien sûr, mais le savoir en théorie et en avoir la preuve concrète n'avait absolument rien à voir.
Les dangers s'accumulaient autour d'eux, les uns après les autres, semblant de plus en plus infranchissables et indestructibles à chaque seconde qui passait, et Emma…
Emma se sentait déjà tellement épuisée alors que leur combat n'avait même pas réellement commencé.
La seconde d'après, Blanche-Neige se trouvait juste à côté d'elle, ayant bougé si vite que la blonde eut presque l'impression qu'elle s'était téléportée.
- Qu'est-ce qu'il voulait ? L'interrogea sa mère, la panique clairement visible dans ses yeux alors qu'elle l'examinait sous toutes les coutures, s'assurant qu'elle allait bien, qu'elle n'était pas blessée, une mère effrayée à l'idée que son enfant ait pu être en danger alors qu'elle n'était pas là parce qu'elle dormait.
Sauf que d'ordinaire, songea-t-elle avec amertume, les mères n'avaient pas l'air d'avoir le même âge que leur fille.
Elle chassa cette pensée aussitôt qu'elle se forma dans son esprit, parce que ce n'était pas le moment, ce n'était pas le bon moment pour sa souffrance, non ce qui comptait c'était Henry et rien d'autre.
À la place, elle serra sa mère dans ses bras, comme si son étreinte avait été suffisante pour lui faire oublier les ombres qui rôdaient autour d'elles.
Elle n'avait jamais voulu ça, elle n'avait jamais voulu de ce rôle, de ce poids, de cette charge, elle n'avait jamais voulu être une héroïne.
Tout ce qu'elle voulait c'était à nouveau être une petite fille à qui sa maman dirait que tout irait bien et qu'elle n'avait pas à s'en faire.
- Il m'a proposé un jeu.
Son père fronça les sourcils, confus.
- Un jeu ?
De tout le groupe, seuls Killian, Neal, Rumplestiltskin, Jean et Michel n'affichaient pas un air interloqué et Emma comprenait très bien pourquoi.
Ils étaient ceux qui le connaissaient mieux après tout.
Ils étaient ceux parmi eux à qui il avait fait le plus de mal.
Elle hocha la tête.
- Quel genre de jeu ? Fit August, ayant déjà peur de la réponse.
- Il m'a donné ceci, expliqua-t-elle en brandissant la carte toujours aussi vide à la vue de tous. Cette carte sur laquelle il n'y a pour l'instant rien d'écrit et de dessiné à part les différents emplacements de l'île elle-même, est supposée indiquer l'endroit où Henry se trouve actuellement.
Elle vit une lueur d'espoir collective s'allumer dans leurs yeux, mêlée à de la méfiance dans ceux des frères Darling, du pirate et de Baelfire.
Eux savaient également mieux que quiconque que les jeux de l'immortel n'étaient pas à prendre à la légère et comportaient au moins un piège ou deux ou trois ou quatre et une multitude de règles faites uniquement pour les piéger et les empêcher de gagner.
Parce qu'après tout, comme il le clamait lui-même fièrement, Peter Pan n'échouait jamais…
Jamais Emma n'avait eu autant envie de donner tort à quelqu'un à propos de quelque chose.
- Et… est-ce que tu sais comment faire ?
Elle aurait aimé pouvoir offrir à Neal une réponse autre que négative, pourtant elle en était incapable, elle était une sorcière, mais elle ne pouvait pas utiliser sa magie pour révéler les secrets d'une simple petite carte qui aurait pu leur permettre d'enfin avoir un début de réponse sur comment sauver Henry.
Parce qu'elle n'avait aucune idée de ce que Peter Pan entendait par accepter ce qu'elle était vraiment.
Aussi, elle secoua la tête.
- Je… non, je ne sais pas. Tout ce qu'il m'a dit en me la donnant c'est que la carte révélerait où se trouve Henry… si et seulement si j'accepte qui je suis vraiment. Il m'a aussi dit que la carte ne marchait qu'avec moi.
Alors que plusieurs paires d'yeux décontenancés se posaient sur elle, Emma sentit un profond désespoir l'envahir.
Si même eux, dont un Ténébreux et une sorcière et deux anciens habitants du Pays Imaginaire, n'avaient pas la moindre idée de ce qu'ils devaient faire pour faire fonctionner cette carte, alors comment était-elle supposée le savoir ?
- Accepter ce que tu es vraiment ? Répéta le pirate d'une voix hébétée et perdue. Qu'est-ce que c'est censé signifier, c'est quoi, une espèce d'énigme ?
- Je n'en sais rien ! Explosa-t-elle soudainement, emplie de colère, non pas contre le pirate lui-même, qui n'y était pour rien, mais contre la situation dans son ensemble. C'est ce qu'il m'a dit mais je ne suis pas devin, je ne suis pas dans sa tête, alors non, je ne sais pas ce qu'il veut que je fasse et encore moins comment je suis censée le faire !
Elle était supposée être forte, savoir ce qu'elle faisait, les guider, trouver une solution, en tant que Sauveuse, en tant qu'héroïne, en tant que pourfendeuse de dragonne et briseuse de malédiction.
Sauf qu'elle n'était rien de toutes ces choses.
Elle avait été l'espoir de tout un monde quand elle n'était encore qu'un bébé, mais ça ne signifiait pas qu'elle avait toujours réponse à tout.
La voix de Regina la sortit de ses sombres pensées, telle une main tendue providentiellement pour la tirer hors de cet océan de douleur et de peur dans lequel elle se noyait.
- Emma… Est-ce que je peux ? »
En voyant que son regard était dirigé vers la carte qu'elle s'était mise machinalement à chiffonner dans ses mains, elle comprit qu'elle voulait y jeter un œil elle-même, et elle la lui donna immédiatement.
Elle nota d'ailleurs que la carte en question était toujours intacte, elle n'était pas abîmée ni quoi que ce soit d'autre, et un frisson la parcourut quand elle comprit que même si elle avait utilisé la magie elle n'aurait probablement pas pu la détruire.
Il l'avait sans doute protégée par magie, et elle sut alors qu'il lui envoyait un message très clair.
Il ne la laisserait pas échapper à son petit jeu même si elle essayait, il la forcerait à y participer, jusqu'au bout, et elle n'aurait pas d'autre choix que de jouer selon les règles qu'il avait édictées tout en sachant qu'il serait déloyal et ferait tout pour qu'elle perde.
La sûreté et la sécurité d'Henry dépendaient actuellement d'un gamin immortel égoïste et tout puissant, et ça la rendait malade.
La brune prit la carte et la regarda en fronçant les sourcils et d'un seul coup, Emma réalisa une chose qui lui réchauffa le cœur.
Un détail tout à fait banal, sans doute sans importance, mais qui comptait pour elle.
Regina lui avait demandé la permission de lui prendre la carte.
Oui, c'était une simple politesse basique, dont à peu près n'importe qui était capable, et en un sens ce n'était pas grand-chose, mais si la princesse n'avait jamais connu la méchante reine, elle avait côtoyé Regina Mills, la mairesse glaciale et impitoyable de Storybrooke.
Et cette femme ne demandait jamais, elle prenait, sans la moindre hésitation, sans se poser de question, comme la souveraine qu'elle était autrefois et à qui on ne disait jamais non.
Cette fois les choses étaient différentes, elle était différente, elle avait changé, elle avait agi comme ça de manière naturelle et ce n'était qu'un petit changement parmi les nombreux qu'elle avait initiés depuis qu'elle avait décidé de devenir une meilleure personne pour le bien et la sécurité d'Henry.
Ce geste montrait juste tout le chemin qu'elle avait parcouru depuis que leur fils s'était engagé dans la mine en prenant un chemin qui n'aurait jamais dû exister.
C'était une des raisons pour lesquelles elle aimait la femme qu'elle était devenue, parce qu'elle avait remis en question tout ce qu'elle était autrefois, qu'elle se battait chaque jour pour devenir meilleure.
Elle lutta pour dissimuler le sourire attendri qui commençait doucement à se dessiner sur ses lèvres et attendit patiemment que la sorcière ait terminé son inspection de la carte.
« Et si je lançais un sort dessus ? Pour forcer la carte à nous montrer le chemin et nous dire où est Henry ?
- Ça n'a pas fonctionné quand j'ai jeté le sortilège de localisation, lui rappela Rumplestiltskin avec prudence.
- Et Peter Pan a dit que la carte ne fonctionnait qu'avec Emma, rajouta Crochet, et s'il y a bien une chose que j'ai apprise en vivant sur cette île, c'est qu'on ne peut survivre et espérer s'en sortir qu'en jouant sous ses conditions, en suivant ses règles.
À quelques mètres de lui, Neal hocha la tête, l'approuvant et Emma songea, amusée, qu'à force d'être tous les deux toujours d'accord ces derniers temps (même si ce n'était que sur des choses provenant de leur expérience commune des horreurs de l'île), leur inimité (ou plutôt celle de Neal envers le pirate) allait peut-être finir par disparaître au bout d'un moment.
À vrai dire, Emma était plutôt d'accord avec eux également, mais, après tout…
Ça ne coûtait rien d'essayer, de tenter, même si ça foirait par la suite.
- Certes, reconnut Regina, mais j'ai moi-même appris une chose pendant le peu de temps que j'ai passé ici, et d'après ce qu'on m'a dit de ce salopard. C'est que Peter Pan ment.
Ce qu'il avait autrefois dit à Killian Jones au sujet du prix à payer pour utiliser l'eau magique pour sauver la vie de son frère n'avait été qu'un mensonge par omission dans le fond.
Mais un mensonge par omission restait un mensonge malgré tout.
L'ancienne reine regarda l'ensemble du groupe et, constatant qu'aucune autre voix de protestation ne s'élevait, elle utilisa sa magie.
Pendant quelques secondes, rien ne se passa puis, d'un seul coup, un chemin apparut, suivi d'une croix.
Enfin, ils avaient quelque chose de concret à quoi se rattacher.
Un sourire prit place sur son visage et en un geste impulsif, elle s'empara de la main de la jeune femme et la serra dans la sienne avec fermeté.
- Tu as réussi, souffla-t-elle, ne s'attendant pas à voir son visage s'illuminer brusquement rien qu'en entendant ces simples mots et elle… »
Elle rougissait, n'est-ce pas ?
Emma ne savait pas si c'était réellement significatif, mais elle ne pouvait pas nier que c'était arrivé et une fois de plus, elle maudit les circonstances, parce que si elles avaient été ailleurs, à Storybrooke et pas dans cette prison infernale, si elles avaient eu plus de temps, si elles n'avaient pas été prises dans cette course contre-la-montre, elles auraient pu…
Mais rien n'était perdu, Regina avait trouvé une solution, et elles trouveraient Henry, elles vaincraient Pan, elles partiraient loin de cette île maudite avec leur fils et une fois à Storybrooke, elles pourraient reparler de ce qu'elle venait de voir et de si ça voulait dire quelque chose, si c'était important, et elle avait le sentiment que ça l'était.
Elles pourraient parler ensemble de ce qui pouvait éclore entre elles.
Là, elles auraient tout le temps du monde, elle en était persuadée.
Du moins, elle l'espérait.
- On devrait… y aller, intervint Crochet, brisant le silence qui était en train de s'installer. »
En se tournant vers lui, elle remarqua qu'il arborait un sourire narquois, amusé et… peut-être même attendri si une telle expression était possible chez lui, et elle se demanda s'il était le seul à avoir potentiellement remarqué quelque chose.
Elle l'ignora, se contentant de suivre Regina comme les autres, suivant la piste qui les mènerait tous à l'enfant qui leur avait été enlevé.
Après avoir marché un certain temps, ils aperçurent ce qui ressemblait à un camp, très vraisemblablement le camp des enfants perdus.
Le camp de Peter Pan.
Il était vide, et elle aurait sans doute dû y prendre garde, s'en inquiéter, mais à la place, son cœur rata un battement alors qu'elle voyait une silhouette familière qui lui tournait le dos et des vêtements qu'elle ne connaissait que trop bien.
« Henry ! Ne put-elle s'empêcher de crier, oubliant toute prudence, oubliant tout ce qui n'était pas son petit garçon, qu'elle avait enfin retrouvé. »
Puis celui qu'elle prenait pour Henry se retourna et elle croisa le regard joueur et cruel de Peter Pan.
Elle eut le sentiment que son cœur venait de tomber comme une pierre dans son estomac.
A suivre…
Chapter 103: Des grincements dans la forêt.
Notes:
Titre du 17/11/2022 : Des grincements dans la forêt
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Mes vrais enfants : Début et fin : Écrire une scène dans une maison de retraite ou sur un personnage qui a plus de 70 ans
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Emma Swan savait ce que ça faisait d'avoir le souffle coupé.
Mais à cet instant précis, alors qu'elle faisait face, non pas à son petit garçon innocent, mais au monstre cruel qui l'avait enlevé, ce qu'elle ressentait allait au-delà de ça, était bien pire.
Non, actuellement, la Sauveuse était tout bonnement en train de suffoquer, d'étouffer, elle n'arrivait même plus à respirer.
Et jamais elle n'avait eu autant le sentiment de voir tous ses espoirs voler en éclats en l'espace d'un seul et unique instant, comme si elle avait touché du doigt le Paradis avant de brusquement se retrouver projetée tout droit en Enfer.
Elle aurait dû savoir que ce ne serait pas aussi simple.
Elle aurait dû être consciente qu'il ne la laisserait pas si facilement gagner.
Elle aurait dû se rendre compte qu'elle n'avait pas d'autre choix que de jouer selon ses règles et pourtant ça ne l'avait pas empêchée de tenter de les enfreindre.
Elle avait joué, elle avait triché, et maintenant, elle avait perdu.
Emma prit une profonde inspiration, en vain, sentant la panique et le désespoir l'envahir, avant que l'oxygène salvateur ne finisse finalement par rentrer lentement dans ses poumons asphyxiés par la terreur.
Henry n'était pas là.
Ils étaient bien au camp pourtant, alors pourquoi ?
Peter Pan lui adressa un sourire à la fois moqueur et désappointé.
« Je dois l'admettre, tu me déçois Sauveuse… Je t'avais pourtant dit que la carte ne se révélerait à nulle autre personne que toi.
C'était vrai, dut-elle reconnaître à contrecœur.
Il le lui avait bel et bien dit, sur ce point-là, elle ne pouvait pas accuser l'enfant immortel de lui avoir menti ou de ne pas avoir été clair.
- Effectivement, admit-elle, les dents serrés et les yeux emplis de colère, tentant de ne pas laisser éclater sa rage au grand jour. »
Elle le connaissait encore mal mais elle en savait suffisamment pour bien voir qu'il était imprévisible et pouvait réagir de n'importe quelle manière en fonction de la façon dont son interlocuteur agissait.
Ou peut-être cela n'avait-il aucun rapport, peut-être agissait-il comme il le voulait quand il le voulait sans la moindre raison, comme…
Comme un enfant capricieux et incontrôlable.
Et oh comme c'était frustrant de ne pas savoir comment il allait agir, de quelle manière il allait se comporter, ce qu'il choisirait de faire, de n'avoir aucune idée de ce qu'il voulait au juste.
Regina avait été comme ça elle aussi, avant qu'Henry ne disparaisse et qu'Emma ne doive admettre l'existence de la malédiction, avant qu'elles ne deviennent alliées, mais alors la magie n'entrait pas en ligne de compte et la blonde n'avait jamais réellement été en danger.
Cora avait été une ennemie terrifiante, mais pas invincible et il ne leur avait pas fallu beaucoup de temps avant d'apprendre ce qu'elle voulait, et ils avaient une espionne sous couverture pour couvrir leur arrières.
Alors que Peter Pan, avec son immortalité, sa puissance, son imprévisibilité et ses motivations obscures et cachées, sur cette île sombre et menaçante dont elle savait si peu de choses et où elle n'avait aucun contrôle sur quoi que ce soit, la terrorisait.
Pourquoi ? Aurait-elle voulu lui hurler encore et encore, jusqu'à ce qu'il réponde enfin à la question qui la hantait depuis la disparition d'Henry.
Pourquoi avoir enlevé mon fils, qu'est-ce que tu lui veux ?
Elle resta muette pourtant, sachant bien qu'il ne lui apporterait aucune réponse, à part un éclat de rire qui ne ferait que renforcer sa fureur.
Tout ce qu'elle savait du garçon devant elle et de ce qu'il voulait, elle l'avait appris principalement des œuvres fictives mettant en avant le personnage.
Pour elle, Peter Pan était un petit garçon qui refusait à tout prix de grandir.
Mais Peter Pan avait été un adulte autrefois, il avait été Malcolm, un homme qui n'était pas prêt à devenir père et qui avait abandonné son propre fils pour recouvrer la jeunesse éternelle et c'était bien là ce qu'elle ne comprenait pas.
Il avait déjà obtenu ce qu'il voulait, alors quel était son intérêt dans l'enlèvement de son arrière-petit-fils au juste ?
Elle refusait de croire que ce n'était qu'un jeu pour lui, qu'il n'y avait pas une raison profonde derrière toute cette mascarade.
« Mais qu'est-ce que ça change dans le fond ? Reprit-elle, agacée. Même si j'avais suivi les règles à la lettre, toi… Tu ne le fais même pas ! Alors ne me reproche pas d'agir de la même manière que tu le fais.
Un menteur et un tricheur, voilà ce qu'il était, et ce n'était pas parce qu'elle faisait partie des héros qu'elle était forcée de se conformer à ce qu'il exigeait d'elle.
Pas avec ce qui était en jeu, ce qu'elle risquait de perdre à jamais, pas alors qu'il était tout sauf honnête et les faisait jouer à un jeu dont les règles n'étaient même pas établies et qu'il pouvait enfreindre autant qu'il le voulait.
Cette fois-ci, le sourire de l'adolescent se fit malicieux.
- Je te l'accorde, reconnut-il, sauf que c'est moi le maître du jeu, c'est mon jeu, ce sont mes règles et tu dois les suivre pour gagner. Sinon… tu récoltes ce que tu as semé, et sache une chose Emma… les tricheurs ne gagnent jamais. Tu ne sauras où se trouve Henry qu'une fois que tu auras accepté ce que tu es réellement. »
Elle ne comprenait toujours pas ce qu'il voulait dire par là.
Peut-être n'y avait-il rien à comprendre dans le fond, peut-être n'était-ce qu'un jeu de plus pour lui, rien de plus qu'une farce sans le moindre sens, sans fondement, sans but, peut-être n'existait-il pas la moindre solution à cette énigme qui ne voulait probablement rien dire du tout.
Dans ce cas-là, cela signifiait que tous ses efforts pour la résoudre avaient été accomplis en vain et qu'ils se trouvaient désormais dans une impasse, ce qui était profondément déprimant et injuste.
Puis, une lueur de joie cruelle s'alluma dans les yeux du sorcier et un frisson de crainte l'envahit soudainement alors qu'elle réalisait qu'il ne se passait toujours rien.
Peter Pan s'était contenté de se moquer d'eux, de les accueillir dans un camp vide, seul.
Il ne les avait pas attaqués, alors qu'ils étaient ses ennemis, il leur avait seulement parlé.
Peut-être pour détourner leur attention, songea-t-elle brusquement.
Jusque-là, le silence régnait autour d'eux, mais la blonde se figea en remarquant des mouvements autour d'elle provenant des bois immenses de l'île, semblant capables de dissimuler n'importe quoi ou n'importe qui.
Ce fut en entendant du bruit qu'elle sut que cela n'allait pas durer longtemps et en voyant une horde de garçons perdus surgir de nulle part, armés d'arcs et de flèches et d'épées,elle sentit l'angoisse l'envahir en comprenant que le combat serait inévitable.
Une bataille qui ne ferait que les retarder dans leur recherche d'Henry et vu l'expression narquoise sur le visage de Peter Pan, il en avait conscience lui aussi.
C'était même très probablement volontaire, une punition à lui infliger pour la punir d'avoir essayé de contourner des règles bien trop alambiquées qu'elle se sentait incapable de suivre.
« Les tricheurs ne gagnent jamais, lui lança-t-il à nouveau avec un rire amusé. »
Rien que pour lui donner tort, elle se jeta dans la bataille de toutes ses forces contre le premier enfant perdu qu'elle vit.
§§§§
Jean et Michel se sentirent très vite dépassés.
Au cours de leur longue vie, ils n'avaient jamais réellement eu l'occasion de se battre, ils n'en avaient jamais eu besoin, ils n'avaient jamais appris à le faire.
Ils n'avaient passé que peu de temps au Pays Imaginaire, ils ne s'étaient jamais battus contre les enfants perdus, s'ils n'avaient qu'essayé de le faire, leur sœur en aurait souffert et dans le monde sans magie, ils avaient vécu une vie presque normale, sans violence physique.
Presque si on oubliait l'immortalité temporaire et le fait qu'ils étaient forcés de travailler au service d'un monstre impitoyable.
Aussi, les deux frères échangèrent un regard perdu seulement quelques minutes après le début du combat.
Autour d'eux, tous les autres membres de l'expédition affrontaient un ou plusieurs ennemis avec une arme ou leur magie.
Eux, ils n'avaient absolument rien.
Ils n'étaient pas venus sur cette île pour se battre, même s'ils avaient toujours eu conscience que c'était une possibilité à envisager.
Non, ils s'y étaient seulement rendus pour sauver leur petite sœur, leur Wendy chérie, ainsi qu'un petit garçon qu'ils avaient précipité en Enfer parce que c'était alors le seul choix à leur disposition.
Et les deux jeunes hommes savaient fort bien qu'ils ne serviraient à rien dans cet affrontement, que contrairement à tous les autres, ils seraient complètement inutiles même s'ils essayaient, ils ne feraient que les gêner.
Les épées s'entrechoquaient en une danse emplie de violence, les boules de feu volaient à travers la forêt, de même que les flèches, et eux…
Eux, ils ne faisaient que regarder, impuissants.
Il valait mieux qu'ils restent en retrait, même si cette immobilité forcée leur pesait à tous les deux.
Ils n'étaient pas comme ces gens qui risquaient leurs vies juste devant eux, qui se battaient malgré le danger.
Ils n'étaient pas des héros.
Ils ne l'avaient jamais été.
Mais, songea Michel, être un héros ne se résumait pas à manier une épée ou à tirer des flèches ou encore à utiliser la magie, non.
Être un héros signifiait se battre pour ce qui était juste.
Et en venant dans ce monde maudit, c'était ce qu'ils avaient bien l'intention de faire, c'était une tâche qu'ils accompliraient, envers et contre tout, en retrouvant les deux enfants, pour réparer leurs erreurs, effacer leur lâcheté passée, malgré Peter Pan, malgré les enfants perdus, malgré l'ombre et tout le reste.
Ce n'était pas parce qu'ils étaient incapables de se battre qu'ils manquaient de courage, bien au contraire.
§§§§
Blanche-Neige avait passé près de vingt-huit longues années à croire qu'elle se prénommait Mary-Margaret Blanchard.
À être persuadée qu'elle était une simple institutrice, à oublier qu'elle était en réalité une princesse, une épouse, une mère.
Une guerrière.
En vingt-huit ans, elle n'avait pas tiré une seule flèche, pas même après la fin de la malédiction, pas même face à Cora, et pourtant il ne lui fallut que quelques secondes de contact avec son arc et ses flèches pour retrouver des sensations qu'elle avait cru pourtant oubliées depuis le temps.
Elle ne fut même pas surprise en constatant que chacun de ses tirs faisait mouche.
Elle se força à oublier que les ennemis qui lui faisaient face étaient physiquement des enfants, tenta de se rappeler que malgré leur apparence juvénile, ils n'en étaient probablement plus depuis bien longtemps, que pour une bonne partie d'entre eux, ils étaient volontairement du côté de Peter Pan, qu'ils voulaient leur mort à tous.
Elle essaya de toutes ses forces de ne pas penser à ceux qui étaient forcés d'être là, qui auraient voulu partir et qui n'étaient rien de plus que des enfants qui n'avaient jamais pu être sauvés.
Emprisonnant son cœur derrière une couche de glace et d'indifférence, elle s'obligea à ne penser à rien ni à personne d'autre qu'à son petit-fils.
§§§§
Emma sentait la magie vibrer dans ses veines, brûler, ne voulant qu'une seule chose, s'exprimer et éclater au grand jour.
Une épée à la main, elle affronta les uns après les autres tous les enfants perdus qui se trouvaient sur son chemin, ne cherchant l'affrontement qu'avec un seul d'entre eux.
Leur chef, Peter Pan, et ce même si elle savait que c'était sans doute bien inutile de vouloir le battre.
Il était celui qui était responsable de cette situation et s'il mourait, tout s'arrêterait probablement et son fils lui serait enfin rendu.
Mais elle savait aussi que le tuer relevait probablement d'une mission impossible.
Sauf qu'elle était la Sauveuse, accomplir l'impossible faisait littéralement parti de sa destinée, alors elle pouvait toujours rêver, non ?
§§§§
Ça n'aurait pas dû aussi facile.
Renouer avec ce qu'elle était autrefois, la méchante reine cruelle et impitoyable qui décimait ses ennemis par centaines sans la moindre hésitation, sans aucun état d'âme.
Ça n'aurait pas dû sembler être aussi simple, être aussi évident, et Regina en fut presque effrayée.
Sauf que cette fois les choses étaient différentes, pas parce qu'elle se battait dans le bon camp mais parce qu'elle se battait pour les bonnes raisons.
Elle se battait contre un monstre pour sauver son fils, aussi, elle fit fuser les boules de feu et autres sortilèges dans la direction de leurs assaillants.
Ils voulaient la guerre ?
Ils allaient l'avoir.
Et elle saurait leur montrer quelle adversaire redoutable elle pouvait être.
§§§§
Oh comme se battre au Pays Imaginaire ne lui avait pas manqué.
Le pirate serra son épée de toutes ses forces, n'hésitant pas à croiser le fer avec les enfants perdus, reconnaissant certains d'entre eux, sentant sa gorge se nouer alors qu'il se retrouvait également face à de nombreux visages inconnus.
Ce qui n'était somme toute pas surprenant, il avait quitté l'île une trentaine d'années plus tôt après tout, le monstre et son ombre avaient bien eu le temps d'enlever de nombreux enfants innocents pour en faire des soldats à leur service.
Il songea brièvement que lui et Liam auraient pu faire parti de ces garçons perdus s'ils avaient été plus malchanceux, après la mort de leur mère et le départ de leur père.
Après tout, ils n'avaient plus personne qui se souciait d'eux à ce moment-là.
Dans d'autres circonstances, il aurait pu lui aussi devenir loyal à Peter Pan.
Cette idée le terrifia aussitôt qu'elle naquit dans son esprit, avant qu'il ne la chasse.
Il n'était pas temps de penser à cela, non, il était temps de se battre contre celui qui régnait sur ce monde pourri.
En voyant les flèches des enfants perdus traverser le champ de bataille, il en esquiva quelques unes avant de s'écrier d'une voix forte :
« Ne laissez pas leurs flèches vous toucher ! »
Il avait omis de faire cette mise en garde avant, à la fois parce que le combat leur était tombé dessus sans qu'ils n'y soient préparés, mais aussi parce que tous les habitants du Pays Imaginaire savaient bien que les flèches des garçons perdus étaient enduites d'ombrève.
Mais, comme il le leur avait lui-même fait remarquer plus tôt, hormis lui-même et Neal, aucun d'eux n'avait jamais vécu au Pays Imaginaire.
Une fois cette information partagée, il retourna au cœur du combat, sans se soucier de ce que pouvaient bien faire ses autres alliés, bien trop occupé à chercher une seule personne au sein de cette mer de visages.
S'il savait très bien qu'il n'aurait jamais la capacité de tuer Peter Pan, il admettait qu'il serait plus que ravi de pouvoir enfoncer son crochet tout droit dans la poitrine de ce sale petit enfoiré de Félix…
§§§§
Graham aurait aimé ne pas avoir à se souvenir qu'il avait été le chasseur durant ce genre de moments.
Il avait chassé autrefois, il savait se battre, manier une arme, il s'était perfectionné lorsqu'il était entré malgré lui au service de la méchante reine, qu'il était devenu son prisonnier, et alors qu'il se battait de toutes ses forces, il ne put que renouer avec des souvenirs qu'il aurait aimé pouvoir mettre de côté.
Il les chassa de ses pensées avant de croiser le regard d'August pour pouvoir se raccrocher à un morceau de la réalité, ne pas complètement perdre pied.
Ils s'en sortiraient tous, et ils finiraient par l'emporter.
Il le fallait.
§§§§
August n'était pas un combattant.
Il ne l'avait jamais été, ni en tant que Pinocchio dans la Forêt Enchantée, ni dans le monde sans magie.
Mais tout comme Emma, tout comme Neal, il avait vécu tout seul et grandi dans un monde qui n'était pas le sien, qui n'avait pas été tendre avec lui.
Alors il avait appris à survivre, à se battre, à se défendre.
Aussi, il n'hésita pas une seule seconde à se battre lui aussi, pour Henry, pour réparer ses torts, pour épauler Emma, lui qui l'avait abandonnée par le passé et n'avait jamais réussi à être ce qu'il aurait dû toujours être, ce qui avait été sa mission autrefois.
Sincère, altruiste et courageux.
Cette fois, oh cette fois.
Il ne faillirait pas.
Plus jamais.
§§§§
David sentit quelque chose l'effleurer et eut du mal à étouffer un gémissement de douleur.
Sans même se soucier de sa potentielle blessure ou de la douleur qui commençait à l'envahir, il continua à se battre, sans relâche.
Il avait déjà été blessé par le passé, il avait l'habitude, même si cette habitude avait disparu de sa vie comme de sa mémoire pendant près de vingt-huit ans.
Mais, en remarquant la flèche à terre, il se souvint de ce que le pirate leur avait dit quelques minutes plus tôt, qu'ils ne devaient pas être blessés par les flèches de leurs ennemis.
Ce n'était probablement rien, juste une égratignure, rien de plus, rien de très grave, il avait à peine été touché après tout, ce n'était pas comme s'il était grièvement blessé, pas vrai ?
Pas vrai ?
§§§§
A chaque fois que le Ténébreux observait un des enfants en face de lui, il se voyait lui tel qu'il était autrefois.
C'en était presque terrifiant.
Un enfant perdu, sans famille, sans personne, seul, désespéré, qui n'avait plus rien à perdre.
Quand il les regardait ou qu'il croisait le sourire moqueur de son père, Rumplestiltskin avait l'impression de redevenir cet enfant effrayé, même s'il était immortel, même s'il était âgé de plusieurs siècles, même s'il était le Ténébreux et l'un des sorciers les plus puissants de l'univers.
La peur manquait de l'envahir alors, comme autrefois, quand il était encore le tisseur lâche à la jambe brisée qui avait fui le champ de bataille.
Puis il voyait Regina se battre comme une furie pour reprendre le fils qu'on lui avait arraché.
Il voyait son fils faire de même, et le courage reprenait sa place en lui, sa motivation à se sacrifier s'il le fallait revenant de plus belle, et son hésitation disparut.
Il ferait tout pour que son père ne l'emporte pas, pour qu'Henry ait l'avenir qu'il mérite.
Parce qu'à quoi bon être un sorcier immortel et surpuissant s'il ne pouvait même pas protéger sa famille ?
§§§§
Il haïssait le Pays imaginaire.
De toute ses forces et de tout son cœur.
Et alors qu'il se voyait forcé de combattre des enfants qui n'auraient jamais dû être ici, Neal Cassidy maudit son grand-père une fois de plus.
Parce qu'il avait fait parti d'eux autrefois, bien que seulement brièvement et contre son gré, et si certains avaient été monstrueux comme Félix, cruels et mauvais, il se souvenait d'autre chose.
Il se souvenait d'enfants apeurés comme lui, qui n'avaient jamais demandé à être là, qui avaient tenté de s'enfuir, ou qui étaient devenus comme ceux qu'ils haïssaient, dont on avait volé toute l'innocence et la lumière pour ne laisser que des cendres et des ombres.
L'île et ce combat représentaient tout ce qu'il avait haï autrefois dans sa vie d'enfant perdu et comme il haïssait Peter Pan pour ça.
Savoir qu'il était son grand-père et que l'immortel l'avait su et que ça n'avait rien changé, bien au contraire, ne rendait cette situation qu'encore plus amère.
Aussi, quand ce dernier apparut devant lui, Baelfire ne ressentit aucune peur.
Juste de la colère liée à une rage de vaincre.
« On dirait que ta chère Emma n'est toujours pas prête à accepter la vérité sur elle-même, le railla le sorcier avec ce même air joueur sur le visage qui le rendait si insupportable.
- J'aimerais vraiment savoir de quoi tu parles, lui rétorqua-t-il, continuant de regarder autour de lui au cas où un enfant perdu l'aurait attaqué pendant la discussion.
Ça aurait bien été le genre de Pan de faire ça et il ne tenait pas vraiment à être empoisonné par de l'ombrève, non merci, il tenait à rester en vie et si ça pouvait passer par ne pas être forcé de rester pour toujours sur cette île de malheur, ça lui allait très bien.
Son grand-père haussa les épaules.
- Ne t'en fais pas elle finira bien par comprendre. Et toi aussi d'ailleurs.
- Comprendre quoi au juste ?
- C'est très simple, comprendre tout simplement que toi et tes alliés vous n'avez aucune chance de retrouver Henry et encore moins de partir d'ici. Ou du moins pas en l'emmenant avec vous.
- C'est ce que tu crois ! Lui rétorqua son petit-fils. Tu nous connais mal, si tu crois que nous allons abandonner sans combattre, que nous n'allons pas te vaincre, alors tu te trompes.
- Personne n'a jamais réussi à quitter cette île sans que je ne donne mon accord.
- Moi je me suis échappé ! Lui rétorqua Neal avec un air triomphant.
Le sourire qui se dessina sur le visage de l'immortel lui glaça le sang, comme si…
Presque comme s'il s'attendait à ce qu'il dise ça, qu'il avait manœuvré pour entendre cette réponse.
Il éclata ensuite brièvement de rire et le jeune homme fut soudainement prit d'un mauvais pressentiment.
- Seulement parce que je t'ai laissé partir.
Stupéfait, assommé par cette réplique, Neal se figea, sentant son monde et ses certitudes s'écrouler autour de lui.
Il ouvrit la bouche avant de la refermer, incapable d'articuler le moindre son.
- Quoi ? Parvint-il finalement à lâcher d'une voix faible et quasiment inaudible quelques secondes plus tard. »
Mais Peter Pan se contenta de continuer de sourire avant de s'éclipser, le laissant seul pour encaisser cette révélation qu'il n'avait pas vue venir et le laissa abasourdi, incapable de réagir.
Il l'avait fait exprès, évidemment, pour le déstabiliser, pour qu'il soit incapable de se battre, et que ce soit vrai ou non, ça marchait très bien, la phrase tournant en boucle dans l'esprit de Neal sans qu'il ne puisse la stopper ou faire quoi que ce soit d'autre.
Il savait bien qu'il aurait dû se ressaisir, bouger, faire quelque chose, n'importe quoi, se battre, mais il en était tout bonnement incapable.
Pas alors qu'il venait tout juste d'apprendre que son évasion dont il était si fier n'était peut-être même pas réelle, n'était qu'un jeu de plus de la part de son grand-père.
Il ne vit donc pas une épée se diriger vers lui, arrêtée au dernier moment par celle d'un des autres combattants.
« Je peux savoir ce que tu fabriques au juste ? »
Ce ne fut qu'en entendant la voix profondément exaspérée du capitaine Crochet que Neal réalisa une chose.
Il venait de lui sauver la vie.
Une fois de plus.
Il n'eut aucune réponse à lui offrir, et en voyant les enfants perdus prendre la fuite, l'ancien garçon perdu se sentit moins soulagé qu'il n'aurait dû l'être.
Parce que son cerveau restait bloqué sur une toute petite phrase qui remettait en doute tout ce qu'il avait toujours cru savoir de lui-même et de l'île du Pays Imaginaire.
Seulement parce que je t'ai laissé partir.
En y repensant il sentit son estomac se retourner, parce que si c'était vrai, si c'était vrai…
Ça impliquait tellement de conséquences qu'il ne préférait pas y penser à vrai dire.
Killian se retourna vers lui et en voyant l'expression de son visage, il fronça les sourcils.
« Hé, est-ce que ça va ? Lui demanda-t-il, visiblement inquiet.
Neal ne lui répondit rien, non pas parce qu'il ne voulait pas lui parler mais parce qu'il savait que s'il lui expliquait tout, il allait s'effondrer et ce n'était définitivement pas le moment.
- Merci, se contenta-t-il de répondre une fois qu'il eut retrouvé sa voix, essayant d'effacer la voix de Peter Pan de sa tête. »
En vain.
Seulement parce que je t'ai laissé partir.
Si c'était vrai alors dans ce cas-là une seule question lui venait à l'esprit là tout de suite.
Pourquoi ?
§§§§
Voir tous ces enfants perdus lui avait fait l'effet de se regarder dans un miroir.
Et Emma Swan ne pouvait qu'admettre une chose, c'était une sensation plutôt désagréable.
Quand elle les avait regardés droit dans les yeux, elle s'était vue elle-même, celle qu'elle était enfant, celle qu'elle aurait pu devenir en arrivant sur cette île si l'ombre l'avait emportée, et peut-être avait-elle rêvé de cela autrefois.
Mais c'était avant, bien avant de connaître l'étendue des ténèbres qui peuplaient ce monde, avant de savoir.
Maintenant elle savait, mais ça ne changeait rien.
Ils étaient des orphelins.
Tout comme elle l'avait été.
Tout comme elle l'était sans doute encore, elle qui se réveillait parfois la nuit en étant persuadée qu'au matin elle se retrouverait à nouveau seule.
Elle avait retrouvé ses parents, oui, mais ça ne changeait rien à ce qu'elle avait perdu, à ce qu'elle ne retrouverait jamais.
Et le fait qu'ils aient tous survécu à ce combat sans être grièvement blessés ne changeait rien non plus à ce qu'était pour l'instant leur expédition.
Un véritable fiasco.
A suivre…
Chapter 104: Un lendemain de bataille.
Notes:
Titre du 24/06/2021 : Un lendemain de bataille
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Steven Universe : Crystal Gems : Écrire sur un groupe d'amis proches ou écrire sur une famille
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Emma doutait que le mot désastre soit suffisant pour qualifier leur expédition.
Non, le fait est qu'on pouvait parler d'échec complet, et ce fut le pas et le cœur lourds qu'ils rejoignirent leur campement.
Non seulement ils étaient revenus à leur point de départ, n'ayant toujours pas la moindre idée d'où pouvait se trouver Henry sur cette île de malheur, mais en plus ils avaient perdu du temps, à mener un combat inutile qui n'avait fait que tous les mettre en danger pour rien et qu'ils n'avaient jamais été censés remporter de toute façon.
Peter Pan se jouait d'eux avec tellement de facilité que ça en devenait insultant, et la seule raison pour laquelle la Sauveuse ne s'était pour l'instant pas encore mise à hurler, c'était parce qu'elle était épuisée, physiquement comme moralement.
Une fois qu'ils furent rentrés au camp, elle remarqua que malgré leur inutilité passée prouvée peu de temps auparavant, Rumplestiltskin était à nouveau en train de jeter des sortilèges de protection autour d'eux.
Elle voulut lui dire que ça ne servirait à rien, avant de se raviser au dernier moment.
Leur équipe était déjà assez démoralisée comme ça, elle n'avait pas besoin d'en rajouter encore plus.
Démotivée et lasse, elle se laissa tomber sur le premier tronc d'arbre mort qu'elle vit, ne souhaitant plus qu'une chose : pouvoir dormir durant au moins les deux prochains siècles.
Même la pensée de devoir secourir son fils ne lui donna pas envie de se relever pour continuer le combat, parce que dans le fond, à quoi bon ?
Puisqu'elle ne savait même pas comment faire pour obliger cette fichue carte à fonctionner et à lui montrer le chemin qui menait à Henry !
En parlant de ça, elle réalisa soudainement avec stupeur qu'elle n'avait plus la carte en question ni sous les yeux, ni dans ses mains, et pendant quelques secondes, un fugitif et futile espoir l'étreignit.
Si elle l'avait perdue, si elle l'avait égarée durant le combat contre les garçons perdus, qu'elle ne parvenait pas à la retrouver, alors peut-être qu'elle n'aurait pas à tenter de la décoder, qu'elle pourrait se frayer un chemin à travers la forêt, et au diable la carte !
Elle était Emma Swan, et avant d'être une princesse ou une Sauveuse, elle avait été une femme dont la spécialité principale était de retrouver des gens.
Elle pouvait y arriver, même ici, même dans un monde magique qui n'aurait pas dû être réel.
Mais, alors qu'elle mettait sa main dans sa poche gauche, cette idée s'évanouit aussitôt.
Parce qu'à sa grande horreur, découvrit-elle quelques secondes plus tard, la carte s'était retrouvée dans sa poche alors qu'elle se souvenait très clairement ne jamais l'y avoir mise.
Donc en plus d'être indestructible, elle la retrouvait toujours.
C'était beaucoup plus sain et romantique quand il s'agissait de ses parents qu'avec un bout de papier magique créé par un psychopathe.
Le message était clair.
La carte était le seul et unique moyen qu'elle avait en sa possession si elle voulait remettre la main sur son fils, et elle devait l'accepter.
Ce qui signifiait qu'elle n'avait définitivement pas le choix, elle était piégée, forcée de jouer selon ses règles sans avoir la possibilité de les contourner et de les contrer comme elle avait eu l'intention de le faire, tout en ne sachant pas de quelle manière elle était supposée agir pour pouvoir les suivre correctement.
Ce n'était pas juste.
La carte ne dévoilerait le chemin à prendre qu'une fois qu'elle aurait accepté ce qu'elle était vraiment, qui elle était réellement, mais elle le savait d'ors et déjà.
Ou peut-être était-ce justement bien ça le problème.
Elle avait passé des années à ignorer qui elle était, à ne détenir qu'une seule information concernant son identité.
Son prénom, et rien d'autre, rien de plus.
La jeune femme regretta soudainement l'absence d'Archie, si le psychiatre avait été avec eux, nul doute qu'il aurait pu l'aider et elle sentait qu'elle avait bien besoin d'une séance là tout de suite.
Quand elle releva la tête de la carte, elle sursauta en réalisant qu'un silence pesant régnait sur l'ensemble du groupe ainsi que le fait qu'ils avaient tous les yeux rivés sur elle.
Elle aurait pu en pleurer.
S'ils s'attendaient à ce qu'elle leur trouve une solution magique en un claquement de doigts tout ça parce qu'elle était la Sauveuse et que c'était son rôle, ils se trompaient lourdement.
Parce qu'elle n'avait rien à leur proposer, pas la moindre réponse, aucune solution d'aucune sorte.
Elle se leva pour leur faire face, serrant convulsivement la carte dans sa main, refusant de la regarder, comme si ne pas le faire allait lui permettre de nier son existence voire lui apporter un quelconque miracle dont elle avait bien besoin actuellement.
« Je… je suis désolée. Mais je ne sais pas quoi faire. J'aimerais pourtant, mais je… Je n'en ai pas la moindre idée. J'aurais dû faire les choses différemment, jouer à son petit jeu stupide au lieu de…
- Non, la coupa aussitôt Regina, c'est de ma faute. J'ai cru que je pouvais être plus maligne que Peter Pan et que ma magie serait assez puissante pour déjouer un de ses tours, et j'avais complètement tort. Crochet avait raison, j'aurais dû l'écouter. Je suis désolée.
Ça aussi c'était nouveau, remarqua Emma.
Une chose qu'elle faisait de plus en plus ces dernier temps et qui aurait été inconcevable pour elle en tant que méchante reine.
Reconnaître ses erreurs et ne pas blâmer les autres pour ça.
Le fait qu'elle s'excuse naturellement et immédiatement l'était aussi.
Le pirate haussa les épaules.
- Peu importe dans le fond qui a eu tort ou raison, ce qui compte maintenant, c'est que… nous sommes coincés.
Emma faillit lui faire remarquer avec un ton acerbe qu'il ne faisait qu'énoncer une évidence dont ils avaient tous bien conscience, mais ça n'aurait rien arrangé du tout.
- En effet, approuva-t-elle en grinçant des dents. Et je… je suis complètement dans une impasse et j'ignore comment résoudre ce problème. Il veut que j'accepte d'admettre ce que je suis réellement, mais c'est déjà le cas et je ne comprends même pas ce qu'il entend par là alors si je ne comprends pas dans ce cas comment est-que je peux y arriver au juste ? Hurla-t-elle d'une voix tremblante et brisée.
Elle sentit les larmes lui monter aux yeux et cela ne l'étonna même pas.
Tôt ou tard, n'importe qui après avoir traversé de nombreux échecs finissait par atteindre un point de rupture.
Emma sentait bien qu'elle était à deux doigts d'y être et de complètement craquer.
- Et en fin de compte, dit-elle, poursuivant sur sa lancée, voulant dire quelque chose, n'importe quoi pour sortir de ce sentiment d'impuissance qui la tenaillait depuis son arrivée sur l'île, peut-être que… Peut-être que je ne sais pas réellement qui je suis.
Voilà, enfin elle l'admettait à voix haute.
Elle ne savait pas si c'était ce que l'immortel voulait qu'elle fasse mais si c'était le cas, elle le détestait pour ça, elle le détestait pour ainsi se servir de son passé contre elle et en faire un jeu macabre comme si ça n'avait pas la moindre importance.
Elle regarda la carte à travers ses yeux désormais remplis de larmes et même son regard brouillé ne l'empêcha pas de constater qu'il n'y avait toujours rien.
Donc ce n'était pas la réponse attendue.
Mais quoi alors ?
Qu'est-ce qu'il voulait au juste ?
Elle avait le sentiment qu'une vie entière ne lui suffirait pas pour trouver la réponse à cette question.
Son père fronça les sourcils, perdu.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tu es notre fille ! S'écria Blanche-Neige avec fougue et conviction.
Oui, elle l'était.
Mais ils ne l'avaient pas élevée.
Ils n'avaient pas été là durant les vingt-huit premières années de sa vie et ce n'était même pas de leur faute, mais une part d'elle-même ne pouvait pas s'empêcher de toujours leur en vouloir.
- Je le sais maintenant, oui, c'est vrai ! Mais pendant vingt-huit ans, je l'ignorais, et j'étais seule ! Je n'avais personne, je n'étais personne et je… Je ne savais pas que j'étais une princesse. J'ignorais que j'étais la Sauveuse. Mais ce n'était pas ça qui comptait le plus, ce n'est pas ce qui m'a le plus manqué. C'est surtout que je… Je ne savais pas que j'avais des parents, quelque part, qui n'avaient jamais rien voulu d'autre que mon bonheur, qui ont tout fait pour me sauver. J'ai grandi en pensant que j'étais seule au monde.
Elle vit la culpabilité se refléter dans les yeux d'August et de Neal, ainsi que dans ceux de Regina et même un peu dans le regard du Ténébreux, réaction bien naturelle.
C'était entièrement de leur faute si elle avait grandi de cette manière.
- Et ça n'a pas vraiment changé, quand je suis arrivée à Storybrooke, je ne voulais qu'une seule chose : partir. Par peur de m'attacher à quelqu'un, et que ça se termine comme les autres fois. Je… parfois j'ai encore l'impression que ce n'est pas réel, que tout va s'arrêter d'un seul coup et que je vais me réveiller à Boston comme si rien n'était jamais arrivé. Vous êtes là, tous les deux, je vous aime et je sais que vous essayez de rattraper le temps perdu du mieux que vous pouvez mais… mais par moments je me sens encore comme… comme ce que j'ai toujours été au fond de moi depuis l'enfance. Une orpheline. »
Le mot était lâché, pour de bon et elle ferma les yeux, laissant de nouvelles larmes couler de ses yeux.
Elle avait admit la vérité sur ce qu'elle était réellement.
Ça ne la fit pas se sentir mieux pour autant, et ce n'était probablement même pas le but.
« Emma, lui lança Neal quelques secondes plus tard, tu devrais jeter un coup d'œil à la carte. »
Son ancienne petite-amie s'essuya les yeux avant de les rouvrir et de regarder la carte qui avait la même apparence que quelques secondes plus tôt, à un détail prêt.
Désormais, un chemin vers le campement où Henry se trouvait était apparu, la destination étant indiquée par une croix.
À travers ses larmes, Emma Swan se permit de sourire pour la première fois depuis un bon moment.
La vérité avait été utilisée contre elle par Peter Pan, pour la blesser, mais dans le fond elle s'en moquait bien.
Oui, elle se sentait encore comme une orpheline et c'était sans doute parti pour durer, son passé ne s'effacerait pas, ce qu'elle avait vécu ne disparaîtrait jamais, mais cette époque était révolue et derrière elle désormais.
Elle était Emma Swan, princesse, Sauveuse, fille de deux héros qui l'aimaient, elle n'était plus seule, elle avait une famille, une famille que le sorcier maléfique ne pourrait jamais détruire ou anéantir.
Une famille bien décidée à sauver un de ses membres, quoi qu'il lui en coûte.
Et elle allait tout faire pour que son fils n'ait jamais à devenir comme elle, ne se transforme pas en orphelin, parce que Peter Pan ne saurait pas les battre, elle le savait déjà, à nouveau emplie de détermination.
Elle le ramènerait à la maison.
Et s'il voulait l'en empêcher, qu'il essaye.
Ça ne marcherait pas.
« Je… ça y est, j'ai réussi. »
Elle rit avant de lever les yeux et de croiser les regards de ses parents.
Ceux-ci étaient emplis de fierté, bien sûr, mais aussi d'une profonde tristesse.
Elle s'attendait à tout sauf à l'étreinte qu'ils lui donnèrent tous les deux quelques secondes plus tard.
Son cœur rata un battement et elle les serra contre elle, de toute ses forces, ne remarquant pas la grimace de douleur de David, et elle n'avait pas besoin de preuves pour savoir qu'elle était aimée, mais elle appréciait d'en avoir la confirmation.
« Je ne sais pas comment… lui dit Blanche-Neige, mais je te promets qu'on trouvera un moyen pour que cette sensation disparaisse un jour.
- Et on fera tout pour que rien de mal n'arrive à Henry. On va le retrouver, on a une piste solide, c'est bien plus que ce qu'on avait avant, ajouta le prince Charmant. »
Emma hocha la tête avant de se dégager de leur étreinte pour ensuite se diriger vers Killian Jones et lui tendre la carte.
Après tout, c'était bien la raison de sa présence avec eux, non ?
Pour qu'il les guide au sein de cette jungle tortueuse et mortelle, pour qu'il les aide à rester en vie.
« Vous savez où ça se trouve ?
Il acquiesça quelques secondes plus tard après avoir examiné la carte.
- Bien. Vous savez comment nous y emmener ?
- Ce sera compliqué, l'île ne nous facilitera pas le passage, les enfants perdus non plus, sans parler de Peter Pan lui-même et de son ombre, ce sera également long, mais… oui.
- Parfait. On part maintenant, annonça-t-elle à l'ensemble du groupe. »
Elle se tourna vers les autres, cherchant dans leurs yeux la moindre trace de refus et ne trouva rien.
Malgré leur fatigue évidente, une flamme de détermination brûlait dans leurs yeux à tous, et Emma comprit qu'ils étaient tous dans le même état d'esprit qu'elle, bien décidés à avancer le plus possible tant que leurs forces le leur permettaient.
Elle se sentit rassurée et ce fut comme si sa propre fatigue s'évanouissait, au moins pour un moment.
Son fils était là, quelque part.
Et elle avait enfin trouvé la clef qui allait la mener jusqu'à lui.
A suivre…
Chapter 105: Jusqu'à la dernière étoile qui luit.
Notes:
Titre du 31/08/2020 : Jusqu'à la dernière étoile qui luit
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Répliques de SOC 4 : Tu ne demandes pas pardon, tu l'obtiens : Écrire sur des excuses ou sur quelqu'un qui n'a aucun regret
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
En vérité, Emma n'avait pas la moindre idée de quand exactement elle dormirait de nouveau.
Mais là tout de suite, ça ne comptait pas.
Elle était fatiguée, oui, après avoir marché pendant une éternité à la recherche d'un camp fantôme, après avoir lutté contre elle ne savait combien de gamins à la fois reposés et entraînés au combat, tout ça en ne se reposant pas plus que de quelques minutes après la bataille.
Sans doute aurait-elle dû vouloir s'arrêter, pour dormir, et il était évident que son corps aurait préféré.
Mais elle le ferait plus tard, quand elle n'en pourrait réellement plus, ou plus idéalement, une fois qu'ils auraient retrouvé Henry, même si elle doutait de l'avoir retrouvé avant que son corps ne lâche et ne s'écroule.
Et surtout, il y avait autre chose qui peu à peu commençait à envahir son esprit, une chose à laquelle elle préférait ne pas penser.
Il était plus que probable que Peter Pan ne les laisse pas repartir avec Henry.
C'était ce qu'il y avait de plus logique le connaissant, il avait besoin de l'enfant pour une raison qu'elle ignorait, et il ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour le garder à ses côtés.
Le fait de le cacher dans un camp situé loin d'eux et de leur fournir une carte à décoder pour le retrouver correspondait certes à son caractère joueur mais prouvait aussi qu'il ferait tout pour qu'ils échouent dans leur quête.
Donc, même s'ils parvenaient à le retrouver, et rien n'était moins sûr, Emma ne pouvant pas s'empêcher de craindre qu'il ne soit en train de les envoyer vers une fausse piste ou de les faire tourner en rond, ça ne signifierait aucunement qu'ils auraient gagné.
Bien au contraire.
Après tout, l'enfant immortel ne leur avait jamais promis de leur rendre le petit garçon si jamais ils réussissaient à le récupérer.
Là encore, ils devraient se battre, contre lui et ses sbires et il y avait toujours le risque qu'il emmène son fils loin d'eux, les lançant dans une recherche infini et sans jamais la moindre fin possible.
Et oh comme cette simple idée lui faisait peur.
Aussi, elle fit tout pour y penser le moins possible, se concentrant plutôt sur la marche, suivant Crochet et tentant tant bien que mal de traverser cette jungle infernale.
Tant qu'ils n'avaient pas encore retrouvé Henry, rien n'était perdu, elle aurait tout loisir de penser à l'après plus tard, une fois qu'ils y seraient.
Et à ce moment-là…
Hé bien la blonde n'avait jamais essayé de toute sa vie de tuer un immortel mais elle était prête à trouver un moyen voire à en découvrir un s'il existait ou même d'en inventer un nouveau pour y parvenir.
Qu'importe qu'elle doive faire couler le sang si ça permettait de ramener Henry à la maison.
§§§§
De toute évidence, elle avait présumé de ses forces.
Ce fut le constat qu'elle fut obligée de faire quand, après ce qui était probablement plusieurs heures de marche (à nouveau, difficile d'en avoir la certitude dans un monde où le temps ne s'écoulait littéralement pas), elle ressentit le besoin de faire une pause.
Vu l'état du reste du groupe, elle réalisa qu'elle n'était pas la seule, et le pirate ne mit pas longtemps à le réaliser, décidant qu'il était temps pour eux de s'arrêter.
Alors qu'il s'asseyait, Emma jeta un coup d'œil rapide à la carte et ne put retenir un soupir de déception en réalisant qu'ils avaient finalement bien moins avancé qu'elle ne l'aurait cru si elle se fiait à la douleur brûlante qui irradiait d'absolument tous ses muscles et de l'ensemble de son corps endolori.
« Je sais, compatit le brun, nous n'allons pas aussi vite que vous le voudriez, mais vous allez devoir vous y habituer princesse… L'île ne fait jamais de cadeau à personne.
- Ça je l'avais compris, lâcha-t-elle avec amertume, songeant à toutes les épreuves qu'ils avaient déjà traversées alors même qu'ils n'en étaient probablement qu'au début de leur aventure, mais j'aurais voulu… je ne sais pas. À quoi bon être dans un monde où la magie existe mais où elle ne nous sert à rien à part nous mettre des bâtons dans les roues et nous empêcher d'avancer ? »
Il ne répondit rien et de toute façon elle n'attendait pas vraiment de réponse à cette question plus rhétorique qu'autre chose, tout ce qu'elle voulait c'était déverser sa colère pour ne pas la laisser en elle pour finir par exploser quand elle ne saurait plus la contenir.
Elle prit place là où elle le pouvait, sur une souche d'arbre, prenant à ne pas se faire toucher par une quelconque plante, ayant bien retenu la règle basique qu'à peu près tout sur cette île de merde était potentiellement toxique et susceptible de vouloir tous les tuer.
Un endroit si charmant…
La voix de Regina la tira de ses pensées.
« Emma, est-ce que je peux te parler ?
La blonde se tourna vers elle et lui sourit.
Elle avait beau être fatiguée, même complètement épuisée, le simple fait de la voir, de savoir qu'elle était là, prête à se battre à ses côtés, à aller jusqu'au bout du monde avec elle pour qu'elles réussissent ensemble à sauver leur fils, c'était largement suffisant pour lui remonter le moral.
- Oui bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ?
La brune s'assit juste à côté d'elle, la regarda droit dans les yeux avant de prendre une profonde inspiration, semblant clairement mal à l'aise.
Emma fronça les sourcils, confuse.
Qu'est-ce qu'elle avait l'intention de lui annoncer au juste, quelque chose en lien avec leur expédition, quelque chose de mauvais, quelque chose de grave ?
Elle l'admettait, la Sauveuse n'était pas sûre et certaine d'être capable d'encaisser une mauvaise nouvelle de plus après la journée éprouvante (mais à nouveau, était-ce réellement d'une journée qu'il s'agissait ou de plusieurs, ou de moins que ça ? Elle devait arrêter d'y réfléchir ou bien son cerveau allait finir par fondre à force.) qu'elle venait tout juste de passer.
- Est-ce qu'il y a un problème ? L'interrogea-t-elle, soucieuse.
C'était drôle comment passer du temps en compagnie de quelqu'un, et apprendre à connaître cette personne pour ensuite s'y attacher pouvait profondément changer les choses.
Avant cela, quand elle ne connaissait que Regina Mills la mairesse au cœur de glace, puis Regina l'ancienne méchante reine qui avait autrefois tenté de tuer ses parents et qui avait gâché sa vie, la voir ainsi ne lui aurait rien fait du tout.
Elle n'aurait rien ressenti, à peine de la compassion pour celle qui avait été son ennemie à une époque.
Maintenant, tout ce qu'elle voulait, c'était la prendre dans ses bras et lui assurer que tout irait bien même si elle ne pouvait pas en avoir la certitude.
Lui dire qu'elle l'aimait, aussi, même s'il n'en était pas encore temps, pas pour l'instant, elle aurait voulu lui dire que cette famille qu'elles avaient commencé à construire ensemble était devenue réelle.
Et qu'elle ferait tout pour qu'elle ne disparaisse jamais.
- Pas exactement, c'est juste que… Je voudrais m'excuser. Ce que tu as dit tout à l'heure au sujet de te sentir encore comme une orpheline, c'est… c'est entièrement de ma faute. C'est moi la responsable et je… Je suis sincèrement désolée. Désolée que le fait d'avoir retrouvé tes parents n'aient rien changé à ce fait. Pardon que mes actions t'aient causé tellement de blessures qui ne sont toujours pas guéries.
Un sourire de gratitude illumina le visage de la Sauveuse.
Ses excuses, elle savait qu'elle les méritait, c'était la moindre des choses, mais savoir qu'elles étaient sincères, que la sorcière le pensait réellement, qu'elle s'acharnait encore et encore à gagner son pardon, c'était réconfortant.
- Merci. Merci de me montrer que ça t'importe, que tu veux vraiment devenir une meilleure personne, que tu regrettes. Ça… ça me touche beaucoup. Et je suppose, poursuivit-elle avec un sourire malicieux en prenant sa main dans la sienne avec tendresse, que ta punition maintenant ce sera de faire tout ce qui est en ton pouvoir pour m'aider à faire disparaître cette sensation, tu ne crois pas ?
Regina rit, amusée, serrant sa main dans la sienne.
- Je suppose qu'on peut voir les choses comme ça, oui. »
En apercevant un long regard échangé entre sa fille et son ancienne belle-mère, Blanche-Neige sentit un frisson glacé la parcourir sans vraiment comprendre pourquoi.
Quelque chose était en train de se passer juste là, sous ses yeux, sans qu'elle ne sache réellement de quoi il s'agissait, mais une chose était sûre.
Elle détestait l'idée de ne pas le savoir, de ne pas comprendre ce qui était en train d'arriver, ce qui avait changé.
Et elle avait bien l'intention de le découvrir.
§§§§
Une fois qu'elle fut assurée que son corps était de nouveau d'attaque, Emma se leva.
« Crochet ? À votre avis, on peut repartir ?
Le pirate examina l'ensemble de leur groupe.
Hormis le Ténébreux et l'agaçante capacité de sa magie qui pouvait le préserver de la fatigue, ils étaient tous plutôt mal en point, mais, il le voyait bien, ça n'avait aucunement entamé leur détermination.
- A priori on devrait pouvoir marcher encore un peu avant de s'arrêter pour la nuit. »
Tout le monde savait bien sûr que « la nuit » n'était qu'une façon de parler, puisqu'il faisait généralement tout le temps nuit sur l'île, mais c'était un repère comme un autre pour se guider.
Emma regarda les autres, pour s'assurer que tout allait bien, même si bien n'était probablement pas le mot le plus approprié.
Aucun d'eux n'allait bien en vérité.
Mais ils tenaient le coup, du moins, elle l'espérait.
Jean et Michel discutaient ensemble, sans doute de ce qu'ils feraient une fois qu'ils auraient ramené leur sœur chez eux, ses parents étaient de leur côté eux aussi, ils semblaient soucieux, mais pas plus que les autres, Crochet était prêt à repartir et Rumplestiltskin était égal à lui-même, le visage impénétrable.
Et ce même si la blonde savait qu'il était sans doute l'un d'entre eux qui était le plus inquiet.
Graham et August discutaient eux aussi d'elle ne savait quel sujet, Regina paraissait être sur le point de partir en guerre, quand à Neal…
En le voyant, elle se figea.
Pour ce qu'elle pouvait en voir, son premier amour n'allait pas bien du tout.
Non seulement ça, mais de plus, il y avait quelque chose de triste et de sombre dans son regard, comme s'il était… éteint.
Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle réalisa que ça durait depuis leur combat contre les enfants perdus, elle n'y avait pas vraiment pris attention avant, bien trop préoccupée par son incapacité à résoudre l'énigme de la carte.
Maintenant qu'elle n'avait plus ce soucis en tête, son mal-être éclatait d'autant plus au grand jour et la seule raison pour laquelle elle était probablement la seule à l'avoir remarqué était le fait qu'à peu près tout le monde était occupé par autre chose.
Elle comprenait bien pourquoi, ça avait été son cas quelques minutes plus tôt après tout.
Aussi, alors qu'ils se remettaient en marche, elle se résolut à lui demander ce qui n'allait pas.
§§§§
Il y avait un truc qui clochait avec Baelfire.
Enfin Neal.
(Il ne s'y ferait sans doute jamais vraiment.)
Il n'arrivait toujours pas à s'expliquer ce qui avait bien pu se passer durant le combat, pourquoi il s'était figé d'un seul coup, pourtant il n'était a priori pas blessé, et il savait se battre, le capitaine le savait bien il l'avait littéralement entraîné et il avait probablement dû continuer à le faire une fois sur l'île et quelques instants avant il se débrouillait très bien.
Il n'y avait aucune justification ou explication au fait qu'il ait perdu ainsi tous ses moyens de cette manière, d'un seul coup.
Alors dans ce cas-là…
Pourquoi ?
Qu'est-ce que Peter Pan ou Félix ou un des enfants perdus avait bien pu lui dire pour le bouleverser à ce point-là ?
Parce qu'il ne voyait à vrai dire absolument aucune autre raison possible.
Il tourna brièvement la tête et aperçut la Sauveuse qui marchait aux côtés de l'enfant perdu, et il songea que, puisqu'il n'avait de toute façon pas le temps de s'en préoccuper, il ferait en sorte de demander à la princesse si elle avait des informations à ce sujet lors de leur prochaine pause.
Se souvenant de la peur qu'il avait ressenti en le voyant en danger, en réalisant que le jeune homme auquel il s'était attaché bien malgré lui, au Pays Imaginaire d'abord, dans la Forêt Enchantée ensuite quand il ignorait encore sa véritable identité, avait failli mourir, il serra les dents, tendu.
Ils n'avaient pas besoin de ça.
Non, ils n'avaient définitivement pas besoin de ça…
A suivre…
Chapter 106: Le signe de la mélancolie.
Notes:
Titre du 22/07/2022 : Le signe de la mélancolie
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects de… Répliques de SOC 4 : Pas de sanglots. Pas de tombeaux : Écrire sur une personne qui pleure ou sur deux personnes (ou plus) qui se souhaitent bonne chance avant une séparation
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Perdu dans ses pensées, Neal ne réalisa qu'Emma marchait à côté de lui qu'au moment où elle lui adressa la parole.
« Hé, je me posais une question.
Il sursauta, surpris, avant de lui adresser un faible sourire dont elle ne fut pas dupe une seule seconde.
Tous leurs sourire étaient faux, mensongers et surtout fatigués depuis qu'ils avaient mis le pied sur la terre ferme et avaient entamé cette longue marche qui n'en finissait pas de toute façon.
- Quoi ?
- Est-ce que ça va ? »
Il ne pouvait pas lui répondre oui sans que ce soit un mensonge et il en avait bien conscience.
Parce qu'ils ne pouvaient pas aller bien.
Pas alors qu'ils se trouvaient sur une île qui ne voulait rien d'autre que leur mort à tous.
Pas alors qu'ils luttaient contre un ennemi bien trop puissant pour eux.
Pas alors qu'ils étaient épuisés et que tout en eux réclamait une pause, de s'arrêter pendant au moins quelques heures alors qu'ils n'avaient pas de temps à perdre.
Pas alors qu'ils n'avaient aucune nouvelle d'Henry et qu'ils étaient tous inquiets pour lui.
Mais lui, il n'allait pas bien non plus, et pour une toute autre raison, mais il ne pouvait pas en parler à Emma, il était censé la soutenir, l'encourager afin qu'elle les guide jusqu'à la victoire et si…
Et si il lui parlait du fait que lui, la seule personne à avoir jamais pu quitter l'île par ses propres moyens, le seul être à avoir échappé à Peter Pan et à cet enfer, ne l'avait en réalité jamais réellement fait, qu'il avait été simplement manipulé comme tous les autres, alors…
Comment pourrait-elle continuer à avoir de l'espoir s'il lui révélait qu'une pareille évasion était probablement mission impossible ?
Elle devait déjà être assez à bout de forces comme ça, il n'avait pas besoin de lui révéler ça en plus, elle allait sans doute assez mal comme ça, inutile d'en rajouter, de rendre les choses encore pires qu'elles ne l'étaient déjà.
D'un autre côté, il ne pouvait pas mentir à Emma, avec son super-pouvoir, elle aurait tout de suite compris qu'il ne lui disait pas la vérité.
Mais cette vérité, pouvait-il réellement la lui avouer ?
« Je… Honnêtement, ça pourrait aller nettement mieux. »
Ce n'était pas un mensonge, pas vraiment, juste une demie-vérité, mais c'était également bien trop vague et il se doutait bien que la Sauveuse ne se contenterait pas de ça, pas alors qu'elle était venue spécifiquement lui parler à lui et pas à ses parents ou à Regina, donc parce qu'elle s'inquiétait pour lui.
Et elle avait vu qu'il n'allait pas bien.
La vérité c'était qu'il ne savait pas au juste quoi lui dire.
Il était encore sonné par ce que Peter Pan lui avait dit, ce qu'il avait révélé, cette vérité qu'il lui avait jetée au visage et qui était bien pire que le plus abominable des mensonges, une vérité qu'il aurait préféré ne jamais connaître.
Une vérité qui, il en avait l'absolue certitude, ne pouvait pas être un mensonge.
Seulement parce que je t'ai laissé partir.
La phrase, perfide, empoisonnée, assassine, continuait de tourner en boucle dans sa tête même des heures après avoir été prononcée.
Ce n'était pas la conviction de l'immortel qui l'avait convaincu, il savait bien qu'il n'était rien d'autre qu'un menteur, non ça n'avait rien à voir.
C'était tout simplement parce que le connaissant, lui, sa personnalité, son goût pour le jeu et la manipulation, c'était plus que probable qu'il l'ait réellement laissé partir de son plein gré en lui faisant croire qu'il était parvenu à s'en aller de lui-même sans qu'il ne puisse l'arrêter.
Et aussi parce que Peter Pan avait comme passe-temps favori de faire souffrir les gens.
Et que savoir qu'il n'avait pu s'échapper que parce que son bourreau, son infâme geôlier, avait décidé de le laisser s'en aller, avoir conscience que dans d'autres circonstances, il aurait pu continuer à être son prisonnier si son grand-père en avait décidé autrement, c'était…
C'était pire que tout, c'était une gifle assénée en plein visage, c'était la preuve qu'ils ne pouvaient probablement rien faire d'autre qu'échouer puisque ce qu'il avait toujours considéré comme une victoire n'en avait jamais été une, que comme d'habitude, le sorcier n'avait rien fait de plus que jouer avec lui.
C'était encore pire que tout, parce que réussir à s'évader lui avait pris du temps, bien trop, qu'il était resté prisonnier pendant près de deux siècles de cette île de malheur et qu'au moment où il avait fini par réussir à fuir, il s'avérait qu'en fin de compte, tous ses efforts avaient été faits en vain parce qu'il l'avait laissé s'en aller au moment qu'il jugeait opportun et uniquement pour ça.
Et dans ce cas-là, pourquoi ?
Dans quel but ?
Il avait bien du mal à comprendre les motivations des actions de son grand-père mais dans cette situation, il y parvenait encore moins tant elles lui semblaient cryptiques et absurdes.
« C'est tout, rien de plus ? Je t'ai connu plus bavard.
L'intervention de son ancienne petite-amie le coupa de ses pensées, et il sourit, amusé.
- C'est… ce n'est rien, prétendit-il.
Il avait abandonné Emma autrefois, l'avait envoyée en prison, il n'était pas parvenu à la protéger de l'horreur et de la laideur du monde.
Il ne ferait pas deux fois la même erreur.
Emma le regarda avec un air sérieux, clairement pas convaincue.
- Allez dis-moi, qu'est-ce qui ne va pas ? Depuis le combat contre les enfants perdus, je vois bien que quelque chose cloche, que tu es préoccupé par quelque chose. On l'est tous, rajouta-t-elle avant qu'il ne lui sorte cet argument à son tour pour la contrer et minimiser ce qui était arrivé, mais toi… c'est différent. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Il soupira.
- Hé bien, en fait… pendant qu'on se battait, Peter Pan est venu me voir.
Emma se figea pendant quelques secondes, interdite.
Puis, alors qu'ils se remettaient tous les deux en marche pour ne pas se faire distancer par les autres, Neal vit la fureur remplacer la surprise sur son visage.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Lui demanda-t-elle d'une voix à la fois terriblement glaciale et calme, qui lui disait tout ce qu'il avait besoin de savoir.
À savoir que si elle s'était retrouvée seule avec lui dans une pièce et qu'il avait été privé de sa magie, elle l'aurait fait souffrir de toutes les pires manières possible et très douloureusement.
C'était… à la fois réconfortant et assez terrifiant.
- Rien… Enfin…
Rien n'était clairement pas la bonne réponse et encore moins la vérité.
Il ne l'avait pas blessé physiquement, il ne l'avait pas attaqué, il ne s'en était pas pris à lui avec sa magie, il n'avait rien fait de tout ça.
Il lui avait seulement parlé, il s'était contenté de discuter avec lui.
Sauf qu'avec uniquement une petite phrase d'à peine sept mots, il avait réduit son monde à néant.
Alors non.
Il ne lui avait pas rien fait.
- Neal… J'ignore ce qu'il a fait, mais vu ta tête ce n'était définitivement pas rien.
Elle avait raison, comme toujours.
- Il est venu me parler… me narguer. Il m'a dit que tu n'avais toujours pas compris ou admis la vérité sur toi-même, entre autre.
- Sur le fait que je me sens encore comme une orpheline, comprit Emma en grimaçant. Je dois l'admettre, ce salopard sait très bien appuyer là où ça fait mal.
Oh que oui, songea Neal en repensant à la vérité désagréable que le chef des garçons perdus l'avait forcé à regarder en face.
- C'est ça. Et… il m'a aussi dit qu'on ne gagnerait pas, qu'on ne retrouverait pas Henry et qu'on ne partirait jamais d'ici.
- Mais… il y a autre chose, pas vrai ? L'interrogea Emma d'une voix hésitante. Ça ce sont des menaces de méchant habituel. On s'y attendait. Qu'a-t-il dit d'autre ?
Il sut alors qu'il ne pouvait plus reculer.
Il prit une profonde inspiration.
- Au cours de la conversation, il m'a dit que personne ne s'était jamais échappé de l'île.
Emma fronça les sourcils, confuse.
- Mais… toi tu l'as fait, non ? Tu y es parvenu. En utilisant son ombre. Tu t'es échappé, tout seul en utilisant ce que tu avais appris sur le navire de Crochet quand tu vivais parmi les pirates.
- C'est ce que je croyais, admit Baelfire avec amertume. Seulement, il… il m'a dit que… Il m'a dit que si je me suis échappé c'est uniquement parce qu'il… parce qu'il m'a laissé partir.
Il sentit sa voix se briser et il n'en fut pas étonné.
Il avait fini par le dire à voix haute et oser le faire ça rendait tout ça définitivement réel.
Ça gravait dans le marbre le fait que ce qui avait été sa seule réussite au Pays Imaginaire n'avait toujours été rien de plus qu'un mensonge fabriqué auquel il avait cru pendant plusieurs années.
Cette fois, quand Emma Swan le regarda droit dans les yeux, ce fut de l'horreur qu'il put lire dans son regard.
- Quoi ? Mais… c'est forcément faux, non ? Il t'a seulement dit ça pour te déstabiliser, pour que tu sois démoralisé. Pour que tu veuilles abandonner.
- Je ne pense pas. Enfin, je suppose que ça joue, mais… je crois que c'est réel, ça serait logique après tout, comment est-ce que j'aurais pu réellement réussir à m'échapper, moi, tout seul, alors qu'il règne en maître sur cette île et ce monde ? Ça… bordel c'est terrible de l'admettre, mais ça… ça semble tellement plus logique comme ça.
Il rit, nerveusement et pour empêcher le sanglot qui menaçait d'éclater dans sa gorge alors qu'il réalisait qu'il était à deux doigts de fondre en larmes.
Il échoua lamentablement.
Son rire se fit triste et il s'autorisa à pleurer, à pleurer sur son enfance volée, sur la vie qu'il aurait pu avoir et qui lui avait été arrachée parce que son grand-père l'avait décidé pour une raison qu'il ignorait, à pleurer sur le fait que contrairement à ce qu'il avait toujours cru, il n'avait jamais réellement eu le choix.
Qu'en fin de compte il n'avait jamais été libre et que Peter Pan avait envoyé sa vie dans une certaine direction en lui faisant croire qu'il avait le contrôle et il ne comprenait toujours pas pourquoi.
- Neal, je… je suis tellement désolée. Si jamais c'est vrai, c'est… c'est terrible.
Il hocha la tête, les yeux toujours brouillés par les larmes, ne se repérant que parce qu'il connaissait par cœur ce coin de l'île, parce qu'il avait vécu ici contraint et forcé pendant si longtemps, et c'était entièrement de sa faute, et il…
Il lui avait vraiment tout volé en fin de compte.
- C'était… C'était la seule chose qu'il n'avait pas réussi à me prendre et en fin de compte ce n'était même pas le cas. Ce n'était pas réel, et il le savait, il m'a fait croire que ça l'était, il m'a manipulé en me faisant croire que j'étais libre. Parmi tout ce que je pensais être vrai, il a fallu que ce soit ça le mensonge. »
Quand Emma le serra dans ses bras, il pleura de plus belle, oubliant Henry et leur quête pendant au moins quelques secondes.
Durant l'espace d'un bref instant, il redevint le petit garçon perdu et effrayé qui n'avait jamais voulu qu'une seule chose, que son père ou n'importe qui d'autre le retrouve et le sauve enfin de cet enfer dans lequel il n'avait jamais voulu atterrir.
§§§§
« Est-ce qu'il t'a dit pourquoi ? Finit par lui demander Emma quelques minutes plus tard, alors que le silence était revenu entre eux et qu'ils s'étaient remis à marcher.
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi il t'avait laissé partir ?
- Non, ce serait trop simple sinon, ironisa-t-il avec amertume. Il a juste… il s'est contenté de me le dire et puis il est parti juste après sans rien ajouter de plus, sans me donner la moindre explication. J'imagine que ça doit bien le faire rire en ce moment de me voir comme ça, en train d'essayer de comprendre quelque chose qui n'a probablement pas le moindre sens.
- Je suis sûre qu'il y a une raison derrière tout ça, lui assura Emma, quelque chose, n'importe quoi, ça n'a pas pu être seulement de la simple cruauté, il… Il t'a laissé partir parce que… En vérité je ne sais pas pourquoi mais ça ne peut pas être dû au hasard, il ne t'a pas gardé pendant deux siècles pour ensuite t'offrir une porte de sortie sans qu'il n'ait quelque chose de prévu, un plan, même si j'ignore encore lequel. A priori ça fait une éternité qu'il sait qu'il aura besoin d'Henry un jour, des siècles qu'il le cherche sans relâche… Tu penses que… tu penses que ça pourrait avoir un rapport avec notre fils ? »
En entendant cette hypothèse, l'ancien enfant perdu se figea sur place, complètement tétanisé, alors qu'une pensée horrible, effrayante, horrifiante, venait de lui traverser l'esprit.
Et si…
Et si Peter Pan avait déjà su à l'époque ce qui allait se passer ?
Si, bien avant que cela n'arrive, il était au courant que lui, Baelfire, deviendrait un jour le père de l'enfant qu'il cherchait, et pire encore, est-ce qu'il…
Bordel de…
Est-ce qu'il avait provoqué cet événement lui-même en le kidnappant puis en le relâchant au moment qui lui paraissait le plus opportun dans la trame temporelle ?
Est-ce qu'il voyait le futur, grâce à l'ombre ou à l'île ou à sa magie ?
Et si c'était le cas, alors est-ce qu'en fin de compte…
Est-ce que son grand-père l'avait enlevé exprès à l'époque, que ce n'était pas le fruit du hasard, de la cruauté gratuite, qu'il n'était pas un de ces garçons emmenés au Pays Imaginaire pour voir s'ils correspondaient ou non au dessin dont Jean et Michel leur avaient parlé ?
Si oui alors dans ce cas-là…
Ça signifiait qu'en réalité, son sacrifice n'avait pas la moindre valeur s'il avait toujours été supposé se rendre sur l'île, qu'il n'avait jamais eu le choix, qu'il n'avait jamais été libre.
Si c'était vrai, son destin avait été tout tracé, décidé à l'avance et il n'avait jamais eu la moindre chance d'y échapper.
« Le salopard, lâcha-t-il d'une voix blanche.
Emma le regarda avec un air surpris.
- Quoi ?
- Je… je dois vérifier quelque chose.
Elle le suivit alors qu'il rattrapait le reste du groupe, qui venait justement de s'arrêter pour quelques minutes.
- Jean ?
L'aîné des Darling se tourna vers lui, étonné.
- Oui ?
- J'aurais une question à te poser, à toi et aussi à Michel. C'est à propos d'Henry… depuis quand est-ce que Peter Pan veut que vous le trouviez ? Quand est-ce que… vous l'avez cherché pour la première fois ? Clarifia-t-il. Est-ce que c'était avant de vous rendre à Storybrooke ?
- Je… Je me souviens d'une chose, admit alors Jean. C'était il y a… presque onze ans, en 2001, nous étions censés aller chercher un bébé qui était né peu de temps auparavant, mais… il a finalement été adopté contrairement à ce qui était prévu. L'enfant n'avait pas encore de nom mais je pense que c'était lui.
- Henry est né en 2001, intervint Emma, atterrée.
- Et je… compléta Regina, j'ai failli ne pas adopter Henry, j'avais changé d'avis pour finalement revenir sur ma décision et le faire malgré tout. »
Neal sentit le sol s'ouvrir sous ses pieds.
Il avait raison alors, son grand-père avait toujours su et il avait tout fait pour mener à bien ses plans, au détriment des autres, des membres de sa propre famille.
Il l'avait utilisé, s'était servi de lui sans même qu'il ne s'en rende compte.
Lui qui pensait que plus rien de ce que son grand-père aurait pu faire ne serait capable de l'étonner, de l'horrifier ou de le dégoûter…
Il avait eu bien tort.
A suivre…
Chapter 107: Ne perdez pas de temps.
Notes:
Titre du 14/11/2022 : Ne perdez pas de temps
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Peter Pan (Peter Pan de J.M. Barrie) : Leader : Écrire sur un personnage qui est le leader de son groupe ou écrire sur Steve Rogers (Marvel)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? Les questionna David.
- Il savait, fit Neal avec un rire nerveux. Peter Pan, il… Il a toujours su, il… Je ne sais pas comment il fait et je suppose que ça n'a plus d'importance parce que ce n'est pas comme on pouvait y changer quelque chose maintenant. »
Tout prenait sens désormais.
Peter Pan cherchait Henry, peut-être même depuis toujours, probablement depuis qu'il avait gagné son immortalité et ses pouvoirs en faisant un pacte avec l'ombre du Pays Imaginaire et en abandonnant son fils des siècles plus tôt.
Et pour ça, il avait tout mis en œuvre, enlevant des enfants innocents, en les manipulant.
En le laissant partir tout en sachant pertinemment qu'ils se reverraient un jour une fois qu'il aurait enlevé son fils.
Tout ça lui laissait un goût de cendres dans la bouche.
L'immortel semblait imprévisible, incontrôlable, ses actions paraissaient erratiques, insensées, l'œuvre d'un fou ou d'un monstre cruel.
Mais dans le fond, le sorcier était exactement comme Rumplestiltskin.
Lui aussi il avait un plan, un plan bien méticuleux, sur le long terme, réfléchi et complexe dont personne ne pouvait avoir connaissance en ne connaissant pas ses intentions.
En ne sachant pas que le Ténébreux voulait retrouver son fils, impossible de réaliser pourquoi il voulait que le Sort noir soit lancé.
Et sans savoir que Peter Pan voulait à tout prix retrouver Henry Mills, tenter de voir son intention derrière ses actes n'avait rien de simple.
Et avec lui, c'était même encore pire.
Parce que l'ancien enfant perdu savait que son ancien bourreau avait besoin du jeune garçon.
Seulement, il n'avait toujours pas la moindre idée de pourquoi.
Et ne pas le savoir était à deux doigts de le rendre fou.
« On pense, poursuivit Emma à sa place, que Peter Pan, qu'il… qu'il avait prévu que certaines choses arriveraient ou du moins qu'il a fait en sorte qu'elles se produisent. Gold, est-ce que… est-ce que vous savez si votre père peut voir le futur ?
- Je l'ignore, admit le Ténébreux. Je n'étais encore qu'un enfant quand il m'a abandonné et qu'il a acquis ses pouvoirs, alors je ne sais pas… Je n'ai passé que peu de temps avec lui en tant que Peter Pan, le moins possible en vérité et je n'en sais pas plus que vous.
Pour Emma, la perspective que Rumplestiltskin, l'immortel, le Ténébreux, celui qui savait tout, puisse ignorer quelque chose, restait toujours aussi terrifiante.
- Je ne sais pas comment il a fait, continua Neal, mais il savait que… que je serais le père d'Henry, du moins je crois. Et il a… il a…
Killian fronça les sourcils, ayant l'impression que ça avait quelque chose à voir avec ce que Peter Pan ou Félix ou un autre enfant perdu lui avait sans doute dit plus tôt, qui expliquait son étrange attitude durant le combat ainsi que le fait qu'il ne semblait pas aller bien.
Et c'était probablement ce qu'il leur taisait qui expliquait ce qui avait provoqué ce brusque cheminement de pensée qui ressemblait si fort au sien.
Si sa révélation personnelle était aussi assourdissante que la sienne, elle n'avait pas dû être bien agréable.
Il ne parvint pas à finir sa phrase et en échangeant un rapide regard avec Emma, il réalisa rapidement qu'ils étaient exactement sur la même longueur d'onde.
Ils ne parleraient pas aux autres de ce qu'ils avaient découvert, du fait que Neal ne s'était en réalité jamais véritablement échappé de lui-même du Pays Imaginaire.
Hors de question qu'ils leur enlèvent un de leurs derniers espoirs de partir de cette île.
Et puis, ce qu'ils ne savaient pas ne pouvait pas leur faire du mal de toute façon.
De plus, rien n'était encore perdu, ils avaient toujours leurs haricots magiques, et aux dernières nouvelles, pour aussi puissant qu'il soit, Peter Pan n'était pas encore capable d'annuler les pouvoirs de ces derniers.
Passant furtivement sa main dans sa poche, il retint un soupir de soulagement en constatant qu'il était toujours là.
Donc, soit il n'avait pas été capable de les leur voler, soit…
Soit c'était volontaire et il avait décidé de ne pas encore le faire pour jouer avec eux, leur donner l'illusion qu'ils avaient encore une chance.
Le connaissant, c'était bien possible.
Il secoua la tête, décidé à ne plus y penser et surtout, à se taire.
- Peu importe. Et je sais que… que ça a sans doute l'air complètement fou, mais…
- Je pense être arrivé à la même conclusion, l'interrompit Killian.
Neal le regarda avec un air stupéfait.
- Quoi ?
- Mon frère Liam est mort à cause de cette île. À cause de l'ombrève. J'ai passé des années à penser que si c'était arrivé c'était uniquement à cause du roi qui nous avait envoyés au Pays Imaginaire en nous mentant, et parce que j'avais fait une erreur, que je n'avais pas compris que… que le prix qu'il devrait payer c'était de ne plus jamais pouvoir partir. Que c'était de ma faute à moi aussi. Mais après j'y ai réfléchi et j'ai réalisé qu'il avait été cryptique, sans doute volontairement. Il ne m'a pas expliqué ce que signifiait le fait de payer le prix de l'utilisation de la magie. J'ai cru que ce n'était que de la cruauté, qu'il avait trouvé ça amusant, de me voir échouer à sauver mon grand frère en étant si près du but… Et puis…
Il fit une pause, la rage se reflétant clairement dans ses yeux.
- Et puis Henry a été enlevé, j'ai découvert que Peter Pan était le père du crocodile, que Neal qu'il avait enlevé par le passé était le père d'Henry et je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que tout ça… ne pouvait pas être une simple coïncidence. Que si Liam était mort, c'était parce qu'il l'avait voulu, qu'il l'avait décidé, qu'il voulait que je devienne celui que je suis désormais, que je me trouve ici et maintenant. Qu'il avait organisé, orchestré tout ça. Qu'il nous avait tous ou presque poussés dans une même direction. Apparemment, j'avais raison. »
Un silence pesant s'abattit sur le groupe.
Neal était à la fois rassuré et horrifié, parce que si Crochet avait formulé l'exacte même hypothèse que lui alors qu'ils n'en avaient pas parlé un seul moment ensemble, alors ça ne pouvait signifier qu'une seule chose.
Ils avaient très probablement raison.
Peter Pan avait gâché leurs vies, depuis le début, dès leur rencontre, peut-être même bien avant, et ils n'avaient jamais eu la moindre chance contre lui.
Dans ces circonstances, comment étaient-ils supposés le battre au juste ?
§§§§
En les regardant, Killian avait bien conscience qu'ils étaient tous épuisés et qu'ils avaient besoin de s'arrêter, de faire une pause, pour se reposer, récupérer, enfin.
Mais il savait également pertinemment qu'aucun d'eux ne le ferait.
Pas maintenant, pas tout de suite, pas tant qu'il leur restait encore assez d'énergie pour tenir debout, encore au moins un peu, avant qu'ils ne finissent par s'écrouler.
Ils pouvaient encore tenir, ils voulaient tenir, à n'importe quel prix, parce que Henry valait bien ces quelques sacrifices.
Face à leur détermination, le pirate ne pouvait s'empêcher d'être impressionné, de les admirer aussi.
Il était presque jaloux du petit garçon en un sens.
Lui aussi il aurait aimé qu'à l'époque, quelqu'un se batte de cette manière pour lui et pour son frère quand ils étaient seuls au monde et avaient désespérément besoin d'aide…
Alors il continua de marcher, avec eux, en tentant d'ignorer la douleur et la fatigue qu'il sentait dans absolument tous les membres de son corps épuisé et harassé.
§§§§
« Je me posais une question et je… je voulais vous… te parler d'autre chose.
Maintenant qu'ils étaient alliés, même de manière seulement temporaire, autant qu'ils se tutoient.
Emma, qui marchait en ce moment même à côté du pirate, haussa un sourcil surpris, intriguée.
Elle ne lui avait que peu parlé, elle n'avait donc pas vraiment d'avis sur lui, même si ce qu'il avait fait à Neal ne lui donnait pas vraiment envie de l'apprécier et encore moins de lui faire confiance.
- Je t'écoute.
- C'est à propos de… de Neal. Je me demandais. Est-ce que tu sais ce qui cloche avec lui ? Il n'a pas l'air d'aller très bien depuis la bataille contre les enfants perdus.
La Sauveuse lui jeta aussitôt un regard étonné, avant de brusquement réaliser qu'il avait l'air sérieux, qu'il semblait même sincèrement… inquiet.
- Tu… tu en as vraiment quelque chose à faire ? S'écria-t-elle, interloquée.
La pique faisait mal, mais il ne pouvait malheureusement pas en nier la véracité.
Pas après ce qu'il avait fait à Baelfire, pas après cette terrible nuit où il l'avait abandonné, où il l'avait livré à Peter Pan et aux enfants perdus au lieu de le laisser partir librement comme il aurait dû le faire, comme il l'aurait fait s'il avait été quelqu'un de bien.
Pas alors qu'il avait toujours l'intention de tuer Rumplestiltskin alors même que la seule chose que Neal avait jamais voulu à l'époque c'était qu'il abandonne sa vengeance contre le Ténébreux.
Il s'était toujours demandé à l'époque si ça aurait changé quelque chose, un tant soit peu, s'il y avait renoncé, s'il avait promis à l'adolescent de laisser tomber ce projet insensé, si ça aurait été suffisant pour que le fils de Milah lui pardonne ses mensonges, sa trahison, sa manipulation ou s'il était déjà trop tard pour ça.
Si ici et maintenant, des siècles plus tard, il était déjà trop tard ou si quoi que ce soit dans leur relation passée pouvait encore être sauvée.
Si quoi que ce soit qu'il aurait pu faire aurait réussi à faire la différence.
Il se surprit à se sentir triste en constatant qu'il n'obtiendrait très probablement jamais la réponse à cette question.
- Oui, affirma-t-il avec conviction, et elle réalisa avec une certaine stupeur que ce n'était définitivement pas un mensonge.
Ce n'était de toute évidence pas suffisant pour effacer ce qu'il avait fait ou pour qu'elle ait envie de lui faire confiance mais cela lui donnait au moins envie d'être plus attentive à ce qu'il avait à dire.
- Pourquoi ne pas lui poser la question toi-même ? Aux dernières nouvelles, lui aussi il fait parti de cette expédition.
Il grimaça aussitôt.
Elle avait raison, une fois de plus.
- Si seulement les choses étaient aussi simples.
- Je sais que vous… enfin que c'est compliqué et que vous n'êtes pas amis et qu'il voudrait très certainement ne plus jamais avoir à te parler ou même à se trouver au même endroit que toi, mais… c'est juste une question, non ? Le pire qui pourrait se produire serait qu'il refuse de te parler et d'y répondre et je… je pense que ce serait mieux s'il te le disait toi-même.
Déjà parce que c'était à Neal de choisir s'il voulait ou non parler du fait que sa plus grande réussite au Pays Imaginaire n'était en réalité qu'un mensonge, surtout s'il devait le dire à un ennemi comme l'était encore Crochet à ses yeux.
Et surtout, elle et Neal avaient décidé de ne rien dire à personne d'un commun accord, ce n'était pas pour qu'elle dévoile au pirate ce qu'ils s'efforçaient de cacher à tout le monde en le faisant derrière le dos de son ami qui plus est.
Il méritait mieux que ça, il méritait d'avoir le choix de parler ou au contraire de se taire.
Il hocha la tête, comprenant qu'il n'avait pas vraiment d'autre option.
- Donc, en déduisit-il, c'est que ça doit vraiment être grave.
Le regard de la blonde se durcit et une lueur sombre apparut dans ses yeux, un mélange de colère et de rage qui lui fit presque peur.
- Oh que oui, confirma-t-elle, ça l'est, et ça ne fait qu'ajouter une raison de plus à celles déjà existantes de détester Peter Pan. »
Il ne s'était donc pas trompé.
L'immortel était bien responsable de ce qu'il s'était passé durant le combat, il avait fait ou dit quelque chose, quelque chose de suffisamment douloureux ou terrifiant ou il ne savait pas quoi d'autre pour que lui, un combattant aguerri, perde tous ses moyens d'un seul coup et se fige sur place au point de presque se faire tuer.
Et de quoi avait-il bien pu s'agir bon sang ?
Il ne fut pas étonné d'être en colère, après tout, tout ce qui concernait ce maudit sorcier et ses manigances était une source d'énervement pour lui, encore plus depuis qu'il était revenu au Pays Imaginaire, encore plus maintenant qu'il savait que par sa faute une partie de ses souffrances n'était pas due au hasard.
En revanche, ce à quoi il ne s'attendait pas, ce fut à l'ampleur de la rage qui déferla en lui alors qu'il réalisait qu'après l'avoir retenu prisonnier pendant des siècles, après lui avoir fait endurer des souffrances inimaginables, le maître de l'île s'en était pris une fois de plus à son petit-fils.
Il lui avait fait du mal, à lui qui avait déjà tant souffert par sa faute, et ce fut en ressentant cette colère qu'il n'avait pas ressenti à cause de la souffrance de qui que ce soit depuis longtemps, hormis lui-même, que le pirate comprit.
Il tenait à Neal, il tenait vraiment à lui, malgré le conflit entre lui et le Ténébreux, il s'était attaché à lui quand il s'appelait encore Baelfire, puis en le retrouvant sans connaître sa véritable identité et toute la haine qu'il ressentait à l'égard de Rumplestiltskin ne pourrait jamais changer ça.
Malgré les mensonges d'autrefois, malgré ce qu'il lui avait caché, il ne lui avait jamais menti sur ça, sur le fait que son affection était réelle.
Désormais, les choses étaient différentes, l'ancien enfant perdu était devenu un adulte, il connaissait la vérité, et plus aucun retour en arrière ne serait jamais possible.
Mais il ne put s'empêcher de se dire que peut-être, il pourrait arranger les choses, qu'ils puissent devenir amis.
Dans un autre monde où leur passé n'était pas à ce point-là taché de sang, ça aurait pu marcher.
Une chose qui n'aurait été possible que s'il avait accepté de renoncer à sa vengeance meurtrière contre l'assassin de Milah.
Et c'était une chose dont il ne se sentait pas encore capable, qu'il ne pourrait probablement même jamais faire.
« Même si je doute qu'il accepte de me répondre, reprit-il quelques minutes plus tard.
- C'est toi et son père qui êtes ennemis, pas vous deux. Pas directement.
- C'est vrai. Mais j'ai… Je déteste son père et je ne rêve que d'une chose, le voir mort, le tuer.
Au moins il n'essayait pas de prétendre le contraire, Emma ne pouvait pas lui enlever ça.
- C'était aussi le cas de Regina, avant, lui indiqua Emma.
Et ce fut à cet instant qu'elle réalisa à quel point leurs situations avaient été similaires autrefois.
Deux enfants abandonnés par leurs parents, un pirate ou une sorcière au cœur brisé en quête de vengeance, une relation houleuse et pleine de colère et de souffrances, une vie réduite en miettes à cause de la personne qui avait voulu se venger.
À la différence que Neal, contrairement à Emma, n'était pas prêt de pardonner au pirate comme elle se sentait capable de le faire avec Regina.
Mais Regina avait renoncé à sa vengeance, elle avait tenté de réparer ses erreurs, de devenir une meilleure personne, elle s'était excusée à plusieurs reprises, et Emma était en train d'en tomber amoureuse.
Killian Jones, lui, avait encore dans les yeux cette colère qui brûlait comme elle le faisait depuis des siècles, d'un feu redoutable.
Et si elle devait être honnête, elle doutait qu'il soit capable de s'éteindre un jour.
- Regina a voulu tuer ta mère parce qu'elle avait révélé un secret après avoir été manipulée par Cora. Je veux tuer Rumplestiltskin parce qu'il a arraché et écrasé sous mes yeux le cœur de la femme que j'aimais. C'est différent. »
Oui, c'est vrai, songea Emma, mais Regina n'a pas renoncé à sa vendetta avant d'avoir une véritable raison de le faire.
Elle avait eu Henry, et même le petit garçon n'avait pas été suffisant, pas tout de suite.
Elle s'interrogea, se demanda si, un jour peut-être, le pirate la trouverait, cette raison qui le pousserait à s'arrêter de poursuivre cette obsession, cette chimère qu'il n'atteindrait vraisemblablement jamais.
Elle l'espérait pour lui et pour Neal, sincèrement.
§§§§
David n'avait jamais été aussi reconnaissant qu'à ce moment précis de pouvoir s'arrêter pour enfin faire une pause.
Le camp avait été installé, et ils allaient se reposer durant quelques heures le temps de récupérer pour ensuite continuer de chercher le camp des enfants perdus et enfin retrouver Henry.
Tout son corps hurlait de douleur, d'épuisement et de fatigue et il n'était pas peu soulagé de pouvoir s'arrêter.
Pour ça et pour une toute autre raison.
S'assurant que personne ne faisait attention à lui et qu'il était bien seul, il examina son flanc, là où la flèche d'un des garçons perdus l'avait effleuré et il examina la blessure pour la première fois depuis qu'il avait été touché.
En voyant l'aspect qu'elle avait désormais, il ne put s'empêcher de blêmir.
Il se souvenait de l'avertissement de Jones, du fait qu'ils ne devaient absolument pas être touchés par une des flèches de leurs ennemis, et soudainement, en un éclair, il comprit bien mieux pourquoi.
Il prit sa décision en un instant, ce qui comptait c'était Henry et rien d'autre, ils devaient à tout prix le retrouver, le sauver, et ils avaient déjà assez perdu de temps, inutile qu'ils en perdent encore plus en essayant de comprendre ce qui n'allait pas avec lui.
Il devait sauver son petit-fils, il le fallait.
Et par ailleurs, il avait une petite idée de ce qui était en train de lui arriver.
Et s'il avait raison, hé bien dans ce cas-là, oh…
Que les Dieux le protègent.
Parce qu'il n'était pas sûr de pouvoir s'en sortir et survivre cette fois-ci.
A suivre…
Chapter 108: Mélancolie au clair de lune.
Notes:
Titre du 28/12/2022 : Mélancolie au clair de lune
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Peter Pan (Peter Pan de J.M. Barrie) : Sentiment d'appartenance : Écrire sur un personnage capable de tuer quelqu'un qui quitte son groupe d'amis ou écrire sur un personnage qui a de gros troubles relationnels
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Neal voulait et ne voulait pas dormir.
En un sens, ce paradoxe ne lui était ni nouveau, ni étranger, il datait de bien longtemps.
Pas du Pays Imaginaire, pas même de Londres quand il vivait seul dans la rue en tentant désespérément de survivre, ni même du temps de la guerre des ogres où chaque jour le rapprochait un peu plus du moment où il devrait être envoyé au combat.
Non, en réalité, tout avait commencé le soir où sa mère avait disparu.
Où elle était partie, pour toujours, sans se retourner, sans un regard en arrière et où son père lui avait dit qu'elle était morte, tuée par un pirate.
C'était à partir de là que le simple fait de dormir était devenu douloureux pour lui et qu'il avait tenté, vainement, d'y échapper, malgré la fatigue.
À cause des cauchemars.
La nuit, il voyait sa mère se faire tuer, encore et encore, sans jamais pouvoir la sauver, sans qu'une seule de ses actions puisse changer quoi que ce soit à l'issue terrible qui lui avait volé sa mère.
Plus tard, les cauchemars avaient changé, son père lâchant sa main, les pirates le trahissant, l'enfer au Pays Imaginaire, sa mère qui partait sans un regret et sans la moindre hésitation parce qu'il n'avait jamais été suffisant pour elle.
Ils n'étaient pas toujours systématiques et certaines nuits en étaient même entièrement dépourvus, mais ils étaient fréquents.
Bien trop à son goût en réalité.
Ce ne fut qu'en arrivant dans le monde sans magie pour la deuxième fois, en rencontrant Emma puis en réalisant que c'était fini, terminé, qu'il était libre, qu'il avait commencé à moins en faire.
Ils n'avaient pas disparu, loin de là, mais dormir était devenu beaucoup plus facile maintenant que les ombres du passé étaient loin de lui, qu'il savait qu'il pouvait aller de l'avant dans ce nouveau monde qu'il commençait à peine à découvrir.
Et qu'un jour, peut-être il pourrait presque oublier ce qu'il avait vécu quand il s'appelait encore Baelfire.
Presque.
D'autres étaient apparus, lui abandonnant Emma, l'envoyant en prison, lui faisant subir exactement la même chose que lui-même avait été forcé de vivre par le passé et à plusieurs reprises.
Et même s'il n'avait pas réellement eu d'autre choix à l'époque, il avait fini par devenir exactement comme tous ceux qui lui avaient fait du mal par le passé.
Trouver Storybrooke, Henry, son père, Emma, lui avait permis de les laisser de côté, pour de bon, de se réconcilier avec son passé, de commencer à guérir de vieilles blessures qui n'avaient jamais réellement cicatrisé.
Les cauchemars s'étaient fait moins fréquents, et puis…
Et puis Henry avait été enlevé.
Il avait peu et mal dormi durant leur première nuit sur l'île, et peu de cauchemars avaient hanté son sommeil.
Mais ici et maintenant, après avoir passé des heures à marcher et alors que tout ce qu'il voulait c'était fermer les yeux et enfin se reposer, il avait surtout le sentiment que les mauvais rêves allaient le tourmenter à nouveau.
Surtout maintenant, pas seulement parce qu'il était de retour sur l'île qui lui avait volé le peu qu'il lui restait de son enfance et de son innocence, mais à cause de ce que son grand-père lui avait révélé.
Et honnêtement, la perspective de rêver malgré lui d'être incapable de quitter cette maudite île, de poursuivre cette quête impossible en sachant que s'ils échouaient, son fils subirait exactement la même chose que ce qu'il avait vécu dans le passé, rester piégé au Pays Imaginaire sans espoir de s'en échapper, ne le réjouissait définitivement pas.
Aussi, en constatant que Killian, toujours réveillé lui aussi (contrairement aux autres, et tout comme Rumplestiltskin qui montait une fois de plus la garde à quelques mètres d'eux) venait dans sa direction, vraisemblablement pour lui parler, il se sentit presque soulagé.
Parce que au moins, il avait un prétexte pour repousser un peu plus longtemps le moment où il allait devoir dormir et voir ses pires craintes prendre vie sous ses yeux sans rien pouvoir faire contre ça.
Même si ça impliquait de parler avec le pirate qui voulait toujours tuer son père et qu'il n'avait définitivement pas pardonné pour ça et pour tout le reste.
Il ne put s'empêcher de se demander ce que le pirate lui voulait, depuis le début du voyage, ils s'étaient à peine adressé la parole, uniquement lorsque c'était nécessaire et pendant très peu de temps.
En fait, ils s'étaient très peu côtoyé tout court.
« Qu'est-ce que tu veux ? Lui demanda-t-il immédiatement, n'ayant ni l'envie ni la patience d'être poli ou aimable.
Il était bien trop fatigué pour ça et de plus il s'agissait de Crochet.
Raison de plus pour ne pas avoir envie de faire des efforts.
Le capitaine s'assit à côté de lui.
- Je voulais savoir si tu allais bien.
Neal le regarda comme s'il possédait soudainement une deuxième tête.
- Tu… quoi ? S'exclama-t-il éberlué. Pourquoi ?
- Je ne sais pas, ironisa Killian, agacé et sans doute au moins aussi fatigué que lui voire plus après les avoir guidés pendant si longtemps, peut-être parce qu'il n'y a pas si longtemps tu as failli te faire transpercer par l'épée d'un des garçons perdus. Et j'avoue ne pas savoir de quelle manière tu veux mourir, mais je doute que ce soit en étant empoisonné par de l'ombrève à cause d'une erreur d'inattention. Et je suppose que tu n'as pas franchement envie que ta seule manière de survivre soit en restant ici pour toujours et d'être de nouveau prisonnier du Pays Imaginaire. Surtout vu tout le temps que tu as mis pour t'enfuir.
Est-ce qu'il…
Bon sang, est-ce que Crochet était sérieusement en train de le réprimander pour avoir mis sa vie en danger et ne pas avoir été aussi prudent qu'il aurait dû l'être ?
Et si oui, alors est-ce que ça signifiait qu'il avait réellement et sincèrement eu peur pour lui en le voyant ainsi à deux doigts de la mort ?
Si c'était bien le cas, c'était… étonnamment réconfortant.
Malgré leur conflit, malgré la colère de Neal, malgré la volonté de Killian de tuer Rumplestiltskin, malgré le fait qu'ils étaient encore ennemis malgré cette alliance temporaire, il essayait tout de même de le protéger.
Avant de le retrouver, Neal n'aurait jamais cru que ça puisse être possible.
- Oh… Je vois. En effet, tu as raison.
- Qu'est-ce que qu'il s'est passé au juste pour que tu te figes comme ça, en plein combat ? Pendant aussi longtemps ? Tu n'as pas juste été déconcentré, j'en suis sûr, il y avait autre chose… J'ai posé la question à Emma, mais elle a dit qu'il valait mieux que ce soit plutôt toi qui me le dise plutôt qu'elle.
Il savait qu'elle s'était tue en partie pour que le reste du groupe n'apprenne pas la vérité, mais savoir qu'elle avait gardé son secret et qu'elle lui laissait le choix le toucha.
Il pouvait parler ou se taire.
Avant, il n'aurait rien dit, il le savait pertinemment.
Mais Killian était venu le voir alors qu'il aurait pu ne rien faire, ignorer ce qu'il avait vu et ce qu'il s'était passé, se contenter d'agir comme s'il n'avait rien remarqué, et pourtant de toute évidence il s'inquiétait pour lui, il essayait.
Et c'était bien plus que ce à quoi Baelfire s'attendait venant de lui.
Et surtout, il ne devait pas oublier une chose.
Killian Jones lui avait sauvé la vie.
Sans lui, il aurait probablement été blessé, obligé de faire un choix entre deux options aussi insupportables l'une que l'autre en sachant qu'il mourrait en essayant de sauver son fils ou qu'il le rejoindrait dans sa captivité éternelle.
Voire pire encore, qu'il devrait le regarder partir avec les autres sans avoir d'autre possibilité que de rester sur place, seul, dans un endroit qui ne lui avait jamais rien voulu d'autre que du mal.
Alors il lui devait bien une explication après tout.
- J'ai vu Peter Pan pendant la bataille. Il est venu me voir.
Il vit le pirate se tendre aussitôt et serrer le poing de rage et il ne fut pas vraiment étonné.
S'il y avait bien au moins une chose en ce monde qu'ils avaient tous les deux en commun, c'était leur haine pour l'immortel.
- Et qu'est-ce qu'il t'a fait au juste ? L'interrogea le pirate d'une voix glaciale et emplie de rage, promesse d'une mort lente et douloureuse pour Peter Pan si le sorcier avait été en face de lui.
Enfin si jamais il existait un moyen de le tuer bien sûr.
Mais savoir que le marin comme Emma auraient bravé le danger que représentait son grand-père juste pour lui lui faisait chaud au cœur.
- Il m'a provoqué, principalement. Il s'est moqué de moi, de notre quête en disant que nous ne réussirions jamais, mais surtout… Il m'a révélé la vérité sur mon départ du Pays Imaginaire.
Intrigué, Killian fronça les sourcils.
- Comment cela ?
- Hé bien, il s'avère qu'en fin de compte, contrairement à ce que j'ai toujours cru, je… Je ne me suis jamais réellement échappé du Pays Imaginaire. En réalité… il m'a laissé partir. En me laissant croire que j'y étais arrivé tout seul alors que c'était faux.
Le regard empli d'horreur du pirate se posa sur lui.
- Il… il a… Oh le salopard.
Puis une lueur apparut dans ses yeux.
- Oh… Alors c'est pour ça que tu… que tu as dit qu'il savait pour Henry… qu'il savait que tu…
- Je pense qu'il le savait déjà quand j'ai suivi l'ombre au Pays Imaginaire, que c'est sans doute pour ça qu'il a ciblé les Darling à l'époque, parce qu'il savait que j'étais là et qui j'étais et que… peut-être m'a-t-il choisi au hasard, parmi bien d'autres enfants perdus, mais j'ai le sentiment que… Quand je suis arrivé sur l'île, qu'il m'a revu, qu'il a su comment je m'appelais, après m'avoir déjà rencontré par le passé, je pense que… Il savait. Évidemment qu'il savait. »
Et ça ne rendait les choses que pires encore qu'elles ne l'étaient déjà et le pirate ne trouva absolument rien à dire.
Qu'y-avait-il de plus à dire d'ailleurs ?
À part énoncer l'évidence que Peter Pan était un monstre prêt à détruire sa propre famille pour avoir ce qu'il voulait.
Il ne dit pas non plus à voix haute ce à quoi ils pensaient actuellement tous les deux, tellement la perspective que ça devienne réel était tout simplement terrifiante, bien trop pour qu'ils aient le courage de prononcer les mots en question qui dansaient dans leurs têtes.
Parce que si jamais Neal ne s'était pas échappé, s'il s'était emparé de l'ombre seulement parce que Peter Pan l'avait voulu, qu'il lui avait laissé l'opportunité de le faire, alors ça ne pouvait signifier qu'une seule chose.
Leurs chances de sortir vivants de cette aventure et de quitter l'île avec Henry sain et sauf avec eux venaient tout juste d'être drastiquement réduites pour devenir quasiment nulles.
Dans d'autres circonstances, s'ils avaient été amis ou même seulement proches, sans doute aurait-il trouvé quoi dire pour le réconforter, pour l'aider à se sentir mieux, pour atténuer l'amertume, la peine, la colère et la peur qu'il devait être probablement en train de ressentir.
Sans doute l'aurait-il même pris dans ses bras en lui disant que tout allait bien se passer, en lui promettant que tout irait bien, qu'ils trouveraient une solution.
Mais Neal le détestait et ils étaient tout sauf amis.
Et Killian se surprit à sincèrement le regretter, une fois de plus, encore plus qu'avant, parce que pour une fois, ce moment qu'ils partageaient était dépourvu de rancœur, il était apaisé.
Ils arrivaient à se parler, à discuter, ils…
Dans d'autres circonstances, ça aurait pu marcher.
Sans les mensonges, sans les trahisons, sans Rumplestiltskin et son crime, sans Milah, sans le sang versé qui ne pouvait pas être ignoré, sans leurs colères respectives, peut-être auraient-ils pu être amis.
Il savait également qu'ils pouvaient encore l'être.
Regina avançait bien sur le chemin de la rédemption après tout, et il savait bien que s'il l'avait voulu il aurait pu faire de même.
Seulement, il n'y avait qu'un seul moyen d'y parvenir et il le savait, il ne le connaissait même que trop bien tellement il était évident.
Abandonner sa vengeance contre Rumplestiltskin.
Et s'il devait être honnête, il n'était pas sûr d'en être capable, pas alors que tout son être hurlait encore vengeance et que sa haine envers le crocodile restait aussi forte que deux cents ans plus tôt.
En réalité, une seule question se posait dans le fond.
Est-ce que pour lui, Neal Cassidy valait la peine qu'il renonce à tuer le Ténébreux ?
Il ne trouva pas la réponse à cette question aussi facilement qu'il l'aurait cru, n'y parvint pas tout court.
Pas pour l'instant en tout cas.
Pour l'instant, il allait devoir tenter de ne pas se décourager maintenant qu'il savait que malgré leur détermination, leur courage, leur magie, leurs connaissances sur ce monde ou même leurs haricots magiques, toutes ces choses ne seraient peut-être pas suffisants pour l'emporter et leur permettre à tous de fuir de ce monde dans lequel il aurait aimé ne plus jamais avoir à remettre les pieds de toute son existence.
Ça et puis éventuellement dormir aussi.
Il allait en avoir besoin s'il voulait pouvoir continuer d'avancer sans être à deux doigts de s'écrouler à cause de la fatigue.
A suivre…
Chapter 109: De grandes retrouvailles et des grands malheurs.
Notes:
Titre du 04/03/2024 : De grandes retrouvailles et des grands malheurs
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Willow Rosenberg (Buffy contre les vampires) : Sorcière : Écrire sur un personnage qui utilise la magie ou sur Merlin (Tous supports)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Regina avait l'impression de tourner en rond.
Elle se doutait bien que ce n'était très probablement pas le cas, qu'elle avait la sensation que tout autour d'elle se ressemblait uniquement parce qu'elle ne connaissait pas les lieux, qu'elle n'était pas habituée à cette forêt qui se révélait être si changeante et imprévisible.
Crochet n'était pas en train de les perde, il savait ce qu'il faisait, il savait où aller, il savait se servir d'une carte, tout cela elle le savait bien, rationnellement en tout cas.
Mais parfois la raison ne permettait pas d'éloigner les ombres qui menaçaient de la submerger un peu plus à chaque pas qu'elle faisait dans cette forêt maudite et qu'elle sentait l'angoisse l'envahir.
Elle savait que dans le fond c'était normal pour elle de se sentir perdue, elle était habituée aux bois de Storybrooke, à ceux de la Forêt Enchantée et aucun des deux ne recelait ou ne possédait de cette magie sombre et cruelle dont elle ne savait que peu de choses mais qui lui faisait déjà si peur.
Et d'ordinaire c'était elle qui inspirait la peur, la crainte, la terreur, pas l'inverse.
Elle n'était pas sûre de vouloir s'habituer à cette sensation, mais malgré tous ses efforts pour la repousser, elle la sentit lentement s'installer en elle tel un parasite.
Peter Pan se préparait très probablement à leur arrivée depuis des siècles, évidemment qu'elle avait peur.
Le fait que sa propre magie lui ait été pour l'instant parfaitement inutile, à part durant le combat, pour protéger le camp ou encore pour les éclairer durant leur marche quand il faisait nuit noire (à savoir à peu près tout le temps tant le soleil semblait prendre un malin plaisir à se cacher en permanence) n'arrangeait rien du tout.
Elle aurait voulu que ce soit suffisant.
Elle aurait souhaité que sa magie, qui lui avait été si utile autrefois pour obtenir sa vengeance et briser d'innombrables vies, soit suffisante pour sauver et protéger son petit garçon.
Elle avait été la méchante reine, l'élève de Maléfique, de Rumplestiltskin, elle était une sorcière puissante et aguerrie, ça et tellement d'autres choses.
Et pourtant, face à cette île et à cet enfant immortel qu'elle n'avait encore jamais affronté pour l'instant et dont elle ne pouvait qu'imaginer la puissance, elle se sentait comme l'enfant effrayée qu'elle était autrefois face à Cora quand elle ne savait pas encore utiliser la magie.
Mais ici et maintenant, ce n'était pas assez.
Aujourd'hui, elle ne pouvait s'empêcher de songer que rien de ce qu'ils pourraient jamais tenter dans le futur ne serait pas assez pour leur permettre d'obtenir la victoire.
Le fait qu'elle se sente terriblement impuissante et n'ait pas la moindre idée de quoi faire pour arranger les choses n'aidait aucunement.
§§§§
La sorcière l'admettait, elle n'était pas habituée à marcher autant.
D'ordinaire, soit le trajet qu'elle devait faire était court, soit elle pouvait utiliser la voiture, un autre moyen de transport ou même la magie si elle voulait se rendre dans un lieu éloigné voire dans un autre monde.
Alors, marcher de cette manière, pendant si longtemps et si loin, sans même savoir où ils allaient au juste ou même quand ils arriveraient à leur destination, tout cela lui semblait bien vain.
C'était si long, fastidieux et épuisant en plus d'être terriblement lent.
Comment savoir s'ils allaient bien dans la bonne direction, que la carte était réelle et vraie, que Peter Pan ne s'était pas joué d'eux une fois de plus ?
Comment savoir s'il ne leur avait pas menti comme il le faisait toujours ?
Ou pire encore, comment être sûrs qu'il laisserait son camp rester au même endroit jusqu'au bout, jusqu'à leur arrivée, qu'il n'allait pas le déplacer au dernier moment, juste pour les narguer, en le leur faisant savoir, ultime pied de nez dont ils ne se relèveraient probablement jamais s'il se produisait ?
Elle tut ses angoisses, préférant n'affoler ou ne déprimer personne (et elle se doutait qu'ils devaient probablement d'ors et déjà être parvenus au même raisonnement qu'elle), mais elle ne put empêcher son cerveau de continuer à suivre la piste de la magie.
Oui…
La magie leur aurait permis de gagner tellement de temps et oh comme elle enrageait de ne pas pouvoir juste se téléporter pour ensuite directement atteindre le camp et Henry ainsi que l'espoir de le sauver de ces monstres et de fuir avec lui loin de cet enfer et ne plus jamais y revenir.
Il devait forcément y avoir un moyen, quelque chose, n'importe quoi…
Elle se figea brusquement, frappée par une soudaine idée.
Mais oui.
Bien sûr.
Regina Mills ne connaissait que peu de choses du Pays Imaginaire ou même de l'univers de Peter Pan en général, mais elle savait certaines choses, dont une chose qui concernait le déplacement.
Parce que, si elle se souvenait bien, ce que Peter Pan utilisait pour voler dans le livre c'était de la poudre de fée.
Et elle savait mieux que quiconque que les œuvres les représentant n'étaient pas toujours exactes, mais elle savait aussi qu'elles possédaient au moins un fond de vérité et elle connaissait les propriétés de la poudre de fée, alors peut-être que…
Peut-être qu'il y en avait sur cette île, peut-être qu'ils pourraient s'en procurer et trouver un moyen de détourner cet obstacle provoquant leur lenteur forcée.
« J'aurais une question, dit-elle alors qu'ils faisaient leur première pause depuis ce qu'il lui semblait être une éternité.
Et elle n'était de toute évidence pas la seule à le penser, alors qu'elle regardait les autres membres de l'expédition elle constata rapidement qu'ils étaient tous épuisés.
À ce rythme, ils ne tiendraient pas bien longtemps.
- Quoi ? Demanda Killian en réalisant qu'elle le fixait.
- En fait c'est une question pour vous deux, ajouta-t-elle en posant son regard sur Neal, puisque vous êtes les deux personnes parmi nous les mieux renseignées au sujet de l'île et de ses mystères, je voulais savoir si… Hé bien, est-ce qu'avoir de la poussière de fée pourrait nous aider à aller plus vite ?
Elle n'avait que peu côtoyé les fées dans le fond et son idée ne lui semblait pas mauvaise mais elle se mit à prier que son intuition soit bonne, qu'elle n'était pas en train d'alimenter de faux espoirs qui ne feraient qu'augmenter leur désarroi si jamais il s'avérait qu'elle s'était trompée.
Elle les vit froncer les sourcils puis y réfléchir pendant quelques secondes avant que le pirate ne prenne la parole.
- Ce serait… sans doute possible oui. Mais difficile, la poudre de fée est plutôt rare au Pays Imaginaire et principalement aux mains de Peter Pan. Il nous faudrait trouver une fée.
Une fée, au Pays Imaginaire ?
Il existait donc d'autres habitants dans ce monde qui n'étaient pas des garçons perdus ?
- La seule à laquelle je peux penser, poursuivit Neal, c'est à Clochette.
Regina sentit son sang se glacer dans ses veines et blêmit brusquement.
Clochette…
Un nom qu'elle n'avait pas entendu depuis bien longtemps, d'une fée à laquelle elle n'avait que peu pensé, hormis pour se demander après la fin de la malédiction pourquoi elle n'était pas à Storybrooke avant de penser qu'elle était probablement restée dans la Forêt Enchantée elle aussi, protégée de la malédiction par le sortilège de Cora.
De toute évidence elle avait eu tort.
Et bien sûr il avait fallu que la seule et unique fée apparemment disponible pouvant leur porter secours soit celle à qui elle avait tourné le dos, celle qu'elle n'avait pas écoutée alors que cette dernière avait juste voulu l'aider.
Elle haïssait l'univers actuellement.
Comment…
Comment avait-elle pu ne pas souvenir que justement Clochette était censée être la fée attitrée de cet univers ?
- Elle risque d'être réticente, les prévint Crochet, nous… nous ne sommes pas vraiment en très bons termes elle et moi.
Et moi donc, songea Regina avec amertume.
C'était une nombreuses erreurs qu'elle avait pu commettre, une de celles qu'elle n'avait jamais pu réparer.
Peut-être que c'était l'occasion parfaite pour elle de le faire.
Neal ouvrit la bouche pour lâcher un pourquoi ça ne m'étonne pas venant de toi ? ou toute autre réplique sarcastique blessante, avant de se raviser.
Autant ne pas en rajouter encore plus, ils n'avaient pas besoin de ça.
- Elle m'a aidé quand j'ai fui le camp des enfants perdus, déclara-t-il à la place, je parviendrai peut-être à la convaincre.
- Ça me semble être une bonne idée, intervint Emma, l'un de vous deux sait où elle se trouve ?
- Si elle n'a pas changé de planque depuis la dernière fois, je pense que je peux nous y conduire, lui indiqua le pirate.
Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient remis en route, un sourire empli d'espoir illumina le visage fatigué de la Sauveuse.
- Très bien. On vous suit dans ce cas-là. »
Personne ne protesta, chacun n'étant que trop ravi d'avoir la possibilité d'avoir une opportunité de se reposer et de peut-être trouver un moyen d'abréger leur voyage.
Intérieurement, David se réjouit, pour une toute autre raison.
Cette fée n'avait peut-être pas que de la poudre de fée.
Peut-être qu'elle pourrait comprendre ce qui n'allait pas avec lui, ce qui lui était arrivé et peut-être même le soigner, le sauver.
Si du moins ce n'était pas de l'ombrève qui avait provoqué cette plaie sombre sur son flanc qui ne cessait de grandir.
C'était tout ce qu'il espérait du moins.
Regina, quant à elle, ferma les yeux pendant quelques secondes en entendant cela, désemparée, consciente que si la blonde réalisait qu'elle était là, elle ne ferait rien d'autre que refuser catégoriquement de les aider, rien que pour la faire payer son choix passé, surtout si le pirate lui aussi était impliqué.
Elle en regretta presque d'avoir proposé cette idée.
§§§§
« Il y a quelque chose qui ne va pas ?
Regina sursauta et réalisa alors que, perdue dans ses pensées, elle ne s'était pas rendue compte qu'Emma se trouvait désormais juste à côté d'elle, en train de l'observer avec un air soucieux.
Elle n'aurait pas pensé que c'était si visible et évident que ça, elle aurait cru être capable de cacher ses émotions, comme autrefois quand elle ne laissait personne hormis Henry s'approcher d'elle et de son cœur.
Mais ici, sur cette île, malgré tous leurs efforts, leurs masques se fissuraient les uns après les autres et elle ne pouvait rien y faire.
Sans compter qu'il s'agissait d'Emma.
Depuis la disparition d'Henry dans les mines, depuis qu'elles s'étaient alliées pour la première fois, elle avait appris à la connaître et à la cerner alors ça n'aurait pas dû l'étonner tant que ça dans le fond.
- Je…
- Et ne me dis pas que c'est juste à cause de la situation, d'accord ? Quand tu as entendu le nom de cette fée, de… de la fée Clochette (qui existe. Qui est réelle. J'imagine que ça ne devrait même plus m'étonner à force), ton visage… Il s'est décomposé. Alors je me demandais… est-ce que tu la connais ?
Elle aurait pu mentir.
Dire que ce n'était pas le cas, faire comme si elle ne voyait pas de quoi Emma parlait, agir comme si elle n'avait rien fait de mal.
C'était ce qu'elle avait fait à Storybrooke autrefois.
Sauf qu'elle n'était plus cette personne.
Elle ne voulait plus jamais l'être.
Parce que comment pouvait-elle prétendre avoir changé si elle continuait de cacher ses erreurs passées, les parties sombres d'elle-même dont les autres n'avaient pas encore connaissance ?
- Oui. Je la connais.
- Est-ce que tu lui as fait du mal ?
La supposition était plus que légitime, après tout, à qui dans la Forêt Enchantée n'avait-elle pas fait de mal au juste ?
Mais Regina se sentit réconfortée que la Sauveuse lui pose la question au lieu de simplement assumer qu'elle avait forcément détruit la vie de la fée.
- C'est… c'est compliqué.
Dans la liste des choses horribles qu'elle avait pu faire au cours de sa vie en tant que méchante reine, ce qui était arrivé avec la fée Clochette n'était clairement pas la pire de toutes.
Ça ne signifiait pas pour autant que ce qu'elle avait fait était bien.
Alors elle lui parla, elle lui raconta, sa vie de reine, sa solitude dans ce château si froid, si grand et si vide, dépourvu d'amour hormis celui de son père et d'une enfant qu'elle détestait chaque jour de plus en plus, de sa volonté d'en finir.
De cette fée à la robe verte et aux yeux emplis d'espoir et de bonté qui avait essayé de l'aider de toutes ses forces, qui pensait qu'elle pouvait encore être sauvée alors même qu'elle se dirigeait de plus en plus vers l'abîme.
De cette promesse d'avoir une âme-sœur qui l'attendait quelque part, cette opportunité de fuir loin de son passé et d'embrasser une nouvelle vie, chose qu'elle n'avait pas fait parce qu'elle avait eu peur.
Du fait qu'elle avait rejeté Clochette alors que tout ce qu'elle avait toujours voulu, c'était lui donner une chance.
Une chance de faire le bon choix, d'être une bonne personne, de faire ses propres choix sans qu'ils soient dictés par quelqu'un d'autre voulant la manipuler pour servir ses propres intérêts.
- Est-ce que tu regrettes ?
Elle y songea, pensive.
- Je regrette de ne pas l'avoir écoutée. Si je l'avais fait, peut-être que je serais partie sur une autre voie, sur la bonne voie. Même si je me doute que Rumplestiltskin aurait tout fait pour me diriger dans la direction qu'il avait choisie pour moi, je… j'aurais au moins essayé, même si ça n'aurait pas fait la moindre différence.
- Et tu regrettes de ne pas l'avoir trouvé ? Ton âme-sœur, l'homme au tatouage de lion.
- Je ne pense pas. Ce que j'ai maintenant… ça me suffit et j'ai… J'ai Henry. Et je…
Je t'ai toi, faillit-elle dire avant de décider de se taire.
Et puis, la révélation la frappa brusquement.
C'est toi mon âme-sœur.
Peut-être que ce n'était ni la magie ni le destin qui les avaient réunies, mais c'était peut-être mieux comme ça, la magie pouvait se tromper et le destin s'avérait souvent cruel et injuste.
Elle l'avait choisie en toute connaissance de cause, elle l'aimait, probablement autant qu'on pouvait aimer une âme-sœur et que valait un inconnu qu'elle n'avait jamais rencontré et ne connaîtrait sûrement jamais face à la femme bien réelle qui se trouvait actuellement à ses côtés ?
Elle sourit.
Non, elle en avait la certitude désormais.
Elle n'avait pas le moindre regret.
Pas à ce sujet en tout cas.
- Je suis heureuse, dit-elle à la place, du moins je l'étais avant que Peter Pan ne nous enlève notre fils.
- Elle comprendra, lui assura Emma, je suis sûre qu'elle acceptera de nous aider, surtout si tu lui montres à quel point tu as changé. Si tu essaies de te faire pardonner. Et puis, c'est une fée, les fées aident les gens, non ? »
Regina se força à acquiescer, espérant de toutes ses forces qu'elle avait raison.
Ça n'empêcha pas un mauvais pressentiment de se faire une place au creux de son ventre.
§§§§
Elle détestait définitivement cette foutue forêt.
Ces bois tortueux et sombres où on ne voyait pas à deux pas devant soi, cette magie maléfique et sombre, cette marche interminable, cette sensation que l'endroit se moquait d'eux, les narguait, faisait tout pour les ralentir et les empêcher de trouver Henry.
Regina se sentit incapable de faire disparaître le malaise qui commençait à grandir peu à peu en elle, comme si…
Comme si elle était observée.
Elle l'était, probablement, par quelque chose venant de la forêt, par un des enfants perdus voire par Peter Pan lui-même et il n'y avait rien d'agréable là-dedans.
Tentant de se débarrasser de cette sensation, elle secoua la tête, avant de reprendre sa marche, tentant de rejoindre les autres qui avaient commencé à prendre de l'avance sur elle.
En constatant qu'ils étaient sur le point de s'arrêter pour faire une pause, elle ne put retenir un soupir de soulagement, ayant bien besoin de s'arrêter.
En entendant des bruits de pas derrière elle, elle se figea avant de se retourner.
Devant elle, il y avait une femme qu'elle ne connaissait que trop bien, qu'elle n'avait pas vue depuis plusieurs décennies.
Et pourtant, ses yeux étaient si sombres et si glacés qu'elle eut presque du mal à la reconnaître.
Clochette…
Qu'avait-il donc pu lui arriver depuis la dernière fois qu'elles s'étaient parlé ?
Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir que la fée s'était déjà rapprochée d'elle pour lui souffler une substance inconnue au visage.
La brune cligna des yeux, incapable de réagir, avant de s'écrouler.
En fin de compte, elle avait eu raison, il y avait bien quelqu'un qui l'espionnait.
Elle s'était juste trompée de personne.
§§§§
De toute évidence, ils n'avançaient pas.
Crochet n'avait pas menti, leur progression était difficile et ardue, rien sur l'île ne leur facilitait la tâche, bien au contraire.
Ça ne les empêcherait pas de continuer, de persévérer, malgré la fatigue, malgré le découragement qui menaçait de les envahir un peu plus à chaque instant.
Malgré tous les obstacles, ils vaincraient le Pays Imaginaire et ses pièges, ils en avaient la certitude.
Alors qu'après une pause de plusieurs minutes, ils se préparaient à repartir, David fronça les sourcils en observant l'ensemble du groupe, réalisant que quelqu'un manquait parmi eux.
« Dites… Est-ce que quelqu'un a vu Regina ? »
Ils se figèrent tous avant de regarder autour d'eux, d'appeler l'ancienne souveraine et de fouiller pendant un long moment les environs pour finalement constater l'inévitable.
Regina Mills avait disparu.
Blanche-Neige regarda sa fille et vit une pure peur panique apparaître dans ses yeux et à vrai dire elle la partageait elle aussi.
Qu'allait-il donc devenir d'eux et de leur quête s'ils commençaient à tous disparaître les uns après les autres ?
A suivre…
Chapter 110: Un pardon inespéré.
Notes:
Titre du 17/06/2023 : Un pardon inespéré
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects du… sultanat des femmes : Kösem: Écrire sur un parent adoptif ou écrire sur un perso qui devient veuf jeune.
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
La pièce tournait autour d'elle.
Cette sensation qui l'envahit au réveil, ce sentiment de perte de contrôle de son corps, le brouillard dans lequel elle se trouvait encore plongée, cette confusion dont elle avait du mal à sortir, toute cette liste de choses diverses fut la seule raison pour laquelle elle ne ressentit pas la moindre once de peur.
Et ce même si elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit où elle se trouvait.
Même si son dernier souvenir était celui d'elle faisant face à une fée aux yeux emplis de colère, de rage et de rancœur.
La brune cligna des yeux à plusieurs reprises et elle se figea brusquement en constatant qu'elle n'avait pas rêvé une seule seconde les événements qui avaient précédé sa perte de connaissance.
Parce que devant elle, il y avait Clochette, qui l'observait les bras croisés et un air déterminé sur le visage.
Reprenant lentement ses esprits, elle ne mit pas très longtemps à réaliser que la blonde ne l'avait pas attachée, ce qui était plutôt logique.
Même si elle avait eu les mains nouées elle aurait toujours eu sa magie et elle avait affronté assez de fées durant son règne de méchante reine pour savoir que si duel il y avait entre elles, elle l'emporterait aisément.
À moins que son ancienne amie n'ait appris à utiliser la magie tortueuse du Pays Imaginaire.
Si c'était le cas, elle était un peu moins confiante quant à ses chances de gagner…
Sans compter qu'elle n'était pas là pour l'affronter et encore moins se battre contre elle, non, elle voulait lui demander son aide et chaque minute passée à lui faire face était une minute de perdue dans sa recherche d'Henry.
Elle se redressa, les jambes encore tremblantes, tentant de garder son équilibre avant de froncer les sourcils.
Il y avait quelque chose qui clochait dans la manière dont Clochette l'avait endormie plus tôt, mais elle n'arrivait pas à trouver quoi, les pensées encore un peu embrouillées et elle sentit l'irritation l'envahir.
Contre son corps qui n'avait toujours pas récupéré et contre elle-même surtout.
Comment avait-elle pu se faire avoir aussi si facilement, être piégée sans même s'en rendre compte, sans avoir le temps de réagir ?
Elle comprit au bout de quelques secondes de réflexion.
Elle n'était pas dans son état normal, elle n'était pas dans son élément, elle était fatiguée, épuisée, stressée, et ses sens ainsi que sa concentration étaient émoussés, elle n'avait pas eu une seule nuit de sommeil paisible depuis son arrivée sur l'île, ironiquement sa capture par Clochette était le seul moment au Pays Imaginaire où elle avait dormi sans se réveiller en sursaut.
(Ce qui n'était pas surprenant puisqu'il s'agissait d'un sommeil magique.)
Elle n'aurait pas dû être étonnée de s'être faite avoir comme ça, surtout que la fée avait attendu qu'elle soit seule.
Elle fit quelques pas en direction de la fée qui n'avait même pas un tant soit peu l'air effrayée.
Avant, quand elle était encore la méchante reine, elle se serait sans doute sentie vexée, en colère.
Mais ici et maintenant ça n'avait plus d'importance.
Tout ce qui comptait c'était de gagner le plus de temps possible.
Tout ce qui importait, c'était de convaincre Clochette de la laisser partir et de les aider.
« Bonjour Clochette.
- Bonjour… Regina. »
Et vu l'attitude de la blonde, c'était tout sauf une partie gagnée d'avance…
§§§§
« Regina ! »
Le cri, non, le hurlement d'Emma déchira l'air et le silence dans lequel leur coin de l'île était plongé.
Blanche-Neige faillit lui demander de se taire ou du moins de ne pas parler aussi fort afin de leur éviter de se faire repérer avant de finalement se raviser.
D'abord parce qu'ils avaient eux-mêmes été bruyants plus tôt en cherchant la brune, ensuite parce qu'il était un peu trop tard pour ça et que s'ils n'avaient pas été repérés jusque-là ils l'étaient probablement désormais.
Et enfin parce que de toute façon, il aurait été très improbable que Peter Pan les laisse déambuler sur son île sans les surveiller, sans épier leurs moindres mouvements, avec sa magie ou des espions, alors tenter d'être discret était probablement complètement inutile.
Même si la princesse l'aurait voulu, ils n'étaient pas en mission d'infiltration et même s'ils avaient tenté de l'être, elle avait le sentiment que ça n'aurait pas fonctionné.
Continuant les recherches avec les autres, elle examina sa fille à plusieurs reprises et ne tarda pas à remarquer une chose qui lui sauta rapidement aux yeux.
Emma semblait terrifiée.
Pas seulement inquiète, ou effrayée, comme le reste du groupe, une peur que Blanche-Neige partageait également, qu'était-il advenue de la sorcière, avait-elle été enlevée, risquaient-ils le même sort ?
Elle comprenait que la crainte puisse l'envahir.
Mais ça allait bien au-delà de la simple peur.
Elle était tout bonnement en train de paniquer.
Et Blanche-Neige connaissait sa fille depuis finalement très peu de temps (et oh comme ça restait toujours aussi douloureux d'y penser, de songer au fait qu'elle avait raté vingt-huit ans de sa vie à cause de Regina et qu'elles restaient encore des étrangères l'une pour l'autre) mais elle ne l'avait vue perdre ses moyens que dans peu de circonstances.
Ce moment en faisait parti.
Et, en la voyant à deux doigts de s'effondrer, en lisant dans ses yeux toute la peur et la détresse du monde, comme lorsque Henry avait disparu, les deux fois, elle réalisa qu'elle avait probablement eu raison, que ces moments furtifs qu'elle avait surpris entre son ancienne belle-mère et sa fille n'étaient pas anodins.
Est-ce que…
Est-ce que Emma était amoureuse de Regina ?
Est-ce qu'elle l'aimait, est-ce que sa tendresse pour elle et maintenant sa peur étaient de l'amour ?
Avant, l'envisager l'aurait horrifiée.
Avant, elle n'aurait pas compris.
Parce que Regina était leur ennemie.
La Blanche-Neige d'autrefois, celle qui avait donné naissance à sa fille dans un monde menacé par une malédiction et qui avait dû renoncer à son bébé et l'abandonner en hurlant de désespoir n'aurait pas compris.
Parce qu'à ce moment-là, Regina n'avait pas encore changé.
Parce que celle qu'elle était vingt-huit ans plus tôt n'avait rien à voir avec celle qu'elle était devenue.
Parce que, même si ça n'effaçait rien, elle n'était plus la même, elle faisait tout pour se faire pardonner, elle n'était plus le même monstre qu'autrefois.
Et Emma l'aimait.
Ou du moins c'était une possibilité qu'elle se devait d'envisager et elle maudit les circonstances, le fait de ne s'en rendre compte que maintenant, soit au pire moment possible et imaginable parce que s'il y avait bien une chose dont la Sauveuse ne voulait de toute évidence pas parler pour le moment c'était de ses sentiments pour Regina Mills, qu'ils soient amoureux ou pas.
Alors Blanche-Neige enfouit ses doutes et ses craintes au fond d'elle-même, cette hypothèse que son unique enfant puisse être amoureuse de la femme qui avait autrefois ruiné leurs vies, elle y réfléchirait plus tard, et là seulement elle choisirait quoi en penser, au-delà de la confusion qu'elle ressentait.
Pour le moment, sa fille avait besoin d'elle, plus que jamais.
Elle se rapprocha d'elle et la serra dans ses bras, contre elle, le plus fort possible, pour lui rappeler qu'elle était là, qu'elle la soutenait, qu'elle ne la laisserait jamais tomber.
« Nous allons la retrouver. Puis nous trouverons Henry, nous vaincrons Peter Pan, et nous quitterons cette île. Je te le promets Emma. »
Quand la blonde répondit à son étreinte et fondit en larmes contre elle, Blanche-Neige tenta de ne pas penser à ce qu'elle venait tout juste de découvrir.
Tout ce qui comptait pour l'instant c'était de retrouver Regina et Henry.
§§§§
Regina ne pouvait s'empêcher de se dire que d'une certaine manière, elle ne faisait que recevoir son juste karma.
Parce que dans l'ensemble, elle n'avait au final subi que peu de répercussions après la fin de la malédiction concernant ses actes passés.
Elle avait été enfermée, oui, elle avait reçu la haine des habitants en plein visage, elle avait été traitée en paria pendant un temps, même si son aide face à Cora et les efforts qu'elle avait faits pour devenir meilleure et améliorer leurs vies avaient changé la vision qu'ils pouvaient avoir d'elle.
Mais c'était tout.
Aucun habitant ne s'en était pris à elle, n'avait tenté de lui faire de mal, de se venger, alors qu'ils auraient pu essayer de le faire.
Jusqu'à maintenant, elle n'avait pas souffert à cause d'une personne à qui elle avait fait du mal, jamais elle n'avait été en danger.
Avec Clochette, qui était pourtant une de celles à qui elle avait fait le moins de mal, c'était en train de changer.
Parce qu'elle l'avait enlevée, parce qu'elle ralentissait leurs recherches par ce geste, parce qu'elle risquait de refuser de les aider à aller plus vite dans cette course contre la montre qui était peut-être finie avant même d'avoir commencé et elle ne pouvait rien y faire.
C'était très certainement mérité, pour la faire payer pour toutes les horreurs qu'elle avait pu commettre par le passé, et elle l'acceptait, pleinement.
Mais pourquoi ?
Pourquoi fallait-il que ça se produise maintenant, alors même que le temps pressait plus que jamais ?
Pourquoi est-ce que la seule personne pouvant les aider se trouvait être une femme qui la détestait ?
Elle se demanda si ça aussi Peter Pan l'avait prévu, si ça faisait parti de son plan, de la confronter à son passé, si c'était pour ça qu'elle se trouvait au Pays Imaginaire, si c'était lui qui l'avait fait venir.
« Je dois bien l'admettre, lui dit la fée, ce monde doit probablement être le dernier dans lequel je m'attendais à te trouver.
- De même, lui rétorqua aussitôt son ancienne amie. Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Ça n'a pas d'importance, répondit Clochette en haussant les épaules, et je doute que ça t'intéresse de toute façon.
Elle comprit alors qu'elle n'en saurait pas plus.
- Contrairement à ce que tu penses, c'est le cas, la détrompa Regina, mais si tu préfères éviter le sujet… comme tu veux.
La blonde haussa un sourcil surpris mais ne rajouta rien.
- Étonnant, se contenta-t-elle de dire, après tout à l'époque tu n'as jamais cherché à savoir ce que j'étais devenue.
- Je… »
Regina aurait aimé pouvoir dire le contraire.
Elle aurait voulu avoir quelque chose à dire, n'importe quoi, une justification valable, mais elle n'avait rien.
Parce que Clochette disait vrai.
Parce qu'elle n'avait jamais essayé de la revoir après leur dernière discussion, après sa fuite, parce qu'elle n'avait même jamais su qu'elle avait changé de monde pour atterrir au Pays Imaginaire.
En partie par indifférence, sans doute, mais aussi pour ne pas avoir devant elle la preuve qu'une autre vie aurait pu exister pour elle et qu'elle n'avait même pas essayé de saisir cette opportunité qui lui tendait pourtant les bras.
Mais aussi et surtout parce qu'elle savait bien que si Clochette l'avait revue plus tard après sa transformation en méchante reine, elle aurait eu honte d'elle et parce qu'elle ne voulait de rien dans sa vie qui puisse lui rappeler qu'autrefois elle avait été quelqu'un d'autre.
Quelqu'un de bien.
Mais ça ne changeait rien à la vérité.
La fée avait un jour disparu de sa vie, sans crier gare, et elle ne s'en était jamais souciée.
Peut-être même s'était-elle presque sentie soulagée.
Maintenant qu'elle n'était plus là, elle pouvait l'oublier, se convaincre du fait qu'elle n'avait jamais eu le moindre choix, que la route qu'elle avait choisie était la seule possible pour elle, ce qui n'était rien de plus qu'un mensonge.
« C'est vrai, admit-elle sans la moindre difficulté là où elle n'en aurait probablement pas été capable avant. Tu as raison.
La fée parut déstabilisée par cet aveu auquel elle ne s'attendait probablement pas.
- Tu…
Cette fois-ci, ce fut elle qui resta sans voix, et Regina sourit.
Ça aurait presque pu être amusant dans d'autres circonstances.
Puis, la brune fronça les sourcils en observant son interlocutrice de plus près.
Maintenant qu'elle était bien réveillée et consciente de son environnement, elle mit enfin le doigt sur ce qui l'avait gênée à son réveil, et en un éclair, elle comprit.
Et en comprenant elle sentit un frisson glacé la traverser parce que si elle avait raison alors ça voulait dire que…
Elle n'avait même pas envie d'envisager cette possibilité en réalité.
- Ce que tu as utilisé pour m'endormir, pour me faire perdre connaissance, c'était… de la poudre de pavot. Pas un sort de sommeil. Tu n'as pas utilisé ta propre magie et tu… Je ne vois pas tes ailes, Clochette, est-ce que tu…
Elle sentit l'horreur l'envahir au fur et à mesure qu'elle prononçait ces mots à voix haute, qu'elle en mesurait l'implication et surtout qu'elle voyait la fée rester de marbre et ne rien démentir.
Ce n'était jamais arrivé avant, à personne pour ce qu'elle en savait, même durant la malédiction, ils n'avaient pas perdu leur magie, elle avait seulement été mise en sommeil pendant vingt-huit ans.
Elle se résolut enfin à prononcer à voix haute ces mots qu'elle aurait aimé ne jamais avoir à dire.
Parce que si c'était vrai, si c'était réel, alors ça signifiait qu'ils étaient venus chercher son aide pour rien.
- Clochette, est-ce que tu as perdu ta magie ?
Le regard de la fée se posa sur elle, empli de toute la dureté et de toute la colère du monde.
- Oui Regina, j'ai perdu ma magie, cracha-t-elle. J'ai perdu mes ailes. Et c'est entièrement de ta faute.
La sorcière se figea, stupéfaite.
- Quoi ?
Elle avait fait bien des choses cruelles et abominables dans sa vie.
Mais elle savait très bien qu'elle n'avait jamais fait une chose pareille, elle s'en serait souvenue si ça avait été le cas et elle ne savait à vrai dire même pas si elle en était capable, si elle était assez puissante pour ça.
- Je… je ne comprends pas, reconnut-elle.
Les yeux de Clochette se teintèrent de mépris.
- C'est la fée Bleue qui m'a fait ça, clarifia-t-elle. Elle m'a pris ma magie et mes ailes, et tu veux savoir pourquoi ? Tout ça parce que j'ai simplement voulu t'aider.
La voix de la résidente du Pays Imaginaire se brisa sur ces derniers mots et son masque se fissura pendant quelques secondes, montrant à Regina celle qu'elle avait été autrefois et qu'elle était sans doute encore un peu.
- Mais… mais pourquoi ?
C'était un acte cruel et injuste, et elle savait que la fée Bleue n'avait pas toujours pris les meilleures décisions, mais elle n'arrivait pas à comprendre ses raisons.
Est-ce que…
Est-ce qu'elle pensait, déjà à l'époque, qu'il n'y avait aucun espoir pour elle, qu'elle ne pouvait pas être sauvée, qu'il était déjà trop tard pour elle ?
Regina repoussa le sentiment de colère et d'injustice qui s'insinua en elle, ce n'était pas le moment, pas encore.
- Je ne sais pas. Je ne l'ai jamais su. Mais vu ce que tu as fait plus tard, je comprends qu'elle ait voulu m'éloigner de toi.
Une fois de plus, elle ne put pas lui donner tort.
- Je suis désolée. Je suis sincèrement désolée, je… je ne savais pas, je ne l'ai jamais su et je…
- Oh parce que ça aurait réellement fait une différence si tu l'avais su ? Siffla Clochette.
Regina vit pourtant l'expression de surprise sur son visage au moment où elle entendit ses excuses avant qu'elle ne se reprenne et que son visage ne redevienne impénétrable.
Dieux…
Qu'avait-elle donc pu vivre dans ce monde si vide et si froid pour que la fée autrefois pleine de vie, d'enthousiasme, d'optimisme et d'espoir ne disparaisse pour être remplacée par une femme au regard de glace et emplie de colère ?
En un sens, elles étaient toutes les deux semblables, elles avaient toutes les deux été changées en quelqu'un d'autre par un monde cruel et impitoyable.
À la différence que Clochette, elle, n'avait à sa connaissance jamais arraché le cœur de qui que ce soit…
- Non. Pas à l'époque.
- Parce que maintenant oui ? Ironisa la fée.
- Oui, sans aucun doute, lui répondit Regina en la regardant droit dans les yeux.
Elle vit ses certitudes vaciller et le doute l'envahir.
- Qu'est-ce que tu fais ici Regina ? Lui demanda-t-elle, probablement pour détourner la conversation.
- Je suis venue chercher mon fils.
Nouvelle lueur de surprise dans ses yeux.
- Je ne savais pas que tu avais un fils.
Je ne savais pas que j'avais gâché ta vie sans même le vouloir, songea-t-elle avec regret.
- Je l'ai adopté quand… quand ma victoire sur Blanche-Neige n'a plus été suffisante. Et Peter Pan me l'a enlevé et je… Je suis venue te demander ton aide. Aide-moi à sauver mon fils, je t'en supplie.
Le regard de Clochette se posa sur elle, toujours empli de colère et elle sut sa réponse avant même qu'elle ne la lui donne.
- Non. »
Regina avait su dès l'instant où elle avait appris que la fée était sans doute leur seule chance que gagner son pardon et son aide ne seraient pas une mince affaire.
Elle aurait préféré avoir tort à ce sujet…
A suivre…
Chapter 111: Je te pardonne.
Notes:
Titre du 16/06/2021 : Je te pardonne
Gémeaux : Regina (OUAT)
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… l'univers de Peter Pan (J.M. Barrie) : Neverland : Écrire sur un monde impossible à cartographier, car changeant, ou écrire sur Poudlard (Harry Potter)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
« Je… Dit Regina, sonnée. Clochette, je t'en prie, je…
- Pourquoi ? Lui hurla alors la fée au visage.
Regina la regarda avec confusion.
- Pourquoi quoi au juste ?
- Oh tu le sais très bien ! Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas écoutée à l'époque ? Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas fait confiance, à moi et à ma magie, pourquoi est-ce que tu n'as pas saisi l'opportunité que je t'ai offerte ? Pourquoi avoir tout gâché ?
- Parce que j'avais peur ! Cria la sorcière, avouant une vérité qu'elle avait gardé cachée pendant trop longtemps. J'avais peur d'essayer, de tenter cette nouvelle vie dont je ne savais rien, j'avais peur de ce saut dans le vide, je… J'ai fui parce que c'était facile, parce que j'étais lâche. Parce que c'était plus simple de rester dans une vie que je connaissais et que je contrôlais, aussi douloureuse soit-elle. Et je… je suis désolée. Je suis désolée que mes choix aient impacté ta vie de la pire des manières possibles.
Le regard de la fée se remplit de tristesse.
- Au bout du compte, tu auras été l'artisane de ton propre malheur.
- Rumplestiltskin n'a pas aidé, lui indiqua Regina avec un rire amer. Mais… tu as raison à ce sujet. C'était mon choix et celui de personne d'autre et je… je ne saurai jamais ce qui ce serait passé si j'avais pris cette voie plutôt que l'autre.
- Tu aurais eu la possibilité d'avancer. D'aller de l'avant, d'aimer à nouveau, d'abandonner ta vengeance. De ne jamais devenir la méchante reine.
Et qu'aurait fait Rumplestiltskin si les choses s'étaient passées ainsi ? Songea Regina.
Aurait-il été forcé de choisir quelqu'un d'autre pour lancer son Sort Noir ou bien aurait-il continué à s'acharner pour lui faire tenir un rôle dont elle n'aurait pas voulu, pour la forcer à devenir cette méchante reine dont il avait tellement besoin ?
Ça non plus elle ne le saurait jamais.
En fait, réalisa-t-elle, le seul moyen de l'en empêcher aurait été de faire en sorte qu'il retrouve son fils plus tôt.
Une part d'elle-même regretta de ne pas avoir la possibilité de changer ça, d'arranger les choses maintenant qu'il était bien trop tard pour ça.
- Je… je crois que j'aurais aimé ça, avoua-t-elle. Ne pas vivre dans la rage, la colère et la haine en permanence, ne pas être un monstre. Mais… on ne peut rien y faire malheureusement. La seule chose qu'on peut changer c'est notre futur, alors je t'implore, aide-moi autant que tu peux.
Clochette fronça les sourcils, encore sceptique.
- Est-ce que tu fais ça pour m'attendrir ? Prétendre que tu as changé. Est-ce que quoi que ce soit dans ce que tu m'as dit est sincère ?
- Ça l'est, lui assura-t-elle. J'ai changé, je… Tu veux que je sois sincère ? Soit. Regarde donc ce qu'il y a de plus sincère et de plus vrai en moi, ce sur quoi je ne pourrai jamais mentir ou te tromper, regarde ce que mes choix désastreux l'ont fait devenir.
Et sans la moindre hésitation, elle plongea sa main dans sa poitrine pour s'arracher le cœur et le montrer à son ancienne amie.
Clochette la regarda avec stupéfaction et probablement aussi un peu d'horreur.
- Que… qu'est-ce que tu fais ?
- Regarde mon cœur. Il est devenu noir comme la nuit, tout ce qu'il pouvait y avoir de beau ou de lumineux en lui s'est assombri au fil des ans. Au fur et à mesure de mes actes infâmes, de mes crimes, de tout ce que j'ai pu faire dans la Forêt Enchantée ou à Storybrooke, il a noirci, encore et encore… Tu veux une preuve que je suis sincère ? Prends le, regarde en face le monstre que je suis devenu et si c'est ce que tu souhaites, si ça te fera te sentir mieux, alors écrase le. Tue-moi. Mets fin à mon existence. Mais si jamais c'est ce que tu décides de faire alors en contrepartie je ne veux qu'une seule chose. Je veux que tu me promettes de sauver mon fils.
Quand la brune plaça son cœur dans ses mains, la fée le regarda avec incrédulité et perplexité.
- Je… je m'attendais à ce qu'il soit bien plus sombre que ça.
Regina fronça aussitôt les sourcils en entendant son commentaire et baissa le regard en direction de l'organe palpitant dans les mains de la fée et ne put retenir un hoquet de surprise.
Son cœur avait noirci, oui.
Mais malgré tout, malgré les ténèbres qui le recouvraient, il était rouge par endroits, et la noirceur semblait reculer de plus en plus.
Ça n'effaçait rien et pour l'instant ce n'était pas assez.
Mais c'était suffisant pour prouver ce qu'elle avait affirmé à Clochette, qu'elle avait changé.
- Je… je ne m'y attendais pas, reconnut-elle.
Clochette la regarda avec attention avant de commencer à légèrement presser le cœur dans sa main, assez pour lui faire mal, mais pas assez pour la tuer.
Regina laissa échapper un cri de douleur, mais ne fit pas le moindre geste.
Elle aurait pu pourtant, essayer de le récupérer grâce à sa magie, après tout la fée ne lui avait pas ordonné de ne pas bouger.
Elle n'en fit rien.
Elle devait à tout prix faire confiance à Clochette, lui prouver qu'elle pouvait avoir confiance en elle aussi, se fier à elle, lui montrer qu'elle était sincère et prête à tout pour sauver son fils.
- Oh… constata la blonde avec stupeur. Tu es vraiment décidée à aller jusqu'au bout.
- Je ferais tout pour lui. Absolument tout.
- Parle-moi de lui. De ton fils.
- Henry est… C'est un garçon incroyable. Tellement obstiné, tu sais que c'est lui qui a participé à ce que ma malédiction soit brisé ? (Elle rit) N'est-ce pas si ironique que la personne que j'aime le plus au monde soit celle qui ait également fait en sorte que ma vengeance échoue ?
- Tu n'as pas l'air d'être en colère, lui fit remarquer Clochette.
- Clochette… Ce n'est pas la première fois que mon fils disparaît. Et pour qu'il me revienne, j'ai accepté que la Sauveuse apprenne la vérité sur la magie. La malédiction. J'ai aidé à ce qu'elle brise la prison que j'avais moi-même créée. Et tu sais quoi ? Je ne regrette absolument rien ! Parce que je… j'ai renoncé à ma vengeance, à ma colère. Et tu veux savoir ce qu'il y a de plus beau dans tout ça ? C'est que je… Je ne regrette pas non plus de ne pas avoir trouvé mon âme-sœur parce qu'en fin de compte… je suis tombée amoureuse. De la pire personne possible. J'aime la Sauveuse. J'aime Emma Swan.
Jamais elle n'avait vu le visage de Clochette refléter à ce point la surprise.
- Tu… tu aimes…
- J'aime la fille de mes ennemis. Anciens ennemis, rectifia-t-elle. Et je ne sais pas si on aura un quelconque avenir ensemble un jour, mais ce que je sais c'est que si Peter Pan garde Henry prisonnier, ça n'arrivera jamais.
Clochette sourit, avant de remettre le cœur de la jeune femme à sa place.
Regina prit une profonde inspiration.
Elle s'en rendait chaque jour un peu plus compte, que Graham ait vécu ainsi pendant si longtemps et ait réussi à survivre sans devenir complètement fou relevait du miracle.
- Tu tiens vraiment à ce que je vous aide. Tu as bien vu pourtant, que je n'ai plus de magie, non ?
- C'est vrai. Mais Crochet pensait que tu avais peut-être de la poudre de fée.
En voyant le visage de la fée s'assombrir, la brune regretta soudainement d'avoir mentionné le pirate.
- Il est donc ici… Il se trompe ce n'est pas le cas. Quant à vous aider… je ne vois pas ce que je peux faire contre Peter Pan au juste. Je survis comme je peux sur l'île et j'aimerais que les choses restent ainsi.
Ne sachant plus quoi trouver comme argument, elle se rattrapa au premier qui lui vint en tête.
- Baelfire est ici !
Les yeux de la fée s'écarquillèrent de surprise.
- Tu… C'est impossible ! Pourquoi reviendrait-il sur l'île qu'il a passé tant de temps à vouloir fuir ?
- Parce qu'il est le père de Henry. Alors si tu ne veux pas me venir en aide, je t'en prie… fais le pour lui.
Regina vit quelque chose vaciller dans ses yeux, avant que la fée ne ferme les yeux et ne soupire.
Elle sut qu'elle avait gagné avant même que Clochette ne parle.
- Très bien. Je te suis. »
L'ancienne reine sourit.
Avec un peu de chance, avoir dans leur groupe une personne de plus qui connaissait bien le Pays Imaginaire ferait la différence.
§§§§
« Est-ce qu'elle t'a pardonnée ? Blanche-Neige, précisa Clochette à Regina alors qu'elles tentaient de rejoindre les autres et de ne pas se perdre dans cette forêt dans laquelle la fée avait l'air de bien se repérer, ce qui était au moins ça.
- Elle… hésita Regina. Non. Pas encore. Je ne sais pas si elle le fera un jour d'ailleurs, je me doute qu'elle est toujours en colère contre moi. Elle sait que je suis différente, que j'ai changé, j'ai lutté contre ma mère, j'ai même tué Cora pour lui sauver la vie, mais… ce que je lui ai fait, c'est une blessure qui ne s'effacera jamais. Ce que je fais, ce ne sera peut-être jamais suffisant pour qu'elle me pardonne un jour, mais je peux vivre avec ça.
Clochette la regarda avec une drôle d'expression dans le regard qu'elle ne parvint pas à identifier.
- Tu… tu as vraiment changé, dût-elle admettre. Avant, tu étais tellement… en colère contre elle. Je suis contente que tu ne sois plus la même qu'autrefois. Vraiment.
- Merci.
- Avant je pensais que je ne te pardonnerais jamais non plus. Tu étais devenue quelqu'un d'autre et je… J'avais cru en toi et tu m'avais déçue et je pensais que rien dans l'univers ne pourrait te convaincre de changer d'avis, que tu n'abandonnerais jamais ta vengeance, un peu comme…
- Comme Crochet ?
- Oh. J'aurais aimé avoir une bonne surprise de ce côté-là mais j'imagine que j'espérais pour rien.
- On progresse, ironisa Regina, maintenant il peut se trouver au même endroit que Rumplestiltskin sans tenter de le tuer.
Clochette la regarda avec un air étonné.
- Le Ténébreux est ici ?
- Il est là pour sauver son petit-fils.
Une lueur de compréhension s'alluma dans les yeux de la fée alors qu'elle se souvenait de ce lien de parenté dont elle n'avait connaissance que depuis peu de temps.
(Regina préféra ne pas lui révéler que Peter Pan était l'arrière-grand-père d'Henry, autant lui épargner pour le moment la complexité de cet arbre généalogique infernal.)
- Et Crochet est ici aussi ? Pourquoi ?
- Nous lui avons demandé son aide, pour nous guider au sein du Pays Imaginaire puisqu'il est celui de notre groupe qui connaît le mieux ce monde. Il a accepté en échange de sa liberté et très probablement aussi pour se venger de Peter Pan.
- Et tu es en train de me dire qu'il a accepté de ne pas tenter de mettre en place sa vengeance ?
- Il n'est pas idiot, il sait que tant qu'il n'a pas la dague du Ténébreux en sa possession, ou tant que Rumplestiltskin ne se trouve pas dans un monde où la magie n'existe pas, il n'a aucun moyen de le tuer. Alors pour l'instant… on va dire qu'ils ont accepté de faire une trêve.
- Je suppose qu'on peut voir ça comme un pas dans la bonne direction.
- J'imagine que oui.
- Regina ?
La brune lui lança un regard confus.
- Oui ?
- Je te pardonne. Pour ne pas m'avoir écoutée autrefois, il y a toutes ces années, pour avoir choisi cette autre voie parce que maintenant je comprends pourquoi tu l'as fait. Et aussi parce que tu n'es plus la même qu'autrefois. Et j'en suis sincèrement fière. Et je suis heureuse pour toi.
Ce ne fut qu'en entendant ces trois mots lui accordant ce pardon qu'elle n'espérait plus, et en sentant un poids s'enlever de ses épaules que Regina réalisa soudainement à quel point elle avait besoin d'entendre ces mots venant de la fée.
- Merci. Merci infiniment. »
Savoir qu'elle était à ses côtés, inconditionnellement, lui redonna de la force et du courage.
Je ne sais pas où tu es Henry mais ne t'en fais pas.
On arrive.
A suivre…
Chapter 112: Retrouvés.
Notes:
Titre du 01/11/2023 : Retrouvés
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… la saga Harry Potter 1 : Le prisonnier d'Azkaban : Écrire une personne triste ou sur une évasion
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Emma savait qu'elle n'était pas censée céder au désespoir.
Elle était la Sauveuse, elle était une princesse, elle était supposée être une héroïne, et pourtant ce n'était pas suffisant.
Elle aurait dû retrouver Henry, et elle avait échoué et voilà que maintenant, Regina disparaissait à son tour, comme s'ils se trouvaient tous dans un film d'horreur.
Avant, la comparaison l'aurait fait sourire ou rire, mais pas maintenant.
Pas alors qu'elle n'avait aucune idée de ce qui était en train de se passer et qu'elle avait perdu tout contrôle sur la situation, un contrôle qui était déjà jusque-là bien assez précaire et fragile comme ça pour qu'il n'y ait pas besoin d'en rajouter.
Elle ne devait pas se laisser abattre, elle n'avait pas le droit d'être désespérée.
Parce que dans ce cas-là ça voudrait dire qu'elle abandonnait, qu'elle laissait tomber.
Et les héros ne renonçaient jamais.
Elle ne pouvait pas s'effondrer, pas ici, pas maintenant, pas tant qu'ils ne s'étaient pas échappés, qu'ils n'avaient pas vaincu Peter Pan, ce qu'ils étaient en train de faire et de tenter ne pouvait pas avoir été fait en vain.
Elle s'y refusait.
Parce que Regina avait besoin d'elle, Henry avait besoin d'elle.
Et le groupe composite qu'elle s'efforçait de diriger avait aussi besoin d'elle.
Alors elle n'abandonnerait pas, quoi qu'il arrive.
Elle serait exactement comme ses parents.
Elle la retrouverait.
Elle la retrouverait toujours.
§§§§
En constatant l'aisance et la facilité avec laquelle la fée circulait au sein de cette forêt dans laquelle, Regina le savait, elle se serait perdue sans elle, l'ancienne méchante reine ne put que constater une fois de plus à quel point elle connaissait les lieux.
Ça n'avait rien à voir avec le fait qu'elle était une fée dotée de pouvoirs, d'une part parce qu'elle avait perdu sa magie et d'autre part parce que Regina ne s'y repérait pas mieux que les autres membres de son groupe malgré le fait d'être une sorcière et elle savait qu'il en était de même pour Rumplestiltskin et Emma.
Il était facile de se perdre au Pays Imaginaire, de se laisser tromper par ses bois, par sa magie, par tout ce que ce monde et cette île pouvaient avoir de changeant et de trompeur.
Regina savait qu'elle se serait faite avoir à la place de la blonde, parce qu'elle n'était là que depuis bien trop peu de temps.
Combien de temps avait-elle donc passé pour en venir à acquérir une connaissance de ces lieux semblable à celle de Killian Jones et de Neal Cassidy ?
(Du moins en ce qui concernait la terre ferme, pour la mer, le pirate les devançait tous les deux largement.)
La réponse était sans doute bien moins élevée que pour les deux hommes, mais la durée le restait malgré tout.
Au moins presque une trentaine d'année.
Peut-être même une cinquantaine, à quelques années près.
Tout dépendait du moment où elle avait quitté la Forêt Enchantée pour le Pays Imaginaire.
Quand Clochette avait rencontré Regina, c'était dans les débuts de son mariage avec le roi Léopold, quand Blanche-Neige était encore une enfant et que le cœur de la souveraine n'était pas complètement rongé par la haine, la rancœur et noirci par les ténèbres et sa quête implacable de vengeance.
Et elle ne savait pas quand elle avait quitté leur monde, mais elle avait perdu ses ailes et sa magie peu de temps après sa rencontre avec la sorcière, sans doute juste après le renoncement de Regina à cette autre vie qu'elle lui avait offerte, et si…
Si sa perte de sa magie et la fuite de la brune avaient été suffisants pour qu'elle pense qu'il ne lui restait plus rien du tout et qu'il lui valait mieux s'en aller, si elle avait trouvé un moyen tout de suite après et qu'elle était partie si tôt alors ça voulait dire que…
Oui.
Cela faisait sans doute presque cinquante longues années que la fée se trouvait au Pays Imaginaire.
Cinquante ans qu'elle vivait là, alors qu'elle aurait pu aller n'importe où ailleurs, cinquante ans qu'elle y était sans doute retenue prisonnière, vu les difficultés pour s'en échapper.
La preuve, un seul prisonnier avait réussi à le faire seul, sans l'accord de l'enfant immortel, et ça lui avait pris près de deux siècles.
Clochette était là, depuis tout ce temps.
Et Regina n'arrivait pas à comprendre pourquoi.
Wendy Darling y était revenue pour sauver son ami et avait été retenue prisonnière contre son gré en tant qu'otage, sans jamais pouvoir s'enfuir.
Neal Cassidy avait été enlevé.
Killian Jones avait cherché à gagner du temps et un moyen pour tuer son ennemi qui, immortel, se riait contrairement à lui du temps qui passait et qui était pratiquement invincible.
Mais Clochette n'avait aucune raison de se rendre dans ce monde plutôt que dans un autre.
Elle songea à lui poser la question de la raison de sa présence, avant de se raviser.
Ce n'était pas parce que la fée lui avait pardonné ses erreurs passées qu'elles étaient redevenus amies pour autant ou même qu'elle avait regagné sa confiance.
Ce processus-là prendrait du temps, et peut-être valait-il mieux lui laisser le temps nécessaire dont elle pouvait avoir besoin pour accepter d'en parler, si elle le voulait.
Alors qu'elle entendait enfin des bruits de voix, cette pensée quitta son esprit.
§§§§
Emma ne pouvait pas s'empêcher d'enrager intérieurement.
Des heures (ou peut-être pas. Peut-être était-ce plus, peut-être moins. C'était terrifiant de perdre toute notion du temps dans ce monde où il n'existait même pas.) qu'ils la cherchaient et en vain.
Rien du tout.
Rumplestiltskin avait pourtant jeté un sort de localisation sur un objet que possédait son ancienne apprentie et qu'il avait retrouvé parmi leurs affaires, mais à l'évidence, sur une île où plus rien n'avait le moindre sens, les sorts de localisation ne marchaient définitivement pas.
Et ils n'avaient toujours aucune idée de l'endroit où elle se trouvait ni même ce qui avait bien pu lui arriver.
Et la potentialité, réelle, effrayante qu'elle ait été enlevée par Peter Pan lui-même tournait en boucle dans la tête de la Sauveuse.
Peut-être l'arrière-grand-père d'Henry en avait-il assez de jouer avec eux, ou peut-être voulait-il continuer à jouer en augmentant un peu plus les enjeux, qu'est-ce qu'elle en savait au juste, elle n'était pas dans la tête de ce psychopathe.
Peut-être tout simplement voulait-il leur montrer qui était le maître de l'île, qui commandait, et leur faire peur.
Si c'était bien ça son intention, c'était réussi…
§§§§
Une voix les coupa tous dans leurs recherches.
Une voix qu'ils n'espéraient plus pouvoir entendre à nouveau.
« Emma ?
La blonde se figea avant de se retourner, et à la vue de la femme qu'elle aimait, elle eut le sentiment qu'on venait de lui enlever tout le poids et toute la pression qui se trouvaient jusque-là sur ses épaules.
Elle était là, elle…
- Regina ! »
Elle était revenue.
Presque comme si elle n'avait jamais disparu tout court.
Comme si elle lui était revenue, en un sens, par magie.
Mais Emma ne se soucia d'aucun de ces détails, tout ce qui comptait c'était que la sorcière était là, qu'elle était de retour, qu'elle était saine et sauve.
Sans la moindre hésitation, elle se dirigea vers elle et se jeta dans ses bras, la serrant contre elle, pour s'assurer qu'elle était bien là, réelle et qu'elle n'allait pas disparaître une fois de plus.
Elle avait déjà perdu Henry.
Elle ne pouvait pas la perdre elle aussi.
En réalisant que contre elle, Emma tremblait, Regina raffermit son étreinte, et elle n'avait pas disparu durant si longtemps que cela et à quel point la princesse avait-elle donc eu peur pour elle ?
Au vu de son regard, qu'elle avait aperçu plus tôt avant qu'elle ne s'élance tout droit dans ses bras, elle avait eu très peur.
Non, c'était même pire que ça.
Elle avait été terrifiée de toute évidence.
Et elle l'était encore vu ses tremblements.
« Ça va aller Emma, lui souffla-t-elle, tentant d'être la plus réconfortante possible, ça va aller, tout va bien, je suis là. C'est terminé, je suis revenue, je suis là.
Oui elle était là.
Mais ça ne changeait rien à ce qui était arrivé, à ce qui avait failli se passer.
Regina avait failli lui être enlevée.
Et si quelques mois plus tôt ou même l'année précédente, cette idée l'aurait ravie, désormais, elle lui était tout simplement insupportable.
- Je… j'ai… Regina, lui chuchota-t-elle à l'oreille, oubliant brièvement tous ceux qui se trouvaient autour d'elles, comme si elles avaient été seules au monde, j'ai eu tellement peur. Un instant, tout allait bien et celui d'après, tu… Tu avais disparu, tu t'étais volatilisée et j'ai… j'ai cru que je ne te reverrais plus jamais. Ne… ne me refais plus jamais une chose pareille sinon, je… je crois que je… Je ne sais même pas ce que je ferais si cela se produisait à nouveau.
En réalité, elle le le savait très bien.
Si elle la perdait, elle, ou Henry, ou ses parents, ou Neal ou toute autre personne à laquelle elle tenait, si on lui arrachait ceux qu'elle aimait, elle se sentait capable de réduire le monde en cendres si jamais quelqu'un détruisait la famille qu'elle avait mis tant de temps à construire après être restée seule pendant tellement d'années.
Cette simple pensée, cette seule idée qui lui envahit l'esprit, cette possibilité de cette colère s'embrasant et pouvant faire de nombreux dégâts si jamais une telle chose se produisait, la terrifia.
Même si ce n'était qu'une hypothèse, elle comprenait d'un seul coup, même si c'était seulement légèrement, Regina et Crochet et leur désespoir, leur colère et leur rage, leur envie de vengeance.
- Je suis là, lui répéta Regina d'une voix assurée. Et je ne vais nulle part. Je te le promets.
Dans leur monde, empli de dangers, surtout ici et maintenant où ils risquaient leurs vies à chaque instant, c'était une promesse presque impossible à tenir ou à rendre réel.
Mais Emma lui était reconnaissante d'au moins la faire, d'être prête à essayer de le faire, de toute ses forces.
- Tu as intérêt, lui intima-t-elle d'un ton faussement menaçant. »
Regina éclata de rire et Emma sentit son cœur s'alléger, un peu.
Elle se sépara d'elle à regret, et tout le reste du groupe put aller s'assurer qu'elle allait bien.
Et si Blanche-Neige ne la serra pas dans ses bras, la brune lut dans ses yeux qu'elle aussi s'était inquiétée pour elle, et la princesse lui demanda comment elle allait.
Donc son ancienne belle-fille avait encore de l'affection pour elle malgré tout ce qu'il s'était passé, tout ce qu'elle avait pu lui faire dans le passé.
Cette pensée lui réchauffa le cœur et la réconforta.
Peut-être ne s'était-elle pas trompée, peut-être qu'elle avait véritablement une chance d'arranger les choses entre elles en fin de compte.
Le regard de Rumplestiltskin était, quant à lui, scrutateur et méfiant.
- Dis-moi Regina, où est-ce que tu étais passée ?
C'était une question bien légitime, après tout, elle avait disparu sans prévenir personne et voilà qu'elle revenait sans la moindre explication, sans qu'un seul enfant perdu ou même Peter Pan ne semble être impliqué.
Évidemment que de loin ça avait l'air suspect et étrange.
Mais, avant même qu'elle n'ait pu répondre à sa question, et expliquer ce qu'il lui était arrivé, Clochette sortit finalement de l'ombre et s'avança vers eux.
Les yeux du pirate s'écarquillèrent de surprise en la reconnaissant tandis que le visage de Neal, lui, s'illuminait.
- Clochette ? S'écria-t-il, et le Ténébreux fronça les sourcils.
Ce n'était pas du tout à ça qu'il s'attendait, et cette arrivée providentielle, d'une personne qu'ils recherchaient justement juste avant que Regina ne disparaisse, et qui apparaissait en même temps qu'elle réapparaissait, lui semblait un peu trop facile pour être honnête…
La fée le regarda avant qu'une lueur de compréhension n'apparaisse dans ses yeux.
Regina lui avait bien dit que Baelfire était sur l'île, alors…
Est-ce que c'était lui ?
Il avait… il avait tellement grandi, tellement changé.
Au moins la lueur de solitude et de désespoir qu'elle apercevait autrefois dans ses yeux quand il vivait encore sur l'île semblait avoir disparu, c'était au moins ça.
Mais son fils avait disparu.
Et il fallait qu'elle l'aide à le retrouver, à tout prix.
Puisqu'elle était sur cette île et qu'elle la connaissait bien, autant que ça serve à quelque chose et à quelqu'un, surtout à un ami.
Surtout si ça permettait de nuire à ce monstre qu'était Peter Pan.
- Baelfire ?
Il lui sourit avec affection.
- Oui. Je me fais appeler Neal désormais, mais oui… c'est bien moi.
Cette fois-ci, ce fut à son tour de le serrer dans ses bras.
Pour la première fois depuis son arrivée sur l'île, Neal songea que renouer avec son passé n'était pas complètement négatif si ça lui permettait de revoir la fée.
Et si ça lui permettait aussi de l'emmener avec lui cette fois, parce qu'il était déterminé à le faire.
Leur groupe, Wendy et Henry ne seraient pas les seuls à quitter cette île maudite.
Il s'en fit le serment.
- Neal donc… Je… je suis contente de te revoir. Tu m'as manqué.
- Toi aussi tu m'as manquée.
Avant qu'ils n'aient pu ajouter quoi que ce soit d'autre, la voix du Ténébreux se fit entendre.
- Loin de moi l'idée de couper court à ces retrouvailles pourtant ma foi fort réjouissantes, leur lança-t-il, sarcastique, (Neal leva les yeux au ciel, reconnaissant bien là son père), mais j'aurais une question à vous poser. Que faites-vous donc ici ? Et comment se fait-il que vous soyez arrivée avec Regina au même moment où celle-ci nous a trouvés ?
- Parce que ce n'est pas elle qui m'a trouvée. C'est moi. Je l'ai kidnappée.
Un silence empli de stupeur s'abattit sur le groupe.
Neal regarda son amie comme s'il la voyait pour la première fois.
- Quoi ?
Il se souvint alors de ce qu'elle lui avait dit, autrefois, quand elle lui avait parlé de cette femme qui était en partie responsable de la perte de ses ailes et de sa magie, de cette reine avec qui elle était amie et qu'elle avait essayé d'aider.
Est-ce que…
Est-ce que c'était de Regina qu'elle parlait ?
Il n'avait jamais fait le rapprochement à l'époque, ne connaissant pas encore son existence, et même après, ignorant le moment exact où la fée avait quitté la Forêt Enchantée pour le Pays Imaginaire, mais s'il n'avait pas tort, alors…
Ça expliquait beaucoup de choses.
Rumplestiltskin quant à lui, se tourna vers Emma et d'un regard, se mit d'accord avec elle.
Si jamais elle ne disait pas la vérité, la Sauveuse le lui dirait aussitôt.
- Je l'ai fait parce que j'étais en colère. Je voulais me venger aussi et comprendre… certaines choses. Avoir des explications. Et je les ai eues. Et maintenant je suis là pour vous aider. Même si je ne peux pas faire grand-chose, je n'ai plus ma magie ou mes ailes, et je n'ai malheureusement pas de poussière de fée.
Non loin d'elle, le visage de David se décomposa aussitôt.
Pas de poudre de fée et pas de magie, ce qui signifiait donc que même si elle savait ce qui n'allait pas avec lui, elle ne pourrait rien faire pour lui ni le soigner.
Et la marque sur son flanc s'agrandissait un peu plus à chaque instant qui passait.
Bientôt viendrait un moment où il ne pourrait plus faire comme si elle n'existait pas et encore moins la cacher ou dissimuler son état aux autres.
- Oh, grimaça Neal, j'avais espéré que, peut-être tu… tu en aurais encore. (Il se força à sourire). Ce… ce n'est pas grave au moins tu es là et… c'est bon de te revoir.
- Regina m'a dit que tu avais un fils.
Le sourire de Neal s'affaissa légèrement alors qu'il repensait à Henry et au fait qu'ils n'avaient pour l'instant aucune piste à son sujet.
- Oui, c'est… c'est une longue histoire.
- Et Peter Pan l'a enlevé, poursuivit-elle, une expression pensive sur son visage, tout comme il t'avait enlevé autrefois. C'est… plutôt étrange comme coïncidence.
Ce n'est pas une coïncidence, faillit-il laisser échapper avant de finalement se taire.
C'était prévu depuis avant même sa propre naissance, depuis si longtemps que ça lui donnait le vertige et la nausée.
- Nous devrions y aller, intervint Crochet, le camp est encore loin et puisque nous ne pourrons pas aller plus vite de toute évidence, nous ferions mieux de nous dépêcher.
Clochette lui lança un long regard, comme si elle n'arrivait pas à croire qu'il soit réellement là avant de détourner le regard et d'ensuite l'ignorer.
Emma acquiesça.
- C'est vrai. On a déjà assez perdu de temps comme ça. »
Ils se mirent en marche et Regina prit une profonde inspiration avant de fermer les yeux pendant quelques secondes.
Elle avait réussi à se faire pardonner par Clochette et à la convaincre de les aider.
Peut-être que c'était un signe qu'elle pouvait trouver Henry et le sauver.
Peut-être que les miracles existaient encore.
Quand elle rouvrit les yeux, Emma marchait à côté d'elle, et elles se sourirent.
Elles trouveraient Henry, ensemble, parce que rien ne pouvait les arrêter tant qu'elles étaient toutes les deux.
À sa grande surprise, la blonde glissa sa main dans la sienne, fort, n'ayant aucune intention de la lâcher semble-t-il.
Tant mieux, songea Regina en la serrant à son tour, au moins tout aussi fort.
Elle non plus elle n'avait pas l'intention de la lâcher.
A suivre…
Chapter 113: Le cœur de la jungle.
Notes:
Titre du 06/03/2023 : Le cœur de la jungle
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Clochette & Neal Cassidy (Once Upon a Time)
Prénom 49 : Emma
Quatre aspects des… rôles de Robert Carlyle : Don Harris : Écrire sur The Walking Dead (Fandom) ou écrire sur un père
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, duos improbables, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Quand Clochette pensait à Baelfire, elle se souvenait d'un adolescent triste et empli de colère.
Lorsqu'elle était arrivée sur l'île, elle était seule, perdue, privée de ses ailes et de sa magie et de son identité de fée et elle ne savait pas trop où elle mettait les pieds.
C'était Bae qui l'avait accueillie sur cette île, lui qui s'était enfui des décennies plus tôt du camp des garçons perdus et qui vivait seul depuis tout ce temps, c'était lui qui l'avait guidée dans ce monde dont elle ne savait rien.
Un monde qui était rempli de tellement de dangers qu'elle se demandait encore parfois comment il avait fait pour y survivre tout seul pendant aussi longtemps.
Sans lui, elle ne savait pas comment elle s'en serait sortie au juste, il n'était donc que justice qu'elle l'aide à son tour maintenant qu'il en avait le plus besoin.
Elle se souvenait de sa solitude, de la lueur de méfiance dans ses yeux quand ils s'étaient rencontrés, toujours là en permanence, même après plusieurs mois à se connaître, lui qui avait déjà été trahi tellement de fois par tant de personnes qu'il n'arrivait plus à faire confiance à qui que ce soit.
Elle se rappelait aussi de la joie qu'elle avait ressentie quand il avait lentement laissé tomber ses barrières autour d'elle, qu'il avait fini par réaliser qu'elle n'allait pas le trahir comme tous les autres avant elle.
La manière dont ils étaient devenus amis, dont ils s'étaient entraidés pour survivre dans cet enfer où les monstres étaient rois, la manière dont ils avaient survécu malgré tout, et la façon dont elle l'avait aidé à panser ses blessures passées et comment, petit à petit, il s'était ouvert à elle.
Et elle avait découvert un garçon en colère contre le monde entier et en particulier contre son père, contre sa mère, contre Killian Jones, contre l'ombre qui l'avait enlevé et l'avait arraché à la seule famille qu'il avait jamais eue dans le monde sans magie, contre Peter Pan, et toute cette rage, cette douleur, cette injustice, elle avait ressenti tout ça elle aussi.
Cette souffrance, elle connaissait aussi, même si la sienne était toute autre.
Mais au moins, même si elle avait tout perdu, ses ailes, sa magie, sa place chez les fées, son chez elle, elle avait malgré tout gagné un ami.
Un ami qui avait bien changé mais pas tant que ça.
Oui, il était adulte désormais et il semblait avoir le même âge qu'elle (ce qui était somme toute assez relatif, elle était une fée, elle avait probablement plusieurs siècles de plus que lui. Encore que, il avait lui-même techniquement plus de deux cents ans donc au final peut-être avaient-ils plus ou moins le même âge. La magie et le Pays Imaginaire compliquaient vraiment tout.), mais dans ses yeux elle voyait toujours…
Elle voyait toujours l'adolescent de quatorze ans qui voulait juste avoir une famille.
Elle fut surprise en entendant la première question que l'ancien enfant perdu lui posa, alors qu'ils marchaient ensemble, suivant le reste du groupe de près.
« Est-ce que tu vas bien ?
C'est moi qui devrais te demander ça, songea-t-elle, sa présence sur cette île qu'il avait mis tant de temps à quitter était suffisante pour lui donner une réponse bien trop évidente.
Il n'allait pas bien, il était de retour dans son enfer personnel pour sauver son fils et elle se doutait bien qu'il aurait préféré être n'importe où ailleurs que sur cette île de malheur.
Ses yeux parlaient pour lui, ainsi que toute la tension dans son corps, la rage qui l'animait et qu'il tentait de contrôler de toutes ses forces.
Il était moins en colère qu'autrefois, certes.
Mais il l'était toujours et cette colère semblait être à deux doigts de ressurgir maintenant qu'il était revenu au Pays Imaginaire.
Après tout, elle ne le savait que trop bien.
Certaines blessures ne guérissaient jamais vraiment, certaines cicatrices ne s'effaçaient jamais complètement…
- Ça fait tellement longtemps que je ne t'ai pas vue, depuis à peu près une quinzaine d'années (c'était peu quand on vivait au Pays Imaginaire où on ne sentait pas le passage du temps, pensa la fée, mais quand l'horloge se remettait en marche et qu'on était humain, c'était long oui) et je sais comment cette île peut… comment elle tente de briser les gens.
Il en savait quelque chose, oui.
L'île avait tenté de le briser, lui, et elle était heureuse de constater qu'elle avait échoué.
- Je vais bien, ne t'en fais pas.
Ce n'était pas vrai, pas vraiment.
Personne n'allait bien sur cette île, hormis Peter Pan, Félix et les enfants perdus qui leur étaient fidèles, et elle ne faisait pas exception.
Mais désormais tout avait changé.
Parce qu'elle n'était plus seule.
Parce que la femme qui avait été indirectement et involontairement la cause de sa chute avait changé et était là pour une autre cause que la vengeance.
Parce qu'un groupe composé de gens qui pour certains se détestaient ou s'étaient détestés (elle était toujours aussi étonnée de voir que le Ténébreux et le pirate parvenaient à rester cordiaux vis-à-vis de l'autre, d'un autre côté ils ne s'adressaient jamais la parole, ce qui aidait) voire qui ne se connaissaient pas du tout d'après ce que Neal lui avait expliqué, s'était réuni avec un seul objectif.
Sauver deux enfants innocents d'un monstre.
Et Clochette ne connaissait pas Henry, mais Neal lui avait parlé de Wendy autrefois, de sa gentillesse, de cette amitié qu'elle lui avait offerte, de cette famille dans laquelle elle l'avait accueilli, et son cœur s'était serré pour ces deux enfants.
De toute évidence, ils ne pourraient pas s'arrêter là, venir sur cette île, sur son territoire, c'était déclarer la guerre à Peter Pan, et ils ne pouvaient rien faire d'autre que le battre ou périr en essayant, et c'était ça qui lui donnait de l'espoir.
L'espoir qu'enfin l'immortel disparaisse de leurs vies, que le Pays Imaginaire cesse d'être ce monde tordu, toxique et vicié qu'il l'avait autrefois fait devenir.
L'espoir que les choses allaient enfin changer, pour de bon.
- Tu es sûre ? Peter Pan, ou Félix ou un des garçons perdus, ils… Enfin. Ils ne t'ont pas fait de mal, pas vrai ?
Elle sourit.
Elle comprenait ses inquiétudes, parce qu'il avait subi leur cruauté autrefois, mais Peter Pan n'avait jamais considéré qu'elle pouvait lui être utile, et l'avait donc laissée en paix, il l'ignorait, elle l'ignorait et ça s'arrêtait là.
- Neal. Ça va, vraiment. Il ne m'est à vrai dire, rien arrivé de très intéressant durant ces dernières années. Et toi alors ? Raconte-moi donc ce que tu as vécu dans le monde sans magie, il s'est passé quinze ans tout de même ce n'est pas rien.
Il soupira.
- C'est… compliqué.
Qu'est-ce qui ne l'était pas dans leurs vies, franchement ?
- Mais encore ?
- J'ai réussi à trouver une place dans le monde sans magie, même si… enfin ça a pris du temps. Pour que je m'adapte à un autre monde que le Pays Imaginaire. Pour que je cesse d'avoir peur en permanence. Si tu savais le temps que j'ai mis avant d'arrêter de me retourner sans cesse par peur que l'ombre soit de retour et ne me kidnappe une fois de plus…
Elle ne s'était pas trompée.
Il n'allait vraiment pas bien.
L'île ne l'avait pas brisé, certes, et il s'était relevé, il était allé de l'avant, mais ça ne voulait pas dire qu'elle ne lui avait pas laissé sa marque, une marque indélébile et invisible qui ne s'en irait probablement jamais.
Et elle ne savait pas s'il s'était retrouvé seul à nouveau une fois de retour dans le monde sans magie, mais elle savait en revanche qu'il n'avait jamais pu parler de ce qu'il avait vécu à qui que ce soit, pas de tout en tout cas, pas de la magie et elle se demanda s'il avait dû garder tout ça pour lui durant ces quinze dernières années et quelques.
Ça devait être épuisant à vivre.
- Et puis un jour… j'ai rencontré Emma.
En prononçant ce nom, son visage s'illumina d'un seul coup, et Clochette se souvint de qui il s'agissait.
La Sauveuse, la femme dont Regina était tombée amoureuse et l'autre mère d'Henry Mills.
(Cette famille n'était de toute évidence pas du tout compliquée.)
Puis elle fronça les sourcils.
Minute.
- Tu… tu as donc rencontré la Sauveuse, une personne venant de la Forêt Enchantée, tout comme toi, dans un monde où 99,99 % de la population du monde sans magie doit probablement venir du monde sans magie lui-même ? Quelles étaient les chances que ça arrive ?
- Je… je me suis posé la question de nombreuses fois une fois que j'ai su qui elle était réellement. Je n'ai jamais trouvé de réponse valable ou qui ne me fasse pas peur. En un sens je n'ai pas vraiment eu de chance… Fit-il amer. Nous n'avons pas eu de chance, rectifia-t-il, elle peut-être même plus que moi parce qu'elle ne savait même pas.
Clochette se tourna vers lui et lui lança un regard surpris.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je suis tombé amoureux d'elle et elle de moi. Et c'était… Clochette c'était tellement facile de l'aimer, d'être proche d'elle, de… d'être moi-même, tout simplement, même si elle n'était pas au courant pour la magie. Mais elle avait vécu les mêmes choses que moi et on se comprenait.
- Ça devait être magique.
Il sourit.
- Ça l'était oui… Le temps que ça a duré.
Son visage s'assombrit.
Et il lui raconta.
August, la malédiction, ce que son père avait fait, ce qu'Emma devait faire, ce qu'elle était supposée devenir, et le choix qu'il avait fait.
Clochette resta silencieuse pendant plusieurs minutes.
- Au bout du compte, tu lui as fait ce que d'autres t'avaient fait avant toi.
Il n'y avait aucun jugement dans sa voix, juste un constat.
Il acquiesça.
- Oui. Et je… je sais que c'est une chose que je ne me pardonnerai probablement jamais. Et tu veux savoir, le pire dans tout ça ? Elle était enceinte.
D'un seul coup, les pièces du puzzle s'emboîtèrent toutes parfaitement ensemble.
- Oh, fut la seule chose qu'elle trouva à dire.
- Et je ne le savais pas et elle non plus et je ne sais pas si j'aurais agi différemment si je l'avais su, mais… au moins j'aurais… j'aurais toutes les informations en main, et j'aurai eu le choix. J'ai abandonné mon fils moi aussi, fit-il d'une voix emplie de colère contre lui-même, comme mon père l'avait fait avant moi, même si je l'ai fait sans le savoir, alors que je m'étais juré que jamais… Mais ça n'a plus d'importance maintenant je suppose.
Non, en effet.
- Et après ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Elle était seule, en prison, sans argent puisque celui qui était supposé le lui envoyer ne l'a jamais fait, grimaça-t-il en grinçant des dents, et en le voyant fusiller August du regard elle n'eut aucun doute sur l'identité de la personne en question. Elle a abandonné Henry parce que c'était la seule chose qu'elle pouvait faire.
- Et Henry a été adopté par Regina, comprit-elle.
L'enfant de celle qui était supposée briser la malédiction adopté par celle qui l'avait lancée…
Ça commençait à faire un peu trop de coïncidences pour être honnête.
D'un regard, il comprit en voyant son expression ce qu'elle était probablement en train de penser.
- D'après ce que j'ai compris, c'est mon père qui en est responsable, lui expliqua-t-il, vu que c'est vers lui qu'elle s'est tournée pour l'adoption. Je ne sais pas au juste comment il a fait exactement puisqu'il ne se souvenait de rien à ce moment-là, mais c'est mon père. J'imagine qu'avec lui certaines choses resteront toujours inexpliquées.
Il rit, et elle se surprit à ne sentir aucune colère ou rancœur dans sa voix et le regarda avec un air curieux.
En sentant son regard sur lui, il se tourna vers elle.
- Quoi ?
- Tu… tu n'as pas l'air autant en colère vis-à-vis de ton père que tu ne l'étais la dernière fois qu'on s'est vus.
- C'est vrai, admit-il, je… Je le suis toujours, et ça durera sûrement un moment, mais… Il a tout fait pour me retrouver. Même si c'était de la pire des manières possible, même si des gens ont souffert par sa faute, mais… Il essaie de se faire pardonner, de changer et je… c'est tout ce que j'ai toujours voulu. Alors les choses ne sont pas parfaites, mais… Je lui fais de nouveau confiance, je sais que les choses ne se termineront pas de la même manière cette fois-ci… du moins je l'espère.
- Je suis contente que les choses se soient arrangées de ce côté. Et… en ce qui concerne Crochet ?
En le voyant se tendre, elle comprit aussitôt qu'à ce sujet, rien n'avait changé a priori.
Si elle était en froid avec le pirate, c'était bien à cause de tout ça, de ce qu'il avait fait à Baelfire, les mensonges, la manipulation, la manière dont il l'avait utilisé pour avoir des informations sur comment tuer son père.
Et enfin, l'abandon, sa trahison, la façon dont il l'avait livré à Peter Pan, tout ce que ça avait provoqué, toute la souffrance, la douleur, tout ce qu'il avait enduré aux mains des garçons perdus.
Le capitaine Crochet l'avait laissé chez des monstres qui n'avaient pas hésité à le torturer, et ce sans un regard en arrière, sans le moindre remords, sans jamais venir le chercher pendant qu'il hurlait de douleur.
Et Clochette ne le pardonnerait sans doute jamais d'avoir infligé ça à un gamin de quatorze ans.
Il grimaça de nouveau.
- Au risque de me répéter, c'est… compliqué.
Elle éclata de rire, un rire froid, amer et empli de regrets.
- Si ça ça ne l'est pas, alors je ne sais pas ce qui l'est…
Il pouvait difficilement la contredire.
- J'aurais préféré me passer de sa présence, mais… Même si j'ai passé beaucoup de temps sur cette île, bien trop en vérité, j'ai dû me rendre à l'évidence. Il s'y connaît mieux que moi, il a exploré les mers plus que je ne l'ai jamais fait, et lui et son équipage ont fait le tour de l'île plus que je ne l'ai fait également. Nous avions besoin de quelqu'un pour nous guider au Pays Imaginaire et j'aurais aimé que ce soit quelqu'un d'autre mais comme il n'y avait personne… j'ai dû faire avec.
Elle acquiesça, comprenant le raisonnement.
- Et… tu tiens le coup ? Tu as l'air là aussi moins en colère et plus apaisé en parlant de lui que lorsqu'on en parlait ensemble dans ton repaire.
Elle ne savait pas s'il l'était réellement moins ou si au fil du temps il avait appris en grandissant à cacher cette colère et cette rage et à faire comme si elle n'existait pas.
Elle espérait sincèrement que sa deuxième hypothèse était fausse.
- Comme je te l'ai dit, c'est compliqué, je… Tu sais comment j'ai rencontré Henry ?
Face à ce changement de sujet incongru, Clochette sursauta, surprise.
- Quoi ?
- Ça a un lien. Je suis tombé dans un portail magique.
- Quoi ? Répéta-t-elle, stupéfaite et il sourit.
- Quand je vivais à New York, dans le monde sans magie, un portail s'est ouvert et je suis tombé dedans et… j'ai atterri dans la Forêt Enchantée, juste avant la fin de la malédiction. J'ai retrouvé Henry là-bas.
- Mais… objecta la fée, de plus en plus confuse, mais je croyais que Henry vivait à Storybrooke à ce moment-là.
Puis elle se souvint que Regina lui avait dit que ce n'était pas la première fois que le jeune garçon disparaissait loin d'elle.
Est-ce que…
Est-ce qu'il s'était retrouvé dans la Forêt Enchantée ?
Comment ?
- Exact. Et les choses auraient continué ainsi s'il ne s'était pas rendu dans les mines de la ville et n'avait pas suivi une étrange lumière… qui l'a mené directement à notre monde.
Oh.
- Je vois.
- Crochet était là-bas aussi. Il s'était allié à Cora, la mère de Regina.
Puis il raconta la suite, leurs retrouvailles, le pirate ne le reconnaissant pas, sa fuite, leur alliance temporaire pour trouver la boussole magique, le moment où il l'avait abandonné avant de lui dire ses quatre vérités et de lui révéler sa véritable identité.
Ensuite, son retour dans le monde sans magie avec son fils, ses retrouvailles houleuses avec Emma, celles avec son père, l'arrivée de Cora et Crochet à Storybrooke, leur lutte contre la sorcière, sa défaite, le retour au calme et enfin l'enlèvement de Henry par Jean et Michel Darling.
- Tu avais raison, c'est… une bien longue histoire. Est-ce que ça a rendu les choses plus faciles ? Le fait qu'il n'ait pas su tout de suite qui tu étais.
Elle savait qu'il avait fait confiance au pirate autrefois, avant d'apprendre la vérité sur Milah, avant la trahison, l'abandon, avant que l'affection ne se change en haine.
Avant que leurs chemins ne se séparent de manière définitive et ne prennent des voies différentes.
Et elle en était sûre et certaine, il y avait eu du regret dans sa voix quand il avait évoqué cette partie-là de son récit.
- C'était… c'était plus simple. Je pouvais faire semblant de ne pas être en colère, faire comme si les choses étaient redevenues comme avant, que rien ne s'était passé et que je… qu'on avait de nouveau une relation normale. Qu'on pouvait devenir amis, que le spectre de ma mère et celui de sa vengeance ne flottaient pas entre nous en permanence.
- Sauf qu'il veut toujours tuer ton père.
Il eut un sourire triste.
- Exactement. Là est tout le problème. Je ne me fais pas d'illusion, même si on s'en sort vivants et qu'on le laisse partir pour la Forêt Enchantée ou n'importe quel monde dans lequel il voudra se rendre, je sais qu'il continuera de tenter de trouver un moyen de le tuer, c'est ce qu'il a toujours fait et il ne semble pas prêt d'arrêter. En mettant la main sur sa dague, en le privant de sa magie ou en l'emmenant dans un endroit où il ne pourra pas utiliser ses pouvoirs, la liste des possibilités est longue… Mais pour l'instant il se tient tranquille. Je doute qu'il puisse faire autrement de toute façon et je pense que sa haine pour Peter Pan dépasse celle qu'il éprouve pour mon père.
Quand il prononça le nom de leur ennemi, elle le vit serrer les poings.
Il eut un ricanement sinistre.
- D'ailleurs en parlant de lui, tu veux savoir le pire dans tout ça ? Une chose que mon père m'a apprise pendant qu'on était à Storybrooke. C'est que… Peter Pan est… c'est mon grand-père.
En entendant ces mots, Clochette sentit tout son sang se glacer dans ses veines.
Non.
C'est impossible.
- Tu… quoi ?
- Il s'appelait Malcolm autrefois, il n'était pas immortel et il ne possédait pas de magie et il a… abandonné mon père après avoir passé un marché avec l'ombre du Pays Imaginaire. C'est comme ça qu'il est redevenu jeune et qu'il a gagné ses pouvoirs. Ça… ça rend les choses tellement pires qu'elles ne le sont déjà.
Clochette sentit la colère lentement mais sûrement l'envahir.
Que Peter Pan l'ait enlevé était déjà assez horrible en soit, mais qu'il ait enlevé son propre petit-fils puis son arrière-petit-filsl'était encore plus.
- Il le savait.
Ce n'était même pas une question.
Après tout, qu'est-ce que Peter Pan ne savait pas dans le fond ?
- Il le savait, confirma Neal. Il l'a toujours su.
Il avait donc enlevé, retenu prisonnier et torturé un membre de sa propre famille.
Quel genre de personne faisait ça ?
- Je suis désolée Neal. Je suis tellement désolée.
- Et je suis sûr qu'il sait pour Henry parce que… Écoute Clochette, je vais te dire une chose que nous sommes peu à savoir. Peter Pan m'a dit… que je ne m'étais pas échappé. Qu'il m'avait laissé partir. Je pense qu'il savait pour Henry. Je ne sais pas comment mais il savait déjà que ça allait arriver. Que ce serait moi son père et qu'il serait l'enfant qu'il cherchait depuis tout ce temps. Je ne vois pas comment ça peut être possible autrement. »
Effectivement, ça faisait définitivement bien trop de coïncidences désormais…
Cette fois, la fée sentit la nausée l'envahir face à toute l'étendue de la manipulation dont le sorcier avait pu faire preuve.
Tant d'enfants enlevés, tant de vies gâchées et pourquoi ?
Elle aurait aimé pouvoir le savoir, avoir la réponse à cette question qui la hantait depuis qu'elle vivait sur cette île et qu'elle avait vu bien trop d'enfants innocents et effrayés être brisés ou transformés en monstres.
En regardant Neal, en pensant à tout ce que l'immortel lui avait pris, volé, arraché, tout ce qu'il avait détruit dans sa vie, tout ce qu'il avait ruiné dans son existence, elle sentit sa colère grandir de plus en plus jusqu'à l'envahir complètement.
Elle avait déjà l'intention de réduire à néant le maître de l'île bien avant cela, même si elle n'avait jamais eu les moyens de le faire.
Sa détermination était devenue encore plus forte qu'avant.
A suivre…
Chapter 114: La volonté du démon.
Notes:
Titre du 11/05/2022 : La volonté du démon
Vierge : Killian Jones (OUAT)
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Quatre aspects de… Lumberjanes (Partie 1) : April : Écrire sur un personnage fort physiquement ou sur Adora (She-Ra)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Quelque chose clochait, et Killian Jones n'arrivait pas à déterminer quoi, ce qui rendait la situation encore plus frustrante qu'elle ne l'était déjà.
Pourtant, il suivait bien le point sur la carte, et il en était sûr, il allait dans la bonne direction, seulement il ne pouvait pas se débarrasser de cette impression.
Ce fut en regardant une fois de plus la carte qu'il tenait toujours en main qu'il réalisa finalement.
L'emplacement du camp avait changé de place.
Ce…
Ce n'était définitivement pas normal.
Ce n'était jamais arrivé jusque-là, et il avait mis du temps à s'en rendre compte parce que les deux points n'étaient pas si éloignés que ça, mais assez pour que ça soit notable.
Ce qui signifiait que le camp s'était forcément déplacé.
Soit ça, soit cette maudite carte et son propriétaire les menaient en bateau depuis le début en les menant tout droit dans le mur.
Merde.
Il s'arrêta brusquement, déconcerté.
Le reste du groupe le rejoignit quelques secondes plus tard en le regardant avec un air surpris voire inquiet.
Parce qu'il semblait perdu.
Sauf que le pirate n'avait jamais l'air perdu, pas depuis qu'ils étaient sur l'île du moins et encore moins depuis qu'il avait reçu la fameuse carte menant au camp des enfants perdus, les ayant guidés jusque-là sans jamais la moindre hésitation et sans qu'ils ne soient particulièrement en danger, l'ancien résident du Pays Imaginaire faisant tout pour leur éviter de prendre le moindre risque.
Emma sentit son estomac se retourner et un mauvais pressentiment l'envahit quand elle vit la tête qu'il faisait.
Ça ne sentait pas bon ça.
Pas bon du tout.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Lui demanda-t-elle.
Il hésita pendant quelques secondes avant de répondre, comme s'il n'était pas sûr de lui, et ça non plus ce n'était pas bon signe.
Parce qu'elle avait beau ne le connaître que depuis peu de temps, s'il y avait bien une chose dont elle avait plus que conscience, c'était de son insupportable arrogance et de son assurance, compréhensibles vu sa connaissance des lieux, et qui lui manquaient presque là tout de suite.
- Nous avons un problème, finit-il par lâcher.
- Quel genre de problème ? Lui lança le Ténébreux d'un ton cinglant.
Killian le fusilla du regard mais s'abstint malgré tout de faire le moindre commentaire.
- Le camp… il n'est plus à la même place. La carte indique désormais une destination différente.
Emma le regarda avec horreur.
- Quoi ?
Comme si cette quête n'était pas assez compliquée comme ça, comme s'ils ne devaient pas traverser une forêt où ils risquaient leurs vies à chaque minute, comme si le trajet n'était pas déjà suffisamment long comme ça et comme si en plus ils n'avaient pas à affronter Peter Pan et ses sbires une fois le camp trouvé, il fallait qu'en plus même la carte ne soit plus fiable ?
Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?
Quand Crochet lui tendit la carte pour qu'elle vérifie, elle s'en empara aussitôt et la parcourut des yeux avant de blêmir au bout de seulement quelques instants.
Elle avait beau n'avoir tenu la carte que peu de temps dans ses mains après avoir réussi à percer l'énigme du garçon immortel, ce temps, si bref soit-il, avait été suffisant pour qu'elle mémorise intégralement l'endroit vers lequel ils se dirigeaient.
C'était la seule chose qui lui permettrait à terme de retrouver son petit garçon alors elle n'était pas prête d'oublier le chemin qui menait jusqu'à lui.
- Il a raison, confirma-t-elle, la croix qui indiquait l'emplacement du camp… elle a bougé.
En une seule seconde, toute sa détermination s'évanouit complètement.
Elle ne s'était définitivement pas trompée finalement.
Peter Pan, dès qu'il le pouvait, faisait en sorte de changer les règles pour qu'ils n'aient jamais la moindre chance de gagner.
L'espèce de sale petit salopard.
- À quel point est-ce que ça va nous ralentir ? L'interrogea Jean d'une voix fatiguée.
Le temps avait beau ne pas s'écouler dans ce monde, ce n'était pas pour autant que la fatigue ne se faisait pas ressentir, et ils ignoraient tous depuis combien de temps ils étaient là, mais ça faisait déjà bien longtemps.
Bien trop longtemps à leur goût d'ailleurs…
- Pas beaucoup. Le nouvel emplacement n'est pas très éloigné du précédent. Pour l'instant. »
Pour l'instant.
Il n'ajouta rien de plus en dehors de ces deux mots, mais ils savaient tous ce qui se cachait derrière.
Le risque que ce schéma se répète, encore et encore jusqu'à ce qu'ils finissent par abandonner.
En un sens, Peter Pan n'avait pas réellement menti à ce sujet.
Il avait bien dit que la carte les mènerait jusqu'au camp.
Il n'avait jamais précisé que ce serait facile et encore moins qu'il resterait au même endroit indéfiniment.
Non loin, David ne put s'empêcher de blêmir.
Lui qui pensait pouvoir tenir pendant encore un moment, le temps qu'ils trouvent Henry et le ramènent et avouer son état une fois qu'ils seraient rentrés afin d'être soigné, voilà qu'ils perdaient encore plus de temps.
Et vu la douleur qu'il ressentait à cause de sa blessure qui devenait de plus en plus insupportable et intenable, hé bien…
A ce rythme, il risquait de ne pas pouvoir tenir bien longtemps.
§§§§
Le prince Charmant grimaça de douleur, essayant de faire passer ça pour de la fatigue, rien de plus, rien de grave, pour que personne ne voit rien.
Parce que après tout, cette trace sombre sur son flanc, ce n'était pas grave, n'est-ce pas ?
Il aurait aimé pouvoir réussir à se convaincre lui-même que c'était le cas…
« Ça va ?
La voix de Blanche-Neige le tira de ses pensées et il n'en fut pas étonné.
Sa femme était toujours la première à voir quand quelque chose n'allait pas avec lui.
Prenant une profonde inspiration, il réalisa qu'il allait devoir faire ce qu'il détestait faire.
Lui mentir.
Il se força à sourire.
- Oui, je vais bien, ne t'en fais pas, mentit-il.
Il fut reconnaissant de réaliser qu'Emma ne se trouvait pas à proximité, elle aurait senti son mensonge à des kilomètres dans le cas contraire.
La brune fronça les sourcils.
Quand elle l'examina avec attention, il essaya de ne rien laisser paraître, d'agir comme à son habitude, de faire comme si tout allait bien.
Comme s'il n'avait pas été frappé par une flèche, comme s'il ne craignait pas pour sa propre vie, comme si le poison, quelque qu'il soit (pas de l'ombrève, tout sauf de l'ombrève, il devait bien y avoir autre chose de moins létal sur cette maudite île) n'était pas en train de s'infiltrer dans tout son corps, rongeant tout de l'intérieur.
Comme s'il n'était pas peut-être, peut-être en train de mourir et qu'il n'était pas déjà trop tard pour lui.
Comme si son petit-fils n'était pas introuvable et qu'ils ne se démenaient pas pour le trouver, sans le moindre succès pour l'instant.
- Tu es sûr ? L'interrogea-t-elle. Tu as l'air… je ne sais pas trop comment le dire. Tu m'inquiètes.
Il n'avait jamais voulu ça.
La princesse était déjà assez inquiète et soucieuse comme ça, il le voyait bien, vis-à-vis de l'île, d'Emma et de son passé d'orpheline dont ils ne pouvaient pour l'instant pas parler à cause des circonstances, d'Henry qui était toujours en danger et de tout le reste.
Il n'avait vraiment pas besoin d'ajouter cela en plus, de la voir se faire du soucis pour lui alors qu'elle avait déjà bien assez de choses à gérer en dehors de ça.
Oh, si seulement il n'avait pas laissé cette foutue flèche le toucher et le blesser, si seulement il avait été plus prudent.
Mais il n'y était pas parvenu et maintenant, il allait devoir vivre avec ça.
Enfin, vivre…
Tout dépendait du temps durant lequel il pouvait encore tenir.
Il soupira.
Quitte à l'inquiéter, autant que ce ne soit pas pour les vraies raisons.
- Je… J'ai peur, avoua-t-il, ce qui n'était de toute façon pas un mensonge. J'ai peur de ce qui pourrait nous arriver, j'ai peur pour Henry, j'ai peur que cette quête soit sans fin, que nous n'arrivions jamais à le trouver, ou que ce soit déjà trop tard à ce moment-là.
Même s'il ne disait ça que dans le but d'esquiver le véritable problème, il réalisa après l'avoir fait qu'il se sentait mieux, parce que ces angoisses étaient elles aussi bien réelles.
C'était une chose à laquelle ils pensaient tous également, une peur bien ancrée en eux et ce depuis qu'ils savaient que Henry était retenu non pas dans un monde qu'ils connaissaient et dont ils avaient les codes, mais dans le Pays Imaginaire, un endroit sinistre et, comme ils avaient pu le découvrir très vite, sans la moindre règle ou logique.
Hormis celles que Peter Pan voulait bien lui donner.
Il était le prince Charmant, il était supposé être un héros pourtant il n'avait pas l'impression d'avoir réussi à sauver qui que ce soit depuis qu'ils étaient arrivés.
Elle hocha la tête, comprenant ses inquiétudes.
- Oui, moi aussi je… J'ai l'impression qu'on ne peut rien faire. Qu'on ne peut pas gagner. Mais ensuite je me souviens. Je me rappelle de ce que nous avons vécu, de tout ce que nous avons traversé ensemble. De toutes ces fois où nous avons gagné, où nous avons vaincu. Nous avons traversé pire que ça. Bien pire. Et nous ferons ça comme nous avons toujours tout fait. Ensemble. »
Il aurait aimé partager son optimisme.
Peut-être aurait-ce été le cas s'il n'y avait pas eu cette chose dans son corps dont il n'avait parlé à personne et qui peu à peu l'épuisait de plus en plus en plus de le tuer à petit feu, et si la ligne d'arrivée dont ils pensaient pourtant se rapprocher ne venait pas de s'éloigner d'un seul coup en seulement quelques secondes.
Mais puisqu'il ne pouvait rien faire pour aucun de ces deux problèmes, il se tut et acquiesça, parce que c'était la seule chose qu'il pouvait faire et qu'elle avait besoin de son soutien.
Il ne pouvait pas la laisser tomber, surtout pas maintenant, pas alors qu'ils venaient de subir une énième coup dur, un de plus dans une liste déjà bien trop longue.
Ils devaient y croire.
Ils y arriveraient.
Et il survivrait, quoi qu'il arrive.
En se relevant alors qu'ils repartaient à nouveau (et marcher, marcher, marcher, ne feraient-ils donc que ça au bout du compte ?), il ne put retenir une grimace de douleur, et il posa sa main sur sa blessure.
N'y prêtant pas plus attention que ça, il se remit en marche, soulagé en constatant que Blanche n'avait rien remarqué.
Il ignorait que, non loin de lui, quelqu'un l'avait vu lui.
§§§§
Neal connaissait mal le père d'Emma.
En même temps, ils ne s'étaient que peu côtoyés depuis l'arrivée de Baelfire à Storybrooke, par manque de temps, à cause de la menace que faisait peser Cora sur la ville et parce qu'ils avaient déjà assez à faire à essayer de renouer avec leur partie respective de la famille.
Aussi, si David le connaissait uniquement comme le fils du Ténébreux, le père d'Henry et l'ex d'Emma qui l'avait abandonnée, Neal ne savait également que peu de choses à son sujet en dehors du fait qu'il était le prince Charmant, le mari de Blanche-Neige, le père d'Emma et le grand-père d'Henry.
Mais il avait le sentiment depuis quelques temps que quelque chose n'allait pas avec lui, depuis…
Depuis la bataille contre les enfants perdus en réalité.
Apparemment, il n'était pas le seul à ne pas en être sorti indemne.
Et si jusqu'à maintenant, il n'y avait pas prêté une grande attention, déjà bien préoccupé par les révélations de Peter Pan sur son départ, leurs difficultés pour retrouver Henry et tout le reste, en le voyant avoir du mal à marcher et ne plus le cacher maintenant qu'il pensait qu'on ne le remarquait pas, cette intuition diffuse refit surface.
Il l'avait vu grincer des dents à quelques reprises avant cela, et il avait écouté d'une oreille sa conversation avec sa femme, il avait bien vu qu'il faisait tout pour lui cacher à quel point il avait mal.
Parce qu'il était évident qu'il souffrait, et qu'il faisait tout son possible pour le dissimuler à tout le monde, et l'ancien enfant perdu avait le sentiment de reconnaître ce genre de symptômes, mais cela faisait si longtemps qu'il ne s'en souvenait plus à vrai dire.
Le jeune homme fronça les sourcils.
Il ne savait pas au juste ce qu'il cachait.
Mais il avait bien l'intention de le découvrir.
A suivre…
Chapter 115: Angoisses.
Notes:
Titre du 22/01/2024 : Angoisses
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Tao (LMCO) : Héritier : Écrire sur un représentant d'une grande civilisation ou sur un prince
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
« On peut se parler ?
David sursauta en entendant la voix de Neal Cassidy, et il frissonna en réalisant qu'à aucun moment il n'avait senti sa présence, ni ne l'avait entendu venir et n'avait pas la moindre conscience de sa présence avant qu'il ne prenne la parole.
Un signe de plus que ce qui l'avait empoisonné ne le faisait pas seulement souffrir, ça avait aussi des conséquences sur ses réflexes et sa concentration.
- Bien sûr, lui répondit-il en lui souriant sans grande conviction.
Il devait essayer, continuer de faire semblant, pour tenir, tenir le plus longtemps possible.
Malgré tout, il savait qu'il était de moins en moins convaincant à chaque seconde qui passait.
Dans un autre monde que le Pays Imaginaire, un monde où le temps s'écoulait normalement, il serait sûrement mort depuis longtemps.
Mais il ne mourra pas, il s'y refusait.
Pas avant d'avoir sauvé son petit-fils.
- Est-ce que ça va ?
David le regarda avec un air surpris.
- Qu'est-ce que vous avez tous à me poser cette question ?
- Oh, je ne sais pas, ironisa l'ancien voleur, le fait que vous n'ayez pas l'air d'aller très bien et que vous semblez blessé et que vous tentez de le cacher. Mal.
Le prince se figea pendant quelques secondes.
Personne ne s'en était rendu compte jusque-là, sans doute parce qu'ils étaient tous préoccupés par autre chose, même Blanche-Neige, qui avait bien remarqué qu'il n'était pas dans son état normal n'avait rien vu.
- Comment est-ce que vous…
- J'ai vécu sur cette île, même si c'était il y a longtemps, et je ne sais pas au juste ce qui vous est arrivé, mais… ça a l'air d'être vraiment grave, vous feriez mieux de ne pas garder ça pour vous.
David soupira, comprenant qu'il ne pourrait pas y échapper et, après avoir vérifié que le reste du groupe était suffisamment loin d'eux, montra finalement l'endroit où la flèche l'avait blessé, la marque sombre qui s'étendait de plus en plus sur son flanc sans qu'il ne puisse rien y faire.
Aussitôt qu'il la vit, Neal blêmit et ne put retenir un hoquet d'horreur avant de reculer instinctivement.
- Oh c'est pas vrai, fut la seule chose qu'il fut capable de dire.
Dieux, comme il était soulagé que les autres soient trop loin pour voir ça.
Il se remit en marche, tout comme David, veillant à rester à bonne distance du reste du groupe, mais pas trop loin pour qu'ils ne se rendent pas compte que quelque chose clochait.
- C'est si grave que ça ? Demanda le prince Charmant, conscient qu'il n'avait en réalité même pas besoin de poser la question.
Le visage de Neal suffisait pour qu'il connaisse la réponse.
C'est alors que le jeune homme prononça le mot qu'il aurait aimé ne jamais avoir à entendre.
- De l'ombrève. Vous avez été empoisonné par de l'ombrève. Est-ce que vous avez été touché par une des flèches d'un des enfants perdus ?
- Oui mais ce n'était qu'une éraflure, et je ne pensais pas… je ne savais pas que…
- Vous ne saviez pas que c'était de l'ombrève ? Lui lança Neal avec incrédulité.
Pourtant, Crochet les avait bien tous prévenus, quand…
Puis il se souvint.
Le pirate leur avait effectivement indiqué qu'ils ne devaient pas se faire toucher par une des flèches, sous aucun prétexte, mais il n'avait jamais dit qu'elles étaient imprégnés d'ombrève.
Sans doute auraient-ils dû faire la précision, mais sur le moment ils n'avaient pas vraiment eu le temps pour ça…
Il soupira.
- Peu importe… C'est… Vous allez mourir si on ne fait rien.
Il ne pouvait pas laisser cela arriver.
Il ne pouvait pas permettre que l'île qui lui avait déjà pris son fils, sa liberté et ce qu'il lui restait de son innocence lui fasse ça aussi.
Surtout si ça tuait le père d'Emma.
- Je sais, se contenta-t-il de lui répondre.
- On doit prévenir les autres, votre femme, votre fille… Il faut qu'elles sachent, pour que nous puissions ensuite décider quoi faire et…
- Non, l'interrompit aussitôt le chevalier avec vigueur, je ne veux pas qu'elles sachent. Il ne faut pas que qui que ce soit l'apprenne.
Cette fois, le regard de Neal se fit stupéfait.
- Est-ce que vous êtes suicidaire ? Ou stupide, au choix. David, vous ne m'avez pas entendu ? Vous allez mourir si on ne fait rien, répéta-t-il, sans doute très bientôt d'ailleurs, on a perdu assez de temps, il s'agit d'un poison mortel, très probablement l'un des pires qui existe dans tous les mondes, vous ne pouvez pas faire comme si de rien n'était !
- Je sais mais… l'important c'est Henry. Il faut qu'on le retrouve. Qu'on le sauve.
- Vous croyez vraiment qu'Henry sera heureux de rentrer à la maison en sachant que l'un de ses grands-pères est mort pour lui ? Riposta Neal. On ne gagnera rien à vous laisser mourir et de toute façon, ce n'était pas comme si le camp se trouvait à deux pas de nous. Quitte à perdre du temps, autant que ça en vaille la peine. Hors de question qu'on vous laisse mourir.
- Vous avez une meilleure option que ça ?
Neal soupira.
- En fait oui. Comme vous le savez, le frère de Crochet, Liam, est mort après avoir été empoisonné par de l'ombrève. Mais ce n'est pas l'ombrève elle-même qui l'a tué, pas vraiment. C'est l'île elle-même. Killian lui a fait boire de l'eau magique venant du Pays Imaginaire, ce qui l'a guéri. Seulement le problème c'est qu'une fois qu'on a bu de cette eau, on… on ne peut plus partir du Pays Imaginaire. Il ne le savait pas, il a quitté l'île… et il est mort.
Il vit David grincer des dents puis ce dernier hocha la tête.
- D'accord… Ça me va. Je ferai tout ce que je peux pour sauver Henry, y compris si ça me condamne à rester ici. Vous savez où se trouve cette eau ?
- Non, admit-il à regret, je n'en ai jamais eu besoin et je n'ai jamais été dans le coin de l'île où elle se trouve, mais… Mais Crochet doit très probablement encore savoir où elle est. »
Il allait donc une fois de plus devoir parler au pirate, et lui demander à nouveau son aide.
Étrangement, cette perspective le dérangea moins que la dernière fois.
§§§§
En voyant Neal Cassidy et David Nolan venir vers lui alors qu'ils venaient tout juste de s'arrêter, avec l'intention manifeste de lui parler, et avec un air soucieux sur leurs deux visages respectifs, le pirate sentit un très mauvais pressentiment l'envahir.
Ils avaient déjà assez de soucis comme ça alors autant ne pas en rajouter.
De plus, le regard de l'ancien enfant perdu se posa durant quelques secondes sur la Sauveuse et sa mère, sans doute pour être sûr qu'elles n'écoutaient rien de leur conversation, ce qui lui fit froncer les sourcils.
Il ne savait pas de quoi il s'agissait mais de toute évidence c'était grave, assez pour qu'ils veuillent garder ce qu'ils cachaient secret.
De quoi pouvait-il bien s'agir ?
« Nous avons un problème, lui annonça aussitôt Neal, et en l'entendant utiliser les exactes mêmes mots que ceux qu'il avait employés plus tôt au sujet de leur situation actuelle, il grinça aussitôt des dents.
Un de plus donc.
Comme s'ils n'en avaient pas assez comme ça…
Et en regardant le prince Charmant, il remarqua enfin à quel point il était pâle et semblait mal en point, et depuis qu'il les guidait il n'y avait pas prêté attention, occupé qu'il était à leur frayer un chemin sûr au sein de l'île aux multiples embûches, mais désormais c'était plus qu'évident que quelque chose n'allait pas avec lui.
- Qu'y-a-t-il ?
- Je suis en train de mourir, lui avoua alors le père d'Emma et les yeux de Killian s'agrandirent de surprise.
- Quoi ? S'écria-t-il, comprenant d'autant mieux pourquoi ils avaient préféré être à l'écart des deux femmes en lui annonçant ça, il se doutait qu'elles n'auraient pas très bien pris la nouvelle.
Le prince lui montra rapidement et discrètement la marque causée par l'ombrève et en voyant l'air sombre qu'arborait désormais Crochet, le peu d'espoir qu'il possédait encore quant au fait que Neal s'était peut-être trompé à ce sujet s'évanouit aussitôt.
- De… de l'ombrève, articula le brun avec peine, livide, tentant de parler le plus bas possible pour ne pas attirer l'attention. Vous avez réussi à vous faire toucher par de l'ombrève. Comment ?
- Une des flèches d'un des garçons perdus m'a blessé durant le combat contre eux. J'ignorais que… je ne savais pas que c'était de l'ombrève.
Le pirate le regarda comme s'il était complètement stupide.
- Et vous venez m'en parler seulement maintenant ? Siffla-t-il d'une voix exaspérée et qui bien que peu élevée, parvenait malgré tout à demeurer incroyablement terrifiante et menaçante.
- Je… je pensais que… se défendit maladroitement le prince.
- Quoi donc ? Le coupa le capitaine Crochet, ironique et acide. Vous pensiez que ça finirait par disparaître comme ça, par magie ?
Il ferma les yeux pendant quelques secondes, avant de prendre une grande inspiration pour se calmer et s'empêcher de s'énerver.
Non mais franchement…
Il faisait tout pour les garder en vie, et lui, il trouvait quant même le moyen de se retrouver à deux doigts d'y passer ?
Il pensait que les héros avaient un peu plus d' instinct de survie que ça.
- Je voulais qu'on se concentre sur le sauvetage d'Henry, lui rétorqua David. Je pensais que c'était plus important.
- Oh je suis certain que vous serez parfaitement en mesure de sauver votre petit-fils une fois que vous serez mort, lui fit remarquer leur guide, reprenant l'argument que Neal lui avait balancé plus tôt.
- Killian, intervint alors Neal, je suis entièrement d'accord, c'était stupide de sa part, mais… maintenant que c'est fait, on a besoin de ton aide. Il n'existe qu'un seul moyen de le sauver et tu es la seule personne parmi nous à savoir où il se trouve.
Le pirate le regarda avec un air songeur.
C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom depuis ce fameux jour chez le géant Anton où il lui avait révélé sa véritable identité, et cette fois-ci, sa voix n'était pas emplie de colère.
Certes, il ne lui parlait probablement pas de gaîté de cœur et il ne le faisait que parce qu'il avait besoin de lui, mais tout de même, ça comptait.
Et c'était un bon début, un pas en avant qui prouvait qu'ils allaient dans la bonne direction, celle d'une potentielle réconciliation, si jamais Neal continuait de lui parler dans le futur sans avoir l'air de vouloir se trouver n'importe où excepté en sa présence, ce qui semblait être actuellement le cas.
Du moins, s'il ne faisait pas tout foirer, bien sûr…
(Dans un coin de son esprit, le sourire moqueur du Crocodile refit surface et il le chassa de ses pensées.
Un tel souvenir n'avait pas sa place ici, pas maintenant.)
- Très bien, soupira-t-il. J'imagine qu'on n'a pas d'autre choix. Tu lui as bien dit ?
- Qu'il serait condamné à rester ici pour toujours s'il buvait l'eau de l'île, qu'elle le sauverait tout en le gardant prisonnier ? Bien sûr qu'il sait. Je ne m'appelle pas Peter Pan.
La colère était revenue dans ses yeux, mais pour une fois elle n'était pas dirigée contre lui.
C'était un changement bienvenu.
Killian se tourna vers David, juste pour être sûr.
- Vous avez conscience des risques, pas vrai ?
Le prince hocha la tête.
- Oui. Évidemment. Mais entre ça et la mort… je choisis de vivre. Malgré le prix qu'il me faudra payer pour ça.
De son côté, le pirate aurait préféré mourir plutôt que d'être condamné à vivre sur cette île à tout jamais, surtout si ça signifiait être au final tué par un des garçons perdus ou Peter Pan lui-même si jamais les autres parvenaient à fuir loin de l'île avec Henry et Wendy.
- Alors dans ce cas-là… Allons-y. Nous n'avons pas de temps à perdre. »
Ils en avaient déjà bien trop perdu…
§§§§
Trouver un prétexte pour quitter le camp pendant un moment ne fut pas bien compliqué.
Ils auraient pu s'esquiver en douce une fois que tout le monde se serait endormi, puisqu'ils avaient décidé de s'arrêter pour « la nuit » mais d'une part, Rumplestiltskin montait la garde, d'autre part il valait mieux que les autres ne pensent pas qu'ils avaient disparu si jamais ils ne les voyaient pas en se réveillant.
C'était déjà arrivé à Regina, autant que cela ne se reproduise pas une fois de plus, même pour de faux…
Ils partaient à la recherche d'un objet magique qui pourrait leur servir dans leur lutte contre Pan, ce qui en soit n'était même pas un mensonge.
Et si les regards de Rumplestiltskin, Clochette et Emma se firent suspicieux, sans doute à cause du fait que Neal avait décidé d'accompagner le pirate alors qu'il était censé le détester et qu'il aurait pu demander à quelqu'un d'autre de partir à sa place, ils ne firent aucun commentaire.
Après tout, à situation désespérée, mesure tout aussi désespérée…
Ce ne fut qu'en apercevant la source contenant l'eau tant convoitée (David se demanda brièvement si l'île ou son maître avaient fait exprès de rendre ça si facile pour eux, s'ils trouvaient amusant de le confronter à ce choix en apparence impossible, de savoir que même s'ils perdaient, ils gagneraient au moins sur ça) que le mourant se sentit mieux respirer.
Ils avaient réussi, ils l'avaient trouvée, et il vivrait.
Et une fois ses forces retrouvées, il ferait tout pour remplir son objectif, retrouver son petit-fils, détruire Peter Pan et son île.
Ensemble, ils sauveraient son petit-fils.
Et tout irait bien.
A suivre…
Chapter 116: Je ne suis pas mort.
Notes:
Titre du 26/09/2022 : Je ne suis pas mort
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Jaskier (The Witcher) : Nom de plume : Écrire sur Clark Kent (DC) ou écrire sur personnage connu sous un pseudonyme
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
La douleur devenait à chaque seconde de plus en plus insupportable.
Au point que David avait envie de hurler, et il savait, il sentait l'étreinte glacée de la mort se rapprocher et être à deux doigts de l'atteindre et comme c'était abominablement douloureux et terrifiant.
Se savoir si près de son salut et de la guérison était la seule et unique chose qui lui permettait de tenir le coup.
Aussi, quand le pirate l'empêcha d'accéder à la source, il ne put s'empêcher de le foudroyer du regard.
« Je peux savoir ce que vous faites ?
- Je vais vous le demander une nouvelle fois, lui rétorqua Crochet, est-ce que vous êtes sûr que c'est ce que vous voulez ? Je sais que vous êtes à deux doigts de la mort, et que ça vous semble être la meilleure solution possible, la seule et unique en fait, vous pensez que vous n'avez pas d'autre alternative, et c'est vrai, mais… Mais après cela vous ne pourrez plus jamais revenir en arrière. Vous n'aurez plus le choix, vous devrez rester ou mourir en quittant l'île, ce qui revient à peu près au même en un sens, parce qu'une vie ici, ce n'est pas une vie. Et même si… même si nous gagnons, même si nous vainquons Peter Pan et parvenons à repartir avec votre petit-fils… il risque de rester vivant. Immortel. Et vous serez seul. Seul face à lui et à Félix, ainsi qu'au reste des enfants perdus qui ne vous feront pas de cadeaux, croyez-moi. Alors je veux seulement en être certain. Est-ce que c'est vraiment ce que vous décidez de faire ?
Et alors, le prince Charmant, celui qui avait lutté contre le roi George et la méchante reine, celui qui avait enduré une malédiction, qui avait été séparé de sa fille et de son épouse pendant vingt-huit ans, qui avait enduré tant d'épreuves et n'avait pourtant jamais abandonné, se mit à sourire.
Il ne savait pas encore de quoi l'avenir serait fait, c'était même en soi une notion plutôt incertaine dans ce monde, mais il était en revanche sûr d'une chose.
Ils finiraient bien par trouver une solution, quelque qu'elle soit.
Après tout, Blanche-Neige et lui se l'étaient bien promis.
Ils se retrouveraient toujours.
Ce n'était pas un gamin immortel mégalomane qui allait les en empêcher.
- Oui. Je veux vivre et continuer à me battre, même si ça implique de devoir rester vivre sur cette île jusqu'à la fin. Au moins, je saurai que j'aurai sauvé mon petit-fils, Henry sera sain et sauf, de même que Wendy et tous les gamins coincés sur cette île qui n'ont jamais eu le choix et qui pour certains ne rêvent sans doute que d'une chose, pouvoir s'enfuir et être libres. Alors… si pour que ça puisse arriver, si je veux être capable d'aider à ce que ça se produise, si je dois me sacrifier pour ça et perdre ma liberté, alors… ça me va. Je suis prêt.
Le regard du capitaine Crochet se posa sur lui, semblant ne pas réussir à se décider s'il devait trouver ça admirable ou au contraire juste complètement stupide.
Il le laissa passer et David put enfin boire l'eau, faisant pour de bon disparaître la douleur qui le torturait depuis une éternité, ainsi que la marque sur son flanc et la menace de mort qui planait sur lui encore quelques secondes plus tôt.
Il vivrait à la place tout en devant rester dans un lieu que toutes les personnes qu'il connaissait y ayant vécu avaient tenté de fuir par le passé.
C'était une pensée tout sauf réconfortante…
Killian finit par sourire.
- Vous les héros, fit-il avec un air amusé et faussement irrité, vous êtes tous tellement agaçants.
- Fais attention, ironisa Neal, parce qu'à ce rythme, à force de nous aider à essayer de sauver Henry, en sauvant le père d'Emma, en nous défendant contre Pan et les enfants perdus, en nous guidant au Pays Imaginaire, tu risques bien de finir par en devenir un à ton tour.
Killian le regarda avec un air surpris avant de se mettre à sourire.
Ça n'avait rien de sérieux, évidemment, ce n'était pas censé l'être, parce qu'il était tout sauf un héros, et qu'il avait bien conscience qu'il ne serait jamais, pas avec son passé, pas avec le sang qu'il avait sur les mains, pas alors que son cœur était encore empli de vengeance, non ce n'était pas son destin il en était sûr.
Mais c'était drôle à imaginer, et le fait que la remarque vienne de Neal la rendait encore plus drôle et improbable.
- Je vais devoir faire attention dans ce cas, plaisanta-t-il, et Baelfire sourit. »
Le pirate aurait presque pu oublier le différend entre eux, le fait que l'ancien garçon perdu le détestait, le passé se dressant entre eux et ce futur confus où sauver Henry semblait inaccessible et le fait qu'il ne tente plus de tuer le crocodile n'était qu'une chimère, ça semblait presque faisable d'oublier tout cela là tout de suite.
Mais il ne le pouvait pas.
Aucun d'eux n'en était capable, et il doutait qu'ils le puissent un jour.
Et c'était ça qui rendait les choses si difficiles, le fait que les choses auraient pu s'arranger et que ce ne serait sans doute jamais le cas et que c'était entièrement de sa faute.
(La sienne et celle du Ténébreux évidemment, c'était à cause de lui que Milah n'était plus là et qu'il était aussi en colère.)
Mais Neal…
Neal avait sourit.
Alors peut-être qu'il n'était pas trop tard, que rien n'était encore perdu, peut-être qu'un jour il serait capable de le pardonner, comme il semblait avoir réussi à pardonner son père.
Il aurait aimé réussir à comprendre pourquoi ça lui semblait tellement important qu'il le fasse.
§§§§
David prit une profonde inspiration, ayant l'impression de respirer enfin librement pour la première fois depuis qu'il avait pris cette maudite flèche.
C'était sans doute le cas vraisemblablement.
« Merci. Sans vous je serais mort alors… merci. De m'avoir permis de survivre à l'ombrève.
Killian Jones haussa les épaules, comme si ce qu'il venait de faire n'était rien, comme s'il ne venait pas tout juste de lui sauver la vie.
- Je vous en prie. À nouveau, vous avez survécu, vous avez été sauvé, certes, mais n'oubliez pas quel genre de prix vous avez dû payer pour ça. Vous ne regrettez peut-être pas votre décision pour le moment mais il est possible que ce soit le cas, plus tard…
- Ce ne sera pas le cas, lui assura le prince, c'était le seul moyen de toute façon, c'était soit ça soit mourir et comme vous l'avez tous les deux noté, j'aurai bien du mal à sauver Henry une fois mort. J'ai fait ce que je devais faire pour réparer mon erreur et ma négligence, j'aviserai plus tard une fois qu'on aura vaincu Peter Pan.
Il en parlait comme d'une certitude alors que le combat était très loin d'être gagné, et Crochet faillit le lui faire remarquer avant de finalement faire le choix de se taire.
D'une part, parce qu'il connaissait la réputation du prince Charmant et de la princesse Blanche-Neige, il savait qu'ils avaient lutté contre la méchante reine, pendant des années, et même si elle avait fini par gagner contre eux en lançant le Sort noir, le fait est qu'ils l'avaient battu de nombreuses fois par le passé.
S'il y avait bien des gens qui étaient capable de défaire ce monstre, c'était bien ces deux-là, surtout si on y ajoutait Regina, la Sauveuse et – il le reconnaissait à regret – le Ténébreux.
(Et bien entendu lui-même et tous les autres membres du groupe, mais aucun d'eux n'étaient des sorciers, et il savait déjà qu'aucun d'eux, y compris les deux anciens souverains, ne seraient ceux qui mettraient fin au règne de terreur de l'enfant immortel sur l'île.)
D'autre part, il venait tout juste de s'enchaîner lui-même volontairement à une île dont il ne pourrait jamais s'enfuir, s'était condamné à être séparé à jamais de ses proches et de tous ceux qu'il aimait, notamment de sa fille et de son épouse qu'il venait tout juste de retrouver, et pourtant, malgré ça, il avait encore de l'espoir.
Le pirate estima que ce n'était pas son rôle de lui enlever les dernières bribes d'espoir qu'il lui restait encore.
- Je pense que vous changerez d'avis lorsque votre femme et votre fille seront mises au courant de ce que vous avez fait, de ce qui va vous attendre plus tard même si nous gagnons, et je ne parle même pas de votre petit-fils Henry…
L'expression du visage de David se fit grave, mais nullement étonnée, signe qu'il avait effectivement déjà pensé à cette direction, à la réaction que les deux femmes auraient probablement une fois qu'elles sauraient ce qu'il avait sacrifié, ce qu'il avait perdu, ce à quoi il avait renoncé pour pouvoir rester envie et sauver Henry.
Et le pirate les connaissait mal, mais il savait d'ors et déjà que leur réaction à toutes les deux serait tout sauf positive une fois qu'elles apprendraient ce qu'il comptait leur cacher.
Il espérait seulement qu'elles ne le sauraient pas avant que leurs recherches pour retrouver Henry et le délivrer du camp des enfants perdus n'aient abouti.
Ils n'avaient définitivement pas besoin d'autres dissensions ou de disputes supplémentaires…
- Je sais, grimaça-t-il, mais… je n'avais pas le choix. Je sais qu'elles seront en colère, mais… je suis sûre qu'elles comprendront. »
En entendant cela, Neal faillit éclater d'un rire sinistre.
Non.
Elles ne comprendraient pas.
Ou du moins ce ne serait pas suffisant pour étouffer leur colère, leur désespoir, l'empêcher d'éclater, il avait été à leur place lui aussi, il savait ce que ça faisait d'être séparé de force d'un être cher.
Il savait comment il aurait réagi si ça avait été son père, Belle ou Emma ou s'il avait dû quitter l'île en devant laisser Henry et Wendy sur place, en ayant échoué à les sauver.
(En fait il ne souhaitait ça à aucun membre de leur expédition en réalité, y compris à ceux qu'il connaissait mal, ou ceux contre qui il était encore en colère.
Même Crochet.
Juste parce que ça aurait été cruel et injuste, parce qu'il les aidait et qu'il ne souhaitait ce sort injuste à personne, pas même à son pire ennemi, pour ça et pour aucune autre raison.
Du moins tenta-t-il de s'en convaincre.)
Alors il n'arrivait même pas à imaginer comment elles se sentiraient si cela arrivait au prince.
Il connaissait peu Blanche-Neige, mais il imaginait bien sa tristesse, sa douleur, quant à Emma…
Emma avait dû grandir seule pendant vingt-huit ans et n'avait jamais su qui était son père avant d'atteindre cet âge-là, elle venait à peine de le retrouver, et voilà que l'univers avait décidé de lui jouer un tour de plus en les séparant tous les deux ?
Ce n'était pas juste.
Et ce n'était pas comme s'il avait été piégé dans un monde comme la Forêt Enchantée, dans lequel il était possible de vivre normalement et où la Sauveuse et sa famille auraient pu accepter de s'installer, ou dans lequel ils pouvaient aller grâce à des haricots magiques sans que ce soit dangereux.
Non.
Il s'agissait du Pays Imaginaire, dans lequel personne ne souhaitait vivre, pas alors que Peter Pan et son ombre maléfique avaient toujours le contrôle et que les ténèbres et la désolation étouffaient tout ce qui avait pu être beau autrefois dans ce monde.
Donc oui, il savait comment Emma réagirait et ça risquait d'être compliqué.
C'était même pire que ça.
Elle le prendrait mal, très mal.
Mais il préféra ne rien dire.
Après tout, ils n'en étaient pas encore là.
§§§§
Leur retour à leur camp fut bien plus apaisé et moins frénétique que leur départ, et David ne fut nullement étonné en voyant que tout le monde les attendait de pied ferme.
Ce n'était guère surprenant, non seulement ils avaient dû attendre sur place en espérant que tout se passe bien pour eux et qu'ils reviendraient en un seul morceau, mais en plus ils devaient être curieux de savoir si leur mission avait été un succès ou non.
Le prince n'eut pas besoin de jeter le moindre coup d'œil à ses deux acolytes pour savoir qu'ils allaient devoir faire quelque chose de très compliqué.
Parvenir à mentir tout en disant la vérité, un exercice délicat quand on avait dans son groupe un détecteur de mensonges vivant.
Mais en les rejoignant, il oublia instantanément ce dont ils avaient convenu juste avant de rejoindre le reste du groupe.
Parce que devant lui se trouvait Blanche-Neige, sa femme, son épouse, celle qu'il aimait.
Et que contrairement à ce qu'il avait cru jusque-là, il n'allait pas mourir, il n'allait pas la perdre et elle ne le perdrait pas non plus, du moins pas à cause de l'ombrève en tout cas, et il était vivant.
Et il avait bien l'intention de vivre le plus longtemps possible.
Aussi, il fit la seule chose qui lui semblait réellement importante pour lui pour le moment.
Il la serra dans ses bras et l'embrassa.
Le regard que la princesse lui lança ensuite était surpris.
« Hé bien, je… Ouah. Tu sais qu'on n'a été séparés que durant quelques heures pas vrai ?
David se souvint d'à quel point il avait eu peur en réalisant que l'ombrève gagnait de plus en plus de terrain, se rappela qu'il avait frôlé la mort, mais qu'il avait survécu, malgré tout, et lui sourit.
- Pour moi ça m'a paru être une éternité, souffla-t-il.
La brune lui sourit avant de l'embrasser une nouvelle fois.
Quelques secondes plus tard, Regina toussa d'une manière tout sauf discrète, les poussant à se séparer.
- Tout ceci est fort mignon, lança-t-elle d'une voix sarcastique, mais ce qui m'intéresse c'est de savoir ce que toute cette expédition a bien pu donner. Est-ce que vous avez réussi ?
Ils revenaient sans rien alors techniquement ce n'était pas le cas.
Mais ils avaient accompli leur objectif, étaient parvenu à obtenir ce qui était la vraie raison de leur départ, ce qui comptait réellement.
Une chose qu'ils ne pouvaient pas dire, évidemment.
- Malheureusement non, lui rétorqua David, nous n'avons rien nous permettant de lutter contre Peter Pan, je suis navré. Mais… mais ils m'ont sauvé la vie, dit-il en désignant Neal et Killian du regard.
Et si les regards d'Emma et de Blanche-Neige s'emplirent de gratitude et qu'elles les remercièrent aussitôt, Regina haussa un sourcil, ne semblant pas le moins du monde impressionnée.
- Donc si je comprends bien, non seulement tu n'as rien trouvé, mais en plus tu as failli mourir ? C'est…
- Ce qui compte c'est qu'ils vont bien, la coupa Emma, et puis… ça valait le coup d'essayer. Maintenant on sait qu'il est inutile qu'on explore cette piste.
- On devrait avancer, fit alors le pirate afin de changer de sujet, et le reste du groupe l'approuva. »
David aurait sans doute dû se sentir fatigué, et en un sens c'était le cas.
Mais la vérité c'était qu'à cet instant précis il ne s'était jamais senti aussi vivant, et il avait sacrifié sa liberté pour libérer Henry de ses kidnappeurs.
Autant que ça en vaille la peine, autant faire en sorte que ce qu'il avait fait ne l'ait pas été en vain.
A suivre…
Chapter 117: Un dernier espoir.
Notes:
Titre du 19/12/2023 : Un dernier espoir
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… SnK 2 : Annie : Écrire sur quelqu'un qui s'est forgé une carapace ou sur Clyde (Elementary)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Voir que Neal avait délibérément décidé de marcher à côté de lui surprit sans aucun doute Killian.
S'il n'avait pas été celui qui les guidait vers le camp des garçons perdus et qu'il avait juste été au milieu du groupe et pas devant, le pirate aurait pu penser à une coïncidence, quelque chose arrivé par hasard pendant qu'ils marchaient.
Sans parler du fait qu'ils étaient plutôt à l'écart des autres membres de l'expédition, donc qu'il voulait sans doute se retrouver seul avec lui, ce qui n'avait pas le moindre sens à ses yeux.
Et Baelfire aurait pu rester avec les autres, faire en sorte d'être loin de lui le plus possible, pourtant ce n'était pas ce qu'il avait fait.
Pourquoi ?
« Je voulais te dire merci.
Bien, au moins il avait la réponse à sa question.
Le pirate fronça les sourcils.
- Merci ? Merci pour quoi ?
- Pour avoir aidé à sauver le père d'Emma. »
Oh.
Oui ça expliquait pourquoi il préférait être à l'écart, pour que personne d'autre parmi eux n'entende ce qu'il avait à lui dire.
Killian le regarda avec un air confus pendant quelques secondes.
Il l'avait fait non pas par héroïsme ou par altruisme mais parce qu'ils étaient déjà assez peu nombreux comme ça face à la bande d'enfants perdus de Peter Pan et parce qu'ils n'avaient clairement pas besoin de perdre l'un des leurs et que ça aurait miné le moral de tout le monde.
Sans compter que ça aurait été la preuve formelle que l'île pouvait gagner contre eux, leur prendre quelqu'un sans qu'ils ne puissent rien y faire, et il avait déjà perdu Liam auparavant.
Il ne laisserait plus jamais cette île de malheur lui prendre qui que ce soit, à part s'il s'agissait de Rumplestiltskin, mais là il pouvait toujours rêver pour que ça arrive.
Encore que, même pas, il aurait préféré qu'il survive à l'île, parce que si l'immortel devait mourir, il préférait que ce soit de sa main.
Ou de son crochet, c'est selon.
Mais s'il le tuait alors Neal le détesterait à nouveau (si tant est qu'il avait cessé de le faire à vrai dire, parce que les choses étaient peut-être moins orageuses qu'avant entre eux, mais elles restaient malgré tout compliquées), et ce n'était pas ce qu'il voulait.
Ça n'aurait pas dû se passer comme ça.
Il n'était pas censé avoir envie d'abandonner sa vengeance pour un gamin qu'il connaissait à peine.
Sauf que voilà.
Les choses avaient changé.
Le gamin n'en était plus un, le gamin était devenu un adulte, un adulte seul et en colère qui avait retrouvé son père, qui avait réalisé qu'il avait un fils, un adulte qui s'était retrouvé malgré lui de nouveau dans un monde qu'il avait autrefois fui et avec un pirate qu'il détestait.
Un adulte que le capitaine avait appris à côtoyer et à apprécier sans savoir qui il était et dont il s'était amusé à tenter de percer les barrières, sans avoir la moindre idée de cette vérité qu'il s'efforçait de lui cacher.
Jusqu'à ce qu'il finisse par la lui révéler.
Alors oui, désormais, plus rien n'était comme avant.
Ici et maintenant, il avait une chance d'arranger les choses, de réparer cette relation à laquelle il tenait vraiment désormais, parce qu'en un sens…
Oh, en un sens, Neal avait été durant son bref séjour dans la Forêt Enchantée, avant qu'il n'apprenne qu'il s'agissait de Baelfire, la seule personne dont il avait réellement été proche depuis qu'il l'avait abandonné à Peter Pan des siècles plus tôt.
Les membres de son équipage de pirates ne comptaient pas vraiment, et Cora et Regina n'avaient à l'époque (du moins pour la méchante reine. Les choses étaient différentes désormais) été que des alliées dont il se servait et qui se servaient de lui.
Avant il avait eu Milah, Liam, ses parents avant que sa mère ne meurt et que leur père ne les abandonne et autrement…
Il n'y avait absolument personne d'autre.
Ouch.
Et pour peut-être faire les choses bien, il devait renoncer à sa vengeance, accepter le fait que le Ténébreux ne paierait jamais pour ce qu'il avait fait à Milah.
Et il n'était pas certain d'en être capable.
Peut-être devrait-il demander conseil à Regina à ce sujet…
Tu pensais quoi, faillit-il lâcher, que j'allais le laisser mourir ?
Et puis il se souvint du fait qu'autrefois, il l'avait abandonné à Peter Pan sans la moindre hésitation, sans aucun état d'âme, il se rappela des mots qu'ils s'étaient hurlés l'un à l'autre, des paroles cruelles qui ne pourraient jamais être retirées ou effacées, et il comprit que Neal n'avait pas eu tort de penser cela.
Peut-être l'aurait-il fait, autrefois, mais maintenant…
Il ne savait plus en réalité.
Avant il ne serait pas parti en mission suicide pour sauver un gamin qu'il connaissait à peine, même en échange de sa liberté, il serait resté dans sa cellule, sans rien faire, tentant de trouver un moyen de s'évader par ses propres moyens, il était un pirate après tout, l'évasion, il maîtrisait.
Mais les choses avaient changé, il avait changé, et même s'il était là parce qu'il avait passé un marché, il ne pouvait pas nier qu'il voulait non seulement tout faire pour anéantir Peter Pan, mais aussi aider, et…
Oh.
La réalisation le frappa d'un seul coup, sans qu'il ne s'y attendre, vérité qu'il n'était jusque-là pas prêt à admettre.
Il n'était pas venu là uniquement par intérêt, mais parce que l'enfant était le fils de Baelfire, il était là pour le sauver, parce que c'était la bonne chose à faire, même s'il était moins investi que les autres, même si ça lui permettait surtout d'être libre loin de cette maudite cellule du commissariat de Storybrooke.
Il était venu parce que Neal le lui avait demandé.
Si ça avait été quelqu'un d'autre qui était venu, ou si ça avait été un autre enfant, il aurait probablement dit non.
Mais il avait dit oui.
Pourquoi au juste ?
Pour pouvoir être délivré ?
Parce que c'était la bonne chose à faire ?
Parce qu'il haïssait Peter Pan de toutes ses forces, presque autant qu'il détestait le Ténébreux et parce que réduire ses plans à néant était une entreprise plus que satisfaisante ?
Parce qu'il voulait que Neal lui pardonne, pour se racheter de ce qu'il lui avait fait, pour ne pas l'avoir sauvé de ce monstre qu'était son grand-père ?
Peut-être un mélange de toutes ces choses, qui sait…
« Je n'allais tout de même pas le laisser mourir.
Il vit alors Neal le regarder avec une drôle d'expression, un mélange d'étonnement et de perplexité, comme s'il tentait de déterminer s'il était sincère ou non.
Parce que Neal savait, plus que n'importe qui d'autre sur cette île, il savait qui il était, ce qu'il avait fait, comment il était autrefois, et une fois qu'il fut à peu près sûr (il n'était pas Emma après tout, il ne pouvait pas en être certain, même s'il le connaissait) qu'il disait vrai, il sourit.
- C'est vrai, approuva Neal, mais je… Je suis tellement habitué à ce que tu veuilles tuer mon père, et après ce qui s'est passé avec Cora, enfin… c'était la première fois que je te voyais sauver quelqu'un je crois. En dehors de moi quand tu m'as sauvé de la noyade, mais je veux dire… la première fois depuis que je sais la vérité sur qui tu es et ce que tu as l'intention de faire. Alors merci, et merci d'être là, même si tu le fais uniquement pour toi.
Ce n'est peut-être pas entièrement le cas, failli-il laisser échapper avant de se taire.
Il n'en était lui-même pas sûr, alors autant ne rien lui dire.
- De rien… Et en ce qui concerne le fait de tuer ton père ne t'en fais pas je ne vais pas m'y remettre tout de suite, ironisa-t-il, avec son immortalité et sa magie, je serais bien incapable de faire quoi que ce soit contre lui.
En entendant cela, Neal se figea, interdit.
Sa magie.
Évidemment.
Comment n'avait-il pas pu y penser plus tôt ?
Son père était le sorcier le plus puissant qu'il connaissait au monde, en dehors peut-être de Peter Pan, et cette magie avait beau encore lui faire peur, elle était aussi extraordinairement efficace, alors peut-être que…
Il était possible que rien ne soit encore perdu pour David en fin de compte.
Un sourire rayonnant et victorieux se dessina sur son visage et le regard que Killian lui lança en le découvrant après avoir réalisé qu'il s'était arrêté de marcher se fit confus.
- Qu'est-ce qu'il y a ? L'interrogea-t-il, étonné.
- Tu sais quoi Killian ? S'exclama Neal, extatique. T'es un putain de génie.
- Quoi ? Lui rétorqua le pirate, encore plus perdu.
- T'en fais pas, se contenta-t-il de lui dire, je t'expliquerai plus tard. Mais merci. »
Puis il fonça vers son père sans rien ajouter de plus.
Killian fronça les sourcils avant de hausser les épaules et de continuer à avancer sans plus se poser de question que ça.
Mais Neal lui avait souri, l'avait remercié et avait réalisé quelque chose grâce à lui apparemment, même s'il n'avait aucune idée de quoi exactement.
Et cette expression de joie pure, dépourvue de colère ou de méfiance qu'il lui avait lancée, il aurait aimé la voir plus souvent, et elle montrait ce qu'ils auraient pu avoir si les ombres du passé qui se trouvaient encore entre eux avaient fini par disparaître.
Cette sensation était plutôt agréable.
§§§§
De toute évidence, voir son fils lui foncer dessus comme un boulet de canon n'était pas une chose à laquelle Rumplestiltskin s'attendait.
En constatant qu'il était venu pour lui parler, il haussa un sourcil sceptique.
« Neal ? Qu'est-ce qu'il y a, est-ce que tout va bien ?
- Oui, lui assura-t-il, je vais bien ne t'en fais pas.
Il souriait.
C'était… inhabituel et étrange au vu des circonstances.
- Alors quoi ?
Son fils prit une profonde inspiration, reprenant son souffle et reprit son calme, ainsi qu'une expression plus sérieuse et moins enjouée.
- Je me posais juste une question… Si jamais, hypothétiquement bien sûr, quelqu'un était empoisonné par de l'ombrève, et que cette personne était ensuite guérie par l'eau magique, ce qui la forcerait à rester sur l'île pour toujours, est-ce que tu penses que… Est-ce que tu crois qu'avec ta magie ce serait possible de faire en sorte que cette personne puisse… survivre en dehors du Pays Imaginaire malgré tout ? Et en partir ? Tu penses pouvoir trouver un moyen de contourner cette règle ?
Il était le Ténébreux après tout, il restait le maître des entourloupes et des coups tordus, celui qui trouvait toujours la faille là où personne ne la voyait ou qui au contraire en créait et faisait tomber les autres dedans.
En entendant cela, en comprenant ce que cela pouvait impliquer, l'immortel blêmit aussitôt.
Non.
Ça n'avait pas pu arriver à son fils, pas à lui, ça ne pouvait pas être vrai, il…
Il ne pouvait pas le perdre une fois de plus, pas après l'avoir tout juste retrouvé, pas ici, pas maintenant, pas sur cette île qu'ils haïssaient tous les deux et que l'ancien enfant perdu avait passé des siècles à essayer de fuir.
Ça ne pouvait pas être en train de se passer, l'univers ne pouvait pas être aussi cruel.
Il n'en avait pas le droit.
- Tu… Neal est-ce que tu es en train de me dire que… que c'est ce qui est en train de t'arriver ?
Ça aurait expliqué pourquoi lui, le pirate et le prince s'étaient esquivés plus tôt.
Encore que, pas tout à fait.
Si la présence du pirate était inévitable, puisqu'il devait être le seul parmi eux à savoir où se trouvait la source en question, David, lui, ne savait rien de l'île, alors pourquoi…
- Quoi ? Non, non pas du tout, je… Je me demandais simplement ça comme ça, juste au cas où.
Rumplestiltskin lança un regard inquisiteur à son fils.
Il avait beau avoir été séparé de lui pendant près de deux siècles, il savait encore reconnaître quand il lui cachait quelque chose.
- C'est arrivé, pas vrai ? Pas à toi je suppose, mais à quelqu'un d'autre.
Neal soupira, comprenant qu'il ne pouvait plus le lui cacher.
- Ne le dis pas à Blanche-Neige et à Emma, mais… oui. David a été touché par une flèche d'un des enfants perdus durant le combat contre eux.
Le sorcier aurait sans doute dû se sentir coupable d'éprouver du soulagement en réalisant que Baelfire n'était pas en danger, mais ce n'était pas le cas.
Même s'il ne souhaitait nullement la mort du prince Charmant, son fils demeurait comme toujours sa première priorité.
- Je vois.
En un sens, c'était inévitable, c'était même presque un miracle qu'aucun d'entre eux n'ait perdu la vie depuis le début de l'expédition.
- Alors est-ce que ce serait quelque chose de faisable pour toi ? Je ne voudrais pas que… que quelqu'un d'autre doive vivre ce que j'ai vécu, même si on peut voyager plus facilement entre les mondes maintenant, ça ne change rien au fait que cet endroit est un enfer et que Peter Pan est… enfin bref, je ne t'apprends rien.
Son père prit quelques minutes avant de répondre, y réfléchissant longuement.
Après tout, il n'y avait jamais été confronté par le passé, et des antidotes à des poisons, il en avait déjà fabriqué, de même que des poisons, mais réussir à annuler les effets mortels d'un antidote qui ne marchait que dans un endroit et faisait perdre la vie à la personne soignée dans un autre ?
Ça c'était nouveau et inédit, une chose qu'il n'avait encore jamais faite.
Mais…
Il était le Ténébreux, et il sentait qu'il en était capable.
- Oui, finit-il par répondre, mais il faudra emporter une grande quantité d'eau magique pour lui permettre de survivre le temps que je trouve le moyen de le sauver.
Le sourire revint sur le visage du jeune homme.
- C'est super. Merci papa. »
Lorsqu'il le serra dans ses bras, chose qu'il faisait encore rarement depuis qu'ils s'étaient retrouvés, l'immortel se figea, stupéfait.
Peut-être avait-il réussi, enfin.
Peut-être était-il parvenu à regagner la confiance de son fils malgré ce qu'il lui avait fait, à gagner son pardon, tout ça parce que…
Oh.
Oui.
Il avait accepté de l'aider, sans rien demander en échange, sans contrepartie, sans passer le moindre marché, sans faire de contrat, juste parce que Neal le lui avait demandé, et c'était une chose qu'il n'aurait jamais faite auparavant, même quand Belle était à ses côtés dans le château des Ténèbres, c'était une chose qu'il avait pourtant faite sans même y penser.
Parce que son fils était là et parce que cette fois, ça semblait suffisant pour éloigner loin de lui les voix dans sa tête et les ombres inhérentes à la charge de Ténébreux.
Il espérait que ça l'était, parce que c'était une preuve que sa relation avec son fils était en train de s'améliorer.
Et il refusait que l'île lui vole ça.
§§§§
Cette fois-ci, David sut que Neal était là avant même de le voir, ce qui était une amélioration par rapport à la dernière fois, un signe qu'il était redevenu lui-même, un changement plus que bienvenu.
Mais c'était également le rappel constant de ce qu'il avait été forcé d'abandonner pour pouvoir survivre et à chaque fois qu'il pensait au fait qu'il allait finir par devoir avouer la vérité à Emma et à Blanche-Neige, il sentait son cœur se serrer.
Il ne regrettait pas ce qu'il avait fait mais il aurait aimé que les choses se passent différemment.
« Tout va bien ? Demanda-t-il à Neal. Vous avez couru tout à l'heure, il s'est passé quelque chose ?
- Vous n'allez pas mourir, se contenta de lui répondre le père d'Henry.
Le prince se tourna vers lui en lui lançant un regard perdu et confus.
- Je… je le sais ça. Vous et Jones vous m'avez littéralement sauvé la vie. Je ne vais pas mourir à cause de l'ombrève en tout cas, mais par contre je peux très bien mourir sur cette île. Alors je… je ne comprends pas ?
- Vous n'allez pas mourir si vous quittez cette île, précisa-t-il, et cette fois son interlocuteur lui jeta un regard mi-stupéfait, mi-rempli d'espoir.
- Comment ça ?
- J'ai parlé à mon père, et il se trouve qu'il peut faire en sorte que… que les effets de l'eau ne soient pas irréversibles, qu'il soit possible pour vous de partir sans mourir, une fois qu'on sera rentrés à Storybrooke il pourra faire quelque chose pour que vous ne mourriez pas. Il faudra juste qu'on emporte le plus d'eau possible avec nous le temps que ce soit fait.
- Alors, je… je vais vivre ? Je vais pouvoir partir d'ici, je ne vais pas être obligé d'être séparé de ma famille ?
- Oui. Enfin, on doit d'abord sauver Henry et Wendy pour ça, mais… ça va aller. On va arranger ça.
- Merci. Une fois de plus. (Puis il se mit à sourire.) J'en déduis que votre père n'a vu aucun inconvénient à nous aider vu que je ne vous ai pas entendu énoncer de conditions quant à son aide.
- Exact.
- C'est… si on m'avait dit avant la malédiction que Rumplestiltskin m'aiderait sans rien demander en échange, je ne l'aurais pas cru.
- Moi non plus, admit Neal, il m'a promis de changer mais malgré ça je n'aurais jamais cru que ça puisse devenir vrai.
- Il était différent, avant, approuva Charmant, et maintenant que je sais pourquoi il a fait… tout ce qu'il a fait, pour vous retrouver, peut-être qu'une partie de ce qu'il faisait n'était pas vrai, pas totalement, mais… il passait des marchés dès qu'il en avait l'occasion, et le fait qu'il ne l'ait pas fait cette fois prouve qu'il est vraiment en train de changer, qu'il fait de son mieux. »
Au vu du sourire qui venait d'apparaître sur le visage de Baelfire, il était d'accord avec ça, et David en fut heureux.
Il ne connaissait que peu l'ancien petit-ami d'Emma, et il lui avait fait du mal, oui, mais elle semblait l'avoir pardonné et il avait tout fait pour lui sauver la vie et l'empêcher de rester prisonnier de cette île de malheur.
Et il connaissait son passé, un passé douloureux et bien trop semblable à celui de la Sauveuse.
Il méritait d'être réuni à sa famille, de ne plus avoir peur que son père redevienne un monstre.
§§§§
Killian aurait vraiment aimé comprendre.
Parce que ça n'avait pas le moindre sens.
Pour le moment, tout allait mal, Henry était toujours hors de portée, et même si le prince Charmant survivrait malgré sa blessure et le poison de l'ombrève, il devrait payer un prix terrible.
Alors dans ce cas-là…
Pourquoi souriait-il ?
Son sourire était plus discret désormais, mais il était bien là, et il aurait aimé comprendre, comprendre aussi pourquoi il était parti d'un seul coup sans rien lui expliquer.
Il s'était passé quelque chose, mais il ne parvenait pas à déterminer quoi, quelque chose qu'il avait dit et qui lui avait fait réaliser quelque chose, quelque chose d'important apparemment, quelque chose qui le faisait sourire malgré l'ambiance morose de leur groupe.
Et le voir sourire était improbable, encore plus en sachant que c'était grâce à lui a priori, mais aussi en même temps assez réconfortant.
Un peu comme autrefois, quand il vivait à bord de son navire, avant qu'il ne découvre toute l'étendue de ses mensonges, de sa trahison et de ses manipulations, même si plus rien n'était pareil.
Parce que Neal n'était plus Baelfire, qu'il n'était plus seulement le fils de Milah à ses yeux, non, il était devenu proche de lui, peut-être même un ami, et s'il ne pouvait pas récupérer ce qu'il avait perdu autrefois, il pouvait peut-être construire autre chose, quelque chose de plus durable.
Quelque chose de vrai.
Et ce, tout ça parce qu'il l'avait vu sourire et que ça lui avait rappelé qu'autrefois il ne le détestait pas, il n'était pas en colère contre lui.
Parce que peut-être, juste peut-être, il avait envie de changer pour lui, de faire ce qu'il n'avait jamais fait autrefois, quand la colère et la haine contre le crocodile étouffaient encore son cœur, à l'époque où être une famille était une impossibilité totale pour eux deux et que c'était de sa faute.
Merde.
Il commençait sérieusement à envisager de renoncer à sa vengeance.
Ce n'était pas prévu ça…
A suivre…
Chapter 118: Perdus au milieu de nul part.
Notes:
Titre du 01/05/2024 : Perdus au milieu de nul part
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects d'… Arsène Lupin 2 : L'Aiguille creuse : Écrire sur un personnage qui vit ou se cache dans un lieu extraordinaire ou sur Adora (She-Ra)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
« Est-ce que je vais finir par avoir droit à des explications ou bien tu vas continuer à entretenir le mystère sans rien me dire ? »
Neal sursauta et se surprit lui-même de ne pas être surpris en constatant que c'était Killian qui était venu lui parler, à force ça commençait presque à devenir une habitude ces petites discussions impromptues durant leurs moments de pause ou en marchant, en lien ou non avec leur quête, c'en était presque devenu… naturel en un sens.
Il savait bien qu'il aurait sans doute dû éviter de lui parler le plus possible, l'éviter à cause de qu'il lui avait fait autrefois et de cette vengeance qu'il poursuivait toujours, mais il était fatigué d'être en colère.
Et au moins, il n'y avait plus de mensonges, de secrets se dressant entre eux, d'un côté comme de l'autre.
Alors ici et maintenant, il pouvait faire semblant, faire comme si ça ne comptait pas, comme si ça n'existait pas, comme si ça n'avait aucune importance alors que ça maintenait entre eux un fossé infranchissable.
Cette pensée n'aurait pas dû être si douloureuse à envisager.
Alors que le pirate s'asseyait à côté de lui, l'ancien enfant perdu surprit le regard méfiant de son père, de toute évidence, le Ténébreux n'appréciait pas que son ennemi discute avec son fils, mais il ne dit rien.
Tant mieux, il avait déjà assez de choses à gérer comme ça pour ne pas en plus avoir à s'occuper de son père surveillant ses fréquentations…
De quoi est-ce que tu parles ? Faillit-il lui demander, avant de se souvenir.
Oui, le moment où il avait compris que son père pouvait peut-être régler le problème du grand-père d'Henry et était parti sans se retourner et sans rien lui expliquer.
« Oh. Oui, c'est vrai.
- Alors ?
Le regard du capitaine Crochet était empli de curiosité.
- Hé bien il se trouve que mon père est le Ténébreux. Et que donc il utilise la magie et j'ai réalisé que même si sa magie n'était pas comme celle du Pays Imaginaire, il est probablement assez puissant pour réussir à contrer le fait de devoir rester sur l'île en ayant été soigné par son eau enchantée après avoir été empoisonné par de l'ombrève, alors je le lui ai demandé, et… il pense qu'il peut le faire, conclut-il avec un sourire triomphant. Il pense que David pourra partir et éviter de mourir une fois que toute cette histoire sera réglée. »
Si tant est qu'elle le soit jamais et qu'ils parviennent à gagner, mais ils en avaient tous les deux bien conscience alors pas la peine de le dire à voix haute…
Killian, bien qu'assis, se sentit vaciller et comme pris de vertiges.
Ça signifiait donc que…
Que…
Que…
Que…
Oh seigneur Dieu.
Est-ce que ça voulait dire qu'en fin de compte, s'il avait su quel prix son frère devrait payer en quittant l'île, il aurait pu trouver un moyen de le sauver en demandant l'aide d'un sorcier suffisamment puissant pour être capable d'une telle prouesse ?
Liam aurait pu, dans d'autres circonstances, ne pas mourir.
Dommage qu'il ne l'apprenne que maintenant, au moment où il était déjà trop tard pour le sauver…
En croisant son regard empli de désolation, le sourire de Neal s'effaça aussitôt.
« Tu penses à ton frère, pas vrai ? Au fait que les choses auraient pu être différentes si… enfin… si tu avais su à l'époque qu'il ne pouvait pas partir sans mourir, et qu'il existait un moyen pour qu'il s'en aille en toute sécurité, aussi difficile soit-il à trouver. »
Killian le regarda avec un air stupéfait.
Il le connaissait bien.
Il le connaissait vraiment bien, presque trop bien même, en fait c'était probablement la personne qui le connaissait le mieux en ce monde à l'exception peut-être de Regina, au point où c'en était presque terrifiant.
Pas besoin de mots, juste une simple expression avait suffi pour qu'il comprenne à quoi il était en train de songer, quel genre de regret était en train de le tourmenter alors même qu'il n'avait rien dit.
Regina aurait très certainement compris elle aussi, et les autres membres de l'expédition aussi, peut-être, ils connaissaient l'histoire de la tragique perte de son frère après tout, mais sans doute n'auraient-ils pas compris aussi rapidement et pas sans indices.
Alors que Neal l'avait fait, lui.
Ça avait un côté étrangement… réconfortant.
Cette sensation de ne plus être seul, d'être compris.
C'était une chose qui lui avait manqué après la mort de Liam, puis après la mort de Milah et durant ces longues années de solitude au Pays Imaginaire après avoir abandonné Baelfire et il était ironique que ce soit précisément dans ce lieu maudit et avec lui qu'il finisse par réaliser qu'il n'était plus seul.
Qu'il pouvait ne plus l'être, qu'il avait une chance.
Mais devant lui se trouvait le Ténébreux et avec lui, la colère, le désir de vengeance, la rage, le cœur de Milah réduit en cendres et l'injustice de sa mort, et…
Ce n'était pas le bon moment.
Et il ne savait même pas s'il y en aurait jamais un un jour.
« Oui, confirma-t-il. J'aurais aimé… Il eut un sourire triste. Ça n'a plus d'importance désormais.
- Je suppose que non, approuva Neal, et… je suis désolé. Que tu ais dû en passer par là. Que tu ais perdu deux personnes que tu aimais et que mon père et mon grand-père en soient responsables. À croire que ma famille a décidé de te pourrir la vie…
Il eut un rire faussement joyeux qui ne parvint pas à cacher son amertume et sa tristesse, et à son tour, le pirate se douta de ce à quoi il était en train de penser, au fait que sa famille était constituée en partie de monstres.
- Pas toute ta famille, le corrigea-t-il en le regardant et Neal sourit. »
Il pensait à Milah, bien sûr.
Mais pas seulement.
(En fait il y pensait même de moins en moins, presque comme s'il la laissait finalement partir, après tout ce temps à la pleurer, et c'était effrayant, et en même temps la preuve que, près de deux cents ans après, il était enfin capable de passer à autre chose.)
Aussi, quand ils durent se lever et repartir, il ne put s'empêcher de regretter que cette conversation n'ait pas duré plus longtemps.
§§§§
Henry aurait aimé pouvoir s'enfuir.
Partir loin de ce camp, loin de Félix et de son regard cruel, loin de l'ambiance sombre et malsaine de l'île, loin des ténèbres, loin de tous ces enfants qui n'avaient jamais voulu être là ou qui avaient été piégés, aux yeux effrayés ou qui au contraire semblaient avoir fait leur choix, semblaient avoir choisi l'île et Peter Pan.
Mais il ne pouvait pas.
Il ne savait pas où aller, ne pouvait pas aller bien loin, et il était seul, il ne pouvait pas utiliser la magie pour fuir et surtout Peter Pan savait voler.
Même s'il avait pu se cacher quelque part, son arrière-grand-père n'aurait pas mis bien longtemps avant de le retrouver.
Il connaissait cet endroit bien mieux que lui, et il était évident que son ombre n'aurait aucune difficulté à le traquer et à le trouver.
Alors pour l'instant, il devait attendre.
Attendre et espérer un miracle, attendre que sa famille vienne le chercher et le retrouve, attendre d'être sauvé parce qu'il ne pouvait pas faire autrement et qu'il ne pouvait pas croire autre chose également.
Ses mères, son père et tout le reste de sa famille allait arriver, bientôt, et ils le sauveraient, il le savait, il en avait la certitude, il y croyait de tout son cœur.
Parce qu'après tout, comme il l'avait déjà pensé et dit à de nombreuses reprises, dans sa famille, ils se retrouvaient toujours.
Il ne pouvait pas en être autrement.
Et malgré l'espoir qui était toujours là, il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur.
Peur de ce qui allait advenir, peur parce qu'il n'avait aucun moyen de contacter les siens, et qu'il ne savait même pas s'ils étaient là ou non et si c'était le cas, où ils pouvaient bien être au juste en ce moment.
La seule chose qui le réconfortait, qui lui permettait de ne pas paniquer, c'était la certitude qu'aucun d'eux n'était mort.
Si ça avait été le cas, Peter Pan le lui aurait fait savoir depuis bien longtemps, il le voulait seul et isolé, désespéré, et quelle meilleure manière de le faire qu'en lui arrachant ceux à qui il tenait plus que tout ?
Alors ils étaient vivants, tous, forcément.
Quant à savoir s'ils allaient bien, ça, c'était autre chose…
Lui-même n'allait pas bien.
Il ignorait depuis combien de temps il était retenu là, mais ça faisait déjà un certain temps de toute évidence, et ce n'était a priori pas près de s'arrêter, et il ne savait pas encore vraiment ce que Peter Pan allait faire de lui mis à part le fait qu'il voulait l'utiliser, il avait peur et il ne pouvait pas s'enfuir et il aurait aimé pouvoir faire plus.
Il avait peur des enfants perdus, oui, de la plupart d'entre eux du moins, de Félix et des autres, de ceux aux yeux sombres qui le surveillaient et le gardaient, ceux qui obéissaient à Pan sans la moindre hésitation, et peut-être y avait-il parmi eux certains ayant côtoyé son père autrefois, peut-être qu'ils faisaient partis de ceux qui lui avaient fait du mal par le passé.
Mais il y avait aussi les autres.
Il y avait ceux qui avaient peur comme lui, ceux qui avaient été enlevés ou qui, comme Wendy, avaient voulu découvrir un monde magique et qui avaient vite déchanté en réalisant qu'ils ne pouvaient plus partir et que rien n'était comme ils l'imaginaient et Henry ne pouvait pas s'empêcher de se demander pourquoi.
Pourquoi est-ce qu'après avoir réalisé qu'ils n'étaient pas le garçon qu'il cherchait, qu'ils ne correspondaient pas au dessin, pourquoi ne les avaient-ils pas laissés repartir de là où ils venaient au lieu de les garder prisonniers ?
Par simple cruauté, pour les gagner à sa cause, pour se constituer une armée, ou bien pour les envoyer se battre contre de potentiels ennemis en pensant qu'ils auraient des scrupules à affronter ce qui semblait être des enfants ?
Quelle importance après tout.
La nuit, quand l'île se faisait encore plus sombre, que le vent soufflait fort et qu'ils étaient en train d'essayer de dormir, il les entendait.
Ils pleuraient la nuit, ils voulaient partir, quitter ce monde infâme, ils voulaient fuir mais ne le pouvaient pas, à cause des autres enfants, à cause de Félix, à cause de Peter Pan, et ils étaient comme lui.
Ils voulaient seulement rentrer chez eux, retrouver leur famille, et quand il pensait au fait que malgré leur apparence enfantine, une bonne partie d'entre eux voire peut-être tous n'avait plus de famille dans le monde d'où ils venaient depuis le temps qu'ils se trouvaient là, Henry se trouvait soudainement pris de vertige.
Il savait en théorie que son arrière-grand-père était immortel même s'il avait encore une apparence d'adolescent, il savait également que Félix et tous les autres garçons perdus étaient bien plus vieux que lui et que ça n'aurait pas dû l'étonner ou le surprendre.
Mais il n'avait que dix ans.
Il ne pouvait s'empêcher de se demander comment son père avait réussi à survivre au milieu de tout ça pendant si longtemps à seulement quatorze ans.
Et il avait le sentiment de s'être retrouvé dans quelque chose de bien trop grand pour lui et il aurait voulu pouvoir aider ces enfants, leur dire que tout irait bien, leur promettre qu'il trouverait une solution, que sa famille allait venir et les sauver.
Mais il ne pouvait pas être sûr que ce serait le cas.
Et c'était bien ça qui lui faisait tellement peur.
Bien sûr, avant cela il n'avait jamais été sûr de quoi que ce soit, pendant la malédiction et lors de son séjour dans la Forêt Enchantée il avait été persuadé que tout s'arrangerait tout en sachant que tout pouvait mal tourner d'un moment à l'autre.
Lorsque Cora était arrivée il avait eu peur, mais il n'avait jamais réellement perdu espoir.
Mais maintenant…
Oh maintenant la peur lui nouait les entrailles et il n'était pas sûr que cette fois…
Qu'ils parviendraient à l'emporter.
Alors il ne pouvait rien leur dire, il n'avait aucune assurance que tout irait bien, qu'ils parviendraient à avoir leur fin heureuse cette fois-ci.
Et tout était différent, parce que c'était lui qui était concerné, lui que sa famille allait tenter de sauver, lui que Peter Pan avait chargé Jean et Michel d'enlever, lui qui était en danger et prisonnier des garçons perdus actuellement.
Si jamais quelqu'un mourait, ce serait en ayant tenté de le sauver et il ne voulait pas porter un tel poids sur les épaules.
Ici et maintenant, il comprenait encore mieux à quel point il avait pu être stupide et imprudent quand il était parti seul pour la Forêt Enchantée sans même savoir vers quoi il se dirigeait et ce qui l'attendait.
Mais ça avait été son choix, alors que ça…
Il n'avait jamais voulu que ça arrive.
Et il avait le cœur du plus pur des croyants.
Quoi que ça veuille réellement dire, Peter Pan n'avait pas pris la peine de réellement le lui expliquer en détail.
Ça devait l'amuser de le laisser dans le flou, de lui donner juste assez d'éléments pour comprendre qu'il avait un plan sans pouvoir déterminer de quoi il s'agissait au juste.
L'ordure.
Mais s'il disait vrai, ça expliquait pas mal de choses, et d'un seul coup, le fait qu'il avait tout de suite cru à l'existence de la magie et au fait que la malédiction était réelle prenait tout son sens en un instant.
Mais ça ne signifiait pas qu'il voulait écouter ce qu'il avait à dire, si tant est qu'il voulait l'utiliser, se servir de lui ou le manipuler, et le connaissant ce serait très certainement le cas.
Il devait à tout prix rester sur ses gardes.
C'était Peter Pan, l'homme qui avait abandonné son fils pour devenir immortel, celui qui avait enlevé son propre petit-fils et avait bousillé sa vie, et il l'avait enlevé.
Il ferait tout pour tenir, le temps qu'il faudrait, le temps que mettrait sa famille à venir le chercher.
S'il avait réellement le cœur du croyant le plus pur, alors il ne lui restait plus qu'une chose à faire.
Croire, de toutes ses forces, et espérer que sa croyance finisse par devenir une réalité.
A suivre…
Chapter 119: Quand le passé refait surface.
Notes:
Titre du 07/11/2022 : Quand le passé refait surface
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Quatre aspects de… Pat (Mes vrais enfants) : Ça ne sera jamais : Écrire sur quelqu'un qui refuse une demande en mariage ou sur Emma Swan (OUAT)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Et j'irai pas à la fac l'année prochaine parce qu'apparemment l'univers me hait et que je suis nulle.
Fuck.
Edit : Et j'emmerde le monde, putain quelle semaine de merde.
Chapter Text
Quand toute cette histoire avait commencé, Emma savait d'avance qu'elle allait beaucoup marcher, la téléportation ne servant rien puisqu'elle ne pouvait leur permettre de se déplacer que dans un endroit connu et connaissant Peter Pan, il avait sans doute fait en sorte que son camp leur soit inaccessible de cette manière.
Mais elle n'aurait jamais pensé que ce serait autant ou même que ce serait si long.
Aussi, elle accueillit leur prochaine pause, pour dormir cette fois, avec un soupir de soulagement.
Et de toute évidence, elle n'était pas la seule.
Seulement, en voyant l'expression sur le visage de Neal quand il réalisa où ils s'étaient arrêtés pour faire cette pause, non loin d'une caverne dans laquelle ils pourraient s'abriter, elle se figea, étonnée, avant de froncer les sourcils.
De tout évidence, ce lieu lui rappelait des souvenirs (elle ne voyait pas ce que ça pouvait être d'autre, ce n'était pas comme s'il avait vu Peter Pan ou des enfants perdus sur le point de les attaquer) et pas des bons apparemment.
(Mais après, avait-il retiré quoi que ce soit de positif de son séjour sur l'île ?
Elle en doutait.)
Sur le visage du pirate, il y avait la même expression, lui aussi devait probablement reconnaître l'endroit, supposa-t-elle.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle à son ami. Il y a un problème ?
- Je… C'est là que je vivais. Avant. »
Elle le regarda avec un air stupéfait avant de réaliser que dans le fond ça n'aurait pas dû la surprendre.
Vu l'aspect désolé et dépourvu d'habitations de l'île, elle ne pouvait pas s'attendre à autre chose et pourtant ça ne l'empêcha pas de ressentir une immense détresse en pensant à l'adolescent de quatorze ans qu'il était alors et qui avait dû vivre dans cet endroit vide et froid sans personne ne soit là pour le protéger.
Elle savait ce que ça faisait, elle avait vécu cette situation elle aussi, et elle avait bien conscience de ce qu'il avait enduré mais il y avait une grande différence entre le savoir et l'avoir directement sous ses yeux.
Il avait vécu là, tout seul, pendant des décennies, en fuyant les enfants perdus et leur cruauté et elle se sentit incroyablement reconnaissante vis-à-vis de Clochette quand elle se rappela que la fée avait fait tout ce qu'elle pouvait pour l'aider et le protéger.
Contrairement à d'autres…
Elle regarda le pirate qui, au moins, affichait un air coupable, de même que le Ténébreux, après tout c'était eux les responsables de cette situation, avec Peter Pan et oh comme la Sauveuse aurait aimé pouvoir lui flanquer son poing dans la figure pour effacer ce maudit sourire arrogant de son visage et venger son ex, au moins un tout petit peu.
Il avait vécu ici, survivant par ses propres moyens et il était resté seul pendant tellement longtemps que le simple fait d'y penser lui brisait le cœur.
Ils avaient vécu les mêmes choses, enduré les mêmes épreuves, et elle comprenait beaucoup mieux désormais pourquoi il n'avait eu aucun mal à la comprendre à l'époque.
Ça rendait le fait qu'il avait quant même décidé de l'abandonner encore plus douloureux.
« Je suis désolée, fit-elle, sincèrement. Je suis tellement désolée.
Il tenta de lui envoyer un sourire rassurant mais elle voyait bien que le cœur n'y était pas.
- Ça va aller, je… je vais gérer t'en fais pas.
- Tu es sûr ?
- Oui, affirma-t-il, mais son sourire manquait clairement de conviction et il serrait les dents et les poings alors elle avait un peu de mal à y croire.
- On peut s'arrêter ailleurs sinon si tu veux, proposa-t-elle.
- Non, refusa-t-il, tout le monde a besoin de se reposer et… et moi aussi d'ailleurs. Autant dormir dans un endroit à peu près protégé et à l'abri du vent. Et là-bas au moins, Peter Pan ne pourra pas m'atteindre plus qu'il ne le fait déjà, lâcha-t-il avec amertume.
- Okay, acquiesça-t-elle en hochant la tête avant de le suivre dans la caverne. »
Elle ne manqua pas la manière dont les visages de Jean et Michel Darling s'étaient assombris en découvrant les lieux, en apprenant que c'était ici qu'il avait vécu durant presque tout ce temps.
C'était à ça qu'ils avaient échappé, c'était pour qu'ils ne connaissent jamais un sort aussi funeste qu'il avait sacrifié sa liberté, pour eux et pour Wendy, pour qu'ils soient en sécurité et jamais ils ne pourraient suffisamment le remercier pour ça, pour ce qu'il avait abandonné pour que leur famille ne soit pas brisée au delà de toute réparation.
Et pourtant ça n'avait rien changé, ça n'avait servi à rien, ça n'avait pas été suffisant et ce n'était même pas de sa faute.
C'était ça qu'ils auraient pu vivre, endurer, c'était ce que leur sœur était forcée de subir depuis des siècles, et ils se demandèrent tous deux brièvement si elle dormait et vivait dans un endroit semblable à cette grotte, quelque part ailleurs dans un endroit de l'île qui leur était encore inaccessible.
Et une fois de plus, comme toujours depuis qu'elle leur avait été enlevée, les deux frères ne purent s'empêcher de se demander si elle allait bien, si elle aussi elle se trouvait seule et un sens ils préféraient presque, parce que l'alternative, la possibilité que Pan ou un des garçons perdus tel que Félix se trouve avec elle, était tout sauf rassurante ou réconfortante.
Ils voulaient juste la sauver.
La ramener chez eux, s'assurer qu'elle était en sécurité, lui donner la vie qu'elle n'avait jamais pu avoir, lui redonner l'existence qu'on lui avait volée, tenir cette promesse (même au-delà de la mort) faite à leurs parents de la retrouver un jour et de la ramener à la maison.
Cette vision ne fit que renforcer leur douleur en plus de leur détermination.
Ils sauveraient Wendy de cet enfer.
Quoi qu'il arrive.
§§§§
L'endroit était tellement vide.
Emma était honnêtement surprise que personne ne s'y soit installé durant l'absence de Baelfire et depuis son départ, après tout il ne devait pas être le seul à vouloir fuir loin du camp des garçons perdus.
Pourtant, il était évident que personne n'habitait là depuis au moins des années.
Et d'après ce qu'elle savait, il était parti quand il avait quatorze ans, soit une quinzaine d'année plus tôt, ce qui collait plutôt bien.
« Tu as toujours été seul ici ? Lui demanda-t-elle alors qu'autour d'eux les autres commençaient à s'installer.
- Oui. Ce n'est pas vraiment comme si l'île était surpeuplée en dehors de Pan, de son ombre, des enfants perdus, des pirates ou de moi.
- Ce n'est pas ce que je… Il n'y a jamais eu aucun autre enfant à venir ici au cours de ton séjour dans cette caverne ? Pas un seul ? Pas une fois ?
Il fronça les sourcils, tentant de se rappeler.
- Non, affirma-t-il. Jamais.
- Ils sont tous restés au camp des garçons perdus ?
- Pour autant que je sache, oui. Je n'en ai jamais croisé qui soit seul, je faisais tout pour les éviter mais quand je les entendais ou que je les voyais, ils étaient toujours en groupe. Pourquoi ?
- Alors ça veut dire que, jusqu'à preuve du contraire, tu… tu es le seul à avoir réussi à fuir de ce camp alors que tous les autres sont restés prisonniers même s'il est probable qu'ils aient, pour certains, tenté de fuir, pas vrai ?
Neal se figea, stupéfait et ils comprirent tous les deux au même moment ce qu'elle impliquait.
Oui, s'enfuir n'avait pas été facile pour lui, loin de là, et il était resté longtemps parmi eux, il avait souffert aux mains des enfants perdus, merde, il avait été torturé, mais…
Oui.
Il était parvenir à partir, là où tous les autres avaient échoué, du moins il n'avait jamais entendu d'exemple d'enfant qui avait réussi à fuir avant ou après lui, alors…
Alors…
- Donc ça confirme ce qu'il m'a dit, réalisa-t-il, soudain devenu blême, il a vraiment toujours eu pour projet de me laisser partir.
- J'en ai bien peur.
- Tout ça pour ça… Depuis le début tout ce que j'étais pour lui c'était un instrument pour qu'il puisse avoir ce qu'il veut. Avoir Henry… et on ne sait toujours pas ce qu'il veut faire de lui. »
Emma aurait aimé pouvoir le réconforter, lui prouver que ce n'était pas parce que son grand-père avait réussi à mener à bien ses plans jusque-là que ça allait continuer, lui dire quelque chose qui compte et qui ne sonne pas creux ou vide, faire disparaître la tristesse et la peur de ses yeux.
Mais elle ne le pouvait pas.
Parce qu'il n'y avait rien à dire.
§§§§
Ce ne fut qu'après s'être installée qu'elle prit pour de bon le temps d'observer la caverne, et si l'endroit en lui-même était vide et sans âme, ce n'était pas exactement le cas des murs.
Elle constata qu'elle n'était pas la seule à l'avoir remarqué, et ses yeux s'écarquillèrent de surprise en remarquant les dessins qui étaient représentés.
Il y avait des choses qu'elle ne comprenait pas vraiment, et qu'elle supposa être des éléments liés à la navigation et à ce que Crochet avait pu lui enseigner quand il se trouvait encore sur le Jolly Roger avec lui et son équipage, et d'ailleurs le sourire qu'afficha le pirate en les voyant le lui confirma.
« Tu t'en es souvenu ?
Non seulement il s'en était rappelé, mais il avait décidé de l'inscrire, de le représenter, de le graver dans le marbre (enfin dans la pierre), pour ne pas oublier, et c'était d'ailleurs avec les représentations des Darling l'une des seules choses qu'il avait dessinées en dehors des bâtons signifiant le passage (artificiel) du temps.
Et même s'il l'avait très probablement fait seulement pour des raisons pratiques, afin de trouver un jour le moyen de s'échapper grâce à ce qu'il avait appris grâce à la navigation, il ne put s'empêcher de se sentir heureux de savoir qu'il l'avait fait.
De savoir que ce qui avait résulté de son bref séjour sur le Jolly Roger n'avait pas eu que des conséquences négatives.
Neal haussa les épaules, comme si ce n'était rien, comme si ça n'avait pas la moindre importance.
- Il fallait bien que ça me serve à quelque chose et que tu ne me l'ais pas appris pour rien, non ? Ironisa-t-il.
Son ton était bien moins mordant qu'il n'aurait dû l'être et le pirate le comprit bien puisqu'il éclata de rire et Neal se mit alors à sourire, amusé.
Puis son cœur rata un battement.
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce qu'il se sentait aussi improbablement et stupidement heureux de l'avoir fait rire au juste ?
Ça n'avait pas de sens.
Pourtant, Killian riait, sans doute pour la première fois depuis un bon moment, et Neal, sans savoir pourquoi, sans vouloir le comprendre, voulait à nouveau l'entendre rire, dans d'autres circonstances, loin de cet enfer, il voulait…
Il ne savait pas ce qu'il voulait mais il savait qu'il n'aurait jamais dû le vouloir et il frémit.
Bordel.
Mais qu'est-ce qui était en train de lui arriver bon sang ?
§§§§
Il fut rapidement sorti de ses pensées par une réflexion d'Emma, alors que les autres étaient pour une grande partie d'entre eux endormis désormais.
Elle était fatiguée elle aussi, mais elle voulait encore discuter un peu avec lui.
« Tu… tu dessines vraiment bien, remarqua-t-elle, admirative.
Non seulement les dessins étaient beaux, mais en plus, ils étaient également (du moins en ce qui concernait Jean et Michel, elle n'avait jamais rencontré les parents Darling ou Wendy) ressemblants, et malgré le passage du temps elle pouvait clairement identifier les deux frères.
Elle n'avait jamais su qu'il savait dessiner.
En fait, il y avait beaucoup de choses à son sujet qu'elle n'avait jamais sues, et ses talents de dessinateur en faisaient parti et elle réalisa avec tristesse qu'elle aurait aimé le savoir, en savoir plus sur lui, le connaître mieux.
Mais en fin de compte, ils avaient passé si peu de temps ensemble comparé au reste de leurs vies (surtout comparé à la longueur de la sienne) qu'ils se connaissaient l'un l'autre assez peu.
Le manque de temps n'était pas seulement à blâmer, bien sûr, il y avait le fait aussi qu'ils s'étaient ouverts l'un à l'autre sur certaines choses et pas d'autres, et autant pour la magie, la Forêt Enchantée, le Pays Imaginaire et son passé, elle pouvait parfaitement comprendre, mais ça…
Ça c'était bien plus banal et anodin, pourtant il ne lui en avait jamais parlé, elle ne l'avait même jamais vu dessiner de tout le temps qu'ils avaient passé ensemble, sans doute en avait-il perdu l'habitude après avoir quitté le Pays Imaginaire.
Et c'était seulement un détail mais aussi une preuve.
La preuve qu'elle n'était pas la seule à porter un masque à l'époque, à faire semblant, à avoir érigé des murs pour se protéger, parce que même s'ils étaient devenus proches, même s'ils étaient tombés amoureux, il y avait des choses qu'ils ne s'étaient pas dites, par manque de temps ou parce qu'ils n'y avaient tout simplement pas pensé ou peut-être parce qu'une part d'eux ne faisait pas confiance entièrement à l'autre.
- Merci.
Il n'ajouta rien de plus, et quand le regard d'Emma tomba à nouveau sur les bâtons qu'il avait dessinés et qui étaient bien moins nombreux qu'ils n'auraient dû l'être en toute logique, elle le regarda avec tristesse.
- Quand est-ce que tu as arrêté ?
Il la regarda avec un air surpris avant de voir ce qu'elle était en train d'observer et il soupira.
- Quoi, de compter les jours ? Enfin, si on peut vraiment parler de jours ici… Je… je ne sais plus vraiment. Assez vite je dirais. Quand… quand j'ai fini par perdre espoir, que j'ai fini par me dire que je n'arriverais jamais à m'enfuir et que ça ne servait plus à rien. »
Elle aussi avait été une prisonnière.
Mais au moins, sa peine avait une durée limitée qu'elle connaissait à l'avance et elle savait pourquoi elle était là.
Alors que lui avait passé des années à se demander pourquoi et à ne pas savoir s'il pourrait un jour s'enfuir.
Ça avait dû être abominable.
Plus elle en apprenait sur Peter Pan, plus elle sentait monter en elle l'envie de le tuer, de le détruire jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui.
Et le pire dans tout ça c'était que cette pensée ne lui faisait pas le moins du monde peur.
§§§§
Neal savait qu'il était censé dormir.
Et il allait le faire, mais avant cela…
« Est-ce que tu l'as fait exprès ? De passer par là je veux dire.
Le pirate, qui étudiait la carte donnée par Pan, releva la tête et lui lança un regard confus avant de comprendre ce qu'il entendait par là.
- Non. J'ai seulement suivi le plan et le tracé de la carte, rien de plus, je ne savais pas qu'on allait arriver ici, jusqu'à… cet endroit. Je ne sais pas si c'est le hasard, l'île ou Peter Pan qui sont responsables, mais en tout cas, ce n'est pas moi. »
Neal ne l'aurait probablement pas cru avant.
Mais les choses avaient changé, et maintenant…
Maintenant il avait envie de lui faire confiance.
C'était sans doute stupide, surtout vu leur passif, et après ce qu'il lui avait fait, mais le pirate n'avait jamais menti sur ses intentions, n'avait jamais prétendu qu'il ne voulait plus tuer son père, et depuis qu'ils s'étaient revus il ne lui avait pas menti d'après ce qu'il savait.
Et il les aidait, faisait tout pour les garder en vie et pour qu'ils trouvent enfin le camp et Henry.
Et surtout, Crochet pouvait changer.
Peut-être.
Son père avait changé, de même que Regina, et même s'il ne semblait pas en avoir l'intention, c'était une chose qui pouvait se produire.
Il l'espérait du moins.
Il l'espérait si fort.
Et cet espoir était plus douloureux qu'autre chose parce que s'il se révélait vain, il ne savait pas s'il pourrait s'en relever cette fois, s'il pourrait lui faire confiance à nouveau.
Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était croire, croire et espérer que Killian Jones abandonnerait enfin sa vengeance contre son père.
« Je suis désolé, reprit le capitaine Crochet, pour… pour tout ça. Je suis sincèrement désolé de… de ce que j'ai fait. De ce que tu as vécu à cause de moi, de Pan, de ton père, je… J'aurais dû faire mieux que ça, faire d'autres choix. Et je suis désolé. »
Il s'était déjà excusé, avant.
Mais désormais Neal n'était plus aussi en colère qu'avant, il était en mesure d'accepter ses excuses.
Il ne parla à aucun moment du sujet qui lui faisait tellement peur et peut-être que s'il n'en parlait pas, de cette vengeance sanglante qu'il pourchassait depuis tellement d'années et à laquelle il ne semblait pas prêt à renoncer, les choses iraient mieux, presque comme si ignorer le problème allait finir par le faire disparaître.
Après tout, rester dans le déni était tellement plus simple.
A suivre…
Chapter 120: Affronter ses démons.
Notes:
Titre du 21/05/2024 : Affronter ses démons
Vierge : Killian Jones (OUAT)
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°247 - Votre perso est un méchant
Quatre aspects de… la reine des neiges 2 (Conte d'Andersen) : Jardin : Écrire un texte sur une sorcière ou écrire sur Wanda Maximoff (Marvel)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
« Quand est-ce que tu as su ?
Regina détestait le silence de l'île, il rendait l'endroit encore plus froid, sombre et sans vie qu'il ne l'était déjà, les seules choses qu'elle entendait les trois quarts du temps c'était les bruits de pas des membres du groupe, leurs respirations et le vent qui soufflait autour d'eux.
C'était assez oppressant comme situation, et elle était reconnaissante à Killian de bien vouloir briser ce silence dès qu'il en avait l'occasion et elle savait bien désormais qu'il ne leur servait plus à rien d'être silencieux ou de tenter d'être discrets.
Comme elle avait déjà pu le constater à plusieurs reprises, Peter Pan et son ombre savaient parfaitement qu'ils étaient là, ils ne pouvaient pas se cacher d'eux, et il était également évident pour tout le monde désormais qu'ils ne se feraient plus attaquer par les enfants perdus, à moins de se rapprocher très près de leur camp et d'Henry.
Ils n'avaient donc a priori pas à craindre que Pan les envoie pour les affronter.
Il n'avait pas l'intention de s'en prendre à eux pour le moment, juste de jouer avec eux et avec leurs nerfs, le plus longtemps possible, tant que ça resterait amusant pour lui.
Tant qu'ils ne seraient pas capable de réellement représenter une menace à ses yeux.
Et cette simple idée lui faisait grincer les dents de rage.
Combien de temps ce petit jeu puéril allait-il donc durer ?
Elle fronça les sourcils en entendant sa question.
- Comment ça ?
Ils marchaient en tête du groupe, suivis par les autres, mais étaient assez loin pour pouvoir parler sans être écoutés.
Regina jeta un rapide coup d'œil à la carte toujours en possession du pirate et ne put s'empêcher de pousser un léger soupir de découragement en constatant que leur position était encore bien loin du camp.
Au moins il n'avait pas bougé depuis la dernière fois, c'était encourageant.
Il prit une profonde inspiration avant de finalement se lancer.
- À quel moment tu as su que tu voulais renoncer à ta vengeance ?
Stupéfaite et ne s'attendant absolument pas à cette question, surtout pas à ce moment-là alors qu'ils n'avaient pas évoqué ce sujet depuis un bon moment et que sa question sortait absolument de nulle part, elle se tourna vers lui.
L'examinant pendant quelques secondes, elle réalisa rapidement qu'il arborait un air sérieux et grave, préoccupé même, comme s'il avait tourné cette question dans sa tête encore et encore sans trouver la moindre réponse et sans pouvoir s'en débarrasser autrement qu'en la posant finalement même si ça lui coûtait vraisemblablement beaucoup.
Sans pouvoir s'en empêcher, la brune éclata de rire.
- Je peux savoir ce qui t'amuse ? Lâcha-t-il, légèrement irrité.
- Je… Ah ah ah, j'y crois pas. Alors c'est bon, ça y est ?
- De quoi est-ce que tu parles ?
- Tu t'es décidé à passer du côté de ceux qui ont renoncé à leur vengeance ?
- Je… non pas du tout ! Protesta-t-il. Ce n'est pas…
Il mentait.
Il mentait clairement et il le savait bien, il en avait conscience, mais…
Mais bordel par les dieux, ça faisait deux cents ans qu'il s'y accrochait à sa vengeance, qu'il luttait pour l'obtenir, deux cents ans qu'il ne vivait que dans ce but, et admettre qu'il était prêt à l'abandonner, à passer à autre chose, ça…
Ça aurait rendu cela bien trop réel et il n'était pas sûr d'être encore prêt à l'accepter.
- Oh, vraiment ? Ironisa-t-elle. La dernière fois qu'on en a parlé, que je t'ai demandé de laisser tomber, tu m'as dit que ça n'arriverait jamais et j'y ai cru. Maintenant, il semblerait que les choses soient différentes comparées à cette conversation que nous avons eu dans le commissariat de Storybrooke.
Il s'en souvenait, et à l'époque les choses paraissaient tellement plus simples, Henry n'avait pas encore été enlevé et il ne s'était pas assez rapproché de Neal pour avoir envie de renoncer hypothétiquement à sa vengeance pour lui.
- Je… je me posais simplement la question. Ça n'a rien à voir avec ma propre situation ou ma vengeance contre le Crocodile. Rien du tout.
La lueur d'amusement qui brillait dans ses yeux quand elle le regarda clamait clairement « menteur ».
Puis elle reprit un air sérieux.
- Ça a pris du temps. En fait… en fait il y a même eu des moments où j'ai voulu y renoncer avant de lancer la malédiction qui nous a amenés à Storybrooke.
Il la regarda avec un air étonné.
- Quoi ?
- Si je me souviens bien, c'est même arrivé deux fois.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé au juste pour que tu en viennes à vouloir y renoncer avant même qu'Henry n'existe ?
Regina eut un sourire triste.
- Mais je ne voulais pas que Blanche-Neige meurt. Je ne voulais pas la tuer. Pas seulement. Pas autant que… Dis-moi, si on t'avait promis de ramener Milah à la vie, de te la rendre, est-ce que… est-ce que tu aurais accepté de ne plus tenter de tuer Rumple ?
Une lueur de doute apparut dans les yeux du pirate.
- Je… je ne sais pas. C'est lui qui l'a tuée alors je crois que… que j'aurais continué d'être en colère mais… ça n'aurait probablement pas été autant important à mes yeux qu'avant. Pourquoi ?
- Au tout début, avant que Rumplestiltskin ne me prenne sous son aile, ne m'apprenne la magie et ne tente de me façonner pour que je devienne la méchante reine au cœur noir en laquelle j'ai fini par me changer, je… Je voulais seulement que Daniel me revienne. Qu'il soit ressuscité. C'était tout ce que je voulais, ça, pas le pouvoir et la vengeance. La seule chose que je voulais c'était que l'homme que j'aimais ne m'ait jamais été enlevé.
- Un souhait que beaucoup de personnes partagent, mais qui n'a que peu de fois été exaucé. Qu'est-ce qui a bien pu te faire penser qu'avec toi ce serait différent ?
- Tu as raison. Mais j'étais désespérée et un homme, Jefferson, m'a parlé d'un médecin d'un autre monde. Le docteur Frankenstein qui avait pour projet de ramener les morts à la vie. La seule chose dont il avait besoin et qui lui manquait, c'était d'un cœur alors j'ai pris l'un de ceux de ma mère.
Elle n'avait jamais su à qui il avait appartenu, n'avait jamais cherché à savoir, ça aurait rendu ce qu'elle faisait bien trop réel, et peut-être était-ce là que sa chute dans les ténèbres avait véritablement commencé.
À ce moment précis où elle avait pris la vie d'un innocent sans la moindre hésitation, même si ça avait été pour en sauver un autre.
Et ça n'avait même pas marché.
- Seulement, poursuivit-elle, ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu. (Le pirate eut le bon goût de ne balancer aucune réplique sarcastique.) Et j'ai eu le cœur brisé. Pour la seconde fois. Et maintenant que plus rien ne me retenait, je me suis enfoncée encore plus loin dans les ténèbres, la noirceur, la magie et ma rage meurtrière contre la princesse Blanche-Neige.
- Et je suppose, l'interrompit le pirate, que Rumplestiltskin était impliqué là-dedans d'une manière ou une autre, je me trompe ?
La brune le regarda avec un air stupéfait.
- Comment est-ce que tu…
Il haussa les épaules.
- Je le connais bien, c'est tout. Tu aurais abandonné ta vengeance si ça avait fonctionné, et ce n'était pas ce qu'il voulait puisqu'il avait besoin de toi pour lancer le Sort noir et lui permettre de retrouver son fils. Et de toute façon c'est le Ténébreux, d'une manière ou d'une autre, il doit être impliqué dans tous les trucs tordus qui ont pu se passer dans la Forêt Enchantée ces derniers siècles avant la malédiction.
Regina rit.
- C'est… probablement vrai oui. (Son visage s'assombrit.) J'étais encore jeune et naïve à cette époque, et j'ai mis des années avant de comprendre que lui, Jefferson et Frankenstein s'étaient entendus pour… pour me manipuler. Et je me suis faite avoir. C'est pour ça que j'ai tout fait pour leur pourrir la vie, à tous les trois, quand Storybrooke a été créée. C'était la première fois que je voulais renoncer et je… je me demande à quel point les choses auraient été différentes. Si j'avais réussi.
Peut-être que ça n'aurait rien changé.
Peut-être que le Ténébreux aurait tout fait pour orienter sa vie dans la bonne direction, celle qu'il voulait pour elle.
Ou peut-être pas.
Parce qu'il avait beau être un sorcier immortel, il n'était pas invincible non plus, il ne pouvait pas tout contrôler.
La preuve.
Malgré tout son pouvoir et sa puissance, il n'avait toujours pas réussi à retrouver Henry ou le camp des garçons perdus et il craignait son père.
- Et la deuxième fois ? Lui demanda Killian, ne s'attardant pas sur tous les et si et les regrets qui emplissaient actuellement sa tête.
- J'étais déjà un monstre à ce moment-là. Je voulais tuer Blanche-Neige, l'approcher sans qu'elle me reconnaisse, mais je ne savais pas encore me métamorphoser. Rumplestiltskin m'a aidée, en me précisant que je ne pourrais pas me retransformer sans son aide, et j'ai… Mes propres gardes ne m'ont pas reconnue et ont failli me tuer et elle… elle ne savait pas que c'était moi. Elle m'a sauvé la vie. J'ai passé du temps avec elle et en réalisant qu'elle croyait encore en moi, qu'elle était prête à me pardonner si jamais je faisais un pas vers elle, j'ai voulu… qu'on soit une famille, pour de vrai cette fois. Seulement il était déjà trop tard. Parce que nous sommes tombés sur un village que j'avais massacré parce qu'ils avaient refusé de me dire où elle se cachait. L'expression sur son visage quand elle a dû se résigner au fait que je ne pouvais pas être sauvée, je… je crois que je ne l'oublierai jamais. Alors je me suis enfuie et je n'y ai plus pensé. Et Henry… Henry est arrivé et ça n'a même pas été suffisant.
- Alors… quand est-ce que tu…
- Quand il a disparu. Quand il est devenu évident que je ne pouvais plus faire comme si tout allait s'arranger sans que j'intervienne. Quand je n'ai plus eu le choix et que le seul moyen de le retrouver était de m'allier avec celle que je devais haïr. Et je ne regrette pas d'avoir fait ce choix, j'ai ramené mon fils à la maison, j'ai regagné son affection, j'ai abandonné ma vengeance, j'ai tout fait pour me racheter et je suis tombée amoureuse. Je ne suis plus la méchante reine. Juste Regina. Et je ne veux pas que ça change. Et pour toi alors ? Lui demanda-t-elle, curieuse. Qu'est-ce qui a changé ? Parce que les choses sont différentes maintenant, pas vrai ?
Il sut qu'il ne pourrait pas continuer à le nier bien longtemps.
Ça ne l'empêcha d'essayer.
- Je ne… Ce n'est pas… (Il soupira et rendit les armes seulement quelques secondes plus tard.) C'est Neal.
Une lueur d'intérêt s'alluma dans les yeux de l'ancienne souveraine.
- Oh. Intéressant. D'un autre côté, maintenant que j'y pense, il n'y a… Il n'y a personne d'autre.
Le pirate fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Tu n'as… Si tu avais l'intention de changer pour quelqu'un, d'abandonner ta vengeance non pas pour toi-même parce que tu voudrais abandonner parce que je me doute que ce n'est pas le cas, mais pour une autre personne, pour devenir quelqu'un d'autre, hé bien… En dehors de Baelfire, il n'y a personne d'autre pour qui tu pourrais prendre cette décision. Tu… tu n'as personne autrement.
- Merci bien de me rappeler que je suis seul majesté, je ne m'en serais pas rendu compte tout seul sinon, ironisa-t-il, mais elle vit bien à son sourire qu'il n'était pas fâché. »
Et de toute façon ce n'était pas vraiment comme si elle avait fait autre chose qu'énoncer une évidence.
Il était seul, particulièrement depuis que Cora avait été vaincue et qu'il avait été enfermé dans une cellule du commissariat de Storybrooke.
Regina eut un sourire amusé en constatant quel long chemin il avait parcouru depuis, clamant qu'il n'abandonnerait jamais sa vengeance pour en fin de compte commencer à y réfléchir et à envisager de le faire.
Ironique qu'en un sens, ce soit grâce à Peter Pan…
Et seul, il l'était encore, enfin presque.
Il n'était proche de personne à Storybrooke et il n'était qu'un allié temporaire pour les membres de cette expédition, mais…
Mais pour ce qu'elle avait compris, suivant cela de loin, Neal et Killian n'étaient plus ennemis désormais et ils étaient maintenant… amis ? En train de le devenir ? C'était assez confus pour elle, mais elle savait que si le pirate voulait vraiment que ça arrive et que les choses s'arrangent entre eux, cela ne pouvait se faire qu'à une seule condition.
Qu'il abandonne sa vengeance contre le Ténébreux.
Et pour la toute première fois depuis cette fameuse conversation après la défaite de sa mère, elle avait l'espoir fou qu'il soit capable d'y parvenir.
« En tout cas, je me doute que ce n'est pas pour moi que tu le ferais, lança-t-elle, sarcastique.
- Oh, mais enfin tu te trompes, je ferais absolument tout pour tes beaux yeux ma reine, plaisanta-t-il, et elle rit.
C'était étrange, qu'ici et maintenant, perdue dans un autre monde, elle soit en train de rire avec le pirate, cet ancien ennemi devenu ami, comme si demain n'existait pas, comme si elle n'était pas en train de chercher à retrouver son fils, à essayer de le sauver sans rien connaître de son sort.
Ces moments d'insouciance volés n'en devenaient que d'autant plus amers quand elle reprenait pied dans la réalité.
- Je sais, fit-elle, tentant de rester amusée et de ne pas laisser l'angoisse la submerger de nouveau. (Ça n'aurait servi à rien et elle le savait.) Alors dis-moi, est-ce que ça a commencé ?
- Je ne sais pas trop mais je dirais… quand on était encore dans la Forêt Enchantée tous les deux avant même que je ne sache que Neal était Baelfire, lorsqu'on cherchait la boussole magique et que je ne comprenais pas pourquoi il semblait me détester alors qu'on ne se connaissait même pas. Je ne m'en suis pas rendu compte à l'époque mais on… on aurait pu devenir amis. S'il avait été quelqu'un d'autre et que je n'avais pas été aussi en colère. Et c'est surtout que… Je ne sais pas, je suppose que ça faisait si longtemps que je n'avais pas côtoyé d'être humain que je n'avais pas l'intention d'utiliser ou de manipuler que le changement était… bienvenue.
C'était… triste.
Elle comprenait ce sentiment, elle avait été à sa place après tout.
La sensation de s'attacher à un autre être humain après avoir être seul pendant si longtemps, après avoir tant haï et s'être fait tant haïr en retour, c'était…
Elle comprenait pourquoi il voulait renoncer, il devait être tellement épuisé de se battre dans le vide et d'être seul.
- Je vois.
- Et je… je ne sais pas, avant même de connaître sa véritable identité je l'aimais bien, tu vois ? On était pas amis, on avait juste un but commun, pourtant je… je ne sais pas trop comment l'expliquer au juste. Le fait qu'il soit agressif et renfermé rendait ça encore plus intéressant, parce que je voulais comprendre et rendre cette quête la moins ennuyeuse possible. Je voulais le connaître, et c'était comme si on avait une connexion, et je ne comprenais pas pourquoi mais maintenant que je sais qui il est vraiment ça semble tellement plus logique et je… je voudrais qu'on soit amis maintenant. Que ce qu'on avait autrefois, sur cette île de merde, n'ait pas été complètement perdu.
Ça aussi elle comprenait.
Il avait gardé les gens loin de lui pendant si longtemps, comme elle-même l'avait fait, ou Emma, ou tant d'autres que le changement et le contraste pouvaient sembler… bizarres et déroutants.
Avoir des proches, des amis à nouveau, voire une famille.
Sans parler du bordel passé avec Milah qui compliquait à peu près tout ce qui concernait leur relation.
C'était bizarre de le voir aussi perdu et c'en était presque… touchant.
- Tu voudrais que vous ayez un lien à nouveau, laisser le passé derrière vous.
- C'est ça. Mais… mais je ne sais pas comment… Je veux dire, je pense avoir fait mon deuil de Milah, seulement… Ce que Rumplestiltskin a fait. Je ne pourrai jamais le lui pardonner je crois.
- Je doute que ce soit ce que Neal te demande, intervint Regina, Blanche-Neige ne me pardonnera sans doute jamais vraiment pour ce que j'ai fait, mais elle m'accepte malgré tout dans sa famille. Dans notre famille. Une famille qui commence à avoir de moins en moins de sens. Si tant est qu'elle en ait déjà eu.
- A partir du moment où c'est une famille dont l'origine remonte à Peter Pan, ça part déjà mal, lâcha-t-il et Regina ne put qu'approuver.
- Il a tué la femme que j'aimais. Il a tranché ma main. Je ne sais pas comment vivre sans avoir envie de le tuer ou de détruire sa vie. Alors je ne sais pas comment… Et même si je prends cette décision, est-ce que je vais y arriver ? Et sans même parler de ça, et l'après ? Si… non, quand, se corrigea-t-il et Regina sentit la reconnaissance l'envahir, parce qu'elle doutait assez comme ça de la réussite de leur mission, inutile d'en rajouter, on aura sauvé Henry. Et qu'on sera retournés à Storybrooke. Qu'est-ce qu'il se passera ? Après tout, le marché que j'ai passé avec Neal, c'est qu'une fois que tout sera fini, je serai libre mais je devrai partir. Et je crois que… que je ne veux pas partir, parce que si je m'en vais et que je ne peux pas… non que je ne veux plus me venger, alors ça veut dire que… que je vais me retrouver seul. Et que plus rien n'aura de sens ou d'importance. Sans parler du fait que j'ai coopéré avec Cora qui s'en est prise à la ville alors c'est disons… compliqué. Je ne sais pas si Neal me fera suffisamment confiance pour croire que je ne tenterai pas de m'en prendre à son père, je ne sais pas si le Ténébreux le fera non plus même s'il doit penser que je ne peux rien lui faire et je ne sais pas si je peux me faire confiance pour renoncer complètement, parce que si j'ai une occasion de le tuer un jour, je… je ne sais pas ce que je ferai.
- J'ai maudit toute une ville entière et même s'il y a beaucoup de gens qui m'en veulent et ne cesseront jamais de me détester, je trouve que je m'en sors pas trop mal. Ce que tu as fait en comparaison n'a absolument rien à voir. Il faudra juste… un peu de temps je pense. Et que tu sois sûr de toi aussi, que tu apprennes à gagner la confiance des autres, surtout celle de Neal et je pense que… si tu arrives. Tout ira bien. »
Tout ira bien.
Il se doutait qu'elle parlait aussi de leur expédition, qu'elle formulait là un vœu pieux.
Il espérait qu'elle ne se trompait pas.
A suivre…
Chapter 121: Une lame faite de mots.
Notes:
Titre du 19/01/2024 : Une lame fait de mots
Vierge : Killian Jones (OUAT)
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°247 - Votre perso est un méchant
Quatre aspects des… ships de Merlin (Partie 2) : Elidas : Écrire sur un personnage immortel ou écrire sur un couple hét canon
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Je vais finir par redire ça à chaque chapitre mais cette fic n'en finit pas, à ce rythme je vais finir par atteindre les 200 chapitres et ce sera toujours pas fini, si la moi de 2020 avait su ça elle aurait pété un câble.
Chapter Text
C'était étrange, d'avoir un autre but en tête que celui qu'il avait eu durant presque toute sa vie, du moins au cours de ces deux derniers siècles.
Après avoir passé une éternité à ne se battre que pour un seul objectif, une seule et unique cause, maintenant qu'il était prêt à y renoncer, à l'abandonner, il se sentait presque…
Vide.
C'était probablement le mot qui convenait le mieux à la situation qu'il traversait désormais, parce que par quoi remplacer au juste cette mission qui lui avait pris tellement de son temps et de son existence, sans même qu'il ait jamais réussi à la mener à bien ?
Que faire à la place ?
Rien.
Pour l'instant, il n'y avait rien qui lui venait en tête, redevenir un pirate voguant sur les mers n'avait plus autant d'attrait qu'avant, surtout sans savoir où se trouvait son ancien équipage (une partie avait sans doute été maudite par le Sort Noir et une autre protégée par le sortilège de Cora dans la Forêt Enchantée mais maintenant que les haricots magiques étaient facilement accessibles ils pouvaient être n'importe tout) et le faire seul aurait été inutile et dangereux.
Et comme il l'avait réalisé plus tôt, il ne voulait pas être seul.
Il ne voulait plus l'être.
Alors la seule option qu'il lui restait, si jamais ils parvenaient à sortir vivants de cet enfer, c'était Storybrooke alors qu'il n'y avait aucune place et que les deux seules personnes qu'il connaissait sans détester et à qui il était attaché étaient Regina et Neal.
Et que tous les autres ne le voyaient probablement que comme le pirate qui avait tenté d'attaquer la ville en aidant la reine de cœur, qu'il n'ait quasiment fait aucun dégât et que son seul et unique but ait été de s'en prendre au Ténébreux ne changeait rien, il avait été leur ennemi.
Mais ils avaient pardonné la méchante reine, et il était en train d'aider à sauver Henry, alors peut-être que ce serait suffisant pour gagner leur confiance dans le futur.
Enfin il allait devoir composer avec la présence du Ténébreux, de toute évidence, ce qui lui déplaisait fortement, mais…
Mais…
Mais il avait le sentiment que si ça lui permettait de renouer avec Neal, ça en valait largement la peine.
Il se tairait, ne dirait rien pour l'instant, pas tant qu'il n'était pas sûr, pas tant qu'ils n'étaient pas revenus à Storybrooke et qu'ils n'étaient certains d'être en sécurité, loin de Peter Pan, de son ombre et de l'île de malheur qui faisait resurgir toutes ces choses qu'ils avaient en vain tenté de laisser derrière eux.
Et aussi, même si son but était de devenir l'ami de Baelfire, pas comme avant parce que plus rien ne pourrait jamais l'être, savoir que le fait qu'il allait tenter de rester à Storybrooke et de se rapprocher de Neal était une action qui allait bien emmerder Rumplestiltskin, même si ce n'était aucunement son but premier…
Hé bien c'était toujours ça de pris.
§§§§
Au fil des ans, Regina avait appris à bien connaître Rumplestiltskin.
Sans doute pas assez, pas suffisamment pour avoir réussi à comprendre ce qu'il avait derrière la tête durant toutes ces années où elle avait œuvré en tant que méchante reine (mais d'un autre côté, il s'agissait du Ténébreux, personne ne comprenait jamais vraiment ce qu'il se passait dans sa tête), mais assez pour certaines choses.
Le fait qu'actuellement, par exemple, il était de mauvaise humeur et que ça n'avait d'après elle rien à voir avec la situation actuelle de leur quête pour trouver Henry, ce qui en faisait un événement presque… distrayant.
Hé, elle se débrouillait comme elle pouvait pour échapper le plus possible à la morosité ambiante !
« Peut-être qu'avec un peu de chance, tu arriveras à le tuer d'un simple regard, on sait jamais, laissa-t-elle échapper avec un sourire amusé.
Le sorcier immortel la regarda avec confusion.
- Quoi ?
- Crochet. Tu le fusilles du regard depuis tout à l'heure.
Puis elle remarqua que le pirate et le fils du Ténébreux marchaient l'un à côté de l'autre, qu'ils discutaient et que Neal semblait bien moins énervé, en colère et sur la défensive qu'avant, et elle comprit.
Son visage s'assombrit quand il l'entendit et elle sut qu'elle avait eu raison.
- Je… je n'aime pas le voir rôder autour de mon fils comme ça, je ne l'apprécie toujours pas, et je ne l'apprécierai sans doute jamais, et même si on est en trêve pour le moment et qu'il n'a rien fait de stupide pour le moment comme essayer de me tuer, je… je ne sais pas, j'ai le sentiment que… j'ai un mauvais pressentiment. Surtout que… Neal a l'air de… de l'apprécier, dit-il avec un air d'indignation, comme si c'était un outrage qu'il le fasse et Regina faillit éclater de rire. Et je ne comprends pas comment ça peut être possible et ça ne me plaît pas.
- Peut-être que c'est comme avec toi. Peut-être qu'il est prêt à le pardonner.
Rumplestiltskin grimaça.
- Aux dernières nouvelles, il veut toujours me tuer, et a priori c'est quelque chose qui ne devrait pas permettre à mon fils de devenir ami avec lui.
- Ce n'est peut-être pas le cas, plus maintenant, ne put s'empêcher de laisser échapper son ancienne élève.
Il se figea, interloqué, avant de lui lancer un regard complètement perdu.
(Ce qui n'était pas un mince exploit, réussir à le déstabiliser comme ça.)
- Qu'est-ce que tu viens de dire ?
Elle soupira.
Oups.
- Il m'a parlé et il se pourrait qu'il… qu'il envisage de renoncer à sa vengeance. De ne plus vouloir te tuer. Ce qui signifierait d'ailleurs qu'il voudrait également rester à Storybrooke, contrairement à ce qui était prévu.
- Il… Quoi ?
- Je ne sais pas si ça arrivera. Mais il y pense. Si jamais on survit à tout ça, j'imagine qu'on devra prendre une décision, tous ensemble. Demander à Emma de vérifier s'il ne ment pas, s'il est vraiment sincère et déterminé. À ce moment-là on avisera. Et je suppose que cette perspective ne t'enchante pas le moins du monde.
Le visage du sorcier se rembrunit encore d'avantage.
- Je n'aime pas ça. Je n'aime pas ça du tout, répéta-t-il. »
Elle n'arrivait même pas à être surprise.
§§§§
« Oh, je n'aime pas quand tu as ce regard-là, lâcha Emma avec lassitude.
Le pirate la regarda avec curiosité.
Après avoir encore fait plusieurs pauses, ils avaient repris leur marche, et d'après ce qu'Emma avait vu en examinant la carte, ils se rapprochaient de plus en plus du point qu'ils tentaient avec tant d'acharnement d'atteindre, ce fameux camp où Henry se trouvait encore, enfin si tout se passait comme prévu, ce qui sur cette île était plutôt rare.
Alors dans ce cas-là, pourquoi arborait-il un air si sombre, pourquoi ses sourcils étaient-ils froncés ?
La Sauveuse ne le connaissait que depuis peu de temps, mais en règle général quand il était comme ça, c'était que quelque chose clochait, et elle sentit la fatigue l'envahir de plus belle, une fatigue autant morale que physique.
Pas encore un obstacle de plus, pas alors qu'ils se rapprochaient de plus en plus de leur but, elle voulait juste…
Elle voulait juste que ça s'arrête.
Elle voulait simplement retrouver son petit garçon, le serrer dans ses bras et le ramener à la maison et tout faire pour qu'il ne soit plus jamais en danger après ça.
Mais vu l'air soucieux de Jones, ce moment n'était pas près d'arriver.
Tout ce qu'elle espérait, c'était que le camp n'avait pas encore changé de place.
- Je… j'ai du mal à déterminer ce qui se passe, mais je… je crois que…
- Quoi ? L'interrogea-t-elle, les autres le regardant avec étonnement.
- Les arbres… ils bougent.
- Comment ça les arbres bougent ?
Emma aimait la magie, elle aimait avoir des pouvoirs, être une sorcière, même si elle n'en était qu'aux débuts de son apprentissage.
Mais au bout d'un moment, il fallait quant même penser à arrêter de se foutre de sa gueule.
- Les arbres bougent, répéta la Sauveuse, abasourdie, tout en se disant qu'elle n'était plus à ça près dans le fond, alors quoi c'est des putains d'Ents c'est ça ?
Si même la nature se liguait contre eux, ils n'allaient plus s'en sortir…
D'un autre côté, la faune et la flore de cette île n'avaient jamais été de leur côté alors elle n'aurait pas dû s'en étonner le moins du monde en fin de compte.
- Certains ne sont plus à la même place qu'avant, explicita-t-il, on dirait que… qu'ils veulent nous empêcher de passer.
Et, à sa grande surprise, son visage s'éclaira quand il le réalisa.
- Et je sais que ce que je vais dire va vous sembler n'avoir absolument aucun sens, mais… je crois que c'est une bonne nouvelle.
L'ensemble du groupe lui lança un regard déconcerté.
- Tu penses qu'actuellement, la forêt nous barre la route, résuma Neal avec circonspection, et malgré ça tu dis que c'est… bien ?
- Si on a de plus en plus de mal à avancer, ce qui n'était pas le cas avant, du moins pas à cette échelle, alors ça signifie qu'on se rapproche vraiment du camp et que donc l'île et par conséquent Pan lui-même, commencent à avoir peur. Ça veut dire qu'on est vraiment à deux doigts d'y arriver et qu'ils vont tout faire pour nous ralentir. On doit continuer à avancer, et riposter. Croco… Ténébreux, se reprit-il, même si ça lui coûtait (et Neal sourit, parce que s'il renonçait à ce surnom moqueur, alors c'était un pas dans la bonne direction), Regina, Emma, est-ce que vous pourriez utiliser votre magie pour les éloigner quand ils se rapprochent ? Voire les brûler, si tant est qu'ils soient inflammables, on ne sait jamais ici. Histoire qu'on puisse aller plus vite.
Un sourire féroce se dessina sur le visage de la Sauveuse, tandis que l'immortel et l'autre sorcière acquiesçaient.
- Avec plaisir, fit la princesse avec une lueur combative dans le regard, avant que des boules de feu n'apparaissent dans ses mains. »
Si elle devait réduire cette foutue île en cendres pour retrouver Henry, elle le ferait.
Sans la moindre hésitation.
§§§§
Les applaudissements qui annoncèrent l'arrivée de Peter Pan avant même qu'ils ne le voient sonnaient si moqueurs et sarcastiques qu'Emma, excédée, tenta de lui lancer une boule de feu au visage quand elle l'aperçut.
Tentative totalement inutile, puisqu'il se contenta de se téléporter et elle ne réitéra pas son geste, consciente qu'elle n'y parviendrait pas plus une deuxième fois.
Mais ça avait eu le mérite de lui permettre de se défouler un peu.
« Mes félicitations, ironisa-t-il, vous avez bien avancé. »
Emma savait bien qu'il se moquait d'eux, mais pourtant, en le regardant droit dans les yeux, elle vit autre chose, au-delà de l'arrogance habituelle qu'elle voyait d'ordinaire s'y refléter.
Il semblait être… moins confiant qu'avant.
Comme si… comme s'il ne s'attendait pas à ce qu'ils aillent aussi loin aussi vite, et elle se souvint de ce que Crochet avait dit plus tôt.
Sur les arbres, et le fait qu'ils voulaient les empêcher d'avancer.
Et peut-être cela signifiait-il aussi qu'il ne trouvait plus ce jeu cruel et morbide aussi amusant qu'avant, qu'il souhaitait y mettre fin, mais elle le sentait il y avait autre chose.
Oui.
Quelque chose qu'il ne pouvait pas leur cacher, pas vraiment.
Il avait peur.
Elle s'interdit de montrer la moindre réaction pour lui faire réaliser qu'elle avait compris, mais elle sentit l'espoir commencer à chanter dans son cœur, parce que…
Parce que si l'immortel commençait à les craindre, eux et leurs actions alors ça devenait signifier que…
Ils avaient une chance.
Si seulement Peter Pan pouvait ne pas l'avoir réalisé lui-même…
Et alors, une révélation la frappa, fulgurante, et tellement violente dans son évidence qu'elle se demanda comment elle avait bien pu ne pas s'en rendre compte plus tôt.
Il ne s'était pas attendu à ça.
Eux, ce qu'ils faisaient actuellement malgré ce qu'ils étaient, malgré leurs différends, les rancœurs, les haines passées comme présentes, les tentatives de meurtre, il ne s'était jamais attendu à ce qu'ils s'unissent pour un but commun, pour sauver Henry, et il s'attendait encore moins à ce que ça marche aussi bien.
À ce qu'aucune désunion n'apparaisse entre eux, que leur groupe marche, que malgré les difficultés, ils avaient tenu bon, quoi qu'il arrive.
Elle non plus elle n'y avait pas cru au début, du moins concernant Crochet, mais elle avait su aussi que ce serait compliqué avec les autres.
Mais ils avaient eu droit à du temps et ce n'était pas assez pour effacer le passé, les erreurs, les crimes, mais…
Mais Regina avait tout fait pour se faire pardonner, et Emma était toujours en colère contre elle, contre Rumplestiltskin, contre Neal, contre August, mais moins, pas au point que ça ne la fasse dévier de leur objectif, et il en était de même avec ses parents, Neal ou Crochet.
Les haines individuelles n'avaient pas tenu face à la gravité de leur entreprise, face à l'importance de leur réussite.
Peut-être que c'était ça leur force en fin de compte.
Le fait que chacun d'eux avait accepté de se concentrer sur ce qui comptait vraiment, sauver Henry et Wendy, et détruire tout ce qui avait un tant soit peu d'importance pour ce monstre, tout ce qui lui donnait le moindre pouvoir et oh comme elle espérait qu'il tremblait intérieurement en ce moment, que toutes ses certitudes étaient en train de voler en éclat.
Il n'avait plus le contrôle et elle avait le sentiment qu'il le savait.
Il n'avait jamais prévu ce qui allait arriver, et pour lui qui avait passé les derniers siècles à tout organiser pour que les choses se déroulent selon ses plans, ça devait être une perspective déstabilisante, voire complètement terrifiante.
« C'est ce qui arrive quand on a une bonne raison de se battre, affirma-t-elle, un sourire confiant sur les lèvres, et à sa grande surprise, cette confiance n'était pas feinte.
Non.
Parce qu'il avait peur, peur de ce qu'ils pourraient faire, accomplir tous ensemble, et s'il avait peur alors ça voulait dire qu'ils représentaient une menace pour lui, et donc qu'ils pouvaient y arriver.
Ils pouvaient gagner.
Quand elle vit la lueur d'amusement se former dans ses yeux, elle sentit un sombre pressentiment l'envahir, et tout son être se glaça.
Elle savait très bien qu'il ne se rendrait pas sans combattre, qu'il avait forcément une parade, quelque chose n'importe quoi.
Et ne pas savoir de quoi il s'agissait la pétrifiait.
- Oui, une cause commune, fit-il en souriant, enfin… presque. Disons que ça fonctionne moins quand un membre du groupe a quelque chose à cacher et qu'il ne souhaite pas voir ce secret être dévoilé… N'est-ce pas ?
Son regard se posa sur Rumplestiltskin, et la sorcière posa ses yeux sur le Ténébreux, comme tous les autres étaient actuellement en train de le faire, et l'immortel fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu entends par là ?
Le sourire de son père s'accentua, comme s'il venait tout juste de le prendre au piège et qu'il s'apprêtait à lui asséner le coup fatal.
Et Emma ne savait pas ce qui allait arriver mais elle détestait ça d'avance.
- Enfin Rumple, je parle de la prophétie, bien sûr.
Non loin, Neal afficha un air surpris.
- Quelle prophétie ?
- Oh, il ne te l'a pas dit ? S'exclama son grand-père avec un faux air surpris qui ne parvenait pas à dissimuler son air réjoui. Cela m'étonne de toi fils, après tout, tu es tellement honnête, pas vrai ? »
Fils.
Peu importe le temps qui s'écoulerait, ça ne lui semblerait jamais ne pas être bizarre.
Et en constatant que le silence suite à la déclaration de Pan s'éternisait, elle ressentit un certain malaise.
Ce n'était pas comme ça que c'était censé se passer.
Rumplestiltskin aurait dû éclater de rire, se moquer de son père, le railler, affirmer qu'il mentait, qu'il disait n'importe quoi, lui balancer une de ses réparties spirituelles et assassines dont il avait le secret, et tout serait rentré dans l'ordre.
Mais non.
Rien du tout.
Le sorcier restait silencieux et blême, ce qui signifiait que le maître du Pays Imaginaire avait réussi à frapper là où ça faisait mal, même si Emma n'avait aucune idée de ce qu'il entendait au juste par prophétie.
Et surtout, qu'est-ce que le Ténébreux savait mais qu'il ne leur avait pas dit ?
Elle était habituée à ses secrets, mais dans ce genre de circonstances, surtout si ça concernait leur quête, ce genre de cachotteries n'avait plus lieu d'être.
Elle comprit qu'en un sens, Peter Pan venait peut-être de réussir ce qu'elle avait à tout prix tenté d'éviter depuis qu'ils avaient embarqué sur le Jolly Roger.
Créer la division et la dissension entre eux.
Peter Pan, face à son silence prolongé, éclata de rire avant de disparaître, se téléportant les dieux seuls savaient où dans un autre endroit de l'île.
Emma, désemparée, fixa d'un air incrédule Rumplestiltskin qui ne disait toujours rien.
« Bordel, mais… qu'est-ce qu'il vient de se passer là au juste ? »
Seul le silence lui répondit.
A suivre…
Chapter 122: Me pardonneras-tu ?
Notes:
Titre du 16/09/2022 : Me pardonneras-tu ?
Bélier : Rumple (OUAT)
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Liste 51
1. Un parent & son enfant2. Des larmes
3. 500 mots minimum
4. "Je suis désolé"
Quatre aspects de… Tao (LMCO) : Inventeur : Écrire sur quelqu'un habile de ses mains ou sur Leo Valdez (Percy Jackson)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
« À ton avis, Peter Pan nous dit la vérité à propos de cette… prophétie ? Souffla Graham à son petit-ami alors qu'ils attendaient comme tous les autres que Rumplestiltskin prenne la parole.
August grimaça.
- Je ne sais pas, admit-il avec honnêteté, Peter Pan est un menteur, ça on le sait tous, mais… Rumplestiltskin en est un aussi, et vu la tête qu'il fait, ce que son père vient de dire ne doit pas être complètement faux. »
Le Ténébreux était un bon acteur, pourtant il n'avait pas réussi à cacher sa surprise quand l'immortel avait balancé cette histoire de prophétie, alors ça devait être sacrément important et grave.
Le visage de l'ancien pantin de bois s'assombrit.
Il ne portait pas le sorcier dans son cœur, mais il était leur allié dans tout ce bordel, très certainement le plus puissant d'entre eux, sans doute le seul capable de rivaliser avec Pan question magie et pouvoirs, ils avaient besoin de lui et s'il s'avérait qu'en fin de compte il leur cachait des choses, alors…
Alors il ne savait pas ce qu'il ferait.
Sans doute n'y avait-il rien à faire, sans doute ne pouvaient-ils rien faire du tout.
Alors, puisqu'il n'avait rien d'autre à dire, qu'il ne savait pas ce qui allait se passer, à la place, il serra la main de son petit-ami dans la sienne, pour se rappeler qu'il n'était pas seul, qu'ils s'étaient embarqués dans cette galère ensemble.
Et que ce n'était qu'en restant unis qu'ils parviendraient à s'en sortir.
§§§§
« Quelle prophétie ? Papa, de quoi est-ce qu'il parle au juste ?
La voix de Neal, dure et tranchante, résonna dans l'air, mettant fin au silence qui s'était installé au sein du groupe, et le Ténébreux lui répondit par un regard complètement désemparé et perdu.
Ce n'était pas normal.
Il n'agissait jamais ainsi, ce n'était pas dans ses habitudes, il aurait dû, il aurait dû…
Et il ne répondait toujours pas.
Alors Neal songea avec un début d'effroi que peut-être, peut-être, Peter Pan n'avait pas menti.
Ça n'avait aucun sens.
Son père lui avait fait un serment, une promesse, il lui avait promis, juré de changer, et jusque-là il était parvenu à le faire, et voilà qu'a priori il retombait dans ses travers, ses mauvaises habitudes, que les mensonges et les secrets revenaient de plus belle alors qu'il était censé ne plus en avoir entre eux ?
Non.
Non, il s'y refusait, il ne se ferait pas trahir par lui, pas une fois de plus, pas après tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, pas après tout le chemin qu'ils avaient réussi à faire.
Plus jamais.
Il avait déjà vu ses espoirs et ses illusions d'enfant être réduites à néant des siècles plus tôt durant ce moment fatidique où son père avait lâché sa main et l'avait laissé tomber dans un portail magique, seul, perdant tout en l'espace d'une seule nuit.
Hors de question que ça se reproduise.
- Papa, poursuivit-il d'une voix à deux doigts de se briser, papa s'il te plaît, je t'en prie, je t'en supplie, dis-moi qu'il a menti. Qu'il n'y a pas de prophétie ou je ne sais quoi, que tu ne me caches rien d'important, que tu ne nous caches rien. Que ce n'est pas vrai.
Le regard triste de son père fut suffisant pour lui fournir la réponse qu'il attendait, une réponse qu'il aurait aimé ne jamais avoir à entendre.
Le sorcier soupira.
- Non, confirma-t-il, il n'a pas menti.
Un silence de mort s'abattit sur l'assemblée et Neal recula, comme s'il venait tout juste de le frapper.
Il aurait pu hurler, crier, s'énerver et lui demander des explications avec une voix emplie de colère.
Il l'aurait fait, avant, quand il n'était que rancœur et rage à son égard, quand il n'avait pas eu encore de preuves que son père pouvait être différent de celui qu'il était autrefois, qu'il était plus qu'un Ténébreux impitoyable et cruel.
Qu'il pouvait faire mieux.
Alors il allait lui laisser une chance de s'expliquer, de tenter de lui faire comprendre de quoi il s'agissait et pourquoi il avait agi ainsi et il aviserait après, déterminait s'il devait laisser la colère l'envahir ou non.
Il lui devait au moins ça.
- Très bien. Je… On t'écoute alors. Explique-toi. Parle-nous de cette prophétie, de pourquoi elle semble si importante et dangereuse. Et dis-nous pourquoi tu ne nous en as jamais parlé.
L'immortel s'assit avant de reprendre la parole.
- C'est une… une assez longue histoire. Elle remonte à il y a des siècles, avant que je ne devienne le Ténébreux, avant ta naissance, avant que je ne me casse volontairement la jambe et que je ne fuis loin du champ de bataille, avant… avant beaucoup de choses.
Avant la malédiction, avant la mort de Milah, avant que tout ne s'effondre autour d'eux et que leur famille ne soit plus qu'un vague souvenir et qu'ils ne soient séparés l'un de l'autre pendant près de deux siècles.
- C'était à l'époque de la guerre des ogres, quand j'ai été mobilisé et que j'ai dû devenir soldat, je… j'étais prêt à me battre tu sais, je voulais… je voulais être un héros, aider à sauver des vies, tout faire pour repousser ces maudits ogres, et… je sais que ça va être difficile à croire, mais je voulais vraiment être courageux. J'ai essayé de l'être. De faire les choses bien. D'être un héros comme j'étais supposé l'être.
- Quel rapport avec ce que Peter Pan nous a dit ? Demanda Killian Jones d'un ton sec.
Au moins il était plus curieux qu'agressif, c'était déjà ça.
- J'y viens, lui rétorqua Rumplestiltskin. Peu de temps avant le début des combats, j'ai croisé le chemin d'une voyante. Elle m'a dit que si j'allais me battre, j'allais… j'allais mourir. Que c'était inévitable. Que j'allais me faire tuer à la guerre dès le lendemain et que je ne rentrerais jamais à la maison. Et je ferais de ma femme une veuve. (Il eut un rire faussement amusé.) Vu la manière dont elle m'a accueilli plus tard, il aurait sans doute valu mieux pour elle que ce soit le cas.
Son regard s'assombrit alors qu'il se replongeait dans ce passé qui n'avait jamais réellement été clément à son égard, qu'il repensait à toutes les erreurs qu'il avait pu commettre, à tout ce qu'il aurait pu faire de différent.
- Je n'ai pas voulu la croire au début, poursuivit-il, ça me semblait tellement insensé et puis elle m'a dit que… que Milah était enceinte, qu'elle allait avoir un enfant. Notre enfant. Que j'allais devenir père, alors qu'elle ne l'était pas encore quand je suis parti ou du moins pas assez pour que nous le réalisions, et… Et je… je ne voulais pas… Je ne voulais pas mourir et… refaire la même chose. Faire comme mon père et que mon fils grandisse sans son père. (Son regard se posa sur Neal.) Si j'ai fui c'est parce que j'avais peur, c'est vrai, mais aussi parce je ne voulais pas que tu connaisses le même sort que moi. Je ne voulais pas que tu te retrouves seul avec ta mère. Même si en fin de compte, ça n'a rien changé, ajouta-t-il avec amertume, et c'est tout de même arrivé. La prophétie s'est accomplie en un sens.
- Je ne comprends pas, intervint Emma, confuse. Cette prophétie… elle date d'il y a tellement longtemps, et elle n'a absolument aucun rapport avec notre situation. Certes, on peut dire que nous sommes en guerre contre Peter Pan, et que cette île est notre champ de bataille mais en dehors de ça, hé bien… ce n'est pas la même chose, non ?
- Ce n'est pas de cette prophétie qu'il s'agit, miss Swan, mais d'une autre. Lorsque, des années plus tard, peu après avoir abandonné Neal, j'ai revu cette voyante, je lui ai demandé des explications et elle m'a cédé son don de prophétie. C'est pour cela que depuis, je suis capable d'apercevoir des fragments du futur.
- Si vous pouviez nous prédire notre futur, ça nous arrangerait bien, surtout s'il pouvait être positif, lâcha Emma, sarcastique.
Rumplestiltskin s'autorisa à sourire faiblement.
- J'aimerais bien, croyez le. J'aimerais vraiment pouvoir faire ça.
- Et donc, supposa Regina, tu as eu une vision, c'est ça ? Une prophétie tellement effrayante que tu as préféré la taire et ne rien nous dire ?
Il secoua la tête.
- Non. La prophétie ne venait pas de moi, mais d'elle. C'est la dernière chose qu'elle m'a dite. Elle m'a dit qu'un jour, je reverrai mon fils et que… Qu'un garçon me mènerait à lui mais également que… ce garçon causerait ma perte.
Si l'ensemble de l'assistance le regarda avec un air perdu et interrogateur, Emma, elle, ne mit que quelques secondes avant de comprendre ce qu'il entendait par là, ce que ça impliquait.
Après tout, c'était elle qui, avec Regina, avait passé des semaines entières à chercher Henry et à tenter de le ramener à la maison, elle qui avait été là lorsque son fils et son ex avaient franchi le portail, et…
- C'est Henry, lâcha-t-elle d'une voix blême, les yeux écarquillés par l'horreur. Le garçon c'est Henry. Il était là quand Neal est revenu dans le monde sans magie, et s'il ne l'avait pas rencontré dans la Forêt Enchantée, il ne serait sans doute jamais arrivé jusqu'à Storybrooke. Pas… pas de cette manière en tout cas. C'est parce qu'Henry était là que vous avez retrouvé votre fils.
Rumplestiltskin hocha la tête, approuvant absolument tout ce qu'elle venait de dire.
Le visage de Neal fut probablement celui qui se décomposa le plus rapidement.
- Quoi ? Tu… tu es en train de me dire que tu… que tu es venu avec nous pour sauver un enfant qui… est supposé causer ta perte ? Et qu'est-ce que c'est censé vouloir dire exactement, causer ta perte ? Ta mort, la perte de tes pouvoirs, la perte de tout ce que tu as et de ce qui t'es cher, autre chose ?
- La prophétie n'a pas vraiment été claire là-dessus, siffla-t-il, elles le sont rarement en règle général.
- Comment tu as réagi ? En l'apprenant, à l'époque, qu'est-ce que tu as décidé de faire ? Je sais que tu as changé, que tu n'es plus le même qu'à l'époque, mais… Il faut que je sache.
- J'ai dit que… que… que je n'aurais qu'à l'éliminer.
Pendant quelques secondes, le jeune homme arrêta de respirer.
Il aurait dû s'y attendre.
Il s'y attendait en fait, il savait que son père avait un passé sombre, qu'il avait beaucoup de sang sur les mains, et même s'il n'avait en un sens pas assisté à la plupart des horreurs qu'il avait commises, il savait que son père n'était pas quelqu'un de bien.
Mais savoir que son père aurait pu tuer Henry à cause d'une prophétie, ça le rendait malade.
- Quand est-ce que tu as su ? Demanda-t-il, au bord des larmes, parce que tout était en train de s'effondrer, à nouveau et ils n'avaient pas le temps de s'occuper de ça, ils en avaient bien trop perdu, mais il fallait qu'il sache. Quand est-ce que tu as compris que ce serait lui l'enfant qui causerait ta perte ?
Il n'oublia pas que même si son père leur avait dissimulé des choses, tout cela venait avant tout de Peter Pan qui s'en servait pour les ralentir, les diviser.
Et le pire, c'était que ça marchait.
- Quand Henry a été enlevé. Avant… avant je n'y songeais pas, et rien de mal n'était arrivé qui soit en lien avec lui, alors… je m'étais dit que ça n'arriverait jamais. Et puis…
- Et puis Henry a disparu, compléta son fils pour lui.
En y repensant, il sentit qu'il était en train de pleurer, parce que son fils était en danger à cause de Peter Pan et du Ténébreux et parce que ça faisait bien trop de choses à gérer d'un seul coup.
Il ravala le sanglot qui montait en lui et reprit avec difficulté.
- Et quand tu… quand tu as compris ça, qu'est-ce que… qu'est-ce que tu as décidé de faire ?
- Henry est mon petit-fils. S'il s'était agi de n'importe quel enfant, je ne peux pas te dire ce que j'aurais décidé de faire après t'avoir retrouvé, parce que ce serait te mentir que de te dire le contraire. Je suis désolé, j'aimerais pouvoir te répondre autre chose mais je ne peux pas. Quand j'ai compris qu'il était l'enfant de la prophétie j'ai fait un choix. Un choix qui me semblait évident. Sauver Henry, à tout prix. Même si ça doit me coûter la vie. Parce que comme l'a très justement dit Emma Swan, c'est une guerre que nous menons. Et j'ai bien l'intention de la remporter.
Oh.
Oh.
C'était rassurant sans l'être, c'était douloureux et terrifiant, et il ne voulait pas que son père s'en prenne à son fils, mais il ne voulait pas non plus que son père meurt.
Pas maintenant, pas après l'avoir retrouvé, pas alors qu'ils pouvaient être à nouveau une famille.
- Emma ? Demanda-t-il à son ancienne petite-amie, d'une voix tellement faible qu'il ne parvint pas à dire un seul mot de plus.
Heureusement, elle sut aussitôt ce qu'il lui demandait.
- Aucune des paroles qu'il vient de prononcer n'était un mensonge, lui confirma-t-elle. Il nous a dit la vérité. Toute la vérité.
Neal aurait aimé que ça rende les choses plus faciles.
Ce n'était pas le cas.
Il n'arrivait même pas à être en colère à vrai dire, parce qu'il faisait confiance à son père, plus qu'il ne l'avait jamais fait depuis qu'il l'avait abandonné, son père était un menteur et un manipulateur, et il le savait, mais il avait le sentiment que même sans le don d'Emma, il l'aurait cru.
Mais ça ne changeait rien au fait qu'il n'avait rien dit.
Ça ne changeait rien à ce qu'il avait eu l'intention de faire, autrefois.
Ça ne changeait pas la prophétie elle-même et à ce qui risquait inévitablement d'arriver.
Il pouvait à tout moment perdre son fils à cause de l'île, de Peter Pan, si jamais ils échouaient, et voilà qu'en plus du reste, il pouvait aussi perdre son père en même temps ?
Ce n'était pas juste.
Ça ne pouvait pas arriver, il ne pouvait pas encore perdre sa famille une fois de plus.
Il n'était pas sûr et certain de pouvoir le supporter si jamais ça arrivait.
- Je… j'ai besoin de rester seul un moment, balbutia-t-il avant de s'esquiver, le cœur en morceaux et la peur au ventre. »
Tout ce qu'il voulait c'était protéger les siens.
Pourquoi l'univers s'acharnait-il à le faire échouer une fois de plus ?
Emma ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir.
Ses pires craintes avaient fini par se réaliser.
Peter Pan avait réussi à trouver une faille et à s'engouffrer dedans.
Et elle ne pouvait rien faire pour arranger les choses.
A suivre…
Chapter 123: Tant qu' il y a de la vie…
Notes:
Titre du 13/12/2023 : Tant qu' il y a de la vie…
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Lumine : Famille : Écrire sur la mère de Kody ou écrire sur une famille qui est séparée.
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Neal pleurait toujours quand elle le rejoignit.
Emma ne savait pas si c'était de tristesse, de déception, de fatigue ou de désespoir, ou peut-être un mélange des quatre à la fois, mais en tout cas il pleurait.
Elle recula, hésitante, ne sachant pas trop quoi faire.
Cela faisait plusieurs minutes qu'il était seul, et qu'il sanglotait comme ça, les poings serrés, et elle savait qu'il voulait rester à l'écart un moment, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas le laisser dans cet état et qu'elle voulait l'aider.
C'était ce que les amis faisaient les uns pour les autres après tout.
« Hé, fit-elle d'une voix hésitante, ça te va si je te tiens compagnie ?
Il essuya ses yeux rougis par les larmes avant d'acquiescer.
- Ouais, je… okay. On devrait y aller, Henry…
- On pensera à Henry plus tard, dit-elle en s'asseyant à côté de lui. D'abord, on va parler de ça, de ce qu'il va se passer et de comment on va essayer de gérer tout… enfin, ce truc. Toi… comment tu vas ?
- Je le déteste, lâcha-t-il d'une voix rauque et brisée, emplie de colère.
Emma fronça les sourcils.
- Ton père ?
Il secoua la tête avant de prendre une profonde inspiration pour se calmer.
- Non, pas lui. Pas pour ça en tout cas, je suis triste et en colère qu'il ne m'ait rien dit, mais… mais disons que ce n'est pas la pire chose qu'il m'ait jamais cachée et surtout… il a été honnête, sincère, même s'il ne l'a fait qu'une fois au pied du mur. Je parle de Peter Pan… Je trouve ça si ironique que dans le fond, ce soit dans la vérité et pas dans le mensonge qu'il se révèle le plus cruel et le plus doué pour nous faire du mal.
Elle ne pouvait qu'être d'accord avec lui.
La dernière fois qu'il avait réussi à les blesser, Neal le premier, ça avait été en révélant le secret se cachant derrière l'évasion de l'enfant perdu, le fait qu'en réalité, personne ne pouvait s'échapper de l'île ou en partir sans qu'il ne donne son accord.
Cette révélation était un coup de plus parmi tous ceux qu'ils avaient déjà reçus avant, et elle avait le sentiment que ce ne serait définitivement pas le dernier.
- C'est vrai.
- Je le hais pour ça. Pour être capable de nous enlever les dernières bribes d'espoir qu'il nous reste, comme ça, en un instant, comme si de rien n'était. Je le déteste tellement pour ce qu'il nous fait, jouer avec nous comme si ce n'était rien d'autre qu'un divertissement alors qu'il s'agit de nos vies, et je le hais aussi parce que… Parce qu'il connaît des vérités que nous ignorons nous-mêmes et qu'il s'en sert contre nous pour nous détruire alors que nous savons nous-mêmes toujours si peu de choses à ce stade… En premier lieu, pourquoi il a enlevé Henry. Je crois que c'est ça qui me fait le plus mal, qui me terrifie le plus, ne pas savoir contre quoi on se bat.
- Et en dehors de ça, pour… pour ton père ? Il a…
- Il a eu l'intention de tuer notre fils, oui. À une époque où il ne savait pas que c'était son petit-fils, ce qui ne rend pas ça moins horrible, parce qu'il voulait tuer un enfant innocent, sans le moindre état d'âme, mais… mais…
- Mais les choses ont changé, compléta-t-elle.
Elle comprenait, elle comprenait vraiment ce qu'il voulait dire par là.
Le fait que malgré tout, il voulait faire confiance à son père, croire qu'il n'était plus le même qu'autrefois.
- Tu… reprit-elle, d'une voix hésitante. Est-ce que tu as peur qu'il puisse faire du mal à Henry ?
Cette question la hantait depuis qu'elle savait pour la prophétie, depuis le moment où le Ténébreux leur avait avoué quelle avait été sa réaction en apprenant qu'un enfant qu'il ne connaissait pas causerait sa perte.
- Non, je… je ne pense pas. Il est venu avec nous malgré ça, il a tout fait pour nous aider à sauver Henry alors qu'il aurait pu tenter de nous ralentir et… avant j'aurais douté. Mais maintenant, je lui fais confiance. Vraiment. »
Emma allait continuer à avoir peur, c'était l'homme qui avait poussé Regina à lancer la malédiction qui avait brisé sa vie et lui avait volé l'enfance et l'existence qui auraient dû être la sienne après tout.
Ce n'était pas quelqu'un à qui on avait envie de faire confiance facilement.
Pourtant, elle avait envie de le faire.
Parce que le Ténébreux essayait vraiment de faire de son mieux et de changer et que tout comme Regina, il méritait d'avoir une seconde chance.
Et surtout parce qu'elle voulait à tout prix détromper Peter Pan, effacer ce sourire arrogant et suffisant de son visage, lui donner tort, ne pas lui donner la moindre raison valable de se moquer d'eux.
Même si la vérité qu'il leur avait asséné était dure et violente, ça ne changerait rien à leur quête commune, au fait qu'ils feraient tout pour sauver Henry.
Ils resteraient unis, malgré lui.
§§§§
Une fois de retour, Neal et Emma réalisèrent bien vite à quel point l'ambiance était pesante.
Ça n'avait rien d'étonnant, vu la bombe qui leur avait été lâchée dessus, et le fait que Rumplestiltskin soit encore au centre de l'attention ne les étonna pas non plus.
Il leur avait menti après tout.
Encore une fois.
Un mensonge par omission plus qu'autre chose, mais ça ne changeait rien au fait qu'il n'avait rien dit, qu'il n'avait pas parlé du fait que lui, Rumplestiltskin, le Ténébreux, un être immortel, allait peut-être mourir au cours de cette mission, si la prophétie se révélait vraie.
Si Henry causait réellement sa perte et que ça signifiait qu'il perdrait la vie dans un futur proche.
Le problème n'était pas seulement qu'il ait envisagé de s'en prendre au petit garçon, même si ce n'était plus d'actualité depuis longtemps.
Non, le problème c'était qu'il n'avait rien dit à ce sujet, qu'il ne les avait pas prévenus du fait que peut-être, peut-être Peter Pan allait le vaincre voire le tuer, tout ça parce qu'il tentait désespérément de sauver son petit-fils.
Ils savaient déjà que le sorcier était un adversaire redoutable, mais cette possibilité ne faisait qu'accentuer encore plus sa dangerosité.
Parce qu'ils le savaient tous également, le seul moyen de le tuer dans un monde pourvu de magie, c'était en utilisant sa dague, et ils le connaissaient assez pour savoir qu'il ne serait pas assez stupide pour permettre à son père de s'en emparer.
Alors, soit il trouverait un moyen de le faire et de mettre la main dessus, soit il tenterait de l'envoyer dans le monde sans magie et de le faire tuer là-bas, soit…
Soit il se débrouillerait autrement.
Comment, cela, ils ne le savaient pas, et ce n'était qu'une incertitude de plus parmi toutes les autres et Neal se sentait épuisé d'avoir peur, de n'avoir absolument pas la moindre idée de ce qui était en train de se passer, de n'avoir aucune certitude, de marcher à l'aveugle en tentant de toutes ses forces de ne pas se laisser prendre dans la toile d'araignée que Pan était en train de tisser autour d'eux.
Il voulait crier, hurler sa colère, sa rage, sa rancœur contre celui qui tentait une fois de plus de ruiner sa vie.
Ça aurait été si facile, de se laisser aller à la tristesse, de s'abandonner au désespoir, de renoncer parce qu'après tout, s'il n'avait pas réussi à fuir de lui-même autrefois, comment pouvait-il espérer sauver son fils et son père ?
Pourtant, c'était bien la fureur qui l'animait plus que tout le reste parce que comment, comment aurait-il pu accepter de lui abandonner ce qui lui était cher sans combattre ?
« Ta dague est en lieu sûr ?
Alors qu'il lui posait la question, l'évidence le frappa d'un seul coup.
Il n'allait pas lui demander de la lui donner.
Avant, il l'aurait sans doute fait, pour être sûr qu'il ne s'en prendrait pas à Henry, pour s'assurer que les ténèbres en lui et les voix dans sa tête (les entendait-il encore d'ailleurs ou bien parvenait-il à les chasser loin de lui face à cette situation désespérée ? Il n'était même pas sûr de vouloir vraiment le savoir.) ne l'envoient pas dans la mauvaise direction.
Il ne le ferait pas.
Déjà parce que ça aurait été plus stupide qu'autre chose, au vu des risques que leurs ennemis s'en emparent, et parce que personne parmi eux ne voulait d'un Peter Pan déjà surpuissant et immortel en Ténébreux.
Mais aussi et surtout parce qu'il lui faisait confiance.
Il n'était plus le garçon de quatorze ans à la confiance trahie par son père et son père n'était plus non plus le Ténébreux terrifié à l'idée de perdre ses pouvoirs.
Ils n'étaient plus les mêmes.
Son père hocha la tête.
- Bien sûr. C'est l'une des premières choses que j'ai faites quand on est arrivés ici. Je ne pouvais pas prendre le risque qu'il puisse me contrôler ou me tuer et prendre ma place.
- Pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit ? Pas… le fait que Henry soit l'enfant de la prophétie et qu'il allait causer ta perte, ou du moins pas seulement ça, mais surtout… le fait que tu vas peut-être mourir ?
Le Ténébreux soupira.
- Tu… tu avais tellement de choses à gérer, la disparition d'Henry, tes retrouvailles avec les frères Darling, le fait qu'en fin de compte, Wendy était toujours prisonnière et qu'il fallait la sauver elle aussi, et sans parler de ton retour forcé au Pays Imaginaire… je ne voulais pas que tu ais à porter un fardeau de plus sur tes épaules. Tu en as assez comme ça. Alors j'ai préféré garder ça pour moi et m'en occuper tout seul. Comme d'habitude. Certaines habitudes sont difficiles à perdre.
- Et quand… quand tu dis que tu es prêt à mourir si ça permet de sauver Henry, est-ce que… est-ce que c'est vrai ?
- Ça l'est, tu peux me croire. Si c'est mon destin et que je ne peux pas l'empêcher, alors je ne me défilerai pas, je ne me comporterai pas en lâche. Pas cette fois.
Neal hocha la tête, intégrant ces nouvelles informations.
Puis, sans rien ajouter, il se dirigea vers son père pour le serrer dans ses bras.
- Non.
Contre lui, le Ténébreux fronça les sourcils.
- Quoi ? Comment ça non ?
- Non, tu ne vas pas mourir. Je… je ne sais pas comment on va faire, mais on va y arriver, ensemble. On trouvera un moyen. On vaincra Peter Pan, sauver tous ceux qui doivent l'être, et tu n'auras pas à mourir pour ça. Je te le promets. Je n'ai pas réussi à empêcher maman de partir, je n'ai pas pu sauver Wendy au bout du compte, je n'ai pas réussi à empêcher Henry de se faire enlever et emmener ici. Je refuse d'échouer une fois de plus et de perdre une autre personne que j'aime. Plus jamais. »
Non loin de là, Emma sourit, espérant que de là où il était, Peter Pan voyait ça et enrageait en constatant que malgré tous ses efforts pour les séparer et les éloigner les uns des autres, il n'y était pas parvenu.
§§§§
Les mots employés par Neal résonnèrent durant un long moment dans l'esprit du pirate.
On trouvera un moyen.
Il avait employé des mots semblables autrefois, dans un tout autre contexte.
Je trouverai un moyen.
Il les avait balancés au visage de Rumplestiltskin, juste après la mort de Milah, alors que la haine s'installait dans son cœur pour ne plus jamais vraiment en partir, que sa longue et implacable – et surtout, il fallait bien le dire, inefficace – vengeance avait commencé, pour durer pendant près de deux cents ans.
Ce moyen, il ne l'avait jamais trouvé.
Et maintenant qu'il était si proche d'abandonner, il n'arrivait même pas à ressentir de regrets.
Il aurait dû, sans doute.
Continuer à haïr Rumplestiltskin pour ce qu'il avait fait à Milah, et c'était ce qu'il ferait, de toute évidence, il ne le pardonnerait jamais pour ça et ce n'était pas comme si le Ténébreux s'était jamais excusé pour ça et il doutait qu'il le fasse un jour.
Ce n'était pas une question de pardon, plutôt de renoncement.
Et il savait déjà qu'il ne tenterait plus de le tuer, mais si jamais Peter Pan y parvenait et que le crocodile perdait la vie, il ne ressentirait pas la moindre tristesse, pas l'once d'une quelconque peine.
Et pas de véritable satisfaction non plus.
Parce que si Gold mourrait, alors Neal serait triste, dévasté même, en perdant l'un des derniers membres de sa famille de sang qu'il lui restait (et qui lui ne souhaitait pas sa mort contrairement à d'autres…) et rien qu'à imaginer sa peine, il se sentait lui-même…
Il ressentait de la tristesse lui aussi, alors que…
Oh.
Donc, si jamais le sorcier mourait, il se sentirait mal, mais pas parce qu'il serait mort, mais… à cause de ce que son fils ressentirait ?
Merde.
Il n'était pas censé autant s'impliquer que ça dans cette histoire, ce n'était pas censé le concerner.
Alors, à sa grande horreur, il réalisa qu'il serait peut-être prêt à tenter de sauver la vie de Rumplestiltskin si jamais celui-ci se trouvait en danger, définitivement pas par altruisme, ni même par pragmatisme, ce qui aurait pu être une raison tout à fait valable vu le contexte, mais uniquement parce qu'il n'avait pas envie que Neal souffre.
C'était…
Ça lui aurait semblé insensé, avant.
Désormais, ça lui paraissait, non pas logique, mais…
Presque normal, après tout ce temps passé avec Neal, sans savoir qui il était d'abord, puis en le sachant parfaitement sur cette île de malheur et alors que cette pensée prenait forme dans sa tête il réalisa une chose qu'il n'avait sans doute pas saisi complètement jusqu'alors.
Il s'était attaché à lui plus qu'il ne l'aurait pensé.
Plus qu'il ne l'aurait dû aussi.
Parce que renoncer à sa vengeance pour lui, c'était une chose, mais envisager de peut-être essayer de sauver celui qu'il avait passé tant de temps à essayer de détruire, ce n'était pas du tout prévu.
Ça avait un côté presque terrifiant.
Bien.
Il n'avait plus le moindre contrôle sur rien, c'était officiel.
Et il n'avait la moindre idée de dans quoi il s'était embarqué au juste.
Merveilleux…
§§§§
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
La question de Neal les prit tous par surprise.
Ils avaient dormi après la révélation de Pan qui les avait tous secoués, et dans le regard de l'ancien enfant perdu, une nouvelle lueur brillait, empli de détermination.
- On ne peut pas continuer comme ça, poursuivit-il, seulement marcher vers le camp, on doit… on a besoin de quelque chose d'autre, d'un plan d'attaque. De trouver quelque chose qui puisse arrêter Peter Pan, n'importe quoi. Est-ce que… vous avez une idée ?
Quand personne ne lui répondit, il n'en fut même pas étonné.
Ce n'était pas pour rien si personne n'avait réussi à le battre après tout.
Quelques secondes s'écoulèrent, puis son père prit la parole.
- Je crois que… je crois que je pourrais avoir quelque chose. Mais… mais cette chose se trouve dans ma boutique à Storybrooke.
- Pourquoi est-ce que tu ne l'as pas emmenée avec toi alors ? Demanda Regina en fronçant les sourcils.
- Parce que je n'y ai pas pensé, lui rétorqua son ancien mentor, et parce que je suis venu ici en pensant accomplir une mission suicide, mais… mais si mon idée marche, alors… nous pourrions vaincre Pan sans être forcés de trouver un moyen de le tuer. Et je n'aurai pas à mourir. Même si l'idée de le voir disparaître ne me déplairait pas, avoua-t-il.
Comme nous tous, songea Emma.
- De quoi s'agit-il ? L'interrogea la Sauveuse.
- D'une boite. La boite de Pandore, nous pourrions l'enfermer dedans, il ne serait plus capable d'en sortir. Jamais. Il ne pourrait pas utiliser ses pouvoirs ou faire du mal à qui que ce soit. Pour l'éternité.
- J'aime l'idée de cette punition, fit Killian avec un sourire cruel et sadique, à son tour de subir ce qu'il a infligé aux autres par le passé. »
Personne ne le contredit.
Ils se lancèrent tous un regard rempli d'espoir.
Ils avaient un début de plan.
C'était déjà ça.
A suivre…
Chapter 124: …Il y a de l'espoir.
Notes:
Titre du 14/12/2023 : … Il y a de l' espoir
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Deux cent vingt septième baiser : Un baiser entre deux femmes
Prénom 41 : Neal
Ariel (Once Upon a Time)
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Lumine : Amitié : Écrire sur une amitié récente ou sur des amis prêts à tout pour l'autre/les autres
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, elles ont dit, de secondaire à principal, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
« Comment on va faire pour se la procurer cette boite de Pandore au juste ? Intervint Emma quelques secondes plus tard. Et d'ailleurs, est-ce que c'est la boite de Pandore ? Celle de la mythologie grecque ?
Rumplestiltskin secoua la tête.
- Non mademoiselle Swan, ce n'est pas la boite de Pandore qui renfermait tous les maux de l'humanité, ce n'est qu'une boite qui nous permettrait de retenir mon père prisonnier pour toujours.
- Si on arrive à l'y enfermer, cette boite contiendra réellement tous les maux de l'humanité, ironisa Neal.
- Comme je vous l'ai dit, poursuivit son père, la boite se trouve dans ma boutique. Je préférerais ne pas m'y rendre moi-même, Peter Pan pourrait en profiter pour vous attaquer, et je pense qu'il vaut mieux que nous évitions d'utiliser nos haricots magiques. Nous en aurons besoin pour rentrer une fois que nous aurons sauvé Henry et Wendy, et il serait préférable que nous en ayons trop plutôt que pas assez. Et je… je pense également que nous ferions mieux de tous rester ici, au même endroit, soudés, sans parler du fait que Pan risque d'envoyer un de ses sbires pour attaquer ceux qui se rendront à Storybrooke.
Certes, il avait demandé à Belle de lancer un sort de protection sur la ville, et il ne doutait pas qu'elle l'ait fait.
Mais qui savait de quoi l'immortel était capable au juste ?
- Alors quoi, ironisa Emma, on va espérer que ceux qui sont à Storybrooke vont penser à nous l'envoyer et vont parvenir à venir ici sans encombre ?
En entendant ces mots, Regina se figea.
Tout ce dont ils avaient besoin dans le fond, c'était de quelqu'un qui soit capable de passer entre les deux mondes, de faire l'aller et le retour sans que qui que ce soit puisse le bloquer.
Et dans son passé de méchante reine figurait la personne parfaite pour ça…
- Je pense que je… que je connais quelqu'un qui pourrait faire ça, dit-elle. Qui pourrait nous permettre d'avoir la boite sans que nous n'ayons à envoyer des gens de notre groupe.
En espérant qu'elle parvienne à la contacter, qu'elle soit là, quelque part, non loin, et surtout, qu'elle accepte de l'aider malgré ce qu'elle avait pu lui faire autrefois, qu'elle accepte de l'écouter et de la croire quand elle lui dirait à quel point elle était désolée.
Ils se retournèrent tous dans sa direction.
- Qui ? Lui demanda Emma, intriguée. Est-ce que c'est quelqu'un de l'île ?
Elle ne connaissait personne au Pays Imaginaire, et la Sauveuse sentit son cœur se serrer en envisageant la possibilité qu'elle ait pu mentir à ce sujet.
Ils venaient déjà d'apprendre que le Ténébreux leur avait caché quelque chose de terriblement important, ils n'allaient tout de même pas découvrir qu'elle en avait fait de même, pas vrai ?
Il était hors de question qu'ils laissent les secrets et les mensonges briser un peu plus leur unité déjà bien fragile.
Peter Pan avait déjà essayé et elle ne le laisserait pas réussir, ni lui ni qui que ce soit d'autre.
La brune secoua la tête.
- Non. Pas… pas exactement. Je pensais à une sirène. Elles peuvent passer de mondes en mondes sans avoir besoin de portail ou de haricot magique.
Killian fronça les sourcils en entendant cela.
- Tu penses sincèrement qu'une des sirènes de l'île acceptera de nous aider ? Dois-je te rappeler de quelle manière elles nous ont accueillis quand nous sommes arrivés ici ?
- Je ne pensais pas à une des sirènes du Pays Imaginaire, le contredit-elle. Non, je pensais à…
- Ariel, la coupa aussitôt Blanche-Neige alors qu'une lueur de compréhension apparaissait dans ses yeux et qu'elle se souvenait. Tu penses à Ariel.
La petite sirène ? Songea Emma, incrédule, avant de se demander comment elle pouvait encore être surprise par quoi que ce soit à ce stade.
Ce n'était pas comme si elle était la fille du prince Charmant et de la princesse Blanche-Neige et qu'elle voyageait actuellement avec d'autres personnages de contes après tout…
- Oui, approuva la sorcière. Mais… je doute qu'elle ait foncièrement envie de m'aider.
Il y avait de la culpabilité dans les yeux de son ancienne belle-mère, et l'archère sentit un mauvais pressentiment l'envahir.
- Tu… Je ne suis jamais retournée la voir après notre rencontre… J'aurais dû de toute évidence. Ça et bien d'autres choses, soupira-t-elle en lançant un regard attristé et coupable à Graham, le chasseur qu'elle n'avait jamais pu sauver alors qu'il avait tant fait pour elle. Mais il y avait la guerre, la reconstruction du royaume, et je ne savais pas où elle était alors je n'y ai plus pensé. Et je… je ne sais pas ce qu'elle est devenue après mon départ. Et peut-être que je me trompe, j'espère que je me trompe, mais je vais tout de même te poser la question. Regina. Qu'est-ce que tu lui as fait ?
Regina ferma les yeux pendant quelques secondes.
D'abord Clochette, maintenant Ariel…
C'était presque drôle en un sens, que ses anciennes victimes, directes comme indirectes, reviennent la hanter au moment même où elle avait le plus besoin d'aide, alors même qu'elle faisait tout pour changer et devenir meilleure.
Et si ce qui était arrivé à la fée n'était pas réellement de sa faute, elle ne pouvait pas en dire autant concernant la sirène…
- Je lui ai volé sa voix, avoua-t-elle, elle n'a pas pu avouer ses sentiments au prince dont elle était tombée amoureuse et… elle est retournée sous l'océan, seule, le cœur brisé et désespérée.
Une lueur de tristesse apparut dans les yeux de la nouvelle mairesse de Storybrooke et elle ouvrit la bouche avant de la refermer, et si Regina crut qu'elle allait hurler, crier sa rage et sa colère contre la femme qui s'en était prise à une innocente juste parce qu'elle avait tenté de l'aider, elle n'en fit rien.
- Cette histoire, c'est entre toi et elle, se contenta-t-elle de dire d'une voix froide mais calme. Je ne m'en mêlerai pas. Et si jamais elle refuse de t'écouter ou de t'aider, je ferai tout pour la convaincre.
Peut-être n'agissait-elle ainsi que parce qu'ils étaient au Pays Imaginaire et qu'elle n'avait pas d'autre choix, mais Regina lui fut reconnaissante de ce geste.
- Merci.
- Bien… Fit Emma alors que le silence commençait s'installer. Comment on fait pour faire venir une sirène au juste ? Sans se planter de personne, évidemment.
Regina lui sourit.
- Pour ça tu n'as pas à t'en faire. Je m'en charge. »
§§§§
Quand elle se retrouva face au visage de la femme qui avait tout fait pour lui gâcher la vie, Ariel ne put empêcher son corps d'instinctivement se reculer.
Regina.
La méchante reine.
Celle qui s'était faite passer pour Ursula, la déesse de la mer, qui lui avait menti, qui l'avait manipulée et utilisée pour blesser son amie, celle qui lui avait volé sa voix et tous ses espoirs.
Comment osait-elle ?
Qu'est-ce qu'elle voulait au juste, se moquer d'elle, la railler ?
Elle avait eu ce qu'elle voulait, non, alors pourquoi par tous les océans du monde ne voulait-elle pas la laisser un tant soit peu tranquille ?
Elle voulut partir, s'en aller, fuir le plus loin possible de ce monstre, avant de réaliser qu'elle ne le pouvait pas et il ne lui fallut pas très longtemps avant d'en comprendre la raison.
La magie.
Elle avait utilisé la magie pour la stopper, l'empêcher de s'en aller.
Évidemment.
Pourquoi n'était-elle même pas surprise ?
Et elle ne pouvait même pas lui hurler dessus, la reine lui en avait volé la capacité en même temps que sa voix.
Aussi, quand elle réalisa quelques secondes plus tard, suite à un sortilège de la part de la brune, qu'elle pouvait à nouveau parler, elle la regarda avec incrédulité.
« Qu'est-ce que… bredouilla-t-elle. Qu'est-ce qu'il se passe ?
Ce ne fut qu'à ce moment-là, une fois ces yeux moins aveuglés par la rage et la rancœur qu'elle réalisa que son ennemie n'était pas seule et que non loin d'elle se trouvait Blanche-Neige et d'autres personnes qu'elle ne connaissait pas.
Une Blanche-Neige bien différente de celle qu'elle avait côtoyée autrefois, aux cheveux courts, et qui alors même qu'elle était non loin de la femme qui avait passé une éternité à essayer de la tuer, ne semblait même pas avoir peur.
Ça n'avait pas le moindre sens.
- Avant toute chose, commença Regina, je voulais vous dire à quel point… je suis désolée. Pour tout ce que je vous ai fait. Pour votre voix. Les jambes que vous n'avez jamais pu avoir par ma faute, cette fin heureuse qui aurait dû être à vous et que je vous ai volée. Je suis navrée.
Quoi ?
Est-ce que c'était bien la méchante reine qui se trouvait devant ses yeux ?
- Je… je ne comprends pas. Pourquoi m'avez-vous appelée ?
- Pour vous proposer un marché. J'ai besoin de votre aide, Ariel. Je voudrais que vous fassiez quelque chose pour moi.
- Pourquoi est-ce que j'accepterais de faire quoi que ce soit pour vous ? Lui rétorqua la sirène, sur la défensive.
- Parce que je peux vous rendre tout ce dont je vous ai privée autrefois. Votre voix. Vos jambes. Une chance d'être réunie avec l'homme que vous aimez. En échange je ne vous demande qu'une seule chose. D'aller me chercher un objet dans un autre monde.
Ariel la regarda avec un air suspicieux.
- Vous avez besoin de ça pour quoi exactement ?
- Pour sauver mon fils des griffes d'un monstre.
Les yeux de la rousse s'écarquillèrent de surprise.
Depuis quand la méchante reine avait-elle un enfant ?
Et depuis quand n'était-elle plus en quête de vengeance ?
- Ariel, intervint alors Blanche-Neige, je sais que ça peut sembler difficile à croire, mais… elle a changé. Elle est devenue meilleure. Elle tiendra sa promesse envers toi, je te le jure. Mais pour ça nous avons besoin de ton aide. Je t'en prie, aide-moi à sauver mon petit-fils.
Le cerveau de la sirène ne tenta même pas de comprendre toute l'étendue de la complexité de cet arbre généalogique de malheur qui venait tout juste de se dévoiler en seulement quelques phrases.
Elle reporta son regard sur Regina à la place.
- Ma voix. Mes jambes. Sans conditions, et pour toujours, sans que vous ne me les enleviez jamais, si jamais je rapporte ce dont vous avez besoin. C'est d'accord ?
Regina hocha la tête, sans broncher.
- Bien sûr. Tout ce que vous devrez faire c'est aller dans le monde sans magie, à Storybrooke. Le Ténébreux vous indiquera comment faire, quel objet vous devez trouver et qui contacter pour le faire. Une fois tout cela fait, ajouta-t-elle en faisant apparaître le bracelet magique dont elle s'était servie autrefois, je ferai en sorte que ce bracelet vous permette d'avoir des jambes pour le reste de votre vie si c'est toujours ce que vous voulez. Pour l'instant, vous ne pourrez en avoir que durant les prochaines vingt-quatre heures, ajouta-t-elle avant de lui lancer le bracelet, qu'elle rattrapa aussitôt.
Vingt-quatre heures.
Bien sûr qu'elle faisait en sorte qu'elle ait une raison valable de revenir et de ne pas s'enfuir, ça non plus ça ne l'étonnait pas.
- Storybrooke ? C'est là que les habitants de la Forêt Enchantée ont été envoyés quand le Sort noir a été lancé, non ?
Elle en avait entendu parler, un peu, mais elle savait peu de choses en dehors de ça, elle se mêlait le moins possible aux humains, ne pouvant pas réellement aller les voir en dehors de l'océan ou leur poser des questions.
Elle aurait aimé pouvoir le faire pourtant.
Il y avait tant de choses qu'elle aurait voulu pouvoir faire et que Regina lui avait empêché d'accomplir.
- Est-ce qu'Eric se trouve là-bas ? Demanda-t-elle d'une voix emplie d'espoir.
Regina songea à se taire, au début, à garder ça pour plus tard, et elle l'aurait fait, avant, si elle n'avait pas sincèrement regretté ce qu'elle avait fait à Ariel et qu'elle ne l'avait appelée que pour se servir d'elle.
Mais ce n'était pas le cas.
Maintenant, elle voulait se racheter, vraiment, ce qui signifiait que son bonheur avait de l'importance pour elle et si elle pouvait lui permettre de l'obtenir, alors elle ferait de son mieux pour l'aider.
Et lui dire que son prince était à sa portée semblait bien peu de choses en comparaison de ce que la sirène allait faire pour eux.
- Oui. Il est à Storybrooke.
Le regard de la jeune femme se mit à briller et elle se tourna vers Rumplestiltskin.
- Très bien. Alors, dites-moi ? »
§§§§
Ce n'était qu'une simple fourchette.
Un objet normal, banal, simple, quelque chose qu'on trouvait dans le monde sans magie comme dans la Forêt Enchantée, mais c'était également un objet si typiquement humain que Belle n'était dans le fond même pas surprise de voir Ariel être émerveillée en en voyant une pour de vrai.
Cela faisait si longtemps qu'elle n'était pas remontée à la surface après tout, et la sirène se souvenait en avoir utilisé une autrefois, pour blesser Regina alors qu'elle s'attaquait à Blanche-Neige.
Elle aurait aimé en garder un autre souvenir, quelque chose qui ne soit pas teinté de cette souffrance infligée par la méchante reine.
Tout en continuant de chercher la boite de Pandore en suivant les indices donnés par le Ténébreux, Belle regardait Ariel de temps en temps, amusée et attendrie par sa fascination qui avait empêché au début la rousse de l'aider dans ses recherches, après être tombée sur cette fourchette qui se trouvait dans un coin de la boutique.
Elle la comprenait bien, après tout, elle aussi elle avait ressenti de la fascination pour le monde sans magie quand elle l'avait découvert pour la première fois après la fin de la malédiction.
Quand la bibliothécaire mit enfin la main sur l'objet tant convoité, elle sourit à Ariel.
Après avoir passé près d'une semaine dans l'angoisse en ne sachant pas ce qui avait pu arriver à ceux qui étaient partis pour le Pays Imaginaire, sans savoir quoi que ce soit, voilà que non seulement elle avait des nouvelles d'eux, qu'elle apprenait qu'ils étaient sains et saufs, mais en plus elle avait la capacité de les aider à réussir à vaincre Pan.
Et même si l'espoir ne l'avait jamais réellement quittée, en cet instant, il venait tout juste de grandir et de s'épanouir comme jamais auparavant, maintenant elle avait quelque chose de concret et de réel, elle savait qu'ils avançaient du mieux qu'ils pouvaient.
Et oh comme elle croyait en eux.
Tellement fort.
Alors qu'elle regardait Ariel partir avec la boite, sans encombres, elle se sentit également rassurée.
Personne ne les avait attaquées durant leurs recherches, c'était une preuve que leur sort de protection fonctionnait bien puisque Peter Pan n'avait envoyé personne.
La ville était en sécurité, c'était au moins ça de gagné.
§§§§
Rumplestiltskin ne s'autorisa à respirer de nouveau que lorsque la sirène surgit de l'eau avec la boite de Pandore dans les mains.
Elle avait réussi.
Elle y était parvenue.
Prudent, il vérifia que c'était bien elle, et s'assura que la boite était bien celle dont ils avaient besoin, qu'elle fonctionnait et qu'il pourrait l'utiliser contre son père.
Il sourit.
C'était bien le cas.
« Est-ce que Belle va bien ?
- Elle va bien, lui confirma la rousse, elle vous souhaite bonne chance. Elle croit en vous, en vous tous.
Rumple sourit.
- Je n'en ai jamais douté.
- Depuis combien de temps est-ce qu'on est partis ? L'interrogea Emma, fébrile.
- Belle m'a dit que nous étions le 7 juin 2012.
Le jeudi 7 juin 2012.
Donc ça faisait une semaine qu'ils étaient partis, ce n'était pas autant qu'ils ne l'auraient craint.
- Merci, lui dit David, merci infiniment.
Ariel lui sourit et se retourna vers Regina qui venait d'enchanter le bracelet une fois de plus et elle le remit à son poignet, toujours un peu méfiante.
- Si jamais il s'avère que ça ne fonctionne pas, je vous autorise à revenir sur cette île et à me noyer en représailles.
Ariel ne voulut même pas savoir si elle plaisantait ou non.
- Merci, lui répondit-elle malgré tout.
- Non. Merci à vous. Et… j'espère que vous arriverez à arranger les choses. Et Ariel… soyez heureuse.
Elle semblait sincère.
Ça n'effaçait rien de ce qu'elle lui avait fait, et elle avait fait appel à elle parce qu'elle était désespérée, certes, mais elle voulait réellement se racheter.
C'était plus que ce à quoi elle s'attendait.
Elle acquiesça, une lueur de défi dans le regard.
- Comptez sur moi. »
Puis elle disparut et Regina eut le sentiment que tout se passerait bien pour elle.
Elle l'espérait du moins.
§§§§
Regina avait le sentiment de ne plus sentir le moindre de ses muscles.
Ou de peut-être trop les sentir justement, vu à quel point elle avait mal actuellement.
Non loin, tout le monde au camp en dehors de Rumplestiltskin dormait ou tentait de le faire, et malgré la fatigue, elle s'en sentait incapable.
Pas alors que l'espoir, l'exultation et l'excitation la tenaient éveillée, parce qu'ils étaient à deux doigts d'arriver au camp, parce qu'ils avaient la boite de Pandore (le tout était de trouver un moyen d'immobiliser Pan désormais et de réussir à l'enfermer sans qu'il ne puisse se défendre) et qu'ils n'avaient jamais été si prêts du but.
Quand une silhouette se rapprocha d'elle et qu'elle aperçut la chevelure blonde d'Emma Swan qui s'asseyait à ses côtés, elle réalisa qu'elle n'était en fin de compte pas la seule à ne pas être en train de dormir.
La Sauveuse lui sourit.
« Je crois qu'on y est presque, tu ne crois pas ?
Ses yeux pétillaient, comme jamais auparavant depuis le début de leur périple.
La sorcière sourit.
- Oui, je le pense aussi.
Le regard de son amie s'attarda sur elle.
- C'est bien ce que tu as fait pour Ariel. L'aider, de cette manière, lui rendre ce qu'elle avait perdu.
La brune haussa les épaules.
- Je n'aurais rien eu à faire si je ne le lui avais pas enlevé en premier lieu.
- C'est vrai. Mais tu as décidé de faire en sorte qu'elle ait une fin heureuse, après avoir ruiné sa vie. Tu as vraiment changé. Et je suis fière de toi. »
Elle continuait de la regarder, un sourire sur les lèvres, et Regina finit par se demander si elle avait encore quelque chose à lui dire.
Puis Emma l'embrassa.
Oh.
Oh.
Elle ne pouvait pas dire qu'elle ne s'y attendait pas, ni qu'elle n'espérait pas que ça arriverait un jour, surtout depuis le temps qu'elle et la princesse se tournaient autour, mais aucune d'elle n'avait rien tenté jusque-là et elle avait toujours pensé que ça continuerait ainsi jusqu'à leur départ de cette île de malheur.
Ce n'était pas censé se passer comme ça.
Leur premier baiser aurait dû avoir lieu ailleurs, dans la Forêt Enchantée ou à Storybrooke ou ailleurs, n'importe où qui ne soit pas cette île maléfique emplie d'ombres et de ténèbres.
Elles auraient dû s'embrasser sans craindre d'être à deux doigts de perdre leur fils.
Mais Emma lui sourit et l'embrassa une seconde fois, alors ça signifiait peut-être que tout n'était pas complètement perdu.
Et finalement, elles n'auraient pas à attendre d'être rentrées à Storybrooke pour réussir à déterminer si l'autre ressentait la même chose.
A suivre…
Chapter 125: Je te vois.
Notes:
Titre du 02/05/2023 : Je te vois
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Liste 58
1. Une personne blessée
2. Deux personnes en couple
3. "Ce n'est pas la fin du monde"
4. 500 mots minimum
Quatre aspects de… L'étrange village : Pomme d'or : Écrire sur Blanche Neige ou sur un personnage qui reçoit de l'argent
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Par moments, Henry ne pouvait s'empêcher de se demander si Peter Pan le croyait réellement si naïf que ça.
S'il pensait vraiment qu'il allait se laisser prendre à ce petit jeu, celui de lui faire croire qu'il était seul au monde, que personne ne viendrait jamais le chercher, que personne parmi sa famille ne tenterait de le sauver.
Il savait que Peter Pan n'y croyait pas lui-même et Henry était déterminé à ne jamais y croire non plus.
Certes, il n'avait pas eu la moindre nouvelle des siens ou de ses proches depuis qu'il avait été enlevé par les frères Darling et que ceux-ci avaient fui loin du Pays Imaginaire, et dans les faits, il ne savait même pas non plus si ces derniers avaient pu les prévenir ou si Emma et les autres savaient où il se trouvait actuellement.
Mais il savait qui il était et de quelle famille il venait, il savait de quel genre de miracles les gens qu'il aimait étaient capables, tout ce qu'ils pouvaient accomplir.
Après tout, ils étaient parvenus à ouvrir un passage pour lui et son père alors que ça semblait a priori impossible.
Lui-même aurait aimé pouvoir réussir à s'enfuir de ce monde par lui-même, mais les choses étaient différentes de ce qu'elles étaient quand il était encore dans la Forêt Enchantée.
Cette fois, il était prisonnier et seul, et il n'avait aucun objet magique à sa disposition pour lui permettre de s'échapper.
Et malgré tout l'espoir et la foi qu'il leur vouait, à tous, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine crainte, une profonde angoisse qui l'envahissait à chaque instant depuis qu'il était dans ce fichu camp.
Celle qu'ils ne soient pas parvenus jusqu'au Pays Imaginaire à cause des manigances de son arrière-grand-père, ou pire encore.
Que malgré les obstacles sur leur chemin, ses parents, ses grands-parents, sa famille (parce qu'ils étaient là, il en était persuadé, ils étaient ici en train de se battre pour lui, ils étaient venus le chercher, pour qu'il soit libre à nouveau, il n'en doutait pas, ne voulait pas en douter) avaient réussi à entrer dans ce monde et que malgré ça, malgré leur force, leur courage…
Ils ne soient pas parvenus à le retrouver, parce que de toute évidence, ils n'étaient pas là,parce qu'il ne savait toujours pas s'il étaient là, en théorie et si oui, où ils pouvaient bien se trouver.
Le Pays Imaginaire était un monde vaste et étendu après tout, ils pouvaient être n'importe où.
Ils n'étaient pas morts en revanche, c'était la seule et unique certitude du jeune garçon.
Dans le cas contraire, si Pan avait réussi à les tuer, à tous les tuer (y compris un Ténébreux immortel dont il aurait volé la dague, dont il aurait alors pris la place, et dieux, Henry ne voulait même pas penser à cette possibilité), il aurait jubilé, le lui aurait jeté au visage avec toute la cruauté dont il pouvait être capable.
Il leur aurait montré leurs corps sans vie, pour lui prouver qu'il avait perdu et lui arracher tout ce qui pouvait encore lui rester d'espoir quant au fait que cette histoire aurait une fin heureuse.
Mais ce n'était pas arrivé, alors ça signifiait que rien n'était encore perdu.
Ça ne changeait rien au fait que Peter Pan tentait tout ce qui était en son pouvoir pour le convaincre d'arrêter de croire qu'il pouvait être sauvé.
Ironique d'ailleurs qu'il veuille qu'il cesse de croire, lui qu'il avait appelé le plus pur des croyants…
Il le sentait bien, même si le sorcier ne lui avait toujours pas dit ce qu'il comptait faire au juste maintenant qu'il avait réussi à le capturer, il voulait à tout prix qu'il intègre le groupe des enfants perdus, qu'il se sente orphelin lui aussi, seul, abandonné, comme tous les autres.
(Il se demanda brièvement si Malcolm avait été un enfant perdu lui aussi, autrefois, avant de devenir père puis de choisir d'abandonner son identité pour celle d'un enfant éternellement jeune.
Il doutait que ça ait la moindre importance désormais, il doutait même de pouvoir avoir un jour la réponse à cette question et encore moins s'il tenait véritablement à le savoir.)
Ça n'arriverait pas, il en avait la conviction.
Oui, il avait été abandonné, mais il avait été adopté par Regina et grâce à elle il ne s'était jamais senti comme un orphelin, il avait été aimé dès l'instant où elle l'avait tenu dans ses bras, où il était devenu son fils.
Même quand il luttait contre elle et sa malédiction, même quand il la détestait et l'appelait méchante reine, même quand il la fuyait et se réfugiait aux côtés d'Emma, même quand il explorait la Forêt Enchantée à la recherche de moyens de prouver qu'il avait raison contre elle, il l'avait toujours su.
Il avait une famille qui l'aimait et qui était capable de le sauver, qui avait traversé d'innombrables épreuves et qui avait survécu, à chaque fois, il n'était pas seul même s'il ne savait pas encore où ils se trouvaient, contrairement aux autres enfants de l'île qui étaient vraiment seuls au monde.
Et surtout, même s'il ne se trouvait pas dans ce monde depuis très longtemps, il avait vu sa noirceur, sa dangerosité, il savait à quel point il était facile de s'y perdre et de se faire piéger par la forêt.
Alors pour ça et pour tout le reste, il était prêt à les attendre le temps qu'il faudrait.
Il ne céderait pas face à Peter Pan.
Même quand la flûte de Pan résonnait dans l'air et qu'il refusait de l'entendre parce qu'il n'était pas un garçon perdu.
Même quand Félix trouvait amusant de le confronter à un autre enfant perdu et de le forcer à se battre contre lui, jusqu'à ce qu'il se blesse tandis qu'Henry n'avait rien, même quand Peter Pan tenta de lui prouver de toutes les manières possibles que son espoir était vain et que personne ne viendrait jamais le chercher.
Malgré tout, il faisait face, quoi qu'il arrive, malgré la peur, malgré le désespoir qui menaçait parfois de l'engloutir quand il réalisait à quel point le danger auxquels ils faisaient tous face était terrifiant.
C'était ce que sa famille aurait voulu qu'il fasse.
Puisqu'ils étaient courageux quoi qu'il advienne, il se devait de l'être lui aussi.
§§§§
La dernière fois qu'Emma Swan se souvenait avoir été aussi amoureuse de quelqu'un, elle avait dix-sept ans.
C'était la seule fois que c'était arrivé d'ailleurs, la seule fois de son existence où elle s'était autorisée à l'être, à ressentir de l'amour pour quelqu'un, pour qui que ce soit, et puis pendant près de dix ans, elle avait été seule.
Jusqu'à ce qu'Henry arrive, mais même là elle ne s'était pas autorisée à se rapprocher de ceux qui l'entouraient, pas complètement, et même quand elle y était parvenue, les murs qu'elle avait passé la quasi-entièreté de sa vie à bâtir autour d'elle étaient là pour s'assurer qu'elle ne s'attacherait pas trop, de peur d'être blessée à nouveau.
Puis Neal était revenu dans sa vie et elle avait cru sombrer en plein dans un cauchemar dont elle espérait pouvoir se réveiller au plus vite.
Ironiquement, sa présence – ainsi que ses séances avec Archie – lui avait permis d'aller de l'avant, de se reconstruire, de passer à autre chose, parce qu'il avait vraiment tenté de se faire pardonner, parce que maintenant elle savait pourquoi il était parti, pourquoi il l'avait abandonnée.
Maintenant elle savait qu'il l'avait vraiment aimée, elle avait ses parents à ses côtés, ses amis, Henry, Neal lui-même aussi improbable que ça ait pu lui paraître au début, elle avait Regina.
Elle n'avait plus peur d'aimer, et elle aimait Regina, elle l'aimait si fort que ça lui faisait presque peur, et sans doute aurait-elle eu peur dans d'autres circonstances.
Si elles avaient été à Storybrooke et que leur seul et unique soucis avait été de tout faire pour que tout se passe bien en ville, elle aurait pu être effrayée de ce qui allait se passer ensuite.
Ici et maintenant, elle n'avait pas le luxe d'avoir peur, pas pour ça.
Pas alors qu'Henry n'était toujours pas sain et sauf.
Pas alors qu'ils pouvaient perdre la vie à tout moment.
Pas alors que l'île et son maître continuaient de les narguer, comme si leur combat n'avait pas la moindre valeur.
Pourtant, malgré tout, son cœur était presque… léger.
Ça n'aurait pas dû être le cas.
Mais elle avait embrassé Regina alors même que ce n'était pas le moment, mais elle était fatiguée d'attendre, de devoir remettre à plus tard tout ce qui comptait pour elle sous prétexte que Peter Pan était celui qui contrôlait absolument tout sur cette île.
Hors de question de le laisser leur voler ça en plus de tout le reste, elle ne le permettrait pas.
Et pourtant, il y était parvenu, il avait volé leur joie, parce qu'au vu des circonstances, comment pouvait-elle se réjouir de ce qui venait de se passer alors même qu'ils étaient loin d'avoir gagné ?
Dans les faits, elle n'aurait pas crié sur tous les toits qu'elle et Regina étaient désormais en couple, à la fois parce que c'était tout nouveau et qu'elle voulait garder ça pour elle et sa petite-amie (petite-amie. Le mot lui donnait envie de rire comme une adolescente alors qu'elle approchait de la trentaine. Encore une chose qu'elle n'aurait jamais cru vivre un jour.), mais aussi parce qu'elle avait peur de la réaction de ses parents.
Elle savait que David et Blanche-Neige ne détestaient plus Regina, pas comme avant, mais elle ne se sentait pas encore prête à leur avouer qu'elle, leur fille, sortait avec leur ancienne ennemie, avec la femme qui leur avait pourri la vie pendant des années, qui avait tenté de les tuer.
Elle aurait attendu, de toute évidence, mais…
Mais ne pas pouvoir le dire à quelqu'un c'était…
Cruel.
Elle voulait hurler sa joie, parce que la femme qu'elle aimait l'aimait aussi, parce qu'elles s'étaient embrassées, parce qu'elles avaient prouvé qu'au sein de toute cette noirceur, quelque chose de beau pouvait être créé en dépit de tout, en dépit des ténèbres.
Mais elle ne le pouvait pas.
Parce que son fils était toujours en danger et que rien de tout ça n'était à propos d'elle.
Mais bon…
Ce n'est pas la fin du monde, disait-on.
Elle pourrait attendre pour célébrer ce bonheur, et pour ça elle allait faire tout ce qui était en son pouvoir pour détruire Peter Pan et l'anéantir.
Et ce même si la peur menaçait de l'engloutir à tout moment.
§§§§
Emma souriait.
C'était… inattendu et plutôt improbable, songea Neal en observant brièvement son ancienne petite-amie.
Certes, ils avaient mis la main sur la boite de Pandore, objet qui leur permettrait avec un peu de chance de vaincre leur ennemi une bonne fois pour toute et s'il lisait l'espoir dans les yeux des autres, il y avait quelque chose de… différent chez la Sauveuse, une chose qu'il ne pouvait pas expliquer.
Oui.
Cet air rêveur qu'elle avait sur le visage et qui détonnait avec le reste de l'ambiance générale.
La blonde fronça les sourcils en constatant qu'il l'observait.
« Quoi ? Lui demanda-t-elle, surprise et curieuse.
- Rien, répondit-il en haussant les épaules, c'est juste que tu… tu as l'air… différente. Comme si… Peu importe.
Elle se figea pendant quelques secondes, étonnée que quelqu'un l'ait remarqué, avant de sourire.
Après tout, elle lui avait déjà parlé de ses sentiments pour Regina par le passé, même si à ce moment-là tout allait bien et qu'ils ne s'attendaient aucunement à la catastrophe qui allait bientôt leur tomber dessus, elle pouvait tout à fait recommencer.
Et ça lui permettrait de penser à autre chose qu'à ce qui occupait déjà son esprit les trois quarts du temps.
- C'est vrai, je… Il est arrivé quelque chose.
Le jeune homme fronça les sourcils.
- Quoi ?
- Je ne voulais pas en parler à qui que ce soit, vu le contexte, les circonstances et tout ce qui se passe en ce moment, le fait que même si on se rapproche du but et qu'on n'a jamais été aussi près d'Henry avant maintenant, le fait est qu'on ne l'a toujours pas retrouvé et… je préférais attendre.
- Tu m'intrigues de plus en plus.
Les bonnes nouvelles étaient plus rares en ce moment, et définitivement insuffisantes pour réellement leur remonter le moral, aussi il l'écouta avec attention.
- Je… J'ai embrassé Regina, lui chuchota-t-elle avec un air complice ainsi qu'un sourire lumineux et radieux sur le visage.
Neal fut lui-même surpris en souriant de constater à quel point il était sincèrement heureux pour elle.
Il ne ressentit pas la moindre amertume, et hormis une légère pointe de tristesse et de regret alors qu'il songeait brièvement à ce qu'ils avaient été autrefois et ne seraient plus jamais, à tout ce qu'ils avaient perdu par sa faute et à cause de ses choix passés, il n'éprouvait que de la joie pour elle.
L'amour qu'il ressentait pour elle autrefois n'était plus là, ou du moins pas de la même manière, il était différent, il l'aimait, bien sûr, mais il n'en était plus amoureux et le fait d'avoir été réuni avec elle et d'avoir pu arranger les choses lui avait permis de le réaliser.
Elle était son amie, la mère de son fils, la première femme qu'il avait jamais aimée, mais rien de plus, et c'était pourtant largement suffisant pour lui.
Tout comme elle, il avait pu passer à autre chose et n'était désormais que peu hanté par les et si qui lui passaient autrefois par la tête quand il se demandait parfois ce qu'il se serait passé entre eux s'il ne l'avait jamais abandonnée ou s'ils s'étaient retrouvés plus tôt, avant qu'Henry ne les réunisse.
- Oh. Dois-je faire semblant d'être surpris ? Suis-je supposé l'être ? Parce que je peux si tu veux, je peux aussi tenter de me procurer une chaise, ou un rocher quelconque, m'asseoir dessus et en tomber de surprise si tu préfères, ça fera plus authentique et crédible comme ça.
La blonde éclata de rire et le frappa légèrement à l'épaule.
- Très drôle.
- Après tout, poursuivit-il, l'air rieur, ce n'est pas comme si tu m'avais parlé d'elle encore et encore et encore. Je me demande comment j'ai pu survivre à ça.
Son amie gloussa, sentant le poids qui pesait sur sa poitrine commencer à disparaître.
- C'est faux. C'est une calomnie. Je n'ai pas parlé d'elle tant que ça. Toi le jour où tu annonces que tu es tombé amoureux de quelqu'un, je te jure que je vais pas te rater.
Il grimaça.
Il valait mieux qu'elle ignore que c'était probablement déjà le cas…
Encore que non.
Non.
Il s'y refusait, il refusait d'y penser, c'était hors de question.
- Ça, ça ne risque pas d'arriver, ne put-il s'empêcher de laisser échapper malgré lui et il réalisa en voyant la blonde hausser un sourcil surpris qu'il n'aurait probablement pas dû dire ça.
Parce que de toute évidence, au vu du regard qu'elle lui lança, elle ne le croyait pas.
Merde.
Comment diable avait-il pu oublier le fait que la jeune femme savait quand les autres lui mentaient ?
Il aurait mieux fait de se taire, parce que c'était un sujet dont il n'était pas supposé parler, qu'il valait mieux laisser à sa place, loin des regards, dans l'ombre jusqu'à ce qu'il sombre dans l'oubli, il fallait qu'il n'y repense plus et pourtant il n'avait pas pu s'en empêcher.
Apparemment, il était suffisamment doué pour rester dans le déni et se mentir à lui-même mais pas assez pour que ce soit convaincant pour d'autres…
Dommage.
- Oh. Toi, tu me caches quelque chose, lui fit son amie en lui souriant avec un air espiègle qu'il ne lui avait pas vu depuis qu'ils avaient appris qu'Henry avait été enlevé par les frères Darling.
Aussi, il n'eut pas le cœur de tenter de la détromper, de toute façon elle ne serait pas laissée avoir par ses mensonges, et il décida de la laisser chercher, n'ayant pas envie de lui demander de laisser tomber.
Après tout, ce n'était pas comme si elle allait découvrir quoi que ce soit de réellement important, pas vrai ?
Il soupira.
- Je… Ce n'est pas… C'est compliqué.
Les yeux d'Emma se mirent alors à briller de mille feux.
- Donc il y a bien quelque chose, n'est-ce pas ? Ou en tout cas quelqu'un. J'en suis sûre. (Elle tourna brièvement la tête pour s'assurer que personne ne les écoutait, et non, ils étaient assez isolés du groupe pour personne ne puisse les entendre.) Allez, dis-moi tout, qu'on puisse discuter d'autre chose que de trucs déprimants ou de machins magiques auxquels je ne comprends rien la moitié du temps.
Il sourit et il en eut la certitude totale.
Il n'aurait pas réussi à sauver Henry en étant tout seul, et surtout il n'aurait pas survécu à cet enfer une seconde fois sans ce groupe autour de lui, sans Emma, sans son père, sans Jean et Michel, même sans ceux qu'il connaissait à peine et dont la détermination l'avait aidé à tenir bien plus qu'il ne l'aurait cru.
Ironiquement, sans la présence de Crochet il n'y serait pas parvenu non plus, et pas seulement parce que le pirate les guidait sur l'île depuis leur arrivée.
Mais parce qu'aussi étrange et improbable que cela puisse paraître, surtout du point de vue de son lui du passé, il était sincèrement heureux qu'il soit là.
Le jeune homme faillit éclater d'un rire amer et triste.
Et voilà.
Même quand il essayait de ne pas penser à lui, il échouait quant même sur toute la ligne.
C'était vraiment pathétique.
- Je suis persuadé que ton début d'histoire avec Regina est bien plus intéressant que quoi que ce soit que je pourrais te raconter.
Le regard qu'Emma posa sur lui se fit sceptique.
- J'en doute. Tu sais déjà tout ce qu'i savoir, alors que moi je ne sais rien du tout ! Alors ? C'est quelqu'un de Storybrooke ou de la Forêt Enchantée je suppose vu que tu ne m'as jamais parlé de qui que ce soit du monde sans magie que tu aurais rencontré pendant que tu vivais à New York. Donc c'est récent. Qui est-ce ? Est-ce que je la connais ? Ou que je le connais ?
Il n'était pas amoureux.
C'était ce qu'il aurait dû lui dire, et c'est ce qu'elle aurait dû croire et surtout ça aurait dû être la vérité, mais apparemment on ne pouvait s'arranger avec la vérité que jusqu'à un certain point et le déni n'était pas une option valable éternellement quand on côtoyait un détecteur de mensonges vivant.
Il n'était pas en train de tomber amoureux (ou de retomber amoureux, qui sait. Est-ce que ça avait vraiment été de l'amour à l'époque ou bien est-ce qu'il était alors bien trop jeune pour savoir ce que c'était ?) du pirate.
Mais plus il tournait et retournait cette phrase dans sa tête, plus elle sonnait faux, discordante.
Il aurait tellement voulu que ce ne soit pas le cas.
Mais on ne choisit jamais qui on aime.
Tout ce qu'il ressentait, tout ce qu'il aurait voulu cacher, enterrer le plus profondément possible au fond de lui-même, tout ça remontait à la surface, tout ça à cause de cette maudite conversation avec Emma, tout ça parce qu'il avait été incapable de se taire.
- Ouais. Tu le connais, admit-il enfin, l'air sombre.
La blonde fronça les sourcils en voyant son changement d'expression.
- Qu'est-ce que…
- Il est ici. Dans notre groupe, précisa-t-il, et… c'est quelqu'un que je suis censé détester.
Je l'aime, songea-t-il avec consternation.
Je l'aime et c'est une catastrophe.
Parce que c'était l'homme qui voulait tuer son père, celui qui avait aimé sa mère et même en admettant qu'il abandonne sa vengeance, comment cela pouvait-il ne pas être tordu ?
Il savait que l'arbre généalogique d'Henry avait de moins en moins de sens, mais à aucun moment il n'avait voulu être celui qui le complexifierait encore plus.
- Quelqu'un que tu…
Les yeux d'Emma s'écarquillèrent de surprise alors qu'elle comprenait.
- Oh. C'est… c'est Crochet c'est ça ?
Neal aurait aimé que la réponse ne soit pas si évidente ni si simple à trouver.
- Oui. C'est lui. Je suis foutu, pas vrai ? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que sur des millions de personnes, je tombe amoureux de lui franchement ?
- Tu es bien tombé amoureux de moi, la Sauveuse, alors qu'on devait probablement être les deux seules personnes venant de la Forêt Enchantée en dehors d'August et des gens de Storybrooke. Franchement, quelles étaient les chances ?
Il essaya de sourire, mais le cœur n'y était pas.
- Quand est-ce que tu t'en es rendu compte ? Et que tu l'as accepté ? Lui demanda la princesse, curieuse.
- Au cours de notre séjour sur l'île. Avant je pouvais rester en colère, le détester, j'avais toutes les raisons de le faire, mais maintenant… Maintenant j'ai peut-être une chance de devenir son ami, je ne le hais plus alors c'est plus difficile de… de faire semblant.
La sorcière haussa de nouveau un sourcil surpris.
- Faire semblant ?
- Hé bien… Il se pourrait que… quand j'étais adolescent, sur le Jolly Roger, avant que j'apprenne la vérité, que… j'avais des sentiments pour lui ? Je crois ?
Emma ne put s'empêcher de rire nerveusement.
- Attends, tu… tu crushais sur lui à l'époque ? T'as vraiment craqué pour le beau brun ténébreux, sérieusement ? C'est possible de faire plus cliché ? On a un truc pour les pirates à ce que je vois.
Cette fois-ci, ce fut à son tour de faire semblant de la frapper.
- J'avais quatorze ans d'accord, y a prescription ! Et bon il m'avait sauvé la vie, il m'apprenait des trucs sur la navigation, il était cool et…
- Et incroyablement sexy, s'amusa Emma, moqueuse.
- C'est ça moque toi madame je suis amoureuse de la méchante reine, dans le genre belle brune ténébreuse clichée t'as fait fort toi aussi.
Emma rit à nouveau et recommença à espérer de toutes ses forces qu'un jour, dans peu de temps, ils pourraient tous partir d'ici sains et saufs et que des conversations comme ça ne seraient plus seulement épisodiques.
- Certes. Tu… tu comptes faire quoi ?
- Rien. Les choses sont déjà assez compliquées comme ça, on doit aller sauver Henry et… et tout ça ne me mènera nulle part. Je vais faire comme si de rien n'était et avec un peu de chance je finirai par passer à autre chose. De toute façon, dit-il en haussant les épaules en faisant comme si ça l'indifférait totalement, il partira de Storybrooke une fois qu'on aura sauvé Henry alors dans ce cas… inutile de tenter de construire quoi que ce soit sur du sable, tu ne crois pas ? »
Le sourire d'Emma se fit triste.
Elle savait bien qu'il ne croyait pas lui-même à ce qu'il disait, mais elle préféra se taire, après tout il avait raison.
Ils devaient sauver leur fils.
Après, ils pourraient bien se préoccuper de leurs éventuels problèmes amoureux.
A suivre…
Chapter 126: Le combat d'une mère.
Notes:
Titre du 13/05/2023 : Le combat d'une mère
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Dr Strange in the multivers of Madness (Marvel) : Wanda Maximoff : Écrire sur une sorcière ou sur une mère de famille
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Henry ne savait sans doute même pas qu'ils étaient là.
C'était une des choses qui faisait le plus souffrir Emma actuellement, en plus du fait que cela faisait près d'une semaine qu'elle n'avait pas vu son fils et qu'elle ne savait même pas s'il allait bien puisqu'elle n'avait pas eu de nouvelles de lui depuis son enlèvement, le fait qu'elle ne pouvait pas communiquer avec lui.
C'était pareil quand son petit garçon était coincé dans la Forêt Enchantée, même si à ce moment-là c'était bien pire encore parce qu'elle ne savait même pas où elle était.
Elle n'avait pas pu lui dire qu'ils arrivaient, qu'ils venaient le chercher, et il était seul, seul au milieu des enfants perdus et de Peter Pan et oh comme cette perspective lui nouait le ventre.
Elle connaissait son fils, elle savait bien qu'il ne douterait jamais d'eux, ni de leur courage ou de leur détermination, elle était certaine qu'il savait qu'ils viendraient pour lui.
Il croyait en eux, de tout son cœur, de toutes ses forces, tout comme il avait cru en la magie envers et contre tout, même quand l'univers tout entier tentait de lui donner tort, même quand ses mères et Archie se liguaient contre lui, il n'avait jamais abandonné.
Elle espérait sincèrement qu'il savait qu'eux non plus ne l'abandonneraient jamais.
Il ne pouvait que savoir qu'ils feraient tout pour le retrouver.
Et pourtant, malgré ça, elle sentait son estomac se nouer en pensant à lui, seul et désespéré, se pensant peut-être seul au monde, et cette simple pensée lui était intolérable, complètement insupportable.
Peter Pan avait déjà volé la liberté d'Henry.
Elle ne le laisserait pas aussi lui voler ses espoirs, elle ne laisserait jamais cette île lui prendre son fils.
Elle aurait aimé pouvoir se téléporter jusqu'au camp, au moins pour lui parler, le prévenir, lui dire ce qu'il ne savait sans doute même pas parce que connaissant leur ennemi il n'avait pu que tout faire pour qu'il reste ignorant de ce qui était en train de se passer.
Elle aurait voulu être capable de lui envoyer un message, et oh si seulement elle avait été assez expérimentée en magie pour pouvoir le faire, elle…
Soudain, l'idée la frappa telle la foudre.
Bien sûr.
La magie…
Comment avait-elle pu ne pas y penser plus tôt ?
Peut-être pouvaient-ils communiquer avec Henry désormais, peut-être avaient-ils une chance pour que leur message l'atteigne, peut-être pourraient-ils lui redonner espoir si jamais il était en train de le perdre, et peut-être que…
Un sourire se dessina sur son visage et elle se leva.
« Nous sommes proches du camp des garçons perdus maintenant, pas vrai ? Demanda-t-elle au pirate.
Killian acquiesça.
- Oui, en effet. Pourquoi ?
- Bien. Parfait. Tu penses qu'on pourrait envoyer un message à Henry de là où on est ? Est-ce qu'on est assez près ?
Il grimaça.
- J'en doute. Le message risquerait d'être intercepté. Du moins un message envoyé par la voie classique.
Il pensait à la même chose qu'elle donc.
- D'accord. Merci.
Sans attendre plus longtemps, elle se dirigea vers Regina.
- Il faut qu'Henry sache qu'on est là.
- Je sais, approuva-t-elle. J'y ai déjà pensé. Plusieurs fois.
Évidemment.
Elle était une sorcière depuis bien plus longtemps qu'elle après tout, elle l'était bien avant sa naissance, à une époque où sa propre mère n'était encore qu'une enfant.
Et pourtant, elle avait l'air d'être à peine plus âgée qu'elle…
Elle devait vraiment arrêter de penser à toutes ces histoires de magie et de temporalité ou ça allait lui donner mal à la tête et elle n'avait définitivement pas besoin de ça.
- Et qu'est-ce que tu en as conclu ? L'interrogea-t-elle d'une voix pleine d'espoir qu'elle ne voulait définitivement pas voir être brisé en mille morceaux.
- Pan contrôle l'île.
- Mais il ne peut pas être partout, pas vrai ? On doit bien pouvoir faire quelque chose, trouver un moyen pour que Henry puisse savoir qu'on est là, faire en sorte qu'il nous parle, non ?
- Je… je suppose oui. (Puis, son regard s'éclaira.) Les enfants perdus.
- Quoi ?
- On ne peut probablement pas se permettre de lui envoyer une lettre ou un message écrit. Mais comme Crochet vient de te le confirmer, nous sommes près du camp des garçons perdus, ce qui veut dire qu'il y a sans doute des enfants perdus non loin de là où nous sommes.
- Où est-ce que tu veux en venir ?
La brune prit une profonde inspiration avant de répondre à sa petite-amie, avec une lueur de détermination dans le regard.
- Je pense que si on veut que notre fils sache qu'on est là, nous devons capturer un des enfants perdus et le forcer à aller parler à Henry, faire en sorte qu'il lui transmette quelque chose qui nous permettra de communiquer avec lui.
Emma frissonna.
Le forcer.
Elle n'aimait définitivement pas ce choix de mots et oh comme elle détestait cette situation, comme elle haïssait ce que Pan les obligeait à faire ou à devenir.
- Tu veux dire le contrôler ?
- Oui, lui rétorqua la sorcière sans la moindre hésitation et si jamais la blonde avait jamais oublié que la femme qu'elle aimait avait été la méchante reine autrefois, ce simple mot lui aurait permis de s'en souvenir.
- En lui arrachant le cœur, conclut-t-elle immédiatement.
- Exactement.
Emma eut aussitôt envie de vomir.
Elle savait bien qu'elles n'avaient pas le choix, que c'était sans doute la seule solution, et elle savait également qu'une partie des enfants perdus voire la quasi-totalité était fidèle à Peter Pan, qu'ils n'auraient pas hésité une seule seconde à les tuer s'ils avaient pu le faire, et qu'ils n'étaient plus réellement des enfants malgré leur apparence juvénile.
Cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle approuvait cette idée de gaîté de cœur.
- On fait ça pour Henry, lui rappela Regina.
Emma tenta de sourire même si le cœur n'y était clairement pas.
- Oui. Je sais. Pour Henry. »
Et pour son fils, elle ferait tout ce qui était possible de faire pour le sauver.
Même si ça devait impliquer d'avoir du sang sur les mains.
§§§§
Au bout du compte, il n'y avait pas vraiment eu de discussion approfondie au sein du groupe.
Emma et Regina avaient juste évoqué l'idée et tout le monde l'avait approuvé, parce qu'il fallait à tout prix qu'Henry ait de leurs nouvelles et qu'eux-même puissent s'assurer qu'il allait bien, qu'il tenait le coup malgré tout ce qu'il était en train de traverser.
Quand la méthode pour communiquer avec lui avait été évoquée, l'expression du visage de tous leurs interlocuteurs avait changé, hormis celle de Rumplestiltskin.
Et Emma comprenait très bien pourquoi.
Le Ténébreux avait l'habitude autrefois, tout comme Cora et Regina, d'arracher les cœurs de ses ennemis, il avait même tué sa propre femme de cette manière alors ça ne la surprenait de le voir n'afficher aucune réaction.
Alors que les autres…
Clochette, les frères Darling et August n'y avaient pas été confrontés mais ils savaient à quel point c'était un acte abominable, Blanche-Neige et David avaient lutté pendant des années contre Regina qui arrachait des cœurs, Blanche avait même eu le cœur arraché par cette dernière même si ça n'avait duré qu'un bref instant, Killian et Neal avaient perdu Milah quand son cœur avait été réduit en cendres, quant à Graham, il l'avait vécu pendant des années.
Emma réalisa soudainement que parmi eux, elle était sans doute la seule à n'avoir jamais vu le cœur de qui que ce soit se faire arracher.
Elle avait entendu les battements des cœurs du caveau de Regina, à Storybrooke, et ça lui avait suffi, elle n'avait pas eu besoin d'en voir plus.
Maintenant ce serait différent.
Maintenant ce serait réel.
Pourtant, ça ne l'empêcha pas une seule seconde d'assommer le premier enfant perdu sur lequel elle et son groupe tombèrent alors qu'ils exploraient les bois du Pays Imaginaire.
Et même si le regard des autres, principalement Blanche-Neige et Graham, était hanté, ils ne firent aucun commentaire quand Regina plongea sa main dans la poitrine du garçon perdu pour en extraire son cœur.
Emma ne put s'empêcher de se sentir fascinée, de trouver ça presque beau de la pire des manières possibles, de voir ce cœur battre à toute vitesse dans la main de l'ancienne méchante reine, si vivant et qu'elle pouvait anéantir en une fraction de seconde, et c'était de la magie, c'était abominable et incroyable et…
C'était magnifique et terrifiant.
« Quand tu te réveilleras, dit Regina, s'adressant directement au cœur dans sa main – et Graham détourna aussitôt le regard, le visage blanc comme un linge, et Emma se sentit rassurée en constatant qu'August s'était aussitôt rapproché de lui pour serrer sa main dans la sienne – tu retourneras au camp des enfants perdus. Puis tu iras voir Henry Mills et tu lui donneras ceci (elle plaça un petit miroir dans sa main) une fois que tu seras sûr qu'il est seul. Tu lui diras que ça lui vient de sa famille et qu'il devra le regarder quand il n'y aura personne aux alentours. Une fois que ce sera fait, tu ne te souviendras de rien de ce qui vient de se passer, d'aucun événement après que tu te sois fait assommer. »
Puis elle remit le cœur à sa place et ce fut comme si rien n'était jamais arrivé.
D'un seul coup, en l'espace d'un instant, Emma Swan comprit soudainement à quel point la magie pouvait changer les gens.
L'attrait du pouvoir, le fait de savoir qu'on pouvait d'un simple geste réduire à néant la vie de quelqu'un, soit en serrant le poing soit avec une poignée de mots, pouvoir avoir le contrôle d'une personne et le tenir littéralement dans le creux de sa main.
Ça devait être absolument grisant et oh comme elle comprenait tous ceux qui s'étaient laissés tenter par ça, par cette solution et une part d'elle-même aurait voulu y avoir accès, autrefois, quand elle n'était encore qu'une orpheline seule et abandonnée.
Ça aurait sans doute rendu les choses plus simples.
Elle secoua la tête et essaya de ne plus jamais y penser.
Il était hors de question qu'elle apprenne à jour à arracher le cœur de qui que ce soit.
§§§§
Le regard de l'autre garçon était complètement vide.
C'était la première fois qu'Henry voyait ça chez un des garçons perdus, d'ordinaire il y avait de la cruauté dans leurs yeux, de la méchanceté et plus rarement de la peur pour ceux qui voulaient s'enfuir et qui n'avaient souvent pas encore réussi à dissimuler leurs émotions contrairement aux autres.
Il n'avait qu'une envie, décamper, être loin de lui et pourtant le jeune garçon se rapprocha de lui et Henry fronça les sourcils.
Il ne semblait avoir aucune intention hostile, pourtant il y avait quelque chose qui le dérangeait là-dedans, sans qu'il ne puisse réussir à s'expliquer quoi au juste.
Puis soudainement, il comprit.
Il n'était plus lui-même.
Quelque chose lui était arrivé, de toute évidence, et ça avait sans nul doute un lien avec la magie, et l'horreur l'envahit quelques secondes plus tard.
Qu'est-ce que Peter Pan avait bien pu lui faire ?
Et surtout, pourquoi ?
Quand l'enfant perdu regarda autour d'eux pour être sûr que personne ne les observait ou ne les écoutait, la confusion remplaça l'horreur.
Si c'était son arrière-grand-père qui le lui envoyait pour une raison ou une autre, alors il n'avait pas besoin d'être discret, à moins que…
Bon sang, qu'est-ce qui était en train de se passer ?
Une fois rassuré, l'autre enfant lui plaça un objet dans la main avant même qu'Henry n'ait eu le temps ou la capacité de protester.
« Il vient de ta famille, lui dit-il alors, ne regarde ce que c'est qu'une fois que tu seras sûr et certain d'être à l'abri des regards, quand tu seras seul. »
Une fois que ce fut fait, l'absence de vie disparut de ses yeux et il s'éloigna, comme si de rien n'était.
Comme s'il ne venait pas tout juste de mettre tout son univers sens dessus dessous.
Sa famille.
Perdu et décontenancé, Henry serra l'objet dans ses mains, avant de s'éloigner du groupe qui jouait à il ne savait quel jeu tordu auquel il n'aurait de toute façon pas voulu participer.
Une fois entouré du silence et des arbres, il ouvrit finalement la main.
Un miroir.
Il cligna des yeux, stupéfait, et est-ce que…
Est-ce qu'il avait dit la vérité, est-ce que cela venait véritablement des siens, d'un des membres de sa famille, est-ce qu'ils avaient trouvé un moyen de lui faire parvenir un message et surtout…
Est-ce que ça voulait dire qu'ils étaient ici ?
Malgré l'espoir qui le submergea quelques secondes plus tard, il tenta de garder la tête froide, et si c'était un piège de Peter Pan ?
Ce ne serait pas la première fois qu'il lui ferait ce genre de coup après tout, lui donner de l'espoir pour ensuite le lui arracher brutalement l'instant d'après…
Mais…
Mais c'était un miroir.
La marque de fabrique de sa mère adoptive, et il se souvenait du livre de contes, du miroir magique et il pria de toutes ses forces pour que l'immortel n'ait pas été suffisamment ingénieux et cruel pour se servir de ça contre lui.
Prenant une profonde inspiration, il regarda le miroir et vit alors se dessiner une image dans la petite glace qui se trouvait sous ses yeux et il ne put retenir un hoquet de surprise qu'il tenta de réprimer.
Il les voyait mal, à cause de l'écran bien trop petit, mais ils étaient réels, c'était vrai.
Ses mères.
Son père.
Ses grands-parents.
Les deux frères qui l'avaient enlevé, August, Graham, le capitaine Crochet, ainsi qu'une femme blonde qu'il ne connaissait pas.
Ils étaient là.
Ils étaient tous là, ils étaient venus le chercher, et il allait pouvoir leur parler, ne serait-ce qu'un instant, même si un garçon perdu, Peter Pan ou Félix pouvait les déranger à chaque instant.
En les voyant, à la fois si loin et si proches, Henry Mills se surprit à sourire.
Jamais il n'avait été si fier d'avoir raison.
A suivre…
Chapter 127: Y croire jusqu'au bout.
Notes:
Titre du 22/05/2024 : Y croire jusqu'au bout
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Dr Strange in the multivers of Madness (Marvel) : Illuminati : Écrire sur une organisation secrète ou sur un groupe de héros
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Ça semblait presque irréel.
Alors qu'il les voyait, ici, presque devant lui même si ce n'était qu'une projection et qu'ils n'étaient pas réellement là, Henry eut presque le sentiment que ce n'était pas vraiment en train d'arriver.
Que ce n'était qu'une ruse de plus venant de Peter Pan, qu'un mensonge, une simple illusion qui se briserait d'un instant à l'autre, et que d'un seul coup il entendrait le rire de son maléfique arrière-grand-père résonner derrière lui et qu'alors il saurait qu'il s'était fait avoir une fois de plus.
Pourtant les sourires de ses mères et de son père semblaient si vrais qu'il se surprit à vouloir y croire.
La peur resta là, tapi dans son ventre, mais il tenta de faire comme si elle n'existait pas.
« Henry ! S'exclamèrent Regina et Emma en chœur en voyant son visage apparaître devant leurs yeux et le jeune garçon se figea, stupéfait.
Elles étaient là.
Ils étaient venus le chercher, malgré le danger, malgré les obstacles et au fond de lui-même il n'en avait jamais réellement douté mais savoir que c'était devenu plus qu'un rêve le réconforta.
- Maman ? Vous… vous êtes là ? Vous êtes vraiment là ?
- Oui, lui répondit Emma, des larmes de joie dans les yeux. On est là, évidemment, bien sûr qu'on est là. On… on a relancé l'opération Cobra. »
Et si une partie du groupe la regarda avec un air surpris, Henry sut tout de suite ce qu'elle entendait par là, et ses craintes s'atténuèrent, au moins un peu.
Peter Pan était peut-être au courant de beaucoup de choses, mais il ne pouvait pas savoir ça.
Pas vrai ?
Henry regarda son père.
Il n'avait pas oublié ce qu'il lui avait raconté sur le Pays Imaginaire, sur ce qu'il y avait vécu, à quel point il avait souffert même s'il ne lui avait clairement pas tout dit, mais il n'avait pas pu ne pas voir la peur, la colère et la haine dans ses yeux quand il lui parlait de cet endroit de malheur dans lequel il avait choisi de ne plus jamais remettre les pieds.
Pourtant, il était là, il était venu le sauver, lui que personne n'était jamais venu chercher quand il se trouvait dans l'exacte même situation que son fils.
Toute sa famille était là, ainsi que des gens qu'il ne se serait jamais attendu à voir là, la femme blonde venait sans doute du Pays Imaginaire, Jean et Michel étaient de toute évidence là pour se racheter et aider à le sauver lui ainsi que leur sœur.
Quant aux autres habitants de Storybrooke leur présence n'était pas très surprenante mais néanmoins sacrément réconfortante, mais une question demeurait.
Crochet…
Pourquoi est-ce que Crochet était là au juste ?
Il n'était pas concerné et aux dernières nouvelles, il était en prison, il voulait tuer Rumplestiltskin et il n'était pas du genre à se lancer dans une mission de sauvetage suicidaire pour sauver un gamin qu'il connaissait à peine, parce que ce n'était définitivement pas le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble dans la Forêt Enchantée qui avait pu lui donner envie de risquer sa vie pour le sauver.
Pourtant, il était là et Henry aurait aimé comprendre mais il savait bien qu'il y avait plus important là tout de suite.
« Est-ce que vous allez bien ? Demanda-t-il en regardant continuellement derrière lui pour vérifier que personne n'était là en train de l'épier.
- Oui, lui répondit son père avec un sourire qui se voulait rassurant, on va bien. Et toi, ça va ?
- Je… oui, ça va. Je suis retenu au camp des garçons perdus.
- On sait, lui assura Emma, on est en chemin, et on arrive bientôt. On te le promet. On va te ramener à la maison. On est venus dès qu'on a pu, dès qu'on a su, dès que les frères de Wendy nous ont dit où tu étais, elle aussi on va la ramener avec nous et… et tout ira bien.
Elle semblait croire à ce qu'elle disait, à cette fin heureuse qu'elle lui promettait, elle qui n'y avait jamais cru avant de comprendre que la magie et la malédiction étaient réelles, et elle était enfin ce qu'elle aurait dû toujours être.
Une Sauveuse.
Une héroïne.
La voix de Rumplestiltskin intervint.
- Est-ce que Peter Pan t'a dit pourquoi il t'avait amené ici ?
- Il… Non, je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est qu'apparemment, d'après lui, je… je possède le cœur du plus pur des croyants. Je ne sais toujours pas ce que c'est censé vouloir dire.
Il vit son grand-père blêmir et n'eut même pas envie de lui demander pourquoi.
Sans doute parce que la réponse lui faisait déjà bien trop peur alors même qu'il ne la connaissait pas encore.
Puis il regarda Regina, son air déterminé, et il sut, sans même avoir à poser la question.
C'était elle qui avait fait en sorte que le garçon perdu lui transmette ce message, elle l'avait forcé à le faire, l'avait forcé à lui obéir, peut-être en lui jetant un sortilège mais il doutait que ce soit ça.
En réalité il savait très bien ce qu'elle avait fait.
Elle lui avait arraché le cœur.
Cette idée le répugna bien moins qu'elle ne l'aurait dû, parce que cette fois-ci les circonstances étaient différentes, cette fois, ils n'avaient pas le choix, et l'ennemi n'aurait aucun scrupule à tout faire pour les détruire.
S'ils devaient utiliser les mêmes méthodes qu'eux pour les anéantir, les vaincre, et rentrer chez eux sains et saufs, alors Henry l'acceptait.
Ça ne devait pour autant pas signifier que cette solution lui plaisait.
Un bruit se fit entendre non loin et Henry sursauta avant de lancer un dernier regard au miroir.
- Je… je pense qu'il faut que j'y aille. Faites attention à vous ! »
Puis il jeta le miroir au sol avant même qu'aucun d'eux n'ait pu lui dire au revoir et l'image disparut.
§§§§
Henry allait bien.
Il était toujours prisonnier de leur ennemi, il était encore loin d'eux, mais il était vivant et il allait bien, il n'avait pas perdu espoir, il savait qu'ils étaient là, qu'il devait tenir encore un peu, et que ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne parviennent jusqu'à lui.
Il était là, quelque part, sur cette île, entouré par des monstres mais ça ne changeait rien.
Ils allaient le trouver, quoi qu'il arrive, ça, Emma n'en doutait pas une seule seconde.
Aussitôt, sa main chercha et trouva celle de Regina avant de la serrer le plus fort possible dans la sienne, et quand la brune lui sourit, la princesse eut la conviction qu'à elles deux, elles seraient capables de soulever des montagnes.
Et de sauver leur fils, ensemble, pour devenir enfin cette famille unie et épanouie qu'Emma n'aurait jamais rêvé qu'ils puissent devenir, et qui lui semblait si loin ce jour fatidique où elle avait ramené Henry à Storybrooke et rencontré sa mère adoptive.
Elle songea brièvement que de là où elles se trouvaient, tout le groupe pouvait probablement les voir en train de se tenir la main et elle n'eut besoin de réfléchir qu'une fraction de secondes pour réaliser qu'elle n'en avait absolument rien à faire.
Elle n'avait pas l'intention de se cacher, et comme Regina n'avait pas retiré sa main même si plusieurs secondes s'étaient déjà écoulées, cela devait sans doute dire qu'elle ne le voulait pas non plus.
Peu importe si ses parents comprenaient ce qui se passait entre elles, tant qu'ils ne lui poseraient pas de questions, elle ne leur en parlerait pas, pas avant d'être revenus à Storybrooke, pas avant que sa relation avec l'ancienne méchante reine soit le seul problème potentiel qu'ils puissent avoir.
En attendant, elle pouvait se réconforter en se disant qu'elle avait une petite-amie incroyablement dangereuse à ses côtés et qu'ensemble elles allaient prouver à Peter Pan qu'on ne s'en prenait pas impunément à leur famille sans en subir les conséquences.
§§§§
« Le cœur du plus pur des croyants, marmonna Rumplestiltskin, les sourcils froncés, comme s'il essayait de résoudre un casse-tête particulièrement complexe.
Emma n'aimait définitivement pas cette expression sur son visage.
- Est-ce que vous savez ce que ça signifie ? Lança-t-elle au Ténébreux.
C'était lui le fils de Peter Pan après tout, et il était le Ténébreux depuis des siècles, si quelqu'un pouvait comprendre quoi que ce soit à tout ça, c'était bien lui, et elle savait qu'elle n'était pas la seule à le penser puisque tous les regards se posèrent sur lui.
L'immortel grimaça.
- Non, admit-il quelques secondes plus tard, non je ne sais pas. En vérité, je n'en sais rien du tout et… et c'est bien ça qui me fait peur. J'ai beau retourner ces mots dans ma tête, encore et encore, tenter de comprendre ce qu'ils sont censés signifier… je n'y arrive pas. Je devrais pourtant. »
Il avait l'air si désemparé et perdu qu'Emma ne put s'empêcher de frémir.
Elle ne se souvenait pas l'avoir déjà vu comme ça, pas à ce point-là en tout cas, et c'était arrivé de plus en plus souvent depuis leur arrivée sur l'île, de le voir déconcerté alors qu'il était pourtant si imperturbable d'ordinaire, et c'était sans doute une preuve supplémentaire de la puissance de Peter Pan puisque même son fils ne savait toujours pas ce qu'il prévoyait de faire.
Elle aurait aimé ne pas avoir aussi peur.
Elle aurait voulu ne pas sentir la peur lui nouer les entrailles à la simple pensée qu'ils puissent arriver trop tard pour sauver Henry et que Pan ait déjà mis son plan à exécution au moment où ils le retrouveraient, quelque qu'il soit.
Et pourtant, malgré le fait d'avoir revu Henry, malgré l'assurance qu'il allait bien, elle ne pouvait faire disparaître cette angoisse qui l'assaillait brusquement.
Une semaine qu'ils étaient là et malgré tout ils n'avaient toujours pas compris pourquoi Peter Pan avait enlevé Henry, ils le savaient d'une certaine manière mais le savoir ne servait à rien s'ils ne saisissaient pas ce que cela devait signifier.
Le cœur du plus pur des croyants.
Ça expliquait beaucoup de choses, si c'était bien ce qu'Emma croyait comprendre derrière ces mots obscurs.
Croyant.
S'il y avait bien un mot qui représentait bien Henry, c'était celui-là.
Henry qui avait cru en sa mère biologique quand elle n'y croyait pas elle-même, qui avait vu une héroïne là où elle ne voyait qu'une ratée, une orpheline, Henry qui avait cru en sa mission et qui n'avait jamais reculé, jamais abandonné, qui avait franchi un portail sans même savoir où il allait atterrir parce qu'il croyait que c'était le seul moyen d'arranger les choses.
Henry qui avait lu un livre de contes et qui là où n'importe quel autre enfant n'y aurait lu qu'une histoire comme les autres y avait vu la vérité et y avait cru.
Il avait cru en la magie et en la malédiction, de toutes ses forces, de tout son cœur, même quand le monde entier tentait de lui prouver qu'il avait tort.
Il s'était battu dans le vide, seul, parce qu'il y croyait et contre toute attente, il avait eu raison.
Et tout prenait tellement sens maintenant qu'elle savait.
Elle avait toujours su qu'Henry n'était pas un enfant comme les autres (quel genre d'enfant prenait le bus seul pour retrouver sa mère biologique qui l'avait abandonné au juste ?) mais elle en avait désormais la confirmation.
Elle ne put s'empêcher de se demander si c'était seulement une coïncidence ça aussi, comme tout ce qui s'était révélé ne pas l'être, l'enlèvement de Neal puis son évasion qui n'en était pas vraiment une, le fait qu'ils se soient trouvés dans le monde sans magie à la même époque, leur rencontre…
Est-ce qu'Henry était comme ça simplement par hasard ou parce qu'il était leur fils, parce qu'il était le descendant de Rumplestiltskin et de Peter Pan, si c'était une histoire de sang, de magie ou d'autre chose dont elle ne savait strictement rien.
À quel point cet enfoiré avait-il orchestré les moindres événements de leurs vies sans même qu'ils ne le sachent ?
Elle espéra que toutes ses choses ne relevaient pas de l'influence de Peter Pan, qu'ils avaient une part de liberté, de choix, de libre-arbitre dans leurs actions, parce qu'elle n'aurait pas supporté l'option contraire.
Mais tout cela ne répondait malheureusement pas à la question la plus importante.
Si Henry possédait réellement bel et bien ce fameux cœur du plus pur des croyants, comme le prétendait l'immortel, alors dans ce cas-là…
Qu'est-ce qui rendait cette particularité aussi importante aux yeux de Peter Pan au juste ?
§§§§
Même s'ils n'avaient pas pu le voir, les bruits causés par les enfants perdus auraient sans doute été suffisants pour qu'ils comprennent sans la moindre difficulté où ils se trouvaient.
Le camp des garçons perdus.
L'endroit où était retenu Henry depuis tout ce temps.
Ils l'avaient enfin trouvé et Emma aurait pu en pleurer de joie si elle n'avait pas été autant épuisée.
Ils y étaient.
Après toute cette souffrance, tout ce temps passé à lutter pour trouver le bon chemin, ils avaient réussi.
Une part d'elle voulait attaquer, tout de suite, mais elle se doutait bien que ce n'était pas une bonne idée.
Ils n'étaient pas prêts, et ils avaient besoin de reprendre des forces et de toute façon, elle savait que si Peter Pan avait voulu éloigner Henry d'eux, il l'aurait déjà fait.
Il voulait jouer avec eux, épuiser leurs forces, leur motivation, leur détermination.
Elle était heureuse d'avoir réussi à lui démontrer qu'il avait eu tort sur toute la ligne.
Maintenant, tout ce qu'ils avaient à faire, c'était installer leur propre camp, décider d'un plan d'action, se reposer puis ensuite réussir à attaquer le camp des enfants perdus, sauver Henry et Wendy, vaincre Pan tout en priant pour le garçon n'ait pas disparu dans un autre endroit de l'île d'ici là.
Un jeu d'enfant, pas vrai ?
A suivre…
Chapter 128: Tous les coups sont permis.
Notes:
Titre du 31/08/2023 : Tous les coups sont permis
Scorpion : Emma (OUAT)
E : Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Défi 872 : "Il n'y a jamais eu de la place pour la lumière, ici, que pour les ténèbres"
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n°247 - Votre perso est un méchant
Quatre aspects de… "Filles de la mer" : Emiko : Écrire sur la culpabilité du survivant ou sur une personne âgée de plus de 70 ans
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Hé !
J'ai pas publié la semaine dernière parce que j'ai actuellement plus que deux chapitres d'avance (enfin un une fois que celui-là sera publié) et donc j'ai un peu paniqué de plus rien avoir donc si jamais y a des lundis où je publie pas c'est que j'ai plus d'avance parce que j'ai pas réussi à écrire le prochain ou que j'ai pas eu le temps (en plus avec septembre je vais reprendre les révisions ce qui ne va pas aider) de le faire.
Et concernant la fin de l'arc j'aimerais dire qu'on s'en approche mais... je me connais donc c'est plus incertain qu'autre chose. Mais on avance, on avance. J'espère.
Chapter Text
Peter Pan n'était pas inquiet.
Les choses ne se déroulaient pas exactement comme il les avait prévues, sans doute parce que cette fois il affrontait tout un groupe et pas des personnes isolées, des adultes et pas des enfants ou des jeunes gens seuls et vulnérable, que c'était pour certains des gens qu'il avait fait souffrir autrefois et qui savaient à quoi s'attendre contrairement à la première fois.
Et également parce qu'ils étaient presque tous suffisamment puissants pour pouvoir l'affronter et qu'ensemble, unis comme ils l'étaient, ils représentaient une réelle menace.
Ce n'était pas ce qu'il voulait.
Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait.
Ce n'était pas ce qui était censé se passer.
Ils étaient supposés se haïr, se détester, vouloir se tuer les uns les autres, et pourtant…
Pourtant Blanche-Neige travaillait main dans la main avec Regina.
Pourtant Rumplestiltskin et le capitaine Crochet n'avaient pas essayé de s'entre-tuer une seule fois depuis leur arrivée sur l'île.
Pourtant Emma acceptait à ses côtés les présences de tous ceux qui l'avaient trahie, blessée, abandonnée par le passé sans que ça ne semble lui coûter une seule seconde.
Pourtant Neal coopérait avec son père, avec Killian Jones et avec les frères Darling, ceux qui avaient enlevé son fils alors qu'il s'était sacrifié pour leur famille par le passé.
Et l'immortel n'arrivait réellement pas à comprendre pourquoi.
Tout comme il ne comprenait pas non plus comment sa tentative pour les déstabiliser en leur parlant de la prophétie que leur cachait le Ténébreux avait réussi à ne pas les séparer alors qu'elle aurait dû le faire, alors que savoir ce qu'il avait autrefois l'intention de faire aurait dû briser tout ce qui les unissait, ou du moins les monter tous contre lui, créer des divisions au sein de ce groupe si bancal et hétéroclite.
Seulement, ce n'était pas ce qu'il s'était passé, bien au contraire, ironiquement, ça avait même renforcé leur groupe, ce qui prouvait que leur objectif était, a priori, de sauver Henry, et que rien d'autre ne comptait, pas même leurs conflits personnels.
Il n'avait pas non plus réussi à faire disparaître la détermination d'Henry, ni sa foi en sa famille, et encore moins à faire de lui un garçon perdu.
Malgré cela, il n'avait pas peur.
Henry était toujours son prisonnier, et il ne laisserait jamais sa famille remettre la main sur lui, il l'emmènerait où il voulait qu'il soit et le jeune garçon finirait bien par faire ce qu'il voulait qu'il fasse, même si c'était à contre-cœur.
Il lui donnerait son cœur et grâce à lui, il pourrait vivre éternellement sans que qui que ce soit ne puisse le vaincre ou se mettre en travers de son chemin.
Et il exterminerait tous ces soit-disant héros sans la moindre pitié.
Surtout qu'il avait encore quelques atouts dans sa manche dont il comptait bien se servir…
Voilà pourquoi il avait envie de rire face à leurs pathétiques et pitoyables efforts pour sauver Henry, face à ces tentatives qui étaient condamnées à l'échec, qui l'étaient depuis qu'ils avaient atterri au Pays Imaginaire, parce qu'il ne faisait que jouer avec eux, leur donner une chance et un espoir de gagner tout en sachant pertinemment à l'avance qu'il les leur ôterait au dernier moment.
Il avait peut-être peur de ce qu'ils étaient devenus, de ce qu'ils avaient pu accomplir, mais ce ne serait jamais assez suffisant pour le faire douter de ce qui était de toute façon inévitable.
Il finirait par gagner, quoi qu'il arrive.
Après tout, Peter Pan n'échouait jamais.
Il n'y a jamais eu de la place pour la lumière, ici, que pour les ténèbres.
Il leur montrerait à tous, dans quel genre d'enfer exactement ils avaient mis les pieds.
Il leur arracherait toutes leurs illusions, jusqu'à ce qu'ils comprennent l'atroce et inévitable vérité.
Ils n'avaient jamais eu la moindre chance de changer les choses ou de faire la différence.
§§§§
Emma se sentait si proche de ce maudit camp qu'elle en avait presque le vertige.
Et, alors qu'elle attendait ce moment depuis si longtemps, elle resta malgré elle figée sur place, complètement tétanisée.
Comme si le simple fait de bouger, de monter à l'assaut de ce camp empli de leurs ennemis, allait d'un seul coup tout changer en un instant, tout bouleverser, que si jamais ils ne faisaient ne serait-ce qu'un pas dans ce lieu où son fils était retenu, alors Henry allait disparaître et être emmené ailleurs.
Et tout ce qu'ils avaient pu faire ou tenter n'aurait servi à rien et tout serait à recommencer.
Il ne lui fallut que quelques secondes pour réaliser l'évidence.
Elle avait peur.
À nouveau, une partie d'elle, malgré la fatigue, malgré l'épuisement qui s'ancrait en elle depuis le début de ce périple et qui ne les quittait jamais, ne rêvait que d'une seule chose : s'élancer dans la bataille sans la moindre hésitation.
Elle ne voulait plus attendre une seule seconde de plus.
Mais elle savait bien qu'elle ne pouvait pas, qu'il n'était pas temps, pas encore, qu'ils n'étaient pas prêts, et elle devait ronger son frein alors que son fils était à deux pas d'elle et qu'elle voulait tellement que ça arrive, aller le sauver, enfin.
Et une autre partie d'elle était tentée de fuir.
C'était absurde, et elle en avait bien conscience, après avoir parcouru tout ce long chemin, avoir surmonté toutes ces épreuves, elle n'allait tout de même pas reculer !
Henry comptait sur elle, et les autres membres de l'expédition aussi.
Elle n'avait pas le droit de flancher.
Mais être là, non loin de ce camp, des bruits des garçons perdus, d'Henry, tout cela lui rappelait la dangerosité et la précarité de leur situation.
Et surtout, ça ne rendait tout cela qu'encore plus réel qu'avant, plus concret, plus terrifiant aussi.
Sauver Henry apparaissait de plus en plus comme une entreprise faisable, mais ça ne faisait pas disparaître l'option inverse pour autant.
Et si jamais ils échouaient ?
Et s'ils n'étaient au bout du compte pas assez forts pour battre Pan et ses sbires ?
La dernière fois qu'ils s'y étaient essayés, dans le faux camp, ça s'était soldé par un échec, pourquoi cela devrait-il être différent cette fois ?
Ils avaient tous épuisé leurs forces dans ce voyage interminable, et s'ils étaient toujours aussi déterminés qu'avant, aucun d'entre eux n'était en état de se battre.
Elle encore moins que les autres, et quelques nuits de repos loin d'être reposantes n'y changeraient rien, sans parler de la crainte naissant peu à peu en elle qu'ils puissent se faire attaquer de nuit.
Rumplestiltskin montait la garde, certes, mais il ne pouvait pas non plus avoir des yeux partout, et elle n'était pas sûre que ses sorts de protection soient suffisants face à la magie de Peter Pan.
Ils étaient plus proches que jamais de leur objectif et pourtant, elle n'était pas sûre d'être capable de faire ça.
De pouvoir les lancer, elle et les autres, dans ce combat au résultat incertain.
Parce que c'était vers elle qu'ils se tournaient désormais, maintenant que le pirate avait fini par les mener à bon port.
C'était elle qui devait les guider vers la victoire, elle était la Sauveuse, la femme qui avait brisé la malédiction.
Et face à tous ces espoirs placés en elle, elle avait peur de ne pas être à la hauteur.
En constatant que ses parents se trouvaient désormais à côté d'elle, elle réalisa que son angoisse devait sans doute être plus visible qu'elle ne le croyait.
De leur côté, tous les autres étaient en train de se préparer, de discuter, d'échafauder des stratégies maintenant que leur camp était installé, non loin de celui des enfants perdus, mais pas trop près non plus.
Elle, non.
Elle se contentait de fixer le camp à quelques mètres d'elle, comme s'il allait lui donner une réponse, apporter une solution à tous les problèmes auxquels elle devait faire face.
« Est-ce que ça va ? Lui demanda doucement son père, comme s'il avait l'impression qu'une seule phrase serait suffisante pour qu'elle se brise en mille morceaux juste sous ses yeux.
Et le pire c'était qu'il n'avait sans doute pas entièrement tort à ce sujet.
Elle aurait pu mentir, lui assurer que tout allait bien, qu'elle était confiante, essayer d'être la leader qu'elle était supposée devenir, faire comme si elle savait ce qu'elle faisait.
Elle n'en avait même pas envie.
- Je crois que je… que je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie.
Le sourire que sa mère lui envoya se voulait rassurant mais il sonnait faux.
Quels mots de réconfort auraient pu suffire face à ce qui allait bientôt inévitablement leur tomber dessus ?
- Nous avons tous peur, lui assura-t-elle, mais la peur ne nous empêchera pas de faire ce qui doit être fait. Et de gagner.
Emma se souvint que sa mère avait mené une guerre autrefois.
La blonde se demanda si c'était ses discours d'encouragement qui manquaient de conviction ou si c'était elle qui était déjà bien trop défaitiste pour vouloir y croire.
- Je… je n'en suis pas si sûre, bredouilla-t-elle d'une voix tremblante et emplie de doutes.
Si on avait demandé à la Sauveuse ce qui lui faisait peur actuellement, la réponse aurait été simple à trouver et à fournir.
Tout.
La peur que Peter Pan leur tende un nouveau piège, qu'il n'éloigne Henry d'eux à tout instant, qu'il ne change les règles du jeu en cours de route, qu'ils arrivent trop tard au camp.
Et qu'Henry ne puisse jamais être sauvé.
Son père fronça les sourcils.
- Pourquoi ?
- Parce que… Hé bien, pour le moment, en dépit des problèmes, des difficultés, nous… nous avons eu de la chance dans l'ensemble. Personne parmi nous n'est mort, ni n'a été gravement blessé.
Le regard de son père se voila, et si Emma l'avait vu, sans doute se serait-elle posé des questions.
- Et j'ai peur que… que ça ne dure pas. Que si nous attaquons, quelqu'un ne meurt et si ça arrive ce sera de ma faute, parce que je n'aurais pas réussi à le protéger, à le sauver. Et je… je veux qu'aucun de nous ne meurt.
Elle ne voulait pas perdre ses parents, Regina, Neal, Graham.
Même si une partie d'elle-même était toujours en colère contre le Ténébreux, August ou les Darling, malgré cela, elle voulait qu'ils s'en sortent.
Elle ne connaissait pas Clochette, pas assez, mais elle les aidait alors que ça pouvait lui coûter la vie, elle méritait mieux que ça.
Quant à Crochet…
Neal l'aimait et ça lui semblait être une raison suffisante.
Mais surtout, en dehors de ça, le pirate les avait aidés, guidés, il ne les avait pas trahis jusque-là et sans lui ils seraient sans doute morts depuis longtemps.
Lui non plus, elle ne voulait pas qu'il meurt.
- Ça n'arrivera pas, lui promit son père avec toute la conviction dont il était capable. Je te le promets. Aucun de nous ne mourra. »
Et malgré toute sa peur et tout son cynisme, Emma tenta d'y croire de toutes ses forces.
De croire que tout irait bien, que les fins heureuses étaient réelles et que la leur était à portée de mains.
Que les miracles pouvaient exister eux aussi, tout comme la magie.
L'espoir était après tout l'une des seules choses qui leur restait dans ce monde froid, cruel et impitoyable.
Et, comme elle se le répétait encore et encore dans sa tête, comme si ça allait être suffisant pour l'empêcher d'échouer ou de faire une erreur, elle était Emma Swan, elle était la Sauveuse.
Si même elle ne parvenait pas à espérer et à croire, qui parmi eux le ferait ?
§§§§
Combien de temps ?
Cette question hantait tous les esprits des membres de leur groupe, cela, Killian le voyait bien.
Leur groupe, réalisa-t-il, un groupe auquel il appartenait, pour de bon, pour de vrai, et il n'avait pas ressenti ça depuis la perte de Liam, depuis qu'il était devenu le capitaine du Jolly Roger.
C'en était presque drôle, d'avoir de nouveau le sentiment de faire partie de quelque chose, lui qui avait laissé son équipage derrière lui sans un regard en arrière.
Lui qui en dehors de ses collaborations avec Regina et Cora, avait toujours travaillé seul depuis son retour dans la Forêt Enchantée.
Même son expédition avec Henry et Neal avait été solitaire en un sens vu l'inimitié de Neal à son égard et la manière dont ça s'était terminé et le peu de temps que ça avait duré.
(En repensant à ce moment, celui où Baelfire lui avait révélé sa véritable identité, le pirate ne put empêcher un sourire amusé d'apparaître sur son visage.
Si on lui avait dit qu'ils finiraient par en arriver là un jour…)
Il était venu pour sauver Henry, pour aider Neal, par intérêt principalement et maintenant il avait le sentiment que malgré ce qu'il avait fait, son alliance avec Cora, ses efforts pour les aider à sauver Henry étaient suffisants et qu'il était accepté pour de bon parmi eux.
D'un autre côté, si leur groupe comportait des héros, il y avait également le Ténébreux et la méchante reine ainsi que les frères Darling (même si ces derniers étaient bien moins coupables que les deux autres), il n'était pas le seul à avoir besoin de se racheter.
Et ce qu'il faisait ne lui semblait pas vain.
David semblait lui faire véritablement confiance depuis qu'il lui avait sauvé la vie, Regina était en train de devenir son amie et non plus seulement son allié, et en dehors de Rumplestiltskin, les autres étaient moins méfiants à son égard, même Clochette semblait un peu moins en colère qu'avant, et Neal…
Neal n'avait plus l'air de le détester.
Le pirate ne savait pas si c'était seulement le temps que durerait cette aventure et si une fois qu'ils auraient sauvé Henry, les choses redeviendraient comme avant et que l'ancien garçon perdu s'attendrait à ce qu'il s'en aille et surtout espérerait qu'il partirait de Storybrooke pour ne plus jamais revenir.
Dès qu'il envisagea cette hypothèse, il sentit son cœur se serrer.
Non.
Ce n'était pas ce qu'il voulait, et il avait le sentiment que ça n'arriverait pas, mais si jamais Neal…
Si jamais Neal lui demandait de partir malgré tout, après tout ce qui s'était passé entre eux au Pays Imaginaire, après tous ces moments passés ensemble, alors qu'il avait le sentiment que les choses étaient en train de s'arranger entre eux, il…
Il n'était pas sûr de pouvoir le supporter, de réussir à accepter de le faire.
Il voulait réellement rester à Storybrooke, pas pour la ville en elle-même, ni même pour ses habitants, mais parce que c'était là que Neal vivait et qu'il voulait construire quelque chose à ses côtés, quelque chose de durable.
Il ne savait pas encore quoi au juste, mais il savait en revanche que si l'avenir leur était favorable, il aurait tout le temps du monde pour le découvrir.
§§§§
Quand il vit Peter Pan se planter devant lui, le pirate regretta plus que jamais de ne pas avoir de l'ombrève à portée de main.
Il ne savait pas s'il aurait réussi à le toucher, ou même si ça aurait été suffisant pour le tuer, mais au moins ça l'aurait fait souffrir, ce qui aurait été assez pour lui remonter le moral.
Et l'idée d'imaginer l'immortel se tordre de douleur à cause de lui, alors que le poison s'infiltrait dans ses veines, envahissant son corps, pas assez pour le tuer mais assez pour qu'il ait mal, était une pensée presque réconfortante.
« Qu'est-ce que tu veux ? Lui demanda-t-il d'une voix glaciale.
Il ne savait pas si depuis le camp on pouvait l'entendre, il s'était éloigné un peu pour tenter de repérer de quel côté ils pourraient entrer dans le camp ennemi pour les attaquer au mieux, mais ça ne voulait pas dire qu'aucun de ses alliés ne savait qu'il était en train de parler avec leur ennemi.
Même si une bonne partie d'entre eux devait être en train de dormir.
Il s'en moquait bien d'ailleurs.
Il n'avait rien à leur cacher.
Peter Pan lui envoya un sourire auquel il ne répondit pas.
Il n'oubliait pas qui se trouvait devant lui, qu'il s'agissait de celui qui avait causé la mort de son frère, qui avait tout fait pour qu'il échoue à le sauver, qui lui avait menti en déformant la vérité, en ne lui révélant pas tout ce qu'il devait savoir.
Même s'il n'avait pas été loyal à Emma et aux autres, jamais il n'aurait accepté de lui faire confiance.
- Je suis venu te proposer un marché.
Killian faillit éclater de rire.
Est-ce qu'il le pensait à ce point-là idiot pour vouloir passer un marché avec lui, après tout ce qu'il s'était passé, tout ce qu'il avait fait ?
Il n'était pas désespéré à ce point.
- Va te faire voir, se contenta-t-il de lui répondre.
Le sourire de chef des garçons perdus ne diminua pas, au contraire il s'agrandit même.
- Je pense que si tu acceptes de m'écouter, il se pourrait que ma proposition t'intéresse.
Le pirate en doutait, sincèrement.
Même si Pan avait eu le pouvoir de lui rendre Liam ou Milah, voire les deux, il n'était pas sûr qu'il aurait accepté de faire ce qu'il lui demandait, peu importe de quoi il s'agissait, pas si ça signifiait lui abandonner Henry.
Il connaissait mal le gamin, mais sa famille l'aimait, ils avaient traversé l'enfer pour le ramener, pour le sauver, Neal faisait tout pour le retrouver et c'était largement suffisant pour lui.
Ça aurait signifié accepter que Peter Pan gagne et ça aussi c'était hors de question.
- Essaie toujours.
- Je peux t'offrir ce que tu veux, ce que tu as toujours voulu. Je peux t'aider à tuer mon fils.
Le souffle de Crochet s'arrêta d'un seul coup, sans prévenir, tant ce que son ennemi venait de lui proposer lui semblait incongru.
Quoi ?
Est-ce qu'il avait bien entendu ?
Cela faisait tellement longtemps qu'il cherchait un moyen de tuer le Ténébreux, de se débarrasser de ce Crocodile qui avait brisé sa vie, qu'il avait fini par perdre tout espoir d'y arriver.
C'était avant tout parce qu'il n'avait pas réussi à trouver un moyen de le faire et d'obtenir sa vengeance qu'il l'avait mise de côté au début, il l'admettait sans problème.
Si, plusieurs semaines plus tôt, alors qu'il se trouvait encore à Storybrooke aux côtés de Cora, on lui avait proposé de lui donner un moyen pour tuer le Ténébreux, il s'en serait saisi sans la moindre hésitation.
Même si la proposition était venue de Peter Pan.
Parce qu'alors son cœur était encore plein de colère, de haine, de rancœur, parce qu'il ne savait rien des plans et des manigances du maître de l'île, parce qu'il n'avait pas la moindre raison valable de faire un autre choix.
Ce n'était plus le cas désormais, et pourtant…
Pourtant tout ce qui avait hurlé vengeance en lui autrefois voulait dire oui, qu'importe les conséquences, ce que ça lui coûterait ou ce qu'il devrait faire.
- Pardon ? Laissa-t-il échapper d'une voix stupéfaite. Ton fils est le Ténébreux. Personne ne peut le tuer, hormis en utilisant sa dague contre lui ou dans un lieu dépourvu de magie. Et je doute que Rumplestiltskin soit assez bête pour laisser qui que ce soit s'emparer de la chose qui pourrait l'anéantir, surtout s'il s'agit de toi ou moi. Et je ne sais pas si tu l'as remarqué, ironisa-t-il, mais actuellement nous nous trouvons au Pays Imaginaire. Il est plus puissant qu'il ne l'a jamais été.
Peter Pan haussa les épaules, comme si ce n'était pas un problème pour lui.
- Je ne le nie pas. Mais le fait est que je suis au moins aussi puissant que Rumple, si ce n'est plus et si je ne peux pour l'instant pas le tuer, si mes plans se déroulent comme prévu, ça ne devrait pas durer. Seulement pour cela, je vais avoir besoin de toi. Si jamais je te promets que je t'aiderai à tuer mon fils, en échange je te demande de trahir Emma Swan et sa famille ainsi que tous ceux qui l'accompagnent. Ça ne me semble pas très cher payé pour que tu ais enfin ce pour quoi tu te bats depuis plus de deux cents ans, tu ne crois pas ? »
En un éclair, Killian revit alors le marin naïf et crédule qu'il était autrefois, qui avait écouté Peter Pan et n'avait pas compris ce qui se cachait derrière ses paroles, qui n'avait réalisé que trop tard ce qu'il cachait.
Et son grand frère était mort à cause de ça.
Peter Pan était un menteur, un manipulateur et tout comme avec la magie il y avait toujours un prix à payer, il en était de même quand on passait un marché avec Peter Pan.
Et surtout, il y avait autre chose, au-delà de ça, parce qu'alors qu'il pensait à sa satisfaction de contempler son ennemi mort, enfin, après toutes ces années de lutte, tous ces sacrifices, il réalisa que ça signifierait surtout perdre Neal pour toujours et que ce n'était pas ce qu'il voulait.
Il pensa à ce temps passé avec lui sur le Jolly Roger, des siècles plus tôt, puis à leur alliance dans la Forêt Enchantée, à tout ce qui avait changé entre eux au Pays Imaginaire, à ce lien entre eux qui commençait tout juste à grandir, qui ne demandait qu'à s'épanouir.
Il ne gâcherait pas ça, il ne gâcherait pas une fois de plus une des rares bonnes choses auxquelles il avait droit depuis que Milah était morte, il ne voulait pas tout gâcher, tout détruire encore une fois.
Il ne voulait pas le perdre alors que les choses s'arrangeaient enfin, il ne voulait pas de sa colère, de ses larmes, de sa tristesse, de sa haine, non, il voulait ses sourires, sa joie, son amitié, il voulait tous ces petits moments volés à l'enfer du Pays Imaginaire, mais dans d'autres circonstances, il voulait autre chose, il voulait plus.
Il ne savait pas précisément ce qu'il voulait, mais il ne voulait pas ça.
Et le simple fait d'y penser lui donna envie de sourire et lui réchauffa le cœur, et il décida de ne pas y réfléchir, pas tout de suite.
Le temps des questions viendrait plus tard, et oh comme il était facile en rétrospective de prendre cette décision.
Il avait vécu dans les ténèbres pendant tellement longtemps qu'il ne voulait plus jamais y retourner, il choisissait la lumière.
Ce fut à son tour de sourire.
« Non.
Le visage de Peter Pan se décomposa.
- Non ? Répéta-t-il, estomaqué. Pourquoi ?
- Parce que je te hais. Parce que tu m'as pris mon frère autrefois alors te prendre ta victoire me semble être un juste retour des choses. Parce que je suis venu ici pour sauver deux enfants innocents que tu as enlevés et peut-être même plus si certains garçons perdus décident de fuir loin de ton île de malheur. Parce que j'ai décidé d'abandonner ma vengeance contre Rumplestiltskin et que ton aide me sera par conséquent parfaitement inutile. »
Un silence assourdissant s'abattit alors.
Killian n'était pas idiot, il se doutait que Peter Pan les espionnait sans doute via son ombre, qu'il était peut-être déjà au courant de son projet, mais soit ce n'était pas le cas, soit, vu l'expression de surprise qui venait de se dessiner sur son visage, jamais le sorcier n'avait cru qu'il était sincère.
Bien.
Maintenant il le savait, et le pirate savait désormais qu'il avait de plus en plus peur s'il en était au stade où il venait lui demander de l'aide.
Quand Peter Pan s'envola loin de lui, Crochet sourit et retourna au camp.
Il ignorait que, non loin de là, Neal avait absolument tout entendu.
A suivre…
Chapter 129: Le tout pour le tout.
Notes:
Titre du 23/05/2024 : Le tout pour le tout
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Trente septième défi extrême : Terminer 5 défis en une fanfiction et écrire 5 000 mots
Quatre aspects de… Répliques de Sheldon (TBBT) : Toc toc toc : Écrire sur quelqu'un qui n'ose pas entrer quelque part ou sur un couple surpris pendant l'acte
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, défis de l'extrême, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Hé !
Ce chapitre sera plus long que les autres et est même le plus long à ce jour parce que mon cerveau a pété un câble apparemment et voulait absolument que le chapitre se termine à un moment précis mais sans avoir prévu que les scènes d'avant seraient plus longues qu'elles n'auraient dû l'être, alors enjoy j'imagine.
Chapter Text
Contrairement à ce qu'il aurait cru au premier abord, lorsqu'il entendit son grand-père s'adresser à Killian Jones, ce ne fut pas de la colère que Neal ressentit.
Ni un potentiel sentiment de trahison alors que Peter Pan lui faisait son offre, et qu'il aurait dû s'attendre à ce que sa première pensée soit que le pirate allait les trahir sans la moindre hésitation, parce que c'était ce qu'il aurait fait, avant.
Non.
Ce fut uniquement de la peur.
Même pas la peur que Peter Pan ne découvre qu'il était là, puis qu'il ne décide de s'en prendre à lui, chose qu'il aurait pu faire sans la moindre difficulté, il était un sorcier là où Neal n'était qu'un être humain.
Il avait peur pour Crochet.
Alors qu'il aurait dû penser à lui-même, ou aux autres, à ce qui se passerait si le pirate s'alliait avec Peter Pan, aux conséquences hypothétiques terribles à venir, il ne pouvait s'empêcher de craindre qu'il ne lui arrive quelque chose si l'immortel n'appréciait pas son refus.
Enfin si refus il y avait, et une part de lui-même ne parvenait pas vraiment à y croire.
Mais il allait lui dire non, pas vrai ?
Donc, réalisa-t-il tout en suivant leur conversation, il avait plus peur que Killian soit blessé que par le fait qu'il les trahisse potentiellement.
Il avait vraiment un problème…
Il fut ainsi au moins autant stupéfait par la réponse du pirate que le fut Malcolm.
Non.
Il avait dit non.
Et pas seulement ça, ce refus, il était logique, surtout connaissant Killian et les arguments qu'il venait de fournir étaient censés, non, ce qui l'étonnait le plus c'était cette affirmation qu'il n'aurait jamais rêvé pouvoir entendre un jour et encore moins voir devenir réel.
Il avait renoncé à sa vengeance.
Après avoir passé des décennies à poursuivre sa quête, sa vengeance, il avait finalement accepté de…
Il ne tenterait plus de tuer Rumplestiltskin.
Sur le visage hébété de Neal Cassidy, un sourire se dessina alors finalement.
Il n'avait, étrangement, aucun doute sur le fait que son ancien ennemi n'avait pas menti.
Il n'avait aucune raison de dire une telle chose à Peter Pan si ce n'était pas vrai, un simple non aurait été suffisant, et ça avait l'air bien trop sincère, bien trop réfléchi pour ne pas être la vérité.
Neal avait envie d'y croire en tout cas.
C'était peut-être naïf, et son lui de quatorze ans, qui avait fait confiance à un pirate et avait cru à ses mensonges avant de tomber de haut quand la vérité avait éclaté, l'aurait sans doute réprimandé pour ça.
Mais il n'avait plus quatorze ans.
Il connaissait le pirate, ses secrets, ses mensonges, son passé, tout ce qu'il lui avait caché autrefois, et depuis qu'ils se trouvaient sur l'île, il ne lui avait jamais menti, ne lui avait jamais donné de faux espoirs, n'avait jamais prétendu qu'il ne mettrait pas tout en œuvre pour venger la mort de Milah, obtenir justice.
Jusqu'à maintenant en tout cas, et ce n'était même pas à lui qu'il l'avait dit.
Alors qu'il retournait au camp, en tentant de ne pas se faire voir du pirate, il fut frappé par à quel point ça avait été… facile d'entendre cette conversation, il était parti marcher pour calmer son angoisse grandissante, et il n'était pas supposé tomber sur eux.
Pas de sort de silence, et ils étaient un peu trop près du camp, si Peter Pan avait voulu que ça reste secret, il aurait sûrement téléporté le pirate avec lui dans un autre endroit de l'île, rien que ces détails rendaient cela suspect.
Ce n'était peut-être qu'une simple coïncidence, mais s'il y avait bien une chose que Baelfire avait appris depuis qu'il était revenu dans ce monde, c'était bien à ne pas croire aux coïncidences quand celles-ci se produisaient au Pays Imaginaire.
Donc il était probable que Peter Pan l'avait orchestré, comme pratiquement tout le reste.
Mais dans quel but ?
La réponse le frappa telle la foudre.
Parce qu'il s'attendait à ce que Killian Jones dise oui.
C'était logique en un sens, le marin était le seul à être venu par égoïsme et par intérêt personnel, le seul à ne pas avoir d'attachement envers Henry ou envers Wendy, le seul à ne pas avoir quelqu'un à sauver, le seul qui n'avait rien à perdre.
Et vu son passé, sa haine du Ténébreux, il aurait été évident pour tout le monde le connaissant un tant soit peu tel qu'il était avant qu'il les aurait trahis sans la moindre hésitation.
Peter Pan avait sans doute voulu qu'il l'apprenne, lui ou quelqu'un d'autre de l'opération Cobra, afin d'enfin parvenir à atteindre son but, fragiliser l'unité de leur groupe.
Sauf que Killian n'était plus le même qu'autrefois, et que Neal le savait mieux que personne, il l'avait vu changer, évoluer, chose dont Pan ne s'était sans doute jamais rendu compte, ou peut-être n'avait-il jamais réalisé à quel point il était différent.
Rien d'étonnant là aussi, il était celui qui avait tout abandonné pour redevenir enfant et conserver sa jeunesse à jamais, il était l'enfant qui ne voulait pas grandir, qui repoussait tout changement.
(Alors même qu'il avait été adulte autrefois.
Cette situation ne cesserait jamais de lui apparaître comme étant autrement qu'affreusement perturbante.)
Neal avait entendu l'étonnement et la surprise dans sa voix, il avait senti qu'il ne s'attendait pas à une telle réponse, et son sourire s'agrandit.
Son grand-père avait tenté de les diviser une fois de plus, et il avait échoué, et savoir que l'homme qui avait ruiné sa vie des siècles plus tôt, qui avait tout fait pour qu'ils se trouvent précisément où ils étaient, ici et maintenant, n'avait pas totalement réussi à reprendre le contrôle de leurs vies, le réjouissait grandement.
Ils n'étaient pas des marionnettes qu'il pouvait manipuler à sa guise.
Ils n'étaient pas des pions qu'il pouvait manier sans s'attendre à ce qu'ils ne ripostent pas.
Il n'était pas invincible ou infaillible, contrairement à ce qu'il s'acharnait à leur faire croire.
Ils avaient une chance d'arranger les choses, de le vaincre.
Mais ce n'était pas seulement ça qui lui donnait envie de hurler de joie à pleins poumons, non, alors qu'il faisait tout pour faire semblant de dormir et cacher l'immense sourire qui lui dévorait actuellement le visage parce qu'ils étaient à deux doigts de partir en guerre et qu'il n'était pas censé être heureux.
C'était tout simplement le fait qu'il avait enfin obtenu ce qu'il voulait depuis si longtemps.
Killian avait abandonné sa vengeance.
Il ne tenterait plus de tuer son père, il avait fait un choix, celui que Neal avait désespérément voulu qu'il fasse des années plus tôt, sur le pont du Jolly Roger alors qu'il n'était qu'un adolescent en colère et trahi.
(Ça n'aurait sans doute pas suffi à arranger les choses, parce que le fait qu'il veuille tuer son père n'était pas le seul problème, il y avait les mensonges aussi, les secrets, et la manipulation, puis l'abandon.
Maintenant, tout était différent.)
C'en était presque terrifiant, de le constater, de se rendre compte soudainement que tout avait changé, que…
Si Killian n'avait pas menti sur ses intentions, s'il était sincère, s'il voulait vraiment essayer de changer, d'aller de l'avant, alors…
Alors Neal n'avait plus de raison de le détester.
La colère était toujours là, bien sûr, parce que malgré les excuses et les actions du pirate, il n'avait rien oublié, mais il pouvait le pardonner, sans avoir peur d'avoir eu tort, de risquer de découvrir qu'il avait eu tort de lui faire confiance à nouveau, sans craindre de perdre ce qu'ils avaient.
Il pouvait…
Il pouvait l'aimer, sans être en colère ou énervé ou triste, il avait le droit, même si ça ne changerait rien, même s'il n'avait aucune chance que ça aboutisse à quoi que ce soit entre eux, même si ça ne serait jamais réciproque.
Il aurait sans doute le cœur brisé parce qu'il n'y aurait jamais de quelconque eux dans le futur, ça n'existerait pas et il le savait pas bien.
Mais Killian ne lui briserait pas le cœur en lui arrachant un membre de sa famille ou en le trahissant.
Et rien que ça c'était suffisamment réconfortant pour qu'il parvienne en pensant à lui, à ressentir de la joie qui ne soit pas amère pour une fois.
§§§§
L'esprit humain fonctionnait d'une manière bien étrange.
Neal avait pensé qu'après ce qu'il avait entendu et appris, il dormirait paisiblement et serait prêt à affronter une nouvelle journée de plus sur cette île, voire à enfin pénétrer avec les autres dans ce camp dans lequel aucun d'entre eux n'avait envie d'entrer.
Évidemment, ça aurait été trop simple comme ça, et il n'arriva finalement même pas à être surpris lorsque le premier cauchemar le frappa.
Sans doute que s'il avait revécu les pires moments de son passé, ça aurait été moins pire en un sens.
Lorsque sa mère l'avait abandonné, quand son père en avait fait de même, la trahison de Killian, la perte de Wendy et de ses frères alors qu'ils venaient tout juste de devenir sa famille, son existence emplie de souffrances au Pays Imaginaire, le moment où il avait abandonné Emma, l'instant où Henry avait été enlevé sous ses yeux et où il n'avait rien pu faire pour le sauver.
La liste des possibilités était longue…
Parce qu'au moins, même si c'était réel, même si c'était douloureux, même si c'était arrivé, c'était du passé, derrière lui et il savait bien que plus jamais il n'aurait à revivre ça, que l'histoire ne se répéterait pas.
Mais non, ce n'était pas ce qu'il s'était passé.
À la place, il avait seulement vu ses pires craintes se réaliser, tout ce qu'il espérait ne jamais voir advenir dans le futur.
Il s'était vu mourir, sans avoir réussi à sauver Henry et Wendy, il avait vu les autres mourir sans parvenir à faire quoi que ce soit, il avait vu le sourire suffisant et goguenard de Peter Pan au milieu des ombres, il avait vu leur mission échouer.
Et la mort, en un sens, n'était pas véritablement ce qui l'effrayait le plus dans toute cette histoire, ironiquement.
Non, ce qui lui faisait le plus peur c'était la trahison, l'abandon.
C'était que malgré tous ses efforts pour s'éloigner le plus possible de son passé, celui-ci ne revienne pour le hanter et le narguer en se reproduisant à nouveau, que Killian ou son père ou Emma ou n'importe qui d'autre dans le groupe ne le trahisse d'une manière ou d'une autre pour une raison ou une autre.
C'était absurde et insensé, bien sûr, il le savait bien, que ça n'arriverait jamais.
Mais les cauchemars n'avaient pas besoin d'être logiques pour réussir à le terrifier, bien au contraire.
Au bout du compte, dans ces visions d'horreur, il se retrouvait seul, abandonné, parce qu'il n'en valait pas la peine, parce qu'il n'était pas suffisant.
Parce qu'il ne l'avait jamais été et ne le serait jamais.
S'il avait été éveillé et que cette pensée lui avait traversé l'esprit, il aurait su que c'était un mensonge.
Wendy était allée au Pays Imaginaire pour le ramener, son père avait tout fait pour le retrouver, Emma ne lui en voulait plus autant qu'avant, Killian n'était plus son ennemi, il avait un fils qui avait besoin de son aide, il n'était pas seul et il le savait.
Mais perdu dans les brumes du sommeil, forcé de voir ses peurs prendre vie, il avait bien du mal à s'en convaincre.
Quand il se réveilla, ce ne fut pas en hurlant.
Il avait hurlé bien des fois, autrefois, quand il vivait encore sur l'île et qu'il revivait en songes ses traumatismes, à cause de la douleur qui refaisait insidieusement surface, à cause de la peur, de la colère ou de la solitude.
Il avait fini par arrêter de hurler à force, il avait appris, s'était retenu de le faire pour éviter d'être retrouvé par les garçons perdus, il avait gardé ça pour lui et plus tard en rencontrant Clochette puis Emma, ses cauchemars s'étaient apaisés alors il n'avait plus eu besoin de contenir ses hurlements.
Maintenant, c'était comme si son corps avait été programmé pour le forcer à se taire.
Ce n'était pas la première fois qu'il faisait des cauchemars depuis son retour sur l'île mais ils n'avaient jamais été aussi douloureux jusque-là.
Il ne put s'empêcher de soupirer.
Est-ce qu'un jour il pourrait passer une nuit de sommeil paisible sur cette île de malheur ?
§§§§
Killian dormait encore quand il entendit Neal se réveiller en sursaut.
Ce n'était pas vraiment surprenant, non seulement lui aussi dormait mal (comme tout le monde autour d'eux, sans surprise là aussi) mais également parce qu'il se trouvait non loin de lui, pas vraiment par hasard d'ailleurs.
Il n'avait pas spécialement envie de s'installer à proximité des autres membres du groupe, qu'il ne connaissait pas ou peu ou qu'il détestait (ce qui ne concernait d'ailleurs que Rumplestiltskin), et qui ne l'appréciaient pas vraiment, et la seule autre option qui restait était Regina.
Et vu qu'elle se trouvait juste à côté de la Sauveuse, il avait le sentiment qu'il valait mieux pour lui de ne pas les déranger et de les laisser se rapprocher sans s'en mêler.
Surtout que de toute façon, son but était d'arranger les choses avec Neal, alors dans le fond il était gagnant.
Par contre, être réveillé par un de ses cauchemars, ça, il ne l'avait pas vraiment prévu.
Parce qu'il venait de faire un cauchemar, de toute évidence, vu la lueur qu'il lut dans ses yeux quand il se réveilla complètement et observa attentivement le New-yorkais, emplie de peur, de tristesse et de souffrance et il eut un pincement au cœur.
Il ne savait pas quel genre de cauchemar au juste il venait de faire mais ça devait sans nul doute concerner le Pays Imaginaire.
Et sans doute des choses qu'il lui avait faites, et il ne put empêcher une vague de culpabilité de le traverser.
C'était de sa faute.
Et il n'y avait absolument rien qu'il puisse faire pour arranger les choses d'une quelconque façon.
« Ça va ? Demanda-t-il par réflexe, avant de réaliser la stupidité de sa question.
Neal ne sembla pas s'en formaliser et eut un sourire amer.
- Oh, la routine de mes nuits depuis qu'on est ici. Des cauchemars, encore et encore, parce que le réel n'étant bien sûr pas assez effrayant, il faut que mon cerveau décide de me pourrir la vie en empirant les choses !
Killian ne put s'empêcher de sourire.
- Tu… lança-t-il d'une voix hésitante. Tu fais des cauchemars toutes les nuits depuis qu'on est arrivés ?
En fait, songea-t-il avec horreur, c'était sans doute même pire que ça.
Peut-être même n'avait-il jamais réellement cessé de faire des cauchemars depuis que sa mère était partie.
Il se souvenait des siens en tout cas, tous ceux qui avaient suivi la mort de sa mère, le départ de son père, la disparition de Liam puis celle de Milah, tous les cauchemars qu'il avait tenté de faire disparaître, parce que ça faisait trop mal,et il ne pouvait qu'imaginer quelles horreurs pouvaient le hanter la nuit quand il se trouvait seul et impuissant face aux monstres qui peuplaient son passé.
Savoir qu'il était l'un deux ne rendait définitivement pas les choses plus faciles.
Neal hocha la tête, semblant faire comme si c'était sans importance.
La situation était tout de même assez surréaliste.
Ils étaient là, sur l'île qui leur avait tant pris, allongés à seulement quelques pas l'un de l'autre, alors même que peu de temps auparavant, quelques semaines et mois plus tôt, ils étaient encore ennemis.
Pourtant, ils discutaient comme si de rien n'était, comme si le pirate n'avait pas essayé à maintes reprises de tuer le Ténébreux.
Il n'aurait jamais penser que ça puisse arriver un jour.
D'un autre côté, il n'aurait jamais cru abandonner sa vengeance alors tout pouvait arriver apparemment.
- Souvent oui. Soit ça, soit je ne dors pas du tout.
Ça expliquait ses cernes et son air constamment fatigué, mais comme c'était un état partagé par tout le monde (hormis le Crocodile. À nouveau, foutue magie.) il n'y avait pas fait attention plus que ça et ne l'avait pas relevé.
Mais il était vrai qu'il leur était arrivé plusieurs fois de discuter durant la nuit à un moment où ils auraient dû tous les deux dormir, et si le pirate restait souvent éveillé pour observer la carte et songer au trajet qui allait suivre, ce n'était pas le cas de Neal, et…
Et est-ce que toutes les fois où il l'avait vu réveillé c'était parce qu'il venait de faire un cauchemar, ou parce qu'il n'arrivait pas à dormir ou parce qu'il ne voulait pas dormir tout court ?
- Ça a duré combien de temps ? Après ton départ du Pays Imaginaire, précisa-t-il.
- C'était moins pire ici quand Clochette était là, savoir que je n'étais plus seul aidait beaucoup et une fois que j'ai capturé… enfin une fois que l'ombre a accepté de se laisser capturer, corrigea-t-il en éclatant d'un rire cynique, ça s'est arrangé. Surtout quand j'ai rencontré Emma et que j'ai compris que l'ombre ne reviendrait pas me chercher, que j'étais libre. Quand elle était là la nuit et que j'étais dans ses bras, les cauchemars fuyaient la plupart du temps. Après quand je l'ai abandonnée, ça a repris mais moins violemment et puis… puis je suis tombé dans un portail magique et… ça a recommencé. Ça a encore empiré depuis qu'on est ici. »
Le pirate sentit la tristesse l'envahir en entendant cela, ce qui mélangé à la culpabilité (parce que c'était lui qui l'avait abandonné à Peter Pan, il était responsable c'était une chose qu'il ne pourrait jamais nier) ne donnait pas une sensation très agréable et sans réfléchir, il voulut tendre la main en direction de son interlocuteur, se rapprocher de lui, pour…
Pour quoi exactement ?
Qu'est-ce qu'il allait faire au juste ?
Qu'est-ce qu'il voulait faire ?
Il ne le savait même pas.
Ou plutôt si.
Il voulait le prendre dans ses bras.
Ce n'était pas la première fois qu'il y pensait, que l'idée lui traversait l'esprit, qu'il voulait le faire mais qu'il se retenait, parce que les choses étaient compliquées entre eux.
Mais il y avait une forte chance que dans les jours à venir ils finissent par tous y passer et il serait trop tard pour tenter d'arranger les choses à ce moment-là et il avait le sentiment qu'ils étaient sur la bonne voie, alors…
Si ça devait se passer de cette manière, il ne voulait pas mourir en ayant des regrets.
Et au cours de cette nuit-là, Neal s'attendait à bien des choses, mais définitivement pas à ce que Killian Jones décide de le prendre dans ses bras pour l'enlacer.
Qu'est-ce que…
Quoi ?
« Qu'est-ce que tu fabriques ?
Surtout qu'ils étaient allongés et que c'était tout sauf confortable comme position.
- Ça ne se voit pas ? Je te fais un câlin.
Sa réponse était tellement logique en un sens que Neal ne put pas s'empêcher de pouffer et le pirate le serra encore plus fort contre lui.
- Ah. Oui c'est pas faux. C'est juste que j'ai pas vraiment l'habitude que tu… Pourquoi ?
Neal ne savait pas vraiment s'il était en train de rougir, mais si c'était le cas, alors pour une fois il bénissait la nuit et les ombres du Pays Imaginaire parce qu'il n'avait vraiment pas envie que Killian s'en rende compte.
- Je voulais que tu arrêtes d'être triste, lui avoua simplement le brun, avec une telle sincérité que Neal se figea, interdit.
Comment est-ce qu'au juste il allait empêcher son cœur de battre à tout rompre si l'autre lui sortait des phrases comme ça ?
D'ailleurs en parlant de son cœur, est-ce qu'il l'entendait s'affoler dans sa cage thoracique ?
Il espérait vraiment que non.
- Oh… se contenta-t-il de répondre, ne sachant pas au juste quoi dire d'autre. Je… merci.
Il ne put pas s'empêcher de bailler, parce que dieux qu'il était fatigué mais si jamais il fermait les yeux alors les ombres allaient revenir et…
En réalisant que Neal était à deux doigts de s'endormir, Killian fut frappé par une idée soudaine et voulut la chasser de son esprit quelques secondes plus tard, mais elle s'accrocha, persistante.
- Je sais que ça va sans doute paraître stupide, mais… tu veux que je reste à côté de toi jusqu'à ce que tu t'endormes ? Comme ça si jamais tu fais de nouveau un cauchemar, au moins je serai là pour te réveiller si besoin.
Il n'allait pas lui proposer de dormir avec lui, il doutait que Neal apprécie l'idée.
- Je… je veux bien oui. Ça pourrait m'aider.
Il serait bien resté là, allongé ici, dans ses bras, mais c'était tout sauf une bonne idée, alors, après une dernière étreinte, il s'éloigna à regret de lui avant de s'installer de nouveau là où il était quelques minutes plus tôt.
Maintenant, il n'avait plus qu'à prier pour réussir à dormir sans que quoi que ce soit ne vienne perturber son sommeil…
§§§§
C'était la première fois qu'il le regardait dormir.
Lorsqu'il était arrivé sur le Jolly Roger, lors de cette sombre nuit, il avait simplement attendu qu'il reprenne connaissance, alors que cette fois-ci, il veillait sur son sommeil, s'assurait qu'il ne ferait pas de cauchemars, et surtout il savait qui il était.
Ce n'était plus un gosse inconnu dont il venait de sauver la vie, c'était quelqu'un qu'il connaissait et qui était devenu son ami et pour qui il avait décidé d'abandonner sa vengeance.
Rien que ça montrait bien l'évolution de leur relation, tout ce qui avait changé depuis leur première rencontre (enfin deuxième rencontre en un sens même s'ils n'avaient pas réellement de souvenirs de la première) et que les circonstances n'étaient définitivement plus les mêmes.
Et Neal avait l'air presque paisible comme ça.
Sans doute parce que les cauchemars n'étaient pas encore revenus, et Killian espérait sincèrement que ça allait durer parce qu'il méritait de se reposer et il redoutait le moment où il le verrait froncer les sourcils et s'agiter dans son sommeil et il ne put s'empêcher de serrer le poing de rage.
Il aurait voulu pouvoir arranger les choses, effacer tout ce qu'il avait fait de mal au jeune homme par le passé, tout ce qu'il avait subi à cause de ses parents, de Peter Pan, tout ce qu'il avait enduré et qui rendait son sommeil si agité si souvent, et il savait déjà qu'il tenait à lui avant cela.
Mais jusqu'à cet instant précis il n'avait jamais réalisé à quel point, et c'en était presque effrayant.
La dernière fois qu'il avait à ce point voulu protéger quelqu'un remontait à Milah et par la suite il ne s'était plus jamais attaché à qui que ce soit, pas aussi intensément et viscéralement que maintenant en tout cas.
Il y avait bien Regina, bien sûr, mais il ne s'était pas autant rapproché d'elle et s'il voulait préserver son ami des ombres qui le hantaient, sans doute parce qu'il était en partie responsable, ce n'était pas le cas avec l'ancienne méchante reine.
Probablement parce qu'elle ne semblait pas avoir besoin de l'être, ou parce qu'il avait le sentiment qu'elle n'avait pas besoin de lui, après tout elle avait Emma à ses côtés.
Alors que cette pensée lui traversait l'esprit, il fronça les sourcils.
Quelque chose n'allait pas dans ce raisonnement.
Certes, la brune avait Emma, mais en dehors de ça, elle était plutôt isolée, Rumplestiltskin et Clochette n'étaient pas très proches d'elle à cause de leurs passifs respectifs, et les autres membres du groupe, en dehors des Darling, avaient subi les effets de sa malédiction, ou la connaissaient mal comme Baelfire.
Ce qui n'était pas le cas de Neal.
Neal avait son père, son ex, Clochette, Jean et Michel et il ignorait à quel point il était proche ou non des autres habitants de Storybrooke mais il savait qu'il n'était pas leur ennemi, et dans les faits il n'avait pas besoin du pirate.
Alors dans ce cas-là pourquoi ?
Pourquoi est-ce que ça lui tenait tellement à cœur de veiller sur lui, d'être celui qui se trouvait là à ses côtés à s'assurer qu'il allait bien, pourquoi n'aurait-il pas laissé sa place à quelqu'un d'autre, pourquoi lui avait-il proposé ça alors qu'il avait lui aussi besoin de dormir ?
Pourquoi est-ce que ça lui semblait si important ?
Pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué ?
Il n'avait aucune idée de la réponse et pour le moment il ne savait pas pourquoi mais il n'était pas sûr de vouloir la trouver.
§§§§
Au bout du compte, il n'avait pas dû attendre longtemps avant que ce qu'il craignait ne se réalise, et alors qu'il voyait Neal serrer les poings, sans doute pour ne pas hurler (et il avait hurlé autrefois, quand Félix et les autres le torturaient, il le lui avait dit. Est-ce que pendant qu'il faisait des cauchemars il avait hurlé aussi et que personne n'était jamais venu ?) et il ne sut soudainement pas quoi faire.
Il savait qu'il était supposé le réveiller, il avait dit qu'il le ferait, mais soudainement ça ne lui semblait plus être une bonne idée, peut-être parce qu'il ne voulait pas que cet instant fugace et volé à cette mission interminable ne se termine brusquement.
Aussi, sans réfléchir une seule seconde, il se rapprocha de lui et avant de se raviser, il prit son courage à deux mains et l'attira contre lui, l'allongeant à côté de lui, la tête de Neal reposant désormais contre son torse, et Killian maudit l'absence de lits sur cette maudite île, ça aurait rendu toute cette opération bien plus confortable.
Ça ne changerait sans doute rien, ça ne chasserait sans doute pas les cauchemars, peut-être que ça empirerait même les choses.
Mais il devait au moins essayer.
Et si ça lui permettait de calmer les cauchemars de Neal, alors ça lui convenait parfaitement.
Ainsi, quelques secondes plus tard, Neal finit finalement par se calmer et par même instinctivement le serrer dans ses bras, et Killian ne put empêcher un sourire de fierté de se dessiner sur son visage.
Ça signifiait qu'il se sentait en sécurité avec lui, qu'avec lui il n'avait plus peur, qu'il lui faisait confiance même dans son sommeil, et c'était une chose qu'il aurait pensé impossible et inimaginable quelques temps auparavant.
En entendant sa respiration, bien plus régulière et moins erratique qu'elle ne l'était jusque-là, il continua de l'observer, craignant que d'un moment à l'autre il ne recommence à s'agiter, ou de l'entendre hurler voire de le voir pleurer en silence comme il avait dû le faire pendant si longtemps parce qu'il était seul, et sans même s'en rendre compte, il passa sa main valide brièvement dans ses cheveux.
Ce ne fut qu'à ce moment qu'il réalisa ce qu'il venait de faire, depuis le moment où Neal avait commencé à faire un cauchemar et où son cerveau avait décidé de se mettre en pause, le poussant à agir sans trop savoir ce qu'il faisait, mis à part que ça lui semblait être la bonne chose à faire.
Mais qu'est-ce que je fabrique ?
Il avait justement songé peu de temps avant que lui et Neal n'allaient définitivement pas dormir ensemble parce que ça aurait été ridicule, mais maintenant qu'il était là, il n'avait plus envie de bouger, il se sentait… bien.
Et même si son cœur battait à toute vitesse et que ça lui faisait presque peur, ça ne changeait rien au fait qu'il voulait rester là.
Même si c'était absurde, insensé, même si ce n'était pas supposé arriver, peu importe.
Il préférait ne pas y réfléchir et il finit par fermer les yeux.
Après tout, lui aussi il avait bien le droit de dormir.
§§§§
Quand Neal se réveilla, il se sentit relativement reposé.
Et au bout de seulement quelques secondes, il se rendit compte que quelque chose n'allait pas, sans doute le fait que, à tout hasard, il n'était plus allongé à la même place que durant la nuit et aussi parce que…
Oh.
Oh.
Est-ce qu'il était encore en train de dormir et de rêver ou bien est-ce qu'il avait vraiment passé la nuit dans les bras de Killian Jones, alors que ce n'était absolument pas ce qui était prévu ?
Apparemment oui.
Bordel de…
Heureusement qu'ils étaient déjà par terre parce qu'il avait le sentiment qu'il serait tombé à la renverse en réalisant où il était et bon sang il n'avait même pas envie de savoir ce qu'il s'était passé alors il tenta de se lever le plus vite possible sans réveiller qui que ce soit.
Par il ne savait pas quel miracle, cela fonctionna.
Le pirate dormait toujours, de même que les autres et il faisait sombre comme toujours au Pays Imaginaire, et il reprit sa place, comme si de rien n'était en priant pour que personne ne se soit aperçu de quoi que ce soit.
Et surtout que son père qui était le seul parmi eux à ne jamais dormir, n'ait rien vu du tout et en y pensant, Neal eut bien du mal à retenir un rire nerveux.
Sérieusement comment aurait-il pu expliquer ça au Ténébreux ?
Il préférait ne pas le faire, faire comme si rien ne s'était passé, parce qu'en un sens c'était le cas.
Rien n'était arrivé.
Le fait qu'il le regrette montrait bien à quel point il était irrémédiablement foutu.
§§§§
Emma fit quelques pas, ne sachant pas réellement ce qu'elle était en train de faire.
Sans doute ce qu'elle aurait dû faire depuis le début, se rendre dans ce camp qui retenait son fils, trouver un plan d'attaque et vaincre Peter Pan.
Elle fit quelques pas, malgré la peur, malgré les regards des enfants perdus posés sur elle et soudainement, elle se figea.
Henry.
Il était là, devant elle, à à peine quelques mètres, semblant bien plus réel que via le miroir utilisé par Regina pour communiquer avec lui, et elle aurait presque pu le toucher.
Le prendre dans ses bras, le rassurer, et elle pouvait peut-être le faire, Peter Pan n'était pas là, et tout aussi effrayants soient-ils, les garçons perdus n'étaient que des enfants armés d'armes mortelles, peut-être pourraient-ils en venir à bout si leur chef n'était pas là et accomplir la première étape de leur plan.
Récupérer Henry.
Un sourire se dessina sur ses lèvres et elle continua d'avancer, jusqu'à l'entrée du camp et…
Son sourire s'effaça brusquement.
Une barrière venait tout juste de la repousser, une barrière magique semblable à celle qui entourait Storybrooke durant la malédiction, une barrière qu'elle ne pouvait pas détruire ou mettre en pièces.
Ils ne pouvaient pas entrer…
Ils étaient juste à côté du camp et ils ne pouvaient même pas y entrer.
Non loin d'elle, Félix lui offrit un sourire suffisant et empli de morgue qui lui donna envie de le frapper.
A suivre…
Chapter 130: La vie est un éternel recommencement.
Notes:
Titre du 27/12/2023 : La vie est un éternel recommencement
Scorpion : Emma (OUAT)
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Tsunayoshi Sawada (KHR) : Père absent : Écrire sur John Winchester (SPN) ou écrire sur un père qui délaisse sa famille
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Depuis qu'elle avait mis les pieds au Pays Imaginaire, Emma Swan avait eu à de nombreuses reprises le sentiment que l'univers prenait un malin plaisir à se jouer d'elle.
Elle n'aurait jamais cru que ça recommencerait à nouveau, pas à ce point-là en tout cas.
«Mais c'est quoi ce bordel? Ne put-elle s'empêcher de laisser échapper.
Il avait recommencé.
Peter Pan avait à nouveau trouvé un moyen de les empêcher d'atteindre leur but et dans le fond ça ne la surprenait même pas.
Elle frappa une nouvelle fois la barrière, tenta d'utiliser la magie pour la détruire et poussa un cri de rage qui alerta tout le monde alors qu'elle constatait que c'était sans effet.
- Emma, lui demanda sa mère, qu'est-ce qu'il se passe?
La blonde se tourna vers eux, les yeux écarquillés d'horreur.
- Il… Il a bloqué le passage. On ne peut plus entrer dans le camp.
- Quoi? S'écria Regina, stupéfaite.
Le Ténébreux fronça les sourcils et se rapprocha de l'entrée du camp avant de constater par lui-même la véracité de ses propos.
- Je ne peux pas passer, avoua-t-il quelques secondes plus tard, et je ne peux pas me téléporter à l'intérieur non plus.
- Vous pouvez remédier à ça? Faire en sorte de détruire cet obstacle? L'interrogea Emma, les yeux brûlants d'impatience.
Après un court temps de réflexion, l'immortel hocha la tête.
- Oui. Mais… ça risque de prendre plusieurs heures.
Le hurlement que poussa Emma était probablement assez fort pour être entendu jusqu'à Storybrooke.
- C'est pas vrai! S'écria-t-elle en s'éloignant du camp des garçons perdus.
Si elle devait voir le visage horripilant de Félix ne serait-ce qu'une seconde de plus, elle allait craquer et frapper cette foutue barrière de toutes ses forces jusqu'à avoir les poings en sang.
- Hey, lui dit Regina en posant sa main sur son épaule, ce qui la fit se calmer aussitôt. Ça va aller. On y est presque.
- Peut-être pas, ne put s'empêcher de lâcher Emma avec un ton désabusé. C'est ce qu'on s'est dit à chaque fois, et pourtant… dès qu'on parvient à surmonter un obstacle ou une difficulté, autre chose surgit, encore plus compliqué à défaire et j'ai peur que… qu'on ne s'en sorte jamais.
Elle se souvenait que, même si les circonstances n'avaient rien à voir, Neal était resté prisonnier de cette île pendant près de deux siècles.
Comment avait-il fait pour ne jamais perdre l'espoir d'un jour parvenir à s'échapper?
J'ai peur qu'on perde, songea-t-elle sans oser le dire, alors que c'était ce qu'ils pensaient tous, et que les mots lui brûlaient la gorge, j'ai peur d'échouer, j'ai peur qu'être la Sauveuse ne soit pas suffisant.
Henry était là, si près et pourtant elle ne pouvait pas le sauver.
- Ne dis pas ça, tenta de la rassurer Regina, je suis sûre que… qu'on trouvera une solution.
- Et si c'était pas le cas? Explosa la princesse. Si… si rien de ce qu'on faisait ne parvenait à faire la différence, tu y as pensé? On n'a même pas de réel plan pour ce qui est de stopper Peter Pan!
Rumplestiltskin haussa un sourcil surpris.
- Nous avons la boite de Pandore, lui fit-il remarquer.
- Mais il a toujours sa magie! Le contra-t-elle. Et je sais que… que vous êtes le Ténébreux, que vous êtes immortel, que votre magie est puissante, et il y a celle de Regina aussi et la mienne si besoin, mais… Mais et si ce n'était pas assez? Et s'il vous battait?
Le Ténébreux y avait pensé, bien sûr.
Après tout, s'il y avait bien une chose que son père savait faire, c'était tenter de lui montrer par tous les moyens qu'il n'avait aucune chance contre lui.
- C'est une possibilité, en effet, admit-il prudemment, mais…
- Non, le coupa-t-elle. Non. Pas de mais. Il y a trop de choses en jeu actuellement. Je veux savoir si… s'il existe un moyen pour qu'on puisse être sûr de l'empêcher de s'enfuir de cette foutue boite de Pandore, si on peut avoir la certitude qu'on arrivera à l'emprisonner sans qu'il ne puisse rien faire pour nous échapper.
Parfois – souvent – Neal se demandait si son grand-père savait ce qu'ils étaient en train de préparer contre lui, si, malgré les sortilèges de silence lancés par les sorciers de leur groupe, il parvenait à passer au travers et à les espionner malgré tous leurs efforts.
Et, plus effrayant encore, s'il savait, est-ce que ça lui était égal?
Est-ce qu'il était suffisamment puissant pour que tout ce qu'ils pouvaient tenter ne serve à rien au bout du compte?
Il chassa cette pensée, comme à chaque fois qu'elles refaisaient surface dans son esprit.
Il n'avait pas besoin de plus d'idées noires qu'il n'en avait déjà.
- Peut-être, lança l'immortel d'une voix hésitante. Nous aurions besoin de la seule chose et unique chose qui a pu m'ôter temporairement mes pouvoirs et m'envoyer en prison.
Une lueur de compréhension apparut dans les yeux de David.
- La plume du contrat de Cendrillon.
Le Ténébreux secoua la tête.
- Non, rectifia-t-il, ce n'était pas la plume. C'était l'encre. L'encre m'a immobilisé et m'a empêché de me servir de ma magie pendant quelques minutes, de l'encre de seiche plus précisément.
Malgré lui, Neal ne put s'empêcher de lancer un regard qu'il espérait discret au pirate en entendant cela, cherchant à lire sur son visage s'il était déjà au courant de cette information, et, si ce n'était pas le cas, s'il regrettait de ne pas l'avoir su plus tôt et de n'avoir pas eu la possibilité de s'en servir.
Il savait bien que de toute façon l'encre n'aurait pas été suffisante pour tuer son père, et que ce n'était plus l'intention de Crochet de toute façon, mais il ne pouvait pas s'en empêcher, la crainte que ses paroles ne soient que du vent ne cessait de revenir le hanter.
Mais il ne vit rien et ce ne fut pas suffisant pour le rassurer.
Après tout, ça n'aurait pas été la première fois qu'il se ferait avoir en lui faisant confiance.
- J'imagine que vous n'en avez pas sur vous, sinon vous nous en auriez parlé plus tôt, lui lança Emma, maîtrisant difficilement sa frustration.
Un pas en avant, trois pas en arrière…
Ça résumait plutôt bien leur expédition jusque-là.
- Non, en effet, lui concéda le sorcier, pour la simple et bonne raison qu'il s'agit de quelque chose de très rare et de difficile à obtenir. Je ne sais même pas s'il est possible d'en trouver sur cette île.
- Je pense que je peux le faire, intervint Neal quelques secondes plus tard. (Tous les regards se tournèrent vers lui.) Même si je n'ai pas exploré tous les coins du Pays Imaginaire, je me souviens qu'il y avait des seiches à l'époque où j'y vivais et je sais comment faire pour en attraper une s'il y en a toujours. Je crois. J'aurais juste besoin de quelqu'un pouvant utiliser la magie à mes côtés pour qu'on puisse se téléporter là-bas.
- Je peux le faire, lui affirma Regina, pendant ce temps Rumple, tu pourras t'occuper de la barrière.
La barrière…
Malgré l'espoir qui venait tout juste de refaire surface parmi eux, Emma avait les sourcils froncés.
- Pourquoi ?
Les regards des autres se firent interrogateurs.
- Pourquoi quoi ? La questionna August, perplexe.
- Pourquoi maintenant ? Précisa-t-elle. Pourquoi est-ce que Peter Pan a… a mis cette barrière en place d'un seul coup? Parce qu'on s'approche du camp? Parce qu'on a retrouvé Henry et qu'on est à deux doigts de le sauver? Ça n'a pas de sens, je sais qu'il commence sans doute à avoir peur, je l'ai lu dans ses yeux, mais… notre dernier combat contre les enfants perdus a été un désastre et n'a mené à rien. Je ne vois pas en quoi il pense que ce sera différent cette fois.
Killian ne mit pas longtemps à comprendre ce qui avait sans doute poussé l'immortel à mettre cette précaution en place.
- Je pense savoir pourquoi. La nuit dernière, Peter Pan est venu me parler.
Neal sursauta, surpris, avant de comprendre.
- Qu'est-ce qu'il voulait? Fit Regina, plus inquiète que méfiante. Qu'est-ce qu'il a fait?
Elle semblait prête à aller l'attaquer à elle toute seule si jamais elle apprenait qu'il l'avait blessé, et Killian en fut plus touché qu'il ne l'aurait cru.
Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas eu d'amie prête à se battre pour lui.
- Me proposer un marché. Si j'acceptais de vous trahir, il m'aidait à tuer Rumplestiltskin. J'ai refusé. Je me trompe peut-être mais je pense que constater que tout ce qu'il a pu tenter de faire pour nous ralentir ou nous diviser n'a pas abouti lui a fait comprendre qu'on pouvait gagner. Peut-être qu'il tente de nous ralentir le plus possible et qu'il prépare quelque chose.
Emma serra les poings.
- Ça ne me surprendrait pas trop… Merci. De ne pas avoir accepté, de continuer de nous aider, je pense que… sans toi on ne s'en serait pas sortis.»
Il ne savait pas encore comment les choses se termineraient.
Mais savoir qu'il avait la confiance et la gratitude de la Sauveuse lui donnait l'espoir que, s'ils rentraient tous sains et saufs à Storybrooke, un avenir meilleur l'attendrait peut-être.
§§§§
«Il y a autre chose… Fit soudainement Jean avec un air décidé.
Lui et Michel n'avaient que peu parlé ces derniers temps, se contentant principalement de suivre le mouvement, mais maintenant que les choses sérieuses étaient à deux doigts de débuter, ils voulaient faire entendre leur voix.
Et Wendy…
Wendy méritait de ne pas être oubliée elle aussi.
Le visage d'Emma reflétait une intense et immense fatigue.
- Votre sœur oui. Même si je n'ai pas pu entrer dans le camp, j'en ai fait le tour, j'ai tenté de la voir, de la trouver, mais… mais il n'y a pas de fille parmi eux a priori et même si on a pas eu le temps de lui parler pendant très longtemps, je pense qu'Henry nous aurait dit s'il l'avait vue. Je… je ne sais pas quoi vous dire, j'aimerais… j'aimerais avoir une réponse à vous apporter qui soit autre chose que je ne sais pas quoi faire, mais je ne peux pas et j'en suis sincèrement désolée.
- Puisque de toute façon nous ne pouvons rien faire pour le moment, déclara alors Michel, et que nous savons où se trouve le camp je pense que… que nous devrions essayer de la chercher, tenter de la trouver et je… tout ce que je veux c'est pouvoir serrer ma sœur dans mes bras et la ramener à la maison.»
Emma comprenait ce qu'il ressentait, évidemment, ils le comprenaient presque tous, et elle aurait voulu que les choses soient différentes, elle aurait souhaité réussir à trouver un moyen d'arranger les choses.
Mais elle ne pouvait rien faire.
Elle était une sorcière, oui, mais elle n'était pas assez puissante ou expérimentée pour le moment pour pouvoir se téléporter et fouiller toute l'île.
Non loin d'elle, Regina soupira.
Elle allait avoir beaucoup de choses à faire dans les heures qui allaient suivre…
§§§§
Regina l'admettait sans la moindre difficulté, elle ne pensait que rarement à Neal Cassidy ou à ce qu'il avait vécu sur cette île de malheur qu'était le Pays Imaginaire.
Mais là tout de suite, face aux eaux sombres qui se trouvaient devant ses yeux, alors qu'elle le voyait se démener pour faire venir le monstre marin à eux, comme s'il avait fait ça toute sa vie, comme si c'était normal, elle ne pouvait que le faire.
Se demander ce qui avait pu l'amener à apprendre à chasser des seiches et autres poissons et animaux également, s'il l'avait fait seul ou si c'était Killian ou Clochette qui le lui avait appris, et elle se demanda aussi comment il avait fait pour survivre seul sur cette île pendant aussi longtemps.
Elle aurait pu le lui demander, lui poser la question, mais elle se doutait que parler de son passé devait être douloureux pour lui et elle n'était pas vraiment assez proche de lui pour ça, pour lui, elle n'était que la mère adoptive d'Henry et l'ancienne méchante reine, pour elle, il n'était que le père d'Henry et le fils du Ténébreux.
Ils avaient passé du temps ensemble à Storybrooke, bien sûr, un peu, et ils avaient essayé de trouver le meilleur moyen possible pour que tout se passe bien avec Henry mais en dehors de ça, ils ne s'étaient que peu côtoyés en fin de compte.
Alors qu'ils mettaient la main sur l'encre tant convoitée, elle réalisa qu'elle aurait aimé apprendre à mieux le connaître, surtout si elle, lui et Emma devaient élever Henry ensemble par la suite sans que d'autres obstacles ne se dressent encore sur leur chemin, et elle se promit d'apprendre à le faire une fois qu'ils auraient réussi à sauver leur fils.
Ils étaient une famille après tout, aussi improbable et de bric et de broc soit-elle.
Ils étaient temps qu'ils apprennent à en devenir une.
§§§§
Voir la tristesse et la consternation sur les visages des frères Darling l'attrista profondément.
Regina avait pourtant cherché partout où elle le pouvait avec eux à ses côtés, se téléportant de nombreuses fois, dans différents endroits, ils avaient essayé de lancer un sortilège de localisation mais ça n'avait une fois de plus rien donné.
Et elle n'était pas là.
Pas dans un endroit qui leur soit accessible, et Regina aurait aimé pouvoir poser la question à un des enfants perdus, parce que l'un d'eux devait forcément savoir mais ils étaient tous réunis dans le camp dans lequel ils ne pouvaient pas entrer.
Elle aurait voulu pouvoir mettre la main sur Félix, l'interroger, et ses plus sombres instincts se réveillaient alors qu'elle s'imaginait le torturer jusqu'à ce qu'il avoue où se trouvait la londonienne, ou lui arracher le cœur et le forcer à leur dire ce qu'il savait.
Elle aurait sans doute dû frémir mais n'y parvint même pas, pas alors que les méthodes de leur ennemi étaient elles aussi abominables.
Mais les faits étaient là.
Wendy était introuvable, et en songeant que Peter Pan la gardait de toute évidence prisonnière pour les empêcher de partir même s'ils réussissaient à récupérer Henry, la brune sentit son estomac se retourner.
Une fois de plus, il gardait la jeune fille comme moyen de pression, comme il l'avait toujours fait depuis qu'elle était retournée sur l'île pour sauver le frère qui s'était sacrifié pour qu'elle et sa famille vivent en paix.
Alors qu'elle constatait que Rumplestiltskin n'avait pas encore réussi à détruire la barrière, elle sentit sa détermination faiblir.
La route était encore longue avant qu'ils ne parviennent à atteindre leur objectif.
A suivre…
Chapter 131: Le défi du jour.
Notes:
Titre du 02/04/2023 : Le défi du jour
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Community 1 : Annie : Écrire sur un élève appliqué ou sur un vilain qui arrive à se faire passer pour gentil
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter Text
Plusieurs heures, hein? Songea Neal en se retenant de le dire à voix haute d'un ton rempli de sarcasme.
Il ne savait pas au juste depuis combien de temps son père s'acharnait sur cette barrière (les joies d'être coincé dans un monde où le temps ne passait pas) mais de toute évidence, ça durait plus longtemps que prévu et d'après l'expression de son visage, il était loin d'avoir terminé.
Même s'il savait que c'était futile, il avait une furieuse envie de frapper ce mur invisible qui se dressait entre eux et son fils, pour l'anéantir, le briser, le détruire, et en un sens, c'était presque pire que la dernière fois.
Quand le camp se déplaçait encore, ils pouvaient avoir l'espoir de l'atteindre, mais maintenant qu'ils y étaient, c'était presque comme si tout ce qu'ils avaient accompli jusque-là n'avait servi à rien.
Ils s'étaient battus contre le vent en croyant que ce qu'ils tentaient de réussir comptait alors qu'en définitive, tout lui semblait inutile et vain désormais.
Il aurait voulu que ce soit différent, il aurait souhaité pouvoir faire quelque chose, n'importe quoi, quelque chose qui lui donne le sentiment de ne pas être complètement impuissant et tout simplement agir.
Mais il ne pouvait pas.
Parce qu'il n'était pas un sorcier, il ne pouvait pas aider son père et Emma à détruire cette barrière, il ne pouvait pas aider Regina à chercher Wendy, tout ce qu'il pouvait faire, c'était regarder et attendre.
Encore que…
Il finit par se lever, ne sachant pas exactement quoi faire au juste, avant que son regard ne se pose finalement sur Killian et qu'une idée ne se forme dans son esprit.
Puisque de toute façon il ne pouvait rien faire, autant en profiter pour transformer sa colère et sa rage en quelque chose de productif et d'utile.
S'il restait ici, seul avec ses idées noires, à ne rien faire d'autre qu'angoisser sur ce qui allait inévitablement s'abattre sur eux d'ici quelques heures, il allait finir par avoir l'impression qu'il était en train de se noyer et que leur combat était sans issue.
(Il l'avait fait autrefois quand il était encore prisonnier de l'île et de son propre désespoir, lorsque la solitude était sa seule compagne, avant que Clochette ne surgisse et ne l'en sauve, alors qu'il croyait qu'il ne parviendrait jamais à s'échapper.
Il ne voulait plus que ça se reproduise, il ne voulait plus jamais ressentir ça.
Saisir l'un des haricots magiques qu'il possédait et le serrer dans sa main ne suffit même pas à le rassurer.
S'ils ne parvenaient pas à sauver Henry et Wendy, à quoi bon prendre la fuite?)
Alors, après quelques secondes d'hésitation, il se dirigea vers lui.
«Je peux te poser une question?
Le pirate lui jeta un regard surpris.
- Je t'écoute.
- Est-ce que… est-ce que tu accepterais de m'aider à m'entraîner à l'épée?
Cette fois, Killian haussa un sourcil étonné.
- Tu veux… qu'on s'entraîne ensemble?
- Oui. Avec ce qui va arriver… On devrait bientôt attaquer le camp normalement et contrairement à la dernière fois, puisque Henry sera vraiment là, ce sera sans doute le cas de tous les enfants perdus et… Je sais me battre, c'est vrai. Mais… j'ai besoin d'être certain que je suis prêt à me battre, à les affronter, que je peux aider à sauver Henry et j'ai aussi besoin de faire quelque chose sinon je sens que je vais exploser.
J'ai besoin de passer du temps avec quelqu'un, pensa-t-il sans oser le dire, d'être sûr que je ne suis pas seul, que tout n'est pas perdu, que cette fois-ci je ne serai pas seul et désespéré.
J'ai besoin de toi, s'autorisa-t-il à penser, sachant d'avance que ces mots, il ne les dirait sûrement jamais à voix haute.
- Et c'est à moi que tu demandes ça?
En entendant cela, Neal faillit éclater de rire, parce que de toute évidence, elle était tout à fait logique et quelques semaines ou mois plus tôt, jamais il n'aurait songé à lui poser cette question, en fait il aurait tout fait pour lui parler le moins possible.
Si le pirate avait su…
Il y avait réfléchi d'ailleurs, sans doute trop longtemps pour un sujet aussi simple et banal.
- Mon père est occupé actuellement, et je pourrais demander à d'autres personnes parmi celles qui savent se battre, mais… de toute évidence tu es celui d'entre nous qui sait sans doute le mieux manier une épée.
Il était, en dehors de Rumplestiltskin et probablement Clochette, celui qui avait vécu le plus longtemps parmi eux, et il ne savait pas très bien au juste ce qu'il avait fait à bord du Jolly Roger après son départ, mais puisqu'il n'avait pas pu faire grand-chose à part ruminer et planifier sa vengeance, il supposait qu'il s'était beaucoup entraîné.
Lui-même n'avait eu que peu l'occasion de le faire au Pays Imaginaire ou même après.
Il voulait reprendre le contrôle, ne pas se laisser envahir par le défaitisme, parce que c'était ce que Peter Pan voulait.
Et passer du temps avec…
Avec l'homme qu'il aimait.
Ça sonnait toujours aussi bizarre.
(Furtivement, alors qu'il songeait que c'était peut-être un des derniers moments qu'ils passaient ensemble, si jamais l'attaque contre le camp des enfants perdus se passait mal et que l'un d'eux n'y survivait pas, il ne put s'empêcher de se demander…
A quoi bon dans le fond, déployer tous ces efforts si c'était pour finalement échouer?
Il chassa cette pensée, comme toutes les autres, tout en étant parfaitement lucide sur le fait qu'elles referaient bientôt surface pour le hanter.)
Killian sembla accepter cette explication et hocha la tête.
- D'accord.»
Il ne s'attendait de toute évidence pas au sourire lumineux qui apparut sur le visage de Baelfire.
Pas plus qu'il ne s'attendait à ce que ça le rende aussi heureux de le voir sourire et de savoir qu'il en était la cause.
Il sourit à son tour.
Il lui sembla aussi que son cœur battait bien plus vite qu'il n'aurait dû.
Et il commençait à comprendre pourquoi.
§§§§
Certains souvenirs semblaient condamnés à éternellement refaire surface.
Cela, Neal s'y attendait depuis le moment où il avait demandé à Killian de se battre avec lui, parce qu'après tout, tout sur cette île de malheur tendait à lui rappeler le passé et parce qu'en un sens, l'histoire se répétait.
Ils s'étaient déjà retrouvés dans cette situation, autrefois, même si les circonstances n'avaient rien à voir et qu'il n'était plus ce gamin de quatorze ans en colère animé par la rage.
Pourtant, ça n'empêchait ce moment de lui revenir en mémoire, celui où il l'avait attaqué après appris la vérité au sujet de sa mère, et où le capitaine Crochet n'avait eu besoin que de quelques instants pour le désarmer.
Il n'y avait que peu repensé jusque-là, et croiser le fer avec lui, pas sur le Jolly Roger mais sur l'île elle-même, ce qui ne changeait pas grand-chose en un sens, l'y ramenait, évidemment.
Il se demandait si Killian y pensait lui aussi, si ce souvenir l'avait hanté de la même manière que lui, ou s'il avait tout fait pour l'oublier, si ça avait autant compté pour lui ou non, et préféra ne pas avoir de réponse à sa question.
Ils avançaient finalement, ce n'était pas pour que l'un d'eux remue le passé une fois de plus.
Pourtant, à sa grande surprise, l'image ne resta pas très longtemps dans son esprit, pas alors que tout son être faisait tout pour se concentrer le plus possible sur ce qu'il était en train de faire, parce qu'après tout, il devait être prêt à se battre pour sauver son fils.
Aussi, seulement quelques secondes plus tard, il n'y pensait déjà plus et il ne put s'empêcher de sourire.
Une preuve de plus qu'ils n'étaient plus les mêmes, qu'ils avaient changé, qu'il avait avancé, que ce qui lui faisait mal autrefois le touchait bien moins, et qu'il avait guéri, aussi.
Maintenant, l'image qui viendrait quand il penserait à lui et à Killian, une épée à la main, ce ne serait pas celle d'une défaite et de la mort définitive du peu d'innocence qu'il lui restait, non.
Ce serait eux deux, s'affrontant pour pouvoir ensuite faire front face à un ennemi commun.
Et il trouvait cette perspective bien plus réjouissante que l'autre.
§§§§
C'était, au bout du compte, une très mauvaise idée.
Neal ne s'en rendit pas immédiatement compte, sans doute parce qu'au premier abord, tout allait bien.
Il se sentait vivant, plus encore qu'il ne l'avait été ces derniers jours, s'imaginant effacer le sourire arrogant de Félix de son visage, le battre et le faire payer pour tout ce qu'il lui avait fait quand il n'était encore qu'un adolescent seul et effrayé.
Le faire souffrir.
À chaque fois que leurs épées s'entrechoquaient, il sentait sa peur s'éloigner, celle d'échouer, de ne pas être suffisant, et Peter Pan lui faisait toujours aussi peur, mais ils avaient un plan, et ce n'était pas parce qu'il n'avait jamais été vaincu par le passé que ça devait forcément demeurer immuable.
Après tout, les règles étaient faites pour être brisées, s'il y avait bien une chose qu'il avait apprise durant son bref séjour à bord du navire pirate, c'était celle-là.
Il se sentait bien, libre, presque en paix, pas heureux, pas alors qu'Henry et Wendy étaient toujours prisonniers de son grand-père, mais malgré la situation, il souriait, il s'entraînait à l'épée et était en compagnie d'un ancien ennemi devenu ami et ils…
Oh…
Oh.
Ils étaient proches.
Ils étaient trop proches, ce qui était logique vu qu'ils étaient actuellement en train de se battre l'un contre l'autre à l'épée, et il n'y avait pas vraiment réfléchi jusque-là, perdu dans ses pensées, mais maintenant qu'il s'en était rendu compte, il ne voyait plus que ça.
Ce qui amenait à un tout autre problème.
Il avait envie de l'embrasser.
Ce n'était pas la première fois que ça arrivait, évidemment, mais il avait pu rapidement chasser cette pensée les quelques fois où son esprit l'avait formulée, principalement parce qu'ils étaient assez éloignés l'un de l'autre et qu'il lui avait suffi de détourner le regard pour ne plus y songer.
Ce n'était pas le cas cette fois.
Il était coincé.
Il ne tenterait rien, bien sûr, déjà parce qu'ils n'étaient pas seuls (son père était là, raison suffisante) mais aussi et surtout parce qu'il savait que ça aurait été stupide.
Il aimait Killian, aussi absurde cela soit-il, mais il savait très bien que ce n'était pas réciproque, que ça ne pouvait pas l'être, que ça ne le serait jamais.
Parce qu'il avait aimé Milah, mais pas seulement, parce qu'ils étaient à peine amis, et certes, il avait abandonné sa vengeance, mais ça ne signifiait rien, ça ne voulait rien dire, il ne l'avait pas forcément fait pour lui, et il était probablement important pour lui, mais…
Mais pas comme ça.
Il ne l'aimerait pas.
Il ne l'aimerait jamais.
Et pourtant son cœur, oh son pauvre cœur stupide et amoureux, ne pouvait s'empêcher d'espérer et de battre à tout rompre, vite, bien trop vite, sans qu'il ne soit capable de le calmer, et ce n'était pas le moment.
Comment par les Dieux, comment avait-il fait pour tomber amoureux de la pire personne possible?
Malgré lui, il eut un mouvement de recul, sentant son cœur se serrer.
Idiot, songea-t-il tout en sentant les larmes lui monter aux yeux alors que ce n'était pas du tout prévu, idiot, idiot, idiot, idiot, idiot, idiot.
Il se figea pendant quelques secondes avant de se reprendre.
«Ça va? S'inquiéta Killian, et Neal se força à sourire.
- Oui, je… je me suis juste un peu déconcentré.»
Ce n'était pas important, ses sentiments n'étaient pas importants.
Ce qui comptait, là tout de suite, c'était réussir à sauver Henry et Wendy, puis quitter cet enfer.
Rien d'autre n'importait.
§§§§
L'attitude de Neal était étrange.
Killian n'aurait pas trop su expliquer en quoi exactement, leur entraînement s'était bien passé, là où il aurait pu craindre que les mauvais souvenirs (il n'avait pas pu ne pas penser à ce jour où Baelfire avait compris pour Milah, où il l'avait abandonné à Peter Pan) n'entachent ce moment, mais non.
Rien n'avait assombri le visage du jeune homme, il avait continué à sourire, et le pirate était heureux qu'il lui ait demandé de l'aider à s'entraîner, du fait que ça démontre qu'il voulait passer du temps avec lui, et c'était son cas à lui aussi, et s'il s'élançait dans ce faux combat, c'était avec l'espoir dans le cœur.
L'espoir que ce soit suffisant pour vaincre les garçons perdus, l'espoir que tout se termine bien, l'espoir qu'une fois revenus à Storybrooke, Neal et lui continueraient sur ce chemin, et qu'ensuite…
Il ne savait pas ce qui se passerait ensuite mais il avait hâte de le découvrir.
Et puis une lueur de tristesse était apparue dans les yeux de Baelfire et il n'avait pas réussi à comprendre d'où elle venait.
En revanche, il aurait voulu l'effacer, la faire disparaître, il aurait voulu le prendre dans ses bras, le rassurer, lui dire que tout irait bien et que ceux qu'il aimait seraient sauvés, même s'il ne pouvait pas en être sûr, il voulait…
Il voulait tellement de choses sans savoir quoi exactement et sans savoir non plus s'il les méritait.
Il restait un pirate après tout, avec du sang sur les mains.
Il songea, distraitement, alors que leurs épées continuaient de s'entrechoquer, que c'était presque une danse, en bien plus dangereux, et que si c'en avait été une, ça ne lui aurait pas déplu.
Cette pensée le foudroya et il tenta de ne pas le laisser paraître, ne comprenant pas pourquoi cette idée lui était apparue d'une seul coup, sortant de nulle part, et pourquoi elle le perturbait autant.
Et puis, ce fut l'avalanche, alors que l'accumulation de petits moments passés entre eux rendait d'un seul coup les choses plus claires.
Il voulait danser avec lui.
Il voulait passer du temps avec lui, le plus possible, encore plus que lorsqu'ils se trouvaient tous les deux dans la Forêt Enchantée à chercher ensemble un moyen d'aller dans le monde sans magie, il voulait le faire rire, sourire, il voulait qu'il l'apprécie et cesse de le détester, il voulait le rendre heureux.
Il avait abandonné sa vengeance pour lui.
Il avait dormi avec lui, comme si c'était la chose la plus normale et naturelle du monde, juste parce que Neal faisait un cauchemar et qu'il voulait les chasser et s'assurer qu'il allait bien.
Est-ce que…
Est-ce qu'il…
Oh.
Oh…
Est-ce que c'était pour ça que son cœur…
Il repoussa cette pensée le plus loin possible de lui.
Non.
Il s'était trompé, forcément, ce n'était pas ça, ça ne pouvait pas être ça.
Il…
Il ne…
Ce n'était pas possible.
Il poussa presque un soupir de soulagement en entendant le cri de victoire d'Emma.
Ça allait lui éviter de devoir trop y réfléchir.
§§§§
La barrière avait cédé.
Enfin.
Emma aurait pu en pleurer, de joie ou de désespoir, elle ne savait pas trop, ça avait pris tellement de temps et d'efforts, et si le Ténébreux ne semblait pas être fatigué ou avoir de mal à se servir de sa magie, ce n'était pas son cas.
Elle avait le sentiment qu'elle ne pourrait pas jeter de sort avant un long moment, elle qui n'en avait déjà pas beaucoup à sa disposition, mais peu importe dans le fond.
Elle avait une épée à la main et ses poings et elle comptait bien s'en servir.
Et de toute évidence, il en était de même pour ceux qui leur faisaient face.
Qu'importe.
Une bataille allait bientôt s'engager, féroce, impitoyable et décisive.
Et elle avait bien l'intention de tout faire pour la remporter.
A suivre…
Chapter 132: La nuit de tous les dangers.
Notes:
Et c'est le retour du scénario, enfin, on lui dit bonjour !
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Il voulait les tuer.
Quand la pensée le traversa, alors qu'il se lançait dans la bataille, l'épée à la main et la rage au cœur, Neal n'arriva même pas à s'en étonner et encore à moins à s'en effrayer.
Parce que c'était la vérité.
Ces garçons perdus, ces enfants qui n'en étaient pour la plupart plus vraiment, qui avaient été faits prisonniers sur cette île et qui aujourd'hui se dressaient contre eux, il voulait les voir morts.
Ils étaient le dernier obstacle qui se dressait entre lui et son fils, en dehors de Peter Pan lui-même, et en cet instant précis, il ne se souciait même plus de s'ils étaient innocents ou coupables, parce qu'il était fatigué, épuisé de devoir se battre continuellement sans que ça mène à rien, las de n'avoir pas d'autre choix que de jouer à un jeu dont il ne connaissait ni les règles ni l'issue.
Fatigué de perdre constamment alors même que contrairement à leur adversaire, ils ne passaient pas leur temps à tricher.
Il voulait, il voulait…
Il voulait juste ramener son fils à la maison, retrouver l'amie qu'il n'avait en définitive jamais sauvée et ne plus jamais entendre parler du Pays Imaginaire de toute son existence, et vivre une vie heureuse et paisible à Storybrooke.
Alors, même s'ils étaient le parfait miroir de ce qu'il avait été autrefois et de ce qu'il aurait pu devenir s'il était resté parmi les enfants perdus, Neal se le jura.
Si besoin, il n'hésiterait pas.
Il vit la peur briller dans les regards de certains, de ceux qui n'avaient jamais voulu cela, qui n'avaient jamais eu la moindre envie de se battre, qui n'avaient jamais eu le choix tout comme lui s'il avait dû participer à la guerre des ogres et il eut envie de hurler.
Quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne, Peter Pan ferait toujours en sorte qu'ils aient le sentiment de faire le pire choix possible.
Et comme il le haïssait pour ça.
§§§§
Tout était noir.
Si elle avait voulu être poétique, Emma aurait sans doute pensé que c'était pour souligner d'autant plus l'intensité dramatique de ce qui était en train de se produire, ou pour mettre en avant la noirceur de l'île, en accord avec celle de celui qui régnait au cœur de ce monde sombre et sans espoir.
La réalité était bien plus triviale que ça, il faisait tout simplement nuit.
Il faisait toujours nuit, en permanence, tout était sombre, et même s'ils y voyaient assez bien pour que leur vision ne soit pas impactée, la blonde n'en pouvait plus.
Elle voulait rentrer chez elle, retourner à Storybrooke, revoir le soleil à nouveau, retrouver une vie normale, pouvoir utiliser à nouveau son téléphone, son ordinateur, tout ce qui l'aurait éloigné de ce monde de magie et de contes de fée qui se révélait être bien moins innocent qu'elle ne l'aurait espéré.
Plaçant brièvement sa main dans sa poche, elle sentit son téléphone portable, un objet qu'elle ne pouvait pas utiliser, entre le manque de batterie et de réseau, et qui dans le fond n'avait rien à faire ici, et elle faillit éclater de rire en songeant que cet objet technologique semblait maintenant presque aussi peu réel que la magie l'était encore à ses yeux peu de temps auparavant.
Se concentrant, elle regarda autour d'elle, et son cœur se serra, avant de se briser d'un seul coup.
Elle ne voyait pas Henry.
La panique commença à l'envahir peu à peu, et elle n'eut pas le loisir de le chercher pendant longtemps, pas alors que tout ce qu'elle voyait devant elle, c'était une horde d'enfants perdus courant dans leur direction et qui ne ferait preuve d'aucune pitié, que ce soit par choix ou non.
Des enfants.
Des enfants qu'ils n'étaient plus depuis bien longtemps, qu'ils n'avaient jamais plus pu être depuis qu'ils se trouvaient dans ce monde tordu et impitoyable.
Même s'ils n'avaient pas eu cette apparence (même s'il était clair que ça n'arrangeait nullement les choses), Emma n'aurait pas pu s'empêcher de se sentir mal à l'aise en les affrontant, et alors même que sa colère la brûlait avec autant de force que lorsqu'elle avait découvert qu'une barrière les empêchait d'entrer dans le camp, elle fit de son mieux pour ne pas les blesser.
C'était idiot, et elle le savait.
Eux ne seraient pas aussi cléments, bien au contraire, et elle savait que chacun de leurs coups seraient mortels, à cause de l'ombrève sur leurs armes, aussi elle fit également tout ce qu'elle pouvait pour les mettre hors d'état de nuire.
Mais elle savait aussi ce qui leur était arrivé, de quelle manière ils étaient arrivés sur l'île, enlevés ou trompés par l'ombre et par Peter Pan, elle savait qu'ils étaient devenus ce que Peter Pan avait voulu qu'ils soient et que ce n'était pas entièrement de leur faute.
Pas pour tous du moins, certains d'entre eux l'avaient sans doute choisi, Félix étant probablement parmi ceux-là, et elle savait qu'elle aurait pu devenir l'un d'eux, si l'ombre l'avait emmenée elle aussi.
Aurait-elle suivi l'ombre à l'époque, serait-elle devenue une de ces enfants perdus elle aussi, au cœur sombre et désespéré, qui n'avait plus rien à perdre au point de donner sa confiance à un monstre?
Sans doute.
Elle était sûrement assez seule et perdue pour se faire avoir sans même s'en rendre compte.
L'ombre était là, au dessus de la bataille, les regardant avec un air a priori imperturbable (c'était difficile à déterminer au vu de son absence d'expression), et Emma se demanda s'il était possible de faire souffrir une ombre, et si oui, si cette souffrance impacterait également son propriétaire.
Elle aurait aimé que ce soit le cas, elle aurait voulu trouver un moyen de faire souffrir leur ennemi en s'en prenant à son ombre, en lui faisant payer toutes les souffrances qu'il avait pu infliger, en le coupant de la source de sa magie, en lui ôtant ses pouvoirs et son immortalité, jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus rien hormis la douleur et le désespoir.
Elle aurait aimé pouvoir lui faire vivre l'enfer, au point où il l'aurait supplié de mettre fin à ses souffrances, mais elle ne le pouvait pas parce qu'il n'était pas là et parce qu'il était invincible.
Le dégoût l'envahit brusquement quand elle se rendit compte que, sans doute pour les ralentir, Peter Pan leur avait envoyé une fois de plus ses garçons perdus au lieu de venir les affronter lui-même, parce que ça l'amusait de toute évidence.
Il n'était, au bout du compte, rien de plus qu'un lâche.
Et si elle n'avait pas été si occupée à chercher Henry dans le camp, sans doute aurait-elle tenté de trouver l'immortel pour se mesurer à lui.
Même si elle savait pertinemment qu'elle n'aurait jamais pu le battre.
§§§§
Où était Henry?
Par tous les dieux qui existaient en ce monde, où était passé son fils?
Il était là seulement quelques minutes plus tôt, avant qu'ils n'entrent, elle en était certaine, du moins il l'était juste avant qu'ils ne détruisent la barrière et qu'est-ce que Peter Pan en avait fait au juste?
Est-ce qu'il l'avait emmené ailleurs, profitant du combat pour le cacher dans un autre coin de l'île, ou, pire encore…
Est-ce que Henry n'avait jamais été là?
Regina connaissait la magie, elle savait que changer d'apparence était faisable, mais aussi qu'un sorcier pouvait également faire changer d'apparence à une autre personne que lui-même, c'était ce que Rumplestiltskin avait fait pour elle à l'époque où elle ne savait pas encore le faire par elle-même.
Alors est-ce que…
Est-ce que l'enfant qu'ils avaient vu était réellement Henry?
Ou bien s'agissait-il d'un autre enfant perdu avec l'apparence de son fils?
C'était une bonne chose qu'elle n'ait pas le temps de réfléchir et qu'elle ne puisse rien faire d'autre qu'affronter les ennemis auxquels elle faisait actuellement face, ça l'empêchait de trop réfléchir à cette possibilité et de paniquer au sujet d'une chose sur laquelle elle n'avait pas le moindre contrôle.
Après seulement quelques minutes de combat, la plupart des garçons perdus étaient à terre, désarmés, assommés et incapable de blesser quelqu'un d'autre.
Pourtant, Regina n'arriva même pas à s'en réjouir.
Oui, elle était capable de vaincre une bande de gamins sans pouvoirs mais sachant bien se battre.
Mais à quoi bon si elle ne parvenait même pas à sauver son propre fils?
§§§§
Le nombre d'enfants perdus debout et en état de combattre diminuait de plus en plus.
Ils étaient blessés, inconscients, privés de leurs armes, et attachés pour la plupart, incapables de nuire à qui que ce soit, et si Neal vit quelques regards rageurs et emplis de haine, il perçut aussi du soulagement sur le visage d'une bonne partie des habitants de l'île.
Ils n'avaient sans doute jamais voulu se battre, et avoir été vaincus leur donnait une bonne excuse pour ne pas s'acharner à disputer un combat de toute façon perdu d'avance.
Pourtant, voir les combattants être de moins en moins nombreux ne suffit pas à apaiser la peur qui grandissait en lui alors qu'il réalisait qu'Henry n'était visible nulle part, peu importe où il posait les yeux.
Peter Pan n'était pas là non plus, et il sentit un désespoir sans bornes s'abattre sur lui.
À quoi bon continuer à lutter si les dés étaient pipés depuis le départ et qu'ils n'avaient jamais eu la moindre chance?
Dernier encore debout, Félix les regardait avec un sourire mauvais empli de morgue et de satisfaction, et Neal sentit la rage envahir tout son être.
Il savait, il en avait la certitude absolue.
Il savait et ça l'amusait.
Il savait et pourtant ça ne changeait rien, il savait une chose qu'ils ne savaient pas, il savait sans doute ce que Peter Pan prévoyait de faire, ou du moins une partie, et Neal lui aurait arraché les mots de la gorge s'il avait pu.
Il serra son épée dans sa main, avant de se diriger vers lui.
Il était temps qu'il paie.
Il était temps que le Baelfire de quatorze ans dont on avait volé l'enfance et l'innocence se venge enfin.
Qu'importe Félix, Peter Pan ou leurs obstacles.
Il sauverait son fils, il ferait ce que personne n'avait jamais fait pour lui.
Il le ramènerait à la maison.
§§§§
«Où est Henry? Lança-t-il au blond d'une voix emplie de rage.
Félix ne lui répondit rien, évidemment, continuant d'arborer ce même sourire imperturbable et insupportable que rien ne semblait être capable de faire disparaître, et que Neal voulait plus que tout effacer, annihiler, lui arracher, il voulait lui faire mal.
Il voulait qu'il souffre comme il avait souffert par sa faute par le passé, il voulait qu'il souffre comme il souffrait maintenant, il voulait qu'au moins un seul de ses actes compte, qu'il ait des conséquences, même s'il ne s'agissait que d'une chose aussi futile.
- Voyons Baelfire, ce ne serait pas aussi drôle si je te le disais, le railla le cruel enfant perdu.
Le frapper, de toutes ses forces, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de son visage, hormis du sang et de la souffrance, le faire hurler de douleur en écho à ses propres hurlements passés, voilà ce qu'il aurait fait dans d'autres circonstances si Félix n'avait pas brandi une épée.
L'affrontement n'en aurait plus été un, et le combat serait devenu autre chose.
De la torture.
- C'est si drôle en effet, ironisa Neal avant de porter le premier coup contre son ennemi.»
De toute évidence, il ne lui dirait rien, pas s'il ne parvenait pas à l'y forcer,
Cette fois-ci, c'était différent.
Cette fois, il frappait pour blesser, pour tuer, pas seulement pour mettre fin à ce combat qui n'avait plus le moindre sens, et qu'une fois de plus, Henry était loin d'eux et qu'ils n'avaient aucun moyen de le retrouver.
Les épées s'entrechoquèrent et il serra les dents, bien décidé à l'emporter, ne supportant plus de concéder la moindre victoire à ceux qui lui avaient déjà tant pris, ne sachant même plus comment il faisait pour ne pas hurler en permanence après tout ce qu'ils avaient enduré sans que ça ne serve à rien.
Il n'avait pas droit à l'erreur.
Un seul coup d'épée, un seul, et c'était la mort, et même si son père pouvait potentiellement inverser le processus, il n'avait aucunement envie de tenter le diable et de risquer d'être éternellement enchaîné à cette foutue île.
Il ne voulait surtout pas que ça arrive.
Il ne voulait pas mourir.
Pas maintenant, pas comme ça, pas en échouant, pas avec une épée plantée en plein cœur et en ayant échoué dans sa quête.
Il ne mourrait pas, il avait survécu à l'île, il pourrait bien le faire une fois de plus.
L'épée se rapprocha dangereusement de sa gorge et Neal grimaça, avant de contre-attaquer sans la moindre hésitation, tentant à tout prix de percer la défense de son adversaire, sans succès.
Il s'en doutait, Félix n'était pas un enfant effrayé, contrairement à une bonne partie des autres garçons de l'île, c'était un combattant aguerri, et le fils du Ténébreux serra les dents une fois de plus.
Aucun de ses coups ne l'avait touché pour le moment, et malgré tous ses efforts, aucun ne semblait avoir une quelconque utilité.
Il fit tout pour ne pas y songer.
Il ne pouvait pas échouer.
Il n'avait pas le droit.
§§§§
En rétrospective, Killian aurait sans doute dû s'y attendre.
Peter Pan ferait jusqu'au bout tout ce qui serait en son pouvoir pour les empêcher de gagner, quitte à tricher, du moment que le jeu durait le plus longtemps possible.
Mais le pirate en était sûr et certain, ce n'était pas qu'un jeu pour lui.
Il jouait avec eux, oui, comme il l'avait toujours fait depuis qu'il était devenu Peter Pan, mais il y avait autre chose et le capitaine Crochet aurait vraiment aimé savoir quoi.
Qu'il ait a priori pris la fuite en emmenant Henry avec lui montrait bien qu'ils étaient à deux doigts de réussir.
Du moment que l'immortel ne mettait pas son plan à exécution, quel qu'il soit.
En constatant qu'il ne restait plus qu'un seul enfant perdu en train de se battre, il sentit le soulagement l'envahir, puis, en réalisant qu'il s'agissait de Félix et que Neal était en train de l'affronter, la peur le remplaça.
Il savait que Neal était un bon combattant, mais il avait vu la colère dans ses yeux à chaque fois qu'ils se posaient sur Félix, il le voyait aussi aux coups qu'il portait, violents, anarchiques et désespérés et il ne savait que trop ce qu'une personne aveuglée par la vengeance pouvait accomplir.
Il espérait juste que ça ne le ferait pas perdre.
D'ailleurs, le jeune homme n'était pas en train de perdre.
Mais il n'était pas en train de gagner non plus, et Killian ne put s'empêcher de s'arrêter de respirer à chaque fois que l'épée de Félix semblait à deux doigts de le toucher, de le blesser ou pire encore, de le tuer.
Toutes les armes des enfants perdus étaient imprégnées d'ombrève, les épées, les flèches, les lances, les dagues, tout ce qui leur avait été donné par Peter Pan pour qu'ils puissent tuer, et le pirate l'avait appris à ses dépends, il avait perdu bien des pirates de cette manière.
Il ne voulait pas que ça se reproduise, que l'histoire se répète.
Il ne voulait pas perdre Neal.
Tout son être se révulsait à la simple idée qu'il puisse mourir, ou même être seulement blessé (même si le Ténébreux parvenait à trouver un antidote, ça n'empêcherait pas l'ombrève de dévorer Neal à petit feu si jamais il se faisait empoisonner lui aussi), il se sentait malade rien que d'y penser.
Sa main se posa instinctivement sur son épée alors qu'il voyait Neal en mauvaise posture, et il voulut s'élancer, le défendre, s'interposer entre Félix et son ami, quitte à prendre le coup à sa place, et il se figea, stupéfait.
S'il y avait bien une chose qu'il refusait de toutes ses forces, c'était rester bloqué sur cette île qui lui avait pris son frère, et pourtant, il était prêt à prendre le risque pour…
Pour sauver Neal.
Pourquoi?
Pourquoi tenait-il tant que cela à ce qu'il vive, pourquoi avait-il tellement peur de le perdre, qu'il meurt et que tout ce qu'ils avaient commencé à bâtir ensemble ne s'effondre tel un château de cartes?
Parce que…
Parce que…
Oh.
Oh.
Et soudain, d'un seul coup, alors qu'il repensait à tout ce qu'il avait déjà vécu, ressenti et fait aux côtés de Neal, tous les moments qu'ils avaient partagé ensemble, tout ce qui avait changé en lui depuis qu'il l'avait retrouvé dans la Forêt Enchantée sans même savoir qui il était, tout devint clair.
Parce qu'il l'aimait.
Il était tombé amoureux de Neal, sans le voir venir, sans s'en rendre compte, ou peut-être en s'en doutant mais en le niant parce qu'il n'avait pas aimé quelqu'un depuis si longtemps que ça lui semblait impossible, pas au vu de la manière dont ça s'était terminé.
Parce que Neal était le fils de Milah, du Ténébreux, et parce que jusqu'à récemment, il le détestait.
Parce que son cœur avait été empli de haine et de colère pendant si longtemps qu'il en avait fini par oublier ce que ça faisait d'aimer quelqu'un, au point de ne pas être capable de voir ce qui se trouvait tout juste sous son nez.
Il l'aimait et maintenant qu'il l'avait compris, ça lui semblait tellement évident qu'il se demandait comment il avait fait pour ne pas s'en rendre compte plus tôt.
Ce n'était pas le cas durant leur quête pour trouver la boussole, même s'il était évident que tout avait commencé à ce moment-là, parce qu'il n'était pas prêt.
Maintenant, ironiquement, au pire moment possible, il l'était.
Quelles étaient les chances franchement?
Mais au moins, il avait une raison de se battre, autre que la vengeance, il avait quelqu'un qu'il n'avait pas la moindre envie de perdre, maintenant son cœur n'était plus complètement vide.
Il n'était plus seul.
Et il ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour ne plus jamais avoir à l'être.
§§§§
Henry aurait aimé pouvoir fuir.
Mais il savait que ça n'aurait servi à rien.
Son arrière-grand-père l'aurait retrouvé au bout de deux minutes, et il avait déjà essayé de fuir à toutes jambes pour lui échapper, sans succès.
Alors à la place, il continua de le suivre, en se retournant régulièrement pour tenter de suivre de loin le combat, même s'il ne pouvait rien voir et que les bruits s'éloignaient de plus en plus à mesure qu'ils s'éloignaient.
Il frémit, espérant que sa famille allait bien, que personne ne perdrait la vie ou ne serait blessé durant ce combat.
Il ne voulait pas qui que ce soit perde la vie pour le sauver.
«Où allons-nous? Demanda-t-il à son geôlier.
- Tu verras.
Peter Pan ne daigna même pas se retourner, se contentant de marcher le plus vite possible.
Pas désespéré au point d'utiliser la magie pour les faire se déplacer, mais assez pour semble-t-il vouloir s'éloigner rapidement du lieu de la bataille.
À moins que le lieu où ils se rendaient ne soit proche.
Henry fronça les sourcils, commençant à comprendre.
- Tu as peur, lança-t-il avec assurance, et en voyant le sorcier se figer durant quelques infimes secondes, il sut qu'il ne s'était pas trompé, malgré l'absence de réponse.»
Il ne put s'empêcher de sourire, désormais confiant dans le fait que sa famille n'allait pas tarder à venir le chercher et que Peter Pan ne pourrait rien faire contre ça.
Ce sourire s'effaça aussitôt qu'il aperçut enfin ce que Peter Pan avait l'intention de lui montrer.
Ou plutôt, qui.
Parce qu'il n'y avait qu'une seule personne qui correspondait à celle qui se trouvait devant ses yeux.
Parce qu'il n'y avait qu'une seule fille au Pays Imaginaire.
Wendy Darling.
A suivre…
Notes:
Titre du 23/01/2023: La nuit de tous les dangers
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Liste 32
1. Une scène de combat
2. Présence d'un objet incongru
3. Placer les mots "vision" et "noir"
4. Une scène de nuit
Quatre aspects de… Osman II (Magnificent Century Kösem) : Tragique : Écrire sur un perso qui meurt jeune ou écrire sur un orphelin
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 133: Dans les bois.
Notes:
Hey!
Ça faisait longtemps.
Ah et comme c'est très la dépression en ce moment je pense que pour que ce qui est de la suite... ouais là aussi ça va être compliqué, elle va clairement pas venir tout de suite.
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Les choses, songea Peter Pan avec agacement, étaient loin de se passer telles qu'il les avait prévues.
Quand il avait envoyé Jean et Michel Darling enlever Henry Mills, un enfant dont il ne savait absolument rien, à part qu'il était son arrière-petit-fils et possédait le cœur du plus pur des croyants, et quelques autres choses, il ne le connaissait pas et l'immortel avait cru que les choses seraient faciles.
C'était un enfant de dix ans qui était probablement facilement manipulable et qui, une fois loin de sa famille, de Storybrooke et des siens, serait simple à influencer et à convaincre.
Des garçons comme lui, il en avait rencontré des dizaines, des centaines au fil des siècles, seuls, abandonnés par leur famille, et il les avait tous brisés, sans exception.
Ce ne serait qu'un de plus parmi tant d'autres, un qui lui permettrait d'enfin obtenir ce qu'il cherchait à avoir depuis qu'il avait passé un marché avec l'ombre de l'île, des siècles plus tôt.
La vie et la jeunesse éternelles, sans condition ni limite de temps.
Il croyait à la magie, il suffisait de parvenir à le convaincre que sur cette île, il était important (ce qu'il était d'ailleurs, mais pas pour les raisons que Peter Pan lui donnerait), qu'ils avaient besoin de lui, qu'il était le seul à pouvoir les sauver, sauver la magie.
Il était jeune, forcément naïf, il ne pourrait que croire à cette fable inventée de toute pièces par le sorcier.
Mais désormais, il n'en était plus aussi sûr.
Parce que Henry n'était au bout du compte pas entièrement tel qu'il l'avait imaginé.
Innocent, naïf, il l'était bien moins qu'il n'aurait dû l'être, et c'était sans doute dû à son séjour imprévu dans la Forêt Enchantée, alors même que la malédiction n'était pas encore brisée.
Il avait été abandonné par sa mère, comme Baelfire avant lui, comme tant d'autres enfants perdus qui s'étaient retrouvés au fil des ans au Pays Imaginaire, pourtant, il ne réagissait pas de la même manière qu'eux.
Il n'avait jamais entendu une seule fois la musique de la flûte de Pan quand l'immortel en jouait, peu importe tous ses efforts pour le faire sombrer dans le désespoir et la solitude, toutes ses tentatives pour lui faire accepter le fait que sa famille ne viendrait pas le chercher, qu'elle échouerait.
Il n'avait pas réussi, même si cela faisait des jours que l'enfant n'avait pas eu de nouvelles de ceux qu'il attendait si désespérément, il n'était théoriquement même pas censé savoir qu'ils étaient là.
Pourtant, il n'avait toujours pas perdu espoir.
Il résistait, il tenait toujours, plus longtemps que les autres, plus longtemps qu'il n'aurait dû.
C'était sans doute, finit par réaliser Peter Pan, là que résidait le problème dans le fait qu'Henry était le plus pur des croyants.
Henry avait la foi.
Même si ça n'avait aucun sens, même si tout était contre lui, même s'il n'y avait aucune chance que sa famille réussisse.
Il y croyait, de toutes ses forces, de toute son âme, de tout son cœur, tout comme il avait cru à la malédiction, à la magie, au fait que sa mère était la Sauveuse, il croyait en ceux qu'il aimait, tout simplement.
Pour celui qui avait autrefois été Malcolm et qui n'avait jamais aimé qui que ce soit en dehors de Fiona et de lui-même, c'était une notion plutôt difficile à concevoir.
Mais, en rétrospective, ça n'aurait pas dû l'étonner.
Emma l'avait abandonné, mais il l'avait retrouvée et malgré le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble, un véritable lien s'était formé entre eux, la blonde avait tout fait pour le retrouver quand il avait disparu.
Il avait retrouvé le reste de sa famille, son père, ses grands-parents, il les avait réunis, et surtout, il avait été élevé par Regina et pour toutes ses erreurs, elle lui avait prouvé qu'elle l'aimait, elle avait changé pour lui, il n'était pas un de ses orphelins emmenés par l'ombre jusqu'à l'île.
Si Peter Pan avait su tout cela, peut-être aurait-il compris.
Ou peut-être pas.
Peut-être que son cœur était sombre et mort depuis bien trop longtemps pour qu'il puisse se soucier de ce genre de choses.
En tout cas, il en avait la certitude, convaincre son descendant de lui donner son cœur serait bien plus difficile qu'il ne l'aurait pensé.
Il n'avait plus qu'à espérer que ses mensonges au sujet de Wendy seraient suffisants pour le faire accepter de faire ce qu'il voulait pour lui.
Et ce même si Félix lui avait bien dit que Henry savait la vérité au sujet de la jeune anglaise.
Mais bon.
Il était Peter Pan, il était un des meilleurs menteurs qui soit.
S'il y avait bien quelqu'un qui pouvait manipuler quelqu'un et faire en sorte qu'Henry finisse par croire le contraire de la vérité, c'était lui.
§§§§
Vaincu.
Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, il avait enfin vaincu Félix.
Neal repensa à son lui de quatorze ans, celui qui était resté prisonnier pendant tellement de temps qu'il ne savait même plus quel âge exactement il était censé avoir, celui qui avait tellement souffert à cause du garçon qui se trouvait en face de lui, et il ne put s'empêcher de sourire.
Ça ne suffirait pas.
Ça n'effacerait jamais ce qui était arrivé, ce qu'il avait vécu, tout ce qu'il avait enduré, mais…
Mais il avait gagné.
Il n'était plus un petit garçon effrayé et sans défense, il était un adulte, il n'était plus seul, et surtout…
Il était en colère.
Plus encore qu'il ne l'était à l'époque, quand il avait principalement peur, et si la peur était toujours là, la rage était presque plus forte.
Parce que quand il avait fui le Pays Imaginaire, il avait naïvement cru qu'il n'aurait plus affaire aux monstres qui peuplaient ses cauchemars, qu'il serait libre.
Maintenant il connaissait la vérité, brutale, amère et désespérante.
S'ils ne parvenaient pas à vaincre Peter Pan, ici et maintenant, à lui ôter tout moyen de leur faire du mal dans le futur, en plus de lui arracher Henry et Wendy, ce ne serait jamais terminé.
L'immortel reviendrait les hanter, avec son ombre et ses garçons perdus, jusqu'à ce qu'il emporte la victoire.
Neal sentit quelque chose de sombre et de mauvais s'agiter en lui, et Félix continuait de sourire, malgré tout, comme si ce qu'il venait d'accomplir n'avait pas la moindre importance, et quand il ramassa l'épée du blond, ce ne fut pas vraiment uniquement dans l'intention de l'empêcher de nuire.
Parce que, au vu de ce qu'il savait, il voulait, il voulait…
Il voulait…
Il aurait sans doute dû chasser la pensée dès son éclosion dans son esprit, mais il connaissait les effets de l'ombrève, de ce que ce poison faisait aux gens, une mort lente et douloureuse si on ne prenait pas l'antidote, qu'on ne buvait pas de cette eau enchantée, condamnant ceux qui la buvaient à rester coincés indéfiniment sur l'île.
Il doutait que cette partie-là aurait dérangé Félix, fidèle à Peter Pan comme il l'était, mais la douleur…
Est-ce que la promesse, ou plutôt la menace d'une telle souffrance suffirait à l'inciter à leur révéler ce qu'il savait et à leur dire où se trouvait Henry?
Dans le fond, il savait bien que ce ne serait pas le cas, que Félix se tairait, ne trahirait jamais le maître de l'île, quoi qu'il arrive, mais il voulait…
La rage l'envahit à nouveau.
Tout ce qu'il avait toujours voulu, c'était qu'on le laisse tranquille.
Pourquoi avait-il fallu qu'ils reviennent et tentent une fois de plus de ruiner son existence, de la réduire à néant, comme si elle ne valait rien?
Alors pourquoi pas?
Pourquoi n'utiliserait-il pas les armes de ses ennemis, ne les retournerait-il pas contre eux, ne les ferait-il pas souffrir comme eux l'avaient fait souffrir?
Il avait échappé à l'ombrève, certes.
Mais il avait été retenu prisonnier sur l'île, torturé, et aucun de ses bourreaux n'avait jamais été puni pour ça.
Maintenant qu'il avait l'un d'eux à sa merci, que les rôles avaient été inversés, plus rien ne le retenait vraiment.
(Après tout, rien ne les avait retenus à l'époque, et il se souvenait de ses hurlements, de leurs rires, de ses larmes, de ses blessures, du sang, des cicatrices qui avaient mis tellement de temps à disparaître, et il se demanda une fois de plus comment il faisait pour ne pas hurler en permanence.)
Il avait l'épée, et il savait comment s'en servir sans tuer le garçon perdu, même sans l'ombrève, il saurait le faire souffrir, rien qu'en le poignardant dans la main, dans la jambe, le bras ou même le ventre, et peut-être même pouvait-il le laisser se vider de son sang…
Ce n'était pas comme si Félix avait jamais mérité la moindre clémence de sa part.
Ce n'était pas comme s'il n'aurait pas exactement fait la même chose s'il avait été à sa place.
Neal serra les dents.
Après tout, oui.
Pourquoi n'y aurait-il pas eu droit lui aussi?
Pourquoi n'aurait-il pas eu le droit d'agir en méchant lui aussi?
Crochet, Regina, Rumplestiltskin, et tant d'autres, ils l'avaient fait, ils avaient commis des actes abominables, blessé des innocents, couru après leur vengeance sans se soucier des conséquences.
Ils n'étaient plus les mêmes qu'autrefois, mais ça n'effaçait nullement ce qu'ils avaient fait par le passé.
Et Félix…
Oh, Félix était loin d'être un innocent ou une victime.
Neal savait bien que ce n'était que des excuses, de faux prétextes, que c'était mal, mais une part de lui-même s'en fichait éperdument.
Lui aussi il avait le droit de réclamer justice.
Ou vengeance.
Dans ces conditions, les deux concepts tendaient à se mélanger, à se mêler l'un à l'autre.
(Et oh comme il comprenait maintenant, alors qu'il sentait rugir en lui toute cette rage, toute cette haine.)
Il voulait retrouver son fils, à tout prix.
Quitte à devoir se salir les mains pour ça si c'était nécessaire.
Leur ennemi n'avait aucun scrupule à le faire, lui.
Et ici, au Pays Imaginaire, les règles habituelles n'avaient plus court.
Tout ce qui comptait, c'était survivre.
Et gagner.
Résolu, Neal s'avança, l'épée à la main.
§§§§
La lueur sombre qui apparut dans les yeux de Neal quelques secondes après la fin de son combat contre Félix inquiéta aussitôt le pirate.
Il avait déjà vu le jeune homme être en colère par le passé, l'exemple le plus parlant et le plus frappant qui lui venait à l'esprit était le moment où il avait découvert la vérité sur Milah, suivi par sa tentative de le provoquer en duel.
La colère, la rage, la haine et le désespoir, il avait vu toutes ces émotions danser dans les yeux de l'adolescent, il s'en souvenait parfaitement bien.
Tout cela n'était rien face aux flammes qui brûlaient actuellement dans son regard, et en dehors de Peter Pan, le capitaine du Jolly Roger doutait que Neal ait à cet instant précis autant détesté quelqu'un que Félix.
Il vit Baelfire lâcher sa propre épée et serrer le poing autour de la garde de l'épée de Félix, qu'il venait tout juste de ramasser, celle qui était imprégnée d'ombrève, et aussitôt il sut.
Il comprit que quelque chose allait arriver, et les autres étaient soit moins attentifs, soit en train de chercher Henry ou de surveiller les autres enfants perdus, aussi ils ne remarquèrent probablement rien.
De toute façon, ça n'aurait sans doute rien changé.
Tout se passa très vite, et Killian sursauta en voyant le père d'Henry brandir l'arme en l'air avant de la planter avec résolution dans le pied de son ennemi, le clouant littéralement au sol.
Le hurlement de douleur et de surprise de Félix déchira l'air, et tout le monde se figea sur place, tandis que leurs prisonniers commençaient à trembler de peur.
Sans doute craignaient-ils d'être les prochains sur la liste.
«Où est Henry? Hurla Neal d'une voix glaciale et dénuée de pitié.»
Le regard d'Emma s'écarquilla sous l'horreur et le choc, tandis qu'elle dévisageait Neal comme si elle le voyait pour la première fois.
Jamais elle ne l'avait vu être aussi furieux, aussi désespéré, pas même durant leurs recherches pour retrouver le camp de Peter Pan, ou lors des deux combats contre les enfants perdus.
C'était différent cette fois.
C'était la première fois qu'elle le voyait craquer de cette manière, user de violence, utiliser ce genre de méthode, et surtout…
Elle ne se serait jamais attendue à ce que ce soit lui qui le fasse.
Crochet, Rumplestiltskin ou Regina, vu leur passé, cela ne l'aurait pas surprise, mais Neal…
Neal avait réussi à garder le contrôle jusque-là.
Ce temps-là était terminé.
Finalement, elle n'était pas étonnée non plus, une fois la surprise passée, son ex petit-ami avait une histoire avec cette île, un passé chargé, il était à bout, comme eux tous, et elle réalisa alors à quel point il était à deux doigts de s'écrouler.
Elle aurait aimé s'en rendre compte plus tôt.
Elle réalisa soudainement quelle épée il avait utilisée, qu'elle tuait, quoi qu'il advienne, à moins d'avoir accès à l'antidote à temps, et elle ne savait pas au juste s'il avait fait cela uniquement pour le faire souffrir le plus possible afin de lui soutirer des informations, ou s'il avait également l'intention de le mener à la mort, mais elle s'en moquait.
En fait, elle lui en était même reconnaissante pour ça.
Il était temps que les monstres qui leur avaient fait du mal et qui avaient enlevé son fils commencent à payer.
§§§§
L'éclat de rire qui sortit de la gorge de Félix les surprit tous.
Celui-ci continua de grimacer de douleur, le sourire aux lèvres, comme si ce n'était rien.
Son corps allait bientôt brûler de douleur à cause du poison avant de finir par le lâcher complètement et lui il s'en fichait.
Neal aurait aimé que cela ne l'atteigne pas autant, que savoir qu'il n'arrivait même pas à réellement le faire souffrir ne le rende pas aussi misérable.
«Hé bien Baelfire, je te félicite, je dois l'admettre, je ne pensais pas que tu avais ça en toi…
L'ancien enfant perdu se mordit la langue jusqu'au sang pour ne pas hurler.
Pourquoi?
Pourquoi fallait-il qu'à chaque fois qu'il tentait quelque chose, il échoue constamment?
- Où est Henry? Demanda-t-il une nouvelle fois à son ancien bourreau avant d'ôter l'épée de sa blessure, constatant avec satisfaction les débuts de l'infection due à l'ombrève qui commençait déjà à se répandre lentement dans ses veines. Ou bien où est Pan? J'imagine qu'ils se trouvent au même endroit et que tu le sais forcément.
Félix se contenta de lui offrir un sourire moqueur bien que douloureux.
- Je ne te dirai rien.
Neal se préparait à utiliser son épée pour le faire souffrir à nouveau quand il sentit une main se poser sur son bras.
Il aurait cru que ce serait celle d'Emma ou de ses parents, Clochette ou un des frères Darling.
Pas celle de Crochet.
- Arrête, se contenta-t-il de lui dire.
Neal éclata d'un rire nerveux et brisé.
- Ah, parce qu'il a arrêté lui peut-être?
Il sentit la main du pirate se crisper et en voyant la colère sur son visage, il ne put que s'étonner une fois de plus de constater qu'il se souciait réellement de lui et de ce qu'il avait vécu.
Les choses avaient bien changé.
- On sait tous les deux qu'il ne dira rien. Ça ne servirait à rien que tu continues.
- Sauf à me défouler, ironisa Neal, et là tout de suite, j'en ai bien besoin.
- Ça veut dire aussi perdre du temps dans nos recherches pour retrouver Henry, le contredit le pirate, et il ne put pas lui donner tort.
Il soupira avant de planter l'épée dans le sol et de s'éloigner de Félix, laissant Emma l'attacher lui aussi.
- Je crois que… que je ne vais pas y arriver, murmura alors Neal, et Killian n'aima pas la manière dont il sentit sa voix vaciller.
- Félix est un petit con, tenta-t-il de le rassurer, ne te laisse pas atteindre par ses mots. On ne s'en sort pas trop mal pour l'instant, non?
Le brun essaya de sourire, mais le marin ne put s'empêcher de remarquer qu'il était en train de pleurer, et après tout ce qu'il s'était passé, ça n'avait rien de surprenant.
Ils venaient de remporter une victoire et pourtant aucun d'entre eux n'avait véritablement l'impression d'avoir gagné.
Quand il sentit Neal se jeter dans ses bras pour le serrer contre lui, il se figea, stupéfait.
Qu'est-ce que…
- Merci, merci de… Je sais pas, d'être là, tout simplement, et d'aider, je… J'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais… merci.
Rumplestiltskin fronça les sourcils, perplexe, en assistant à ça, mais ne put pas y réfléchir bien longtemps, une voix finissant par s'élever quelques secondes plus tard.
Celle d'un des garçons perdus.
- On… on pense savoir où est Henry.»
Tous les regards se tournèrent vers eux, et en apercevant une lueur de contrariété dans les yeux de Félix, Killian eut le pressentiment que ce n'était pas un mensonge.
Et même si c'était le cas, Emma saurait probablement le débusquer rapidement.
Après ce demi-échec au camp, et leur impossibilité de trouver où était Henry, il reprit espoir.
Peut-être qu'au bout du compte, ils allaient vraiment réussir à vaincre Peter Pan.
A suivre…
Notes:
Titre du 17/08/2024 : Dans les bois
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Werner Reinhardt/Daniel Whitehall (Marvel) : Leader d'Hydra : Écrire sur l'antagoniste de votre fandom ou sur un dirigeant malintentionné
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 134: Derrière les mensonges.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Je suis tellement désolé, voulut dire Henry à Wendy, même s'il savait pertinemment qu'il n'était aucunement responsable de ce qui lui était arrivé.
Elle était en vie, chose dont le jeune garçon avait presque fini par douter à force de seulement entendre parler d'elle sans jamais l'avoir vue en vrai jusque-là.
Elle semblait bien traitée, enfin au moins autant qu'on puisse l'être quand on vivait sur une île en étant depuis des siècles l'otage d'un sorcier immortel qui comptait se servir d'elle comme monnaie d'échange…
Mais Henry se doutait qu'elle n'allait pas bien.
Déjà parce qu'elle n'avait pas pu voir ses frères depuis une éternité, qu'elle ne savait sans doute même pas ce qu'il était advenu d'eux et parce qu'au bout du compte, ce qu'elle avait tenté n'avait servi à rien.
Elle n'avait pas permis à Baelfire de fuir le Pays Imaginaire et ses parents étaient morts sans avoir jamais su ce qui était arrivé à leur fille et au garçon qu'ils avaient recueilli.
Et surtout, il y avait ses yeux.
Depuis qu'il se trouvait face à elle, Henry avait pu voir que dans son regard, il n'y avait rien à part de la tristesse et du désespoir, elle semblait avoir perdu tout espoir d'un jour rentrer chez elle.
(Est-ce que Peter Pan tiendrait sa promesse si jamais il parvenait à obtenir ce qu'il voulait?
Henry n'arrivait même pas à y croire, pas après tout ce qu'il avait pu voir depuis son arrivée.)
Il aurait aimé pouvoir la rassurer, lui dire que Neal s'en était sorti, malgré tout, que Jean et Michel n'avaient jamais cessé de se battre pour elle, qu'ils ne l'abandonneraient pas, qu'ils étaient venus la chercher, qu'ils étaient en chemin.
Qu'elle devait s'accrocher, au moins encore un peu, qu'elle n'était plus seule et que tout serait bientôt terminé.
Seulement, il ne pouvait pas, pas alors que Peter Pan était là, qu'il pouvait écouter leur conversation et qu'il ne devait à tout prix pas apprendre que Henry savait déjà qu'il n'était pas aussi seul et isolé qu'il aurait dû l'être.
Il aurait voulu la serrer dans ses bras, la réconforter, faire quelque chose pour la faire sourire à nouveau, ramener la vie dans ses yeux si vides.
Et surtout, il aurait voulu la remercier.
Elle avait accueilli son père, lui avait offert une famille, même si ça n'avait duré qu'un temps, et elle avait essayé de le sauver, et à cause de ça, elle avait tout perdu.
Henry fronça les sourcils avant de se tourner vers Peter Pan.
«Pourquoi est-ce que tu m'as amené ici?
L'immortel souriait toujours, même si Henry avait le sentiment qu'il était bien moins confiant qu'auparavant.
- Je pensais que tu serais heureux de la voir.
Qu'est-ce que tu veux? Songea son arrière-petit-fils, sentant la colère l'envahir un peu plus à chaque minute qui passait.
Qu'est-ce que tu veux? Voulait-il lui hurler, tout en sachant qu'il n'aurait jamais de réponse véritablement satisfaisante.
- Oui, admit-il, mais pas…
Pas comme ça.
Pas en sachant qu'il ne serait pas autorisé à parler librement, pas alors que la blonde représentait tout ce qu'il y avait de pourri au Pays Imaginaire, tout ce que Peter Pan avait brisé, détruit, mis en pièces.
- Quoi donc? L'interrogea le chef des enfants perdus avec un air faussement innocent.»
Ça aurait dû se passer autrement.
Il aurait dû avoir le contrôle, avoir le droit de s'exprimer librement, pouvoir dire ce qu'il avait à dire sans avoir peur d'être écouté, il aurait dû la trouver par lui-même, se sentir soulagé de la voir, de la rencontrer.
Même ça, son arrière-grand-père avait réussi à le lui voler et il ne pouvait rien y faire.
Tu veux qu'elle me dise ce que j'ai envie d'entendre, c'est ça? Faillit-il laisser échapper.
Il ne savait pas ce que Peter Pan voulait de lui et dans le fond, il s'en moquait.
Tout ce qu'il voulait, c'était rentrer à la maison.
«Bien. Je vais vous laisser dans ce cas.
Henry se figea.
Ce n'était pas normal.
- Vraiment? S'étonna-t-il.
- Oui, confirma le maître de l'île. Il se trouve que Wendy a quelque chose de très important à te dire et puisque tu ne me fais toujours pas confiance…
- Je ne vois pas exactement pour quelle raison je le ferais, lui rétorqua immédiatement Henry, acerbe.
Tu m'as enlevé, ordure, tu as enlevé mon père, tu as kidnappé tellement d'enfants que je ne saurais même pas les compter et tu voudrais que je te fasse confiance?
S'il n'avait pas été au courant, peut-être aurait-il fini par se faire avoir, à force.
Mais il savait et il était ainsi complètement incapable de voir autre chose qu'un monstre en face de lui.
- Tu ne pourras pas partir, évidemment, précisa le sorcier et même si tu y parvenais tu ne pourras pas t'enfuir de l'île. Je vais vous laisser discuter un peu, peut-être qu'alors tu finiras enfin par comprendre ce qui est en jeu ici, Henry.»
Alors qu'il sortait pour se rendre ailleurs sur l'île, le garçon sentit le soulagement l'envahir, avant qu'il ne soit remplacé par la peur.
Et s'il comptait aller voir Emma et les autres afin de les éliminer définitivement?
Henry essaya de garder loin de lui cette idée, non, s'ils avaient survécu jusque-là (c'était le cas forcément. Ils étaient des héros, ils ne pouvaient pas échouer. Ils ne pouvaient pas mourir.) alors ils parviendraient à s'en sortir.
Et à venir le sauver.
Il ne tenta même pas de quitter la pièce, d'une part parce qu'il savait que Pan n'était pas stupide au point de ne pas avoir utilisé la magie pour le garder à l'intérieur et d'autre part parce que celui-ci avait raison finalement.
Lui et Wendy devaient parler.
§§§§
Wendy se mit à tousser.
C'était un son léger, discret, presque inaudible, et en l'entendant, Henry ne put s'empêcher de la regarder avec inquiétude.
Est-ce qu'elle allait bien?
(Question stupide, personne n'allait bien sur cette île.)
Elle semblait affaiblie, malade, épuisée, et à vrai dire, Henry ne savait pas laquelle des deux hypothèses qui venaient de se former dans son esprit lui faisait le plus peur.
Que Peter Pan ne se soit pas suffisamment occupé d'elle au point qu'elle tombe malade, ou qu'elle-même n'ait pas pris la peine de se soigner (mais se soigner avec quoi? À part la magie ou ce qu'on pouvait trouver sur l'île, il n'y avait sans doute pas beaucoup d'options disponibles) et se soit laissée dépérir d'elle-même pour ne plus avoir à endurer ça.
Il ne songea pas qu'elle faisait peut-être semblant, que ce n'était que de la comédie, qu'une mise en scène de plus.
(Perspicace ou pas, il restait un enfant de dix ans après tout.)
En revanche, un autre type de doute s'empara de lui, celui qui le poussait à ne plus faire confiance aveuglément à personne venant de l'île, pas après ce qui s'était passé avec Peter Pan.
Celui qu'au fil du temps, la britannique ait fini par rejoindre son camp.
Après tout, parmi les autres enfants perdus, certains étaient véritablement du côté de celui qui les avait enlevés, malgré ce qu'il leur avait fait, malgré le fait qu'il les ait privés de leur liberté, de leur ancienne vie, de tout ce qui leur était cher sans jamais accepter de le leur rendre, sans jamais les laisser partir.
Et Wendy était sa prisonnière depuis tellement longtemps que n'importe qui aurait fini par sombrer à sa place.
Il espérait que ce n'était pas son cas, mais on ne savait jamais…
«Je… commença-t-il enfin, osant à peine croire au fait que ça puisse être véritablement réel, et se demandant combien de temps l'immortel allait leur laisser avant de revenir. Je m'appelle Henry, se présenta-t-il. Henry Mills.
Wendy essaya de lui sourire, sans grande conviction.
- Je suis au courant, Pan… Peter Pan m'a parlé de toi. Il parle de toi depuis longtemps, depuis une éternité en fait, depuis bien avant ta naissance je crois.»
Henry ne put s'empêcher de frissonner.
Il avait vu le dessin qui le représentait, il savait que cette histoire durait depuis des années, des siècles peut-être, et en avoir conscience ne rendait pas tout cela moins effrayant, bien au contraire.
Est-ce que tu sais ce qu'il me veut? Et pourquoi il a besoinde moi ? Faillit-il lui demander, avant de se retenir.
Il doutait qu'elle soit au courant à vrai dire.
Il ne sut pas par quoi commencer, quoi lui dire, ce qu'il devait lui avouer, lui révéler, s'il pouvait lui faire confiance, s'ils n'étaient réellement pas écoutés par leur geôlier, si elle ne dirait pas tout à Peter Pan ensuite, tout se bouscula dans sa tête, au point qu'il garda tout d'abord le silence.
Mais après tout, tant pis si leur ennemi finissait par apprendre ce qu'il savait.
Ce n'était pas vraiment comme s'il avait encore quelque chose d'autre à perdre.
Wendy toussa une fois de plus, plus fort, de manière moins discrète, plus appuyée et oh comme Henry était fatigué.
Fatigué de toujours tomber d'une catastrophe à une autre, de ne jamais pouvoir garder espoir pendant bien longtemps parce que tout était toujours pire que ce qu'il craignait, et lui tout ce qu'il voulait c'était que les choses s'arrangent.
Il avait retrouvé Wendy, et elle était en vie, mais elle était la prisonnière d'un monstre et en plus de cela, elle était malade.
«Henry, je… Il faudrait que je te dise quelque chose.
Le petit garçon ne savait pas ce qu'elle allait dire, ce qui, dans ses paroles, était sincère et ce qui était un mensonge, ce que Peter Pan lui avait ordonné de lui dire et ce qu'elle voulait sans doute hurler à plein poumons depuis qu'elle était retenue au Pays Imaginaire.
Dans le fond ce n'était pas important.
C'était à lui de parler, à lui de lui apporter la vérité et de l'espoir, même si elle était forcée de garder le silence depuis bien trop longtemps.
- Tes petits frères n'ont jamais cessé de te chercher tu sais, la coupa-t-il sans lui laisser le temps de continuer. Ils m'ont même enlevé pour parvenir à te récupérer.
Il se demanda si Félix ou Peter Pan l'en avaient informée, si elle savait que les deux frères qu'elle n'avait pas vus depuis une éternité s'étaient brièvement retrouvés dans le même monde qu'elle, si avant de la sortir de sa cage (une cage. Il l'avait laissée vivre dans une cage, se souvint-il soudainement. Peu importe tous ses efforts pour se faire passer pour le gentil de l'histoire, il n'y parviendrait jamais.) pour organiser cette mise en scène, il le lui avait révélé.
Vu le choc qui apparut dans ses yeux, ce n'était pas le cas.
Ainsi qu'une lueur d'espoir légère et fugace mais bien réelle.
- Tu… tu as vu Jean et Michel? Hoqueta-t-elle, stupéfaite.
Il hocha la tête.
- Oui, c'est même à cause d'eux si je suis ici. Ils m'ont kidnappé, ils… ils voulaient m'échanger contre toi et rentrer dans le monde sans magie en t'ayant sauvée. Ça ne s'est… pas vraiment passé comme prévu.
La blonde blêmit aussitôt.
- Ils étaient ici? Ils… ils m'ont retrouvée et je ne les ai même pas vus?
Même s'il savait déjà pourquoi, à cet instant précis, en voyant la détresse dans les yeux de l'adolescente, Henry comprit encore plus pourquoi son père haïssait à ce point-là Peter Pan.
- Ils sont repartis, ils ont pu fuir, dans le cas contraire ils auraient été faits prisonniers eux aussi je pense, et… ils sont revenus. Avec des membres de ma famille, entre autres. Ils sont là pour nous. Ils sont venus pour nous sauver.
Wendy secoua la tête, comme si elle était désormais incapable de croire qu'une telle chose puisse être possible.
(Henry essaya de s'imaginer rester coincé pendant deux siècles au même endroit, prisonnier de la même personne, sans que qui que ce soit ne vienne jamais pour le sauver, tout en gardant espoir malgré tout.
Il n'y parvint pas.)
- Je suis sûre qu'ils sont animés des meilleures intentions du monde, mais… crois-moi, c'est peine perdue.
- Si tu crois ça, alors c'est que tu ne connais pas ma famille.
- Et toi, lui rétorqua-t-elle d'une voix lasse et blasée, c'est que tu ne connais pas Peter Pan comme moi je le connais.
Il aurait aimé pouvoir la contredire, vraiment.
Lui donner tort, et sans doute avait-elle raison, peut-être que c'était vain et sans espoir.
Mais.
Mais il était Henry Mills, il était le fils de la Sauveuse, celui qui avait permis que la malédiction soit rompue et pour une raison qu'il ignorait, quelqu'un ou quelque chose l'avait jugé suffisamment important pour que son arrière-grand-père fasse tout pour mettre la main sur lui.
Il n'était pas un sorcier et il savait qu'il ne pourrait pas s'évader tout seul, mais sa famille…
Il devait absolument croire en eux.
- C'est vrai, admit-il, mais puisque croire en la magie dans un monde qui n'arrêtait pas de me dire et de me répéter qu'elle n'existait pas, même si c'était insensé, était vrai, hé bien je… j'ai envie de croire en eux pour les mêmes raisons. Je veux croire qu'ils vont réussir.
Wendy le regarda d'un air incrédule, avant de sourire une fois de plus, semblant plus sincère cette fois.
Ce fut à ce moment que Henry réalisa que cela faisait déjà plusieurs minutes qu'elle avait arrêté de tousser.
- Mon père est parmi eux d'ailleurs, poursuivit-il, et… tu le connais.
Son interlocutrice fronça aussitôt les sourcils.
- Ton père?
- Mon père c'est Baelfire.
Apparemment, ça non plus Peter Pan ne le lui avait pas dit au vu de son sursaut et de l'expression d'incrédulité dans ses yeux écarquillés par la surprise.
- Quoi? Tu… tu es le fils de Baelfire? Alors il… il a réussi à s'enfuir et à avoir une vie normale? Lui demanda-t-elle avec les yeux remplis d'espoir.
Après tout elle avait sacrifié sa liberté pour lui, même si ce n'était pas le but et même si ça n'avait au bout du compte rien changé.
Henry pensa à sa mère enfermée dans une prison et abandonnée, aux années que Neal avait passées seul avec sa culpabilité, ses mauvaises actions et ses remords et il grimaça.
- Pas exactement, admit-il, mais… ça va mieux maintenant. Enfin… ça allait mieux avant que je ne me retrouve coincé ici.
- Il sait que je suis là? Ton père.
- Je… je pense que oui. Tes frères ont dû le lui dire. Quand je leur ai parlé…
L'amie de son père se figea sur place.
- Attends, le coupa-t-elle. Tu… tu leur as parlé pour de vrai? Si oui alors qu'est-ce que tu fais encore là?
- Ma mère, Regina, a utilisé la magie, pour me permettre de communiquer avec eux. Ça n'a pas duré bien longtemps malheureusement.
- Est-ce que Pan est au courantde ça?
- Je ne crois pas, fit Henry, prudent. Je ne pense pas, j'ai essayé d'être le plus discret possible, je… je l'espère en tout cas. Je me doute qu'il veut me persuader que personne ne viendra me chercher.
- Comment est-ce que tu peux être sûr que ça ne venait de lui dans ce cas?»
Pendant quelques secondes, Henry Mills s'arrêta tout bonnement de respirer.
Il n'y avait, honnêtement, pas pensé une seule seconde.
Parce que ce n'était pas logique, parce que Peter Pan n'aurait eu aucun intérêt à lui donner de l'espoir si son but était bel et bien de l'isoler de sa famille et des siens jusqu'à ce qu'il sombre dans le désespoir complet.
… Sauf si c'était pour lui montrer à quel point cet espoir était faux et monté de toutes pièces.
Puis, après quelques secondes de réflexion, il sut.
«Parce que le capitaine Crochet était là, laissa-t-il échapper. Mes parents, ma famille, tes frères, Graham ou August, ou encore… Il y avait une femme que je n'ai pas reconnue mais je suppose qu'elle vient d'ici. Bref, qu'ils soient là, c'est totalement logique, censé, ils sont venus pour me chercher ou pour toi, mais lui… Crochet déteste mon grand-père et comme mon père ne l'apprécie pas non plus et que la dernière fois que je l'ai vu, il était en cellule à Storybrooke… Je ne sais pas pourquoi il est ici mais j'imagine qu'il y a une raison.
Wendy le regarda d'un air perplexe.
- Donc… le fait qu'il soit là n'étant pas logique, tu penses que ça ne peut pas être une manipulation de Peter Pan parce que sa présence n'a aucun sens.
- C'est ça. Et puis ma mère, Emma, elle… je suis sûr que c'était elle, c'était eux. Il ne peut pas en être autrement.
Sinon tout son être allait s'écrouler et il ne s'en relèverait jamais.
La blonde cligna alors des yeux à plusieurs reprises, semblant perdue.
- Henry, dis-moi… combien est-ce que tu as de parents?»
Pour la première fois depuis le début de la conversation, Henry éclata de rire.
§§§§
«Tu… finit par lui demander Wendy d'une voix brisée par des années de désespoir et de solitude, tu penses vraiment… qu'ils ont une chance contre Peter Pan?
- Oui. Si quelqu'un peut y arriver c'est eux. J'en suis sûr.
Henry avait dix ans, se souvint la jeune fille.
Dix ans, c'était trop jeune pour ne plus avoir d'illusions ou d'espoir, pour ne plus avoir la foi.
(Elle avait oublié ce que ça faisait, qu'avoir dix ans et de penser que tout irait bien.)
Et, même si elle avait fini par devenir désabusée et cynique au fil du temps, elle eut envie d'y croire, de le croire, de lui faire confiance.
C'était la seule chose à faire pour elle si elle ne voulait pas perdre complètement la raison ou abandonner pour de bon le combat.
Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas eu une véritable raison de se battre.
Et d'après ce qu'il lui avait raconté sur les siens, sa famille était du genre à avoir l'habitude des combats réputés comme étant perdus d'avance.
- D'accord. Je pense que… je pense que je vais essayer alors. D'y croire. Quant à la raison pour laquelle Peter Pan nous a laissés seuls, il… il voulait…
- Il voulait que tu me mentes, déduisit Henry sans grande difficulté.
Ça semblait tellement évident, avec tout ce qu'il savait de l'immortel, il ne savait pas pourquoi ou ce qu'il voulait que la jeune fille lui dise, mais il avait l'intuition qu'il ne devrait pas en croire un seul mot.
Elle acquiesça.
- Oui. Que je te dise que j'étais malade, que j'étais mourante, que l'île et le Pays Imaginaire l'étaient aussi et que tu étais la seule personne capable de tous nous sauver. Je ne sais pas à quel point quoi que ce soit là-dedans est vrai, même si je sais qu'il a besoin de toi sinon il n'aurait pas passé autant de temps à te chercher.
Henry se figea.
Donc elle avait fait semblant et il ne l'avait même pas vu.
Pourquoi n'était-il même pas surpris dans le fond?
Peter Pan finissait toujours par transformer ce qu'il côtoyait en mensonge de toute façon.
Le jeune garçon laissa échapper un rire désabusé.
- Il voulait que je me prenne pour le héros de l'histoire… Marmonna-t-il d'un air sombre.
Tout comme l'avait dit Wendy, il ne savait pas ce qu'il y avait de réel là-dedans, ni pourquoi Peter Pan tenait à ce point-là à se servir de lui.
Mais il n'avait rien d'un héros.
Il n'était qu'un petit garçon de dix ans un peu trop doué pour se mettre en danger.
- Et… et maintenant? Poursuivit Wendy d'une voix hésitante. Qu'est-ce que je vais faire? Je ne suis pas une sorcière, et je suis seule, une fois que cette conversation sera finie, Peter Pan va revenir et m'enfermer à nouveau et même si je tentais de m'enfuir, il enverrait un des garçons perdus ou son ombre pour me récupérer.
Rien.
C'était sans doute ça le pire dans cette histoire, elle ne pouvait rien faire du tout, et Henry en était tout aussi conscient qu'elle, et de toute façon, ce n'était pas comme si lui-même pouvait faire grand-chose de son côté.
- Attendre et espérer. Je suis désolé, je n'ai rien d'autre à t'apporter à part ça, j'aurais aimé pouvoir faire plus.
Elle lui sourit alors.
- Tu m'as apporté de l'espoir. C'est déjà bien plus que qui que ce soit a fait pour moi sur cette île depuis que je suis ici.
Puis, elle regarda autour d'elle, comme si elle avait peur que Peter Pan ne surgisse soudainement de nulle part pour mettre fin à leur discussion, avant de soupirer.
- Tu sais, j'ai déjà essayé de partir, avant. De m'enfuir. Je n'y ai jamais réussi. Je ne vois pas en quoi ce sera différent cette fois.
- Cette fois, affirma Henry avec tant de conviction qu'elle eut envie de penser qu'il ne se trompait pas, tu n'es pas seule.»
Quand Peter Pan revint dans la pièce quelques minutes plus tard, la blonde pria de toutes ses forces pour qu'il n'ait véritablement rien écouté de leur conversation.
Sinon, dans le cas contraire, alors ils avaient encore moins de chance de gagner qu'elle ne le pensait.
A suivre…
Notes:
Titre du 26/05/2024 : Derrière les mensonges
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Hyacinthe Bridgerton (les chroniques de Bridgerton) : Chasse au trésor : Écrire sur un pirate ou sur un personnage qui joue à des jeux de société
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 135: Un chaos prévisible.
Notes:
Hey !
J'ai presque fini d'écrire l'arc normalement et après je ferai une petite pause je pense histoire de préparer le prochain (et dernier) arc de cette fic.
Bonne lecture !
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Et maintenant? Songea Henry, n'étant pas vraiment sûr de vouloir connaître la réponse.
La suite semblait plutôt logique à ses yeux.
Wendy allait rester dans cette chambre qui n'avait été aménagée que pour le manipuler, ou bien elle retournait dans cette cage dans laquelle elle avait passé tellement de temps que Henry ne pouvait que se demander avec horreur depuis combien de temps au juste elle n'en était pas sortie.
En y songeant, il se mit à prier de toutes ses forces pour que sa famille soit véritablement en chemin, pour les sauver, et qu'ils finiraient par trouver un moyen de battre Peter Pan et leur permettre à tous de quitter cette île de malheur.
Dans le cas contraire, il n'était pas vraiment sûr que cette histoire puisse connaître une quelconque fin heureuse, pour lui et ses proches en tout cas.
Quant à lui…
Qu'était-il supposé faire au juste, qu'est-ce que Peter Pan attendait de lui?
Wendy lui avait dit les mensonges que l'immortel voulait qu'il entende, cette prétendue vérité, cette fable selon laquelle il était censé sauver l'île et le Pays Imaginaire tout entieret il réalisa avec amertume qu'avant il y aurait cru.
Avant, Peter Pan aurait été capable de le manipuler, parce qu'il rêvait si fort d'être un héros qu'il aurait été prêt à faire n'importe quoi pour en devenir un, y compris faire confiance à celui qui l'avait enlevé, parce que ses grands-parents étaient des héros, que sa mère était la Sauveuse et qu'il voulait devenir comme eux.
Peut-être que si Wendy lui avait raconté tout cela sans qu'il n'ait de soupçons à propos de tout cela, s'il ne lui avait pas dit pour Neal, Jean, Michel et les autres, peut-être qu'il l'aurait cru sans rien remettre en question.
Il espérait que non, mais il n'était plus temps de se poser ce genre de questions.
Pas alors qu'il était toujours prisonnier de son ravisseur, que Wendy avait été laissée derrière, ne pouvait plus l'aider et ils s'éloignaient de plus en plus de ceux qui étaient venus pour le sauver sans qu'il ne puisse les prévenir.
Il ne savait même pas où ils allaient lui-même, où était cet endroit dans lequel son arrière-grand-père voulait le mener, encore moins ce qu'il voulait y faire et pourquoi il avait besoin de lui à ce point.
Il savait seulement qu'ils allaient au rocher du crâne.
Il n'aurait sans doute pas dû être surpris, et s'il avait jamais voulu découvrir pour de vrai l'univers de Peter Pan, cette envie s'était envolée depuis bien longtemps.
Il prit une profonde inspiration.
Tout ce qu'il pouvait faire maintenant, tout ce qu'il devait faire, c'était tenir jusqu'à ce que sa famille le retrouve et le sauve.
Il était supposé être le garçon qui possédait le cœur du plus pur des croyants après tout, si Peter Pan n'avait pas menti sur ça aussi, en plus de tout le reste.
Il pouvait le faire.
Il le devait.
§§§§
Killian Jones ne faisait aucunement confiance aux garçons perdus.
Jamais il n'avait eu de raison de le faire, en tant que pirate et ennemi de Peter Pan, il avait passé une bonne partie de son séjour au Pays Imaginaire à les affronter, et depuis qu'il était revenu, les choses n'avaient pas vraiment changé.
Ils étaient les seuls contre qui ils avaient eu à se battre, Peter Pan préférant les narguer de loin, ils lui obéissaient, pour certains parce qu'ils le voulaient, pour d'autres parce qu'ils n'avaient pas le choix, mais il lui était difficile de démêler le vrai du faux.
De savoir qui, parmi ces enfants qui ne l'étaient plus vraiment, voulait réellement les aider, et lesquels faisaient semblant.
Cependant, il lui suffit d'un seul coup d'œil en direction de Félix pour réaliser qu'il n'avait pas la moindre envie qu'ils parlent et leur révèlent quoi que ce soit à propos de l'endroit où Henry se trouvait peut-être.
Ces enfants mentaient peut-être, faisaient probablement semblant, ou pas, il ne les connaissait pas assez pour le savoir, mais pas lui.
Félix était beaucoup de choses, loyal envers Peter Pan, depuis tellement longtemps que le pirate ne savait même pas si le garçon perdu était arrivé avant ou après le court passage que lui et Liam avaient effectué au Pays Imaginaire, un garçon cruel, bien plus que la plupart des enfants perdus, qui s'amusait à tourmenter les autres, comme le maître de l'île.
Mais il n'était ni un menteur, ni un manipulateur, et en voyant sa réaction, ainsi que celles d'autres enfants perdus, qui semblaient réticents à les aider, soit parce que fidèles, soit parce qu'ils avaient peur, il reprit espoir.
Peut-être qu'ils allaient enfin retrouver ce gamin au bout du compte.
«Je vous interdis de leur dire quoi que ce soit, leur ordonna-t-il, malgré la douleur qui devait le dévorer de l'intérieur, et en voyant sa blessure toujours ensanglantée, il espéra qu'il souffrait et qu'il était à l'agonie.
C'était tout ce qu'il méritait après tout ce qu'il avait fait en tant que fidèle lieutenant de Peter Pan après tout.
Personne ne l'écouta et Blanche-Neige se rapprocha de l'enfant qui venait de parler.
- Est-ce que tu en es sûr? Lui demanda-t-elle simplement, d'une voix calme et la moins sévère ou rude possible.
Il secoua la tête.
- Non, pas vraiment, mais… je sais qu'il a parlé de l'emmener voir la fille, celle qui est dans la cage… Wendy Darling.»
En voyant Félix ne pas se retenir de grimacer en entendant cela, Killian eut la confirmation de ce qu'il pensait déjà.
Ce garçon perdu savait quelque chose.
À cet instant, Neal, Jean et Michel se figèrent tous les trois et s'arrêtèrent de respirer pendant quelques secondes.
Wendy.
Après tout ce temps…
Ils allaient pouvoir la retrouver, la revoir, et ce n'était pas Henry lui-même mais un moyen de se rapprocher de l'endroit où il se trouvait, de le sauver avant qu'il ne soit trop tard, et d'être réunis avec elle.
Enfin.
Neal dût se contenir, s'obliger à ne pas hurler, ne pas lui demander où se trouvait Wendy, lui ordonner de leur donner un plan, une direction à suivre, il aurait voulu exprimer toute la rage qui l'animait, celle qui le consumait encore et toujours, depuis tellement d'années.
Mais cet enfant n'était pas Félix, il devait se le rappeler, et Blanche-Neige obtiendrait sans doute plus de résultats que lui.
«Sais-tu où elle se trouve en ce moment? Peux-tu nous l'indiquer?»
Il hocha la tête, le visage de Félix s'assombrit, et Neal sentit le poids qui écrasait sa poitrine s'alléger, au moins un peu.
§§§§
Emma avait presque envie de sourire.
Presque.
Si tout allait bien, Wendy serait bientôt libre, et peut-être que si elle savait où étaient Henry et Peter Pan, ou mieux encore, s'ils étaient avec elle, enfin elle pourrait récupérer son fils, le retrouver sain et sauf, le serrer dans ses bras et le ramener à la maison.
Pendant que le Ténébreux utiliserait la boîte de Pandore pour y enfermer son père, et tout irait bien.
Tout rentrerait dans l'ordre.
Si elle avait su ce que son père allait bientôt leur annoncer, elle aurait su que les choses n'étaient en réalité pas aussi simples qu'elle le pensait.
«Avant que nous n'allions chercher Wendy, je dois vous avouer quelque chose, déclara alors le prince Charmant. Je… actuellement, il m'est impossible de quitter le Pays Imaginaire.
Sa femme et sa fille le regardèrent avec incrédulité.
- Quoi? S'exclamèrent-elles en chœur, horrifiées.
- Je ne voulais pas vous en parler pour ne pas vous inquiéter et parce que Henry était toujours introuvable, mais maintenant… maintenant que nous avons une piste solide et une chance de nous en sortir, je dois vous l'avouer. Pendant notre premier combat contre les enfants perdus, j'ai… j'ai été touché par une flèche. J'ai été empoisonné par de l'ombrève. Je vais bien maintenant, j'ai bu l'eau de l'île, mais je… je ne peux plus quitter ce monde. Pas si je veux survivre.»
Emma se figea sur place, espérant avoir mal compris.
Pourtant, ce n'était pas le cas, et elle le savait.
Non.
Non, tout mais pas ça.
Son père ne pouvait pas mourir, pas comme ça, pas maintenant, pas alors que…
Elle avait passé les vingt-huit premières années de sa vie séparée de son père, sans savoir qui il était, elle ne pouvait pas le perdre ainsi, de cette manière, pas juste après l'avoir retrouvé, elle s'y refusait.
Elle était la Sauveuse.
Mais comment aurait-elle pu continuer à prétendre l'être si elle ne parvenait même pas à sauver son propre père?
« Par pitié, hoqueta-t-elle, les larmes aux yeux, je t'en supplie, dis-moi que c'est une plaisanterie. Que c'est un mensonge.
S'il te plaît je ne veux pas redevenir une orpheline.
Il soupira.
- Je suis désolé Emma, je suis tellement désolé.
Blanche-Neige, de son côté, avait elle aussi du mal à ne pas fondre en larmes.
- Mais, poursuivit-il, il y a un moyen d'arranger les choses. Rumplestiltskin a dit qu'il était capable d'empêcher que cela arrive, qu'une fois à Storybrooke il utiliserait sa magie pour que je n'ai pas à payer le prix de ma survie, même en ayant quitté l'île. Il faut juste qu'on emmène avec nous une grande quantité de ce qui m'a sauvé, afin que je tienne le temps que le Ténébreux règle mon… mon problème.
Il s'attendait à beaucoup de choses, mais définitivement pas à ce que sa fille se jette dans ses bras pour le serrer contre elle, comme si elle avait peur qu'il ne disparaisse d'un instant à l'autre.
- Ne me refais plus jamais ça, sanglota-t-elle, ne… je ne le supporterais pas si tu disparaissais papa, je ne… Je t'interdis de mourir.
Il ne pouvait pas lui faire une telle promesse, alors à la place il la serra dans ses bras, se promettant de tout faire pour survivre.
Quand Blanche-Neige le prit à son tour dans ses bras, il ne fut cette fois pas surpris.
- C'est pour ça que tu agissais si bizarrement… Comment ais-je pu ne me rendre compte de rien?
- Ce n'est pas étonnant, j'ai tout fait pour te le cacher, mais je vais bien maintenant, d'accord? Tout va bien.»
Ce n'était pas vrai, pas vraiment, mais Blanche-Neige décida de le croire malgré tout.
§§§§
Alors que David et Blanche-Neige étaient partis pour chercher l'eau enchantée qui permettrait au prince de survivre suffisamment longtemps pour qu'il puisse être sauvé, Crochet, Clochette, August et Graham avaient décidé de rester sur place afin de surveiller les enfants perdus, faire en sorte qu'ils ne s'immiscent pas dans le futur combat à venir.
Ils devraient déjà s'occuper de Peter Pan, ils n'avaient pas besoin de soucis en plus, pas alors qu'ils étaient si proches de la victoire.
Quant à Emma, Rumplestiltskin, Neal, Regina, Jean et Michel, ils iraient chercher Wendy, et Henry en même temps, si le destin se montrait clément avec eux.
(Mais cela ne s'était pas produit fréquemment ces derniers temps, alors pourquoi est-ce que cette fois aurait été différente?)
Le Ténébreux espérait sincèrement que le garçon n'avait pas menti.
Que Wendy se trouvait bien là où elle était censée l'être, et ils n'avaient plus de temps, alors même s'il ne connaissait pas la localisation exacte, il les téléporta, lui et le reste du groupe à plusieurs reprises jusqu'à trouver l'endroit où elle était enfermée.
Et au moins Peter Pan était sans doute actuellement bien trop occupé pour avoir envie de jouer avec leurs nefs en changeant la jeune fille de lieu, et l'île avait changé la localisation du camp des garçons perdus de toute façon, pas la sienne.
Aussi, quand il aperçut une cage dans laquelle se tenait une jeune fille blonde de quatorze ans, il sut qu'ils avaient réussi.
Ils l'avaient retrouvée et l'enfant avait dit la vérité, contre toute attente.
En réalisant qu'elle n'était plus seule, la londonienne les regarda avec surprise, ne reconnaissant aucune des personnes qui se trouvaient devant elle.
Contrairement à ses deux frères et à Baelfire, qui purent voir à quel point elle n'avait pas changé.
Elle était toujours la même que deux cents ans plus tôt, la sœur, l'amie qui leur avait été enlevée autrefois, celle qu'ils avaient perdue, qu'ils venaient enfin de retrouver.
«Qui… qui êtes-vous? Leur demanda-t-elle, interloquée.
Des adultes.
Il y avait des adultes au Pays Imaginaire, ce n'était pas arrivé depuis…
Depuis jamais en réalité, en dehors des pirates et Clochette, elle n'avait jamais eu connaissance d'aucun adulte sur l'île, et enfermée dans sa cage, elle ne les avait jamais réellement croisés ou rencontrés et elle se demanda si…
- Est-ce que… fit-elle d'une voix remplie d'espoir. Est-ce que c'est vous les membres de l'expédition pour sauver Henry?
Le petit garçon n'avait pas menti alors.
Sa famille était venue le chercher.
L'immortel grimaça en constatant que ni Henry ni son père n'étaient là et d'un geste, il fit disparaître le cadenas sur la porte de la cage que Wendy put ouvrir quelques secondes après.
L'adolescente en sortit et regarda autour d'elle avec un air confus.
Qui étaient ces gens?
- Wendy, murmura alors une voix qu'elle reconnut aussitôt, une voix qui avait changé mais pas au point qu'elle soit capable de l'oublier, même deux cents ans après.
Et ce visage, à la fois si différent et si semblable à celui qu'il avait quand il n'était encore qu'un petit garçon et que c'était elle qui était supposée veiller sur lui et pas l'inverse, ces lunettes, ce sourire, dépourvu d'innocence et pourtant encore tellement rempli d'espoir malgré tout ce qu'il avait traversé, c'était…
C'était celui de son petit frère.
Henry avait dit la vérité à ce sujet-là aussi.
- Jean, chuchota-t-elle d'une voix brisée, comme si le dire à voix haute allait tout détruire, briser ce moment qui lui semblait tellement irréel, et Michel était là aussi, juste à côté et ils…»
Ils étaient venus pour la sauver, ils l'avaient retrouvée, après tout ce temps, ils…
Ils ne l'avaient jamais abandonnée.
Quand ils la serrèrent tous les deux dans leurs bras, quand elle put les toucher, les étreindre, s'assurer qu'ils étaient là, qu'ils étaient réels, qu'ils n'allaient pas s'envoler, qu'elle n'était plus seule dans cette cage condamnée à attendre un miracle qui ne venait jamais, elle eut pour la première fois depuis longtemps le sentiment que désormais elle allait pouvait commencer à vivre au lieu de simplement survivre.
Elle ne reconnut pas tout de suite celui qui la regardait avec tellement de tristesse et de culpabilité dans les yeux que c'en était presque douloureux, et puis elle se souvint de ce que Henry lui avait dit.
Baelfire était ici.
Alors est-ce que…
Est-ce que…
« Baelfire, c'est… c'est toi?
Il hocha la tête, la gorge trop nouée pour pouvoir parler, et ce fut à ce moment qu'elle éclata en sanglots, parce qu'avant elle ne se serait jamais attendue à être réunie avec lui, pas après avoir entendu des années plus tôt de la bouche de Peter Pan qu'il avait quitté le Pays Imaginaire sans avoir jamais su qu'elle était là.
Et quand il la serra dans ses bras, elle l'entendit qui pleurait, de joie, de tristesse, tout comme elle, pleurant sur tout ce qu'ils avaient perdu, tout ce qui leur avait été enlevé, arraché, volé des siècles plus tôt, tout ce qu'ils ne récupéreraient jamais, se réjouissant de leurs retrouvailles malgré tout.
- Je suis désolé Wendy. Je suis tellement désolé, je voulais que tu sois en sécurité, que tu sois sauve, comme tes frères, et au final tu es venu me chercher, me sauver et je… je n'ai jamais réalisé que tu étais sur l'île toi aussi, je suis tellement désolé de ne pas avoir pu t'aider à t'échapper toi aussi. Pardon.
- Ce n'est pas de ta faute, lui assura-t-elle, ça n'a jamais été de ta faute, ça a toujours été la sienne.»
Tout comme eux, elle était toujours la prisonnière de l'île, elle ne savait pas si elle pourrait en partir, et elle n'était pas revenue dans son monde, ne s'était pas échappée, n'avait pas pu fuir loin de Peter Pan.
Mais en un sens, peu importe.
Elle était rentrée à la maison, près des siens.
Enfin presque.
Seulement maintenant elle avait une vraie chance de réussir à partir loin de cet enfer pour toujours.
A suivre…
Notes:
Titre du 24/10/2023 : Un chaos prévisible
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Liste 17
1. Présence de hurt/comfort
2. Doit y avoir au moins 2 câlins
3. Un de vos persos confesse quelque chose de très important
4. Minimum 1000 mots
Quatre aspects des… personnages de "The Owl House" (Partie 1) :
King : Écrire sur un démon ou écrire sur un personnage de petite taille137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, anniversaires de nos artistes, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 136: En route vers le rocher du crâne.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
«Est-ce que tu sais où est Henry? Lui demanda rapidement Neal, préférant ne pas perdre de temps, même s'il aurait voulu parler avec Wendy, lui dire une fois de plus à quel point il était désolé et lui promettre que tout irait bien désormais, qu'il ferait tout pour qu'elle rentre à la maison, loin de tout ça. Est-ce que tu sais où il a emmené mon fils? Est-ce qu'ils sont encore là, quelque part, pas loin, est-ce tu penses qu'on peut les rattraper rapidement?
À son grand désarroi, elle secoua la tête.
- Non, je pense que, malheureusement… tu arrives trop tard. Ils ne sont plus sur cette île, j'ai entendu Peter Pan dire à Henry qu'il allait l'emmener sur une autre île, le Rocher du crâne, mais… je ne sais pas pourquoi. Je suis désolée.
Neal soupira.
- Personne ne sait pourquoi Peter Pan fait ce qu'il fait, ce n'est pas de ta faute. Et au moins, cette fois, nous savons où aller.»
Il aurait aimé pouvoir dire tellement plus, faire tellement plus, il aurait voulu réussir à faire mieux, parvenir à réparer ses erreurs passées, effacer toutes ces années de souffrance et de solitude dont il n'avait au final pas pu la protéger, mais il ne pouvait pas.
Parce qu'ils n'avaient pas le temps.
Ce temps, il le prendrait plus tard, il se le jurait, quand ils pourraient le faire, quand ils auraient tout le temps du monde, une fois que ce serait terminé, une fois qu'ils auraient gagné, parce qu'ils allaient gagner.
Il ne pouvait pas en être autrement.
«Très bien, intervint alors Emma, nous allons au rocher du crâne. Jean, Michel, rejoignez les autres et amenez votre sœur avec vous, expliquez leur où nous allons. Je pense que vous avez bien besoin de vous retrouver et de vous éloigner de ce qui va suivre. Vous en avez assez bavé comme ça, je ne vais pas vous demander de vous battre non plus vous aussi.
Et puis, songea-t-elle, pensant à la même chose que les autres mais sans le dire, ce n'était pas non plus comme s'ils étaient des combattants aguerris ou expérimentés.
Sans compter qu'ils avaient été séparés les uns des autres pendant une éternité.
Inutile de faire durer cette torture plus longtemps.
Les frères de Wendy hochèrent la tête et accompagnés de la jeune fille, ils s'éloignèrent du groupe.
- Maintenant que c'est réglé, continua la Sauveuse après avoir échangé un regard avec Neal et Regina, allons sauver notre fils.»
Le rocher du crâne.
Peut-être qu'une fois là-bas, tout allait enfin se terminer.
Pour le mieux, espérait la blonde.
Cette histoire méritait une fin heureuse.
§§§§
«Tu ne m'as rien dit.
Durant tout le trajet jusqu'à la fontaine de jouvence, ni le prince ni la princesse n'avaient prononcé un seul mot, bien trop pris par l'urgence de la situation et par le besoin de se dépêcher, de trouver l'eau qui allait permettre à David de survivre jusqu'à ce que le Ténébreux arrange la situation.
Maintenant que c'était fait et qu'ils avançaient le plus vite possible pour retourner auprès du reste du groupe et des enfants perdus, Blanche-Neige venait tout juste de briser le silence qui s'était installé jusque-là entre eux.
- Blanche… tenta-t-il.
Elle ne le laissa même pas finir.
- Tu étais en train de mourir, tu avais été blessé, tu as choisi de prendre la décision de boire un remède qui allait te forcer à rester à jamais sur cette île maudite, et tu ne m'en as même pas parlé.
Il entendit la douleur dans sa voix, sa tristesse, sa colère et il fut même surpris de constater qu'elle ne hurlait pas.
Ce n'était pas nécessaire d'ailleurs, la froideur dans sa voix était largement suffisante pour le faire frissonner, pour lui rappeler que son épouse pouvait être effrayante quand elle le voulait.
- Je… je ne voulais pas t'inquiéter et je… je pensais à Henry. C'était le seul moyen de survivre, de tenir, le temps de le retrouver et… je suis désolé.
La brune le fusilla du regard.
- Tu aurais dû me le dire, affirma-t-elle, me prévenir, m'avertir de ce qui était en train de se passer, au lieu de me laisser dans le brouillard, de faire comme si tout allait bien alors que tu étais blessé et en train de mourir!
Il le savait, et elle avait raison, évidemment.
- Et imagine, continua-t-elle d'une voix chargée de désespoir, imagine ce qu'il se serait passé si Rumplestiltskin n'avait pas voulu ou même n'avait pas pu régler ce problème lié au prix que tu vas devoir payer pour avoir voulu survivre. Admettons même qu'il échoue, ce qui n'est pas à exclure, et que tu doives revenir ici. Comment est-ce que je suis supposée agir au juste? Qu'est-ce que je peux faire, je… Je ne peux pas te perdre David, pas une fois de plus, pas encore, pas après tout ce que nous avons traversé, pas après toutes ces souffrances, je… Je ne le supporterais pas. Je ne peux pas vivre ça une fois de plus.
Elle se souvenait de ses derniers instants, juste avant la malédiction, quand son corps et son cœur hurlaient à unisson de douleur, alors qu'elle venait tout juste de donner naissance à une fille qui lui avait été arrachée quelques secondes après, condamnée à grandir sans elle. Alors que son mari gisait là, baignant dans son sang et qu'elle ne pouvait rien faire.
Elle se rappelait s'être sentie presque soulagée à l'idée d'oublier ce qui venait d'arriver, ce qu'elle venait de perdre, ce qu'on lui avait enlevé, volé.
Elle se souvenait de son désespoir, aussi.
Elle ne voulait plus jamais se sentir aussi désespérée de toute son existence.
- Ça n'arrivera pas, tenta de la rassurer Charmant, mais il sentit rapidement que ce ne serait pas suffisant cette fois.
- Qu'est-ce que tu en sais? Siffla-t-elle, les mains tremblantes, serrant les fioles contre elle. Tu avais foi aussi lors de notre combat contre Regina et pourtant la malédiction a tout de même été lancée.
- Et elle a été brisée, lui rappela-t-il, nous nous sommes retrouvés.
- Mais à quel prix? S'écria-t-elle. Emma a dû grandir seule dans un monde qui l'a abandonnée, nous avons été séparés pendant vingt-huit longues années et quand nous pensions être enfin en paix, heureux, notre petit-fils a été enlevé et tu… Tu vas peut-être mourir. Ou devoir rester ici et je… Comment suis-je censée faire comme si ce n'était rien? Alors que je vais peut-être devoir choisir entre t'abandonner ici ou rester avec toi, en abandonnant notre fille ou en lui demandant de venir ici elle aussi, et même si nous avons un moyen de battre Peter Pan, ça ne change rien au fait que cet endroit n'est rien de plus qu'une prison dans laquelle tu resteras peut-être enfermé pour toujours. Cette île est dangereuse et mortelle. Tu le sais mieux que quiconque désormais. Aucune de ces solutions n'est la bonne. Aucune ne le sera jamais.
- Nous n'en sommes pas encore là, lui assura-t-il, je suis là, je suis en vie, toi aussi. Nous sommes tous en vie, personne n'est mort et… et tout ira bien.»
Elle aurait aimé pouvoir le croire, vraiment.
À la place, au lieu d'acquiescer ou de protester, elle préféra l'embrasser, comme si elle avait peur que tout ne s'écroule d'un moment à l'autre et qu'il ne lui soit arraché une fois de plus.
Parce que c'était bien ce qui risquait de se produire.
§§§§
Crochet ne fut pas réellement surpris en constatant que les parents d'Emma étaient les premiers à être revenus. Après tout, David savait déjà où se trouvait la fontaine, et l'île semblait leur mettre moins de bâtons dans les roues quand ils tentaient de trouver autre chose qu'Henry Mills.
Il ressentit du soulagement en voyant la multitude de fioles que les deux héros transportaient avec eux, et il ne vit pas le regard intéressé que lança Félix dans leur direction.
Sa blessure le faisait toujours autant souffrir, et il savait que l'ombrève avait commencé à l'envahir, l'empoisonnant et le tuant à petit feu, cela ne faisait que commencer et il souffrirait mille morts avant que cette torture ne prenne fin.
Sauf s'il parvenait à s'emparer d'une des fioles remplies de l'eau de la fontaine de jouvence.
La seule chose dont il avait besoin maintenant, c'était une occasion de le faire, et d'une opportunité.
Et il avait bien l'intention d'y parvenir.
Après tout, il ne pourrait pas continuer d'obéir aux ordres de Peter Pan en étant mort.
§§§§
Quand, plusieurs minutes plus tard, Jean, Michel et une fille qu'ils identifièrent comme étant Wendy les rejoignirent, August et les autres les regardèrent avec confusion.
«Où sont Emma et les autres? Les interrogea Graham.
- Nous avons retrouvé Wendy là où elle était censée être, lui indiqua Jean en envoyant un regard empli de gratitude à l'enfant perdu qui les avait aidés, elle sait où Peter Pan a emmené Henry. Au rocher du crâne. Neal, Emma, le Ténébreux et Regina y vont pour combattre Pan et sauver Henry.»
Un soupir de soulagement collectif anima alors le groupe entier.
Maintenant, tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était attendre, tout en surveillant les garçons perdus.
Aucun d'eux ne prit garde aux mouvements furtifs de Félix, sans doute parce qu'il n'essayait pas de s'échapper et n'en aurait probablement pas été capable, ni ne s'aperçut que, profitant de l'effervescence suite à l'arrivée des Darling, il avait réussi à s'emparer en cachette d'une des fioles pour ensuite la vider entièrement.
Il sourit en voyant les traces d'ombrève disparaître pour de bon de son corps.
Il ne mourrait pas.
Pas aujourd'hui.
§§§§
Henry, à fur et à mesure qu'ils se rapprochaient du rocher du crâne, avait le sentiment diffus qu'il allait bientôt enfin savoir pourquoi il était ici.
Pourquoi son arrière-grand-père avait kidnappé des enfants durant des siècles jusqu'à enfin le trouver, pourquoi il avait tellement besoin de lui.
Bientôt il saurait et il n'en avait pas vraiment envie.
Il voulait seulement être réuni avec sa famille et rentrer à la maison.
«Où est-ce qu'on est? Finit-il par demander, plus pour gagner du temps que pour véritablement le savoir ou pour avoir des informations sur le lieu.
Peter Pan ne lui répondit pas, alors qu'ils descendaient de la barque, mettaient un pied à terre et rentraient à l'intérieur, laissant l'autre île derrière eux, et Henry sentit l'angoisse l'envahir.
Qu'est-ce qui allait se passer maintenant?
- Je te l'ai déjà dit, non? Le railla l'immortel quelques secondes plus tard. Nous sommes au rocher du crâne.
Henry dut se retenir de soupirer, apparemment, lui soutirer la moindre information était toujours aussi compliqué, puis, en constatant que son arrière-grand-père semblait être en train de faire de la magie, il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu fais? L'interrogea-t-il, frustré d'être obligé de lui parler, de lui poser des questions auxquelles il n'aurait sans doute jamais de réponse.
Peter Pan lui sourit.
- Je fais en sorte que toute personne possédant une ombre ne puisse pas entrer. Après tout, ni toi ni moi ne voulons que ta famille nous dérange, pas vrai?»
Ce fut à cet instant précis qu'Henry sut qu'il avait eu raison de garder la foi, de faire confiance à sa famille, qu'il les avait réellement vus à travers le miroir, qu'ils étaient vraiment venus le chercher, qu'ils étaient là, et le soulagement l'envahit.
Tout ce dont ils avaient besoin, c'était d'un peu de temps, il en avait la certitude, ils étaient là, tout près.
Et ils allaient le sauver.
L'immortel se demanda alors si Henry savait très bien faire semblant, jouer la comédie à la perfection malgré ses dix ans, n'affichant aucune surprise, ou si c'était seulement parce qu'il avait tellement la foi qu'il n'avait jamais douté un seul instant que ceux qu'il aimait avaient effectivement bravé l'enfer pour pouvoir l'emmener loin de l'île et de ses dangers.
Qu'importe de toute façon.
Il avait presque gagné, il n'était pas parvenu à forcer Henry à croire en lui, mais ce n'était pas grave.
Bientôt, il mettrait la main sur son cœur, bientôt il battrait dans sa propre poitrine et lui conférerait l'éternité, pour toujours.
Bientôt.
«Pourquoi est-ce que tu m'as emmené ici?
Le sorcier haussa les épaules, décidant qu'il était probablement temps d'enfin jouer cartes sur table puisque la partie était presque terminée.
Et une fois de plus il leur prouverait à tous, cette immuable vérité.
Peter Pan n'échoue jamais.
- Quand j'ai passé un marché avec l'ombre de l'île, celle-ci m'a amené ici, et elle m'a montré ce sablier.
Henry tourna la tête et le remarqua enfin.
- Il est presque vide, nota-t-il, et le maître du Pays Imaginaire acquiesça.
- En effet.
- Quel rapport ça a avec moi?
- Ce jour-là, l'ombre m'a également expliqué autre chose. Ce sablier représente le temps qu'il me reste à vivre, la magie à laquelle j'ai encore accès avant de mourir, avant que mon immortalité ne me soit enlevée.
Henry sentit son cœur battre à tout rompre en réalisant ce que ça impliquait.
Peter Pan était mourant.
Ça expliquait tellement de choses, sa détermination à le retrouver, à lui faire croire qu'il était important, qu'il était le seul à pouvoir sauver l'île, quand en réalité il ne voulait que se sauver lui-même.
Henry n'arrivait même pas à être étonné.
Mais surtout, maintenant ils avaient une chance.
Le tout puissant sorcier ne l'était finalement pas tant que ça.
Par contre ça n'expliquait pas…
- Pourquoi est-ce que je suis ici?
Depuis le début de cette conversation, Henry avait l'impression qu'un piège était en train de se refermer sur lui, un piège auquel il ne pourrait pas échapper.
Sauvez-moi, songea-t-il.
Papa, mamans, grands-pères, grand-mère, tout le monde, sauvez-moi, je vous en supplie.
Le sourire de Peter Pan se fit carnassier.
- Tu es celui qui possède le cœur du plus pur des croyants.
- Je le sais, tu me l'as déjà dit. Je ne sais toujours pas ce que c'est censé vouloir dire.
- Cela signifie que ton cœur est la seule et unique chose en ce monde qui puisse me permettre de vivre à jamais. Et si je veux vivre éternellement, alors je dois te le prendre. Et je le ferai.»
Henry avait toujours su dans le fond qu'il ne voudrait jamais réellement savoir pourquoi Peter Pan avait passé tellement de temps à le chercher.
Il réalisa à ce moment précis à quel point c'était vrai et l'horreur l'envahit.
Alors c'était pour ça qu'il avait fait tout ça?
Pour l'immortalité?
Pour cela qu'il avait abandonné son propre fils, enlevé son petit-fils, puis son arrière-petit-fils ainsi que des centaines d'enfants innocents arrachés à leurs familles, à leur monde?
Il se figea, effaré et rempli d'horreur et de peur.
Il ne voulait pas mourir.
Il ne voulait définitivement pas mourir.
§§§§
Ils ne pouvaient pas entrer.
Face au rocher du crâne qui les narguait en leur interdisant le passage, Emma faillit se mettre à hurler.
Voilà qu'un nouvel obstacle se mettait sur leur route, un de plus et…
«Je peux passer, leur révéla alors Rumplestiltskin et la Sauveuse écarquilla les yeux de surprise, stupéfaite.
- Quoi?
- Je n'ai plus d'ombre, contrairement à vous, je suis donc le seul à pouvoir passer. J'imagine que mon père préfère une confrontation en face à face, ajouta-t-il avec un air sombre.
La blonde soupira, tentant malgré tout de franchir le passage grâce à la magie, de même que Regina et le Ténébreux, avant qu'ils ne finissent par abandonner.
- Très bien, dit-elle à regret, je vous la confie, fit-elle en lui tendant la boite de Pandore, faites en bon usage.
- Sois prudent papa, lui intima Neal, et l'immortel hocha la tête.
- Je te le promets.
- Et Gold? Rajouta la princesse, la main encore sur la boite, juste avant de la lui donner pour de bon. Ne faites pas tout foirer.
Le crocodile sourit, amusé mais malgré tout sérieux.
- Ne vous en faites pas très chère, je n'en ai nullement l'intention.»
Puis il pénétra à l'intérieur du rocher du crâne, et son fils ainsi que les deux sorcières prièrent tous les dieux qu'ils connaissaient pour qu'il n'échoue pas.
A suivre…
Notes:
Titre du 17/04/2025 : En route vers [nom d'un lieu]
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
24 décembre 1977 – Michael Raymond-James
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Liste 112 :
1 Se passe la nuit
2 Il y a une adelphie présente
3 Une blessure grave
4 Un personnage féminin dit "Tu arrives trop tard"
Quatre aspects de… Andy (P ): Burt McKlin : Écrire sur un agent du FBI ou sur quelqu'un connu sous un pseudonyme
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 137: Le point de non-retour.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Il n'aurait pas dû avoir peur.
Il n'aurait plus dû avoir peur de quoi que ce soit ou de qui ce soit depuis le temps, il était le Ténébreux désormais, un sorcier immortel et presque invincible, il n'était plus le tisserand lâche, apeuré et effrayé qui avait fui la guerre et avait mutilé sa propre jambe parce qu'il ne voulait pas mourir.
Il n'était plus non plus le petit garçon qui voulait désespérément l'amour de son père, qui avait tout fait pour lui obtenir ce qu'il voulait et qui en retour avait été abandonné sans un seul regard en arrière, comme s'il n'avait pas la moindre importance.
Pourtant, face à celui qui n'était plus vraiment Malcolm depuis longtemps, il avait l'impression de l'être redevenu, de n'avoir en réalité jamais vraiment cessé de l'être.
Il avait tout pour gagner pourtant, du moins il tenta de s'en persuader.
Il avait sa magie, une expérience de plusieurs siècles, et il avait la boite de Pandore avec lui, ainsi que l'encre de seiche que Regina et Neal avaient réussi à récupérer et qui lui avait été confiée avant qu'il n'entre, il suffisait juste qu'il ait l'occasion de s'en servir, de l'immobiliser.
Ce serait suffisant.
Il fallait que ça le soit.
Pourtant, malgré ça, la peur l'envahissait peu à peu à chaque pas qu'il faisait, l'angoisse lui dévorait les entrailles, et une part de lui voulait fuir.
Parce que tellement de choses étaient en jeu.
Parce qu'aujourd'hui, enfin, ce que son père avait commencé des siècles plus tôt en devenant Peter Pan allait s'achever.
Parce que s'il perdait, alors ils étaient perdus, tout serait terminé, et son père aurait gagné contre lui, une fois de plus.
Parce que Henry était l'enfant de la prophétie, le garçon qui devait causer sa perte, d'une manière ou d'une autre, parce que les ombres et les voix autour de lui, celles des anciens Ténébreux, lui chuchotaient de tuer son petit-fils ou de laisser son père gagner.
Il avait peur de perdre, peur de rompre sa promesse, d'être incapable de la tenir, comme autrefois, avec Baelfire, avant qu'il ne lâche sa main et ne le laisse tomber dans ce portail.
Mais il ne pouvait pas le faire.
Il n'en avait tout simplement pas le droit.
§§§§
Ce n'était pas normal.
Alors qu'il voyait son grand-père apparaître devant lui, alors même que Peter Pan lui avait assuré qu'il avait fait en sorte de s'assurer que personne ne pourrait entrer, Henry eut un très mauvais pressentiment.
Il songea tout d'abord que, peut-être, le Ténébreux avait réussi à déjouer ce sortilège et avait été le seul assez puissant pour le faire, avant de lire sur le visage de l'autre sorcier qu'il ne semblait aucunement surpris par sa venue.
«Ainsi donc tu es venu pour m'affronter, malgré la prophétie qui plane sur toi. Je suis impressionné, je l'avoue.
Henry fronça les sourcils, confus.
Quelle prophétie?
Et, en entendant cela, en réalisant que Pan avait prévu la possibilité que son fils vienne se battre contre lui, Henry sut.
C'était un piège.
Rumplestiltskin haussa les épaules.
- Il s'agit de mon petit-fils. Il se trouve que contrairement à toi, je tiens à ma famille.
Peter Pan continua de sourire, imperturbable, et le petit garçon n'arriva même pas à être surpris.
Quelqu'un qui était prêt à sacrifier sa chair et son sang sans la moindre hésitation n'était pas du genre à avoir des états d'âmes.
- Oui, tu y tiens tellement que tu as abandonné ton propre fils, le railla alors Peter Pan.
- En cela je n'ai fait que suivre ton exemple, lui renvoya son fils au visage, et ne me compare pas à toi. Tu as passé un marché avec une ombre et tu m'as abandonné, tu as fait un choix. J'ai fait une erreur. La plus grande erreur de toute ma vie. Henry est-ce que tu vas bien? Finit-il par demander à son petit-fils en se tournant vers lui.
Henry hocha la tête, la gorge trop nouée pour parler et le Ténébreux lui sourit, tentant de se montrer rassurant malgré la situation.
- Ne t'en fais pas, ça va aller. Je vais tout arranger, tu verras, tout va bien se passer.
- Tu as fait la même promesse à ton fils autrefois, lui rappela son adversaire. Si je me souviens bien, ça ne s'est pas vraiment très bien terminé.
Monsieur Gold le fusilla du regard.
- C'était il y a longtemps. Je suis différent désormais, j'ai changé. Contrairement à toi.
Le sourire de Peter Pan s'agrandit, comme s'il était en train de s'amuser et non pas à deux doigts de potentiellement perdre ce qu'il avait tenté d'obtenir depuis une éternité, comme si ce n'était qu'un jeu pour lui, ce qui était définitivement le cas.
Oh comme Henry le haïssait.
- Peut-être, oui. Mais je suis curieux, penses-tu réellement que ce sera suffisant pour te permettre de me vaincre? Tu ne peux pas me tuer je te rappelle.
- C'est vrai, approuva l'autre sorcier avec un sourire confiant, je ne peux pas. Mais je peux t'enfermer, affirma-t-il, il serra la fiole d'encre de seiche, puis s'apprêta à faire de même avec l'objet dans son autre main, avant que celle-ci ne se referme sur du vide, en…
Il se figea, stupéfait, en réalisant à sa grande stupeur que la boite de Pandore n'était plus dans sa main mais dans celle de son père.
Il blêmit.
Et Henry Mills, pour probablement la toute première fois de sa vie, put voir une expression de pure terreur se dessiner sur le visage de son grand-père.
- Oups, se contenta de dire Peter Pan d'un air faussement innocent avant d'ouvrir la boite de Pandore et d'y enfermer son fils.»
Sans que ce dernier ne puisse rien y faire ou n'ait la possibilité de résister ou de se défendre, sans qu'il ne reprenne l'avantage en ayant le temps de l'asperger d'encre, juste… comme ça.
Comme s'il n'était pas l'un des sorciers les plus puissants au monde, comme s'il n'avait pas passé plusieurs siècles à terroriser une grande partie de la Forêt Enchantée, comme s'il n'était pas responsable du Sort noir et de tant d'autres choses.
Comme s'il n'était rien.
Maintenant il avait perdu, il avait échoué, se retrouvait enfermé dans une boite et Henry ne pouvait rien faire.
Il n'arriva même pas à hurler, horrifié de constater à quel point ça avait été facile pour Peter Pan, et si même le Ténébreux avait échoué à avoir le dessus sur lui, alors comment est-ce que qui ce soit, aussi puissant soit-il ou soit-elle, aurait réussi à le faire sans que la moindre tentative ne tourne au désastre?
Comment est-ce qu'une seule de ses mères, ou les deux, aurait pu gagner contre un monstre pareil?
Henry sentit le désespoir l'envahir, parce que son grand-père avait été vaincu, parce qu'il était seul et que personne ne viendrait, et parce qu'il allait mourir.
Peter Pan allait gagner, et cette fois, il n'y aurait pas de fin heureuse pour lui et sa famille.
§§§§
Emma Swan n'avait jamais été de nature très patiente.
Il ne s'était écoulé que quelques minutes depuis que Rumplestiltskin était parti affronter son père, et pourtant, elle tournait déjà en rond, fulminant intérieurement à l'idée de ne rien pouvoir faire, d'être complètement impuissante.
Elle avait le sentiment d'être revenue à la case départ, au tout début, quand Henry était porté disparu, qu'elle ignorait où il était et qu'elle ne croyait toujours pas à la malédiction, à la magie et aux contes de fées.
Mais au moins à ce moment-là, il était tout à fait normal pour elle d'être perdue, confuse, désorientée.
Cette fois, les choses étaient différentes.
Cette fois, elle était censée pouvoir faire la différence, et pourtant, elle était laissée de côté, une fois de plus.
Elle faisait (modérément) confiance à Rumplestiltskin, elle comptait sur lui pour réussir et pourtant…
Il y avait cette histoire de prophétie, le fait qu'Henry était supposé causer sa perte, et à cause de ça, elle ne pouvait qu'angoisser, douter, se poser des questions.
Est-ce que le destin était impossible à changer, est-ce que cette prophétie allait réellement advenir, est-ce que ça signifiait que l'immortel était condamné à perdre, à échouer, quels que soient ses efforts pour l'emporter?
«Je n'aime pas ça, marmonna-t-elle en continuant de faire les cent pas tandis que Neal et Regina se contentaient de la regarder faire.
- Moi non plus, confirma son ex petit-ami, l'air sombre, mais je ne vois honnêtement pas trop ce qu'on pourrait faire contre ça.
- Hé bien quelque chose, n'importe quoi! Tempêta la blonde, frustrée et en colère. Autre chose que simplement attendre en ayant les bras croisés et en se tournant les pouces en priant pour que tout se passe bien !
Regina soupira, bien consciente que ce n'était pas contre eux mais contre la situation qu'elle était en colère.
- Écoute… tu as peur, tu es énervée, et je comprends, c'est également mon cas mais Neal a raison… concrètement on ne peut rien faire pour l'instant. Rumplestiltskin a essayé de défaire le sortilège de son père, tout comme nous deux et à nous trois nous avons échoué alors on ne peut pas vraiment faire plus pour tenter d'entrer. Et contrairement à lui, je ne sais pas comment faire pour faire disparaître mon ombre par magie, et je doute qu'un couteau fasse l'affaire, ironisa la brune.
Emma se figea quelques secondes plus tard avant de se tourner vers sa petite-amie et de lui envoyer un sourire lumineux.
- Mais on peut essayer de faire comme si c'était le cas.
Regina cligna des yeux, surprise.
- Quoi?
- On ne peut pas enlever nos ombres, mais… on peut les rendre invisibles. Il suffit de faire disparaître la lumière! De cacher la lune.
La sorcière la regarda avec un air stupéfait, se demandant comment aucun d'eux avait pu ne pas y penser plus tôt.
Puis elle hocha la tête, avant de se lever. À côté d'elle, Neal fit de même.
- Oui ça pourrait marcher. Et être suffisant pour qu'on rentre à l'intérieur.
- J'avoue que je serais rassuré si je savais que mon père n'est pas seul contre Peter Pan, approuva Neal.
Le sourire d'Emma se fit éclatant et plein d'espoir.
- On va y arriver, leur affirma-t-elle avec détermination. On va sauver Henry.»
L'ancienne reine aurait aimé être aussi optimiste qu'elle.
§§§§
Henry avait de plus en plus de mal à respirer.
Devant lui, Peter Pan, amusé, sûr de lui, animé de la certitude de celui qui a déjà gagné, semblait vouloir continuer de prendre son temps et jouait avec la boite de Pandore, la faisant passer d'une main à l'autre, comme si ce n'était qu'un objet sans importance et pas un artefact magique.
Comme s'il n'y avait pas enfermé son propre fils dedans quelques instants plus tôt.
Et le petit garçon sentit un autre type de peur l'envahir, se demandant ce qu'il se passerait si la boite tombait à terre, était brisée, si quelqu'un la cassait, volontairement ou non, qu'arriverait-il au Ténébreux au juste?
Est-ce qu'il mourrait, disparaîtrait à jamais dans le néant sans jamais pouvoir être retrouvé, est-ce qu'il était même physiquement ou magiquement possible de la détruire?
«Je le pensais plus intelligent que ça pourtant, pas toi? Lui lança le sorcier, l'air très satisfait de lui-même.
Il ne pouvait pas fuir, courir n'aurait servi à rien, même s'il avait pu trouver une échappatoire loin du rocher du crâne, son arrière-grand-père pouvait voler de toute façon, et se téléporter, et il y a l'ombre aussi, les enfants perdus, et personne ne viendrait le sauver après ce qu'il s'était passé.
- Henry!
Les voix de ses deux mères et de son père le démentirent quelques secondes plus tard.
Un air surpris apparut sur le visage de Peter Pan, qui cessa de jouer avec la boite de Pandore, portant toute son attention sur les deux sorcières et son petit-fils avant de sourire, quasiment imperturbable.
- Oh. Voilà qui est ma foi fort inattendu. Et très intéressant.
Ça ne changeait sans doute rien, rien du tout, a priori.
Mais…
Mais Henry se souvenait que ses mères avaient dépassé leurs différends pour le retrouver, la première fois, quand il s'était rendu dans la Forêt Enchantée, qu'elles avaient ouvert un portail pour lui, qu'elles avaient déplacé des montagnes.
Et Henry se rappelait que son père avait tout fait, y compris pour collaborer avec un homme qu'il détestait, afin de lui permettre de rentrer à la maison.
Il se souvint que sa famille l'aimait, que l'amour était la magie la plus puissante en ce monde et que peut-être, peut-être, ce serait suffisant.
Les trois parents d'Henry se figèrent en constatant que Rumplestiltskin n'était pas là et que c'était Peter Pan qui avait la boite de Pandore en sa possession et qu'au bout du compte, les choses avaient tourné bien plus mal que prévu.
- Éloigne toi de mon fils! Hurla Emma, d'une voix emplie de rage, tandis que Regina préparait déjà ses sortilèges, de même que la blonde et que tous les trois essayaient de se rapprocher d'Henry.
Peter Pan, pour toute réponse, éclata de rire.
- Henry, dit-il à son arrière-petit-fils en se tournant vers lui, la main droite posée sur son bras pour l'empêcher de ne serait-ce que songer à fuir, j'aurais un marché à te proposer. Ton cœur en échange de leurs vies. Donne le moi, volontairement, et je te promets de les épargner.»
Henry vit alors sa main commencer à briller et il ne comprit pas tout de suite ce qu'il lui arrivait, avant de réaliser l'évidence.
Elle était enchantée, capable d'arracher les cœurs, son propre cœur, et la simple idée lui donna la nausée.
Non loin, Emma, Neal et Regina hurlèrent, refusant à corps et à cris qu'il accepte de faire une chose pareille, tentant d'attaquer leur ennemi, qui les repoussa facilement, sans le moindre effort, et Henry les entendit à peine.
Peter Pan était un menteur.
Peter Pan était un manipulateur, quelqu'un qui n'avait aucune parole et qui ne tenait jamais ses promesses et le jeune garçon le savait très bien.
Sauf que les dés étaient pipés dans ce jeu déjà perdu d'avance, sauf que Peter Pan aurait pu les tuer d'un geste et qu'il ne l'avait pas encore fait, sauf qu'il était tout à fait capable de lui arracher le cœur sans lui donner ce choix qui n'en était pas un dans le fond.
Sauf que puisqu'il allait de toute façon mourir quoi qu'il fasse, s'il voulait que sa famille ait une chance de vivre, il n'avait pas vraiment le choix.
Il allait devoir se sacrifier, et espérer que pour cette fois, Peter Pan allait tenir sa promesse, espérer que son geste sauverait tout le monde.
C'était bien ce qu'un héros était supposé faire, non?
«C'est d'accord, finit-il par dire, parce qu'il ne pouvait pas faire autrement, et Peter Pan lui sourit.
- Très bon choix.
- Je suis désolé, lança-t-il à ses parents.
Désolé que vous ayez fait tout cela pour rien et que ça n'ait pas marché.
- Non! Henry, ne fais pas ça!»
Il ne les écouta pas, se contentant de plonger sa main dans sa poitrine pour ensuite en extraire son cœur qu'il plaça dans la poitrine de l'immortel, avant de s'effondrer.
Peter Pan sourit une fois de plus, satisfait, et s'envola.
Tandis que les cris désespérés d'une Sauveuse, d'une ancienne méchante reine et d'un ancien garçon perdu déchiraient l'air.
A suivre…
Notes:
Titre du 08/04/2025 : Le point de non-retour
Bélier : Rumple (OUAT)
14 avril 1961 – Robert Carlyle
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Objet magique 10 : Boîte de Pandore
Prénom 72 : Henry
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Quatre aspects de… Zia (Les cités d'or): Captive : Écrire sur quelqu'un arraché à sa famille ou sur une évasion
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, objets magiques, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 138: Un nouvel objectif.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Tout prenait tellement sens désormais, songea Regina, à deux doigts de suffoquer d'horreur.
Henry avait été enlevé par Peter Pan parce que ce dernier avait besoin de son cœur.
Le cœur du plus pur des croyants.
Regina ne savait toujours pas ce que c'était censé vouloir dire, ce que ça impliquait et dans le fond, elle s'en moquait bien.
Qu'importe puisque la conclusion était la même, que son fils n'avait plus de cœur et était en train de mourir.
Non en fait c'était même pire que ça.
Henry était mort.
Depuis seulement quelques secondes, mais c'était arrivé, et aucune magie en ce monde ne pourrait le ramener à la vie, elle l'avait appris à ses dépends, et comme le disait si bien Rumplestiltskin, quand c'est mort c'est mort.
Tournant la tête, elle aperçut Emma qui, folle de rage, lançait tous les objets qui se trouvaient à sa proximité sur l'immortel, peu importe à quel point ça pouvait sembler vain ou futile et elle faillit lui dire d'arrêter.
Il était déjà surpuissant avant de voler le cœur de leur fils, il devait l'être encore plus désormais, invincible à n'en pas douter.
Tout était perdu, elles ne pouvaient rien faire et…
Puis Emma parvint à blesser leur ennemi, même superficiellement, et Regina songea qu'au bout du compte, ils avaient peut-être encore une chance et elle regarda son fils.
Après tout, Henry n'avait pas eu le cœur écrasé, pas comme lorsqu'elle-même, Rumplestiltskin ou Cora tuaient leurs ennemis autrefois, son cœur battait toujours, seulement il n'était pas dans la bonne poitrine.
S'ils arrivaient à gagner assez de temps…
Jetant un sortilège sur le corps d'Henry pour le préserver le temps qu'ils récupèrent son cœur, comme elle l'avait fait des décennies plus tôt avec Daniel (ce serait différent cette fois, elle se le jurait, elle n'échouerait pas une fois de plus, elle ne perdrait pas encore quelqu'un qu'elle aimait), elle les téléporta tous les quatre hors du rocher du crâne.
Quand ils atterrirent au milieu des autres et que leurs alliés les virent, et aperçurent Henry, inconscient, un silence de mort s'installa aussitôt.
Ce n'était pas exactement les retrouvailles auxquelles ils s'attendaient…
§§§§
«Qu'est-ce qu'il s'est passé? Osa finalement demander August.
Henry ne respirait plus, Rumplestiltskin n'était pas là et la boite de Pandore non plus, et ils n'auraient pas su dire où était Peter Pan mais il était évident que rien ne s'était passé comme prévu.
- Peter Pan a réussi à enfermer Rumplestiltskin dans la boite de Pandore, parvint à dire Regina d'une voix vibrante de rage tandis que non loin, Neal et Emma étaient trop secoués pour être capables de parler, se contentant de regarder le corps inerte de leur fils comme si ça allait changer quoi que ce soit, comme s'il allait d'un seul coup se lever et parler malgré son absence de cœur, de vie. Puis il s'est emparé du cœur d'Henry et il… il l'a placé dans sa propre poitrine avant de s'enfuir. J'ignore où il est parti.
David blêmit.
- Alors, dit-il d'une voix hésitante, est-ce que ça veut dire que… que Henry est…
- Non, lança Regina d'une voix cinglante, que ce soit par déni ou par conviction, il n'est pas mort. Pas vraiment, pas… pas encore.
- Il n'a plus de cœur majesté, se risqua à intervenir Killian, en règle général c'est le début de la fin.
La brune secoua la tête.
- J'ai utilisé la magie pour que son corps… pour qu'on ait encore une chance de le sauver, de le ramener parmi nous, tout ce qu'on doit faire c'est retrouver Peter Pan et lui reprendre son cœur.
Oui, seulement ça, faillit laisser échapper Graham, avant de se décider à se taire.
Les choses étaient déjà assez catastrophiques comme ça, il n'avait pas besoin d'en rajouter.
- Qu'est-ce qu'on fait dans ce cas? Demanda Blanche-Neige, posant la question qui trottait dans la tête de tout le monde mais que personne n'osait prononcer à voix haute.
Une lueur de rage et de détermination s'alluma dans les yeux de Regina qui se leva et se précipita sur les enfants perdus.
- Où est-il? Où est-ce que Peter Pan s'est rendu, où a-t-il le plus de chances de se trouver? Dites-le moi ou je vous jure que je vous arrache le cœur et que je vous force à me le dire! Hurla-t-elle.
- Regina!
La voix d'Emma résonna, sévère et affirmée, tandis que la blonde se rapprochait d'elle pour poser sa main sur son épaule.
Ce ne serait sans doute pas suffisant pour que la sorcière se calme, mais elle devait au moins essayer et quand la brune lui envoya un regard empli de désespoir, la Sauveuse réalisa alors à quel point elle était à deux doigts de s'écrouler.
Comme eux tous finalement, ce qui venait d'arriver à Henry n'était qu'un coup dur de plus parmi d'autres, parmi tous ceux qu'ils avaient déjà affrontés ces dernières semaines.
Il ne tenait qu'à eux de s'assurer qu'il ne devienne pas fatal.
- Savez-vous où il se trouve? Les interrogea Emma d'une voix plus mesurée.
Les garçons se regardèrent, clairement inquiets, ce qui venait d'arriver, leur défaite récente, ne les incitait clairement pas à parler et la princesse eut du mal à ne pas soupirer de frustration.
- On pourra vous protéger, leur assura-t-elle, avant de repenser au fiasco survenu seulement quelques minutes plus tôt et de se demander qui au juste elle essayait véritablement de convaincre.
Elle-même, ou les garçons perdus?
Une voix hésitante s'éleva dans l'air.
- Mais… mais Peter Pan a déjà gagné, non? Il a eu ce qu'il voulait et maintenant il est surpuissant.
- Pas complètement, intervint Regina, Emma l'a blessé et je pense que… qu'on a encore du temps avant qu'il ne soit trop tard, que ce soit pour le vaincre ou pour… pour ramener Henry. Mais ce ne sera possible que si nous savons où il est alors s'il vous plaît. Je vous supplie. Dites-moi comment je peux sauver mon petit garçon.
- Vous êtes sûre que vous pourrez nous protéger de lui? De Peter Pan? Que vous réussirez à le battre cette fois?
- J'en suis certaine, affirma Regina, je ferai tout ce qu'il faut pour ça, j'ai été la méchante reine. Je le détruirai, quel que soit le prix à payer.
Les enfants perdus se regardèrent.
Ils l'avaient vue à l'œuvre, sur l'île, ils l'avaient vue se battre, elle et les autres, ils avaient survécu jusque-là, plus longtemps qu'ils ne s'y seraient attendu, et puis…
Et puis s'ils ne tentaient pas de fuir leur triste destin maintenant, quand auraient-ils jamais l'occasion de le faire à nouveau dans le futur?
- Vous pourrez venir à Storybrooke avec nous si nous réussissons, et que vous le voulez, leur proposa Blanche-Neige. On… on fera en sorte de vous trouver une famille, à Storybrooke, dans le monde sans magie, dans la Forêt Enchantée ou dans un autre monde, ou essayer de retrouver les vôtres, votre foyer si vous en aviez un et qu'ils sont toujours là, quelque part.
- L'arbre de la réflexion, déclara alors un des garçons perdus. C'est là-bas que Peter Pan est allé.
Emma ne lui demanda pas comment il le savait, ça n'avait pas la moindre importance.
Tout ce qui comptait c'était qu'ils avaient droit à une seconde chance et qu'elle n'avait pas l'intention de la gâcher.
- Regina? Combien de temps on a avant qu'Henry… avant qu'il ne soit trop tard?
- Une heure, estima l'ancienne souveraine.»
Une heure.
Une heure pour tout arranger.
Ou au contraire, perdre pour toujours ce qui leur était le plus cher et ne plus jamais pouvoir rentrer à la maison.
La réussite ou la mort.
Il n'y avait pas d'autre option possible.
§§§§
«Vous êtes extrêmement tenaces et déterminées, je dois bien le reconnaître.
À la grande surprise de Blanche-Neige, Emma et Regina, le maître de l'île ne fut aucunement difficile à trouver, comme s'il les attendait.
Parce qu'évidemment, c'était le cas, supposèrent-elles, parce que même s'il ne pouvait pas tout prévoir à l'avance non plus, il avait conscience qu'elles n'abandonneraient pas sans combattre, qu'elles feraient tout pour sauver Henry de son destin funeste.
Cette confrontation, il s'y attendait, il l'avait préparée, sans doute, parce qu'il avait la certitude d'avoir déjà gagné et parce que tout cela n'était qu'un jeu pour lui.
Emma se souvint de ce qu'elle avait ressenti le soir où un petit garçon qu'elle ne connaissait pas lui avait dit qu'elle était sa mère, elle se remémora tous les instants passés avec lui, elle pensa à cette vie qu'elle avait passé des mois à bâtir à Storybrooke et que l'immortel s'apprêtait à réduire en miettes sans la moindre pitié et elle sentit la rage et la haine l'envahir.
- J'ai passé les vingt-huit premières années de ma vie à être presque toujours seule. Si vous pensez que vous allez réussir à m'enlever mon fils, celui qui m'a permis de rentrer à la maison quand je pensais n'avoir personne, alors vous ne me connaissez pas.
Et, suivie par sa mère et par Regina, elle se dirigea vers lui, bien décidée à trouver une manière de le faire payer, même si elle n'était pas aussi puissante qu'elle l'aurait voulue, même si elle ne pouvait de toute évidence pas le vaincre puisque même Rumplestiltskin n'y était pas parvenu.
Mais le Ténébreux s'était fait piéger, lui.
Elle ne commettrait pas la même erreur, ou du moins, c'était ce qui était prévu.
Mais depuis le début de leur expédition au Pays Imaginaire, rien ne s'était véritablement passé comme ils l'avaient prévu.
Alors, quand les lianes commencèrent à s'enrouler autour d'elles, les emprisonnant, sans qu'elles ne puissent rien faire pour y échapper, la mère d'Henry comprit qu'elle aurait dû se méfier en voyant qu'il ne s'enfuyait pas et qu'il était resté au sol au lieu de s'envoler comme il aurait pu le faire.
- Qu'est-ce… laissa échapper Blanche-Neige, confuse et perdue.
Les trois jeunes femmes se débattirent, tentant de s'extirper de leurs liens, sans succès.
Peter Pan leur sourit, de ce même sourire insupportable qui leur donnaient envie de lui déchirer le visage de part en part pour qu'il disparaisse pour toujours.
Regina fit apparaître des boules de feu pour détruire les lianes, et fronça les sourcils en réalisant que ça ne changeait rien.
Ce n'était pas normal.
- Le plus drôle dans tout ça, à mon avis, fanfaronna le jeune homme, c'est qu'en un sens, vous vous l'infligez à vous-même cette punition. Je n'ai rien fait du tout.
Rien à part nous attirer dans un piège, faillit lui rétorquer l'ancienne mairesse de Storybrooke.
- Est-ce que pour une fois, dit-elle à la place d'une voix chargée d'exaspération, vous pourriez parler autrement qu'en énigmes?
- L'arbre se sert de vos regrets contre vous, consentit-il finalement à leur expliquer, plus vous avez de regrets, plus vos liens se resserreront. Bonne chance pour réussir à vous échapper.»
Une vague de désespoir submergea Blanche-Neige au point où elle craignit de s'y noyer complètement.
Elles avaient moins d'une heure avant qu'Henry ne soit perdu à jamais, avant que Peter Pan n'ait accompli le but qu'il poursuivait depuis des siècles et elles n'allaient peut-être même pas réussir à l'arrêter parce qu'elles avaient des regrets.
Oh que oui, des regrets elles en avaient…
Blanche-Neige la première.
Ne pas avoir tué Regina quand elle en avait encore l'occasion, épargnant ainsi un sort terrible à son royaume, à sa famille et à elle-même.
Avoir parlé à Cora du secret que Regina lui avait pourtant fait promettre de taire.
Ne pas avoir pu entrer dans l'armoire magique avec sa fille, ne pas avoir pu l'élever durant toutes ces années, savoir qu'elle avait vécu seule pendant si longtemps, croyant que personne ne l'aimait, qu'elle était une orpheline et qu'elle ne valait rien.
N'être pas parvenue à voir venir ce qui leur était tombé dessus, n'avoir pas empêché l'enlèvement d'Henry.
Et Emma…
Oh, elle avait des regrets, cela l'archère le voyait bien rien qu'à la regarder.
Avoir abandonné Henry, ne pas l'avoir cru dès le début quand il parlait de la malédiction, ne pas l'avoir empêché d'entrer dans la mine, ne pas avoir empêché Jean et Michel de le kidnapper.
Oui, il y avait tellement de choses qu'elles regrettaient toutes les deux qu'il aurait été difficiles de toutes les compter.
Et si elles n'y faisaient pas attention, ces mêmes regrets allaient finir par les étouffer.
§§§§
Si Neal essayait de se persuader lui-même d'y croire, peut-être qu'il finirait par vraiment avoir l'impression qu'Henry était en train de dormir au lieu d'être aux portes de la mort.
Il aurait aimé que ce soit le cas, qu'il ne soit pas à deux doigts de perdre son enfant, le fils qu'il venait à peine de retrouver, celui qu'il avait échoué à sauver, et maintenant son père avait disparu lui aussi et il ne pouvait rien faire.
Alors qu'il continuait de serrer la main de l'enfant dans la sienne, priant pour un miracle qui n'aurait jamais lieu, il vit Crochet s'asseoir à côté de lui.
Celui-ci ne dit rien, et le regarda avec ce qui était clairement de l'inquiétude, et l'ancien enfant perdu songea qu'il était tout de même cruel que pour que leur relation reparte dans une bonne direction il ait fallu qu'ils traversent l'enfer sur cette île maudite.
Il aurait tellement aimé que les choses se passent différemment.
Je suis tellement terrifié, tu n'imagines même pas à quel point, faillit-il dire, avant de se raviser.
S'il voulait protéger son cœur déjà suffisamment abîmé, il valait mieux pour lui ne pas se rapprocher trop du pirate, pirate qui, de toute façon, allait partir sans aucun regrets de Storybrooke, puisqu'il avait en théorie renoncé à sa vengeance (Neal ne savait toujours pas s'il devait vraiment y croire. Pas après tout ce qu'il s'était passé.), plus rien ne le retenait là.
«Je n'aurais jamais cru que l'histoire se répéterait comme ça.»
Crochet lui lança un regard confus, avant de soudainement comprendre.
Henry s'était fait arracher le cœur, tout comme Milah autrefois, des siècles plus tôt, et le pirate comme Baelfire espéraient que l'issue serait différente cette fois.
Et Killian ne trouva rien à dire, sans doute parce qu'il n'y avait rien qui puisse prononcé qui ait la capacité d'améliorer les choses d'une quelconque façon, alors il se tut et se contenta de rester à ses côtés pour attendre qu'enfin la situation évolue dans le bon sens.
Jamais une attente n'avait semblé aussi difficile à supporter.
§§§§
Regina avait elle aussi des regrets, évidemment, comme tout le monde.
Le regret de ne pas avoir tué Blanche-Neige ou au contraire maintenant, le regret d'avoir lancé cette vengeance contre elle qui avait causé tellement de souffrances à tant de gens, le regret d'avoir échoué à sauver son fils de Peter Pan, tellement de regrets…
Et pourtant…
Pourtant.
Malgré ses regrets, ses remords, elle…
Elle était heureuse, elle l'était avant que toute cette histoire ne commence, ce qu'elle avait fait en tant que méchante reine ne pouvait pas être effacé, mais elle avait réparé ce qui pouvait l'être, elle avançait, toujours haïe, mais bien moins crainte qu'avant et Henry n'était plus le seul à croire qu'elle pouvait changer.
Elle avait des regrets, mais moins qu'elle ne l'aurait cru, et malgré les regrets, sa vie actuelle lui convenait.
«Je n'ai pas de regrets, lança-t-elle d'une voix affirmée, ou plutôt je ne regrette pas d'être là où j'en suis désormais, même si je regrette bien des choses que j'ai commises par le passé, mais je… J'aime celle que je suis, j'aime le fait d'avoir droit à une seconde chance, j'aime avoir l'opportunité de devenir une meilleure personne, j'aime être devenue la mère d'Henry et…
J'aime Emma, pensa-t-elle, sans oser le dire, parce que Blanche-Neige était là et qu'elle n'aurait définitivement pas apprécié de l'entendre dire une chose pareille, parce que même si leur relation était plus apaisée, une part d'elle la haïrait toujours, ne la pardonnerait jamais.
- Et Emma, je… je suis heureuse d'avoir trouvé mon chemin vers toi et ce malgré tout ce que je t'ai fait, alors merci de… de m'avoir acceptée dans ta vie et de m'y avoir fait une place.»
Le visage de Blanche exprima alors une totale confusion en entendant cela, avant que la compréhension ne l'atteigne peu après.
Elle avait eu raison alors.
Il y avait bien quelque chose entre Regina et sa fille.
Elle n'eut guère le temps d'y réfléchir, Regina parvenant quelques secondes plus tard à enfin se libérer de ses liens et avant que Peter Pan ait eu le temps de fuir, elle plongea sa main dans sa poitrine et lui arracha le cœur qui n'aurait jamais dû s'y trouver.
Quand l'immortel s'écroula et perdit connaissance juste après, Regina se sentit respirer véritablement pour la première fois depuis qu'Henry avait choisi de se sacrifier pour qu'ils aient la vie sauve.
Après avoir récupéré la boite de Pandore, elle aida son ancienne belle-fille et Emma à se libérer de leurs liens et se téléporta avec elles loin de l'immortel et de cet endroit où elles avaient failli perdre, une fois de plus.
Ne perdant plus une seconde, elle se rapprocha de son fils, dont les autres s'écartèrent dès qu'ils la virent arriver, et elle remit son cœur flamboyant comme un soleil à l'endroit qu'il n'aurait jamais dû quitter.
Quelques secondes s'écoulèrent, interminables, puis le souffle du petit garçon se fit entendre alors qu'il respirait à nouveau, avant qu'il n'ouvre les yeux.
«Maman? Fit-il, incrédule, comme s'il n'arrivait pas à croire que ça puisse être réel, qu'ils avaient réussi à le ramener, malgré Peter Pan, les dangers, les obstacles, malgré la mort elle-même.
Regina rit, soulagée comme elle ne l'avait pas été depuis bien longtemps.
- Oui mon chéri, je suis là, souffla-t-elle avant de le serrer dans ses bras, incapable de parler ou d'ajouter quoi que ce soit. »
Il était là, il avait été sauvé, Peter Pan était vaincu et Henry était vivant, parmi eux.
Enfin.
A suivre…
Notes:
Titre du 31/12/2024 : Un nouvel objectif
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Défis sauvetages 115 : Henry Mills (OUAT)
Quatre aspects de… Tara Duncan : Magister : Écrire un combat entre deux ennemis ou sur un enfant qui frôle la mort
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, défis sauvetages, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 139: Après l'enfer.
Notes:
Je reviens d'un week-end avec des potes c'était trop bien je suis trop contente.
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
En repensant à ce que Peter Pan affirmait avec tant de certitude et d'arrogance, Emma Swan fut incapable de réprimer son sourire.
Peter Pan n'échoue jamais, prétendait-il.
Pas cette fois, ni les suivantes, plus jamais, elle se le jurait, ils avaient gagné cette fois, pour de bon, Henry était en vie et ils allaient le ramener à la maison et plus jamais ils n'entendraient parler de cette île ou de son sinistre maître.
Elle le serra dans ses bras à son tour, de même que Neal, ainsi que Blanche-Neige et David.
Face à Jean et Michel, il resta figé quelques secondes, avant de leur sourire.
«Je… je suis heureux que vous ayez retrouvé votre sœur.
- Merci Henry, fit Jean, et… et je t'assure que tous les deux, nous sommes sincèrement désolés.
L'enfant enlaça également le chasseur et August, et salua Clochette et Crochet.
- Je ne sais pas exactement pourquoi vous êtes là, déclara-t-il au pirate, mais merci d'être venu me sauver.
Killian faillit ricaner en songeant à quel point ses motivations avaient changé au cours de l'expédition, comment il s'était battu pour retrouver sa liberté et pouvoir trouver un moyen de se venger du Ténébreux pour finalement y renoncer et faire cela pour sauver le fils de l'homme dont il était en train de tomber amoureux.
Puis, l'enfant regarda autour d'eux et fronça les sourcils.
- Mais… où est grand-père?
Ce fut à ce moment-là que Regina se rappela qu'elle tenait toujours la boite de Pandore sans l'avoir encore ouverte.
Erreur qu'elle répara quelques secondes plus tard.
Et, quand le sorcier immortel fut libéré, qu'il aperçut la brune en face de lui, de même qu'Henry, Emma et les autres, il sut aussitôt ce qu'il s'était passé.
- Merci d'avoir réussi là où j'ai échoué. Où est Peter Pan?
- Il a perdu connaissance quand Regina lui a repris le cœur d'Henry, lui indiqua Emma avec un air inquiet, mais je doute que ça dure très longtemps et je pense qu'on devrait filer.
- Je suis d'accord, approuva le Ténébreux, et d'un geste, il les téléporta tous sur le Jolly Roger.
- Alors c'est vrai? Demanda un des enfants perdus d'une voix emplie d'espoir. On va… on va vraiment venir avec vous?
Rumplestiltskin haussa un sourcil surpris, n'ayant pas vraiment pris garde à leur présence jusque-là, avant de lancer un regard en direction d'Emma.
- On a passé un marché avec eux, lui indiqua-t-elle, et cela sembla lui suffire, parce qu'il ne demanda pas plus d'explications.
- Je vois. Il est inclus lui aussi?
Il désignait Félix, et Emma le regarda avec confusion.
- Attendez… il était pas mourant lui aux dernières nouvelles? Ou du moins gravement blessé, j'étais là, je l'ai vu.
David soupira.
- Il a bu une des fioles de l'eau de la fontaine pendant qu'on avait le dos tourné, on ne s'en est rendus compte qu'après.
Emma leva les yeux au ciel.
- Peu importe, on… on verra ça plus tard, on a pas vraiment le temps d'y réfléchir et… autant le garder à l'œil. Allons-on y maintenant.
Une étrange lueur apparut alors dans les yeux de monsieur Gold.
- Attendez.
- Attendre quoi? On a retrouvé Henry et il va bien, foutons le camp d'ici et en vitesse.
- Attendez miss Swan, répéta-t-il d'une voix ferme et elle le regarda avec un air perdu.
- Je ne comprends pas.
- Vous comprendrez bientôt.
- Votre père est peut-être affaibli, mais ça ne va pas durer longtemps et il en a après Henry au cas où vous l'auriez oublié, son premier réflexe sera de chercher à le retrouver!
- Justement. J'y compte bien.»
Emma, à cet instant précis, n'était pas vraiment certaine d'avoir envie de comprendre.
§§§§
Peter Pan ne s'était pas senti aussi en colère depuis bien longtemps.
Il était à deux doigts de la réussite, si près de la victoire et voilà que cette fichue méchante reine de pacotille la lui arrachait, et maintenant…
Maintenant il ne jouait plus.
Il allait s'emparer du cœur d'Henry Mills, devenir éternel sans limite de temps et il allait anéantir sa famille et tout ce que le jeune garçon avait jamais aimé et chéri.
Quel que soit le prix à payer, pour lui ou les autres.
§§§§
Henry n'arriva même pas à hurler lorsqu'il vit Peter Pan apparaître devant lui, tétanisé par la peur, tandis que son arrière-grand-père lui souriait.
Il avait pensé que, enfermé dans la cabine du capitaine, il serait en sécurité le temps que sa famille ouvre un portail vers la maison, grâce aux haricots magiques qu'ils avaient apportés avec eux (une fois de plus, Henry bénit l'existence du géant Anton), mais maintenant son pire cauchemar était devant lui, et à nouveau il était impuissant.
Il ne pouvait pas fuir, même s'il essayait, et appeler à l'aide ne changerait sans doute rien, il ne serait jamais assez rapide et par les dieux, est-ce qu'il allait enfin le laisser tranquille un jour?
«Tu pensais réellement pouvoir t'enfuir? Lui lança l'éternel adolescent avec un sourire de moins en moins amusé et de plus en plus énervé.
Oui il l'avait cru et ça avait failli arriver, ils étaient si prêts de gagner et pourtant ils allaient encore échouer, une fois de plus et pourquoi?
Pourquoi fallait-il que l'histoire se répète toujours sans qu'ils ne puissent jamais la changer?
- Tant que je serai en vie, tu ne m'échapperas pas, jamais.»
Henry sentit alors le sorcier s'agripper à lui, à son ombre, tenter de l'arracher, et ça faisait tellement mal, et puis…
Puis la porte s'ouvrit brusquement, Rumplestiltskin apparut, ouvrit la boite de Pandore et cette fois, son père ne put utiliser aucun tour de passe passe pour échapper à son destin.
Du moins c'est ce qui aurait dû se passer.
Non, non, non, songea Henry, horrifié, en réalisant ce qui était en train de lui arriver, tout se produisant trop vite pour qu'il puisse y faire quoi que ce soit, ce n'est pas censé être moi qui…
Le Ténébreux referma la boite de Pandore sans avoir la moindre idée de ce qu'il venait véritablement de faire.
§§§§
«Vous vous êtes servi de mon fils comme appât.
La voix d'Emma, chargée d'une profonde colère, résonna sur le pont du Jolly Roger.
L'air très satisfait de lui-même, il serra la précieuse boite de Pandore dans ses mains et acquiesça.
- Oui, en effet.
Au moins, il ne niait pas.
Elle le foudroya du regard.
- Comment est-ce que vous avez pu mettre sa vie en danger comme ça? Vous ne croyez pas qu'il a déjà assez souffert comme ça? Pourquoi vouloir en rajouter?
Rumple la regarda droit dans les yeux, son calme olympien contrastant avec sa colère grandissante.
- Écoutez-moi Miss Swan… Admettons que les choses se soient déroulées comme vous l'entendiez… croyez-vous réellement que tout cela aurait pu bien finir? Peter Pan n'aurait pas abandonné, il nous aurait suivi jusqu'à Storybrooke, ou il aurait envoyé son ombre, et je fais confiance à Belle pour avoir lancé le sort de protection que je lui ai donné mais je ne suis pas sûr qu'il résiste à la magie de mon père. Alors oui, j'ai mis la vie d'Henry en danger, et j'en suis désolé mais c'était le seul moyen. C'était dangereux et risqué mais ça a marché. Il ne peut plus faire de mal à qui que ce soit désormais et nous allons pouvoir retourner à Storybrooke l'esprit tranquille. Le Pays Imaginaire est libre de son emprise et nous aussi.
Emma le regarda d'un air soupçonneux.
- Vous en êtes sûr et certain? Il n'y a aucun moyen qu'il s'échappe?
- Il n'y a pas la moindre chance qu'il y parvienne. Personne ne peut sortir de la boite de Pandore si celle-ci n'est pas ouverte volontairement par quelqu'un d'autre. Et je ferai en sorte de la mettre en lieu sûr une fois que nous serons à Storybrooke.
Le visage de la Sauveuse se radoucit.
- D'accord. Très bien. Mais Rumplestiltskin… la prochaine fois que vous voulez suivre un plan aussi tordu, vous me prévenez d'abord, d'accord?
Il sourit.
- Si le plan est si tordu que ça, serez-vous sûre d'avoir envie de le suivre?»
Peut-être pas.
Mais jusque-là, ses plans tordus leur avaient bien servi dans l'ensemble.
§§§§
Quand Henry s'assit à côté de lui, profitant des préparatifs avant le départ pour Storybrooke, Félix n'y prit pas attention une seule seconde, préférant l'ignorer.
Il avait perdu après tout, rien ne le retenait au Pays Imaginaire maintenant que Peter Pan était le prisonnier des membres de l'opération Sauver Henry, il allait sans doute mourir une fois arrivé dans le monde sans magie, mais qu'importe après tout.
Son but lui avait enlevé, alors si l'enfant qui était juste là voulait le railler, qu'il le fasse.
«Tu me déçois beaucoup Félix, dit alors Henry à voix basse, d'un ton qui n'était pas le sien, tu devrais pourtant savoir que je n'échoue jamais, non?
Félix se figea, interdit, avant de jeter un rapide regard à l'enfant et en croisant son regard, il sut.
Ce n'était pas le corps de celui qu'il suivait loyalement depuis des siècles, mais c'était lui.
- Co… comment?
- Mon fils a cru m'emprisonner et il a failli y parvenir, je lui reconnais ça, mais il n'avait pas prévu que j'échangerais ma place avec celui d'Henry. Ce n'était pas vraiment comme ça que je m'imaginais les choses mais je suppose que je peux m'accommoder de la situation. Je vais seulement devoir changer mes plans.
- Alors Henry est… chuchota-t-il, stupéfait.
- Dans la boite de Pandore et il va y rester un long moment.
Félix sourit et reprit espoir, avant de se rappeler d'une chose.
- Baelfire… Neal, il m'a empoisonné, avec de l'ombrève. J'ai bu l'eau de la fontaine et j'ai une ou deux fioles avec moi, mais je vais mourir une fois à Storybrooke.
- Ne t'en fais pas, je te préparerai un antidote et tout rentrera dans l'ordre. Après tout, je ne peux pas laisser mourir mon plus fidèle lieutenant, le seul de mes garçons perdus qui ne m'a jamais trahi, pas vrai?»
Félix hocha la tête, définitivement sûr et certain de se battre pour une cause juste.
Lorsque Emma lança le haricot magique dans l'eau, ouvrant un portail, Peter Pan se mit à sourire.
Le jeu n'était pas terminé, pas encore.
Et il avait toujours autant la ferme intention de l'emporter.
§§§§
Samedi 30 juin 2012.
Storybrooke ne leur avait jamais semblé être aussi belle qu'à ce moment précis.
Ils n'étaient plus sur l'île, ils n'étaient plus les prisonniers d'un monstre cruel, le temps avait repris son cours, et le soleil.
Le soleil était revenu, les ténèbres avaient été vaincues, tout allait bien, et ils étaient rentrés à la maison.
Rien n'aurait pu les rendre plus heureux que ça, la vision de la ville et les quelques visages qu'ils pouvaient apercevoir de loin, jusqu'à ce qu'un des habitants finisse par se rendre compte que le Jolly Roger était de retour, enfin, après toutes ces semaines d'attente.
Ils étaient là, ils étaient revenus.
Emma, en descendant du navire, le regard posé en permanence sur Henry, se retournant sans cesse dans sa direction pour s'assurer qu'il était bien là (elle n'était pas la seule, chaque membre de l'expédition le surveillait, par peur de le perdre juste après l'avoir retrouvé), sourit en sentant la brise du vent sur sa joue.
Plus d'île.
Plus de jungle, plus d'arbres, plus de combats, plus de dangers, elle n'était plus la Sauveuse, une sorcière, une guerrière.
Elle était juste une mère qui avait sauvé son petit garçon, qui l'avait ramené chez lui, et qui ne désirait qu'une chose, laisser tout ça derrière elle.
Ils avaient réussi, ils avaient gagné contre l'ennemi le plus redoutable qu'ils avaient jamais eu à affronter.
«Rumple!
La voix de Belle résonna dans l'air alors qu'elle les apercevait, n'en croyant pas ses yeux, et elle lâcha les roses qu'elle tenait dans les mains en se jetant dans les bras de son petit-ami qu'elle serra ensuite longuement dans ses bras.
- Tu es là, chuchota-t-elle d'une voix remplie d'allégresse, tu es revenu, tu… tu as réussi. Tu es vivant.
Elle semblait si soulagée, si heureuse, et Rumplestiltskin lui sourit.
- Je te l'avais promis, et je me suis juré récemment de tout faire pour tenir mes promesses, quoi qu'il arrive.»
La jeune femme rit avant de l'embrasser.
Et le Ténébreux, pour sans doute la première fois depuis le jour où il avait mis fin à la guerre des ogres, se sentit véritablement comme un héros.
§§§§
Wendy Darling avait, à force, oublié à quoi ressemblait le monde réel, tout ce qui n'était pas le Pays Imaginaire, la nuit, les ombres, le désespoir et l'attente.
Le soleil l'aveugla presque et pendant quelques secondes, la panique l'envahit, comme si elle n'était plus certaine de pouvoir vivre de nouveau dans ce monde qui n'était plus le sien depuis bien longtemps.
Puis elle sentit les mains de ses deux frères dans les siennes, se rappela qu'ils avaient vécu l'enfer pour lui permettre d'avoir à nouveau une vie normale, et l'espoir reprit sa place en elle.
Elle y arriverait.
Elle avait échappé au pire de toute façon, pas vrai?
§§§§
Regina souriait, heureuse.
Heureuse d'avoir ramené Henry, évidemment, mais heureuse également des différentes retrouvailles qui se produisaient devant elle, Belle et Rumplestiltskin, August et son père, celles des différents membres de leur expédition avec d'autres habitants de la ville.
Blanche-Neige et Ruby, ainsi que les nains, Granny, Archie et tant d'autres personnes, tout le monde se réjouissait, et une certaine tristesse l'envahit.
Elle, elle n'avait personne à retrouver.
Elle n'était pas la seule, bien sûr, Crochet et les Darling étaient également concernés, mais elle eut un pincement au cœur en réalisant à quel point ses actions passées l'avaient isolée du reste de la ville, avaient fait d'elle une paria, chose qu'elle aurait bien du mal à changer, si jamais elle y parvenait.
Puis Emma lui sourit, elle constata que les regards de plusieurs habitants sur elle, Rumplestiltskin ou Crochet étaient plus bienveillants et reconnaissants que méfiants et elle réalisa alors que malgré les apparences, elle avait parcouru un plus long chemin qu'elle ne l'avait cru.
§§§§
La fée bleue était là, évidemment.
Clochette n'en fut pas le moins du monde surprise.
Après tout, aux dernières nouvelles, presque tous ceux qui vivaient dans la Forêt Enchantée avaient été emportés par la malédiction, elle ne faisait évidemment pas exception.
La blonde prit une profonde inspiration, se préparant à la confrontation qui allait inévitablement suivre.
La fée la repéra au sein du groupe et la regarda avec surprise.
«Clochette? Que… qu'est-ce que tu fais ici?
- J'étais au Pays Imaginaire, je… j'ai essayé de les aider face à Peter Pan et ils m'ont aidée à m'enfuir moi aussi.
- Tu… tu étais là-bas depuis… depuis tout ce temps?
- Oui.
- À cause de moi.
Ça n'avait rien d'une question, mais la fée y répondit malgré tout.
- Oui.
Après tout elle l'avait privée de ses ailes, lui avait enlevé sa magie.
À quelle autre réponse s'attendait-elle?
La fée bleue soupira.
- Je… cela fait un moment que j'y pense mais comme j'ignorais où tu étais, je ne pouvais pas te le dire, je… je suis désolée pour ce que je t'ai fait. Sincèrement. J'ai fait… une terrible erreur. J'aurais dû t'écouter, te faire confiance, te laisser essayer au moins et je ne l'ai pas fait et maintenant… Je voudrais t'aider à récupérer ce que tu as perdu, ce que je t'ai pris, si… si tu veux bien me laisser faire.
Oh.
Ce n'était pas à ce genre de retrouvailles qu'elle s'attendait, mais elles étaient plus que bienvenues.
- Merci.»
§§§§
Peter Pan tenta de rester le plus naturel possible, de ne pas trop sourire, pas d'une manière trop effrayante ou qui aurait pu faire naître des doutes au sein de sa supposée famille.
Parce que, même s'il n'avait pas encore gagné, il était déjà en train d'échafauder un plan, et ce qui lui donnait envie de sourire, c'était de voir tous ces gens le regarder avec amour, tendresse et affection, pensant qu'il était réellement Henry Mills alors qu'il se jouait d'eux.
Alors que bientôt, il mettrait leurs vies à feu et à sang et leur prendrait tout ce qui leur était cher, tout ce qu'ils avaient jamais aimé, il détruirait tout et deviendrait le maître de Storybrooke, pour toujours.
Il allait faire de leur vie un enfer et ils ne le savaient même pas.
Les idiots.
Il dissimula son regard satisfait et conquérant du mieux qu'il put.
Oh comme il avait hâte.
§§§§
Quelque part, enfermé au fin fond d'une boite conçue pour être une prison éternelle, un petit garçon de dix ans était en train de hurler.
A suivre…
Notes:
Titre du 15/04/2025 : Après l'enfer
Bélier : Rumple (OUAT)
14 avril 1961 – Robert Carlyle
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Objet magique 10 : Boîte de Pandore
Prénom 72 : Henry
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Liste 98
1 Fluff
2 Adelphie
3 Couple canon
4 Il y a une rose dans l'histoire
Quatre aspects de… Tara Duncan : Orpheline : Écrire sur quelqu'un élevé par quelqu'un d'autre que ses parents ou sur Gamora (Marvel)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, objets magiques, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 140: Repos illusoire.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
D'un geste de la main, Rumplestiltskin utilisa la magie et fit apparaître les haricots magiques dont ils n'avaient pas eu besoin de se servir lorsqu'ils étaient sur l'île.
Emma fronça les sourcils.
«Qu'est-ce que vous faites?
- Maintenant que mon père a été vaincu, nous n'en avons plus besoin, pas à proximité du moins, je vais les ranger près du champ où Anton les fait pousser. Il serait tout de même regrettable que l'un de vous risque d'ouvrir un portail par accident en en faisant tomber un par terre.»
Pan cacha son air victorieux, parce que même si le raisonnement de son fils était logique, le fait est qu'il se trompait sur toute la ligne et qu'une fois de plus, son arrogance allait le perdre.
Une fois qu'il aurait trouvé un moyen de s'esquiver loin de la famille d'Henry, il allait s'empresser de récupérer tous ces petits haricots et de couper leur accès au champ afin que personne ne puisse quitter la ville ou partir chercher de l'aide dans un autre monde, si jamais l'un d'eux réalisait la vérité sur qui il était vraiment.
Et puis il devrait aussi même empêcher qui que ce soit de partir en rétablissant l'ancienne barrière magique autour de la ville, qui sait.
Après tout, hors de question qu'il perde le moindre de ses jouets, il y tenait trop.
Ils hochèrent la tête, approuvant, et plus que désireux de passer à autre chose.
«Je devrais y aller, reprit le Ténébreux, j'ai à faire, j'ai un antidote à préparer après tout, et David lui adressa un regard reconnaissant. Miss Swan, je compte sur vous pour vous occuper des garçons perdus.
- Ne vous en faites pas, je pense qu'on va pas avoir trop de mal à les gérer. Graham, je te laisse surveiller les autres enfants, j'emmène Félix au poste, ça te va?
- Pas de problème.
Cette fois, Peter Pan laissa la satisfaction apparaître sur son visage, à la fois parce que Henry était supposé le faire et être heureux de voir l'allié de Peter Pan, si mauvais, si cruel, être enfermé quelque part, seul, où il allait sans doute mourir et parce que si Félix était isolé, ce serait plus simple pour communiquer avec lui discrètement que s'il avait été avec les autres enfants.
Alors que le shérif s'éloignait et que son adjointe se téléportait avec le prisonnier, Regina se tourna vers Henry.
- Mon chéri, tu vas bien? Lui demanda-t-elle, réalisant qu'elle n'avait pas encore eu le temps de lui poser la question depuis qu'elle l'avait sauvé et lui avait rendu son cœur.
Il lui sourit, mais pas pour les raisons qu'elle s'imaginait.
- Oui maman, je vais bien, ne t'en fais pas.»
Et bientôt, j'irai encore mieux.
§§§§
Ce n'était pas normal.
Rien ne l'était à vrai dire, tout s'était passé tellement vite, trop vite, qu'il avait à peine eu le temps de réagir, et maintenant il était seul, il faisait si noir, le silence régnait, et…
Il était enfermé dans la boite de Pandore.
Ce n'était pas ce qui était censé se passer, son arrière-grand-père avait été stoppé, vaincu, il avait récupéré son cœur, il était vivant, tout aurait dû s'arranger et ils vécurent heureux pour toujours, comme disait le conte.
Et pourtant, tout était allé de travers, Peter Pan s'était accroché à son ombre, n'avait pas voulu la lâcher, il était enfermé à sa place à cause de ça et personne ne s'en était rendu compte.
Dans le cas contraire, quelqu'un aurait déjà ouvert la boite, à moins que…
Une peur terrible le traversa soudainement, lui tordant le ventre au sein de ce corps qui n'était même pas le sien, il le sentait.
Et si…
Et s'il était déjà trop tard?
Et si Peter Pan, profitant de l'apparence juvénile et des traits innocents de son nouveau corps, en avait profité pour tuer les membres de sa famille, pour tout anéantir?
Rien ne disait qu'il tiendrait la promesse qu'il lui avait faite, pas après avoir agi comme il l'avait fait ces derniers siècles.
Alors, continuant de hurler désespérément en espérant que quelqu'un l'entendrait, quelque part, Henry Mills se surprit lui-même à espérer que Peter Pan veuille continuer à jouer à ces jeux tordus dont il avait le secret.
Le temps que ses parents ou une autre personne comprennent que quelque chose clochait et que ce n'était pas lui.
§§§§
Rumplestiltskin se montra remarquablement efficace, chose dont David ne fut pas vraiment étonné, il était le Ténébreux après tout, ses difficultés face à Peter Pan ne changeaient rien au fait qu'il était un des sorciers les plus puissants au monde.
«Merci, dit le prince Charmant quand il lui tendit la fiole, avant de la vider cul sec quelques secondes après sans la moindre hésitation.»
(De son côté, Félix avala une nouvelle fiole d'eau provenant de la fontaine de Jouvence, dans sa cellule vide et froide, espérant que Peter Pan ne mettrait pas plus de quelques heures avant de venir le sauver du sort terrible qui l'attendait.)
Là où, avant, avant la malédiction, avant qu'il n'aide Regina et Emma à retrouver Henry, avant qu'il ne les aide face à Cora, puis au Pays Imaginaire, le berger l'aurait regardé avec plus d'hésitation et de méfiance, aurait douté de lui et de sa bonne foi.
Il restait le Ténébreux, le Crocodile, un monstre, un meurtrier, aux mains tachées de sang.
Mais tout comme pour Regina, les choses changeaient, avançaient dans la bonne direction.
De son côté, Killian ne put empêcher l'amertume de l'envahir face à cette scène.
Pas tant à cause de David ou de monsieur Gold, ou même de qui que ce soit en général.
Mais parce que cette chance octroyée au chevalier, son grand frère Liam, lui, n'y avait jamais eu droit, et il songea avec tristesse qu'autrefois, il aurait donné absolument tout ce qu'il avait pour avoir la possibilité de le sauver de cette manière.
Mais ça n'arriverait jamais, parce que Liam était mort et parce que Peter Pan était un monstre.
Le pirate pria de toutes ses forces pour que l'immortel souffre à jamais, enfermé dans cette boite minuscule, qu'il vive l'enfer sans jamais trouver le repos.
Ignorant qu'il se trouvait en réalité à seulement quelques mètres de lui.
§§§§
«Qu'est-ce que vous comptez faire maintenant?
La voix de Neal et sa question ne prirent pas exactement les Darling au dépourvu.
Ils venaient à peine de revenir dans le monde sans magie après tout, et Wendy était clairement encore dépaysée, aussi ses frères et Neal lui avaient proposé de lui faire visiter la ville, pour lui montrer à quoi ressemblait le monde du vingt-et-unième siècle, afin qu'elle s'y habitue tout doucement.
- Je ne sais pas, admit Jean, avant… avant toute cette histoire avec Henry et que Peter Pan ne nous prouve qu'il était entièrement incapable de tenir sa parole, Michel et moi on comptait rentrer à Londres, avec Wendy, reprendre une vie… normale. Enfin, normale…
Aucun d'eux quatre ne savait ce que c'était que de vivre une vie normale, Neal avait essayé après son départ du Pays Imaginaire, il avait vécu à New York, puis un portail s'était soudainement ouvert dans son appartement et il y avait renoncé pour de bon.
- Aussi normale que l'existence d'une personne qui n'est même plus censée exister, ajouta Wendy en grimaçant, semblant toujours aussi perdue qu'à son arrivée, décontenancée, comme si elle avait l'impression de ne pas être à sa place.
À chaque fois qu'il la regardait, Baelfire sentait son cœur se briser, à cause de tout ce qu'elle avait perdu, mais aussi parce qu'il se revoyait tellement en elle que ça en devenait douloureux et il aurait voulu pouvoir arranger les choses pour elle.
- Vous pourriez rester ici. Tous les trois. Si vous le voulez, ça peut être temporaire comme permanent, à vous de choisir.
Michel le regarda avec un air stupéfait.
- Jean et moi avons enlevé ton fils pour le livrer à Peter Pan et pourtant tu voudrais que nous restions?
Neal haussa les épaules.
- Vous pensiez que vous n'aviez pas d'autre choix, ce que je peux comprendre et puis vous nous avez aidé à le ramener ici alors je pense qu'on est quittes. Puis, il rit. Et franchement, si vous voulez vous sentir coupable je peux vous citer la liste des crimes de mon père, de Regina ou de Crochet, ça devrait nous prendre la journée. Et puis pour être honnêtes… vous m'avez manqué, tous les trois. Vous êtes la seule famille que j'ai jamais eu quand j'étais à Londres et je pensais que je ne vous reverrais jamais alors… J'aimerais que vous restiez.»
Les trois londoniens lui sourirent et acceptèrent.
§§§§
Tu devrais partir.
C'était ce que Neal était supposé dire à Killian, maintenant que l'opération Sauvez Henry était terminée, qu'ils étaient tous sains et saufs, et que tout allait bien.
Mais à vrai dire, ce n'était pas vraiment ce qu'il voulait faire.
Bien au contraire.
C'était le marché qu'ils avaient passé pourtant, il les aidait et en échange, il repartait libre, mais en devant quitter la ville, et avant cette expédition Neal n'aurait rien souhaité d'autre que de le voir décamper de Storybrooke et ne plus jamais y revenir.
Seulement, maintenant, tout était différent, tout avait changé.
Et une très grande part de lui-même voulait lui demander de rester, même si c'était une mauvaise idée, même si le pirate avait théoriquement abandonné sa vengeance contre son père (il ne lui avait toujours pas demandé si c'était vrai ou non. Il avait trop peur qu'il ne lui dise que ça n'avait jamais été rien d'autre qu'un mensonge destiné à Peter Pan), ça ne changeait rien dans le fond.
Parce qu'il était en train de tomber amoureux de lui et qu'à cause de leur passé commun, ce ne serait jamais réciproque, et qu'il n'avait pas envie de voir son cœur se briser chaque jour un peu plus en sa présence, ni continuer de craindre qu'il ne tente un jour de tuer le Ténébreux malgré ce qu'il avait affirmé peu de temps auparavant.
Mais s'il restait, ils pourraient devenir amis, et ce serait mieux que rien, ce serait mieux que ce qu'il avait eu deux cents ans plus tôt.
Mais dans le fond, la grande question était la suivante.
Qu'est-ce que Crochet voulait?
Est-ce qu'il voulait rester, est-ce qu'il avait une raison de le faire?
Qu'est-ce qu'il allait faire maintenant que Peter Pan était vaincu, qu'ils avaient gagné?
De son côté, Killian se doutait que si Neal voulait lui parler, ce n'était pas pour discuter de la pluie et du beau temps, non, ils étaient revenus à Storybrooke, ils avaient réussi à accomplir leur quête et…
Et le moment qu'il redoutait tant allait finalement arriver.
Neal allait lui demander de partir, parce que c'était ce qui était convenu, et le pirate n'était pas certain de réussir à le faire changer d'avis.
«Merci, lui dit-il alors qu'ils se promenaient en ville, sincèrement. Merci d'avoir été là parce que sans toi je pense que… je pense qu'on n'aurait jamais réussi à s'en sortir ou à sauver Henry.
Je t'aime, même si je sais que nous n'avons aucun avenir ensemble alors je t'en prie ne pars pas.
Qu'est-ce qu'il s'imaginait au juste, franchement?
- Je suis heureux de l'avoir fait, sincèrement, lui répondit Killian, pas seulement parce que ça faisait parti de notre marché, mais parce que maintenant Peter Pan ne nous pourrira plus jamais la vie et je suis heureux de l'avoir fait, d'avoir contribué à sauver ton fils… de t'avoir aidé.
- Tu… tu te souviens de ce que… fit Neal, hésitant et mal à l'aise.
- J'aimerais rester, l'interrompit alors le pirate d'une voix brusque.
Neal se tourna vers lui et le regarda avec un air stupéfait.
- Quoi?
- Je sais que ce n'était pas ce qui était convenu, et même si les choses ont évolué pendant qu'on était sur l'île, tu ne veux sans doute pas de moi ici, mais je voudrais… Ce qu'on a traversé m'a fait réaliser que je ne voulais plus me venger du Crocodile, que je voulais avancer et… faire parti de ta vie, me faire pardonner et je souhaiterais avoir une seconde chance. Si tu veux bien de moi.
Je t'aime et ça n'a aucun sens mais je m'en fiche, accepte moi à tes côtés je t'en prie je ne veux plus être seul.
- Tu ne veux plus te venger?
Il était déjà au courant, mais l'entendre une seconde fois, ça rendait ça tellement plus réel, et Neal ne put s'empêcher de sourire.
Il avait eu raison de croire en lui finalement, d'espérer contre toute attente qu'il était sincère.
Crochet secoua la tête.
- Non. Pas… pas si ça signifie te perdre une fois de plus. Et je ne le pardonnerai jamais pour ça, tout comme tu ne me pardonneras sans doute jamais pour ce que je t'ai fait autrefois mais… je pense, ajouta-t-il en grimaçant, que je pourrais le tolérer, si jamais je peux rester.
Il voulait rester pour lui?
Pendant quelques secondes, Neal sentit l'espoir l'envahir avant de brutalement le réprimer, parce qu'il ne pouvait pas en être autrement.
Il aimait Killian, mais celui-ci ne l'aimait pas.
Comment celui-ci aurait-il pu?
Il haïssait son père et il avait aimé sa mère, ça ne pouvait pas marcher.
Dans aucun univers, et définitivement pas dans celui-là.
L'ancien enfant perdu sourit malgré tout.
- Je vais voir avec Blanche-Neige, c'est la mairesse de la ville maintenant après tout, et avec mon père et Emma ainsi que d'autres habitants de la ville si ça peut se faire mais… je ne suis pas contre.
Le sourire du pirate lui réchauffa immédiatement le cœur.
- Ton père ne va pas aimer. Ni approuver.
Baelfire haussa les épaules.
- Je sais mais honnêtement je m'en fiche. On ne peut pas toujours avoir ce qu'on veut dans la vie, pas même si on est le Ténébreux.»
J'en sais quelque chose.
§§§§
«Est-ce que je peux te parler?
Regina fronça les sourcils en regardant Blanche-Neige s'asseoir en face d'elle.
Elle posa un regard sur Henry et sentit son angoisse s'apaiser en constatant qu'il n'était pas loin, entouré d'Archie, de Ruby, de Granny et d'autres habitants de la ville qui voulaient s'assurer qu'il allait bien.
Il était là, il n'allait pas s'envoler et plus personne ne lui volerait jamais son fils.
Elle se le jurait.
- Bien sûr, répondit-elle.
Elles étaient au Granny's, dans un terrain neutre, tout le monde était occupé et ne prêtait pas attention à elles et l'archère avait attendu qu'elle soit seule, donc c'était de toute évidence important.
- J'aimerais te poser une question Regina. Es-tu amoureuse de ma fille?
Regina cligna des yeux, stupéfaite.
Comment est-ce que tu…
- Pourquoi est-ce que tu me demandes ça?
- Au Pays Imaginaire, et même avant cela, vous étiez plutôt… proches. Et peut-être que je me trompe, mais je voudrais savoir alors… réponds juste à ma question s'il te plaît.
Regina prit une profonde inspiration avant de se lancer.
- Oui, Blanche-Neige. Je suis amoureuse d'Emma. Je l'aime. Et elle m'aime aussi, nous sommes ensemble, et je tiens à t'assurer que je ne me sers pas d'elle, que ça n'a rien à voir avec ma vengeance passée contre toi, c'est juste… arrivé comme ça. Je suis tombée amoureuse d'Emma parce qu'elle est Emma et qu'elle est merveilleuse. Au cas où tu te poserais la question.
- C'était une de mes craintes, en effet, avoua la princesse.
Puis, à la grande surprise de son ancienne belle-mère, elle éclata soudainement de rire.
- Je suis désolée, continua-t-elle, en plein fou rire, je sais très bien que ça n'a rien de drôle, mais… A chaque fois que je pense que l'arbre généalogique d'Henry ne peut pas devenir encore plus compliqué qu'il ne l'est déjà, l'univers décide de me donner tort.
Regina s'autorisa à sourire.
- Je ne peux pas te contredire à ce sujet.
Blanche-Neige reprit alors son sérieux et lui lança un regard glacial qui cloua la sorcière sur place.
- Je vais t'avouer la vérité, je ne sais pas comment je me sens vis-à-vis de… de ça. Il s'agit de la vie d'Emma, de ses sentiments, de ses choix, de son cœur, je ne vais donc pas interférer, ce n'est pas mon rôle, mais… Tu m'as fait tellement de mal. Tu lui as fait tellement de mal, tu as fait tellement de mal à tellement de gens et je sais que tu as changé, je le vois, je le constate chaque jour. Mais certaines choses ne peuvent pas être effacées ou pardonnées alors j'ai peur pour ma fille. Peur que ça se termine mal, que tu la fasses souffrir. Et cela, je te l'interdis. Si cela arrive, je te jure que je te le ferai payer.
- Je préférerais m'arracher le cœur plutôt que de causer la moindre souffrance à Emma, lui promit alors Regina d'une voix emplie de sincérité, et le visage de Blanche-Neige s'adoucit.
- Très bien. Alors j'imagine que je vais devoir te faire confiance pour la rendre heureuse dans ce cas.
- Tu peux compter sur moi, lui jura-t-elle.»
Après tout, elles allaient enfin réussir à avoir leur fin heureuse, pas vrai?
§§§§
Emma entra à l'intérieur avec un sourire radieux sur le visage.
«Je te l'ai ramené, lâcha-t-elle à son fils d'une voix victorieuse, avant de lui tendre ce que le vrai Henry aurait reconnu sans la moindre hésitation dès l'instant où il l'aurait vu.
Son livre de contes.
L'enfant la regarda avec un air perdu et perplexe, avant de se saisir du livre sans vraiment bien comprendre de quoi il s'agissait.
- Oh. Merci, se contenta-t-il de lui dire sans témoigner un grand enthousiasme, avant de commencer à le feuilleter, affichant un intérêt feint.
Emma sentit alors un frisson glacial l'envahir, et son sourire disparut aussitôt.
Ce n'était sans doute rien, après tout Henry avait mieux à faire que de sauter de joie en récupérant son livre de contes, il devait encore être secoué après toutes les épreuves qu'il avait traversées ces derniers jours, c'était tout à fait normal.
- Je t'en prie.»
Pourtant, malgré cela, elle ne put se débarrasser d'un terrible pressentiment, de l'horrible impression que quelque chose n'était pas normal.
Elle ne vit pas le sourire machiavélique qui se dessina sur le visage de celui qui aurait dû être son fils alors qu'il parcourait le livre et en apprenait plus sur certaines choses qu'il trouva fort intéressantes.
§§§§
Pour une fois, Emma avait envie d'oublier.
Ne plus se rappeler de ces éprouvantes semaines passées au Pays Imaginaire, oublier les combats, la peur, l'horreur, le désespoir, tout ce que Peter Pan et son île leur avaient fait endurer.
(Oublier que quelque chose n'allait pas avec son fils, qu'elle ne savait pas ce que c'était et qu'elle ne pouvait même pas être sûre que c'était autre chose que de la paranoïa.)
Oublier, et boire, danser, rire.
Vivre.
Alors, quand Regina l'entraîna dans une danse impromptue le soir-même à l'intérieur du Granny's pendant qu'ils faisaient la fête pour célébrer leur retour, celui d'Henry et la défaite de Peter Pan, elle la laissa la guider sur la piste de danse, heureuse, le sourire aux lèvres.
Sa famille allait bien et la femme qu'elle aimait était dans ses bras.
Qu'aurait-elle bien pu vouloir de plus?
§§§§
«Est-ce que c'est bien ce que je crois?
La voix de son époux interpella Blanche-Neige.
- Quoi? Lui demanda-t-elle, confuse.
Puis, elle vit ce qu'il voyait et soudainement, elle comprit.
Emma et Regina, en train de danser ensemble, plus proches qu'elles ne l'avaient jamais été, se souriant, semblant plus heureuses que jamais.
Ce qui, quelques heures plus tôt, n'était qu'une intuition de la part de la princesse avait fini par devenir une évidence que personne désormais ne pourrait ignorer.
Une chose que David venait tout juste de réaliser.
- Est-ce que… est-ce qu'il y a quelque chose entre elles? Se demanda alors le prince Charmant.
Sa femme hocha la tête.
- Oui.
Il se tourna vers elle, surpris.
- Tu le savais?
Elle acquiesça.
- Je le soupçonnais depuis un moment et Regina me l'a confirmé aujourd'hui.
- Et tu ne m'as rien dit?
Elle haussa les épaules.
- Je me suis dit que ce serait à Emma de nous en parler si jamais elle voulait le faire, et je suppose qu'elles préféraient attendre qu'on soit revenus du Pays Imaginaire pour rendre ça officiel et maintenant que nous avons gagné, hé bien… Elles peuvent reprendre le cours de leurs vies. Ça inclut pouvoir être ensemble sans avoir à se battre pour sauver Henry et le ramener à la maison.
David semblait toujours aussi perdu et perplexe.
- Qu'est-ce que tu en penses? L'interrogea-t-elle, curieuse.
- Je… je ne sais pas. Il s'agit de Regina, et elle a fait tellement de choses horribles, mais depuis la disparition d'Henry dans les mines, elle a fait tellement d'efforts et de chemin que je… Je ne sais pas quoi en penser. Je veux qu'Emma soit heureuse, et je ne suis pas certain de faire suffisamment confiance à Regina pour ça. Je ne veux pas que quelqu'un se serve d'elle et lui fasse du mal. Est-ce que tu penses que c'est le cas?
Avant, Blanche-Neige aurait répondu oui sans hésiter.
Avant la malédiction, avant que Regina ne devienne meilleure, qu'elle n'affronte Cora et ne tue sa propre mère afin de la sauver, elle, son ancienne ennemie, avant qu'elle ne vide son caveau et ne démissionne de sa position de mairesse, elle l'aurait cru.
Blanche-Neige se souvint de Graham, de ce que la reine lui avait fait, elle se souvint du reste, des horreurs qu'elle avait commises, mais elle se souvint aussi de ses remords, de son courage, de ses actes, de sa volonté de changer, de devenir meilleure.
- Je ne pense pas. Et si jamais c'est le cas, je serai là pour lui rappeler qu'on ne fait pas de mal aux miens sans en payer les conséquences.»
Le prince lui sourit avec fierté avant de l'embrasser.
§§§§
Peter Pan détestait perdre du temps.
Sur l'île, c'était différent, il avait le contrôle, il était le maître, presque tout lui obéissait et il pouvait faire ce qu'il voulait quand il le voulait, il connaissait l'échéance prochaine à deux doigts de le frapper et et il était bien décidé à la faire disparaître à temps, en s'amusant au passage.
À Storybrooke, rien n'était pareil.
Il était Henry Mills ici, il n'était pas libre de ses mouvements et s'il ne voulait pas se faire repérer ou faire naître des soupçons au sein de sa soit-disant famille, il était obligé de se faire discret.
Sauf qu'il avait à faire, il devait s'éclipser préparer un antidote pour Félix, récupérer la boite de Pandore et commencer à élaborer le plan dont il avait ébauché la trame en se plongeant dans le livre de contes de celui dont il avait volé le corps.
Alors, quand il feignit de commencer à s'endormir, et que Regina offrit de le ramener chez elle pour qu'il puisse se reposer, il eut bien du mal à dissimuler son sourire satisfait.
Tout se déroulait exactement comme il l'espérait.
§§§§
Pour la première fois depuis bien longtemps, Neal se sentit heureux de contempler la nuit, la lune et les étoiles alors qu'il sortait du Granny's avec Killian.
Parce qu'ici il n'y avait ni ombres ni ténèbres, pas de nuit éternelle, parce qu'il savait avec certitude que le lendemain, le soleil se lèverait et brillerait dans le ciel, éclairant un nouveau jour, le premier du reste de leurs vies, une vie sans Peter Pan.
Henry était chez sa mère, en sécurité, le monstre de ses cauchemars était en train de pourrir dans une boite, seul, sans pouvoirs, l'homme qu'il aimait était à ses côtés, et il n'était plus aussi en colère qu'autrefois.
Il n'était pas heureux, parce qu'ils venaient tout juste de rentrer d'une quête éprouvante, difficile et douloureuse, et que tout ce qu'il voulait c'était dormir et oublier tout ce qu'ils avaient traversé au cours des dernières semaines.
Mais tout allait bien.
Alors, quand ils atteignirent tous deux le Jolly Roger, il s'attendait à le laisser pour ensuite repartir et ne plus penser à ce qu'il ressentait, à ce qui était en train de grandir en lui depuis qu'il avait décidé qu'il pouvait le pardonner, et…
Et le pirate l'avait d'un seul coup embrassé.
Pendant quelques secondes, son cerveau arrêta de fonctionner, parce que c'était absurde, parce que ce n'était pas supposé arriver.
Parce que c'était ce qu'il voulait plus que tout au monde mais qu'il s'était résigné à ne jamais l'avoir et pourtant…
Qu'est-ce que c'était que ce bordel?
Oui, les choses avaient changé entre eux, beaucoup, mais il n'aurait jamais pensé que ça puisse être suffisant pour…
Même s'il aurait voulu se laisser aller, arrêter de réfléchir, il mit fin au baiser quelques secondes plus tard, parce qu'il voulait comprendre.
Parce que son cœur avait été brisé bien trop de fois pour qu'il puisse avoir la moindre envie que l'histoire se répète.
«Qu'est-ce que tu fais?
- Je t'embrasse.
- Pourquoi?
Le pirate lui sourit.
- Parce que je tiens beaucoup à toi et que depuis qu'on s'est retrouvés dans la Forêt Enchantée, même si je n'en avais pas conscience à l'époque, beaucoup de choses ont changé, y compris mes sentiments, surtout pendant qu'on était au Pays Imaginaire et… Je ne sais pas, je pense que je voudrais construire quelque chose avec toi. Et histoire de mettre les choses au clair tout de suite, ça n'a rien à voir avec ta mère ou ton père, je ne fais pas ça par vengeance, je… je suis sincère. Et pour être honnête, ça fait un moment que j'avais envie de faire ça. Alors, dis-moi, est-ce que toi aussi tu…»
Au lieu de répondre, Baelfire décida de l'embrasser en retour, faisant taire tous les doutes qu'il aurait pu avoir à ce sujet.
Il savait que c'était sans doute idiot, ou naïf, qu'une fois de plus tout finirait mal, comme autrefois, comme d'habitude quand ça les concernait, mais il avait envie d'essayer, de tenter sa chance, d'être courageux.
Et pendant quelques secondes, il eut le sentiment d'être redevenu ce garçon de quatorze ans empli d'optimisme et d'espoir qu'il était autrefois avant qu'il ne le trahisse.
Et cette sensation était extrêmement grisante.
§§§§
Au même moment, enfermé dans une cellule du commissariat de Storybrooke, Félix se mit alors à sourire d'un air sinistre.
A suivre…
Notes:
Titre du 16/04/2025 : Repos illusoire
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Trois cents douzième baiser : Un baiser entre deux personnes du même sexe
Objet magique 47 : Haricot (OUAT)
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Quatre aspects d'… Angie (Partie 2) : Hook on fire : Écrire sur Crochet (OUAT) ou écrire sur un enfant orphelin
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, objets magiques, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 141: Retour à la case départ.
Notes:
Hey!
Aujourd'hui, fin d'un arc et gros chapitre en approche, sans doute le plus long depuis le début, yeah!
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
«Tu en as mis du temps, s'autorisa-t-il à dire à Peter Pan, pas tant comme un reproche mais plutôt comme une crainte, parce que l'eau de la fontaine commençait à manquer et que s'il ne le sauvait pas bientôt, il allait mourir sans pouvoir l'aider à accomplir son but.
Sans réussir à lui permettre de prouver à ces soit-disant héros cette vérité pourtant immuable et irrévocable, ce mantra auquel il s'accrochait depuis toujours, à savoir que Peter Pan n'échouait jamais.
Il ne savait pas encore à quel point l'immortel avait non pas envie mais besoin qu'il survive à tout prix.
- J'étais avec la famille d'Henry, soupira celui qui possédait toujours son corps, laissant le vrai croupir dans la prison qui lui était destinée. Ils sont si… si protecteurs avec lui, ajouta-t-il en grimaçant, que j'ai eu beaucoup de mal à trouver un moyen de m'esquiver sans attirer l'attention et sans que l'un d'eux ne me surveille. Regina doit être en train de dormir, elle ignore que je suis là.
Et comme Félix était considéré comme inoffensif, puisqu'il était enfermé, mourant et sans pouvoirs, il n'était pas surveillé, surtout pas ce soir.
Ce soir, cette nuit, tous les habitants de Storybrooke voulaient faire la fête, célébrer le fait d'être en vie, la défaite de Peter Pan, la certitude que la ville avait échappé au pire, une fois de plus, grâce à ses héros, ignorants qu'ils étaient encore de ce qui allait d'ici peu leur tomber dessus.
Ce relâchement, ils allaient en profiter, l'exploiter à leur avantage.
Et s'ils s'en sortaient bien, ils ne verraient absolument rien venir.
- Tu as l'antidote?
Peter Pan sourit.
- Bien sûr, dit-il avant de lui tendre une fiole que Félix vida sans la moindre hésitation, sentant aussitôt l'ombre et les griffes de la mort s'éloigner de lui.
Il sourit.
- Bien, quelle est la prochaine étape du plan?
- Je me suis emparé des haricots magiques que mon fils et les autres habitants pourraient vouloir utiliser pour s'échapper si jamais ils finissent par réaliser qui je suis vraiment ou une fois que mon plan sera mis en marche. J'ai également coupé leur accès au champ où les plants se trouvent, au cas où. Ainsi, aucun d'eux ne pourra fuir ou s'échapper avant qu'il ne soit trop tard, pas même en utilisant le Jolly Roger, de toute façon plus personne ne peut quitter Storybrooke, j'ai rétabli la barrière magique qu'il y avait autour de la ville avant que la malédiction ne soit brisée. Et ça inclut tout le monde.
- Je vois que tu as pensé à tout, fit Félix, nullement étonné.
- En effet. Maintenant que tu es tiré d'affaire, je dois y aller au cas où quelqu'un voudrait me voir, je ne dois pas éveiller les soupçons. Je vais rentrer jouer mon rôle de fils de la Sauveuse, de la méchante reine et de Baelfire qui vient juste de se faire sauver et qui est tellement heureux d'avoir retrouvé ses parents, dit-il avec un sourire ravi et cruel. Je t'expliquerai plus tard comment nous allons procéder.
- Quand commençons-nous?
- Demain, déclara l'immortel. Laissons leur une dernière nuit de liberté, ils ont droit à un peu de répit, les pauvres.»
Avant de sortir, il prit soin d'utiliser la magie afin de faire disparaître toute trace de sa venue des caméras de surveillance du commissariat.
Personne à Storybrooke ne se douta un seul instant durant cette nuit à quel point ils étaient à deux doigts de perdre absolument tout ce qui leur était cher.
§§§§
Le lendemain.
«Maman?
Oh comme ce mot sonnait bizarre et étrange pour lui, sortant de cette bouche qui n'était pas la sienne, mais il devait suffisamment bien jouer la comédie s'il voulait avoir ce qu'il voulait, alors il n'avait pas vraiment d'autre choix que d'en passer par là.
Regina lui sourit, heureuse de passer à nouveau du temps avec son fils, de pouvoir apprécier une matinée avec lui.
- Oui mon chéri, qu'y-a-t-il?
Peter Pan se retint de grimacer et s'obligea à sourire de la manière la moins crispée et la plus naturelle possible.
- Est-ce que… lui demanda-t-il d'une voix faussement hésitante. Est-ce que tu voudrais bien me montrer ton caveau aujourd'hui?
La brune le regarda avec surprise.
Son caveau?
Jamais Henry n'avait une seule fois montré une quelconque envie de le voir, à part peut-être durant la malédiction, avant sa disparation dans les mines afin de prouver à tous l'existence de la magie, des contes et de la malédiction, à une époque où elle ne l'y aurait jamais laissé entrer.
Hors de question qu'il voit tous ses cœurs, l'incarnation visuelle et littérale du monstre qu'elle avait été avant de l'adopter et qu'elle était encore, hors de question de lui prouver qu'il ne se trompait pas.
Puis il avait disparu, elle avait changé, elle avait vidé ce caveau de tous les cœurs qu'elle ou sa mère avaient dérobé à de trop nombreux habitants de la Forêt Enchantée pour pouvoir tous les compter, Henry avait été enlevé par les frères Darling et plus jamais la question ne s'était posée.
Jusqu'à maintenant.
- Pourquoi?
- Hé bien, après tout ce qu'il s'est passé, je voudrais en savoir plus sur la magie et sur comment on peut s'en servir pour nous protéger si jamais quelqu'un d'autre… si une autre menace s'abattait sur la ville j'aimerais… qu'on soit préparés.»
Sa voix tremblait d'une peur contenue et faussement dissimulée, jouant habilement sur les craintes de la sorcière et se servant de l'enfer qu'elle avait traversé durant ces dernières semaines.
Regina Mills repensa à la menace potentielle que pouvait représenter Zelena et réalisa que son raisonnement se tenait.
(Pensant à elle pour la première fois depuis qu'Henry avait disparu, elle sentit son cœur se serrer.
Qu'est-ce que sa demie-sœur faisait en ce moment, à quoi pensait-elle, voulait-elle toujours se venger d'elle et la détruire, se demandait-elle si elle lui avait dit la vérité à propos de leurs souvenirs volés par leur mère, tentait-elle d'en savoir plus à ce sujet?
Elle se jura de trouver un moyen de se souvenir, maintenant qu'Henry n'était plus en danger, de tout faire pour réunir les morceaux de leur famille brisée, d'aider Zelena du mieux qu'elle pouvait.)
Et cette demande, expliquée ainsi, ne l'étonna pas réellement en fin de compte.
Henry, depuis qu'il avait mis la main sur le livre de contes, depuis qu'il croyait à l'existence de la malédiction, s'était toujours intéressé à la magie, aux moyens de la faire apparaître à Storybrooke afin de convaincre sa mère biologique qu'elle était la Sauveuse quand elle n'y croyait pas elle-même.
Il avait été jusqu'à entrer dans une mine pour ça, malgré le danger, il avait même franchi un portail sans même savoir où il allait le conduire, juste parce qu'il voulait être mis en contact avec de la magie, trouver une preuve qu'il avait raison, malgré le danger évident.
Et elle ne pouvait que comprendre qu'après avoir été enlevé, avoir été retenu prisonnier sur une île emplie de ténèbres pendant des semaines, sans pouvoir s'échapper, sans savoir si quelqu'un allait venir le sauver, après être presque mort, il soit complètement terrifié par la perspective que ça recommence.
Certes, il tentait de ne pas le montrer, parce que son petit garçon était courageux, téméraire et fort, mais elle le voyait bien.
«C'est d'accord, on ira voir ça cet après-midi, et je te montrerai tout ça.»
Pendant quelques secondes, elle se demanda pourquoi il n'avait pas demandé ça à Rumplestiltskin, indéniablement plus puissant qu'elle, avant de se rappeler qu'il s'agissait du Ténébreux et qu'Henry était moins proche de lui qu'il ne l'était d'elle.
Et peut-être cela signifiait-il qu'il avait définitivement cessé de la voir comme la méchante de l'histoire et de considérer sa magie comme dangereuse, ce qui la fit sourire.
Il hocha la tête, laissant une grimace de contrariété se dessiner sur son visage une fois qu'il fut sûr qu'elle avait le dos tourné.
Pourquoi fallait-il que ces foutus héros s'acharnent en permanence à lui faire perdre son temps?
§§§§
«Vous ne trouvez pas que… qu'il y a un truc étrange avec Henry?
Après avoir dormi le plus longtemps possible (quel bonheur d'avoir pu à nouveau dormir dans un lit), la Sauveuse s'était levée, était allée au Granny's et y avait croisé August et Graham qu'elle avait décidé de rejoindre.
Peut-être que si elle mangeait un peu, buvait un chocolat chaud et discutait avec eux, elle arrêterait de penser à tout ce qui tournait en boucle dans sa tête de manière quasi continue depuis qu'elle avait rendu son livre de contes à Henry et n'avait pas réussi à reconnaître son fils pendant plusieurs atroces secondes.
Le chasseur la regarda avec un air décontenancé.
- Je… non, pas vraiment, pourquoi?
- Je ne sais pas mais depuis… depuis qu'on est rentrés j'ai l'impression que… qu'il n'est plus vraiment lui-même. C'est difficile à expliquer. Quelque chose a changé, je n'arrive pas à trouver ce que c'est et… et ça me fait peur.
- Je pense que c'est normal, intervint August, ce qu'il s'est passé… ce qu'il a traversé… Il a dû faire face à ça en étant tout seul, il a dû survivre pendant des semaines, sur une île qui ne lui a fait aucun cadeau. C'est compréhensible qu'il soit un peu différent, qu'il ait changé, ce genre d'expérience doit être traumatisante.
- Oui, mais justement… C'est bien ça le… le problème, en quelque sorte. Il n'a pas l'air d'avoir changé. Il n'en parle pas et je sais qu'on vient à peine de rentrer, mais je me rappelle de son retour de la Forêt Enchantée, même si je sais que les circonstances étaient totalement différentes et n'avaient rien à voir, seulement… Le voir aussi silencieux, faisant comme s'il allait bien, sembler être aussi… apathique et indifférent à presque tout, ça… ça me fait bizarre.
- Comme tu le dis, approuva Graham, on vient tout juste de rentrer. Peut-être qu'il accuse juste le coup, que tout ça lui semble un peu irréel, c'était mon cas après avoir retrouvé mes souvenirs, je suis certain que c'est tout à fait anodin et que tes inquiétudes ne sont pas fondées. Et si jamais je me trompe, tu seras là pour lui, pour l'aider à aller mieux. Tout ira bien, ton fils a juste besoin de temps.»
La blonde aurait aimé partager leur optimisme.
§§§§
«Regina? Qu'est-ce que tu fais?
Emma sentit le soulagement l'envahir en voyant sa petite-amie – se disant que peut-être elles pourraient discuter ensemble d'Henry, déterminer si en tant que ses mères, elles avaient le même point de vue sur la question, elle aurait voulu en parler à Neal aussi mais elle ne l'avait pas encore vu – ainsi que la surprise.
La brune lui sourit avant de l'embrasser, après tout, tout comme elles en avaient discuté la veille, puisque Blanche-Neige était au courant de leur relation, et qu'elles n'étaient plus obligées de se concentrer sur le sauvetage d'Henry, elles pouvaient se montrer au grand jour.
Enfin, pas devant Henry, puisqu'il n'était pas encore au courant, et que l'une comme l'autre préféraient lui en parler avant, ignorant comment il réagirait à la nouvelle.
Bien, espérait Emma, enfin, si jamais il y réagissait tout court, et elle sentit ses peurs recommencer à la hanter.
- Je vais chercher Henry pour l'amener à mon caveau.
La sorcière fronça les sourcils, perdue.
- Tu es bien sûre que c'est une bonne idée d'emmener un enfant dans ton caveau?
- Les cœurs, c'est-à-dire les choses les plus sombres et macabres qu'il y avait là-bas ne s'y trouvent plus et c'est lui qui me l'a demandé.
La confusion d'Emma ne fit que s'accroître.
- Il te l'a demandé?
Ils venaient à peine de revenir à Storybrooke, et lui, ce qu'il voulait, au lieu de passer du temps avec sa famille, avec ses proches, c'était se rendre dans ce qui avait été autrefois l'un des symboles de la méchante reine?
Regina hocha la tête.
- Il voudrait que je lui montre un peu de magie, des sortilèges, des potions, ce genre de choses… enfin, tout ce que je pourrais préparer pour nous défendre, notre famille et la ville si jamais quelqu'un d'autre, Zelena par exemple, débarquait à Storybrooke pour s'en prendre à nous. Que ce soit quelqu'un du monde sans magie, de la Forêt Enchantée, ou d'ailleurs, après tout, tout est possible. Écoute Emma, il a peur et je vais simplement le rassurer, puis on s'en ira, il n'aura de toute façon pas accès à mon caveau ni à quoi que ce soit de dangereux, ne t'en fais pas. Je te le promets.
Emma aurait dû, face à cette explication, laisser s'envoler tous ses doutes loin d'elle et ne plus y penser.
Elle n'y parvint pas, pas complètement, mais pour ne pas inquiéter Regina, elle se força à lui sourire.
Elle lui faisait confiance.
Ça devrait être suffisant.
- D'accord. Sois prudente quant même, je… je t'aime.
Regina se figea, stupéfaite.
Jamais, jusque-là, elle ne le lui avait dit, et un immense sourire se dessina sur son visage avant qu'elle n'embrasse la princesse une fois de plus.
- Je t'aime aussi, lui souffla-t-elle avant d'y aller.»
§§§§
Peter Pan faillit éclater de rire alors qu'il entrait dans le caveau, précédé par Regina.
Oh, c'était tellement facile de l'utiliser, de se servir d'elle comme il le voulait maintenant qu'il avait cette apparence, sans même qu'elle s'en rende compte une seule seconde.
Il était Henry et il ne l'était pas, et en un sens il avait hâte de pouvoir récupérer son corps, faire enfin cesser cette comédie absurde et ridicule, mais en attendant il l'admettait.
Il s'amusait bien.
«Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-il à Regina d'une voix curieuse et faussement ignorante en voyant un parchemin émerger au sein de tout ce que ce que la sorcière était en train d'exhumer parmi ses différents sortilèges et autres artefacts magiques, tout ce bleu, ce rouge, ce violet, toutes ces couleurs, toutes ces possibilités.
Parce qu'il le savait déjà, évidemment, c'était pour ça qu'il était venu après tout, rien d'autre.
Elle regarda le parchemin en grimaçant.
- Oh, c'est ce qui permet de lancer le Sort noir, si on possède tous les ingrédients requis, évidemment. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai toujours pas détruit.
Peut-être avait-elle seulement oublié, mais elle savait aussi que c'était aussi probablement encore un reste de son ancien elle, une sorte de on ne sait jamais, vissé quelque part à l'arrière de son crâne, dont elle n'avait jamais su se débarrasser, puis il y avait eu Cora, Peter Pan, et elle n'y avait plus songé.
- C'est une très bonne chose pour moi. Je vais en avoir besoin si je peux pouvoir bâtir un nouveau Pays Imaginaire ici, à Storybrooke.
Regina se figea en entendant cela, son corps se changeant en véritable bloc de glace.
C'était la voix de son fils qui venait de parler, mais ce n'était pas Henry.
- Pardon?»
Sans répondre, l'immortel se contenta de sourire et d'un geste de la main, il lui jeta un sortilège et elle s'endormit.
Il s'empara du parchemin et se mit à sourire d'un air satisfait.
Bien.
Il devait encore réunir quelques ingrédients, mais il était plus proche du but qu'il ne l'avait jamais été.
Et personne ne pourrait l'arrêter parce que, comme il le répétait si souvent, malgré les héros de cette ville qui préféraient prétendre le contraire.
Peter Pan n'échoue jamais.
§§§§
«Où est-ce que tu étais passé, je t'ai cherché partout!
La voix d'Emma sortit Neal de ses pensées.
Elle le regarda avec un drôle d'air.
- Tout va bien?
Il hocha la tête.
- Bien sûr, pourquoi ça n'irait pas?
- Tu avais l'air pensif, un peu perdu, et tu n'as pas l'air d'avoir beaucoup dormi. Quelque chose t'inquiète?
- Rien d'important, prétendit-il, et une fois de plus, elle ne le crut pas. Pourquoi est-ce que tu me cherchais?
- Je voulais te parler d'Henry, te demander si tu trouvais toi aussi qu'il y avait quelque chose d'inhabituel avec lui.
- Hé bien, je ne crois pas non, il me semble être comme d'habitude mais j'avoue que je n'ai pas passé assez de temps avec lui depuis qu'on est rentrés pour m'en rendre compte. Pourquoi, tu penses qu'il y a un problème?
- Je ne sais pas, j'ai juste… un mauvais pressentiment. C'est sans doute rien, tenta-t-elle de se convaincre en même temps que lui. Toi par contre, tu es différent. Allez, dis-moi, qu'est-ce qu'il y a?
Il soupira.
- On ne peut vraiment rien te cacher, dit-il en souriant faiblement. Hier j'ai raccompagné Killian à son navire, après la fête, et… on s'est embrassés.
Emma le regarda comme s'il venait de lui annoncer que les extraterrestres existaient.
- Quoi? C'est… c'est arrivé juste comme ça, sur le moment ou…
- Il m'a embrassé, il m'a dit qu'il voulait qu'on essaie de construire quelque chose ensemble et… je l'ai embrassé à mon tour, puis je suis rentré et maintenant… je sais pas. Je crois que j'ai peur.
La blonde se mit à sourire.
- Quoi?
- Je ne sais pas comment les choses vont se passer entre vous, et je comprends pourquoi tu as peur, mais… si tout se déroule bien, peut-être qu'au bout du compte, toi et moi on va finir par avoir notre fin heureuse, juste… pas ensemble. Ce n'était pas ce que je m'étais imaginé, quand toi et moi on rêvait de Tallahassee autrefois, mais… c'est une direction qui me plaît bien je crois. Et ne t'en fais pas, lui assura-t-elle, si jamais il te fait du mal, je te promets de lui arracher son crochet et de le lui faire bouffer.
Malgré ses doutes, le jeune homme se mit à rire.
- Je te promettrais bien la même chose concernant Regina, mais tu sais, sorcière super puissante qui peut arracher le cœur des gens, tout ça, alors je pense qu'à part si j'envoie mon père, je vais éviter, si tu veux bien.»
Cette fois, ce fut au tour de son ex d'éclater de rire.
§§§§
La boite de Pandore fut tellement ridiculement facile à trouver que ce n'en était même plus amusant.
Cachée dans la boutique de monsieur Gold, absent en ce dimanche 1er juillet 2012, l'objet n'était même pas protégé par magie, parce que le Ténébreux, tellement persuadé que son père en était devenu le prisonnier, certain que les enfants perdus, sous bonne garde, ou Félix, enfermé dans une cellule, ne pourraient pas s'en emparer, n'avait rien fait en ce sens.
Sans doute réaliserait-il la disparition de l'objet quand Peter Pan serait parti, c'était sa boutique malgré tout, il devait bien avoir jeté quelques sortilèges.
Sauf qu'à ce moment-là, il serait trop tard, le sorcier aurait déjà la boite, il avait les ingrédients pour le Sort noir, il aurait bientôt Félix à ses côtés.
Et bientôt, les habitants de Storybrooke trembleraient en constatant le désastre imminent, en réalisant ce qui allait leur tomber dessus et qu'ils ne pourraient ni empêcher ni fuir.
Il serait là pour se délecter de leurs hurlements de détresse et de désespoir.
Vous n'auriez pas dû crier victoire trop tôt, songea-t-il, s'adressant aux héros qui malgré tous leurs efforts, allaient perdre pour de bon cette fois.
§§§§
Face au puits, Félix rayonnait de joie et de fierté.
Après tout, il était libre, à nouveau, il était vivant et Peter Pan allait emporter une victoire bien méritée face à leurs ennemis.
Il avait hâte.
(Il n'aurait pas dû, vraiment.)
«Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu comptais faire?
Peter Pan lui sourit.
- Je vais lancer le Sort noir, lui révéla-t-il enfin, plonger leur monde dans la désolation.
Félix fronça les sourcils.
- Je ne comprends pas. Tu vas les renvoyer dans la Forêt Enchantée?
Peter Pan secoua la tête.
- Non, nous allons rester ici, à Storybrooke, je sens… beaucoup de potentiel dans cet endroit. Ils vont juste… perdre la mémoire. Être séparés, à nouveau, comme autrefois, comme si rien n'avait changé, comme si la Sauveuse n'avait jamais brisé la malédiction. Et ce sera moi le maître de cette ville, évidemment. C'est moi qui vais bâtir ce nouveau Pays Imaginaire après tout.
Comprenant, Félix se mit à sourire.
- Bien sûr. Et comme le temps sera arrêté, tu n'auras pas besoin du cœur d'Henry Mills pour rester immortel à jamais.
- Exactement. À ce sujet…»
S'emparant de la boite de Pandore, il l'ouvrit et oh comme c'était étrange, se dit-il alors qu'il voyait son arrière-petit-fils apparaître juste sous ses yeux, de voir une telle peur et une telle horreur apparaître dans ses propre yeux alors qu'Henry réalisait soudainement à quel point la situation était désespérée.
Pan, lui, se contenta de sourire de plus belle.
Oh comme tout cela était follement amusant et distrayant.
Même s'il était temps d'y mettre un point final.
§§§§
Voyant Gold avec un air soucieux sur le visage, Emma l'interpella.
«Monsieur Gold, est-ce que vous avez vu Regina? Ou Henry? Elle m'a dit qu'ils allaient faire un tour rapide à son caveau et qu'ils auraient rapidement fini, mais ça fait un moment qu'ils sont partis, je comptais y aller, elle ne répond pas au téléphone, vous venez avec moi?
- La boite de Pandore a disparu, lâcha-t-il d'un ton morose.
La blonde se figea, tandis que son mauvais pressentiment refaisait surface de plus belle.
- Quoi?
- Quelqu'un s'est introduit dans ma boutique pour voler la boite, elle n'est plus là.
Emma lui lança un regard empli d'horreur.
- Vous voulez dire que votre boutique qui devrait pourtant être si bien protégée puisqu'elle abritait la boite où votre père est enfermé, ne l'était finalement pas assez?
- Je n'ai pas lancé de sort de protection, et c'était une erreur, reconnut-il, mais personne n'était supposé la prendre!
La fille de Blanche-Neige et David blêmit brusquement.
- Vous… vous croyez que c'est Félix?
Elle avait vérifié récemment, les autres garçons perdus se tenaient bien, surveillés par les fées, et aucun ne manquait à l'appel.
Il hocha la tête.
- Oui, j'allais me rendre au commissariat pour voir s'il était toujours dans sa cellule.
- Mais, attendez… puisque Neal a utilisé de l'ombrève sur lui et qu'il a bu l'eau de la fontaine, et pas votre antidote, il ne devrait pas être en train de mourir?
- Je le sais bien! S'emporta le père de Baelfire. Il devrait déjà être mort à l'heure qu'il est, je… je n'y comprend plus rien.
- Si c'est lui qui a la boite, alors… affirma Emma d'une voix blanche, alors ça veut dire qu'il peut tout à fait libérer Peter Pan.»
Et tout serait à recommencer.
D'un pas pressé, ils atteignirent le commissariat quelques secondes plus tard, y entrèrent pour ensuite constater…
… que la cellule de leur prisonnier était vide.
Emma Swan eut l'impression terrible et abominable que le ciel venait de lui tomber sur la tête.
§§§§
Fébrile, elle prit son téléphone, tandis que Rumplestiltskin examinait de son côté les vidéos de surveillance.
«Regina? L'appela-t-elle, tombant une fois de plus sur sa messagerie, s'il te plaît, réponds moi le plus vite possible, Félix s'est échappé et la boite de Pandore a disparu, on pense qu'il veut libérer Peter Pan, alors toi et Henry, revenez vite, je t'en prie. Fais attention à toi.
- Il n'y a rien, lui affirma le sorcier, rien du tout.»
Pourtant, Félix, vivant au Pays Imaginaire depuis des siècles, ne devait rien connaître au fonctionnement d'une caméra de surveillance, et elle n'avait rien constaté concernant un éventuel sabotage, de plus le garçon perdu ne faisait pas de magie aux dernières nouvelles.
Tout ça n'avait aucun sens.
§§§§
«Qu'est-ce que tu veux? Demanda Henry d'une voix tremblante, une voix que Peter Pan avait dû utiliser peu au cours de sa vie, surtout depuis son marché avec l'ombre de l'île.
- Oh mais te rendre ton corps, c'est tout, et ne t'en fais pas, cette fois, je ne te prendrai pas ton cœur, je n'en ai pas besoin, j'ai tout ce qu'il me faut.
Henry le regarda avec méfiance et confusion, ne comprenant pas ce qu'il se passait, avant de poser son regard sur le puits, les différents ingrédients, le parchemin que Peter Pan tenait dans ce qui aurait dû être ses mains et il comprit.
- Le sort noir.
- Bravo, le félicita-t-il, tu es très malin Henry. Maintenant, si tu permets, cette mascarade a duré assez longtemps pour toi comme pour moi.»
Il utilisa alors sa magie pour procéder à un nouvel échange de corps, et, avant qu'Henry n'ait eu le temps de réagir, pour fuir ou détruire le parchemin, il le fit à nouveau, cette fois pour le figer sur place.
Avant de réduire en poudre la boite de Pandore grâce à un nouveau sortilège, sous le regard horrifié de l'habitant de Storybrooke.
Maintenant, ils ne pourraient plus jamais l'y enfermer.
Quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne, ils avaient déjà perdu.
Incapable de bouger ou de parler, impuissant, le jeune garçon ne put que le regarder s'emparer du parchemin puis des différents ingrédients, avant de les jeter dans le puits.
Puis, il se tourna vers Félix.
«Plus qu'un ingrédient maintenant. Le cœur de la personne que j'aime le plus en ce monde.
Comme si tu étais capable d'aimer qui que ce soit, aurait voulu lui dire Henry.
- Mais… ça ne peut pas être Henry, et ton fils… ton fils n'est pas là.
Pan faillit rire.
S'il avait jamais aimé son fils, ce n'était plus le cas depuis longtemps.
- Sauf que ce n'est pas de lui qu'il s'agit, lui rétorqua-t-il en le regardant droit dans les yeux, mais de la personne qui m'est le plus loyale en ce monde, et quelques secondes plus tard, Félix comprit.
Henry aurait pu avoir de la peine, dans d'autres circonstances, s'il avait été une meilleure personne, mais ce n'était pas ce qu'était le garçon perdu.
Il n'essaya même pas, pas après tout ce qu'il s'était passé.
Ensuite, Peter Pan arracha le cœur de Félix, avant de l'écraser et une fumée violette commença à s'élever du puits, prête à se répandre dans Storybrooke et même si Henry ne l'avait jamais vécu, il savait très bien ce qui allait arriver.
Ce ne fut qu'en sentant les larmes rouler sur ses joues qu'Henry réalisa qu'il pouvait bouger et que Peter Pan l'avait libéré de son sortilège.
L'immortel lui adressa un sourire triomphant.
- Je te laisse t'en aller si tu veux aller retrouver ta famille, passer un dernier moment avec eux. Après tout, il est plus que probable que bientôt, tu ne te souviendras d'aucun d'eux! »
Alors Henry fit ce qu'il avait fait au Pays Imaginaire.
Il courut, le plus vite possible, espérant que sa famille serait capable de sauver ce qui pouvait encore l'être.
§§§§
Emma aurait aimé ne jamais avoir à entrer à nouveau dans le caveau de Regina, particulièrement dans ces circonstances. Elle avait toujours associé cet endroit à ce que la brune avait été autrefois, ce qu'elle était encore si peu de temps auparavant, c'était là que les ténèbres, la noirceur et les cœurs d'innocents arrachés contre leur gré se trouvaient. C'était là qu'elle, Regina et Rumplestiltskin s'étaient réunis pour lutter contre Cora et Crochet.
Une fois de plus, ce maudit caveau allait être pour elle un synonyme de peur, de crainte, de danger et de mauvaises décisions, et elle savait maintenant qu'elle aurait dû empêcher Regina d'y emmener Henry, parce qu'elle ne savait toujours pas ce qui clochait au juste mais maintenant elle le savait.
Plus rien n'allait, et elle n'avait pas la moindre idée de comment arranger les choses.
Quand elle vit que la femme qu'elle aimait était inconsciente, qu'Henry n'était pas là, et que quelque chose venait de se passer sans qu'elle ne puisse déterminer quoi, son mauvais pressentiment devint alors un abîme de terreur dans lequel elle se sentit lentement tomber.
«Rumplestiltskin, est-ce qu'elle… Bredouilla-t-elle, ne parvenant même pas à terminer sa phrase.
Il s'approcha de la reine et secoua la tête.
- Non, elle va bien, elle… elle a juste été endormie par magie.»
Emma se figea, l'angoisse la torturant un peu plus à chaque seconde qui passait.
Pourquoi est-ce que Henry aurait fait ça à sa propre mère et surtout comment?
Ou bien était-ce Félix, ou pire encore que ça, Peter Pan?
Avait-il déjà été libéré de la boite de Pandore, et si oui, où était Henry?
Et aussi…
Oh non.
Non.
Est-ce que l'immortel lui avait repris son cœur?
Ou était son corps dans ce cas?
Lorsque Rumplestiltskin aida Regina à reprendre connaissance en utilisant un sortilège, la blonde eut bien du mal à se retenir de se jeter sur elle pour la prendre dans ses bras.
«Où est Henry? Regina, qu'est-ce qu'il s'est passé?
La sorcière cligna des yeux à plusieurs reprises, comme pour se rappeler où elle se trouvait et ce qui lui était arrivé, avant de se relever, s'appuyant sur le Ténébreux.
- Henry… Henry m'a manipulé. Il voulait que je l'amène dans mon caveau afin de s'emparer du parchemin du Sort noir et une fois qu'il y est parvenu, il m'a… neutralisée.
La princesse et le Ténébreux la regardèrent comme si elle était en train de parler une langue étrangère.
- Mais… lâcha la Sauveuse d'une voix perdue, Regina, c'est… c'est Henry, jamais il ne serait capable de faire une chose pareille, tu le sais aussi bien que moi.
- Je crois que ce n'était pas Henry, je pense qu'en réalité c'était Peter Pan.
- Quoi? S'écria Rumplestiltskin, interloqué.
- Il… il m'a dit, avant que je ne perde conscience, qu'il allait avoir besoin du sort noir et de Storybrooke afin de… de créer un nouveau Pays Imaginaire ici. Je ne sais pas ce qui est arrivé quand on était au Pays Imaginaire, avec la boite de Pandore, mais je pense… je pense que ce n'est pas Henry qui est rentré avec nous.
Dans d'autres circonstances, si la situation n'avait pas été aussi désespérée, Emma aurait blâmé le Ténébreux pour cette erreur, pour cet échec dont il était entièrement responsable, lui qui avait risqué la vie d'Henry en n'en faisant qu'à sa tête pour qu'au final ça ne serve absolument à rien.
Mais ils n'avaient pas le temps, alors à la place, elle se tut. De son côté, Rumplestiltskin repensa de nouveau à l'encre de seiche et se maudit une fois de plus de ne pas l'avoir utilisée, mais il avait pensé sur le moment qu'il n'en aurait pas besoin, que la boite de Pandore serait suffisante.
Que cette fois, il serait plus malin que Peter Pan et saurait le piéger.
Il n'avait pas pensé au fait que son père utiliserait un tour de passe passe, comme toujours, un de plus, alors qu'il aurait dû savoir, plus que quiconque, que Malcolm était passé maître dans l'art de tromper les gens.
- On va le retrouver… Henry, Pan, ou… peu importe. Et cette fois, quand on retrouvera la boite de Pandore, on s'assurera que c'est vraiment celui qui doit l'être qui est enfermé dans cette foutue boite.
- La boite de Pandore a disparu?
- On pensait que Félix l'avait volée, puisqu'il s'est échappé, mais… avec Henry qui n'est peut-être pas Henry, je ne suis plus sûre de rien.
Entendant la sonnerie de son téléphone sonner, Emma décrocha aussitôt.
- Graham, supplia-t-elle le shérif, dis-moi que tu as une bonne nouvelle.
- J'aimerais Emma, crois-moi, j'aimerais vraiment, mais… On a un problème. Une fumée violette est en train de gagner du terrain en ville et j'aimerais me tromper, mais… je crois que c'est le Sort noir. Emma, quelqu'un a lancé le sort noir.
Encore.
- On a retrouvé Regina, elle va bien, et on ne sait pas où est Henry, on arrive, indiqua-t-elle à son collègue avant de raccrocher.
La Sauveuse sentit le sol se dérober sous ses pieds et s'écroula sur le sol, manquant de faire tomber son téléphone.
La malédiction lui avait déjà volé son enfance, et maintenant, elle allait aussi lui voler son futur.
Ce n'était pas juste.
- Emma? Lui demanda Regina, inquiète, Rumplestiltskin arborant lui aussi un air soucieux.
- Il l'a fait, hoqueta-t-elle d'une voix emplie d'angoisse et de désespoir, il… il a lancé la malédiction.
Un silence de mort s'abattit sur eux.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant? Demanda Emma d'une voix de petite fille effrayée.»
Et à sa grande horreur, Regina ne trouva rien à lui répondre.
§§§§
Henry, en retrouvant sa famille, se sentit bien moins soulagé qu'il n'aurait dû l'être.
D'abord parce qu'une malédiction allait bientôt fondre sur eux et que personne ne pourrait les sauver, ni fée, ni Ténébreux, ni sorcière, ni princesse courageuse ni prince charmant intrépide, et Henry découvrait avec amertume une vérité dont il avait déjà conscience mais qu'il aurait préféré oublier ou ignorer.
Les contes de fée n'avaient pas toujours droit à une fin heureuse.
Ils étaient là, réunis près de la mairie de Storybrooke, et le jeune garçon se demanda ce qu'ils savaient, en dehors de l'évidence que personne ne pouvait ignorer, celle de l'arrivée imminente de la malédiction.
«Maman! S'écria-t-il d'une voix forte en apercevant Emma.
Celle-ci, en le voyant, eut un mouvement de recul, le regard empli de méfiance, et il sut aussitôt ce qu'elle voyait en lui.
Peter Pan.
Il ignorait ce que son arrière-grand-père avait fait pendant qu'il occupait son corps, mais ça avait dû être suffisant pour éveiller les soupçons et il sentit son cœur se serrer.
Sa propre famille ne lui faisait plus confiance, n'était plus sûre qu'il soit vraiment lui-même et Peter Pan en était la seule et unique cause.
Henry Mills n'aurait jamais cru un jour haïr quelqu'un autant qu'il le détestait.
- Henry? Demanda la blonde d'une voix hésitante.
Pourquoi Peter Pan revenait-il pour les narguer, n'avait-il pas déjà eu ce qu'il voulait?
Mais justement, il savait qu'ils savaient ou au moins se doutaient de quelque chose, alors inutile de revenir pour remuer le couteau dans la plaie.
- C'est moi, c'est bien moi! Je… j'étais dans la boite de Pandore, Peter Pan a pris ma place en s'accrochant à mon ombre puis il m'a libéré et a échangé à nouveau nos corps quand il a réussi à avoir ce qu'il voulait, il… Il a lancé le sort noir, il a tué Félix, je n'ai rien pu faire et maintenant… c'est trop tard.
Et Emma, tout comme Regina, Neal et le reste de sa famille, surent dans leur cœur que c'était bien leur petit garçon qui se trouvait devant eux.
Malgré le danger, malgré la peur qui dévoraient leurs cœurs, ils le serrèrent tous les trois dans leurs bras, parce qu'ils l'avaient perdu puis retrouvé et au bout du compte, ça n'avait même pas été vrai un seul instant et ils n'avaient rien vu.
- Tu vas bien? Lui demanda Emma.
- Il n'a pas essayé à nouveau de t'arracher le cœur? S'inquiéta Neal.
- Non, il… il n'en a pas besoin, il compte sur le sort noir pour vivre à jamais, mais… mais si on ne peut pas arrêter le sort noir, on peut tout même s'échapper dans un autre monde avant que la malédiction ne nous frappe, non? Les haricots magiques qu'Anton a fait pousser devraient être suffisants.
En voyant les regards lourds de sens que les différents membres de sa famille se lancèrent, Henry sentit l'incompréhension l'envahir.
- Quoi?
- Malheureusement, non, on ne peut pas, lui expliqua le Ténébreux. Peter Pan a dérobé tous les haricots magiques que nous possédions et il a créé une barrière autour du champ. Les fées sont en train d'essayer de briser cet obstacle, mais… elles n'en auront pas le temps, et nous non plus. Je suis désolé Henry.
- Et… et prendre la fuite, dans le monde sans magie, est-ce que…
Regina le regarda d'un air tellement désolé qu'il sut ce qu'elle avait à lui dire avant même qu'elle ne commence à parler.
- Il a érigé une barrière autour de la ville également, comme celle qui était là avant la fin de la malédiction, et pour ça non plus on ne peut rien faire.
- Alors… alors c'est fini? On a perdu?
Regina pensa au parchemin du sort noir, au fait que le détruire les empêcherait de perdre la mémoire mais les ramènerait dans la Forêt Enchantée, détruisant Storybrooke en même temps, mais ne dit rien.
Parce qu'ils n'avaient pas le temps, parce que même si c'était réalisable, Henry ne pourrait pas venir avec eux et se retrouverait seul, avec ou sans souvenirs, elle l'ignorait, seul au monde.
S'il n'y avait pas eu la barrière, elle, Emma et Neal auraient pu venir avec lui, mais personne ne pouvait quitter Storybrooke.
Elle ne pouvait pas faire ça, elle ne pouvait pas infliger à son petit garçon ce qu'Emma avait été forcée de vivre par sa faute.
Ils allaient perdre, tout ce qu'ils avaient bâti au cours des derniers mois allait s'effondrer tel un château de cartes, ils allaient oublier tout ce qui comptait le plus dans leurs existences.
Mais au moins, ils seraient ensemble.
Et puis, Regina Mills l'avait appris à ses dépends, toutes les malédictions étaient destinées à être un jour brisées.
Elle avait envie d'y croire du moins.
- Je vais aller tuer Peter Pan, leur annonça Rumpelstiltskin.
Tous se tournèrent vers lui, stupéfaits.
- Quoi? S'exclama Neal. Je croyais que…
- Je peux le tuer, lui révéla son père, faisant appel à son ombre pour qu'elle lui rende sa dague, la seule chose qui pourrait le débarasser une bonne fois pour toutes de son père. Mais… mais le prix que je devrai payer sera immense.»
Ce fut à ce moment-là que Neal Cassidy se souvint de la prophétie dont lui avait parlé son père.
Henry était censé causer sa perte .
Il arrêta de respirer pendant quelques secondes.
Il ne pouvait pas perdre son père juste avant de voir tout son univers s'effondrer, il ne le pouvait pas.
Son père lui sourit alors, d'un sourire empreint d'une tristesse infinie.
«Je suis désolé Neal, je suis tellement désolé… Je sais que je t'avais promis de faire mieux cette fois, de ne plus jamais t'abandonner. Les choses n'étaient pas censés se passer comme ça.»
Puis l'immortel disparut dans un nuage de fumée violette et seule l'étreinte de Killian lui permit de ne pas s'effondrer.
Cela ne l'empêcha pas de fondre en sanglots alors qu'il pensait à tout ce qu'il allait perdre une fois de plus, tout ce qui allait lui être arraché sans qu'il ne puisse rien y faire.
§§§§
Tout allait de travers, de toutes les pires manières possibles, et il ne pouvait même pas arranger les choses.
Tout ce qu'il pouvait faire, s'il y parvenait, c'était limiter les dégâts, empêcher qu'un nouveau tyran règne sur une Storybrooke maudite et amnésique en tuant son père.
Il mourrait dans le processus, il n'en doutait pas, mais ce n'était pas grave, pas si ça donnait une chance à Neal, à Henry, à Belle (Belle… il n'avait même pas pu lui dire au revoir) et au reste de Storybrooke d'un jour briser la malédiction sans devoir vivre sous le joug du monstre qu'était devenu son père.
Si quelqu'un y parvenait en tout cas, parce que cette fois, il n'y aurait ni prophétie, ni Sauveuse, parce que personne ne se souviendrait hormis Peter Pan s'il échouait, parce qu'il n'y aurait pas, jusqu'à preuve du contraire de petit garçon persuadé de l'existence de choses qui n'étaient pas supposées être réelles.
Il allait devoir faire ce qu'Henry avait toujours fait depuis qu'il avait commencé à croire en la magie.
Avoir foi en eux.
Puisqu'il ne serait de toute façon pas là pour voir ça.
Mais son père n'était nulle part, il n'arrivait pas à le trouver, et il réalisa alors qu'il faisait tout pour qu'il n'y parvienne pas, il jouait avec lui, une fois de plus, et même si ça n'avait pas vraiment marché la dernière fois, il avait déjà été piégé par son fils, il ne semblait pas vouloir retenter l'expérience.
Sa dague ne pourrait pas accomplir de miracles, l'encre de seiche ne lui servirait à rien, et en comprenant que sa quête était perdue d'avance, il se demanda si Peter Pan laisserait la magie exister à Storybrooke après la malédiction et si oui, s'il allait s'emparer de la dague et le contrôler à sa guise comme la marionnette qu'il n'avait jamais voulu être.
Cette simple pensée suffit à lui donner envie de hurler d'horreur.
Puis il vit la malédiction qui gagnait de plus en plus de terrain, engloutissant tout sur son passage et il ferma les yeux, résigné à subir le même sort que les autres.
C'était presque drôle au bout du compte.
En un sens, Henry avait vraiment causé sa perte, songea-t-il alors que la fumée violette se rapprochait de plus en plus de lui.
§§§§
Neal se sentait incapable de hurler, tellement il se sentait vide.
Tous ces efforts, toutes ces souffrances, tout ce chemin parcouru, pour réparer sa relation avec son père, nouer des liens avec son fils, se faire pardonner d'Emma, il était tombé amoureux de la personne la plus improbable possible, il avait sauvé son fils et tout ça…
Tout ça pour rien .
Il vit Belle se diriger vers eux, à qui Blanche-Neige dut expliquer que l'homme qu'elle aimait était peut-être mort et la bibliothécaire s'écroula, hurlant sa douleur à plein poumons.
Regina et Emma se serrèrent l'une contre l'autre, entraînant Henry dans leur étreinte, tentant de lui cacher leurs larmes et leur peur, sans succès.
La malédiction était là, Peter Pan avait gagné, quoi qu'il arrive, qu'il vive ou qu'il meurt, et le jeune homme serra la main du pirate dans la sienne avant de le regarder, constatant qu'il était incapable de parler lui aussi.
Oh comme il aurait aimé qu'ils aient plus de temps.
Alors, puisqu'ils allaient tout perdre d'une seconde à l'autre, puisqu'il était déjà trop tard, il l'embrassa avec l'énergie du désespoir, tandis que Killian le serrait dans ses bras, contre lui, tellement fort, comme s'il n'allait jamais le lâcher.
La seule chose qui le réconforta un peu fut la certitude que, d'ici quelques minutes ou secondes, il ne ne se souviendrait même plus pourquoi il était en train de pleurer.
A suivre…
Et voilà, fin de l'arc! S'écroule. Putain, c'était long, et pour le prochain, je vais faire une pause, le temps de réfléchir à ce que je vais mettre dedans vu que ah ah là y a plus aucune attache au canon et je suis totalement en roue libre, yeah!
Notes:
Titre du 05/02/2025 : Retour à la case départ
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
Situation 1093 : A perd espoir et a raison de le faire
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Trois cents douzième baiser : Un baiser entre deux personnes du même sexe
Objet magique 6: La dague du Ténébreux (OUAT)
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Défi des adultes 397 - Écrire une death-fic
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Liste 42
1. Un appel téléphonique
2. Placer le mot "s'il te plaît"
3. Mention de la couleur rouge
4. 500 mots min
Trente septième défi extrême : Terminer 5 défis en une fanfiction et écrire 5 000 mots
Quatre aspects d'… Angie (Partie 2) : Queen Swan : Écrire sur une reine ou sur un perso qui a un nom d'animal
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
19 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, 1001 situations, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, objets magiques, prompts infinis, cassons les préjugés, défis des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, les contraintes, défis de l'extrême, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 142: L'oublié.
Notes:
Et début d'un nouvel arc, yeah! J'ai absolument aucune idée d'où je vais mais on va se marrer (enfin, pas tout le monde).
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Parfois – souvent – Zelena avait le sentiment que quoi qu'elle fasse, elle allait forcément échouer.
C'était, en un sens, presque inévitable de toute façon, et n'importe qui avec un peu de bon sens et connaissant son projet le lui aurait dit, lui aurait conseillé de laisser tomber, d'abandonner.
Parce qu'à première vue, c'était sans espoir.
Après tout, elle s'était lancée dans une entreprise que beaucoup auraient qualifiée d'impossible, voyager dans le temps, braver l'interdit, briser une des trois règles de la magie, réputées immuables, ce n'était pas rien.
Pourtant, malgré ça, la rousse s'accrochait, bien décidée d'aller jusqu'au bout.
Elle était la méchante sorcière de l'ouest, elle avait survécu à bien des choses, à son enfance en premier lieu et à son père adoptif, elle était puissante et forte, elle était une battante et une survivante, elle s'en était toujours sortie et elle s'en sortirait toujours, du moins elle voulait y croire.
Elle était une sorcière, une guerrière, une combattante, et elle allait y arriver, elle lancerait ce sortilège de voyage dans le temps, quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne, quel que soit le prix à payer, par elle, ou par d'autres.
Mais…
Mais si elle avait bien conscience de la difficulté de la tâche, c'était aussi et surtout parce que…
Parce qu'elle était seule.
Horriblement et terriblement seule au monde, encore, pas de famille, pas de proches, pas de soutiens, pas d'alliés, personne à ses côtés pour la soutenir, la protéger ou l'encourager, personne pour l'aimer, rien à part du vide.
Tout ce qu'elle avait, c'était ses singes volants qui n'avaient jamais choisi d'être là, et elle pensa furtivement à Regina qui avait elle aussi été dans la même situation qu'elle des années plus tôt.
(Et elle avait réussi à atteindre son but, elle, et la rousse avait bien l'intention d'en faire de même.)
Elle aurait pu ne pas l'être pourtant, ne pas vivre dans ce palais vide et froid, elle aurait pu avoir autre chose, elle aurait pu avoir un dieu à ses côtés, si elle avait dit oui à Hadès, si elle…
La sorcière ferma les yeux pendant quelques secondes, agacée.
Pourquoi?
Pourquoi est-ce que ce souvenir lui revenait en tête alors que cela faisait une éternité qu'elle n'y avait plus repensé, pourquoi maintenant?
En réalité, si elle était honnête avec elle-même, elle savait très bien pourquoi, parce qu'elle avait songé à sa vengeance contre sa demie-sœur, donc à Regina.
Regina qui lui avait tendu la main, qui lui avait proposé de faire parti de sa famille, elle qui ne ressentait pourtant que dédain, mépris et haine envers elle, qui avait juré de se venger de celle qui avait eu ce à quoi elle n'avait jamais eu droit.
Hadès aussi avait fait cela, autrefois, il lui avait tendu la main lui aussi, lui avait proposé une famille, il lui avait dit qu'il l'aimait, mais ce n'était pas possible, évidemment, ça ne pouvait être qu'une tromperie, qu'un mensonge, parce que personne ne pouvait l'aimer, parce qu'elle n'était rien d'autre qu'un monstre.
Son père adoptif le lui avait suffisamment répété pour qu'elle finisse par y croire et il lui suffisait de se regarder dans une glace ou d'être aperçue par qui que ce soit pour s'en rendre compte.
Et après tout, si Regina disait la vérité – ce dont elle doutait toujours – alors ça signifiait que leur mère l'avait abandonnée par deux fois alors qu'elle aurait pu faire autrement la deuxième fois.
Qui lui disait que le dieu n'en ferait pas de même, qu'elle ne serait pas suffisante pour lui non plus, que le véritable amour, si c'était bien ce qu'ils avaient ensemble, ne serait pas suffisant?
Surtout qu'elle n'était pas la seule à être obsédée par la vengeance, lui aussi voulait se venger d'un adelphe qu'il haïssait, lui aussi était prêt à tout pour ça, et comment être sûre qu'il ne voulait pas seulement se servir d'elle pour obtenir ce qu'il voulait depuis toujours?
Elle était seule parce qu'elle les avait rejetés, tout comme elle avait toujours rejeté tout le monde, parce qu'elle avait peur, parce qu'elle ne pouvait pas leur faire confiance, parce qu'elle ne pouvait faire confiance à personne.
Parce que c'était mieux comme ça.
Parce que si elle fuyait la première, alors personne ne pouvait la blesser ou lui faire du mal, personne ne pouvait la trahir.
Parce que de toute façon, tout ce qui comptait pour elle c'était d'obtenir sa vengeance, de tout faire pour que sa mère n'ait pas à l'abandonner, de tuer la princesse Eva avant qu'elle ne révèle le secret de Cora au roi Léopold, et peut-être que si elle devenait reine, alors sa mère ne se changerait pas en monstre cette fois.
Peut-être que ce serait suffisant pour elle, qu'avoir le pouvoir, la royauté, serait assez, qu'elle n'apprendrait pas la magie auprès du Ténébreux, que Zelena lui suffirait aussi, qu'elle pourrait être la mère aimante qu'elle n'avait jamais été.
Peut-être qu'ainsi tout irait bien, tout s'arrangerait, et si Regina ne naissait jamais, alors Rumplestiltskin devrait trouver quelqu'un d'autre pour lancer le Sort noir à sa place.
Ce n'était pas son problème.
Ça ne le serait plus jamais, elle allait faire ce qu'elle avait à faire, elle allait avoir une famille, reprendre ce qui lui revenait de droit, prendre la place de sa demie-sœur, elle allait avoir une fin heureuse et elle allait gagner.
Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était trouver les ingrédients dont elle avait besoin, quatre symboles différents, un pour la sagesse, un pour le courage, un pour l'amour et un pour l'innocence.
Elle pouvait y parvenir, elle en était persuadée.
Repensant à Hadès, elle écarta l'idée de lui demander de l'aide quelques secondes après.
Jusque-là, elle s'était débrouillée seule et elle le faisait depuis des années.
Elle avait bien l'intention de continuer ainsi.
(Elle refusait de lui devoir quoi que ce soit, tout comme elle refusait la possibilité de sentir son cœur battre à nouveau si jamais elle le revoyait, de risquer d'être détournée de son but par sa faute, parce que, comme disait Cora, l'amour était une faiblesse, et peut-être était-ce elle qui avait raison au bout du compte.)
§§§§
Cela faisait déjà plusieurs mois que Rumplestiltskin et Regina étaient venus la voir, et Zelena l'admettait sans peine mais avec malgré tout un certain agacement, elle n'avait fait absolument aucun progrès.
Enfin, ce n'était pas vrai, pas totalement, elle avait affronté Dorothy, une fois de plus, elle n'avait pas réussi à la vaincre cette fois, et la jeune fille s'était enfuie peu après, sans doute pour un autre monde, après avoir récupéré un haricot magique.
Avec un peu de chance, elle ne reviendrait jamais à Oz.
Mais, en revanche, Zelena pouvait s'enorgueillir d'avoir avec succès pris quelque chose à son ennemie.
Ses souliers d'argent, ceux qu'elle possédait autrefois, et qu'elle récupérait, enfin, et elle n'avait pas pu empêcher un grand sourire de se dessiner sur son visage quand elle était parvenue à mettre la main sur le précieux objet magique.
Elle pouvait aller où elle voulait, dans le monde de son choix, puis en repartir, elle pouvait se rendre dans le monde sans magie, à Storybrooke, elle pouvait aller narguer sa demie-sœur, la défier, elle ou Rumplestiltskin, puis disparaître sans qu'ils ne sachent où elle allait.
Partir puis revenir, changer d'apparence, se faire passer pour quelqu'un d'autre, tout faire pour qu'ils sachent qu'elle était là sans jamais savoir où ou même qui elle était.
Faire peser sur eux une épée de Damoclès emplie de peur et d'angoisse.
(Si elle avait su que d'ici peu une nouvelle malédiction allait frapper la ville et tous ses habitants, elle aurait su qu'il fallait éviter cette ville comme la peste.)
Elle avait décidé de n'en rien faire, pas par compassion ou charité, ou parce qu'elle doutait de vouloir se venger, non, mais seulement parce qu'à nouveau, elle était seule.
À Storybrooke, il y avait Regina, Rumplestiltskin, les fées et aussi la Sauveuse, et la souveraine d'Oz se savait puissante, mais elle n'était pas arrogante au point de croire qu'elle pourrait tous les battre à elle toute seule.
Après tout, Cora avait été vaincue et c'était pourtant l'une des sorcières les plus puissantes qu'elle connaissait, et de toute façon, ce n'était pas son intention.
Elle n'allait pas les affronter, sauf si elle n'avait pas d'autre choix, et que sa quête d'ingrédients pour lancer son sortilège afin de remonter dans le temps continuait de piétiner et n'avançait nulle part.
À ce moment-là, elle aviserait, et encore, elle doutait que ce soit une bonne idée, après tout Regina, Rumplestiltskin et les autres devaient connaître son existence et s'étaient sans doute préparés à sa venue potentielle, et surtout, elle était seule, sans alliés.
Elle ne ferait pas le poids contre eux, pas assez longtemps, pas si elle ne pouvait pas s'emparer de la dague du Ténébreux (et connaissant son ancien mentor, il avait dû soigneusement la cacher) et si elle avait eu un dieu à ses côtés, même son cœur ne battait plus et que ses pouvoirs étaient diminués, elle aurait pu…
(Rapidement elle chassa cette idée de son esprit, elle pouvait faire appel à lui et même aller lui rendre visite aux Enfers, mais elle ne le ferait pas.
Elle ne lui demanderait pas d'aide.
Elle allait s'en sortir seule, comme elle l'avait toujours fait, elle le devait, afin de prouver au monde qu'elle en était capable.
Elle n'avait pas l'intention de revoir le dieu, c'était elle qui l'avait chassé de sa vie autrefois, elle ne voulait plus qu'il en fasse parti.
Elle se rappela de ce que l'ancienne méchante reine avait dit, à propos de l'eau du Léthé, et il était le dieu des enfers, le dieu des morts, il aurait pu l'aider à y voir plus clair, mais elle était encore bien trop têtue, bornée et obstinée pour envisager cette solution.
Pour le moment.)
Elle n'abandonnerait pas, pas sans combattre et elle trouverait une manière d'avoir ce qu'elle voulait, seule, elle était persuadée.
Même si elle ne savait pas encore comment.
§§§§
Elle devait se rendre à l'évidence.
Le temps filait et elle n'avait toujours rien réussi à accomplir, malgré tous ses efforts.
Maintenant, elle n'était même plus sûre d'avoir assez de temps, parce que Rumplestiltskin et Regina l'avaient prise de vitesse, ils étaient venus la voir, ils savaient qu'elle tenait toujours à se venger, ils savaient où elle vivait.
Et même s'ils ignoraient quel était son projet, ils la savaient dangereuse, et rien ne disait qu'un jour ils ne viendraient pas à Oz pour tenter de la neutraliser, ou même la chercher dans un autre monde si jamais elle fuyait quelque part.
Ils le pouvaient à présent, ils avaient assez de haricots magiques à leur disposition pour ça.
(Si elle avait su qu'à l'heure actuelle, aucun d'eux deux ne se souvenait d'elle ou de qui elle était, elle ne se serait pas autant inquiétée.)
Elle comprenait mieux maintenant pourquoi personne n'avait encore réussi à voyager dans le temps jusque-là et elle dut faire le constat amer qu'elle allait devoir aller aux Enfers.
Elle devait parler à Hadès et essayer de faire ce qu'elle n'avait jamais fait depuis sa mésaventure avec Glinda et les autres sorcières d'Oz.
Faire confiance à quelqu'un.
En espérant que ça ne se retournerait pas contre elle.
§ §§§
Lundi 2 juillet 2012 .
Quand Killian Jones se réveilla en se souvenant de son nom et de qui il était, il ne comprit pas ce qu'il se passait.
Il se souvenait de bien plus de choses qu'il n'aurait dû, réalisa-t-il, confus et perdu, il se souvenait de la fumée violette, de la peur et du désespoir, il se souvenait s'être dit qu'une fois de plus ses chances de bonheur lui échappaient et que c'était encore la faute de Peter Pan.
Il se souvenait de tout le reste aussi, de la magie, de la malédiction qui allait bientôt s'abattre sur eux sans qui que ce soit ne puisse rien y faire, pas même Regina, Emma ou le Crocodile, il se rappelait de l'urgence, du temps qui leur était compté, de ce dernier baiser désespéré échangé avec Neal, eux qui se perdaient alors qu'ils venaient à peine de se retrouver.
Il se souvenait aussi s'être dit qu'il aurait souhaité avoir plus de temps.
Il était à Storybrooke, cela, il en était quasiment certain, la pièce dans laquelle il se trouvait ne ressemblait à rien de qui aurait pu se trouver dans la Forêt Enchantée, et ça correspondait de toute façon bien à ce qui était prévu, à ce que Henry leur avait révélé à propos du projet de Peter Pan.
Créer un nouveau Pays Imaginaire dont il serait le roi, le souverain, le maître incontesté, pour toujours, immortel à jamais, sans la moindre contrainte, tandis qu'eux seraient ses prisonniers sans même le savoir et un frisson d'horreur le traversa.
Si tel était le cas, si ça avait marché, si ça avait réussi et puisque la malédiction n'avait de toute évidence pas été brisée, pas aussi vite, pas après si peu de temps, pas sans qu'il s'en rende compte, supposa-t-il, alors dans ce cas…
Pourquoi se souvenait-il toujours?
Son cerveau était embrumé, il avait des flash et des visions qu'il ne comprenait pas vraiment, tout était flou dans sa tête, mais il savait qui il était.
Killian Jones, le capitaine Crochet, fils d'Alice et Brennan Jones, frère de Liam Jones, ancien ennemi et allié temporaire voire à long terme du Ténébreux, un pirate tombé amoureux de Neal Cassidy, qui avait sauvé Henry Mils de Peter Pan,et il se rappelait de tout cela, il savait que c'était vrai.
Il n'avait pas été maudit semble-t-il et ça n'avait pas le moindre foutu sens.
Personne ne les avait sauvés à la dernière minute, ils n'avaient pas pris la fuite, la malédiction avait touché la ville entière, tout le monde sans exception, pourquoi aurait-il été épargné?
Il n'était plus au même endroit qu'avant de toute façon, alors les choses avaient vraiment changé, il était dans une pièce fermée à clef dont il ne pouvait pas sortir, pas la cellule où il était enfermé quand il était encore en prison.
Où était-il alors?
Puis il baissa les yeux au niveau de ses bras et deux détails lui sautèrent immédiatement aux yeux.
Son crochet avait disparu et avait été remplacé par une prothèse, ce qui ne l'étonna pas vraiment, les gens du monde sans magie se baladaient rarement avec un crochet à la place de la main, et…
Et son tatouage avait disparu.
Son identité toute entière avait été effacée, constata-t-il, amer, et il serra les poings, sentant la colère l'envahir, ainsi que le désespoir et l'abattement.
Il était seul, enfermé et il ne pouvait rien faire.
Et il ne savait toujours pas pourquoi il n'avait pas perdu la mémoire.
L'infime espoir que la malédiction ait échoué le traversa, mais il l'abandonna rapidement, le Sort noir était efficace et ne pouvait pas avoir raté.
Il en doutait en tout cas, ça aurait été trop beau pour être vrai.
Lorsqu'il réalisa que quelqu'un était en train d'ouvrir la porte, il pria de toutes ses forces pour un miracle.
Les dieux, quels qu'ils soient, ne l'entendirent pas ou n'exaucèrent pas son souhait puisque lorsque la porte s'ouvrit, il se trouva face à la dernière personne qu'il avait envie de voir.
Peter Pan.
Celui-ci lui sourit avec un sourire ravi et cruel.
«Bonjour Killian! Comment vas-tu?»
Mais putain qu'est-ce que c'est que ce bordel?
A suivre …
Notes:
Titre du 31/01/2023 : L'oublié
Vierge : Zelena (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
Z : Zelena
Créature 38 : Sorcière
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Khonshu (Marvel) : Dieu : Écrire sur une divinité ou sur un personnage qui se veut l'égal d'un dieu
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 143: Le cauchemar continue.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
«Qu'est-ce que tu veux Pan? S'écria aussitôt le pirate avec méfiance, avant d'aussitôt le regretter quelques secondes plus tard.
Il aurait dû feindre l'ignorance, se faire passer pour amnésique, lui faire croire qu'il était maudit, comme tous les autres (parce qu'il ne pouvait pas en être autrement, si l'immortel était là, si triomphant, alors c'est qu'il avait gagné et qu'il n'y avait plus d'espoir), ne pas répondre à un nom qui n'était plus le sien (il ne savait pas de quel nom il s'agissait, il ne s'en souvenait pas assez bien) ni employer celui que son ennemi ne portait sans doute plus non plus.
Parce qu'ils étaient dans le monde sans magie maintenant, et personne ne s'y appelait Peter Pan aux dernières nouvelles.
En voyant le sourire du nouveau maître de Storybrooke s'élargir, il sut aussitôt qu'il avait fait une erreur.
- Oh. Voilà qui est intéressant. Je m'en doutais mais je n'en étais pas vraiment sûr.
Le brun sentit un désagréable frisson d'horreur le traverser, il n'avait aucune idée de ce dont il était en train de parler mais il avait en revanche une certitude.
Ça ne lui plairait pas.
- Quoi? Demanda-t-il, se demandant s'il pourrait peut-être le bousculer pour ensuite sortir de la pièce avant de rapidement abandonner l'idée.
Peut-être aurait-il pu, il était sans doute plus fort que lui physiquement, même si ça ne pouvait marcher que s'il n'y avait pas de magie à Storybrooke, comme durant la première malédiction, mais ça il n'en savait rien, et surtout, il ne savait pas combien de pièces et de portes il devrait franchir avant de pouvoir sortir, combien de gens il risquait de croiser, il se ravisa donc.
Surtout, il ne savait pas si ça changerait réellement grand-chose, si ça ferait une différence et si Peter Pan n'avait pas fermé la porte derrière lui, c'était probablement parce qu'il avait déjà conscience de tout ça.
Et de toute façon, à quoi bon fuir s'il ne comprenait absolument rien à ce qu'il se passait?
Même si son interlocuteur n'allait rien faire d'autre que le railler et peut-être lui mentir, il était aussi le seul à pouvoir lui apprendre ce qu'il était advenu de Storybrooke.
Et même s'il savait d'avance qu'il y aurait des choses qu'il n'aurait définitivement pas envie d'entendre, Killian se prépara à les écouter.
- Tout simplement que, contrairement à tous les autres, tu n'avais pas perdu la mémoire.
Il fronça les sourcils.
- Comment est-ce que tu l'as su?
Pour ce qu'il en savait, la malédiction venait à peine d'être lancée, ou du moins c'était arrivé quelques heures plus tôt, si jamais il avait dormi durant plus d'une journée entière, il ne s'était encore rien passé pour le moment qui aurait pu le lui faire croire.
Il n'avait littéralement rien fait depuis qu'il avait repris conscience, à part se poser bien trop de questions auxquelles il n'avait aucune réponse.
- C'est moi qui ai lancé la malédiction, tu te rappelles? Ici et maintenant c'est moi qui ai le contrôle, pas Regina.
Oh je ne le sais que trop bien, songea le capitaine Crochet avec amertume.
Ils avaient failli gagner pourtant, ils auraient dû, ils s'étaient tous battus pour ça, jusqu'au bout et pourtant ça n'avait même pas été suffisant.
Il sentit un affreux pressentiment l'envahir.
- Est-ce que tu l'as fait exprès?
Il ne savait pas s'il en était capable, il n'était pas un sorcier, il ne connaissait rien en magie, il ne savait pas grand-chose sur le Sort noir non plus, mais si jamais c'était le cas, s'il pouvait le faire et qu'il l'avait fait par jeu, par simple cruauté, ça…
Ça ne l'étonnait absolument pas en vérité.
Se souvenir et savoir qu'on ne pouvait rien y changer, qu'on avait perdu forcément quoi qu'il arrive, qu'on était seul au monde, il n'y avait sans doute pas de pire sensation au monde.
Peter Pan secoua la tête.
- Non. En vérité je n'y ai même pas songé, et je n'ai pas non plus à le faire, mais je dois avouer que ça m'amuse. C'est une distraction plutôt plaisante et assez bienvenue, je dois l'avouer.
Arrête de faire ça, aurait voulu lui hurler Killian, arrête d'agir comme si nos vies n'étaient qu'un jeu, comme si elles n'avaient pas la moindre importance, comme si elles n'avaient aucune valeur.
Comme si tout ce qui comptait c'était toi et tes foutues ambitions mégalomaniaques.
- La malédiction a fait cela d'elle-même, poursuivit-il, comme si elle avait voulu que je continue à me divertir grâce à vous tous, ou comme si… comme si c'était un impératif quand on lance le Sort noir. Peut-être que le prix à payer pour qu'un sort noir soit effectif c'est le fait que quelqu'un se rappelle malgré tout, malgré l'oubli général. Après tout, c'est bien ce qui est arrivé la dernière fois avec Jefferson.
Jefferson.
Le chapelier fou, se rappela-t-il, il en avait un peu entendu parler, mais en dehors du fait que tout comme lui il était passé par le Pays des merveilles (il y était juste resté plus longtemps que lui), il ne savait pas beaucoup de choses à son sujet.
Il ne demanda pas non plus à Peter Pan comment il savait ce qu'il savait, parce que c'était Peter Pan, et il leur avait déjà démontré par le passé qu'il savait tout, ou presque.
Il haussa un sourcil perplexe.
- Comment cela?
- Jefferson a vécu la dernière malédiction en étant séparé de sa fille et il a vécu durant vingt-huit longues années avec deux vies dans la tête, la vraie et la fausse. Pendant tout ce temps, il s'est souvenu de qui il était et de ce qu'il avait perdu. Tout comme toi.
Killian Jones blêmit aussitôt et son cœur se serra.
Non.
Il ne pouvait pas endurer la même chose, il ne voulait avoir l'esprit déchiré entre deux réalités, entre deux vies, entre deux versions de l'histoire, et pourtant il sentait déjà malgré lui les faux souvenirs commencer à l'envahir de plus en plus sans qu'il ne puisse rien y faire et seigneur dieu, il ne savait pas depuis quand il s'était senti aussi impuissant.
Au moins sur l'île, quand ils étaient encore coincés au Pays Imaginaire, ils avaient encore une chance de s'en sortir, de gagner, ils avaient la magie de leur côté, mais maintenant…
Maintenant ils n'étaient plus eux-mêmes, Peter Pan leur avait tout pris et Killian ne pouvait rien y faire, parce qu'il n'était pas un sorcier et parce que rien de ce qu'il aurait pu tenter n'aurait servi à quoi que ce soit.
C'était sans doute pour ça que la malédiction l'avait choisi lui au lieu de n'importe qui d'autre.
Parce qu'il était complètement inoffensif.
Parce qu'il ne pouvait rien faire contre Peter Pan, surtout si ce dernier avait toujours sa magie et…
Est-ce que c'était toujours le cas?
Sans doute que non, d'après les bribes de souvenirs qui affleuraient à la surface dans son esprit, lui-même était supposé être James Rogers, il avait toujours vécu à Storybrooke, depuis sa naissance, et jamais la magie n'avait été perçue comme autre chose qu'une invention provenant des contes de fées ou des romans de fantasy.
- Je suppose que la magie n'existe plus désormais.
En dehors du sort de protection autour de la ville, évidemment, le sorcier ne voulait pas que quelqu'un puisse quitter Storybrooke ou y entrer et briser son merveilleux cauchemar en mille morceaux.
D'une certaine manière, ça les aurait sans doute arrangés, après tout, si celui qui les enfermait dans une prison temporelle éternelle ne pouvait plus utiliser la magie et être aussi puissant qu'avant, peut-être que Killian pourrait enfin le tuer, peut-être qu'il n'était plus invulnérable ni même immortel.
Peut-être qu'une fois mort, il ne serait plus un obstacle face à ses efforts pour briser la malédiction, peut-être qu'il y avait un moyen d'y arriver, peut-être qu'il pouvait…
Peter Pan continua de lui sourire avec le même air arrogant qu'il arborait en permanence.
Et en une seule phrase, il brisa instantanément tous ses espoirs à ce sujet.
- Pas officiellement du moins.
Le pirate sentit son cœur tomber telle une pierre dans son estomac et sa gorge se noua.
Il eut le bref espoir que son ennemi soit en train de lui mentir, puis Pan fit apparaître une boule de feu dans ses mains et tout s'écroula une fois de plus.
- Je vois.
Il sentit son cerveau réfléchir à toute vitesse, tenter de trouver une solution, quelque chose et si la magie était toujours présente à Storybrooke, est-ce que ça voulait dire que…
Les fées, Regina, Emma, le Ténébreux, ils pouvaient toujours s'en servir en théorie, pas vrai?
Ils étaient tous moins puissants que lui, mais s'ils retrouvaient leurs pouvoirs, parvenaient à les utiliser, sans doute douteraient-ils, croiraient-ils en la malédiction, voire retrouveraient leurs souvenirs.
Tout n'était pas perdu, il avait encore une chance d'arranger les choses.
Mais alors dans ce cas-là, s'il avait raison, pourquoi Peter Pan continuait-il de sourire comme s'il contrôlait absolument tout et que son pouvoir était sans limites?
- Si tu penses pouvoir compter sur mon fils, la Sauveuse, la méchante reine ou une des fées pour te sortir de là alors tu te trompes lourdement capitaine. C'est moi qui contrôle tout dans cette ville, tu te rappelles? Ça inclut la magie. Et tu peux me croire, même s'ils possèdent tous encore leurs pouvoirs, aucun d'eux ne pourra s'en resservir, leur propre esprit les en empêchera, et ce même si tu fais tout pour les convaincre de l'existence de la magie ou de la malédiction. Après tout, la magie n'existe pas et n'a jamais existé, pas vrai?
Évidemment.
Ce salopard avait tout prévu, comme toujours, et pendant quelques secondes, il n'arriva plus à respirer.
Puis il tenta de se calmer et déclara d'une voix qu'il espérait assurée:
- Je ne suis pas sûr de te croire entièrement à ce sujet. Je ne peux pas être convaincu que tout aussi puissant sorcier que tu sois, tu ais réussi à briser les pouvoirs du Ténébreux en personne.
L'immortel se contenta de hausser les épaules et il ne savait pas quelle réponse il avait prévu mais il savait d'avance qu'elle ne lui plairait pas.
- Tu as entièrement raison en effet, approuva-t-il, pas aussi rapidement du moins, pas juste après avoir lancé la malédiction, pas après un temps d'adaptation ou en supprimant entièrement la magie en ville. Seulement, tout devient plus facile quand on est celui qui tire les ficelles.
Puis, il fit apparaître devant les yeux du petit frère de Liam Jones l'objet même qu'il avait passé tellement de temps à chercher depuis qu'il connaissait son existence, la seule et unique chose en ce monde capable de tuer le Ténébreux quand ce dernier n'était pas dans un monde dépourvu de magie.
Sa dague.
Non.
C'était encore pire que ce qu'il avait cru.
Même s'il parvenait à réveiller Regina ou Emma, voire les deux, ou les fées, même si elles retrouvaient leurs pouvoirs, ça ne changerait rien.
Parce que Rumplestiltskin était devenu la marionnette de son père, sans même le savoir, et que le pirate ne pourrait rien y faire, et qu'il était le plus puissant sorcier de la ville après Pan.
Il dût accepter l'inévitable.
Ils avaient perdu.
D'un claquement de doigt, le chef des garçons perdus fit disparaître la dague, la replaçant très probablement dans sa cachette.
- Et n'espère surtout pas pouvoir réussir à la trouver. Vois-tu Killian, contrairement à mon fils, je sais garder en lieu sûr les objets qui me sont précieux.
Le pirate sentit la nausée l'envahir.
- Est-ce que tu es venu seulement pour me dire ça? Pour me narguer et me dire à quel point j'ai échoué, perdu, que je ne pourrai rien faire pour te vaincre?
- Je pourrais oui. Ce serait suffisant non? De te prouver une fois de plus que moi, Peter Pan, je n'échoue jamais.
Pour la toute première fois, Killian réalisa avec horreur et effroi qu'il le croyait.
Il avait causé la mort de son grand frère, il avait fait souffrir Baelfire pendant une éternité, il avait enlevé Henry, il avait failli le tuer, et maintenant ça?
Quand seraient-ils enfin délivrés de lui?
Sans doute jamais, et c'était probablement ça le pire dans cette histoire.
- Si ce n'est pas que pour ça, alors dans ce cas… pourquoi?
- Pour te dire que tu étais libre.
Killian le regarda avec incrédulité et suspicion.
- Quoi?
- Tu peux partir, tu peux t'en aller. Après tout, te regarder te débattre et tenter en vain d'arranger les choses sera bien plus drôle que de te regarder te morfondre parce que tu ne peux rien faire pour sauver qui que ce soit. Ça ne changera absolument pas quand tu seras dehors, mais tu peux toujours essayer. Je ne te retiens pas. Je t'ai enfermé là où Belle se trouvait durant la première malédiction, j'ai pensé que ça pourrait être un parallèle drôle.
- Où est-ce que je suis exactement?
- Dans l'asile psychiatrique de l'hôpital de Storybrooke.
Oh.
Il commençait à se souvenir maintenant.
Bien évidemment, vu les circonstances, il avait encore moins de chance qu'on l'écoute, si jamais il en avait eu une tout court avant…
- Je suis enfermé et personne n'y trouve à y redire, alors dans ce cas-là… pourquoi me laisser m'en aller?
Un sourire narquois se dessina à nouveau sur le visage de Peter Pan.
- Parce que gagner est bien plus drôle quand on n'est pas le seul à le savoir.
- Je pourrais briser la malédiction, le provoqua-t-il tout en sachant que c'était parfaitement stupide, parce que Pan le laissait sortir, alors pourquoi lui donner des raisons de revenir sur sa décision?
Cette fois, il éclata tout bonnement de rire.
- Oui, tu pourrais. Bonne chance pour ça, il faudrait encore que tu puisses le faire grâce à un baiser d'amour véritable et puisque Neal te déteste à nouveau dans cette vie, ça ne risque pas d'arriver. Bonne chance capitaine, mais je ne m'inquiète sincèrement pas à ce sujet.»
Le pirate ne se souvenait pas encore de pourquoi Baelfire le haïssait sous cette malédiction, et il n'avait vraiment pas envie de s'en rappeler.
Quand il quitta l'hôpital, il ne se sentit aucunement libre.
Seulement plus perdu et désespéré que jamais.
A suivre …
Notes:
Titre du 05/05/2025 : Le cauchemar continue
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
Situation 1093 : A perd espoir et a raison de le faire
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Objet magique 6: La dague du Ténébreux (OUAT)
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Ned Stark (GOT) : Endeuillé : Écrire sur quelqu'un qui a perdu un frère / une sœur ou sur une scène dans un cimetière
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, 1001 situations, alphabets, bestiaire fantastique, objets magiques, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 144: Retrouvailles et confrontation.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Au cours de sa longue et périlleuse vie, Killian Jones avait ressenti bien des émotions, la colère, la rage, la joie, la haine, la tristesse, le désespoir, l'amour, l'envie de se venger, la souffrance.
Mais cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas aussi senti aussi vide, comme s'il ne ressentait absolument plus rien, comme si son cœur ne battait plus dans sa poitrine.
Pourtant, c'était bien le cas, il en avait la certitude, et il sentait qu'un infini désespoir était sur le point de le submerger, mais malgré tout, il ne ressentait rien à part du vide.
Comme lorsque sa mère était morte, quand leur père les avait abandonnés, quand Liam était mort, quand Milah était morte, quand il avait laissé Baelfire derrière lui au Pays Imaginaire et l'avait livré à Peter Pan sans se retourner, il se sentait si vide qu'il n'avait même pas la force de hurler.
Sans doute était-ce pour le mieux, songea-t-il alors qu'il arpentait les rues de Storybrooke, à la recherche d'un endroit où se réfugier, et que les regards peu amènes des passants se posaient sur lui, et il ne se souvenait plus encore très bien pourquoi il était détesté par eux au juste, son esprit étant encore très embrouillé, mais de toute évidence il n'était pas apprécié là non plus dans cette ville.
Et pourtant cette fois-ci ce n'était même pas de sa faute.
Alors qu'il parvenait enfin au port de Storybrooke, il ne put s'empêcher de blêmir et de serrer les poings en regardant dans quel état était désormais le Jolly Roger, et pourtant, il ne fut même pas surpris.
Après tout, si Peter Pan avait décidé de faire de la ville son nouveau Pays Imaginaire, il allait de toute évidence faire ce qu'il savait faire de mieux, torturer et faire souffrir les gens qui étaient sous son contrôle, et il était également évident qu'il punirait doublement toutes celles et tous ceux qui avaient tenté de déjouer ses plans et de sauver Henry.
Malgré tout, voir son si fier, imposant et merveilleux navire dans un si pitoyable état lui provoqua un pincement au cœur.
C'était une épave.
Le bateau n'avait pas coulé, il n'était pas échoué, mais c'était presque tout comme, et il ne pourrait pas naviguer avec, certainement pas comme ça (et pour aller où de toute façon? Il ne pouvait pas fuir ou appeler qui que ce soit à l'aide, il était coincé, prisonnier comme tous les autres.), le mat s'était effondré, les voiles étaient déchirées…
Il n'était pas sûr de pouvoir évaluer l'étendue des dégâts, de même qu'il ne se pensait pas capable d'arranger tout ça, pas sans équipage, sans gens pour l'aider, sans magie et sans ressources (est-ce que son alter-ego maudit avait un travail?) et il détesta encore plus Peter Pan pour ça, pour lui avoir pris une des seules choses qui lui restaient de l'époque où son grand frère était encore en vie.
Il parvint malgré tout à se frayer un chemin jusqu'à sa cabine, sans doute le seul endroit intact du rafiot et il s'écroula dans son lit, encore incapable de savoir comment réagir et quoi faire.
Aux dernières nouvelles, ils avaient perdu, Peter Pan avait gagné, les avait vaincus, tout le monde ou presque avait perdu la mémoire, il était le seul doté de pouvoirs à se rappeler que la magie existait et il avait la dague du Ténébreux en cas de problèmes.
Killian n'était rien dans cette ville, il n'était personne, c'était déjà le cas avant la malédiction, c'était encore pire maintenant et toute lutte semblait si vaine et inutile que c'en était désespérant.
Personne ne pouvait l'aider.
Mais.
Mais il pouvait parler à Rumplestiltskin malgré tout, même si ce dernier avait oublié, parce qu'il restait le Ténébreux, et que si quelqu'un pouvait potentiellement douter de la véracité de leur situation, c'était lui, même s'il ne savait pas s'il serait prêt à l'écouter.
Et surtout, il y avait Henry Mills.
Ou quelle que soit son identité maintenant, le nom que la malédiction lui avait donné, où qu'il soit, il pouvait très bien avoir oublié lui aussi, mais douter également et ce n'était qu'un petit garçon de dix ans, mais ça n'avait rien changé au fait que c'était grâce à lui que la malédiction avait été brisée, d'après ce qu'il avait entendu dire.
Sauf que Regina Mills était une mère aimante avec bien plus d'humanité dans le cœur que Peter Pan, même à l'époque où elle était encore la Méchante reine, obsédée par sa vengeance contre Blanche-Neige.
Sauf si l'immortel avait atteint son but juste avant d'aller le voir et qu'il avait tué Henry en lui arrachant le cœur, sans que quiconque ne se doute rien, sans qu'aucun d'entre eux ne puisse l'en empêcher.
Sauf s'il était devenu invincible et immortel pour toujours, impossible à tuer ou à arrêter.
Non, refusa le pirate avec horreur alors que l'idée lui traversait furtivement l'esprit.
Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas avoir fait ça, parce qu'il n'en avait plus besoin désormais, persuadé qu'il était, à tort ou à raison, que sa malédiction durerait éternellement, parce que faire souffrir Henry en l'arrachant à la famille qu'il avait enfin réussi à retrouver et à reformer était sûrement plus cruel que de le tuer et surtout…
Il le lui aurait dit, forcément.
Il se serait vanté, lui aurait brisé ses rêves et ses espoirs en mille morceaux pour le simple plaisir de le faire souffrir, pour le mettre plus bas que terre, tout comme il l'avait fait en lui montrant qu'il détenait la dague de Rumplestiltskin.
Henry était donc vivant, il devait y croire et il était sans doute leur seul espoir.
Un petit garçon de dix ans donc, sans le moindre pouvoir, dont la simple particularité avait été de croire en la magie même quand toutes les preuves étaient contre lui, comme le lui avait dit Regina avec tendresse durant leurs quelques échanges au Pays Imaginaire quand ils n'arrivaient pas à dormir.
Il était allé dans les mines, il avait franchi un portail, parce qu'il était sûr que c'était réel, ça avait été suffisant la dernière fois, et il possédait le cœur du plus pur des croyants et c'était peut-être ça qui les sauverait cette fois.
Henry avait tout arrangé, au bout de vingt-huit ans, et en s'en souvenant, le pirate frissonna d'horreur.
Il ne pouvait pas faire ça.
Il ne pouvait pas vivre comme ça pendant vingt-huit ans, sans rien pouvoir faire, il ne pouvait pas passer vingt-huit ans loin de Neal alors qu'ils venaient à peine de se trouver, ni voir ceux aux côtés de qui il s'était battu vivre l'enfer en pensant qu'ils ne pourraient jamais avoir une autre vie que celle-là, qu'ils ne pourraient pas avoir mieux alors qu'ils méritaient mieux.
Il n'était pas un héros, loin de là, mais ça ne l'empêcherait pas de se battre jusqu'au bout pour que cette foutue ville goûte enfin au calme et à la paix auxquelles elle n'avait jamais eu droit.
Même s'il ne savait pas comment faire, qu'il était seul et qu'il avait déjà l'impression de se battre contre le vent alors qu'il n'avait encore rien fait.
Alors qu'il réalisa soudainement qu'il était en train de pleurer, il sentit le soulagement l'envahir.
Après tout, peut-être n'était-il pas si vide que cela s'il avait encore des larmes à verser.
§§§§
Avant, jamais Zelena n'avait mis une seule fois les pieds aux Enfers.
Elle n'avait pas eu l'occasion ou la possibilité, ou même l'envie, Hadès ne le lui avait pas proposé durant le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble (ce qui n'était pas étonnant, lui qui semblait tout faire pour fuir son domaine à l'époque. Elle ne savait pas si ça avait changé depuis, faisait semblant de ne pas le vouloir.) et elle ne le lui avait pas demandé non plus.
À ce moment-là, l'un comme l'autre avaient d'autres préoccupations en tête, comme leurs vengeances contre Zeus ou Regina, ainsi que leur romance naissante qui ne les avait au final menés nulle part.
Aussi, alors qu'elle s'apprêtait à claquer des talons trois fois pour rejoindre cet autre monde où seuls les morts étaient censés se rendre, la rousse sentit l'appréhension l'envahir.
D'abord parce qu'elle ne savait tout simplement pas si les souliers pouvaient réellement l'emmener aux Enfers, théoriquement elle pouvait s'en servir pour aller n'importe où, dans n'importe quel monde, mais les Enfers n'étaient pas n'importe où ou n'importe quoi.
Comme elle n'avait jamais essayé avant, elle ne put s'empêcher de douter, réussirait-elle, échouerait-elle?
(Et si elle y parvenait, cela voulait-il dire qu'elle pouvait aussi aller sur le mont Olympe, là où les âmes des morts atterrissaient quand elles n'allaient pas aux Enfers, pouvait-elle aller voir les dieuxà ce compte-là ?)
Avant de renoncer au dernier moment, elle ferma les yeux, prit une grande inspiration, claqua des talons trois fois, pour la première fois depuis une éternité, et se retrouva quelques secondes plus tard dans un lieu inconnu.
Bien.
Si elle n'était plus à Oz, et c'était le cas, alors ça avait dû marcher, et les lieux étaient suffisamment sinistres pour pouvoir correspondre à l'image des Enfers qu'elle se faisait avant même qu'Hadès ne lui en parle.
L'autre raison de son appréhension, c'était qu'elle ne savait tout bonnement pas comment le dieu des morts allait réagir à sa présence dans son royaume.
Allait-il accepter qu'elle vienne le voir, l'aiderait-il à obtenir ce qu'elle voulait, ou bien la renverrait-il à Oz, toujours vexé par son rejet d'autrefois?
S'il était aussi rancunier qu'elle, ça risquait effectivement d'arriver.
Mais après tout, ça ne lui coûtait rien d'essayer, pas vrai?
§§§§
Sa mère était probablement là.
Depuis que Regina lui avait annoncé sa mort, elle n'avait que peu pensé à elle, mais maintenant qu'elle se trouvait dans le royaume des morts, là où les défunts allaient pour une partie d'entre eux, elle ne pouvait s'empêcher de se poser la question.
Puis elle se demanda si elle avait envie de la revoir, si jamais c'était le cas, et conclut rapidement que non.
Sa mère l'avait abandonnée, au moins une fois, voire deux, elle n'avait jamais rien voulu avoir à faire avec elle, elle l'avait laissée derrière, comme si elle n'était rien, comme si elle ne comptait pas, et si Zelena souffrait de sa mort, c'était surtout à cause de ce qu'elle avait perdu, de ce qu'elle n'avait jamais eu.
Et surtout, elle ne voulait pas connaître cette version là de Cora, pas alors qu'elle allait avec un peu de chance bientôt créer une version de l'histoire où la fille du meunier ne s'était jamais débarrassée d'elle et elle avait fini par devenir la reine qu'elle avait toujours rêvé d'être.
Bientôt, la reine de Cœur n'existerait plus, et Regina non plus, sans doute, et la méchante sorcière de l'ouest n'était même pas désolée pour ça.
Elle aurait ce qu'elle voulait et tout irait bien, elle ne se rappellerait même pas de cette vie de souffrance, de solitude, ce statut de paria, elle ne saurait jamais qu'on l'avait vue comme un monstre alors même qu'elle était encore innocente.
Si Hadès parvenait à l'aider bien sûr.
§§§§
L'immortel ne mit que peu de temps à s'apercevoir que quelqu'un s'était introduit dans le monde qu'il gouvernait bien malgré lui et ce, sans avoir rien à y faire.
Furieux et déjà de mauvaise humeur, il sentit sa colère s'amplifier de plus belle.
Comme s'il avait besoin de ça, lui qui n'avait toujours pas trouvé le moyen de se venger de Zeus…
Se téléportant là où l'inconnu(e) se trouvait, il laissa sa chevelure s'enflammer et des flammes bleues illuminèrent pendant quelques instants le sombre lieu où ils se trouvaient.
«QUI OSE PÉNÉTRER AINSI DANS MON DOMAINE? Hurla-t-il, avant de brusquement reconnaître la personne qui lui faisait face.»
Zelena.
La femme qu'il n'avait pas revue depuis des années, celle qu'il aimait et dont il rêvait qu'elle l'appelle, qu'elle lui permette de la voir, à nouveau, comme autrefois, et il aurait pu lui dire à quel point elle lui manquait, combien il l'aimait, et aussi combien il était désolé de la manière dont les choses s'étaient terminées entre eux.
Il aurait voulu lui dire qu'il aurait aimé pouvoir tout arranger, qu'il l'aurait fait si elle avait accepté de le laisser faire, qu'il le pouvait encore, qu'il n'était pas trop tard, qu'il lui aurait donné le monde si elle le lui avait demandé, ou qu'il l'aurait détruit, qu'importe ce qu'elle aurait voulu.
Et, à l'instant même où il la vit, alors même qu'il ne l'avait plus senti battre depuis des millénaires, il eut la certitude d'avoir senti son cœur tressaillir, pendant une infime seconde.
Il sut alors qu'il ne s'était pas trompé.
Elle était réellement celle qui pouvait faire repartir son cœur à nouveau, comme avant que son frère ne le maudisse.
Elle pouvait le sauver, lui permettre d'avoir ce qu'il voulait, enfin.
Si seulement elle n'avait pas été aussi en colère contre lui, si seulement elle n'avait pas autant douté de ses sentiments pour elle…
Les flammes disparurent aussitôt.
«Zelena? S'écria-t-il d'une voix bien plus faible et douce qu'elle ne l'était quelques secondes plus tôt.
La rousse lui adressa un sourire certes poli mais qui semblait un peu sec et contraint.
- Bonjour Hadès.
Il fronça les sourcils.
Elle n'était pas morte, dieux merci, il l'aurait su dans le cas contraire, et sa présence n'aurait pas été enregistrée comme une intrusion dans ce cas-là, alors comment…
- Comment es-tu arrivée jusqu'ici?
- J'ai repris mes souliers d'argent à cette peste de Dorothy.
Hadès regarda en direction de ses pieds, y vit l'objet magique et ne put s'empêcher de sourire de fierté.
Mes félicitations, ma reine, songea-t-il, voulut-il lui dire, mais il ne savait pas si ses paroles auraient été les bienvenues, vu la manière dont les choses s'étaient passées autrefois.
- Bien joué, se contenta-t-il de dire.
- Merci, lui rétorqua-t-elle seulement, et il aurait voulu que ça se passe autrement.
Il aurait aimé pouvoir avoir le droit de la serrer dans ses bras, de s'assurer qu'elle était là, qu'elle était bien réelle, qu'elle n'était ni une illusion ni un mensonge, se jeter à ses pieds et lui demander pardon, lui jurer un amour sincère et éternel, lui promettre tout ce que son cœur désirait, faire d'elle sa reine des Enfers à défaut de pouvoir lui promettre l'Olympe (pour l'instant du moins).
Mais au vu de l'expression sur son visage, il se doutait qu'elle n'était pas là pour ça.
- Que fais-tu ici? Ne te méprends pas, ajouta-t-il aussitôt, je suis ravi que tu sois là, mais… mais tu n'avais jamais voulu me revoir jusque-là, tu n'as jamais essayé de m'invoquer, et maintenant te voilà, aux Enfers, et je suppose que c'est important, mais… Pourquoi maintenant?
Il se dit soudainement que la sorcière avait fini par apprendre la mort de Cora et qu'elle désirait lui parler, la voir, et il dût se retenir de jurer.
Si c'était le cas, il ferait tout pour que cette garce de reine de cœur n'approche jamais de la fille qu'elle avait si mal traité, et ce, quitte à la balancer lui-même dans la rivière des âmes perdues pour ça.
Dommage…
Il avait aimé la torturer…
- J'ai besoin d'aide pour réunir les ingrédients afin de lancer le sortilège du voyage dans le temps. Pour me venger de Regina et enfin avoir la vie qui aurait toujours dû être mienne.
Évidemment.
L'immortel ne parvint même pas à être surpris.
Il soupira.
- Au risque de peut-être te surprendre, sache que j'en suis au même point que toi, je ne pense donc pas être capable de t'aider à ce sujet.
Ce n'était même pas un mensonge.
Elle haussa un sourcil surpris.
- Ah oui? Je pensais que tu étais un dieu pourtant, ça n'aurait pas dû te poser beaucoup de problèmes.
- Un dieu qui est très limité depuis que ceci a été mis en pause, lui expliqua-t-il en posant sa main sur son cœur.
Alors qu'elle s'attendait à ce qu'il lui en fasse le reproche, puisqu'après tout elle aurait pu régler cela depuis bien longtemps, il n'en fit rien, elle est fut à la fois heureuse et nullement étonnée.
Après tout, il l'avait toujours laissée faire ses propres choix, même quand ceux-ci le faisaient souffrir.
- Je vois. Je m'attendais à mieux.
- Il s'agit d'une des trois règles de la magie. Il existe des choses en ce monde que même un dieu ne peut pas briser, surtout s'il ne possède pas toute sa puissance. C'est tout ce que tu voulais?
Il pria de toutes ses forces pour que ce ne soit pas le cas, pour qu'elle reste à ses côtés, au moins encore un peu.
Elle sembla hésiter pendant quelques secondes, réfléchir, afin de finalement secouer la tête.
Si son cœur avait battu normalement, Hadès avait la certitude qu'il se serait emballé d'un seul coup.
- En fait, puisque je suis là… J'ai croisé ma demie-sœur récemment. Elle a dû apprendre mon existence par Rumplestiltskin, et elle s'est rendue à Oz pour me parler. Elle m'a dit une chose étrange, que je n'arrive toujours pas à croire…
- Ah oui?
Méchante reine ou pas, si elle avait osé faire souffrir Zelena, il la tuerait, foi de roi des Enfers et dieu des morts, tant pis si ça privait sa bien-aimée de sa vengeance, si jamais celle-ci renonçait à son plan d'origine.
- Elle m'a dit… elle m'a affirmé que notre mère, avant de mourir… lui avait dit que quand nous étions enfants, elle… Qu'elle était allée me chercher à Oz parce qu'elle avait besoin de ma magie pour soigner Regina, et qu'une fois qu'elle n'a plus eu besoin de moi, elle a effacé nos souvenirs et m'a renvoyée là où je vivais. J'aimerais savoir si c'est vrai.
Il la regarda avec un air perplexe.
- Si c'est le cas, alors cela démontre encore plus la monstruosité de ta mère mais je ne vois pas ce que ça a à voir avec moi.
- Regina a aussi prétendu qu'elle avait tenté de retrouver la mémoire mais que ça n'avait pas marché parce que notre mère avait utilisé de l'eau provenant du fleuve Léthé.
Oh.
Bien sûr, maintenant il comprenait mieux.
- Je vois…
- Tu… tu penses que c'est possible qu'elle dise la vérité?
Jamais elle ne lui avait paru si fragile, si vulnérable, elle qui s'acharnait à chaque instant à paraître si fière, si forte, si arrogante, comme si rien ne l'atteignait jamais et il se sentit touché qu'elle accepte de fendre ainsi l'armure devant lui.
Mais ça lui brisa aussi le cœur, et il aurait voulu pouvoir la prendre dans ses bras, la rassurer, lui dire que tout irait bien, qu'elle n'était pas seule, qu'elle était aimée. Il aurait voulu pouvoir sécher toutes les larmes qu'elle avait dû verser quand elle se croyait seule au monde et abandonnée de tous et la rage l'envahit, parce que si c'était vraiment arrivé, alors…
Oh, si Cora avait cru avoir connu ce qu'était la vraie souffrance, il allait bientôt lui démontrer le contraire.
- Hé bien, l'eau du fleuve Léthé est très difficile à se procurer, mais… mais ce n'est pas impossible, en effet, bien des héros ont pénétré dans mon royaume au cours des millénaires, ta mère a pu s'en procurer d'une manière ou d'une autre.
- Est-ce que c'est possible d'inverser le processus? Peut-être qu'elle peut le faire, même si elle est morte elle a sans doute encore sa magie.
Hadès sentit un frisson l'envahir.
Non.
Il ne laisserait pas Cora s'approcher d'elle, plus jamais, elle ne méritait pas d'être en sa présence, et il se jura de tout faire pour que la fille du meunier reste le plus loin possible d'elle, et puis…
Et puis de toute façon, ça pouvait servir ses intérêts, alors autant en profiter.
- Elle n'est pas aux Enfers, mentit-il avec toute l'assurance du monde, je suis navré. Mais moi… moi je pourrais arranger ça, te redonner tes souvenirs perdus.
Elle le regarda avec un air surpris.
- Tu peux?
- Je pourrais, la corrigea-t-il. Ce n'est pas encore le cas, puisque comme tu le sais, une partie de mes pouvoirs m'a été ôtée quand Zeus a arrêté les battements de mon cœur et m'a maudit. Mais si jamais…
Le regard de la rousse se durcit.
- Oh. Je vois. Pourquoi ne suis-je pas surprise? Tu veux que je t'embrasse, c'est ça?
Son ton était venimeux, et même s'il était blessé, il n'arriva même pas à lui en vouloir.
Elle avait tant souffert à cause des autres au cours de sa vie qu'il était normal qu'elle ait tant de mal à lui faire confiance.
À lui de lui prouver qu'elle avait tort.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit!
- C'est pourtant le seul moyen, non? Siffla-t-elle d'une voix emplie de rage. Un baiser du véritable amour, c'est bien ce que tu m'as dit à l'époque.
- En effet. Mais je voudrais… je voudrais seulement que tu m'écoutes.
Elle croisa les bras avant de le fusiller du regard.
- Va-y dans ce cas.
- Je ne vais certainement pas t'embrasser maintenant, surtout si ce n'est pas ce que tu veux, de toute façon tu es tellement en colère que ça ne marcherait probablement pas, alors…
- Alors quoi? Tu vas me prétendre que tu es différent maintenant, que tu as changé?
- Justement non, lui rétorqua-t-il, rien n'a changé. Je t'aime!
Elle ne le croyait pas, il le vit tout de suite, et quand au juste avait-elle entendu quelqu'un lui dire cela pour la dernière fois, quelqu'un qui n'était pas lui?
Sans doute jamais depuis que sa mère adoptive était morte.
Cette simple idée lui donna envie d'inventer une nouvelle torture spécialement pour Cora et de l'essayer tout de suite sur elle.
- On se connaît à peine.
Oui, c'était vrai.
Les yeux du dieu se mirent à briller.
- Justement. Zelena, je t'en prie, reste ici.
Elle le regarda avec un air stupéfait.
- Quoi?
- Tu as bien dit que Rumplestiltskin et Regina étaient venus te voir?
- Oui, en effet, reconnut-elle en le regardant avec méfiance. Et alors?
- Rumplestiltskin sait pour ton plan, pour ta vengeance, il sait que tu veux te venger du moins et je suppose que ta demie-sœur aussi.
- Je ne le lui ai pas caché, tu as raison.
- Je suppose qu'il y a un risque qu'ils viennent à nouveau si jamais ils craignent que tu ne t'en prennes à eux. Pour te mettre hors d'état de nuire.
- Je pourrais fuir dans un autre royaume, protesta-t-elle, mais il lut dans ses yeux qu'elle avait conscience qu'il avait raison.
- Ils ont des haricots magiques, non? D'après ce que j'ai entendu dire.
Elle acquiesça.
- Ils ne penseront jamais à venir te chercher aux Enfers. Je doute même qu'ils le puissent. Si tu restes ici, tu… Je t'aiderai pour le sortilège de voyage dans le temps, et tu m'aideras également, nous nous entraiderons, puisque nous voulons la même chose. Mais… mais ce que je veux vraiment, c'est gagner ton cœur. Te montrer que je t'aime, te prouver que tu peux me faire confiance, je veux que tu m'aimes autant que je t'aime, je veux… Je veux que tu me laisses une chance. S'il te plaît.
Elle le regarda avec hésitation.
- Et si… et si ça ne change rien pour moi?
- Alors je te laisserai partir. Dès que tu le voudras.
Là aussi il était sincère.
Elle regarda autour de lui, grimaça face au lieu désolé et sinistre où ils se trouvaient (il ferait en sorte de le rendre plus agréable, pour elle. Qu'importe si les morts s'y sentaient mieux eux aussi.) avant de finalement hocher la tête quelques minutes plus tard.
- D'accord. Je veux bien rester.
Un sourire se dessina sur le visage du dieu, et à défaut de la serrer contre lui, il tendit la main vers la sienne, qu'il baisa ensuite en la regardant avec des yeux emplis d'amour.
- Tu ne le regretteras pas, lui assura-t-il.»
Oh, je l'espère, même si j'en doute, se dit-elle, ignorant encore à quel point ce séjour aux Enfers allait bouleverser sa vie toute entière d'une manière qu'elle n'aurait jamais imaginée.
A suivre…
Notes:
Titre du 27/01/2025 : Retrouvailles et confrontation
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects du… Darkhold (Marvel) : Sorcière Rouge : Écrire sur Bellatrix Lestrange (Harry Potter) ou sur une femme avec de grands pouvoirs
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaire de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, prompts infinis, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 145: C'est une mauvaise journée.
Notes:
Ah et par souci d'authenticité j'ai voulu faire des recherches, et donc oubliez allègrement que le mariage homosexuel n'a été légalisé dans le Maine où se trouve Storybrooke qu'en décembre 2012 et que cette fic se passe en juillet de cette même année, c'est un monde où la magie existe et on va dire que là le mariage est possible parce que je veux.
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
«Emma. Tu n'es pas obligée de faire ça.
Le regard vert glacé de la blonde foudroya instantanément l'ancienne mairesse.
- Oh vraiment, tu crois? Lui lança-t-elle d'une voix tremblante de rage et de tristesse et Regina Mills sentit son cœur se briser en mille morceaux.
Ne me fais pas ça, je t'en supplie, je t'aime, je t'aime tellement, mon amour, ne me laisse pas, ne m'abandonne pas, ne me laisse pas tomber de cette manière, sinon je vais sombrer pour de bon, je vais me noyer encore plus que je ne le fais déjà, je t'en prie reste, laisse-moi essayer d'arranger les choses.
Mais elle ne dit rien de tous ces mots, elle n'en prononça aucun, parce qu'elle les avait déjà dits à voix haute plusieurs fois au cours des semaines précédentes, et pourtant ça n'avait rien changé, ça n'avait servi à rien.
Alors à la place, elle se tut, ravala tous les mots qu'elle aurait voulu hurler à plein poumons et qu'elle ne pouvait pas dire et se mordit la lèvre jusqu'au sang parce qu'elle ne pouvait rien faire d'autre.
- On… bredouilla-t-elle malgré tout, moins sûre d'elle qu'elle ne l'aurait voulu. On peut faire autrement, s'arranger d'une autre manière, essayer de… de faire en force que ça marche. Je suis sûre qu'ensemble on peut y arriver si on s'accroche.
Regina savait bien qu'elle avait l'air pathétique, et elle s'en moquait bien, parce que c'était sa dernière chance de sauver ce qu'il restait de leur famille brisée et meurtrie, parce que si elle ne faisait rien alors sa femme allait partir, la quitter et elle allait se retrouver seule au monde.
- On a déjà essayé, lui rétorqua Emma d'une voix amère et sèche, ça n'a pas marché. Et ça ne marchera pas, ça ne marchera plus jamais, on le sait toutes les deux, inutile de s'acharner. Fin de l'histoire.»
Aucune d'elles ne parla de la vraie raison, de ce qui avait causé leur rupture, alors qu'elles s'aimaient encore et, Regina en était persuadée, elles ne s'arrêteraient jamais, elle le lisait dans les yeux de la blonde, même si celle-ci faisait tout pour être la plus froide et cruelle possible avec elle.
Parce que malgré tout leur amour, quelque chose avait été cassé en elles, définitivement, et rien ne pourrait jamais réparer ça.
À cause de la mort de leur fils.
À cause de ce qui était arrivé à leur petit Daniel.
Leur petit garçon qui s'était noyé dans leur piscine un jour où Regina était supposée le surveiller, mais où elle s'était endormie, parce que son travail à la mairie et à son haras l'épuisaient tellement qu'elle n'avait pas réussi à se réveiller à temps pour le sauver.
Elle l'avait à peine entendu l'appeler à l'aide, embrumée qu'elle était par la fatigue et le sommeil et quand enfin elle avait émergé et s'était précipitée pour voir ce qui n'allait pas, pour lui porter secours, il était déjà trop tard.
Elle avait essayé de le ranimer, de le réveiller, elle avait appelé les secours, elle avait appelé Emma, paniquée, alors que celle-ci était à son travail au commissariat (Keith n'avait même pas voulu la laisser partir, ce qui ne l'avait pas étonnée de la part de cet enfoiré.), et pourtant ça n'avait rien changé, il ne s'était pas réveillé, il n'avait jamais repris conscience ou ouvert les yeux.
Il était mort dans ses bras, malgré ses prières et ses hurlements, il était mort et sa vie s'était écroulée à cet instant précis.
Ensuite, tout s'était effondré peu à peu durant les six mois qui avaient suivis, elle avait démissionné de son poste de mairesse (quand elle avait appris que c'était le procureur de la ville, Albert Spencer, qui avait été élu à sa place, elle avait eu envie de vomir. Elle avait regretté sa décision, aussi, mais qu'aurait-elle pu faire d'autre?), son haras était au bord de la faillite, et son mariage…
Son mariage avait tout simplement implosé.
Emma ne l'avait jamais pardonnée pour ce qu'il s'était passé, même si elle savait que c'était un accident, que ce n'était pas de sa faute, et la shérif adjointe avait essayé de garder leur mariage à flot, mais ça n'avait pas suffi, Regina avait essayé elle aussi, de toutes ses forces, et elle ne pouvait que constater à quel point elles avaient échoué toutes les deux.
La colère, le ressentiment, la douleur d'avoir perdu leur fils aussi, tout cela avait empoisonné leur relation, et Regina n'arrivait plus à faire face à Emma et à ses yeux remplis de souffrance, la mettant face à sa propre culpabilité, tandis que la blonde ne supportait plus de regarder Regina droit dans les yeux.
Pas alors qu'elle lui rappelait ce qu'elles avaient perdu, cet enfant qu'elle n'avait pas su sauver, parce qu'elle n'avait pas été à la hauteur, et toutes ses pensées qui l'envahissaient étaient mauvaises, injustes, et elle le savait, mais elle ne pouvait pas les chasser.
À force, elle savait qu'elle finirait par détester sa compagne et ce n'était pas ce qu'elle voulait.
Alors elle avait demandé le divorce.
Et face à ces maudits papiers, Regina se sentait incapable de faire ce qui devait être fait.
Les signer, et dire adieu à des années de bonheur qui lui avaient été arrachées en un instant sans qu'elle n'ait rien pu y faire.
Mais face au regard suppliant d'Emma, face à la fatigue dans ses yeux, qui montrait bien à quel point elle n'en pouvait plus, à quel point elle voulait juste que ça s'arrête, elle ne put que se résigner et elle apposa sa signature, tandis que la blonde soupirait de soulagement.
«Merci.
- Je t'aime, lui lança une dernière fois Regina en désespoir de cause tandis qu'Emma quittait la pièce.
Comme si ça allait faire la moindre différence.
Sa désormais ex-épouse se retourna et lui adressa un sourire empli de toute la tristesse du monde.
- Je sais.»
Moi aussi, comprit-elle sous ses mots, mais ça ne change absolument rien.
Ce ne fut qu'une fois qu'elle se fut réfugiée dans ce manoir maintenant si vide, si morne et mort que Regina s'autorisa à s'écrouler, hurlant sa douleur et son désespoir.
Maintenant c'était clair.
Elle avait absolument tout perdu.
§§§§
Zelena n'avait jamais su grand-chose à propos des Enfers avant d'y mettre les pieds pour la toute première fois de sa vie (elle était chanceuse comparée à d'autres en un sens, qui ne s'y retrouvaient qu'une fois morts et ne pouvaient en général pas en partir.), mais elle était en revanche sûre et certaine d'une chose.
Elle n'aurait pas aimé y résider.
L'endroit était sombre, triste, sinistre, désolé et en ruines, tout sauf accueillant, et puisqu'il s'agissait principalement de l'endroit où finissaient les morts avec des affaires inachevées et à résoudre, ça n'avait rien d'étonnant qu'il ne donne à personne envie de rester ou de s'y éterniser.
La rousse se demanda si les choses étaient ainsi parce que le monde était comme ça quand Hadès en était devenu le souverain, s'il ne le changeait pas parce qu'il ne le pouvait pas ou tout simplement parce qu'il reflétait son état d'esprit.
Elle ne posa aucune de ces questions à l'immortel qui marchait à côté d'elle, ça aurait signifié s'intéresser à sa vie, à son existence, à l'endroit où il vivait, et elle n'avait pas l'intention de s'attarder plus longtemps qu'elle n'en avait besoin, ce qui voulait dire ne pas s'attacher.
Elle avait failli le faire autrefois, avait failli être détournée de sa colère, de sa haine et de sa vengeance à cause de lui, elle avait failli se faire avoir et tomber dans son piège, elle ne se ferait pas avoir une fois de plus.
«Comment trouves-tu mon royaume? Lui demanda alors le sorcier.
- Assez fidèle à l'idée que je m'en faisais, morne et dépourvu de vie. Puis, elle fronça les sourcils. Mais c'est étrange, cela ne ressemble à rien de ce que j'ai connu à Oz ou dans la Forêt Enchantée.
- C'est parce que mes Enfers ont été remodelés à partir de la ville de Storybrooke.
La fille de Cora se figea sur place, stupéfaite.
- Quoi?
Il lui sourit et elle mit du temps à comprendre ce que cela signifiait, tellement ça lui semblait impossible à croire.
Storybrooke était la ville de sa sœur, la ville de Regina, celle qu'elle avait créée grâce au Sort noir, qu'elle avait tenu en son pouvoir pendant près de vingt-huit ans avant que la malédiction ne soit brisée, et il ne pouvait pas avoir choisi ce lieu entre tous, parmi tous les mondes existants, au hasard?
Est-ce qu'il avait fait ça pour elle?
- Je voulais avoir quelque chose à t'offrir si jamais tu acceptais de me revoir, que tu ais ton propre royaume même s'il n'est pas aussi prestigieux que celui de n'importe lequel des autres mondes de la surface, et… Et ta demie-sœur a toujours eu ce qui t'a été enlevé et ce à quoi tu n'as jamais droit alors j'ai pensé que tu devrais avoir ton Storybrooke à toi, même si ce n'était qu'une pâle copie vide de vie. Bienvenue à Underbrooke.
Si Zelena avait été une autre personne, elle aurait sûrement embrassé Hadès sur le champ.
Si elle lui avait fait confiance, si elle n'avait pas autant cadenassé ses sentiments à l'intérieur de son cœur pour ne plus rien laisser sortir d'autre que la haine et la rancœur, si elle avait donné sa chance à l'amour et aux sentiments qu'elle avait commencé à éprouver autrefois, elle l'aurait fait.
Peut-être que ça n'aurait pas été suffisant pour briser le sortilège qui frappait le dieu, peut-être que ça n'aurait pas été un baiser de véritable amour, mais ça aurait été un début.
Mais Zelena était Zelena, la méchante sorcière de l'ouest, celle qui avait passé des décennies à croire que personne ne l'aimerait jamais, alors elle n'en fit rien.
- Merci, se contenta-t-elle de dire, plus émue qu'elle ne l'aurait pensé, ou qu'elle n'aurait voulu l'être, personne… personne ne m'avait jamais offert ça avant, personne n'avait essayé de faire en sorte que j'ai droit aux mêmes choses que Regina.
- Mais je ne suis pas n'importe qui, lui affirma-t-il avec un sourire malicieux et elle eut le sentiment qu'elle aurait plus de mal que prévu à ne pas s'attacher à lui s'il continuait à se comporter de cette façon.
- Où vais-je loger? L'interrogea-t-elle, désireuse de détourner la conversation et de faire comme s'il ne venait pas de lui offrir son royaume tout entier sur un plateau d'argent.
Elle ne voulait pas de ça, elle ne voulait pas qu'il lui offre la lune en plus de la lui promettre, parce que s'il tenait ses promesses, alors elle allait laisser tomber le masque de la froide et inébranlable sorcière de l'ouest pour révéler celle qu'elle était depuis toujours, une personne qui voulait désespérée être aimée pour ce qu'elle était.
Elle ne voulait pas tomber amoureuse de lui, elle ne voulait pas risquer de tout perdre à nouveau, comme avec Glinda et les autres sorcières d'Oz.
La solitude était un état douloureux mais sans doute préférable, parce que là au moins, elle ne risquait pas d'être blessée par qui que ce soit.
- Je me suis dit que tu préférerais avoir ton intimité, ton propre chez toi, loin de mon palais et des âmes des morts (ils ne t'approcheront pas d'ailleurs, je te le promets.), comme ça tu pourras aller et venir où tu veux et de la manière dont tu le souhaiteras.
- C'est très prévenant de ta part, reconnut-elle à contre-cœur, et il sentit son sourire s'effacer en constatant les efforts qu'elle faisait pour rester distante avec lui.
Alors qu'il voyait bien dans ses yeux qu'elle appréciait ses efforts et ses petites attentions, mais c'était comme si elle s'attendait à ce qu'il exige quelque chose d'elle en échange, ou comme si elle pensait qu'elle allait tout perdre d'un instant à l'autre, et que rien n'allait durer bien longtemps.
Il aurait tellement voulu que les choses se passent différemment.
Il fut ravi de voir un sourire sincère se dessiner sur son visage quand elle découvrit la maison qu'il lui avait destinée, et lui-même sourit en la découvrant, parce que cette demeure, ce n'était pas lui qui l'avait bâtie.
Pas vraiment.
C'était Zelena elle-même, qui avait modelé l'endroit avec ses propres envies et ses désirs, Hadès n'avait fait que jeter un sortilège pour que le lieu ressemble à là où elle avait envie de vivre.
Ce n'était qu'une modeste maison, assez grande et spacieuse, mais bien loin du palais dans lequel Regina avait pu vivre autrefois, ou elle-même au palais du magicien d'Oz, quelque chose de probablement confortable, douillet, accueillant, où elle se sentirait bien, où elle serait comme chez elle, elle qui n'avait plus eu de réelle maison ou un quelconque foyer depuis bien longtemps.
Il ne fut pas vraiment étonné, un château pouvait être vide, solitaire et froid quand personne d'autre n'y vivait, il en savait quelque chose.
- Ça te plaît?
- Oui beaucoup. Merci.
- C'est toi-même que tu devrais remercier.
Elle lui lança un regard perdu.
- Je ne comprends pas.
- Cette maison c'est toi qui en as fait ce qu'elle est. Elle ressemble à cela parce que tu l'as voulu, sans doute parce qu'elle te rappelle un endroit où tu te sens chez toi.
Oui.
La maison où elle avait vécu enfant, avant que sa mère adoptive ne meurt et que l'amour ne soit remplacée par le dégoût, la haine et la rancune de son père adoptif.
Ce n'était pas la maison elle-même, juste quelque chose de ressemblant, et ce n'était pas non plus le palais d'Émeraude, parce qu'elle ne s'y était jamais sentie chez elle là-bas.
Elle lui jeta un regard stupéfait.
- Tu… tu m'as laissée choisir à quoi ma maison ressemblerait?
- Bien sûr! Pourquoi ne l'aurais-je pas fait?
À nouveau, songea-t-elle le cœur rempli d'une affection dont elle ne savait que faire, quand lui avait-on laissé le choix pour la dernière fois?
À sa grande surprise, la rousse prit sa main dans la sienne et lui sourit, reconnaissante.
- Merci, merci infiniment.»
Dans sa poitrine, il sentit son cœur frémir et tressaillir une fois de plus, et il pria pour que cette sensation se reproduise encore et encore parce qu'il avait l'impression qu'il ne pourrait bientôt plus s'en passer.
§§§§
Henry Mills n'existait pas.
Alors qu'il était de retour à bord du Jolly Roger et qu'il faisait désormais nuit noire, Killian réalisa avec amertume qu'il s'agissait de la seule conclusion plausible à laquelle il pouvait aboutir.
Pas officiellement du moins.
Au cours de ses recherches de la journée, il n'avait trouvé aucune trace du petit garçon, même s'il avait fouillé les bases de données de la ville à la bibliothèque, bénissant les connaissances en informatique de son alter-ego maudit (il n'avait pas vu Belle y travailler et ça lui avait fait plus de peine qu'il ne l'aurait cru.), aucun enfant portant ce nom-là du moins.
Évidemment, la malédiction et Peter Pan n'allaient pas lui faciliter la tâche, et puisque Regina n'avait plus le contrôle, il était logique qu'elle n'ait plus son petit garçon à ses côtés.
Il n'avait pas trouvé de Henry Swan non plus, ou de Henry Cassidy ou Gold ou Nolan ou n'importe lequel des noms de familles maudits ou non dont il pouvait se souvenir.
Il avait en revanche trouvé un Daniel (il n'arrivait même pas à être surpris) Swan-Mills, mort noyé six mois plus tôt et qui ne pouvait pas être Henry, pas d'après les photos qu'il avait vues.
Si l'enfant avait été porté disparu ou avait fugué, il aurait eu un peu plus d'espoir à ce sujet, mais non.
En apprenant également la procédure de divorce en cours entre Emma et Regina (quelle ironie que leur mariage ne soit pas réel mais que leur divorce le devienne malgré elles alors qu'elles commençaient à peine à s'aimer.) il en avait conclu que même si leur relation relevait du véritable amour, ce n'était pas elles qui allaient briser la malédiction, à moins d'un miracle.
Retrouver Henry serait plus compliqué que prévu, il ne s'appelait peut-être même plus Henry et même si c'était le cas, il y avait forcément plusieurs Henry, c'était un prénom banal, et sans nom de famille, il risquait de ne pas y parvenir.
Sans compter que s'il vivait dans la rue et n'avait pas de parents, comme Killian le soupçonnait, il n'était peut-être enregistré nulle part.
(Il avait le vague souvenir d'enfants vivants dans les rues, abandonnés à leur sort, et ça ne l'étonna aucunement.
Quoi qu'il arrive, Peter Pan aurait toujours ses enfants perdus.)
Prenant une profonde inspiration, il dût se rendre à l'évidence.
Il n'y arriverait pas tout seul, et puisque Henry était introuvable pour le moment, pas sans de longues recherches (et oh ça lui rappelait vaguement quelque chose, et il aurait voulu que la même situation ne se reproduise pas trois fois de suite.), il n'y avait plus qu'une seule autre personne à qui il pouvait parler.
Rumplestiltskin.
Le Ténébreux.
Ou du moins monsieur Gold l'antiquaire.
Mais puisqu'ici leur passé commun n'existait plus, peut-être qu'il serait capable de discuter avec lui, de nouer un vrai dialogue, sans vengeance, sans haine, sans tentative de meurtre ou volonté de verser le sang, comme ça avait été le cas autrefois.
Ou peut-être pas.
Peut-être que la malédiction avait réussi à rendre ça encore pire, et il ne se souvenait pas assez bien de sa vie en tant que James Rogers pour le savoir, alors peut-être que monsieur Gold le haïssait dans ce monde-là aussi.
Mais, connaissant le Sort noir et Peter Pan et ses coups tordus…
Il avait du mal à espérer qu'il puisse en être autrement.
A suivre …
Notes:
Titre du 15/02/2025 : C'est une mauvaise journée
Gémeaux : Regina (OUAT)
15 juillet 1977 – Lana Parrilla
R : Regina Mills
Créature 38 : Sorcière
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Divorce 182 : Emma Swan et Regina Mills (OUAT)
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Liste 115 :
1 2000 mots min
2 Une conversation où le véritable sujet n'est qu'implicite
3 Placer le mot dialogue et sang dans la même phrase.
4 Se passe la nuit
Quatre aspects de… Les uns et les autres : Famille allemande : Écrire sur quelqu'un qui joue du piano ou sur la perte d'un enfant
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
14 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, prompts infinis, défi familial, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 146: Deux réalités.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Le lendemain.
Jusque-là, le capitaine Crochet ne s'était jamais rendu dans la boutique de monsieur Gold.
Ça n'avait rien d'étonnant ou de surprenant à vrai dire, il n'était pas là durant la première malédiction (ça aurait dû être la seule et oh comme il aurait voulu que ce soit le cas) et quand lui et Cora avaient débarqué, il s'était fait le plus discret possible pour ne pas se faire repérer.
Après tout, son but était de trouver un moyen de tuer le Ténébreux, pas de faire du tourisme, et ensuite la reine de cœur et lui avaient été battus, il avait été mis en prison, enfermé dans une cellule dont il n'était sorti que pour aller au Pays Imaginaire pour sauver Henry, puis…
Puis Peter Pan avait lancé le Sort noir et tout avait changé en un battement de cil et tous étaient redevenus des personnes qu'ils n'avaient jamais réellement été, dotés d'une nouvelle identité et de souvenirs aussi faux, mensongers et douloureux les uns que les autres.
Sauf lui.
Et le Ténébreux aussi s'il avait de la chance, ce qui était tout de même diablement ironique, lui qui lorsque Regina l'avait chargé de tuer Cora, avait rêvé de se retrouver dans un monde où son ennemi juré serait privé de ses souvenirs et de ses pouvoirs, à sa merci.
Maintenant, une fois de plus, il allait devoir essayer de s'allier avec lui, si c'était encore possible.
Et là aussi, ce serait pour tenter d'anéantir Peter Pan, pour peut-être réussir là où ils avaient échoué la dernière fois, et le pirate aurait aimé avoir un moyen de le faire, mais pour le moment, il ne voyait rien du tout.
Il savait bien que le nouveau maître de Storybrooke contrôlait son fils et les pouvoirs dont il aurait pu vouloir se servir parce qu'il détenait sa dague, mais peut-être que Rumplestiltskin avait réussi à être plus fin que lui, qu'il avait dissimulé la vérité, le fait qu'il avait encore ses souvenirs.
Il sentit sa gorge se nouer et songea avec un sourire dénué du moindre amusement que désormais, le Crocodile, l'homme, le démon qu'il avait passé des siècles à haïr et à tenter de tuer, était sans doute sa dernière chance de peut-être arranger les choses.
Prenant une profonde inspiration pour se calmer, il entra.
Le sourire poli et commercial de l'antiquaire s'évanouit à l'instant même où il réalisa qui venait d'entrer.
«Je peux savoir ce que tu fiches ici au juste, Rogers? Lui cracha-t-il au visage avec tout le mépris du monde.»
Il n'avait jamais côtoyé l'immortel lorsqu'il pensait encore s'appeler monsieur Gold, avant que l'arrivée d'Emma ne lui rende ses souvenirs, mais Killian avait la certitude que ce n'était pas à Rumplestiltskin qu'il faisait face mais à son alter-ego maudit et amnésique, et il ne faisait pas semblant, il en fut rapidement convaincu.
Et il le haïssait, aussi, encore.
Pourquoi au juste, qu'avait-il fait pour…
Une vague de faux souvenirs le traversa d'un seul coup et il dût se retenir de grimacer, et alors qu'il se rappelait la raison de l'inimité du père de Neal envers lui, il faillit éclater de rire, d'un rire triste et douloureux, parce que franchement, pourquoi n'était-il même pas surpris?
Milah.
Bien sûr que c'était forcément lié à Milah.
Portant un autre nom dans ce monde (il ne s'évertua même pas à s'en souvenir, parce que ça n'avait jamais vraiment été le sien), morte dans des conditions différentes, mais morte là aussi, et…
Et elle était morte par sa faute.
Morte des années plus tôt, quand lui et Neal étaient encore des adolescents (ils avaient grandi ensemble à Storybrooke, ils avaient été amis, et peut-être auraient-ils pu être plus si ce n'était pas arrivé, de ce qu'il se souvenait, et il eut comme un goût de cendres dans la bouche en comprenant ce que Peter Pan entendait par Neal te déteste à nouveau dans cette vie.), morte en mer, sur un bateau, morte sur…
Elle était morte sur le Jolly Roger, non pas assassinée par l'époux qu'elle avait quitté, mais à cause d'un accident, parce que Killian Jones, non, James Rogers, avait été un crétin de quatorze ans qui avait cru qu'il pourrait naviguer sans avoir besoin d'aide à bord du navire, alors qu'elle n'était là qu'au mauvais endroit au mauvais moment, et il n'avait rien pu faire quand tout était parti en vrilles.
Et s'il avait perdu la main à cette occasion, il avait survécu, lui, mais pas elle, et de toute évidence, monsieur Gold ne l'avait jamais pardonné pour ça, même si ça n'avait été qu'un accident.
Et Neal non plus apparemment.
«Si jamais tu as l'intention d'acheter quelque chose, ajouta le Ténébreux, agacé par son silence et son immobilité, dépêche-toi de choisir, de payer et fiche le camp.»
Sortant enfin de ses pensées (était-ce ça ce que Jefferson avait vécu durant les premiers jours de la malédiction? Si oui, ça avait dû être épouvantable.), il se déplaça dans la boutique, examinant chaque objet attentivement tout en observant du coin de l'œil son ancienne némésis.
Guettant quelque chose, n'importe quoi, un détail qui aurait pu lui faire croire que peut-être tout n'était pas perdu, qu'il restait encore quelque chose du sorcier derrière l'antiquaire à la jambe brisée qui le fixait d'un regard noir et dépourvu d'amabilité.
Mais rien.
Il n'y avait rien du tout.
En apercevant dans une des vitrines toute une collection de baguettes magiques, le pirate blêmit brusquement.
Elles avaient appartenu aux fées, cela, il n'en doutait pas, et connaissant la haine que leur vouait par le passé Rumplestiltskin, il n'aurait pas été étonné qu'elles se soient déjà trouvées là la dernière fois, et son espoir potentiel de s'en servir fut tué dans l'œuf en moins de dix secondes.
Il n'était pas un sorcier lui-même, n'avait personne pour lui apprendre la magie, ne savait même pas s'il en était capable et si ça avait été le cas, il aurait eu besoin de temps et il doutait qu'une vie entière, même dans une ville où le temps ne passait pas, soit suffisante pour lui permettre d'atteindre le même niveau que Peter Pan ou Rumplestiltskin.
Sans compter que les baguettes ne pouvaient sans doute être utilisées que par les fées ou quelqu'un qui avait déjà une certaine pratique de la magie, ce qui n'était pas son cas.
Malgré tout, il en acheta une, à la fois pour justifier sa venue dans la boutique, et pour peut-être éveiller la curiosité et les doutes du Ténébreux, mais ses efforts furent vains, et aucune lueur de compréhension, même fugitive, ne s'alluma dans ses yeux.
Une fois de plus depuis qu'il avait repris conscience, le brun sentit ses espoirs s'envoler pour de bon.
Au moins cette baguette lui prouverait qu'il ne se trompait pas, qu'il avait raison, que ses souvenirs étaient réels, chose dont il risquait de douter dans les jours à venir, surtout si personne ne l'aidait et si les souvenirs de James Rogers continuaient de hanter son esprit sans qu'il ne le veuille, se mélangeant aux autres au point où il ne saurait même plus ce qui était réel et ce qui ne l'était pas.
«J'apprécierais que tu évites de revenir dans ma boutique à l'avenir, capitaine, lui lâcha-t-il avec dédain, et Killian encaissa la pique cruelle sans broncher.
Il n'était jamais devenu capitaine de navire dans ce monde, même si ça avait été son rêve quand il était enfant, pas après l'accident, et même si la perte de sa main n'avait pas été un obstacle potentiel, il n'avait en réalité même pas eu l'occasion d'essayer, puisque monsieur Gold avait fait tout ce qu'il pouvait pour qu'il n'y parvienne jamais.
- J'y songerai, lui rétorqua-t-il, ne prononçant aucun des mots qu'il aurait aimé pouvoir laisser éclater au grand jour, gardant en lui tous les appels au secours qui lui brûlaient la gorge.»
Il sortit et regarda les rues de Storybrooke, ses habitants si mornes et si maussades, et il eut un pincement au cœur en songeant à quel point ils avaient besoin d'être sauvé et que, malheureusement, il était pour l'instant le seul disponible aux dernières nouvelles, Henry étant introuvable et Rumplestiltskin ayant perdu la mémoire, comme tous les autres.
Et maintenant…
Qu'est-ce qu'il allait faire au juste?
§§§§
Alors qu'il déambulait sans trop savoir où aller dans la ville où il était supposé avoir vécu durant l'entièreté de son existence, le jeune homme songea qu'il était l'opposé des autres habitants.
S'ils avaient su la vérité, ils auraient voulu se souvenir, alors qu'il voulait continuer à ignorer l'existence de toute cette identité qui peu à peu se répandait dans sa tête sans qu'il ne puisse l'en chasser.
Mais puisqu'il ne pouvait pas faire autrement, qu'il n'avait de toute façon aucun moyen de lutter, et qu'il était censé donner le change face aux autres habitants, il laissa les souvenirs de cette vie qui n'avait jamais été la sienne l'envahir.
Au bout du compte, elle n'était dans l'ensemble pas si différente de la sienne, à quelques détails près.
Sa mère était morte quand il était enfant, son père était parti, avait fui sans se retourner, sans qu'ils ne sachent ce qu'il était devenu, lui et son frère, et Liam l'avait élevé pendant quelques années avant de devoir partir pour faire ses études dans une autre ville et…
Et comble de l'ironie, c'était les parents de Neal qui s'étaient occupés de lui à partir de là, jusqu'à ce jour terrible où l'accident qui lui avait coûté la vie s'était produit, tout ça parce qu'il voulait impressionner un adulte, prouver qu'il n'était plus un gamin.
Après ça, l'antiquaire et Neal Gold l'avaient chassé de leur vie, il s'était retrouvé seul, il avait survécu comme il le pouvait, sans réel soutien, sans amis – à part Liam qui avait fini par revenir à Storybrooke – alors même que rien de tout ça n'était de sa faute, et que ce n'était même pas arrivé.
Puis Liam était mort alors qu'il venait d'avoir dix-huit ans et il avait perdu la seule famille qu'il lui restait.
Pendant quelques secondes, il ne parvint plus à respirer, alors qu'il pensait à ce gamin qui lui ressemblait tellement tout en étant si éloigné de lui et qui aurait également mérité bien mieux que ce à quoi il avait eu droit.
Alors qu'en plus des souvenirs, les sentiments de son lui passé fictif lui revenaient également, lui brisant le cœur en mille morceaux, parce que…
Parce que James Rogers avait été amoureux de Neal Gold autrefois, et aucun de ces noms n'était réel, et oh comme ça faisait mal ça aussi, et c'était presque pire comme ça.
Parce qu'ils avaient été heureux, brièvement, qu'ils auraient pu l'être pour de vrai, pour toujours, mais la malédiction n'était pas faite pour les fins heureuses, il le savait bien.
Il ferma les yeux, alors qu'il se trouvait maintenant loin du centre-ville et des gens, tentant de s'enfoncer loin, le plus loin possible au fond de la forêt pour ne peut-être plus jamais en ressortir, pour que personne ne le voit hurler ou s'écrouler, et…
Ils s'étaient embrassés.
Oui, ce n'était pas réel, ce n'était jamais arrivé, rien n'était vrai, et il le savait bien, ça n'aurait pas dû le toucher, mais ça paraissait tellement authentique et si douloureux, et surtout si réminiscent de ce qu'il s'était passé avant la malédiction.
Leurs eux plus jeunes s'étaient embrassés eux aussi, mais ils ne s'étaient jamais dit Je t'aime.
Eux non plus d'ailleurs.
Il l'avait pensé pourtant, dans la vraie vie comme dans la fausse, dans les deux cas, les sentiments étaient là, prêts à éclore, prêts à être dévoilés au grand jour, pourtant ils n'avaient rien dit, l'un comme l'autre.
Ils étaient trop jeunes dans un cas, c'était trop récent, et dans l'autre, ils venaient à peine de se donner une chance, de tenter de construire quelque chose, et leurs deux versions n'avaient pas eu la moindre chance d'y parvenir, d'aller plus loin.
La mère de Neal était morte, ou la malédiction avait frappé, et il aurait voulu avoir cette vie là dans le monde sans magie, pour de vrai, le début du moins, sans la tragédie de fin.
Une vie sans haine, sans désir de vengeance, où il n'était pas devenu un pirate prêt à tout pour occire l'homme qui avait réduit en cendres le cœur de la femme qu'il aimait.
Sauf que ça n'arriverait jamais, leur passé fictif comme leur futur véritable empoisonnés par les manigances de Peter Pan.
Ou plutôt de Malcolm.
À croire que cette fois-ci, il n'avait pas pu laisser sa véritable identité derrière lui contrairement à tout le monde, il était le seul à être forcé de la reprendre.
Killian aurait sans doute apprécié l'ironie dans d'autres circonstances.
§§§§
Il était toujours ami avec Regina dans cette vie, et c'était sans doute la seule chose un tant soit peu réconfortante qui ressortait de ce marasme.
Souffrant des mêmes maux (un père ou une mère morts et un père ou une mère qui n'étaient pas vraiment des modèles d'éducation), ils s'étaient rapprochés durant leur enfance, fuyant leur maison dès qu'ils le pouvaient, Regina se réfugiant souvent chez James, surtout après le départ de son père.
Même après la mort de la mère de Neal, ça n'avait rien changé, et au fil des ans, elle avait tenté de le soutenir, en tant que mairesse, et pourtant, ça n'avait fait aucune différence.
Désormais, ils étaient tous les deux plus bas que terre, et le pirate en était sincèrement navré, pour elle comme pour lui-même.
Il était un voleur, et maintenant qu'il était sorti de l'hôpital psychiatrique il n'était pas certain de ce qu'il était supposé faire ou de comment s'en sortir, sans même parler de la malédiction.
Regina ne pouvait pas l'aider, pas vu l'état dans lequel elle était désormais après tout ce qu'il s'était passé dernièrement et oh il se souvenait du reste aussi.
Il se souvenait d'Emma, du fait qu'elle vivait autrefois à Boston, qu'elle avait postulé à Storybrooke pour obtenir le poste de shérif adjointe, qu'elle l'avait obtenu en 2006 (mais les dates avaient-elles encore un sens dans une ville où le temps ne passait plus?), alors que Regina avait déjà adopté Daniel.
Il se souvenait qu'à force de travailler ensemble pour améliorer la ville, elles s'étaient rapprochées, étaient tombées amoureuses, qu'Emma avait adopté Daniel, puis elles avaient fini par se marier, et tout allait bien, elles nageaient dans le bonheur.
Et puis six mois plus tôt, Daniel était mort noyé et tout s'était effondré.
Il avait été heureux du bonheur de sa meilleure amie, s'était réjoui de la voir s'épanouir, obtenir la fin heureuse qu'elle méritait, et il avait tenté de la soutenir suite à l'accident (il ne savait que trop à quel point ce genre de tragédie pouvait détruire une relation), tout en ayant ses propres problèmes.
Mais bon, maintenant qu'il était sorti, le mieux à faire était sûrement d'aller la voir, pour s'assurer de comment elle allait, surtout maintenant que son divorce avec Emma avait été définitivement prononcé.
Il rit presque malgré lui.
Ils faisaient la paire tout de même, lui détesté par l'homme dont il était en train de tomber amoureux, et elle séparée de sa fausse épouse et vraie petite-amie.
Il songea qu'il devait en être de même pour Rumplestiltskin et Belle, David et Blanche-Neige, ainsi que d'August et Graham, et de l'ensemble des couples de la ville qui s'aimaient d'un amour sincère et pouvaient peut-être briser la malédiction.
Peter Pan n'était pas le genre de personne à laisser ce genre de choses au hasard.
Oui, il irait lui parler, tout en sachant qu'il ferait face à Regina Mills, la femme brisée et pas la sorcière courageuse qui avait tout tenté pour sauver son fils.
Mais plus tard.
D'abord, il avait autre chose à faire.
§§§§
Il lui avait fallu du temps avant de se rappeler de l'encre de seiche.
À vrai dire, celle-ci n'avait même pas été utilisée, aucun d'eux n'en avait eu l'occasion, personne n'y avait pensé, et quand Rumplestiltskin était parti pour tuer son père, il devait l'avoir sur lui, mais puisque Pan était toujours là, ça n'avait de toute évidence servi à rien.
Où était-elle maintenant?
Connaissant Peter Pan, il l'avait sans doute gardée auprès de lui, il était assez arrogant pour ça après tout, et contrairement à la boite de Pandore, l'encre ne pouvait pas agir sur lui assez longtemps pour le neutraliser.
Il ne fallut pas longtemps au pirate pour réaliser que même s'il l'avait eue avec lui, elle ne lui aurait servi à rien.
D'abord, il ne savait pas où elle était ni même si Peter Pan ne l'avait pas détruite ou faite disparaître d'une manière ou d'une autre.
Ensuite, elle n'avait qu'un effet temporaire, elle ne l'immobiliserait pas longtemps, et s'il avait pu faire sortir leur ennemi de la ville, ça aurait valu le coup, mais la barrière était là, ce qui réduisait cette tentative à néant.
Et enfin…
Il aurait dû avoir la dague du Ténébreux avec lui, ainsi que le Ténébreux lui-même, mais il ignorait où elle se trouvait, et même si par miracle il l'avait retrouvée il aurait dû réussir à permettre à la fois à Rumplestiltskin de retrouver ses pouvoirs et sa mémoire.
Sans compter qu'il devait être assez rapide pour utiliser l'encre de seiche et faire en sorte que Rumplestiltskin puisse tenter de tuer son père, si c'était effectivement possible comme il le leur avait affirmé.
Il dût se rendre à l'évidence.
Tous ses plans menaient à une impasse.
§§§§
Il était arrivé à la frontière de la ville, et il eut beau prier pour un résultat différent, il ne put que se heurter à la dure réalité, littéralement.
Il y avait effectivement une barrière, qu'il ne pouvait pas franchir ou détruire, et Emma, Regina, les fées et Rumplestiltskin auraient peut-être pu avec du temps, leur mémoire et leurs pouvoirs.
Malheureusement, ils ne disposaient d'aucun des trois.
Bien que sachant que c'était futile, inutile, une vrai perte de temps, il brandit sa main droite et l'abattit sur le mur invisible qui avait fait d'eux des prisonniers, et frappa, frappa, frappa encore et encore, en boucle, comme si ça pouvait faire une différence, jusqu'à en avoir la main en sang, et alors qu'il s'écroulait, il se fit la réflexion qu'il avait bien fait de s'éloigner du reste de la ville.
Ainsi, personne ne pourrait l'entendre hurler.
A suivre…
Notes:
Titre du 06/06/2024 : Deux réalités
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 66 : Le Ténébreux
Trois cents douzième baiser : Un baiser entre deux personnes du même sexe
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Prénom 72 : Henry
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Ross : Paléontologue : Écrire sur un personnage qui trouve un objet/livre/quelque chose de très ancien ou un UA!Dinosaures
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, prompts infinis, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 147: Seuls au monde.
Chapter Text
Si David Spencer avait pu divorcer de sa femme, il l'aurait fait immédiatement.
S'il avait pu ne jamais l'épouser en premier lieu, les choses auraient été bien plus simples, mais ce n'était pas comme s'il avait jamais eu le choix, et Ashley non plus d'ailleurs.
Ils n'avaient été l'un comme l'autre que des pions au service des ambitions personnelles de leurs parents respectifs, et tout comme la belle-mère d'Ashley avait été tout sauf une mère aimante, le père adoptif de David, Albert Spencer, ne s'était jamais soucié de lui autrement que pour lui dire ce qu'il devait faire, ce qu'il devait être, ce qu'il devenait devenir.
Et David avait obéi à chaque fois, comme le bon petit soldat qu'il était et que le procureur avait élevé, modelé, formé et forgé sans jamais lui permettre d'être quoi que ce soit d'autre, et jamais il n'avait jamais réellement rêvé d'autre chose.
Jamais il ne s'était autorisé à le faire, parce qu'il ne voyait pas d'autre alternative, pas d'autre possibilité, et parfois, oh, parfois, il aurait souhaité en être capable, pouvoir changer les choses.
Vivre une autre vie que celle dans laquelle son père l'avait impitoyablement enchaîné sans jamais se soucier de lui demander son avis, sans tenter d'en apprendre plus sur ses aspirations et ses rêves.
Sans doute était-ce pour le mieux, dans le cas contraire, il les aurait probablement broyés en mille morceaux à l'instant même où David aurait osé s'exprimer et les formuler à voix haute.
Sa vie n'était pas abominable, loin de là, et il le savait, il avait une existence confortable, contrairement à bien d'autres habitants de Storybrooke ou des États-Unis, un travail qu'il n'avait pas vraiment choisi mais pour lequel il était doué, et une petite fille nommée Alexandra qu'il adorait.
Mais il n'était pas amoureux de son épouse, et il ne l'aimerait jamais, il n'avait consenti à ce mariage que parce qu'il le devait, parce que son père et la belle-mère d'Ashley s'étaient arrangés pour forger une alliance entre leurs familles alors qu'ils n'étaient encore que des enfants qui n'avaient jamais eu leur mot à dire.
En grandissant, ça n'avait pas vraiment changé.
Aucun d'eux n'avait songé à dire non.
Aucun d'eux n'avait cru un seul instant qu'ils puissent avoir le droit de le faire en vérité, aucun d'eux n'avait jamais eu l'illusion d'avoir le moindre choix concernant cette décision qui n'était même pas la leur et qui allait pourtant déterminer le reste du cours de leurs vies.
Des marionnettes, ils n'étaient rien de plus que ça.
Un mariage d'argent et de pouvoir, un mariage malheureux, sans amour, qui lui donnait l'impression d'être un prisonnier, et il ne pouvait rien faire pour arranger ça.
Maintenant que la belle-mère d'Ashley était morte, elle était riche, très riche, et peut-être que dans d'autres circonstances, David aurait pu l'aimer, mais il s'en était montré complètement incapable, tout comme elle, et lui qui avait toujours rêvé de se marier par amour, bercé par les contes de fée et les romances, il avait dû y renoncer.
Un mariage arrangé.
Malgré le temps qui passait, certaines traditions ne disparaissaient jamais vraiment.
Puis Ashley avait rencontré Sean, quelques mois plus tôt, après la naissance de leur fille, et ça n'avait en un sens absolument rien changé.
Quand la blonde avait compris qu'elle était tombée amoureuse, elle le lui avait dit, évidemment, parce qu'ils n'avaient peut-être jamais choisi d'être ensemble mais cela ne signifiait pas qu'elle voulait lui mentir, le tromper ou lui cacher des choses.
Il méritait qu'elle soit honnête envers lui, et il lui en avait été reconnaissant pour ça.
Dans d'autres circonstances, dans un autre monde, sans l'ombre menaçante qu'Albert Spencer faisait placer sur eux, ça aurait été suffisant pour qu'ils se séparent, pour qu'ils mettent fin à cette mascarade qui n'aurait jamais dû venir au monde.
Mais il en avait été incapable, et Ashley avait été dans le même cas que lui, sachant mieux que quiconque dans cette ville à quel point le vieil homme pourrait faire de sa vie un enfer s'il le voulait, s'ils décidaient de lui désobéir.
Alors ils avaient fait ce que d'autres faisaient dans la même situation et qui ne pouvaient pas s'en extirper.
Ils avaient menti aux autres, fait semblant, étaient restés ensemble, et David avait laissé Ashley vivre son idylle secrète avec Sean, parce que c'était la seule chose à faire, la bonne chose à faire et parce qu'ils étaient pieds et poings liés par leurs obligations, parce qu'ils n'avaient pas d'autre choix.
Il n'était pas heureux, mais si Ashley pouvait l'être, même juste un peu, même de façon temporaire, même s'il fallait tricher pour cela, alors il ferait tout pour qu'elle y parvienne, malgré les obstacles.
Ça ne changeait rien au fait qu'il se sentait seul, malheureux et fatigué de porter chaque jour un masque, d'évoluer dans un milieu qu'il méprisait, de jouer un rôle et de feindre d'être une personne qu'il n'avait jamais été, sans jamais avoir assez de courage pour en sortir.
Et, même si ça faisait sans doute de lui une mauvaise personne, David Spencer ne pouvait s'empêcher, presque malgré lui, de prier pour qu'un jour le décès de son père lui soit enfin annoncé, signant le début de sa liberté et celle d'Ashley.
§§§§
La plupart du temps, le dieu des Enfers faisait tout son possible pour ne pas se retrouver en présence de celle qu'on surnommait autrefois la reine de Cœur.
Il la détestait après tout, et une fois qu'il avait choisi son châtiment, la ramener à ce statut si humiliant pour elle de fille du meunier et de meunière qu'elle s'était acharnée de toutes ses forces à quitter, en sacrifiant Zelena au passage, il l'avait laissée à son sort.
Savoir qu'elle souffrirait éternellement (il ferait tout pour ça, se battrait pour qu'elle ne puisse jamais quitter les Enfers, que son affaire inachevée le demeure à jamais, il était prêt à laisser partir toutes les autres âmes coincées dans son royaume si ça la forçait à rester à sa merci, payant pour ce qu'elle avait infligé à sa fille aînée) lui suffisait amplement, il n'avait pas besoin de plus.
Parfois, quand il songeait à Zelena, quand il sentait la rage le dévorer de l'intérieur à la simple pensée de tout ce qu'elle avait traversé et enduré à cause de sa mère, il passait la voir, pour observer de près sa déchéance, rendre sa situation encore pire et douloureuse qu'elle ne l'était déjà.
Et, s'il ne ressentait aucune affection particulière pour Regina Mills, savoir que c'était elle qui avait tué Cora la faisait légèrement remonter dans son estime.
S'il avait cru que rien ne le ferait détester la sorcière plus encore qu'il ne le faisait déjà, les révélations récentes apportées par sa bien-aimée lui avaient démontré le contraire.
Tout était peut-être faux, Regina pouvait mentir, se tromper, Cora elle-même pouvait avoir inventé cela, mais si c'était vrai, si c'était arrivé et qu'elle…
Si elle avait osé abandonner sa douce une fois de plus et lui voler ses souvenirs qui plus est, la forcer à vivre une vie misérable et dénuée d'amour alors qu'elle savait cette fois et ne pouvait pas prétendre le contraire, alors…
Alors il ne savait pas ce qui le retiendrait de ne pas la balancer tout droit au fin fond de la rivière des âmes perdues, pour qu'elle y pourrisse à jamais et que tout son être et son âme se dissolvent, comme si elle n'avait jamais existé.
Mais non, ce ne serait pas suffisant, pas assez cruel, la mort était définitive.
Alors qu'une éternité de souffrance, en revanche…
§§§§
Voir une lueur de peur, non, de terreur, apparaître dans les yeux de l'autrefois si arrogante, si fière et si puissante Cora, était toujours aussi satisfaisant que les autres fois où c'était arrivé.
Depuis le jour où elle était arrivée dans son royaume et où, en réalisant qui elle était, ce qu'elle avait fait, le dieu s'était juré de la briser à jamais, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'elle.
Jusqu'à ce que Zelena soit enfin vengée, comme elle méritait de l'être.
Elle eut un mouvement de recul involontaire, trébucha, et la voir recouverte de farine ne suffit même pas à faire disparaître la rancœur qui le dévorait de l'intérieur, alors qu'il pensait à une jeune fille qui avait cru avoir enfin trouvé une famille, une mère et une sœur, et qui avait vu ses espérances être broyées en un instant.
Une jeune fille qui méritait mieux.
Elle se releva et l'observa avec crainte et tremble pauvre garce, songea-t-il, parce que je n'en ai pas encore fini avec toi.
«Que voulez-vous… majesté? S'obligea-t-elle à rajouter en grinçant des dents, et elle ne lui fit aucune révérence, mais il n'en tint pas compte, il avait autre chose à penser.
Il lui adressa un sourire faussement amical qui ne trompa personne.
- Oh voyons ma chère Cora, je suis seulement venu prendre de tes nouvelles, pour savoir comment tu vas, comment le travail au moulin se passe, ce genre de choses.
- Vous le savez déjà fort bien, lui rétorqua-t-elle. C'est vous le maître ici après tout, que pourrais-je vous dire que vous ne sachiez déjà?
- C'est juste, en effet, reconnut-il. Je suis venu pour autre chose, tu as raison. Je suis là pour te parler de ta fille.
- Regina?
Même si sa réaction était tout à fait prévisible, l'immortel ne put s'empêcher de se crisper en la voyant partir directement du principe qu'il s'agissait de sa fille cadette, sa légitime, l'enfant qu'elle n'avait pas abandonné.
Comme si elle niait l'existence de Zelena, comme si elle n'avait pas la moindre importance à ses yeux et savoir que c'était effectivement le cas le rendait malade.
D'un geste, il utilisa la magie pour la faire souffrir, lui arrachant un cri de douleur qu'elle ne parvint pas à réprimer.
Il la haïssait, comme il n'avait jamais haï un être humain avant, sans doute parce qu'il n'avait jamais réellement aimé personne en dehors de Zelena, pas autant, pas comme ça, pas d'une manière si totale et inconditionnelle.
- Non, rugit-il, l'autre. Zelena.
Il mit fin au sort, et la rousse la regarda avec un air confus et perdu.
- Je ne comprends pas.
Évidemment qu'elle ne comprenait pas.
Elle n'avait jamais cherché à revoir sa bâtarde après l'avoir abandonnée, la première comme la deuxième fois hypothétique, elle l'avait toujours crue insignifiante et banale, alors qu'elle avait le potentiel de briller autant qu'un milliers de soleils.
Elle avait failli s'éteindre, disparaître, tout ça parce qu'elle n'avait pas été là pour elle, elle s'était noyée dans le désespoir et la colère par sa faute, s'était plongée dans le désir de vengeance et n'en était toujours pas ressortie, et même maintenant, elle se demandait pourquoi il voulait lui parler d'elle?
- Quand elle était enfant, est-ce que tu es allée chercher Zelena à Oz pour la ramener dans la Forêt Enchantée pour qu'elle soigne ton autre fille? Est-ce qu'une fois cela fait, tu as modifié leurs souvenirs, effacés leurs mémoires, afin qu'elles ne se souviennent pas s'être rencontrées?
Son regard se fit paniqué.
- Comment est-ce que vous…
Nouveau sortilège, et cette fois, ce fut comme si des décharges électriques la traversaient de part en part, en boucle.
- Réponds seulement à la question, lui ordonna-t-il alors qu'elle hurlait de douleur, et ce ne serait sûrement jamais suffisant pour effacer l'enfance volée de Zelena, tout ce à quoi elle n'avait jamais eu droit, mais oh comme ça lui faisait du bien.
- Oui! Avoua-t-elle finalement. C'est ce que j'ai fait.
Il mit fin à la torture et la regarda d'un air si haineux qu'elle sut avec certitude que si elle n'avait pas déjà été morte, il l'aurait tuée sur le champ.
Une dague s'enfonça dans sa jambe, sans qu'elle ne comprenne d'où elle sortait, sans qu'elle ne cherche réellement à le savoir, et elle se mordit la langue pour ne pas hurler une fois de plus.
- Pourquoi?
- Parce que c'était la meilleure chose à faire.
- Pour elle, pas pour toi, lui reprocha-t-il avant d'extirper l'arme de sa jambe, et elle cria cette fois-ci.
Qu'est-ce que ça peut vous faire? Faillit-elle lui demander avant de se raviser et de plutôt se taire, ne voulant pas déchaîner encore plus la fureur du dieu.
Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi le sort de Zelena lui tenait autant à cœur.
- Je ne pouvais pas me le permettre, se justifia-t-elle, même en sachant que ça ne suffirait pas, que ça ne servirait à rien, j'étais une princesse, j'avais un rôle et un statut à tenir, et l'avenir de ma fille…
Elle ne put jamais finir sa phrase, alors qu'Hadès se saisissait de la dague couverte de sang pour lui lacérer le visage, satisfait de savoir qu'elle garderait une cicatrice sur son visage autrefois parfait et sans tâches, qu'aucun sortilège ne pourrait jamais faire disparaître, il y veillerait.
Entendre ses cris de douleur fut au moins tout aussi réjouissant.
- Mais son avenir à elle n'a jamais compté à tes yeux, pas vrai? Siffla-t-il en ne s'attendant pas à entendre une réponse qu'ils connaissaient de toute façon déjà tous les deux.
Voyant son sang couler, il regretta une fois de plus de ne pas pouvoir la tuer une nouvelle fois.
Elle ne tenta d'ailleurs pas d'arrêter le saignement, ça aurait été futile au vu du contexte.
Il aurait aimé pouvoir lui trancher la gorge, mais il avait encore besoin qu'elle soit capable de parler.
- Comment leur as-tu effacé la mémoire?
- Les eaux du fleuve Léthé, dit-elle, confirmant ce qu'il savait déjà.
Il hocha la tête, satisfait et en même temps nauséeux, parce que ça signifiait que les choses auraient pu être tellement différentes.
Parce que Cora avait eu la possibilité d'arranger les choses et qu'elle n'avait même pas essayé, parce que Zelena aurait pu avoir une famille, avoir une sœur qu'elle aurait aimé au lieu de la détester aveuglément, parce que sa vengeance avait encore moins de sens qu'avant.
- Bien.
Sans rien ajouter d'autre, cédant à une impulsion, il plaça la lame sur la gorge de la rousse et la trancha pour de bon, sans que Cora ne puisse rien y faire pour l'en empêcher, et elle lui adressa un regard paniqué qui le fit sourire.
Sa gorge ne se refermerait plus jamais, continuerait de saigner abondamment, telle une rivière, et elle ne pourrait plus parler, elle se viderait de son sang éternellement, sans mourir puisqu'elle l'était déjà, et ce serait comme si elle se noyait à jamais sans rien pouvoir y faire.
Ça lui semblait être une punition appropriée pour celle qui ne s'était toujours servie des mots que pour blesser les autres.
Il s'inclina dans sa direction avec un air moqueur, se délectant de la terreur et du désespoir qu'il lisait dans ses yeux.
C'était tout ce qu'elle méritait de toute façon.
- Je te souhaite un très bon séjour parmi nous, très chère Cora, et j'espère que tu continueras à te plaire aux Enfers à l'avenir.»
Il quitta la meunière, se téléportant pour rejoindre son palais et d'un geste, il utilisa la magie pour faire disparaître le sang dont il était recouvert.
Il ne faudrait tout de même pas que Zelena le voit être aussi négligé, ça n'aurait pas été correct…
§§§§
Killian Jones aurait aimé être surpris de constater que Regina se trouvait au Rabbit Hole.
Dans d'autres circonstances, ça n'aurait pas été un problème, qu'elle soit là ou au Granny's, peu importe si jamais elle voulait faire la fête.
Seulement, avec ce qu'il avait découvert et ce dont il se souvenait, il avait bien conscience que la brune n'était pas vraiment dans ce genre d'état d'esprit actuellement, bien au contraire.
Son fils mort noyé, sa femme qui s'éloignait de plus en plus d'elle, au point de demander le divorce…
Non, de toute évidence, cela faisait bien longtemps que Regina Mills n'allait pas bien, et même si rien de tout ça n'était réel, il ne pouvait pas s'empêcher d'être désolé pour elle.
Parce qu'elle avait vraiment perdu son fils, sans le savoir, Henry étant toujours introuvable, elle l'avait oublié, parce qu'elle aimait Emma, réellement, et que la malédiction avait été assez cruelle pour ne pas le lui faire oublier mais pour au contraire lui montrer ce qu'elle voulait et ne pourrait plus jamais avoir.
À la fois si proches, et en même temps si loin, lui aussi savait ce que ça faisait maintenant et à quel point ça pouvait être douloureux.
Elle buvait aussi, trop, bien trop, d'après le nombres de verres de shot qui se trouvaient devant elle, et ce n'était pas la première fois que ça arrivait vu ce qu'il savait des derniers mois, mais il n'allait clairement pas la juger, lui-même, son vrai lui ou même son alter-ego maudits avaient de toute évidence également un problème avec l'alcool.
Elle était alcoolique, très probablement, ce qui expliquait pourquoi sa vie était partie en vrille récemment, et il sentit sa gorge se nouer en se souvenant de celle qu'elle était au Pays Imaginaire, effrayée mais aussi forte et courageuse, décidée à tout faire pour sauver son fils.
Il se rappelait de la femme optimiste et pleine d'espoir, croyant en un avenir radieux une fois qu'ils étaient revenus à Storybrooke, croyant avoir vaincu Peter Pan pour toujours, et il aurait pu en pleurer.
Elle était si bien enfermée dans sa petite prison qu'elle ne voyait sans doute plus les barreaux qui se trouvaient autour d'elle, ignorait totalement leur existence.
Au moins, quand elle avait épousé le roi Léopold malgré elle, elle avait conscience alors qu'elle était enfermée dans une cage.
En le voyant, elle lui sourit en tentant d'être enjouée, sans grand succès.
«Oh, bonsoir James, comment vas-tu? J'ai appris que tu étais finalement sorti, je suis désolée de ne pas être venue te voir, je… avec ce qu'il s'est passé récemment, je n'en ai pas vraiment eu l'occasion.
- Ne t'en fais pas, je comprends. J'ai… j'ai appris pour toi et Emma. Que le divorce avait été prononcé. Je suis désolé.
- Je lève mon verre à ça, se contenta de lui répondre sombrement son amie avant de finir son shot de tequila et de commander un autre verre et l'estomac du brun se tordit.
Elle se noyait et il ne pouvait même pas l'aider.
- Mais assez parlé de moi, poursuivit-elle, je sais que le contexte n'est pas propice à ce que les choses se passent bien pour toi, mais… est-ce que ça va?
Sa gorge se noua davantage, et il se trouva complètement incapable de lui répondre sincèrement.
Parce qu'aucun des mots qu'il aurait pu prononcer n'aurait fait sens pour elle.
Je suis seul, l'homme que j'aime me déteste, j'ai tout perdu une fois de plus et cette fois ce n'était même pas de ma faute, je suis condamné à me souvenir de deux vies différentes, risquant de m'y perdre à force et je ne peux rien faire parce que personne ne peut m'aider.
Parce que tout le monde a oublié, parce que Peter Pan a gagné, parce que je suis encore plus seul qu'avant que Neal et moi on se trouve, que je ne peux rien faire et oh Regina j'ai si peur, si seulement tu savais.
- Oh tu me connais, dit-il simplement, essayant de rebondir par une pirouette, je m'en sors toujours.
Elle lui sourit, et son sourire était plus lumineux cette fois, plus sincère aussi, et il aurait aimé que ce soit suffisant pour faire ressortir la vraie Regina du gouffre dans lequel la malédiction l'avait jetée.
- J'en suis sûre. Tu te joins à moi?»
Il aurait dû dire non.
Il aurait dû l'aider à dessoûler, pas l'enfoncer encore plus, lui parler, lui révéler la vérité sur la malédiction, l'appeler au secours, lui parler d'Henry, parce que c'était celui qui avait fait la différence la dernière fois et que ça pouvait encore être le cas.
Mais il était déjà si fatigué et si las face à l'ampleur de la tache qui l'attendait qu'il renonça rapidement et acquiesça, commandant un shot de rhum, songeant à un contexte pourtant tout aussi peu favorable où ils avaient là aussi bu ensemble, désirant presque y retourner, parce qu'au moins il n'avait pas l'impression de se battre seul contre le vent à l'époque, parce qu'ils avaient encore une chance, malgré le danger.
Ce fut pour lui désespérant de constater à quel point boire jusqu'à oublier son propre nom, le vrai comme le faux, pouvait être facile quand on avait le sentiment de mener un combat sans issue.
A suivre …
Notes:
Titre du 26/09/2023 : Seuls au monde
Vierge: David Nolan (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
D : David Nolan
Créature 38 : Sorcière
Maladie 6 : Alcoolisme
Défi des adultes 329 - Psychologie : Alcoolisme
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Catherine de Médicis (Reign) : Mère : Écrire sur Catelyn Stark (GoT) ou sur un parent ayant une relation conflictuelle avec (un de) ses enfants
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, blessure maladie ou mort de votre personnage, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 148: Désenchantée.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Emma Swan ne rêvait que d'une seule chose, pouvoir enfin prendre des vacances.
En allant plus loin, elle s'imaginait aussi partir en voyage loin de Storybrooke, peut-être aussi loin du Maine et des États-Unis, pour visiter de nouveaux lieux, des endroits où elle n'était jamais allée.
Autrefois, avant de s'installer à Boston puis à Storybrooke, elle avait passé des années à vadrouiller un peu partout aux USA sans jamais se poser réellement, puis elle avait rencontré Regina et tout avait changé.
Pendant plus de six ans, jamais elle n'était partie de Storybrooke, n'en avait jamais vu la nécessité, tout ce qu'elle aimait et chérissait se trouvait là, elle était à la maison, et elle aimait visiter la petite ville régulièrement sans jamais se lasser.
Puis Daniel était mort et ce qui était autrefois son foyer avait fini par apparaître comme une prison dans laquelle elle ne pouvait rien faire d'autre qu'étouffer et suffoquer, désespérément à la recherche d'air.
Alors oui, la shérif adjointe aurait aimé pouvoir quitter la ville, au moins temporairement, mais c'était impossible.
Elle n'avait pas les moyens de le faire, pas avec son salaire minable, Regina était riche, elle (pour l'instant, maintenant qu'elle n'était plus mairesse et que son haras était à l'abandon, ne lui rapportant plus rien, la blonde ne savait pas combien de temps son ex-épouse allait tenir), mais c'était son argent à elle, pas le sien.
De toute façon, prendre des vacances était inenvisageable, pas alors qu'elle avait du travail par dessus la tête et un supérieur totalement incompétent qui lui rajoutait chaque jour un peu plus de choses à faire, elle et Graham étant les deux seules personnes de ce foutu commissariat à accomplir un boulot un tant soit peu correct.
Keith avait été nommé à son poste uniquement grâce à ses relations, n'avait pu être élu que comme ça, grâce au maire Spencer, et à monsieur Gold sans doute, sans compter le journaliste Sidney et ses articles clairement orientés, c'était une évidence, et Emma ne voyait pas d'autre explication plausible.
Regardant l'heure, elle dût admettre la réalité, elle ne rentrerait pas chez elle avant un long moment.
Ce n'était sans doute pas grave, elle n'en avait pas vraiment envie, retourner dans cet appartement si vide et si froid où personne ne l'attendait n'était pas une perspective très réjouissante.
Même si elle aurait voulu dormir, et elle soupira face à la charge colossale de travail qui l'attendait encore.
Elle aurait tué pour avoir droit à un peu de repos.
§§§§
Lacey French aurait tué pour avoir un travail.
Pour enfin sortir du bourbier dans lequel elle se trouvait, de cette stagnation dans laquelle elle se sentait piégée et ce, depuis qu'elle avait fini ses études de lettres, des années plus tôt et était revenue à Storybrooke avec pour objectif de trouver un travail en ville ou dans les environs.
À chaque fois ses tentatives s'étaient révélées n'être rien de plus que des échecs.
Pas les diplômes attendus, pas assez d'expérience, elle avait candidaté autour de Storybrooke pourtant, encore et encore, dans d'innombrables villes qui avaient besoin de personnel, cherchant des offres acceptant les débutantes comme elle qui n'avaient rien hormis quelques stages de courte durée.
Elle avait fini par abandonner à force de recevoir lettre de refus sur lettre de refus, et elle avait reçu et jeté dans la corbeille de son ordinateur tellement de mails identiques qu'elle aurait pu les réciter de tête sans même se tromper tant elle les connaissait par cœur.
Désormais, elle ne postulait quasiment nulle part, hormis à Storybrooke, là aussi sans grand succès.
Avant, elle aurait peut-être eu une chance d'être embauchée à la bibliothèque municipale, lorsque Regina Mills était encore la mairesse de la ville, celle-ci ayant l'intention de créer un nouveau poste.
Depuis qu'Albert Spencer avait été élu maire, non seulement cette idée avait été abandonnée, mais la bibliothèque possédait encore moins de fonds, de crédits et de moyens qu'avant, et Lacey avait vu tous ses espoirs être réduits à néant.
Elle naviguait de petits boulots en petits boulots, sans jamais réussir à s'implanter où que ce soit, retournant toujours à la case départ, elle qui aurait tant voulu avoir plus que ça.
Elle aimait vivre chez son père, vraiment, et elle l'aimait, mais si elle avait pu partir de la maison pour avoir son propre chez elle, gagner son indépendance, voire s'installer avec son petit-ami, elle l'aurait fait.
Elle l'aurait sans doute fait si Keith n'avait pas été aussi… Keith.
Elle l'aimait depuis le collège, ils étaient ensemble depuis le lycée, et l'étaient restés même quand la brune était partie pour étudier, mais sans qu'elle ne comprenne pourquoi, alors même qu'elle l'aimait, elle avait le pressentiment que s'installer avec lui serait une mauvaise idée.
C'était sans doute stupide, absurde, elle n'avait pas envie de le quitter, mais il pouvait aussi se montrer désagréable, stupide et irritant, et elle ne savait toujours pas pourquoi elle l'aimait, pourquoi elle était avec lui, mais elle savait qu'elle ne voulait pas changer le statu quo.
Tout se passait bien entre eux après tout, pourquoi aurait-elle voulu changer une situation qui leur convenait très bien à tous les deux?
Et surtout, chez son père, elle n'était pas distraite, elle pouvait continuer d'étudier pour le concours de bibliothécaire auquel elle avait déjà échoué par deux fois, alors qu'elle faisait tout pour le préparer le plus sérieusement possible.
Parfois – souvent même – elle avait juste envie d'abandonner, de se laisser couler, de laisser tomber, de passer à autre chose, tant cela lui semblait vain et inutile.
À quoi bon s'obstiner alors qu'elle passait son temps à se planter et à échouer?
Keith n'arrêtait pas de le lui dire d'ailleurs, là où son père, Ruby et Granny l'encourageaient à ne rien lâcher, à s'accrocher, et plus le temps passait, plus elle était tentée de l'écouter.
C'était une voie sans issue et, à force de continuer à s'y engager, elle allait finir par foncer droit dans le mur.
Réalisant l'heure qu'il était, ainsi que le fait que cela faisait plusieurs minutes qu'elle n'arrivait plus à avancer la lecture de ses cours, elle soupira et se prépara pour son service au Granny's.
Elle s'apitoierait sur son sort plus tard.
§§§§
La fille de Moe French se crispa avant même de sentir le regard des passants sur elle.
Elle en avait l'habitude pourtant, mais à chaque fois, ce simple fait la mettait dans un état de colère, de rage incommensurable, lui donnait envie de fusiller du regard tous ceux qui osaient la regarder de haut à cause de sa tenue.
Elle portait un T-shirt bleu et un court short noir, ainsi que des talons hauts, et elle grinça des dents, comme à chaque fois qu'elle sortait, à chaque fois qu'elle osait se promener ou aller au travail, dévisagée par tous ces gens, soit avec condescendance, soit comme si elle n'était rien de plus qu'un bout de viande.
Oui, elle aimait les robes, les jupes et autres vêtements courts, oui, elle aimait se maquiller, se faire belle, se sentir belle, être sexy, tout comme Ruby, sa collègue, et elle voulait leur dire à tous qu'en plus de ça, ils étaient en plein mois de juillet et qu'il faisait chaud, à quoi s'attendaient-ils, franchement?
Ils n'avaient aucun droit de la juger et pourtant ils le faisaient tout de même, et elle serra les poings, tentant de se calmer, de tout faire pour ne pas aller leur dire sa façon de penser.
À la place, elle continua de marcher comme si ça ne l'atteignait pas, la tête haute et fière.
Et si elle leur faisait des doigts d'honneur imaginaires dans sa tête, personne n'avait besoin de le savoir.
§§§§
Il était vingt-trois heures passées quand Emma poussa un cri de victoire empli de fatigue.
Enfin, elle avait fini par réussir à venir à bout de toute la paperasse qui s'était accumulé ces derniers temps durant ses jours de repos et dont Keith, évidemment, ne s'était pas du tout occupé (il n'était pas là d'ailleurs, elle ne l'avait en réalité pas vu de la journée et ça ne l'étonnait même pas. Peut-être était-il au Rabbit Hole, ou avec sa petite-amie Lacey, qui méritait clairement mieux que lui. Mais comme ce n'était pas ses affaires, elle ne s'en était mêlée), et elle sentit une grande lassitude l'envahir.
Plus le temps passait, plus ses conditions de travail se dégradaient et plus elle avait envie de démissionner.
Mais pour faire quoi à la place?
Storybrooke était une petite ville, et ce n'était pas vraiment comme si les possibilités de reconversion professionnelles étaient nombreuses, et puis elle aimait beaucoup Graham, son collègue, elle n'allait tout de même pas le laisser tomber, il avait besoin d'elle, ça n'aurait pas été correct.
Elle retint son soupir, réalisant que la seule chose qui l'empêchait réellement de partir, c'était son intégrité et son sens du devoir.
Ce n'était pas ce qu'on pouvait qualifier d'avenir professionnel épanouissant, loin de là.
Graham lui envoya un sourire fier qui se dessina sur un visage au moins aussi fatigué que devait être celui de la blonde.
«Tu as fini?
- Oui, lui confirma-t-elle, il était temps, j'ai l'impression que j'y suis depuis des jours. Et toi?
Il secoua la tête.
- Non, pas encore. Et à ce rythme, j'en ai encore jusqu'à au moins minuit. Voire une heure du matin. Tu devrais rentrer chez toi Emma, tu mérites d'aller te reposer. Si les choses marchaient correctement dans cette ville, ni toi ni moi ne serions encore ici à cette heure.»
Mais je n'ai plus de chez moi, faillit lui dire Emma, sentant sa gorge se nouer à cette simple pensée.
Elle ne vivait plus au manoir depuis des mois, son foyer avait explosé au moment même où elle était rentrée et avait trouvé Regina trempée par l'eau de la piscine, entourée par les secours, berçant le corps inanimé de leur petit garçon sans vie.
Si elle avait été raisonnable, elle serait rentrée dans son appartement pour y dormir et récupérer, afin d'être fraîche et dispose pour faire face correctement à la journée du lendemain.
Mais elle pensa alors à son appartement vide, à ce lit si petit, si froid, dénué d'amour, de chaleur et de vie, elle pensa à toutes les heures qu'elle avait passées à fixer le plafond sans parvenir à trouver le sommeil malgré la fatigue. Ne pensant qu'à Daniel, à Regina, à la famille qu'elle avait tant aimée et n'avait pas pu sauver, passant la plus grande partie de la nuit à pleurer ou à ravaler ses sanglots pour que personne ne voit dans quel état déplorable elle était depuis que son petit garçon lui avait été arraché.
Elle pensa aux cauchemars, à tous les rêves qu'elle faisait sans pouvoir les chasser, où Regina prenait la place de Daniel dans la piscine et où elle ne pouvait pas la sauver, ou bien c'était elle qui était là quand leur fils sombrait, se noyait, sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit pour le maintenir en vie.
Elle se souvint de toutes ces fois où elle s'était réveillée en sursaut, en larmes ou en hurlant, souhaitant que son cœur lui soit arraché, pour qu'enfin la douleur disparaisse, et qu'elle puisse finalement ne plus rien ressentir.
Elle regarda l'horloge sur le mur et se dit qu'une ou deux heures de plus au commissariat ne lui ferait sans doute pas de mal, et était probablement préférable à ce qui l'attendait si elle retournait à l'appartement.
«Bon. Tu crois que je peux t'aider?»
Si elle avait invoqué son sens du devoir comme raison de rester bosser à ses côtés, Emma Swan aurait clairement menti.
§§§§
Si on lui avait posé la question, la shérif adjointe du commissariat de Storybrooke aurait sincèrement répondu qu'elle ne savait pas ce qui lui avait pris.
Elle ne pouvait même pas mettre ça sur le compte de l'alcool (ce qui aurait de toute façon été une piètre excuse) puisqu'ils étaient sobres tous les deux, aucun d'eux ne buvait en service, ils ne s'appelaient pas Keith, et elle ne savait même pas si c'était dû à la fatigue.
Non, si elle avait dû être honnête, elle ne pouvait qu'admettre que c'était arrivé uniquement parce qu'elle se sentait triste et seule, et que Graham, qui était tout aussi seul qu'elle (sa dernière relation récente devait être Ruby, et ça n'avait pas duré très longtemps), avait tout comme elle besoin d'un peu de réconfort.
Et, une fois leur travail enfin terminé, pris dans l'euphorie du moment, tout avait dérapé.
Ils s'étaient embrassés.
Elle aurait dû s'arrêter là, et lui aussi, ils le savaient tous les deux, ça aurait été raisonnable, censé, mais ils n'étaient ni l'un ni l'autre, et depuis qu'elle était à Storybrooke et shérif adjointe, elle n'avait jamais cessé d'obéir aux règles, de rentrer dans le rang et qu'est-ce que ça lui avait apporté au juste?
«Tu es sûre que c'est une bonne idée? Lui avait demandé Graham, sans doute aussi perdu qu'elle, ne comprenant pas ce qui était en train de se passer.
- Définitivement pas.
Ça ne l'avait pas empêchée de l'embrasser une fois de plus.
- On devrait aller ailleurs tu ne crois pas? Lui proposa son collègue, tentant d'être la voix de la raison.
Emma n'en avait pas vraiment envie, elle sentait que s'ils allaient chez lui ou chez elle, l'impulsion du moment s'envolerait pour de bon, et toutes les cellules étaient vides, tout comme tout le reste du commissariat, ils étaient seuls, ce qui ne rendait tout ça que plus excitant.
- Je ne me suis jamais envoyée en l'air au boulot, et toi?
Graham la regarda avec incrédulité.
- T'es sérieuse?
- Complètement.
Tout ce qu'elle voulait, c'était ressentir autre chose que du vide, de la tristesse ou du désespoir, tout ce qu'elle voulait c'était ne plus penser à Regina ou à son fils mort.
Tout ce qu'elle voulait, c'était oublier, même provisoirement, même artificiellement.
- Si ça te tente pas, ça me va, poursuivit-elle, mais si jamais t'es partant…»
Tout ça semblait faux, fade, artificiel, et elle en avait conscience, mais son cœur était comme mort depuis si longtemps, de même que le reste de son être, qu'elle ne faisait même pas la différence à force.
Elle n'avait pas envie de lui, pas vraiment et elle avait le sentiment que lui non plus, pourtant, quelque chose les attirait l'un vers l'autre, sans qu'ils ne puissent y résister, et elle n'en avait pas envie de le faire, de lutter ou de se battre.
Elle se battait depuis bien trop longtemps.
Il était temps pour elle de déposer les armes.
Cela ne durerait qu'un moment, mais peut-être que durant cet instant, elle se sentirait enfin vivante.
Il la regarda avec hésitation, avant de finalement acquiescer et elle lui sourit, l'embrassant encore, un baiser dépourvu de passion ou d'amour, et elle ne put s'empêcher de penser à Regina et c'était injuste et cruel pour lui, elle le savait bien, mais cette femme avait été l'amour de sa vie, elle avait dû lui dire adieu parce que leur relation ne pourrait jamais être réparée à cause de ce qu'elles avaient perdu, et dieux ça faisait si mal.
Elle tenta de ne plus y songer, commençant à se déshabiller et elle fronça les sourcils en le voyant fouiller dans un des tiroirs.
«Qu'est-ce que tu fais?
- Je suppose que tu n'as pas de préservatif sur toi? Je pense que ce serait quant même mieux qu'on ne prenne pas de risque.
Elle hocha la tête, approuva, elle n'avait clairement pas envie de risquer d'attraper une maladie ou encore de tomber enceinte.
(Elle n'était jamais tombée enceinte, elle ne voulait jamais l'être, elle ne voulait plus avoir d'enfant, pas si c'était pour risquer d'en perdre un de plus comme elle avait perdu Daniel.)
Elle le regarda avec incrédulité une fois qu'il eut trouvé ce qu'il cherchait.
- Attends… Il y a des capotes au commissariat?
Il ne put s'empêcher d'éclater de rire.
- Tu croyais tout de même pas qu'on était les premiers à avoir eu cette idée?»
Elle rit à son tour, et même s'il n'y avait pas vraiment de lit, même si ce n'était pas confortable, elle s'en fichait, parce qu'elle en avait besoin pour une raison qu'elle n'aurait pas su expliquer.
Il n'y avait pas d'amour, juste un peu d'affection et de tendresse, et ce ne serait pas une relation à long terme ni pour l'un ni pour l'autre parce que ce n'était pas ce dont ils avaient besoin actuellement.
Ça, ce serait suffisant, tant que ça durerait, ils auraient le réconfort dont ils auraient besoin, juste du sexe, pas de sentiment, ils se servaient l'un de l'autre sans demander plus, rien pour compliquer une situation qui l'était déjà suffisamment.
Du moment que ça lui permettait d'arrêter de penser à Regina, ça lui convenait.
Et elle avait le sentiment que si leurs journées de travail continuaient de se rallonger ainsi, ce genre de partie de jambes en l'air risquait de se reproduire de plus en plus souvent…
A suivre …
Notes:
Titre du 30/05/2025 : Désenchantée
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Trois centième baiser : Un baiser d'un(e) blond(e)
Défi 1119 - Vos persos font l'amour sur leur lieu de travail
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… points positifs d'After 3 d'après Leia : Le film parle de protection : écrire sur des personnages parlant de se protéger avant un rapport ou écrire sur des personnages choisissant d'avoir un enfant
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 149: Solitaire.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Mercredi 4 juillet 2012.
Neal Gold n'avait pas toujours détesté son père.
En vérité, si le jeune homme prenait le temps d'y penser et de se souvenir (ce qu'il faisait donc rarement parce que les souvenirs d'un temps heureux ne lui rappelaient que trop ce qu'il avait perdu.), il pouvait se rappeler d'une époque où il aimait sincèrement son père.
Avant, quand ce dernier n'était pas devenu un homme froid, cruel et sans cœur, avant la mort de sa femme, la mort de la mère de Neal…
Tout était différent à cette époque, puis le temps avait passé et il avait changé sans que le jeune garçon de quatorze ans qu'il était alors ne puisse rien y faire, voyant son père se refermer de plus en plus sur lui-même, devenir mauvais et insensible aux autres hormis lui-même et son fils.
Il était devenu monsieur Gold, l'antiquaire, l'homme qui possédait l'intégralité de la ville, qui pouvait vous expulser de votre maison d'un claquement de doigt et qui n'hésitait pas à le faire en cas de loyer en retard ou impayé.
Un homme que son fils n'arrivait plus à reconnaître et encore moins à regarder dans les yeux, et souvent il se demandait ce qui serait arrivé si James n'avait pas provoqué cet accident, si sa mère avait vécu, est-ce que son père…
Il ne le saurait sans doute jamais et c'était peut-être mieux comme ça, parce que ce qu'il ne pouvait pas changer ne pouvait que lui faire du mal alors autant ne pas tenter de trouver une réponse.
Au début, l'adolescent avait naïvement cru qu'il n'était pas trop tard, que c'était seulement passager, une manière tordue de faire son deuil, qu'il finirait par redevenir lui-même.
Malgré tous ses efforts ce n'était jamais arrivé et Neal avait vu son père lui échapper chaque jour un peu plus, lui glissant entre les doigts, devenant une version de lui-même qu'il aurait voulu ne jamais avoir à côtoyer.
L'argent était la seule chose qui le préoccupait désormais, et son fils savait qu'il voulait le protéger, s'assurer qu'il ne lui arriverait rien, qu'il ne manquerait de rien, et c'était la seule manière qu'il connaissait, mais il allait de plus en plus loin, trop loin, et Neal n'avait pas pu s'empêcher de le détester pour ça.
Il n'avait pas besoin de tout ça, ce qu'ils avaient était suffisant, être cruel et impitoyable ne rendait pas leur vie meilleure, elle ne ferait qu'empirer celles des autres, la vie de gens innocents qui n'avaient rien demandé, et son père avait à chaque fois refusé de l'écouter et au final, Neal avait renoncé à lui faire entendre raison.
Son père était devenu ce qu'il s'était pourtant promis de ne jamais être, comme son père et il n'avait même pas l'air de s'en être rendu compte ou de vouloir remédier à cette triste situation, exploitant les habitants de Storybrooke dès qu'il le pouvait, parce que c'était facile et sans même voir qu'il avait perdu son fils depuis bien longtemps, même si ce dernier était toujours là.
Il avait subi, patiemment, sans rien dire, faisant comme si rien n'avait changé, comme si tout était normal, attendant le jour où il pourrait enfin fuir et couper les ponts avec lui.
Le jour où il lui avait enfin envoyé ses quatre vérités au visage, ce fut quand son père dépassa pour de bon les limites en tentant d'expulser les bonnes sœurs de leur couvent alors même qu'il savait qu'elles avaient des difficultés de payement, qu'elles avaient juste besoin d'un peu de temps.
Ce jour-là, Neal avait craqué et était parti après avoir dit à son père tout le mal qu'il pensait de lui et depuis ce jour, arrivé peu de temps après ses dix-huit ans, il ne lui avait plus jamais adressé la parole et avait tout fait pour ne plus le croiser, ce qui était un exploit dans une si petite ville.
Il ne l'avait pas regretté un seul instant, et il n'était jamais rentré à la maison, malgré toutes les demandes de son père.
En revanche, une fois de plus depuis la mort de sa mère, il avait regretté de ne plus être en contact avec James Rogers, parce qu'il aurait aimé pouvoir se réfugier chez lui, avoir une épaule sur laquelle pleurer, et une part de lui-même aurait voulu se réconcilier avec lui mais il n'y arrivait pas.
Ce n'était pas de la faute de James pourtant, et il le savait bien et d'une certaine manière ça rendait ça encore pire.
C'était un accident.
Il ne l'avait pas fait exprès, ni volontairement, mais ça ne changeait rien au fait que la mère de Neal était morte et qu'il était responsable, que c'était de sa faute.
Ça ne changeait rien aux souvenirs gravés à jamais au fer rouge dans sa mémoire, à cette vision collée à sa rétine sans qu'il ne puisse l'effacer, sa mère et ses yeux vides, gisant sans vie, et James avait perdu sa main pour ça, mais parfois, Neal se disait que ce n'était pas suffisant.
Parfois, et c'était une horrible pensée, il se disait qu'il aurait préféré que leurs rôles soient inversés, que sa mère vive en ayant une main coupée dans le processus et qu'il soit mort à sa place.
Il aurait toujours eu le cœur brisé, bien sûr, mais il n'aurait pas été aussi en colère, il n'aurait pas ressenti le besoin de le détester.
Par moments, il se disait que c'était absurde, que ce n'était pas obligé de durer, qu'il pouvait lui pardonner, et c'était sans doute le cas, peut-être ne l'avait-il même jamais réellement haï pour ça, et puis il songeait qu'il ne pourrait plus le voir sans être confronté au corps de sa mère, même si elle avait été enterrée depuis longtemps, et il n'arrivait plus à respirer alors.
Il en était incapable, il ne pouvait pas être dans la même pièce que lui, le regarder, lui parler, faire comme si de rien n'était, même quinze ans après, il ne pouvait pas.
Il ne pourrait sans doute jamais et ça aussi ça lui brisait le cœur, que cette tragédie ait brisé leur amitié en mille morceaux, qu'elle ait anéanti ce qu'ils avaient été, et surtout ce qu'ils auraient pu être, ce qu'ils auraient pu avoir, et Neal l'avait aimé et c'était peut-être même encore le cas maintenant mais il était trop tard.
Il avait de toute façon toujours été trop tard pour eux et ce dès le début.
À chaque fois que cette idée lui venait en tête, qu'il se rappelait de ce qu'il avait éprouvé, autrefois, quand il était encore innocent et plus jeune, il faisait ce qu'il faisait toujours pour y échapper.
Il réprimait tous ses sentiments, tous ceux qui n'auraient jamais dû exister, il les enfermait dans une boite et il en jetait la clef.
Sa haine n'était pourtant pas égale à celle de son père.
L'argent et la cupidité n'étaient pas les seules choses qui l'avaient éloigné progressivement de monsieur Gold, non.
C'était son acharnement à détruire la vie de celui qu'il jugeait coupable de la mort de sa femme, tout ce qu'il avait fait pour lui barrer la route, faire en sorte qu'il ait la vie la plus difficile possible, la rendre misérable et invivable, lui faire payer pour cette stupide erreur, et Neal avait été écœuré par ça aussi, en plus du reste.
Ce n'était pas juste.
Ce que James avait fait était peut-être impardonnable, mais il ne méritait pas de payer pour ça encore et encore et encore, il méritait mieux que ça, et Neal le détestait peut-être lui aussi mais ça ne l'empêchait pas d'être lucide et de savoir que son père avait là aussi dépassé les bornes.
Il ne savait même pas pourquoi il repensait à ça, après tout ce temps.
Il était adulte désormais, il avait un travail dans la protection de l'enfance (il n'avait jamais su pourquoi ça lui tenait tant à cœur de se diriger vers cette branche, lui qui avait eu une enfance heureuse et paisible avant l'incident. Peut-être parce qu'il voulait que les enfants qui n'y avaient pas eu droit aient mieux que ce qu'ils avaient.) et même s'il vivait toujours à Storybrooke, il avait laissé tout ça derrière lui.
Puis il se souvint.
James Rogers venait de sortir de l'hôpital psychiatrique après un bref séjour, et peut-être qu'il allait mieux maintenant, Neal l'espérait pour lui en tout cas.
Il espérait aussi ne plus avoir affaire à lui.
Inutile que les fantômes de son passé ne viennent le hanter encore plus qu'ils ne le faisaient déjà.
§§§§
C'était une très mauvaise idée.
Killian n'avait pas besoin que qui que ce soit le lui explique pour en avoir lui-même conscience.
Le fait que ça lui soit venu le matin même alors qu'il récupérait à peine de sa gueule de bois de la veille suite à la cuite qu'il avait partagée avec Regina aurait dû lui donner un sacré indice à ce sujet, mais même sobre et remis de sa migraine, il s'y était accroché.
Il devait voir Neal à tout prix.
Oui, le jeune homme le détestait (à nouveau. À croire que quoi qu'il advienne ils devaient toujours en revenir au point de départ) et puisque la malédiction n'avait pas été brisée, il se doutait que c'était toujours le cas, chaque lien amical, romantique ou familial semblant avoir presque tous été brisés par le Sort noir.
Oui, il ne voudrait pas le voir, et Killian n'allait même pas essayer, ça aurait été stupide, et la dernière chose qu'il voulait c'était prendre de plein fouet sa haine et son mépris.
À la place il allait l'espionner, tenter de l'apercevoir même pendant seulement quelques infimes minutes ou secondes, même si ce n'était pas suffisant.
Il avait besoin de le voir, parce qu'il lui manquait, même si cela ne faisait que quelques jours qu'ils étaient séparés, mais pour son lui maudit ça faisait quinze ans et ce n'était pas parce que ce n'était pas réel qu'il n'éprouvait aucun des sentiments que James Rogers avait dû ressentir pendant tout ce temps.
Il devait s'assurer qu'il allait bien à défaut d'être heureux, parce que ça aussi il le savait bien.
Dans une ville maudite, les seuls qui parvenaient à être heureux étaient en général les méchants.
§§§§
Il allait bien, ou du moins il en avait l'air.
Enfin, bien…
Aussi bien que quelqu'un qui avait été arraché à tous ceux à qui il tenait et qui ne le savait même pas.
Il haïssait son père, cela il le savait comme tout le reste de la ville, il n'avait aucun lien avec Emma, Belle, Wendy et ses frères, la fée bleue ou n'importe lequel autre de ses proches potentiels (Killian n'était pas assez proche de lui avant la malédiction pour savoir s'il s'était fait des amis à Storybrooke.) et il avait oublié l'existence d'Henry.
Enfin à vrai dire, le pirate ne savait même pas s'il savait qu'il avait un fils dans cette réalité (James ne l'avait plus revu depuis leurs quatorze ans après tout, ou du moins sans lui parler.) et si c'était le cas, s'il le pensait mort, disparu ou élevé par une autre famille.
Il ne parvint pas à déterminer quelle option était la pire.
Il aurait voulu surgir devant lui, l'embrasser, le serrer dans ses bras, effacer tous les soucis qui assombrissaient son visage, lui promettre que tout irait bien, qu'il arrangerait les choses, et il n'avait pas mesuré l'étendue de ses sentiments jusqu'à maintenant, probablement exacerbés par le fait de l'avoir perdu sans avoir rien pu y faire.
Le fait que les sentiments qu'il éprouvait venaient aussi sans doute de son alter-ego fictif rendait les choses encore pires qu'elles ne l'étaient déjà.
Je trouverai un moyen, se jura-t-il en l'observant, en se rappelant que cette phrase, il l'avait prononcée autrefois par le passé, face au Crocodile, quand il avait juré de le tuer.
Il n'y était jamais arrivé.
Peut-être échouerait-il une fois de plus.
§§§§
En rétrospective, Killian aurait aimé avoir pris le temps de discuter avec Emma Swan pour parler plus en détail de la manière dont elle avait brisé la malédiction.
Il connaissait les détails, partiellement du moins, il savait qu'elle avait embrassé Henry sur le front, que ça avait été suffisant pour être un baiser de véritable amour, et a priori c'était après l'avoir retrouvé, mais il n'en savait vraiment pas plus.
Il ne connaissait aucunement les circonstances précises.
Pour la première fois, il maudit le fait d'avoir été choisi arbitrairement par la malédiction pour être celui entre tous à avoir conservé ses souvenirs, parce que n'ayant pas été là à l'époque, il était sans doute celui à Storybrooke qui en savait le moins, en comptant Wendy et ses frères également.
Presque n'importe qui d'autre aurait mieux fait l'affaire que lui, quelqu'un d'autre aurait su quoi faire et ne serait pas resté bloqué et perdu, coincé dans le brouillard et dans les brumes, tout ça parce qu'il n'avait pas posé les bonnes questions quand il en était encore temps.
Emma n'avait pas élevé Henry, se souvint-il, contrairement à Regina, et même s'il n'y connaissait rien en parentalité, il se doutait que leur lien avait été difficile à forger quand ils s'étaient retrouvés, au vu des circonstances, de l'abandon que le gamin avait subi, et seul le temps y avait pourvu, exacerbé par une longue séparation.
Ce qui leur avait fallu, c'était du temps.
Du temps et une peur panique de le perdre, supposa-t-il, ainsi que le fait qu'elle soit la Sauveuse, ça avait suffi pour que ça marche, il ne savait pas s'il parviendrait à faire ça, ni même s'il en était capable, et il se demanda si ça devait se répéter cette fois aussi.
S'il fallait forcément que ce soit la blonde qui les sauve, une fois de plus, ou si ce rôle pouvait être tenu par quelqu'un d'autre, n'importe qui, s'il fallait juste que les bonnes circonstances soient réunies.
Et c'était justement là que résidait le problème.
Comment briser la malédiction?
S'il fallait réunir ceux qui avaient été séparés, ceux qui se détestaient, ceux qui ne savaient même plus qu'ils se connaissaient ou qu'ils étaient de la même famille, ceux qui s'aimaient mais se trouvaient loin les uns des autres à cause de souvenirs fabriqués de toute pièce et de sentiments mensongers, ce serait ardu et il doutait d'y parvenir seul.
Après tout, si ça avait été suffisant pour briser la malédiction, que deux personnes s'embrassent après avoir été séparés pendant un long moment, Peter Pan aurait tout fait pour les séparer définitivement, faire en sorte qu'ils ne se revoient jamais.
Il allait donc falloir qu'il les aide à se souvenir, au moins de leurs sentiments si ce n'est du reste, et il faillit éclater de rire.
Lui, le capitaine Crochet, il allait devoir jouer les courriers du cœur, les cupidons, les réconciliateurs, lui qui avait été si longtemps obsédé par la vengeance.
Il n'était là non plus pas sûr d'y parvenir, ni même que Peter Pan le laisse faire sans réagir.
Ou sinon…
Sinon il y avait la malédiction du sommeil éternel.
S'il y avait bien un sortilège qui ne pouvait être brisé que par un baiser, c'était celui-là, c'était comme ça que Blanche-Neige avait réchappé de la mort, avant que Regina ne décide de lui infliger un autre châtiment, et il ne savait pas si ça pouvait marcher, si ce serait suffisant, mais il avait envie d'y croire, ce qui signifiait qu'il devait juste…
Juste mettre la main dessus, dans une ville où la magie était maîtrisée par leur ennemi et où il ne savait même pas s'il y existait un échantillon du sort.
Rien de plus facile en somme…
Il s'agissait juste que l'un d'entre eux frôle la mort et tout irait bien.
Là aussi il regretta d'avoir mis si longtemps à renoncer à sa vengeance, parce qu'il connaissait si peu de gens à Storybrooke en dehors du Crocodile, de Neal, de Belle et de ceux qui étaient partis sauver Henry, il y avait tellement de personnes à aider mais il ne savait rien d'eux.
Il était seul et Peter Pan le savait, c'était pour ça qu'il l'avait laissé partir, pour le regarder se débattre et échouer à trouver une solution.
Il en revint à son idée de départ, celle qu'il avait depuis qu'il avait repris conscience, depuis qu'il avait réalisé que Rumplestiltskin ne lui serait d'aucun secours.
Retrouver Henry Mills.
Le seul problème c'était qu'il n'avait toujours aucune idée de l'endroit où il pouvait se trouver.
§§§§
Henry avait grandi en ne sachant pas quel était son nom de famille.
Il ne savait absolument rien en réalité, à part qu'il était né à Phoenix, qu'il ne savait pas qui étaient ses parents, que sa mère l'avait abandonné et qu'il ne pouvait pas savoir qui elle était, il n'en avait pas la moindre envie de toute façon.
Il ne se souvenait de rien, à part de la solitude, du froid, de la faim et du désespoir, il se souvenait qu'avant Storybrooke, il avait grandi dans le système, avait pu en constater toute la dureté et la cruauté et il avait été baladé de familles d'accueil en familles d'accueil (Boston, New York, Tallahassee, Seattle, quelques unes des villes dans lesquelles il s'était retrouvé sans jamais le vouloir vraiment) avant de finir par fuir.
Quand il avait atterri à Storybrooke, à seulement dix ans, il s'était juré de ne plus jamais se faire rattraper par qui que ce soit, de ne plus faire confiance au moindre adulte.
De toute façon, sa carte d'identité au nom d'Henry White (un nom qu'il avait choisi par hasard, parce qu'il lui en fallait bien un, sans savoir pourquoi il résonnait tant en lui) lui permettait de rester à l'abri des regards, puisque personne ne cherchait un enfant de ce nom-là.
Et de toute façon, il était là depuis suffisamment longtemps pour savoir où se cacher si besoin.
La seule personne à laquelle il faisait confiance – en plus des autres enfants de son âge ou des adolescents un peu plus vieux que lui – c'était Malcolm.
C'était lui qui l'avait aidé à son arrivée, lui qui lui avait fourni ses faux papiers, lui qui savait se procurer des médicaments pour l'aider à lutter contre ses migraines et les autres rêves bizarres et incompréhensibles, remplis de magie, qu'il faisait parfois la nuit sans parvenir à les comprendre ou à les expliquer.
Sans lui il ne savait pas ce qui serait advenu de lui.
Il avait confiance en l'avenir désormais, même s'il ne savait pas de quoi il serait fait, même s'il semblait précaire pour le moment, parce qu'il n'était pas seul, il avait les autres enfants du gang de Malcolm à ses côtés, ensemble ils formaient presque une famille, eux, les enfants perdus, comme l'autre garçon les appelait.
Il savait que tout irait bien pour lui.
Parce que Malcolm était le meilleur ami qu'il aurait jamais.
A suivre …
Notes:
Titre du 28/01/2024 : Solitaire
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
24 décembre 1977 – Michael Raymond-James
N : Neal Cassidy
Créature 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects des… Chains (Pandora Hearts) (Partie 2) : B-Rabbit : Écrire sur un personnage qui aime les lapins ou sur un enfant
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 150: Nos enfants.
Notes:
Et chapitre 150 atteint, yeah! Tout ça m'a légèrement échappé honnêtement. On va éviter d'aller jusqu'à 200, les personnages tiendront pas encore 50 chapitres dans cet enfer (et moi non plus je pense.)
Ah et les hasards de la publication et de mon planning font vraiment bien les choses, on est le 1er septembre, le jour anniversaire de la publication de cette fic, elle a maintenant six ans bravo à elle, elle est prête à rentrer en CP maintenant !
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Dans les faits, Killian n'avait pas vraiment été surpris d'apprendre que Peter Pan avait formé un gang avec les différents enfants de la ville.
En un sens, c'était ce que représentaient déjà plus ou moins les garçons perdus au Pays Imaginaire, des enfants déboussolés et perdus, sans famille et sans autre endroit où aller ou qui avaient été arrachés à leur foyer et qui n'avaient pas d'autre choix que d'obéir à celui qui avait pourtant ruiné leurs existences.
Ils lui avaient fait confiance, l'avaient détesté, avaient sans doute voulu fuir, s'étaient ralliés à lui, avaient sans doute perdu l'espoir d'un jour revoir leurs familles ou leurs amis, mais au bout du compte, ils l'avaient servi en pensant probablement qu'ils n'avaient pas d'autre choix.
Et le pire dans tout ça, c'était à quel point c'était véridique.
Ça aurait dû changer normalement, avec sa défaite et sa chute, ça aurait dû être différent, ils auraient dû être libres, enfin, avoir la possibilité de faire leurs propres choix au lieu de se retrouver dans le même carcan étouffant qui n'avait de différent que le nom.
Ils n'étaient plus les garçons perdus.
Ils étaient les membres du gang du crâne, et Killian ne savait pas combien ils étaient au juste, mais il savait qu'en tant que James Rogers il y avait été confronté autrefois, en tant qu'adolescent, qu'il avait failli les rejoindre d'après ses faux souvenirs, alors qu'ils étaient dirigés par quelqu'un d'autre que Peter Pan.
Il était heureux que son alter-ego ne l'ait pas fait, même temporairement, il se serait senti mal à la moindre idée d'avoir coopéré avec Peter Pan, même indirectement, même involontairement, même sans que ce soit vrai.
Il ne savait rien d'eux en vérité, en dehors des bruits qui couraient à leur sujet, qu'ils étaient des enfants sans famille, orphelins, venant d'autres villes, obéissant à leur chef, Malcolm, qui semblait être la seule personne à qui ils faisaient confiance en dehors des autres enfants du gang, et c'était le pire choix possible, sauf qu'ils ne le savaient même pas.
Ils méritaient bien mieux, et lui, le pirate, il ne pouvait rien faire pour les sauver.
Il n'avait rien fait à l'époque, quand ils étaient sur l'île et qu'il ne pensait qu'à sa vengeance, et maintenant qu'il aurait voulu les aider, il en était incapable.
Il semblait même incapable de faire quoi que ce soit tout court.
Il avait tenté de contacter certains de leur membres parmi les plus âgés, pas encore adultes mais presque, qui arboraient comme signe distinctif un tatouage en forme de crâne, mais ils l'avaient évité à chaque fois, et peut-être que s'il avait fait parti du gang autrefois, ça aurait facilité les choses finalement.
Il se demanda si Wendy Darling en faisait parti, de ce gang, si après avoir été la prisonnière de Peter Pan pendant des siècles elle l'avait rejoint malgré elle, si un crâne ornait un de ses bras, si elle avait gravé dans sa chair sans l'avoir voulu son allégeance au monstre qui l'avait séparée de sa famille.
Il espérait pour elle que non, mais il ne pouvait pas le savoir.
Il ne savait même pas qui faisait parti de ce gang, en dehors des garçons de l'île, il ne connaissait aucun des enfants de Storybrooke à part Wendy et Henry, ils ne portaient sans doute même plus ces noms-là.
Tous les enfants de la ville n'étaient pas membres du gang, ceux qui avaient encore une famille (la leur ou bien celle d'une autre? Étaient-ils élevés par des gens qui n'étaient même pas leurs parents?) et qui allaient à l'école, et encore ce n'était même pas certain pour eux.
Certains étaient tentés d'après ce qu'il avait entendu dire, étaient à deux doigts de fuguer de chez eux, et Killian aurait aimé pouvoir les en empêcher, voler au moins ça à l'immortel, mais il ne savait rien de ces enfants ou de leurs vies.
Et il ne savait toujours pas où était Henry.
Se levant du banc sur lequel il s'était assis peu avant pour essayer d'approfondir ses recherches, il quitta le parc où il s'était rendu quelques heures plus tôt et soupira.
Pour l'instant, c'était un échec.
§§§§
Comme pour beaucoup de choses qui ne le concernaient pas directement ou dont il n'avait que peu parlé, Killian mit un certain temps à se rappeler l'existence du livre de contes d'Henry Mills.
Pourtant, quand quelques jours après le début de la malédiction, il y songea enfin, ce fut presque comme une évidence.
Il en avait entendu parler par Regina, l'objet que Mary-Margaret (Blanche-Neige, se força-t-il à se rappeler, elle s'appelait Blanche-Neige) avait offert à Henry sans savoir ce que ça allait déclencher, le livre qui avait permis à Henry d'apprendre l'existence de la malédiction, qui lui avait fait réaliser que quelque chose n'était pas normal, qu'un truc clochait.
Qui lui avait donné envie de ramener la Sauveuse à la maison, la seule personne qui pouvait tout arranger.
Ce n'était peut-être qu'un livre ordinaire et pas un objet magique, mais ça avait tout changé, et ce ne serait peut-être pas suffisant pour qu'il récupère la mémoire, mais ça pouvait le faire douter.
Henry était toujours le plus pur des croyants après tout, si Peter Pan n'avait pas menti sur une chose ça devait bien être ça, et même une malédiction ainsi qu'une amnésie et une nouvelle identité ne pouvaient pas lui avoir enlevé ça.
Enfin, à condition que Peter Pan n'ait pas détruit le livre dès qu'il en avait eu l'occasion…
Il espérait que non, soit qu'il ne soupçonnait pas l'importance potentielle du livre, soit qu'il en soit conscient et l'ait mis sous clef quelque part, là où personne ne pourrait le trouver, narguant les autres habitants en cachant parmi eux l'une des seules choses qui aurait pu les sauver.
Il priait pour que ce soit ça et pas autre chose.
Peut-être qu'il était dans les archives de la bibliothèque, c'était l'endroit le plus logique où cacher un livre, et il songea que si jamais c'était le cas, il allait avoir beaucoup de mal à y avoir accès.
§§§§
S'il avait su qu'en réalité le livre se trouvait à la mairie, au milieu des différentes archives de la ville, gardé par des gens engagés par Albert Spencer (il ne savait pas pourquoi c'était si important que personne ne puisse s'en emparer, mais suivre les conseils de cet étrange garçon, Malcolm, lui avait toujours été profitable alors il ne voyait pas pourquoi il aurait arrêté.), il aurait sans doute été soulagé et inquiet.
Parce qu'effectivement, mettre la main dessus n'aurait rien de simple, tout pirate expérimenté et voleur hors paire qu'il soit.
§§§§
Plus le temps passait (ou ne passait pas plutôt), plus Peter Pan se disait qu'il avait bien fait de relâcher le capitaine Crochet dans la nature.
Ça ne rendait ce jeu que d'autant plus amusant qu'il ne l'était déjà.
Même si le fait que le pirate ait concerné ses souvenirs de sa véritable identité l'agaçait plus qu'il ne le lui avait montré, puisque cela signifiait que bien qu'il l'ait lancé, il n'avait pas autant de contrôle sur le sort noir qu'il l'aurait voulu, il était soulagé que ce soit tombé sur lui et sur personne d'autre.
Une autre personne vivant à Storybrooke aurait peut-être eu les moyens de contrecarrer ses plans, mais Killian ne connaissait pratiquement rien ni personne, il était seul et sans connaissances de la ville et de ses habitants, en dehors des mensonges dans sa tête et de quelques bribes d'information, ce qui l'arrangeait bien.
Il regrettait presque que ce ne soit pas son fils qui se soit souvenu de tout, après tout il avait sa dague en sa possession, le Ténébreux n'aurait rien pu faire pour échapper à son contrôle, il l'aurait su et ça l'aurait détruit.
Mais Rumple était malin et rusé, cela il le savait mieux que personne, et s'il ne l'avait pas fui, il savait que son fils aurait tenté le tout pour le tout avant que le Sort noir n'atteigne l'entièreté de la ville, il l'aurait immobilisé avec de l'encre de seiche s'il l'avait pu pour ensuite le poignarder avec sa dague, se sacrifiant pour sauver tout le monde, lui volant ainsi sa victoire.
Mieux valait ne pas prendre de risques inutiles, il préférait savoir Rumplestiltskin complètement dans le noir et ignorant plutôt que complotant dans son dos, faisant tout pour se débarrasser de son emprise malgré ses ordres, essayant de briser la malédiction et de retrouver la famille qu'il avait enfin réussi à avoir.
En songeant qu'il lui avait pris ce à quoi il tenait le plus au monde, l'immortel se mit à sourire.
Pourtant, même si Killian Jones était une menace insignifiante, elle n'était pas à négliger pour autant, et le sorcier préférait rester sur ses gardes, juste au cas où.
Et si Peter Pan était beaucoup de choses, il n'était certainement pas stupide, et il avait bien conscience que son ennemi ne l'était pas non plus.
Henry était la clef de tout ça, de leur réussite ou de leur échec, c'était lui qui avait mis fin à une malédiction qui avait duré vingt-huit ans, c'était lui qui avait été enlevé, c'était lui qui avait poussé une dizaine de personnes qui se haïssaient pour la plupart à s'allier pour le sauver et l'immortel ne devait pas oublier ça.
Et surtout, Henry était dangereux.
S'il y avait bien quelqu'un qui en dehors du pirate, pouvait représenter une véritable menace, c'était lui, tous les autres étaient bien trop malheureux pour réaliser à quel point tout partait en vrilles à Storybrooke, il avait le cœur du plus pur des croyants, il avait réalisé la vérité la première fois.
Il pouvait très bien recommencer.
Sans parler d'une autre chose, un détail qu'il espérait que James Rogers ne découvrirait jamais, une preuve de plus que la machination bien huilée qu'était supposée être la malédiction ne l'était pas tant que ça.
Henry se souvenait.
Il se souvenait et il ne se souvenait pas.
Quand durant la journée qui avait suivi le début de la malédiction, le jeune garçon était venu le voir pour lui parler de ses migraines et de ses rêves étranges, remplis de princes et de princesses, de pirates, de sorciers et autres aventures qui n'existaient que dans les contes de fée, l'arrière-grand-père d'Henry Mills faillit paniquer.
Pour la première fois depuis ce moment au Pays Imaginaire où les héros avaient failli s'enfuir et où il avait presque laissé s'échapper le garçon qu'il cherchait à capturer depuis plus de deux cents ans.
Heureusement, la malédiction avait déjà une réponse toute prête pour ça, des médicaments qu'il avait donnés à Henry et que celui-ci avait pris sans même se poser de questions, sans avoir conscience de ce qu'il était en train de faire, de ce qui allait arriver à son vrai lui qui tentait désespérément de remonter à la surface, et oh comme Peter Pan avait dû retenir le sourire cruel qui était à deux doigts de se dessiner sur son visage.
Henry lui donnait les clefs de son esprit, jetait aux orties la seule chose qui aurait peut-être pu les sauver, et il ne le savait même pas.
Qu'il était bon d'être victorieux et invincible.
Mais si Killian parvenait à le contacter comme il supposait qu'il le ferait, alors tout risquait d'être fichu par terre, surtout s'il le montait contre lui, si Henry commençait à douter, si…
Tous ces si pouvaient être dangereux eux aussi, et si le pirate parvenait contre toute attente à retrouver un gamin qui n'existait officiellement pas, dans ce cas…
Il fallait que le gamin en question refuse de se trouver dans la même pièce que lui.
§§§§
Avoir donné une vie misérable à ceux qui avaient été et seraient à jamais ses garçons perdus était une des plus grandes satisfactions que Peter Pan retirait de la malédiction.
Ils l'avaient trahi après tout, ils n'avaient que ce qu'ils méritaient, des souvenirs d'une vie douloureuse, remplie de coups, de gifles pour certains, de deuils et de parents décédés pour les autres, leur donnant à tous le même point commun.
Ils n'avaient plus la moindre famille, ils étaient seuls, désespérés, sans ressources, sans avenir.
Ils étaient sous son emprise, et Peter Pan avait bien l'intention que les choses restent ainsi, pour toujours.
Face à tous les enfants perdus qui se trouvaient sous sa coupe, il sourit en n'en reconnaissant pas quelques uns, notamment des filles, outre Wendy (Moraine maintenant, la malédiction la nommant ironiquement et symboliquement d'après la seule autre amie que Baelfire avait jamais eue avant d'atterrir dans le monde sans magie), il y avait Grace (ou plutôt Paige.) et Gretel (Ava dans cette vie, à nouveau.), qui avaient été séparées de leurs familles, comme bien d'autres.
Tous les enfants de Storybrooke ne travaillaient pas encore pour lui, ne faisaient pas parti de son gang, n'avaient pas quitté leurs familles, mais ça viendrait, un jour, il y comptait bien.
Ça prendrait du temps, il le savait pertinemment, mais un jeu n'était jamais aussi amusant que lorsqu'il se prolongeait le plus longtemps possible.
Surtout si c'était lui qui gagnait à la fin.
Mais surtout il y avait Henry.
Henry, perdu au sein de la masse des enfants perdus, une cinquantaine d'entre eux, au moins, mêlant ceux de l'île à ceux de Storybrooke, et il souhaitait bonne chance au capitaine pour réussir à le retrouver au milieu de cette foule.
«Mes très chers enfants perdus, leur lança-t-il, un sourire aux lèvres, très chers membres du gang du crâne, je voudrais vous parler et m'adresser à vous en toute franchise.
Ils avaient pris ce nom en hommage à l'univers de Peter Pan, et Malcolm, avec eux, n'utilisait que ce nom-là.
Il était Peter Pan depuis qu'il avait passé un marché avec l'ombre de l'île, et il le serait toujours.
Ils le regardèrent avec curiosité et confiance et l'immortel s'en délecta, se réjouissant aussi de voir sa marque sur eux, un crâne qu'ils arboraient avec fierté pour ceux qui l'avaient, prouvant qu'ils étaient siens, ses enfants perdus, à lui, et pour toujours, incapables de lui échapper.
- Je voudrais vous mettre en garde, poursuivit-il, et il les vit se tendre, le regard dur.
Depuis toujours, leur existence n'avait été faite que de souffrances et de fuites, de cruauté et de mauvais traitements, tous vivaient dans la rue ou dans des maisons abandonnés, tous avaient dû apprendre à tricher, à voler, à mentir, à s'endurcir pour pouvoir survivre, ne serait-ce qu'un jour de plus.
Peu importe ce que Peter Pan leur dirait, ils le croiraient, ils l'écouteraient.
Ils le suivraient jusqu'au bout du monde s'il le leur avait demandé, et il les aurait aimés pour ça, s'il en avait été capable.
Ils se seraient sacrifiés pour lui sans la moindre hésitation, et il les aurait regardés faire sans les retenir.
Ils étaient ses soldats, son armée, ils étaient tout ce qu'il n'auraient jamais voulu être, et Peter Pan avait enfin tout ce qu'il avait toujours voulu.
Voilà pourquoi il était prêt à tout pour ne jamais perdre tout ce que la malédiction lui avait accordé.
- Un homme vient de sortir de l'hôpital psychiatrique où il était interné pour des raisons que j'ignore, un homme nommé James Rogers. Pour ceux qui ne le connaissent pas, retenez bien son nom et son visage, je ferai passer sa photo parmi vous, c'est très important, croyez-moi. Je n'ai pas tous les détails, mais je sais de source sûr qu'il a passé un marché avec la police. Il aurait dû aller en prison, mais il y a échappé, et maintenant il travaille pour eux. C'est leur indic, et j'ai entendu dire qu'il enquêtait sur vous. Il vous cherche, sans doute pour le compte des services sociaux. Alors méfiez-vous si vous ne voulez pas qu'on vous arrache le peu que vous avez et qu'on vous sépare de vos amis.
Aussitôt, le visage des enfants s'assombrit et plusieurs d'entre eux se regardèrent d'un air entendu.
Un des garçons perdus du Pays Imaginaire prit la parole.
- On… on l'a vu, il nous a posé des questions. On lui a rien dit, promit-il, et Peter Pan lui sourit avec ce qui aurait pu sembler être de la bienveillance mais qui n'était en réalité qu'un cynisme triomphant.
Parfait.
Killian confirmait ses propos sans même le savoir ni le vouloir, sans même qu'il ne manipule pour ça.
- Vous avez bien fait. Henry, tu dois te méfier encore plus que les autres, mes sources m'ont indiqué que tu étais recherché en priorité. J'ignore pourquoi, mais je doute que ce soit une bonne chose pour toi, alors fais attention.»
Si Emma avait été là et surtout si elle avait été elle-même, elle aurait su que tout cela n'était rien de plus qu'un tissu de mensonges.
Mais puisqu'elle n'était pas là et qu'ils lui faisaient confiance, ils le crurent sans se poser de questions, Henry y compris, surtout quand l'un des autres enfants perdus confirma avoir entendu James prononcer le nom du jeune garçon.
Peter Pan se mit alors à sourire de toutes ses dents, se retenant d'éclater d'un rire maléfique qui aurait éveillé les soupçons de ses pions.
Tout se déroulait exactement comme il le voulait.
A suivre…
Notes:
Titre du 09/07/2024 : Nos enfants
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Liste47
1. Présence d'au moins 2 enfants
2. Une scène dans un parc
3. Une gifle
4. Interdiction d'utiliser le mot "désolé"
Quatre aspects de… Roronoa Zoro (One Piece) : Épéiste à 3 sabres : Écrire sur un perso qui utilise une arme tranchante ou écrire sur Killian Jones (OUAT)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 151: Au bout de mes rêves.
Notes:
Oh et j'emmerde cordialement les commentaires de gens qui n'ont clairement pas lu la fic et qui sont juste là pour vendre des dessins dont je n'ai aucune envie, barrez-vous je veux pas de vous ici.
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
August Booth allait finir par croire, à force, qu'il ne possédait aucun talent.
Si sa sœur adoptive avait toujours été là (sauf qu'elle ne l'était pas, elle était partie, et c'était entièrement de sa faute, parce qu'il gâchait tout, ruinait tout ce qu'il touchait) elle lui aurait probablement dit que ce n'était pas le cas, qu'il était un bon écrivain, un excellent même, que tout ce qu'il devait faire, c'était persévérer, ne pas abandonner.
Avant, il y aurait cru, mais désormais, il était seul dans une maison vide, et il n'y avait personne pour le lui dire, pour croire en lui, pour l'encourager, en dehors de lui-même, parce qu'Emma était partie et qu'il n'avait aucun moyen de la faire revenir.
(Il aurait aimé y parvenir pourtant, ne pas avoir fait cette stupide erreur, ne jamais avoir vendu ces montres volées, il aurait voulu que la jeune femme ne l'apprenne jamais, ne pas avoir à lire la déception dans ses yeux.
Elle ne l'avait pas dénoncé après l'avoir su, mais elle avait quitté immédiatement la demeure qu'il avait louée pour eux deux, pour ensuite partir louer une chambre au Granny's, bien décidée à ne plus le voir.
C'était arrivé six ans plus tôt, juste après leur arrivée à Storybrooke, et elle ne lui avait plus reparlé depuis.)
Il ne sortait plus, passant son temps à écrire ou du moins à essayer, ne voyant personne, ne communiquant avec aucun des habitants de la ville, n'allait en ville que lorsqu'il n'avait pas le choix, il n'avait donc personne pour lui dire que oui, ça en valait la peine, qu'un jour il serait enfin ce qu'il avait toujours rêvé d'être.
Un auteur publié et reconnu.
Seulement, les lettres de refus s'enchaînaient, les unes après les autres, de même que les jours de page blanche, et cela devait faire des semaines qu'il n'avait pas écrit une ligne, qu'il n'était plus autant inspiré qu'avant, parce qu'à chaque fois qu'il essayait de s'y remettre, la même voix, cruelle et moqueuse, ressemblant un peu trop à celle d'Emma, lui chuchotait A quoi bon puisque ça ne servira à rien ?
Il laissait alors tomber, s'éloignant de sa machine à écrire, le cœur serré, se sentant plus seul que jamais.
Il aurait aimé que les choses soient différentes, il aurait voulu faire autrement, sortir de chez lui, voir du monde, nouer des contacts avec les gens, mais il n'avait jamais été très doué pour ça, et Emma non plus d'ailleurs, c'était pour ça qu'ils s'étaient bien trouvés à l'orphelinat, quand ils s'étaient rencontrés alors qu'il n'était qu'un adolescent et elle une petite fille tout aussi abandonnée que lui.
Ils ne s'étaient plus quittés, survivant du mieux qu'ils pouvaient, allant de ville en ville, de petits boulots en petits boulots qui ne rapportaient jamais grand-chose, n'étaient jamais suffisamment bien payés, mais à l'époque ça n'avait pas d'importance puisqu'ils étaient ensemble.
Ils étaient une famille que rien ni personne ne pourrait jamais briser.
Puis August avait voulu plus et il avait déconné.
Il avait dérobé des montres dans un magasin où il travaillait (C'était si facile, avait-il à Emma comme si ça pouvait justifier ce qu'il avait fait, comme si ça pouvait être une excuse, je n'ai pas pu résister.), avant de les revendre en douce, et même s'il avait cru ne pas avoir été repéré, il avait eu tort.
Il n'avait pas fallu longtemps avant qu'il y ait un avis de recherche avec son nom et son visage, et c'était pour ça que lui et Emma avaient dû partir de Boston, fuir l'État, s'en aller de l'endroit où lui et surtout la blonde, s'étaient finalement posés.
Il aurait pu laisser Emma vivre sa vie tranquille, mais il n'avait pas pu.
Il n'avait pu ni l'abandonner, ni lui dire la vérité, il lui avait seulement demandé de tout quitter pour lui et de le suivre dans un autre État, et comme ils l'avaient déjà fait plusieurs fois pour différentes raisons, elle l'avait fait sans se poser de questions.
Ils n'avaient pas vraiment d'attaches à Boston, en dehors de leur travail respectif, ils n'avaient personne d'autre qu'eux-même.
Heureusement pour eux, l'offre de poste à Storybrooke avait surgi de nulle part, sinon sa sœur aurait probablement dû repartir de zéro.
Il avait l'argent des montres, évidemment, mais il savait que sa sœur se serait posé des questions, et il ne voulait surtout pas qu'elle apprenne la vérité.
Les choses, bien évidemment, ne s'étaient pas passées comme prévues, et elle n'avait pas mis longtemps à découvrir la vérité.
Ce n'était pas pour le vol qu'elle lui en voulait, pas vraiment, elle savait ce que c'était qu'être en galère, qu'être tenté de céder à la facilité, ils avaient volé autrefois, dans leur adolescence, quand ils n'avaient pas d'autre choix, pour survivre dans ce monde froid et cruel,mais cette fois c'était différent.
Le problème c'était les mensonges, le fait qu'il avait agi sans la consulter, qu'il avait fait d'elle sa complice involontaire, parce que maintenant elle savait, parce que cet argent volé elle en avait profité malgré elle sans même le savoir, parce qu'elle était partie sans savoir pourquoi et qu'il l'avait arrachée au peu de stabilité qu'elle avait réussi à bâtir.
Il lui avait fait jeter tout ça par la fenêtre sans lui donner véritablement le choix, sans l'informer de tout ce qu'elle aurait dû savoir.
Elle ne l'avait pas dénoncé, ne l'avait pas ramené dans l'État où on le recherchait, parce qu'il restait son frère, envers et contre tout, mais il l'avait lu dans ses yeux.
Elle ne le pardonnerait jamais pour ça.
Quand elle était partie il n'avait même pas cherché à la retenir, et depuis six ans, il survivait plus qu'il ne vivait, grâce à l'argent des montres qu'il aurait parfois voulu brûler si ça avait pu lui ramener sa sœur, travaillant où il le pouvait, où on avait besoin de lui, sans que ça ne dure bien longtemps.
Sans doute le méritait-il, après avoir bousillé la seule relation durable à laquelle il avait jamais tenue.
Peut-être était-ce tout ce qu'il méritait, rester seul et sans avenir, sans perspectives, sans espoir, sans amis, sans famille, sans amour, sans fin heureuse.
Tu n'es qu'un idiot, August Booth, songea-t-il, sentant des larmes de regret lui brûler les yeux, rien qu'un sombre idiot pathétique.
S'il avait été certain qu'Emma aurait accepté de la lire, il aurait essayé d'écrire une lettre d'excuse, aurait fait en sorte de retranscrire ses remords et ses regrets sur le papier, pour qu'elle accepte de le pardonner, de lui permettre de faire partie à nouveau de sa vie.
(Il aurait aimé se réjouir avec elle de sa vie de famille avec Regina et Daniel, la réconforter quand l'enfant était mort, mais ce n'était jamais arrivé parce qu'il était convaincu qu'elle aurait refusé de le voir s'il avait essayé de la recontacter.)
Peut-être aurait-il alors enfin arrêté de se détester.
Peut-être qu'alors il aurait enfin pu écrire un roman dont il aurait pu se sentir fier.
Ou peut-être pas.
Peut-être que si Emma ne lui accordait jamais son pardon, sans doute qu'il n'écrirait plus jamais une seule ligne.
À quoi bon puisque tout ce qu'il avait écrit par le passé n'était rien de plus qu'un ouvrage médiocre et qui semblait ne plaire à personne ?
§§§§
Lundi 16 juillet 2012.
Graham Humbert n'était aucunement amoureux d'Emma Swan.
Durant les derniers jours qui venaient de s'écouler, cette certitude ne s'était que renforcée, au fur et au mesure qu'ils passaient du temps ensemble, au boulot, ou en dehors, depuis la mort de Daniel, Emma aimait faire du sport pour évacuer sa rage et sa colère, depuis un moment elle et Graham couraient ensemble dès qu'ils en avaient l'occasion.
Il aimait passer du temps avec elle, il aimait être son collège et ami, il aimait coucher avec elle de temps en temps aussi, il aimait ses baisers, la serrer dans ses bras, sentir qu'il n'était plus aussi seul qu'avant et qu'elle non plus.
Mais il ne l'aimait pas et elle non plus, il le sentait bien, il le savait bien, il ne voulait pas que ça change d'ailleurs, la situation lui convenait très bien comme ça, ils étaient seulement deux amis qui prenaient du bon temps ensemble, qui s'accrochaient l'un à l'autre pour ne pas suffoquer, pour ne pas se noyer dans la solitude qui était à deux doigts de les engloutir à chaque instant.
Ça ne changeait rien au fait qu'ils n'étaient pas heureux, qu'Emma faisait semblant de l'être, mais son sourire sonnait toujours faux, et après ce qu'elle avait perdu ce n'était pas étonnant, mais lui aussi aurait voulu comprendre pourquoi il se sentait si malheureux.
Son travail n'était pas très épanouissant, c'était certain, surtout en étant placé sous les ordres d'un chef aussi abominable que pouvait l'être le shérif Keith, et il haïssait le maire de la ville, il se sentait parfois emprisonné, ce qui était plutôt ironique venant d'un shérif adjoint travaillant dans un commissariat.
Il aurait voulu fuir, mais ne savait pas pourquoi ni même où aller, mais il savait en revanche qu'il leur manquait quelque chose, à lui comme à Emma.
Pour elle, c'était le fils qu'elle avait perdu et la femme qu'elle aimait toujours mais qu'elle avait dû quitter, quant à lui, il l'ignorait encore.
Il aurait aimé le savoir.
En attendant, il allait s'accrocher à cette relation le plus longtemps possible, le temps qu'elle durerait, jusqu'à ce qu'Emma ou lui-même veuille passer à autre chose.
Le shérif adjoint espérait sincèrement que d'ici là, lui et sa collègue auraient enfin trouvé ce dont ils avaient réellement besoin.
§§§§
Par moments, monsieur Gold avait le sentiment que tout autour de lui s'écroulait.
Tout avait commencé quand sa femme était morte, puis quand son fils Neal s'était de plus en plus éloigné de lui, jusqu'à le fuir, et il aurait aimé réussir à le retenir, mais il en avait été incapable.
Le jeune homme avait refusé de l'écouter, de le comprendre et sans doute était-ce parce que par moments, l'antiquaire ne se comprenait pas lui-même.
Son propre comportement était absurde, incohérent, n'avait pas le moindre sens, y compris pour lui-même, comme s'il n'avait plus le contrôle, et dans ces moments-là, il aurait voulu pouvoir hurler, appeler au secours, demander de l'aide, n'importe quoi, et dans ces moments de lucidité, il avait l'impression que quelqu'un d'autre le contrôlait.
Qu'il n'était rien de plus qu'une marionnette dont quelqu'un contrôlait et choisissait les moindres faits et gestes, sans qu'il n'ait le moindre choix, sans qu'il ne puisse s'y opposer, malgré tous ses efforts.
C'était absurde, et il savait bien, mais certaines de ses actions, certains mots qui sortaient de sa bouche sans qu'il ne les ait prononcés, sans qu'il n'y ait pensé ou choisi, tout ça…
Ce n'était pas lui.
Parfois, épouvanté par ses souvenirs récents, par son attitude, par sa cruauté, il voulait défaire ce qu'il avait fait, arranger les choses, ne plus être cet homme si craint de tous à Storybrooke et haï par son propre fils alors que tout ce qu'il voulait c'était le protéger.
Alors dans ce cas-là, pourquoi est-ce que tout était parti de travers, pourquoi l'avait-il fait de la pire des manières?
Pourquoi cela lui arrivait-il?
Pourquoi est-ce que, dans ces moments où il réalisait avoir dit ou fait des choses qu'il regrettait, il ne pouvait rien faire pour remédier?
(S'il avait su la vérité, s'il avait su que lui, le Ténébreux, qui avait passé des siècles à craindre de tomber sous le contrôle de quelqu'un, avait été à la merci de la personne qu'il haïssait le plus au monde, il aurait détesté ça, se sentir impuissant à nouveau alors qu'il s'était juré de ne plus l'être la nuit où il avait tué Zozo.
S'il avait su que tout était de la faute de Peter Pan et qu'il se riait de lui en utilisant sa dague contre lui, il aurait encore plus regretté d'avoir échoué à le tuer juste avant que la malédiction ne les frappe.)
Puis, alors qu'il paniquait sans rien pouvoir faire, qu'il risquait de se rendre compte que quelque chose n'allait pas, il oubliait.
Peter Pan devait être prudent s'il ne voulait pas que l'un de ses jouets les plus importants ne réalise à quel point aucun d'eux n'avait le moindre contrôle sur leurs propres existences.
§§§§
Il ne s'était pas trompé.
Killian aurait aimé avoir tort pourtant, pour cette fois, que ce soit facile, simple, il aurait voulu réussir à accomplir quelque chose, lui qui enchaînait les échecs et les déconvenues sans jamais parvenir à rien de productif.
Les enfants du gang de l'île du crâne le fuyaient dès qu'il tentait de leur parler et il ne comprenait pas pourquoi, il n'était pas un ennemi de «Peter Pan» (il avait appris que les enfants l'appelaient ainsi plus souvent que Malcolm. Il n'arrivait même pas à être surpris.) dans cette version de l'histoire.
Il ne savait toujours pas où était Henry.
Aller aux archives de la bibliothèque n'avait rien donné, bien que l'accès ait été difficile à obtenir, il avait vu que le livre de contes ne s'y trouvait pas, pas accessible au public du moins si jamais il y était malgré tout, et s'il n'était pas là, où était-il, s'il existait seulement encore?
Et surtout, est-ce que ce serait seulement suffisant?
Il n'en était même pas sûr.
Ça ne l'empêcherait pas de continuer à chercher, et une vague de compassion l'envahit alors qu'il pensait à Henry et au fait que le petit garçon était passé par les mêmes épreuves que lui, même si c'était dans un autre contexte.
Comme il était fatiguant de rechercher quelque chose qui n'était même pas censé exister.
A suivre…
Notes:
Titre du 28/07/2025 : Au bout de mes rêves
Verseau : Shérif Graham / the Huntsman (OUAT)
14 avril 1961 – Robert Carlyle
G - Graham (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Trois centième baiser : Un baiser d'un(e) blond(e)
Objet magique 6: La dague du Ténébreux (OUAT)
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Liste37
1. Des personnages font du sport
2. "T'es qu'un.e idiot.e"
3. Un baiser
4. 200 mots minimum
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Roronoa Zoro (One Piece) : Ancien chasseur de primes : Écrire sur un perso qui gagne sa vie avec des petits boulots ou écrire sur un perso qui a changé de travail
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
15 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, objets magiques, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 152: Fais un pas avec moi.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Les Enfers ne ressemblaient plus à ce qu’ils étaient autrefois, et même si cela n’avait commencé que quelques jours plus tôt, le changement était impossible à manquer.
Le prince Henry ne pouvait que s’en rendre compte, ces lieux si froids, si désolés, si mornes, si morts, si désespérants autrefois, à défaut d’être qualifiés de vivants (il s’agissait toujours du monde des morts après tout), semblaient bien plus accueillants et chaleureux qu’ils ne l’avaient jamais été par le passé.
Et c’était grâce à une étrange femme, qui bien que vivante, avait décidé de son plein gré de venir résider dans le monde souterrain, aux côtés du Dieu, et le père de Regina ne la connaissait pas, ne savait pas pourquoi elle avait agi ainsi, mais il ne pouvait que lui en être reconnaissant.
L’humeur glacial et sombre du maître des lieux semblait s’être adoucie, et son royaume avec, et toutes les âmes sur lesquelles il régnait avaient poussé collectivement un soupir de soulagement en en prenant conscience, Henry y compris.
Ça ne faisait pas de cet endroit un lieu agréable à vivre ou du moins pour y passer l’éternité après leur mort, mais c’était déjà mieux que rien.
Il avait vu cette sorcière, cette dénommée Zelena, cette femme rousse aux yeux si froids et si tristes, même si elle se mêlait peu aux âmes des morts, et il ne savait absolument rien à part son nom.
Elle lui avait rappelé Cora, un peu, ainsi qu’une petite fille rousse que sa femme avait ramenée dans leur palais à l’époque où Regina avait eu besoin d’une magie autre que celle de sa mère pour être sauvée, mais ça ne pouvait pas être elle, c’était tout simplement impossible.
Il avait demandé des détails à son épouse à l’époque, pour essayer de comprendre qui elle était, d’où elle venait, mais la rousse ne lui avait évidemment jamais répondu, n’avait pas un seul instant daigné le mettre au courant de quoi que ce soit.
Comme d’habitude en somme, comme toujours depuis qu’il l’avait épousée et qu’elle était devenue une femme tout à fait différente de celle qui l’avait charmé durant ce bal qui avait tout changé dans leurs existences.
Il regrettait de ne pas avoir insisté, tout comme il regrettait bien des choses qu’il n’avait pas faites concernant sa femme ou sa fille.
(S’il avait su la vérité, que la fillette était la demie-sœur de Regina, s’il avait appris ce que Cora leur avait fait à toutes les deux, il aurait encore plus détesté la reine de cœur qu’il ne le faisait déjà.)
Par moments, maintenant qu’elle était morte elle aussi, il était tenté d’aller la voir, pour lui poser des questions, exiger des réponses, mais il n’en avait finalement rien fait.
Il savait d’avance qu’elle ne lui dirait rien, il se doutait que dans la mort elle n’avait pas changé (elle avait récupéré son cœur, cela il l’ignorait, mais ça n’aurait sans doute fait aucune différence, n’effaçait pas toutes les horreurs qu’elle avait pu commettre), il n’avait pas cherché à savoir où elle était, jamais il ne l’avait contacté.
Ils avaient disparu de la vie de l’autre bien avant leurs morts respectives, et puisqu’elle ne se souciait plus de lui depuis un nombre incommensurable d’années, il allait faire de même.
Elle était morte de toute façon.
Ce n’était pas comme s’il pouvait y changer quoi que ce soit.
Et c’était Regina qui l’avait tuée, avait-il appris récemment.
Pour de vrai cette fois, pas comme lors de sa fausse mort, avant que sa propre fille ne le tue, lui, et il se demanda où était sa fille bien-aimée désormais, si le tuer avait été suffisant pour lui permettre d’obtenir ce qu’elle voulait, si s’être vengée de sa belle-fille lui avait suffi ou si la haine lui rongeait toujours le cœur.
Il espérait que non, et savoir que l’ancienne reine avait tué sa propre mère ne le réconfortait pas vraiment, mais cela signifiait probablement qu’elle avait vu la véritable nature de Cora, le monstre qu’elle était, il espérait que désormais, elle était apaisée, estimait enfin avoir vengé Daniel.
Il espérait qu’elle était heureuse, aussi, malgré ce qu’elle lui avait fait, qu’elle avait renoncé à sa vengeance, qu’elle était allée de l’avant.
(Il ignorait que c’était le cas et que ça ne l’était pas, ne savait rien de la malédiction qui avait frappé l’ancienne reine, se retournant contre celle qui, la première, avait lancé ce sortilège qui une fois de plus, ruinait tant de vies.)
Il regarda les Enfers, où l’espoir fleurissait chaque jour de plus en plus, espérant que Regina ne le rejoindrait pas avant de nombreuses années, si jamais elle atterrissait aux Enfers, espérant aussi peut-être quitter ce royaume un jour.
Espérant également que les choses continueraient de s’améliorer dans ce monde où le désespoir avait régné pendant si longtemps.
§§§§
Par moments, Killian Jones se demandait si Peter Pan l’observait.
C’était sans doute le cas, peut-être, tout comme Regina autrefois, possédait-il un miroir magique ou un autre artefact quelconque lui permettant d’espionner n’importe qui en ville, apprenant à leur insu le moindre de leurs faits et gestes.
C’était déjà le cas au Pays Imaginaire, il ne voyait pas pourquoi ça aurait changé maintenant qu’ils étaient dans un autre monde.
C’était même pire maintenant.
Au Pays Imaginaire, au moins, ils savaient qui ils étaient, ils avaient de la magie, ils pouvaient dissimuler leurs plans à leur ennemi, lutter contre lui, et ils avaient même presque gagné.
Ici, c’était Peter Pan qui avait le contrôle, pas eux, ils n’étaient rien de plus que des pions, des marionnettes, des jouets sans âme et sans libre arbitre, sans même le savoir, sans même avoir l’idée de lutter, sans se souvenir qu’ils pouvaient le faire, non qu’ils devaient le faire, et oh comme il était heureux en rétrospective de ne pas avoir été là durant la première malédiction.
Endurer une vie pareille pendant vingt-huit ans, surtout une vie semblable à celle infligée par la malédiction de Pan, ça aurait été une vraie torture, surtout sans souvenirs et sans savoir qu’il voulait tuer le Ténébreux.
Et Killian était seul.
Si l’immortel surveillait ce qu’il faisait, il devait bien rire de là où il était, constatant ses échecs et ses déconvenues.
Parce que pour l’instant – et ce même si le temps avait perdu tout son sens dès le premier jour – tout ce qu’il avait tenté de faire n’avait mené à rien.
Trouver le livre de contes ? Il n’était pas à la bibliothèque municipale, peu importe qu’il l’ait fouillée de fond en comble durant la nuit alors qu’il n’était pas censé être là, donc soit il était ailleurs, soit il avait été détruit. Mais Peter Pan était joueur, plus que tout autre chose, aussi le pirate était persuadé qu’il l’avait gardé et caché quelque part où il ne pourrait pas le trouver.
À quel endroit exactement, ça, c’était une autre histoire…
Réussir à déterminer où Henry était ? Pour l’instant, ça n’avait rien donné.
L’enfant n’avait pas d’existence légale au sein de la municipalité, il avait fouillé les registres de naissance de la mairie, et aucun Henry n’y figurait, et puisque c’était sans doute le cas des enfants perdus du Pays Imaginaire, il devait comme eux faire partie du gang du crâne.
Seulement, c’était une hypothèse qu’il était incapable de vérifier, puisque les membres de ce même gang refusaient obstinément de lui parler.
Il savait qu’ils ne faisaient aucunement confiance aux adultes, mais ils le fuyaient dès qu’il s’approchait de leurs planques, comme s’ils savaient qu’il voulait retrouver l’un d’eux, et Peter Pan les avait sans doute mis en garde contre lui et c’était exactement pour cela qu’à lui tout seul, il ne pouvait pas gagner.
Henry, lui, avait des proches, des gens qui tenaient à lui et qui pouvaient l’aider, en plus de sa mère biologique, et l’enfant avait disparu dans un autre monde, sans cela, la malédiction aurait sans doute mis bien plus de temps à être brisée.
Il n’était pas Henry.
Il n’était pas une personne appréciée des habitants de la ville, il n’avait aucune influence, aucun pouvoir, et c’était peut-être pour ça que la malédiction l’avait choisi, que Peter Pan lui avait rendu cette liberté qui n’en était pas vraiment une, parce qu’il n’était pas une menace.
Il n’était personne à Storybrooke.
Il n’avait rien, pas de foyer, pas de maison (ou du moins celle qu’il avait tombait en ruines), presque pas d’amis, Neal le détestait, Henry était aux abonnés absents, il n’avait pas de travail, il n’était rien de plus qu’un voleur méprisé de tous et ça n’aurait jamais dû se passer comme ça.
Son installation à Storybrooke aurait dû être une chance pour lui, un nouveau départ, une nouvelle vie, dépourvue de désir de vengeance et de haine, il aurait dû devenir quelqu’un d’autre, pas perdre le peu qu’il avait réussi à obtenir.
Et tout avait été gâché par Peter Pan, encore une fois, et oh comme il le haïssait pour ça.
Si cette fois, il parvenait à trouver un moyen de le tuer, il s’en saisirait, n’hésiterait pas une seule seconde, il ferait ce qui devrait être fait, il se vengerait, vengerait tous ceux qui se retrouvaient affublés d’identités et de souvenirs qui n’étaient pas les leurs.
Ceux qui, même si tout s’arrangeait, devraient vivre avec ça.
Le Crocodile avait déjà réduit sa fin heureuse en cendres par le passé.
Il refusait de laisser son père en faire de même.
§§§§
Il lui avait fallu un moment avant de remonter la pente.
Il n’était même pas sûr d’y être parvenu en réalité.
Tous les jours, depuis qu’il avait repris conscience, il se retrouvait à bord du Jolly Roger, le soir, et ne pouvait que se désoler face à l’aspect misérable de son autrefois si fier vaisseau.
Un matin, le lendemain de sa visite nocturne et infructueuse à la bibliothèque, il s’était levé et enfin, il avait décidé de le réparer, du mieux qu’il pouvait.
Parce qu’il ne pouvait pas le laisser comme ça, dans cet état, c’était accepter de laisser Peter Pan continuer à le narguer, c’était le laisser gagner, en quelque sorte.
S’il parvenait à lui rendre sa splendeur d’antan à lui tout seul, peu importe le temps que ça lui prendrait (de toute façon du temps, il en avait à profusion, pas vrai ?), il lui prouverait qu’il n’avait pas abandonné, qu’il était toujours le capitaine Crochet, et que s’il avait changé, il était toujours autant têtu et patient qu’avant.
Et puis de toute façon, ça lui remonterait le moral, lui permettrait d’accomplir quelque chose, lui qui tournait en rond sans savoir quoi faire pour arranger les choses, et même s’il ne s’agissait que de réparer son navire brisé, alors qu’importe.
Il avait vraiment besoin d’une victoire, aussi minime et dérisoire soit-elle.
§§§§
Idiot, se fustigea mentalement Neal, espèce d’idiot.
Évidemment.
Il aurait dû le savoir, que passer par le port pour se rendre à son travail serait une mauvaise idée et qu’il serait là, lui, James Rogers, celui qu’il tentait d’éviter par tous les moyens.
C’était là où était son bateau après tout, l’endroit où il vivait, et il le savait pourtant, avant, il aurait évité les lieux comme la peste, mais James avait été absent ces derniers temps, il avait repris ce chemin sans y penser, et d’ordinaire, il n’était pas levé à cette heure-là, et encore moins sur le pont.
Neal songea à faire demi-tour, avant de constater que son ancien ami ne l’avait pas remarqué, trop occupé à…
Réparer son navire.
Oh.
Il était temps, ne put-il s’empêcher de se dire avant de se rappeler qu’il était censé n’en avoir rien à faire, y être complètement indifférent, le détester, mais il n’y arrivait pas.
Il aurait dû et il le savait, sa mère était morte à cause de lui, il ne représentait plus rien pour lui, rien du tout, il…
Il était heureux de voir qu’il allait mieux, ne semblait plus sombrer dans le désespoir comme avant, il était soulagé aussi, malgré lui, et une part de lui-même voulait aller le voir, lui parler, l’aider, lui dire qu’il le pardonnait, lui dire qu’il lui manquait aussi, qu’il l’aimait, qu’il…
Non, il ne pouvait pas.
Il ne l’aimait plus, c’était il y a si longtemps après tout, ils n’étaient que des adolescents alors, il ne pouvait pas l’aimer, pas après tout ce qui s’était passé, entaché par ce qui était arrivé, et il aurait aimé que les choses soient différentes, mais c’était impossible.
Il ne dirait rien, il passerait son chemin, ravalerait tous les mots qu’il avait sur le cœur et ne pouvait pas dire et s’en irait en faisant comme si de rien de n’était.
Bien décidé à ne plus jamais emprunter cette route dans les jours à venir.
§§§§
Il devait trouver un plan.
Dans d’autres circonstances, ça aurait été bien plus facile, ou du moins, si la solution était simple, y parvenir l’était beaucoup moins.
Il devait faire en sorte que la malédiction soit brisée, grâce à un baiser d’amour véritable, même Peter Pan le lui avait confirmé, bien que ça n’ait été fait que dans le but de le railler, lui prouver qu’il était plus fort et plus puissant puisqu’il lui révélait de quelle manière il pouvait le vaincre.
Et c’était justement là tout le problème.
Comment ?
Même sans utiliser la malédiction du sommeil éternel, puisqu’il ne voyait pas comment y avoir accès ou sur qui l’utiliser – ni même si ça fonctionnerait – il devait tout simplement réunir des gens qui s’aimaient mais croyaient se détester ou qui s’étaient perdus de vue, en croisant les doigts pour qu’un baiser soit suffisant.
Des gens dont, pour la plupart, il ne savait rien.
Il savait que Jefferson avait une fille, élevée par d’autres parents ou faisant partie du gang du crâne, mais il ne savait pas son nom, réel, comme maudit, ne savait pas à quoi elle ressemblait et Jefferson lui-même ne savait sans doute plus qu’il avait une fille.
Rumplestiltskin et Belle avaient été séparés et l’antiquaire ne l’appréciant guère, il doutait qu’il veuille l’écouter lui dire que son véritable amour était la fille du fleuriste de la ville.
Blanche-Neige et David, qui étaient passés par la malédiction du sommeil éternel, étaient séparés eux aussi, le pirate le savait, David était même marié avec une autre, et aucun d’eux ne le connaissait assez pour le croire à ce sujet.
Il ne savait que peu de choses d’August dans cette vie, de même pour Graham, à part qu’il était le shérif adjoint de la ville.
Il ignorait ce qu’il était advenu de Wendy et de ses frères, mais ils avaient très certainement été séparés, comme tous les autres.
Quant à lui-même et Neal…
Il ne voyait pas comment se rapprocher de lui cette fois, ils avaient coupé les ponts depuis bien longtemps, et si Neal le détestait pour une autre raison, pour une chose qui n’avait été qu’un accident, il se doutait bien que tout en lui, principalement ses souvenirs implantés par la malédiction, lui hurlait de ne plus jamais avoir affaire à lui.
(Il ignorait encore à quel point il avait raison.)
Il sentit son cœur se serrer, alors qu’il se disait que, sans malédiction et sans amnésie, Neal serait venu pour l’aider avec son navire s’il y avait eu un souci, qu’ils auraient passé du temps ensemble, se seraient encore plus rapprochés, il aurait pu l’entendre rire, l’embrasser, ils auraient discuté, et en réalisant que s’il échouait, cela n’arriverait plus jamais, il sentit une larme puis d’autres couler sur ses joues.
Il était sans doute temps de faire une pause, se dit-il en réalisant qu’il avait globalement réussi à avancer sur son navire, ce qui était réconfortant.
Au moins il avait fait des progrès sur une de ses missions…
Parce qu’en ce qui concernait son plan, il ne lui restait plus que Regina et Emma comme options… alors même qu’elles venaient tout juste de divorcer.
Alors, comment allait-il réussir à convaincre sa meilleure amie dépressive et alcoolique de tout faire pour reconquérir son véritable amour et sauver la ville ?
À côté de ça, rendre son lustre et son éclat à son navire lui semblait être une tâche bien moins insurmontable…
§§§§
Si Zelena avait prétendu ne pas être touchée par ce qu’avait fait Hadès pour elle depuis qu’elle était aux Enfers, elle aurait menti.
Il lui avait laissé son espace personnel, ne venait jamais la voir sans y être invité ou l’avoir prévenue d’abord, la maison (sa maison, à elle, et quand au juste avait-elle eu quelque chose qui était à elle sans avoir dû le prendre de force ?) était parfaite, elle pouvait aller voir le dieu quand elle le voulait, sans contraintes.
Elle était allée dîner dans son palais, quelques fois, ils avaient discuté, elle avait ri, elle s’était sentie à la maison aussi, en sécurité, pour la première fois depuis la brève période de temps passée avec les sorcières d’Oz, elle s’était sentie aimée, aussi, et elle avait presque réussi à se débarrasser du sentiment désagréable que tout allait forcément mal se terminer, que rien n’était réel, que son bonheur prendrait bientôt fin.
Presque.
Et surtout, les Enfers n’étaient plus les mêmes qu’avant.
Elle ne savait pas si c’était parce que sa présence influait sur son humeur et son état d’esprit, ce qui modifiait les lieux en conséquence, les rendant plus joyeux et accueillants, ou s’il l’avait fait de lui-même pour qu’elle se sente comme dans le monde de la surface et non dans un monde mort et sans vie, privé d’espoir.
Mais dans les deux cas, cela montrait bien que son affection pour elle était sincère et profonde, qu’il ne jouait pas avec elle, qu’il ne lui mentait pas.
Ça ne changeait rien, ça ne changeait rien au fait qu’elle avait sa vengeance à poursuivre et lui la sienne, qu’elle n’avait pas de temps à perdre avec l’amour, elle aurait aimé que ce soit suffisant, mais ça ne l’était pas, parce qu’elle était si proche du but, elle ne pouvait pas abandonner maintenant.
Elle aurait ce qu’elle voulait, qu’importe ce qu’elle devrait faire pour cela.
Quoi qu’il lui en coûte.
A suivre…
Notes:
Titre du 23/07/2025 : Fais un pas avec moi
Vierge : Zelena (OUAT)
15 juillet 1977 – Lana Parrilla
Z : Zelena
Créature 38 : Sorcière
Henry Sr (Once Upon a Time)
Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
Prénom 429 : Regina
Défi Sarah & son cerveau n°247 - Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects des… Chains (Pandora Hearts) (Partie 2) : March Hare : Écrire sur une fausse mort ou sur un personnage lié à l'au-delà
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, de secondaire à principal, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 153: Les ténèbres à nos pas.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Lundi 13 août 2012.
Zelena l’avouait sans peine, elle piétinait.
Elle avait eu beau lire des dizaines et des dizaines de livres issus de la bibliothèque d’Hadès, bien plus fournie que celle qu’elle avait au palais d’Émeraude, elle n’avait rien trouvé de plus que ce qu’elle savait déjà sur le sortilège de voyage dans le temps.
En somme, si elle n’était venue que pour ça, elle serait venue aux Enfers et à Underbrooke pour rien.
Elle aurait pu repartir, s’en aller, claquer trois fois des talons, non seulement Hadès ne pouvait pas la retenir, mais il n’en avait nullement l’intention, elle était libre de partir quand elle le voulait.
(Elle l’avait fait d’ailleurs, plusieurs fois, par précaution, pour s’assurer qu’il n’avait pas menti, pour se rassurer aussi, tant la peur qu’il ne fasse d’elle sa prisonnière lui cisaillait les entrailles dès qu’elle y pensait.
Elle avait réussi à chaque fois et soudainement, lui faire confiance ne lui avait plus paru aussi insurmontable.)
Mais si elle était là, c’était aussi pour récupérer ses souvenirs, donner une nouvelle chance à Hadès, faire repartir son cœur, peut-être et si elle y parvenait, alors à deux, ils seraient invincibles, ils pourraient avoir ce qu’ils voulaient, leur vengeance, enfin.
Elle pouvait partir, en un sens, mais elle ne le voulait pas, même si elle ne l’aurait jamais avoué à voix haute, elle voulait rester avec le dieu, pas seulement parce qu’il l’aidait mais parce qu’ici, dans un endroit que d’autres auraient craint et fui, elle se sentait à la maison et aimée comme elle ne l’avait presque jamais été de toute sa vie.
Elle resterait, parce que partir signifiait être seule à nouveau, redevenir la méchante sorcière de l’ouest, crainte et haïe de tous, et ce n’était pas ça qu’Hadès voyait quand il la regardait, ou du moins, pas seulement.
Il ne faisait pas attention à sa peau verte de jalousie, il n’avait pas peur de sa magie, de toutes ces choses qui l’avaient rendue si à part et si détestable aux yeux des autres, il ne la voyait pas comme un monstre, ou si c’était le cas il s’en moquait, parce qu’ils étaient pareils, tout simplement, et c’était très probablement pour cette raison qu’elle avait été si proche d’en tomber amoureuse lors de leur première rencontre.
Parce qu’il la regardait comme personne ne l’avait jamais regardée, comme si elle était un trésor à chérir et non un monstre à anéantir.
Et, si elle restait, si elle acceptait de lui faire confiance, de l’aimer, si son amour à lui était sincère aussi, s’il ne la manipulait pas comme elle le pensait, si elle pouvait permettre à son cœur de battre à nouveau, lui rendre ses pouvoirs et sa puissance, alors…
Alors ils pourraient aller à Storybrooke ensemble.
Se rendre dans la ville de sa demie-sœur avait fini par lui apparaître comme une évidence dès l’instant où elle avait compris qu’elle savait déjà tout ce qu’elle avait à savoir et qu’il ne lui manquait plus que les ingrédients à trouver pour lancer le sort, chose ardue et délicate.
(Après tout, on ne brisait pas une des trois règles de la magie en un claquement de doigts, aussi puissante sorcière soit-on.)
Là-bas, non seulement elle pourrait peut-être enfin trouver ce qu’elle recherchait depuis si longtemps (des symboles de courage, de sagesse, d’innocence et d’amour, ça ne devait pas manquer, surtout vu le nombre de héros au mètre carré.) et aussi affronter Regina, faire payer le choix de leur mère à travers elle puisqu’elle ne pouvait pas se venger de Cora.
Sauf qu’elle ne pouvait pas aller à Storybrooke toute seule.
Comme Hadès l’avait déjà souligné lorsqu’il avait voulu la convaincre de s’installer dans son royaume, Rumplestiltskin et Regina connaissaient son existence, ils savaient qu’elle voulait se venger, même s’ils ignoraient théoriquement quels étaient ses plans.
Ils avaient conscience qu’elle risquait de venir, s’attendaient sûrement à ce qu’elle le fasse, s’y étaient préparés, et si elle estimait que sa magie valait bien celle de l’autre sorcière, Rumplestiltskin était le Ténébreux, l’un des sorciers les plus puissants qu’elle connaissait.
Si elle voulait n’y faire qu’un passage éclair, elle aurait pu, mais non, elle avait l’intention de se battre contre eux, et même en changeant d’apparence et en prétendant être quelqu’un d’autre, elle ne les bernerait pas très longtemps.
Surtout si une personne inconnue sortait de nulle part sans dire pourquoi elle était là, pouvant disparaître dès qu’elle le voulait, attirant forcément les soupçons sur elle, et pour ce qu’elle en savait, sa mère avait essayé de faire de même et avait été vaincue, alors qu’elle était bien plus puissante qu’elle ne l’avait jamais été.
Elle ne pouvait pas y faire face seule, affronter les fées, la Sauveuse en plus de sa demie-sœur et de son ancien mentor, c’était bien pour ça qu’elle n’était pas encore allée dans le monde sans magie.
Elle ne ferait pas le poids, que ce soit en combat frontal ou en s’infiltrant, parce qu’elle devrait se révéler au bout du compte, et il aurait été stupide de sa part de les sous-estimer.
Donc elle avait besoin d’Hadès, avec tous ses pouvoirs et son cœur en état de marche, assisté du cristal olympien reconstitué qui pouvait a priori tuer n’importe qui, et l’idée lui avait déjà traversé l’esprit par le passé, mais elle l’avait repoussée, la jugeant alors infaisable.
En y repensant elle ne put s’empêcher de sourire, en songeant à quel point les choses avaient changé.
Ou non.
C’était seulement elle qui avait changé.
Et elle n’arrivait même pas à le regretter.
Quand elle demanda à Hadès, au cours d’un dîner, s’il acceptait de venir à Storybrooke une fois qu’elle aurait réussi à briser le sort que Zeus avait lancé sur lui (si elle parvenait, si leur amour était réellement un amour véritable, ce dont elle doutait encore malgré les efforts d’Hadès et les battements de son propre cœur), afin de l’aider, elle n’était pas sûre qu’il dirait oui.
Il avait sa propre vengeance à accomplir après tout, peut-être voulait-il chercher de son côté comment lancer lui-même le sortilège de voyage dans le temps, ou directement aller tuer Zeus, sans s’encombrer d’une sorcière mortelle bien moins puissante que lui.
Mais quand, à sa grande surprise, il lui rétorqua avec un sourire enjoué et sincère que rien ne lui ferait plus plaisir, elle réalisa alors qu’elle n’était sans doute pas la seule à avoir changé.
Ou peut-être pas, peut-être était-il le même qu’autrefois et qu’elle n’avait pas réussi à le voir.
Peut-être qu’alors elle ne lui faisait pas assez confiance pour réaliser à quel point il tenait à elle, qu’il aurait tout fait pour elle, et maintenant elle savait.
Pourtant, ça n’empêcha pas une crainte lancinante de lui retourner l’estomac à la simple idée que tout s’arrête d’un coup sans qu’elle ne puisse rien y faire, si jamais il s’avérait qu’elle s’était trompée sur lui.
Elle devait lui faire confiance pour réussir à avoir ce qu’elle voulait, mais comment y parvenir alors qu’elle se méfiait de tout et de tout le monde depuis si longtemps ?
§§§§
Graham n’arrivait pas à comprendre pourquoi lui et Emma continuaient à s’entêter ainsi.
C’était absurde, incohérent, ça n’avait aucun sens.
Leur relation n’avait aucun sens.
Certes, ils prenaient du bon temps ensemble, il ne le niait pas, et les dernières semaines qu’il avait passées avec elle avaient été plaisantes, lui avaient permis d’oublier brièvement à quel point son existence à Storybrooke était vide et le rendait malheureux.
Mais ça ne changeait absolument rien en vérité, et même s’il appréciait d’être à ses côtés, au boulot ou ailleurs, que le sexe soit inclus ou non, il se demandait parfois, lors de ses rares moments de lucidité, pourquoi ils continuaient ainsi.
Il savait bien qu’Emma tentait d’oublier Regina dans ses bras, et il ne la blâmait pas pour ça, elle voulait oublier tout ce qui n’allait pas dans sa vie et dans cette ville, tout ce qu’elle avait perdu, tout ce qu’elle ne pouvait pas changer.
Mais lui ?
Il se sentait seul, certes, et égoïstement, il était heureux d’avoir quelqu’un à ses côtés pour supporter la solitude, mais il devait se rendre à l’évidence.
Ils devaient arrêter, pas pour lui-même, mais pour Emma, parce que leur relation n’était que factice, artificielle, mensongère, parce qu’il était évident qu’elle voulait autre chose, quelque chose qu’il ne pouvait pas lui offrir.
Ce qu’elle voulait, c’était être réunie avec sa femme, même si elle l’avait quittée, parce qu’elle l’aimait toujours, parce qu’elle lui manquait, il le voyait dans ses yeux, et si la blonde était prête à se voiler la face à ce sujet, ce n’était pas son cas.
« Il faut qu’on parle, se décida-t-il enfin à lui dire, un matin alors qu’ils prenaient leur petit-déjeuner ensemble juste avant d’aller au boulot.
Il devait mettre fin à ça, tout de suite, parce qu’ils n’étaient pas un couple, ne le seraient jamais, parce qu’ils ne tomberaient jamais amoureux l’un de l’autre, parce qu’il avait le sentiment désagréable et peut-être infondé que l’univers essayait de les forcer à être ensemble, et que ce n’était pas bien.
Si Emma n’avait pas eu Regina, si elle n’avait pas été sa compagne et son épouse pendant près de six ans, s’il n’avait pas vu l’amour briller dans ses yeux et ne jamais s’éteindre, même après la mort de Daniel, même après leur divorce, si à chaque fois que la shérif adjointe avait croisé l’ancienne mairesse en ville, il n’avait pas eu l’impression de voir son cœur se briser, il en aurait été autrement.
S’il avait cru que c’était vraiment fini entre elles, qu’elle avait définitivement tourné la page, il n’aurait rien dit, ce serait tu, mais il ne la rendait pas heureuse, et inversement, alors…
Il valait mieux s’en tenir là.
Emma sourit.
- Oh, ce genre de phrase en général, c’est mauvais signe. Qu’est-ce qu’il y a ?
Son sourire s’effaça dès qu’elle vit l’air sérieux qu’affichait le visage de son amant.
- Il est arrivé un truc au poste, ou ailleurs en ville ?
Il secoua la tête.
- Non, rien à voir. Je pense juste que… qu’on devrait arrêter de se voir.
Cela faisait déjà plusieurs nuits qu’Emma dormait à son appartement, plusieurs fois qu’il avait tenté de le lui dire, sans jamais y parvenir, sans doute parce qu’il était aussi lâche qu’elle, parce que rester dans la situation actuelle, c’était céder à la facilité.
Peut-être que pour une fois, il pouvait faire autrement et être courageux.
Elle haussa un sourcil étonné.
- Pourquoi au juste ? Je veux dire… ce qu’on a, ça ne te plaît pas ? Un truc sans attache, sans prise de tête, rien de sérieux, juste… du sexe entre amis. Rien de plus.
- Dans d’autres circonstances oui, admit-il. Mais Emma… je pense que tu devrais parler à Regina.
Le regard de la shérif adjointe se fit glacial.
- C’est elle qui te l’a demandé ? Aboya-t-elle, furieuse.
- Non, réfuta-t-il, stupéfait qu’elle puisse avoir eu une idée pareille, je ne pense même pas qu’elle sache qu’on couche ensemble. Et si ça venait d’elle, je ne t’en aurais jamais parlé, je lui aurais dit de venir te voir directement au lieu de se servir de moi comme d’un pigeon voyageur.
- D’accord. Alors dans ce cas, qu’est-ce que mon ex-femme a à voir dans cette histoire ? Demanda-t-elle d’une voix sceptique.
Comment peux-tu être d’aussi mauvaise foi ? Faillit-il lui demander, se rappelant de toutes les fois, après la mort de Daniel et pendant la procédure de divorce, où son amie lui avait parlé, en sanglots, d’à quel point elle aimait Regina et que ça rendait les choses encore pires, parce qu’elles ne pouvaient plus être ensemble, pas après ce qu’il s’était passé.
Il n’avait rien oublié de tout ça, et c’était pour ça qu’il ne s’était attendu à rien de sérieux avec Emma, cette dernière avait été claire depuis le début de toute façon.
- Je sais que je ne sais absolument pas ce que ça fait de perdre un enfant… reconnut-il prudemment.
- Non, en effet, tu ne sais pas, le coupa-t-elle d’un ton sec.
- Et, poursuivit-il comme si elle ne l’avait pas interrompu, je sais que tu penses qu’entre toi et elle, c’est fini, terminé, que vous ne pourrez plus jamais recoller les morceaux, parce que Daniel n’est plus là et que… qu’être ensemble vous fait trop souffrir, mais… Emma, tu l’aimes toujours.
- Parfois, l’amour ne suffit pas.
- Ça pourrait l’être. Je sais que je ne devrais pas me mêler de tes affaires, et je pourrais me taire, ne rien changer du tout à notre situation, mais… Mais elle t’aime et tu l’aimes, et ce sera toujours le cas, alors peut-être que tout n’est pas définitivement perdu.
Elle lui lança un regard noir.
- Et toi, qu’est-ce que tu sais de l’amour au juste ?
Il se figea, stupéfait et blessé.
- Rien, je suppose, siffla-t-il d’une voix froide, ayant oublié l’ancien pantin de bois qui avait ravi son cœur quelques mois plus tôt.
Réalisant ce qu’elle venait de dire, la jeune femme blêmit soudainement.
- Pardon, je… ce n’est pas ce que je voulais dire.
Mais tu l’as dit, se retint-il de dire, afin de ne pas remuer encore plus le couteau dans la plaie.
Il se tut sur ça, comme sur le reste, le fait qu’il avait de plus en plus l’impression que plus rien n’allait en ville sans savoir pourquoi, le fait qu’il croisait un loup régulièrement quand il allait se promener seul dans la forêt. Que ce dernier ne semblait pas avoir peur de lui, et qu’il n’en avait pas peur non plus et que ça n’avait aucun sens.
- Écoute Graham, je suis désolée. Et en ce qui concerne ma relation avec Regina… Je m’en occupe, laisse-moi gérer ça comme je l’entends.
Il aurait aimé pouvoir faire mieux, faire plus, mais il avait essayé et ça n’avait pas marché, alors il ne pouvait rien faire de plus.
C’était Emma qui avait les cartes en main désormais, alors à elle de s’en servir.
Elle se rapprocha de lui, hésitante.
- Est-ce que… est-ce que je peux revenir ce soir ? »
Il soupira, avant de finalement acquiescer, et quand elle l’embrassa, il ne protesta pas, tout en sachant fort bien qu’il faisait une erreur, ignorant à quel point il avait raison.
Peut-être était-il plus lâche qu’il ne le croyait finalement.
A suivre…
Notes:
Titre du 28/06/2025 : Les ténèbres à nos pas
Vierge : Zelena (OUAT)
15 juillet 1977 – Lana Parrilla
U - Underbrooke (Once Upon A Time)
Créature 38 : Sorcière
Trois centième baiser : Un baiser d'un(e) blond(e)
Objet magique 29 : Cristal olympien (OUAT)
Prénom 429 : Regina
Défi Sarah & son cerveau n°247 - Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… famille Barbapapa 1 : Barbotine : Écrire sur un personnage qui lit ou sur la résolution d'une énigme
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, objets magiques, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 154: Piégés.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Le pire dans tout ça, réalisa rapidement Killian, c’était que Regina aimait toujours autant Emma, malgré leur séparation, et qu’elle le savait, il n’y avait ni doute ni déni.
Elle l’aimait, mais elle n’était pas prête à se battre pour elle, sans doute parce que toute sa combativité avait été avalée et dévorée par la malédiction, par la mort factice de son fils, par son divorce, par le fait qu’elle paraissait certaine qu’Emma ne voudrait plus jamais d’elle, par cette culpabilité qui la rongeait de l’intérieur, alors qu’ironiquement, elle n’avait rien fait de mal.
Alors qu’elles étaient sans doute leur meilleure chance de briser la malédiction, et ce après avoir été ennemies et s’être détestées pendant un long moment.
La vie ne manquait définitivement pas d’ironie…
Elle n’était pas la seule d’ailleurs, puisque Peter Pan ne s’en était pas privé lui non plus, jouant avec eux, leur faisant vivre l’horreur, les plongeant dans le désespoir sans que personne à part lui ne sache qui en était le responsable.
Oui, la vie c'est naze quand un connard immortel a décidé de vous maudire et de faire de votre vie un cauchemar, songea-t-il en fixant la femme en face de lui, sa meilleure amie (la seule, lui souffla la voix moqueuse de sa némésis), son amie d’enfance, même si ce n’était pas vrai, celle qui autrefois, dans la vraie vie comme dans la fausse, n’aurait jamais renoncé.
Elle se serait battue avant, sans relâche, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, selon celle qu’elle était alors, la méchante reine ou la femme repentie qui tentait de devenir meilleure, mais elle n’aurait pas abandonné.
Et malgré tous ses efforts, Killian la regardait se noyer sans être sûr d’être capable de la ramener à la surface.
Elle n’allait pas bien, vraiment pas, et il aurait aimé pouvoir lui dire que rien de tout ça n’était réel, que ce n’était pas arrivé, que Daniel n’avait jamais existé, mais que Henry, lui, était là, quelque part, et qu’il avait besoin d’elle, mais il ne le pouvait pas, parce qu’elle ne l’aurait pas cru.
Il ne savait pas quoi faire, il pouvait très bien lui dire de se ressaisir, d’aller de l’avant, de passer à autre chose, de faire son deuil, des phrases creuses, banales et vides, que d’autres lui avaient sans doute déjà répétées, mais elle méritait mieux que ça et surtout…
Surtout, comment aurait-il pu lui dire cela, alors qu’il s’était lui-même complètement noyé après la mort de Milah, dans la haine, la colère et la vengeance ?
Elle en faisait de même, comme après la mort de Daniel (le vrai), mais dans l’alcool cette fois.
Et devenir barman au Rabbit Hole lui avait d’abord semblé être une bonne idée de prime abord (l’endroit était suffisamment louche et mal famé pour ne pas s’embarrasser du passé trouble d’un de ses employés), et si c’était effectivement le cas, lui permettant de sortir la tête de l’eau, de ne pas rester accablé par l’ampleur de la tâche qu’il devait accomplir, croiser Regina aussi souvent dans le bar était extrêmement douloureux.
Elle était là tous les soirs ou presque, en journée parfois, n’ayant plus de travail ou d’occupation, ni même de motivation à faire quoi que ce soit, le regarde vide, éteint, et il voulait la secouer, trouver un moyen de rallumer la flamme qui brûlait autrefois si fort dans ses yeux.
Elle était seule aussi, désespérément seule, sans famille maintenant qu’Emma était partie, sans collègues ou employés, n’allant plus à son haras, ayant démissionné de sa fonction de mairesse, sans amis, hormis lui-même, et oh comme Killian détestait Peter Pan pour ça.
Pour avoir brisé en mille morceaux l’une des femmes les plus fortes qu’il connaissait, là où même sa mère et le Ténébreux n’y étaient jamais parvenus.
(Même si Peter Pan avait dû tricher pour ça, parce que c’était ce qu’il faisait toujours, il mentait, il trichait, il manipulait, jusqu’à ce que la victoire soit sienne, de la pire des manières possibles, et parfois la nuit, quand il n’arrivait pas à dormir, le pirate se disait avec angoisse qu’il avait peut-être raison finalement.
Peter Pan n’échouait jamais.)
Il avait essayé de la pousser à parler à Emma, sans succès, l’ancienne souveraine avait refusé à chaque fois, lui disant que non seulement son ex-femme avait fait son choix, qu’elle ne reviendrait pas dessus et que la perte de Daniel les avait séparées à jamais, mais aussi que maintenant, l’épave qu’elle était devenue n’aurait jamais la force de tenter de reconquérir la femme qu’elle aimait toujours.
Le pirate n’avait pas insisté, lui-même n’était toujours pas parvenu à discuter avec Neal, alors qu’il n’avait même pas l’excuse d’avoir eu la mémoire effacée et remplacée par de faux souvenirs.
Il avait juste trop peur pour faire ça, peur de lire à nouveau dans ses yeux cette haine qu’il avait mis si longtemps à faire disparaître, ce qui lui donnait encore plus le sentiment que tout cela avait été fait en vain puisque la magie pouvait effacer tout ça en un instant, comme si ça ne comptait pas.
Au moins ici, il pouvait parler avec elle, essayer de la réconforter, l’aider du mieux qu’il pouvait, surveiller sa consommation d’alcool, la renvoyer chez elle quand il était tard et qu’elle avait trop bu, s’assurer qu’elle allait bien, du moins autant qu’elle le pouvait vu les circonstances.
« Et toi alors ? S’enquit un soir son amie après avoir fini son énième verre de vin de la soirée. Comment vas-tu James ?
Comment te répondre sans mentir ? Se demanda-t-il en cachant sa tristesse et sa peine du mieux qu’il pouvait.
Il haussa les épaules, tout en essuyant un verre, bénissant le fait que les clients soient rares ce soir-là et qu’il puisse discuter avec elle sans avoir autre chose à faire.
- Je m’en sors pas trop mal, se contenta-t-il de dire, ce qui n’était pas vraiment un mensonge, certes, il faisait toujours du surplace et n’arrivait à rien concernant la manière de briser la malédiction, mais en tant que James Rogers, il avait bien plus le contrôle sur sa vie que lorsqu’il s’était réveillé et avait réalisé que Peter Pan avait ruiné son existence une fois de plus.
Elle sourit.
- Tant mieux alors, je suis heureuse qu’au moins un de nos deux ait réussi à remonter la pente, puisque ce n’est clairement pas moi, ironisa-t-elle. Dis, il paraît que tu es en train de réparer ton navire, ça avance bien ?
Il sourit, son premier sourire sincère depuis le début de la soirée.
- Ça prend forme, je suis plutôt content, admit-il.
- Félicitations en tout cas d’arriver à faire ça tout seul, sans aide, le complimenta-t-elle, je ne pense pas que j’y arriverais à ta place. Je trinquerais bien avec toi, mais tu es en service et moi, mon verre est vide.
Et je m’assurerai qu’il le reste, se promit-il.
- Et toi ? Fit-il, tentant de changer de sujet, je sais que pour la mairie c’est fini mais, et ton haras ?
Il ne s’attendait pas au sourire amer qui se dessina aussitôt sur son visage.
- J’ai dû oublier de te le dire. Je l’ai vendu il y a quelques jours.
Il se figea, stupéfait.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Je… je n’arrivais plus à le gérer, ça faisait des semaines que je n’y allais plus, ou alors en mode automatique, mes employés s’occupaient de tout, alors, j’ai… j’ai juste laissé tomber. Je l’ai vendu à notre cher maire, Albert Spencer, ajouta-t-elle, la voix dégoulinante de sarcasme. Il m’en a offert un bon prix. »
Le brun frissonna aussitôt.
Albert Spencer.
Le roi Georges…
Il ne savait rien de lui sous la première malédiction, mais en tant que roi, dans la Forêt Enchantée, il en avait entendu beaucoup à son sujet avant que le Sort noir ne soit lancé pour la première fois, uniquement en mal, et la malédiction changeait les gens, mais si elle et Peter Pan l’avaient favorisé, ça devait probablement dire que l’immortel le considérait comme un allié potentiel.
Il savait bien que ce n’était qu’un haras, mais ainsi, le maire gagnait encore plus de pouvoir, d’argent et d’influence, comme si ce n’était pas suffisant, comme s’il n’en avait pas assez, comme s’il n’était pas déjà milliardaire et ne possédait pas déjà tout ce qui en ville n’était pas aux mains de monsieur Gold.
Il ne savait pas si ça renforçait la malédiction, mais ça empirait tout, et surtout, ça montrait bien à quel point Regina avait abandonné, avait jeté l’éponge, avait cessé de se battre, elle, qui, au Pays Imaginaire était une de leurs plus féroces combattantes.
Comment faire dans ce cas pour la pousser à reprendre la lutte si tout autour d’elle lui hurlait que cela ne servait à rien de se battre, alors qu’elle ne savait même plus qui était leur ennemi ou à quel point ils étaient en danger, à deux doigts de tout perdre, eux qui avaient déjà tant perdu ?
§§§§
Le lendemain matin.
En un sens, ne plus savoir quel jour ils étaient était devenu presque réconfortant.
Ainsi, Killian n’avait pas la moindre idée de combien de temps il avait perdu à essayer de parler à un des enfants membres du gang du crâne.
Beaucoup trop sans doute pour une tâche aussi simple, après tout, ce n’était pas comme s’ils étaient facilement reconnaissables et identifiables, comme s’il n’avait pas passé bien trop de temps à les affronter au Pays Imaginaire, ou comme s’ils avaient littéralement un tatouage encré dans leur chair qui signalait leur appartenance à ce fichu gang.
Trouver la planque de l’un d’eux avait été ardu et long, et découvrir qu’il s’agissait de Wendy Darling et qu’elle faisait effectivement parti du gang du crâne avait été plus douloureux à réaliser qu’il ne l’aurait cru.
Le tatouage en forme de crâne, semblable à tous les autres, était bien là, sur son bras, elle l’arborait fièrement, sans savoir à quel point ainsi, elle trahissait tout ce qu’elle était vraiment, et oh comme il avait de la peine pour elle.
Il ne connaissait pas la gamine, pas vraiment, pas assez, mais elle était la victime de Peter Pan, comme presque chacun d’entre eux, elle était maudite, très certainement séparée de ses frères, et elle avait été l’amie de Baelfire alors qu’il était seul au monde et perdu autrefois, il ne pouvait qu’avoir de la sympathie pour elle.
Sans compter le fait qu’elle avait été la prisonnière de Pan et de l’île pendant près de deux siècles, se croyant maintenant son alliée, lui faisant confiance alors qu’il était précisément celui qui avait réduit à néant tout ce qu’elle venait à peine de récupérer et qu’il lui avait déjà arraché par le passé.
La malédiction avait vraiment le chic pour infliger les vies les plus douloureuses à ses victimes.
Dès qu’elle l’aperçut, elle voulut s’enfuir, mais il n’y avait aucune issue, ni porte ni fenêtre, il bloquait la seule sortie en se tenant devant, la porte était fermée à clef (pirate un jour, pirate toujours, certaines choses ne s’oubliaient jamais, et le vol ainsi que la ruse en faisaient parti) et en regardant l’état délabrée de la maison dans laquelle elle vivait actuellement, il eut un pincement au cœur, se souvenant de son enfance misérable avant que leur père ne les abandonne, lui et Liam.
Le pire là dedans, c’était sans doute de se dire que c’était une amélioration en comparaison à sa situation dans la cage quand elle était encore sur l’île.
« Qu’est-ce que vous voulez ? Lui demanda-t-elle, les yeux remplis de méfiance, l’ayant clairement reconnu, et avant, ses doutes auraient été fondés, mais ce n’était plus le cas.
Tout ce qu’il voulait désormais, c’était l’aider.
- Je veux juste parler, lui rétorqua-t-il, les mains levées en l’air (la clef dans sa poche) pour montrer qu’il n’avait pas l’intention de lui faire de mal.
- Je parle pas aux flics, lui cracha-t-elle au visage avec dégoût.
Il fronça les sourcils, stupéfait et interloqué.
Quoi ?
Il ne faisait pas parti de la police, la malédiction ne lui avait pas infligé ça, encore heureux d’ailleurs, en tant que pirate et fier de l’être, cette simple idée était tout simplement révoltante.
- Je ne suis pas flic. Je ne travaille pas au commissariat de Storybrooke, je ne suis ni shérif ni quoi que ce soit d’autre. Je suis barman au Rabbit Hole.
Si Peter Pan leur avait menti à ce sujet, alors il n’arrivait même pas à être surpris, et ça expliquait pourquoi ils avaient passé leur temps à le fuir ou à l’éviter.
- C’est tout comme, répliqua-t-elle, et il ne comprit pas.
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Malcolm. Peter Pan. Il nous a tout dit. Vous êtes un indic pour la police et les services sociaux, hé ben croyez-moi, vous pouvez toujours courir pour que je vous parle ou que j’accepte de vous suivre ! Je retournerai pas dans le système, ça, jamais, vous m’entendez ?
Ce n’était pas supposé se passer comme ça.
Et alors que les mots de la jeune londonienne l’atteignaient, tout s’éclaira enfin.
C’était pour ça qu’il n’arrivait à rien depuis qu’il était parti à leur recherche, parce qu’ils croyaient qu’il était leur ennemi, parce qu’ils le craignaient, parce que…
Et une fois de plus, tout était de la faute de Peter Pan.
Il prit une profonde inspiration pour se calmer.
Comme si les choses n’étaient déjà pas assez compliquées comme ça, il fallait qu’en plus le sorcier immortel lui mette encore plus de bâtons dans les roues…
Il n’avait vraiment pas besoin de ça.
- Je ne sais pas qui t’a dit ça, prétendit-il, mais c’est un mensonge. Je ne suis pas là pour ça. Je voudrais te poser des questions sur un garçon que tu connais peut-être. Je crois qu’il s’appelle Henry. J’ignore son nom de famille, est-ce que tu le connais ? Je dois le retrouver pour lui parler. Pas pour le renvoyer dans le système, tenta-t-il de la rassurer en apercevant les doutes et la méfiance réapparaître dans ses yeux. Juste lui parler. Tu pourras être là si tu veux.
Elle le regarda avec un air perplexe, et il espéra avoir été assez sincère pour qu’elle le croit, il espéra que Peter Pan n’avait pas assez d’emprise et d’influence sur elle pour l’empêcher de réfléchir par elle-même.
- Il est un des nôtres, en effet, si c’est bien celui auquel je pense. Mais quant à son nom de famille… non. Je ne peux pas lui faire ça, finit-elle par décider, débrouillez-vous tout seul. Vous m’avez trouvée, vous pouvez le trouver lui aussi. Maintenant, laissez-moi partir d’ici. »
Oh si seulement c’était si simple, pensa-t-il en acceptant de lui ouvrir la porte, comprenant qu’il ne tirerait rien d’autre d’elle, et si seulement tu savais à quel point tu te trompes.
Il allait devoir continuer à faire cavalier seul, ou bien se rabattre sur l’autre option possible, réconcilier Emma et Regina.
Il ignorait encore alors à quelle vitesse les choses allaient bientôt basculer.
§§§§
Samedi 25 août 2012.
Bonne nouvelle, son navire se portait à nouveau presque comme un charme.
Mauvaise nouvelle, c’était la seule chose sur laquelle il était parvenu à avancer jusqu’à présent.
Henry était introuvable, ou du moins il se cachait sans doute, probablement averti par Wendy (elle ne lui avait même pas dit son nom à elle, le nom que la malédiction lui avait donné), il ne savait toujours pas où était le livre de contes.
Et en réalité, il avait été tellement occupé entre le Jolly Roger et son emploi de barman au Rabbit Hole et ses tentatives pour aider Regina à ne pas sombrer complètement dans le désespoir et l’alcoolisme qu’il n’avait pas vraiment eu le temps de se pencher là dessus.
Dès qu’il avait le temps d’y penser, cela le terrifiait, l’idée qu’un jour, découragé par le fait d’être seul à se battre et de n’arriver à rien du tout, il pourrait finir par s’habituer à cette vie, aussi fausse, mensongère et abominable soit-elle.
Qu’un jour, il préférerait oublier qu’il était Killian Jones et ne plus se souvenir que de James Rogers.
Puis il se souvenait qu’un petit garçon d’à peine dix ans avait réussi à résister, qu’il était parti dans un monde inconnu sans savoir ce qu’il allait y trouver, juste pour prouver qu’il avait raison et sauver une ville entière et il se ressaisissait.
Il pouvait y arriver.
La malédiction avait bien déjà été brisée une première fois, ça pouvait tout à fait se produire une fois de plus.
Alors qu’il se rendait chez Regina, décidé à lui remonter le moral durant le peu de temps que durerait sa pause, lui permettre de parler à un autre être humain, elle qui était presque recluse désormais, ne voulant parler à personne, il décida de ne pas lui parler d’Emma.
Dès qu’il mentionnait la Sauveuse, une lueur de tristesse apparaissait dans ses yeux, et il voulait la faire sourire, la faire rire, lui faire oublier ses soucis, lui rappeler qu’elle n’était pas aussi seule qu’elle le croyait, qu’il y avait encore des gens qui tenaient à elle.
Que la vie méritait d’être vécue, qu’elle valait la peine qu’on se batte pour elle, qu’elle n’était pas obligée de se laisser tomber au fond du gouffre même si elle se trouvait juste au bord et que c’était si facile de le faire.
Sonnant à la porte, il s’étonna de constater qu’elle mettait du temps à lui ouvrir, et il attendit plusieurs minutes avant de s’inquiéter.
Sa voiture était garée à sa place habituelle, devant son manoir, et il doutait qu’elle soit sortie en ville, cela faisait plusieurs jours que personne ne l’avait croisée.
« Regina ? Tu es là ? »
Aucune réponse, la porte n’était pas verrouillée, et alors qu’il l’ouvrait, il sentit une odeur d’alcool, et il eut aussitôt un mauvais pressentiment.
Il entra, criant une fois de plus le nom de son amie, et, alors qu’il arrivait dans le salon, il l’aperçut, allongée sur le sol, une bouteille de vin entièrement vide à côté d’elle.
Elle ne paraissait pas blessée, elle ne semblait pas dormir non plus, elle avait perdu connaissance, et elle respirait, son cœur battait toujours, mais Killian eut beau la secouer, elle ne se réveillait pas, un peu comme…
Comme avec le sortilège du sommeil éternel.
Il aurait presque préféré que ce soit ça, ça aurait sans doute rendu les choses plus faciles.
« Regina ? Regina ? Répéta-t-il, mais rien, elle demeurait inerte. »
Coma éthylique.
Les deux mots surgirent aussitôt dans son esprit, et c’était la conclusion la plus évidente, et oh comment avait-il pu ne pas réaliser à quel point elle avait sombré, à quel point elle avait mal, et il se jura une fois de plus de tuer Peter Pan, d’une façon ou d’une autre.
Prenant son téléphone, il appela aussitôt les secours, le cœur battant à toute vitesse et l’estomac dévoré par l’angoisse.
Bordel Regina mais qu’est-ce que t’as foutu ?
Si elle mourrait ici et maintenant, il le savait d’avance.
Il ne pourrait jamais se le pardonner.
A suivre…
Notes:
Titre du 21/07/2025 : Piégés
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Maladie 6 : Alcoolisme
Killian & Wendy (Once Upon a Time)
Défi des adultes 329 - Psychologie : Alcoolisme
Prénom 429 : Regina
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Liste 52
1. Deux amis
2. Une dispute
3. Le matin
4. Pas le verbe "voir"Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… l'amie prodigieuse : L'amie prodigieuse : Écrire une histoire en Italie ou sur deux ami.e.s d'enfance
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
15 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, blessure maladie mort de votre personnage, duos improbables, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 155: Sous l’eau.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Elle vivrait.
Quand il l'avait appris, quand les médecins le lui avaient assuré, Killian avait réussi à respirer correctement à nouveau, il avait réussi, il l'avait sauvée, elle ne mourrait pas, pas aujourd'hui, et ce ne serait pas arrivé sans Peter Pan, mais ce n'était pas à ça qu'il devait penser pour le moment.
Son amie allait bien, physiquement du moins, psychiquement, c'était autre chose, et en réalisant à quel point il avait été proche de la perdre, il ne put s'empêcher de frissonner d'horreur.
Les gens comme eux ne mouraient pas de cette manière, d'une façon aussi banale, non, ils perdaient la vie au combat face à un de leurs ennemis, tués par de la magie, ou une épée ou une arme, pas par de l'alcool et il se jura que quand elle se réveillerait, d'ici quelques heures, il aurait une discussion sérieuse avec elle à ce sujet.
Ils ne pouvaient pas continuer ainsi, ils étaient passés à deux doigts de la catastrophe, s'il n'avait pas été là, les dieux seuls savaient ce qui serait arrivé, et il l'avait sauvée, certes, mais…
Mais ça n'aurait jamais dû se produire.
Savoir qu'il avait enfin réussi à faire quelque chose de bien et d'héroïque pour sans doute la première fois depuis le début de la malédiction ne suffit même pas à le réconforter.
Pas alors qu'elle était là, dans ce lit, semblant si petite, si frêle, si fragile, si loin de la Regina Mills qu'il connaissait si bien maintenant.
Alors qu'il sentait l'air lui manquer, il tenta de se calmer, de se concentrer sur tout ce qui n'était pas la femme inanimée dans le lit en face de lui, les infirmières qui allaient d'une chambre à une autre, les médecins en pause qui fumaient dans la cour dehors, la chanson qui passait à la radio, tout ce qui pouvait lui faire croire que tout était parfaitement normal.
Sauf que rien ne l'était.
Parce que Regina avait failli mourir, et ils avaient tous frôlé la mort au moins une fois au Pays Imaginaire, certains plus que d'autres, mais cette fois-ci, c'était différent, sans doute parce qu'il ne s'y attendait pas.
Storybrooke, bien que maudite, était une ville sans magie, sans danger apparent, et si on oubliait tout ce qui n'allait pas, tout ce que la malédiction avait brisé, détruit, déformé, bousillé, tout semblait aller bien, être normal.
C'était peut-être le cas, mais seulement à la surface, et le pirate songea alors que Regina n'était définitivement pas la seule personne à Storybrooke à avoir besoin d'aide, d'autres sans doute étaient en train de se noyer, pensant qu'ils ne pourraient jamais arranger quoi que ce soit dans leur vie misérable et il aurait aimé pouvoir les aider.
Mais comment le faire alors qu'il ne les connaissait même pas, qu'il n'avait sauvé Regina que de justesse, parce qu'il était là au bon endroit au bon moment?
Et que pour le moment, il n'avait même pas été foutu capable de retrouver un putain de bouquin?
Il se retint de hurler de rage, parce que lui aussi sombrait, lui aussi tombait, comme tous les autres, lui aussi était à deux doigts de se noyer, lui aussi suffoquait, lui aussi voulait abandonner, parce qu'il était seul et que leur ennemi était bien trop puissant, parce qu'ils n'avaient pas la moindre chance de l'emporter contre lui.
Mais au Pays Imaginaire, ils auraient pu penser la même chose, pourtant ça ne les avait pas empêchés de presque réussir.
(Oui, le nargua ce qui semblait être la voix de Peter Pan, tu as raison, presque.
Parce qu'au final, j'ai quant même gagné.)
Il aurait aimé être sûr d'y arriver, sûr de l'emporter, mais les choses allaient déjà suffisamment mal comme ça, il n'avait pas non plus besoin que Regina se foute en l'air comme ça.
La méchante reine n'avait plus vraiment fière allure actuellement.
«Comment elle va?
La voix d'Emma Swan le tira de ses sombres pensées, et il pensa avec un amusement morbide qu'il était presque drôle qu'il ait fallu attendre que l'ancienne mairesse passe à deux doigts de la mort pour que les deux femme se retrouvent à nouveau dans la même pièce.
Il haussa les épaules en essayant de se souvenir de ce que les médecins et les infirmières lui avaient dit, mais sa tête était tellement dans le brouillard à ce moment-là qu'il ne s'en rappelait plus.
- Aussi bien qu'une personne dans son état j'imagine. Elle a fait un coma éthylique.
- Je le sais, ils me l'ont dit.
Il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que vous faites là?
- Je suis toujours la personne à contacter en cas d'urgence, lui indiqua-t-elle avant de s'asseoir au chevet de son ex-femme.
Oh.
Oui, ça semblait logique.
- Je vois.
- Quoi, vous ne pensiez pas que j'allais venir la voir?
Je n'en sais rien, se dit-il, je ne vous connais pas, pas plus dans cette vie que dans l'autre.
Ils s'étaient côtoyés au Pays Imaginaire, avaient même fini par se tutoyer, avaient élaboré des plans contre Peter Pan, mais rien de plus, et même si ça avait été peu, revenir à la case départ lui laissait un goût amer dans la bouche.
Sous la malédiction, lui et elle n'étaient pas amis, ils se connaissaient à peine, par le biais de Regina seulement, et entre ses problèmes à lui et leurs problèmes à elles, ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion de se voir.
Aussi, il savait très bien qu'aborder le sujet de sa relation avec la brune, surtout maintenant, était une très mauvaise idée.
- Je suis content que vous soyez là. Elle va avoir besoin de vous dans les jours à venir. On ne peut pas… on ne peut pas la laisser seule. Pas après ce qui vient d'arriver.
Il lisait dans ses yeux qu'elle avait bien conscience de ça, qu'elle avait eu la peur de sa vie, et il ne savait pas si ce serait suffisant pour qu'elles renouent, pour que les choses redeviennent comme avant, mais il l'espérait.
Au moins, cette quasi tragédie aurait servi à quelque chose.
Elle acquiesça.
- Oui. Bien sûr. Il faut qu'elle soit entourée, qu'elle… Sa voix se brisa alors. On doit l'empêcher de recommencer, je ne sais pas ce que j'aurais fait si… Elle le regarda droit dans les yeux. Merci. De l'avoir sauvée. Si vous n'aviez pas été là il aurait peut-être été trop tard, vous lui avez sans doute sauvé la vie.
Il essaya de sourire.
- Aucun problème. Je suis content de savoir qu'elle est sortie d'affaire, j'aurais juste voulu… qu'on n'en arrive pas là, je ne comprends pas comment j'ai fait pour ne me rendre compte de rien.
- Vous n'êtes pas le seul à n'avoir rien vu, soupira Emma d'une voix amère et emplie de culpabilité. Moi, je n'étais même pas là.
Il se tourna vers elle.
- Ce n'était pas de votre faute.
- Vous ne comprenez pas. Je suis partie. Je ne sais pas si j'aurais pu faire autrement, si j'aurais été capable de surmonter la douleur de la perte de notre enfant, mais j'ai disparu de sa vie, comme ça, sans laisser de traces, je l'ai laissée tomber, je l'ai abandonnée, je… J'étais incapable de la sauver.
- Vous n'aviez pas à le faire, protesta-t-il, vous n'êtes pas là pour ça, ce n'est pas votre rôle.
Ironique, réalisa-t-il juste après, de balancer ça à la Sauveuse qui ne savait même plus qu'elle l'était.
- C'est ma femme! C'était ma femme, se corrigea-t-elle, et Killian se demanda une fois de plus pourquoi il fallait que Peter Pan leur fasse à tout prix vivre un tel enfer au lieu de seulement les laisser vivre en paix.
Ils ne voulaient rien de plus, était-ce réellement trop demander?
- Elle ne vous a pas appelé au secours, ni vous ni moi, elle n'a pas demandé notre aide, elle s'est laissée sombrer et le pire aurait pu arriver mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Maintenant, nous pouvons tout faire pour que ça ne se reproduise jamais.
Elle hocha la tête, en larmes, et elle regardait la sorcière avec tellement d'amour et de douleur mêlés que c'en était douloureux.
- Elle me manque tellement, avoua-t-elle finalement, et je l'aime, je l'aimerai toujours, seulement… Je ne veux pas que ce qui est arrivé à Daniel se mette entre nous, je ne veux pas finir par la détester et la blâmer pour ça alors que ce n'était qu'un accident. Je ne veux pas devenir ce genre de femme. Regina mérite mieux que ça.»
Peut-être que ça aurait été suffisant, réalisa-t-il brusquement avec consternation.
Après tout, Regina aimait Emma, Emma l'aimait aussi, même sous la malédiction elles se rappelaient de ce qu'elles ressentaient l'une pour l'autre, elles avaient été mariées, et même la mort de leur fils factice n'avait pas été suffisante pour effacer ça.
Il ne savait pas si ça relevait du véritable amour, si un baiser aurait permis de tous les libérer, de rompre le sort, mais Regina avait frôlé la mort, et si Emma l'embrassait, peut-être que, peut-être que…
Peut-être que ça aurait pu marcher.
Pendant quelques infimes secondes, il eut l'espoir que ça se produise, qu'Emma embrasse Regina, au moins sur le front, mais la blonde se contenta de serrer sa main dans la sienne pendant quelques secondes.
L'emprise de la malédiction et de ses faux souvenirs était bien trop forte pour qu'elle puisse agir autrement que comme ce qu'elle était censée faire, et il aurait voulu la secouer, lui dire qu'elle pouvait arranger les choses, en une fraction de secondes, ou du moins essayer. Lui dire qu'elle était la Sauveuse, une héroïne, que ses parents, son fils, son ex, ses amis, tous étaient là, quelque part, et qu'ils avaient besoin d'elle.
Il se tut, parce qu'elle ne l'aurait pas cru, et oh comme c'était rageant, de réaliser qu'ils étaient peut-être à deux doigts de réussir et de pourtant ne rien pouvoir faire pour ça, d'être complètement impuissant.
Un jour, on y arrivera, se promit-il.
Un jour, les choses iront mieux.
Henry Mills croyait fermement que le bien l'emportait toujours.
Il refusait de lui donner tort.
«Je dois y aller, lança-t-il brusquement à la shérif adjointe, est-ce que vous pouvez rester là et me prévenir une fois qu'elle sera réveillée? Je serai au Rabbit Hole, j'y travaille, vous pourrez m'appeler là-bas.
- J'avais l'intention de le faire. De rester là, je veux dire. Mon chef ne va pas aimer, mais je l'emmerde. Je vous passerai un coup de fil c'est promis.
C'était dans ces cas-là qu'il parvenait à revoir la vraie Emma derrière l'ombre que la malédiction l'avait faite devenir.
- Merci.»
Puis il fila, croisant les doigts pour que les événements lui donnent tort, et que ce tête à tête entre elles soit suffisant pour réduire à néant tout ce que Peter Pan avait construit à Storybrooke.
§§§§
Jamais Regina Mills ne se souvenait avoir eu autant mal à la tête.
Se réveillant enfin, elle cligna des yeux à plusieurs reprises et grogna, avant d'apercevoir une forme indistincte et floue à côté d'elle.
«Qu'est-ce qu'il s'est passé? Grogna-t-elle, ayant le sentiment d'expérimenter la pire gueule de bois de sa vie.
- À toi de me le dire, lui rétorqua une voix sèche, venant d'une personne qu'elle n'avait pas croisé depuis au moins des semaines.
Complètement réveillée, la jeune femme se redressa avant de regarder autour d'elle, perdue et désorientée.
- Qu'est-ce que… Emma? Qu'est-ce que tu fais ici? Où est-ce que je suis?
- À l'hôpital. Tu as fait un coma éthylique.
Oh, voilà d'où venait ce terrible mal de tête alors.
Elle ne pensait pas avoir bu autant que ça, mais ses souvenirs de la veille étaient plutôt flous à vrai dire.
- C'est toi qui m'as amenée ici?
- Pas moi. James Rogers est venu te rendre visite et il t'a trouvée là, inconsciente. Tu peux le remercier, sans lui tu serais probablement morte.
Le résumé factuel et froid d'Emma dissimulait mal la peur et la colère perceptibles dans sa voix, et Regina sentit une fois de plus la culpabilité l'envahir, comme chaque fois qu'elle se réveillait le matin et qu'elle pensait à Daniel.
Peut-être que c'était justement pour ça qu'elle avait bu autant sans réussir à s'arrêter, sans même en avoir l'intention.
Parce qu'elle ne voulait plus se réveiller.
- Pourquoi es-tu ici dans ce cas?
- C'est moi la personne à contacter en cas d'urgence s'il t'arrive quelque chose de grave, tu avais oublié?
Honnêtement, oui.
Avec tout ce qu'il s'était passé, Daniel, la mairie, le haras, son alcoolisme grandissant et la dépression qui l'accompagnait, elle n'y avait plus songé, n'avait jamais eu l'occasion de changer ça ou même de savoir si elle voulait le faire.
- Seulement pour ça? Ne put-elle s'empêcher de laisser échapper, et en voyant Emma se raidir elle réalisa aussitôt que c'était une erreur.
- Tu le crois vraiment? Siffla-t-elle. Tu penses que juste parce qu'on a divorcé, je m'en fiche de toi maintenant, que je ne suis venue là que par obligation ou par devoir?
Regina soupira.
- Non, Emma, ce n'est pas ce que…
Pourquoi?
Pourquoi fallait-il que désormais, la communication soit si compliquée entre elles, comme cassée et que le seul moyen qu'elles avaient trouvé pour se parler, c'était de se disputer?
- Je serais venue malgré tout, continua Emma, oui, les choses ne sont plus ce qu'elles étaient entre nous, il est vrai, mais ça ne change rien au fait que…
Elle ne termina jamais sa phrase.
- Quoi?
- Regina, tu as failli mourir! Tu as… Je savais que tu n'allais pas bien, n'importe qui en ville aurait pu s'en rendre compte, même sans venir te voir, mais je ne savais pas que… Ce que tu as fait, est-ce que c'est pour…
- Je n'ai rien fait du tout, la coupa Regina, irritée, j'ai juste… Je n'ai pas fait ça pour attirer l'attention, être prise en pitié ou pour que tu reviennes même si tu me manques, j'ai tout simplement… Je voulais seulement oublier à quel point j'avais mal et je n'ai pas su m'arrêter. Je suis désolée.
Cette fois-ci, la colère avait complètement disparu des yeux d'Emma, seules la tristesse et la peur demeuraient.
- Regina… Tu as un problème.
Tu crois que je ne le sais pas déjà? Faillit-elle lui lancer au visage, avant de se raviser.
Plus de dispute, elles valaient mieux que ça.
- Ça me semble évident oui.
Les mains d'Emma tremblaient maintenant, et elle posa l'une d'elles sur la main droite de Regina, juste pour s'assurer qu'elle était bien là, qu'elle était réelle, qu'elle n'allait pas disparaître d'un instant à l'autre sans laisser de traces.
- Tu as failli mourir, répéta-t-elle, bouleversée. J'ai… j'ai failli te perdre. Je ne peux pas passer par ça une fois de plus, je refuse de revivre ça, pas après… J'ai déjà perdu Daniel. Je ne peux pas te perdre toi aussi.
Reviens-moi alors, voulut-elle lui hurler, mais ça n'aurait rien changé.
Ça n'aurait pas effacé la tragédie de la mort de leur fils, ça n'aurait pas fait disparaître la rancune, la culpabilité, la douleur, tous les fantômes entre elles, ça n'aurait pas rendu les choses plus faciles, ça n'aurait pas été suffisant.
Ça n'aurait pas permis à Regina de guérir de sa dépression ou de son alcoolisme, Emma ne pouvait pas la sauver à elle toute seule et de toute façon, elle n'était pas là pour ça, ce n'était pas à elle de le faire.
Regina devait se sauver elle-même, si elle en était capable.
- Je dois me faire aider, admit-elle. Faire une cure de désintox je suppose. Après tout, ironisa-t-elle, j'ai beaucoup de temps libre maintenant!
Emma sourit, bien que faiblement, et Regina ne put s'empêcher de considérer ça comme une victoire, aussi minime soit-elle.
- Je suis heureuse que tu en ais conscience. Et pendant que tu seras là bas, et même après, il faudra qu'on communique régulièrement toutes les deux, pour s'assurer qu'on va bien, toi comme moi. Est-ce que ça te va?
- J'en serais ravie, lui rétorqua son ex-femme, la gorge nouée par l'émotion, un sourire qui n'était pas triste sur les lèvres.
- Très bien. Tant mieux. Je…
Dis-moi que tu m'aimes, l'implora-t-elle intérieurement, dis-moi que tout n'est pas perdu pour nous, qu'on a encore une chance d'arranger les choses.
La blonde ne prononça aucun des mots que la brune rêvait d'entendre.
- Je vais prévenir James Rogers, lui dire que tout va bien, d'accord?»
Quand elle se leva et sortit de la pièce, Regina n'essaya même pas de la retenir, peu importe à quel point elle en avait envie.
A suivre…
Notes:
Titre du 14/07/2025 : Sous l'eau
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Maladie 6 : Alcoolisme
Défi des adultes 329 - Psychologie : Alcoolisme
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Défis sauvetages 110 : Regina (OUAT)
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Liste 60
1. Une dispute
2. Une chanson
3. Des amis
4. Les mots "air" "cour" et "sûr"Quatre aspects… d'une couleur & d'un personnage : Vert : Écrire sur Fiona (Shrek) ou sur une sorcière
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
15 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, blessure maladie mort de votre personnage, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, défis sauvetages, et si, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 156: L'illusion d'un passé.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Par moments, celle qu'on appelait autrefois sœur Vera avait du mal à garder la foi.
Le fait d'avoir été expulsée du Couvent Sainte Meissa par la mère Supérieure n'avait aucunement aidé.
Elle ne savait même plus pourquoi, cela faisait si longtemps après tout, une quinzaine d'années au moins, ou peut-être plus, peut-être moins, elle ne se souvenait que de peu de choses de cette période, c'était un moment de sa vie si douloureux qu'elle préférait l'oublier.
Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait fait une erreur et qu'elle avait été punie pour ça, qu'elle n'avait pas eu droit au pardon, qu'elle s'était retrouvée seule au monde, abandonnée, sans amis, sans alliés, sans soutiens, et que la ville qu'elle aimait tant sombrait de plus en plus dans le désespoir et la souffrance.
Elle priait toujours, mais avec moins en moins de conviction.
Après tout, à quoi bon puisque les choses ne semblaient pas décidées à changer en bien et qu'elle ne pouvait de toute façon rien y faire?
§§§§
Mary-Margaret Blanchard aurait rêvé de pouvoir dormir.
Pouvoir simplement s'étendre dans son lit, poser sa tête sur son oreiller, fermer les yeux et oublier le reste du monde, s'évader dans le monde des rêves, ne plus penser à rien, et surtout pas à sa vie solitaire et précaire sur laquelle elle n'avait pas le moindre contrôle.
Mais elle ne le pouvait pas, parce qu'elle devait travailler, peu importe à quel point elle était fatiguée ou à quel point elle avait envie de dire à son prochain client de rentrer chez lui et d'aller se faire voir, parce qu'elle avait besoin d'argent.
Devenir une escort n'était clairement le métier qu'elle avait envisagé quand elle pensait à son avenir autrefois, non, elle aurait voulu devenir enseignante, s'occuper de l'éducation d'enfants, leur apprendre des choses.
Seulement, tout ne s'était pas déroulé comme prévu, sa mère était morte quand elle avait dix ans, puis son père lorsqu'elle en avait seulement dix-huit, la laissant ruinée après avoir fait des affaires louches avec Albert Spencer et Cora Mills, la mère de Regina, qui était également morte à cette période.
Elle avait dû se débrouiller seule, et elle avait fait ce qu'il fallait pour survivre.
Elle n'avait pas honte de ce qu'elle faisait, de ce qu'elle était, même si en ville, les regards méprisants et condescendants, emplis de jugements, ne rendaient pas les choses faciles, mais surtout, elle aurait voulu avoir le choix.
Ne pas avoir l'impression de se lever chaque matin en étant à deux doigts de perdre le peu qu'il lui restait, surtout quand venait l'heure de payer son loyer à monsieur Gold, qui ne tolérait jamais le moindre retard.
Elle rêvait d'autre chose, de choses qu'elle ne pourrait jamais avoir, et parfois, le simple fait d'y songer l'empêchait de respirer.
Mais pour l'instant, elle n'avait pas d'autre possibilité, alors…
Alors puisqu'elle ne pouvait pas faire autrement, elle termina de se maquiller, essaya de ne pas se mettre à pleurer, et se prépara à son prochain client, le docteur Whale, un de ses clients les plus réguliers.
Elle finirait bien par s'en sortir après tout.
Elle avait envie d'y croire du moins.
§§§§
Peter Pan n'aurait pas pu rêver meilleure fin heureuse que celle qu'il avait obtenue en lançant le Sort noir sur la ville de Storybrooke.
Il avait enfin tout ce qu'il avait toujours voulu, un Nouveau Pays Imaginaire, parfait, merveilleux, sans limite de temps cette fois, sans la mort au bout du tunnel, ou la vieillesse ou les responsabilités,contrairement au marché qu'il avait passé sur l'île avec l'ombre.
Tant qu'il gardait le contrôle sur ses habitants, ses jouets, ses marionnettes, et pour le moment, il semblait y être parvenu.
Utiliser les enfants faisant parti du gang du crâne comme espions, ses petits oiseaux tel Varys ou Littlefinger dans Game of Thrones (lui aussi avait des faux souvenirs, ça aidait à faire semblant) aidait beaucoup.
Il avait gagné, à jamais et pour toujours, rien ni personne ne serait capable de le battre, il ferait tout pour ça, et s'il s'était un temps inquiété des vaines tentatives de Killian Jones de contrecarrer ses plans, ce n'était désormais presque plus le cas.
Wendy Darling, ou plutôt Moraine (il était toujours aussi heureux qu'elle porte ce nom, d'être à chaque fois confronté à tout ce que son petit-fils avait perdu dès qu'il lui parlait) lui avait rapporté sa conversation avec James Rogers, le fait qu'il cherchait Henry et qu'elle ne lui avait rien dit à part que l'enfant faisait parti de leur gang.
Mais ça, c'était une conclusion logique à laquelle n'importe qui serait arrivé, le fait qu'elle se soit tut, qu'elle ne lui ait pas fait confiance, montrait bien à quel point elle lui faisait confiance à lui, et oh l'ironie était tellement savoureuse qu'elle lui donnait envie d'éclater de rire.
Elle lui faisait confiance, à lui, le monstre, celui qui avait retenu son ami prisonnier pendant des siècles, ainsi qu'elle-même, qui avait forcé ses deux frères à faire ses sales besognes, à enlever un enfant innocent qui n'avait rien à voir avec toute cette histoire.
Elle croyait en lui, celui qui avait abandonné son propre fils en échange de la jeunesse éternelle et qui avait fait de leur vie un enfer, elle l'aidait sans même le savoir, et il tenait à ce que ça reste comme ça, à jamais.
Elle était seule, éloignée de la seule vraie famille qu'elle avait jamais eue, Neal, ainsi que Jean et Michel (devenus James et Marc Smith, les noms qu'ils s'étaient donnés pour infiltrer Storybrooke, réutilisés par la malédiction, et c'était tellement drôle et ironique ça aussi) qui cherchaient désespérément une sœur qu'ils ne retrouveraient jamais, qui n'existait pas.
Parce que pour eux, leur sœur s'appelait Moira et avait fugué ils ne savaient où, et la jeune fille, persuadée d'avoir été abandonnée par ses parents et ses frères, ne voulait plus avoir affaire à eux ou à qui que ce soit ou au système.
Elle voulait être libre, indépendante, et sans le savoir, elle le faisait de la pire manière possible, sans savoir qu'elle s'était alliée à son bourreau, qu'elle portait les chaînes qu'il avait forgées pour elle sans vouloir s'en défaire, parce que tout était de sa faute et elle ne le savait même pas.
Le pirate était seul également, ou presque, sans amis et alliés, aucun ne pouvant l'aider concernant la malédiction du moins, il n'était arrivé à rien depuis le début de la malédiction, il était en train d'échouer, il le savait sans doute, et ça ne renforçait qu'encore plus la confiance de Peter Pan envers ce qu'il avait mis en mouvement.
Ce qui était arrivé à Regina Mills l'arrangeait aussi, qu'elle meurt sans qu'il n'ait à se salir les mains lui aurait été profitable également, diminuait les risques que la malédiction puisse être brisée, même s'il voulait qu'elle souffre éternellement, comme tous les autres, et cette cure de désintoxication servait ses plans également.
Elle allait encore plus être éloignée d'Emma Swan et des tentatives de Killian pour les réunir, et qui plus est, elle pouvait tout aussi bien replonger, ne pas aller mieux, il ferait tout pour ça en tout cas, imaginait déjà une manière ou une autre de rendre sa vie encore pire qu'elle ne l'était déjà.
Et même si elle s'en sortait, qu'elle remontait la pente, ça ne changerait rien, n'effacerait aucune des choses qu'il lui avait déjà infligées, et il avait bien d'autres habitants avec qui s'amuser.
Alors qu'il songeait à comment faire pour que Killian Jones échoue une fois de plus à réussir quoi que ce soit de productif dans sa lutte contre lui, il sourit en assistant à une course de moto (illégale et hautement dangereuse, évidemment) entre ses différents enfants perdus.
Certains allaient probablement être blessés, gravement sans doute, parce qu'il les avait mis au défi de le faire, et aucun d'eux ne le blâmeraient pour ça, parce qu'ils l'aimaient, lui faisaient confiance, croyaient en lui, alors que lui-même ne les voyait aucunement que comme des outils et des pions utiles à manipuler à sa guise.
Diriger le Pays Imaginaire avait été une expérience plaisante.
Mais être chef de gang ici et tirer les ficelles dans l'ombre, être celui qui détenait le vrai pouvoir sans que presque personne ne le sache, était encore bien plus satisfaisant.
Et il ne voyait personne à Storybrooke qui aurait pu se mettre en travers de son chemin et lui voler ce qu'il avait bâti au prix de tant d'innocentes vies qu'il avait brisées sans le moindre remords.
§§§§
Mulan n'avait, à l'évidence, aucune idée de ce qui l'attendait lorsqu'elle avait décidé de partir une fois que Philippe et elle étaient parvenues à trouver Aurore.
Elle avait simplement fait ce qu'elle devait faire, ce qui était convenu, elle avait aidé le prince à retrouver sa princesse, et une fois cela fait, il l'avait sauvée, il l'avait réveillée, et ils avaient fini par avoir leur fin heureuse amplement méritée, celles qu'ils attendaient depuis plus de vingt-huit longues années.
Aurore avait été extatique de retrouver l'homme qu'elle aimait, de même que Philippe, elle lui avait été reconnaissante aussi, et même si elle avait été jalouse de la guerrière, au début, se méfiant de ses éventuels sentiments pour le prince, elle avait vite compris qu'il n'y avait que de l'amitié entre eux.
Quand Mulan était partie, les laissant dans leur royaume après les avoir aidés à y retourner, elle l'avait fait sans amertume, heureuse de leur avoir permis de se retrouver, mais sans savoir où elle allait aller désormais.
Ce n'était pas vraiment comme si elle pouvait aller où que ce soit de toute façon, elle n'avait pas de maison ou de foyer où retourner, pas de gens à qui elle manquait, tout ce qu'elle voulait faire c'était aider les gens, vivre des aventures et découvrir le monde.
Sur le moment, après la défaite de la reine de cœur et du capitaine Crochet, alors que la nouvelle du retour des haricots magiques s'était répandue dans les différents mondes, ainsi que la possibilité de voyager à nouveau, s'installer à Storybrooke lui avait semblé être une bonne idée.
La ville n'était pas sans danger, certes, mais elle savait se battre, elle pourrait être utile si jamais un autre méchant surgissait, elle voulait découvrir le monde sans magie, et même si jamais elle ne se plaisait pas à Storybrooke, elle pouvait en partir à tout moment.
À aucun moment elle n'avait soupçonné que ce qui courrait le plus grand danger dans cette ville remplie de magie, ce serait son cœur, menacé par une louve.
Ce cœur qui, depuis qu'elle avait rencontré la serveur du Granny's, battait un peu plus vite dès qu'elle la voyait, dès qu'elle lui parlait, dès qu'elle lui souriait, une femme si forte et si courageuse, si effrayée par ce qu'elle était, aussi, par ce qu'elle risquait de faire si elle perdait le contrôle de l'animal en elle.
C'était sans doute pour ça que Mulan était tombée amoureuse d'elle durant les quelques mois qui avaient suivi, pour ça et pour tout le reste, parce qu'elle était belle, drôle, gentille, brave et intrépide, parce qu'avec elle elle ne se sentait plus aussi seule, parce qu'elle n'avait plus envie de partir, parce qu'elle la faisait se sentir à la maison.
Quand Henry avait été enlevé, elle avait essayé de la réconforter, comme une amie, de l'aider, de la rassurer, et elle avait tu ses sentiments, n'avait rien dit, parce que ce n'était pas encore le bon moment, parce qu'elle avait autre chose à penser.
Parce que ce n'était probablement pas réciproque, aussi.
Puis, le petit garçon avait été retrouvé, avait été sauvé, était rentré à la maison et, le jour même où la malédiction avait été lancée, alors que la majorité de la ville ignorait encore que Peter Pan n'avait pas été vaincu comme ils l'avaient cru, ne sachant rien de ce qui les attendait, la guerrière avait décidé de se lancer.
Elle avait tenté d'être courageuse, de demander à la louve de sortir avec elle.
Elle n'en avait jamais eu le temps, n'avait même pas pu essayer, et maintenant, elle était de retour à la case départ.
Parce que, si Mulan avait voulu oser, celle qu'on appelait désormais Piper n'avait jamais rien tenté, se contentant de venir la voir à son travail quand elle le pouvait, commandant un café ou une autre boisson, rien que pour pouvoir lui parler, la voir, en sachant qu'elle ne tenterait jamais rien, parce qu'elle n'avait aucune chance.
Et elle savait déjà qu'il en serait toujours ainsi.
Parce que rien ne changeait jamais à Storybrooke, c'était une certitude gravée dans le marbre.
Et personne ne parviendrait à modifier cet état des choses, quoi qu'il advienne, elle le savait bien.
Peu importe à quel point beaucoup d'entre eux aurait voulu qu'il en soit autrement.
A suivre…
Notes:
Titre du 31/03/2025 : L'illusion d'un passé
Balance : Blanche-Neige / Mary Margaret Blanchard (OUAT)
13 septembre 1995 – Robbie Kay
M : Mary Margaret Blanchard
Créature 38 : Sorcière
Défi des adultes 628 : Votre perso est un.e escort
Prénom 72 : Henry
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Starbuck 2 (BSG 78) : Meilleur pilote de la flotte : Écrire sur une course de voiture/moto/vaisseau (quelque chose de motorisé en tous cas) ou écrire sur Shinji « Fireball » Hikari (Sab Rider)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 157: Nouvelle mission.
Notes:
Présence de violence domestique durant le chapitre.
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Lundi 27 août 2012.
Le pire dans tout ça c'est que, finalement, si ça avait été sa vraie vie, en dehors des mensonges, Killian n'aurait pas été insatisfait de ce qu'il avait.
Maintenant que le Jolly Roger ressemblait à quelque chose, qu'il avait un travail fixe et stable, sa vie semblait plus simple et moins abominable, et s'il n'y avait pas eu la malédiction, les problèmes de Regina, les siens, la haine de Neal à son égard, si tout avait été comme les choses auraient dû être, Peter Pan enfermé dans la boite de Pandore pour toujours, il aurait été heureux.
Malheureusement, ce n'était pas ainsi que ça s'était passé.
Parce que rien n'était vrai, parce que même s'il connaissait peu de gens à Storybrooke, ne savait rien de ce qu'on leur avait arraché, de ce que l'immortel leur avait pris, il voyait bien dans leurs yeux, dans leur lassitude, véritable miroir de la sienne, à quel point ils étaient épuisés et malheureux.
Le pirate n'était pas sûr qu'aucun d'eux ne réussirait à tenir bien longtemps ainsi sans craquer, sans s'effondrer, et il était tenté de le faire, parfois.
Quand il avait failli perdre Regina, pendant quelques infimes secondes il avait pensé que tout était fini, qu'ils allaient tous s'effondrer sous le poids de leurs souffrances, soit en sombrant dans le désespoir, soit en s'échappant tous les uns après les autres de la seule manière dont Peter Pan ne les avait pas privés.
Grâce à la mort.
C'était la seule échappatoire à laquelle ils pouvaient aspirer, ce qui n'avait rien de réjouissant.
Ce qui était arrivé à Regina n'avait aucunement arrangé les choses, certes, la brune avait admis qu'elle avait un problème, et elle avait l'intention de le régler, mais d'une part elle pouvait très bien ne pas arriver, d'autre part…
D'autre part elle allait encore plus s'éloigner d'Emma, pendant un long moment, et les deux femmes étaient sans doute une de leurs seules chances de briser la malédiction, ce qui signifiait qu'ils allaient encore perdre du temps.
Il était donc bien maussade ce soir-là, alors qu'il prenait son service au Rabbit Hole, et il ne put s'empêcher de hausser un sourcil surpris en voyant le shérif adjoint Graham entrer dans le bar.
Il ne se souvenait pas l'avoir vu avant, et en dehors de ses brefs séjour au commissariat quelques années plus tôt sous la malédiction (c'était un mensonge, dut-il se souvenir, et parfois, seul comme il l'était à ne pas pouvoir dire la vérité à qui que ce soit, il arrivait presque à l'oublier, malgré lui) ou bien via Regina et donc via Emma surtout, il ne l'avait guère côtoyé.
Il espérait qu'il n'était pas là pour la même raison que Regina, qu'il n'allait pas lui aussi se laisser sombrer, se noyer dans le fond d'un verre pour ne plus remonter à la surface, il avait déjà vu son amie s'écrouler sans être capable de l'aider, il ne voulait pas que ça recommence.
Mais, une fois que le chasseur eut commandé un verre, il s'installa juste en face de lui.
«James Rogers, c'est bien ça?
Malgré lui, le brun se tendit aussitôt, réflexe inné de pirate face à la police et face à n'importe quel type d'autorité.
Il n'avait absolument rien fait récemment qui puisse justifier que la police vienne le voir, son effraction à la bibliothèque devait remonter à suffisamment longtemps pour qu'il ne soit probablement pas là pour ça, et il se demanda si Peter Pan était responsable, s'il avait fait en sorte que la police s'intéresse à lui pour une chose qu'il n'avait absolument pas faite.
- C'est bien moi.
Graham lui sourit, un sourire assez amical pour qu'il se sente moins méfiant.
- Vous avez l'air de bien vous en sortir. J'ai vu votre bateau, il a fier allure. Et votre travail en tant que barman, il vous plaît?
- Assez oui.
- Mes sincères félicitations, je sais à quel point ça été dur durant ces dernières années, j'espère que les choses vont continuer à s'améliorer pour vous.
- Pourquoi est-ce que vous êtes là?
Graham grimaça.
- Vous êtes un ami de Regina Mills, pas vrai?
Killian fronça les sourcils.
- Oui c'est vrai. Pourquoi?
- J'ai appris ce qui lui était arrivé, son coma éthylique, sa future cure de désintoxication, et je voulais savoir une chose…
- Quoi donc?
- Vous aussi vous avez l'impression qu'il y a un truc qui cloche?
Le barman se figea, stupéfait, sentant l'espoir l'envahir, et il ne savait rien de la première malédiction ou presque, il ignorait si à l'époque le chasseur avait réalisé quelque chose, mais si c'était le cas, alors peut-être…
- À quel sujet? Demanda-t-il en tentant de rester le plus nonchalant possible.
- En ce qui concerne Emma et Regina. Leur relation, le fait qu'elles s'aiment toujours mais pensent qu'elles ne pourront plus jamais être ensemble, à cause de ce qui est arrivé à Daniel. Je comprends, bien sûr, mais cette séparation a l'air de leur faire plus de mal que de bien, en tout cas pour Emma, et vous parlez souvent à Regina, peut-être que vous en êtes arrivé aux mêmes conclusions que moi.
Killian serra le poing sur le verre qu'il était en train d'essuyer.
Merde.
Ce n'était pas exactement ce à quoi il s'attendait, ce qu'il espérait, mais c'était tout de même mieux que rien, et sans le savoir, Graham allait peut-être permettre de faire avancer les choses en voulant l'aider, en voulant faire la même chose que lui.
Réunir Emma et Regina.
- C'est exact, approuva-t-il, j'ai été pas mal absent durant un certain temps, mais dès mon retour j'ai bien vu que Regina était malheureuse. Je lui ai parlé du fait qu'Emma lui manquait, qu'elle l'aimait toujours, et elle l'a admit, mais elle… Elle pense qu'il n'y a plus d'espoir. Je ne suis pas d'accord.
- Parfait, ravi de voir que nous sommes sur la même longueur d'onde. Dans ce cas-là, dit-il en lui tendant la main, vous êtes partant pour tout faire pour les réunir, sans qu'elles ne se doutent de quoi que ce soit, et de laisser faire les choses une fois que Regina sera revenue de sa cure de désintoxication?
Quoi donc, réunir mon amie avec la femme qu'elle aime, leur permettant de peut-être tous nous sauver, de défaire Peter Pan pour toujours et d'avoir enfin ma fin heureuse?
Il sourit et lui serra la main.
- Oh que oui.»
§§§§
«Vous avez une idée du temps que ça va durer?
Killian savait qu'il n'était probablement pas opportun de poser la question, puisque techniquement, le temps ne passait plus à Storybrooke, mais ça lui permettrait au moins d'avoir une idée générale.
Le shérif adjoint haussa les épaules.
- Difficile à dire… Entre deux et quatre semaines en général, ça dépend des gens et des programmes bien sûr, sans parler des risques de rechute… Tout va dépendre de Regina et de sa force de volonté maintenant.
Avant la malédiction, le capitaine Crochet n'aurait pas douté d'elle une seule seconde.
Maintenant, tout était différent.
- Vous pensiez à quoi pour les réunir au juste?
- Je ne sais pas trop, un événement public quelconque durant lequel elles pourraient se revoir inopinément. Emma y serait probablement, en tant que shérif adjointe, tout comme moi, il faudrait juste que vous parveniez à convaincre Regina d'y aller.
- Une fois qu'elle sera revenue, si elle va mieux, je ferai en sorte de la pousser à sortir, à voir du monde, il ne faut pas qu'elle reste seule, enfermée, c'est comme que… que j'ai failli la perdre. Je serai là pour la chaperonner, il ne faudrait pas qu'elle risque de rechuter.
- Oui, approuva Graham, éloignons-la des cocktails le plus possible et rapprochons-la d'Emma à la place.
Pour une fois, Killian avait vraiment l'impression que ça allait marcher, qu'il pouvait réussir, et le fait de ne pas être seul pour élaborer ce plan aidait beaucoup.
En songeant à la seule ombre au tableau, il perdit son sourire.
Peter Pan.
Il ferait tout pour qu'il échoue, il le savait très bien, mais ça ne coûtait rien d'essayer.
- Pourquoi pas oui. J'imagine que le shérif Keith sera présent lui aussi.
En voyant le visage du shérif adjoint s'assombrir, il sut qu'il n'était pas le seul à le détester.
- Je pense que oui.
Il n'ajouta rien et Killian non plus.
Et même s'il savait que ça allait lui faire mal, il ne put s'empêcher de l'interroger.
- Vous savez quand auront lieu les prochaines élections pour le poste de shérif?
Jamais était très probablement la bonne réponse, et il le savait très bien, Storybrooke n'était plus une démocratie, plus vraiment, maintenant qu'ils étaient figés dans le temps, si rien ne changeait, Albert Spencer serait leur maire pour toujours, et Keith serait leur shérif à jamais.
Cette fois, pas de Sauveuse pour jouer les rouages dans la machine et faire repartir l'aiguille de l'horloge, à Storybrooke tout comme dans la Forêt Enchantée.
Rien ne délogerait Keith de son poste, quoi qu'il fasse, parce qu'Albert Spencer était son allié, parce que Peter Pan ferait tout pour que les choses restent semblables.
- Hé bien, je crois me souvenir que Keith a été élu il y a environ six mois, à la même période qu'Albert Spencer pour le poste du maire.
Oh comme c'est étonnant, quel hasard, songea ironiquement Killian.
- Donc, dans un peu moins de quatre ans, poursuivit Graham.»
Même si ça avait été vrai, attendre plus de trois ans aurait été absolument insupportable, mais le pirate ne se faisait pas d'illusion, d'ici six mois, cela ferait toujours six mois que les élections auraient eu lieu, et rien ne changerait jamais.
Il partit sans rien ajouter, sans parler de la malédiction, d'Henry, du livre de contes, de toutes ces choses qu'il n'aurait jamais accepté de croire, mais tout en ayant l'espoir d'au moins réussir sur une chose, réunir leurs deux meilleures chances de sauver tout le monde.
Graham ne lui parla pas non plus de ce qui clochait ailleurs, du loup qu'il voyait parfois encore en se promenant en ville ou dans la forêt, de ses rêves où il était entouré de loups, vivait parmi eux, parce que bien évidemment, ça n'avait aucun sens, ce n'était pas important.
Ce qui comptait, c'était qu'Emma et Regina se retrouvent.
§§§§
Lundi 3 septembre 2012.
L'air soucieux que son père affichait depuis quelques jours inquiétait de plus en plus Lacey.
Ce ne fut que lors du repas de midi qu'elle osa enfin lui poser la question.
«Papa, qu'est-ce qu'il y a?
Moe French la regarda avec étonnement.
- Quoi donc Lacey?
- Quelque chose ne va pas, dis-moi ce qu'il se passe s'il te plaît.
Le fleuriste se força à sourire pour la rassurer mais ça ressemblait plus à une grimace qu'autre chose et la jeune femme sentit l'inquiétude grandir en elle.
- Il n'y a rien ma chérie, rien du tout, ne t'en fais pas pour ça.
Menteur, songea-t-elle, sut-elle aussitôt, et un mauvais pressentiment s'empara d'elle.
Oh non.
- C'est à cause du loyer, c'est ça?
Le visage de son père se décomposa aussitôt et il déglutit avec difficulté, lui disant tout ce qu'elle avait besoin de savoir sans même avoir eu à prononcer un seul mot.
Elle avait raison.
Tout était de la faute de monsieur Gold, une fois de plus, et la serveuse ne savait pas si elle avait déjà détesté quelqu'un autant qu'elle le haïssait, mais quand elle pensait à lui, c'était toujours la rage qui l'animait.
Après tout, son père n'était pas la seule personne qui lui devait de l'argent tous les mois, c'était aussi le cas de la grand-mère de son amie Ruby, et de tant d'autres personnes à Storybrooke qu'elle ne connaissait même pas mais qu'elle plaignait tout autant, vivant en permanence avec cette épée de Damoclès au dessus de leur tête, à deux doigts de basculer dans la précarité et d'être expulsés de leur logement si jamais ils n'arrivaient pas à payer à temps le loyer à leur terrible propriétaire.
Et ce, qu'importe leurs raisons ou les divers contretemps possibles, monsieur Gold n'était pas vraiment connu pour être quelqu'un de magnanime, de compréhensif ou de compatissant, loin de là.
Il soupira avant de finalement hocher la tête.
- Oui. Il est venu me voir hier soir, pendant que tu étais au Granny's, et le fait est qu'il ne me reste plus beaucoup de temps pour payer.
- Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit? J'aurais pu mettre quelque chose de côté, pour aider!
- Lacey, ton salaire est déjà assez bas comme ça, je n'allais tout de même pas te demander de contribuer, c'est à moi de faire ça! Normalement, ce genre de chose n'était pas censé arriver, j'attends le payement d'une importante commande qui date du 4 juillet, pour la fête nationale, mais elle a du retard.
- Et qui est-ce qui met autant de temps à payer ses dettes? Demanda Lacey, curieuse.
- La mairie. On dirait que le maire fait des pieds et des mains pour ne pas avoir à me payer. Je sais que c'est faux, mais c'est l'impression que ça me donne.
Lacey aurait aimé être surprise.
- Je vois… Je pourrais aller lui parler tu sais.
Moe la regarda avec stupéfaction.
- À monsieur Spencer? Je doute que ça aide ou que ce soit suffisant, j'ai déjà essayé de le relancer plusieurs fois, par mail ou par téléphone, sa secrétaire me répond à chaque fois qu'il est occupé. Je doute qu'un face à face en tête à tête change quoi que ce soit, ni même qu'il accepte de te recevoir. Je vais juste prendre mon mal en patience et croiser les doigts pour avoir l'argent avant que monsieur Gold ne vienne saisir ma marchandise et mon camion pour impayé…
Alors que cette simple idée la traversait de part en part, Lacey se sentit frissonner d'horreur.
Comment pouvait-on être aussi méchant et cruel, voilà une chose qu'elle ne comprendrait jamais.
- Non, poursuivit-elle avec une assurance qu'elle était loin de posséder, à monsieur Gold.
Son père se figea.
- Quoi?
L'antiquaire terrorisait presque tout le monde à Storybrooke, Lacey y compris, tous ceux qui lui devaient de l'argent, via les loyers qu'ils lui devaient, qui avaient passé des marchés avec lui, qui lui avaient emprunté de l'argent.
L'idée d'imaginer sa courageuse mais frêle fille adorée devoir aller parler à cette ordure le rendait littéralement malade.
- Je sais que ce sera sans doute inutile, mais je pourrais aller lui demander un délai. Après tout, cela fait des années que tu paies tes loyers à l'heure, quelques jours d'attente ne devraient pas y changer grand-chose, on peut au moins essayer.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une très bonne idée.
- Il ne me fait pas peur.
C'était un mensonge, évidemment, elle faisait tout pour l'éviter, justement pour cette raison, parce qu'il la terrifiait, parce qu'elle ne voyait rien à part de la cruauté dans ses yeux, parce qu'il n'était rien de plus qu'un homme mauvais que seul l'argent intéressait.
Rien de plus qu'une bête.
- Tu n'es pas obligée de faire ça, protesta son père.
- Il m'écoutera peut-être, et sans doute n'aura-t-il pas pitié de moi, mais je… Je ne sais pas, j'essaierai de trouver les mots qu'il faut. Je dois au moins tenter le coup. On ne sait jamais.
Moe essaya de lui sourire, sans grand succès une fois de plus.
- Fais attention à toi, d'accord?
- C'est promis.»
§§§§
Elle pouvait le faire.
Elle devait le faire, elle avait promis après tout, pourtant, son estomac restait noué par la peur alors qu'elle se trouvait à deux doigts d'entrer dans la boutique de monsieur Gold.
Tout en elle lui hurlait de partir, de fuir tant qu'il en était encore temps, mais elle devait faire ce qui devait être fait, accepter d'être courageuse, pour une fois, même si elle avait peur, même si la rage et la colère bouillonnaient aussi en elle, et elle allait devoir contrôler tout ça devant l'antiquaire et ça n'allait rien avoir de facile.
Prenant une grande inspiration, elle ouvrit la porte et entra enfin.
Elle attendit que le seul client dans la boutique ait fini et soit sorti pour aller lui parler.
«Miss French, la salua-t-il, poli mais le visage dénué d'amabilité. Que puis-je faire pour vous?
- Je souhaiterais…
Il ne la laissa même pas terminer sa phrase.
- Vous voudriez que j'accorde un délai à votre père afin qu'il puisse payer son loyer à temps.
Elle sursauta.
- Comment avez-vous su?
Il lui sourit d'un air sardonique.
- Soyons honnêtes, miss French, vous ne venez jamais dans ma boutique, vous n'y avez jamais acheté quoi que ce soit, vous et moi ne sommes pas amis, nous sommes à peine des connaissances, nous ne nous côtoyons que parce que votre père loue un logement qui m'appartient. Et il s'avère qu'il a des retards de paiement ce mois-ci, la raison de votre présence devient ainsi évidente.
Ce n'était pas faux.
- Est-ce que… est-ce que vous acceptez?
Son sourire s'accentua, ne la rassurant aucunement.
- Non. Maintenant sortez je vous prie.
Elle aurait sans doute dû obéir, c'était ce qu'elle aurait avant, ce qu'elle faisait depuis toujours, en bonne fille obéissante et suivant les règles en toutes circonstances.
Mais pas cette fois.
Non, Lacey était fatiguée de suivre les règles, de baisser la tête en permanence, de courber l'échine, sans jamais résister, sans se révolter, et le fait qu'il s'agisse de monsieur Gold rendait ça encore plus insupportable, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi.
Un peu comme si l'idée qu'il la considère comme quantité négligeable, comme une personne qui ne pouvait pas lui tenir tête, rendait cette situation pire qu'elle ne l'était déjà.
- Vous êtes vraiment un immonde salopard, lui cracha-t-elle alors au visage. Une vraie ordure.
Il redressa la tête, qu'il avait déjà baissé pour regarder ses comptes, considérant qu'elle allait simplement partir sans rien dire, et fronça les sourcils.
- Je vous demande pardon?
- Si vous faites ça avec tous les logements que vous possédez, à tous ceux qui vous doivent de l'argent, toutes les personnes qui se retrouvent dans une situation difficile, je ne suis vraiment pas étonnée que tout le monde vous déteste en ville. Vous êtes un monstre. Un homme cruel. Mon père a toujours bien agi, il vous a toujours payé en temps et en heure, sa situation est seulement critique en ce moment. Cela fait des années qu'il vous loue notre appartement. Et vous allez saisir son outil de travail, alors même que c'est ce qui le fait vivre, ce qui lui permet de vous faire gagner encore plus d'argent.
- Si jamais je lui fais une faveur à lui, d'autres risquent de demander la même chose. Je ne peux pas me permettre ça.
- Vous n'êtes pas obligé de faire ça vous savez.
- Comment cela?
- Écraser les autres sous la pointe de votre talon, tout ça pour vous sentir supérieur, pour vous convaincre que vous êtes mieux que tous les autres. Ça ne vous fera pas vous sentir mieux, vous serez seulement plus seul et haï que jamais, vu comme un homme cruel et avide, et peut-être que vous vous en fichez, mais… S'il vous plaît. Mon père n'a besoin que de quelques jours, après il pourra vous payer, tout arranger, vous… Vous n'avez pas besoin d'agir ainsi. Si vous continuez ainsi, un jour, votre cœur sec et vide se réveillera peut-être enfin mais il n'y aura personne pour le voir. Parce que tout ce qu'il vous restera ce sera une montagne d'or dont vous ne saurez que faire. Et il sera trop tard.
Monsieur Gold n'aurait jamais été touché par cela, pas même par la dernière phrase, qui résonnait si fort avec une autre que Belle avait prononcé autrefois, à propos d'un tasse ébréchée, mais au fond de lui-même, sous toutes les couches de la malédiction, Rumplestiltskin se sentit tressaillir malgré lui.
Peut-être était-ce vrai après tout.
Peut-être pouvait-il faire une exception pour une fois.
- Vous avez une semaine.
Lacey tressaillit, n'en croyant pas ses oreilles.
- Une… une semaine? Vraiment?
- Ne prenez pas le risque de me faire changer d'avis miss French, siffla-t-il d'un ton menaçant, sortez d'ici.
Elle lui sourit pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans la boutique, et sans savoir pourquoi, son cœur rata un battement.
En un geste hésitant, elle posa sa main sur la sienne, et le regarda droit dans les yeux, yeux qui ne lui semblaient plus si effrayants désormais.
- Merci. Finalement vous n'êtes peut-être pas si horrible que les gens le pensent.
- Je suis bien pire que ça, très chère, lui rétorqua-t-il, touché malgré lui.
Elle l'examina attentivement et pendant quelques infimes secondes, Belle refit surface.
- Je ne pense pas non. Je file annoncer la bonne nouvelle à mon père. Vous ne le regretterez pas. Mais essayez aussi d'être plus gentil! Au revoir.»
Sans savoir pourquoi, il eut envie de rire, lui qui ne le faisait plus jamais depuis la mort de sa femme et surtout depuis que son fils avait coupé les ponts avec lui.
Avec n'importe qui d'autre venant pour faire l'exacte même demande, il aurait dit non, il ne savait pas pourquoi avec elle, il avait accepté.
Peut-être que ses mots l'avaient touché, mais il y avait autre chose, en fait, sa douleur lui avait fait de la peine, et le fait qu'elle le regarde avec tant de haine et de colère dans les yeux l'avait fait souffrir.
C'était absurde, il ne la connaissait pas pourtant, il ne l'appréciait pas, il était seul au monde, elle n'avait pas eu tort à ce sujet.
Peut-être était-ce parce qu'elle avait su frapper là où ça faisait mal et que par esprit de contradiction, il avait voulu lui prouver le contraire.
Peu importe.
La prochaine fois, il serait redevenu l'impitoyable monsieur Gold.
Avec elle ou qui que ce soit d'autre.
§§§§
En sortant, Lacey, toute à sa joie et à son enthousiasme, ne remarqua pas que son petit-ami la suivait du regard, un regard sombre et soupçonneux.
§§§§
Il était tard, et elle rentrait à peine du Granny's, rêvant d'aller se coucher, mais Lacey se sentait heureuse et optimiste pour la première fois depuis si longtemps qu'elle avait envie de partager sa joie avec quelqu'un.
Après tout, si même le grincheux monsieur Gold avait réussi à faire preuve d'humanité, peut-être que cela signifiait que les miracles étaient réels, non?
Son père était occupé, et Ruby travaillait encore, aussi elle avait décidé d'aller rendre visite à Keith, après tout, il serait forcément heureux pour elle, pas vrai?
La mine maussade qu'il arborait quand elle sonna à sa porte semblait démontrer le contraire pourtant.
«Oh. Lacey. Qu'est-ce que tu fais là?
Pensant qu'il avait peut-être passé une mauvaise journée au travail, elle tenta de son mieux de le dérider.
- J'avais envie de te voir, lui expliqua-t-elle avant de l'embrasser, ce qui ne changea rien à son air sombre, et elle commença à se poser des questions. Je peux entrer?
Il acquiesça, et referma la porte derrière elle.
- Tu vas bien? Lui demanda-t-elle.
- Ça peut aller. Et toi?
Elle lui envoya un sourire extatique.
- À merveille! J'ai résolu le problème de mon père aujourd'hui.
- Ah oui? L'interrogea-t-il les bras croisés et les sourcils froncés.
- Oui! Il a des problèmes d'argent en ce moment, rien de très grave, ça devrait s'arranger bientôt, mais tu connais monsieur Gold, tu sais à quel point il est à cheval sur les délais et rigide quand il s'agit d'argent, mais je l'ai convaincu de lui accorder un délai supplémentaire d'une semaine! Je ne sais toujours pas comment j'ai fait, je l'avoue, s'amusa-t-elle.
Elle ne remarqua aucunement que le visage de Keith s'assombrissait de plus en plus au fur et à mesure qu'elle parlait.
- Vraiment? Et il a accepté sans rien te demander en échange?
Sa voix était remplie d'irritation et plus violente qu'elle n'aurait dû l'être et Lacey ne comprit pas ce qui lui arrivait.
- Il aura ce qu'on lui doit, tout simplement, expliqua-t-elle en fronçant les sourcils, avec juste un peu de retard.
- Pourquoi est-ce que j'ai le sentiment que tu ne me dis pas tout?
Lacey frémit, plus confuse et perdue que jamais.
- Je ne comprends pas…
- Oh que si tu comprends très bien. Dis-moi Lacey, ce monsieur Gold, est-ce qu'il te baise?
Lacey sursauta, persuadée d'avoir mal entendu, espérant que c'était le cas.
- Pardon? Je peux savoir ce qui te permet de me parler comme ça et ce qui t'a mis cette idée absurde en tête?
Elle, coucher avec monsieur Gold?
Ça n'avait aucun sens, elle était en couple, elle était fidèle à son petit-ami, jamais elle n'avait pensé à l'antiquaire de cette manière, c'était insensé.
- Tu étais dans sa boutique aujourd'hui, lui lança-t-il d'un ton accusateur.
Elle ne put s'empêcher de le regarder comme s'il était le dernier des crétins.
- Oui. Je te l'ai dit, j'ai négocié avec lui. Rien de plus.
- Ouais. Dans cette tenue, dit-il en la regardant avec mépris, et sans rien avoir à lui céder en échange. Excuse-moi de trouver ça un peu louche.
Comment ça dans cette tenue?
Ils étaient au début du mois de septembre, il faisait encore assez chaud pour qu'elle puisse sortir en jupe, comme elle l'avait fait, elle aimait cette tenue, elle l'avait mise parce qu'elle se sentait bien dedans, pas pour séduire quoi que ce soit!
Oh, de toute façon, elle n'avait pas besoin de se justifier auprès de lui.
Comment osait-il la juger pour ça, lui entre tous, alors qu'elle lui avait dit à quel point les jugements des autres concernant la manière dont elle s'habillait lui faisaient mal?
- C'est tout simplement ridicule. Je n'ai rien fait de mal, nous avons parlé, c'est tout! Et depuis quand tu me surveilles au juste?
- Oh non, n'inverse pas les rôles, ne me fais pas passer pour le méchant de l'histoire. J'étais en ville pour le boulot, je t'ai vue par hasard, je me suis juste posé des questions c'est tout.
Ah oui parce que tu bosses maintenant? Faillit-elle lui rétorquer, avant de se mordre la langue.
Mieux valait éviter qu'elle envenime encore plus les choses.
- Si tu avais des doutes tu aurais pu m'en parler avant de m'accuser sans preuves! Je n'ai rien fait de mal tu m'entends? Rien du tout.
- Je ne te crois pas. Peut-être que ce n'est pas la première fois après tout, et que tu couches en secret avec lui depuis des mois. Peut-être qu'en fait, tu fais la pute pour lui depuis je ne sais pas combien de temps, pour ne pas que ton père ait à payer un loyer qui devient de plus en plus élevé au fil des années ou qu'il ait le temps de rassembler l'argent. Allez avoue.
Lacey le regarda et se sentit suffoquée, ne le reconnaissant plus.
Ou peut-être avait-il toujours été ainsi, peut-être avait-elle seulement été trop aveugle pour le voir.
- Tu crois que… que monsieur Gold exigerait des faveurs sexuelles en échange de reports de payements du loyer ou pour ne pas payer du tout?
C'était n'importe quoi, monsieur Gold n'était pas une bonne personne, mais elle n'avait jamais entendu de rumeurs comme quoi il exigeait ce genre de service, et tous les griefs qu'on lui reprochait n'avaient rien à voir avec ça.
- Pourquoi pas? Ça expliquerait bien des choses.
Elle sentit la nausée l'envahir.
Il était censé l'aimer, et pourtant, il ne lui faisait même pas confiance.
- Tu es ridicule. Je te le répète, je suis innocente. Je n'ai jamais couché avec monsieur Gold, jamais il ne m'a proposé un marché pareil, et si ça avait été le cas, j'aurais dit non. Arrête d'agir comme un imbécile, veux-tu?
Ce fut à ce moment-là qu'il la gifla.
Ce qui lui fit presque le plus mal, en un sens, ce fut le geste lui-même, plus que la douleur.
- Espèce de salope! Éructa-t-il. Arrête de me dire ce que je dois faire, arrête de me mentir, c'est bien compris? Dis-moi la vérité, tu couches avec lui, hein? C'était pour ça que tu étais chez lui, dans sa boutique, pour convenir d'un prochain rendez-vous?»
Le cœur brisé, Lacey posa sa main sur sa joue cuisante de douleur, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas ou ne plutôt ne cauchemardait pas, que c'était vraiment arrivé.
Mon Dieu…
Comment avaient-ils bien pu en arriver là?
Il ne sembla pas regretter son geste un seul instant, continuant de lui hurler dessus, l'insultant, la menaçant, et elle resta figée, dans un état second, pendant plusieurs secondes, ne l'écoutant même plus, réalisant à peine ce qui était en train de lui arriver.
Puis, encore sous le choc et malgré la stupeur, elle se leva, fonça vers la sortie, ouvrit la porte et s'extirpa de l'appartement à toute vitesse, fuyant de lui le plus loin possible, ne s'arrêtant de courir qu'une fois sûre d'être hors d'atteinte, loin de lui, certaine qu'il ne pourrait plus lui faire le moindre mal.
Ce ne fut que là qu'elle s'écroula enfin et s'autorisa à pleurer.
§§§§
Il l'avait frappée.
Lacey aurait aimé que ce ne soit jamais arrivé, qu'il se soit contenté des mots, avant de réaliser que la façon dont il lui avait parlé n'était pas normale ou correcte, que même s'il avait eu des soupçons, il n'aurait jamais dû agir ainsi.
Il n'avait pas le droit de lui parler de cette manière, et encore moins de la frapper, c'était mal.
Ce n'était qu'une gifle.
C'était ce que d'autres personnes lui auraient sans doute dit, c'est vrai, mais il l'avait frappée, et il n'était pas ce qu'on pouvait appeler un petit-ami modèle mais il n'avait jamais été violent jusque-là.
Aujourd'hui, elle avait vu une autre facette de lui, sans doute son vrai visage, et le retour à la réalité avait été au moins aussi violent que la gifle qu'il lui avait assénée.
Il n'avait eu aucun regret apparent, ne s'était même pas excusé, et même si ça avait été le cas, même s'il l'avait fait, ça n'aurait rien changé à ce qu'il avait fait, et sa mère lui avait toujours dit de partir dès les premiers coups si jamais une chose pareille se produisait, parce que quand on aimait quelqu'un, on ne le frappait pas, parce que son père l'avait élevée pour qu'elle ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Elle allait suivre leurs conseils.
Elle se releva, et heureusement, songea-t-elle, elle ne vivait pas avec lui, elle ne dépendait pas de lui financièrement et n'avait aucune attache vis-à-vis de lui, contrairement à d'autres personnes dans son cas, ou dans des situations bien pires que la sienne, elle pouvait fuir, partir, elle avait le choix.
Elle envisagea de rentrer chez elle, avant de se raviser, Keith tenterait peut-être de venir la voir, et elle s'y refusait, elle avait besoin de parler à quelqu'un, une amie, quelqu'un d'autre que son père, elle voulait se réfugier dans un endroit que le shérif ne connaissait pas, et elle ne mit pas très longtemps à trouver qui appeler.
Sortant son téléphone, elle contacta Ruby, priant pour que celle-ci décroche rapidement, pour que son service soit fini, ou qu'elle soit en pause.
«Allô, Ruby? Demanda-t-elle, tentant de ravaler les sanglots qui menaçaient de l'étouffer. Est-ce que je pourrais venir chez toi s'il te plaît? C'est une situation d'urgence.»
Quand la serveuse lui répondit oui sans la moindre hésitation quelques secondes après, elle sentit le soulagement l'envahir, ainsi qu'une immense tristesse.
Si elle avait aussi tellement de facilité à vouloir couper les ponts avec Keith, peut-être cela voulait-il dire qu'elle ne l'avait jamais vraiment aimé, ou pas autant qu'elle l'aurait cru.
A suivre…
Notes:
Titre du 26/01/2025 : Nouvelle mission
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 66 : Le Ténébreux
Killian & Graham (Once Upon a Time)
Baiser 906 : Un baiser donné dans un monde qui n'est pas celui de naissance du perso
Défi des adultes 569 : Écrivez une scène de violences conjugales
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Trente septième défi extrême : Terminer 5 défis en une fanfiction et écrire 5 000 mots
Quatre aspects de… films Disney (Partie 2) : Animaux : Écrire sur un perso qui vit entouré d'animaux ou sur un animal anthropomorphe
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
15 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, duos improbables, le défi des baisers, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, défis de l'extrême, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 158: Un autre chemin qui s'ouvre là où l'on ne l'attend pas.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Ruby ne savait pas pourquoi Lacey avait besoin de se réfugier chez elle, peut-être s'était-elle disputée avec son père, mais quand elle vit son visage bouleversé, elle sut qu'il s'agissait d'autre chose, quelque chose de bien plus grave.
Il faisait nuit, aussi, elle ne vit clairement l'état de la joue de son amie que lorsque celle-ci entra dans son appartement et qu'elle la vit en pleine lumière.
«Lacey? Qu'est-ce qu'il s'est passé?
La brune se mit à trembler, et à deux doigts de pleurer à nouveau, elle lui avoua la vérité.
- Keith m'a frappée. Il m'a giflée.
L'horreur se dessina aussitôt sur le visage de son amie.
- Oh, ma pauvre, murmura-t-elle avant d'aussitôt la serrer dans ses bras, je suis tellement désolée.
En entendant ces simples mots, Lacey éclata finalement en sanglots, des larmes de soulagement autant que de tristesse, parce que pour la première fois depuis qu'elle avait quitté l'appartement de son (ex) petit-ami, elle se sentait enfin pleinement en sécurité.
Ce ne fut qu'après l'avoir invitée à s'asseoir et lui avoir offert un verre d'eau que Ruby osa enfin lui poser des questions.
- Qu'est-ce qu'il lui a pris enfin? Pourquoi est-ce qu'il t'a fait ça?
Lacey lui raconta, et au fil de son récit, le visage de son amie s'assombrit de plus en plus.
- Je vois. Je… je ne l'ai jamais vraiment porté dans mon cœur ou beaucoup apprécié, et je n'ai jamais véritablement compris ce que tu lui trouvais, mais… Jamais je n'aurais cru qu'il puisse aller jusqu'à te frapper. Ce n'était jamais arrivé avant? Voulut-elle s'assurer, inquiète.
Lacey secoua la tête.
- Non. C'était la première fois.
Ruby soupira de soulagement.
- Bien. Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant?
- Le sortir de ma vie, lui répondit-elle d'une voix emplie de certitude, et la serveuse fut également soulagée de la voir aussi déterminée et sûre d'elle. Il… il m'a frappée, il m'a insultée, il m'a traitée comme une moins que rien, je ne veux plus jamais le voir de ma vie.
- Tu penses qu'il va essayer de te chercher?
- Je ne sais pas. Il croit que je l'ai trompé, il n'a pas voulu écouter mes explications ou me croire, et si je n'étais pas partie, je ne… je ne sais pas ce qu'il se serait passé. Ce qu'il aurait fait.
Elle n'avait même pas envie de l'imaginer, les images qui lui venaient en tête en y pensant étaient assez terrifiantes comme ça.
- Je vais me contenter de faire profil bas pendant quelques jours et après ça devrait aller mieux. J'espère.
- Tu peux rester ici si tu veux.
Lacey la regarda avec surprise.
- Vraiment?
Elle espérait pouvoir le faire, mais n'avait pas vraiment envie de s'imposer.
Ruby lui sourit.
- Bien sûr, il y a assez de place pour deux ici. Si tu penses que chez toi, ça craint trop pour le moment, tu peux t'installer dans mon appart. Si tu as peur de Keith, je peux t'héberger pour une durée indéterminée.
- Merci. Je vais envoyer un message à mon père, lui dire que je dors chez toi cette nuit, et que je lui expliquerai tout demain. Une fois cela fait elle lança un regard terrifié à Ruby. Je crois que je ne m'étais jamais sentie aussi impuissante de toute ma vie. J'étais là, face à lui, et je n'ai même pas pu me défendre, tout ce que j'ai réussi à faire, c'est… c'est fuir.
- Tu étais sous le choc, c'est bien normal, on n'est jamais prête à réagir dans ce genre de situation, la rassura Ruby.
- Je sais, mais… Je ne sais pas me battre. Je n'aurais pas pu riposter, lutter, si je n'avais pas eu le temps de m'enfuir, ou si la porte avait été fermée à clef, je… Ruby, je me suis sentie faible et je… je ne veux plus jamais ressentir ça de toute ma vie. Je veux être capable de l'affronter, lui ou un autre, si dans le futur j'y suis obligée.
Ruby resta songeuse pendant quelques minutes.
- Tu vois qui est Piper? Elle vient souvent au Granny's pour boire ou pour manger quelque chose. Très sympa, très mignonne, elle parle pas beaucoup. Je l'aime bien.
Lacey fronça les sourcils.
- Je crois, oui. Pourquoi?
- Je pourrais te présenter à elle, elle sait bien se battre, elle est spécialisée dans plusieurs sports de combat je crois. C'est même elle la cheffe de l'équipe d'escrime de Storybrooke.
- Storybrooke a une équipe d'escrime? Lui lança Lacey, incrédule.
- C'est elle qui me l'a appris en fait. Mais bon, comme tu le sais, c'est une petite ville, les compétitions sportives ne sont pas vraiment fréquentes, donc elle a peu d'occupations. Elle pourrait t'aider, genre en te donnant des cours d'auto-défense, je suis sûre qu'elle dira oui.
- Oh, c'est… c'est une bonne idée. Merci.
- Ça m'arrive oui, de temps en temps.
En voyant Lacey rire, voyant qu'elle s'était calmée, Ruby se sentit mieux.
- Ça va aller?
- Je crois, oui. J'espère.»
Sans doute parce qu'elle savait que Ruby était non loin d'elle, qu'elle était en sécurité, qu'elle n'avait rien à craindre, Lacey ne fit pas un seul cauchemar de la nuit et dormit paisiblement.
§§§§
Le lendemain.
«Lacey, est-ce que tout va bien?
- J'ai quitté Keith, rétorqua-t-elle aussitôt à son père, venu lui rendre visite au Granny's pendant qu'elle était en pause.
La jeune femme n'était pas vraiment très tranquille, avait craint que le shérif ne vienne sur son lieu de travail pour la voir et faire un scandale mais par chance, ce n'était pas arrivé.
Pourtant, elle avait toujours la peur au ventre, parce que soit son ex considérait que c'était terminé entre eux, soit il avait l'intention de frapper plus tard.
Il fronça les sourcils, ne semblant pourtant pas plus surpris que ça.
- Pourquoi?
- Il m'a frappée. Il croit que je couche avec monsieur Gold, que c'est pour ça qu'il m'a accordé un délai.
Son père blêmit.
- Pardon?
Elle lui raconta tout et il serra les poings, horrifié et en colère.
- Je vais aller lui casser la gueule, lui promit-il aussitôt.
Lacey soupira, s'attendant à ce genre de réaction.
- Papa, non. S'il te plaît.
- Lacey, il t'a frappée. Il a levé la main sur toi!
- Je sais. Tout comme je sais que tu ne ferais qu'empirer les choses en agissant ainsi. Je vais juste attendre que ça se tasse et tout ira bien.
- Tu devrais aller porter plainte.
Sa fille lui offrit un sourire désabusé.
- Papa, aurais-tu oublié où il travaille? Quel poste il a? À quel point il est influent et puissant alors que moi je ne suis qu'une serveuse et une bibliothécaire ratée?
La fureur illumina les yeux de Moe French.
- Ça ne devrait pas suffire à lui permettre de s'en tirer sans conséquences! Ça ne devrait pas lui permettre une impunité totale, quoi qu'il fasse!
- Je le sais bien papa, crois-moi. Et je sais aussi qu'Emma et Graham me croiraient, prendraient ma déposition, me soutiendraient, mais… à quoi bon? Même si on allait jusqu'au procès, et j'en doute fortement, ce serait parole contre parole. Et il gagnerait. Parce que le maire Spencer fera tout pour le couvrir, pour qu'il s'en sorte, pour me discréditer, il engagera le meilleur avocat de la ville, alors que nous, on a déjà du mal à payer notre loyer en temps et en heure! Et n'oublie pas qu'il est aussi procureur, il fera tout pour le favoriser, même s'il prétendra le contraire. Et après tout, ajouta-t-elle avec cynisme, ce n'était qu'une simple gifle.
Une profonde tristesse anima alors le visage du fleuriste.
- Ce n'est pas juste.
- Non en effet papa, soupira sa fille, ça ne l'est pas.
Moe serra sa fille dans ses bras, avant de soupirer.
- Sois prudente d'accord?
- Promis, souffla-t-elle, réalisant avec émotion qu'elle n'était pas seule.»
Elle était entourée des gens qu'elle aimait, elle saurait s'en sortir.
Et qu'importe ce que ferait Keith dans le futur, il ne pourrait jamais réussir à la briser.
Elle serait plus forte que lui.
§§§§
«Hey, salut!
Piper sursauta aussitôt et ne put s'empêcher de rougir en réalisant que c'était Ruby qui venait de lui parler, et pas pour prendre sa commande puisqu'elle était déjà en train de boire un thé glacé.
- Oh, salut Ruby, lui répondit-elle en tentant d'être la plus assurée possible.
- J'aimerais discuter d'un sujet avec toi, quelque chose de personnel, ça concerne mon amie Lacey, ça ne te dérange pas si on s'installe?
Le restaurant était vide, et Ruby savait qu'à la seconde où un nouveau client entrerait, elle devrait se lever et retourner travailler, mais Granny leur avait accordé quelques minutes, à elle et à Lacey, tant que personne d'autre ne commandait quoi que ce soit.
- Bien sûr, répondit la jeune femme, ayant du mal à comprendre pourquoi elles étaient là.
- J'aimerais prendre des cours d'auto-défense, Ruby m'a dit que c'était dans tes cordes, est-ce que tu serais d'accord? Je paierai les leçons, bien sûr.
Piper cligna des yeux, stupéfaite, ne s'y attendant clairement pas.
- Oh… Je suppose que oui, enfin, c'est vrai qu'en ce moment je ne croule pas sous les offres d'emploi, en dehors des entraînements de l'équipe qui sont bien rares, alors j'ai du temps libre. Je crois que ça me plairait bien, dit-elle en souriant.
- Parfait alors.»
Puis un client entra, et les deux femmes se levèrent, et ce ne fut qu'au bout de la journée, après de longues heures de travail, que Lacey réalisa ce qui l'avait frappée lors de sa rencontre avec Piper.
Le fait qu'elle en pinçait clairement pour Ruby, que la serveuse ne l'ait toujours pas remarqué était un vrai mystère, et quant à Ruby elle-même…
Hé bien au vu des regards qu'elle avait échangé avec la cliente, ses sourires, ses rires et le fait qu'elle avait longuement discuté avec elle avant qu'elle ne parte, c'était peut-être le cas pour elle aussi.
Lacey sourit, bien décidée à trouver le fin mot de l'histoire et à tenter de les rapprocher si jamais elle avait eu raison.
Elle-même ne serait très probablement pas heureuse en amour, mais elle ferait en sorte que sa meilleure amie et Piper puissent l'être.
§§§§
Lundi 10 septembre 2012.
Quand l'un des défunts résidant aux Enfers avança dans sa direction, Zelena s'attendait à tout sauf à ce qu'il ait l'intention de lui parler.
Pourtant, le vieil homme la regarda avec un air hésitant, avant de lui demander:
«Excusez-moi… êtes-vous bien la femme qu'on nomme Zelena? La…
Il se tut, ne sachant pas exactement comment la qualifier, et elle sourit, amusée.
- Oui, c'est bien moi. Je suis l'anomalie.
- Vous êtes la femme qui vient de la surface, poursuivit-il, de l'étonnement dans la voix, comme s'il ne parvenait pas à comprendre ce qu'elle faisait ici puisqu'elle était toujours vivante, pourquoi elle était venue de son plein gré, ne semblant pas être prisonnière du maître des lieux.
Elle-même non plus ne savait pas pourquoi elle était venue, pourquoi elle avait pris ce risque, mais désormais, elle n'avait plus envie de partir.
- En effet. Qu'y-a-t-il?
Elle espérait qu'il ne voulait pas lui demander d'intervenir auprès d'Hadès pour qu'il améliore leurs sorts et leurs conditions de vie, ou plutôt de mort dans l'après-vie, elle n'était pas là pour ça.
- Je voulais… Je souhaitais vous dire merci.
C'était curieux, songea-t-il en l'observant de plus près, comme elle lui semblait familière alors qu'il était certain de ne jamais l'avoir vue de sa vie, elle lui rappelait la petite fille rousse ramenée brièvement par Cora, mais surtout…
Surtout, elle était le portrait craché de sa défunte femme.
La sorcière le regarda avec un air stupéfait.
- Merci? Mais pourquoi?
- Parce que depuis votre arrivée, tout a changé aux Enfers, en mieux, parce que tout n'était que tristesse et désespoir ici, parce qu'il n'y avait pas d'espoir pour qui que ce soit et je ne sais pas qui vous êtes ni pourquoi vous êtes là, mais… merci. Infiniment. Grâce à vous, le seigneur Hadès ne semble plus aussi en colère qu'avant, et cela se ressent sur son royaume, et même si je souhaite un jour pouvoir quitter ce lieu, cela me réchauffe le cœur de savoir que les prochains qui mourront et atterriront ici seront dans un royaume bien plus accueillant, et ce parce que vous êtes là.
Elle-même s'en était rendue compte depuis qu'elle était arrivée, des fleurs poussaient désormais, dans ce sol autrefois si mort et stérile, signe de l'espoir qu'entretenaient à la fois le maître des lieux et ses sujets depuis qu'elle était là.
Oh.
On l'avait si rarement remerciée pour avoir fait quelque chose de bien au cours de sa vie qu'elle n'avait aucun idée de comment réagir.
- Je… je n'ai rien fait de spécial.
Ou peut-être que si.
Peut-être que le simple fait d'avoir accepté de faire confiance à celui qu'elle avait autrefois repoussé, que lui avoir ouvert son cœur, avait été suffisant pour changer les choses.
Il sourit.
- Je n'en suis pas si sûr.
Le regardant plus attentivement, elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils, parce qu'il lui semblait familier, son visage lui disait quelque chose, mais elle ne savait plus exactement où elle avait pu le voir.
- Qui êtes-vous?
- Je me nomme Henry.
Henry.
Où avait-elle déjà entendu ce prénom, où est-ce que…
C'était le prénom du fils de Regina, se souvint-elle.
Ça ne pouvait pas être une connaissance, et aussi…
Comment s'appelait l'homme que Cora avait épousé après le désastre de son projet de mariage avec le roi Léopold, à quoi ressemblait-il, était-ce là qu'elle l'avait vu, dans les souvenirs de la vie de sa mère?
- Vous… bredouilla-t-elle d'une voix peu assurée. Vous étiez marié?
Il la regarda avec un air étonné.
- Oui, en effet. J'étais le mari de la princesse Cora.
La rousse blêmit instantanément et serra les poings, et vraiment, quelles étaient les chances qu'elle croise le chemin du père de celle dont elle avait juré de se venger?
- Vous êtes le père de Regina.
Croyant sans doute qu'elle avait été une des victimes de la méchante reine, le visage du prince s'assombrit.
- C'est exact, est-ce qu'elle…
Elle ne le laissa même pas finir.
- Je suis sa fille, avoua-t-elle alors d'une voix blanche, emplie de rancœur et d'amertume. Je suis la fille de Cora.
Il se figea, stupéfait.
- Quoi?
- Je suis née avant votre mariage, quand elle n'était encore que la fille du meunier. Demandez le lui si vous ne me croyez pas.
Il ne le ferait pas.
D'abord parce qu'il avait bien l'intention de ne plus jamais reparler à Cora de tout le reste de leurs non-existences, ensuite parce qu'il ne pouvait pas remettre sa parole en doute.
Elle ressemblait bien trop à Cora, et personne d'un tant soit peu sain d'esprit et connaissant l'ancienne reine de cœur n'aurait eu envie de prétendre être sa fille.
- Que vous est-il arrivé?
- Elle m'a abandonnée, lâcha-t-elle, les larmes aux yeux, le regard brûlant de fureur et de haine, et oh, comme il aurait voulu la serrer dans ses bras et la réconforter, lui qui n'avait pas pu agir en père depuis que Regina l'avait tué en lui écrasant le cœur alors qu'il n'avait jamais rien fait d'autre que d'être à ses côtés et de la soutenir.
- Je suis navré.
- Est-ce qu'elle vous a parlé de moi?
Il soupira avant de secouer la tête.
- Non. Jamais. J'aurais aimé qu'elle le fasse.
Elle le regarda d'un œil sceptique.
- Oh vraiment?
- Oui. Fille illégitime ou non, parce que je suppose que vous l'étiez, sinon elle ne vous aurait sûrement pas abandonnée, j'aurais voulu connaître votre existence. Si elle m'avait tout avoué, j'aurais souhaité que vous soyez élevée aux côtés de Regina, elle qui rêvait d'avoir une sœur ou une amie, qui se sentait si seule.
Zelena aurait aimé ne pas ressentir de tristesse pour cette demie-sœur qu'elle avait passé ces dernières années à haïr parce qu'elle avait eu tout ce à quoi elle n'avait jamais eu droit, mais elle en fut incapable.
Le pire là dedans c'était qu'il était sincère, elle en avait la certitude, mais ce n'était jamais arrivé parce que sa mère…
Peut-être avait-elle eu tort au bout du compte.
Peut-être que tout comme Regina avec Blanche-Neige, elle avait reporté sa haine sur la mauvaise personne, que dans un cas comme dans l'autre, tout n'avait toujours été que de la faute de leur mère.
- J'aurais aimé avoir un père comme vous au lieu de celui que j'ai eu.
- J'aurais aimé avoir une autre fille, une autre enfant à chérir, une compagne de jeu pour ma petite Regina, peut-être n'aurait-elle pas été aussi seule face à l'influence de sa mère, parce que même si j'ai fait de mon mieux pour la protéger, ça n'a jamais été suffisant. Je pensais que la petite fille qu'elle avait ramené de je ne sais où pour qu'elle soigne Regina resterait, mais elle a disparu peu après. C'est amusant d'ailleurs, vous lui ressemblez étrangement.
Pendant quelques secondes, Zelena oublia comment respirer.
- Comment ça?
Est-ce que c'était vrai alors?
Est-ce que ce que Regina avait dit à propos de leur rencontre quand elles étaient enfants, leurs souvenirs modifiés par Cora, est-ce que c'était arrivé?
Avec n'importe qui d'autre, dans un autre endroit, elle aurait cru que Regina ou Rumplestiltskin avaient envoyé quelqu'un pour la convaincre, mais si elle se souvenait bien, la brune avait tué son père pour lancer le Sort noir, et Henry n'avait pas été en contact avec sa fille depuis lors.
- Quand Regina était enfant, elle s'est blessée et a eu besoin de soins, sa mère ne pouvait rien faire, alors elle a ramené une enfant qui faisait de la magie, et elle l'a sauvée. Je n'ai jamais su qui était cette petite fille, je ne me souviens même pas de son nom. Mais elle était rousse elle aussi.
Alors ce n'était pas un mensonge, réalisa-t-elle soudainement, le cœur brisé.
Sa mère l'avait abandonnée par deux fois, avait refusé de lui tendre la main, avait laissé son père cruel l'élever sans se soucier d'elle, alors qu'elle aurait pu l'aider, la sauver, s'occuper d'elle, mais elle n'en avait rien fait.
Elle avait brisé la seule relation qu'elle et Regina auraient pu avoir, non pas fondée sur la haine mais sur l'amour, et elle ne savait pas où était sa mère en ce moment, mais elle espérait qu'elle souffrait le martyr, pour l'éternité.
La fille de Cora ferma les yeux et cessa enfin de retenir ses larmes.
- Que vous arrive-t-il? Lui demanda alors le prince Henry, soucieux.
Elle ouvrit alors les yeux et il y lut toute la tristesse du monde.
- Cette enfant… hoqueta-t-elle, le corps secoué par les sanglots. Cette enfant, je crois que c'était moi.
Lorsque Henry l'attira contre lui pour la serrer dans ses bras, elle ne résista même pas, se contentant de pleurer sur ce qu'elle avait perdu, sur l'enfance que sa mère lui avait volée, sur ce qui aurait pu être et ne serait jamais, sur tout ce dont on les avait privées, elle et celle qu'elle aurait dû appeler sa sœur et pas son ennemie.
Une fois qu'elle eut cessé de pleurer, le prince la regarda avec étonnement.
- Quand vous dites que vous croyez que c'est vous… Que voulez-vous dire?
- Je ne m'en souviens pas, si jamais c'est vraiment le cas. J'ai… De ce que je sais, ma mémoire a été effacée et je ne voulais pas y croire avant mais avec ce que vous me dites… Je pense que c'est vrai. Qu'elle l'a vraiment fait.
L'air sombre du prince fut suffisant pour qu'elle sache que c'était la vérité.
- J'ignore si c'est ce qui s'est produit, mais, la connaissant… Cela ne m'étonnerait pas d'elle.
Il la regarda avec un air bienveillant, l'invitant à s'asseoir à côté de lui.
- Puisque vous ne vous souvenez pas d'elle, et que Cora… Cora vous en a empêchées de vous connaître, est-ce que… est-ce que vous voudriez que je vous parle de Regina?
Zelena le regarda, interloquée.
Venant de n'importe qui d'autre, quelqu'un connaissant sa haine vis-à-vis de sa demie-sœur, cette question aurait été insultante, mais il ne savait rien, il voulait juste aider, et puis de toute façon…
Autant en apprendre plus sur elle, et savoir si sa haine était vraiment fondée, maintenant qu'elle n'était plus réellement sûre de la détester, encore moins de le vouloir.
Elle s'assit sur le banc non loin de lui.
- Je… je crois que j'aimerais beaucoup ça, lui dit-elle en séchant ses larmes et en tentant de lui sourire.»
Sa vengeance lui semblait si dérisoire désormais.
Tout ce qui importait maintenant, c'était de récupérer ses souvenirs perdus, découvrir la vérité.
Et peut-être qu'ainsi, la prochaine fois qu'elle verrait sa demie-sœur, elle n'aurait plus envie de détruire son existence.
§§§§
Si la méchante sorcière de l'ouest avait jamais ressenti le moindre amour pour la reine de cœur, ce n'était désormais plus le cas.
Et si elle avait haï Regina pour avoir été choisie par leur mère, ses sentiments étaient bien différents.
Oui, Regina avait été élevée par Cora, elle avait été sa princesse, celle qui avait tout eu, elle n'avait jamais manqué de rien, mais ça ne voulait pas dire qu'elle avait été heureuse pour autant.
Elle avait eu son père, un père qui l'aimait sincèrement, mais ça ne compensait pas le mal que leur mère lui avait fait, et maintenant, elle n'était plus aussi sûre de vouloir se retrouver à sa place.
Puis Henry lui avait parlé du mariage arrangé entre Léopold et Regina, celui qui aurait dû épouser leur mère, ce qui ne rendait les choses que pires encore, et toutes ses certitudes avaient été renversées, s'étaient écroulées tels des châteaux de carte.
«Elle aurait eu le pouvoir, protesta-t-elle faiblement pourtant, parce que même si Cora ne l'avait pas élevée, elle avait bien appris la leçon, que le pouvoir était la seule chose qui comptait.
Henry la regarda avec tristesse.
- Mais ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle voulait Daniel et une vie simple mais heureuse à ses côtés. Sa mère lui a enlevé tout ça, lui a volé ses rêves. Regina est devenue reine, oui. Mais elle y a perdu son innocence, puis tout ce qu'il avait de bon en elle, elle a laissé la haine et la vengeance la consumer. Je ne pense pas que ce soit un sort enviable.
Non, en effet.
Et si Zelena avait eu une vie miséreuse et grandement dépourvue d'amour, elle, elle avait été libre.
Alors que Regina, elle, avait toujours vécu dans une prison aux barreaux dorés.
Aurait-ce été son sort si elle avait été élevée par Cora et Léopold, une vie de privilèges mais sur laquelle elle n'aurait pas le moindre contrôle?
Est-ce que Cora l'aurait mieux aimée qu'elle n'avait aimé Regina ou bien est-ce que ça n'aurait fait aucune différence?
Soudainement, revenir dans le passé et tout changer ne lui semblait plus aussi attrayant qu'avant.
- Elle est venue me voir à Oz, vous savez. Regina.
Le vieil homme la regarda avec stupéfaction.
- Quoi?
- Elle a changé, je crois. Elle avait appris mon existence, grâce au Ténébreux, elle… elle voulait renouer avec moi, apprendre à me connaître, je pense… Je pense qu'elle avait abandonné sa vengeance, c'est ce qu'elle m'a dit. Elle a adopté un petit garçon aussi. Il s'appelle Henry.
Le regard du prince s'embua, empli d'émotions, et il sourit.
- Merci Zelena. Merci sincèrement de me l'avoir dit. Je ne sais pas ce que vous cherchez, ici, aux Enfers, mais j'espère que vous le trouverez.
Elle sourit.
- Je crois que je l'ai déjà trouvé. Et c'est grâce à vous. C'est plutôt à moi de vous remercier. Merci, prince Henry, je… je crois que je vais essayer d'arranger les choses avec Regina. Avant qu'il ne soit déjà trop tard.»
C'était la meilleure chose à faire, mais pourtant, une partie d'elle hésitait encore sur la manière dont elle allait agir dans le futur et soudain, elle sut.
Hadès…
Elle devait absolument parler à Hadès.
A suivre…
Notes:
Titre du 07/08/2025 : Un autre chemin qui s'ouvre là où l'on ne l'attend pas
Vierge : Zelena (OUAT)
15 juillet 1977 – Lana Parrilla
U - Underbrooke (Once Upon A Time)
Créature 38 : Sorcière
Zelena & Henry Sr (Once Upon a Time)
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Défis sauvetages 40 :Belle (OUAT)
Liste 56
1. Des fleurs
2. Un mariage arrangé
3. Une personne âgée
4. 700 mots minimum
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Richard « Sab Rider » Lancelot (Sab Rider): Chef d'équipe : Écrire sur Peter Quill (Gardien de la Galaxie) ou écrire sur le capitaine d'une équipe sportive
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
14 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, duos improbables, elles ont dit, Sarah & son cerveau, défis sauvetages, les contraintes, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 159: La vérité triomphera.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Henry n'avait vraiment pas menti à ce sujet.
Les Enfers n'étaient plus les mêmes depuis qu'elle était là, tout était différent, plus beau, plus vif, plus coloré aussi, du violet, de l'indigo, du bleu, du vert, du jaune, du rouge, du orange, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel y étaient, et ironiquement, le monde des morts semblait plus vivant que jamais.
Les gens souriaient plus qu'avant, la rousse pouvait le constater alors qu'elle croisait les âmes des morts alors qu'elle rebroussait chemin vers le palais du dieu, la sorcière aveugle cannibale qui tenait l'équivalent du Granny's à Underbrooke, ainsi que d'autres, tous semblaient bien moins maussades qu'auparavant.
Elle voyait même plus d'animaux, aussi, et elle ne savait pas si c'était des animaux vivants ou leurs fantômes, mais elle préféra ne pas se poser la question.
En voyant le château de l'immortel, elle ressentit bien de plus de soulagement qu'elle ne l'aurait cru, bien plus qu'à son arrivée dans son royaume, et elle réalisa alors brusquement qu'il lui manquait, même si elle ne l'avait pas vu que depuis quelques heures.
Elle avait vécu seule pendant si longtemps qu'elle avait fini par oublier ce que ça faisait, et elle comprit autre chose.
Elle comprit que désormais, elle ne pourrait plus jamais vivre sans lui.
Elle l'aimait, elle l'aimait vraiment, comme elle n'avait jamais aimé personne de sa vie, elle lui faisait confiance, malgré ses doutes, malgré ses multiples insécurités, et c'était une pensée à la fois agréable et oh, si terrifiante.
Il tenait son cœur entre ses mains, métaphoriquement heureusement, il pouvait le briser, la détruire en mille morceaux, et en s'en rendant compte, elle se figea, incertaine de ce qu'elle devait faire maintenant.
La dernière fois qu'elle avait vraiment fait confiance à quelqu'un, les choses ne s'étaient pas très bien terminées, sans doute en grande partie par sa propre faute, parce que…
Parce qu'elle n'avait pas réussi à suffisamment faire confiance aux autres sorcières d'Oz, parce qu'elle avait laissé le sentiment de jalousie qui la possédait depuis qu'elle avait appris l'existence de Regina l'empoisonner.
Elle avait fui à ce moment-là, les avait repoussées, avait embrassé sa jalousie et son désir de vengeance, ne se souciant de rien d'autre, faisant comme si c'était la seule chose importante, tout ce qui comptait dans sa vie, alors que c'était faux.
Avant, elle aurait fui loin du dieu des Enfers.
Mais elle n'était plus la même Zelena qu'elle était encore deux mois plus tôt, et il en était entièrement responsable.
La rousse repensa à ce que le père de Regina lui avait dit, sur sa fille qui s'était laissée consumer par la haine et le désespoir, qui s'était changée en monstre, et elle réalisa qu'elle ne voulait pas de cette destinée, de ce futur, qu'elle voulait mieux que ça, qu'elle voulait être heureuse, et…
Et Hadès était une des clefs pour y parvenir.
Hadès et ses souvenirs perdus.
Prenant une profonde inspiration, elle entra.
§§§§
L'immortel sourit aussitôt en la voyant, ravi qu'elle lui rende visite, et constatant immédiatement à quel point elle était fébrile, il la regarda avec inquiétude, avant de serrer ses mains dans les siennes.
Elle avait pleuré, réalisa-t-il avec indignation, et qui, qui avait bien pu oser faire couler ces larmes?
À la simple pensée qu'une des âmes de son royaume ait pu la faire souffrir pour une raison ou une autre, décidé à la faire payer si c'était le cas, il laissa sa colère éclater en enflammant sa chevelure, et en le voyant, Zelena faillit éclater de rire, parce qu'il voulait la protéger, sans savoir que rien de mal ne lui était arrivé.
Elle avait juste réalisé que sa mère était encore plus monstrueuse qu'elle ne le pensait.
«Est-ce que ça va? Qu'y-a-t-il?
Elle essaya de lui sourire.
- Je vais bien, le rassura-t-elle, je… j'ai parlé avec le père de Regina.
Il la regarda avec un air étonné.
- Oh. J'ignorais que tu l'avais rencontré.
- Pas de son vivant, et pas avant aujourd'hui. Nous avons discuté, beaucoup, de moi, de ma mère, de ma vie, de Regina, de son enfance, du fait que… qu'il se pourrait que ma demie-sœur ne m'ait pas menti. À propos de mes souvenirs perdus, de notre rencontre quand nous étions enfants et ma mère, elle… Elle m'a abandonnée une deuxième fois, parce que je ne comptais pas pour elle et c'est horrible à dire mais je suis heureuse qu'elle soit morte. Je suis heureuse que Regina l'ait tuée, j'aurais aimé le faire moi-même si j'en avais eu l'occasion.
Cette fois, à la surprise du dieu, ce fut elle qui le serra dans ses bras, à sa grande joie, et elle lui avait tant manquée ces dernières années quand elle n'était pas là, comme il était heureux qu'elle lui ait redonné une chance.
- Je suis désolé, murmura-t-il en passant une main dans ses cheveux. Oh Zelena je suis tellement désolé.
Elle fondit en larmes une fois de plus, et il se sentit satisfait d'avoir infligé à Cora la punition qu'elle méritait.
Il estimait même n'avoir pas réellement été assez sévère à son égard.
- Ça va aller, lui assura-t-elle en quittant la protection et la sécurité de ses bras, seulement… Ça change tout, tu comprends? Il existe une version de l'histoire où ma sœur et moi nous avons grandi ensemble, comme une famille et malheureusement… ce n'est pas celle dans laquelle nous vivons. Et je ne pourrai jamais réparer ça. Je pourrais probablement retourner dans le passé, mais non seulement je semble en être incapable, mais de plus… comment convaincre ma mère de m'accepter dans sa vie alors qu'elle m'en a chassée sans le moindre état d'âme? Et de toute façon, sachant ce qu'elle est, comment pourrais-je avoir envie d'être élevée par une femme pareille?
- Qu'est-ce que tu veux alors?
- Je ne sais pas! Je… je veux savoir la vérité, me souvenir, si jamais ma mère a vraiment modifié nos souvenirs pour que Regina et moi on ne se retrouve jamais, et je… Je crois que je veux retrouver Regina, lui donner une chance, nous donner une chance. Hadès, je suis fatiguée d'être seule au monde, je veux… Je veux ce que j'ai toujours voulu, une famille, et maintenant je pense qu'elle et moi… nous pourrions en être une. Si jamais je fais le deuxième pas. Elle a fait le premier en venant me voir. Je ne veux plus me venger et détruire sa vie ou prendre sa place. C'est fini. J'abandonne.
En voyant les yeux d'Hadès s'agrandir de stupeur en la regardant, elle fronça les sourcils, confuse.
- Quoi?
Il lui sourit avec un air amusé.
- Zelena, je pense que… je pense que tu devrais te regarder dans un miroir.
Elle sentit sa confusion s'accroître de plus belle.
- Pourquoi ça?
- Parce qu'il semblerait que tu ais plus changé que tu ne le pensais finalement.»
Elle ne comprit pas ce qu'il voulait dire par là, jusqu'à ce qu'elle voit la couleur de sa peau, et elle ne put retenir un hoquet de surprise.
Parce que sa peau n'était plus vert émeraude, non, elle avait repris sa couleur naturelle, et elle comprit aussitôt ce que cela signifiait.
Elle avait finalement réussi à surpasser sa jalousie envers Regina, elle l'avait fait disparaître, par elle-même, bien qu'avec de l'aide, sans magie, elle avait seulement fini par accepter d'arrêter de la jalouser, et elle sourit.
Elle avait eu raison.
Tout avait changé, tout était différent, et, en regardant Hadès droit dans les yeux, en songeant que tout ça, c'était aussi grâce à lui, elle faillit l'embrasser.
Mais elle se retint.
Elle n'était pas prête pour ça, pas encore.
Mais un jour, une fois ses craintes et ses doutes dissipés, elle y parviendrait, lui ferait confiance au point de ne plus avoir peur de le perdre si jamais elle lui donnait ce qu'il voulait, faisait repartir son cœur, lui permettait de retrouver ses pouvoirs.
(De se venger aussi, parce que contrairement à elle il n'avait pas fait la paix avec son adelphie personnelle, ce qui impliquerait qu'il se mette en danger face à un panthéon entier très probablement, mais elle tenta de ne pas y penser.)
Et ce jour-là, avec un peu de chance, si ça marchait, tout irait mieux pour eux.
Elle avait une autre certitude en revanche, quasiment inébranlable.
Elle avait bien fait de choisir de se rendre aux Enfers et de lui accorder sa confiance.
Sans cela, elle ne savait pas quel tournant sa vie aurait pris.
Et elle n'avait en toute honnêteté pas envie de le savoir.
§§§§
Mardi 2 octobre 2012.
En découvrant la salle de bal, Zelena comprit enfin ce qu'Hadès lui cachait depuis plusieurs jours.
Il semblait décidé à lui faire une surprise, même si elle ne savait pas vraiment pourquoi, et en voyant les décorations, les lumières, les fleurs, tout ce qui avait été installé pour elle, elle sourit.
La salle de bal du palais du dieu se trouvait toujours aux Enfers, et malgré les efforts du dieu, quelque chose de macabre et de triste s'en dégageait toujours, mais elle ne pouvait que saluer l'attention.
Et même si les lieux avaient été dépourvus de vie, de joie ou de lumière, elle n'en aurait rien eu à faire parce que ça serait venu de lui.
Tout ce qui venait de l'homme qu'elle aimait était à chérir comme un trésor.
«C'est… c'est magnifique, balbutia-t-elle alors qu'il lui souriait, l'air radieux.
- Ça te plaît?
- Évidemment! C'est en quel honneur, cette célébration?
- Cette fête est pour toi. En ton honneur, pour fêter ton arrivée ici. Cela va faire presque quatre mois après tout.
Zelena cligna des yeux, stupéfaite et émue.
Quatre mois…
Déjà?
- Oh. Tu… tu n'aurais pas dû, bredouilla-t-elle, et il secoua la tête pour la contredire.
- Bien sûr que si. Tu mérites d'avoir tout ce qu'il y a de beau en ce monde, et puisque tu n'as jamais pu assister à un bal, je me suis dit que… que ce serait une bonne chose si je t'en offrais un. Ton bal. À toi toute seule. Même si ce n'est pas la même chose que dans…
- C'est parfait, le coupa-t-elle, et elle était sincère.
Il lui fit un baisemain et s'inclina devant elle.
- Ma dame, voudriez-vous m'accorder cette danse?»
Elle éclata de rire et prit sa main dans la sienne avant de commencer à voltiger avec lui sur la piste de danse.
Elle n'aurait voulu être ailleurs pour rien au monde.
§§§§
«Qu'est-ce qu'il se passera après? L'interrogea Zelena pendant qu'ils dansaient.
- Que veux-tu dire?
- Si tu retrouves tes pouvoirs, après… que feras-tu?
- J'inverserai les effets de l'eau du fleuve Léthé s'il s'avère que tu y as réellement été exposée pendant ton enfance. Et je t'accompagnerai à Storybrooke, si tu veux toujours que je te suive, même si ce n'est pas pour te venger.
- Ce n'est pas de ça que je te parle, soupira la rousse d'une voix brisée.
Il la regarda avec inquiétude.
- Quoi donc alors?
- Ta vengeance contre ton frère Zeus. As-tu toujours l'intention de la mener à bien?
Il n'y avait ni accusation ni reproche dans sa voix, juste une interrogation.
Elle y avait pensé de nombreuses fois au cours des dernières semaines, sans jamais oser lui en parler, craignant d'être abandonnée une fois de plus, qu'il choisisse sa vengeance plutôt qu'elle, même si elle savait que c'était une hypothèse très probable.
Après tout, contrairement à elle, il rêvait de se venger depuis des milliers d'années, sa vengeance remontait à bien moins loin en comparaison.
Il soupira.
- Je n'en sais rien, avoua-t-il avec sincérité. Avant, je t'aurais dit oui, sans hésitation, parce que je pensais que je voulais le pouvoir, que c'était ce qui importait le plus, et j'étais seul alors, mais… depuis que tu es là, tout a changé. Tu n'es pas la seule à avoir changé Zelena et je… Tu es suffisante. Tu es tout ce dont j'ai besoin.
- Tu es sûr?
Il prit sa main et la posa sur sa poitrine, sur ce cœur qui ne battait plus depuis si longtemps qu'il doutait parfois qu'il l'ait jamais fait.
- Tu es la seule chose qui ait réussi à me rappeler que ma cage thoracique n'était pas vide, la seule personne qui me fasse éprouver quoi que ce soit, autre chose que de la haine, tu… Je t'aime Zelena, et tu es tout ce qui m'importe. Si tu me le demandais, je serais prêt à tout abandonner pour toi, mes pouvoirs, mon immortalité, ma divinité, mon royaume et ma vengeance. Je te le promets.»
Voilà.
Elle l'avait enfin son moment, sa certitude, et tous ses doutes s'envolèrent en un instant et elle sut.
Elle l'aimait, il l'aimait, et elle ne le perdrait pas, elle lui faisait confiance, tout irait bien, elle en était sûre pour la toute première fois de sa vie.
Quand elle l'embrassa enfin et qu'une vague de magie les traversa, Zelena se sentit plus que jamais à sa place.
§§§§
Son cœur battait si vite.
Sa main était toujours posée contre le torse du dieu, et même s'il ne lui avait pas souri ainsi, elle aurait su qu'il était heureux, extatique, et elle avait réussi.
Il avait eu raison, depuis le début, ce qu'ils partageaient relevait bel et bien du véritable amour.
Elle aurait aimé le croire plus tôt, ainsi ils n'auraient pas perdu autant de temps.
«Tu as réussi, murmura-t-il, tu as rompu le sort. Tu m'as délivré, de plus de façons que tu ne crois mon amour. Je t'aime.
- Je t'aime aussi Hadès.»
Elle l'embrassa une fois de plus, puis encore et encore, comme si elle ne pouvait plus s'arrêter et lui non plus, et durant les heures suivantes, ils ne cessèrent de rire, de s'embrasser et de danser, plus heureux que jamais.
§§§§
«Tu as peur, réalisa aussitôt Hadès, et elle ne put pas le contredire.
- Bien sûr que j'ai peur, lui rétorqua la méchante sorcière de l'ouest. Et si ça ne marchait pas? Et si c'était faux? Et si c'était vrai? Je ne sais pas comment je réagirai quelle que soit la réponse.
- Je serai là pour toi, ne t'en fais pas, tu pourras pleurer ou hurler, je serai à tes côtés.
C'était bien la seule chose qui la réconfortait dans cette situation.
Quand il posa ses mains sur ses tempes, prêt à utiliser la magie pour lui rendre la mémoire, elle essaya de rester calme.
Il allait juste débloquer ses souvenirs perdus, ce n'était rien, c'était…
C'était abominable.
Alors que, telle une victime d'une malédiction venant tout juste d'être brisée, elle sentait un flot de souvenirs l'envahir, reprenant la place qu'ils n'auraient jamais dû quitter, elle hurla à plein poumons.
Parce que, parce que, parce que…
Parce que c'était vrai.
Parce qu'autrefois, quand elles étaient enfants, elle et Regina s'étaient rencontrées, s'étaient tout de suite appréciées, s'étaient reconnues sœurs sans même le savoir, puis l'avaient appris, et Cora…
Cora avait tout gâché, comme d'habitude, et en un sens, ce n'était pas ça le pire.
Non, ce qui était le plus douloureux, ce ne fut pas de savoir que Cora l'avait abandonnée une fois de plus.
Le plus dur, ce fut de ressentir de l'amour, de l'affection et de la tendresse pour cette sœur qu'elle avait toujours haïe et jalousée, dès l'instant où elle avait su qui elle était.
Elle s'écroula et se mit à pleurer, sentant à peine les bras d'Hadès autour d'elle, entendant sa voix inquiète mais ne pouvant pas lui répondre, parce que son cœur était brisé et qu'au bout du compte, bien malgré elle, Regina n'avait jamais tenu sa promesse.
Elle ne l'avait jamais retrouvée.
Ce serait à elle de le faire.
«Je… sanglota-t-elle. Je veux… je veux retrouver ma sœur. Je veux que tout s'arrange. Même si tout a été brisé.»
Elle enfouit sa tête dans le cou du dieu et celui-ci la laissa pleurer.
Tout en se disant que rendre une petite visite à cette chère Cora était devenu une nécessité.
§§§§
Reformer le cristal olympien avait été si facile.
L'utiliser pour tuer Zeus le serait peut-être tout autant, et pourtant, il n'en avait plus vraiment envie.
Ce qu'il avait dit à Zelena n'était pas un mensonge, sa vengeance, le pouvoir, tout cela ne comptait plus autant qu'avant, pas autant qu'elle, et il avait bien conscience des risques s'il s'en prenait au roi des Dieux.
Il aurait sûrement un panthéon entier à affronter, sa propre famille, et s'il ne s'en faisait pas pour lui-même, il y avait Zelena à prendre en compte désormais.
Peut-être ne pourrait-il pas la protéger si jamais ils décidaient de l'utiliser contre lui, et il frémit à la simple idée de la perdre.
Ça n'en valait pas la peine, et il fit son choix en seulement quelques secondes, reposant le cristal olympien à sa place.
Il ferait tout pour être heureux avec elle à la place.
Ce serait la plus douce des vengeances contre son frère.
§§§§
«Tu es sûre que tu ne veux pas que je vienne?
Elle lui sourit avec assurance.
- Pas tout de suite, pas dès le début, je viens en paix, ce n'est pas pour leur faire peur en amenant un dieu avec moi. Ne t'en fais pas, si je ne suis pas hostile, tout se passera bien. Et je pourrai fuir grâce à elles s'il y a un problème, ajouta-t-elle en pointant les souliers d'argent du doigt. Je reviens tout de suite.
Tout de même, il n'était pas tranquille.
Fermant les yeux, pensant à la destination où elle voulait aller, Storybrooke, elle claqua trois fois des talons, s'attendant à disparaître des Enfers pour surgir dans le monde sans magie dans la seule ville pourvue de magie, surprise, et…
Et rien du tout.
Rien ne se passa.
Zelena ne bougea pas d'un centimètre, resta sur place, et les souliers qu'elle portait aux pieds ne l'emmenèrent nulle part.
Elle rouvrit les yeux, constata qu'elle était toujours aux Enfers et fronça les sourcils, perdue.
- Qu'est-ce… marmonna-t-elle, confuse.
- Peut-être qu'ils ne fonctionnent pas aux Enfers? Lui proposa le dieu, tout aussi étonné qu'elle.
- Ils m'ont bien emmenée ici, protesta-t-elle, ils peuvent me faire voyager ailleurs, non?
Recommençant, elle pensa à une destination moins lointaine, et se téléporta à quelques mètres de l'immortel.
Donc, le problème ne venait pas des souliers.
Elle retenta d'aller à Storybrooke, sans le moindre succès.
- C'est étrange. Je vais essayer d'aller dans la Forêt Enchantée et à Oz, on verra bien ce qu'il se passe.
Cette fois-ci, il n'y eut aucun problème.
Hadès fronça les sourcils.
- Je me demande bien ce qu'il se passe.
- Je n'en sais rien, avoua la rousse. C'est… normalement, ces souliers peuvent permettre à leur propriétaire de se rendre dans n'importe quel monde, et si ça marche avec les Enfers, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas pour Storybrooke.
- C'est une ville assez à part. Créée par une malédiction, dans le monde sans magie sans en faire vraiment partie. Je peux essayer de m'y téléporter avec toi si tu veux. Maintenant que j'ai retrouvé toute ma magie.
Elle acquiesça et prit sa main dans la sienne.
À nouveau, aucun changement.
- Il y a un truc qui cloche, lança alors Zelena d'une voix inquiète, mais je ne sais pas quoi.
- Je vais essayer d'y aller seul dans ce cas.
Elle le regarda avec étonnement.
- Tu es sûr?
- Oui. Je suis un dieu, et si comme je commence à le soupçonner, il y a une barrière de protection autour de la ville, je devrais arriver à la contourner si j'y vais seul. Si j'y arrive, je reviens dans un instant et je travaillerai à déjouer ce bouclier qui empêche d'entrer à Storybrooke. Je doute que ta demie-sœur ou le Ténébreux, si cela vient d'eux, acceptent de croire que tu veux venir en paix dans leur ville, surtout si le message vient du dieu des Enfers.
- Très bien, approuva la sorcière, avant de l'embrasser une fois de plus. Sois prudent.
Il sourit, se disant qu'il ne s'en lasserait jamais, même s'il devait encore vivre des milliers d'années.
- Toujours. À très vite.»
Puis il disparut et Zelena sut qu'il ne s'était sans doute pas trompé.
§§§§
Il ne fallut à Hadès que quelques secondes pour réaliser que ses soupçons étaient fondés.
Oui, il y avait bien quelque chose autour de la ville de Storybrooke (si c'était bien là qu'il se trouvait. Il l'espérait sinon les gens risquaient de hurler face au type qui venait de sortir de nulle part.) qui empêchait les gens d'entrer, un sortilège très puissant.
Il était un dieu, il aurait pu le déjouer, le détruire, le faire disparaître, mais de ce qu'il savait, la ville avait vécu quelques mésaventures après la fin de la malédiction, lorsque Cora était venue notamment, c'était tout à fait compréhensible qu'ils veuillent se protéger et éviter d'autres menaces.
Il ne toucha donc à rien, laissa la barrière en place et quitta aussitôt la ville pour retourner aux Enfers, sans avoir utilisé sa magie pour mettre en pièces le sortilège.
(Il aurait dû.)
§§§§
Alors qu'il sentait un frisson désagréable lui parcourir l'échine, Peter Pan sut aussitôt que quelque chose n'allait pas dans sa ville pourtant d'ordinaire si parfaite et obéissante.
Cela n'avait duré que quelques secondes, mais quelqu'un, quelque part, en ville, avait utilisé la magie.
Ça n'aurait jamais dû arriver.
Ce n'était pas censé se produire, il avait tout fait pour éviter ça, pour faire en sorte que personne ne puisse se souvenir que la magie existait, que personne ne puisse l'utiliser d'une quelconque façon et pour la première fois depuis qu'il avait lancé le Sort Noir, Peter Pan se souvint de ce que ça faisait d'avoir peur.
Ça ne venait pas de son fils, cela, il en avait la certitude, il avait la dague pour le contrôler de toute façon, mais ce n'était pas sa magie.
Ni celle d'une des fées ou de Regina Mills ou d'Emma Swan, ni même d'un des enfants de la ville qui aurait pu découvrir qu'il avait des pouvoirs, non, c'était…
En fait, trois choses se dégageaient de ce qui n'avait pourtant été là que durant une ou deux minutes, si bref qu'il avait failli ne pas le détecter.
Premièrement, ça avait été rapide, mais de manière calculée, donc ça ne provenait pas de quelqu'un qui avait employé la magie par hasard, par erreur, sans même sans rendre compte, c'était une magie utilisée par quelqu'un sachant ce qu'il faisait.
Deuxièmement, cette magie était puissante, très puissante, plus puissante que la sienne ou que celle de n'importe qui à Storybrooke, un être sans doute immortel comme lui, et surtout…
Surtout, troisièmement, la magie avait disparu juste après, non pas parce que le sortilège avait cessé, mais parce que la personne qui l'avait lancé n'était plus là.
Donc celui ou celle qui avait fait ça avait quitté la ville, ce qui était normalement impossible, sauf si cette mystérieuse personne pouvait voyager entre les mondes ou avait ouvert un portail assez puissant pour contrer la barrière qu'il avait érigée autour de la ville.
Conclusion, l'inconnu ne venait pas de Storybrooke et pouvait fort bien revenir, et alors…
Alors les dieux seuls savaient ce qui arriverait.
Tentant de retrouver son sang-froid, il décida de reprendre le contrôle pour de bon, afin d'éviter que ce genre de chose ne se reproduise, d'influer sur la malédiction afin d'empêcher que qui que ce soit hormis lui ne puisse utiliser la magie à Storybrooke, même si le sorcier ou la sorcière revenait, il lui serait impossible de représenter une quelconque menace pour lui.
Il avait été négligent à ce sujet, il le reconnaissait, n'ayant pas prévu ce genre de cas de figure.
Cela ne se reproduirait plus jamais, il allait s'en assurer.
§§§§
«Alors? Lui demanda Zelena alors qu'il revenait, lui sautant dans les bras pour le serrer contre elle.
- Tout va bien, la rassura-t-il, ignorant à quel point il avait tort, n'ayant rien vu de la réalité que vivaient les habitants de Storybrooke tous les jours depuis presque quatre mois. J'avais raison. Il y a bien une barrière. Je peux trouver un moyen pour que nous la franchissions, ensemble, sans la briser. Ça prendra un peu de temps, mais rien qu'un dieu ne puisse faire. Et tu reverras ta sœur. Tu pourras arranger les choses.
Elle rit puis l'embrassa à nouveau.
- Je t'aime, lui répéta-t-elle encore, comme si elle voulait s'habituer à le dire à nouveau, elle qui n'avait pas prononcé ces mots depuis si longtemps qu'elle ne savait presque même plus comment les dire à force. Je t'aime, je t'aime, je t'aime. Merci de faire ça pour moi.
- Je t'aime aussi, dit-il avant de l'embrasser à son tour.»
Maintenant, avec elle avec ses côtés, il se sentait complètement invincible.
§§§§
Vendredi 5 octobre.
«J'ai trouvé!
Le cri de victoire du dieu résonna dans la pièce, faisant sursauter Zelena, qui se précipita aussitôt sur lui.
- Vraiment?
Les yeux de son âme-sœur brillaient d'excitation.
- Oui! J'ai eu un peu de mal, mais c'est bon ça y est, je peux te faire rentrer à Storybrooke. Prends tes affaires, prépare-toi, on part bientôt.
Zelena regarda ses vêtements puis haussa les épaules.
- Je pense que j'ai tout ce dont j'ai besoin. Et toi?
Il songea au cristal olympien, enfermé quelque part dans son palais, protégé par de la magie, et là où il aurait pris l'objet magique avec lui avant, quand sa bien-aimée était encore assoiffée de vengeance, il hésita pendant quelques secondes, avant de se raviser.
Il n'en aurait pas besoin, ils ne venaient pas en ennemi et même si le Ténébreux ou la méchante reine ou la Sauveuse s'attaquaient à eux en les croyant hostiles, ils seraient assez puissants pour leur faire face, il ne s'inquiétait pas à ce sujet.
Le cristal olympien resterait à sa place et avec un peu de chance, aucun d'eux n'aurait jamais à s'en servir.
Il ne réalisa pas quelle monumentale erreur il était en train de commettre.
- C'est bon pour moi aussi. On y va?
Zelena sourit, acquiesça et lui prit la main, la serra le plus fort possible.
Cette fois, ils arrivèrent à Storybrooke sans encombres, mais l'un comme l'autre comprit aussitôt que quelque chose n'allait pas.
C'était là, dans l'air, quelque chose de diffus, le fait que personne n'avait réagi à leur apparition, alors qu'ils avaient surgi de nulle part au milieu du centre-ville, l'air triste et morne des habitants autour d'eux, aussi, et surtout, surtout…
- Hadès? Demanda Zelena à la divinité, à deux doigts de paniquer. Je… je crois que… je crois que je ne peux plus utiliser ma magie.
Il étaient bien à Storybrooke pourtant, ils sentaient la magie de la barrière autour d'eux.
Elle se tourna vers son bien-aimé, espérant qu'il afficherait un sourire rassurant, que lui, un dieu, un immortel, serait capable de s'en servir contrairement à elle, simple mortelle.
Pourtant, la panique qu'elle lut sur son visage lui prouva vite le contraire.
- Moi non plus, lui avoua-t-il, et ça n'avait aucun sens ni pour elle ni pour lui. Je ne peux plus me téléporter, si en ville ni en dehors et… je ne peux pas nous faire quitter ce monde, je suis incapable de nous ramener aux Enfers. Zelena, je… je crois bien qu'on est piégés à Storybrooke.»
Les yeux de la rousse s'écarquillèrent d'horreur.
Mais qu'est-ce qu'il se passait ici bon sang?
A suivre…
Et fin de la première partie de ce dernier arc, yeah! Vu la date de publication de ce chapitre, je sais pas si ce sera le cas encore à ce moment-là mais je vais faire une petite pause là histoire d'organiser la suite (et fin).
Edit : Ma pause est finie et j'ai écrit sept chapitres de plus depuis. Vive moi.
Notes:
Titre du 13/06/2025 : La vérité triomphera
Vierge : Zelena (OUAT)
13 septembre 1995 – Robbie Kay
Situation 1153 : A & B ont une conversation importante pendant une danse
U - Underbrooke (Once Upon A Time)
Créature 38 : Sorcière
Vingt septième baiser : Le premier baiser
Objet magique 29: Cristal olympien (OUAT)
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Liste 6
1. Un personnage aveugle.
2. Mentionner les sept couleurs de l'arc en ciel.
3. Sentiment de jalousie.
4. Présence d'un animal.
Quatre aspects de… Les uns et les autres : Famille russe : Écrire sur un soldat mort au combat ou une scène de danse dans un lieu triste
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
16 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, 1001 situations, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, objets magiques, prompts infinis, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 160: Chaos.
Notes:
Hey! J'ai absolument aucune putain d'idée de ce que je fais mais bon, here we go hein.
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Peter Pan sentit aussitôt que quelque chose avait changé en ville, que plus rien n'était vraiment comme avant, une fois de plus.
Quelqu'un avait utilisé la magie pour se rendre à Storybrooke, ou avait ouvert un portail, il ne le savait pas trop, sans doute la même personne, ou quelqu'un d'autre, comment savoir?
Il frémit, se tenant sur ses gardes, mais, en réalisant qu'il ne sentait pas la magie de celui ou celle qui venait de pénétrer sans autorisation dans sa ville, il réalisa que soit cette personne en était dépourvue, soit son contrôle de la magie était total, et donc que les choses se déroulaient telles qu'il les avait prévues.
Ainsi, ou bien l'inconnu allait repartir en ouvrant un autre portail, s'il s'agissait d'une porte dont il ignorait l'existence ou un objet magique qui pouvait traverser la barrière, ou il ou elle allait rester sans pouvoir faire usage de ses hypothétiques pouvoirs.
Bien que soulagé, il resta sur ses gardes, il ne pouvait pas courir le risque que ce nouveau venu, qui qu'il soit, cause du grabuge à Storybrooke et déstabilise tout ce qu'il avait patiemment bâti au cours des derniers mois, il ne le permettrait pas.
Il était Peter Pan, et il répéterait son mantra jusqu'à la nausée, jusqu'à ce qu'il devienne réalité, jusqu'à ce que plus personne, y compris le capitaine Crochet, ne tente de se battre contre lui d'une quelconque façon.
Peter Pan n'échoue jamais.
À force, ils allaient bien tous finir par se décourager et abandonner, pas vrai?
À force de les noyer dans le désespoir et en leur faisant croire qu'il n'y avait pas d'autre issue, pas d'autre solution, qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de baisser les bras, parce que c'était tellement plus facile que de résister.
Certes, Killian Jones était le seul rempart qui restait avant sa victoire pleine et entière, mais qui sait, ce qui venait de se passer pouvait tout à fait lui redonner de l'espoir, rebattre les cartes, le fait qu'il ignore tout de l'identité de cet homme ou de cette femme rendait cela encore plus inquiétant.
De ce fait, il ne fallait pas qu'il apprenne ce qui était arrivé, qu'il ignore qu'une personne (voire plusieurs, qui sait, après tout ils pouvaient être plusieurs à avoir franchi ce portail) non-maudite se trouvait à Storybrooke, quelqu'un qui pouvait peut-être lui apporter l'aide dont il avait tellement besoin.
Il devait à tout prix la ou les trouver avant lui, savoir de qui il s'agissait, s'ils pouvaient représenter une menace pour lui ou au contraire s'il pouvait s'allier avec eux, et il devait le faire vite.
Les sourcils froncés, il sursauta quand Wendy prit la parole.
«Peter, est-ce que tout va bien?
Il se tourna vers elle et se força à sourire.
- Oui Moraine, ne t'en fais pas, tout va très bien. Puis, une idée lui vint à l'esprit. En fait, j'aurais besoin que toi et les autres vous fassiez quelque chose pour moi, je vous réunirai bientôt à ce sujet.
- Tout ce que tu voudras Peter, lui assura-t-elle avec ferveur et loyauté.»
Le sourire de l'immortel s'agrandit et la jeune fille ne vit pas tout le danger que contenait ce sourire.
Oui, tout était tel qu'il devait l'être, rien ne devait jamais changer.
Et il anéantirait quiconque tenterait de lui arracher la moindre miette de pouvoir, il s'en faisait la promesse.
§§§§
Ça n'avait définitivement aucun sens.
Zelena aurait aimé pouvoir comprendre ce qu'il se passait, mais elle en était tout bonnement incapable.
Elle et Hadès étaient bien arrivés à Storybrooke, il n'y avait pas de doute là-dessus, le dieu les y avait téléportés, la ville ressemblait bien à la version que l'immortel en avait bâtie aux Enfers, en bien moins délabrée et peuplée de vivants cette fois.
Habitants qui ne faisaient aucunement attention à eux, passant à côté d'eux sans les regarder, paraissant ne même pas les voir, ce qui était fort curieux, après tout ils étaient sortis de nulle part et personne ne se posait de question?
Ville née de la magie et autrefois maudite ou pas, ça aurait dû en faire réagir plus d'un et pourtant, rien.
Et une étrange impression se dégageait des lieux, de profonde tristesse et d'abattement, tout semblait sombre, morne et gris, et la rousse sentit un profond malaise s'emparer d'elle, sans trop savoir pourquoi.
Quelque chose dysfonctionnait et elle n'arrivait pas à déterminer quoi au juste, échouait à mettre le doigt dessus.
À côté d'elle, Hadès semblait être parvenu à la même conclusion, la panique qui animait ses traits quelques minutes plus tôt avait disparu, il en était de même pour sa compagne, à la place, il y avait un air de profonde concentration sur son visage.
Tout comme elle, il réfléchissait, et à l'instar de la sorcière, il n'arrivait pas à parvenir à une conclusion logique qui aurait pu expliquer cette absurdité.
Ils regardèrent autour d'eux, déconcertés, et décidèrent de s'éloigner des passants afin d'échapper aux regards de potentiels curieux.
«Je… je ne, bredouilla-t-elle, perdue. Ce n'est pas comme ça que j'imaginais notre arrivée à Storybrooke.
- Moi non plus, admit-il. Est-ce que tu reconnais quelqu'un?
Elle secoua la tête.
Elle ne connaissait personne en dehors de sa demie-sœur et de son ancien mentor, elle ne savait même pas où ils vivaient ou comment les trouver, même si elle avait eu accès à sa magie (et pourquoi, pourquoi n'était-ce pas le cas, pour elle comme pour le dieu?) elle ne possédait pas d'objet leur appartenant, elle aurait pu poser la question mais elle ne savait pas à qui demander.
Surtout que vu la réputation qu'elle devait avoir en ville si jamais on la reconnaissait, d'après la description qui avait dû être faite d'elle, elle doutait que qui que ce soit ait vraiment envie de l'aider.
En réalité, elle ne savait quasiment rien de Storybrooke et ce n'était pas étonnant.
Après tout, elle avait refusé d'écouter ce que Regina avait à lui dire, n'avait rien fait d'autre que de lui servir des reproches, sans prêter l'oreille à ses paroles.
Elle aurait dû, en rétrospective.
- Non, personne, dût-elle reconnaître à regret, ma sœur n'est pas là, Rumplestiltskin non plus, et puisqu'on ne peut pas se téléporter, je…»
Une soudaine idée la traversa et elle fixa ses souliers.
Est-ce que cette fois, ils marcheraient?
Elle claqua des talons trois fois, tentant de les ramener aux Enfers, mais cela ne fonctionna pas et elle fronça les sourcils, irritée.
Pourquoi est-ce que le jour où elle voulait enfin renouer avec sa sœur perdue, tout se passait de travers?
Recommençant, pensant à une destination moins lointaine, au cœur de la ville, elle fut surprise quand elle et le dieu atterrirent dans une ruelle, à quelques mètres de l'endroit où ils se trouvaient encore peu avant.
Oh.
Alors les souliers ne leur permettaient pas de changer de monde mais ils fonctionnaient suffisamment pour qu'ils puissent se déplacer dans différents endroits de Storybrooke.
C'était bon à savoir.
Après tout, il pouvait aller un peu partout, y compris dans le monde sans magie, ce qui impliquait sans doute la possibilité d'en revenir et donc de l'utiliser même quand lancer des sortilèges était impossible.
«Je suppose que c'est déjà ça, lança le dieu, tentant d'être optimiste, malgré les circonstances.
Elle essaya de sourire.
- On peut le voir comme ça, oui, j'imagine.
Il était à ses côtés au moins, elle ne devait pas l'oublier, elle s'en sortirait toujours s'il était là, quoi qu'il arrive.
- On devrait s'adresser à quelqu'un, tu ne crois pas? Demander des explications, par rapport à la barrière ou au fait que mystérieusement, depuis mon dernier passage, notre magie nous est désormais inaccessible en ces lieux. Je me demande si nous sommes les seuls ou si c'est général.
La jeune femme tiqua en réalisant que oui, les choses avaient dû changer depuis la dernière fois qu'il s'y était rendu, ce qui ne pouvait pas être un hasard.
Avaient-ils eu peur d'une intrusion?
Non, ça ne pouvait pas être ça, même s'ils avaient senti la magie du dieu, ils n'avaient pas dû savoir qui il était, ce qu'il était, même en le voyant, ça devait être autre chose, et elle eut un mauvais pressentiment.
Peu importe de quoi il s'agissait, ce n'était pas bon, pas bon du tout.
- Je pense que oui, même si je ne sais pas encore à qui faire appel.»
Elle soupira, observant la foule uniforme à quelques pas d'eux, les visages dépourvus de sourires pour la plupart, mais arborant un air de profonde tristesse, personne ne semblait heureux et son malaise ne faisait que s'accentuer de seconde en seconde.
Regina lui avait pourtant bien assuré que la malédiction avait été brisée, non?
La magie était forcément accessible à Storybrooke, en théorie, Hadès avait pu s'en servir pour repartir la première fois, et normalement tout allait bien, pourtant elle n'arrivait pas vraiment à y croire ou à s'en persuader.
Parce que là tout de suite, la ville du monde sans magie et ses habitants ressemblaient tout à fait à l'idée qu'elle pouvait se faire d'une ville qui subissait une malédiction, l'absence de magie n'arrangeait rien.
Puis, soudainement, elle la vit.
Pareille à la femme qu'elle avait vue quand la sorcière était venue la voir à Oz, bien qu'ayant l'air bien plus triste et fatiguée, l'air morne, comme tous les autres, des cernes sous les yeux, et toute heureuse de l'avoir enfin trouvée, elle n'y prêta aucune attention.
«Regina, c'est toi? Lui lança-t-elle en se rapprochant d'elle, la touchant au bras, espérant ne pas s'être trompée de personne.
La brune se retourna puis sursauta, décontenancée et Zelena, s'attendant à voir de la surprise, de la méfiance ou de la peur, se retrouva abasourdie de regarder sa petite sœur droit dans les yeux et de ne rien y lire à part du vide.
Un frisson glacé la traversa et pendant quelques horribles secondes, elle se dit que peut-être, ce n'était pas Regina qui se trouvait devant elle, mais quelqu'un qui avait pris son apparence.
Mais puisque la magie était inaccessible à tout le monde pour ce qu'elle en savait, c'était impossible, non?
L'ancienne mairesse fronça les sourcils en la dévisageant de la tête aux pieds avec un air sévère.
Elle était déjà assez fatiguée comme ça, rentrant de sa séance avec Archie Hopper, elle était revenue du centre de désintoxication quelques jours plus tôt mais sa cure n'était définitivement pas terminée, elle serait suivie, évidemment, et tout ce qu'elle voulait, c'était rentrer chez elle, aller se coucher, dormir et éviter de s'enfiler une bouteille entière de Bordeaux.
Enfin, puisque James s'était proposé pour la surveiller, elle allait difficilement pouvoir le faire de toute façon…
- Excusez-moi? Lui répondit-elle avec perplexité. Est-ce qu'on se connaît?
Pendant quelques instants, Zelena manqua d'air.
Était-elle en train de lui faire une mauvaise blague?
Non, ce n'était pas son genre, pas sur un sujet aussi important, et sa demie-sœur était peut-être une excellente actrice, mais la fille aînée de Cora en était presque complètement convaincue, elle ne jouait pas la comédie, elle semblait véritablement ne pas la reconnaître et la sorcière se trouva à court de mots.
- Je… C'est moi enfin, Zelena. Ta… ta sœur. Ta demie-sœur, tu es venue me voir il y a plusieurs mois, tu te souviens? J'étais à Oz et je… Enfin tu me fais marcher, c'est ça? Tenta-t-elle de plaisanter en laissant échapper un rire qui sonnait faux.
Aussitôt, Regina se dégagea, fronçant les sourcils.
- Je n'ai pas de sœur, laissa-t-elle échapper d'une voix glaciale.
Zelena recula aussitôt, comme si elle venait tout juste de la gifler.
- Tu… bredouilla-t-elle, perdue. Tu n'es pas sérieuse, pas vrai?
- Je suis désolée. Vous avez dû vous tromper de personne, je ne suis pas celle que vous croyez. »
Sans ajouter autre chose, elle se détourna d'elle et reprit son chemin, comme si de rien n'était, comme si elle ne venait pas de mettre le monde de l'ancienne méchante sorcière de l'ouest sens dessus dessous.
Cette dernière sentit le sol se dérober sous ses pieds et tomba à genoux, les larmes aux yeux, faisait à peine attention à Hadès ou à ses paroles alors qu'il l'aidait à se relever et elle ferma les yeux avant de fondre en larmes, anéantie face à ces retrouvailles qui ne s'étaient pas déroulées comme elle l'espérait.
Qu'est-ce qui était arrivé à Regina par les dieux?
Ou plutôt, qu'est-ce qui était arrivé à cette ville?
§§§§
Sonnée, Zelena laissa le dieu la mener loin du centre-ville, du bruit et de l'agitation, se rapprochant de la nature, des bois et de la forêt, jusqu'à trouver une ferme reculée et loin de tout, vide, dans laquelle ils pourraient se poser, trouver un peu de calme et réfléchir.
«Elle… Dit enfin la rousse, sortant à peine de son hébétement, les yeux rougis par les larmes, elle ne m'a pas reconnue. Pourquoi elle ne m'a pas reconnue?
Le dieu soupira avant de s'asseoir à côté d'elle et de lui prendre la main pour la réconforter, aussi désemparé qu'elle.
- Je n'en sais rien, lui répondit-il, la laissant pleurer sur son épaule.
Une fois qu'elle se fut calmée, quelques minutes plus tard, elle semblait différente.
Plus seulement triste, mais aussi… en colère.
- Elle n'était plus elle-même, affirma-t-elle d'une voix ferme et assurée, et je ne connais aucun de ces habitants, mais je pense que c'est également leur cas, quelque chose… quelque chose ne va pas. La barrière, l'absence de magie, l'attitude étrange de Regina… Tout ça cache quelque chose. Elle se tourna vers lui. Hadès, et si… et si une nouvelle malédiction avait frappé Storybrooke? Un autre Sort noir?
Il fronça les sourcils.
- Si c'était le cas, comment se fait-il qu'ils soient toujours à Storybrooke? La dernière fois, il y avait eu un changement de monde, non?
- Oui, mais peut-être que les motivations de la personne qui a fait ça sont différentes. C'est toi le dieu et sorcier immortel et millénaire, spécialiste en magie, est-ce que tu penses que ce serait possible?
Il acquiesça.
- Sans doute oui. Aucun passage d'un monde à l'autre, perte de souvenirs, plus de magie, l'impossibilité de partir de la ville ou d'y entrer… Ça semble concorder.
Elle hocha la tête.
- Je vais essayer de trouver Rumplestiltskin, poursuivit-elle, de lui parler, de vérifier si lui aussi il m'a oubliée. Elle grimaça. Si malédiction il y a eu, j'imagine qu'il a changé de nom.
Regina ne l'avait pas reprise sur son prénom pourtant, mais peut-être n'avait-il juste pas été changé, ou bien elle avait été trop surprise par l'irruption de cette inconnue pour y prêter attention.
Elle regarda le dieu droit dans les yeux.
- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais crois-moi sur parole, je découvrirai la vérité. Et si je découvre qui a fait ça à ma sœur, je n'aurai pas de repos tant que je ne l'aurai pas anéanti, tant que je n'aurai pas arrangé les choses.»
Le dieu des morts ne put s'empêcher de sourire, amusé.
Alors que des mois plus tôt, elle était déterminée à la détruire, à effacer son existence par tous les moyens, désormais, elle ne voulait rien d'autre que la sauver du danger qui la menaçait.
Et bien entendu, il allait l'aider, du mieux qu'il pourrait.
C'était bien pour ça qu'il était là, non?
Et quelle que soit la menace, il l'affronterait, aux côtés de la femme qu'il aimait, décidé à l'emporter.
Parce qu'avec Zelena et son amour pour lui donner du courage, il se sentait invincible.
À suivre…
Notes:
Titre du 27/05/2025 : Chaos
Vierge : Zelena (OUAT)
13 septembre 1995 – Robbie Kay
S – Storybrooke (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects d'… Underworld : Nouvelle ère (Underworld) : Eve : Écrire sur un enfant non désiré ou sur Zelena (OUAT)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 161: Une ville fantôme.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Lorsque James la serra dans ses bras quand elle rentra chez elle, Regina ne fut même pas surprise.
Elle n'était rentrée que depuis deux jours, mais ce laps de temps avait suffi au barman pour lui montrer à quel point il était soulagé qu'elle soit rentrée, qu'elle aille mieux (a priori. Il savait mieux que quiconque dans cette ville comment faire semblant d'aller bien) et aussi lui prouver qu'elle n'était plus seule désormais.
Elle sourit, amusée mais néanmoins touchée.
«Tu sais, tu peux me lâcher maintenant, lui dit-elle au bout de quelques secondes de câlin prolongé, je ne vais pas m'envoler, je suis là, tu n'as pas à t'en faire pour moi.
Il semblait avoir du mal à y croire, peut-être que ce fut pour ça qu'il resserra son étreinte.
- J'ai peur que si je le fais, tu disparaîtras.
Il n'avait pas réalisé à quel point il tenait à Regina, avant la malédiction, et surtout avant de la voir étendue là, dans cette maison, sur le sol et d'avoir cru la perdre à jamais.
Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas eu d'amie véritable, quelqu'un qui soit plus qu'un allié pour lui, une personne à qui il tenait vraiment, qu'il aimait, qu'il avait fini par oublier ce que ça faisait.
- Bien sûr que non, ne t'en fais pas, tenta-t-elle de lui assurer d'un ton léger.
Plus touchée qu'elle ne l'aurait cru, elle resta dans ses bras encore quelques secondes avant de s'en dégager pour ensuite s'asseoir sur le sofa où il prit place à côté d'elle.
- Alors, dis-moi, est-ce que ta séance avec le docteur Hopper s'est bien passée?
Lui aussi aurait sans doute besoin d'aller le voir, peut-être même l'aurait-il fait si Peter Pan n'avait pas bouleversé leurs existences sans leur demander leur avis.
Il en aurait sûrement eu besoin, pouvoir parler de son passé, la mort de sa mère, son abandon par son père, la mort de Liam, la mort de Milah, le Pays Imaginaire et sa quête de vengeance, tout ce qu'il avait fait pour l'obtenir, le sang sur ses mains (enfin sa main. Ah ah.), le retour au Pays Imaginaire, tout ce qu'il ne pouvait plus dire maintenant que ce n'était jamais arrivé, officiellement.
Une chose était sûre néanmoins, s'ils arrivaient à briser cette malédiction, il aurait besoin de se confier à quelqu'un, sans aucun doute.
Cela faisait si longtemps qu'il se retenait de hurler qu'il n'arrivait pas à croire qu'il avait réellement réussi à tenir jusque-là sans le faire en permanence.
- Bien, je suppose. Je crois que je me sens un peu mieux maintenant, on a parlé, beaucoup, et je… Je ne sais pas encore si je vais m'en sortir, réussir à surmonter ça. Mais je peux au moins essayer.
Killian se demanda si ça aurait fait une différence, s'il avait réussi à retrouver Henry.
Si, malgré la malédiction, malgré l'oubli, malgré les souvenirs modifiés, trafiqués, tordus, ils auraient tout de même réussi à se reconnaître, si ça aurait été suffisant pour qu'ils se retrouvent, qu'ils se souviennent, qu'ils brisent la malédiction.
Après tout, l'amour entre une mère et son fils avait tout réglé la dernière fois, ça pouvait marcher, même si c'était avec l'autre mère.
Mais à un détail près.
La dernière fois, aucun d'eux n'était maudit ou n'avait perdu la mémoire.
Désormais, il n'avait plus qu'à espérer que l'affection qu'ils se portaient autrefois soit assez pour permettre d'arranger les choses, croiser les doigts pour que tout ça n'ait pas complètement disparu, enfoui dans les tréfonds de leurs esprits.
Enfin, à condition de retrouver le petit garçon, évidemment…
Et de mettre la main sur le livre de contes, si jamais ce dernier était bel et bien magique, ce qui était un plan bien plus qu'hasardeux.
Il aurait aimé que les choses soient plus simples…
- Et je serai là pour t'accompagner, bien sûr.
Pendant son absence, il avait, aidé d'Emma – qui était restée en contact avec Regina, tout comme lui – fait en sorte de préparer son retour, il s'était occupé de la maison, il avait fait disparaître tout ce qui contenait de l'alcool, avait fait le ménage, avait essayé de rendre le tout accueillant et moins morne.
Que cette maison ait de nouveau l'air d'en être une, d'être un foyer au lieu de ressembler à une tombe, un mausolée en l'honneur d'un enfant qui n'avait jamais existé.
Il aurait voulu que la blonde revienne au manoir, au moins de temps en temps, mais la seule fois où elle en avait franchi les portes, elle n'avait tenu que quelques minutes avant de lui avouer qu'elle se sentait physiquement incapable de rester.
Il l'avait laissée partir, évidemment, le cœur serré, tentant de déterminer si le poids de la malédiction et des traumatismes qu'elle lui avait infligées continuerait de peser sur elle ou si elle parviendrait à s'en libérer au bout d'un moment.
- Merci, lui répondit l'ancienne méchante reine en souriant, avant de bailler.
Le pirate rit.
- On dirait que tu es fatiguée. Ou bien est-ce que le plaisir de ma compagnie n'est pas suffisant pour te donner envie de rester réveillée?
La brune sourit une fois de plus avant de bailler une nouvelle fois.
- Je dors très mal en ce moment, admit-elle, je sais qu'il est encore tôt mais je pense qu'une sieste me ferait du bien.
- Ce n'est pas moi qui te dira le contraire.
Lui aussi avait beaucoup de difficulté à trouver le sommeil la nuit, même si c'était pour d'autres raisons que la sorcière.
- Et puis, poursuivit-elle en fronçant les sourcils, il s'est passé un truc bizarre pendant que j'étais en ville.
Killian se tendit aussitôt, inquiet.
Ils avaient déjà suffisamment de problèmes et d'ennuis comme ça, ils n'avaient vraiment pas besoin que la ville, la malédiction, Peter Pan ou qui que ce soit d'autre ait décidé de leur en rajouter d'autres.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé?
- Une étrange femme que je n'avais jamais vue de ma vie est venue me voir, elle voulait me parler et me dire qu'elle était ma sœur ou ma demi-sœur, je ne sais plus trop. Elle haussa les épaules avec indifférence. Ce qui est définitivement impossible, puisque je n'ai ni frère ni sœur, je suis fille unique. Je le saurais si c'était le cas.
Les yeux du capitaine Crochet s'écarquillèrent de surprise sans que Regina ne s'en rende compte, trop occupée à tenter de rester éveillée.
Attendez une minute…
Regina avait bien une demi-sœur, non?
Une demi-sœur qu'elle avait perdue de vue pendant des années, s'il s'en souvenait bien, et qu'elle avait fini par retrouver, qui n'était que rage, haine et rancune à son égard, la jalousant d'avoir été choisie, de ne pas avoir été abandonnée, d'avoir eu la vie qu'elle aurait dû avoir.
Une demi-sœur avec qui Regina avait tenté de renouer, sans succès.
Oui, il s'en rappelait désormais, elle lui avait parlé d'elle, lorsqu'il lui avait demandé, quand ils croyaient encore que Peter Pan ne pourrait plus jamais leur faire de mal, ce qu'elle avait l'intention de faire une fois que les choses seraient redevenues normales (autant qu'elles pouvaient l'être à Storybrooke), et elle avait souri.
Je dois aller voir ma demi-sœur, Zelena, et essayer de renouer ce que notre mère a brisé. Je lui dois au moins ça.
Elle lui avait raconté tout le reste, tout ce qu'il y avait à savoir, connaissant Cora il n'avait pas vraiment été surpris, et il lui avait souhaité bonne chance.
Oh s'il avait su à cet instant qu'aucun d'eux deux n'aurait ce qu'il voulait…
- Comment elle s'appelait? Lui demanda-t-il en tentant de rester le plus neutre et le moins impatient possible. À quoi elle ressemblait?
Regina le regarda avec un air surpris, avant de conclure qu'il était simplement curieux.
- Elle était rousse, aux yeux bleus. Elle s'appelait… elle a dit qu'elle s'appelait Zelena, difficile d'oublier un prénom aussi original, plaisanta-t-elle.»
Tu l'as oubliée pourtant, songea Killian avec amertume.
Puis il cligna des yeux, stupéfait, presque incertain d'avoir entendu.
Elle avait bien dit qu'elle s'appelait Zelena?
Oh.
Oh bon sang.
C'était tellement impossible et improbable qu'il n'arrivait même pas à y croire, et ça ne pouvait pas venir de Peter Pan, pas vrai, ce n'était pas un de ses tours, non.
Il savait bien des choses mais il devait ignorer cela et même s'il savait, pourquoi s'en servir, pourquoi agir ainsi, à quoi cela lui aurait-il servi d'instiller le doute chez l'ancienne mairesse, ça ne pouvait pas être autre chose que la vérité, n'est-ce pas?
Il ne pourrait pas supporter cela si jamais c'était un mensonge, un de plus, il ne pourrait pas encaisser une autre désillusion, il ne pouvait pas.
Mais si c'était vrai, alors ça voulait dire que…
Que quelqu'un était arrivé à Storybrooke, une personne avait réussi à rentrer malgré la barrière, ce qui était impossible normalement, à moins d'être puissant et peut-être qu'en digne fille de sa mère et digne sœur de Regina, la méchante sorcière de l'ouest y était parvenue.
Après tout, ce n'était pas parce que lui, non-sorcier, n'avait pas trouvé comment sortir que quelqu'un ne pouvait pas réussir à entrer.
Le simple fait d'y penser, d'envisager cette possibilité suffit à le remplir d'espoir, à le plonger dans une euphorie qu'il eut du mal à contenir, parce que, est-ce que ça voulait dire qu'ils avaient une chance?
S'il y avait quelqu'un d'autre, une personne avec de la magie, avec ses souvenirs, qui pourrait lutter contre leur geôlier, peut-être même aider Regina à retrouver la mémoire, leur permettre de briser la malédiction, qui sait, alors cela signifiait qu'ils n'avaient pas encore perdu, qu'il avait raison de s'accrocher.
Il pria de toutes ses forces que ce soit le cas, avant de se souvenir d'autre chose, qui lui fit perdre toute envie de sourire.
Zelena voulait se venger de sa demi-sœur aux dernières nouvelles.
Était-elle là pour ça, avaient-ils une autre ennemie à combattre en plus de Peter Pan?
Il espérait que ce n'était pas le cas, qu'elle avait changé, tout comme Regina, qu'elle avait retrouvé ces souvenirs perdus volés par Cora dont l'ancienne souveraine lui avait également parlé, parce qu'ils n'avaient pas fait le poids face à l'immortel, au sorcier.
Comment pourraient-ils faire face à deux sorciers, surtout si elle s'alliait avec lui?
«Elle t'a dit d'où elle venait? L'interrogea-t-il pour être sûr de ne pas se tromper. Est-ce qu'elle semblait agressive ou en colère?
- Hé bien… Oz, oui, c'est ça, elle a dit que j'étais allée la voir à Oz. Comme si nous étions dans Le Magicien d'Oz, gloussa-t-elle, tandis que Killian tentait désespérément de rester de marbre. Et… non, pas vraiment, elle semblait… contente, heureuse de me voir. Quand je lui ai dit que je n'étais pas celle qu'elle pensait, elle a paru bouleversée… Ce n'est pas de ma faute si elle s'est trompée de personne, se défendit-elle, même si j'espère qu'elle trouvera sa sœur.»
Pendant quelques secondes, le cœur du pirate s'arrêta de battre, avant qu'un sourire ne tente de se dessiner sur son visage.
Il ne voyait pas pourquoi Zelena aurait menti, fait semblé, dissimulé sa haine de sa demi-sœur, et peut-être se trompait-il, mais si jamais ce n'était pas le cas, ils avaient peut-être une nouvelle alliée, quelqu'un qui n'avait aucune idée de ce dans quoi elle avait mis les pieds.
Tout ce qu'il devait faire maintenant, c'était la trouver avant Peter Pan, ce qui était bien plus facile à dire qu'à faire…
Il attendit que Regina aille se reposer pour pousser un soupir de soulagement et éclater de rire.
Mais pas un rire sombre, sinistre et désespéré comme d'ordinaire depuis que l'enfant immortel avait fait de sa vie un Enfer, non.
Un rire d'allégresse, sans doute le premier depuis le début de la malédiction.
Pour la première fois depuis bien longtemps, il ne se sentait plus aussi seul ou désespéré qu'avant et c'était une bonne chose, vraiment.
Mais pourquoi donc Zelena s'était-elle rendue à Storybrooke, de quelle manière, pourquoi maintenant?
Et encore plus important…
Où se trouvait-elle?
§§§§
Lundi 15 octobre 2012.
Assez naïvement, elle le reconnaissait elle-même, Zelena avait cru que ce serait plus facile que ça.
Afin de ne pas attirer l'attention, elle et Hadès avaient décidé de ne pas se mêler aux gens, de rester les plus discrets possible, visitant la ville principalement la nuit, tentant d'être vus le moins possible, utilisant les souliers uniquement quand ils ne pouvaient pas faire autrement.
Même si Storybrooke était une petite ville (elle le supposait, ce n'était pas son monde après tout, ni même son pays, elle commençait à peine à le découvrir, elle ignorait comment les choses étaient ailleurs), trouver quelqu'un sans parler à personne n'était aucunement aisé.
Surtout quand absolument tout leur était étranger, tout ce qui constituait le monde sans magie, si différent des Enfers, d'Oz ou de la Forêt Enchantée, de tout ce qu'ils connaissaient.
Surtout quand on n'existait pas officiellement, qu'on n'était même pas censé être là, qu'on se trouvait dans une ville peut-être maudite.
Les premiers jours, ils avaient exploré les environs, tentant de trouver de quoi se nourrir sans se faire remarquer, chassant dans la forêt et y cueillant ce qu'ils pouvaient manger, volant ce qu'il leur manquait, et comme ce monde était difficile à comprendre.
Comme il était exaltant à appréhender aussi, comme il l'aurait été encore plus s'ils n'avaient pas été seuls, et Zelena aurait tant aimé que Regina soit là pour l'accompagner, la guider, lui sourire ou rire quand elle ne comprendrait pas quelque chose qu'elle connaissait elle-même par cœur, et elle ne savait pas ce qu'il s'était passé mais elle trouverait bien un moyen de le découvrir.
Quand elle avait enfin croisé son ancien mentor, en ville, marchant avec une canne, d'une part, semblant étrangement humain sans sa peau écailleuse, d'autre part, elle avait failli ne pas le reconnaître, puis une fois certaine que c'était bien lui, elle l'avait suivi tandis qu'il entrait dans ce qui était probablement une boutique.
Celle de monsieur Gold, et si c'était bien la sienne, si c'était son nom, alors il était plutôt approprié vu sa capacité à changer la paille en or.
Prenant une profonde inspiration, elle se prépara à entrer, ne sachant pas trop ce qu'elle espérait, qu'il la reconnaisse ou non.
D'un autre côté, s'il savait qui elle était, alors que Regina non, et que celle-ci n'avait pas feint l'amnésie, alors elle était la seule à l'avoir oubliée.
Cette perspective semblait bien plus rassurante que celle d'une ville entière ayant perdu la mémoire.
À suivre…
Notes:
Titre du 13/08/2023 : Une ville fantôme
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects des… rôles d'Emma Watson : Hermione Granger : Écrire sur l'adolescence de votre perso ou écrire sur un perso qui découvre un nouveau monde
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 162: Des mots qui cognent.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Il semblait à la fois si semblable et si différent que c'en était profondément perturbant.
Certes, elle l'avait aperçu avec une apparence humaine quand lui et Regina étaient venus la voir à Oz, mais seulement brièvement et, aveuglée par sa colère, elle n'y avait pas pris attention, n'y avait plus pensé par la suite, se focalisant uniquement sur sa vengeance puis sur ses souvenirs perdus.
Et il n'y avait pas que cela, il y avait la canne aussi, cet objet si incongru dont elle ne l'avait jamais vu se servir, cette démarche peu assurée et voûtée, ce regard si morne maintenant qu'il était là, en face d'elle, ne semblant même pas la voir.
Sans même avoir eu le temps de lui parler, elle pouvait déjà l'affirmer, le Ténébreux n'était plus lui-même, pas vraiment et elle se demanda ce qui avait pu lui arriver.
Elle se surprit à ressentir de la pitié pour lui, sans doute parce qu'elle n'était plus autant en colère qu'avant, parce qu'il était venu lui dire qu'il était désolé, chose à laquelle elle ne s'attendait pas et dont elle ne l'aurait jamais cru capable avant qu'il ne le fasse.
Il s'était servi d'elle, oui, comme il s'était servi de tous les autres, mais il avait changé, tout comme elle, et peut-être était-il temps qu'elle laisse le passé derrière elle.
Elle pouvait essayer du moins.
Il venait tout juste de rouvrir sa boutique, il n'y avait personne d'autre à part elle, pas d'autres clients, et c'était une chance, vraiment.
Ainsi, comme ça, elle n'avait personne à croiser ou à saluer, pas besoin de répondre à de potentielles questions dont elle ne connaîtrait de toute évidence pas les réponses, personne ne risquait de la repérer ou de comprendre qu'elle n'était pas supposée être là.
Elle pouvait faire semblant, feindre d'être une habitante de Storybrooke comme les autres s'il n'y avait qu'une seule personne à affronter, fut-elle le Ténébreux en personne, et elle n'aurait pas eu à faire ça s'il n'y avait pas eu de malédiction, de Sort noir, mais elle en était presque convaincue désormais, la ville en avait été victime, une fois de plus.
Et oh comme c'était rageant, vraiment.
Si jamais elle et Hadès avaient raison, si la ville avait été frappée par une nouvelle malédiction, alors dans ce cas…
Pourquoi?
Pourquoi fallait-il que ça arrive maintenant, au pire moment possible, alors même qu'elle voulait sincèrement arranger les choses, pourquoi fallait-il que Regina l'oublie précisément quand elle-même venait à peine de se souvenir d'elle, de ce qu'elles avaient partagé, de ce que leur mère leur avait cruellement et impitoyablement arraché?
Ce n'était pas juste.
L'autre bon côté à ce vide, c'était que personne ne verrait si elle se comportait bizarrement, Rumplestiltskin lui prêtait à peine attention, occupé sur quelque chose, et vu leurs difficultés, à elle et à Hadès, pour s'adapter au monde sans magie, c'était une chance.
Ce monde moderne et technologique, dépourvu de magie mais possédant autre chose, aussi difficile à maîtriser, n'était définitivement pas simple à appréhender, ils savaient encore si peu de choses, et heureusement qu'elle et Hadès avaient pensé à s'habiller autrement avant de partir.
Pour se fondre dans la masse, ils s'étaient vêtus d'habits semblables à ce que portaient les habitants d'Underbrooke qui avaient vécu autrefois à Storybrooke de leur vivant, dans le cas contraire, ils auraient eu du mal à expliquer pourquoi la rousse portait une robe de princesse ou de reine, sans parler du fait de se changer sans magie ou encore d'éviter de se faire remarquer.
Il n'y avait pas l'eau courante (une autre invention du monde sans magie dont ils avaient découvert l'existence il y a peu. Forcément, sans magie, on devait se montrer très inventif) à la ferme, il n'y avait pas beaucoup d'installations en vérité, ils avaient dû se servir ailleurs et «emprunter» diverses choses quand les propriétaires étaient absents.
Et apprendre à s'en servir, notamment comment utiliser une douche, afin de rester présentables, la bibliothèque municipale de Storybrooke avait beaucoup aidé pour ça, entre autres.
Elle ne connaissait pas encore grand-chose à l'électricité, l'électronique, les téléphones, les ordinateurs et tout le reste, de même que le dieu, mais elle était bien décidée à apprendre.
La sorcière savait qu'il leur manquait bien d'autres choses nécessaires pour survivre dans ce pays, des papiers d'identité d'abord, de l'argent ensuite, un concept qu'ils connaissaient bien sûr, mais passer de l'or aux dollars, surtout en n'en ayant pas sur soi, en ne sachant pas comment ça fonctionnait, n'avait rien d'évident.
Elle aurait aimé qu'Hadès puisse l'aider à comprendre ce monde, mais il n'y avait pas mis les pieds depuis des siècles, n'avait jamais eu de raison de le faire ou l'envie, pas depuis que son frère l'avait maudit et avait arrêté les battements de son cœur.
Autrement dit, s'ils se faisaient repérer, ils étaient foutus.
Pour que l'antiquaire ne se pose pas trop de questions sur sa présence, elle commença à visiter les lieux, s'arrêtant sur diverses vitrines, les examinant attentivement, et elle y vit de nombreux objets magiques différents, qui appartenaient sûrement à d'autres personnes avant la malédiction (la première, s'il y en avait bien eu deux) et elle fronça imperceptiblement les sourcils.
Que Rumplestiltskin les ait peut-être volés, avant la malédiction ou bien que celle-ci les lui ait donnés, cela ne l'étonnait pas, mais depuis, ils auraient dû être réclamés par leur propriétaire légitime, non?
Tout cela ne lui disait rien qui vaille et ne lui plaisait pas, pas du tout.
«Vous cherchez quelque chose madame?
Ce n'était pas à ça qu'elle s'attendait comme première interaction avec celui qui lui avait autrefois appris tout ce qu'elle savait en magie.
Il n'avait pas sursauté en la voyant, le regard neutre, un sourire commercial et poli sur les lèvres, rien de plus.
Il la regardait comme si de rien n'était, comme si elle n'était pas son ancienne élève, comme si elle n'était qu'une potentielle cliente de plus, comme si elle n'avait pas menacé sa ville quelques mois plus tôt, comme s'il ne la connaissait pas.
Peut-être était-ce bel et bien le cas, s'il l'avait effectivement oubliée, et pour la première fois depuis bien longtemps, elle réalisa qu'elle aurait préféré avoir tort.
Ce n'était pas le seul indice, loin de là, il y avait aussi ses yeux, la profonde fatigue qui y brillait, de la tristesse aussi, comme si quelque chose était cassé en lui.
Et ce n'était pas non plus comme avant, son sourire n'était pas manipulateur et roublard, toute trace du Lutin semblait avoir disparu, à jamais, et elle aurait voulu pouvoir le secouer, lui demander ce qu'il s'était passé, ce qui lui était arrivé, ce qu'on lui avait fait, à lui et à tous les autres.
Elle se força à sourire.
- Non, je me contente de regarder, ne vous en faites pas. Mais merci.»
Et de toute façon, songea-t-elle, ce n'est pas vraiment comme si j'avais de quoi payer.
Il se contenta de hocher la tête sans rien ajouter d'autre et retourna à ses livres de compte ou peu importe ce qu'il était en train de faire, et son cœur se glaça.
Elle savait qu'il était doué pour les faux-semblants et les mensonges, mais elle aussi et elle le connaissait suffisamment bien pour pouvoir lire en lui en étant presque sûre de ne pas se tromper.
Il ne faisait pas semblant, de même que Regina, ce qui pouvait ne signifier qu'une seule chose: ils l'avaient oubliée.
Et jusqu'à preuve du contraire, eux-mêmes ainsi que l'intégralité de la ville de Storybrooke, étaient tous sous le coup d'une malédiction.
Elle se retint de grogner, tandis qu'elle quittait la boutique.
Elle et Hadès n'avaient définitivement pas besoin de ça, surtout maintenant qu'aucun d'eux n'avait accès à ses pouvoirs et que leur unique moyen de transport magique risquait de les faire repérer à tout moment si quelqu'un les voyait en train de disparaître.
«Alors? Lui demanda l'immortel quand elle le récupéra à la bibliothèque où il était en train de prendre des notes, commençant à parler tandis qu'ils marchaient pour rentrer à la ferme.
- Je pense que malheureusement, on ne s'est pas trompés, soupira-t-elle. La ville a l'air d'être maudite.
Il grimaça.
- C'est… plus qu'embêtant, et très ennuyeux, j'ignore comment nous allons faire pour remédier à ce problème, sans pouvoirs et presque sans connaissances sur ce monde ou cette ville. Surtout qu'on ignore encore qui a lancé cette malédiction, qui nous sommes censés affronter.
Il n'avait pas hésité un seul instant avant de prendre sa décision, là où il aurait pu s'en laver les mains, ou même s'allier avec le ou la responsable afin de retrouver sa magie, mais il savait à quel point c'était important pour elle, et savoir qu'il la choisissait, une fois de plus, lui faisait chaud au cœur.
Elle le regarda avec tendresse et lui sourit.
- Je t'aime, lâcha-t-elle avec plus de facilité qu'elle ne l'aurait cru, sans doute parce que c'était une évidence, parce que c'était simple maintenant qu'elle lui faisait confiance, et il lui sourit en retour.
- Je t'aime aussi.»
Elle ne se lasserait sans doute jamais de l'entendre le lui dire.
Et elle ne savait pas encore qui avait fait ça à sa sœur et à la ville de celle-ci, mais, même si elle n'avait encore aucune idée de comment, elle avait bien l'intention de le découvrir.
§§§§
Sûr de lui, comme d'habitude, Peter Pan avait estimé que ce n'était pas une affaire urgente.
Certes, au début, cette arrivée impromptue l'avait inquiété, mais ne ressentant aucune vague de magie et ayant d'autres choses à faire, il avait décidé de ne pas s'en occuper tout de suite.
Mais maintenant, il était temps d'arrêter de jouer et de passer aux choses sérieuses, c'était pour ça qu'il avait réuni les membres de son gang, afin d'une fois de plus faire une grande annonce.
Même si la vérité n'était pas qu'il avait voulu prendre son temps.
Non, la vérité c'était qu'il ne savait absolument pas quoi leur dire.
Après tout, cette menace existait-elle réellement, ce ou ces gens qui venaient d'arriver étaient-ils dangereux?
Le problème étant surtout qu'il ignorait tout d'eux, pas de nom, d'identité, d'indice physique quelconque, homme ou femme, une ou plusieurs personnes, difficile de lancer quelqu'un sur une piste avec si peu de détails.
Ce n'était pas comme avec James Rogers où la cible était déjà bien définie et bien connue de lui-même, cette fois, il n'avait aucun moyen de savoir quoi que ce soit, il était dans le brouillard, dans le noir et c'était sans doute ça qui le terrifiait le plus.
Le fait d'avoir le contrôle total sur la magie était la seule chose qui l'avait empêché de complètement paniquer.
Sans compter le fait qu'il avait envoyé quelques uns des enfants chercher des informations au sujet d'événements étranges qui se seraient déroulés les jours précédents et ils n'avaient rien déniché de vraiment notable.
Peut-être devait-il mobiliser tout ce à quoi il avait accès, tous ses petits soldats de plomb bien obéissants et si dociles, qu'ils servent à quelque chose et se rendent enfin utiles.
«Chers enfants, chers amis, commença-t-il, regardant tous les tatouages de crânes s'étalant devant lui avec ce qui pouvait sembler être de la fierté mais n'était rien d'autre que de la jubilation et un sentiment de possession, je souhaiterais vous parler. Vous avez tous été très réactifs concernant le cas James Rogers, et je vous en félicite chaleureusement.
Les enfants lui sourirent, buvant ses paroles, Henry et Moraine aussi fervents que les autres, et il sourit à son tour.
Tant qu'il avait leur pleine et entière dévotion, il ne pouvait pas vraiment perdre.
- Cependant, poursuivit-il, nos ennuis ne sont pas encore terminés, car il semblerait que la police et les services sociaux n'aient pas dit leur dernier mot.
Ils se tendirent aussitôt, tous, en même temps, animés par la même colère, la même peur, et il faillit éclater de rire, parce qu'il les tenait, il les tenait dans le creux de sa main, il pouvait faire ce qu'il voulait d'eux, ils le laisseraient faire, parce qu'ils croyaient en lui et ça aurait été si facile de les détruire.
De les briser en mille morceaux sans qu'ils ne se débattent, sans qu'ils ne résistent, sans qu'ils ne lui en veuillent pour ça.
Cette sensation était grisante et il ne s'en lasserait probablement jamais.
- Et à mon grand regret, une de mes sources m'a indiqué qu'ils avaient envoyé d'autres personnes. J'ignore qui ils sont, d'où ils viennent, leur nom ou leur apparence, combien ils sont, mais je sais une chose en revanche, ils ne vous veulent pas du bien et contrairement à moi, ils n'ont pas vos intérêts à cœur.
Comment est-ce qu'un mensonge pouvait également sembler aussi vrai?
- Alors, je vous demande d'ouvrir l'œil, de repérer toute personne qui vous semblerait sortir de l'ordinaire, qui ne viendrait pas de Storybrooke, qui poserait des questions étranges, intrusives, parce que c'est très important. Vous m'avez bien compris?
C'était peu, ce n'était rien, mais brandir une menace crainte de tous avait toujours été efficace et il espérait que ce serait le cas une fois de plus, qu'ils ne le décevraient pas.
Dans le cas contraire il les ferait souffrir comme il n'avait jamais fait souffrir qui que ce soit.
- Oui Peter! S'exclamèrent-ils d'une même voix et il se sentit rassuré en plus d'être satisfait.»
Face à eux, ces inconnus n'avaient absolument aucune chance.
Non loin, Moraine échangea un regard avec Henry, ayant constaté la même chose que lui.
C'était la première fois depuis longtemps qu'ils voyaient Peter sembler être aussi fébrile et inquiet, même s'il le cachait bien.
Et sans qu'elle ne sache pourquoi, elle ressentit un frisson désagréable en le réalisant, espérant que tout irait bien, que rien ne changerait, que tout resterait comme avant.
Ignorant à quel point elle aurait dû souhaiter exactement l'inverse…
À suivre…
Notes:
Titre du 21/09/2025 : Des mots qui cognent
Bélier : Rumple (OUAT)
14 avril 1961 – Robert Carlyle
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Doudous d'Almayen (Partie 2) : Napa : Écrire un texte qui se déroule aux USA ou sur un personnage qui a une mémoire de poisson rouge
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, prompts infinis, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 163: Contre attaque.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Il n'avait pas vu Neal depuis si longtemps qu'il ne savait même plus de quand datait la dernière fois qu'ils s'étaient parlés.
Il ne savait même pas pourquoi il pensait à lui si soudainement, ce n'était pas arrivé depuis des semaines, peut-être même des mois, il essayait d'éviter de le faire, ça lui faisait bien plus de mal que de bien.
Après tout, cela faisait presque une quinzaine d'années, depuis la mort de sa femme, que sa relation avec son fils s'était peu à peu dégradée jusqu'à ce que le jeune homme ne coupe finalement les ponts avec lui.
Il s'était fait une raison, à force, son fils le détestait, très certainement à raison, et il ne pouvait rien faire pour arranger les choses entre eux.
Et puis cette femme, Lacey French, était venue dans sa boutique, lui avait dit ses quatre vérités, lui avait balancé au visage ce qu'il avait besoin d'entendre, ce que personne n'osait jamais lui dire en face, à part son fils avant qu'il ne parte définitivement, et il avait commencé à réfléchir.
Peut-être qu'au bout du compte, tout n'était pas encore perdu pour lui, peut-être qu'il pouvait renouer avec la seule famille qu'il lui restait, qu'il n'était pas trop tard.
Il ne savait pas comment faire, et c'était sans doute ça le seul problème, il avait peur d'essayer et de se planter complètement, de perdre une fois de plus le contrôle et de redevenir sans le vouloir l'ordure froide, arrogante et méprisante qu'il était depuis si longtemps qu'il avait oublié comment faire pour être quelqu'un d'autre.
Pour commencer, il pouvait faire simple et dire avant tout ce que Neal avait désespérément besoin d'entendre.
Je suis désolé.
Seulement, il ignorait encore si celui-ci était décidé ou non à l'écouter.
§§§§
D'ordinaire, l'antiquaire tentait d'éviter de se mêler des affaires des autres.
Ça lui avait plutôt bien servi par le passé, et il suivait cette conduite d'ordinaire mais alors qu'après avoir fermé sa boutique, un soir, il entendit deux personnes se disputer, dont une qu'il reconnut rapidement comme la fille de Moe French, il décida d'intervenir.
Il ne comprit pas pourquoi, n'avait même pas envie d'inventer une raison particulière, tout ce qu'il savait c'était qu'elle avait l'air d'être en colère, contrariée et que son sang n'avait fait qu'un tour, tandis que quelque chose en lui le poussait à l'aider.
Ça ne lui ressemblait pas, et il le savait, il était lâche et égoïste, comme son fils le lui avait hurlé autrefois, lors d'une de leur nombreuses disputes, il ne se souciait jamais des autres, c'était bien connu, c'était un fait dont il n'avait que trop conscience.
Mais après tout, monsieur Gold n'était pas non plus connu pour accorder à ses locataires des délais supplémentaires pour payer leurs loyers.
À croire qu'il y avait un début à tout.
«Excusez-moi, est-ce que cet individu vous importune?
Lacey sursauta en le voyant et en s'approchant de plus près, il reconnut Keith, le shérif de Storybrooke, et là où n'importe qui d'autre aurait sans doute fait machine arrière, il n'en fit rien.
Il était un des hommes les plus riches et les plus puissants de la ville, ce cowboy de pacotille ne lui faisait pas peur.
Il remarqua ensuite qu'il avait un bouquet de fleurs dans les mains, destiné très probablement à la serveuse, qui n'avait pas l'air déterminée à l'accepter et cela le conforta dans l'idée qu'il avait bien agi.
Pour une fois.
La brune hocha la tête en lui souriant avec crispation.
- Ne vous en faites pas monsieur Gold, tout va bien, Keith allait justement partir. N'est-ce pas Keith? Dit-elle à son ancien petit-ami avec un immense sourire hypocrite qui sonnait horriblement faux.
Le jeune homme grommela quelques paroles incompréhensibles avant de finalement partir et ce ne fut que quand ils le perdirent de vue que Lacey se détendit enfin, poussant un soupir de soulagement.
Elle lui adressa un sourire empli de gratitude.
- Merci.
- Vous êtes sûre que ça va? Vous n'aviez pas l'air très à l'aise.
Euphémisme de l'année, songea-t-il intérieurement.
Elle soupira.
- Non, ne vous en faites pas, j'ai l'habitude de le gérer, il est juste devenu un peu plus insistant ces derniers temps, il m'a prise au dépourvu, je ne m'attendais pas à ce qu'il me suive après mon service au Granny's… De toute évidence, j'aurais dû, ajouta-t-elle en frissonnant.
- Qu'est-ce qu'il vous veut au juste?
- C'est Keith, mon ancien petit-ami. Il vient pour s'excuser et à chaque fois je refuse de l'écouter, et j'aimerais juste… qu'il me laisse tranquille.
- Pourquoi est-ce que vous l'avez quitté? Demanda-t-il sans pouvoir s'en empêcher, piqué par la curiosité.
Avant qu'il ne puisse se reprendre et lui dire qu'elle n'avait pas à répondre, elle lâcha sans hésitation la réponse.
- Il m'a frappée.
Monsieur Gold broya aussitôt la canne qu'il tenait dans ses mains, ne s'attendant pas à la vague de colère qui le submergea immédiatement au point de quasiment l'étouffer.
Ça n'avait aucun sens.
Certes, c'était honteux, bien sûr, scandaleux, condamnable, mais il n'aurait pas dû se sentir autant impliqué, il ne connaissait pas cette femme, il ne savait rien d'elle, elle n'était qu'une de ses locataires, rien de plus, ça n'aurait pas dû le toucher, il était monsieur Gold, il était censé ne rien ressentir à part l'appât du gain.
Peut-être s'était-il trompé sur ça, en fin de compte, comme sur beaucoup d'autres choses.
- Il vous a frappée? Répéta-t-il d'une voix emplie de fureur, se retenant à grand-peine de hurler.
Lacey fronça les sourcils quand elle comprit qu'il ne remettait pas sa parole en question, mais qu'il était simplement furieux.
Pourquoi est-ce que l'homme si méchant et indifférent au sort des autres se souciait d'elle et de ce qui lui était arrivé?
Et pourquoi est-ce que ça la touchait autant alors qu'elle était censée le détester?
- Oui, poursuivit-elle, il m'a giflée, une fois, il y a environ un mois, il m'a hurlé des choses horribles, il m'a accusée de le tromper, j'ai pu m'enfuir avant qu'il n'aille trop loin. Je ne sais pas ce qui serait arrivé si je ne l'avais pas fait.
L'antiquaire ressentit alors des émotions contradictoires, l'envie d'aller voir ce petit salopard et lui casser la gueule à coups de canne jusqu'à ce qu'il pisse le sang et que sa propre mère ne puisse plus le reconnaître, mais également de serrer Lacey dans ses bras, de lui dire que tout irait bien, qu'il la protégerait de lui désormais.
Il n'avait pas ressenti un tel besoin de protéger une autre personne que son fils depuis une éternité.
C'était à la fois terrifiant et réconfortant, ça lui prouvait que contrairement à ce que tout le monde en ville croyait, lui compris, il avait encore un cœur.
- Est-ce qu'il avait déjà été violent avant?
- Non, jamais. Pas avec moi du moins et je… je n'ai vraiment rien vu venir.
- Est-ce que vous en avez parlé à la police?
Un sourire cynique qui n'avait rien à faire là se dessina sur le visage de l'aspirante bibliothécaire.
- Monsieur Gold… vous semblez oublier que c'est lui la police.
Ce n'était pas juste.
Des injustices, l'antiquaire en avait connues au cours de sa vie, il en avait subies, il en avait commises et il ne savait pas pourquoi celle-ci le bouleversait plus que les autres.
- Vous devriez faire quelque chose, agir, ne pas laisser cela impuni. Porter plainte.
La jeune femme haussa les épaules.
C'était ce que ses proches tentaient de la convaincre de faire depuis des semaines et elle n'était toujours pas convaincue que ça puisse servir à quelque chose.
- À quoi bon? C'est lui le shérif, et même si nous allons jusqu'au procès, ce dont je doute, ce sera parole contre parole… Nombreux sont ceux qui refuseront de me croire.
- Moi je vous crois, lui assura-t-il immédiatement d'une voix ferme.
C'était la vérité, il en avait la certitude, sans savoir pourquoi, elle ne mentait pas.
Elle lui sourit et son cœur battit à tout rompre, un peu comme la dernière fois qu'il l'avait vue, à la boutique, et il ne parvint pas à s'expliquer pourquoi elle lui faisait cet effet-là.
- Merci, infiniment, mais… ça ne serait pas suffisant, je n'aurai pas les moyens de me payer un bon avocat, Keith quant à lui sera défendu par un ténor du barreau, ma vie sera scrutée au peigne fin, déballée à tout le monde, je… je ne veux pas m'infliger ça. Et puis, ce n'était qu'une gifle, d'autres ont eu beaucoup moins de chance que moi.
Les mots surgirent de sa bouche avant qu'il n'y ait réellement réfléchi, sans qu'il ne puisse les retenir.
- Je pourrais être votre avocat.
Lacey le regarda avec des yeux écarquillés par la surprise.
- Quoi?
- J'ai fait des études de droit, il y a bien longtemps, je pourrais vous représenter, vous défendre.
Il allait lui demander quelque chose en échange, forcément, c'était ce qu'il faisait toujours, il allait lui proposer un marché, se dit-elle, et alors toute la sympathie qu'elle avait actuellement pour lui s'évanouirait parce que le prix à payer était à chaque fois bien trop lourd.
Aussi fut-elle surprise, sans doute tout autant que lui-même quand il déclara ensuite:
- Gratuitement.
Il ne comprit pas ce qui le poussa à faire cette offre insensée, mais elle avait besoin d'aide et peut-être que pour une fois il pouvait être une meilleure personne et montrer qu'il pouvait changer.
Elle cligna des yeux à plusieurs reprises, stupéfaite.
- Vraiment? Vous êtes sûr?
- Certain. Je ne vous demanderai rien, quel que soit le verdict si procès il y a.
- Pourquoi?
Je ne sais pas, pensa-t-il avec stupeur, je ne sais vraiment pas mais j'ai le sentiment que je dois le faire.
- Parce que vous avez peut-être raison, miss French. Peut-être qu'il est temps que je sois de nouveau capable de me regarder dans une glace sans avoir honte de ce que je suis désormais.
Quand Lacey le regarda, ce fut comme si elle le voyait pour la première fois, qu'elle le voyait vraiment, que, comme Belle autrefois, elle voyait l'homme derrière la bête, l'humain derrière le monstre, et son cœur se mit à battre à toute vitesse lui aussi, sans qu'elle ne comprenne ce qu'il lui arrivait.
Quand elle le serra dans ses bras peu après, elle s'y sentit curieusement à sa place, sans parvenir à déterminer pourquoi.
- Merci, lui dit-elle une fois de plus, je ne sais pas si ça aboutira à quelque chose mais au moins… au moins j'aurais essayé d'obtenir justice, alors… merci pour ça.»
Lorsqu'il la regarda partir, pleine d'espoir, monsieur Gold se sentit bien moins misérable que d'ordinaire, et il pria pour que ce sentiment ne le quitte plus jamais à l'avenir.
§§§§
«Le maire organise une réception à la fin du mois, indiqua Graham à James alors que celui-ci venait de lui servir un verre.
Au début, le pirate ne comprit pas pourquoi il partageait cette information avec lui, avant de se souvenir de leur plan pour rapprocher Regina et Emma qui était jusque-là, il fallait bien l'admettre, complètement au point mort.
- Quand? Demanda-t-il, même en sachant qu'en un sens c'était parfaitement inutile, les dates avaient beau changer, les jours être différents, pour leur donner l'illusion de la normalité, pas comme la dernière fois quand le Sort noir avait duré vingt-huit ans, le temps ne passait plus pour eux à Storybrooke.
- Le 27 octobre.
Bien, ça lui laisserait normalement assez de temps pour convaincre Regina d'y aller, la persuader qu'elle avait besoin de sortir, de voir des gens, ce qui dans le fond était la pure et stricte vérité.
- Pour quelle occasion?
Il s'en fichait à vrai dire, n'avait pas envie de le savoir, après tout quelle importance puisque ce qui allait être célébré n'était même pas réel, n'était jamais arrivé?
- L'anniversaire de mariage de son fils, apparemment il veut faire quelque chose de grandiose, je crois que toute la ville est invitée.
Killian se crispa aussitôt, espérant que Graham ne verrait rien.
Son fils.
David en somme, le père d'Emma Swan, le mari de Blanche-Neige, pas l'époux d'une femme qu'il n'avait jamais aimée, piégé dans cette mascarade forgée par la malédiction pour le faire souffrir, lui, et tous les autres.
- Je vois.
Alors que son esprit se focalisait sur un détail en particulier, le fait que la fête était ouverte à tous, il ne put empêcher son cœur de ressentir un espoir mal placé, parce que peut-être, peut-être que Neal serait là.
Ce ne serait probablement pas le cas, vu l'ampleur de l'événement, son père serait sûrement présent, et nul doute qu'il ne voudrait pas le croiser, de toute façon même dans le cas contraire ça ne changerait absolument rien à leur relation, sans compter qu'il avait une mission à mener, il n'avait pas le temps de se laisser distraire par qui que ce soit.
- Emma y sera tout comme moi, de manière officielle, donc je n'aurai pas besoin de la convaincre. Vous pouvez vous charger de Regina?
Il acquiesça.
- Bien sûr. Je ne garantis pas de réussir par contre. Tout dépendra de son moral, de son état d'esprit.
- Est-ce qu'elle va mieux? J'ai essayé de demander de ses nouvelles à Emma, mais comme elle préfère éviter d'aborder le sujet, je ne suis pas au courant de grand-chose.
- Je crois que oui. En vrai, je n'en sais rien, elle n'est pas rentrée depuis très longtemps et je n'ai pas pu être beaucoup en contact avec elle pendant sa cure, et elle est toujours très triste et apathique, ce qui est normal, mais… je pense que c'est le cas. Je l'espère.
Il ne voulait pas la voir sombrer une fois de plus, il ne le supporterait pas, pas alors qu'elle était une de ses seules amies dans cette foutue ville.
Graham sourit avec optimisme.
- Ça devrait être suffisant alors.
Killian le regarda et pensa à tout ce que le shérif adjoint ignorait, à tout ce qu'il leur restait à faire, à accomplir pour arranger les choses et sauver les habitants de cette ville de leur cruel destin, tous les efforts qu'ils devraient déployer rien que pour que les deux femmes échangent ne serait-ce qu'un seul baiser en admettant que ce serait assez et il se força à sourire.
Et ce même s'il n'en avait pas la moindre envie, lui aussi devait sauvegarder les apparences, faire semblant.
- Espérons le, se contenta-t-il de dire.»
L'espoir.
Ils en manquaient cruellement en ce moment.
§§§§
Lundi 22 octobre 2012.
Lacey se sentait bien, soulagée même, depuis sa déplorable tentative de lui présenter des excuses qu'elle ne voulait de toute manière pas entendre, Keith ne s'était plus manifesté et même si ça ne faisait que quelques jours, elle avait le sentiment qu'il allait la laisser tranquille.
Et s'il ne le faisait pas, hé bien, Piper avait eu le temps de lui apprendre deux trois trucs pour se défendre contre lui si jamais il osait tenter une fois de plus de lever la main sur elle.
En parlant de celle-ci, elle se sentait déçue que ses efforts n'aient pas encore porté leurs fruits, il était évident que Ruby plaisait à Piper, mais la jeune femme n'avait pas encore osé se lancer, malgré les encouragements de la serveuse, quant à Ruby, elle ne semblait pas se rendre compte que l'attitude de Piper changeait dès qu'elle lui parlait.
Peut-être parce qu'elle était bien trop occupée à la regarder pour y prêter vraiment attention.
Mais la fille du fleuriste avait un plan, elle se rendrait à la réception organisée par Albert Spencer, et elle savait que ses deux amies iraient aussi, alors si jamais elle ne parvenait pas à au moins les faire danser une fois ensemble au cours de la soirée voire à pousser l'une des deux à inviter l'autre à sortir, hé bien…
Cela signifierait qu'elle était aussi mauvaise entremetteuse que bibliothécaire!
Elle tenta aussi de se convaincre que son impatience d'aller à cette fête n'avait rien à voir avec la potentielle présence de monsieur Gold ou son désir de le revoir.
Avec un succès plus que mitigé.
§§§§
C'était l'anniversaire d'Emma ce jour-là, August s'en rappelait, déjà parce qu'il l'avait toujours fêté avec elle avant Storybrooke, avant qu'elle ne découvre ce qu'il avait fait, et aussi parce que malgré leur brouille, il y avait toujours un rappel dans son téléphone au cas où il oublierait de le lui souhaiter.
C'était à ça qu'il pensait, à ça et à tout ce qui n'était qu'échecs et impasses dans sa vie, tandis qu'il contemplait d'un œil morne l'invitation à se rendre à la fête organisée en l'honneur de l'anniversaire de mariage de David et Ashley Spencer.
Il faillit jeter le carton à la poubelle sans y prêter plus d'attention que cela, ne se souciant pas du bonheur de gens qu'il ne connaissait même pas, pour ensuite continuer à s'apitoyer sur son sort, quand une pensée soudaine l'électrisa et le sortit de sa torpeur.
Peut-être qu'Emma s'y trouverait, peut-être qu'il pourrait la voir, lui parler, si elle acceptait de l'écouter, de le laisser lui dire à quel point il était désolé, et sans doute ne le laisserait-elle rien lui dire, mais ça ne coûtait rien d'essayer.
Il se leva, bien décidé à utiliser ce coup de pouce du destin du mieux qu'il pouvait.
S'il se pouvait qu'il y ait une chance qu'il n'ait pas perdu sa petite sœur à jamais, il ferait en sorte de s'en saisir, de ne pas la laisser s'échapper.
§§§§
Mary-Margaret regarda le docteur Whale avec un air abasourdi.
«Vous… vous voulez que je vous accompagne à la réception donnée par le maire samedi?
Whale acquiesça.
- En effet. J'ai le droit d'amener quelqu'un et j'ai pensé à vous.
Vous devez vous sentir bien seul si vous proposez ça à une femme que vous payez pour coucher avec vous et passer la nuit à vos côtés, songea-t-elle, se sentant triste pour lui.
- Vous êtes sûr?
- Certain, j'apprécie votre compagnie, et à part si vous avez autre chose de prévu, ça devrait vous changer de votre quotidien. Vous serez payée si jamais c'est ce qui vous inquiète, la rassura-t-il.
Ce n'était pas ça le problème, enfin, pas le seul.
- Ce sera un endroit très distingué, il y aura beaucoup de monde, je ne sais pas si je serai à ma place, je ferai tache.
Il balaya ses inquiétudes d'un geste de la main.
- Je me chargerai de vous trouver une tenue si vous dites oui, ne vous en faites pas pour ça, vous serez ravissante.
Ça semblait si facile dit comme ça, d'un autre côté, tout l'était quand on disposait d'autant d'argent à sa disposition, du moins le supposait-elle.
- Ce n'est pas… Je… Je suis une escorte. Une prostituée. Il y aura sûrement plusieurs de mes clients là-bas, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.
- Vous avez peur de subir des remarques désobligeantes? L'interrogea-t-il en fronçant les sourcils.
- Oh j'en ai l'habitude, ne vous en faites pas. Mais et vous?
- Quoi moi?
- Vous n'aurez pas honte de vous montrer avec moi?
- Absolument pas, lui répondit-il aussitôt avec une franchise désarmante et elle le fixa avec stupéfaction.
Le docteur Whale pouvait faire preuve parfois d'arrogance et de mépris, il n'était pas toujours sympathique ou avenant, son humeur n'était pas des plus fins, mais il s'était toujours montré correct avec elle et elle se sentit reconnaissante pour ça.
De savoir que son travail et leur relation n'avaient aucun impact sur sa décision, qu'il s'en fichait.
Et puis, cela lui ferait du bien de sortir, surtout si c'était tout frais payés.
Elle sourit.
- C'est d'accord dans ce cas, accepta-t-elle, ignorant que sa vie était à deux doigts de basculer à jamais.»
§§§§
«Je sais que tu ne portes pas le maire dans ton cœur… Commença Killian avec précaution.
- Comme à peu près tout le monde dans cette ville, marmonna Regina en grinçant les dents.
- Mais toi sans doute plus que les autres, lui fit-il remarquer.
Après tout, c'était lui qui lui avait pris sa place à la mairie, lui qui lui avait racheté son haras.
- Où veux-tu en venir?
- Il organise une fête samedi. Je me suis dit que ce serait bien que tu y ailles, ça te ferait sortir, voir du monde, oublier tes soucis, penser à autre chose, te changer les idées, peut-être même que tu pourrais t'amuser.
- Et je suppose que tu serais mon chaperon, t'assurant que je ne fais pas de bêtise? Ironisa-t-elle.
- Précisément.
Il ne lui parla pas d'Emma, il valait mieux ne rien dire en espérant qu'elle ne partirait pas du principe qu'elle y serait forcément.
Elle y songea pendant quelques secondes, semblant peser le pour et le contre avant de finalement hocher la tête.
- C'est d'accord. Pourquoi pas. Mais on s'en ira à l'instant où je voudrai partir, d'accord?»
Il se retint de pousser un soupir de soulagement avant d'acquiescer.
Il n'aurait pas cru que ce serait aussi facile.
§§§§
Il ne comprenait pas d'où lui venaient ses rêves.
Henry se doutait que c'était sans doute le cas pour la plupart des gens, personne ne comprenait vraiment ses songes en général, ni ne s'en souvenait au réveil et lui non plus d'ailleurs.
Pourtant, ils le marquaient, durablement, sans qu'il ne détermine exactement pourquoi.
Ça n'aurait pas dû l'inquiéter, ni même être important, mais son cœur battait à tout rompre à son réveil, comme s'il devait faire quelque chose à ce sujet mais ignorait quoi exactement, comme s'il avait oublié.
Il ne savait pas pourquoi il y avait de la magie et des monstres dans ses rêves, des héros et des méchants, pourquoi des gens qu'il n'avait jamais vus de sa vie l'appelaient au secours.
Il n'était qu'un petit garçon d'à peine dix ans après tout, il n'était pas capable de faire quoi ce soit pour les aider, en admettant qu'ils soient réels.
Ces instants de panique ne duraient jamais longtemps, ensuite il avalait ses médicaments et les images, les voix, les paroles, tout ça s'effaçait pour de bon en seulement quelques secondes, et il se sentait mieux, apaisé, tout redevenait normal.
Les choses étaient telles qu'elles devaient l'être.
À suivre…
Notes:
Titre du 31/05/2025 : Contre attaque
Bélier : Rumple (OUAT)
14 avril 1961 – Robert Carlyle
Cap ou pas Cap d' écrire Une histoire où pendant le Sort noir de Peter Pan Rumple et Belle se croisent et il y a un frémissement en eux mais ils ne comprennent pas le pourquoi parce que ça n' avait jamais fait ça avant ?
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects des… personnages de "The Owl House" (Partie 2) : Hunter : Écrire sur Graham (OUAT) ou écrire sur un garde
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, copc, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 164: Pour une danse avec toi.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Samedi 27 octobre 2012.
Killian Jones sut aussitôt en entrant dans la pièce que la partie était loin d'être gagnée alors qu'il croisait le regard amusé de Peter Pan et son sourire narquois.
Évidemment.
Évidemment que ce petit salopard de sorcier immortel serait là, bien sûr qu'il viendrait, c'était lui qui régissait tout dans cette ville, et s'il s'était déplacé, c'était soit pour tout surveiller, tout contrôler, s'assurer qu'aucun d'eux ne dévierait de la partition, du script qu'il avait écrit pour chacun d'eux et qu'ils devaient tous suivre à la lettre, soit tout simplement pour regarder et se repaître de leur désespoir et des vains efforts du pirate pour arranger les choses.
L'un dans l'autre, quoi qu'il fasse, il savait déjà que ses moindres faits et gestes seraient scrutés et observés par le père de Rumplestiltskin, comme tous ceux des autres participants à la réception.
Il n'avait plus qu'à espérer pouvoir échapper à sa vigilance même s'il doutait que ce soit aussi simple.
Si c'était vraiment le cas, autant jouer le tout pour le tout et faire tout ce qu'il pouvait afin que son plan soit un succès.
Que le meilleur gagne, en somme.
Pour une fois, il espérait que ce serait lui.
§§§§
La présence de son ennemi, de celui qui avait ruiné leurs vies sans que personne en dehors de lui-même n'en sache rien, n'était pas la seule raison de sa nervosité.
Le problème c'était aussi Emma, Regina et la manière dont elles allaient réagir en se voyant, en réalisant que l'autre était là, il espérait que lui et Graham n'avaient pas fait une erreur, que ce serait un pas dans la bonne direction et pas un retour en arrière.
Il regarda brièvement la brune, elle était magnifique, comme toujours, vêtue d'une robe qui même si elle était loin d'être à la hauteur des tenues qu'elle possédait en tant que reine dans la Forêt Enchantée, restait tout de même sublime.
Elle était sobre désormais, depuis au moins deux mois, il y avait veillé, et s'il y avait toujours des cernes sous ses yeux (mais est-ce que qui que ce soit dans cette ville dormait bien la nuit?) elles étaient moins présentes qu'avant, même si elle semblait triste elle avait bien meilleure mine désormais.
Le moment où Killian l'avait découverte inconsciente semblait n'être plus qu'un mauvais souvenir, même si à chaque instant, dès qu'elle semblait flancher, il essayait de l'aider à remonter la pente, l'empêcher à tout prix de se noyer.
Il ne pouvait pas la perdre, non, pas maintenant, pas après avoir failli le faire, être passé à deux doigts de la catastrophe.
Peter Pan ne pouvait pas lui prendre ça aussi, en plus de tout le reste.
À côté de lui, Regina se figea aussitôt et il n'eut pas besoin de regarder dans la même direction qu'elle pour savoir exactement sur quoi ses yeux s'étaient posés.
Ou plutôt sur qui.
Emma Swan, sublime elle aussi dans une robe rouge comme le sang et l'ancienne mairesse se retourna aussitôt vers lui, les yeux brûlants de rage.
«Tu le savais, lui lança-t-elle immédiatement, accusatrice, tu le savais et tu ne m'as rien dit. Tu as tout fait pour que je vienne et depuis le début c'était pour ça. Parce qu'elle serait là. J'imagine que j'aurais dû m'en rendre compte.
- Je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler, prétendit-il en lui souriant avec amabilité.
- Tu m'as piégée, siffla-t-elle, j'espère que tu es content de toi.
- J'imagine que tu ne me croiras pas si je te dis que ce n'est rien de plus qu'une simple coïncidence.
- Oh, ce serait sans doute plausible si tu n'avais pas passé un temps considérable à essayer de me convaincre de tenter de reconquérir mon ex-femme, ironisa-t-elle.
Elle n'a jamais été ta femme, dut-il se retenir de lui assener, et maintenant, à part si Peter Pan était vaincu, elle n'aurait jamais la moindre chance de le devenir un jour.
- Vous pouvez au moins vous parler et rester dans la même pièce sans vous écharper, non? Après ton coma éthylique, est-ce que vous vous êtes vues?
La brune soupira.
- En dehors de notre conversation à l'hôpital, non, pas vraiment. Elle m'a appelée plusieurs fois, durant ma cure et après, pour demander de mes nouvelles, mais en dehors de ça… James, je sais que tu essaies de bien faire mais tes efforts seront vains. Certaines choses ne peuvent tout simplement pas être réparées.»
Il se demanda ce qu'il aurait fait s'il avait été à sa place.
Si, au lieu d'avoir deux vies dans la tête, il n'avait eu que les souvenirs de James Rogers, avait entièrement été maudit, s'il aurait agi comme elle, si le poids de la malédiction aurait été bien trop écrasant pour qu'il puisse croire une seule seconde que les choses puissent être différentes.
Il n'était pas sûr d'avoir vraiment envie de le savoir.
À quelques pas d'eux, Emma remarqua enfin leur présence et, au lieu d'aller vers eux, elle foudroya Graham du regard et, par défi, lui prit la main pour l'emmener sur la piste afin de danser avec lui.
Killian ne put s'empêcher de soupirer, déçu, n'ayant pas besoin de voir le sourire narquois de Peter Pan pour l'imaginer en train de l'arborer.
Il savait bien que les choses ne seraient pas le moins du monde simples, mais il aurait voulu qu'elles le soient pour une fois.
§§§§
«Je suppose que tu étais au courant de cette petite mascarade? Siffla Emma entre ses dents à son collègue et amant.
Ce dernier soupira.
- Effectivement, reconnut-il.
Il aurait dû le savoir, voir venir le fait qu'elle et Regina n'allaient pas renouer en un instant autour d'une danse, comme dans un conte de fées, mais en être conscient ne l'empêcha d'être déçu.
Il était fatigué de tout ça, de cette situation, de voir son amie se perdre dans ses bras pour oublier une femme qu'elle aimait encore, qu'elle aimerait toujours, fatigué de la voir se détruire en n'écoutant pas ce que son propre cœur lui hurlait pourtant à plein poumons, fatigué de la voir terriblement malheureuse sans rien pouvoir y faire.
Ça n'aurait pas dû se passer de cette manière et pourquoi au juste, pourquoi étaient-ils incapables d'être heureux sans saboter leurs chances de bonheur?
- Pourquoi est-ce que tu n'as pas estimé utile de m'en parler?
- Je voulais te faire la surprise? Tenta-t-il sans grande conviction.
- Oh, parfait, lui rétorqua-t-elle d'une voix froide tandis qu'ils continuaient de danser, je suis surprise. C'est réussi. Tu vois, je ne comprenais pas pourquoi tu voulais que je fasse tellement attention à ma tenue, pourquoi tu voulais à ce point que je sois particulièrement en beauté ce soir. Je vois pourquoi maintenant.
- Tu pourrais essayer de lui parler au moins. De renouer avec elle, petit à petit, je ne te demande pas de faire en sorte que tout redevienne comme avant parce que je sais que c'est impossible, mais… Emma, tu l'aimes toujours.
Dans ses beaux yeux verts, la tristesse avait remplacé la colère.
- Parfois, l'amour ne suffit pas. J'aimerais que ce soit le cas mais c'est faux. Je… Ce qui est arrivé à Daniel, ce qu'on a traversé, c'est… Ça se mettra toujours entre nous. Ça nous détruira. Ça a failli nous détruire et je refuse, on s'est déjà fait trop de mal comme ça.
- Peut-être pas. Peut-être que si vous vous retrouviez, vous pourriez faire votre deuil ensemble, avancer côte à côte, main dans la main. Elle te manque Emma, n'essaie même pas de le nier, et ton cœur saigne sans elle, il se meurt et tu te fais du mal en tentant de l'épargner, de vous épargner toutes les deux. Tu n'es pas obligée de t'infliger ça, de te punir pour la mort de Daniel. C'était un accident, ce n'était ni de sa faute ni de la tienne.
- Je… C'est ce qu'Archie m'a dit, lui répondit-elle d'une voix étranglée, les larmes aux yeux, mais Graham, je… J'ai tellement peur.
- Je sais Emma, je sais, mais… Tu n'es pas obligée de laisser la peur guider ta vie et tes choix.
- Qu'est-ce que je pourrais bien lui dire?
- Salut me semble être une bonne manière de commencer. D'ailleurs, si j'étais toi, je commencerais à me préparer.
La blonde fronça les sourcils, perdue.
- Quoi?
Il ne répondit jamais à sa question et s'esquiva, changeant de cavalière pour un cavalier, tandis que la shérif adjointe se retrouvait, stupéfaite, face à Regina, qui semblait tout aussi surprise qu'elle et en voyant James Rogers s'esquiver peu après, elle comprit qu'ils avaient comploté ensemble pour que ça arrive.
Elle n'arriva même pas à leur en vouloir.
Croisant le regard de celle qu'elle avait tant cherché à éviter tant en désirant désespérément sa présence, Emma déglutit avec difficulté avant d'essayer de sourire le plus sincèrement possible.
Qu'est-ce que Graham avait dit déjà?
Ah oui.
Salut.
- Salut, dit-elle en sentant son sourire s'agrandir presque malgré elle, parce que c'était Regina, parce que tout ce qu'elle voulait c'était la serrer contre elle et l'embrasser, que s'envolent ces mois de souffrance et de désespoir.
Sauf que ce n'était pas possible parce que Daniel était mort et qu'il ne reviendrait jamais.
Regina lui sourit avec un air hésitant.
- Salut.»
§§§§
August ne comprit pas ce qui lui arrivait alors qu'une main attrapait brusquement la sienne pour le propulser sur la piste de danse sans qu'il n'ait à aucun moment demandé à y aller.
«Qu'est-ce que… laissa-t-il échapper, stupéfait et abasourdi.
Un rire amusé lui répondit et il lança un regard perdu à celui qui était désormais son cavalier, apparemment.
- Navré, s'excusa-t-il avec un sourire contrit qu'August ne put s'empêcher de trouver fort séduisant, je me doute que ça peut sembler très déstabilisant, mais j'avais besoin d'un prétexte pour envoyer ma cavalière dans les bras d'une autre, et il me fallait quelqu'un avec qui danser pour que ça semble crédible et vous étiez là. Pardon. Ses yeux se mirent à briller. Je suis en mission entremetteur ce soir. Une sorte d'opération Cupidon si on peut dire.
- Oh, je suppose que ça explique tout alors, ironisa l'auteur, plus amusé que contrarié.
L'inconnu, qui semblait étrangement familier, éclata de rire, et August se surprit à vouloir continuer de danser avec lui sans réussir à s'expliquer pourquoi.
- Je me doute que ça peut sembler un peu nébuleux dit comme ça, reconnut-il, si vous voulez je peux vous libérer, ajouta-t-il avec un air malicieux, vous n'aurez pas à appeler au secours et je ne vous embêterai plus, promis.
Et quoi, retourner non loin du buffet à broyer du noir parce qu'il n'avait aucune idée de comment faire pour aborder sa sœur de cœur, comment trouver le courage de lui parler en espérant qu'elle l'écouterait?
Il en était hors de question.
- Honnêtement, vous m'avez intrigué, admit-il, dites m'en plus sur cette histoire d'entremetteur je vous prie. Après tout, vous avez fait de moi votre cavalier sans me demander mon avis, vous me devez bien ça.
Graham eut envie de rire de nouveau, et depuis quand n'avait-il pas éprouvé le besoin de rire de bon cœur sans que ce rire soit teinté de tristesse, au moins un peu?
- Marché conclu.»
§§§§
David Spencer s'ennuyait profondément, et il se doutait bien que c'était également le cas d'Ashley.
Ce n'était pas ce qu'ils voulaient, l'un comme l'autre, ils n'avaient jamais demandé à ce qu'une telle fête, une réception aussi grandiose et fastueuse, soit organisée pour célébrer ce qui était pour lui sans conteste le plus grand mensonge, la plus grande tromperie jamais commise à Storybrooke.
Un mariage soit-disant heureux et rempli d'amour alors qu'il n'était fait que d'amertume et de faux-semblants.
Il aurait aimé pouvoir mettre fin à cette mascarade, enfin avouer la vérité à tout le monde, sortir de cette prison dans laquelle lui et son épouse étaient enfermés depuis bien trop longtemps, parce qu'il fallait que ça cesse, mais il ne pouvait pas.
À la place, il devait se taire et se forcer à sourire, alors qu'il aurait tant aimé être ailleurs, être chez lui, en train noyer son chagrin avec la blonde ou bien en restant seul, s'occupant de leur fille tandis qu'elle partait retrouver l'homme qu'elle aimait vraiment, le seul capable de la rendre heureuse.
Il dût se retenir de bailler, lui et Ashley venaient de danser ensemble, sans grande conviction, pour faire illusion et il se voyait obligé d'écouter les félicitations de gens à qui il rêvait de dire que le couple de rêve, le couple parfait qu'ils pensaient contempler actuellement, n'avait jamais été réel un seul instant.
Ce fut à ce moment, alors qu'il regardait autour de lui, attendant avec impatience de pouvoir quitter les lieux, qu'il l'aperçut.
Dans cet univers si gris et morne, si sombre, dépourvu de couleurs, elle était une lueur dans l'obscurité, une touche de lumière colorée avec ses cheveux noirs et sa robe bleue, elle était si belle qu'il oublia comme faire pour respirer pendant quelques secondes.
Devant lui, l'inconnue se figea elle aussi, elle venait tout juste d'arriver, au bras du docteur Whale, et quand leurs regards se croisèrent, ce fut comme si le temps s'était arrêté.
Cela n'avait duré quelques secondes, mais il avait senti son cœur battre à tout rompre, comme s'il se réveillait enfin après être resté endormi pendant si longtemps qu'il avait fini par oublier ce que cela faisait de ressentir quelque chose.
Il se sentait comme le prince de Cendrillon, enfin sorti de son apathie par une apparition sortie de nulle part (détail d'autant plus ironique qu'il était marié à l'héroïne de l'histoire).
Il n'avait pas la moindre idée de qui était cette femme, mais il avait la ferme intention de le découvrir avant la fin de la soirée, parce qu'il devait la revoir même s'il ignorait complètement pourquoi ça lui semblait si important.
Il savait juste que ça l'était.
§§§§
Les gestes semblaient leur revenir de façon si naturelle que c'en était presque terrifiant.
Ce n'était pas la première fois qu'elles dansaient ensemble, évidemment, en près de six ans, quand Regina était encore à la mairie, elles avaient participé à de nombreux événements, des réceptions en tout genre, et c'était presque comme si tout était comme avant, que rien n'avait changé.
Presque.
Cette danse était semblable à toutes les autres et en même temps si différente, lui rappelant tout ce qu'elles avaient perdu, tout ce qui avait été et ne serait plus, plus jamais.
(Il y avait eu une autre danse aussi, plus informelle celle-là, quand elles pensaient encore avoir gagné, quand l'espoir n'était pas mort et enterré, quand le futur brillait plus fort que le soleil et que l'avenir semblait radieux et empli de possibles mais ce n'était pas comme si elles pouvaient s'en souvenir.)
Emma aurait voulu que les choses soient différentes, pouvoir serrer celle qu'elle aimait encore si fort contre elle, rire avec elle, l'embrasser, mais il y avait Daniel, il y avait ce fantôme qui se mettait entre eux et qui rendait leurs potentielles étreintes si glacées et suffocantes.
«Comment tu vas? Demanda-t-elle à Regina, parce qu'elle devait bien parler après tout, ne pas laisser planer un silence qui pouvait rapidement devenir gênant.
- Bien, lui rétorqua son ancienne compagne, et ce n'était pas un mensonge, pas vraiment, et Emma n'aurait sans doute pas dû se sentir aussi heureuse de se dire que c'était parce qu'elle était là que la brune allait bien, ou en tout cas mieux.
Elle aurait dû enfermer ses sentiments pour Regina quelque part au fond d'elle-même et jeter la clef, pour ne plus rien ressentir pour elle, à jamais.
Malheureusement, le cœur était une chose capricieuse et rarement obéissante.
- Tu es sûre? Je sais qu'on ne s'est pas beaucoup vues, et c'est de ma faute, même si on a un peu parlé par téléphone, seulement…
- Emma. Je vais bien.
Emma sourit.
- Tant mieux.
- Et je crois que j'irais mieux si… si on passait plus de temps ensemble.
Le visage de la shérif adjointe s'assombrit aussitôt alors que son sourire s'évanouissait.
- Tu me demandes de revenir?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Même si je le voudrais bien, et bien que je n'approuve pas les méthodes de James et de Graham – je suppose qu'ils sont de mèche vu leurs attitudes – je dois reconnaître que… enfin, ils n'ont peut-être pas tort. Tu me manques mon amour, et je ne sais pas si je te manque autant que toi tu me manques mais si c'est au moins à moitié le cas, alors je… Je t'en prie, on pourrait réessayer, au moins de se voir de temps en temps, pour parler… Parler de lui, de Daniel et de ce que nos vies sont devenues depuis… depuis notre divorce.
Emma lui sourit avec toute la tristesse du monde.
- J'aimerais pouvoir te dire oui, j'aimerais vraiment, j'aimerais pouvoir te faire des promesses et être sûre d'être capable de les tenir, seulement… j'en suis incapable.
Peut-être que si je n'y pense pas, songea-t-elle, ça ne fera plus aussi mal. Peut-être que si je n'en parle pas, ce sera comme si ce n'était jamais arrivé.
- Emma…
- Je ne peux pas, je suis désolée, c'est… c'est trop. Notre passé, notre maison, toi, Daniel, c'est… tout ça… ça me fait trop mal. Ça te fait trop mal également, je le vois bien et… je suis désolée mais je crois que rouvrir des blessures qui n'ont même pas eu le temps de cicatriser ne nous ferait aucun bien.
Puis elle posa son front contre celui de Regina et soupira.
- On ne pourra plus jamais être ensemble, lança-t-elle ensuite d'une voix brisée, en fait je ne sais même pas si je suis capable de faire en sorte qu'on soit quoi que ce soit tout court en fait. »
Elle aurait aimé que ça puisse être le cas, et elle voulait essayer, vraiment, leur donner une chance, mais quelque chose en l'en empêchait.
Et elle n'avait pas la moindre idée de ce que c'était au juste.
§§§§
«Alors dites-moi, c'est quoi l'histoire? Demanda August à Graham.
Ils ne dansaient plus, discutant à l'écart des autres, tandis que l'écrivain gardait toujours un œil sur Emma, guettant le moment où il pourrait lui parler.
- J'ai une collègue, elle et sa femme sont séparées depuis peu, suite à des événements tragiques et il me paraît évident qu'elles s'aiment toujours. Aussi, avec un ami de l'ex-femme de ma collègue, j'ai mis ce plan en place, afin de faire en sorte qu'elles se revoient, qu'elles se parlent.
- Oh, vous pensez que le simple fait d'échanger quelques mots suffira à leur faire réaliser qu'elles ne peuvent pas vivre l'une sans l'autre?
Graham haussa les épaules.
- Je pense que quand on s'est aimé pendant aussi longtemps, cela ne disparaît pas du jour au lendemain, à jamais.
August aurait aimé que ce soit le cas, alors, peut-être que ça aurait été suffisant pour qu'Emma accepte de le pardonner pour ce qu'il avait fait.
- Elle s'appelle comment votre collègue? L'interrogea-t-il, curieux, ne lui ayant même pas demandé ce qu'il faisait comme travail.
- Emma Swan, lui répondit-il et l'ancien voleur faillit s'étouffer avec son cocktail en entendant le nom de celle avec qui il voulait si désespérément parler, reprendre contact et tout s'éclaira soudainement.
Oh.
Imbécile.
L'homme juste à côté de lui, il le connaissait, bien sûr, c'était le collègue d'Emma au commissariat, il l'avait déjà rencontré, près de six ans plus tôt, brièvement, juste après leur arrivée à Storybrooke et la prise de poste de la jeune femme.
Puis, ils ne s'étaient plus revus, Emma avait fini par découvrir toute l'étendue de ses mensonges et il avait fini par l'oublier.
(Comme bien d'autres choses…)
Il aurait sans doute dû lui dire qui il était, quel était son lien avec Emma, lui parler de leur brouille, mais puisqu'il était August Booth, un menteur et un lâche, pourquoi vainement tenter d'être quelque chose qu'il n'était pas?
À la place, il remit son masque en place et se força à sourire.
- Hé bien j'espère que votre opération Cupidon portera ses fruits dans ce cas.
Il pria de toutes ses forces pour que ce soit un succès, parce que sa sœur avait subi bien trop de pertes, de souffrances et de déconvenues pour mériter une déception de plus.
- Elle, je ne sais pas, mais moi j'estime que ça se passe bien pour moi, du moins j'espère. N'hésitez pas à me dire si ce n'est pas le cas, rajouta-t-il en lui adressant un sourire charmeur, et August se sentit aussitôt rougir.»
Merde.
Ce n'était pas censé arriver ça.
Ce n'était pas désagréable néanmoins.
§§§§
Il continua de discuter avec lui, de tout et de rien, de leurs vies respectives, August étant de moins en moins attentif à Emma et de plus en plus à son interlocuteur bien trop charmant pour son propre bien, il n'était pas supposé se laisser distraire, il devait…
Il saisit sa chance en voyant la shérif adjointe semblant prête à partir et il prit la parole.
«Je suis désolé, mais je dois y aller.
- Je peux avoir votre numéro avant?
August le regarda avec stupéfaction.
Il avait l'intention de le revoir?
Il avait pensé que ce n'était qu'un flirt sans lendemain, mais Graham avait vraiment l'air intéressé, et il n'était plus sorti de chez lui depuis si longtemps qu'il avait sans doute perdu toute sociabilité, pourtant ça ne l'avait pas empêché d'attirer son attention.
Ça aussi c'était plutôt agréable.
Cette fois, son sourire n'eut aucunement l'air forcé.
- Bien sûr.»
Il ne savait pas si ça déboucherait sur quoi ce soit, mais au moins il aurait essayé et puis qui sait.
Peut-être que ça lui permettrait enfin de sortir de la spirale de dépression et de désespoir dans laquelle il se trouvait depuis qu'Emma avait coupé les ponts avec lui.
§§§§
Elle avait fait une erreur, jamais elle n'aurait dû accepter de voir Regina, parce que maintenant son cœur, son pauvre cœur stupide et faible, oh, si faible que c'en était à pleurer, lui hurlait de retourner dans ses bras, là où était sa place.
De lui dire oui, de l'embrasser jusqu'à ce qu'elles manquent d'air, et oui elle se sentirait mieux sur le moment mais et après?
Leur avenir menait tout droit à une impasse, peu importe à quel point ça faisait mal de l'avouer.
Elle avait presque atteint la sortie quand elle sentit une main se saisir de son bras et alors qu'elle s'attendait à voir Regina, James ou Graham, et s'apprêtait à leur demander de la laisser partir, elle se figea en reconnaissant son interlocuteur.
«Emma? Est-ce que je peux te parler? Lui demanda celui qu'elle se sentait toujours aussi incapable de pardonner, même six ans plus tard.
- August? S'écria-t-elle, les yeux écarquillés par la surprise.»
§§§§
Rien de ce qui était en train d'arriver ne le surprenait véritablement.
Peter Pan se doutait que cette réception attirerait beaucoup de monde, des gens qui ne se croisaient jamais d'ordinaire, qui n'étaient pas supposés se connaître, qui le reste du temps ignoraient l'existence de tous ces gens qu'ils avaient tant aimé par le passé.
Ce soir, sa malédiction et sa solidité seraient mis à l'épreuve et en voyant Emma et Regina se séparer, les yeux remplis de tristesse, il ne put s'empêcher de sourire, amusé et satisfait.
Oui, il y avait des choses que même la magie ne pouvait pas effacer, mais à l'inverse, il y avait des choses nées de la magie qu'on ne pouvait pas contrer.
Il savait que l'échange de regard entre David et Blanche-Neige, les seuls (amoureux du moins) à être officiellement liés par un amour véritable, sans doute la plus grande menace avec Emma, Regina et leur fils, allait réveiller quelque chose en eux.
Qu'ils tenteraient de se revoir, y arriveraient certainement malgré tous les obstacles sur leur chemin.
Après tout, n'étaient-ils pas censés se retrouver toujours?
Et même si c'était le cas, il les laisserait faire, un temps, et une fois qu'ils penseraient avoir trouvé un peu de bonheur au sein de cet océan de noirceur et de douleur, il frapperait là où ça faisait mal, les laissant plus désespérés et seuls que jamais.
C'était bien le but de la malédiction, que tous ceux sous sa coupe souffrent l'enfer, pour l'éternité, qu'ils croient donc avoir droit à un peu de répit, tous autant qu'ils étaient.
Il leur rappellerait bientôt qui était le véritable maître de Storybrooke, qui tenait leurs vies dans le creux de ses mains, et ils se souviendraient alors d'à quel point il était facile pour lui de détruire leurs existences, de les briser, de les réduire à néant jusqu'à ce qu'ils ne soient plus rien, n'aient plus rien.
C'était une leçon que, contrairement à tout le reste, il était bien décidé à ne jamais les laisser oublier.
À suivre…
Notes:
Titre du 11/10/2025 : Pour une danse avec toi
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
Situation 1153 : A & B ont une conversation importante pendant une danse
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Doudous d'Almayen (Partie 2) : Couscousa : Écrire sur quelqu'un qui a deux visages ou sur une amitié forte
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, 1001 situations, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 aspects, 50 nuances)
Chapter 165: Les petites victoires.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Emma Swan ne put s'empêcher de se dire que ce soir, son passé semblait s'obstiner à vouloir revenir la hanter sans qu'elle n'en ait la moindre envie, sans qu'elle l'air d'avoir son mot à dire à ce sujet.
D'abord Regina et maintenant…
August.
Il n'aurait pas pu choisir pire moment pour venir la voir, tenter de lui parler, faire pour une fois preuve de courage, elle n'était définitivement pas d'humour à écouter ce qu'il pouvait bien avoir à lui dire.
Peut-être aurait-elle dû au moins essayer, être plus diplomate, mais elle s'en sentait incapable, physiquement, viscéralement, elle ne le pouvait pas, c'était exactement la même chose qu'avec Regina, même si pour d'autres raisons, et elle aurait aimé que ce soit différent, vraiment.
Quelque chose en elle s'y refusait, l'interdisait de les écouter ou même de vouloir passer à autre chose, aller de l'avant, pardonner quand c'était nécessaire dans le cas de son frère adoptif.
Parfois elle y songeait, à pardonner August, puis sans qu'elle ne comprenne pourquoi, une bouffée de colère, de rage et de rancœur la foudroyait, la transperçait, et elle renonçait aussitôt.
Elle avait envie de lui téléphoner par moments, de convenir d'un rendez-vous pour enfin oublier cette vieille histoire, passer à autre chose, renouer et ça aurait sans doute été pour le mieux, pour elle comme pour lui.
Ça aurait été raisonnable, logique.
Mais comme son cœur le lui démontrait à chaque fois qu'il s'agissait de son ex-femme, elle n'était aucune de ces deux choses.
«Qu'est-ce que tu veux? Lui demanda-t-elle d'une voix neutre et glaciale une fois qu'elle eut repris ses esprits, ne voulant pas provoquer un esclandre.
Vas-t-en, voulut-elle lui ordonner, sors de ma vie, pars et ne reviens jamais et par les dieux, pourquoi?
Pourquoi fallait-il qu'elle soit à ce point en colère, incapable de pardonner, autant rancunière?
Pourquoi continuait-elle de balayer d'un revers de la main des années d'amitié, de tendresse, d'entraide et de solidarité, au lieu de simplement passer outre, alors que les faits s'étaient déroulés six ans plus tôt?
Après tout, ce qui avait provoqué leur conflit était moins grave que la mort de Daniel.
Elle aurait aimé pouvoir fournir une explication mais elle n'en avait aucune.
- Je suis désolé.
Un sourire cruel qu'elle ne put retenir se dessina sur ses lèvres et August ne put s'empêcher de sursauter et de frémir, ne reconnaissant pas celle avec qui il avait grandi.
- Tu es désolé. Est-ce que c'est vraiment censé changer quoi que ce soit à ce que tu as fait?
Emma aurait aimé se taire, vraiment, mais une partie d'elle-même, celle qui n'était qu'une boule de rage, la petite fille abandonnée par ses parents et qui n'avait jamais su pourquoi, la femme qui avait perdu son fils et la femme qu'elle aimait en même temps, celle qui était tout le temps en colère et avait de plus en plus de mal à le cacher, à le contrôler, avait besoin de blâmer quelqu'un.
De s'en prendre à quelqu'un, n'importe qui, pour tout ce qui n'allait pas dans sa vie, tout ce qu'elle ne pouvait pas changer, tout ce qu'elle avait perdu.
Ça n'aurait pas dû tomber sur August, ça n'aurait pas dû être lui, c'était injuste, méchant et injustifié, mais elle ne pouvait juste pas s'arrêter.
Elle en avait besoin, et c'était mal, cela elle le savait, mais quand est-ce que faire les choses bien lui avait apporté quoi que ce soit au juste?
Sa famille était partie en lambeaux et elle n'avait rien pu faire pour la sauver.
Elle était seule maintenant, plus seule qu'à son arrivée à Storybrooke, cette maudite ville lui avait apporté le bonheur avant de tout lui arracher d'une manière terriblement cruelle et ce n'était pas juste.
- Que voudrais-tu que je te dise d'autre?
Elle éclata de rire, moqueuse, et peut-être que ça rendrait les choses plus faciles comme ça.
Peut-être que si elle faisait tout pour le détester, qu'elle le repoussait loin d'elle, qu'elle se montrait méchante, cruelle et railleuse, alors il la laisserait tranquille et elle ne prendrait pas le risque de le pardonner, de lui faire confiance à nouveau et de lui donner l'occasion de la trahir une fois de plus, de briser la confiance qu'elle lui avait autrefois accordé sans savoir qu'elle prenait la pire décision possible.
C'était lâche.
Mais c'était ce qu'August avait été autrefois, alors peut-être que c'était à son tour de l'être.
La blonde haussa les épaules.
- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse? Dis ce que tu veux, ça ne signifie pas que je daignerai t'écouter.
En voyant l'expression blessée sur le visage de l'auteur, elle se mordit la langue et faillit s'excuser, se rétracter, avant de renoncer, bien décidée à tenir bon.
Elle devait faire mal, le plus possible.
- J'ai fait une erreur, okay? J'étais stupide, et j'ai pris de mauvaises décisions, et je suis désolé, je ne te demande pas de me pardonner, seulement d'accepter de m'écouter, qu'on puisse se parler et se voir à nouveau, parce que tu… tu me manques. Je t'en prie, reviens-moi.
- Tu as fini?
Rester de marbre, ne rien laisser paraître, faire comme si tout cela ne la touchait pas, être plus froide que de la glace, ne pas le serrer dans ses bras, ne pas lui dire à quel point il lui manquait.
Il hocha la tête.
- Oui.
- Bien. Laisse-moi partir dans ce cas. Parce qu'en ce qui me concerne, lâcha-t-elle de la voix la plus désinvolte possible, semblant plus nonchalante qu'elle ne l'était en réalité, je n'ai plus de frère.
Dès qu'elle prononça ces mots, elle les regretta aussitôt mais au lieu de faire machine arrière, elle les assuma, s'en imprégna, se noyant dedans, les répéta en boucle dans sa tête jusqu'à ce qu'ils finissent par devenir la vérité.
Devant elle, August se décomposa aussitôt et sa main retomba le long de son bras, alors qu'il la fixait d'un air abasourdi, choqué et le cœur en miettes.
- Si c'est vraiment ce que tu veux… Laissa-t-il échapper d'une voix brisée.»
Elle ne lui répondit pas et fit volte face, sortant de la pièce le plus vite possible sans se retourner, parce qu'elle le savait, elle se connaissait bien, si elle le faisait, alors elle s'effondrerait dans ses bras et tout ce qu'elle venait de faire aurait été pour rien.
Ce ne fut qu'une fois sortie, seule et uniquement observée par les étoiles et la lune, qu'elle s'autorisa finalement à pleurer.
La prochaine fois qu'elle penserait à lui, ou qu'elle le verrait, elle ne pleurerait pas, elle ne flancherait pas, elle ne ressentirait rien.
Parce que, comme elle le savait désormais, comme elle l'avait appris à la dure…
L'amour était une faiblesse.
§§§§
Ruby était tellement belle et rayonnante dans sa robe verte que Piper n'avait aucune idée de comment l'aborder ni même si elle en était seulement capable.
Elle se sentait si gauche, si maladroite, absolument pas à sa place, elle qui sortait si peu de chez elle en dehors de ses obligations professionnelles ou de ses sorties quotidiennes au Granny's, ou de ses leçons de self défense à Lacey et à Ruby.
Elle était une guerrière, une combattante, elle doutait d'être plus que ça ou de pouvoir être autre chose, ce qui rendait cette situation bien plus effrayante que bien des choses qu'elle avait déjà dû affronter au cours de sa vie.
Sans doute que ça aurait été bien plus facile si elle avait décidé de ne pas venir, si elle était restée chez elle, n'avait pas osé ou tenté de franchir le pas, mais si elle était bien des choses, la brune n'était définitivement pas une lâche.
Non loin d'elle, Lacey lui adressa un sourire d'encouragement, consciente sans doute de tout ce qui tourbillonnait dans sa tête.
«Tu devrais l'inviter à danser, lui conseilla-t-elle en chuchotant, alors que non loin, Ruby discutait avec un client régulier du Granny's, je suis sûre qu'elle n'attend que ça.
Le regard de Piper était affolé.
- Je… je ne sais pas si je pourrais. Après tout, elle est tellement… et moi je suis si…
La serveuse eut du mal à ne pas se prendre la tête dans les mains pour soupirer de découragement.
Pourquoi fallait-il que ses deux amies aient tant de mal à juste se parler?
À la place, elle lui sourit à nouveau, patiente.
- Ça ne te coûterait rien d'essayer, non?»
Peut-être.
Peut-être que Lacey avait raison après tout.
Peut-être qu'il était temps pour elle d'être vraiment courageuse.
Sa décision prise, elle finit son verre, le posa puis se leva tandis que Lacey l'encourageait silencieusement.
Elle attendit que Ruby ait fini de parler avant de l'aborder et la brune l'accueillit d'un sourire éblouissant qui fit faire des loopings à son cœur et elle se fit la réflexion, une fois de plus depuis qu'elle la connaissait, qu'elle était vraiment belle.
«Hey, ça va, tu t'amuses bien? Lui demanda la serveuse et Piper essaya de lui sourire en retour.
- Oui, c'est une belle soirée, et je… je voulais… Je voulais te demander si tu avais envie de danser avec moi.
Elle allait dire non, bien sûr.
Les filles comme elle ne dansaient jamais avec des filles comme Piper, c'était une évidence.
Elle aurait dû le savoir au lieu de se faire inutilement de faux espoirs.
Pourtant, à sa grande surprise, Ruby hocha aussitôt la tête et saisit sa main avant de l'entraîner sur la piste de danse.
- Oui, avec joie.»
Non loin, Lacey sourit, se retenant de faire le signe de la victoire.
Elle espérait que ce serait suffisant pour leur permettre de se rapprocher pour de bon.
Elles méritaient tellement d'être heureuses.
§§§§
Mary-Margaret avait réellement cru que ce serait une soirée tout à fait banale.
Elle s'y rendrait avec le docteur Whale, sans doute pendant peu de temps, ce dernier avait fini tard à l'hôpital, ayant beaucoup de travail, ils danseraient, parleraient, elle ferait semblant de ne pas faire attention aux différents regards posés sur elle et dont elle n'avait que trop l'habitude.
Qu'ils soient interrogateurs, désapprobateurs, indifférents, concupiscents, peu importe, puis elle rentrerait chez elle.
Ce n'était pas ce qui s'était passé.
Non, à la place, elle avait croisé le regard d'un inconnu, ça n'avait duré que quelques secondes, mais ça avait été suffisant pour lui donner l'impression que son univers avait entièrement basculé.
Il lui semblait familier aussi, bien qu'elle ne sut pas pourquoi et quand le docteur Whale lui expliqua de qui il s'agissait, elle eut le certitude de s'être trompée.
Le fils d'Albert Spencer, le fils du maire, un avocat, un homme qu'elle ne connaissait pas, qu'elle n'avait jamais rencontré, normal puisqu'ils n'évoluaient pas dans les mêmes cercles, même si plusieurs de ses clients actuels ou passés étaient des gens riches et faisant parti de la haute société.
Ce n'était pas son cas, elle se serait souvenue de lui dans le cas contraire.
Elle essaya de ne pas le regarder de toute la soirée, et ce fut bien plus difficile qu'elle ne l'aurait cru.
§§§§
Neal n'était pas là, ce qui était à la fois une chance et un déchirement.
Un déchirement, parce que pouvoir le voir au moins quelques minutes, même en sachant qu'il le détestait toujours pour les mauvaises raisons, lui aurait permis de se sentir mieux, de se souvenir qu'il était là, qu'il n'était pas seul, qu'il lui restait encore quelqu'un à qui s'accrocher, une personne qu'il devait sauver, en plus de toutes les autres.
Une chance parce qu'il n'était pas sûr de pouvoir essuyer une déconvenue de plus après le fiasco qu'avaient été les retrouvailles d'Emma et de Regina.
Le visage triste, défait et résigné de la brune lorsqu'elle s'était retrouvée seule avait été suffisant pour que lui et Graham sachent tout ce qu'ils avaient besoin de savoir pour comprendre que ça ne s'était pas bien passé.
À la place de ruminer en voyant l'homme qu'il aimait être à la fois si proche et si loin, il pouvait ruminer seul en buvant au bar, et ça ne rendait pas les choses plus faciles, loin de là.
Parce que, en voyant tous ces couples en train de danser ensemble, il ne put s'empêcher de se remémorer cet instant au Pays Imaginaire, juste avant de réaliser ses sentiments pour lui, quand il avait eu envie de danser avec lui, et maintenant ça n'arriverait probablement jamais.
À l'époque, c'était parce qu'ils se battaient encore pour retrouver Henry et le ramener avec eux, parce que Neal lui en voulait encore, qu'il était certain qu'il ne l'aimerait jamais, et c'était douloureux, oui, mais pas désespérant.
Désormais, tout était différent, si cette danse dont il rêvait tant n'advenait jamais, ce serait à cause de Peter Pan et pourquoi était-il donc si incapable de trouver un moyen d'arranger les choses?
Il tenta de se rassurer en se rappelant que la précédente malédiction avait duré pendant près de vingt-huit ans, mais cela s'avéra bien moins réconfortant qu'il ne l'aurait voulu.
Il espérait que ce ne serait pas aussi long cette fois.
Terminant son verre de vin, il se figea quand la voix de l'insupportable gamin immortel résonna sourdement à ses oreilles.
«Encore raté capitaine. Tu feras peut-être mieux la prochaine fois.»
Il lui fallut tout le self-control dont il disposait pour ne pas lui envoyer son verre en plein visage.
Même si ça aurait été diablement jouissif.
§§§§
À sa connaissance, Henry était le seul membre du gang du crâne à s'être rendu à la fête organisée par le maire.
Sans doute parce qu'il était le seul à être assez curieux pour vouloir y aller, ou le seul suffisamment imprudent pour risquer de se faire repérer, d'un autre côté, il était sans doute aussi le seul à ne pas être originaire de Storybrooke, avec probablement Moraine.
Il était très certainement le mieux placé pour ne pas se faire remarquer, observer tout cela de loin.
Les deux femmes surtout, la femme brune et la blonde, qui avaient dansé ensemble, qui avaient parlé, sans savoir pourquoi, il les avait espionnées pendant de longues minutes, se demandant pourquoi elles semblaient si tristes.
Pourquoi aussi, elles paraissaient à la fois heureuses et tristes d'être dans la même pièce, pourquoi leurs visages n'étaient douleur et souffrance, chose qu'il pouvait constater même à plusieurs mètres d'elles.
Et surtout, pourquoi se sentait-il si mal en les voyant dans cet état, dévastées comme elles avaient l'air de l'être, comme s'il les connaissait alors que ce n'était pas le cas, alors qu'il ne les avait jamais vues de sa vie.
Il secoua la tête, tentant de se débarrasser de ces pensées, prêt à quitter la fête avant que quelqu'un ne réalise qu'il était là, ne comprenne qui il était.
Ce n'était sans doute rien.
§§§§
Lacey essayait de toutes ses forces de ne pas se laisser dévorer par la peur.
C'était idiot, et elle le savait bien, mais maintenant que Keith se trouvait à quelques mètres d'elle, elle ne pouvait pas s'en empêcher, elle se sentait nerveuse.
Oui, Keith était impulsif et violent, mais jamais il n'aurait été assez stupide pour provoquer un esclandre en public, surtout en sachant que ça ne ferait qu'appuyer les potentielles accusations de violences que son ancienne petite-amie pourrait lancer contre lui, corroborées par de nombreux témoins.
(Elle n'avait pas porté plainte, pas encore, par peur et aussi parce qu'elle préférait attendre de savoir si l'antiquaire possédait un dossier assez solide.)
Même si ça n'arrivait pas, la crainte qu'il ne veuille l'inviter à danser et qu'elle ait trop peur pour refuser suffisait à la faire trembler, et elle regrettait l'absence de Piper et Ruby soudainement, celles-ci s'amusant trop de leur côté pour faire attention à elles.
Alors qu'elle s'apprêtait à se rapprocher de ses amies, voyant Keith se diriger vers elle, elle ne s'attendait nullement à ce que la personne qui allait lui sauver la mise…
… serait monsieur Gold en personne.
Elle fronça les sourcils.
«Monsieur Gold?
Elle s'attendait, à raison semble-t-il, à ce qu'il ne danse pas de la soirée, à cause de sa jambe, et alors qu'il l'entraînait avec elle loin du shérif, elle le vit grimacer de douleur.
Il avait posé sa canne contre une table et tentait vaillamment de danser sans tenir compte de sa souffrance.
Il essaya de lui sourire.
- Vous aviez l'air d'avoir besoin d'aide, je me suis donc permis de venir vous secourir, du mieux que je pouvais. J'espère que ça ne vous dérange pas.
Elle le regarda avec un air abasourdi.
- C'est moi qui devrais vous poser cette question! S'écria-t-elle.
- Comment cela?
- Votre jambe, elle ne vous fait pas trop mal?
- Non, prétendit-il, et elle sut aussitôt qu'il mentait, ça va aller, ne vous en faites pas. Et puis j'ai l'habitude.
Jetant un rapide regard à Keith, qui avait changé de direction en voyant qu'elle avait trouvé un cavalier, elle quitta à regret (pourquoi à regret? Pensa-t-elle en fronçant les sourcils.) les bras de monsieur Gold puis alla aussitôt lui chercher sa canne.
- Tenez, la voilà. Vous ne devriez pas marcher sans elle.
- Nous risquons d'avoir du mal à danser ainsi.
Elle haussa les épaules.
- Peu importe, je n'étais pas venue pour cela. Venez, nous risquons de gêner les autres.
Elle l'entraîna à sa suite, loin de la piste de danse et encore plus loin de Keith.
Il songea sans comprendre pourquoi à quel point c'était agréable de pouvoir serrer sa main dans la sienne.
- Pourquoi dans ce cas?
Elle lui lança un regard interrogateur.
- Quoi donc?
- Pourquoi être venue si ce n'est pas pour danser? Je doute que ce soit pour la charmante compagnie de ce cher Keith, ironisa-t-il, puisque vous semblez bien décidée à le fuir.
- Oh, je voulais sortir, m'amuser un peu et surtout, pour aider ces deux-là, dit-elle en jetant un regard à Piper et à Ruby, elles ne sont pas très douées pour voir ce qui se trouve juste sous leur nez. Avec un peu de chance elles seront ensemble avant la fin de la soirée.
Monsieur Gold lui sourit avant de lever son verre.
- Alors dans ce cas, aux amours naissantes. Souhaitons-leur bonne chance.»
En trinquant avec lui, Lacey se surprit à espérer que cela s'appliquerait également à elle, ce qui la remplit d'intense confusion.
Après tout, elle n'était elle-même amoureuse de personne.
N'est-ce pas?
§§§§
Lorsque Ruby fronça pour la première fois les sourcils au cours de leur conversation, Piper crut d'abord que c'était à cause de quelque chose qu'elle avait dit.
Paniquant déjà à l'idée d'avoir fait quelque chose de mal, elle se sentit immédiatement soulagée lorsque la serveuse lança, étonnée:
«Tu sais pourquoi Lacey est en train de parler avec monsieur Gold?
Tournant brièvement la tête, elle réalisa que oui, leur amie commune discutait avec l'antiquaire, elle lui souriait et lui aussi et elle ne se souvenait pas avoir déjà vu ce dernier sourire à qui que ce soit, un sourire qui ne soit pas une grimace ou un rictus du moins.
C'en était presque effrayant, de savoir qu'il pouvait se montrer aimable.
- Aucune idée.
- Ça m'étonne, vu le nombre de fois où elle s'est plainte de lui à cause du loyer… Mais peu importe, oublions le, tant qu'elle n'appelle pas à l'aide, j'imagine que ça va.
Piper rit, et ne remarqua aucunement toute la tendresse contenue dans les yeux de Ruby.
- Tu es vraiment resplendissante comme ça.
L'escrimeuse se figea pendant quelques secondes et rougit aussitôt.
Là où Lacey avait choisi une belle robe dorée, elle avait choisi, aidée par l'aspirante bibliothécaire, quelque chose qui lui correspondait mieux, un costume vert, complétant bien la robe de sa cavalière.
Lacey aurait fait exprès que cela ne l'aurait même pas étonnée.
- Merci. Tu… tu es très belle aussi.
Elle aurait aimé pouvoir trouver les mots pour la complimenter, mais elle s'en sentait incapable, et Ruby avait l'air d'être la seule personne au monde capable de la désarmer rien qu'en existant.
- Je t'aime bien tu sais.
Piper essaya de sourire, se doutant que le mot aimer n'avait pas le même sens dans sa bouche dans celui de l'escrimeuse.
- Moi aussi Ruby.
- Et quand je dis ça, je ne veux pas dire dans le sens «je t'aime bien, tu es une très bonne amie et une super cliente» mais plutôt dans le sens «je t'aime bien, tu es badass, magnifique et merveilleuse et j'ai très envie de t'embrasser.»
Piper douta d'avoir bien entendu.
- Quoi? Tu… tu veux dire que…
Le sourire de Ruby la figea sur place.
- Je voudrais t'embrasser, si ça te convient. Parce que tu me plais, beaucoup. Puis plus tard, j'aimerais bien qu'on sorte ensemble, quelque part, même si cette danse me semble être un très bon premier rendez-vous. Est-ce que tu es d'accord?
- Oui! S'exclama-t-elle d'une voix sans doute un peu trop enthousiaste.»
Ça ne sembla pas déranger la serveuse qui plongea aussitôt sur ses lèvres, et alors qu'elle l'embrassait, enfin, Piper remercia intérieurement Lacey.
Sans elle, ce ne serait sans doute jamais arrivé.
§§§§
«Excusez-moi, est-ce que je pourrais vous parler?
David aurait préféré parler à la jeune femme inconnue directement, mais elle semblait être ailleurs, aux toilettes sans doute ou dans une autre partie de la pièce, celle-ci était tellement bondée qu'il était difficile de réellement y retrouver quelqu'un.
- Bien sûr monsieur Spencer, qu'y-a-t-il?
- Je voudrais… il s'agit de la femme qui vous accompagne, j'aimerais… Comment s'appelle-t-elle?
- Oh, ma cavalière de la soirée? Mary-Margaret Blanchard.
- Est-ce votre compagne ou bien simplement une amie?
Il aurait sans doute dû arrêter de poser des questions, cela ne le regardait pas, ce n'était qu'une femme parmi d'autres, pourtant elle avait retenu son attention et il voulait en savoir plus sur elle, lui parler, apprendre à la connaître, et ça n'avait aucun sens.
Mais plus rien n'en avait véritablement dans sa vie depuis son mariage de toute façon, alors dans les faits ça ne pouvait pas vraiment être pire.
Un sourire amusé se dessina sur le visage du médecin, sourire dont il ne comprit le sens que lorsque ce dernier ouvrit de nouveau la bouche.
- Ni l'une ni l'autre. C'est une escort que je vois de temps en temps, dont j'apprécie la compagnie et que j'ai engagée pour la soirée. Je ne voulais pas être seul et j'ai pensé qu'elle serait heureuse de sortir un peu.
Une escort…
Une prostituée…
En songeant au fait qu'elle était tout ce que son père méprisait, et qu'il avait l'intention de la fréquenter, au moins brièvement, ce qui l'aurait fait hurler de rage s'il l'avait su, il faillit éclater de rire, et prit aussitôt sa décision.
- Je pourrais avoir son numéro?
Whale haussa un sourcil.
- Oh. Y-a-t-il de l'eau dans le gaz dans le couple si parfait?
Oh si seulement vous saviez.
Demander le numéro d'une escort le jour où l'on célébrait son anniversaire de mariage n'était effectivement pas des plus élégants, il le reconnaissait lui-même, mais il avait besoin de la revoir, pour une raison qu'il ne s'expliquait pas.
- Je suis fidèle à ma femme, lui rétorqua-t-il d'une voix ferme.
Ce n'était même pas un mensonge, il n'était seulement pas amoureux d'elle, ça n'avait rien à voir.
- Bien sûr, bien sûr… Si vous le dites. Je ne juge pas, ne vous en faites pas, dit-il tout en écrivant le numéro sur un bout de papier qu'il tendit ensuite à l'avocat, et je ne dirai rien à personne, motus et bouche cousue. C'est juré.
Bizarrement, David se sentit prêt à lui faire confiance.
- Merci.»
Il regarda le numéro, pensif, sachant qu'Albert Spencer aurait désapprouvé et ce fut justement pour ça qu'il rangea le papier dans sa poche au lieu de le jeter.
Il pourrait faire quelque chose en dehors des limites que lui imposait son père, en dehors de ce qu'il l'autorisait à faire, et il avait bien l'intention de le faire.
Il était prêt à tout faire pour se sentir libre, même juste un peu, même si ce n'était qu'une illusion.
§§§§
Lundi 5 novembre 2012.
Quand il aperçut une longue chevelure rousse en se rendant à la bibliothèque, Killian craignit d'abord s'être une fois de plus trompé.
Dans les jours suivant la réception, il avait exploré la ville, cherchant de toutes ses forces à retrouver la demie-sœur de Regina et jusque-là, il avait enchaîné échec sur échec, chacune des femmes étant soit une personne qu'il connaissait en tant que James Rogers, soit elle ne ressemblait ni à Cora, ni à Regina pour qu'il puisse une seule seconde croire que c'était elle.
Mais, quand il vit son visage alors qu'elle se relevait, rangeant son livre et prenant ses notes avec elle, prête à partir, il en eut l'absolue certitude.
C'était elle, il ne pouvait pas en être autrement.
Elle était le sosie de Cora, elle lui ressemblait tellement que c'en était stupéfiant.
Maintenant, il ne lui restait plus qu'à lui parler, lui demander de l'aide.
En espérant qu'elle ne serait pas hostile, qu'elle serait différente de sa mère.
§§§§
On la suivait.
Cela, Zelena l'avait très vite réalisée, et elle sentit la peur et l'agacement l'envahir alors qu'elle tentait de semer son poursuivant, sans succès.
Utiliser les souliers l'aurait trahie, elle devait être sûre d'être seule pour pouvoir s'en servir, et si elle avait eu accès à sa magie, ce genre de problème ne se serait jamais produit.
Lorsqu'ils arrivèrent à une ruelle déserte, elle ne put plus se retenir et se retourna brusquement, lui faisant face, les yeux emplis de colère.
«Est-ce que je peux savoir pourquoi vous me suivez depuis tout à l'heure?
À sa plus grande surprise, il se mit à lui sourire.
Parce que quelqu'un de maudit ne s'en serait probablement pas rendu compte, n'aurait rien vu venir, alors qu'elle, si.
Il prit une profonde inspiration.
- Je suis désolé, je me doute que je vous ai peut-être fait peur, mais je voulais savoir… est-ce que vous vous appelez Zelena?
Elle le regarda avec surprise, elle avait tout fait pour éviter de donner son nom à qui que ce soit, d'interagir le moins possible avec les habitants, alors comment pouvait-il savoir qui elle était?
- Oui, c'est moi, pourquoi? Demanda-t-elle, soupçonneuse et sur la défensive.
Il sembla alors, surprenamment, prêt à fondre en larmes.
- Les dieux soient loués! Je vais avoir besoin de votre aide. Je me nomme Killian Jones, et je veux que vous sachiez qu'un sorcier nommé Peter Pan a jeté une malédiction sur cette ville, je suis le seul en dehors de lui et a priori de vous à avoir gardé mes souvenirs et je n'ai aucune idée de comment faire pour briser cette malédiction.»
Zelena s'attendait à ce qu'un jour elle et Hadès aient enfin des informations sur ce qui était arrivé à la ville et à ses habitants.
Mais jamais elle n'aurait cru que cela se produirait de cette manière.
À suivre…
Notes:
Titre du 08/10/2025 : Les petites victoires
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Deux cent vingt septième baiser : Un baiser entre deux femmes
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… la Team Black (House of the Dragon) (Partie 2) : Baela : Écrire sur un garçon manqué ou écrire sur une personne qui fait preuve de courage
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 166: Une pièce du puzzle.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Tout prenait tellement sens désormais.
L'atmosphère étrange, lourde et sinistre qui régnait en ville depuis leur arrivée, la barrière, l'absence de magie, l'amnésie de Regina et de Rumplestiltskin, tout collait, jusqu'au moindre détail.
Peut-être même un peu trop parfaitement, et elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils, méfiante.
Sa vie à Oz en tant que méchante sorcière de l'ouest lui avait appris à être prudente, à douter de tout et de tout le monde, à ne faire confiance à personne, et si Hadès faisait parti du cercle très restreint de ceux à qui elle avait accordé sa confiance, ce n'était pas le cas de cet inconnu.
Et surtout…
«Comment connaissez-vous mon nom? Lui lança-t-elle, suspicieuse.
Il soupira, ayant l'air de s'être attendu à cette réaction, avant de regarder autour d'eux pour vérifier qu'ils étaient bien seuls, pour ensuite l'entraîner par le bras loin du centre-ville et des badauds.
- Avant cela, nous devrions nous éloigner un moment… Nous risquons d'être espionnés, lui chuchota-t-il avec nervosité.
Zelena faillit lui demander par qui au juste avant de se souvenir du groupe de différents enfants qui semblait toujours être là et écouter les conversations sans trop en avoir l'air et se tut.
- Je vois… marmonna-t-elle, toujours incertaine de la conduite à adopter avec lui.
Lorsqu'ils cessèrent enfin de marcher, elle croisa son regard et lut le désespoir dans ses yeux.
Soit c'était un très bon acteur, soit il disait la vérité.
Le pirate observa l'endroit où ils se trouvaient, non loin de la forêt, désert, silencieux et tranquille et il soupira de soulagement.
- Bien… Nous devrions pouvoir parler ici sans être dérangés.
La rousse croisa les bras en le regardant avec circonspection.
- Alors?
- Votre sœur… enfin demie-sœur, Regina, elle m'a parlé de vous, brièvement. Elle m'a dit que vous aviez été abandonnée par votre mère, que vous vouliez vous venger et qu'elle avait l'intention de tout faire pour être réunie avec vous, pour arranger les choses.
Le doute n'avait pas quitté ses yeux bleus mais elle acquiesça de mauvaise grâce parce qu'après tout, c'était la stricte vérité.
- C'est un bon résumé. Mais il faut que vous sachiez que désormais je ne cherche plus vengeance, plus maintenant. J'ai récupéré les souvenirs trafiqués par notre mère et je suis là parce que je voulais la retrouver. Jamais je n'aurais imaginé que cela se ferait dans ces circonstances, ajouta-t-elle d'une voix amère.
- C'est bon à savoir.
Il n'avait pas la moindre envie de gérer une autre sorcière maléfique en plus de celui qu'ils avaient déjà à Storybrooke et qui avait causé bien trop de dégâts, même si la fille de Cora n'avait plus accès à sa magie.
D'un autre côté, si elle avait toujours été en quête de vengeance, elle aurait pu s'allier à l'immortel et en retrouvant ses pouvoirs, les tourmenter encore plus qu'ils ne l'étaient déjà.
Mais bon.
Ce n'était pas vraiment comme si les choses pouvaient être pires de toute façon…
Pas encore convaincue, Zelena pensa à un détail qui la chiffonnait et le regarda avec perplexité.
- Attendez une minute… Comment se fait-il que vous ayez su que j'étais là? Vous n'aviez aucune raison de le penser, même en connaissant mon nom, ou pour réaliser que c'était moi, même via ma ressemblance avec ma sœur et ma mère.
- C'est vrai, reconnut-il, vous avez raison. Mais dites-moi, en arrivant à Storybrooke, vous avez bien parlé à Regina, pas vrai?
Confuse, elle hocha la tête.
- C'est exact. C'est là que j'ai compris définitivement que quelque chose clochait, même si j'avais déjà quelques doutes avant. Comment le savez-vous?
- Regina, elle… Il y a quelques semaines, elle a fait un coma éthylique, elle a failli mourir et en tant que son ami, je me fais beaucoup de souci pour elle, je passe donc beaucoup de temps à ses côtés. Après vos retrouvailles nous avons discuté, elle m'a parlé de vous et entre le nom, la description, l'endroit d'où vous disiez venir, votre confusion, je me suis dit que peut-être… que ce serait peut-être vous. Je crois n'avoir jamais été aussi heureux d'avoir raison à propos de quelque chose.
La sorcière ne savait toujours pas si elle était prête à lui faire confiance, mais elle lisait sur son visage toute la souffrance qu'il éprouvait, tout ce qu'il avait éprouvé et enduré depuis que la malédiction avait été lancée, et elle ressentit de la peine pour lui.
Elle ne savait pas au juste ce que le Sort noir et ce Peter Pan lui avaient enlevé mais de toute évidence ça avait l'air de lui avoir brisé le cœur.
- Je vois… Pourquoi est-ce arrivé? La malédiction je veux dire.
Killian grimaça.
- Peter Pan a enlevé le fils de Regina, Henry, parce qu'il voulait lui prendre son cœur et gagner l'immortalité et la jeunesse éternelle en le mettant dans sa propre poitrine. Nous sommes allés au Pays Imaginaire et nous l'avons presque vaincu. Presque. Ça n'a pas suffi, et pour nous punir de l'avoir défié, pour gagner contre nous, il a lancé le Sort noir. Il voulait que nous restions à Storybrooke afin que nous y souffrions éternellement et depuis il règne sur la ville sans que personne ne le sache. Tout le monde a oublié.
- Tout le monde sauf vous.
- La malédiction a un cruel sens de l'humour. Je me souviens, et pourtant ça n'a rien changé, je suis toujours coincé, au même titre que tous les autres. Alors, est-ce que vous voulez bien m'aider?
Elle allait dire oui, évidemment.
Parce qu'elle était là pour ça, tout d'abord, ensuite parce qu'elle avait changé, elle n'était plus la même qu'autrefois et enfin parce que tout le désespoir du monde, mêlé d'un mince espoir, brillait dans ses yeux et parce qu'elle n'avait pas le cœur de lui dire non.
- Oui. Je vous aiderai.
- Merci. Merci infiniment. Mais j'aurais une autre question à vous poser. Comment avez-vous réussi à pénétrer en ville malgré la barrière?
- Quelqu'un a ouvert un passage pour moi et m'a accompagné.
Le capitaine du Jolly Roger ne put s'empêcher de hausser un sourcil surpris.
- Quelqu'un? Répéta-t-il d'une voix incrédule. Quelqu'un de puissant?
Zelena ne put s'empêcher de sourire, amusée.
- Oh vous n'avez même pas idée…»
§§§§
Quand la rousse lui annonça que l'homme qui se trouvait devant lui n'était nul autre qu'Hadès en personne, roi des Enfers et dieu des morts, Killian se sentit reconnaissant d'avoir pu s'asseoir sur une chaise, parce que dans le cas contraire il n'était pas sûr que ses jambes auraient tenu le choc.
Ça lui donnait le vertige et en même temps, c'était tellement fou et insensé qu'il avait bien du mal à y croire.
Une divinité, ici, à Storybrooke?
Il doutait que ce soit jamais arrivé.
Lui-même, au cours de sa longue et dangereuse existence, il avait croisé toutes sortes de créatures magiques et pas entièrement humaines, des sorcières, des fées, le Ténébreux évidemment, des sirènes, des immortels bien sûr dont notamment Peter Pan.
Mais il ne se souvenait avoir côtoyé (sans doute du moins) un dieu qu'une seule fois, le père d'Ursula (celle dont il avait volé la voix et peut-être était-ce pour ça et pour tout le reste que l'univers le punissait), Poséidon, le roi des océans.
Il ne se souvenait plus si celui-ci était bien un dieu ou seulement un homonyme, s'il était, comme ses souvenirs de la mythologie grecque en tant que James Rogers le lui disaient, le frère d'Hadès, mais il présumait que oui.
Cette nouvelle lui redonna de l'espoir, avec un dieu dans leur camp, face à Peter Pan, ils avaient de toute évidence une chance de l'emporter.
Parce que s'il avait pu venir ici, alors il possédait toujours ses pouvoirs et il pouvait s'en servir, pas vrai?
Pas vrai?
«Qu'est-ce qu'une divinité de l'Olympe fabrique à Storybrooke au juste? Ne put-il s'empêcher de demander, dévoré par la curiosité.
Lorsqu'il surprit les regards que le blond lançait à la sorcière, il comprit avant même qu'il n'ouvre la bouche que c'était l'amour, de toute évidence.
Alors que le sorcier lui racontait leur histoire, leur rencontre, leurs retrouvailles, leurs quêtes similaires de vengeance qu'ils avaient fini par abandonner après s'être trouvés, le pirate ne put que reconnaître que c'était une bien belle histoire, qui lui rappelait douloureusement la sienne.
Après tout, c'était exactement ce qui lui était arrivé à lui aussi.
- Et ensuite, poursuivit le dieu, nous nous sommes embrassés et Zelena a brisé le sort qui pesait sur moi, celui que mon frère m'avait lancé et qui m'avait privé d'une partie de mes pouvoirs et empêchait mon cœur de battre.
Le brun lui lança un regard empli de consternation.
- Alors vous voulez dire que pendant que vous étiez aux Enfers, vous avez… vous avez partagé un baiser d'amour véritable?
Et dire que dans un autre monde, bien loin du leur, s'était produit le miracle qu'il espérait tant et qu'il n'avait eu de cesse de chercher pendant des mois!
Hadès confirma en hochant la tête.
- Effectivement.
Assommé par ce parfait exemple de mauvais timing, Killian éclata d'un rire nerveux et enfouit son visage dans ses mains pendant quelques secondes.
Une fois calmé, il releva la tête et soupira.
- Et je suppose, ironisa-t-il avec amertume, que vous n'auriez pas pu attendre d'être ici pour le faire.
Ça les aurait de toute évidence bien arrangés, mais il ne pouvait pas les blâmer pour ça, ce n'était pas de leur faute, ce n'était pas vraiment comme s'ils auraient pu le savoir.
- En fait, non, lui répondit tout à fait sérieusement Hadès.
Le marin fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que vous voulez dire?
- Sans l'intégralité de mes pouvoirs, je n'aurais de toute façon pas pu me rendre à Storybrooke, même si nous l'avions voulu. Avant, quand il n'y avait pas la barrière et qu'il était possible d'y accéder facilement via un portail, j'aurais pu faire le voyage avec Zelena. Mais lorsque mon cœur était à l'arrêt, cela m'était impossible. Et même après, si j'ai pu y aller et en repartir…
Killian fit un bond, stupéfait.
- Comment ça, vous avez pu repartir?
Ce n'était pas arrivé, pas une seule fois depuis que la malédiction avait été jetée, depuis que la barrière avait été mise en place par Peter Pan ils étaient tous les prisonniers de cette ville, sans exception, et lui il lui lâchait une bombe pareille comme ça, comme si de rien n'était?
Donc, il avait raison, il avait toujours ses pouvoirs, et malgré ça, malgré son statut d'immortel, il n'avait toujours rien fait?
Il n'avait pas agi, pas une seule fois?
Même en prenant en compte le fait qu'ils ne savaient rien de ce qu'il se passait à Storybrooke, ça n'avait aucun sens.
- J'ai pu retourner dans mon royaume, seulement une fois. Je suppose que c'est après mon passage que votre… votre Peter Pan a restreint l'usage de la magie. Je n'ai plus accès à mes pouvoirs désormais.
Le visage du capitaine Crochet se décomposa et perdit toutes ses couleurs alors qu'il blêmissait, désemparé et abattu.
Non.
Non, ce n'était pas possible, cela n'avait pas pu arriver, c'était un cauchemar, rien de plus, ce n'était pas réel.
Ils n'avaient pas pu être passés à deux doigts d'être sauvés et avoir manqué leur chance comme ça, alors que sans le savoir ils étaient si près du but, qu'ils avaient failli l'emporter.
Un dieu s'était trouvé là, pendant quelques secondes, quelques minutes qui auraient pu être décisives pour eux, il aurait pu lui demander de l'aide, le pousser à agir avant que Peter Pan ne comprenne ce qu'il se passait et ne reprenne le contrôle et il n'en avait rien su?
C'était à se taper la tête contre les murs, vraiment.
- Et pour en revenir à ce que je disais, continua Hadès, j'ai eu bien du mal à revenir à Storybrooke et ouvrir un portail en emmenant Zelena avec moi. Je n'imagine même pas ce que ça aurait été si je n'avais pas possédé l'intégralité de mes pouvoirs.
Pouvoirs qui, concrètement, ne leur servaient à rien pour le moment puisque seul Peter Pan pouvait actuellement utiliser la magie, et ce serait le cas jusqu'à ce qu'ils trouvent un hypothétique moyen de lui faire perdre ce contrôle, ou bien en brisant la malédiction.
- Bien, marmonna le pirate d'une voix irritée, j'imagine aussi que vous n'avez pas emmené d'objet magique qui pourrait nous servir contre lui d'une manière ou d'une autre.
Enfin à supposer que ce genre de chose puisse fonctionner dans un endroit où la magie était inaccessible.
En somme, retour à la case départ, encore…
- J'ai mes souliers d'argent, intervint Zelena, ils fonctionnent encore, on ne peut pas quitter la ville avec mais on peut se déplacer avec dans différents endroits de Storybrooke. Nous ne les utilisons qu'avec parcimonie, pour rester discrets et ne pas nous faire repérer.
C'était mieux que rien, même s'ils n'avaient guère d'utilité contre le gamin immortel, s'il n'y avait pas eu la barrière, ça leur aurait permis de lui faire franchir la frontière de force et de lui ôter ses pouvoirs pour ensuite le tuer, mais tant qu'ils n'avaient pas réglé ce problème, cette option était inenvisageable.
- J'ai… Lança l'olympien d'une voix qui semblait étrangement gênée. J'ai failli emporter le cristal olympien avec moi.
L'ancienne némésis de Rumplestiltskin lui lança un regard empli de confusion.
- Le cristal olympien? Qu'est-ce que c'est?
- C'est… une arme qui peut tuer à peu près tout et n'importe quoi y compris des divinités ce qui d'après ce que vous nous avez dit de Peter Pan, devrait correspondre même s'il est lui aussi immortel et très puissant?
Abasourdi, Killian cligna des yeux à quelques reprises.
- Vous… vous voulez dire que vous possédez une arme qui aurait pu nous permettre de gagner contre ce salopard sans aucune difficulté.
- Oui. J'ignore si elle marche dans un monde sans magie, je n'ai jamais essayé.
- Et… et vous ne l'avez pas emmenée avec vous, laisser échapper le barman d'une voix emplie de désespoir.
- Non. Je ne savais pas pour la malédiction, se défendit l'immortel, j'ignorais que Peter Pan régnait sur votre ville. Et croyez-moi, je suis sincèrement désolé.
Cette fois, Killian craqua et se cogna violemment la tête contre la table, puis laissa échapper un cri de rage.
Pourquoi, mais pourquoi fallait-il au juste que les choses se passent forcément le plus mal possible?
- Vous avez encore autre chose à dire, histoire de m'enfoncer encore plus? Soupira-t-il après avoir relevé la tête.
- Hé bien, fit le dieu d'une voix hésitante, il se pourrait que lors de mon premier passage, quand j'avais encore mes pouvoirs, j'ai eu la possibilité de détruire la barrière et que je ne l'ai pas fait? Parce que je pensais qu'elle avait été installée par les habitants pour se protéger des potentielles menaces et pas par un gamin complètement mégalomane et maintenant je ne peux plus le faire… Désolé?»
Killian, complètement à court de mots, fit entrer une fois de plus son crâne en contact avec le bois et poussa un gémissement de frustration et rage.
Et lui qui pensait que sa journée ne pouvait pas devenir pire…
§§§§
En entendant son récit, détaillant tout ce par quoi il était passé depuis que la malédiction avait été lancée, tout ce qu'il avait traversé et enduré, tout ce qu'il avait tenté et surtout échoué à réaliser, Zelena comprit mieux pourquoi il semblait être si las et à bout de forces.
Cela devait bien faire des semaines, non, des mois qu'il luttait sans relâche tout seul et sans appuis, sans alliés, contre un ennemi impossible à battre et dont personne d'autre en ville hormis lui-même ne connaissait l'existence.
Comment il avait fait pour ne pas craquer et laisser tomber face à cette voie sans issue, elle aurait bien aimé le savoir.
Pas étonnant que tous les actes manqués, toutes les opportunités gâchées dont ni elle ni Hadès n'avaient eu conscience une seule seconde l'aient plongé dans un tel état de désolation.
«Et, le questionna le dieu, cela veut dire qu'en environ quatre mois vous n'avez rien accompli de vraiment constructif? C'est…
- Décevant? Termina le pirate à sa place. Oui ça l'est, croyez-moi, je le sais bien, mais j'aimerais bien vous y voir franchement.
- J'allais dire désespérant pour vous, lui rétorqua l'immortel en haussant les épaules, mais je suppose qu'on peut le dire comme ça.
- Et maintenant? L'interrogea Zelena avec sérieux. Quel est votre plan au juste?
- Mon plan… Killian ricana d'un rire qui n'avait rien d'amusé. Oh, mon plan est au point mort actuellement. Je vous ai parlé de la fête qui a eu lieu il y a peu, qui était censée permettre de rapprocher votre sœur Regina d'Emma Swan… Ça a été un vrai fiasco.
La fille bâtarde de la reine de cœur fronça les sourcils, perplexe.
- Emma… La Sauveuse? Celle qui a brisé la malédiction que Regina avait lancée? Je croyais qu'elles étaient ennemies.
- Étaient, confirma-t-il. C'est… c'est une très, très longue histoire.
- Très bien, si vous le dites, continua-t-elle, ne voulant pas s'embarrasser de détails, et pourquoi au juste? Je sais que l'amnésie n'aide pas, mais comment se fait-il que les faire se retrouver semble si dur à faire?
Il lui raconta tout au sujet de ce qu'elles pensaient avoir vécu, et elle blêmit aussitôt.
- Je vois… La malédiction ne les a vraiment pas épargnées.
Et si le sort d'Emma devait lui être indifférent, il en était tout autre concernant Regina, et si Killian s'attendait à voir une lueur de triomphe briller dans son regard, il n'en trouva aucune et ne parvint à y lire que de la compassion.
Alors, à part si elle était très douée pour faire semblant, elle n'avait pas menti, elle avait réellement changé et abandonné pour de bon ses projets de vengeance contre sa demie-sœur.
Ironique que la malédiction s'en soit chargée à sa place, surtout maintenant que ce n'était plus ce qu'elle voulait.
- Non, en effet, approuva-t-il. Elle n'a épargné aucun d'entre nous en vérité.
- Et il n'y a personne d'autre? Demanda Hadès, curieux. D'après ce que vous nous avez dit, vous souhaitez provoquer un baiser de véritable amour pour briser la malédiction, mais ça semble plutôt… compliqué.
Non, vous croyez? Songea-t-il, ironique, avant de hocher la tête.
- Hé bien… Il y a d'autres personnes, je suppose… Qu'il nous faudrait réunir, et je ne sais même pas si ce serait suffisant, enfin, ajouta-t-il en se tournant en direction de l'ancienne méchante sorcière de l'ouest, à moins que vous n'ayez emmené dans vos bagages le parchemin du sortilège de la malédiction du sommeil éternel ainsi que les ingrédients pour le lancer.
Elle sourit, d'un sourire sans joie.
- Malheureusement, non, désolée. D'après ce que je sais, ce genre de maléfice c'est plutôt la spécialité de ma petite sœur.
- Je m'en doutais… En dehors d'Emma et Regina, il y a d'autre gens, ceux dont je sais qu'ils étaient en couple avant la malédiction, mais ils sont bien peu nombreux.
Se souvenant qu'il leur avait confié être presque un étranger à Storybrooke, ne connaissant presque personne, ayant été leur ennemi pendant un temps, Zelena ne put s'empêcher de grimacer, agacée.
Ça rendait la situation encore plus difficile qu'elle ne l'était déjà.
- Et de plus, continua Killian, nous n'avons même pas l'assurance que les réunir permettrait de briser la malédiction ou si ce qu'ils partagent relèvent du véritable amour. Les seuls pour lesquels il n'y a aucun doute sont les parents d'Emma, Blanche-Neige et David.
- Et je suppose qu'ils sont séparés eux aussi, laissa échapper Zelena avec un air désabusée.
- Blanche-Neige, ou plutôt Mary-Margaret (ils devaient retenir leurs noms maudits s'ils voulaient ne pas faire de gaffe en les rencontrant) se prostitue pour gagner sa vie. David est marié. Je crois qu'ils étaient tous les deux à la fête mais je ne sais pas s'ils se sont vus et même si c'est le cas je doute que ça change quoi que ce soit. Je sais qu'ils se sont promis de toujours se retrouver mais pour le moment, ça semble plutôt compromis.»
Hum, se dit Hadès en ne commençant qu'à découvrir à quel point les choses étaient a priori sans espoir, ce n'était guère brillant.
§§§§
«Vous n'avez pas d'autre option? Finit par laisser échapper Zelena, exaspérée.
- L'autre possibilité, ce serait de faire appel à celui qui a aidé à briser la malédiction la première fois. Un petit garçon nommé Henry Mills.
- Le fils de Regina, se souvint la sorcière. Mon… mon neveu.
Ça semblait encore si irréel, de se découvrir une famille après avoir été seule pendant si longtemps.
- Je suppose que vu que son importance, s'exclama Hadès d'une voix emplie de sarcasme, vous n'avez aucune idée d'où il se trouve, je me trompe?
- Vous avez raison, soupira Killian, je l'ignore. Ce n'est pas faute de l'avoir cherché pourtant, je pense qu'il fait partie du gang du crâne, mené par Peter Pan ou Malcolm comme il se fait parfois appeler, mais les enfants ne me font pas confiance. Je peux remercier ce sale gamin pour ça, grimaça-t-il. Il les a mis en garde contre moi.
- Nous, il ne nous connaît pas, s'écria soudainement Zelena, prise d'une brusque impulsion, nous pourrions essayer de le retrouver. Avec les souliers, nous pouvons couvrir plus de terrain que vous, en restant discrets, nous ne devrions pas avoir beaucoup de mal à le retrouver.
- C'est vrai, reconnut le pirate, cependant… Il leur aurait parlé de vous que ça ne m'étonnerait pas.
L'immortel et la rousse lui lancèrent un regard perdu.
- Que voulez-vous dire? Lui demanda Hadès.
- Vous avez dit que quelque chose avait changé après votre premier passage ici, expliqua-t-il au dieu, que la magie vous était inaccessible. Je n'y connais pas grand-chose, mais je pense… je pense qu'il a senti votre présence, votre arrivée, qu'il sait que vous êtes là. Il pense être tout puissant, avoir le contrôle, c'est pour ça qu'il ne vous a pas cherchés lui-même, mais à mon avis vous devriez vous méfier. Il les a très certainement lancés à votre recherche.
- Il ne nous connaît pas, le contra Zelena, il ne sait pas qui nous sommes.
- Pour l'instant, admit le barman, si nous avons de la chance, mais ça risque de ne probablement pas durer. Faites attention.
Ils le regardèrent d'un air grave, réalisant pleinement le sérieux et la dangerosité de la situation.
Après tout, c'était lui qui vivait en Enfer depuis quatre mois, il savait mieux qu'eux de quoi il parlait.
- Vous pouvez nous en faire une description, nous dire à quoi il ressemble? Demanda le dieu.
Killian n'avait pas de photos de lui, évidemment, il n'aurait pas pu en avoir avant la malédiction au vu des circonstances, ne savait pas prendre de photos, ignorait même ce que c'était et dans le cas contraire, elles auraient disparu en même temps que les souvenirs des autres habitants.
En revanche, il l'avait suffisamment vu pour être capable de le dessiner.
- Je peux vous faire son portrait, proposa-t-il.»
Et il repensa au dessin le représentant qu'Henry avait découvert, le dessin qui le désignait comme le garçon de la prophétie, celui que Peter Pan cherchait depuis des siècles, le papier qui permettrait à ses sbires de le retrouver, et il songea à quel point il était ironique que les rôles soient inversés de cette manière.
Puis alors qu'il commençait à représenter le jeune garçon, il sentit son cœur se briser, se souvenant d'une autre période de sa vie, plus heureuse et oh, bien plus insouciante que celle-là, durant laquelle il avait fait le portrait de Milah autrefois, ignorant encore toutes les souffrances qu'il allait devoir endurer.
Ce qui lui faisait également mal, c'était de se dire que dans d'autres circonstances, si Peter Pan n'avait pas tout gâché, il aurait pu être en train de dessiner Neal au lieu de son fils, mais ça ne pouvait pas arriver, pas maintenant, pas alors qu'il détestait encore une fois, comme avant.
Il y avait tellement de choses dont il avait été privé, comme le reste de la ville et tout était de sa faute.
Leur tendant la feuille de papier une fois qu'il eut terminé, il se mit à espérer de toutes ses forces que ce serait suffisant pour le retrouver.
Même si ensuite viendrait alors la partie la plus compliquée, gagner sa confiance et lui faire croire à la malédiction sans qu'il ne les prenne, eux, pour les fous qu'ils n'étaient pas, ce qui était clairement la partie la plus difficile puisqu'ils n'avaient toujours pas le livre de contes en leur possession.
Il n'avait pas hâte d'y être.
§§§§
«Une dernière chose, leur dit-il avant de commencer à les aider à apprendre tout ce qu'il y avait à savoir pour survivre dans le monde sans magie, je voudrais savoir… Quand la malédiction sera brisée, vous pourrez récupérer le cristal olympien?
C'était leur meilleure chance de tuer l'immortel, la dague du Ténébreux étant hors de question puisque cela signifierait apparemment la mort de ce dernier s'il avait bien compris, et c'était là aussi d'une ironie sans bornes qu'il soit là à tenter de le sauver après avoir passé des siècles à vouloir sa mort.
Qu'est-ce qu'on ne ferait pas par amour franchement…
Hadès le regarda avec un air surpris.
- En effet. Soit la magie reviendra et brisera la barrière, soit je le ferai une fois que j'aurai récupéré mes pouvoirs et je pourrai me téléporter dans mon royaume ou n'importe où ailleurs. Pourquoi?
- Parce que, assena le pirate d'une voix ferme, quand viendra le moment où nous nous battrons contre lui, je veux être celui qui tuera Peter Pan.
Il suffirait de l'immobiliser avec l'encre de seiche (s'ils parvenaient à la retrouver) pendant assez longtemps et une fois que ce serait fait, il le poignarderait avec, il le planterait de toutes ses forces dans son cœur froid, mort et desséché et il obtiendrait enfin justice.
Le sorcier avait provoqué la mort de Liam, avait enlevé Henry, lui avait volé sa fin heureuse alors même qu'il était sur le point de l'obtenir.
Si quelqu'un méritait de le tuer, c'était bien lui.
Hadès haussa les épaules, comme si ça n'avait pas beaucoup d'importance pour lui, ce qui était très certainement le cas.
- Entendu, c'est d'accord.
- Merci, lui répondit Killian en souriant.»
Il n'avait jamais réussi à avoir sa vengeance contre le Crocodile.
Il ne laisserait rien ni personne l'empêcher d'obtenir sa vengeance contre Peter Pan.
À suivre…
Notes:
Titre du 23/11/2024 : Une pièce du puzzle
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Killian & Zelena (Once Upon a Time)
Créature 38 : Sorcière
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects des… célèbres méchantes du cinéma et de la télévision (Partie 4) : Bellatrix Lestrange : Écrire sur une sorcière ou écrire sur un personnage qui est du mauvais côté de l'histoire
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, duos improbables, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 167: De bons présages.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Vendredi 9 novembre 2012.
Lacey French avait rarement été aussi fière d'elle-même.
Elle savait bien qu'en un sens elle n'y était pour rien dans ce rapprochement, qu'elle les avait aidées, certes, mais elle n'y avait pas vraiment contribué, elle avait conscience que son impact avait été minime, et leur attirance mutuelle et leurs sentiments avaient été les principaux responsables.
Mais pour la jeune femme, celle dont le rêve de devenir bibliothécaire semblait toujours aussi vain et inaccessible, dont la vie était pour l'instant sillonnée d'échecs en tout genre, ça, sa relation avec son ex petit-ami, c'était une victoire dont elle avait désespérément besoin.
Qu'importe donc dans le fond que cela puisse sembler banal voire insignifiant à d'autres.
Voir le sourire radieux de ses deux amies étaient largement suffisant pour la rendre heureuse.
§§§§
Piper flottait sur un petit nuage.
Elle avait longtemps cru que son béguin pour Ruby ne serait jamais rien de plus que ça, juste un crush stupide et qui ne la mènerait nulle part, qu'elle n'aurait jamais le courage de se lancer et que même si elle le faisait, ça ne changerait rien.
Elle avait passé tellement de temps à l'admirer de loin qu'elle avait encore du mal à croire que ça puisse être réel, que la jolie serveuse du Granny's qui faisait battre son cœur à tout rompre avait réellement des sentiments pour elle, qu'elle puisse être intéressée par elle, que ce n'était pas qu'un beau rêve.
Elle se pinçait parfois, pourtant elle ne se réveillait pas après, alors cela ne pouvait qu'être vrai, les regards que Ruby lui lançait et ses sourires tendres quand elles se croisaient sur le lieu de travail de la jeune femme ou quand elle venait voir Piper à son club d'escrime, lors des cours d'auto-défense qu'elle prodiguait à Lacey.
Elle sentait des papillons s'agiter dans son ventre dès que cela se produisait, n'osant pas croire à sa chance.
Peut-être que finalement, tout n'était pas complètement pourri à Storybrooke.
Peut-être que les choses allaient finir par s'arranger.
§§§§
«Calme-toi un peu, fit Lacey, amusée, tu es aussi agitée qu'une pile électrique.
Ruby lui tira puérilement la langue et ne s'arrêta pas de sourire ou de gesticuler sur place et la bibliothécaire ratée ne lui en voulut même pas, tant son enthousiasme était contagieux et adorable.
- Oh enfin Lacey, tu devrais comprendre non? Le frisson d'excitation des premiers rendez-vous au début de la relation, quand on apprend encore à connaître l'autre et qu'on n'a pas la moindre idée de ce qui nous attend. Ou de comment les choses vont évoluer, si ça va durer ou non, si ce sera du sérieux ou juste une aventure.
Lacey sourit, attendrie, avant qu'une ombre ne passe sur son visage tandis qu'elle songeait au fait qu'elle avait éprouvé exactement la même chose quand elle avait commencé à sortir avec Keith, avant qu'il ne finisse par révéler son vrai visage.
En rétrospective, elle aurait préféré savoir à l'avance ce qui l'attendait…
Devinant à son expression à quoi elle songeait, Ruby se mordit la lèvre, mortifiée.
- Oh, désolée, j'avais… j'avais oublié, pardon.
Lacey lui sourit, lui indiquant que ce n'était pas grave.
- Ne t'en fais pas… Je n'y pense presque plus désormais.
Ce n'était pas vrai, pas vraiment, pas alors qu'elle avait passé une partie de son temps libre de ces derniers jours, hors lectures, révisions et moments avec ses amies à discuter avec monsieur Gold de leur future stratégie lors du potentiel procès.
Elle ne pouvait alors que penser à cela, à sa relation passée avec le shérif, le bon comme le mauvais, même les moments positifs avaient un goût si amer, comme s'ils ne comptaient plus, n'avaient jamais compté, et elle lui en voulait tellement pour ça. Pour avoir gâché et souillé tout ce qu'il y avait pu y avoir de beau entre eux autrefois.
- Tu… tu es sûre? Et toi, ça va?
Keith ne l'avait plus approchée depuis sa tentative avortée à la fête, et elle ne l'avait plus vu depuis, n'avait plus entendu parler de lui et comme elle n'avait pas encore annoncé publiquement son intention de porter plainte, il l'avait laissée tranquille jusque-là.
Elle était retournée vivre chez son père et en bénissait le ciel maintenant qu'elle voyait l'évolution de la relation de Ruby et Piper parce que si elle avait dû dans un futur proche être là à l'appartement ou en partir si les deux jeunes femmes avaient voulu un moment d'intimité, elle aurait eu beaucoup de mal à rester concentrée sur ce qu'elle faisait.
- Oui, affirma-t-elle à la serveuse, et réalisa avec stupéfaction qu'elle était sincère. Je vais bien.
- Tant mieux, sourit Ruby, soulagée. Et je… je sais qu'il est sans doute trop tôt pour ça, et qu'avec le boulot, les révisions et tout le reste, sans parler de ce que Keith t'a fait, tu n'as probablement ni le temps et encore moins la tête à ça, mais, dis-moi… est-ce que tu serais potentiellement intéressée par quelqu'un en ce moment?
Alors qu'elle entendait ces mots, Lacey, sans trop savoir pourquoi, sentit son esprit conjurer dans sa tête l'image d'un vieil antiquaire bougon qui ne se déplaçait que muni d'une canne et qui souriait bien trop peu souvent et elle ne comprit pas pourquoi.
Elle ne ressentait aucun sentiment amoureux ou d'une nature romantique envers monsieur Gold, juste quelque chose qui relevait de l'amical et du professionnel, elle l'appréciait plus qu'avant, certes, mais elle ne l'aimait pas pour autant d'une quelconque façon.
Il n'était même pas son genre!
- Non, personne à l'horizon.
- C'est noté.
- Et sinon, poursuivit-elle, changeant de sujet pour détourner la conversation, tu finis ton service quand?
- Dans cinq minutes, lui révéla-t-elle les yeux brillants, puis je file me changer et je rejoins Piper au cinéma. Oh, Lacey, si tu savais comme j'ai hâte.»
Lacey songea avec tristesse qu'elle ne retrouverait peut-être jamais une relation comme celle que les deux femmes étaient en train de nouer, mais si tout se passait bien, Ruby y aurait droit, et c'était suffisant pour qu'elle ait envie de sourire au lieu de pleurer.
§§§§
Piper savait pertinemment qu'elle était supposée rester concentrée sur le film qui venait à peine de commencer et qu'elle attendait avec impatience de voir depuis longtemps, Skyfall, sorti depuis peu de temps, mais elle en était tout simplement incapable.
Pas alors qu'à côté d'elle se trouvait la plus jolie fille qui soit pour elle, sa petite-amie, et le fait que cette dernière soit présentement en train de la dévorer des yeux n'aidait aucunement.
La salle était bondée, sans surprise, aussi tentaient-elles d'être les plus discrètes et silencieuses possible, mais c'était difficile, tant Piper avait envie d'éclater de rire de bonheur, d'exulter de joie, malgré les explosions, les fusillades et les morts à l'écran, parce que Ruby la regardait, lui souriait et serrait sa main dans la sienne, entrelaçant leurs doigts et parce qu'elle avait le sentiment que c'était le plus beau jour de sa vie.
Du film, elle ne garda finalement que très peu de souvenirs, parce qu'elle et la serveuse passèrent leur temps à chuchoter tout en riant sans bruit, à s'embrasser, mais ce fut clairement la séance de cinéma la plus mémorable de son existence.
§§§§
Killian avait parfaitement conscience que, ironiquement, s'il n'y avait pas eu la malédiction, il aurait été exactement à la place du dieu et de la sorcière.
Tout comme eux, il venait de la Forêt Enchantée ou du moins d'un monde magique, tout comme eux il ne savait absolument rien de ce monde moderne et technologique, et ayant passé le plus clair de son temps à être obsédé par sa vengeance contre le Crocodile, à être en prison ou à désespérément tenter de sauver Henry au Pays Imaginaire, il n'avait aucunement eu l'occasion d'apprendre quoi que ce soit sur le monde sans magie.
Et il en voulait aussi à Peter Pan pour ça, parce que même si tout savoir d'un coup sans le moindre effort était dans ce contexte bien utile, ça rendait aussi ça bien trop facile, ôtant toute saveur à la découverte, empêchant toute recherche.
S'il avait eu le choix, il aurait aimé pouvoir prendre son temps, apprendre toutes ces choses dont il ne savait rien avec Neal à ses côtés, qui avait expérimenté la même chose que lui des années plus tôt, ou qui sait, en étant aidé par un autre habitant de la ville et en apprenant à les connaître, afin d'également leur montrer qu'il était plus que le capitaine Crochet et leur ennemi.
(Il ne l'était plus désormais, mais à quel prix?)
Et il aurait souhaité cela aussi pour l'immortel et sa compagne, qu'ils puissent avoir le droit de prendre leur temps, il aurait voulu que la rousse puisse renouer avec sa sœur tout en parcourant avec elle ce monde dont elle ne savait rien et qui débordait de tellement de nouveautés.
Il aurait aimé, pour eux, que ce soit la curiosité et l'émerveillement qui dominent, plus que la peur d'être découverts et que quelqu'un réalise qu'ils n'étaient pas supposés être là, tout ça parce qu'ils ne savaient rien du monde dans lequel ils se trouvaient.
Dans une ville où le temps ne passait plus, le leur était compté, c'était quant même foutrement ironique.
Et surtout, il aurait aimé ne pas avoir à faire ça seul, que tout ce travail ne repose pas sur ses seules épaules.
Parce que franchement, comment allait-il faire au juste pour leur expliquer le fonctionnement d'un téléphone portable, d'un ordinateur, d'un télévision, d'un lave-vaisselle et de toutes ces choses dont la Forêt Enchantée, Oz et le royaume des enfers étaient totalement dépourvus?
Sans parler bien sûr du fait de trouver un moyen pour qu'ils s'intègrent bien à Storybrooke, pour que personne ne croit une seule seconde qu'ils venaient d'ailleurs, faire comme s'ils avaient toujours été là et ne venaient pas de débarquer de nulle part.
Et pour que Peter Pan et les enfants du gang du crâne ne soupçonnent pas que cela puisse être eux les étrangers venus d'un autre monde.
Ce qui signifiait leur donner de nouvelles identités, de faux papiers, sans parler d'un faux travail, passé au moins et tout un tas d'autres choses et démarches administratives qu'il n'avait pas envisagées jusque-là et auxquelles il aurait aimé ne jamais avoir à réfléchir de toute son existence.
Ça risquait de prendre un peu de temps.
§§§§
Cela faisait bien longtemps, trop à son goût, que le shérif adjoint Graham Humbert n'avait pas été excité et enthousiasmé à l'idée de faire quelque chose.
Certes, il y avait eu la fête quelques jours plus tôt, mais ça ne comptait pas, parce que ce n'était pas pour lui-même mais pour Emma et pour Regina.
Cette fois, c'était différent, il avait un rencard, un vrai (ce qu'il avait avec Emma n'avait rien à voir, ce n'était pas romantique d'une quelconque façon, ce n'était pas fait pour), malgré tout le boulot que Keith les forçait à abattre, il avait enfin pu se libérer un moment dans son emploi du temps durant la soirée et il avait hâte de revoir le jeune homme avec qui il avait dansé et avec qui il avait également échangé quelques messages après la soirée d'anniversaire.
Il savait bien qu'il aurait sans doute dû ne pas s'emballer, pas tout de suite du moins, après tout il ne le connaissait pas, pas du tout même, il ne savait rien de lui et ils n'avaient enfin de compte échangé que quelques mots, même s'ils avaient passé une bonne partie de la soirée à parler.
On ne nouait pas un lien aussi rapide avec quelqu'un d'ordinaire.
Il en avait conscience, il ne se reconnaissait presque plus lui-même et ça aurait très certainement dû lui faire peur, pourtant, sans qu'il ne sache pourquoi, ce n'était nullement le cas.
Bien au contraire.
Parce que maintenant, depuis qu'il avait croisé son regard, avait dansé avec lui, il se sentait plus vivant que jamais, plus encore que lorsqu'il était avec Emma, qui était pourtant jusque-là la personne dont il était le plus proche en ville.
Mais il n'y avait pas que cela, il y avait aussi le fait que la perspective de nouer quelque chose de nouveau avec quelqu'un, de nature romantique ou non, lui donnait envie de sourire, et pour la première fois depuis bien longtemps, il ne se sentait plus aussi seul, vide, triste ou désespéré.
Et c'était grâce à cet August Booth, même s'il ne savait pas pourquoi et même si cela ne les menait à rien au final, même si ça n'allait nulle part, il lui en était reconnaissant pour ça, pour avoir été sa lueur d'espoir et de bonheur dans ce monde si gris, même si cela ne durait qu'un bref instant.
§§§§
Dans la tête de l'auteur, une voix qui ressemblait un peu trop à celle de sa conscience (plus particulièrement celle de Jiminy Cricket, chose qu'il aurait sue s'il s'était souvenu qu'il était Pinocchio) lui chuchotait d'un ton narquois le même mot en boucle.
Menteur, menteur, menteur.
Oh que oui, il était un menteur, le roi des menteurs même, il était un tricheur aussi, un imposteur également, et c'était sans doute pour ça qu'Emma l'avait laissé tomber six ans plus tôt, pas seulement pour ses mensonges mais parce qu'elle avait vu son vrai visage.
Celui de quelqu'un qui ne valait pas la peine qu'on se batte pour lui, quelqu'un fait de mensonges et de tromperies, qui ne valait rien, et si Graham avait un tant soit peu de bon sens il le découvrirait bien vite et il saurait qu'il valait mieux ne pas s'approcher de lui, qu'il ne méritait rien de bien en ce monde.
Il allait faire la même chose qu'avec sa sœur adoptive, mentir, ne pas lui révéler qui il était vraiment ou son lien avec la blonde et encore moins la raison de leur brouille, parce que cela signifierait alors que tout serait fini avant même d'avoir commencé et ce n'était pas ce qu'il voulait.
Mais il le savait bien, entamer une relation par des mensonges n'était rien d'autre chose que de la bâtir sur du sable, de construire quelque chose qui finirait forcément par s'écrouler tôt ou tard mais il ne voyait pas comment faire autrement.
Alors tout ce qu'il pouvait faire c'était espérer que Graham n'apprenne jamais la vérité sur ce qu'il avait fait à Emma.
Et malgré le sourire que le shérif adjoint lui adressa alors qu'il le rejoignait au Rabbit Hole, cela ne fut pas suffisant pour le faire changer d'avis ou lui faire penser qu'il pourrait construire quelque chose de solide avec lui.
Après tout, tout ce à quoi il avait jamais tenu avait toujours fini par lui être arraché, au bout du compte.
Pourquoi est-ce que cette fois-ci serait différente?
À suivre…
Notes:
Titre du 28/09/2025 : De bons présages
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Deux cent vingt septième baiser : Un baiser entre deux femmes
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects des… célèbres méchantes du cinéma et de la télévision (Partie 4) : O-Ren Ishii : Écrire sur un personnage asiatique ou écrire sur une femme qui se bat
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 168: Histoires d'amours.
Notes:
Et bonne année ! Je me demande si entre maintenant et le moment où je publierai ce chapitre j'aurai fini d'écrire cette (interminable) fic, espérons que oui !
Edit : Non pas encore mais franchement on s'en rapproche je devrais avoir fini quelque part en janvier, me reste moins de dix chapitres, on y croit !
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Killian Jones avait vraiment, vraiment passé une longue journée.
Trop longue même, épuisante, parce que maintenant, il ne devait plus seulement mettre toute son énergie dans son travail et ses recherches pour trouver un moyen de briser la malédiction, non, il devait aussi prendre en charge Zelena et Hadès.
Ou plutôt, comme ils l'avaient choisi ensemble quelques heures plus tôt, Kelly et Chad West, couple marié qui vivait quelque part à l'écart de la ville, isolés de tous, en tout cas c'était ce qui apparaîtrait sur leurs futurs (faux) papiers d'identité que Killian espérait pouvoir se procurer au plus vite.
Finalement, avoir un (à la fois faux et vrai) passé de criminel pouvait être utile parfois…
Ils n'avaient pas encore déterminé quels métiers ils étaient ou non censés occuper ou avoir occupés, et encore moins comment faire pour leur permettre d'avoir un compte en banque et de l'argent dessus pour rendre cette identité forgée de toutes pièces encore plus crédible, sans parler d'un faux passé, mais c'était une question pour un autre jour.
Pour le moment, même s'il aurait aimé pouvoir se reposer, il était de service au Rabbit Hole ce soir-là, il devait redevenir barman pendant quelques heures et perdre encore plus de temps.
Oh dieux, comme le pirate était fatigué.
Il avait aussi parlé du livre de contes aux deux magiciens, il avait essayé de le décrire du mieux possible, même s'il ne l'avait eu que peu sous les yeux et n'avait jamais eu l'occasion de le feuilleter, il leur avait expliqué à quel point il était important, que c'était peut-être ce qui pourrait les sauver le moment venu.
C'était ce qui avait révélé la vérité à Henry Mills autrefois et les choses ne se produisaient peut-être pas toujours de la même manière, mais il lui fallait espérer que ce serait le cas cette fois.
En constatant que Graham était là, une fois de plus, il ne fut pas surpris plus que ça, ils avaient pris l'habitude de discuter de Regina et d'Emma et de la non-avancée de leur plan quand ils avaient le temps, mais en revanche, constater la présence d'August à ses côtés le fit hausser un sourcil.
Ils buvaient un café, discutaient depuis un long moment, les yeux brillants et le sourire aux lèvres, semblant bien plus animés que le reste des clients du bar et il ne fallut pas longtemps au brun pour réaliser qu'il s'agissait très probablement d'un rencard.
Rangeant les verres qu'il venait d'essuyer, il fut incapable de retenir un sourire triomphant.
Apparemment, contrairement à ce qu'il aurait cru, il y avait bien eu des gens qui s'étaient rapprochés durant la fête (à quel autre moment auraient-ils pu se croiser au juste?), seulement, pas ceux auxquels il aurait pu penser.
C'était une bonne chose, vraiment, c'était une piste possible pour briser la malédiction et même si ce n'était pas le cas, si cela n'aboutissait pas à cette conclusion, ce n'était pas si grave.
C'était simplement quelque chose que Peter Pan ne pourrait pas avoir, qu'il ne pourrait pas leur enlever, c'était une preuve du fait qu'il ne pouvait pas tout contrôler malgré tous ses efforts pour le faire.
Et contrairement à lui, eux, ils pouvaient être heureux malgré le désespoir ambiant et tout ce qui pourrissait la vie de tout un chacun en ville.
C'était mieux que rien, et il manquait tellement de bonnes nouvelles en ce moment qu'il allait se contenter de celle-là pour l'instant.
§§§§
Il y avait quelque chose de stupéfiant dans le fait de constater qu'August, qu'il connaissait pourtant à peine, lui avait fait ressentir plus de choses en quelques minutes qu'Emma en plusieurs semaines de relation.
Cela ne faisait que confirmer ce qu'il avait toujours su au fond de lui, qu'entre elle et lui, ce n'était qu'une amitié dépourvue de sentiments amoureux, simplement du sexe qui n'irait jamais plus loin, un moyen pour lui comme pour elle de ne plus se sentir seul.
Mais, alors qu'avant Emma était la seule à avoir la possibilité d'être avec quelqu'un d'autre, Regina, le shérif adjoint avait désormais le sentiment que cela pourrait être son cas, avec cet inconnu qu'il avait rencontré si peu de temps auparavant mais qui lui semblait tellement familier d'une manière qu'il n'aurait pas su expliquer.
C'était rapide, trop peut-être, mais il n'avait pas suivi son cœur depuis si longtemps qu'il avait envie de le faire, vraiment, de prendre un risque et de tenter sa chance.
Peut-être s'emballait-il, pour rien qui plus est, peut-être qu'August ne ressentait pas la même chose, qu'il allait trop vite et que tout cela ne mènerait à rien.
Mais il ferait tout ce qu'il pourrait pour que ça aille quelque part, pour que ça fonctionne.
§§§§
August Booth n'avait jamais cru au coup de foudre.
Il était un écrivain, certes, il lui était arrivé de glisser de la romance dans quelques uns de ses livres (non publiés), mais cette recette lui avait toujours semblé un peu trop facile, et il ne l'utilisait jamais.
Même si c'était invraisemblable, il avait pourtant presque l'impression d'avoir été touché par un coup de foudre en rencontrant à nouveau Graham Humbert, ce qui était absurde bien sûr, il l'avait rencontré six ans plus tôt pourtant et il n'avait absolument rien ressenti.
Il n'avait pas pensé à lui en six ans, avait fini par l'oublier, et pourtant son cœur paraissait s'être réveillé à son contact, même si c'était sans doute bien trop rapide pour cela, et ça n'avait aucun sens.
Mais il aurait dû le savoir, l'amour n'avait parfois aucun sens, mais ça ne pouvait pas être de l'amour, pas déjà, pas si tôt.
Sauf qu'ensuite, à chaque fois qu'il essayait de réfléchir rationnellement à la question, Graham lui souriait et d'un seul coup, tous ses doutes s'effaçaient en un clin d'œil et savoir si c'était logique ou pas lui semblait soudainement complètement dérisoire.
Il ne savait pas ce qui était en train de se passer, mais il n'avait pas envie que ça s'arrête.
§§§§
«Bref, dit Graham, concluant ainsi le résumé de sa journée de travail, mon supérieur est un incompétent, ma collègue est une ange, et j'ai vraiment passé beaucoup trop de temps à parler d'eux et de ma vie. Et toi, qu'est-ce que tu as à me dire à ton sujet?
August eut bien du mal à garder son sourire en place.
Que pouvait-il lui raconter au juste?
Lui parler de sa carrière – si on pouvait appeler ça comme ça puisqu'il avait passé l'entièreté de celle-ci à enchaîner les échecs, les déconvenues et les déceptions – d'auteur qui était au point mort?
(Et cet état de fait n'allait clairement pas changer ni s'arranger s'il continuait comme ça.)
Discuter d'Emma, du fait qu'il l'avait amenée à Storybrooke sur un faux prétexte et que maintenant elle le détestait, ne lui parlait plus, et qu'à ses yeux elle n'avait plus de frère, prouvant à quel point il avait tout fait foirer, une fois de plus, comme d'habitude?
- Je suis… en dépression, lança-t-il d'un ton mi-amusé, mi-sérieux, en souriant du mieux qu'il pouvait pour que ça sonne plus comme de l'humour noir que comme la vérité incontestable qu'elle était pourtant.
Il aurait voulu que ce soit un mensonge, malheureusement, ce n'était aucunement le cas.
Malgré cela, sa tentative d'humour ne fit pas rire Graham qui fronça aussitôt les sourcils.
- Je sais que tu plaisantes sûrement mais, August… tu es sûr que ça va?
Sa gorge se noua aussitôt et l'auteur raté serra les poings, enfonçant ses ongles dans les paumes de ses mains, les grattant comme il le faisait toujours lorsqu'il n'était pas à l'aise ou stressé, ce qui arrivait très souvent.
Non.
Bien sûr que non il n'allait pas bien, il n'allait plus bien depuis qu'il n'avait plus Emma à ses côtés, que la culpabilité avait commencé à le ronger de l'intérieur, tout s'effondrait autour de lui, il se sentait suffoquer et n'avait même pas envie de lutter pour remonter à la surface.
Sauf que peut-être que ce n'était plus le cas désormais, maintenant qu'il n'était, avec un peu de chance, plus aussi seul qu'avant, si Graham voulait bien de lui, peut-être qu'il arriverait enfin à arranger les choses.
(Mais pourquoi aurait-il fait cela, pourquoi est-ce que qui que ce soit aurait voulu de lui, comment croire une seule seconde que quelqu'un pouvait l'aimer?)
- Honnêtement… Là oui, maintenant que je suis avec toi.
Ce n'était sûrement rien de plus qu'une phrase de drague foireuse, pourtant, en la disant, August se surprit lui-même en réalisant à quel point il était sincère.
Il avait le sentiment que si Graham était là, alors rien ne lui était impossible.
Le shérif adjoint essaya de sourire, clairement touché, mais sans doute pas le moins du monde convaincu.
- Okay… Si jamais ça ne va pas mieux ensuite, tu peux tout à fait m'en parler.
Hé bien, tout le monde semblait être en dépression ou malheureux en ville en ce moment, entre lui, Regina et son coma éthylique, Emma, James, lui-même…
Vraiment, à croire que Storybrooke était maudite.
- Merci.
- Tu… tu veux qu'on parle d'autre chose?
Il ne savait pas au juste pour quelle raison il ne voulait pas se confier, ce qu'il tenait à garder pour lui, mais il espérait qu'un jour, il lui ferait assez confiance pour le lui dire.
Enfin, si ce café les menait bien quelque part, comme il l'espérait.
- Ça me va, lui rétorqua August en songeant qu'il aurait pu l'embrasser là tout de suite pour le remercier tant il se sentait reconnaissant.»
Et pas seulement pour cette raison, ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose: il craquait vraiment pour lui.
Et ça ne lui faisait même pas peur.
Pour une fois qu'il pouvait ressentir autre chose que de la honte, de la culpabilité ou du désespoir, il n'allait clairement pas cracher dessus.
§§§§
«Tu fais quelque chose le samedi 17 novembre? Lui demanda Graham une fois qu'ils eurent quitté le bar après leur rendez-vous.
August le regarda avec un air surpris, comme s'il était réellement étonné qu'il puisse lui poser la question.
- Non, pourquoi?
Actuellement il ne faisait globalement rien de ses journées à vrai dire.
Ce n'était pas faute d'essayer pourtant.
- Je ne travaille pas ce jour-là, pour une fois, et j'aimerais qu'on passe la journée ensemble, juste toi et moi, si ça te convient.
- Pour… pour un autre rendez-vous? Le questionna-t-il d'une voix hésitante.
Son (désormais a priori) petit-ami lui sourit avec indulgence.
- Exact. Un rendez-vous amoureux, romantique, histoire que ce soit on ne peut plus clair. J'essaierai de préparer quelque chose de bien, et comme je vais être un peu débordé dans les jours à venir, ce ne sera malheureusement pas pour tout de suite. Est-ce que tu…
- Oui, répondit immédiatement et sans doute un peu trop vite August. Évidemment, bien sûr. Puis il rit, gêné. Désolé, j'ai… j'ai plus vraiment l'habitude des interactions sociales à vrai dire, j'aurais sans doute dû attendre que tu finisses ta phrase.
Le sourire de Graham s'agrandit et il rit.
- Non ça me plaît autant d'enthousiasme. C'est parfait. On se voit samedi alors?
Il avait hâte d'y être, et il savait bien aussi qu'il allait sans doute supporter les longues heures de travail au poste en pensant à ce futur rendez-vous et en envoyant le plus fréquemment possible de messages à August.
Il était également soulagé, pour une autre raison, maintenant il pouvait enfin «rompre» avec Emma, celle-ci n'avait plus d'excuse pour que leurs parties de jambes en l'air impromptues continuent, et peut-être qu'à force, elle allait finir par se rendre à l'évidence.
Elle avait besoin de Regina, pas d'un substitut qui ne lui arrivait pas à la hauteur.
August lui sourit à son tour, et Graham ne se souvenait plus de la dernière fois qu'il avait vraiment, vraiment eu envie d'embrasser quelqu'un.
Avec Emma, il s'était plus laissé porter par le courant qu'autre chose, il avait suivi le mouvement, ça n'avait pas été désagréable, loin de là, mais rien de comparable à ce qu'il ressentait actuellement.
- Oui, à samedi, lui répondit l'auteur, et quand Graham se dirigea vers lui au lieu de partir, désormais de plus en plus proche, son cœur se mit à battre à tout rompre.
Est-ce qu'il était réellement sur le point de l'embrasser?
Quand il réalisa que oui, il se rapprocha également et il ne pensa plus à sa solitude, à Emma, à ses manuscrits rejetés en boucle et à tout ce qui n'allait pas dans son existence et qu'il était incapable de changer.
Lorsqu'ils s'embrassèrent, il se sentit plus vivant que jamais, à sa place, et c'était à la fois terrifiant et exaltant.
Il rentra chez lui le sourire aux lèvres, et alors qu'il se retrouvait face à sa machine à écrire, il réalisa avec stupéfaction que pour la première fois depuis des mois, il avait de nouveau envie d'écrire et qu'il s'en sentait capable, que ça devait être maintenant et tout de suite.
Il n'allait probablement pas beaucoup dormir de la nuit, mais pour une fois ce serait pour les bonnes raisons.
§§§§
Lundi 12 novembre 2012.
C'était une idée stupide, sans doute la plus idiote qu'il avait jamais eu de toute sa vie.
Ce n'était pas logique ou censé, et encore moins raisonnable, ça allait à l'encontre de tout ce qu'on lui avait appris depuis qu'il était enfant, obéir aux règles, rester dans le rang, ne jamais dévier du droit chemin, il avait encore tout ça en lui, chevillé au corps.
C'était ainsi que son père l'avait élevé, comme ça qu'il avait grandi, David Spencer, l'enfant parfait, toujours si obéissant et docile mais son père n'était rien de plus qu'un vieux salopard et il en avait plus qu'assez de faire exactement ce qu'il voulait qu'il fasse, de vivre la vie qu'il avait choisie pour lui sans qu'il ait son mot à dire et qui l'étouffait un peu plus chaque jour.
Pour une fois, il serait autre chose que lâche, il pouvait être courageux, oser faire autre chose que ce qu'on lui dictait.
Ce fut pour ça qu'il frappa à la porte de Mary-Margaret Blanchard, en ayant aucune idée de ce qu'il était en train de faire, ou de ce qui allait se passer, si elle serait disponible ou avec un client, ne sachant même pas véritablement pourquoi il était là si ce n'est qu'il en avait viscéralement besoin.
Et peut-être était-ce mieux comme ça.
Parfois, l'incertitude valait bien mieux qu'une vie fade, morne, bien réglée et routinière comme celle qu'il avait connue durant ces dernières décennies.
Hé bien, il était grand temps que ça change.
À suivre…
Notes:
Titre du 06/10/2024 : Histoires d'amours
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Trois cents douzième baiser : Un baiser entre deux personnes du même sexe
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects des… clips de Cendres de Lune (Mylène Farmer) : Plus Grandir : Écrire sur Peter Pan (Tous fandoms) ou écrire sur un perso qui fait un cauchemar
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 169: Une autre vie?
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Il vit aussitôt la surprise et le choc apparaître sur le visage de l'escort.
La brune fronça les sourcils, clairement étonnée de le voir là, sur le pas de la porte, elle qui pensait qu'elle ne le reverrait plus jamais, ou alors par hasard, au détour d'une rue de Storybrooke.
Jamais elle n'aurait cru qu'il puisse avoir envie de la revoir, alors qu'ils s'étaient à peine croisés de la soirée, juste le temps d'une fraction de secondes, et qu'ils n'avaient pas échangé un mot.
Elle n'était qu'un visage au milieu de la foule, et lui aussi, pourquoi auraient-ils voulu se revoir?
Pourtant, elle n'avait pas cessé de penser à lui, cet homme dont elle ne savait presque rien hormis son nom, sans comprendre pourquoi et il y avait quelque chose de rassurant dans le fait de constater qu'elle n'était probablement pas la seule.
Après tout ce n'était pas un hasard s'il se trouvait là, devant elle.
«Monsieur Spencer? Que faites-vous ici?
Elle ne voyait aucune raison valable ou logique à sa présence, elle doutait que ce soit pour son lien avec le docteur Whale, il pouvait aller le voir à l'hôpital quand il le souhaitait sans avoir besoin d'elle pour ça et il en était de même avec ses autres clients.
David la regarda avec un air perdu.
- Honnêtement, avoua-t-il avec sincérité, je n'en sais rien.
La brune lui envoya un regard confus avant de se mettre à sourire.
- Oh vraiment? Est-ce que vous vous seriez perdu par hasard?
David éclata de rire, se sentant tout de suite moins nerveux.
- Je me doute que ça va probablement vous sembler étrange, mais… durant la soirée organisée pour mon anniversaire de mariage (il aurait dû se sentir coupable alors qu'il en parlait mais réalisa bien vite qu'il n'éprouvait pas la moindre culpabilité. Sans l'arrangement entre Ashley et lui, ça aurait de toute évidence été le cas), je vous ai vue et… Je ne saurais pas comment l'expliquer, mais à ce moment-là, mon monde a été chamboulé d'une manière que je ne comprends pas. Parce que, et je ne sais pas si ça fait sens, vous étiez là, et je sais qu'on ne s'est jamais rencontrés avant, mais j'ai eu l'impression que vous m'étiez familière, et…
- J'ai ressenti la même chose, laissa échapper Mary-Margaret sans pouvoir se retenir, et le regard de l'avocat s'adoucit, l'escort y voyant presque de la tendresse.
Son cœur s'emballa sans qu'elle ne saisisse pourquoi exactement.
- Vraiment?
- Oui, vous avez tout de suite attiré mon attention, plus que n'importe qui d'autre dans cette salle et… je n'ai pas arrêté de penser à vous depuis, lui confia-t-elle.
- Moi aussi, lui révéla-t-il, je comptais vous appeler au début, j'ai demandé votre numéro de téléphone au docteur Whale, mais j'ai préféré venir vous voir directement, j'ai eu l'impression que ce serait plus facile de vous expliquer tout ça en face à face.
Ah oui, à force, Mary-Margaret avait fini par oublier la raison de tous ces questionnements.
- Vous ne m'avez toujours pas dit pourquoi vous étiez là, relança-t-elle en croisant les bras, plus curieuse que suspicieuse.
Là aussi elle ne comprenait pas pourquoi, mais elle avait envie de lui faire confiance.
- Je… j'aimerais passer du temps avec vous, apprendre à vous connaître.
Elle haussa un sourcil surpris, croyant comprendre où il voulait en venir, pas vraiment étonnée dans le fond et se demandant comment elle avait pu croire une seule seconde qu'il s'agissait d'autre chose que de son métier de prostituée et peut-être que c'était ça qui avait attiré son attention une fois qu'il avait su qui elle était, ce qu'elle était, juste ça et rien d'autre, comme si elle se résumait à ça.
Elle aurait aimé ne pas se sentir déçue mais elle n'y parvint pas.
- Vous avez l'intention de m'engager? Lui demanda-t-elle d'une voix sèche et sévère.
Le fils du maire sembla alors perdre tous ses moyens.
- Oui… enfin, non, enfin, oui, mais… Oui mais pas comme ça.
Cette fois c'était définitif, la jeune femme était complètement perdue.
- Je ne comprends pas.
- Je n'ai pas l'intention de vous payer pour coucher avec moi.
Mais qu'est-ce que vous foutez là alors? Faillit-elle lui jeter au visage, de plus en plus perplexe.
- C'est ce que les gens font d'ordinaire. Si ce n'est pas votre cas, alors dans ce cas, qu'est-ce vous voulez vous?
Il soupira.
- Je sais bien que ma demande va vous sembler incongrue et c'est pour ça que j'ai hésité pendant un long moment avant de venir vous voir, mais… Oui, miss Blanchard, je voudrais vous engager, c'est vrai, mais pas pour du sexe, je n'ai pas l'intention de tromper mon épouse, j'aimerais, comme je vous l'ai dit, passer du temps avec vous. Pour parler.
Elle regarda son interlocuteur avec un air plus perdu et confus que jamais.
- Parler, répéta-t-elle d'une voix incrédule, à deux doigts de penser qu'il ne s'agissait que d'une mauvaise blague.
Les hommes qui la payaient pour passer la nuit avec elle aimaient souvent lui parler, après, de choses et d'autres, souvent de ce qu'ils ne pouvaient ou ne voulaient confier à personne d'autre, mais jamais l'un d'entre eux n'avait eu envie de juste lui parler.
Ce David Spencer lui paraissait être de plus en plus étrange, mais ce n'était étrangement pas vraiment déplaisant.
- Oui. Je ne sais pas encore de quoi au juste, et vous pouvez refuser bien sûr si ma proposition vous met mal à l'aise, et je dois vous prévenir qu'en raison de mon statut d'homme marié, si jamais vous acceptez, il vaudra mieux que nous soyons discrets et prudents. Je ne voudrais pas que, même si mes intentions sont tout à fait innocentes, des rumeurs commencent à se répandre sur nous.
- Ce serait en cachette, quelque chose de clandestin en somme.
- Voilà.
- Et si… si jamais je veux tout arrêter?
- C'est vous qui décidez, ce sera votre choix. Vous garderez l'argent, je ne vous réclamerai pas de remboursement, ne vous inquiétez pas.
L'offre était plus que tentante, et elle avait besoin de cet argent, et puisqu'il voulait juste parler…
- Pourquoi moi? Demanda-t-elle pourtant. Pourquoi venir me voir moi, une escort, une prostituée, au lieu de parler à un de vos proches ou à un professionnel comme le docteur Hopper?
Il la regarda alors comme si elle était une des plus belles choses qu'il avait jamais vues de toute sa vie.
- Parce que c'est vous, lui répondit-il simplement, et c'était absurde, improbable, ça n'avait aucun sens, c'était peut-être risible aussi, après tout, ils ne savaient rien l'un de l'autre, ou si peu.
Pourtant, cette simple phrase résumait tout, lui disait tout ce qu'elle avait à savoir, semblait tout expliquer d'une façon qui semblait si juste qu'elle n'avait pas envie de la remettre en cause.
Il ne lui fallut que quelques secondes pour se décider.
- C'est d'accord.
Un air surpris et ravi se dessina sur le visage de David.
- Vous êtes sûre?
- Certaine. Que dites-vous de lundi prochain? Je n'ai pas de rendez-vous de prévus ce jour-là.
- J'arriverai à me libérer, lui assura-t-il, un sourire éclatant sur les lèvres. Au revoir, et merci.
- Merci à vous. À bientôt!»
Elle le regarda partir puis rentra chez elle en tentant de calmer les battements effrénés de son cœur.
Dans quoi venait-elle au juste de s'embarquer?
§§§§
Emma le jurait, elle doutait d'avoir jamais été sous les ordres d'un chef aussi incompétent, paresseux et inepte que le shérif Keith.
Avant d'arriver à Storybrooke, elle avait de nombreuses fois pesté contre sa hiérarchie, bien sûr, comme tout le monde, mais jamais à ce niveau-là.
Il n'était jamais là, les laissait se charger de tout le boulot sans jamais être reconnaissant, non, très souvent, elle avait le sentiment qu'elle-même ou Graham auraient clairement été meilleurs que lui à sa place et chaque jour qui passait ne faisait que renforcer cette impression ou sa frustration grandissante.
Aussi quand elle constata au cours de l'après-midi après sa pause déjeuner que son supérieur était une fois de plus aux abonnés absent, elle ne put retenir un soupir d'exaspération de franchir ses lèvres et elle constata que son collègue pensait la même chose qu'elle.
«Si seulement je pouvais le faire virer, crois-moi je le ferais sans hésiter, confia-t-elle plus tard à celui-ci une fois qu'elle eut fini ce qu'elle avait à faire.
- Oh tu n'es pas la seule, marmonna-t-il, semblant tout aussi découragé qu'elle et pourquoi les choses ne semblaient-elles jamais changer dans cette foutue ville?
C'était comme si quelqu'un avait appuyé sur pause et que tout s'était figé pour toujours, sans qu'il ne soit possible de faire revenir les choses à la normale, comme s'ils étaient piégés sur un disque rayé et elle ne savait pas quoi faire pour arranger la situation.
- Mais bon, en attendant on va devoir faire avec. Elle jeta un rapide regard au bureau de Graham et lui lança un sourire séducteur. Si jamais tu as bientôt fini, on pourrait peut-être…
Il ne la laissa pas terminer sa phrase.
- Emma, je pense qu'on… qu'on devrait parler.
Son air grave et son ton sérieux effacèrent immédiatement son sourire de son visage.
- Qu'est-ce qu'il y a?
Est-ce qu'il allait encore lui parler de Regina, lui faire un sermon sur le fait que leur relation ne les menait à rien, lui expliquer de quelle manière elle devait mener sa vie?
Si oui, alors elle n'avait pas envie de l'écouter, elle n'était pas d'humeur pour ça et elle se tendit aussitôt, sur ses gardes.
- Je veux qu'on arrête de se voir, toi et moi. J'ai… j'ai rencontré quelqu'un.
Soulagée qu'il ne lui parle pas de ce dont elle ne voulait pas discuter, elle sentit aussi la surprise s'emparer d'elle en réalisant ce qu'il entendait par là.
Depuis six ans qu'elle le connaissait, elle l'avait toujours connu célibataire et ça n'avait jamais changé, elle n'aurait jamais cru que ça pourrait être différent un jour.
Manifestement, elle s'était bien trompée.
- Oh. Je vois… C'est récent?
- Je l'ai rencontré à la fête organisée pour l'anniversaire de mariage d'Ashley et de David Spencer, je ne le vois pas depuis très longtemps, et on a pas eu beaucoup de rendez-vous pour l'instant, mais il me plaît beaucoup, il me plaît vraiment et je n'ai pas envie de tout gâcher avant même que ça ne commence. Alors nous deux, si jamais on peut appeler comme ça, c'est fini. D'accord?
La blonde sentit alors une tempête d'émotions contradictoires déferler en elle, d'un côté elle était heureuse pour son ami, sincèrement et elle espérait que cette histoire mènerait le jeune homme à vivre quelque chose de beau, et d'un autre côté, elle allait se retrouver seule avec son cœur brisé sans aucun moyen d'oublier tout ce qu'elle avait perdu.
C'était très certainement mieux comme ça, la manière dont elle se servait de Graham n'avait rien de juste et il était temps que ça s'arrête mais ça ne l'empêchait pas de le regretter parce que malgré tout, ils avaient passé de bons moments ensemble.
De toute évidence, il méritait bien mieux qu'elle et elle espérait que contrairement à elle il parviendrait à trouver le bonheur.
- Bien sûr. J'espère qu'il t'apportera ce que je n'ai pas pu te donner.»
Tant pis pour l'exutoire qu'il représentait pour elle, elle trouverait un autre moyen de s'accrocher, de rester à la surface et de ne pas se noyer dans son désespoir, en espérant que tout son être ne lui hurlerait pas bientôt de recontacter Regina, de lui dire tous ces mots qui lui brûlaient la gorge et qu'elle peinait tellement à retenir.
À la place, elle se focalisa sur le bonheur récent de l'autre shérif adjoint, en se disant qu'elle avait vraiment hâte de rencontrer le petit-ami en question.
Si elle avait su la vérité, elle aurait plutôt désiré le contraire.
§§§§
Lacey French était à deux doigts de s'arracher les cheveux.
Par moments, elle avait le sentiment que, malgré tous ses efforts, tout ce temps et tout ce travail investis ne la mèneraient finalement à rien, qu'elle allait encore échouer, inévitablement, encore et toujours, parce que c'était ce qui se produisait, à chaque fois.
Alors pourquoi est-ce que ce serait différent au juste, simplement parce qu'elle s'acharnait, qu'elle s'obstinait, comme si elle pensait que d'un seul coup, l'univers se montrerait enfin clément avec elle?
L'univers et le monde ne marchaient pas comme ça, peu importe à quel point elle aurait voulu qu'il en soit autrement.
Ce fichu concours allait finir par avoir sa peau, et à force de réviser depuis le début de l'après-midi, elle avait le sentiment que son crâne allait exploser, qu'elle ne retenait rien et que rien de tout ça ne serait suffisant.
Qu'elle n'était rien de plus qu'une nulle, une incapable, une bonne à rien même pas fichue de réussir quoi que ce soit.
Quand, à 17h30, quelqu'un frappa à la porte de son appartement, elle sursauta, surprise et confuse.
Ça ne pouvait pas être son père, il travaillait encore à cette heure-là, il avait sa clef de toute façon, ni une amie, Ruby était en service au Granny's, alors qui…
Soudain, alors qu'elle regardait l'heure et la date, elle se souvint du rendez-vous qu'elle avait prévu ce jour-là avec monsieur Gold et alors que la pensée lui traversait le crâne, elle se leva aussitôt.
Merde.
Elle avait oublié.
Attrapant son trousseau de clefs, elle se rua immédiatement vers la porte, lui ouvrant le plus vite possible pour ne pas le faire attendre plus longtemps.
«Bonjour, le salua-t-elle d'un sourire crispé, encore craintive quand elle se retrouvait dans la même pièce que lui, animée par la vieille peur qu'il lui inspirait encore peu de temps auparavant et qu'elle savait pourtant sans doute infondée. Je suis sincèrement désolée, je n'ai pas vu le temps passer.
Il lui sourit avec indulgence, et c'était bien plus que ce à quoi elle s'attendait venant de lui.
- Bonjour à vous miss French. Ne vous en faites pas pour ça, je sais à quel point vous êtes occupée en ce moment.
Il était… étonnamment gentil comparé à d'habitude, du moins avant qu'elle ne vienne lui demander d'accorder un délai à son père pour lui laisser le temps de payer le loyer, et elle ne savait pas s'il avait changé, s'il avait seulement enlevé son armure d'homme dur et impitoyable ou s'il n'était comme ça qu'avec elle mais qu'importe la raison, c'était définitivement très agréable.
- Merci. Ne faites pas attention au désordre, le prévint-elle en le faisant entrer dans le salon, j'étais en train de réviser, ou du moins j'essayais.
Elle laissa échapper un rire sans joie tout en rangeant ses fiches de révisions, ses cours, ses notes et son ordinateur.
- Je pourrais vous aider si vous voulez, lui proposa-t-il, une fois que nous aurons fini de discuter à propos du procès.
Elle le regarda avec stupéfaction.
- Vrai… vraiment? Bredouilla-t-elle.
- Bien sûr, lui assura-t-il, je me doute que vous n'en avez pas besoin, mais j'ai préparé l'examen du barreau autrefois, il y a longtemps, et avec succès, j'ai préparé plusieurs concours dans ma jeunesse, et je me doute que ça n'a rien à voir avec ce que vous visez, mais je peux tout à fait vous apporter mon expertise. Si ça vous intéresse.»
Elle en avait la certitude maintenant, il n'était plus le même homme et même si elle n'avait aucune idée de pourquoi, elle accueillait ce changement avec joie.
Quand il partit, il faisait nuit, ils avaient passé beaucoup de temps à parler de leur future stratégie, il l'avait aidé dans ses révisions, puis ils avaient parlé de choses et d'autres sans voir le temps passer et quand il la laissa, elle faillit lui demander de rester.
Sans trop savoir pourquoi, sans comprendre ce qu'elle ressentait, ce qu'il lui faisait éprouver, et certes ce n'était pas la première fois, mais il avait pendant si longtemps été à ses yeux le méchant croquemitaine qui faisait peur à tout le monde qu'elle ne savait pas si elle était capable de le percevoir autrement.
Seulement, si son regard sur lui n'avait pas changé, alors comment expliquer que son cœur ait battu si fort lorsqu'il était assis à côté d'elle?
§§§§
Peter Pan se sentait très contrarié.
Il y avait de quoi, malgré ses recommandations (ordres. Avec lui, c'était toujours des ordres.) et leurs efforts, les membres du gang du crâne n'avaient pas encore retrouvé le ou les inconnus qui avaient eu l'audace et l'outrecuidance de s'introduire sans permission dans sa ville.
C'était un contretemps assez frustrant et irritant, de toute évidence, soit ils se trouvaient dans un endroit que les enfants n'avaient pas fouillé, soit ils étaient assez malins pour réussir à se cacher d'eux.
Malgré tout, il n'était pas en colère, il avait tout le temps du monde, il était le temps, ou plutôt il l'avait aboli, le temps n'existait plus, il pouvait bien attendre encore un peu, ses enfants perdus allaient bien finir par les dénicher, sans compter que ces nouveaux venus en ville ne pouvaient rien lui faire.
Ils ne pouvaient pas l'atteindre, utiliser la magie et de toute évidence, ils ignoraient tout de ce qui était en train de se passer à Storybrooke, il se savait tranquille de ce côté-là, ils n'étaient pas une menace, ainsi, il était confiant.
(Trop de toute évidence.
S'il avait su que Killian Jones les avait trouvés avant lui, leur avait tout dit, il aurait su qu'il n'aurait pas dû l'être.)
De toute façon, en attendant de disposer de nouveaux jouets à torturer et à briser à sa guise, il en avait d'autres, il savait grâce à ses espions que David et Mary-Margaret s'étaient revus et une fois que l'amour aurait fait son œuvre, il les séparerait, une fois de plus, brisant leurs cœurs à jamais.
Comme ce qu'il avait infligé à Emma Swan et à Regina Mills en somme.
Parce qu'après tout, qu'y avait-il de pire que d'avoir connu l'amour et d'en être soudainement privé sans rien pouvoir y faire, sans espoir de retour?
Surtout un amour si puissant et profond que le leur, un véritable amour.
Ce serait encore plus facile avec son fils et Belle parce que, une fois que ces deux-là se seraient retrouvés, que l'amour aurait éclos dans leurs cœurs, ceux-ci chantant à l'unisson, comme avant la malédiction, il n'aurait besoin que de quelques mots pour anéantir tout ce qu'ils avaient jamais partagé de beau et de sincère.
Rumplestiltskin allait retrouver le bonheur, tout ça pour que son père puisse le réduire à néant, le flétrir et le ruiner, comme il l'avait toujours fait avec le Ténébreux.
Et le pire dans le fond, c'était que l'antiquaire ne le saurait même pas, ne s'en rendrait pas compte, se blâmerait lui-même, penserait qu'il était le seul responsable parce que ce serait de son fait, pauvre marionnette qu'il était, et une fois de plus, il serait seul et isolé, rejeté par tous ceux qu'il avait jamais aimé.
Ça rendait les choses encore plus drôles qu'elles ne l'étaient déjà.
À suivre…
Notes:
Titre du 19/10/2025 : Une autre vie ?
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Défi des adultes 628 : Votre perso est un.e escort
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Félicie (le chat de Sifoell) Rythme : Écrire sur quelqu'un de paresseux ou écrire sur the Big Lebowski
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, défi des adultes, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 170: Le cœur qui s'accroche.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Mercredi 14 novembre 2012.
Lacey aurait aimé pouvoir dormir.
Elle était fatiguée, éreintée, épuisée même, la journée avait été longue, entre révisions et services interminables au Granny's, elle n'en pouvait plus.
Elle ne voulait qu'une seule chose, s'effondrer dans son lit, fermer les yeux et partir pour le pays des rêves, qui serait peut-être plus clément avec elle que ne l'était le monde dans lequel elle vivait.
Bien sûr, il y avait toujours les éternels mauvais songes au sujet de son potentiel (et sans doute inévitable) échec au concours de bibliothécaire, quelques cauchemars à propos de Keith la hantaient encore, mais bien moins qu'avant, surtout depuis qu'elle avait définitivement décidé de porter plainte contre lui.
Comme si son subconscient savait pertinemment qu'il ne pourrait plus jamais lui faire le moindre mal.
Surtout, la nuit dernière, elle avait rêvé d'autre chose, de quelqu'un d'autre, quelqu'un à qui elle ne s'attendait pas.
L'antiquaire, le propriétaire de son logement, celui qui était désormais son avocat et qu'elle ne détestait plus désormais, dont elle n'avait presque plus peur mais pour qui elle ressentait autre chose qu'elle n'arrivait pas à définir ou à comprendre.
Alors qu'elle, Ruby et Piper discutaient ensemble après la fermeture du restaurant, elle se lança finalement.
«Je… je me demandais. Comment… comment vous avez su, la première fois, que vous aviez des sentiments pour quelqu'un?
Elle avait aimé Keith, bien sûr, ou plutôt elle croyait se souvenir l'avoir aimé, ses sentiments pour lui semblaient si lointains, si étrangers et surtout si faux, si factices depuis qu'il l'avait frappée et lui avait montré son vrai visage qu'elle n'en était plus aussi certaine qu'avant.
Elle avait dans le fond si peu d'expérience en amour qu'elle n'avait aucune idée de comment savoir comment l'identifier, si jamais c'en était bien.
Piper et Ruby échangèrent un sourire complice.
- Oh, fit sa collègue, alors comme ça on dirait que les choses ont changé depuis la dernière fois qu'on en a parlé.
Ce n'était pas entièrement vrai mais ça la serveuse ne pouvait pas le savoir.
- Tu as rencontré quelqu'un? La questionna Piper, tout aussi curieuse que sa petite-amie.
- Pas… pas exactement, reconnut Lacey, un peu embarrassée, parce que franchement, qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle?
Elle avait passé des mois à pester après lui et maintenant, juste parce qu'il lui apportait son aide et qu'il avait été gentil à quelques reprises, elle se croyait amoureuse de lui?
C'était tout simplement ridicule et insensé.
Après tout, elle ne le connaissait même pas.
- En fait, poursuivit-elle, il s'avère que je… je me suis rapprochée de quelqu'un récemment.
Les yeux de Ruby, avide comme toujours de potins et de ragots, se mirent immédiatement à briller.
- Qui?
- C'est… c'est monsieur Gold.
Leur réaction ne l'étonna pas plus que ça.
- Quoi? S'écrièrent-elles en chœur, à la fois interloquées et scandalisées.
C'était tellement prévisible que c'en était presque drôle.
- Je sais! Se défendit-elle aussitôt, même si elle savait bien qu'elle n'avait pas à le faire. Moi non plus je ne me comprends pas moi-même, je ne sais vraiment pas ce qui m'arrive. C'est… c'est arrivé très soudainement.
Ses deux amies l'observèrent, perplexes et plus décidées à l'écouter qu'à rentrer chez elles, malgré le froid et la nuit tombée.
- Tu le détestes, lui dit Ruby, perdue, tu râles constamment après lui, depuis qu'on se connaît, pour de bonnes raisons d'ailleurs, même si… même si tu ne le fais plus depuis quelques temps.
- Je croyais qu'il ne t'inspirait que du mépris, ajouta Piper, tout aussi confuse, certes, tu as dansé avec lui à la fête et ça nous a beaucoup surprises, mais je pensais que c'était seulement par courtoisie.
- C'est vrai, oui, mais il n'est pas aussi méchant qu'on le croit, je pensais tout cela, avant, puis j'ai fini par revoir mon jugement en le côtoyant et maintenant je… Je ne sais pas.
- Et puis, fit Ruby en grimaçant, il est tellement… vieux.
Lacey fronça les sourcils, son amie soulevant une évidence à laquelle elle n'avait même pas songé, après tout, l'antiquaire avait un fils qui avait à peu près leur âge, mais elle avait tellement l'impression de le connaître depuis toujours, il lui semblait tellement sans âge qu'elle ne s'était pas penchée sur la question.
- Effectivement, reconnut-elle, mais je me sens bien avec lui, je lui fais confiance, j'ai l'impression qu'il s'est ouvert à moi ces derniers temps et surtout, il a accepté de me défendre et de devenir mon avocat, alors…
- Comment ça ton avocat?
La question de Piper lui rappela qu'elle ne les avait pas encore mises au courant à ce sujet.
- Oui, en vu du futur procès, je… je vais porter plainte contre Keith.
Ce serait sûrement inutile et vain, cela ne mènerait très probablement à rien et elle le savait bien, mieux que personne, mais elle voulait le faire malgré tout, pour elle-même, pour la justice, pour prouver que ce genre d'acte ne devait pas et ne pouvait pas rester impuni.
Elle allait se battre contre un mur mais au moins elle allait essayer et c'était déjà mieux que rien.
- Vraiment? Voulut s'assurer Ruby.
La serveuse hocha la tête.
- Vraiment.
Elle ne s'attendait pas à ce que la jeune femme la serre aussitôt dans ses bras.
- Alors dans ce cas-là, il va te falloir beaucoup de courage mais surtout, sache que… que je suis très fière de toi.
Ces simples mots suffirent à convaincre l'aspirante bibliothécaire qu'elle avait fait le bon choix, même si elle n'en avait pas besoin.
- Merci.»
Ce ne fut qu'après les avoir quittées et être rentrée chez elle qu'elle réalisa soudainement qu'au bout du compte, ses deux amies n'avaient pas répondu à sa question initiale.
Bah, après tout, peu importe, même si elle n'avait aucune idée de ce qu'elle ressentait pour l'antiquaire, elle pouvait toujours se laisser porter et ne rien faire.
Elle verrait alors ce qui se passerait.
§§§§
Le lendemain.
Il était encore très tôt quand Lacey French se rendit au commissariat de Storybrooke dans lequel, sans surprise, son ex-petit-ami ne se trouvait pas, et en le constatant elle sentit l'angoisse et l'anxiété qui l'animaient jusque-là s'envoler.
S'il avait été présent, elle le savait déjà, elle n'aurait pas eu la force de déposer plainte, elle se serait dégonflée, aurait fait demi-tour, aurait renoncé pour ensuite revenir plus tard en espérant pouvoir l'éviter cette fois.
Elle prit une profonde inspiration et vint prendre place devant le bureau d'Emma Swan.
La blonde la regarda avec curiosité et un air surpris, et il en était de même pour son collègue.
«Lacey? Lui demanda la jeune femme, confuse. Qu'est-ce que tu fais ici?
- Je…»
Elle se trouva tout d'abord incapable de parler, parce que si elle le faisait, si elle prononçait ces mots à voix haute, alors ça deviendrait réel et elle ne pourrait plus revenir en arrière.
Peut-être serait-il plus prudent qu'elle se taise, qu'elle recule, qu'elle abandonne, qu'elle le laisse gagner cette bataille perdue d'avance, parce qu'elle le savait bien, si elle allait jusqu'au bout, il ferait tout pour la détruire.
Sa réputation serait ruinée, traînée dans la boue, il la traiterait de tous les noms, nierait, se défendrait en la calomniant et ne démissionnerait pas, cela elle en avait la certitude, il ne subirait aucune conséquence tandis qu'elle devrait braver bien des obstacles ne serait-ce que pour avoir osé parler.
Elle pouvait déjà imaginer le genre d'article que Sidney Glass ne se priverait pas d'écrire dans le Daily Mirror une fois que cette histoire sordide aurait été révélée au grand jour.
Elle préférait ne pas y penser, tentait de se souvenir des raisons de sa présence, il ne s'agissait pas de vengeance, pas seulement de justice, juste de faire ce qui devait être fait, de révéler la vérité sur le shérif Keith et la violence, verbale comme physique dont il pouvait faire preuve.
Prévenir et mettre en gardes toutes les femmes qui auraient pu se rapprocher de lui et devenir une nouvelle victime, en subissant potentiellement de pires conséquences qu'elle, et c'était une question qui la hantait depuis cette terrible soirée.
Depuis qu'elle l'avait quitté, y en avait-il eu d'autres qui étaient sorties avec lui sans savoir l'homme qu'il était réellement, sans forcément subir de maltraitances de sa part mais se trouvant en danger sans même en avoir conscience, et pire encore…
Est-ce qu'il y en avait eu d'autres avant elle?
Des femmes qui avaient préféré se taire, par peur, qui avaient enduré bien pire et n'avaient jamais parlé?
Elle espérait que non, sincèrement.
Ça aurait rendu le shérif de Storybrooke encore plus monstrueux qu'il ne l'était déjà, même si elle avait bien l'intention de partir à la recherche de potentiels témoignages.
Après tout, elle avait bien l'intention de dire la vérité, alors autant s'y confronter directement, dans toute sa cruauté et son ignominie.
Ainsi, ce fut d'une voix calme et assurée qu'elle déclara enfin:
«Je suis venue porter plainte contre le shérif Keith.
Si Emma n'avait pas déjà été assise, elle serait sûrement tombée de son siège de surprise et elle la regarda avec stupéfaction, tout comme Graham.
- Quoi? Pour… pour quel motif?
- Pour violences domestiques, des violences physiques et verbales. Il… il m'a giflée, il y a un peu plus de deux mois.
Le visage de la shérif adjointe se décomposa aussitôt, tandis que son collègue blêmissait de son côté.
- Oh seigneur Lacey, je… Je suis tellement désolée. Assieds-toi et raconte moi tout.»
La serveuse s'exécuta et au fur et à mesure de son récit, l'ex-femme de Regina Mills sentit le goût acre de la bile lui envahir la gorge, tandis que la fureur la submergeait à chaque mot qu'elle entendait.
Si avant elle ressentait du mépris pour son supérieur, maintenant, ça allait bien au-delà de ça.
Elle le détestait purement et simplement.
§§§§
Samedi 17 novembre 2012.
August ne pouvait s'empêcher de se sentir incroyablement curieux.
Quand Graham lui avait proposé ce rendez-vous, sans lui en dire plus, sans lui donner de détails, il avait été intrigué, s'était posé des questions, attendant avec impatience le jour J en se demandant ce qui l'attendait.
Il espérait seulement qu'il n'aurait pas à croiser Emma, elle et le shérif adjoint étaient si proches après tout, mais elle travaillait très probablement ce jour-là, il n'avait donc pas à s'en faire.
Et de toute façon, si sa sœur adoptive devait finir par apprendre qu'il sortait avec son collègue, ce qui devrait arriver arriverait, tout simplement.
Ce n'était pas vraiment comme s'il pouvait y faire grand-chose de toute façon.
Son petit-ami lui avait donné rendez-vous à la lisière de la forêt de Storybrooke et l'auteur gara sa moto puis retira son casque en l'attendant, dans l'expectative.
Graham arriva peu après, à pied, chargé d'un panier qui semblait bien lourd et en comprenant ce qu'il avait en tête, l'écrivain raté se mit à sourire.
Lorsque Graham se tourna vers lui pour l'embrasser, August se figea presque sous le coup de la surprise, avant de l'embrasser à son tour, certain qu'il ne s'y habituerait jamais.
Comment est-ce que lui, un menteur et un escroc, avait bien pu trouver le bonheur alors qu'il ne le méritait pas?
Il n'aurait sans doute jamais la réponse à cette question et peut-être était-ce mieux comme ça.
«Salut.
- Salut. Alors comme ça tu nous as préparé un pique-nique?
- Ouais, je sais que le temps est pas terrible et que c'est pas l'idéal, mais normalement d'après la météo il ne devrait pas pleuvoir aujourd'hui.
Ils savaient tous les deux que la météo n'était pas toujours fiable, mais après tout, quelques gouttes d'eau ne leur faisaient pas peur.
- Je ne sais pas si tu vas souvent dans les bois, mais je connais quelques coins sympa, je pourrai te les montrer, si ça te va.
- Bien sûr, c'est vrai que je n'y suis jamais retourné depuis…
En fait, il n'était sans doute jamais allé dans la forêt de Storybrooke depuis qu'il y habitait, en près de six ans ou du moins il ne s'en souvenait pas.
Bien, c'était une erreur que Graham allait lui permettre de réparer.
Ce dernier lui envoya un sourire éclatant.
- Alors dans ce cas, on peut y aller.»
§§§§
Cela faisait bien longtemps qu'August Booth n'avait pas aussi bien mangé, le fait d'avoir perdu toute envie ou motivation pour cuisiner y était sans doute pour beaucoup, aussi même si ce n'était que des sandwichs, il les trouva très bons.
Manger avec quelqu'un à ses côtés et non tout seul comme d'ordinaire aidait également beaucoup.
Graham n'avait pas menti, la forêt était magnifique, il était heureux de pouvoir la visiter en sa compagnie, la nature était superbe et une part de lui-même aurait voulu rester là, avec lui, à l'endroit où ils venaient de se poser pour déjeuner, pour toujours et oublier le monde, oublier Emma et la manière dont il l'avait perdue.
Le retour à la réalité fut, de ce fait, très brutal.
«Je voulais te demander un truc, avant d'oublier, tu as prévu quelque chose de particulie rpour Thanksgiving ?
August faillit éclater de rire.
Il ne prévoyait plus quoi que ce soit depuis longtemps, quelle que soit l'occasion, il était bien trop déprimé et solitaire pour ça, n'en voyait pas le moindre intérêt.
À quoi bon célébrer quelque chose s'il n'y avait personne d'autre pour en profiter?
- Non, pourquoi?
Si jamais Graham lui demandait de le fêter avec lui, il dirait oui, évidemment, il en avait envie, il voulait passer le plus de temps possible avec lui, l'attente depuis leur rendez-vous précédent lui avait paru insupportable et comment est-ce que quelqu'un qu'il connaissait depuis si peu de temps pouvait autant lui manquer?
- Je n'ai pas de famille ou de proches, alors tous les ans depuis qu'elle est là, je l'organise avec Emma, tu pourrais te joindre à nous.
En entendant le prénom de sa sœur de cœur, August sentit son cœur sombrer au fond de son estomac, parce que comment, comment avait-il pu ne pas le voir venir tellement c'était évident?
Il ne pourrait pas lui dire oui maintenant et il ne pouvait même pas lui dire pourquoi.
Venir, c'était se dévoiler, tout avouer, c'était risquer de provoquer un scandale, une dispute et il préférait éviter, Emma et Graham méritaient de passer un bon moment ensemble, hors de question qu'il vienne tout gâcher.
Encore une fois.
- Je suis désolé, mais je vais devoir décliner. Mais merci pour l'invitation.»
Le shérif adjoint ne lui demanda aucune explication, même si l'auteur vit bien la tristesse dans son regard et il essaya de toutes ses forces de ne pas imaginer cette tristesse être remplacée par de la déception au cas où il apprendrait la vérité sur lui.
Il en fut totalement incapable.
§§§§
«Je sais que tu n'aimes pas beaucoup parler de toi, poursuivit Graham peu après, mais j'avoue que je n'ai pas très envie de parler de mon boulot aujourd'hui, il y a quelque chose dont tu voudrais discuter?
En fait, surprenamment, oui.
- Hé bien… C'est le cas. Il se trouve que je suis écrivain, enfin, j'essaie d'en être un et ces derniers temps, je n'arrivais pas à écrire une seule ligne, plus d'inspiration, la page blanche, le vide total… Et tu sais ce qui s'est passé ensuite?
Graham fronça les sourcils.
- Non?
- On a eu notre premier rencard au Rabbit Hole et en rentrant chez moi… J'ai eu envie d'écrire. Je l'ai fait, j'avais pas écrit autant depuis des semaines alors… merci.
Un sourire amusé se dessina sur le visage de son petit-ami.
- Oh, donc tu veux dire que sans le savoir je suis devenu ta Muse, c'est ça?
- Ça se pourrait bien oui enfin si tu oses l'accepter.
- Je ne sais pas si je serai digne d'un tel honneur.»
August rit puis l'embrassa, encore et encore, et même si ça devait se finir un jour, même si au bout du compte Graham le détestait au moins autant qu'Emma, il aurait au moins eu ça, ces quelques instants hors du temps, libérés de toute souffrance.
Et rien ni personne en ce monde ne pourrait jamais lui enlever ça.
§§§§
Alors que Graham le félicitait d'avoir réussi à dépasser son blocage, ce fut à moment précis que les premières gouttes commencèrent à tomber.
«Je vais porter plainte contre la chaîne météo, marmonna-t-il d'un air bougon et August ne put retenir un éclat de rire, alors qu'il l'aidait à ranger leurs affaires.
Ils s'enfuirent le plus vite possible loin de la pluie jusqu'à ce que, soudainement, Graham ne se fige totalement, le regard perdu.
L'auteur lui lança un regard inquiet.
- Graham, ça va?
Le shérif adjoint ne lui répondit pas, fixant ce qu'il y avait devant lui, parce qu'une fois de plus, ce putain de loup revenait le hanter, et il ne comprenait pas pourquoi.
- Par pitié, dis-moi que tu le vois toi aussi, hoqueta-t-il d'une voix brisée, August regarda dans la même direction que lui et il cligna des yeux à plusieurs reprises, stupéfait.
- Depuis quand il y a des loups dans la forêt de Storybrooke au juste?»
Jamais Graham Humbert n'avait éprouvé autant de gratitude pour quelqu'un.
August le voyait, donc le loup était là, donc il n'était pas fou et c'était un tel soulagement qu'il aurait pu danser là, tout de suite, sans se soucier de la pluie.
Bon, le loup en question s'acharnait à le suivre et ça ce n'était pas normal, mais c'était un problème pour un autre jour.
Lorsque Graham l'embrassa brusquement, malgré la pluie torrentielle qui s'était abattue sur eux, August ne comprit pas pourquoi au juste mais il ne se plaignit pas.
Oui, il pleuvait à verse, il avait froid, il voulait rentrer au chaud mais il lui semblait pourtant que rien au monde ne comptait plus que les lèvres de son petit-ami pressées contre les siennes.
Parce que ça faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi vivant.
§§§§
Lundi 19 novembre 2012.
Mary-Margaret Blanchard ne comprenait toujours pas à quoi elle était supposée s'attendre.
La demande de David Spencer était si étrange, si incongrue, qu'elle s'attendait à tout moment à ce qu'en fin de compte, il se comporte exactement comme la plupart des hommes qui l'avaient engagée.
Et que finalement, il ne vaille pas mieux qu'eux, ne soit pas vraiment là pour discuter, qu'il ne veuille l'embrasser ou la «séduire», faisant comme il l'entendait sans se soucier de ce qu'elle voulait.
Ce ne fut aucunement le cas, il voulait réellement parler, elle avait attiré son attention même si elle ne comprenait pas pourquoi, il voulait la connaître, savoir qui elle était, ce qu'elle voulait, ce qu'elle aimait et c'était rafraîchissant et agréable, bien plus que ce à quoi elle s'attendait, et quand il partit, elle regretta sincèrement qu'il ne puisse pas rester plus longtemps.
C'était d'ailleurs probablement ça le plus curieux dans cette histoire, parce qu'il n'était pas venu là avec l'intention de la charmer.
Pourtant, il était parvenu sans le moindre effort, sans même s'en rendre compte, et l'escort chassa le mauvais pressentiment qui s'emparait d'elle.
Après tout, ce n'était pas vraiment comme si leur relation allait se développer d'une quelconque façon qui ne serait pas professionnelle.
À suivre…
Notes:
Titre du 13/09/2025 : Le cœur qui s'accroche
Cancer : Belle (OUAT)
14 avril 1961 – Robert Carlyle
S – Storybrooke (OUAT)
Créature 38 : Sorcière
Trois cents douzième baiser : Un baiser entre deux personnes du même sexe
Prénom 432: August
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Jojo Rabbit : Satire : Écrire une fic Humour ou parlez d'un sujet de société qui vous tient à cœur
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
12 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 171: La vie est un long fleuve tranquille.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
«Je ne comprends pas, lança Zelena à Killian, les sourcils froncés par la confusion, tout a l'air tellement animé aujourd'hui, ce n'est pas comme d'habitude.
Depuis quelques jours, sur l'initiative du pirate, la sorcière, le dieu et lui-même se baladaient fréquemment en ville, se montrant aux habitants au lieu de se cacher, à la fois pour leur permettre de faire connaissance avec les lieux et aussi afin que leur présence ne semble pas étrange.
Quitte à s'inventer de fausses identités, autant faire croire qu'elle était réelle, qu'ils avaient toujours été là, depuis le début, qu'ils étaient des gens normaux, qu'ils ne venaient pas de l'extérieur et qu'ils étaient seulement des ermites sortis depuis peu de leur vie solitaire.
Certes, cela ne changerait rien au fait que personne ne se souviendrait d'eux, qu'aucun faux souvenir gravé dans leur tête ne permettrait de rendre leur histoire crédible, mais au moins, personne ne hausserait un sourcil en entendant parler d'eux.
Killian regarda autour de lui et réalisa qu'elle avait raison.
Tellement habitué à cela (ou du moins James Rogers l'était et prendre conscience d'à quel point leurs deux personnalités et mémoires étaient mêlées au point qu'il ne faisait parfois plus la différence avait un côté véritablement terrifiant), il ne l'avait même pas remarqué.
- Oh c'est tout à fait normal, du moins je le suppose, d'après mes souvenirs ça l'est et c'est comme ça tous les ans. C'est bientôt Thanksgiving, alors les gens qui n'ont pas encore eu le temps de le faire se ruent dans les magasins pour finaliser leurs achats.
Lui-même n'aurait rien prévu de particulier, n'en aurait pas vu l'intérêt, au vu du contexte et des circonstances, s'il n'avait pas été invité par Regina à le fêter chez elle et n'avait pas accepté à la fois parce que tout prétexte à faire la fête était bon à prendre (surtout si ça lui permettait d'oublier un temps la malédiction) et aussi pour la surveiller.
Hadès le regarda avec un air aussi perdu que la rousse.
- Qu'est-ce que Thanksgiving?
Le barman leur expliqua le principe de la fête et tandis qu'ils l'écoutaient avec attention, il réalisa soudainement qu'il pouvait changer la donne, au moins un peu.
Au vu du peu qu'ils possédaient pour l'instant, que ce soit l'argent sans parler de la ferme et d'autres choses qui leur restait encore à installer, le dieu et la sorcière ne pouvaient clairement pas célébrer Thanksgiving ensemble, tous seuls, ni même inviter qui que ce soit puisqu'ils ne connaissaient personne en dehors de Killian.
En revanche…
Peut-être était-ce un bon moyen pour réunir deux sœurs qui s'étaient perdues de vue pendant bien trop longtemps.
- J'ai peut-être une idée, leur dit-il après avoir terminé ses explications. Je ne sais pas si elle acceptera, mais si c'est le cas et que ça vous tente…
- Quoi? Lui demanda Zelena, curieuse.
- Je pourrais demander à Regina de vous inviter, non seulement ça la sortirait un peu de son isolement, et en plus comme ça, ça vous introduirait auprès d'elle comme mes amis et comme des habitants de Storybrooke, vous donnant une identité réelle et solide ce qui éloignera les soupçons des membres du gang du crâne s'ils vous croisent un jour ou enquêtent sur vous, et surtout…
- Ça me permettrait de la revoir, murmura Zelena d'une voix chargée d'émotion et les yeux brillants de larmes.
Hadès serra sa main dans la sienne pour la réconforter et sa compagne lui sourit, les yeux emplis d'amour et face à cette démonstration d'affection, Killian ne fut que d'autant plus amer en repensant à ce qu'il avait eu puis perdu d'un seul coup sans rien pouvoir y faire.
Il chassa rapidement ce sentiment pour se concentrer sur le plus important.
- En effet. Ça ne lui rendra probablement pas la mémoire mais je pense que… que ça vous fera du bien à toutes les deux.
Le doute envahit aussitôt le visage de la fille de la reine de cœur.
- Ça pourrait marcher, seulement… je lui ai dit mon nom, le jour où je suis arrivée et vu mon coup d'éclat, je doute qu'elle l'ait oublié, je ne peux pas me présenter face à elle en tant que Kelly West après lui avoir dit m'appeler Zelena.
- Oh, détrompez-vous, lui affirma-t-il, elle a très certainement oublié. Les effets de la malédiction sont tenaces, surtout quand du temps a passé. Enfin, si on peut le dire comme ça considérant que Peter Pan l'a figé théoriquement à tout jamais…
Il ne le savait que trop bien, l'avait constaté à de nombreuses reprises, la mémoire des habitants de Storybrooke était plus trouée que de l'emmental, surtout concernant la temporalité, et ce qui l'avait desservi avant allait peut-être les avantager cette fois.
- Oui, c'est vrai, approuva Zelena d'une voix blessée, et puis j'imagine que je n'étais qu'un visage dans la foule ce jour-là, personne de vraiment important, elle avait dû oublier notre interaction dès le lendemain je suppose…
Alors que pour l'ancienne méchante sorcière de l'ouest, la brune était la sœur qu'elle avait tant désespérément tenté de retrouver après avoir voulu se venger d'elle pendant des années.
Quelle ironie du sort…
- Fais en sorte qu'elle se souvienne de toi cette fois et qu'elle ne t'oublie jamais dans ce cas, lui glissa Hadès d'une voix douce et la sorcière hocha la tête, revigorée par cette phrase.
- Cela vous convient dans ce cas? Demanda Killian, et ils acquiescèrent tous les deux.»
Le brun sourit, ravi d'avoir enfin quelque chose à faire qui n'ait rien à voir avec la malédiction ou retrouver Henry ou le livre, missions qui piétinaient plus qu'autre chose, comme d'habitude.
Il était grand temps de rappeler à son amie qu'elle était bien moins seule qu'elle ne le croyait.
§§§§
Le capitaine du Jolly Roger aurait voulu plus que tout pouvoir effacer l'air morne, sombre et maussade qu'il lisait en permanence sur le visage de Regina Mills depuis que la malédiction avait été lancée.
Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même, elle si volontaire, travailleuse, et si elle n'avait pas (pour ce qu'il en savait) replongé dans l'alcool, il était évident en revanche qu'elle était train de se noyer dans la dépression et qu'il ne savait pas comment faire pour l'aider à s'en sortir.
Il savait que ses regards emplis de pitié n'arrangeaient probablement rien, mais il avait peur pour elle, peur de ne pas réussir à arranger les choses, peur que Peter Pan ne l'emporte et que les choses ne restent à jamais semblables jusqu'à ce que tout espoir finisse étouffé et il n'avait aucune idée de comment agir pour empêcher ça.
Il était terrifié, terrorisé, en colère aussi, mais surtout pétrifié, semblant incapable de réussir à accomplir quoi que ce soit.
Il n'était plus seul, certes, il était aidé de Zelena et d'Hadès, mais pour le moment, malheureusement, leur présence n'avait toujours rien changé.
La voix de Regina, lasse et dépitée, le sortit de ses réflexions.
« Tu ne devrais pas te donner cette peine, vraiment.
Il lui lança un regard décontenancé.
- De quoi est-ce que tu parles?
- Venir ici, chez moi, me parler, me tenir compagnie, m'empêcher de boire, tout faire pour que je ne rechute pas… Tout cela est inutile. Je vais bien James, vraiment.
Oui, songea-t-il avec ironie, et moi je suis un canard qui parle.
- Je t'ai connue plus convaincante que ça, ma chère amie, tu mentais bien mieux que ça avant.
L'ancienne mairesse leva les yeux au ciel.
- Je suis sérieuse. Tu n'es pas obligé de faire ça.
- Mais j'en ai envie, la contra-t-il, j'aime passer du temps avec toi, je ne suis pas là par pitié ou par un sentiment quelconque d'obligation ou de culpabilité contrairement à ce que tu sembles croire. Je suis là parce que tu es mon amie, parce que je tiens à toi et aussi, ô surprise, parce que tu as besoin d'aide, une aide que je peux t'accorder. Et tant que je ne serai pas sûr que tu vas vraiment mieux, je ne partirai pas. Je n'ai rien de mieux à faire de toute façon.
- Tu as ton travail, protesta-t-elle.
- Oui. Et alors? Du moment que je respecte les horaires fixés, il n'y a pas de problème, non?
- Et ton navire.
Le pirate haussa les épaules.
- C'est en bonne voie et c'est presque terminé, ça peut attendre. Tu es plus importante.
Jamais il n'aurait cru penser cela à propos de quelqu'un, de plusieurs personnes qui plus est, de les considérer plus précieuses à ses yeux que son Jolly Roger adoré.
Comme quoi, les choses finissaient toujours par changer, d'une façon ou d'une autre, quand on s'y attendait le moins.
- Je suis certaine que d'autres personnes que moi seraient une bien meilleure compagnie que je ne le suis. Je… je suis un poids pour toi, tu ne devrais pas être ici, tu devrais sortir, t'amuser, te trouver quelqu'un, ou de nouveaux amis, parler avec ceux que tu as déjà.
Killian pensa à tous ces gens à Storybrooke qu'il ne connaissait pas, avec qui il n'avait jamais forgé de lien avant la malédiction parce qu'il avait passé tout son temps en ville à être leur ennemi, il pensa à Neal, qui le détestait à nouveau, et il grimaça.
Regina avait tort à ce sujet, il n'y avait personne en ville avec qui il aurait voulu être à cet instant précis.
- Est-ce que la sobriété t'aurait rendue stupide? Regina, je te le répète, si je suis là, c'est parce que j'en ai envie. Mais puisque tu en parles, poursuivit-il en saisissant la perche qu'elle lui avait tendue sans le savoir, jeudi c'est Thanksgiving, pas vrai?
- Effectivement, confirma-t-elle, ne comprenant pas où il voulait en venir.
- Je sais qu'on le fête ensemble et qu'il est peut-être un peu tard pour te demander ça, tu as sans doute déjà tout préparé, mais… j'aimerais inviter deux personnes pour ce soir-là, est-ce que ce serait possible?
Le regard de Regina s'adoucit.
- Tu… tu as de nouveaux amis donc?
- Oui. Tu vois, ce n'est pas parce que je passe la majorité de mon temps avec toi que je suis devenu un ermite.
Elle sourit puis acquiesça.
- C'est d'accord. Ça me fera seulement plus de nourriture à préparer, j'ai l'habitude, ce sera comme quand Emma et moi, on…
Prenant la mesure de ce qu'elle était sur le point de dire, elle se figea, les larmes aux yeux et la gorge nouée, avant de réussir à terminer sa phrase avec difficulté.
- Quand Emma et moi, on fêtait Thanksgiving avec Daniel…
Killian avait conscience du fait que ce qu'elle revoyait probablement, intérieurement, ce n'était pas les faux instants de fêtes passés avec sa femme et ce fils qui n'existait pas, mais ce moment terrible où elle l'avait découvert gisant dans la piscine, sans vie.
Est-ce que la malédiction lui avait au moins accordé de faux souvenirs de ces moments de joie ou bien est-ce qu'elle l'avait privée de ça aussi en même temps que de tout le reste?
Il soupira.
- Regina, si tu veux annuler, si c'est trop dur pour toi, on peut, ça ne me pose pas de problème.
Elle secoua la tête, alors que des larmes coulaient le long de ses joues.
- Non, je… Ne t'en fais pas, ça va aller, c'est juste que… Oh James, ils me manquent tellement!»
Mais ils sont toujours là! Voulut-il hurler. Henry et Emma sont là, ils sont ta famille, tout peut redevenir comme avant, il suffit juste que tu te souviennes!
Mais comme ça n'aurait aucunement arrangé la situation, il n'en fit rien et se contenta de la serrer dans ses bras tandis qu'elle sanglotait.
À moi aussi, pensa-t-il, repensant à Neal et à la vie qu'ils n'avaient jamais eu l'occasion de bâtir ensemble, à cette potentielle fin heureuse qui leur avait été volée avant qu'ils ne puissent en faire quoi que ce soit.
§§§§
Jeudi 22 novembre 2012.
Thanksgiving.
C'était, en un sens, la quatrième fois de son existence qu'elle revoyait sa petite sœur.
La première datait de leur enfance, la deuxième de la visite de Regina à Oz (les moments où elle l'avait espionnée avant ne comptaient pas, pas vraiment), la troisième de son arrivée à Storybrooke.
Et en rétrospective, chacune de ces rencontres s'était mal terminée, s'était achevée dans la souffrance, la tristesse et la colère.
Elle espérait qu'il en serait autrement cette fois.
Lorsque Regina lui ouvrit la porte, elle ne savait sincèrement pas à quoi elle s'attendait, ce qu'elle espérait, que la brune la reconnaisse, qu'elle se souvienne de leur bref échange ou qu'elle la traite comme l'étrangère qu'elle n'aurait jamais dû être à ses yeux.
Elle n'était pas sûre de savoir quelle option aurait été la moins douloureuse à vrai dire.
Mais il n'y avait rien dans le regard de sa demie-sœur qui puisse lui faire croire une seule seconde qu'elle se rappelait d'elle, et elle dût se répéter à elle-même que c'était pour le mieux, que leur plan ne pouvait pas marcher sans ça.
Peu importe à quel point sa version enfant souffrait en silence de voir ses retrouvailles avec sa sœur perdue être une fois de plus différées.
Elle comprenait d'autant mieux la haine de Killian à l'égard de Peter Pan et ce alors même qu'il ne lui avait pas pris autant de choses à elle qu'à lui.
Regina lui sourit et Zelena dût se retenir de toutes ses forces de ne pas la serrer dans ses bras parce qu'elle n'aurait pas compris.
«Oh, bonsoir, vous êtes Kelly West, c'est ça? James m'a parlé de vous. Ravie de vous rencontrer.
La sorcière ignora la tristesse qui envahissait peu à peu chaque fibre de son être et se força à sourire.
- Moi de même.»
L'ancienne mairesse salua également Hadès ou plutôt Chad et les invita à rentrer et Zelena songea que si elle faisait semblant, elle pourrait se presque persuader elle-même que c'était un dîner en famille tout ce qu'il y avait de plus réel et de normal.
Cela ne fit pas moins mal pour autant.
À suivre…
Notes:
Titre du 09/12/2024 : La vie est un long fleuve tranquille
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 429 : Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Ray Bradbury : Auteur de plus de 500 nouvelles : Écrire sur quelqu'un de travailleur ou sur Pénélope (la femme d'Ulysse)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 172: Une fête magique.
Notes:
Oh yeah, cette semaine, je passe mon épreuve de concours, fun, j'ai hâte d'y être…
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Il ne s'écoula que quelques minutes avant que Regina ne commence à poser des questions.
«Alors, Chad, Kelly… parlez moi un peu de vous.
Le repas était déjà bien entamé, Killian et son amie avaient un peu discuté, et l'ancienne mairesse, ne voulant pas que ses invités se sentent mis de côté, était bien décidée à en apprendre plus sur eux.
Et si Zelena voyait bien que l'intention était louable, elle aurait préféré qu'elle n'en fasse rien, aurait voulu pouvoir se taire toute la soirée plutôt que de devoir dire des mensonges, mais puisqu'elle ne pouvait pas faire autrement, autant s'y plier.
- Hé bien, commença-t-elle, un sourire factice sur les lèvres, mon époux et moi nous sommes mariés depuis déjà plusieurs années (ils avaient trouvé préférables de dire années et non mois, moins de risques que personne ne se souvienne de leur mariage sans que ça attire les soupçons) et depuis, nous vivons plus ou moins reclus, loin de la ville.
- Oui je peux le comprendre, approuva Regina, la vie en ville peut vite devenir infernale tellement le rythme est rapide et effréné, j'en sais quelque chose. Et comment est-ce que James a réussi à vous convaincre de sortir un peu?
- Oh, intervint alors Hadès, Kelly et moi aimons beaucoup faire un tour en mer de temps en temps, ça nous apaise et c'est comme ça que nous l'avons rencontré, nous avons connaissance, nous avons sympathisé et comme il savait que nous serions seuls pour les fêtes, il a proposé de vous demander de nous inviter et nous avons accepté avec grand plaisir. Merci encore d'avoir accepté que nous nous joignions à vous.
Elle sourit.
- C'est tout naturel, voyons, je suis heureuse de rencontrer les nouveaux amis de James, et je suis ravie de constater qu'il n'est plus aussi seul qu'avant.»
Elle ne posa pas d'autres questions personnelles, se contentant de parler de choses et d'autres et Zelena en fut soulagée, elle n'aurait pas à s'inventer un métier justifiant qu'elle et Chad ne sortaient jamais ou à prétendre qu'ils étaient rentiers et riches, ce qu'ils n'étaient pas.
Le reste du repas se passa bien, sans faux-pas de leur part et quand Regina leur proposa de revenir pour fêter Noël puis le Nouvel An avec elle et James, ils acceptèrent sans la moindre hésitation.
Et qui sait, peut-être que d'ici là, la malédiction aurait été brisée, peut-être que cette fête en serait vraiment une.
§§§§
«C'est ironique, tu ne trouves pas? Lança Zelena à Hadès une fois qu'ils furent revenus à la ferme, et il la regarda avec un air étonné.
- De quoi parles-tu?
- Maintenant d'une certaine manière j'ai exactement ce que je voulais… ou presque. Parce que avant, au-delà de seulement vouloir changer mon passé, je voulais me venger de Regina, la détruire, briser sa vie en mille morceaux, la voir malheureuse et la malédiction a amplement réussi à le faire sans que je n'ai à intervenir. Je me demande bien pourquoi… pourquoi au juste, est-ce que j'obtiens ma vengeance contre elle au moment même où ce n'est plus ce que je veux?
Il soupira et l'attira contre lui, posant la tête de la rousse sur son épaule alors qu'ils se trouvaient au coin du feu avant de l'embrasser sur le front.
- Je ne sais pas Zelena, je ne sais vraiment pas, mais… mais au moins rien de tout cela n'est réel, et bientôt elle le saura, elle se souviendra de toi, nous ferons tout pour que ça arrive. Je te le promets.»
Et alors, même si elle-même, Hadès et Killian piétinaient toujours autant qu'au début, volaient d'échec en échec, elle le crut.
Parce qu'il était Hadès, le dieu des morts, le roi des Enfers, l'homme qu'elle aimait et parce qu'il tenait toujours ses promesses.
§§§§
«Il n'est pas venu finalement? Demanda Emma à Graham en constatant qu'il n'y avait personne d'autre qu'elle-même et son collègue dans l'appartement de celui-ci.
- Oh c'est vrai, j'ai dû oublier de te le dire, il a décliné l'invitation finalement. Je suppose qu'il estime que c'est trop tôt, qu'on ne se connaît pas depuis assez longtemps. Ça a dû lui faire peur j'imagine.
Emma sourit, amusée à l'idée de faire peur à quelqu'un au point qu'il n'ait pas envie de la voir.
Bah, peu importe, elle le verrait plus tard, si jamais Graham décidait de le lui présenter, ou pas, après tout, il ne lui devait rien.
- Tu ne m'as pas dit ce qu'il faisait dans la vie ton nouveau mec.
Il ne lui avait même pas dit son nom à vrai dire, sans doute parce qu'il voulait garder ça pour lui encore un moment, tant que leur histoire n'en était encore qu'à ses balbutiements.
- Il est écrivain, lui rétorqua le shérif adjoint avec un sourire éclatant, et il a réussi à se débarrasser de son syndrome de la page blanche il n'y a pas très longtemps, je suis vraiment content pour lui.»
La blonde prêta à peine attention à ce qu'il lui dit après cette phrase, son esprit se focalisant sur le mot écrivain prononcé par son ancien amant, parce que c'était ce qu'était August, combiné au fait qu'il n'avait pas voulu fêter Thanksgiving avec eux, elle sentit un frisson glacé la parcourir alors qu'elle sentait son esprit cavaler à toute vitesse derrière une hypothèse qu'elle espérait fausse.
August était un auteur, August savait qu'elle ne voulait plus le voir, et Graham lui avait dit avoir rencontré son petit-ami à la fête d'anniversaire de mariage des Spencer, et August y était comme par hasard, alors est-ce que ça pouvait être lui?
Ça aurait expliqué bien des choses.
Mais non, tenta-t-elle de se convaincre juste après, ça ne pouvait pas être lui, la coïncidence aurait été trop grosse, il devait y avoir plusieurs écrivains en herbe à Storybrooke, ce n'était pas parce qu'August et Graham s'étaient trouvés au même endroit au même moment qu'ils s'étaient forcément croisés.
Elle chassa la pensée loin d'elle, tenta de ne plus y penser, de ne plus songer à son frère adoptif et essaya de profiter de sa soirée du mieux qu'elle pouvait ainsi que du repas préparé par Graham.
Hors de question qu'elle laisse ce sale menteur, cet hypocrite, ce traître, lui gâcher Thanksgiving.
§§§§
Ailleurs, à Storybrooke, d'autres n'avaient pas autant de chance qu'eux.
Certains étaient avec leurs familles, leurs amis, d'autres étaient seuls, ou bien avec des gens avec qui ils n'auraient jamais dû ou voulu être.
David Spencer était entouré d'Ashley, d'Alexandra et de son père et la seule chose qu'il voulait, c'était rejoindre Mary-Margaret, même s'il n'arrivait pas encore à comprendre pourquoi. Elle n'était qu'une prostituée dont il appréciait la compagnie après tout, rien de plus, il ne la connaissait même pas.
Les enfants du gang du crâne ne fêtèrent pas Thanksgiving, évidemment. Ils étaient bien trop pauvres pour cela, n'avait pas le moindre foyer autour duquel se réchauffer et Peter Pan ne voyait pas l'intérêt de leur offrir ça, surtout en sachant qu'ils n'avaient toujours pas réussi à faire ce qu'il leur avait demandé.
Lacey était sans doute une des plus chanceuses, elle était avec son père, Ruby, Piper, Granny, elle avait les gens qu'elle aimait autour d'elle, même si elle éprouvait un pincement au cœur en songeant au fait qu'elle aurait voulu que monsieur Gold soit là.
August songea à Emma et à Graham en espérant qu'eux au moins ne se sentaient pas seuls et misérables contrairement à lui.
Neal passa une soirée comme les autres, pensant avec tristesse à son père et à James avant de décréter que puisqu'il ne pouvait rien y changer, il était inutile de se lamenter sur la situation.
Mary-Margaret se sentit plus seule que jamais cette année, pensant à un client pas comme les autres qui avait touché son cœur bien plus qu'elle ne l'aurait cru au premier abord.
Aucun d'entre eux ne passa réellement une bonne soirée, pas vraiment, pas complètement.
Pas alors qu'ils avaient tant perdu sans même le savoir.
Killian savait, lui, contrairement à tous les autres, et même s'il sourit à plusieurs occasions durant Thanksgiving, s'amusa, se sentit heureux ou presque, il eut tout de même envie de pleurer et il se fit à lui-même cette promesse qu'il n'était même pas sûr de pouvoir tenir.
L'année suivante, il y aurait un nouveau Thanksgiving, comme chaque année et cette fois, oui, cette fois, tout ça serait réel, ils seraient libres, pour de bon, aucun d'eux ne serait plus jamais maudit.
Et d'ici là, Peter Pan serait mort, six pieds sous terre, son sourire arrogant et insupportable à jamais effacé de son visage.
Plutôt mourir ou être maudit à son tour que d'échouer.
§§§§
Samedi 24 novembre 2012.
August n'arrivait plus à respirer.
Il n'était pas étranger aux cauchemars, bien sûr, comme tout le monde, mais celui-ci avait été encore pire que tous les autres, pour autant qu'il s'en souvenait.
Il ne s'y passait pas grand-chose pourtant, une voix qu'il n'avait pas réussi à identifier lui susurrait encore et encore avec une douce voix cruelle le même mot.
Un mot qu'il abhorrait et qui, pourtant, définissait l'entièreté de son identité depuis maintenant près de six ans.
Menteur, menteur, menteur.
C'était ce qu'il était, ce mot lui collait à la peau, s'accrocherait à lui pour probablement toujours, et il aurait voulu s'en débarrasser, ne plus l'être, l'arracher de son être, gratter sous sa peau jusqu'à ce que toute trace de mensonge s'efface en lui, enfin, mais comment aurait-il pu le faire alors qu'il passait son temps à mentir à son petit-ami?
Un mensonge par omission restait un mensonge après tout.
Puis ensuite, d'autres voix avaient résonné dans son crâne, celle d'un vieil homme, la voix d'Emma, la voix d'une femme habillée de bleu, et eux aussi répétaient la même chose en boucle, d'autres mots cette fois, avec un sourire narquois et mauvais sur leurs visages déformés par la déception et le mépris.
Sincère, altruiste et courageux, c'était ce que tu étais censé être, alors pourquoi as-tu échoué?
Il ne comprit pas ce qu'ils entendaient par là.
Le pire advint ensuite, alors que les mots le submergeaient jusqu'à ce qu'il ne comprenne plus rien à leurs hurlements, tout ce qu'il voulait c'était que ça s'arrête, puis il commença à avoir de plus en plus de mal à respirer au fur et à mesure que son corps se transformait en bois.
Ses pieds d'abord, puis ses jambes et enfin son torse ainsi que ses mains, ses bras, sa tête, il était une marionnette désormais, il n'était plus humain, il ne méritait plus de l'être, et ce n'était qu'un songe, un rêve, un cauchemar.
Alors dans ce cas-là, pourquoi est-ce que ça semblait si réel?
Pourquoi est-ce que ça avait l'air si vrai, pourquoi avait-il le sentiment d'avoir déjà vécu ça, que c'était ce qui allait lui arriver?
Je me vais réveiller, tenta-t-il de se convaincre, je vais ouvrir les yeux et alors tout ira bien.
Mais rien n'allait, tout ce qu'il voyait c'était le bois dont son être était fait, il ne bougeait plus, ne respirait plus, il n'existait plus et pourquoi est-ce que ça lui arrivait?
Qu'avait-il fait pour mériter ça?
Quand enfin il put s'extirper de cet enfer qui n'avait aucun sens, il n'avait plus d'air dans les poumons et il dût allumer la lumière puis observer ses mains et le reste de son corps pour s'assurer que non, son corps ne s'était pas changé en bois durant la nuit, il était fait de chair, comme d'habitude.
Il pleura autant de soulagement que de désespoir quand il put le constater, parce que ce cauchemar ne faisait que lui rappeler cette cruelle vérité: il n'était qu'un moins que rien qui ne méritait pas d'être aimé et même s'il aurait voulu serrer Emma dans ses bras et lui demander pardon, appeler Graham pour lui demander de venir le rejoindre et lui avouer la vérité, il savait qu'il n'y avait pas droit.
Alors à la place, il se recroquevilla sur lui-même, ravala ses larmes, ses sanglots et sa solitude et essaya de se rendormir et de ne plus penser à cette version de lui transformée en bois dont il avait l'horrible pressentiment qu'elle était plus que réelle.
Sinon il n'allait jamais réussir à trouver à nouveau le sommeil.
§§§§
Lundi 26 novembre 2012.
August avait fini par oublier cet étrange rêve quand la catastrophe se produisit.
Il marchait en ville avec Graham, pendant la pause de son petit-ami et alors qu'il l'embrassait avant que ce dernier ne retourne au travail, il avait entendu la voix d'Emma résonner non loin d'eux.
«Putain de bordel de merde.
C'était très certainement approprié au vu de la situation, et il sut aussitôt qu'il était trop tard, qu'elle les avait vus et qu'il ne pouvait rien faire pour y changer quoi que ce soit.
Il avait toujours su que son histoire avec Graham se terminerait un jour.
Il aurait aimé que ce ne soit pas aussi tôt, et alors qu'il voyait sa vie s'effondrer juste sous ses yeux, à nouveau, il repensa à son cauchemar, et songea qu'il était finalement devenu de bois en fin de compte, ou presque.
Incapable de parler, de bouger, de penser, de respirer, inerte et pétrifié, voilà l'effet que les mots d'Emma avaient eu sur lui.
C'en était presque drôle.
Qui aurait cru qu'un rêve tel que celui-là aurait pu sembler aussi prémonitoire.
Graham, confus et perdu, se tourna vers sa collègue, en quête d'explications.
- Emma? Qu'est-ce qu'il y a?
Les yeux emplis de flammes, la blonde se rapprocha d'eux.
- Alors c'est lui ton petit-ami?
- August? Oui, pourquoi? Tu le connais?
En entendant cette réponse, la jeune femme éclata d'un rire cynique et railleur, empli d'amertume.
- Alors comme ça, tu ne lui as rien dit? Demanda-t-elle à son ancien frère de cœur.
Le regard de Graham passa de son amie à l'auteur.
- Me dire quoi?
- Demande le lui, siffla-t-elle d'une voix venimeuse en pointant August du doigt, peut-être qu'à toi il ne te mentira pas, même si j'en doute sérieuseument. Puis, d'une voix brisée, elle ajouta. Bordel Graham, même si je savais que tu n'étais pas au courant, et que je ne t'en veux pas pour ça, tu… De tous les habitants de cette foutue ville, il a fallu que tu choisisses celui qui m'a poignardée dans le dos. J'imagine que l'univers a eu envie de se foutre de ma gueule une fois de plus… C'est rien je commence à avoir l'habitude. Je retourne bosser, rejoins-moi quand… quand tu le voudras, je m'en fous.»
Puis elle tourna les talons et Graham resta figé pendant quelques secondes, interloqué, ne comprenant pas comment les choses avaient pu mal tourner en si peu de temps.
Qu'est-ce qu'il venait de se passer au juste?
À suivre…
Notes:
Titre du 24/06/2023 : Une fête magique
Vierge : Killian Jones (OUAT)
15 juillet 1977 – Lana Parrilla
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Trente troisième baiser : Un baiser sur le front
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Prénom 429: Regina
Défi Sarah & son cerveau n247- Votre perso est un méchant
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… The Big Bang Theory 1 : Raj : Écrire une scène en Inde ou sur un expatrié
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 173: La guerre des cœurs.
Notes:
Ouiiiii mon écrit est passé je suis liiiibbbrreee !
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
«Tu m'expliques ce qui vient d'arriver ou je dois aller poser la question à Emma?
S'il n'avait pas perdu la mémoire, August Booth se serait rendu compte d'à quel point la scène qui venait d'arriver était similaire de celle qui s'était produite plusieurs mois plus tôt peu de temps après la fin de la malédiction.
Il y avait du mieux cette fois, là au moins, personne ne l'avait frappé…
- Tu devrais retourner travailler, protesta August, et laisser Emma t'expliquer tout ça.
Son petit-ami haussa les épaules, alors que la colère l'envahissait de plus en plus.
- Ça peut attendre, ce n'est pas comme si Keith était là pour me réprimander puisqu'il n'est jamais là. Une chance d'ailleurs, parce que j'ai envie de lui casser la gueule en ce moment, à un point que tu n'imagines même pas.
Depuis que Lacey French était venue porter plainte, sans surprise, rien n'avait changé, le shérif avait nié en bloc, était toujours en place, avait le soutien public d'Albert Spencer, il faisait comme si de rien n'était et lui et son avocat faisaient de leur mieux pour que la procédure traîne le plus longtemps possible et que cela n'aboutisse à rien du tout.
- Et, continua-t-il, je préfère entendre ta version des faits et la sienne, histoire de pouvoir comparer. Alors dis-moi maintenant. Qu'est-ce que c'était que ça? D'où tu connais Emma Swan?
Tout le monde la connaît en ville, n'était définitivement pas une réponse acceptable, même si c'était vrai.
- C'est ma sœur adoptive, avoua-t-il finalement, et les yeux de Graham s'écarquillèrent de surprise.
- Quoi?
- On a grandi ensemble, dans le même orphelinat, on a grandi dans le système, on l'a subi, trimballés de familles d'accueil en familles d'accueil sans jamais trouver de foyer jusqu'à qu'on finisse par former le notre. On est arrivés à Storybrooke ensemble, il y a six ans.
Le shérif adjoint se souvint alors que oui, la blonde n'était pas venue seule, qu'elle était accompagnée par quelqu'un, mais il l'avait si peu vu ou côtoyé à l'époque qu'il n'avait pas fait le rapprochement quand il avait croisé August à la fête.
- C'était toi?
- Oui.
- Je… je ne comprends pas. Pourquoi est-ce que je ne me souviens pas de toi?
Si Killian s'était trouvé avec eux, il aurait eu une toute autre réponse à leur fournir.
L'écrivain haussa les épaules.
- Je ne sais pas trop, on s'est à peine croisés à mon arrivée ici, moi non plus je ne me souviens pas de toi, et puis c'était il y a six ans. J'ai dû oublier, tout comme toi.
Graham fronça les sourcils.
- Il y a un truc qui ne colle pas. Tu prétends que tu es son frère adoptif. Si c'est le cas alors dans ce cas-là, explique-moi pourquoi au juste, en six ans, elle ne m'a jamais parlé de toi? Pourquoi tu n'es jamais venu la voir au travail, pourquoi vous ne vous voyez plus, pourquoi vous ne fêtez pas Thanksgiving ensemble? Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais son frère quand je t'ai invité à venir célébrer Thanksgiving avec nous?
August était presque admiratif de sa propre capacité à retarder l'inévitable pendant aussi longtemps.
Mais voilà, il y était, c'était l'instant terrible où Graham allait voir son vrai visage, apprendre la vérité et le regarder tel qu'il devait l'être, comme il l'était, comme la fraude, l'imposture et l'être inférieur à eux qu'il était, avec mépris et déception.
Il avait déçu la seule personne à laquelle il avait jamais tenue de toute façon, autant le décevoir lui aussi puisqu'il n'était bon qu'à ça.
Les voix de son cauchemar revinrent le hanter et il frissonna.
Ils n'avaient pas eu tort à son sujet.
Il n'était rien de plus qu'un menteur, et il n'avait jamais été sincère, altruiste ou courageux d'une quelconque façon.
Puisqu'il était au pied du mur, autant dire la vérité pour une fois.
- Parce que, il y a six ans, j'ai fait une énorme bêtise. Je suppose que tu es au courant qu'Emma a un passé un peu… nébuleux.
- Oui, elle m'en a parlé, elle a fait des trucs pas nets quand elle était ado, mais c'est du passé, c'était avant Storybrooke, c'est loin maintenant. Pourquoi?
- Hé bien disons que contrairement à elle, je n'ai pas aussi bien réussi à laisser mon passé derrière moi…
Graham le regarda avec confusion.
- Comment ça?
- Quand on était encore à Boston, j'ai été incroyablement stupide. J'ai volé un grand nombre de montres que j'ai ensuite revendues et… j'ai été repéré, puis recherché et… je l'ai caché à Emma. Je lui ai menti, je lui ai dit que je voulais quitter Boston et changer d'État sans lui expliquer pourquoi, puis on est arrivés à Storybrooke où elle a trouvé du travail, on s'est installés et… elle a fini par découvrir ce que j'avais fait, ce que je lui avais caché. Depuis, elle refuse de me voir ou même de me parler, d'ailleurs c'était pour ça que j'étais à la fête. Pour essayer de la convaincre de discuter avec moi. Elle n'a rien voulu entendre, pour elle, je ne suis plus son frère ou sa famille. Il soupira. Voilà, maintenant tu sais tout.
Maintenant tu peux me laisser tomber comme elle l'a fait, après tout c'est tout ce que je mérite.
Son petit-ami le regarda avec une expression indéfinissable.
- Oh, se contenta-t-il de laisser échapper, comme s'il n'avait aucune idée de ce qu'il était supposé dire.
August ne parvint pas à déterminer comment il était censé interpréter ce oh, ce qui se trouvait potentiellement derrière, tout ce que Graham pensait mais ne disait pas.
Est-ce qu'il comprenait son geste, est-ce qu'il le méprisait pour ça, est-ce qu'il était du côté d'Emma, est-ce qu'il allait le chasser de sa vie maintenant et ne plus jamais vouloir le voir de son existence?
Est-ce qu'il venait tout juste de perdre la dernière bonne chose qu'il lui restait dans sa vie, avec l'écriture?
C'était ironique qu'il y soit parvenu en étant honnête, là où la dernière fois c'était sa lâcheté et ses mensonges qui l'avaient perdu…
- Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant? Demanda l'auteur, incapable de supporter cette attente plus longtemps.
- Parler à Emma d'abord et puis… je ne sais pas August, je ne sais vraiment pas.
- Je suis désolé de t'avoir menti, lui lança-t-il, alors que le goût âcre des regrets envahissait sa bouche.
Un sourire railleur et cynique se dessina sur le visage de celui qu'on appelait autrefois le Chasseur.
- Pourtant tu sembles être un expert dans ce domaine, tu ne crois pas?»
Oh comme il aurait aimé pouvoir le contredire.
Il en fut malheureusement incapable.
§§§§
Une pensée envahit le crâne d'Emma Swan à l'instant même où elle tourna le dos à Graham et August pour s'éloigner d'eux et se rendre sur son lieu de travail où elle commença à travailler en mode automatique.
Est-ce qu'August l'a fait exprès?
Avait-il été assez tordu pour ça, s'était-il rapproché de Graham à dessein, parce qu'il était proche d'elle, afin d'avoir une raison de la côtoyer sans qu'elle ne puisse faire autrement à part en révélant la vérité?
Est-ce que ça avait été réel un seul instant en fin de compte, ce qu'il y avait entre eux, ou bien est-ce que ça n'avait jamais été qu'un mensonge, comme tout le reste?
Elle espérait que non, son collègue et ami ne méritait définitivement pas d'avoir le cœur brisé.
Puis, alors que sa colère retombait, un peu, elle se rendit vite compte que ce qu'elle pensait était absurde.
Elle connaissait son ancien frère adoptif, il n'était pas cruel au point d'agir ainsi, il avait été sincère, forcément et certes elle ne l'avait pas vu une seule fois en six ans, en dehors de la fête, il avait très bien pu changer mais elle avait la certitude que ce n'était pas le cas.
Pas à ce point.
Et puis, si ça avait été une ruse pour se rapprocher d'elle, il aurait sauté sur l'occasion proposée par Graham, serait venu à Thanksgiving, ce qui n'aurait pu aboutir à rien d'autre qu'à une dispute, parce qu'Emma aurait tout déballé sans la moindre hésitation.
La seule explication logique et rationnelle, c'était donc que les deux hommes s'étaient vus à la fête, s'étaient plu et avaient commencé à sortir ensemble, son collègue et celui qui était autrefois sa famille.
Quelles étaient les chances, franchement?
Elle faillit éclater d'un rire nerveux en constatant qu'au final, malgré son improbabilité, son intuition avait été juste, le petit-ami mystère, l'écrivain, était vraiment August Booth, son grand frère d'autrefois.
Elle aurait dû pousser plus loin, poser la question à Graham, ainsi elle aurait appris la vérité plus tôt.
Ça lui aurait permis de ne pas avoir à subir la présence de celui qu'elle ne voulait plus voir.
Lorsque Graham s'assit en face d'elle, elle comprit vite qu'aucun d'eux deux ne serait capable de travailler tant qu'ils n'auraient pas éclairci la situation.
Elle soupira.
«Alors, qu'est-ce qu'il t'a raconté comme mensonges? Raconte-moi donc, qu'on rigole un peu, parce que je ne sais pas toi, mais moi j'avoue que j'en ai bien besoin.
Sa vie ne cessait de partir en vrilles depuis la mort de Daniel et elle aurait bien aimé que les choses soient différentes pour une fois, que tout puisse s'arranger, en un claquement de doigts.
Sauf que c'était impossible, parce qu'ils ne vivaient pas dans un conte de fées, ici, en ce bas monde, dans cet univers cruel et froid, aucune marraine la bonne fée, aucun génie pour exaucer les vœux de qui que ce soit.
Ils devaient se débrouiller tout seuls.
- Je crois qu'il a dit la vérité, la détrompa Graham.
La sorcière haussa un sourcil surpris.
- Ah oui? Ce serait une première.
- Il m'a parlé des montres, du vol, de ce que vous aviez à Boston et que vous avez lâché quand il a commencé à être recherché, du fait qu'il ne t'a rien dit, que tu as fini par le découvrir et que c'est pour ça que tu avais coupé les ponts avec lui.
En entendant ces mots, la mâchoire d'Emma se décrocha.
- C'est… c'est exactement ce qu'il s'est passé, oui. Se reprenant très vite, elle ajouta. Je suppose que tu es venu plaider sa cause.
- Non.
Elle le regarda avec stupéfaction.
- C'est ton petit-ami!
- C'est vrai. Mais bon, on est ensemble depuis, quoi, à peine un mois? Et je le connais depuis au moins aussi longtemps. Toi tu es ma meilleure amie depuis plus de six ans. Ce n'est pas à moi de te dire quoi faire, quoi penser, quoi ressentir, ou comment agir. Tu fais ce que tu veux. Tu as le choix. Bien sûr, je ne vais pas te mentir, j'aimerais que tu lui parles, que tu l'écoutes, parce que de toute évidence, il regrette sincèrement ce qu'il a fait, il veut s'excuser et se racheter. Mais je ne te demanderai jamais de le faire sous prétexte que lui et moi on est en couple. Si ce n'est pas ce que tu veux, alors soit, ça me va.
Sa collègue lui lança un regard empli de gratitude.
- Merci.
- De quoi?
- De ne pas m'avoir dit que, juste parce qu'on était de la même famille, lui et moi, j'ai le devoir de le pardonner tout ça parce qu'il se sent désolé.
- Il y a certaines choses qu'on ne peut jamais pardonner, même venant des gens qu'on aime. Parfois surtout venant des gens qu'on aime. Être une famille ne justifie pas tout.
Graham ne lui avait rien demandé, certes, mais peut-être avait-il eu raison.
Peut-être était-il temps pour elle d'enfin tourner la page, d'aller de l'avant, de redonner une chance à son frère adoptif, après tout, il lui manquait tellement, et ça faisait six ans.
Et puis, qu'était-ce qu'une erreur banale comme ça face à tous les bons moments qu'ils avaient partagé autrefois?
Elle se souvint de leur enfance dans l'orphelinat, d'August la prenant sous son aile, promettant de toujours la protéger, eux passant d'une famille d'accueil à une autre sans que jamais personne ne les adopte ou ne veuillent d'eux, jurant de toujours se retrouver, de ne jamais être complètement séparés, parce qu'ils étaient une famille, envers et contre tout.
Et la jeune femme était fatiguée d'être encore et toujours séparée de ceux qu'elle aimait, d'être toujours aussi seule.
Oui, August avait tout gâché six ans plus tôt.
Ça ne voulait pas dire pour autant que c'était irrémédiable, qu'ensemble, ils ne pouvaient pas réparer ce qui avait été brisé.
- Graham? Lança-t-elle d'une voix hésitante à l'autre shérif adjoint. Je… je vais y réfléchir.
Il lui sourit.
- Tant mieux. Je suis sûr que tu prendras la bonne décision.»
Elle aurait aimé être aussi confiante que lui à ce sujet.
§§§§
Mercredi 28 novembre 2012.
Rares étaient les gens qui venaient sonner à sa porte, aussi, August fut très étonnée d'entendre la sonnette résonner dans le silence de sa maison.
Délaissant provisoirement sa machine à écrire (il n'avait pas écrit une ligne de la journée de toute façon, ni même depuis qu'Emma et Graham avaient découvert la vérité), il se leva pour voir qui était là.
Quelle ne fut sa surprise quand il constata qu'il s'agissait d'Emma elle-même.
Il se figea, stupéfait.
«Emma?
Elle lui adressa un sourire qui ressemblait plutôt à une grimace.
- Salut. Je peux entrer?
Il acquiesça aussitôt, abasourdi, se demandant s'il était en train de rêver, ou s'il hallucinait sa présence.
Si c'était un rêve, alors il ne voulait plus jamais se réveiller.
- Qu'est-ce que tu fais là?
Elle resta plantée dans le salon, les bras croisés, le regardant avec attention.
- Vas-y. Dis-les.
- Quoi? Demanda-t-il, ne voyant pas où elle voulait en venir.
- Tes excuses. Tu m'as dit que tu voulais m'en faire, que tu avais l'intention de t'excuser et il se trouve que maintenant je suis prête à t'écouter. Alors vas-y August. C'est ton moment.
Oh.
Elle lui offrait une nouvelle chance, lui qui pensait qu'il n'y aurait plus jamais droit?
Il devait sans doute remercier Graham pour ce miracle.
- Okay. Très bien. Je suis désolé d'avoir volé ces montres, de t'avoir entraînée là-dedans sans que tu n'ai ton mot à dire, d'avoir bouleversé nos vies sans vraiment te laisser le choix, d'avoir en un sens fait de toi ma complice alors que tu n'avais rien fait et que j'étais le seul responsable. Et surtout, Emma, je… je suis sincèrement désolé de t'avoir menti.
Le visage de sa sœur adoptive resta de marbre pendant quelques secondes avant de brutalement se fissurer et elle éclata en sanglots avant de le serrer dans ses bras.
Il lui rendit son étreinte, stupéfait mais heureux, parce que c'était ce qu'il avait toujours voulu, ce qu'il désirait depuis six ans, et il la laissa pleurer.
Pleurer pour le fils qu'elle avait perdu, la femme qu'elle aimait mais qu'elle avait quittée, la famille qu'elle avait perdue, pleurer pour les six ans qu'ils avaient passé tous les deux loin de l'autre et lui aussi se mit à pleurer, pour l'exacte même raison.
- Je t'en veux encore, hoqueta-t-elle entre deux sanglots, ne crois pas être tiré d'affaire. Je ne t'ai pas encore pardonné. Je ne suis pas sûre de pouvoir le faire, pas tout de suite.
Il y avait encore quelque chose en elle qui l'empêchait de le faire, qui la retenait, un peu comme avec Regina et dont elle n'arrivait pas à débarrasser.
Il rit à travers ses larmes.
- Je n'en attendais pas moins de toi, lui murmura-t-il à l'oreille et elle rit à son tour.
- Tu vas en baver, clairement, tu peux me croire et je… Je te donne une dernière chance, je t'interdis de la gâcher. Surtout, ne brise pas le cœur de Graham, ne lui fais aucun mal ou tu auras affaire à moi.
- Ça me va, lui assura-t-il. Tout me va.»
Il ne savait pas encore combien de temps ça lui prendrait au juste, mais il se le jurait, il regagnerait la confiance d'Emma et ne la perdrait plus jamais.
§§§§
Lacey n'avait pas la moindre idée de comment elle en était arrivée là.
C'était si étrange, si absurde, si improbable, si contraire à ce qu'elle croyait encore quelques mois plus tôt que c'en était presque drôle.
Pourtant, c'était bien vrai.
Elle qui avait pendant si longtemps méprisé et détesté monsieur Gold, désormais, elle l'appréciait, elle l'estimait, elle s'était rapprochée de lui et surtout, elle ressentait quelque chose de fort à son égard, il l'attirait, cela, elle ne pouvait plus le nier.
Chaque moment passé avec lui depuis qu'elle était venue dans sa boutique pour lui demander d'être plus clément avec son père avait été agréable et elle attendait chacun de leurs rendez-vous, pour le procès ou ses révisions en vue du concours, avec une grande impatience.
C'était tout de même assez ironique et presque triste que Keith, en croyant qu'elle le trompait avec l'antiquaire, l'ait en un sens involontairement poussée dans ses bras.
La brune l'aurait presque remercié pour ça.
Presque.
Elle avait ces derniers temps observé attentivement monsieur Gold et si elle ne trompait pas, lui aussi se comportait différemment avec elle, il était plus gauche, souvent mal à l'aise, et elle en était presque persuadée, elle lui plaisait également.
Elle avait décidé de se lancer, enfin.
Regardant l'heure, le Ténébreux réalisa soudainement à quel point il était tard, ils avaient laissé le temps filer sans même s'en rendre compte.
«Vous devriez y aller, lança-t-il à sa locataire, se levant pour l'accompagner jusqu'à la sortie.
Au lieu de sortir, elle se plaça devant lui et lui sourit d'un air mutin.
- En fait… j'aurais aimé pouvoir rester encore un peu.
L'immortel fronça les sourcils, confus.
- Pourquoi?
- Parce que j'aime passer du temps avec vous et je pense que vous aussi. Tout comme je sais que vous m'aimez bien.
- Je… je ne vois pas du tout de quoi vous parlez, prétendit-il avec gêne, pourtant il ne pouvait pas s'empêcher de la regarder et peut-être Lacey faisait-elle une erreur mais en vérité, elle n'avait jamais eu autant l'impression d'avoir eu raison sur quoi que ce soit au cours de son existence.
Elle se rapprocha de lui, lentement, lui laissa le temps de s'éloigner, et quand il fut évident qu'il n'en ferait rien, elle l'embrassa.
Ses doutes fondirent comme la neige au soleil à l'instant même où il répondit à son baiser et elle jubila intérieurement, elle était à sa place, là où elle devait être, elle n'en avait jamais eu autant la certitude qu'à ce moment précis.
Puis tout s'arrêta lorsque soudainement, sans la moindre raison apparente, monsieur Gold la repoussa et elle ne comprit pas pourquoi.
S'était-elle trompée au bout du compte?
- Non. On… on ne peut pas faire ça, vous et moi. Ce ne serait pas bien.
Sans qu'ils ne le sachent, l'histoire semblait destinée à se répéter une fois de plus, après tout, il l'avait repoussée autrefois, même si pour des raisons bien différentes.
Elle aurait dû s'y attendre, vraiment, c'était plus que prévisible, et elle le comprenait.
Mais pour une fois dans sa putain de vie morne, monotone et routinière, constellée d'échecs et de déceptions en tout genre, elle n'avait pas la moindre envie d'être raisonnable.
- Je m'en fiche, lança-t-elle d'une voix éclatante et têtue. Ça n'a aucune importance pour moi.
- Ça en a pour moi, lui rétorqua-t-il d'une voix ferme. Vous… vous êtes bien plus jeune que moi, j'ai l'âge d'être votre père. De plus je suis le propriétaire de votre logement, j'ai du pouvoir sur vous, je suis également votre avocat, notre relation ne serait pas sur un pied d'égalité. Je ne peux pas faire ça.
- Vous me plaisez et à l'évidence c'est réciproque! Protesta-t-elle. Pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas être suffisant?
Il la regarda avec tristesse et secoua la tête.
- J'aimerais que ce soit le cas, malheureusement, il n'en est rien. Je suis navré Lacey, sincèrement.
- Très bien, se contenta-t-elle de lui répondre, ravalant les larmes qui lui montaient aux yeux. Je vous souhaite une bonne soirée monsieur Gold.»
Elle sortit avant de lui avoir laissé le temps de répondre.
§§§§
Vendredi 30 novembre 2012.
Mary-Margaret Blanchard avait eu bien des fois l'occasion au cours de sa vie de se sentir stupide.
C'était une fois de plus le cas et le pire, c'était qu'elle n'avait absolument rien vu venir.
D'un autre côté, elle n'avait pas l'habitude que ça lui arrive, depuis qu'elle faisait ce métier, jamais elle n'avait éprouvé quoi que ce soit pour ses clients.
Enfin, rien, le mot était peut-être un peu fort, du dégoût parfois, ou au contraire de la sympathie, elle avait pu apprécier leur présence comme la détester, être attirée par certains d'entre eux et ne rien éprouver pour d'autres.
Mais jamais, au grand jamais, elle n'avait senti son cœur battre pour l'un d'entre eux comme il le faisait depuis quelques temps pour David Spencer.
Plus elle avait passé de temps avec lui, plus elle avait appris à le connaître et à l'apprécier, plus elle s'était sentie, malgré elle, tomber amoureuse de lui.
Ça n'avait aucun sens, elle ne faisait pas ça, elle n'était pas ce genre d'escort, elle n'était pas Julia Roberts dans Pretty Woman, elle ne tombait pas amoureuse des hommes qui payaient pour être avec elle, ça ne se passait pas comme ça dans la vraie vie, même si ce David était différent de tous les autres, elle devait se rappeler qu'elle ne devait rien ressentir pour lui.
Elle n'en avait pas le droit, tout ce qu'elle allait y gagner, ce serait de la souffrance.
Il était marié, il payait seulement pour sa compagnie, et même s'il avait voulu coucher avec elle, ça n'aurait de toute façon rien changé.
Il n'éprouvait rien pour elle, pas la même chose et elle aurait été bien bête d'espérer le contraire.
«Mary-Margaret? Je voudrais… je voudrais vous dire quelque chose. C'est important.
Elle frémit alors qu'une pensée douloureuse et désagréable la traversait.
Il allait mettre fin à leur arrangement, n'est-ce pas?
C'était une évidence, ça ne pouvait pas durer pour toujours, elle n'était qu'une distraction pour lui, cela, elle ne devait jamais l'oublier.
- Je vous écoute, lui répondit-elle d'une voix qu'elle espérait assurée, prête à avoir le cœur brisé.
- Je sais que ce n'est pas ce dont nous avions convenu, que ce n'était pas ce qui était prévu, et si ça vous met mal à l'aise, je le comprendrai tout à fait. Mais je ne peux pas me taire plus longtemps et il faut que je vous dise la vérité. Mary-Margaret, vous me plaisez.
La brune sursauta, traversée par un choc électrique.
- Quoi?
- Vous avez attiré mon attention dès que je vous ai vue, je pensais que ce serait peut-être passager, mais plus je vous connais, plus je veux passer de temps avec vous. Vous êtes belle, drôle, gentille, intelligente et charmante et je préfère être honnête avec vous. Si vous ne ressentez pas la même chose alors je pense que nous devrions en rester là et que…
Sans comprendre ce qui s'emparait d'elle, alors que Blanche-Neige surgissait de nouveau et remontait brièvement à la surface, comme si elle n'avait jamais vraiment disparu, Mary-Margaret se rapprocha de lui et l'embrassa aussitôt.
Puis elle réalisa ce qu'elle était en train de faire et elle s'écarta de lui immédiatement, se maudissant pour sa stupidité.
Idiote, idiote, idiote.
- Je… je suis désolée, pardon. Je n'aurais pas dû.
David, lui, l'air ravi, souriait.
- Oh. Hé bien pour une fois je suis heureux de m'être trompé.
Elle ne comprit pas pourquoi il réagissait comme ça, comme si c'était une bonne chose que ce soit arrivé, alors qu'il était marié à une autre femme, elle pensait qu'il lui avait avoué ce qu'il ressentait pour elle par honnêteté, rien de plus, sans s'attendre à quoi que ce soit de sa part.
- Dois-je vous rappeler que vous avez une femme?
Il éclata de rire quelques secondes après et elle sentit la colère l'envahir, est-ce qu'il était en train de se moquer d'elle?
- Pardon, je suis désolé, s'excusa-t-il une fois son hilarité terminée, je ne devrais pas rire, c'est vrai que vous ne savez pas.
Elle fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que je ne sais pas?
- Ashley et moi, nous ne nous sommes jamais aimés. Notre union n'est rien de plus qu'un mariage arrangé.
Ses yeux s'écarquillèrent de surprise sous le choc.
- Vraiment? Demanda-t-elle alors que l'effroi la submergeait.
C'était absolument abominable, elle ne pouvait concevoir l'idée d'un mariage sans amour.
- Oui. Elle en aime un autre, qui l'aime en retour et qui la rend bien plus heureuse que je ne le ferai jamais.
- Pourquoi ne pas divorcer?
- Dois-je vous rappeler qui est mon père?
Mary-Margaret se souvint du maire et procureur de Storybrooke, de cet homme dur, froid, inflexible et cruel, que personne ne se risquait de mécontenter et elle comprit très vite ce que David entendait par là.
- Ce n'est pas la peine. Mais… et votre bonheur?
- J'ignorais ce que c'était avant de vous rencontrer, lui dit-il et sans savoir pourquoi, elle le crut.
- Alors… vous me proposez d'être votre maîtresse?
- Si cela vous convient. Je sais que je ne peux pas vous offrir grand-chose, que vous méritez bien mieux, mais… mais je n'ai rien d'autre. Rien de plus. Je suis désolé. J'en parlerai à Ashley, comme elle l'a fait avec moi, elle a le droit de savoir. Est-ce que ça vous va?
Elle aurait dû dire non.
Mais comme elle venait tout juste de le constater, encore et encore, elle, Mary-Margaret Blanchard, n'était rien de plus qu'une idiote.
Et si suivre son cœur la rendait heureuse, alors dans ce cas, qu'importe s'il s'agissait du pire choix possible?
Elle sourit.
- Oui. Ça me va.
- Vous serez l'autre femme. Nous devrons être encore plus discrets que nous ne le sommes déjà, nos rendez-vous ne pourront avoir lieu que dans des endroits comme celui-ci, la prévint-il en regardant la forêt qui les entourait. Pas en public. Jamais en public. Je vous rendrai sûrement malheureuse.
- Je suis sûre que ça me suffira, affirma-t-elle, je peux me contenter de peu de choses vous savez.»
Il lui sourit à son tour et ils s'embrassèrent une fois de plus.
Aucun d'eux n'entendit le déclencheur de l'appareil photo d'un téléphone portable non loin d'eux.
Moraine, quant à elle, se sentit presque mal de leur voler ce moment d'intimité sans même savoir pourquoi elle devait le faire.
Presque.
Mais elle avait reçu des ordres de Peter Pan et elle les exécuterait à la lettre.
Quoi qu'il advienne et quoi qu'il lui en coûte.
À suivre…
Notes:
Titre du 14/08/2022: La guerre des cœurs
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
Baiser 906 : Un baiser donné dans un monde qui n'est pas celui de naissance du perso
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… la Team Black (House of the Dragon) (Partie 2) : Rhaena : Écrire sur une personne timide ou écrire sur quelqu'un qui se sent inférieur à une autre
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 174: Bonne année.
Notes:
Etttt j'ai fini d'écrire la fic en entier je suis joie ! Fin de la publication le 8 juin.
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
«Est-ce que je peux te parler?
Ashley lança un regard étonné à son mari.
Mari.
Le simple fait de songer à ce mot la rendait malade, ce qui aurait dû être quelque chose de beau et de magnifique, le couronnement d'une union emplie d'amour et de tendresse n'était rien de plus qu'un mensonge, une farce, une mascarade, une prison dans laquelle ils étaient enfermés depuis une éternité et qui les rendait tous les deux aussi malheureux l'un que l'autre.
Même si la blonde parvenait à trouver des moments de joie et de bonheur avec Sean, ceux-ci étaient trop brefs à son goût et n'étaient pas suffisants, ils ne seraient jamais assez tant qu'ils ne pourraient pas être ensemble au grand-jour.
Et ce serait impossible tant qu'Albert Spencer serait en vie, et Ashley Nolan avait beau être emplie de gentillesse, jamais elle n'avait autant souhaité la mort d'un autre humain, pas même celle de son odieuse belle-mère, mais son beau-père était une des personnes les plus viles qu'elle connaissait.
Elle estimait qu'il méritait bien sa haine, pour tout ce qu'il leur faisait subir.
Malheureusement pour eux, le vieil homme semblait décidé à s'accrocher à la vie.
- Bien sûr, qu'y-a-t-il?
En le regardant plus attentivement, elle remarqua qu'il semblait nerveux, comme gêné et elle fronça les sourcils.
Que lui arrivait-il donc?
- Je… je voulais te parler de quelque chose d'important. Voilà. J'ai rencontré quelqu'un.
Ashley se figea, surprise.
- Oh, fut le seul mot qu'elle parvint à prononcer.
Elle se souvint d'une conversation similaire avec David, après avoir rencontré Sean, après s'être rendue compte d'à quel point il lui plaisait et qu'elle ne pouvait plus continuer comme ça, faire semblant, faire comme si tout allait bien.
Elle se souvenait de sa peur, de ses craintes que l'époux qu'elle n'avait pas choisi réagisse mal à cette annonce, qu'il ne la méprise, qu'il lui interdise de le revoir, après tout ils étaient mariés et c'était pour la vie, même si ce n'était pas réel, alors comment osait-elle tomber amoureuse de quelqu'un d'autre?
Mais David avait très bien réagi, avait été heureux pour elle et lui avait donné sa bénédiction, l'avait couverte pour qu'elle puisse aller voir son amant dès qu'elle en avait la possibilité.
En repensant à ce qui avait été un des rares moments heureux de son mariage, elle s'autorisa à sourire.
- Est-ce que je la connais?
- Non, répondit-il en secouant la tête. Elle était là à la fête mais je doute que tu ais fait attention à elle, il y avait tellement de gens…
Oui, effectivement, et elle avait passé toute la soirée à crever d'envie de danser avec l'homme qu'elle aimait sans le pouvoir, après tout, ils devaient rester discrets, sauver les apparences…
Par moments elle avait tellement envie de tout envoyer balader, au point où ça lui faisait mal.
- Je vois. Qui est-ce?
- Mary-Margaret Blanchard. C'est une escort, avoua-t-il aussitôt.
Elle le regarda avec surprise.
- Tu es allé voir une prostituée?
Elle ne s'était pas rendue compte qu'il se sentait si seul, qu'il avait tant besoin de compagnie, d'un autre côté, ils se voyaient si peu en dehors de la maison.
- Ce n'est pas ce que… protesta-t-il aussitôt. Je n'ai pas couché avec elle.
Elle haussa les épaules, indifférente à ce sujet, sachant que ça ne lui faisait ni chaud ni froid, après tout cela faisait bien longtemps qu'il ne partageait plus son lit, et les rares fois où ils l'avaient fait, au début, pour concevoir Alexandra, ils ne l'avaient fait qu'à contre-cœur.
- Même si c'est le cas, ou si tu franchis le pas un jour, ça ne me dérange pas.
- Je m'en doute, mais je tiens à être honnête avec toi jusqu'au bout. Je n'ai pas couché avec elle, d'ailleurs ce n'était pas mon intention quand je suis allé la voir.
Ashley haussa un sourcil étonné.
- Tu es allé voir une escort mais ce n'était pas dans le but de coucher avec elle?
Il soupira.
- C'est… c'est compliqué. À la fête, en la voyant, j'ai senti… une connexion avec elle, que je n'arrive toujours pas à comprendre, alors j'ai voulu la revoir pour passer du temps avec elle, lui parler et je sais que c'est stupide, mais… elle me plaît et apparemment je lui plais aussi.
Son épouse resta silencieuse quelques secondes avant de brusquement éclater de rire.
David la regarda avec stupéfaction et confusion.
- Quoi?
- Rien, rien du tout, pouffa-t-elle, hilare, c'est juste que… Vraiment David, il n'y a que toi pour parvenir à séduire une prostituée que tu connais depuis à peine quelques semaines et échouer avec ta propre femme!
Il rit à son tour, soulagé qu'elle le prenne si bien et elle lui sourit avec affection.
- J'espère qu'elle te rendra aussi heureux que Sean me rend heureux. Profite de tout ce qu'elle peut t'apporter ou t'offrir, crois-moi tu le mérites. Et qui sait, peut-être qu'un jour, nous n'aurons plus à faire semblant et que vous pourrez être ensemble au grand-jour.»
David aurait aimé être capable d'être aussi optimiste qu'elle.
Malheureusement il y arrivait de moins en moins…
§§§§
Zelena et Hadès étaient littéralement fascinés par l'objet qui se trouvait devant eux, et Killian n'en était à vrai dire même pas étonné.
Après tout, à leur place, avant la malédiction, il en aurait fait de même, lui, le pirate qui n'avait jusque-là jamais été en contact avec le moindre objet technologique avant d'atterrir à Storybrooke.
Pour quelqu'un venant de la Forêt Enchantée ou des Enfers, un ordinateur portable devait presque s'apparenter à de la magie.
En un sens pour lui c'était toujours le cas, il savait s'en servir grâce à ses faux souvenirs, évidemment, mais la part de lui-même qui était encore Killian Jones et pas James Rogers trouvait tout cela tout aussi incroyable qu'au début.
Alors qu'il leur apprenait à se servir de l'ordinateur, d'Internet, de tout ce dont ils ne savaient rien avant d'arriver en ville, il eut envie de sourire.
C'était une des rares bonnes choses qui ressortait de ce merdier, une des rares qui lui rappelait qu'il avait raison, qu'il n'était pas fou, que sa raison ne vacillait pas, qu'il y avait bien une malédiction, et quand tout ça serait terminé ils pourraient découvrir tout le reste, tout ce qu'il y avait à savoir dans le monde sans magie et dont ils ignoraient tout.
Et ils le feraient dans une ville débarrassée à jamais de ce tyran qu'était Peter Pan.
Il s'en faisait la promesse, peu importe à quel point elle semblait impossible à tenir, peu importe les obstacles et les difficultés qui lui donnaient parfois envie de tout laisser tomber.
§§§§
Noël et le Nouvel An étaient d'autres traditions dont les anciens résidents des Enfers n'avaient pas vraiment l'habitude.
Certes, dans les autres mondes aussi des fêtes étaient célébrées, comme le passage de la nouvelle année, là où Noël ne l'était probablement pas ou du moins pas sous la même forme, mais ce qu'il y avait dans le monde sans magie ne ressemblait absolument à rien de ce qu'ils avaient pu connaître auparavant et Killian en avait bien conscience.
Les décorations, les guirlandes, les lumières, les illuminations, les sapins, les couleurs, les cadeaux, les traditions, tout cela avait émerveillé Zelena et Hadès qui s'étaient fait un plaisir de décorer leur petite ferme qui grâce à l'aide du pirate commençait de plus en plus à ressembler une vraie demeure.
Une salle de bain, l'électricité, l'eau courante, un frigo, des meubles, une télévision, un ordinateur, des téléphones portables, toutes les commodités modernes dont on pouvait avoir besoin ou qu'on pouvait souhaiter, et la maison était même officiellement à eux.
Enfin, en quelque sorte, et ils étaient aussi officiellement Kelly et Chad West, même si ce n'était pas vrai, du moins, ils pouvaient le prétendre sans attirer les soupçons sur eux.
Maintenant ils pouvaient respirer et même si certains des enfants du gang du crâne se mettaient à les surveiller, ils ne remarqueraient rien de vraiment suspect, ils avaient une vie sociale, même si elle était peu fournie c'était suffisant pour faire illusion et avec un peu de chance, ni eux ni Peter Pan ne se douteraient qu'ils ne venaient pas de Storybrooke.
Et s'ils parvenaient à bien s'en tirer, d'un jour à l'autre, la rousse ou le blond réussiraient peut-être à approcher un des enfants et à lui faire dire où Henry Mills se trouvait, quel que soit le nom qu'il portait actuellement.
Dans l'ensemble, Killian était satisfait malgré la situation, les fêtes de fin d'année s'étaient bien passées pour lui, Zelena, Hadès et Regina, ils avaient discuté, ri, s'étaient échangés des cadeaux (même si le seul présent dont il rêvait actuellement c'était la défaite et la mort de Peter Pan mais le Père Noël ne devait pas avoir ça en stock), avaient bien mangé.
Tous ensemble, ils avaient passé un bon moment, par deux fois, Regina n'avait pas été toute seule et malgré la mélancolie dans son regard, inévitable dans ses moments-là où elle pensait forcément à Daniel et à Emma, elle lui avait semblé aller mieux.
Sa cure paraissait avoir porté ses fruits, elle revenait apaisée de ses séances avec le docteur Hopper, tout n'allait pas bien et elle non plus, mais elle n'avait plus l'air aussi misérable qu'autrefois et c'était un vrai réconfort.
Le barman savait également par l'intermédiaire de Graham Humbert (avec qui il était toujours en contact dans le cadre de l'opération Cupidon qu'ils ne désespéraient pas de mener à bien) qu'Emma était en train de se réconcilier avec August, qu'ils avaient passé Noël et le Nouvel An tous les trois, ensemble, que tout s'était bien déroulé et ça lui avait donné de l'espoir.
Si la Sauveuse était prête à pardonner quelqu'un qui lui avait supposément menti, alors peut-être serait-elle prête dans le futur à renouer à nouveau avec Regina, qui sait.
C'était la période rêvée pour espérer et faire des vœux en priant pour qu'ils se réalisent après tout.
§§§§
Mercredi 2 janvier 2013.
Lacey French était une personne qu'on pouvait qualifier de tenace.
Elle n'était en général pas du genre à abandonner sans se battre, surtout s'il s'agissait d'une cause supposée perdue (tel que son concours par exemple et la date s'approchait de plus en plus et c'était terrifiant), pas si elle pensait pouvoir l'emporter.
Et avec monsieur Gold, elle avait bien le sentiment que c'était le cas.
Certes, ses arguments étaient logiques, rationnels et c'était peut-être bien là le problème.
Elle aurait voulu qu'il réfléchisse avec son cœur et pas avec sa tête pour une fois, elle voulait qu'il accepte de donner une chance à leur histoire au lieu d'en écarter la possibilité avant même qu'elle n'ait eu le temps de commencer.
Après leur discussion suivant le bref baiser qu'ils avaient échangé, elle n'était pas revenue à la charge, elle n'avait rien dit, mais plus rien dans leurs interactions n'était pareil désormais, tout était plus… froid, et elle savait bien que ça n'avait rien à voir avec la température.
Il était mal à l'aise maintenant, et elle aussi, tout avait changé entre eux sans qu'elle ne sache comment faire pour que tout redevienne comme avant.
Surtout que ce n'était pas ce qu'elle voulait.
Non, ce qu'elle désirait, ce dont elle avait envie, plus que tout, c'était retrouver leur complicité, sourire avec lui à nouveau, apprendre à mieux le connaître, voir l'homme doux et gentil qu'il pouvait être, qu'elle avait parfois aperçu et qui se cachait derrière l'antiquaire froid, la bête cruelle que tout le monde pensait qu'il était, le père de Neal lui-même y compris.
Elle voulait ressentir à nouveau ce qu'elle avait éprouvé à chaque fois qu'ils étaient ensemble et vraiment ça aurait été trop bête que ça se termine comme ça.
Alors, tandis qu'elle tentait de réviser sans succès un de ses cours, comprenant qu'elle n'arriverait à rien tant qu'ils ne se seraient pas expliqué pour de bon, elle se leva, prit son manteau et sortit.
Elle attendit que les quelques clients présents dans la boutique sortent (en croisant les doigts pour que personne d'autre ne décide de suivre son exemple et d'entrer après elle) pour le confronter.
«Est-ce que vous me trouvez jolie?
Il la regarda avec un air stupéfait et perdu.
- Pardon?
- Répondez simplement à la question. Est-ce que vous trouvez jolie?
- Oui, évidemment, vous êtes très belle, reconnut-il d'un ton sec. Maintenant miss French, si vous pouviez me laisser, j'ai du travail.
Miss French.
Il avait fini par l'appeler Lacey pourtant et elle-même avait enfin appris quel était son prénom, Robert, même si elle n'avait jamais eu l'occasion de l'utiliser, et ce simple fait aurait sans doute dû suffire à lui donner envie de tourner les talons.
La preuve qu'il ne souhaitait qu'une seule et unique chose, effacer ce qui s'était passé comme si ce n'était jamais arrivé, revenir à une relation strictement professionnel et si c'était ce qu'il avait réellement voulu, elle l'aurait accepté.
Mais les regards qu'il lui lançait ne trompaient pas et avant de tourner la page elle voulait être sûre que rien n'était possible entre eux.
- Est-ce que vous m'aimez?
Il la regarda avec incrédulité.
- On se connaît à peine vous et moi.
Oui c'est vrai, mais vous me faites ressentir des choses que personne avant vous ne m'avait fait éprouver jusque-là.
Était-ce bien raisonnable dans le fond?
Peut-être n'était-ce qu'une passade pour elle comme pour lui, qu'une toquade qui ne durerait pas bien longtemps, peut-être était-ce lui qui avait raison.
Puis elle se souvint de son cœur battant la chamade dès qu'il était dans les parages et elle sut qu'il n'en était rien, qu'elle devait se battre, lutter, au moins essayer.
Ce n'était pas vraiment comme si elle avait grand-chose à perdre après tout.
- Est-ce que vous pourriez m'aimer dans ce cas? Parce que moi je pense que oui. Je ne sais pas si je vous aime mais en revanche je sais que ça, tout ça, c'est réel. Et que ça peut le devenir pour de bon. Si vous avez envie d'y croire vous aussi comme moi je le fais.
Il soupira, les mains crispées sur sa canne.
- Miss French, je vous ai déjà expliqué mes raisons, je pensais que vous les aviez comprises.
- C'est le cas. Mais je pense que vous faites une erreur.
- Notre différence d'âge est…
- Je m'en fiche. C'est vrai, vous êtes plus vieux que moi mais honnêtement je m'en moque complètement. Vous avez sans doute l'âge de mon père, et alors? Je suis une femme adulte, responsable de presque trente ans, je peux faire mes propres choix. Il s'agit de ma vie, de mon destin. Et c'est vous que je choisis. Même si c'est absurde. Même si c'est une mauvaise idée. Parce que c'est vous que je veux. Si ce n'est pas réciproque, alors très bien, je m'en vais et vous n'entendrez plus parler de mes sentiments pour vous. Mais si c'est seulement la peur qui vous anime alors je pense que c'est pour de mauvaises raisons.
- Je suis votre avocat, répliqua-t-il.
- Pour une affaire fantôme qui n'aboutira sans doute jamais. Tant que le procès n'est pas encore lancé, j'estime que ça ne compte pas, que ça ne change rien. Et vous ne le serez que le temps de la procédure, pas vrai? Ensuite, ce sera fini.
Il sourit involontairement, malgré lui impressionné par tous les efforts qu'elle déployait pour le convaincre.
- Je suis le propriétaire de votre logement.
- Je sais que vous ne vous en servirez jamais contre moi et si jamais vous osez, je sais me défendre et riposter. Et de toute façon, à quelques exceptions près, vous possédez toute la ville, alors est-ce que cela vous oblige nécessairement à vous faire moine? Ironisa-t-elle avec espièglerie.
Il la regarda avec lassitude.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi vous vous donnez tant de mal.
Après tout, son propre fils avait fini par le laisser tomber, alors pourquoi ne le faisait-elle pas elle aussi?
Son regard se radoucit et elle lui sourit avec tendresse.
- Parce que je pense que vous en valez la peine.
Vaincu, il ne trouva rien à rajouter.
- Vous êtes vraiment sûre que c'est ce que vous voulez?
- Certaine.
- Vous pourrez supporter les inévitables qu'en-dira-t-on qui surgiront dès qu'on nous verra ensemble si nous nous montrons en public?
- J'ai porté plainte contre le shérif de la ville, répondit-elle en haussant les épaules avec cynisme, je subis déjà des rumeurs depuis des semaines, ce ne sera pas vraiment différent… Je peux encaisser, ne vous en faites pas.
Monsieur Gold savait très bien qu'il aurait dû être raisonnable, refuser, mais elle était si belle, si gentille, si intelligente, si forte et si merveilleuse, un rayon de soleil dans sa vie froide, grise et monotone, qu'il ne pouvait tout simplement pas résister.
- Alors… alors dans ce cas-là oui. Je suppose que nous pouvons essayer.
Un sourire illumina le visage de l'aspirante bibliothécaire qui se rapprocha aussitôt.
- Est-ce que je peux vous… est-ce que je peux t'embrasser?
Il acquiesça aussitôt et elle s'exécuta sans attendre et ils se sourirent, heureux.
- Un déjeuner au Granny's, ça te dirait comme premier rendez-vous? Lui proposa l'antiquaire.
Le sourire de la brune s'agrandit immédiatement.
- J'en serais ravie.»
Ils s'embrassèrent de nouveau et, devant la vitre du magasin, la silhouette d'une fillette nommée Ava prit aussitôt la poudre d'escampette pour aller rapporter à Peter Pan ce qu'elle venait tout juste de voir.
Peut-être qu'alors, si ce qu'elle lui disait lui convenait, était ce qu'il voulait entendre, le chef du gang du crâne serait fière d'elle pour une fois.
À suivre…
Notes:
Titre du 31/12/2020 : Bonne année
Scorpion : Emma (OUAT)
12 avril 1979 – Jennifer Morrison
E: Emma Swan
Créature 38 : Sorcière
David Nolan & Ella Ashley Boyd (Once Upon a Time)
Baiser 906 : Un baiser donné dans un monde qui n'est pas celui de naissance du perso
Prénom 49 : Emma
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… la main prothétique de Coulson (Marvel) : Scanner : Écrire sur une technologie récente ou sur un personnage qui voit à travers les murs
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
13 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, duos improbables, le défi des baisers, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 175: Un amour qui résiste aux tempêtes.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Jeudi 3 janvier 2013.
Lacey avait faim.
Mais surtout, elle était extraordinairement euphorique.
Peut-être n'aurait-elle pas dû être aussi enthousiaste pour un événement aussi banal, ce n'était qu'un simple déjeuner au Granny's après tout, elle y mangeait souvent, elle y travaillait même et elle allait sûrement commander un hamburger avec des frites, rien d'extravagant ou de particulier.
Seulement, ce déjeuner ne serait pas comme les autres, elle allait manger avec monsieur Gold, ce serait un rendez-vous galant, entre amoureux, en public, avec son nouveau petit-ami, même si leur début de relation ne datait que de la veille.
Elle était nerveuse aussi, forcément, des gens allaient les voir, peut-être comprendre ce qui se tramait entre eux, ils allaient sûrement parler, son père serait probablement mis au courant, ainsi que Keith et même si elle avait un peu peur, elle refusait d'y penser, de reculer juste à cause du regard des autres.
Ça ne l'avait jamais arrêtée avant, qu'il s'agisse de sa manière de s'habiller ou d'autre chose, ce n'était pas maintenant que ça allait commencer.
Son autre crainte, aussi (c'était pour ça qu'elle avait proposé une date aussi proche d'ailleurs), c'était que l'antiquaire ne se ravise au dernier moment, recule et décide de laisser tomber, ce qu'elle craignait c'était qu'il ne vienne pas et lui pose un lapin.
Ça n'aurait pas été étonnant ou surprenant, il avait des doutes, bien plus qu'elle, il avait été réticent et même s'il avait dit oui, même si c'était lui qui lui avait proposé cette sortie au restaurant, ça ne changeait rien au fait qu'après une nuit de sommeil, il pouvait parfaitement avoir changé d'avis, réalisé que c'était en fin de compte une très mauvaise idée.
Elle espérait que non, mais on ne savait jamais, aussi, quand il passa la porte du Granny's de son pas claudiquant, aidé de sa canne, un sourire hésitant mais sincère sur les lèvres, la serveuse ne put pas s'empêcher de sourire elle aussi.
«Salut, lui lança-t-il avant de s'asseoir devant elle.
- Salut.»
Et soudainement, tout le reste s'effaça, les autres clients du Granny's, ce qu'on pourrait dire d'eux, tout ce qui serait sans doute déclenché par ce rendez-vous, les potentiels répercussions sur le futur procès qui n'aurait sans doute jamais lieu, plus rien de tout ça n'eut la moindre importance.
Parce que la seule chose qui comptait, c'était eux deux.
§§§§
En venant prendre leur commande, Ruby ne fit pas le moindre commentaire, restant assez professionnelle pour ça, mais en revanche elle envoya à Lacey un sourire malicieux et amusé qui signifiait clairement «tu as intérêt à me donner absolument tous les détails avant ou après ton prochain service ou pendant une de nos pauses» et elle eut du mal à ne pas éclater de rire.
Elle lui envoya un discret signe de tête, signifiant que son amie aurait accès à tous les ragots qu'elle pourrait se permettre de lui raconter une fois le rendez-vous fini.
En attendant leurs plats, ils discutèrent de choses et d'autres, de son travail d'antiquaire à lui, de son travail de serveuse à elle, de leurs futures séances de révision communes pour le concours qu'elle préparait toujours avec autant d'acharnement, des livres qu'ils avaient lus récemment, des films qu'ils avaient regardés.
Ils se plaignirent de la lenteur de la machine administrative qui ralentissait tellement les choses, délibérément cette fois, de toute évidence, connaissant le maire et le shérif, et Lacey trouvait ça tellement facile de discuter avec lui, au point où elle en venait presque à oublier l'avoir un jour détesté et méprisé, qu'autrefois elle avait peur de lui.
Ce temps-là était bien loin désormais, du moins elle l'espérait, le souvenir de Keith était toujours là, aussi vivace dans son esprit malgré les mois qui avaient passé depuis cette fameuse gifle, et elle espérait sincèrement que l'histoire ne se répéterait pas.
Et pour que monsieur Gold ne finisse pas lui aussi par lui révéler son vrai visage, qu'il ne la blesse pas à son tour, lui brisant le cœur à elle aussi.
Elle lui faisait confiance pour ne pas le faire, pourtant elle avait aussi fait confiance à son ancien petit-ami et ça n'avait absolument rien changé.
Terminant son verre, elle tenta de ne plus y penser et de se concentrer uniquement sur sa conversation avec l'antiquaire et son rendez-vous amoureux avec lui.
Après tout, leur histoire venait à peine de commencer, alors pourquoi forcément imaginer le pire?
§§§§
Consciente qu'elle était à deux doigts de mettre les pieds dans le plat, Lacey prit une profonde inspiration avant de parler.
Ils avaient fini de manger, sans doute partiraient-ils bientôt du restaurant, mais elle ne voulait pas que ça arrive avant de lui avoir posé cette question cruciale.
«Je sais que ça ne me regarde probablement pas, que c'est un sujet sensible et tu n'es absolument pas obligé de répondre à cette question si tu n'en as pas envie, mais je me demandais… est-ce que tu as parlé à ton fils récemment?
Le Ténébreux se figea aussitôt et son sourire s'effaça tandis que son visage s'assombrissait.
C'était un fait connu de tous en ville que l'homme le plus riche de Storybrooke et son fils Neal étaient brouillés depuis un peu plus d'une dizaine d'années, qu'ils ne se parlaient plus depuis longtemps, et jusque-là, ils n'en avaient jamais vraiment parlé.
C'était un sujet tabou, la jeune femme le savait bien, interdit peut-être, même si son avocat ne l'avait jamais dit explicitement, mais elle se doutait qu'il devait souffrir de cet éloignement, de cette solitude.
Avant, quand elle ne le connaissait pas, quand il n'était rien de plus que le propriétaire de son logement, elle n'aurait rien dit, elle aurait considéré qu'il n'avait que ce qu'il méritait, lui, leur monsieur Scrooge local.
Mais depuis, tout avait changé, lui aussi avait changé depuis qu'elle était venue lui parler à sa boutique et qu'il lui avait montré une autre facette de lui-même, et s'il voulait sincèrement continuer dans cette direction, devenir un autre homme, alors peut-être n'était-il pas trop tard.
Peut-être pouvait-il réparer les pots cassés, se rapprocher de son enfant, arranger les choses avec lui, si Neal le laissait faire, lui donnait une autre chance.
- Non, se contenta-t-il de répondre sobrement d'une voix enrouée.
Anxieuse et sur le qui-vive, elle attendit prudemment avant de parler qu'il ajoute une phrase telle que «je ne souhaite pas en parler» ou «la discussion est close» et constatant qu'il n'en faisait rien, elle tenta de se montrer hardie.
- Est-ce que tu souhaiterais le revoir?
Une ombre passa dans le regard de son petit-ami.
- Plus que n'importe quoi en ce monde, et lorsque sa voix s'étrangla tandis qu'il prononçait ces mots, le cœur de Lacey se serra.
- Alors dans ce cas je voudrais que tu réfléchisses à potentiellement le recontacter. Tu peux tout à fait me dire non, je comprendrais, ou simplement te donner le temps pour y penser et prendre une décision, mais je pense que ce serait bien pour toi que tu le fasses. Et pour lui aussi. Je suis désolée si je donne l'impression de m'immiscer, de me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais… c'est ton fils. Et il te manque.
Elle le voyait bien dans ses yeux, lisait en lui comme dans un livre ouvert.
Elle admettait elle-même qu'elle était la plus mal placée pour comprendre ce qui le tourmentait, la situation dans laquelle il se trouvait. Elle avait perdu sa mère quand elle était à peine adulte, elle l'avait toujours aimée et elle avait toujours entretenu de très bonnes relations avec son père.
Mais savoir que monsieur Gold était séparé de la seule famille qu'il lui restait lui brisait le cœur.
- Mon fils me déteste, répondit-il avec amertume, et il a de très bonnes raisons de le faire, après la mort de sa mère, je… je n'ai pas été à la hauteur. J'ai essayé de faire ce que je pouvais, j'étais seul pour m'occuper de lui, en deuil, même si ça ne me dédouane pas pour tout le reste et je suis devenu tout ce que je détestais. Tout ce que Neal haïssait et abhorrait et je ne m'en suis même pas rendu compte et quand il a fini par partir en voyant que j'étais un homme méprisable qui ne changerait jamais, il était déjà trop tard pour que je puisse arranger quoi que ce soit.
- Mais tu n'es plus le même homme maintenant, le contra-t-elle avec conviction. Et tu ne le seras plus jamais, cela, j'en suis sûre. Ton fils a au moins le droit de le savoir.
Il lui sourit, le cœur soudainement moins lourd.
Qu'avait-il fait au juste pour que cette femme extraordinaire croit qu'il valait la peine qu'on se batte pour lui alors que tous les autres avaient abandonné?
- Je l'espère oui, reconnut-il, mais… je ne sais pas si c'est suffisant.
- Effectivement, approuva-t-elle, certaines colères sont faites pour durer à jamais, certains brasiers ne peuvent jamais être éteints. Neal te détestera sans doute durant tout le restant de sa vie et ne te pardonnera peut-être jamais, mais… cela, tu ne le sauras pas si tu n'essaies pas.
Elle avait raison, comprit-il, et il y avait déjà pensé, avant, l'appeler, lui laisser un message s'il ne répondait pas, aller le voir à son travail, mais il n'avait jamais osé, sans doute par lâcheté, par peur.
Il ne survivrait pas au regard empli de dégoût, de mépris et de haine de celui qui était autrefois le petit garçon qu'il aimait plus que tout au monde.
Je t'aime Lacey French, songea-t-il alors sans oser le dire, parce que ça ne pouvait pas être vrai, parce que cela ne pouvait pas s'être produit aussi vite, en si peu de temps, ignorant qu'en réalité il l'aimait déjà depuis des décennies.
Pourtant, dès qu'il la regardait il n'arrivait pas à éprouver autre chose que de l'amour.
- Merci, répondit-il à la place, malgré le fait que cela n'exprimait pas entièrement la gratitude et la reconnaissance qu'il ressentait à son égard.»
Puis, malgré la présence des autres clients, il se pencha vers elle pour l'embrasser et alors qu'elle voyait son geste, les yeux de la brune se mirent à briller, elle se leva à son tour pour le rejoindre à mi-chemin et ils s'embrassèrent en sachant que désormais, plus rien ne serait jamais comme avant.
§§§§
Lundi 7 janvier 2013.
Monsieur Gold aurait voulu être surpris de recevoir la visite de Moe French dans sa boutique de bon matin, malheureusement, ce fut loin d'être le cas.
Le fleuriste arborait un air sombre et patibulaire qui aurait sans doute fait trembler bien des gens, mais pas l'antiquaire.
«Bonjour monsieur French, lui dit-il le plus poliment possible, que puis-je faire pour vous?
Le père de Lacey ne répondit pas immédiatement et se contenta de le regarder de haut en bas avec circonspection et méfiance.
- Je vais être franc avec vous monsieur Gold, dit-il enfin, je vous considère comme l'une des pires crapules que j'ai jamais rencontrées. Sans doute derrière notre maire et le connard de shérif qui a frappé ma fille, mais pas très loin.
- Oui, vous partagez cet avis avec bon nombre de nos concitoyens, ironisa-t-il.
- Quand Lacey m'a annoncé que vous étiez devenu son avocat, je l'admets, ça m'a fait tiquer, je me suis méfié, je me méfie toujours d'ailleurs, je vous ai à l'œil, croyez-moi, mais je me suis simplement dit que vous vouliez faire une bonne action pour une fois.
- Je ne vois toujours pas où vous voulez en venir.
- J'ai cru que ma fille me faisait une blague quand elle m'a dit que vous sortiez ensemble, elle et vous, mais non, elle était très sérieuse. Je la connais, je sais bien que je ne la ferai pas changer d'avis et je n'essaierai même pas, puisque pour une raison obscure elle semble s'être attachée à vous. Elle vous a choisi, très bien, ça la regarde. Et même si je ne comprends pas son choix, je le respecte. Seulement…
- Seulement?
- Le shérif Keith a levé la main sur ma fille et je n'ai rien vu venir, je n'ai rien fait. Je ne referai pas deux fois la même erreur. Je suis venu vous mettre en garde, monsieur Gold, que si jamais vous osez faire souffrir Lacey, d'une manière ou d'une autre, je vous le ferai payer. Tant pis si ça me vaut des ennuis ou que ça m'envoie en prison. Je m'en moque, elle est tout ce qui compte à mes yeux.
- Croyez-moi monsieur French, lui assura-t-il avec toute la sincérité du monde, c'est la dernière chose que j'ai envie de faire.»
Il le pensait en plus.
Malheureusement, on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie.
§§§§
Jeudi 14 février 2013.
Les retrouvailles entre son fils et Belle auraient pu être de très mauvais augure pour Peter Pan.
Le fait qu'ils se côtoient à nouveau, que malgré la personnalité cruelle et froide que la malédiction avait octroyée à Rumplestiltskin, l'amour ait à nouveau fleuri entre eux, aurait pu réduit à néant tous ses efforts et son contrôle sur Storybrooke.
Par chance pour lui, ce n'était pas ce qu'il s'était passé, la malédiction n'avait pas été brisée, malgré les baisers qu'ils avaient échangé, ça n'avait pas été suffisant et, en suivant de loin le développement de cette romance, l'immortel avait attendu son heure, patiemment.
Près d'un mois et demi avait passé depuis, en quelque sorte, et désormais, il était prêt à frapper, comme il avait prévu de le faire dès l'instant où il avait réalisé que l'amour que le Ténébreux et la princesse se portaient l'un à l'autre était trop puissant pour pouvoir être étouffé, même par une malédiction, même par l'oubli, même par des personnalités différentes.
Dans ce cas-là, il ferait comme avec la méchante reine et la Sauveuse, il ferait en sorte que l'amour soit sali, souillé, perverti, brisé, qu'il ne leur fasse plus éprouver que de la souffrance et non de la joie, pour qu'aucune relation entre eux ne soit possible.
Quelle meilleure manière de les séparer qu'en leur faisant croire qu'ils n'avaient rien à faire ensemble?
Sortant la dague de sa cachette, il sourit avec sadisme avant de se téléporter discrètement dans le restaurant où le couple avait prévu de célébrer la Saint-Valentin, restant invisible aux yeux de tous.
Bientôt, tout le monde verrait que monsieur Gold n'avait pas vraiment changé, qu'il était toujours le même monstre cruel et impitoyable.
Tout cela devant un public et durant l'une des journées prétendument les plus romantiques de l'année dans le monde sans magie.
Comme il avait hâte d'assister à ça.
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Le restaurant était magnifique, Lacey ne pouvait que le reconnaître.
Robert avait insisté pour l'inviter, pour lui offrir ce qu'il y avait de meilleur et de plus chic à Storybrooke, et même si elle estimait que ce n'était pas la peine, elle appréciait sincèrement le geste.
De toute façon, quel que soit l'endroit où ils se rendaient, tant qu'ils étaient ensemble, tout lui convenait.
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Robert Gold ne s'était jamais senti aussi heureux de sa vie, à part peut-être durant son mariage ou la naissance de son fils, ainsi que pendant les instants passés avec sa famille avant que tout ne s'écroule, mais tous ces moments remontaient à un passé qui n'existait plus vraiment, auquel il ne pouvait que repenser avec amertume et tristesse.
Il espérait qu'avec Lacey, ce serait différent, qu'il pourrait faire mieux, être enfin à la hauteur au lieu d'être une déception comme il l'avait été avec tout le monde durant toute sa vie.
Elle méritait d'être heureuse, elle méritait tellement de choses, elle méritait mieux que lui, sans doute.
Mais puisqu'elle l'avait choisi, il ferait tout pour lui faire honneur.
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Le moment était tellement beau et romantique que ça en devenait écœurant.
Bien décidé à y mettre fin le plus vite possible, perché en hauteur non loin de la table des deux amoureux, il empoigna la dague, la seule chose qui pouvait contrôler son fils et lui faire faire n'importe quoi, un sourire sardonique sur les lèvres.
Murmurant alors une série d'ordres auquel il ne pourrait pas refuser d'obéir.
Frappe-la.
Gifle-la.
Hurle lui des horreurs, insulte-la.
Il le ferait agir comme Keith, malgré lui, pour que Belle associe les deux, qu'elle le voit comme un autre tortionnaire, quelqu'un qui avait su cacher sa vraie personnalité derrière un masque, il fallait qu'elle ait peur de lui, qu'elle le haïsse, qu'ils soient séparés à jamais.
Après tout, c'est tout ce qu'elle mérite.
Il regarda ensuite, laissant la magie faire son œuvre.
§§§§
Tout commença par une atroce migraine.
Lacey parlait, discutait de sa dernière lecture, comme ils en avaient souvent l'habitude, et sans savoir pourquoi, l'antiquaire sentit brusquement un mal de crâne s'emparer de lui.
C'était douloureux, atrocement, bien plus que toutes les autres migraines qu'il avait endurées auparavant, et il grimaça, ce qui n'échappa pas à sa compagne.
«Robert, est-ce que ça va? Demanda alors Lacey, inquiète.
Il tenta de la rassurer d'un sourire.
- Oui Lacey, j'ai juste un peu mal à la tête.
- Je peux te donner une aspirine si tu veux, dit-elle en fouillant dans son sac.»
Il s'apprêtait à lui dire oui quand le second phénomène se produisit, sa main se mit à trembler, comme s'il en perdait le contrôle, et il la ramena sous la table, n'ayant aucune idée de ce qui était en train de lui arriver.
Des pensées intrusives, parasites, lui envahirent l'esprit, comme avant, et il ne put que constater avec horreur qu'elles ressemblaient bien trop à celles qui lui dictaient sa conduite, autrefois, quand il avait parfois l'impression d'agir sans être lui-même, sans avoir le contrôle.
Il avait envie de frapper Lacey, de la gifler et cette simple idée lui donna envie de vomir, ça ne pouvait pas recommencer, pas encore, pas comme ça, il ne pouvait pas redevenir celui qu'il était avant ce fameux jour à la boutique où elle avait changé sa vie sans même le savoir.
Il ne réduirait pas à néant toutes ces semaines passées à ses côtés, tous ces efforts pour être un homme meilleur, pour faire mieux, pour devenir à nouveau le père que son fils méritait d'avoir même si c'était en vain.
Il s'y refusait.
Il n'était pas Keith, il ne deviendrait pas comme lui, il ne frapperait pas la femme qu'il aimait sans la moindre raison, il ne briserait pas la confiance qu'elle avait placée en lui, il ne l'insulterait pas, ne verrait pas la peur apparaître dans ses yeux et remplacer l'amour et la tendresse, ce temps-là était fini.
Il refusa de se lever, il serra les dents, tenta de garder le contrôle, il était monsieur Gold, il n'était pas un pantin ou une marionnette, il avait enfin trouvé le bonheur et ce n'était définitivement pas pour le perdre une fois de plus.
NON, hurla-t-il intérieurement et, quelques secondes plus tard, sa migraine avait disparu, de même que ces pensées qui n'étaient pas les siennes, et il avait de nouveau le contrôle de son corps.
Il soupira de soulagement, refusa l'aspirine que Lacey lui tendait en lui disant que sa migraine lui était passée, et il passa le reste du repas à craindre qu'une nouvelle crise ne s'empare de lui, à laquelle il ne pourrait pas résister cette fois.
Il ne savait pas ce qui venait de lui arriver, mais il priait pour cela ne se reproduise jamais.
§§§§
Le choc fut tellement grand pour Peter Pan que la magie qui le maintenait en l'air le lâcha brusquement et tandis qu'il tombait, il ne parvint qu'à la dernière seconde à ne pas tomber par terre et à se téléporter loin du restaurant, à l'abri des regards.
Observant d'un air hébété la dague qu'il tenait encore dans les mains, il resta figé, ne comprenant pas ce qui venait de se passer, refusant même de croire que ce à quoi il venait d'assister était réel.
Cela ne pouvait pas être possible, Rumple avait résisté, il avait refusé d'obéir aux ordres de la dague à laquelle il était attaché, tel un chien à une laisse, il avait repris le contrôle, il avait désobéi, et ce non qu'il n'avait pas crié à voix haute, le sorcier l'avait bien entendu dans sa tête, et ça n'avait aucun sens.
Ce n'était jamais arrivé avant.
La crainte et la panique s'emparèrent aussitôt de lui, est-ce que c'était un signe, est-ce que ça voulait dire que la malédiction était en train de s'affaiblir?
Non, se persuada-t-il immédiatement juste après, ça n'avait aucun sens, la magie de la dague n'était pas liée au Sort noir, même si la malédiction avait été brisée, Rumplestiltskin aurait malgré tout été forcé de lui obéir, alors comment…
Et d'un seul coup, la réalisation le frappa, et en un sens c'était évident, parce que c'était lui le responsable.
La magie en ville était bien plus faible qu'avant, parce qu'il l'avait restreinte après avoir perçu l'ouverture d'un portail, et si cela n'avait eu aucun effet sur sa propre magie, la dague, elle…
Oui, ce contrôle était probablement bien plus ténu qu'avant, tout simplement parce que la dague avait sa magie propre et n'était pas reliée à la sienne, ça combiné aux sentiments du Ténébreux et au fait qu'il s'agissait de quelque chose d'important pour lui, tout faisait sens maintenant.
Plus personne à part lui ne pouvait utiliser la magie à Storybrooke, donc la dague n'était plus aussi puissante qu'avant et s'il ne s'en était pas rendu compte jusque-là c'était tout simplement parce qu'il n'y avait plus eu recours avant ce rendez-vous, il n'en avait pas eu besoin.
Il pouvait inverser le processus, pendant quelques secondes, mais il craignait que cela n'ouvre une brèche, que quelqu'un, un des inconnus par exemple, n'en profite pour s'immiscer et utiliser la magie, et ce n'était pas ce qu'il voulait, définitivement pas.
Peu importe, ce n'était qu'un petit contretemps légèrement dérangeant, il trouverait bien un moyen de séparer les deux amants, en utilisant sans doute pour son propre profit ce futur procès, d'une manière ou d'une autre.
En attendant, il avait mieux à faire et, se saisissant d'une enveloppe remplie des photos que Moraine lui avait données peu de temps auparavant et qui représentaient Mary-Margaret Blanchard et David Nolan, il se mit à sourire, rasséréné.
Si ce qu'il savait du projet de Blanche-Neige et de son prince Charmant s'avérait être exact, alors il était temps pour lui d'entrer en scène et d'agir.
À suivre…
Notes:
Titre du 13/04/2024 : Un amour qui résiste aux tempêtes
Bélier : Rumple (OUAT)
14 avril 1961 – Robert Carlyle
R - Rumplestiltskin (OUAT)
Créature 66 : Le Ténébreux
Baiser 906 : Un baiser donné dans un monde qui n'est pas celui de naissance du perso
Objet magique 6: La dague du Ténébreux (OUAT)
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects d'… Oberyn (GoT) : Fin horrible : Écrire sur quelqu'un qui a mal à la tête ou tuez un personnage que vous aimez
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
14 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, le défi des baisers, objets magiques, prompts infinis, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 176: Le monde finira par te fendre le cœur.
Notes:
(See the end of the chapter for notes.)
Chapter Text
Vendredi 15 février 2013.
Mary-Margaret Blanchard n'arrivait même pas à se sentir coupable.
La vérité, sans doute honteuse, était qu'elle n'en avait pas envie, ne voulait pas essayer.
Dans d'autres circonstances, cela aurait très certainement été le cas, la culpabilité l'aurait envahie, l'aurait dévorée de l'intérieur, parce que prostituée ou pas, elle avait tout de même des principes et l'adultère faisait partie des choses qu'elle condamnait d'ordinaire.
Le fait de n'être pas celle qui trompe mais celle avec qui le mari commettait la tromperie ne changeait rien au fait que ce qu'elle faisait, ce qu'ils faisaient, elle et David, était mal.
Dans une situation ordinaire et normale du moins, mais ce n'était pas le cas de ce dans quoi ils se trouvaient, loin de là.
Parce que David et Ashley étaient loin d'être un couple banal, aimant et encore moins parfait.
Lorsque l'avocat lui avait dit qu'il avait tout raconté à sa femme et qu'elle lui avait donné sa permission, l'escort l'avait cru, parce qu'elle lui faisait confiance, tout en ayant quelques doutes, tant ça lui semblait improbable, extravagant, impossible.
D'habitude, les hommes comme lui qui allaient voir ailleurs le faisaient dans le dos de leur épouse, ils n'étaient pas sincères comme il l'était lui-même, théoriquement du moins et elle s'attendait chaque jour à ce que, d'un moment à l'autre, la blonde ne débarque chez elle en furie pour lui ordonner de cesser de fréquenter son époux.
Et Mary-Margaret ne l'aurait même pas blâmée pour ça.
Puis elle avait fini par rencontrer Ashley, qui n'avait été que douceur, gentillesse et compréhension à son égard, elle avait vu les regards qu'elle lançait à Sean, elle y avait lu tout l'amour et la tendresse qu'elle éprouvait pour lui et elle avait compris que David ne lui avait jamais menti.
Ça l'avait rassurée, tout en lui brisant le cœur, pour eux.
Personne ne méritait de vivre une chose pareille.
Alors depuis, elle ne s'en faisait plus, elle et David étaient les plus discrets possibles, personne ne savait pour eux, du moins elle en était persuadée, elle le voyait le plus souvent possible, tout comme Ashley le faisait avec Sean et ce n'était définitivement pas l'idée qu'elle se faisait d'une fin heureuse.
Mais c'était tout ce à quoi elle avait droit pour l'instant et c'était bien plus que tout ce à quoi elle pouvait rêver et ça lui suffisait, du moins elle faisait comme si, alors elle allait devoir s'en contenter.
Elle était heureuse en un sens.
§§§§
David Spencer se sentait complètement incapable d'être heureux.
Non, actuellement, il n'éprouvait rien d'autre que de la frustration.
Cela faisait désormais plusieurs semaines que lui et Mary-Margaret Blanchard se fréquentaient en cachette, et cette courte période avait été largement suffisante pour dissiper tous ses doutes et confirmer ce que son cœur savait déjà tout au fond de lui-même.
Lui et la brune, ce n'était pas qu'une passade, qu'une simple aventure, qu'un moyen pour lui pour oublier la cage dorée dans laquelle son père l'avait enfermé avant de jeter la clef, non, elle était tellement plus que ça à ses yeux que ça lui faisait peur.
Il avait aimé d'autres femmes avant elle, sans doute, mais il ne s'en souvenait pas et ça n'avait de toute évidence jamais été aussi fort que ce qu'il éprouvait maintenant, et ça au moins c'était réel, contrairement à tout le reste de son existence.
C'était une chose sur laquelle il pouvait avoir le contrôle, et ça aurait sans doute dû être suffisant, mais ça ne l'était pas, ce n'était pas assez, et non seulement il voulait plus, mais il voulait que cette mascarade cesse enfin.
Lui et Ashley n'avaient rien à faire ensemble, elle aurait été bien plus heureuse aux côtés de Sean, tandis que Mary-Margaret l'aurait bien plus comblé et avant cette option n'aurait pas été envisageable, mais…
Mais jusque-là il n'avait pas la moindre idée d'à quoi l'amour véritable pouvait bien ressembler, il n'était plus aussi vide qu'avant, plus aussi seul, il ne voulait plus mentir, il voulait se battre, et peut-être que maintenant il pouvait réussir à être courageux.
Les deux histoires cachées qu'ils vivaient chacun de leur côté étaient bien plus sincères que celle factice qu'ils affichaient conjointement à la vue de tous et il en avait assez.
Pas seulement pour lui-même, ou pour Mary-Margaret, ou pour Ashley, ou pour Sean, même si cela aussi pesait dans la balance.
Non, en vérité, il pensait à Alexandra.
Leur fille était encore petite, elle avait moins d'un an, mais le temps allait passer (oh, vraiment?), elle allait grandir et il refusait qu'elle le fasse dans un foyer brisé, empli de mensonges et de faux-semblants, de masques et d'un bonheur grimaçant qui sonnait faux. Il ne voulait pas que son enfant grandisse en pensant que deux personnes mariées devaient forcément rester ensemble même si l'amour entre eux était inexistant.
Ce n'était pas le genre d'exemple qu'il voulait lui donner, elle méritait mieux que ça et même si c'était dans une famille éclatée qu'elle devait grandir, autant que ce soit dans un foyer empli d'amour.
Lui se souvenait d'avoir grandi aux côtés de son frère jumeau en étant élevé par un père seul et froid, leur mère étant morte durant leur enfance, un père qui n'avait été un père que de nom et qui ne les avait jamais considérés autrement que comme les héritiers qui devaient devenir son portrait craché une fois adultes.
Parfois, David se demandait ce qui serait arrivé si James avait survécu, s'il n'était pas mort aussi tragiquement et si jeune, si ce dernier se serait trouvé là, dans ce mariage sans amour, arrangé, s'il aurait été choisi à sa place pour être l'époux d'Ashley Boyd.
Peut-être que si ça avait été le cas, il aurait eu le droit de rester libre…
C'était horrible de penser ça et il le savait, mais il ne pouvait pas s'en empêcher.
Cela ne changeait rien de toute façon, il avait pris sa décision.
Qu'importe les conséquences que son choix allaient entraîner…
§§§§
Quand Mary-Margaret l'embrassa, David resta sombre et ne répondit ni à son sourire matinal, ni à son bonjour.
Ils avaient passé la soirée de la Saint-Valentin ensemble ainsi que la nuit qui avait suivie et ça avait été fantastique, ce qui ne rendait tout le reste que pire encore.
Il aurait aimé ne pas être obligé se cacher, de prendre une chambre d'hôtel au fin fond de Storybrooke, il rêvait d'avoir la possibilité de dormir avec elle dans leur lit, à tous les deux, dans leur maison ou leur appartement et, qui sait, un jour, de pouvoir l'appeler sa femme.
Tous les rendez-vous de ces derniers jours, tous les mensonges, tous les secrets, tout cela commençait à l'étouffer.
Remarquant son air taciturne, l'escort fronça les sourcils.
«David, ça ne va pas?
- Je veux divorcer de ma femme.
La brune sursauta, incertaine d'avoir bien entendu ce qu'il venait de dire.
- Quoi?
Est-ce qu'elle dormait encore, est-ce que c'était un rêve?
Ça avait pourtant l'air bien réel.
- Je ne lui en ai pas encore parlé, mais je vais le faire bientôt et j'ai entamé des démarches dans ce but, je suis allé rendre visite à un avocat il n'y a pas très longtemps pour en discuter. Personne d'autre en dehors de lui et de toi n'est encore au courant pour l'instant. Je voulais que tu le saches pour… pour te demander si tu accepterais de te battre à mes côtés, parce que si je me lance, ce sera tout sauf facile.
Pendant quelques secondes, Mary-Margaret resta sans voix.
Jamais personne n'avait été prêt à faire ça pour elle, à tout abandonner pour elle, à quitter une vie de confort et de privilèges pour elle (parce qu'il y aurait des conséquences à ce choix, elle le savait, le père de David ne les laisserait pas s'en tirer à si bon compte sans agir), juste parce qu'il pensait qu'elle en valait la peine.
Certes, David n'était pas heureux, ne supportait plus cette vie, mais il aurait pu choisir d'être lâche, de continuer comme ça, de vivre dans les mensonges et les faux-semblants, attendre que la situation s'améliore un jour, quand Albert Spencer ne serait plus, mais non, il avait choisi d'agir à la place et elle l'admirait pour ça.
Si elle avait été dans sa situation, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle aurait fait.
La prudence lui commandait de dire non, de refuser, de faire comme si ce qu'ils avaient lui convenait, ce qui était le cas en un sens, mais…
Mais l'homme qu'elle aimait lui proposait d'avoir plus, d'avoir autre chose, lui offrait l'opportunité, la possibilité d'être ensemble pour de vrai, alors comment aurait-elle pu refuser?
Comment aurait-elle pu ne pas vouloir lutter à ses côtés jusqu'à obtenir la victoire?
La brune n'avait jamais été une guerrière, mais David lui donnait envie d'en devenir une.
- C'est d'accord. Si Ashley et Sean le sont aussi, évidemment.
Le combat serait âpre et sans merci, elle en avait bien conscience, mais, peut-être naïvement, elle avait le sentiment qu'ils pouvaient l'emporter.
L'avocat la regarda une fois de plus comme si elle était la plus belle créature qui existait en ce monde avant de l'embrasser.
- Je t'aime, lui murmura-t-il alors, je t'aime tellement.
- Moi aussi je t'aime, lui répondit-elle sans la moindre hésitation avant de l'embrasser de nouveau.»
Qui aurait cru quelques semaines plus tôt, alors que les doutes la tourmentaient encore, que les choses tourneraient ainsi?
La vie était parfois bien faite.
§§§§
Le soir même, après avoir couché Alexandra, David prononça les mots qu'il aurait cru ne jamais avoir le droit de dire tant que son père abhorré respirait encore.
«Je veux demander le divorce.
Ashley se sentit bien moins surprise qu'elle ne l'aurait dû, parce que c'était sans doute inévitable, parce que rien dans leur mariage ne tenait debout et ce depuis le début, ce qui n'était pas étonnant vu les fondations fragiles et friables sur lesquelles leur union était bâtie.
Elle ne lui demanda pas pourquoi, connaissant très bien la raison, elle ne s'y opposa pas non plus, parce que c'était tout ce qu'elle avait toujours voulu dès l'instant où elle avait été forcée de lui dire oui devant l'autel et encore plus depuis qu'elle avait rencontré Sean.
Elle se contenta de:
- Tu as un plan?
Il sourit.
- Mon père ne doit pas être au courant, sinon il essayera de nous en empêcher, on doit lancer la procédure au plus vite, faire en sorte qu'une fois la machine enclenchée, on ne puisse plus faire machine arrière, rendre ça public quand il sera trop tard pour lui, tout son pouvoir et toute son influence n'y pourront rien. Est-ce que Sean…
- Il sera d'accord, lui assura-t-elle sans lui laisser le temps de finir sa phrase.
- Oh… Est-ce que… est-ce que vous en avez déjà parlé?
- Quelques fois oui, avant que tu ne rencontres Mary-Margaret, quand on… quand on formulait des projets sur l'avenir, une fois que toi et moi on serait enfin libres lorsque Albert… aurait enfin rendu l'âme. Je vais lui poser la question mais je connais déjà la réponse, ne t'en fais pas.
- Bien, tant mieux.
Elle lui sourit, une lueur farouche dans le regard.
- Partons en guerre dans ce cas-là.»
Elle lui apparaissait aussi féroce que Mary-Margaret et c'était tant mieux comme ça.
Ils auraient besoin d'être forts s'ils voulaient réussir à traverser sans encombres la tempête qu'ils allaient bientôt déclencher.
§§§§
Samedi 16 février 2013.
Lorsque Malcolm entra dans son bureau, le maire de Storybrooke ne put empêcher un mauvais pressentiment de le parcourir.
Certes, le jeune homme semblait être de son côté, et à chaque fois qu'il était venu le voir ça avait été bénéfique pour lui, comme lors des élections municipales, mais quelque chose en lui lui faisait froid dans le dos.
Comme si, inconsciemment, il avait la quasi-certitude qu'en un claquement de doigts et quelques mots, cet étrange garçon pourrait lui prendre son poste à la mairie aussi facilement qu'il le lui avait donné, parce que c'était bien ce qu'il s'était passé, du moins il en avait l'impression.
Et ce même si Malcolm ou plutôt Peter Pan, comme les enfants de son gang l'appelaient, ne le lui avait jamais dit clairement, fonctionnant toujours en insinuations et en menaces.
Il se força pourtant à lui sourire.
Inutile de le contrarier.
«Malcolm, mon cher garçon, que me vaut le plaisir de votre visite?
- Monsieur le maire, avez-vous quelques minutes de votre temps, que je sais précieux, à m'accorder?
- Oh mais toujours voyons, toujours… De quoi s'agit-il?
- De votre fils, David… On m'a murmuré à l'oreille qu'il aurait l'intention d'entamer une procédure de divorce.
Albert Spencer sursauta, stupéfait et son sourire disparut aussitôt.
- Quoi? Que venez-vous de dire?
C'était absurde, impossible, David était un garçon docile, obéissant, bien moins perturbateur et difficile à manipuler que ne l'avait été son frère James quand il vivait encore et ça lui avait facilité bien des choses.
Peter Pan lui sourit d'un air machiavélique avant de lui tendre une enveloppe.
- Voyez donc vous-même monsieur Spencer…
Le vieil homme observa son contenu avec des yeux écarquillés par la surprise, des photos de son fils embrassant une femme qui lui était inconnue, une photo d'un cabinet d'avocats où son fils se trouvait, des photos de papiers qui en provenaient et qui confirmaient ce que l'adolescent venait de lui dire.
Tout cela n'avait aucun sens…
- Comment avez- vous eu…
- Je ne révèle jamais mes sources.
Moraine avait collecté tout ça sur son ordre, avait espionné le bureau de l'avocat et avait fouillé partout quand ce dernier était absent et maintenant, il en avait la certitude.
Rien ne pourrait l'empêcher de tout faire pour que Blanche-Neige et son prince Charmant n'obtiennent jamais leur fin heureuse.
Le regard dur, Albert Spencer reprit très vite le contrôle de lui-même et releva finalement la tête vers lui.
- Très bien. Je vous remercie pour ces informations très précieuses. Que désirez-vous en échange?
Peter Pan haussa les épaules avec un air faussement innocent.
- Moi? Rien du tout, je voulais seulement vous aider. Et je ne doute pas que votre réaction sera amplement à la hauteur de mes espérances, monsieur le maire.»
Puis il quitta la pièce tandis que le maire le regardait d'un air soupçonneux, avant de se dire que cela n'avait pas la moindre importance.
Tant que leurs intérêts continuaient de concorder, il ne voyait pas l'intérêt de poser des questions inutiles.
§§§§
David aurait probablement dû se douter au moment où son père était entré dans son bureau que tout ce dont il rêvait venait tout juste de lui être arraché.
Mais, ne se doutant de rien, il tenta de faire bonne figure.
«Père, que faites-vous ici?
Sans répondre, le procureur se contenta de jeter une liasse de photos sur son bureau.
- Très honnêtement, fils, dit-il d'une voix dégoulinante de mépris, j'avais la faiblesse de croire que tu valais mieux que ça.
Les sourcils froncés, David baissa les yeux et alors qu'il se reconnaissait, lui ainsi que sa maîtresse, son sang ne fit qu'un tour et il blêmit aussitôt, désemparé et horrifié.
Non.
Non, non, pas ça, je vous en supplie, tout mais pas ça.
Pas maintenant, c'est trop tôt!
Il était censé aller voir l'avocat avec Ashley lundi et désormais cette option n'était plus d'actualité.
- Père… Dit-il, ne sachant même pas ce qu'il était supposé faire, nier, se défendre, admettre la criante vérité?
- Sérieusement David, une prostituée? Et c'est avec ça que tu trompes ton épouse légitime, à cause de ça que tu as l'intention de la quitter?
Comment diable pouvait-il être au courant?
L'avocat le fusilla du regard.
- La femme que vous m'avez forcé à épouser vous voulez dire? Lui cracha-t-il. Quand à Mary-Margaret, elle est une bien meilleure personne que vous ne le serez jamais!
Albert haussa les épaules, comme s'il ne voyait aucunement le problème.
- Ta mère et moi nous sommes unis ainsi et nous ne nous en sommes pas plus mal portés.
Ce n'est pas vrai, voulut-il lui répondre mais sans pouvoir le faire, redevenant ce petit garçon effrayé qu'il était autrefois dès que son père le regardait de haut comme s'il n'était rien de plus qu'un insecte insignifiant.
Sa mère avait été malheureuse, cela il s'en souvenait bien, et c'était de la faute de son époux.
- Vous ne pourrez pas m'en empêcher, lui affirma-t-il, bluffeur. J'aime Mary-Margaret et elle m'aime, Ashley en aime un autre. Vous ne pourrez pas nous séparer, vous n'avez pas le droit.
Le sourire carnassier et cruel du maire semblait lui démontrer le contraire.
- Oh, mais mon cher David… j'ai tous les droits. Tu vas abandonner cette idée ridicule immédiatement, tu m'entends? Ou sinon je te jure que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réduire à néant la vie de ta bien-aimée. Elle n'aura plus aucun client, je ferai ce qu'il faut pour qu'elle soit expulsée de son appartement, elle terminera sur le trottoir, seul et abandonnée de tous. Elle mourra de faim, de soif, de froid, de maladie ou d'une autre manière, peu importe. À toi de choisir David. Est-ce que vraiment ce que tu veux pour elle?
Le jeune homme sentit sa gorge se nouer.
Non, bien sûr que non, et comment son propre père pouvait-il lui faire ça, comment pouvait-il le forcer à faire un choix si cruel?
- Si j'accepte, dit-il d'une voix brisée, est-ce que… est-ce que vous la laisserez tranquille?
Il hocha la tête.
- Tu as ma parole.
Mais votre parole ne vaut rien! Voulut-il hurler, mais puisqu'il ne pouvait pas faire autrement, il allait devoir s'en contenter.
- Très bien.
- Je veux te l'entendre dire.
- Je ne quitterai pas Ashley, je resterai son époux. Vous avez ma parole.
Albert sourit, ce qui ne le rendit pourtant pas plus humain.
- Parfait. Était-ce vraiment si difficile?
David fut saisi d'une brusque envie de vomir.
- Allez au diable! Se contenta-t-il de répondre.
- Quel manque de gratitude… Je t'évite un avenir bien sombre pourtant, tu devrais me remercier. Je t'autorise à lui faire tes adieux, vois comme je suis magnanime… Mais tu as interdiction de la revoir après cela, tu m'entends? Si tu me désobéis, crois-moi, je le saurai…»
Il n'avait aucun mal à le croire.
Quand Albert Spencer sortit de la pièce, David hurla de rage, les poings serrés et le cœur en miettes.
Comment avait-il pu être suffisamment stupide pour croire que tout se passerait bien cette fois?
§§§§
Il quitta son travail peu après, ne prenant pas garde aux regards de ses collègues qui ne comprenaient pas ce qui avait pu l'amener à crier de cette manière, s'en moquant complètement.
Il rentra chez lui en mode autopilote, tel un zombie, ne faisant attention à rien, ni aux gens qu'il croisait ni à ce qui se trouvait sur son passage.
Tout ce qu'il voulait c'était s'écrouler dans son lit et oublier le monde.
Lorsqu'il vit Ashley dans le salon en train de pleurer, il comprit aussitôt qu'il n'était pas le seul à avoir reçu la visite de son père.
«Il t'a menacée toi aussi, n'est-ce pas?
Son épouse hocha la tête.
- Oui, il a… il a menacé Sean, il a dit qu'il le détruirait si jamais j'osais… Je ne lui ai rien dit pour Mary-Margaret je te le jure, il… il savait déjà.
- Je sais, lui assura-t-il en la serrant dans ses bras, il avait des photos, il… Oh mon Dieu Ashley, je suis tellement désolé.
- Moi aussi, sanglota-t-elle, moi aussi, et il n'arrivait pas à pleurer, à verser la moindre larme, comme s'il était complètement vide, mort à l'intérieur. David, est-ce que… est-ce que ça veut dire qu'on a perdu?
- J'en ai bien peur, dut-il reconnaître malgré lui.»
Et ce sans même avoir livré la moindre bataille.
Ce n'était pas supposé se passer comme ça…
§§§§
Si Mary-Margaret fut étonnée de revoir David aussi tôt après leur dernier rendez-vous, elle ressentit aussi une immense joie.
«Oh bonjour David, tu veux entrer? Je suis occupée ce soir avec un client mais j'ai quelques heures de libre devant moi si tu veux.
Il la suivit, incapable de dire un seul mot, ce qui l'inquiéta très rapidement.
Il n'était pas comme la veille, cette fois-ci c'était autre chose, c'était différent.
Ce ne fut que quand il parla enfin qu'elle comprit ce qui se tramait.
- Mary-Margaret, on… on ne peut plus se fréquenter.
Elle eut le sentiment qu'il lui avait arraché le cœur et venait de le briser en mille morceaux en le jetant par terre juste avant de l'écraser de son pied impitoyablement.
- Que… quoi?
Est-ce qu'il avait changé d'avis, qu'il ne voulait plus divorcer, qu'il préférait arrêter là, revenir à sa vie insatisfaisante mais qui avait le mérite d'être normale?
Est-ce qu'au bout du compte, elle n'avait été à ses yeux qu'une passade, comme elle le craignait depuis le début?
- Mon père est au courant, pour nous deux, je ne sais pas comment il a fait mais il nous a fait suivre, il a des photos de nous deux, il sait que je veux divorcer pour être avec toi et il fera tout pour nous en empêcher. Et malheureusement, il y arrivera sans problème. On aurait pu avoir une chance si on l'avait pris de vitesse, mais maintenant c'est trop tard. C'est fini.
Le monde de l'escort s'écroula aussitôt, se brisa à jamais sans espoir de pouvoir être réparé.
Une larme roula sur sa joue.
- Alors… C'est tout? Il n'y a rien d'autre à dire? Tu abandonnes comme ça, on abandonne?
- Mary-Margaret, tu ne le connais pas comme je le connais, tu ne sais pas de quoi il est capable, je… Parvenant enfin à pleurer, il prit son visage entre ses mains, comme pour la contempler une dernière fois et graver son image dans son esprit à jamais. Je ne veux pas te perdre, je ne veux pas qu'il te fasse de mal mais c'est ce qui arrivera si je m'obstine et je suis tellement désolé. J'aurais dû savoir qu'il était le plus fort, que c'était impossible, insensé, j'aurais dû me contenter de ce qu'on avait et ne pas demander plus et maintenant nous allons tout perdre et c'est de ma faute.
Mary-Margaret posa son front contre le sien et, en larmes, ferma les yeux, tout comme lui, pour figer cet instant, arrêter le temps, même si c'était illusoire, même si c'était en vain.
Tout espoir était perdu maintenant, prétendre le contraire n'aurait été rien d'autre que du déni.
- Non, c'est de sa faute. Il est le seul responsable, n'oublie jamais ça.
- On ne pourra plus se revoir, il l'a exigé et tout ce que je veux c'est te protéger et c'est le seul moyen, je suis désolé Mary-Margaret, je suis tellement désolé.»
Le dire ne changerait rien mais puisque c'était la dernière fois qu'ils se parlaient…
Ils s'embrassèrent avec l'énergie du désespoir, un baiser et des adieux au goût salé et ce fut avec peine que David s'arracha à ses bras, parlant loin d'elle sans se retourner.
Aucun d'eux ne dit à l'autre qu'il l'aimait.
À quoi bon puisque cet amour n'était que souffrance et injustice?
À quoi bon puisque de toute façon ils étaient toujours destinés à se perdre?
À suivre…
Notes:
Titre du 17/11/2024 : Le monde finira par te fendre le cœur
Vierge: David Nolan (OUAT)
13 septembre 1995 – Robbie Kay
Situation 1093 : A perd espoir et a raison de le faire
D : David Nolan
Créature 38 : Sorcière
Blessure 11 : Adultère
David Nolan & Alexandra (Once Upon a Time)
Baiser 906 : Un baiser donné dans un monde qui n'est pas celui de naissance du perso
Prompt 120 : « Je t'aime. »
Préjugé 21: Les hommes ne pleurent pas
Prénom 16 : Ashley
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects… de la frustration d'Angie face à la série Merlin : Que quelqu'un tue ce roi ! : Écrire sur une révolution ou sur le roi Georges (OUAT)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
17 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, 1001 situations, alphabets, bestiaire fantastique, blessure maladie ou mort de votre personnage, duos improbables, le défi des baisers, prompts infinis, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Chapter 177: Mission à hauts risques.
Notes:
Le scénario qui se réveille: «Oh putain j'ai dormi combien de temps moi?»
(See the end of the chapter for more notes.)
Chapter Text
Zelena commençait franchement à en avoir marre et elle savait qu'elle n'était pas la seule.
Rien n'avançait, tout semblait figé et elle savait que c'était le principe de la malédiction, mais en avoir conscience ne faisait pas disparaître la frustration et l'agacement qui grandissaient peu à peu en elle.
L'ancienne méchante sorcière de l'ouest n'avait jamais vraiment été connue pour sa patience, loin de là, mais à sa place, n'importe qui aurait eu envie de craquer, aurait été à deux doigts d'abandonner.
Une chance qu'elle ne soit pas seule dans cette lutte, dans le cas contraire elle aurait abandonné depuis longtemps, se serait laissée sombrer, parce que dans le fond, à quoi bon?
À quoi bon mener un combat perdu d'avance?
Le fait d'avoir perdu sa magie n'aidait en rien, elle avait été privée d'une partie d'elle-même, sans avoir le moindre contrôle dessus et c'était tout simplement terrifiant, ce n'était pas comme pour Hadès, qui, le cœur à l'arrêt pendant plusieurs siècles, avait dû apprendre à vivre avec des pouvoirs limités.
Jamais la rousse n'avait été obligée de s'habituer à ce genre de chose, jamais depuis le jour de sa naissance elle n'avait été bridée d'une quelconque manière dans sa magie avant Storybrooke.
Ça la rendait folle de rage, elle aurait aimé pouvoir aller voir ce Peter Pan et lui dire sa façon de penser, malheureusement elle ne pouvait pas parce que sinon il aurait su qui ils étaient et tout ce qu'ils avaient fait jusque-là pour se cacher de lui n'aurait servi à rien.
Elle devait prendre son mal en patience, faire de son mieux pour faire avancer les choses et puisque ça ne donnait rien, il lui fallait aussi attendre.
Attendre qu'un miracle se produise, probablement, ou qu'elle, Hadès ou le pirate fassent une découverte miraculeuse qui pourrait tout changer, mais elle avait de plus en plus de mal à croire que ça puisse arriver un jour.
Elle n'aurait pas pu avoir plus tort à ce sujet.
§§§§
Lundi 18 février 2013.
Comme d'habitude, la sorcière attendait que les gens partent au travail ou à leurs autres activités et emmènent leurs enfants à l'école avant de fouiller leurs maisons, à la recherche de quelque chose, n'importe quoi, un indice quelconque qui leur aurait permis d'avancer.
D'après ce qu'elle savait de Peter Pan, il n'aurait pas été du genre à laisser le livre de contes de fée à la portée de n'importe qui, sans surveillance, dans une demeure tout à fait banale, d'un autre côté, c'était sans doute le dernier endroit où quelqu'un penserait à chercher.
Ce n'était pas toujours facile, même avec les souliers d'argent à ses pieds, il ne fallait pas se faire repérer, y aller seulement quand il n'y avait personne, parfois partir en pleine recherche si quelqu'un rentrait à l'intérieur, faire en sorte que personne ne se rende compte que quelqu'un était venu fouiller…
Pas étonnant que ça lui prenne aussi longtemps.
Sans parler des endroits qui n'étaient presque jamais vides, par exemple, il lui avait été au début très difficile d'explorer la maison habitée par August Booth (il était un auteur dans la vraie vie comme sous la malédiction après tout, il aurait été logique que le livre soit chez lui) tant sa dépression et sa solitude le poussaient peu à quitter sa maison.
Une chance qu'il ait fini par se réconcilier avec Emma Swan, sinon ça aurait rendu les choses encore plus difficiles.
Plus tard, il y aurait les bâtiments officiels, tels que la mairie, mais ce ne serait qu'en dernier recours, puisqu'ils étaient bien plus surveillés et qu'ils n'avaient pas encore réglé le problème des caméras de surveillance.
Aussi, en entrant dans une gigantesque habitation qui n'était pas fermée à clef, et en constatant en tentant d'allumer les lumières qu'il n'y avait sans doute plus d'électricité, la rousse soupira de soulagement.
À part si les ampoules ne fonctionnaient plus, l'électricité ne devait plus être payée depuis un bon moment et hormis si ceux qui vivaient là étaient fauchés (ce dont elle doutait fortement vu la taille de la baraque en question mais on ne sait jamais) cela signifiait probablement que la maison était vide.
Bien, au moins, à part si elle s'était trompée ou à moins d'être vraiment malchanceuse, personne ne viendrait la déranger durant ses recherches.
C'était toujours ça de pris.
§§§§
L'étrange demeure, plutôt à l'écart de la ville, possédait une bibliothèque bien fournie, ce qui lui sembla aussitôt de bon augure, même si elle n'avait guère d'espoir de trouver quoi que ce soit d'utile.
Il était déjà dix-huit heures, elle avait froid, elle avait passé toute la journée dehors et tout ce qu'elle voulait c'était rentrer et faire une pause, mais elle se morigéna, encore quelques minutes et elle partirait, ce serait la dernière maison de la journée et si elle ne trouvait rien…
Hé bien ce serait comme d'habitude, un échec de plus et elle recommencerait le lendemain, la rage au cœur et le cœur au bord des lèvres, animée par le désespoir et la colère.
Ça ne changerait pas vraiment de l'époque où elle tentait encore de se venger de sa demie-sœur…
Chassant ces pensées de sa tête, elle s'avança vers les étagères, prit un livre au hasard, qu'elle posa sur une table non loin et en l'observant attentivement elle…
… sentit le sol se dérober sous ses pieds.
Parce que, sur la couverture de l'imposant ouvrage, il y avait écrit les mots Once Upon a Time, et Killian Jones avait beau leur avoir fait une description succincte du livre, elle sentit aussitôt, en examinant sa couverture marron et ouvragée, qu'il s'agissait bien de ce qu'elle cherchait depuis longtemps et elle se mit à sourire.
Enfin, elle avait réussi, elle y était parvenu, elle avait accompli quelque chose de concret, et ce (presque) sans magie, juste en cherchant et en s'obstinant, elle avait trouvé le livre qui pourrait tout changer.
Ça ne changerait peut-être rien, ce ne serait peut-être pas assez, mais c'était un bon début, une bonne nouvelle pour eux qui en avaient si cruellement besoin.
Son sourire s'accentua et, impatiente de découvrir ce qu'il y avait à l'intérieur, elle le feuilleta aussitôt, son euphorie ne durant que quelques brèves secondes, remplacée rapidement par de la déception tandis que son sourire s'effaçait et que son visage s'assombrissait.
Elle tourna toutes les pages jusqu'au bout, avant d'arriver à la fin et de pousser un petit cri d'indignation face à l'implacable vérité.
Vide.
Le livre était vide, du début à la fin, les pages étaient blanches, ni dessin, ni texte, il n'y avait absolument rien du tout, alors que le capitaine du Jolly Roger leur avait certifié que leurs histoires étaient racontées et que c'était ce qui avait amené Henry Mills à croire à la magie et à la malédiction.
C'était sans doute le même livre, sauf qu'il était entièrement vide.
Est-ce que c'était une blague?
§§§§
Elle eut beau examiner tous les autres livres, tous semblables à celui qu'elle avait trouvé d'ailleurs (comment cela se faisait-il? Était-ce un hasard, une coïncidence, une farce, un jeu de la part de Peter Pan? Si oui, elle ne trouvait pas ça drôle du tout.), rien ne changea jamais.
L'extérieur et l'intérieur étaient similaires et elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi.
Ça n'avait absolument aucun sens, si la malédiction en avait ôté tout ce qu'il y avait de magique en eux, pourquoi ne pas aussi les avoir faits disparaître, pourquoi les avoir conservés et prendre le risque que quelqu'un les trouve?
Si ce livre était supposé rendre ses souvenirs à Henry, sa foi comme l'avait dit Killian (une histoire de cœur du plus pur des croyants, elle n'avait pas trop suivi mais apparemment c'était important) alors comment savoir lequel était le bon, si c'était l'un d'entre eux?
Et s'il ne se trouvait pas parmi eux, comment retrouver l'original dans ce cas?
Zelena, désemparée, poussa un gémissement de désespoir.
Ça aurait dû être son moment et pourtant ça n'avait servi qu'à la plonger dans des abîmes de perplexité.
Lorsque, soudainement, après plusieurs minutes de réflexion, une idée lui vint à l'esprit.
Peut-être que tous ces livres n'avaient rien à voir avec Peter Pan, peut-être était-ce seulement un signe de l'univers pour leur montrer le chemin, ou pas, peut-être n'était-ce qu'un coup de chance.
Parce que si aucun de ces livres n'était l'original… ils pouvaient en revanche passer aisément pour l'exemplaire dont ils étaient la copie, si personne ne se donnait la peine de les feuilleter.
Et si jamais ils réussissaient à trouver où Peter Pan gardait caché le livre de contes sur lequel son arrière-petit-fils était censé ne jamais mettre la main, même s'il y avait vol, ce ne serait pas un problème s'ils échangeaient un livre contre l'autre, personne ne se rendrait compte de rien s'ils planifiaient bien ça.
Ce serait risqué et dangereux, bien sûr, où que soit l'objet en question, mais ça pouvait marcher.
Maintenant, il ne leur restait plus qu'à trouver la cachette et à déjouer les éventuels pièges qu'elle recelait.
Un jeu d'enfant, n'est-ce pas?
§§§§
« J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, annonça-t-elle en rentrant, chargée du livre sous les regards surpris d'Hadès et de Killian.
- Quel genre de nouvelles? Lui demanda le pirate, intrigué.
- Je crois que j'ai trouvé le livre de contes.
- Mais? Ajouta l'immortel, pressentant d'avance une objection au vu de ce qu'elle leur avait dit à l'instant.
- Mais ce n'est pas le livre de contes.
Alors qu'ils la regardaient avec confusion et perplexité, elle soupira avant d'ouvrir le livre pour leur indiquer une page au hasard.
Il ne leur fallut pas plus de deux secondes pour comprendre ce qui n'allait pas.
- Ah, fit le barman, oui effectivement, même si ça a l'air d'être le bon livre, il y a comme un léger problème. L'un de vous est motivé pour réécrire à la main des histoires dont nous ignorons absolument tout? Ironisa-t-il. On ne sait jamais ça pourra peut-être faire illusion.
Zelena laissa échapper un rire nerveux.
- Tout ce que m'inspire ce livre en ce moment c'est de m'en servir pour frapper le crâne de Peter Pan avec jusqu'à ce qu'il ait une commotion cérébrale et sombre dans le coma, alors pas vraiment non.
- S'il est vide, intervint Hadès, alors à quoi est-ce que ça peut nous servir au juste?
Zelena leur expliqua son plan et si Killian sembla approuver, le dieu des Enfers, lui, conserva un air soucieux sur le visage.
- Tu serais toute seule, objecta-t-il, inquiet, et ce sera très probablement dangereux.
La jeune femme haussa les épaules avec nonchalance.
- Ce ne sera pas très différent de d'habitude, lui opposa-t-elle.
- Bien sûr que si! La contredit-il. Et si tu te faisais prendre? Et si tu étais prise sur le fait, qu'une de ces… ces caméras te filmait pendant que tu utilises tes souliers et que Peter Pan l'apprenait? Il ferait tout pour te retrouver, tu pourrais devenir sa prisonnière et je ne le supporterais pas.
- Je suis prête à prendre le risque, lui affirma-t-elle sans la moindre trace de peur dans la voix et oh comme il était fier d'elle.
Cela ne signifiait pas pour autant qu'il allait la laisser agir sans être sûr qu'il ne lui arriverait rien de mal.
- Si jamais ça devient trop dangereux… tu laisses tomber, c'est compris? Il est hors de question que je te perde juste après t'avoir retrouvée.
La rousse tenta de lui offrir un sourire rassurant.
- C'est promis. Mais il ne m'arrivera rien, je suis sûre que tout va bien se passer.»
Il aurait sincèrement aimé la croire.
Mais il avait beau vivre depuis assez peu de temps à Storybrooke, il avait très vite réalisé que dans cette ville, rien ne se déroulait jamais vraiment comme prévu.
§§§§
Samedi 9 mars 2013.
Ça n'avait duré qu'une fraction de seconde, juste avant qu'elle ne claque des talons trois fois pour disparaître en un clin d'œil, comme si elle n'avait jamais été là, mais Zelena en était sûre et certaine, elle l'avait vu.
Le livre.
Il était bien là, gardé comme l'avait supposé l'ancien méchant, qui définitivement avait bien cerné Peter Pan, il y avait des caméras, aussi, la sorcière les avait brièvement aperçues et avait croisé les doigts pour ne pas avoir été vues par elle, pour qu'il y ait un angle mort quelconque et qu'elle s'y soit trouvée.
L'un dans l'autre, ça n'avait pas la moindre importance, parce que le livre était là et qu'ils allaient bientôt (toute proportion gardée) mettre la main dessus.
Elle s'éloigna de la mairie, des archives et du livre le plus discrètement possible, tâchant de ne pas trop montrer sa joie, un discret sourire sur les lèvres.
Bien.
Maintenant il ne leur restait plus qu'à planifier et réaliser leur casse sans se faire repérer.
Là aussi, ce serait un jeu d'enfant.
À suivre…
Notes:
Titre du 25/05/2025 : Mission à hauts risques
Vierge : Killian Jones (OUAT)
26 janvier 1981 – Colin O'Donoghue
K : Killian Jones
Créature 38 : Sorcière
Prénom 72 : Henry
Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros
Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)
Quatre aspects de… Crochet (Peter Pan de J.M. Barrie) : Pirate : Écrire sur un personnage hors la loi ou écrire sur Dedalus Diggle (Harry Potter)
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
